Skip to main content

Full text of "Le Palais-Royal d'après des documents inédits, 1629-1900. Ouvrage illustré de planches hors texte, eaux-fortes, héliotypies, fac-similés d'aquarelles et de nombreuses gravures dans le texte par Victor Champier & G. Roger Sandoz"

See other formats


x^-C*^- 


y  K- 


f^' 


m. 


41 


c 


^ 


.Av-  SI 


■  fs: 


ï^:^ 


r  rc  <L  ce 


C^ 


C 


Ci 


ci 


i 


^    KS 


■f 


5    c 


«( 


y 


c    «OC 


^i 


"^'À     t: 


XîT       "       ■"■- 


le. 

te  (^ 


^^^K^CC«MK4J 


^rec^^^<G^ 


IJ 


C 

c 

11 

T 


?1 


C 


yC^' 


^TC 


^ 


,J-^ 


sf 


VICTOR   CHÀMPIER   <b   O.-ROGER   SANDOZ 


LE 


PALAIS-ROYAL 

i)'APni:s 

DES    DOCUMENTS    INÉDITS 
(1629-1900)    , 

TOME    PREMIER 
DU  CARDINAL  DE  RICHELIEU  A  LA  RÉVOLUTION 

l'Ali 

VlCTOt^    CHAIVIPIEH 


■■■V, 


U 


LE    CAUDINAI.    de     lUCllELlEU 

(l-jcc  cl  revers  de  la  mciiaille  gravée  par  J.  \V.irin  en  K'jo; 


PARIS 

SOCIÉTl':   DE    PROPAGATION    DRS    LIVRES    D   \  HT 

117,     DOULEVAllD     SVINT-OIiUMMN,      117 
1900 


itKViCfcS 


LE 

PALAIS-ROYAL 

TOME  PREMIER 


SOCIETE 


PROPAGATION  DES  LIVRES  D'ART 

Fondée  en  1869 


CONSEIL 

.  1900 

MM.   Kugt-ne  Cl'illaume,  G.-C.  *,  Président  il'honnfur. 
E.  Taioy,  *,  Président  honoraire. 
C.  RossiGNEux,  *,    Vire-Président  honoraire. 


MM.  Jules  Guii'FUEY,  O.  *,  Président. 
Maciet,    Vice-Président. 
Roger  Mabx,  0.  *,   Vice-Président. 
C- Roger  Sanuoz,  I.  U,   Trésorier. 
Vasmeh,  *,  Secrétaire. 
Georges  Mauban,  Secrétaire. 


MM. 
Bartalmiei'x,  I.  O. 
Victor  Champier,  *. 
lîdoiiard  Corkoyeu,  ().  *. 
Pierre  Dauze,  *,  O. 
Lucien  Éties.ne,  *■ 
Feret,  O- 
Gag>eau,  0.  *. 

P;Ull    G  ARMER,    O.    *. 

.\.  Lmiube,  *. 


MM. 
Lucien  Layus,  *.  L  O. 
Le  Bègue. 

Cliarles  Lucas,   L   O. 
Mas.so,  *,   O- 

NoiROT-BlAIS,    *. 

M.    PoDSSIEI,GlIE-iU'S\>D. 

A.  Robert,  O. 
Ernesl   Royer. 


MEMBRES    DE    LÀ    SOCIETE 


MM. 

Agneli.et. 
Aguillon. 

.\SS0CIATI0N    PUII.OTECIlMQrE     I>E    RolS- 
Col.OMBES. 

Association  imiii.oteciimi.ii'e  de  I'mus. 


MM. 

Association  polytechnique  i>e  Paris 

.\UGER. 

Bartaumieux. 
lUuoRiEii  (Léon). 
I!a/i\. 


MM 

Hc.^UIT. 

liincKH  (Georges). 
Uei  hdclet. 
Hi.x<;  (Kerdinand). 
Iti  kiciuno. 

\^nl^    <it-orges(. 

It.  .!>»». 

Uu5>  MtKciié  (Mai»oii  du). 
UoiciiERov  (Krédériii. 
BotiLiicr  ilirnri). 
Bft-u.&  l(ieorge!>). 
W  Bruiamucl. 

CillLIiliX    ET     Bl:tlMI.T/!. 

Cciir. 

OUAMMB   XT^DHtLE   li»    Il    lilJitl  lllilt. 

CHÀMniie  nixuiCAi.t  ut  l'iiuhun.ehik. 
CiiAMnaE  sf<ii>ii:\LE  i>i    l'Ai-icn. 

ClUMHIIE    KTHDIIMLE    IIE    I  t     T  »  II>n»:|iH:. 

(iiiAMi-iEM  (Niirlor). 

CuArti^  ((fimtnvF). 
('.iiKHHiEH  I  Henri). 

('.NE»  RIE. 

h'  J     l'.lloMrHET. 

I.IIIUST>»'L1!. 

•  loti», 

ijULUir  ET   Bkv<«. 
(jimtoiEM  iKdouanli. 
(i<nri . 

Cl  M  t  ni:  RI.  HE. 

hti  /»   I  l'irrriM 

l>i  n«l^ 

l>» •>  lOnii'f  -  M.iriiKi 

1)1  >MH» 

l»i    •-».  1  (M-  Juin»). 
Itiorki-'    I' t 

l>IKT1|. 

|)i  RA^n-LcBictiE. 

I>l  RtV«E 

1)1  «  «I    I  \<ln<  Il 

l>i  «riti 

Kr>M«RiM  lAltmli. 

K«uci. 

P.n(««B  (  Lucien I 

l'.itrtRi 

F*IM«    f 

tutti   I  ■    ' 

Ferei 

KiRHi^lhcMiT  I  \irmlV 


MM. 
FoLi-OT  (Félix). 

KoNTAXA. 
Fol'IlDI.>01S. 

Fboidefox. 

FiiOMEST-MeI  KICK. 

Fl'MOl/.E. 

(ivGMEAU. 

Cai.i.i  fils. 

(lAIIIEI.. 
(lAKMER    (Paul). 

(iot  Mttii.iiui-  (Ciuslavc). 

CiltAlMlS. 

Ghamivioe. 

l!ll(>KU>. 

(IllOSS    Kl    I.AXCIII  l.\>T. 

lild  El.. 

(!i  iFFiiKY  (Jules). 

()LII.I.\IME    (Kugi'IlO). 

lUclIKTIE. 

ll\f;.XKAlX. 

Il  M  SSM  \>>. 

lllMX. 

IIkmiï  (Georjîcs). 
IImu^sey. 

IIINUIK. 

Ilcil  I WIlK    (.loiUll. 

lli>i7.ii\i:iiF.lt. 
llrssKMir  DE  Skmi\c;es. 
Jaim'a. 
Jai^i  et. 

J  E  \  >  . 

Je\xskhie. 
Jeiienm  . 
Jlll  *>>\. 
kiiiiEit  (Kiuilc). 

\.\i  OMIIE    (l'iiull. 

i.\»>i>n. 

I.tni  iiE. 

L\i.i%(.. 

I.»*n   (KriK'-li. 

l.\M  s  I  l.iii'ii-ni. 

Il      itilil  E 

I.MEimti.  nlnô. 

l.i:M\u;nE. 

Il  Mo»   (Uidiirc). 

II. loi  II. 

I.ttnti  I  T. 

l.lUoi  /|^. 

buni 

l.i  :\s  ((iharlpn). 

\Ur.ir.T 

Mo.. 

NKiRii;  m    Itiii  I...M 


MM. 

MaIHIE    DC     II'     VUllflNDlSSKMKNT. 

Mairie  dl    W  I"   muidndissf.mkn  r. 

Ma.nmieim. 

Mareuse  (Edgar). 

Marioton. 

Mahuet  frères. 

Marteai  . 

Martin'. 

Marx  (Roger). 

M  ASSIS. 

Massoî»  (Georges). 

Mauban. 

May  et  MoriEnoz. 

MOSOD. 

MoREAf  (François). 
Morris. 
Motard, 
muhlbacher. 

MURAT. 

Musée  Carnavalet. 
Nalton. 

NoiROT-BlAIS. 

OïLEY  (marquis  d'). 

Pelletier  fils. 

Perrissi>'. 

Ployer. 

Poirier. 

POPELD». 


MM. 

PoussiEi.GL'E- lUsAND  ('Mauricc). 
PoussiEi.GLE  (Charles). 
Quignon  (Gustave). 
Ramboir  r\ndré). 
Revil  (Fernand). 
RonERT  ( Mphonse). 
RoiiERT  (Arthur). 

RoSSIGXEtX. 

Rothschild  (Baron  Alphonse  de). 
Rothschild  (Baron  Edmond  de). 
RoTiisciiii-D  (Baronne  James  de). 
RoYER  (Ernest). 

ROZET. 

Sandoz  (^(i. -Roger). 

Sandoz  (M""  Gustave). 

Simon  (.Mexandre). 

Simon  (Paul). 

Stein. 

Slzor. 

Taigny  (Edmond). 

Templier  (Paul). 

Thomas  (Alexandre). 

Vaq u Ez  -  Fessa  ii  d  . 

Vasnier. 

Verger. 

VlNlT. 

W  ol.Fl-  (U)uis). 


\ 


VICTOR    CIIAMPIEK   ik    G.- ROGER    SANDOZ 


LE 


PALAIS-ROYAL 


DES    DOCUMENTS    INÉDITS 
(IG29-1900) 


OUVRAGE  ILLUSTRÉ  DE  PLANCHES  HOI\S  TEXTE 

EAUX-FOUTES,     llÉLIOT\PIES 
FAC-SIMILÉS    d'aQUAHELLES    ET    DE    PJOMBRELSES    GKAVUKES    DANS    LE    TEXTE 


TOME    PREMIER 
DU  CARDINAL  DE  RICHELIEU  A  LA  RÉVOLUTION 

PAR 

VICTOR    CHflIViPiEH 


l.E    C.VHIIINAI.    DE     KlCllELIEU 
rs  de  la   mcdjillc  gravée  par  J.  Wanii  eu    luy 


PARIS 

SOGIÉTK   DE    PUOPAGATION    DES   LIVRES   D'AllT 

117,     UOULEVAUD     S.VINT-GEUMAIN,      II7 
1900 


('       JAN  1  r  r'-7 


r    tif  10' 


■     / 


IISÏOlllI;     DU     l'Ai.  A  IS-llO  T 


■  ^^eA.-1.r  JV. 


i.K    cAiiDiNAr.    1)1.    u  I  c  11  i;i.i  i:  i 

par    .Ii;an     W'miin 

Iliisic  en   hmiKf  canscrrc  t)   In   l:ililii>lliriiiir  Mfuariiir. 


PRÉFACE 


^:   V.sv  un /ai/  véritablement  e.rtraorditmirc  que  f histoire  du  Palais- 
,-   Roijal-ce  monument  de  Paris  célèbre  entre  tous,   qui  évoque 
^    tant  de  souvenirs,  et  dont  les  destinées  ont  été  si  brillantes  - 
n'ait  jusqu'à  ce  jour  pas  encorde  été  fixée  d'après  des  documents 
authentiques!  Telle  est  cependant  l'exacte  vérité. 
Assurément,  l'entreprise  a  été  plusieurs  fois  tentée.   On  peut  dire  même 
qu  aucun  de  nos  édifces  n'a  fournt  matière  à  un  aussi  grand  nombre   de 
volumes.  C'est  par  centaines  que  se  comptent  les  ouvrages   qui  lui  ont  été 
cottsacrés.  Mais   la  plupart  ne  sont  ou   bien   que    des    'récits    romanesques 
dépourvus   de    valeur,   ou  bien   que  des   cotnpilations   établies   sans   cotitrôle 
d  après  des  descriptions  souvetit  errotiées,  et,  en  tout  cas,  absolutnetu  incom- 
plètes.  Un  tel  prestige  a  entouré  le  Palais-Royal  que  quantité  d'écrivains, 
des  le  xvn,  siècle,  ont  eu  l'idée  d'emprunter  le  nom  de   ce  monument  pour 
en  parer  le  titre  de  certaitis  livres  où  il  n'était,  d'ailleurs,  question  du  palais 
que  d  une  manière  bien   vague,  uniquement  pour  bénéficier  de   la  célébrité 
dont  celui-ci  jouissait  dans  le  public. 


LE     P*.l.AlS-RO\AL 


/.  a  loiura^e  construrlion  par  le  cardinal  de 

^"*/rrf;-/'.i--.-.'.«'.  '"■-•  '/"""  "•"•■  "'  '"  '■^-""-"-  ''••  '"'''"''■'■ 

T  KvTL fJ.  L  .luc^roriM,.,.  /„«,,'■'"'•■■  '''•"•■  "■•■"  *'  >■'"•  "■•*■':■■■ 

IV^. ,„ ,/.  i...,.,..rMipr-  '■■'""" '/"■«—"'  '• "■■■'•'"'"" '"•' '  •"; 

r  rX  U,  a,.-s,  ™  /.V7.-..  .'  '-.  "»"■-'  '"  •"■  »'"""''  '-'■"'''"'■  "';'""■'■"■  ''" 

/iM^  l'on  possédait.  .     i  ■ 

'  Ou.  L  lacunes  restaient  a  con.Ulcr!  Que  de  d.-tails  cuneue  a  derou.nr 
„o„;  reconstituer  dans  sa  rèal.tè  ll.istoire  dan  tel  tnonun.n, .  i  ar  le  I  ala.s- 
Houal   il  ne  faut  ras  louldur.  a  eu  la  singulière  futune  de  sen.rsuccess. 

!'::;  dJitatL  aur  ,ers a,es  les  ,las  illustres.   Il  a  .-t.-  le   tkeat.r 

d,.èt,en,ents  fanuu.e  dans  les  annatesjran.aises.  Il  a  .u  sucress.enunt  des 
sréne,  dran.at.,ues  et  desf.'tes  .valantes,  tous  les  contrastes  saisissants  delà 
..ronde   comédie  sociale,    les   élégances  e.rguises  dune    cour    raMu.ee  et   les 
'^rranuleu.ses   deùauC.es  des   ,,n,fessio.u,elles    du  .ice.    En   deu.r   siècles,   il  a 
naLnar  le.  changeantes  phases  de  IWlat  et  de  la  n.isere.  .se  transformant 
nan.   ces.e   et  prenant    le    caractère   des   à^es   ,,uil   traversait,  tour  à    tour 
sè.ere     io,,eus.   pimpant,    déhra.llè.    et Jinalenunt   morose    comme    unj,en- 
nUon^me  ruiné  ^ui  .i  es.  plus  certain  de  son   lendemain     liàtipourahriter 
Ujaste  de  la  ro.,nuté.  le  .oici  aujourdf.ui  tombé  au,  Ole  déchu  d  édijne  a 
louijaire    et  aménagé  en  bureaux  d'administration  ' 

Mai.  .inand  on  .eut  retracer  la  vie  dan  monument,  ce  ne  .sont  pas  les 
événement,  dont  i!  a  été  le  témoin  ,/uil  importe  avant  tout  de  rappeler  cest 
lu.méme  .,u  il  sag,.  de  Jaire  connaitre  :  ce  sont  les  Jaits  ,pii  constituent  sou 
eri,ienre  propre,  cent  limage  de  ce  ,/ail  a  été.  son  lu.re.  .non  décor,  ses 
,fl/«/M  MtM  ameublements,  le.,  objets  d'art  aurpiel  il  a  .sen..  pour  ains,  dire. 
décrin;  U»  ph,,s,onomies  ,,ui  an!  été  Miennes  au.r  différentes  ép.u/ues.  voilà 
re  quiljaul  mettre  en  relief.  C'est  là  ce  ,,ue  la  criti,,ue  moderne  attend 
m^c  raison  de  fécrivatn  t/ui  .m-enture  dans  une  semblable  entreprise. 


p  II  !■:  !••  \  c  i: 


Or,  pour  le  Palais-I{i>i/al,  lu  tàrlic  pouvait  puruitrc  non  seulement  ténté- 
raire,  mais  absolument  i/n/xissiùle.  Com/nent  dire,  par  e.retitple,  ce  au  était  ce 
palais  au  temps  de  liir/ielieu,  les  conditions  dans  lesquelles  le  grand  ministre 
le  fit  construire,  la  manière  dont  il  le  meubla  et  avec  quel  train  de  maison 
il  s't/  installa?  Tous  les  érudits —  car  on  /i'ii;no/c  pas  lombie/i  sont  rares 
les  renseignements  que  l'on  possède  sur  l'e.ristence  intime  du  cardinal-duc  — 
reconnaîtront  que  le  problème  était  particulièrement  épineux.  Pour  les 
époques  suivantes,  c'était  pis  encore.  Que  savait-on  de  la  vie  d'intérieur  de 
.Monsieur,  auquel  Louis  XIV,  son  frère,  donna  le  Palais- Roijal  en  apanage, 
de  son  luxe,  de  ses  collections,  etc.?  Que  savait-on  même  des  dépenses  du 
Régent  en  tableaux,  en  objets  d'art,  de  la  façon  dont  il  meubla  sa  demeure 
pour  lui  et  sajamille,  de  la  distribution  qu'il  fit  des  appartements,  des  cons- 
tructions qu'il  entreprit  et  des  architectes  qu'il  employa?  A  part  quelques 
anecdotes  semées  de-ci  de-Uï  dans  les  Mémoires  et  les  chroniques  du  temi)s. 
les  informations  étaient  nulles.  Pou/-  la  fin  du  wiii-  siècle,  on  avait  du  moins 
quelques  descriptions  précises,  mais  seulement  pour  les  parties  du  palais 
qu'un  public  privilégié  était  alors  admis  à  visiter.  Sur  le  reste,  rien!  L'histoire 
du  monument  sous  la  Révolution  et  durant  le  vn*  siècle,  plus  rapprochée  de 
nous,  offrait,  il  est  vrai,  des  matériau.v  en  abondance  :  la  difficulté  était 
précisément  de  les  contrôler,  de  les  classer,  de  les  présenter  en  une  vivante 
peinture.  Et,  là  encore,  que  d'erreurs  éi  rectifier,  que  de  points  obscurs  à 
éclaircir!  Qu'étaient  devenus,  pendant  la  Terreur,  la  demeure  de  Philippe- 
Egalité  et  ses  riches  ameublements  ?  A  qui  le  prince  avait-il  vendu  sa  célèbre 
galerie  de  tableaux?  Toutes  ces  questions,  et  beaucoup  d'autres,  étaient 
autant  d'énigmes  auxquelles  les  historiens  n'avaient,  iusqu'à  présent,  pas 
encore  répondu! 

C'est  à  résoudre  ces  divers  problèmes  que  s'est  appliqué,  dans  cet 
ouvrage,  celui  qui  écrit  ces  lignes,  à  la  suite  de  recherches  sans  nombre,  et 
après  avoir  mis  à  contribution,  depuis  /dus  de  dix  ans,  tous  les  trésors 
manuscrits  des  bibliothèques  publiques  de  Paris,  les  Archives  nationales  et 
les  minutes  des  notaires  qui  ont  bien  voulu  lui  ouvrir  l'accès  de  leurs  études. 
Il  serait  oiseu.v  de  raconter  ici  les  alternatives  de  bonheur  et  de  déception  de 
cette  longue  chasse  aux  documents  inédits,  si  fertile  en  surprises,  et  à  ce 
point  passionnante  que  les  Jours  et  les  mois  et  les  années  s'écoulent  sans 
qu'on  se  lasse  de  fouiller  les  cliaririeis  poudreux  pour  essayer  d'amener  ci 
perfection  le  travail  entrepris.  Je  me  bornerai  donc  à  indiquer  succinctement 
les  principales  sources  manuscrites  qui  ont  permis  de  reconstituer  de  toutes 
pièces,  en  quelque  sorte,  cette  Histoire  du  Palais- i\oyal. 

Pour   la  période   du  cardinal   de    Richelieu,   on   ne  possédait    que    des 


T.     I.     LE    PALAIS -ROÏAL. 


Vil!  LK      I'  VI.  \IS-  Hii\  VI. 

données  incertaines  louritant  les  ac/uisilions  des  terrains  sur  lestjueh  le 
tardinaljit  construire  son  palais.  Les  Arcliii'cs  natiunules  m'ont  fourni  les 
détails  les  plus  minutieux  à  cet  égard.  Quant  aux  dépenses  de  l'illustre 
homme  d  Etat  pour  édifier  et  meubler  sa  demeure,  j'ai  ajouté  au  peu  que 
l'un  connaît  encore  de  son  Iiiwnlairo  apivs  ilitvs  les  renseii^nements  nom'eau.r 
tfue  m'ont  lii-rés  les  papiers  lé'gués  jadis  a  l  Hôt.l-Dicu  par  son  secrétaire  et 
intendant,  le  chanoine  Le  Masle  des  Hoches,  ainsi  tjue  les  nombreuses  pièces 
conserx'ées  soit  dans  l'étude  de  son  notaire.  M'  Pan/ue.  soi/  au  déparicmeni 
des  manuscrits  a  la  liibliothètpie  nationale. 

Tout  ce  i/ui  concerne  le  palais  depuis  le  moment  ou  il  commenra  à  sentir 
d'habitation  ii  lajamille  ,r Orléans  jusqu'à  la  Jin  de  la  Régence  est,  dans  cet 
ouvrage,  a  peu  près  complètement  inédit,  car  c'est  surtout  pour  cette  époque 
qu'ont  été  abondantes  mes  inana  lies.  J:'n  effet,  j'ai  été  assez  heureux  pour 
découcrir  chez  tes  notaires  des  ducs  d'Orléans  certaines  pièces  des  plus  im- 
portantes, comme  /'Iiivfnliiin-  apiî-s  tliVù-s  de  Monsieur,  r/ui  permet  de  recons- 
tituer dans  tous  les  détails  de  son  décor  le  l'alais-Roi/al  durant  le  règne  de 
Louis  XIV.  Itien  plus,  j'ai  pu  mettre  la  main,  au.v  Archices  nationales,  non 
seulement  sur  les  in\<entaires  successifs  de  tous  les  princes  d'Orléans  au 
XVHr  siècle  —  sur  celui  du  Hégenl.  d  un  intérêt  considrralilr  pour  l'histoire 
de  l'art,  sur  ceu.v  de  ses  enjauts  et  /letits-enfants  —  mais  encore  sur  la 
plupart  de  leurs  registres  de  Trésorerie  qui  contiennent  une  J'nile  de  détuils 
curieux  sur  les  dépenses  île  la  table,  île  la  toilette,  des  écuries,  sur  le  per- 
sonnel si  nombreu.r  des  serciteurs.  sur  lei  rouages  compliqués  qui  consti- 
tuaient alors  l'administration  îles  maison'^  seigneuriales.  De  telle  sorte  que 
l'histoire  du  palais  où  céciit  celte  famille  d'Orléans,  est  deceniie,  en  réalité. 
l'esquisse  iCun  livre  qui  pourrait  être  intitulé  :  \,;\  \  n-  pi  iiiciric  ;iii\  wir 
cX  \\nr  ti<\li'S. 

La  bibliothèque  Mazarine,  celles  de  T.\rsenat  ri  de  la  Ville  de  l'aris. 
le%  archices  du  .Ministère  des  .\Jfaires  étrangères  ont  Joiirni  leur  part  dans 
celte  moision  de  documents  utiles.  Mais  c'est  de  la  Hibliotheque  nationale 
qu'a  été  tirée  une  pièce  capitale,  qui  met  à  néant  les  légendes  accréditées 
jwtqu'à  présent  sur  la  vente  des  tableaux  du  Palais-/loi/al  par  Philippe- 
Egalité,  et  fixe  désormais  de  manière  certain'  1rs  rondifion.s  du  transport 
de  In  célèbre  galerie  en  Angleterre. 

Aux  Archives  nationales  fut  recueillie,  •.dus  m  Hécnlution.  ia  pr<sque 
totalité  den  papiers  de  l'ancienne  chancellerie  d'Orléans.  Le  triage  en  fut 
Jail  soignrimement  mous  la  Concenlion,  .Mais  on  les  a  répartis  dans  maintes 
série»;  il /il ut  ouvrir  des  centaines  de  cartons,  fouiller  dans  des  milliers 
Je  /ia*se%  pour  extraire   le   bon  grain    de    re  fatras.    Je  dois   à    ce   travail 


PUKFACK 


nirl/i(i<li(/in-  (II-  <l(''/)()i(il/('niciil  la  rciiitiiili'  de  n'avoir  laissr  passer  aucune 
pierc  iiitcressanle  pour  l'Iiisloire  du  l'uluis- Hoi/ul,  depuis  Hiriielieu  /us'/u'à 
[.(Utis-Philippe. 

I  II  mol  d  explicatlou .  eu  leriniiiaiil ,  au  su/el  de  lu  d(uible  sii^/ia/ure  f/ui 
se  //-oui'e  su/'  la  auiverlure  de  cet  ouvra!j;e.  Il  n  est  t/ue  piste,  eu  somme, 
d  indiipier  la  part  de  eolluhoratioii  ipii  revient  ù  chacun  de  ses  deux  auteurs. 

Quand  /'eutre/>ris,  viu'cl  /ires  de  douze  ans.  cette  llisloii-c  du  Palais-Royal, 
ce  fut  à  rinstii^atioii  de  l'homme  de  i^rand  cirur  et  de  sérieux  mérite  ipii  se 
iiomniait  (riistave  Saiidoz.  Hahitunt,  depuis  loiii^tem/is,  en  sa  ipialité 
d  hoilo'j^er- piaillier.  une  des  galeries  du  palais,  ipiil  connaissait  mieux 
f/ue  personne,  il  s'était  plu  éi  réunir  une  curieuse  collection  d'anciennes 
gravures  relatives  éi  ce  monument.  Comme  il  était  trésorier  de  la  Société  île 
Propagation  des  livres  d'art,  et  très  désireux  de  faire  /irojlter  celle-ci  d'une 
/irimeur  qu'il  estimait  devoir  être  /larticulierement  intéressante,  il  m'offrit 
de  combiner  notre  effort  en  vue  d'un  volume  dont  /"écrirais  le  te.rte  et  auquel 
il  Journirait  les  éléments  d'illust/ations.  Je  me  mis  à  l'cruvre.  Hélas!  une 
mort  /irématurée  em/iorta  Gustave  Saiuloz.  Le  livre  dormait,  inachevé,  dans 
les  tiroirs  de  I  écrivain .  lorsi/ue  M.  G.-Iîo^er  Sandoz-,  décidé,  dans  sa  jnété 
Jiliale.  ii  réaliser  les  idées  de  son  père,  et  aijaiil  /iris,  du  reste,  sa  succession 
de  trésorier  de  la  Socirli''  de  Propagation  des  livres  (rarl,  revint  au  /iro/et 
lie  volume,  et,  /loiir  aller  /dus  vite  en  besogne,  me  /iro/xisa  d'en  rédiger  lui- 
iiième  une  /lartie.  Avei-  une  belle  ardeur  et  la  connaissance  i/u'il  avait  dé/à 
du  sa /et.  il  se  chargea  de  la  /lériode  modcine  allant  de  la  liévolution  jusr/u  à 
nos  /ours.  Je  lui  abandonnai  volontiers  les  notes  et  documents  inédits  i/ue 
/avais  destinés  à  cette  l'in.  et  c'est  ainsi  que  nous  avons  été  amenés  à  faire, 
chacun  de  notre   cdté.   un    voliinii'. 

Que  la  S(ici(''l(''  de  Pi(i|),i;j;ilii)ii  des  li\res  d  ai'l  reçoive  ici  notre  lemercu- 
lueiit  /loiir  la  bienveillance  avec  laquelle  elle  a  ///is  sous  son  /latronage  et 
édité  cet  ouvrage.  Si  le  désir  de  bit  n  /'aire  m'a  entraîné  à  quelt/ite  retard 
dans  sa  j)ublication .  les  soiiscri/iteurs  voudront  bien  me  le  /lardonner.  La 
tache  était  lourde,  hérissée  de  difficultés.  Puisse  l'uccueil  que  le  /iiiblie  fera 
(I   ce  livre  justijier  la  conjiance  dont  on   nous  a  J'ait  crédit! 

Vie  roi!  eu  A  M  pu:  n. 


/«•(^ 


lUIîLIOGKAPHlE 


V  {>,      „     OUVRAGES  l\EI.  VTIFS  AlJ  PALAIS-IK 


wii    sii;gle 

Recueil  de  pièces  volantes  rehilives  <iii  Paldis-Rayal.  par  ordre  chronologique.  —  Dos- 
sier (le  lii   nihiiolhèque  Garnavalel. 

Topographie  de  la  France.  Cabinet  des  Estampes  à  la  Bihliollircpie  nationale.  — 
Rcciieil  en  deux  volumes  in-folio  de  pièces,  plans,  f,na\iues,  etc.,  sur  le 
Palais -Royal  aux  xyu',  xvni'  et  xi\°  siècles. 

Le  Pahds- Royal.  Deux  cartons  in-folio,  conlenant  des  pièces,  gravures,  dessins, 
vijiiieltes,  etc.,  sur  le  Palais  Royal. —  Musée  Carnavalet. 

Article  et  conditions  accordées  par  le  roi  pour  parachèvement  de  la  clôture  et 
adjonction  à  la  ville  de  Paris  des  faubourgs  Saint-llonoré,  Montmartre  et  la  ville 
neuve  (Paris.    i63'i,  broch.    in    '|°).  —  Pièce  de  la  nibliotliè(jue  Carnavalet. 

La  Plainte  du  Palais- Roy(d  en  l'alisenec  du  Roy.  avec  un  Dialogue  du  grand  hercide 
de  bronze  et  des  douze  statues  d'albastre  qui  sont  à  Tcntour  de  lestang  du 
jardin,  faite  par  un  Poète  de  la  cour  (II.  G.,  à  Paris,  chez  David  Rcauplet,  dans 
risle  du  palais,  au  Roy  David.) — [Satire  en  vers,  ifi'io.j 

Le  récit  du  Jhrl  du  Pidais-Royid  pour  le  ilirerlisseiueut  du  Roy,  avec  les  noms  des 
seigneurs  (pii  l'attaqueront  et  de  ceux  ipii  scioid  sur  la  défensive  (Paris,  lOoi, 
12  pages  in-'i").  — Ma:(a'inade,  à  la  liil)liolliè(pie  nationale  et  à  la  Bibliothèque 
Carnavalet. 


I.  Nous  ne  donnons  pas  ici  la  lislo  de  tons  los  ouvrages  que  nous  avons  ronsullos;  iiiio  Icltc 
nomcnclalnrc  ferait  doulilc  emploi,  puisque  nous  les  ii\ons  toujours  seriq)uleuseineiil  cités  au  cours 
de  noire  travail.  Mais  nous  avons  pensé  ((u'il  serait  iiiléressanl  de  dresser  une  list(-  des  livres  publie.s 
sur  le  l'.ilais-Royal  et  qui  se  rapporteiil  directenienl  à  ce  monument.  Celle  bibliograpliie  est  aussi 
complète  (|ue  possible.  Est-elle  absolumenl  sans  lacunes:'  Nous  ne  nous  en  Hâtions  pas. 


.E     l'VL\l; 


IlescriiAumtt'un  xeeimtljfu  i\\\\  •«e  fera  ji'ud>  N  juilKl  ilaii^  la  place  ilii  l'alais  Uoial 
|K»iir  riu'un'ux  ri'Ioiir  lie  Sa  Majrslé  à  Paris  (  i(>7'i,  in  V  »lt'  •■'•  |>i>?^'>i-  —  l>il)lio 
llièi|iie  Maxariiic,   Klat  de  l-Vdiicc,  olmj-j. 

De  B<jiu»lk  :  Les  ilittleetituu  tle  sriilplurr  du  cnrdiiuil  de  liiclwlien  («iaiis  ks  Mrnmiics 
lie  la  SiM-iélé  )le.>  Antiquaires,  I.   VL!!). 

Eu.    lk)?(>AK»É  :  Herhfrchrs  sur  Ifs  cnlltcliims  de  liichflù'ii  {iSKi,   i    \ol.    iii-N'l. 

IMaliijti  céritablr  eunleiuud  lu  lisle  ttfs  tntins  df  cfiur  i/iii  éhiirid  fit  rnxxrmhlre  Jnilc 
le  miirdy  -jfi  sf/dfiithrf  /'».'»•.'  nu  Pidiiis  Hnyid.  avec  Texliorlatioii  t|iie  Madeiiuiisello, 
lille  lie  Son  Mtesne  H<i\ale.  lit  à  eelle  asseniMée  séditieuse,  el  rordie  (jiie 
Sun  Alli^se  lluNale  mit  |Miur  arrêter  la  sétiition  (l'ari>.  lU'ti.  bioeli.  de  N  pajfes). 
—  Itibliulhèque  nuliimule.   '^t>^'^. 

\VLMiM  DK  L.\  CuLOVBiiiiiK  :  l'urlruit*  des  hnmiiifs  illuslrfx  qui  sont  peiuls  daii<-  la 
galerie  dn  l'alais  Cardinal  «le  Hielielieii  (irilii),  in  ij.  IIIu^Ik'  de  ■•'>  liâmes 
sur  iMtis). 

J">ii>    K\i:i.\>  :  Jniirmd  il'iui  iitytujriir  à  Paris  (iG'|i|). 

Huloirr  du  l'tdtiisHnynl  (Paris,  Hitjj,  in  ij  de  ;(G  pa^'es).  —  Hécit  des  amours  de 
I.Diiiîi  Xl\  et  de  M""  de  l^i  Nallière.  Ce  roman  a  été  raiissement  allrihué  à 
Cii>    l'alin 

Livrel  ilt  l'f^/iDsilioii  dr  fH-inlurr  df  ti',711  m\  Palais  lirion.  à  1' Veadémie  royale  <le 
|M-inliire|,  réimprimé  par    \.  de  Monlaiglun  (iN.'ij,  in  iNi. 

II.  SaI'tal  :  Iliatoirr  rt  rechrrchrx des  ntiliifuHi^s  dr  lu  villr  dr  Paris  {i-i'\,'.\  \ol.  in  fol.). 
Le  tome  II  euntient  une  assez  honiie  description  du  palais  tel  que  celui  ci 
était  »erït   ilili.'i.  C'est  la  seule,   un  peu  conqdèle,  i|ni  e\i>le  pour  le  \\u'  siècle.] 

liennain  ltiiii:K  ;  Ofscri/dinn  dr  l'uru  (id.S.'j,  i  \ol.  in  ii).  —  Dans  celte  i'  l'ditiou 
de  i-e  livre  célôlire,  il  est  fort  |m>u  question  du  Palais  |(o>al,  et  ce  qui  en  c>t  dit 
n'eot  que  le  ré»unié  de  tout  ce  qui  était  connu  alors  dan>  le  puldic.  Les  l'dilions 
qui  w  Kiiecédèriiit  jusqu'en  i-'ti  {uf  édil..  'i  \o|.  in  ii)  rourniient  des  rensei 
gnenient»  conqilémentaires,   mais  sans  gramls  détails.] 


W  III     sn.M.K 


Lr»  l'.itriitêilih  de  PiirU  Miiua  Lnuht    \l\    (171H1,   réiniprinn'  par    la  Société  .Ir  |'ii.],:i 
«nlion  lie»  Livre»  d'art,   i>>si 

Dt  l(oi»  nr.  SvMf  (;ki^i«     Ik-Miriidim,  dn  lahlnuu  du  l'aUiu  llnyul,  drdii'r  ù  Mv  U-  ,/«•• 

d'OrU'inf  «•7>7,    în-l-j   de   .'lo'i    piigo  et  r   édit.    i;.'*;). 
Wmni,  ,»,i,r  Ira  itm/iri/lnirra  dr»  miilaniia  du  junliu  du  l'ului*  Huyul,  nudrr 

M.  h  ■■;.  .'.   lii.hriiru   S.  d  II  7  I7.  •'•  putfi»  in  S"),  hucluin».  H»:i;.  lloriiiioN         llililio 

llièi|ur  Carnavalrt 


III  lll.KX;  Il  AIMI  I  I',  Mil 

Mi'/iiiiiic  juKir  M.  le  'lue  ilr  Hic/irlicii.  Iiérilifr  siilisliliii'  ili-  \l.  le  <-iinliinil  de  IHc/irlirii, 
.son  (/riiiiil  niiric.  i-lc.  (à  propos  des  |)i()[)i'i(''l('s  du  l'ahiis-lioxal).  —  Tcslaiiioiil  du 
cardinal  de  Hicliclicu.  —  Mt'iiiniro  en  ivpoiise  au  précL-donl.  —  M.  le  <lui- 
(r(_)rl('Mns  iiiliTV  ciiiiiil.  l'iuis.  ly.'iy.  ■>  i  <■!  ■'.'.]  paj^cs  iii-lul.  Facliims.  Hiic. 
BoiciinN.   in    Icil.         l)il)li(illii"'(|U('  (laiiiii\  idcl. 

l'icvMui.  ni;  l,v  l-diicr.  :  DcscrijiHnn  dr  Paris  (l'ai'is,  \-'\v..  H  noI.  iii  i:>),  ouvra"C' 
iH'rdilé  avec  augmeiilalioiis.  par  TahlK-  l'ciaii  (17GÔ,  10  vol.  iii-i>).  —  |l  11  assez 
long  chapilre  est  coiisaeiv  au  ([uarlici-  du  Palais-Royal  e(  au  luonuiueul.  La 
dcsciiplioM  (les  galeiics  el  <les  lal)leaux  csl  faite  assez  légèrcmenl,  comme  par  un 
visileur  (pii  11  aiiiail  pu  pii'iidie  que  des  noies  succinctes,  sans  docurnenis  précis 
ni  i-('n>ciL;ii('nii'iil>  de   piiMiiirrc    main.] 

l'iii-is  iirlisHiiui-  (i  iiKiiiiiiwiihil  en  ij.'io.  —  Lel(i-es  du  l)''  Mailiows.  Iradiiiles  de 
l'anglais  par  IMiilip|)c  I'i.iiiucnt  dk  Pi  isei  x.  —  lii'impiinii'es  par  II.  ISminardol 
(1881,   in-12).  —  Lettre  Xl\    sur  rédifice  et  le  jardin   du   Palais    lio\al. 

Blondel  :  L'Architecliircfndiriiisr  (l'j^î),  3  vol.  in-fol.) —  |Ln  chapitre  du  loiiie  111  esl 
consacré  au  Palais- Royal  :  ])lusicurs  gravures  donnent  les  plans  el  vues  du 
monunieid.l 

Les  Soirées  du  Palais- lioyai.  ou  les  veillées  d'une  jolie  t'einme,  a\cc  la  (■<in\cisalion 
des  chaises  du  Palais- l>o\al,  sous  l'arhre  de  (Iracoxie  {\~():>..  un  \ol.  in- 12 
de  <S(j  pages). 

Les  Malinécs  du  P<dais  Hnyid.  Paris,  i~~/i.  Deux  j)ailies  en  i  \ol.  iii-i>. —  lîililio- 
Ihèrpie  Carnavalet. 

Abhé  i)K  Lv  Chau  et  Lebi.ond  :  Dcscriiilinii  dfs  pierres  fjrurées  du  iluc  d'OrléiUis, 
premier  prinee  du  suuij  (lySo,  \>.  vol.  in V).  oriii''s  de  ligures  de  Sain!  Aiiliiii. 
Coehiii,    elc. 

Méiunire  à  eoiisuller  pour  /:■■;  pr'ipriéhui'es  îles  maisons  siluées  auliiur  du  jardin  du 
Palais   liiiyal.   Paris.   i-Sr.  lirociiurc  in-V'. 

Exposé  des  ehaiigemenls  à  faire  au  Pidais- lioyal,  brochure  in-V.  impriinée  par  ordre 
de  S.   A.  R.  le  duc  de  (Chartres.   Paris,  juillet    1781. 

OliserealiDiis  sur  l<i  lU'sIrucliiiN  du  jardin  du  l'id'iis- Iloyul.  Leilre  d'un  \  iiglais  ('laiili  à 
Paris  à  niilord  P...  (Londres  Vmslcrdaiii,  17N1,  '|(i  pages  iii-i),  lig.). 

Les  eulrelieiis  du  J'idais  /i'n\7(/ ('l'ahlcau   de  Paris)  (litrecht  et   Paris,   :>.  vol.    in  i:>). 

Le  Pelil  Tableau  île  l'aris.  par  le  mar(piis  dk  Liciikt  (ijiS.'?,  in-ia).  —  Rihliolhè(pu' 
nalioiiale.  L  i,  .")'i.  —  Noyez,   pour   le  Piduis  linyul,   page  -Mi. 

I^aris  eu  mitdalure.  d'après  les  dessins  d'un  nnnerl  \rjus{  lyN'i.  in  ri).  —  iiihiiollièipie 
nationale,  L  i  ',  "ili. 

Lelli-rs  In  youwj  i/e/dieuuui  un  las  sellin;/  nul  fur  Fnuiee,  hy  Jnhn  Amlri'irs  (London, 
lyS'l.  in  X'  de  't-(\  pages). —  lîililiollii'ipic  iialioiialc.  L  l\  ",  (io.'i.'î.  —  Noyez  chapi- 
tres  \\\l    .1    \L. 


\l,w,nuch  ,h,  Falnis-Royal  ,M,ur  lIs:..  D.'lails  sur  les  marchands,  cafés  et  speclacles 

tlessalerie*  (Paris,  lyS:,,  .   x..l.  il.    .S  .le  ;,(.  pafres.    Kx.   i.iar.  r.    aux  armes  du 

dues  .rurléau»».  —  Hibliolluquf  Cariunalel. 
Ce   pclil  livre  e>l  rarissiuie.  Nuus  ur   eoi.uaiss...is   (luu.i    autre  exemplaire  de  cet 

aluianaeli  qui   faisait  partie  .le  la  bil.li..tlK.i.ie  <lu  ban.u  Pielu.n.  luné  de  douze 
jolies    \ij;iiclles. 
lettre  écrite  ./«  Pitinix  Itnyol  mix  ,jii>ilrc  ixirlirs  ,lu  nmwlr  (ijNO.  in  S'  île  aO  pages).  — 

Bil)li..tliÎMue    nationale.  Li,  .-,7   —  Tableau   moral  et  apologie  du  Palais-Koyal, 

la  priimcnade  ù  lu  niiKle. 
Hijlej-in,u  xurlii  clause  de  ta  ,tnw,i,.,„  ....  JoLiisCanlinnl,  <//■/.//«  J'ulni.s  ItoynI.  porlaiit 

que  ce  |>alai»  ne  pourra  .Mre  habité  que  par  le  roi  ou  Ihérilier  présomptif  de  la 

counmne  (vers   178G,  in-iS).  —  liii)li..lii;Mpu-  nationale,  LK',  7:51.). 
Les  Tuilerie»  et  le  Palais  Itnyal.  par  le  si-  ..ml.    -    .!.■  !..  |\  ii.i.kmvhest)  (i  voi.in-i^).  — 

bibliothèque  nulionale  LK",  -'-'^'{^ 
Les  Entretiens  du  Palais  Hoyal  (i-;SÛ,  .leuv  parties  petit  in  12  de  S.i.'i  pages),  ouvrage 

attribué  soit  à  Mercier,  soit  à  Cara.eioli  ou  à  l.aNallée.  C'est  une  satire  générale 

»ur    lesi   niu-ur*,    trè*    spiritmlb-.    mai-    «pii    n<st    pas    aiilniniiil     spéciale    au 

l'ului»-Uo\ul. 
I.a  Me  fnirisienne  sous  Louis  AI/  (iNHj,   in   ili);  c'est  le  j..mii>il   .liiri    \..\iigc    fait   à 

Pari*  en    i7«7    pur   François  t:(M;\KL,    magistral   à    Nancy.  —  \  o>.v.    noIaiuMicnt 

les  pages  it  ti'J  sur  le  Palais -Itayal. 
Calerie  îles    Tahleaux  Au    Palais  Hny al,    re.neil    compreuani    W'ht    plauclics    gravées 

d'apri's  les  principales  icuvrcs  de  peinture  de  cette  célèbre  cnlli(lii.ii,  pid)liécs 

iMiUs  lu  directiiin  île  Couché  (i7Mi  iSnti,   '.\  \ol.    in  f()l.). 
C.imlnil  lie  vente  île  la  inuisim  du  cnfi  de  Chartres  sons  les  arcades  i\\\  jaidiii  du  l'alais- 

Kgalité,  .'1  juillet   i7.'<7  et   IJ  avril   i-if.t.  —  Deux  ilii>siers  actes    nulariés    nulluii 

tiquer  sur  parchemin. —  Hihiiothèque  (iarnaNalet. 

IHimjhte  à  paris,  pur  J.  M.    Dik.mi  [d'après  (Jnérar.l|  (17.S7,  in  i-.>  de    '-'x  pages).— 

\oyei  notamment  le  chap.   Mil,  relatif  an  Palais  Itnynl. 
Alhtrneum  nu   Idi'es   d'un    citoyen   sur  le  nourri  édifice    ronsiruil    dans    rrnrrinlr  du 

l'iilaiâ  Unyid  [*iyi%w  Moi  nir.iil  (17H7,  in  H").  —  Itibliothèque  nationale,  LK'^,  ~i'.\i^. 
Lettre  à  M.  sur  le  cin/ue  i/ui  se  ctmslruil  au  niilini  du  jardin   du  Pidais  Hoyal.    par 

J.  O.  I).  |I)fMiiiii|  (17H8,    I   vol.).  —  Hibliollirque  nationale,  I.K'.  7;ti7. 
Litr\)nette  fdiilotoiiliiiiur  tnr  II.  P.   iiiiiurin  smi.s  les  nrradrs  ila  Palais  Hoyal, 

\taT  (inmoii    i.i    l.\    Hi  '  i>nsidéralii>ns  pliil.>'-<>|ilii.|ii.  s    -nr    les   munis 

de    l.i    capil.il 
Lettrrt  èilijianirt  .in  I  /""   an  nuiMnnn.iirr  <lii  ,:iini,  .i.^   I .iil.ins,  p.n    M.  *•* 

ii-H**,   iii  11  de    1  -  Satire  eontie  le»  mii-iirs. 

Krlrait  des   Saurrlles  «)  ta  main  du   Pi  juillet   I7S?.  mi  l'iéscrxutif  eoiitrc  les  csero 

qurrie*  follr»  ou  il  fuln-  •"<»  '.■■  iiin.  .  d.  ..  I ii.(ii.  ^  .lu  j'idais  lto)al(lteriie,  17.SS, 

3i  !>•((•'*  '••  **') 


III  IIMOCU  AIMI  I  ]■: 


llci/drlc  <nli-rsst'c  à  M'"'  le  iliic  il'Oiii'iins  par  les  ilcinoisrllcs  de  LuniKiy,  Lnticrce, 
Labacdiilc  cl  (iiilrcs  pour  obicnir  l'cnlrrr  du  Pidaix-  linycd  fjui  leur  rsl  inlrrdilr. 
S.  1.  n.  d.  (Paris,    1788,  27  pajj:cs  iii   S").  —  lîibliolli('(|uc  Carnavalet. 

Leilrrs  édijianlcs  du  P(il(ds-J{ny(d  par  un  missionnaire  du  ramp  ilrs  Tarlarrs,  par 
M"*  (Paris,  1788.  108  pagos  iii-S").  l'reinière  ])artic  seule  piil)li('e. 

Élal  aclucl  de  Paris  on  le  Provincial  à  Paris,  1788.  (État  et  descriplioii  des  établisse- 
ments cl   hdiitiqiii's  ilii  l'alais-Hoyal.) 

MEnciER  :  Le  Tableau  de  Paris  (i78i-i7()o,  la  vol.  in-8°). 

Très  sérieuse  remontrance  des  filles  du  Palais-Royal  et  lieux  circonvoisins  à  Messieurs  de 
la  /loblesse  (1781),  in-8°  de  20  pages).  —  Facétie. 

Tableau  du  nouveau  Pidais-Hoyal  (1788,  2  vol.  in-12),  attribué  à  Mavkur  de  Saint-Paul. 
[Les  soixanle-dix-sept  chapitres  dont  .se  compose  cet  ouvrage,  (pii  est  bien  fait, 
sont  presque  enlirrciiieiil  des  descriptions  du  ]\dais- Royal.) — Bibliothèque 
Cai'iiavalet. 

Jlrl(diii/!s  de  divers  cvé/tcmcids  accomjilis  à  J'aris  en  Juin  cl  juillcl  I7S!>  :  Motions 
du  Palais-Royal. — Kmcules  du  faubourg  Sai/d -Ànloine.  —  Assassinat  de  fier- 
Ihicr.  etc.  Fragmenl  de  .''18  pages,  paginé  de  17  à  64.  Douze  arlicles. 

Trois  pii''ccs  rclidivcs  à  diverses  scènes  révolulionnaires  qui  se  soni  ixissccs  au  P(diiis- 
lioyal  du  \!  au  U  juillel  J789.  en  i  m<\.  in  S'.  —  Hihliolhèquc  Carnavalet. 

Les  Dangers  du  PaUns-Royal  ou  la  libciic  Irahie  par  les  ennemis  du  bien  public  soudoyés 
jxw  l'arislocndie  et  la  lislc  cicilc.  (Pamphlet  révolutionnaire.)  Paris,  s.  d.  (1789), 
huit  pièces  in-8°. 

L'Écho  du  Palais-Royid  ou  le  Courrier  des  cafés  (pamphlet  révolulionnaire).  deux 
numéros  de  7  et  8  pages.   S.  I.  n.  d.  (l'aris,  1789).  —  Uihiiothècpie  (Carnavalet. 

Fausse  alarme  donnée  le  27  juillel  au  P(dais-Roy(d  par  les  arislocndes,  ou  Avis  au  peuple 
français  sur  le  piège  qu'on  lui  tend  (contre  les  alarmistes).  S.  1.  n.  d.  (Paris,  1789, 
7  pages  in-80).  —  Bibliothèque  Carnavalet. 

Nouveautés  du  Palais- Royal  ou  livres  nouveaux  des  charlatans,  des  roués,  etc.,  de  la 
France,  par  M.  G.  C.  D.  G.  (Gatalogue  satirique  contre  les  philosophes.)  Palais- 
Royal,   1789,  iG  pages  in -8°. 

Aouvelles de  Paris. —  Affaire  des  ([uatre  ofTiciers  de  housards  au  Palais  Royal,  dans 
la  soirée  du  jeudi  9  juillet  1789.  (Officiers  assaillis  par  les  motionnaires, 
G  pages  in-8".)  —  lîihliothècpie  Carnavalet. 

Les  Demoiselles  du  Palins-Royid  aux  États-Généraux.  Paris,    1789,  8  pages  in-8°. 

/.('  P(d(iis  Ri)y(d  érigé  en  Icnipic  du  j)alriolisnic  cl  de  la  sagesse.  (Projet  d'installation 
au  Palais -Royal  dun  Comité  permanent  des  électeurs  de  Paris  en  coriespon- 
dance  avec  les  motionnaires.)  1789  (G  juillet),  7  pages  in-8".  —  Bibliothèque 
Carnavalet. 

Les  Demoiselles  du  Palais-Royal  aux  États -Généraux  (1789,  iii-8°  de  8  pages). — 
Bibliothèque  Carnavalet,  réserve.  —  Facétie. 


I      Ll 


\TI  I.E     I'\I-AI<-l»l»Y  Kl. 

ftessource  qui  reste  aux  ileiiiuiselles  du  Pulaix  Roynl  ensuite  de  Iti  réponse  des  Etats  Gêné 
raux  à  leur  requête  (1789,  in-8'  de  S  pages).  —  Uibliolhèque   ('.al•|la^aK•l.   n'servo. 

—  Faoélie. 

De  lu  pntsiilutittn.  cahii-r  de  iloléanies  tliiii  ami  des  mo'urs,  adivssccs  spéciaKiiu'iit 
au\  dt'puli's  de  l'ordre  du  tiers  éJal  de  I'ari<  {i-^\),  in  S'  cie  •><)  pages),  par 
L.  l*.  i(Ki(K>iiKii.  |('.et  «tpuseule.  rare,  présente  un  vif  tableau  des  iiKi-urs  régnantes 
à  l'épijipie  dan-   le  jardin  du    l'alai-    itoyal.] 

l'etil  Journal  itu  Palais  Itoyat  ou  {Jfirlies,  annonces  et  arts  divers.  Paris.  i-St).  six 
nuinéms  en   1  vmI.  in  N  (eoinpiet).  —  Biblicdhèque  Carnavalet. 

Le  Sourd  du  l'uluis  Huyal  au  Anecdote  simjuli^re  arrieée  dans  les  derniiTs  Iroutdes  île 
Paris,  S.  I.  n.  d.  (lySy).  iti  pages  in  S.  —  Ilibliiitbètpie  Carnavalet. 

Arrêt  de  la  Cuur  nutionale  ilu  Palais  Payai  de  Paris,  i/ui  suiiprinte  IWssentlilée  i/cv 
Cnpueins,  etc.  (Pamphlet  révolutionnaire  eoriln-  le  eluli  iiacliomiairc  des  C.apu 
cin»,  ele.)  Pari»,   1790. 

Déclaralioti  de.s  judriotes  du  Palais  lloyal.  (  l'.iiii|>li't  n'Miluliniinaiic  )  j'ari-;.  171)0, 
8  page- 

Lu  fin  burles<iur  des  faiseurs  de  ntolioris  du  Palais  Itoyid,  avec  l'emblème  de  la  liberté 
el  une  énigme  en  ver.-»,  par  l'auteur  des  ('.omtnandements  it-  ta  fiutrir  l'aiis,  s.  d. 
(1790),  S  pagCH  in  S-. 

Liste  des  citoyens  actifs  de  ta  section  du  l'atais  Itoyal.  (l'iihlic'c  par  1'  \s-einl)lée  primaire 
tie  la  M'etion.)  i7iji>,  "/t  pages, 

Stiure  la  pette  ou  Helulion  d'un  accident  terrible,  vêritalde  et  renianiualde.  arrivé  an.v 
«latrines  du  Palais  Itoyul  n  el  tlu  reint'de  i/u'on  y  a  apporté    l'aris,    171)0.  \    pages. 

Tarif  des  fiUes  du  Palais  Hoyal,  lieux  eireonvoisins,  a\ee  leurs  noms  ri  domeures 
(vers  1790,  rini|  numéros  in  s  ).    -  llibliotbè<pir  nalion. dr.   I.  i  •.  s,|.    Uéser\e. 

Pndettation  des  filles  du  Palais  lioyat  vl  véritable  tarif  réiligi'  par  Mesilames  Hosm 
el  S»i%T»:  l-'oix.  prénidente»  du  dintriel  «le-  (ialeries  (vi-rs   171(0,  in  N*  de  7  pages). 

—  ltibliollièi|ue  nationale,  I.  b*'-',  3807, 

Les  demoiselles  t'.hilCjdl  du  l'alais  Royal  el  des  différents  ipiarliers  de  l'aris.  traitées 
selon  leur  ntérile,  leur  ihje,  leur  Itetntlé,  leur  taille,  leur  tournure  el  leur  rararlère 
(1790,  in  8*  de  |('>  |>agc)»).  —  iliblii>lbè(pie  Carnavalfl. 

H^rlandion  des  droits  îles  citoyennes  du  Palais  Itoval  {\rts   I7i)'i,  in  N"  de  -   pages),  

Hildiollir<pjc  Carnuvulel. 

Pétition  lie  driu  mille  cent  filles  du  Palais  Hoyal  à  l'  Xssemlitée  nationale  (171)0.  in-S" 
ik  II  poifi!*). —  Hit)liolhè<|ue  ('^iriiuvulet. 

/.M  Aprèa  inuftrr  du  PainU  Hoyal  ou  Cnlerir  des  femmes.  (i7«)n,  in  s  i|r  S  page»,  de 
l'imprii  .  Ihère). 

.iâpaâic  il  /.,/!.  le,  i.nmiléê  du  Palan  Hoyal  (17V".  iii  "»  <|.  1.'.  page-). —  Hibliolb.ipi,. 
(lariiavalrl. 


Il  1  lii.  I  (  m;  Il  \  1"  Il  1  I.  \vii 

l.rllri-s  il'iiii  myiigi'iir  russe  eu  France,  en  Alleiniu/ne  el  en  Suisse,  par  k\UAMziM-: 
(178;)  171)11).  piililii'  |)ar  I.KGUELi.E  (188Ô,  iii-12  (le  335  paj^i's).  [Ce  que  dit  du 
l'alais  Uoval  te  xoyajîcur  lie  manque  pas  (l'intérêt. ] 

Aris  unporlunl  (tu  publie.  —  Salle  de  vente  piihliinie  établie  .sous  les  galeries  ap|)elées 
portique.s  de  bois,  donnant  sur  la  grande  eour  du  Palais-Royal  et  dont  les 
bureaux  et  magasins  sont  formés  rue  Croix  des  Pelit.s  Champs,   hôtel  de  Lusson 

(171)1,  (i  [)ages  in  iS") —  Uililidllirciuc  Carnavalet. 

Cninde  motion  du  Palais  h'oyul,  ou  Hciulc:  vos  eoinpies  (171)1,  (i  pages  in  8").  — liiblio 
tiièque  Carnavalet. 

Le  Palais  lioyal,  par  Resth-  ni-:  i.v  Brktonne  (A  Paris,  au  Palais  Royal  d'abord,  puis 
partout,  même  ehcz  Glillot,  libraire,  rue  des  Rernardins,  1790,3  vol.  in  i-j.fig.). 
—  Ouvrage  licencieux  sur  les  filles  du  Palais-Royal. 

Les  Nouvelles  Amours,  farce  comicpie,  lyrique  el  tragique  des  femmes  publicjucs  du 
ci  devant  Palais-Royal.  Les  forttmes  immenses  qu'elles  ont  gagnées  à  se  promener 
dans  le  jardin;  plusieurs  tl'entre  elles  nouvellement  mariées,  leurs  noms... 
(vers  1795,  petit  in  12  de  72  pages).  —  Bibliothèque  nationale,  Li,  3o5.  —  [Tableau 
du  Palais-Ro\al,  en  forme  de  catéchisme,  par  demandes  et  par  réponses.] 

Les  (jisernes  du  Palais  Royal,  par  le  C.  M.  Clavel  (i7()3,  in  i>  de  12  pages).  — 
Rijiliothèque  Carnavalet.  —  [Tableau  satirique  des  mœurs  au  Palais-Royal. | 

L  ne  journée  tic  Paris,  par  L.  Madeleine  RusVuli  (,\ii  \  .  petit  in  12  de  180  pages).  — - 
Riiili(iliiè([ue  nalioiiale,  Li,  71. —  |  \  oyez  le  chapitre  \\\lil  sur  le  Palais  Royal.] 

L'Uplii/ue  du  jour  ou  le  Foyer  de  Monlansier,  par  Josej)!!  Rosnv  (Paris,  an  VII,  in-S» 
(le  i3/|  pages,  chez  March.vnd,  libraire,  Palais- Egalité,  galerie  Neuve,  n"  10).  — 
[Une  gravure  de  Bovinet,  oblongue,  et  repliée  dans  le  volume  est  intéressante; 
elle  représente  le  Foyer  de  Montansier,  aujourd'hui  théâtre  du  Palais  Royal,  qui 
était  le  rendez-vous  de  la  société  galante  de  Paris.  Chaque  chapitre  est  consacré 
à  l'étude  d'un  type  difl'érent  :  l'Agioteur,  la  Fille  publique,  l'Émigré,  etc.). 

Fraijments  sur  Paris,  ])ar  Fred.-.lean  Laurent  Mever,  doeleur  en  droit  à  Hambourg, 
traduit  de  rallcmand  ])ar  le  général  Dumouriez  (1708,  2  vol.  petit  in  8").  —  Riblio 
lh("que  nationale,  LK",  (io'i.").  —  [Curieuse  relation,  ^'oyez  (•iia|)ilrc  sur  n  le  Palais 
Kgalité  .),  page  2'i.) 

Xl\'   SIKCLI': 

La  Ixcrue  de  l'an  Vlll,  ou  les  Orii/iaau.r  du  l'idais  Eijidilé  (pclil  in  12  de  17.J  |)ages, 
figure  coloriée).  —  [Petit  volume  amusant  contenant  la  p/iysiologie  des  types  (jui 
se  rencontrent  au  Palais  Royal.   La  ligure  re|)résentc  le  chanteur  Carat.] 

Voyage  aulour  du  Palais-Hoyul,  par  SELLi:i,)UE  (an  VIII,  petit  in  12  de  177  pages).  Orné 
d'une  figure. —  [Description  des  plaisir>el  alliaetioiis  de  ce  lieu.] 

Le  Péruvien  à  Paris,  i)ar  Jose|jli  Rosnv  (1801,  '1  noI.  pelil  iu  12).  —  J.cs  chapitres  \  Il 
et  Vlll  sont  consacrés  au  Palais- Royal.] 


VMH  LK      PAtAlS-ROYAL 

f'tirU  à  Injin  du   uiif  ,ii-cl>-.  par  J.  H.  l'umLx   (iSoi.  in  S").  —  | Voyez.  If  chiipilir 

relalir  au  PulaU  Royal. 
Le  Tribunal  clatiU  uu  \om'faujwjnn.nt  ,H,rlé  sur  les  acteurs,  uciricrs.  auteurs  et  sur 

divers    endroits    publics    de  l'arU.   par    Cli.  H.  C...L    (Paris,  un    I\,   petit   in-iu 

de  l'ii  pages)  -  [Voyez  les  iliapitres  :  le  Jardin   K-jalilé  et  Monlansier.] 
Le  Una  Lot  ou  une  Journée  de  Jocrisse  uu  Palais  Éjulité.  i)ar  Hector  Ciivt  ssiku  (an  I\. 

in  If*  de   iIW  pages».—  Facétie. 
Les  Rencoidres  du  Palais  Hoy al.  aventures  ijalanles.  par  A.  S.  \ii;roii(an  \l  iSo;},  in-i8). 

—  I Petit  roman  «le  mœurs  parisiennes.) 
Phluiiummk  :    Miroir  de  C Ancien  et  du  .\oui'eau  Paris  (i8o'i). 

Souvenirs  d'un  séjour  à  Paris  durant  t'hiver  ISO:'  à  tStJ.i.  par  .Inliaim  Iiukdkhii 
ll».i<  iiAHi.r's  (i.So'i.  ;5  vol.  in  S-).  —  (\«>\ez  le-  .Ic-ci  i|)ti(.iiN  tks  lliràtrcs.  des 
restaurants  et  des  cafés  du  l'aiui»- Uoyul. 

Le  Palais -Hoyal,  ou  Mémoires  secrets  de  la  iluchesse  d'Orléans,  mh-e  de  Ph'itii>iii\  par 
M~*  tàK'HvMH  (iSoti.  -j  vol.  in  II).  —  Bibliothèque  nationale.  L  n  •".  ij.")!;. 

Manuel  du   Voyaijeur  à  Paris,  par  P.  N  n.i.iKu-^  (Paris,    iS(i(i.  in-'!'i). 

Vue  et  description  du  Palais-lioyat,  publiées  par  (ii  khvhd  et  Sciiw  un/.  (  iSi.i,  inV')- 

Uu  Palais  Hoy  al,  ce  ijuil  est.  ce  tpt'd  a  été.  ce  nu'U  peut  deeenir  (icSi,!.  petit  in  li 
de  ti  page»).  —  Hibliotlièque  ('.arnavalet. 

Le  Sumént  ti'.t  ou  les  f.atastrophes  du  jeu.  par  P.  Ciisin  (  iNi 'i.  in    i>  de  i  7 'i  paj^cs). 

—  Le   n'    ii.'l  était  celui    d'une  maison    de   jeu  ilans   la   galerie   de    Nalois,   au 
Palais  lto>al  I 

A  eisit  to  Paris  in  iSl'i,  b)  Jolin  Scorr  (  iNi.'i,  in-S  de  X'tS  paj^es). —  liildinilirqiic 
nationale,  L  K ',  |6.1(|.'{.  —  |\oye/.  le  eliapitre  l\  :  le  Palais  Uo\al  el  ses 
divertiKoemenls.] 

Les  Soirées  du  Palais  Itoyid,  recueil  d'anecdotes  galantes  el  ilélieates,  |)ublié  par  un 
invalide  du  Palaiii  Ho>al  (Paris.  iSi."»,  petit  in  lu  de  l 'l'i  pages).  —  Figure  coloriée, 
lrt^4  libre  et  d'une  platitude  abHolue. 

l^s  Matinées  du  Palais  Itoyal  ou  \niours  secrètes  île  M"'  Julie  H...,  devenue  coinlessc 
fie  r Empire,  ruconléc»  par  elle  mi^me  (181*),  in-iM). 

I.'indiralion  des  cabinets  d'esftoyitmn  puldiipie  que  l'on  voit  r//;  Palais  Ituynl  (iSi5, 
in-iC). —  llibliotliè<|uc  nationale,  LK',  78q.'{. 

Ij"  Palais- Hnyal  ou  les  FilteM  en  Inmae  fortune  :  coup  ilieil  rapide  >.ur  le  Palais  Hoyul 
rn  général,  "ur  b-»  iuiii»oni»  de  jeu,  le»  tilles  publicpies,  les  li  Inigie»,  les  mur 
rbuudiM'*  dr  ni<Kie,  le»  ombre»  clihioiM'»,  li-«  liailenrs,  les  cales,  les  cabinets 
(Ir  lm-tur«,  Ip*  iMint  moU  de*  nilc»,  leur»  terme»  d'argot,  ele.  Ouvrage  plus 
moral  qu'on  nr  |)rn<M<,  par  \.  (iMiri.  |M'tit  in-iJ  de  1 '1  •  page-.  ItililinlJiiMpie 
nalionalr,   Li.  <)\  —  Kigun-  rrprpM'nlunt  le»  gulorir«. 


m  m,  K)(i  n  vi'ii  1 1;  xix 

La  \'i>liii>l('  jirisr  sur  Ir  Jhil  on  les  .\uils  de  Paris,  jolie  crili(|iu'  miMéc  d'aiiccdolcs 
cl  davcnlurcs  galaiilcs  du  l'alais  lioyal,  par  (Ilisin  (i8i5,  in  i8  de  ii'.G  pages). 
[Figure  rcpiéscnlaut  une  parlie  fine  dans  une  maison  à  la   mode.] 

Lrs  nymphes  du  l'a  lais  Royal,  leui-s  iiururs,  leurs  expressions  d'arrjol,  leur  élération, 
relraile  el  décadence,  par  P.  Cuisin  (181"),  petit  in-12  de  ici  pages).  —  [l,a  figure 
oblonguc  ropréscnle  la  Porte  d'enln'e  du  n"  113.] 

Le  P(d(ds  Hoyid  en  miniature,  par  un  amateur  de  ce  séjoui- délicieux  (r.Sid,  petit  in  12 
lie  I  iG  pages).  —  [Descri[)liou  des  l)niili(|iies,  des  cafés,  des  restaurants,  des  jeuv 
publies,  etc.  | 

L'OI)serraleur  au  Pul(us- lioy(d,  ou  chacun  son  iiai/ucl  (iSiy,  in  8''). —  lîihiidlliècpie 
nationale   L  i.  .'xu  . 

DupiN  :  l'iiuis  relatifs  au  Palais  Jloyat  et  discussion  des  tpieslions  (pi'ils  oui  l'ail  nailic 
au  procès  entre  S.  A.  R.  M^"  le  duc  d'Orléans  et  le  sieur  .Iulicn,  181N  (avec  plans 
des  jardins  et  palais  en  1780,  1784,  181/i  et  181S,  et  reproduction  de  rélévation 
géométrale  des  façades  des  maisons  construites  par  l'arcliitecle  Louis  sur  le 
jardin  et  les  rues). 

Le  P(d(ds  Royal  ou  les  Filles  en  bonne  fortune,  coup  d'œil  rapide  sur  le  Palais  Royal 
en  général,  les  maisons  de  jeu,  les  fdles  publiques,  les  tabagies,  etc.  (  i8i(),  in  8°). 

^'énus  à  l'encan,  ou  les  Bolirarie/iues  du  l'alais  Roy<d  en  ISIU.  Ébauche  badine, 
critique,  semi  morale...,  par  Clisin  (i8i(),  in  iS  de  i().S  |)agcs).  —  [iMgui'e  repré- 
sentant des  femmes  tondant  des  moutons]. 

Le  Palais-Roycd,  ou  Histoire  de  M.  Du  Pcn-mi  (vers  iSxi.  in  S'  de  i()>  pages). — 
|Héunion  de  morceaux  littéraires  du  coude  de  Siîutu,  C.  Dei.avigm;,  Delphine 
(i\v,  l)i:i,vTOLCHE,  etc.] 

Réclamation  adressée  à  S.  Ex.  M9''  Delaveau,  préfet  de  police,  par  Modeste  .\g\ès, 
patentée,  exerçant  au  Palais-Royal  (uS.n,  in  18  de  12  pages).  —  [Au  sujet  des 
mesures  de  répression  demandées  par  les  marcliands  du  Palais- Royal  contre 
les  filles.] 

Biofjrapinc  des  Jtymplics  du  Palais  Pioy(d  et  autres  (juartiers  de  P(U-is.  par  Modeste 
Agnese  (sic)  (i8-2'.\.  in  iS  de  234  pages),  par  .M.vuco  Saim-IUlauie.  ^  [C'est  une 
physioloijie  générale  des  filles  de   Paris. | 

Le  Petit  Diable  boiteux,  ou  te  Guide  (uiecitotiijin'  des  élrau(jers  à  Paris.  ])ar  M.  "*  (1823, 
in  1  ■'  de  213  pages,  aux  Galeries  de  bois).  — [Voyez  le  chapitre  \1\  sur  lesGV(/cy/o' 
de  Ijnis  et  le  clia|)ilre  sur  le   ISumcro  Jl.'!.\ 

Abniinach  du  Palais  Rnyid  pour  l<S-?'i.  orné  de  notices  sur  les  artistes  dcmemanl  au 
Palais  Royal  el  (Imms  les  en\irons,  d'une  revue  succincte  des  si)ectacles,  diver 
tissemenls,  etc.,  par  Albert  Uindix  (iSyl.  in-i8  de  288  pages).  —  [Orné  de  deux 
figures  de  Couelii'-  fils,  reprc'sentant  la  pl.ice  du  Palais  lio\al  et  le  jardin.] 

Dictionnaire  anecdotùjue  des  nymphes  du  Pahds-Rityal  el  autres  ipun-ticrs  de  Ptn-is.  par 
un  Homme  de  bien  (182G,  in  32  de  la/i  pages). 


\  V  L  K      P  A  L  M  s  -  It  <  I  ^  A  L 

l.f  fiilais  Hoyiil.  |Krmiu-  (Paris,    iStd.  iri-i.S».  —  Hibliiillièqiio  Caniavalil. 

Almiifuich  hislorit/ue  et  eomint-rcial  du  PtiUiis-Hoyiil.  ou  /<■  Coiiduclfur  de  rétiitiujcr  dans 
rel  édijicf  injur  l'année  IH'27.  (Paris,   iHa;,   i   vol.  iii-i-J,  fig.,  loo  paires). 

Le  l'iiliii»  Hoyal,  par  Foxtaink  (1839,  in- 4').  —  [Cet  ouvrage  coinpicml  uiir  iiolicc 
hisloriqut',  i-xacle  pour  tous  les  travaux  exécut»'-s  par  laulciir.  architecte  du 
l'alai*  Hojal  au  coinnu-iutineat  du  xi\'  siècle.  Il  est  accompagné  de  tio  plaudies 
repri'>ciitiiiit  divers  plan>  du  Palais  Hoyal  it  (piihpics  vues  intérieures  de  l'époque 
de  lu  publication.) 

l'étUinn  des  Jilles  itublùiues  de  Pnris  à  M.  le  l'rrfel  de  i>olice  nu  sujet  de  l'onlonnance 
qu'il  vient  de  rendre  leur  inlerdisunl  l'entrée...  ilu  l'nliiis  Hnyid  (1800.  in  8° 
de  7  pages). 

J.  \  ATot'T  :  .Solices  hislnriiiues  sur  les  tuhteuux  de  lu  galerie  de  S.  t.  II.  M"'  le  duc 
d'Orléans,  description  des  |)eintures  réunies  par  Louis  Philippi'  au  i'alais  avant 
l«3o  (i8jÔ  et    iS;Ui,  /|  vol.   in-S"). 

Plainte  et  révélation  nouvellement  ailressées  jHir  les  Jilles  de  joie  d>-  Paris  n  lu  coiif/rr- 
galion...,  précis  historique  contenant  les  hauts  cris  des  n\uipiies  du  Palais  Itoyal 
(i83o,  in  S"  de   i3.S  pages). 

Scènes  de  jour  et  de  nuit  au  Palais  -  lloyal  ou  Talileau  fttw  soirée  des  délices  cl  îles  périls 
de  ce  séjour  eneh'inté.  Paris.  iS.'Jo,   1   vn|.  in-iN,  lig. 

Sffirées  joyeuses  et  ijalantes  du  Palais  lloyal  et  île  ses  environs,  par  M.  hk  S\iNr 
L\tHK^T,  témoin  oculaire  et  hahilant  1  <•  dc'licieuv  séjour  (1833,  |i('lil  in  1  •> 
de  iV>  pages). 

Paris  ou  le  Livre  des  cent  et  un[  xS'SiiHi'x,  lôvol.  in  8).  —  |No\e/,iiau>  le  tmiic  \\, 
le  chapitre  :  le  I'alais  Itoyal  en  1(170,  pur  Jules  Nn:i..] 

Souvenu  Taltleau  de  Paris  nu  \i\' siècle  (|83'|  iS.I.'i,  7  vol.  in  8").  —  (\  oyez  dans  le 
loinv  III  :  le  Puluis  lloynl,  pur  (^jiii>r.t.i>:ii  |)ki.vnoi  r;.| 

The  Xmeriean  in  Paris,  h>  John  Samikhm»  iPliiladcIphial.  i83<),  •>  vol.  in  i>). — 
(Noyé*  l^llrc  l>  :  le  Pulai»-Uuyul,  les  Mille  tiojonnes.  \ér\.  le  Dîner  IVauçais, 
U  (ialeric  irOrléun»,  elrl. 

Jolis  jt^eltét  des  nym/ihes  du  Palais  lloyal...  (i83i),  in  |S  ,|,-  tM\  pages).  —  [Très  libre 
et  Irè»  insignilianl.] 

Physiologie  du  Palais  lloyal.  par  I  llomini-  .1  l.i  |(>n;;iic  liarhr;  si|||,,ii,.|i,.  pj,r 
SJMtfHn  (iH^i). 

I.e  hialile  #1  Pnris  (|HV'>  iH^fi,   t   »ol  1,   omnigc   prt^senlanl   le  lahlean  conqtlet  de  la 

vie  privée,  puhliqur.  |Miiilique,   cle..   par  (ieorge  S»>n.  .Sniu.  Nook^h.    cir.  

|\oye/.  don*  h-  tome  I.  h-  chapitre  ;  Diin*  iv  jardin  du  Palais  H">al.    par  Oclaxe 
FRiitl.r.-|,  usvc    't  vignelli-ii  de   llrnTtii,  page  3j3  ) 

Lrs  Myslèrra  du  Palais  lloyal,  pm    -ir  l'.od  Konr.iiT  (iM^'t,  -i  vol.  in  8-), 

Le  Pannruiiui  industriel  de  Paris  :  Le  Palais -Hoyal.  To|Migruphie  ancienne  (i8.'i5). 


Kl  III. 1  OGU  \  l'il  I  I 


/.('  l'dliiis  Itnyiil.  souvtMiii's  liisl(iii(|iii's  des  rt'sidciices  royales,  par,!.  V-vrour,  l)ibIio- 
tliécaire  du  roi  Louis  IMiilippe  (i.SoM,  i  vol.  iuia).  —  |Bien  (jue  \  aloiil  ail  eu  en 
mains  une  partie  des  archives  de  la  famille  tiOrléans,  il  ne  s'en  esl  j)as  servi 
|)(iur  écrire  ce  voliimp.  qui  esl   tnil  jx'n  dcsciiplil.  j 

(Jiiincr  nus  à  Paris,  par  f.liarles  uk  h'oiisrKit  (iS'jS  iS'iç),  ■>  vol.  in  S").  —  [Contieiil  un 
chapitre   curieux  sur  le  Palais-Hoyal.  | 

Le  Pdhtis  lioyal,  par  houis  Lrui>E  (iS,"),")). 

Du  Paldis- Royal  ri  des  moyens  de  lui  rendre  son  ancienne  splendeur,  par  Lev.\i.lé 
(icSi'i,  in-V). 

Tiildeaa  de  Paris,  par  Edouard  Tekuîu,  avec  illustrations  de  Cham,  Gavarni, 
Eug.  Lami,  Horace  Vernel,  etc.  (iSôa).  —  Le  chapitre  VLVIII,  tome  II,  est 
consacré  au  Palais-Royal. 

A.  Delvau  :  Hisloires  aneedoliques  des  eafés  el  eabarels  de  Paris  (i.S(i'>.) 

Lefeuve  :  Les  Galeries  du  Palais-Hoyal  (iSC)3,  hroch.). 

Le  Tableau  de  Paris.  Histoire,  description,  pliysiolofiie.  Texte  par  les  éciivains  les 
plus  renommés  (w'^Cly,  iii-'r). —  [Le  cluqjitre  sur  le  Palais  Hoyal,  junliii  el 
galeries,  est  d'Aug.  Nillemot.] 

Les  Galeries  du  Palais-Royal,  par  Georges  Duval  (1S76.) 

J.  Bevl joint  ;  llisloire  du  Palais-Royal  el  de  ses  Galeries  (i  vol.  iii-S"  de  71  j  pages, 
vers  iiSj'i).  —  Récits  aneedoliques  sur  les  personnages  (pii  iiabilèreiil  le  Palais- 
Royal. 

Paris  à  travers  les  âges,  par  Hoffuauer  (1875-1870,  2  vol.  in  T).  —  Contient  une 
livraison  sur  le  Palais-Royal,  par  Edouard  Fouh.meu,  qui  est  la  meilleure  élude 
publiée  jusqu'alors  de  ce  monument. 

Gustave  Sandoz  :  La  ('.hancellerie  d'Orléans  (1  vol.  manus.,  18S0,  avec  photogr.) 

Les  Chroniques  du  Palais  Royal,  par  B.  Saint-Mauc;  el  le  marquis  de  Bouhonne  (1881, 
1  ^ol.  in  i8j.  —  [Compilation  résumant  sous  forme  d'entretiens  l'histoire  du 
monument  et  des  principaux  personnages  qui  y  vécurent.] 

llisloire  el  deseriplion  du  Palais  Roy(d  et  du  Théâtre  Franrais,  ])ai-  W  ilbiod  (  .11  miuol 
(i883,  broch.  in-8").  —  C'est  un  tirage  à  part  de  l'élude  tpie  M.  Chabrol,  (pii  a 
été  longtemps  rarchitecle  du  monument  après  son  père,  Pros])er  Cli;ibi(d,  a 
publiée  dans  l'Inventaire  des  richesses  d'art  de  la  Friniee. 

Victor  Naual  :  Le  Palais  Royal  (i885,  broch.). 


&-r 


■        *    ' :.~r~r-r-    --^1;;=,^::^;=; i       r Ill'lll'l f'i^'i'gMPMBMp 


\u-\ 


/ 


4 


r- 

*-• 

't — — ^. 

V 

-^/Êmm^i 

'c^^Ê^- 

, 

^^  >. 

-: 

i^n,^     -  ^ 

•MMMKtM:    IcKl*    ||||>    tt 


<»    L'iMnitHfMI;    S4TI0!IALe 


DU  CARDINAL  DE  RICHELIEU 

A   LA  RÉVOLUTION 


T.     I.     LE    PALAIS -npYAl. 


LES     A  H  M  E  S     DU     G  \  Il  D  I  N  A  L     DE     II  1  f  :  M  E  H  E  L" 

(Composition    allégorique   Je    Cli.  Lebruii    peinte   au    P.Jais  -  Ciriiin  ilj 


CHAPITRE   PREMIER 


LA   CONSTRUCTION   DU    PALAIS-CARDINAL 

(le^';- 16.39) 

Le  goiU  du  cardinal  de  Hicliclicni  pour  li's  bàlimcnts.  —  Di'S  sa  jeunesse,  il  aime  le  faste.  Aménasenient  de  son 
évèché  à  Lueon.  —  Ses  divers  lo<ris  à  Paris  jusqu'en  iGa/i.  —  Acquisition  du  château  de  Limours.  Ses  maisons 
de  campagne.  —  Aussitôt  ministre,  il  aclièlc  le  vieil  holel  de  Rambouillet.  Ce  qu'était  alors  le  quartier  Saint- 
Honoré.  Liste  des  immeubles  et  terrains  acquis  par  Richelieu  pour  la  construction  «lu  Palais-Cardinal. 
Commencement  des  travaux.  L'arclulecle  Le  Mercier.  —  Phases  de  la  construction.  Richelieu  au  Petit-Luxem- 
bourg et  au  château  de  Uucil. —  Le  Palais-Cardinal  donné  au  roi  Louis  XIII,  en  i636.  —  Aclièvemenl  des 
travaux,  iCîii. 

V.  rnrdiiial  de  llichclieii  aurait  pu  dii'o  ce  que  Louis  XI\  , 
à  sou  lil  de  mort,  confessait,  assurc-t-on,  tout  bas:  «J'ai 
lop  aimé  les  bâtiments.»  Toute  sa  vie,  eu  elîet,  le  fjraïul 
minisli'e,  queicpie  éei'asaii!(>s  (lu'aient  été  ses  |)i'éo('eu|)alioiis 
politiques,  se  laissa  aliei'  à  ce  «i-oùt  de  hàlir  (pii  semble  im 
des  traits  île  son  caractère  i-t  liui  des  rares  plaisirs  (juil 
se  soit  permis.  Sans  doute  on  peut  y  voir  la  mar([ue  de  ce  puissant  esprit 
qui  faisait  grand  eu  toutes  clioses,  et  pour  qui  construire  des  palais  était 
encore  faire  amvre  d'iionmie  (ri'ltal.  Mais  cette  explication,  cpii  \ieiit  naturelle- 
ment sous  la  |)lume  de  riiistorieri  mi  [x-ii  (•bloui  par  ri'clal  (rime  telle  ii;;iu'e, 
ne  fait  pas  assez  la  pari  des  pcricluiiils  personnels  ipii  (L'Icrmiiieiil  eu  somme 
la  plupart  de  nos  actions,  même  celles  des  honnnes  les  plus  illustres.  En 
réalité,    il    semble   bien   que    ilicbelieu   ait    cédé   souvent,  dans   sa  fantaisie  île 


^  l.K     P  M.  VIS- UOYAl. 

loiijoiirs  conslriiiro  ot  ilo  s'aim-iia^'L'r  ilo  Iiimkhisos  (Kmiiouics,  ;i  uiio  petite 
faihk'ssc.  à  un  soiitiineiit  de  gloriole  et  d'osteiilalion  qui  était  au  fond  de  sa 
nature,  qu'on  retrouve  en  lui  à  tout  instant,  et  que  sa  prenuère  édutation 
au|)!vs  de  sa  uù-iv.  dans  le  petit  castel  patrimonial  du  Poitou,  n"a\iiit  lait 
que  dé\elop|R'r.  en  inqMJsanl  ee  but  pivris  à  sa  Nie:  relever  à  tout  pri\  le 
pix*sli;.'e  et  lu  fortune  de  sa  famille. 

Pour  bien  compix'ndiv  eette  tendance  de  son  es|>iit  et  ce  lK'S()iii  de  |);iraîlre 
qui  fut  toujours  chez  lui  un  sij.'ne  caractérisli(|ue.  il  ne  faut  pas  seulement 
é\iKpier  le  souvenir  des  uionumentales  constructions  qu'à  l'apogée  de  sa 
carrière  il  fit  ériger,  telle  (pie  la  Sorbonne  où  devait  être  son  tombeau,  ou  bien 
le  cliÂleau  de  ses  ancètirs,  à  Uicbelieu.  réédifié  sur  des  plans  grandioses  et  où 
il  engloutit  des  sonunes  énormes,  ou  encore  le  Palais-Clardinal  doiit  nous 
allons  retracer  l'Iiistoiix'.  Il  conxieid  surtout  de  se  représenter  le  l'ut  m  ministre 
il  s«'s  débuts,  tandis  (pi'encore  enfant  il  essavait  de  dissimider  sa  pénuiie  de 
gentillionnne  provincial  sous  des  dehors  d'appaiat,  ou  cpielcpies  aum'cs  plus 
tard,  alors  ipie.  son  r<ile  politique  conunençanl  à  se  dessiner,  il  lr,iliipi;iil  son 
évèchi-  de  l.nçnn  et  empruntait  sm-  gages  pour  acheter  la  pioprieté  de 
himours  qu'il  revendait  bienl<'>t  pour  la  renq)Iacer  par  celle  de  Kneil,  plus 
fn.stueUiH?.  Ce  goùi  naturel,  nous  ne  (liions  p,is  pdiu  le  hi\e,  mais  |)om'  ce  (pii 
fait  de  l'elTel,  se  confondait -il  chez  lui  avec  les  calculs  de  l'ambitieux  précoce 
(pii  sait  tout  ce  (pie  vaut  un  eviéricnr  brillant:'  Le  tenait-il  tout  simplement 
de  »on  |H're.  Fraïu.-ois  de  l\ichclieii.  (pii.  grand-préviM  de  France  sous  Hem  i  111, 
geiililhomine  de  Ix-lles  manicres  et  de  bonne  mine,  avait  toujours  vc-cii  à  la 
cour  avec  sa  famille,  y  menant  la  large  existence  (pie  cdinportail  sa  situation? 
(loin  est  |M>ssib|f.  Son  |m'iv  était  moi!  jeune,  laissant  veuve  à  Ik  iili'-ipi.itie  ans 
une  femme  (pii  l'adorai! .  avec  la  charge  de  cin(|  enlanls  :  deux  lilles  et  trois 
fiU  dont  le  plus  jeune,  Armand,  avait  à  peine  cin(|  ans.  I,a  mère  de  Uicbelieu, 
douce  et  iKHine  civature,  était  une  fe:nme  de  sens  feinie.  N'avant  guère 
ir<iiiln>^  biens  i|ue  la  tern-  de  Hicbclieu,  dans  le  i'oilou,  et  divers  petits  fiefs 
ipii  étaient  d'ailleiii-^  grevés  de  charges,  elle  n'hésita  p.is  à  ipiitler  Paris  pour 
«lier  n'y  n>fiigier.  \  fnice  de  soins  et  d'écoudmies.  avec  l'applicalioii  iruii 
n'-git-M-iir,  pn-viiyanli-  et  avi-.-e.  elle  >nt  inelire  assez,  d'ordre  dans  s,. s  all'aires 
|MMir  donner  ii  <m-^  (îN  une  x.lide  in>ttniclinn  et  les  élever  dans  l'ide»-  (piil 
leur  falliiil  retlniin-r  l'edal  de  leur  blas,.n.  Cli.nun  d'eux  ;iv.iil  son  r.Mi- 
d«-^igné.  1,'ahié.  Henri,  irait  ii  la  cour  où  le  souvenir  des  services  rendus  p.n 
le  |»'Te  lui  devait  a»Hiirer  une  prompte  situ.iliun.  I,e  c.nlel,  l-'raïK.dis,  aurait 
l'é^rilH'  de  |.iirnn  iloiit  mie  niilniinance  i. iv.de  de  II. ml  |||  .,v.,i|  ,|isp,,s.-  en 
f.iveiM  de  lu  fainille  lie  Iti.  belieii.  (hiani  ii  \iinaiid.  il  piendi.iil  la  c.ui  itre  des 
arnie«.    «mhi-    le    imuh   d<-   mai(pii<.   du    <:billou.    I,e    pn.gii.iiime    s'.iccomplissait 


t.  \    roNSTlurririN    nr    r  \r,  v  is-r  \ni)i  \  \  i.  5 

.liiisi.  et  <l(';jîi  le  jt'iiiu'  \iiiiaiHl  s'cxcic.iil  (li'|iiiis  un  an  an  nu'lii'r  inililairc 
dans  la  l'aniciisc  Acadc'niii'  de  M.  de  l'invincl,  li)is(|n('  son  l'ivic  Franrois,  par 
coup  do  tôto,  déclara  ([n'ii  renonçait  ;i  èlrc  ('sèciue  de  Liicon  cl  ((n'd  vou- 
lait se  faire  moine.  (Ti-tait  la  iiiinc  ponr  la  raniillc  à  (|iil  allaient  désormais 
échapper  les  rentes  (pie  lui  \ersaient  depuis  lôS'i  les  clianoines  de  Luçon, 
non  sans  se  l'aiie  tirer  l'oreille,  car  ils  ('■taieid  las  d'altcudi-c  depuis  si 
lon^lenips  leur  (''\è(pie.  Madame  de  Uiclielieu,  an  d(''sespoii-,  conjui'a  sou  fds 
Armand  de  (|iuller  Ic^pée  pour  la  soutane.  Celiu-ci  acci'pta.  I,\''\ccli(''  l'ut  sauvé'. 


Si  uous  rappelons  ces  ori;^iues  du  futur  cardinal,  cesl  poiu-  montrer 
coudjien  elles  furent  modestes  v[  pour  bien  uiarcpier  le  d(''\eloppeiuent  ^r-aduel 
do  ce  côté  do  son  caraclère  (pii  le  porta  tout  de  suite  à  faire  parade  de  plus  de 
richesse  qu'il  n'eu  possédait.  Ainsi,  à  dix-sept  ans,  an  moment  où  il  faisait 
SOS  éludes  de  théologie  au  collège  de  \avariv,  gi'àce  à  la  géu(''rosité  de  son 
oucle  Amador  de  La  Porte  (|ui  pourvoyait  à  sou  entretien,  on  K;  \oil.  dans  sa 
situation  précaire  d'étudiant,  alVecter  mi  certain  traiu  de  maison  :  habitation 
il  jiai't,  préce[)t<'ur,  \alet  de  chaïuhre.  laipiais '.  l'aiiui  ce  pi-rsonnel  se  tromait 
di'jîi  Le  Nhisle,  ({ue  uous  allons  relrou\er,  au  Palais-Cardinal,  secrétaire  de 
i\ichelieu  et  sou  homme  de  couliance,  a\ec  le  litre  de  |)iieur  (l(>s  Hoches'.  De 
luciiie,  lorsqii'en  i(io(>  il  alla  en  Italie  alin  d'obtenir  du  pape  les  dispenses 
nécessaires  pour  se  faire  nommer  é\èque  de  Luijon  (il  n'avait  alors  quexiiigt 
et  un  ans"),  on  peut  croire  ipi'il  ne  se  fit   point  faute  de  paraître  à  la  cour  de 


I.   (iiiiiiicl  IUmitaix,  llisluirr  du  ninliiiiil  '!,■  Iliihriicii.  I.  I". 

a.  Mi'iiiiiires  de  Claude  Courlin  (riiamisciil  de  la  Uil)liolli((iiii'  de  I"  \is<Miiil.  l'oiids  Coinanl.  il"  '|(i-'>". 
folio  2C8).  —  Voir  aussi  Hanotaux,  llistnirc  du  cardiuid  de  llicliclicu.  t.  I",  p.  78. 
3.  Tallumam-  des  Uéalx.  Ilislorietlf  du  cliancdirr  Si'yuifr.  I.  III.  p.  '>.S. 


6  I.K     !•  \I.  \1S-  KO  Y  AI. 

RoiiK'  011  biillaiil  i'-«|iii|)a^'i'.  Il  emporta  lU-  son  roml  si'jour  dans  la  \ille 
t'IoiiiolU'  une  inii)i«'ssion  (ini  ne  s'elTaça  jamais.  11  admira  la  lenno  ponipousc- 
de  cflU-  lour  lumaini-,  les  riilios  palais,  les  merveillenses  rolleelions  dohjets 
«l'ail.  Il-  liixe  des  cartiinanv  dont  il  ie<;nt  un  llallenr  accueil,  les  lkirf,dit'ï^e,  l^'S 
<;i\r\,  les  Joveuse.  et  il  est  eeilain  (pie  sil  montra,  qnelqnes  années  plus 
lard,  une  passion  si  \i\e  pour  les  marhivs  rares  et  les  peintures  tpi'il  Ht  venir 
à  grands  frais  d'Italie,  c'est  à  ce  v<nai,'e  qu'on  doit   ralliilMicr. 

.\ussi.  lorsque,  jeune  pivlal  de  Ninj^M-liois  ans.  il  est  installé  dans  la  pauvre 
inuison  do  l'éxèelié  tie  Lucon.  «  le  plus  Nilain  é\èclié  de  France,  dit-il  lui-même, 
le  plus  enitto  et  le  plus  désa^Mvahlo ' .  »  quel  déplaisir  il  éprouxe  à  en  constater 
le  dénùinenl.  et  eomme  il  se  hâte  d'en  relever  l'aspect.  Il  a  à  |)eine  do  quoi 
\i\iv  et  il  prend  un  fjontillioinme  pour  niaître  d'hôtel.  Son  installation  est 
|K)ur  lui  un  ^jrand  souci.  Il  si-  pnjcure  un  mobilier  de  réception,  de  la  vaisselle 
plate  cpi'il  fait  \enir  de  Paris,  des  domotiques  faisant  lif,'ure.  c  Je  suis  jj:ueu\ 
comme  \(>us  sa\e/,  écrit-il  à  une  \ieille  amie.  .M""  «le  nourj.'es,  mais  toutefois, 
loi'sque j'aurai  |)lat  d'argent,  ma  noblesse  en  .seia  fort  relevée'.»  Faire  li{j^ure. 
c'est  Ih  où  se  reconnaît  la  pointe  de  \ainté  du  jeune  éxècpio  dont  rinq)atienlo 
audiitiou  s'aecoiumiHlo  si  mal  du  st'juui-  ii  Luçon.  qu'aussitôt  a|u°ès  l'assassinat 
de  Henri  I\  il  ne  songe  plus  (pi'ii  aMiii-  ii  Paris  ini  lo^'is  à  lui,  |)om-  y  venir 
do  temps  ù  aulit;  obser^er  de  plus  pn^s  les  é\énements,  taire  sa  cour  à  la 
ri'ini'  et  .saisir  sans  ivlard  l'occasion  (piil  attend.  <(  Klaiil  un  peu  jrloiieuv. 
é«-rit-il  encore,  je  \oudrais  bien,  étant  plus  ;i  mon  ai>-e,  paraîlie  davantaj^e.  ce 
«piejo  forai  iniouv  ayant  mi  lo;.'is  îi  moi  .  »  (le  lo;:!-..  il  li-tai)!!!  me  des  Mau- 
\aiscs. Parfîtes,  qui  rejoi;:nail  la  rue  des  La\:mdière«  el  la  rue  des  Miiurduniiais: 
elle  a  disparu  lor»  tie  la  construction  do  l:i  rue  do  Uixoli.  Il  s\  in-la!la  di  liiii- 
li\emoni  au  mois  do  mars  tliili.  Dos  ce  moment,  il  ;nail  le  titre  d  auiMi'niiei' 
do  la  reine  Mario  do  Modicis.  de  consoilli-r  d'Klat,  a\ec  den\  mille  li\res  de 
Iraiti-mont  i-l  six  mille  frimes  de  pension.  cliilVn-  <onsidérablo  |)our  l'épiupie^ 
où  lo?t  plus  liauloH  cliar;,'es  élitieiil  n'-tribui'-es  plus  en  piivilè;.'es  ipi'en  ce  ipie 
nous  npiN'IdiiH  aujourd'hui  appoinlemenls. 

(l'était  la  première  i-lape  de  .sa  rapidi>  ascension.  Le  coup  de  théâtre  de 
rn.H.HaH<tinat  du  inariM-hal  tl'.Xncro  faillit  l'arrèlt-r  net  en  son  élan.  I''\ilé'  à 
Vxi^'iion,  il  a  .si  jx-u  île  ressourcis.  quil  est  oblip-  d  CiiiiinuMi  i  trois  ou 
ipialn-  uiillo  i^iiH  il  un  pau\re  lioumie  nonuné  Mulnl.  qu  il  li|  plus  tard 
(iiaiiuiiic  de  la   Sainte  (  li.i|i.||ei,   .Mui.s  bionlùl  il  nprend   l'cs-sor  dans  lequel 


■  f  lUpUmmUiiuf  •/»  ninliiuil  ilr  llUhrtieu,  I.  I".    p.  7',. 


l    (.(    U  iiiiitulr  it  •>i>l4iittMiHr,  llllill<iUin|iip  iialloiulr.  foiiiU  llalu<r,  11"  H,  9.  fulio  71. 
1     TtLt.KM*«l    liK«   llmit,    I.    I".    |l.    1^ 


LA      CONSTIU  CTION     1)1      l'Ai.  A  I  S  -  (;  A  H  I>  1  N  M.  n 

il  ne  (liiil  plus  s'iiiTÔtcr.  Hciiln''  ;i  la  CDur  eu  i(>ij),  [ii'oiim  caidiiial  en  ifiaa 
ot  cil  possession  de  la  laveur  ro\ali',  il  est  ajipclé  au  (ioiiscil  par  l.onis  Mil 
le  9  axril  i6a'i,  et  noniuié  ininistrc. 

Il  n'avait  pas  attendu  ce  lilic  pour  donner  satisfaelion  à  ses  peiiclianis 
d'opulenee  et  ii  Tlunueur  (pii  le  pouss;iil  à  clian^^cr  fn-cpieninicnt  de  dnniieile. 
{'.M-  n"oid)lions  pas  cpie  ce  cpie  nous  éludions  ici  en  Kicliclicu,  c'est  unicpicnicnt, 
pour  ainsi  dire,  le  «  propriétaire  »,  l'iiounne  d'int(''ri('ur,  le  collcclionneur, 
l'acquéreur  ou  le  eonstruct(Hir  (riiabilatious  di\(>rses  à  la  \illc  cl  à  la  cam- 
pagne. 11  s'essaya  à  plusieurs  reprises  à  ce  r(')le  a\aid  l't'dilicalion  eouiplète 
du  Palais-tlardinal,  cl  il  n'est  pas  inutile  de  le  suivre  à  ses  débuts,  eu 
constatant  l'agrandisst'nieid  progressif  de  ses  ressources,  de  ses  besoins,  de 
son  genre  de  vie. 

Dès  l'année  1G2.S,  le  cardinal,  cjui  jusqu'alors  n'avait  guère  été  en  situation 
de  s'oiîrir  une  demeure  coûteuse,  acquit  pour  /|00,ooo  livres  du  cbevalier 
Louis  Hurant  le  cbàteau  de  Limours,  près  Paris  :  il  aAait  été  bàli  jadis  par 
François  I"  pour  la  ducliesse  d'Ktampes  et  avait  été  babité  plus  tard  par 
Diane  de  Poitiers.  Hicbelicu,  (jui  aimait  à  passer  la  saison  d'i'té  sous  les 
verts  ombrages  et  dont  la  santé  iVagile  a\ait  besoin  de  ce  s('joui'  reposant, 
montra  une  joie  d'enfant  h  se  rendre  maître  de  cette  propriété  dont  il  parle 
à  ses  amis  sur  le  ton  du  plus  vif  enthousiasme.  Le  i/i  avril  iGa^,  il  écrit  à 
M.   de   Kou\ille,  gou^erneur  de  (Ibinou  : 

...  Je  ne  puis  que  je  ne  vous  die  la  folie  que  j'ay  faictc  d'achepler  Limours, 
eu  vendant  Anssac  et  ma  charge  de  grand  auhnosnier.  Vous  m'en  hlanicrés  peut 
cstre,  mais  les  clioses  qui  sont  pour  la  santé  d'une  personne  ne  doivent  jamais 
estre  estimées  vrayes  folies...  '. 

Ce  n'était  point  assez,  pour  payer  Limours,  d'avoir  vendu  Anssac  et 
sa  charge  d'aumônier \  Il  lui  fallut  encore  céder  l'évècbé  de  Luçon  à 
M.  de  Rragelogne,  doyen  de  l'église  Saint-Martin  de  Tours,  dette  vente  ne 
lui  donna  pas  d'argent  licjuide,  mais  lui  assura  un  revenu  île  i  a, 3oo  livres^. 
Klle  eut  lieu  le  iq  mai  iGa.'L  Kichelieu  se  mit  innnédiatcment  à  faire  les 
rc'paraiions  indis|M'nsal)les  à  son  nouveau  château,  et  il  en  avisa  avec  complai- 
sance sou  ami  Boulhillier.  «  Le  lieu  .sera  honueste,  dit-il.  Au  reste,  tant  s'en 
fault  que  la  maison   soit  triste;  qu'elle  est  fort  gayc  au  beau  temps.  Vous  le 

1.  Correspondimcc,  t.  VII,  p.  'lu'i. 

2.  Il  céda  ceUc  chaifrc  à  rcvrqiK!  d'Alel,  Élicnne  de  Polvcrel.  Une  lettre  du  cardinal  parle  d'un 
ri'ci'pissc  de  .So,ooo  livres  qu'il  faut  retirer  de  celui  ci.  Cette  somme  de  3o,ooo  livres  représente-t-cUe 
tout  le  prix  de  la  charge.^  Probablement. 

3.  Sur  la  prébende  de  Saint-Martin  de  Tours,  l'abbaye  de  Sainl-Vast  et  l'évèclié  de  Luçon, 
voy.  Currespundunce,  t.  VII,  p.  53o. 


g  LE     PVLVIS-KOYAL 

ju-c-n-s  :,  la  pri'inièri-  m-u.-.  apivs  l.-s  n'ixnalions.  dans  (luafre  mois.»  C'est 
ranhil.Hlf  Salomoii  de  Caus  «iiii  lut  .hai-r»'-  di-s  Iranslonuatioiis  h  opérer 
à  Lim.mi-s.  ol  «o  fiiri'iit  xraiseinl.laMeiiuiil  les  deiniirs  liaxaiiv  de  cet  artiste. 
i-ar  c'est  sa  veiixe  qui  loucha  le  nioiilanl  du  uiéinoire  louriii  en  iO>(;  par 
son  mari,  ainsi  qu'en  lénioi^nie  la  (|uillan(e  suivante: 

1616.  —  Damoisclle  Ust.r  Picarl,  vcufvc  île  iVu  Sidouion  de  Caux,  vivant  ingé 

nieur  et  archilccle  du  Hoy.  denieuranl  à  Paris  es  nuucls,  au  Temple,  rue  de  Poiclou, 

confesse  avoir  receu  de  noide  homme  maislre  Lemasle,  intendant  et  secrétaire  de 

la    maison    de    Monseigneur    le    Cardinal    de    Richelieu,    la    somme    de    deux    mil 

huil  cens  quatre  vinj,'!  dix   huicl    livres  contenu  au   mémoire  et  estât  ey   devant 

esrripl  et   pour  les  lauses   y  mentionnées,  dont  quittance.  Faict  et  passé  à  Paris, 

l'un  mil  six  ct-iis  \int.'t  >i\. 

l']sTi:n    PicAUT'. 

Ouaid  à  raniéna^'enunl  int.ri.iir  de  l'iialiilalinii,  il  dut  rire  tort  hixiieux, 
2i  en  ju^'er  par  les  quelques  indication-  tpii  nous  s. ml  rdiiinies  dans  les 
comptes  de  tlrpensi-s  du  cardinal.  En  iGjô.  (•■.-(  If  peintre  Nicolas  Ducliesne' 
qui  y  diN-ore  la  cliand)re  rés.iv.',-  ;i  i.onis  \|||,  quand  il  plaisait  au  roi  de 
rendre  \isile  Ii  son  ministre  . 

l'IiiH.  lu  chandin-  du  \\<>\.  tmis  Iravécs  cnriciiies  d'or,  avec  cartouches  de 
reliefs  il.irés.  à  fond  dazur  it  hl.inc.  et  les  tVi/.rs  tonltes  de  relief  avec  consolles, 
carli>U(-hes,  et  le  dessoul/  des  pnullres  tout  de  relief  avec  festons  dorez  à  fond 
d'a/nr  el  hianc  :  aun  livres 

IMu-»,  pour  les  deux  ;;raiiiles  li;,'ures  (pi.'  j'iiii  a  |)iiiict  de  lilanc  de  [dcimi)  à 
huille,  «pii  siiiil  les  frontons  au  eliasleau  el  telles  (pii  sont  sur  le  portail  du 
Jardin  :  iti  livre». 

l/ann«'f  suivante.  <-'es|  le  maître  menuisier  du  cardinal,  ii  Pari-,  (pii 
travaille  à   lamours  cl  y  scidpte  les  corniches   d'une  ^ralerie  : 

l'lu«,  en  la  Koh'rie,  j'ai  fait  -J."?  «-ornii  lies  pour  li-s  portraits  des  rois  el  raines 
l'I  auoni  II'»  «•nehas^iires  de  don/e  porirails  de  princ(>s  el  seif.'neurs  ponr  niellic 
alentour  du  roy  et  di-  la  revue  •. 

Kn  même  lenqis  •>  l'ami  Itotilliilller  »  l'iail  char;.'i''  de  xeiliei'  aux  dt'tails 
(le  l'iiitlallalion  tpiand  h'  maître  ne  pouvait  le  laire  lui- même.  Il  ('-crit  le 
8  «rplendin*   Hiili  à  celui-ci  : 

Je  VOU4  prie.  n'Il  ne  peut,  faire  oler  un  husie  dn  roy  (pi'on  a    mis  an   passaye 

I.  Ikm-ummlt  fHMir  tfnir  .1  r;,,i(.iiv  ,1.  III.IA-Iùrn,  rlli'.  pir  Hiiiim:.  I  l\.  |i.  '.iS.  iliiprés 
rin<rftUtri<  tir»  |Mp)rr«  .1  1     |.«.  M,n|i<,  inii-iir  t\n  Itorlics. 

I     II  ««aU  Ir  nirr  il.  Mil-  Xhlilrilc  Mnlk-U. 

J.    /kj^HM/nl*   p»Ur    $rr,,f      ,    .   ,.,,,..,,  r    .,r    i   li;r,     hifU,    clli-s    |UI     IIhuIIK.    I.    IV. 

|.    Ibtd  ,  I.   |\.  p    199 


LA      CONSTHLCTION      Hl       l>  A  I.A  I  S  -  C  A  II  l>  I 


I.E     CAllDISAI,     DE    KICIIEI.li:!: 
lU'jpriJi  un  des  potlrails  de  Pli.  de  Clumpalgiif,  grjvO  par  N.iiiliuii  tu  if;;) 

de  la  poric  di-  l.iiiioiirs,  entre  les  deux  statues  du  Hoy  et  de  la  Revue  sa  mère; 
car,  nuire  (|uil  n'est  pas  bien  fait,  IJrard  navant  pas  la  main  couiuie  Berlhelot, 
il  est  destiné  pour  être  à  Richelieu  avec  un  autie  buste  de  la  reine  sa  mère,  et 
je  fais  faire  un  Roy  en  grand  et  en  Mars  de  la  même  main  de  Rerllielot  pour  le 

T.    I.    Il:    IMI.MS-IIOYAI..  , 


LE      PVL\IS-RO\AL 


meltre  dans  la  croisée  élevée  entre  le  roy  el  la  reyne  sa  mère.  Quand  vous  en 
verrez  linvenlion.  vous  lapprouvercz  fort,  jusque  là  que  vous  vous  entendez 
assez  mal  en  bastiment  pour  ne  la  comprendre  pas. 

Voilà  donc  Uichi'Uc-ii.  ;\iu>i  (luo  nous  l'apprenti  ntto  lottrc.  nioiiaut  dt'jà 
de  front  trois  ou  iiuatre  con.struclions  à  la  lois.  Il  n'y  a  pas  encoro  di«u\  ans 
qu'il  est  ministre  et  il  soii;.'o  à  relever  le  château  de  ses  aïeux  dans  le  Poitou; 
il  y  envoie  des  œuvœs  d'art,  tout  en  endH-llissaiil  Linioiirs  el  en  jetant  les 
fondements  du  Palais-Cardinal.  Au  surplus,  ce  Limours  qu'il  vient  à  jaine  de 
disposer  à  sa  convenance  et  dont  il  a  fait  l'acquisition  avec  tant  de  boidieur, 
il  ne  s'y  plaît  plus  une  fois  terminé,  et  c'est  successivement  dans  tous  les 
en\ irons  de  Paris  qu'on  le  voit  clnuiue  été  chercher  une  villégiature  qui 
lui  agrée  davantajfe  ou  soit  plus  favorable  à  sa  santé.  En  i()a5,  il  se  transi)orte 
alternali\ement  à  Courances  près  Fontainebleau,  à  Dampierre,  à  la  Saussaye, 
k  la  <»  Maison  Kou-re  ».  très  belle  habitation  qui  était  au  bord  de  la  Seine, 
presque  à  la  sortie  de  Paris,  el  derrière  la(|uelle  jjassait  le  Cours-la- Heine. 
C'était  la  pl.iiic  r;nnpaj.Mie  alors.  Le  canlin.il  \  alla  à  plusieurs  reprises. 
Il  acquit  au^si,  à  cette  même  date,  à  Fleury.  un  cliàleau  qu"a\ait  fait  bâtir 
Ctime  Clost,  •;frand-nuutre  des  eaux  et  forêts  sous  Henri  11  :  il  était  >ilué  a 
douze  kilomètres  nord-<Micxl  de  Fonlaincbleau,  c'est-à-iliie  à  iiiiaïaiilc- huit 
kilomètres  tie  Paris',  (l'est  dans  celte  maison  que  dexait  ètii'  exécuté  le  couq)lot 
tie  Clialais  cunlre  la  \ie  du  cardinal,  en  mai  iti-jG.et  c'est  à  partir  de  cette 
éiKitpif  quf  II-  ;.'rand  mini>lii'  cul  imh'  garde  (•omp(>S(''e  de  ceni  luuiuin^s  à 
clie\al.  «pii.  piti"  la  suite.  s'ac<-rut  jn<(prii  cin((  cents  hommes,  niousipielaires. 
f^endarmes.  che\au-li''gers,  etc.  I.'amiee  sni\aide.  en  itiuy,  nous  le  trou\oiis 
à  Siiint -(iermain-en-l.a\e.  dans  une  mai'-uii  louée  ('S  idenniieiit  poui'  U'S 
iM'caHiiins  où  son  serxice  r.qipelail  aiq>ivs  du  roi'.  Il  Unit  par  xendre  Limoins 
au  «tue  d'Orléans  (rois  cenl  mille  livres  de  plus  (pi'il  ne  lui  ax.iit  coûté  :  cela 
couxriiil  II  |MMi  près  |e<.  dt-penses  (pi'il  >  a\ait  l'aile-i.  Les  •«plcmliile-^  jardins 
de  Itueil  allaient   bieiit<M   le  dedonunagei    :mq)lenii'iit   de  cet   abandon. 

A  l'.oi>.  Uielielieii  axait  quitté  depuis  nu  certain  temps  son  domicile  de 
la  rue  des  Mauvaises- Paroles;  il  s'était  logé  place  Uoyale.  dans  un  In'ilel  '  situé 
h  l'angle  gauche,  du  ciMé  de  la  rue  Saint-Louis,  t-n  face  <le  l'hôlel  .Saint- 
(iéraii.  et  nîi  il  nvi-vnit  avec  inrmimenl  d'am.diilili-  une  brillanle  société  de 
p-n<t  d'esprit  et  i\r  femmes  charmantes  ipii  tV<  ipientail   llxMi  1  de  Kambouillel 

I     i,„rrn(taiuiitnef  dtptomiil uiuf .   I.   II.   |i.    i^i   ri   ?.ts 

>  \ntr  t«  rniilrat  il>*  l>iiia||r  cUiit  Ir*  luiilrr*  IjUw«  \ht  I.0  M.i«!iv  l^i  iiiaiviii  ('-lail  luiu'-v  aiiiiiiul- 
lrm«nl  ilcm  rnil»  ll«rr«  IniiriinU    —  Ik^-umfnlt  /«mr  «ri'tr  >t  l'hliluirf  ilr  lUtUfllHrii.  t.  I\',  p.  3i>o. 

3  t^Miilr  ut  HtM^cti  '  \«K«t.<r,  /./i  Imchrêêf  i/°  (ii/ui/dm,  iHAj,  lii.|M,  p  \t-,  i'^-i  \\{\W\  lU  |)nr(io  de 
la  «iirraiwtixi  ilii  carilltul,  ri  aoii  ne«ru  et  lii-rlllrr,  Ir  dur  dr  lllclirlîi'ii,  \\  Icitlalln  plut  tard  cii  ili.'>ri. 


I.  \     DONSTnUCTION      DU      P  A  L  A  I  S  -  T.  A  H  I)  1  N  M.  II 

OÙ  Ini-iiK'iiio  a\ait  do  bonnes  relations.  A  celte  épocpie,  Kielu-lieii  n'était  pas 
encore  «  l'Iioinine  dKtat  de  ^n'aïui  poids  à  pliNsioiioniie  ^.Maxe  (pie  la  Iradition 
—  par  un  procédé  de  siniplifieation  trop  aisé —  ramène  à  un  type  unique  et 
consacré  »',  Ce  n'était  pas  le  faraud  iniiiislrc  devant  (pii  tout  devait  se  courber, 
à  la  «  Une  et  sèelie  fijrnre  »  peinte  |)ar  IMi.  de  (liianipaijjfiie,  ni  le  «  spliin\  à 
robe  roug:e  »  dont  a  parlé  Miehelet.  Il  n'avait  pas  alors  atteint  la  (piarantainc. 
Quoique  déjà  fatigué  par  la  maladie  et  les  ail'aires,  (pielquc  cbose  lui  restait 
de  lair  mililaire  de  sa  ji'unesse.  A  le  voir  inai;,n'e  el  grêle,  la  mine  intelligente 
et  soucieuse,  la  ligure  allongée,  mais  assez  pleine  et  non  émaciée  comme 
elle  sera  plus  tard,  les  yeux  gris  un  peu  ternes  et  cependant  pénétrants, 
voilés  par  de  longues  paujiières  (pii  s'abaissaient  souvent  à  demi  comme  pour 
un  recueillement  intérieur,  les  cheveux  abondants  terminés  en  boucles  longues, 
les  lèvres  mobiles,  ombragées  d'une  moustache  retroussée  à  la  mousquetaire 
selon  la  mode  «lu  teni|)s,  la  \oix  tour  à  tour  caressante  on  impérieuse,  on 
l'aurait  pris  moins  pour  un  prélat  —  dont  il  ne  porlail  d'ailleurs  le  costume 
([ue  dans  les  cérémonies  pnbli(pies  —  que  pour  un  diplomate  de  cour  à 
l'allure  souple  el  ea\alière. 

Dès  qu'il  tut  nommé  ministre,  Richelieu  dut  trouver  son  logis  de  la  place 
Royale  bien  éloigné  du  Louvre  où  l'appelaient  à  chacine  instant  ses  fonctions 
près  de  Louis  XIII,  el  c'est  alors  ((u'il  conçut  la  pensée  d'aller  se  fixer  au 
quartier  Saint -Honoré.  Sa  nomination  au  Conseil  dale  du  ;)  avril  iGa^-  Dès 
le  7  septembre  suivant,  il  faisait  ra(([uisition  pour  la  somme  de  90,000  livres 
du  vieil  hôtel  de  Rambouillel,  qui  ('tail  à  l'extrémité  de  là  rue  Saint-Honoré, 
près  des  remparts,  tout  proche  du  Louvre,  el  que  la  célèbre  marquise  de  ce  nom 
avait  abandonné  en  itîoti  pour  habiter  une  autre  demeure,  moderne  et  confor- 
table, ([u'elle-mème  Ht  conshiiire  sous  sa  direction.  Cet  antique  hôtel  du 
w"  siècle,  qui  appartenait  à  Anne  de  Beauvilliers,  veuve  du  conseiller  d'État 
de  Frcsne,  avait  été  pendant  ([uelques  années,  vers  lôSo,  aux  mains  de  la 
duchesse  de  Mercieui-,  ([ui  possédait  égalemeiil.  à  peu  de  dislance  de  là,  h 
l'angle  de  la  ruelle  des  Bons-Enfants,  les  restants  de  l'ancien  liôlel  du  conné- 
table d'Armagnac.  La  veuve  de  Beauvilliers  ne  fil  |)as  une  mauvaise  affaire, 
puisqu'elle  avait  eu  pour  .'î'|,r>o()  livres,  en  iCioii,  TIkMcI  Uandioiiillcl.  qu'elle 
revendit  90,000  en  i()'>'i  ;i  Richelieu. 

C'était,  dit  le  conilc  de  Labordc,  comme  dans  toutes  les  aiicicinies  liai)ila- 
lions,  un  vaste  ensemble  de  bâtiments  ajoutés  successivement  les  uns  aux  autres, 
sans  régularité  au  dehors,  sans  intelligence  des  besoins  au  dedans...  Après  avoir 
passé  une  grande  porte,  encore  formidable  entre   ses  tourelles,  quoiqu'elle  ne  fût 

1.  riabiii'l  !l\Nc)i\i;x.  Uisloire  du  cardinal  de  RichAifu.  (.  II. 

2.  Coiiik-  uv.  Laduiidi;,  I.c  Palnic-Maznrin,  p.  55. 


I .,  1.  y,     I'  M.  \  I  !*  -  H  t  >  ^  A  I. 

pas  piccctU'e  i\v  poiilli-vis.  ni  rscoricc  de  iliaîm-  el  tlo  leviers,  on  arrivait  par 
une  voûte  sombre  à  une  porte  basse  qui  donnait  entrée  sur  lescalicr.  De  chaque 
côté,  des  éteitînoirs  pour  les  nanibeaux  des  escortes,  des  montoirs  pour  hucher 
sur  leurs  selle-,  hautes  les  cavaliers  lourdement  armés  ou  trop  amplement  costumés. 
On  montait  aux  appartements  par  des  marches  roides  et  étroites,  enroulées  autour 
d'un  pivol.  et  qui  auraient  eu  besoin  de  plus  de  j<nir  que  n'en  laissaient  passer 
délroiles  lucarnes.  Au  premier,  cet  escalier  en  limaçon  s'ouvrait  sur  un  corridor 
ou  sur  une  vaste  antichambre  ouverte  ù  tous  les  vents  comme  à  tous  les  venants, 
vaste  carrefour  <pii  tenait  de  la  halle  et  de  la  rue.  car  on  y  commettait  les  mêmes 
infractions  aux  habitudes  de  la  propreté  et  aux  récries  de  la  bienséance.  On  passait, 
par  une  porte  trop  étroite,  ilans  une  seconde  anlichand)re  trop  vaste...  el  Ion 
entrait  dans  les  appartements,  les  salons  et  la  jrrande  -jalerie,  vaste  salle  de  récep- 
lion  destinée  aux  fêtes  qui  se  donnaient  une  ou  deux  fois  l'an...  Cette  longue 
suite  d'appartements  portail  les  traces  du  passa<;e  île  ces  seigneurs  qui  «  crachaienl 
haut  "  pour  maniuer  leur  rang,  et  se  permettaient  de  plus  grandes  libertés  pour 
prouver  leur  indépendance.  Mal  éclairés  le  soir  par  de  rares  chandelles,  ils  étaient 
glacés  en  hi\er.  même  lorsiiuuiu-  forêl  brûlait  dans  cet  antre  qu'on  ajjpelail 
une  cheminée,  antre  négligé  |iar  les  fumistes,  mais  dont  s'étaient  emparés  les 
artistes,  pour  sculpter  les  montants,  les  poignées  el  les  énormes  chenets.  On 
marchait,  on  marchait  longtemps  avant  darriNcr  à  l.i  seule  chambre  habitée, 
quoi(|U°elle  fût  tout  au   plus   habitable    . 

Cette  licsiription.  peu  engageante  mais  \éri<li(|iu',  de  ces  sombres  el 
ini|MJSaiites  demeures  du  \V  siècle.  <(inime  il  y  eu  avait  encore  un  certain 
nondire  dans  l'ari>  s.uis  le  n'-gni'  tii'  Lmiis  Mil.  iImiimc  iiiir  iilic  du  ciïnlrasle 
«|u'à  celle  époque  on  tievait  cunnnencer  ii  y  trou\»'r  entre  la  \  ie  dautiefois  et 
les    inu'urs    nouvelles   qui    se    i-ep.'ni(laii*nt    sous    l'inllnence   d'une  société    plus 

{Kllicé"»'. 

Fut-ce  dans  ce  morose  et  dilabre  manoir  de  Handiouillel  que  le  cardinal 
s'inslallii  au  conunencenienl  de  Ihiver  tti-j'i.  ou  bien  cunlinua-t-il  à  habiter 
la  place  lUiyale  jusipi'ii  l.i  nTeclion  de  son  nuuM.Mi  logis.'  Il  est  dillicile  de  se 
prononcer  à  ici  égard,  car  les  docnnieids  nous  font  nialheureusement  défaut 
qui  |Miurraienl  élucidei'  cette  question.  I.a  plupart  des  lii>|oriens  aibnelleid  (|u'h 
ce  Mionienl  Kiilieljeu  liabit.i  l'InMel  du  Petit  l.ii\end>nuig.  qui  .ipparteiiait  :i 
In  n-ine  Marie  de  Médiiis.  (iida  est  possible',  bien  que  Marii-  de  Mcdii  is  ne  lit 
rniieau  ini  lardintd  de  sa  miiison  du  l'etit-l.uvendiourg  que  le  tS  juin  itiuy. 
ninti  i|u'en  téinoigne  l'ncle  aullientiipie  de  donation  que  nous  avons  retiouvû 
dnn<t  l'élude  d'un  des  noltiires  de  llichelieu.  (  iet  acte  de  donation  est  inléressanl 
il   lire  quand  on  rtonge  qu'il   ne  pn-cî-de  que  d'un  an  la  rupture  violente  de  lu 

•  .  <lii  pi>««n|p.  011  rififi,  |ilii%)<-iir<  |i'-iiinl|{iuign  miilriii|Minilii«  i|iii  iiiniilmil  i|iic,  il  ri'Iti'  rp<N|iic 
lie  lÙtJ  if»r>,  Hkliplirii  a«4il  un  li>tl<'iiiritl  su  IVUI  l.iivciiitMiiirK  IUi!>«iiii|iiiTri-.  |rir  rvfiii|ilr,  ili(  dans 
mn  Utnftim .  »  Ix  lA  tiiai«  tfnb,  VI  |p  raitlliul  tir  lUrlirllru  clanl  lnilt<|M>v'  an  l'clil-l.nirnilHinrK. 
!•  r»i  lioui  coinnwiMb,  k  iiou«  lrul<  niarrctwui  ilr  I  i«nrr,  <!')  alli-r  |><jnr  oiiiforei  a«ec  lui.  •• 


LA     CONSTUL'CTION      1>  U      1"  A  I,  A  1  S  -  C  \  Il  II  1  >  A  I. 


lA 


rciiK'  .uiT  lo  cardinal.  Il  nous  donne  aussi  (|U('l(|ucs  délails  |)iv(is  sur  la 
(iisposilion  de  l'Iiùlcl  |)ar  ia|)|ini(  an  ^nand  palais  du  LuxiMuhoui';:  ([uc  Ncnait 
dv  faiiv  élcNor  la   icinc  cl  (|u"('lli'  lialiilail. 

...  Laquelle  dame  Heyue,  est  il  dit  dans  ce  document,  mémorativc  des  {grands 
et  recommaiidables  services  de  longtemps  rendus  à  Sa  Majesté  par  illustrissime 
seigneur  Armand  Jean  Duplessis,  cardinal  de  Uichclieu,  cl  en  considération  aussi 
que  le  dit  seigneur  cardinal  avoit  depuis  quohpies  an  m'es  en  ça  et  qu'il  rendnit  de 


i 


m;    CAHIUNAl.    I>E     lUCHELIEi; 
(Face  it  revers  d.-  Ii  miJ.ulle  gravée  par  J.  \Va 


jour  en  jour  au  Uoy  et  à  l'Klat,  et  voulant  ladite  dame  Hevne  aucunement  tesmonier 
la  satisfaction  qui  lui  en  demeuroit  et  le  ressentiment  quElle  en  avoit  en  son 
particulier,  a  volontairement  donné,  cédé,  quitté,  transporté  et  délaissé  du  tout  des 
lors  et  toujours  par  donation  pure,  simple  et  irrévocaide,  faite  entremise  audit 
seigneur  cardinal  de  Richelieu,  à  ce  présent  et  acceptant  pour  lui,  ses  hoirs  et 
ayant  cause  les  héritages  et  lieux  cy  après  déclarés  assis  au  fauhourg  Saint-Germain 
des  Prés,  rue  de  Vaugirard;  c'est  à  scavoir  la  maison  dite  vulgairement  le  Pelil 
Palais  de  la  Reyne,  autrement  Tholcl  de  Luxembourg,  consistant  en  cour  sur  le 
devant,  petite  galerie  et  trois  corps  de  logis,  parterre  derrière  clos  de  murailles, 
le  tout  faisant  partie  de  l'acquisition  que  icclle  dame  ileyne  avait  faite  du  feu 
seigneur  de  Luxembourg,  l'autre  partie  de  laquelle  acquisition  est  employée  au 
grand  palais  de  Sa  Majesté  et  partie  d'iceluy,  plus  le  lieu  et  place  que  S.  M. 
avoit  acquis  de  M.  de  Lassy,  huissier  des  rc(iuètes  du  Palais,  en  laquelle  place 
il  y  avoit  qques  vieux  bâtiments  que  S.  M.  avoit  fait  abattre  et  démolir  et  y 
avoit  fait  construire  de  nouveau  un  corps  de  logis  appliqué  à  deux  grandes  salles 
hautes  et  basses  avec  un  g'  escalier  et  une  grande  écurie  et  aultres  bâtiments, 
grande  cour  entre-deux,  lesquels  corps  de  logis  et  escaliers  joignant  et  attenant  l'un 
des  corps  de  logis  du  petit  Palais,  et  ladite  écurie  et  autres  baslimenls  étant  lors  en 
ladite  place,  les  dits  lieux  et  héritages  aboutissant  par  derrière  au  dit  grand  l'alais 


I  'l  LE      PAI.AIS-BOTAI. 

de  S.  M.  ilaiilri'  bout  par  devant  à  la  rue  de  Vaii^'irard.  diiii  lolé  au  dit  friand 
Palais  une  espèie  de  lour  au  devant,  parleno,  entre  deux,  pour  faire  et  disposer 
des  dits  héritages  et  lieux  par  le  dit  sei-^'iieur  cardinal,  ses  héritiers  ou  ayant  cause, 
comme  de  chose  à  eux  appartenante,  avec  déclaration  que  s'il  plaisoit  au  Uoy  et 
à  ses  successeurs  Koys  joindre  et  unir  ledit  petit  Palais,  maisons  el  baslinicnts 
de  nouveau  faits  el  généralement  toutes  les  choses  cy-dessus  données  au  grand 
Palais,  ils  aient  la  faculté  de  le  faire  toutcsfois  el  quantes  que  hon  leur  sem 
hlera  en  payant  préalahlenient  au  dit  sieur  cardinal  et  à  ses  héritiers  ou  a\imt 
cmse  la  somme  de  yo.ooo  livres  tournois,  laquelle  faculté  ne  pourra  invalider  la 
dite  donation  ni  préjudice  à  icelle,  la  dite  donation  faite  el  passée  devant  les 
s"   Parques  et  (iuerneau  le  -jH  juin   iGjy. 

I.a  i|Ui-<ti<iii  (II-  sa\uir  m'i  Kirln-ljeii  li\a  son  ilomii  ile  prinhiiil  (|ii  nii 
ciinslniisait  sa  maison  de  la  rue  Sainl-llonon'  reste,  inalj.'ré  tout,  un  peu 
incerlaiiie.  (!e  t|u'<in  [teul  «lire,  ce  (|iii  |)araîl  ressortir  des  (|ueli|ues  lémoi- 
j^nages  épai'»  dan*  ii'*  Mt'nioires  des  conli-iiiporaiiis.  el  en  l'onlVunlaiil  les  dales, 
c'esl  qu'il  se  déplai  .1  |dii»ieurs  fois.  '\\,\i{  d'.diord,  il  est  pri>l)al)le  <pi  il  voulut 
utiliser  ininii'dialtnient  I  JnMi-l  ai  (piis  eu  i(i>'i  de  la  \eM\e  de  Fresne.  La 
preu\e,  c'e*t  qu'il  se  liàta  d'\  faire  l'aiii-  un  premier  .inii'iia^enieid,  roiniue 
riiidiipie  un  compte  de  di'-pense,  date  de  itifG,  relatif  ii  la  tléeuralioii  de  sa 
eliandire  par  li-  peiidre  Diicliesne,  el  «pie  nous  lruu\ons  dans  les  papiers 
ih'  son  se^rélaire  1,<-  M.i^ie'  : 

Parties  de  la  despencc  faite  par  moy  Nicollas  Duchesne,  peintre,  pour  les 
peirilures  et  dorures  faictes  pour  Monseigneur  le  cardinal  île  Mii-liclicn  en  sa  maison 
«le  l.imour  el  de  Paris,  jusipi'à  prés«'nl  «lixi«'-me  jainier  mil   NI     \\\  I.  . 

Plii<>  la  chainbrt-  «le  Mons«-igneur  le  «-aniinal  en  sa  mais(jn  ii  Paris,  img  |)latfond 
ciintinant  «liiiv  travées  et  demye,  enrieli)  «le  «arlouches  «lor  avec  enrieliissiment 
dor,  et  ihux  au\.dti-s  garnies  «le  talileaiix.  alentour  «laullres  tableaux  où  sont  |ieinls 
«le  petits  enfants,  e.irtouilics  u  fi>n«l  da/ur  a\ec  feslmis  décore/:  revlerd  le  tout  à 
la  siimiin'  di'   Wiii  n  ni-  li\ri'H. 

'l'anili-  qui'  (■«•*  lra\au\  l'Iaieid  en  cours,  je  c.irdin.d  lo;:e;iil  au  IVlil- 
l.u\iMidM)urg  :  Hassompi«'rr<'  \\  \il  ii  «-elle  t'potpir.  Mais,  cri  i(i'i).  Il  l'iail 
c«-rlaini-mi-nl  inslalli-  rue  *s,iii||  ||,,|„,|,'._  dans  s,iri  li.Mil.  (|iiil  ipillla  un 
inoiiii-nl,  III  ill.'t.'t,  p«iur  fain-  plaie  aux  iiiaioiis,  ipiaml  il  pi  il  la  iisuJuliuM 
<!«•  l'agrandir,  (l'etl  ii>  ipn-  «lé«l«re  f«irnnlli'iii«'nl  (Iiin  l'alin.  qui  111  il  à 
It^-lin.  le  30  ninr»  iti.'t.'t  :  «  f.<-  canlinal  quille  s.i  maison  de  l.i  me  S.iiiil 
lliiiiiin',  où  on  >n  lm<tlir  piliMs.niiiii<-iit.   poin    iillei    ilemeur«-r  à   1' Vrsi'ii.il.  » 

Kn  loul  «ns,  rr  «pii  is|  c.-rlain.  c'est  ipi.'  Itii  lu-lieu  ik'  paraît  pas  avoir 
roiM  II   loul   d'.ilM.id   II-  projet  lie  la  ctinslruction  du   l'alais-Cardin.d  «laprès  le 

/  <r  «i  f'AMo4r<-rf«r//uM /xru.  par  llNiiiii .  I    l\.  |i   jij.s. 


LA      CONSTRUCTION      1)1       1'  V  I.  A  I  S  -  CA  lU)  I  N  \  I.  l5 

vaste  programiuo  arrêté  ciisuilc  pai-  lui.  Il  spiiihle.  an  premier  iiKnneiil,  n'avoir 
eu  qu'un  but.  se  rapprocher  de  I,ouis  \lll,  sans  l)ieri  savoir  ensuite  couunenl 
il  organiserait  sa  demeure.  Ce  n'est  (pi'après  coup,  et  lorsqu'il  sentit  sa 
situation  grandir,  qu'il  forma  le  projet  d'un  palais.  Voilà  ce  (pii  résulte  de 
l'examen  des  documents  que  nous  publions  ici'  et  (pii  sont  nus  au  jour  ])our 
la  première  fois  dans  leur  intégralité.  C'est  la  liste  complète  des  accpiisilions 
faites  par  Hiclielieu,  île  lOa'i  à  i()'|.'{,  poiu-  r(''(lili(  alioii  du  l'al,iis-(  iaidinal. 
Cette  liste  a  été  dressée  tant  (ra|)rès  les  pièces  originales  contenant  les  contrats 
de  vente  déposées  chez  le  notaire  de  Richelieu,  que  d'après  les  copies  de  ces 
documents  (pie  nous  avons  trouvées  aux  Archives  nationales  ^  Elle  nous 
montre  que  le  ministre  dépensa  rien  que  pour  les  terrains  près  d'un  million 
de  livres,  ce  qui  ferait  six  millions  de  francs  de  notre  monnaie  d'aujourd'hui. 
Pour  l'intelligence  de  ce  qui  doit  suivre,  nous  prions  le  lecteur  de  se  reporter 
à  cette  liste,  que  nous  avons  disposée  en  un  tableau  chronologicpie  contenant 
l'analyse  sommaire  de  chaque  contrat. 

Grâce  à  ces  documents,  (pii  n'avaient  pas  encore  été  publiés  d'une  façon 
complète,  il  devient  facile  d'élucider  le  problème  dont  les  historiens  du 
vieux  Paris  n'ont  jamais  pu  donner  une  solution  satisfaisante  :  nous  voulons 
parler  de  la  façon  dont  étaient  occupés  exaclemenl,  au  momeiil  où  Rirlielieu 
les  acheta,  les  terrains  sur  lescjuels  fut  bâti  le  Palais-Cardinal.  Dans  ses  Attti- 
c/ititcs  de  Paris,  Sauvai  se  borne  à  dire  qu'il  fut  construit  <(  sur  les  ruines 
des  hôtels  de  Luxembourg  et  de  l\and)ouillet  »,  ce  ((ui  n'est  ([u'une  maigre 
parcelle  de  vérité,  puis([u'en  réalité  le  palais  prit  l'emplacement  non  seule- 
ment de  ces  liôlels,  mais  de  plusieurs  autres  encore.  Piganiol,  lui,  qui  vient 
après  Sauvai,  n'est  pas  moins  incomplet  en  atlirmant  (pie  ce  fut  sur  les 
terrains  occupés  auparavant  ((  par  les  lujtels  de  Hanibouillet  et  de  Mercœur  », 
ce  qui  est  sinqilenient  jouer  sur  les  mots,  rh(')tel  de  Haud)Ouillet  ayant  été 
pendant  ([uekiues  années,  comme  on  l'a  vu  plus  haut,  la  propriété  des  Mercœur. 
Quant  à  Vatout,  il  n'a  fait  (pie  répéter,  dans  son  llis/oirc  du  Pahiis- Royal, 
ce  qui  avait  été  dit  a\anl  lui,  et  VA.  Fournie^-,  dans  Paris  à  travers  les 
àiics.  malgré  tout  son  esprit  ciilicine,  n'a  pu  sii|)|ili'er  au\  renseignements 
(pii  lui  man(}uaient.  N(Tus  saxons  mainlenanl,  par  les  doeiiments  que  nous 
mettons  en  lumière,  à  (pioi  nous  en  lenir  al)sohimenl,  el  nous  pouvons  sans 
dilliculté  reconstituer,  avec  les  piî-ces  en  mains,  la  to|)ogiapliie  de  cet  empla- 
cement en  iGa'i. 

A  cette  époque,  ce  (piarlier  de  Paris  foiinail  une  des  exIiH'inilés  de  la 
ville   et    touchait   îi   rancienne   enceinte  élev(''e  par  Cli.iile^    \.    Ia(|iielle.    biilani 

1.  Voir  nos  Docuinetils  justillcalifs  à  la  lin  du  volume  :  .lc(/iiis(7i«/is  du  curtliiitil  itc  HUht'tifK. 

2.  Archives  nationales,  papiers  des  princes  d'Orléans,  RV  281. 


iC  LE     PALAIS-ROYAL 

sur  les  galeries  du  Louvre,  en  faee  la  Tour-de-Bois.  se  diri-^cait,  par  la  porte 
Saiut-Honoiv.  la  porle  Monhnarliv  sur  ee  que  nous  appelons  aujourdhui 
la  li'Mie  des  lH>ule\ards,  pour  \eiiir  aljoulir  à  la  porte  Saiiit-Anloine.  en 
englobant  l'Vrsenal.  Sou  nom  de  Sainl-llonoi-é  lui  \enail  lic  ce  (pi'eu  lao'i 
un  iionuu»'  Ueuold  Clieivv  avait  fondé  en  cet  j-ndioil.  en  riionneur  d'un 
évètpie  d'Amiens,  saint  llonoiv.  une  chapelle  cpii  était  deveniit'  une  sérilable 
église  collégiale  pivs  de  hxpielle  s'étaient  éle\és  d'aliord  le  collège  des  lîons- 
Kuranls.  dont  les  bâtiments,  débordant  sur  la  ruelle  de  ce  nom.  avaient  fini 
par  la  fermer,  et  tpieUpies  maisons  autour  d'un  carrefour  orné  (i'ime  (  roix 
où  aboutissait  la  rue  tles  l'elils-Cliamps.  C'est  à  l'angle  de  la  ruelle  (pie  se 
trouvaient  les  débris  «lu  \ieil  liôt<'l  d' \rinagnac.  (pi'ou  axait  morcelés  pour 
en  faire  «livers  bAlimenls  île  rapport,  l'.ii  à  peu,  une  aggloméralioii  de 
maisons,  plus  ou  moins  sé|iarées  par  des  jardins  ou  des  terrains  restés  sans 
emploi,  était  \eime  i-emplir  le  triangle  formé  d'un  cédé  par  le  rempart  qui, 
parlant  de  la  porte  >;iiiil-llonoix'.  se  dirigeait  de  biais  sur  le  puinl  où  se 
IrouNe  aujom-d'bui  la  place  des  \  icloiri-;,  d.'  l'aiiln-  par  la  rue  Saiiililduoré, 
ordin  par  la  ruelle  <ltx  Uuns-Knlanls. 

Ia*  vovagem-  «pii,  eu  i(»-i'i,  serait  entré-  dan»;  Paris  |iar  la  porte  S.iiiil- Honoré 
aurait  lri>n\t''  d'aburd  une  espèce  de  can'efoui'  conslilut'  par  la  rni-  TraNei'santc, 
la  rue  <le  la  Itnite,  conduisant  sur  le  chemin  evierienr  de  l'enceinte,  (pi'on 
nonunail  l'.iilM.iil.  enlin  par  la  lue  SainI -Horion'',  allaiil  ni  ligne  droile 
jusqu'au  cieur  de  la  \ille.  Kn  suivant  celle-ci.  il  aurait  \u  immédiatement 
il  sa  gauche,  à  paiiir  du  renqiail.  mie  suite  de  maisons  inég.des,  assez  pittores- 
ques «ras|H'Ct  et  posé-es  en  burdnre.  (  ie  son!  ces  maisons  et  leurs  (lepeiidances 
qui  (Mciqiaii'ut  l'esp.ice  sur  leipiel  fut  éle\é  le  l'alais-(  iardinal.  Nous  allons 
les  dé'crire  suec<'ssi\i'nu'nt  en  remontant  de  la  piule  Saint-lbuioré  (cpu  se 
trouvait  h  peu  près  où  est  aiijouidliui  la  rue  île  riicliciie.  un  |ieu  plus  loin 
que  la  place  du  'l'héAlre-Krani.ais)  jusqu'à   la  rue  di-s  Mons-Kni'anis  : 

I*  La  .)f(ii.s(jn  tir  l'Ours,  cpii  appartenait  à  un  maître  des  reipièles, 
M.  de  Verlliamonl.  lequel  \eii,iil  d'en  hé-riler  de  sa  lanle,  Magdeleine  Hoiuher, 
v«'uve  de  hibaiit.  sieur  de  llre.iu,  ancien  inlendani  des  linances.  Klle  se 
ditlinguail  par  une  grande  enscignt*  représentant  un  ours,  et  comprenait 
«leu«  rorpH  de  logis,  nve«'  des  di'-pendances  ilesser\ies  par  un  escallci-  extérieur 
dans  une  cour  conliguë  à  l'hôtel  de  Itiimbniiillel.  l,e  bâtiment  du  l'nnd  se 
prolongeait  ju<«(pi'an\  renqiart'<,  avi>e  une  |)<ii(e  de  sorlie  de  ce  ciMé. 

a*  l.a  Miiismi  iht  (lui/inni- liiuif;r,  dé-signé-e  ainsi  îi  cause  de  son  aiitic'.ie 
rn»4'igne.  Klli-  é>lail  In  proprié-lé  d'un  certain  .lean  'l'itTonel.  et  ne  nx'surait 
pn»   plu*»  d<-  quatre  liti<»«'<«'  de  façade.    D'un  céilé-  elle  touchiùt  ii   la  fntn.son  de 

I.   \^  loitr  «aUtl  ■>  iiirlrr*.  riarlrinnil   194)  crniimrirrt. 


LA    coNsi  lire  TMiN    m      !•  \  I.  \is-(  s  uni  N  \  r.  i  ■j 

l'Ours,  (le  liiiitif  il  la  iiniison  du  Ciiy^nc.  l'.llc  axail  une  piuroiiiknir  il'i'iniroii 
douze  toises,  en  eouiprenanl  le  jardin  qui  était  borné  par  lun  des  nuus  de 
l'hôtel  Handjoniilel.  Le  derrière  tle  cette  maison  j'oiina  plus  lard  l'emplaccnienl 
réservé  par  le  cardinal  jiour  le  jiassagc  allani  (le  la  me  Uirlnlieu  à  son  jardin. 
.'}■  La  MiiisDn  du  ('i/t:/i(\  propri('l(''  des  Ouinzc-N  ingls,  et  (pi'on  distinguait 
par  son  enseigne,  connue  lui  très  grand  nondjre  de  maisons  de  Paiis  à  celte 


(Lt'aprcs  l'oMampe  d'israd  Silvcstrc) 


épo(jue.    Elle    n'avait    guère    plus    de    quatre    toises    de    large,    ain^i    que    la 
précédente. 

/("  Hôtel  de  Fresue,  dit  Ildtel  de  Ihnnbouillei .  (pii  n'avait  à  cet  endroit  sur 
la  rue  Saint -Moiinié  (pi'uiie  Aue  assez  étroite.  On  y  accédait  par  une  grande 
cour  au  fond  de  laquelle  était,  à  gauche,  riiôtel  proprement  dit,  entouré  par 
les  maisons  que  nous  décrivons,  c'est-à-dire  maison  de  l'Ours,  maison  du 
Chapcau-lloiige.  maison  du  (lygne  et  maison  de  l'IK-rmine,  sans  parler  de  ce 
([ui  se  lrou\ail  (icrrièic.  c'est-à-dii'e  les  jardins  de  la  maison  du  Tripot,  un 
bâtiment  ser\aiil  aii\  écuries  de  Mademoiselle,  fille  de  (iaslon  d'Orléans,  et 
une  [)arlie  du  manège  i?enjanun. 

5"  L<i  Maison  de  l'Ilei /iiiue.  appartenant  à  l'kôpital  royal  des  Quinze- 
Vingts.  Elle  était  très  xaslc  ci  comprenait  plusieurs  corps  de  logis,  cours  et  jar- 
dins l)oiiii'"<  sur  le  (icxanl  |iai-  la  rue  Saiiil -Honoré,  à  droite  par  le  manège  Ben- 
jamin ei  une  pelilc  inai-on  appartenani  au  sieur  Lamberl,  à  gaucbe  par  l'hôtel 
Kandiouillet,  au  Iniid  par  les  renq)ails  cl  la  maison  du  Tiipot.  (pie  possédait 
la  \euvo  Canli'».  L'acte  d'acquisition  par  Hiclielieu  de  la  maison  de  l'IIermine 
lui  l'ail  en  1(177  en  présenc(>  du  cai-dinal  de  I,a  Hoclicroiicauld,  grand-aumônier 
(le   l'iance  et,  en  celle  (piaillé'.  siip('iiciir  de   l'iii'ipilal  des  Quinze-Vingts. 

3 


I.E    l'ALAIS-llOÏAI.. 


g  l.  F.      r  M.  M  s  -  B  O  \  \  L 

a-  Maisons  Louis  Lambcrl.  du  Tripot  et  du  Puurcclet.  Ces  trois  maisons 
élaiet.t  Noisines.  La  prcuière  l..iul,ail  à  la  maison  de  niermine.  et  daul.e 
pari  à  la  maison  des  Trois- Piicellcs.  Elle  noccupait  quu.i  polit  espace.  Lien 
qu'elle  fùl  ilivisée  en  deux  corps  de  lo-is.  La  seconde  élait  en  retrait.  Kl  le 
aNail  un  jardin  un  peu  plus  loin,  du  c»Mé  des  remparts,  derrière  le 
manè-e  Henja.nin.  La  troisième,  dile  maison  du  Pourcelct.  puis  maison  de- 
là Oî^ue.  joignait  j.ar  un  ..M.-  la  maison  du   Tripot  de  la  veuve  Canlù. 

7'  Maison  des  Trois- Pu,  elles,  dont  Tallemanl  des  l\éaux  a  parlé  dans  ses 
Historiettes  en  racontant  les  dilïi.uUès  (jne  le  canlinal  r.-nconlra  pour  ra.tpu'iir. 
Ollc  maison,  divist-c  en  trois  corps  de  lo-is.  apparlenait  à  un  sieur  Avenat 
et  formait  un  des  côtés  de  ce  ipinn  appelait  la  Court-au-ris.  ou  (:.>ur  Orry. 

8-  Académie  Uenjamin.  Le  famenv  écnyer  académisle  Henjaniin  de  llan- 
niijucs  occupait  à  cet  emlroil  un  jrrand  emplacement,  ave.-  ses  écuries  el  son 
manè-.-.  le  i»réau  servant  aux  exerci<e><  des  sei{,'neurs  ipii  IVnpienlaienl  son 
élahlissoMienl.  la  piste  ..ii  l'on  courait  la  l.a-ue.  etc.  Ce  luaiiè-c  sOuMait 
sur  II  rue  Saint-llouoiv  et  occupait  plusiiurs  hàtimenis  ayant  lait  partie  di- 
liui.ien  liùlel  d'Arma-nac:  il  se  cntinuait  pr.s(pie  juscpiau  Ix.ut  de  la 
rue  lies  Hons-Enfanls.  où  altontissait  la  me  UalitlVe.  et  s'étendait  à  -aiiclie. 
ilerrière  les  maisons  du  Cygne,  «le  rilennlne.  de  l.amherl  et  des  Trois-Pucelles. 
jus.pi"i  riiôlel  Itamhonillel.  en  \enanl  toucher  aux  Uemparts.  Il  nous  seinhii" 
util.-  il'-  n-prodnire  la  des«-ri|>liori  «le  ce  manège  d"apiès  Tacte  d  a.  i|iiisil  ion 
ilii    |ii  juin    i<).'!.'{,   poiii    iii.M  d.lriiiiiiicr  >-a  situation  : 

...  (irantie  maison,  seize  à  Paris  i>n  laililt-  riie  des  bons  Enfants,  consistant  en 
pluniotirH  rorps  de  lo^jis  ri  liaHliniens.  scavnir  :  ini  ^Taml  corps  de  l(»f,Ms  sur  le  devant 
lie  la  rue  ile-t  Hou»  Kniants;  un  autre  eorps  de  logis,  en  lace,  el  au  i)out  diuie  f,'randc 
lour  corréf-:  un  Iroiniènie  f;raiiii  lorps  de  logis,  régnant  depuis  celui  de  devant, 
juHi|u'ù  «•«•lui  de  «lerri«Te  «-l  par  d«'là  i«eluy,  lenanl  li'stlils  eorps  de  logis  «le  devant 
«•I  dcrriirre,  «lu  «ôlé  à  main  ^'au«'lie.  entrant  à  ladil«-  maison,  à  l'iioslt'l  de  tnond. 
•«•igneur  «-ardinal,  i-l  à  «fini  «le  M.  !«•  UKué.  liai  ilKslivc,  cl  d'auln-  coté.  Iiii.inl  liilil 
(riti^it-uic  cori»"  il«'  lojjis  ipii  esl  le  long  «le  ladil«'  ««uir  sous  lecpiel  «'sl  une  galerie 
ù  la  maison  apparli-naiil  à  ( /•»•*/«' e/i  lilunr  ilmis  l'nrlr]  à  pivsi'iit    tenue 

cl  oceu|M'e  ù  lilre  «li-  l«»yer  par  le  »i«Mir  m"  «le  la  Houllaije.  au  ixnil  iliKpic!  idip- 
de  ingiN  (;i«t  en  fucv  une  Kran«le  pla«-c  «-arré«'  non  pavé«',  lenanl  dune  pari  (  nli.iiil 
ji-clle  h  main  «lettre  aux  niaixon»  upparlenanl  aux  HieiiPH  (l«>  Maili.iiill.  ii  Madcuioi 
•elle  (II-  Vitry,  tante  «le  niontii-ur  le  niaréclial  ii<-  Vitry.  el  à  inadeinoiscllc  de  |.oii;;iic 
\'t\\e,  lanlc  «le  nion«<-iKneiir  If  «lue  «l<'  l.on;{u<>  ill<-.  ipic  Ma),;iière  on  appelait  l'Iiotel 
«le  («onta^ne,  et  «l'uiilre  eolé  à  im<-  ^r<in«l«*  plai  e.  ipii  eloit  un  petit  bois  où  il  \  a 
iMHon-  !i  prêtent  plusieurs  Kramls  arl)rei«.  Kn  l'un  îles  eoiu;;s  de  latpielle  ^-laiide 
plare,  il  y  a  un  p.ivillon  il<'  rliarponlrrie  ennln*  lerpiel  il  y  a  inn*  porte  pour  «Milrer 
au  Ih»!*,  dan*  litpiel  boii  il  y  a  «leiix  Krandi-*  «-oiiHlniitions  de  ebarpenleri«>  on  se  fait 
l'exercico  do  ladite  Acadi-niic,  pntclie  ib-  l'un  «lempieU  ba<«timenlH  de  eiiarpenlerie 


I-  V     CdNS  TULCTION      I)  L      I'  V  I.  A  I  S  -  C  MU)  1  N  M.  IÇf 

est  une  montée  à  décomort  pour  monter  en  une  lonj^Hie  |)laee  aniunr  de  lu(|uelle 
place  dame  Anne  de  Beanvilliers,  dame  de  Fresnc  (au  lieu  et  droit  de  laquelle  est  à 
présent  niond.  seigneur  cardinal)  s'estoit  réservé  un  passage,  laquelle  place  acquise 
par  le  dit  sieur  Benjamin  de  messieurs  de  la  Ville  qui  sert  à  courre  la  bague, 
attenant  le  long  des  remparts  de  la  Ville,  au  bout  de  laquelle  course  est  une  grande 
place  et  un  grand  pavillon  qui  a  une  porte  cochère  pour  entrer  et  sortir  dans  la 
rue  BalinVe,  qui  est  au  bout  de  la  rue  des  Bons  Knfanls'. 

9"  La  Court  Or/is  ou  Cour  Orry.  —  Celle  cour,  ilorit  on  croit  que  Pierre 
d'Oris,  généi'al  des  linaiices  sous  Louis  XI,  avait  donné  le  terrain,  débonrliait 
sur  la  rue  Saiiil-lloiiuré  par  uii  étroit  |)assafi;e  situé  !i  peu  [irès  à  rcndi'oil  où 
s'ouvre  aujourdluii  la  rue  de  N  alois,  qui  devait  [ihis  lard  devenir  le  cul-dc-sac 
de  l'Opéra,  et  eonuuunicpiail.  en  tournant  à  droite,  avec  la  rue  des  Bons- 
Eufanls.  Ed.  Fournier,  dans  /'tiris  à  traders  It's  rii^vs,  indicpic  coiniiie  se 
trouvant  dans  la  Cour  Orry  les  maisons  de  la  Fleur  de  ///s,  de  Vl/iinge  Xotrc- 
Danic,  du  Gros-Tournois,  l'IuMel  du  Mon/eu  ou  du  Quofjuibus.  Mais  les 
documents  dont  il  a  lire  ces  détails  sont  sans  doule  d'une  épocjue  antérieure  et 
ne  s'adaplenl  plus  à  la  date  de  iGaA,  car  les  actes  d"ac(iuisilion  de  Richelieu 
pour  les  maisons  de  la  u  Court  Orris  »  ne  font  mention  d'aucun  de  ces  noms 
l)iltoresques  ;  ils  iM(li(pient  s(-uleinent  le  nom  des  propriélaires,  de  sorte  qu'il 
nous  est  difficile  d'identliier  ces  innneubles.  11  y  avait  d'abord  les  deux  maisons 
vendues  au  cardinal  par  J.  d'Aumont  le  17  mars  iG3G,  et  sept  autres  maisons 
acquises  en  l'année  1G39,  l'une  de  la  veuve  Pavie,  faisant  le  coin  de  la  Cour 
Orry,  et  appelée  maison  Pavie,  les  autres  de  Mathieu  de  Gisancourt,  maître 
serrurier,  de  Louis  Boudichon,  de  Claude  de  Là  Dehors,  des  héritiers  Dupuis, 
enfin  du  brodeur  Mignot. 

10°  H(kel  d'Estrces,  à  l'angle  de  la  rue  des  Bons-Enfants.  Il  comprenait 
plusieurs  corps  de  bâtiments  assez  vastes  qui  avaient  jadis  fait  partie  de  l'ancien 
hôtel  d'Armagnac.  Du  morcellement  de  cet  hôlel  C()nsidérai)le  au  xV  siècle  était 
resté  un  lnMel  qui  passa,  au  dire  de  Sauvai,  vers  i5oo,  aux  ducs  de  Brabant  et 
Julicrs,  puis  à  Marie  de  Luxcmijourg,  femme  du  duc  de  Mercœur,  qui  le  vendit 
en   iGo5  au  marcpiis  irEslrées\ 

Telle  était  la  pliNsionomie  de  celte  partie  de  la  rue  Sainl-llonoré  en  iGa'i,  au 
moment  où  le  caidinal  de  llichelieu  conlracla  ses  premières  ac(iuisitions  pour 
la  construction  de  S(ni  holel.  Pour  comprendre  cette  description,  le  lecteur  peut 
s'aider  du  plan  ci-joint  que  nous  avons  fait  dresser.  Il  nous  reste  niaintenanl 
à   indiquer  ce  qu'étaient  les  terrains  situés  derrière   les   mai-^ons  avant    laçade 

1.  Archives  nationales,  papiers  des  princes  d'Orléans,  lU,   281. 

2.  On  l'appela  longtemps  l'Iiolel  Luxenibour-,'.  C'est  ce  qui  expli(|ne  en  partie  l'airirnialion  do 
Sauvai  que  le  Palais -Cardinal  fut  bâti  sur  les  ruines  des   hôtels  Hanibouillel  et  Luvenibourg. 


aO  LE     PALAIS-RO^M. 

sm-  la  nie  ..u  aiitlflii  tie  la  li^L'iu' d.-s  iviupart-.  Depuis  la  poik-  Sainl-Hoiioiv 
jii<*<|u'à  la  purU-  Montmailiv.  sur  IVspace  qiroriupeiil  artiRlloiiiciil  la  luo 
Uirhflifu.  le  jardin  du  Palais-l\o)al,  la  riio  Mvioiiin'.  la  Hoiiisc.  olo.,  ro 
n'élnient  que  de-  ihainps  a[)parU'iiaiil  à  divers  parlirulieis.  doiif  li-s  archives 
nous  ont  ^ardé  le>  noms:  l'iene  Uaisnoau.  Clément  Motizeaii,  le  peintre  Simon 
VoucI,  Louis  Harhi».»r.  Leineneslrel.  Parrain,  etc.  Le  cardinal  en  acheta  une 
^'rande  quantité.  Ceux  qui  étaient  le  plus  rapprochés  de  la  pi>ile  Sainl-Ilonoré 
étaient  dési-.'Ut's  sous  le  nom  de  C/os  Gcn^eau  et  appartenaient  en  majeure 
partie  à  rarchitecle  (ilément  Métizc-au,  ipii  y  axait  une  maison  bien  cdM-^triiile, 
preMpie  neuve,  a\ei'  un  heau  jardin  clos  de  nnns  :  la  propriété  conipienail  en 
l<»ut  a.ioo  toises  de  terres.  Elle  fut  acquise  le  ii  a\ril  \(i'M\  j)Our  la  sonnne 
de  .'iS,i3a  li\ivs.  Puis  \enait  un  autre  terrain  de  3oo  toises  qui  était  au  Itout 
de  la  rue  TraNei^anle  et  loin  Ii;iit  par  un  .inlre  rcMé  .'i  la  rin'  de  la  Uiille  :  il 
se  trouxail  à  la  hauteur  où  es|  anjuiud'hui  le  théâtre  du  Palais-Uoxal,  el 
appartenait  à  Antoine  L«Mneneslrel.  (pii  y  a\ait  élahli  un  mail  oi'i  >enaienl  par- 
fois jouer  les  ch-rcs  «le  la  hasoche;  il  fut  vendu  9.700  li\res.  (ioiilijrn  ii  celni-lîi 
était  un  terrain  donné  îi  Louis  llarhiei- (  i  .-cjo  toises),  renireprenenr  charjri-  en 
ili.'t.'t  de  la  démolition  <les  renqiarts  de  le  ipiarlier;  il  lui  ac(piis  par  le  car- 
dinal pour  '\'.\,(j-io  livivs.  Lu  des  lots  les  plus  inq)orl.-inls  hit  acheté  îi  Pierre 
Uai<meau;  il  consistait  en  plusieurs  pièces  île  terre  :  lime  ahontiss.iil  dim  ciMé 
il  la  rue  de  la  Hutte  et  de  l'autre  à  la  rue  du  Pail-Mail.  non  loin  ilr  la  |»>rle 
.Siiiil-Honoiv,  où  conunenco  aujourd  lini  ra\eime  de  lOpeia:  une  deuxième 
nllnit  de  l.i  rue 'rr.i\ei"sante  ii  la  iih'  du  (  ilo>-des-Mai;ns:  une  Irol-^iènii".  reiiin-e 
par  un  iniii  l>as,  Imip-ait  iitii'  partie  de  la  rue  'rraNcrsaiilc.  et  eoiilcn.iil 
la  iiinison  île  liaisneaii.  avec  (•curie  et  j^'ienier.  Le  ton!,  d'mu'  elendiie  de 
\  ,X-'t  toises,  fut  \i'inlu  'jti.HiH)  li\res.  (i'i'Iait  en  cel  endroit  (pie  se  tenait 
liepiiis  des  années  le  marché  aux  chc\au\. 

(ht  xoit  par  là  «pie  le  cardinal,  (-ontraiivment  ii  l'opiiiiou  cmise  par 
(ptel«|ucs  historiens,  ne  s<'  lît  pas  donner  par  le  roi  une  hieii  ^.'raiuli'  ipi.iiilili- 
il<>H  lorrain<i  <«ur  lestpiels  il  clahlil  el  la  me  lliehelieii  et  ses  jardins  :  il  m 
p.i\.-i  Ih-1  et  hien  la  plus  ;.'ran«le  partie  ii  Immis  denieis  complanls.  (  r  qu'il  ^.e 
lit  attriluier,  cchI  i-xacteinenl  remphuemeiit  même  du  rempail  ipii  imipait  en 
li^fiie  «iinpiiiale  le  jardin  «pi  il  projetait,  «'est -ii-dir<'  une  Icin^^riiiiii  iV'  \  10  toises 
tur  'i«>  loise»»  «le  larp'iir.  Ce  cadeau  lui  fut  fait  loiMpiil  eut  décide  (ra;:iandir 
l'enct-iiiti'  lie  la  ville  i-t  «le  coiiilili-r  le-,  fossi'-s  «reusés  sous  Charles  \  :  il  ohliul 
«iiDii  une  HUperlicic  qui  n«'  hit  pas  de  nuiins  de  'i.'ioo  toises,  dapiès  |,-  ir\l  ' 
iiit"'!!!!'  du  «  itrcM'l  de  don  »,  «pie  nous  repnMhiisons  ici  : 

Aoùl  ift3.T.  —  llri'vcl  de  «loii  pur  le  Hoy  au  c'  de  Kiclielk'U  d'une  plan-  de 
II"   lh>à*ea  «le   lon^   «ur    i<>  «le  Inr^e  (\,\o«>  llu>i"«e>t  -diporf.)  ù   preiulre  ù  rciidr«>it 


t..\     CONSTllLC  TION      1)1       1- A  I.  \  1  S  -  C  \  l\  D  1  N  \  1- 


JACQLES    LE     MEnClEll,     ARCIM  ri:.:  1 1:     I>1       l'M   VI--.    \ 

(D'jjirés  le  pqrtnit  .le  l'I.ilippc  dç  ClLmifiiS'") 

ville  de  Paris  le  .8  novembre  lO:}'!". 
I.  \ichivcs  iialioiial(>.  H 'i.  2S1. 


I.  E    p  \  i.  A 1 S  -  n  <^n  M. 


Lois«|Ui'  Uiclioliiu  atlicla.  i-ii  iGa'i.  Ihùk'l  ltiiiiiliouilli.1,  j)iv\uMiil-il  dijà 
la  iiiesuiv  (|ii'il  comptait  piviuliv  de  faire  combler  les  fossés  pour  1  ajinuulis- 
st'ineiit  tle  I  enceinte?  Si's  calculs  allèienl-ils  plus  loin  oncorc,  et  cut-il,  comme 
riii>inue  le  comte  de  Lalxiide'.  la  pensée  qu'une  fois  propriétaire  de  ces 
esjjaces,  de  ces  champs  qui  prendraient  forcément  une  {.Mande  valeur  aussitôt 
«|ue  lui.  ministre,  «les  aurait  >j\iliés  par  son  voisina{;e,  »  il  resterait  maître 
de  la  sjx-culation  en  les  rexendant  par  parties  comme  il  lui  coiniendrait? 
Ia's  dates  des  contrats  ifacquisition  (voir  à  la  fin  ilu  volume  les  Pièces  justi- 
Hcativcs)  pornieltenl  tle  ivpondre  sans  réplique  ([ue  cette  idée  n'a  pas  dû 
>enir  h  l'esprit  de  Hiclielieu  par  la  bonne  raison  (jue.  lorstiu'il  acheta  les 
terrains  entotnant  l'ancien  hôtel  Hainbouillet,  —  (|U(in  appelait  ilr[)iiis  lurs 
l'hôtel  Kichelieu.—  la  démolition  des  reniparls  était  déjà  connnencée.  S'il  avait 
son^é  il  entreprendre  une  paiville  spéculation,  ce  n'est  pas  en  i(».'{'i  (|u  il 
ainail  acheté  de  Métizeau,  de  Lenu'nestrel,  de  llaisneau  et  des  autres,  les  \asles 
champs  situés  hors  les  niui-s  d'enceinte,  mais  deux  ou  trois  ans  auparaNant. 
c'est-à-dire  à  un  moment  où  la  mesinv  n'était  encore  (|u'à  l'état  de  projet. 

Au  surplus,  il  est  une  reinaitpie  fort  intéressante  que  suggère  l'examen 
chron<dogi(pie  des  nctpiisitions  du  cardinal  et  (|ui  a  sa  place  ici  :  c'est  ([u'elles 
intliquent  nettement  cpiatre  phases  dans  li-s  [Hdjels  de  construction  île  son 
palais.  La  première  phase  \a  liii  -  "•iplriiilir r  i(i''i  an  ~  seplend)ie  1G28. 
I.e  ministre,  duiaiit  ces  quatre  ans,  se  contente  de  l'In'itel  Hambouillet,  sans 
pandtre  nourrir  d'autivs  desseins  plus  grandioses.  Il  se  préoccupe  seulement 
d'en  dégager  les  nlxjnls,  et  achète  |)our  cela  coiq)  sur  coiq>  les  maison^  (|ui, 
sur  le  côté  droit,  lui  sont  directement  milovennes  et  gêneraient  les  dé\elop- 
|H-menls  cpi'il  >eut  donner  à  la  reconstruction  de  I'IkMcI  où  il  fixe  son  logis  : 
ce  <M>iit  les  trois  maisons  di-  rilerniine,  île  Lambert  el  il.'  la  \eu\e  Cantô. 
l'uin  le<«  choH«-s  restent  en  l'état  durant  une  pério<le  de  ciiKj  années.  Ce  n'est 
qu  en  iti.t.'t  que  le  cardinal  li'mnigiK-,  par  des  ac(|itisilioiis  aussi  noinbriMises 
<pa*  nielhiMliipies,  i|i>  litiite  l'ilendue  du  plan  ipi'il  a  coin  u  pnur  sim  p.dais. 
r'eil  In  denxiiine  phase.  ,\  ce  nioiiKnt  la  nu>sm'e  es|  dclinilixemrnl  prise  de 
reculer  jusqu'aux  iMiulexards  la  limite  de  renceinle  et  de  combler  les  fossés 
du  rem|iart  de  (iharles  \.  Il  n'hésite  plus  à  s'assuivr  assez  «l'espace  pour  le 
nioinunenl  lui  niénie  et  {Miur  isnli-r  celui-ci  dans  nu  xérilable  parc.  Du  i(i  juin 
iti.'l.l  au  ti  niixendire  Hi.'t'i,  il  ji<  qniert  non  scideineiil  le  pAté  de  maisons  cpii 
<>'élcnil  jusqu'à  la  rue  des  Hons-Knfants,  ainsi  t\tu-  lis  di\erses  habitations  «pii 
vint  dans  celle  rue.  telles  qn<>  l'Académie  ll«Mijamin.  la  maison  de  M.  .I- 
M.irhaiill  li-nant  à  l'hôl.l  Mi-hisint-,  «•le.  m.iis  .innir  |,h  lenains  \.i-ii.  >  i|iil 
AVluiideiil    <ii    d<lii>is    i|.-s    ii-nq>arlt.    Ce    fui    !>'    miuuk  ni    !.•    plus    .i<  lil    .1.      I.i 

1.  /.«  l'alauUtsartn,  tis\'j.  Ii»4t*,  p    i. 


LA      CONSTUl  CTION      I>  L      1'  V  I,  A  I  S  -  C  MU)  I  N  V  I.  23 

constriuliiiH  ilii  l'alais-Cardiiial.  La  troisiî'iiu'  pliaso  va  du  17  mars  i(),'{(i  au 
28  avril  iGlUj.  Toute  la  parlic  gauche  du  palais  est  élevée;  les  bâtiments  sortent 
de  terre,  enchevêtrés  au  milieu  d'un  inextricable  fouillis  do  maisons  non 
encore  achetées  par  le  cardinal,  de  jardins,  de  dépendances  en  ruines,  de 
murs  lézardés  qui  séparent  mal  ces  propriétés  diverses.  On  se  demande  par 
quel  prodige  d'habileté  Tarchitcctc  de  llichelicu  peut  se  reconnaître  dans  cet 
amas  de  pierres  où  les  matériaux  neufs  (ju'il  élève  touchent  de  si  près  aux 
murailles  des  voisins,  qu'il  est  obligé  d'y  tracer  des  signes  pour  marquer  ce 
qui  appartient  à  celui-ci  ou  à  celui-là,  et  de  pratiquer  des  alignements  virtuels, 
des  séparations  provisoires  cpi'il  détruit  au  fur  et  à  mesure  que  les  acquisitions 
de  terrains  nécessaires  le  lui  permettent.  On  dirait  qu'il  lui  faut  conquérir 
morceau  par  morceau  les  pans  de  murs  (pii  le  gênent,  et  que  ce  n'est  qu'à 
regret  (pTon  lui  fait  place  nette.  C'est  par  fragments  que  certaines  maisons 
sont  vendues,  comme  celles  du  Chapeau-Rouge,  pour  l'acquisition  totale 
de  laquelle  il  fallut  se  reprendre  à  quatre  fois,  en  janvier  et  mars  iti.Sç),  le 
18  août  i6.'5f)  et  le  18  novembre  iG^i".  Pour  en  finir  et  déblayer  la  place, 
llichelicu  achète  tout  ce  qui  l'empêche  de  terminer  son  œuvre.  A  droite,  ce  sont 
surtout  les  maisons  de  la  Cour  Orry,  sur  l'emplacement  desquelles  il  construit 
sa  grande  salle  de  spectacle.  A  gauche,  ce  sont  les  propriétés  sur  la  rue  Saint- 
Honoré,  la  maison  de  l'Ours,  le  Cliapeau-Rougc  et  la  maison  du  Ci/gne,  qui 
continuent  à  cacher  l'hôtel  où  il  habite.  On  taille  dans  tout  cela,  en  iG^g,  et 
bientôt  après  le  monument  apparaît  tout  entier.  Enfin,  la  quatrième  phase 
des  acquisitions  correspond  aux  dernières  années  de  la  vie  du  cardinal  jusqu'à 
la  régence,  de  iG'ii  à  iG/t5,  et  s'applique,  pour  ainsi  parler,  au  parachèvement 
(le  l'œuvre.  Le  monument  est  complet  :  il  ne  s'agit  plus  que  de  Unir  de  le 
dégager  dans  toutes  ses  parties.  C'est  alors  qu'on  achète  :  à  gauche  ce  qui  reste 
de  la  maison  du  Chapeau -Rouge,  en  face  l'hôtel  Sillery.  qui  obstrue  la  vue 
et  dont  la  desliuclion  [KMMnettia  de  faire  une  place  devant  le  Palais-Cardinal, 
enfm,  à  droite,  l'hôtel  d'Estrées,  au  coin  de  la  rue  des  Bons-Enfants. 

C'est  rarchitectc  Jacques  Le  Mercier  (pie  le  cardinal  de  Richelieu  avait 
choisi  pour  la  constniclion  de  sou  palais.  Celait  un  homme  au  taleiii  un 
peu  froid,  mais  «judicieux  et  solide».  Il  n'avait  pas  alors  tout  à  fait  (piarante 
ans'.  Depuis  1G17  il  jouissait  du  titre  d'architecte  du  roi  et  touchait  |)ar  au 
douze  cents  livres  en  cette  rpialit('''.  Connue  la  |)lii|iail  de  ses  conlVèi'es,  il  était 
allé  chercher  en  Italie  ce  compléinent  d'insiriiclion  artistique  dont  il  semblait 
dès  cette  époque  (pi'on   ne  put  se  passer;  mais    il  n'en   avait   point    rap|)orté 

I.  Voyez  les  conlrals  d'acquisition,  Archives  nationales,  R'i,  «Si. 

î.  Jacques  Le  Mercier,  d"aprùs  Jal  (Dictionnaire  critiqur),  serait  né  à  Pontoise  vers  ijS').  Il  est 
mort  à  Paris  en  novembre  ou  en  décembre  iG.I^. 
3.  Uibliothèquc  nationale,  MM'  Colbert. 


d'engoueinoiil  dan;:eivuv  ni  tvlU'  ;ulmii;ilii)ii  iiitraiisif:i>;mlc  jHUir  Ils  Ditlrcs 
antiques,  dont  k-  fatal  ivsidtal  tut  do  subsliliu  r  aux  qualilés  si  pittoresques  de 
l'aivliitecluiv  Trauçaise  du  W  siècle  les  lonues  poiupeuseuieiil  nionotoiies  que 
la  mode  inipnsa  à  paitir  de  L<>ui>;  Mil.  Il  séiriil  si^'ualé  à  ratleiilioii  du 
cardinal  par  le  projet  inj,'énieux  et  liahile  iiu'il  asait  proposé  poui-  ((mliinicr. 
eei  les  a'^randissaul.  les  plans  de  Leseot  dans  les  travaux  du  Louvre.  La  laeade, 
que  Loscol  avait  eonuneneée  sous  François  1".  «'lail  toujours  fort  admirée, 
mais  elle  paraissait  mesquine  sous  Louis  MM.  On  voulait  alors  l'aire  majes- 
tueux et  iunnense.  Pour  plaire  au  roi.  il  iallail  liouvi-r  une  eondjinaisoii 
dans  ce  sens.  On  était  fort  perplexe.  Li-  Merc  ier  tira  tout  le  monde  demliarras 
en  iinn;;inant  de  eontimier  cliatun  de^  deux  t  orps  de  loj^is  déjà  hàli-;  el  di" 
nunpléter  le  quadiilalère  par  deux  j^aleries  pareilles,  rc  (|iii  (piadruplail  la 
surface  primitivement  |iri''vue.  Ain^i,  le  pavillon  tle  I  llorlop-,  t\\\\  ainail  ele 
un  pavillon  d'an;:le  ilans  le  projet  Le-io|,  div.nail  le  pavillon  cenlial  de  laile 
occidentale  du  Louvi.-.  Le-  premières  assisi-s  en  lun-nl  posées  le  (S  juin  i(i'.''i, 
un  ;.'rand  lontentemenl  du  roi  et  de  son  ministre. 

(!cs  travaux,  dit  Nilt-I',  avaient  dunni'  uni'  iiniiM-lle  con-^éeralion  aux  laçudes 
de  Lescol,  el  assuraient  dans  l'avenir  ii'ur  iiiv  i<ilal>ililé.  C'est  i.i  un  \rai  service 
reniiti  par  Le  Mercier,  sei-vice  d'autant  pl(i>  eslinialile  (|ue  ni  de  mmi  Ii'mi|)<  ni 
peut  i^tre  à  aucune  épo<pie,  soit  plus  aucieiuio.  soit  plus  ri'-cenle.  mi  ne  truiiNcrait 
heaucdup  d'artistes  dispnsés  à  se  inetti'e  ainsi  à  la  ".'ène  el  ;i  desceiulre  à  un  rôle 
»i  inode«|e  pour  respecter  les  chefs  d'teuvrc  d'auliiiiv 

Le  succès  riMuportt-  par  Le  Mercier  en  celle  circon'<lance  et  peu!  être  aii^si 
ses  (pialili's  <|e  doeilili-  el  d'elTacement  décidèrenl  lliclii  liiii  ,i  lui  l'onlier 
le  l'alius-(!ardinal.  d'aulanl  plus  que  l'inqn-i  ieu\  inini^lre  enliiidail  liien 
conserver  la  haute  main  sur  la  dirrcljon  de  l'enlrepi  i^-e. 

Lui  MiAinc  pidiliail.  «lit  Sauvai,  ipi  il  en  élail  le  >enl  anjiilei  le.  ee  (pi'il  rai-ail 
afin  de  mettre  à  rouvert  la  répiilation  de  son  archilerle  el  le  >:aranlir  de  la 
médisance  de<  envieux,  ipn  n'auraient  pas  manqué  de  le  (hai^'ir  île  lonlis  les 
irré^ulurilén  el  dilTormités  dont  cet  édilice  e>t  déli^furé^. 

A    qui'l    moiih  ni    I..-    Mcivi,i     •  oi .n,  ;i   |    jj    |,.s    havaux.'    I'"ul   ce    p.iiilanl 

l'imlonme  de  l'anni-i-  i(i-j'|,  inunedialemeul  après  l'acquisilion  lU-  l'aiit  i.n 
liôlel  di-  lliuuli<iuillel.  ou  hien  «.e  horna-l  il  alors  .'i  aménap-i-  siuqileiuenl 
ifllr    dememe    tant     Lien    ipie    mal    poui     mie     inslallalioi!     provisoire.'    J'ai 

I.  \iii:r.  /./  iMuere  ri  U  imuvmu  l.iMvrf,  |KM>.  in-iH.  p    i,,3. 

I  l.r  Mrrrlrr  ..-.h)..  .i..  I.mtrr  ]iiM|ii'à  la  lin  iIp  m  vIp  I>i>  |i<iii|n  a  aiilrr  il  |)ro|H.M  des 
pti^rU   Aathriru.  I    n'i-lall   plu*  d'iit»   il   Ira  rirciilrr     ,   illl    \Htl.   ,Soii  Micc»»riir  fui 

I.»V|(«    I.<>14I| 

>.(../.,((..  ./.•  ;vtr(f,  I.  Il,  p    iIq. 


LA     (^ONSTIILCTKIN      1)1        1'  \  I.  \  I  >  -  i    \  H  I  >  I  N  \  | 


MICIITL    LE    MAS1.E,    l'IllElR    DES    nOCIIES 

(SccréLiirc-    et    iiuciij,int    du    carjiinl    Je    Kicliclicu) 


(lit    plus 
ni   les   il( 


li.'iiil    iii(^~ 
icilMiriils 


T.    I.     LE    l*AI.AIS-ïlO\^ 


iiiccililiulfs    h   co    siijcl.    M    les    ('ciils    des    coiiIcmiKiiaius 
|)iil)liis    |)(jsléric'ureiiiciit    ii"iiitli(|iii'iil    rien    ilc  l'uiiiR-l  à   cet 

4 


3$  LK     PALAIS-ROVAL 

égard.  Il  est  une  source  cependant  à  laquelle  il  eiil  été  lacile  de  puiser 
des  renselgneuieuts  précis  et  péremptoires  :  ce  sont  les  papiers  de  Mu  lie! 
Le  Masie,  le  secrtHaire  particulier  du  cardinal,  et  ipii  remplissait  |)rès  de  lui 
le  rôle  d'un  Nérilable  intendant.  Cie  Le  Masle.  que  nous  avons  nu  au  service 
de  Kiclielieu  dès  sa  jeunesse  et  qui  ne  le  quitta  guère,  aidait  son  maître 
non  seulement  dans  les  afTaires  de  l'État,  mais  aussi  dans  ses  intérêts  parti- 
culiei-s.  C'est  lui  qui  réglait  les  dépenses  de  sa  maison,  payait  les  fournisseurs, 
et  son  nom  revient  conslannnent  dans  la  pliq)ait  des  actes  de  notaires  où  il 
est  question  pour  Richelieu  de  doinier  ou  de  recevoir  de  l'argent.  Le  ministre, 
pour  le  récomjHMiser  de  ses  services,  lui  donna,  vers  1629,  le  piieuré  des 
lioclies.  pivs  de  Fonte\rault.  qu'il  possédait  i|uaii(l  il  était  évè(pi.'  de  l,u(.on. 
Il  mourut  le  a5  février  ititJa,  à  l'Age  de  soixante-ipialorze  ans.  chanoine  de 
Notre-Dame',  laissant  tout  son  bien  à  l'hospice  de  l'Hôlel-Dieu  .Nous  avons 
eu  l'idée  de  chercher  dans  les  archives  de  l'Assistance  publique  de  Paris  la 
tnice  de  ce  legs,  espérant  trouver  dans  l'inventaire  fait  après  le  décès  de 
Ix'  Masle  la  nomenclature  de  papiers  pouvant  cnnccrner  !<>  caidinal.  (lef  iiiven- 
tain'  a  été  conservé  et  nous  pitmes  croire  avoir  alltiiil  tmlre  l>ul  si  anltimiuiit 
poursuivi,  en  voyant  dans  la  longue  liste  îles  papiers  gardés  p.n  lancien 
secivlaire  «le  Kichelieu  l'indicalion  de  tous  les  comptes  relalils  à  la  construction 
du   Palais-Oardinal.  ain>i  résimiic  dans  le  catalogue  ipii  en  a  ilc  dressé^: 

(ii>iii|)trs  ili's  di'|)cnios  (le  la  lu.»!-*!'!!  ilii  ciinliiiMl  de  IVichclifU  :  le  |)rix  des  vivres 
est  iiuli(|ué  en  détuil.  —  Klat  général  du  revenu  du  cardinal  de  Uii'helieu  pour 
l'année  ifj'cj.  —  Mrmnires  et  lutirs  rnurrriinnl  1rs  rnnslnirlions.  Irs  ri'[Ktrii(iuns  fl  les 
travaux  effectafs  à  l'hUi-l  ilr  Hiifulirii.  aux  cliàleaiix  di'  Ituiil  il  de  Itii  liclicii,  clc. 

M.illii'urru>rmriit ,  unr  d<'-ci>plioii  noilx  .illcndail ,  lav,  lor-^qui'  nous  vonlùmcs 
d<'-|iouill<-r  les  pri-iieuv  documents,  nous  apprîmes  <pie.  parmi  les  papiers  de 
Le  .Ma^le,  ceux-l;i  pri'-ciscmenl  avaient  l'-li'-  liri'llts  lors  de  l'incendie  de  l'IliMi-l- 
de-Nilleen  1H71.  Le  moyen  d'i-eiaiicir  le  proiiième  ipie  mou>  \oulions  lésoiidre 
était  donc  irrévocablement  perdu'. 

Ouoi  (pi'il  en  suit,  on  peut  coiisidi-ier  conum-  «  ei  laiii  que  .lar(|ii(s  I.e  Mm  jer 
eut  |Miur  prennère  l.'iche  de  coiiNliuire  sur  les  terrains  île  riuMeJ  Kaiiiln  uiillel 
une  dememe  où  le  ciu'dinal  s'inslalla  bien  avanl  que  le  nou\e:m  bàliineiil  ail 
été  terminé.  Il  y  lit  mèmi".  selon  .*^au\al.  gaidei-  une  cli.nnbre  de  i.ini  ien 
itlince,  ro  cpii  gêna  considé'raliiemenl   l.ni  liile<  le.  (  >ii  le  ili'si>.Mia  aussitiM  sous 

I.  (•iilhrriii)  a  |iiiliUr  lUiK  *e*  Inn-riiiliititt  ilr  />i  h'niin-r,  I.  I".  p.  î.',,  le  ti-\|t>  i|i>  la  »  plaiiiio 
fun^ralrr  iln  Mtrtipl  \.r  Matlf,  prieur  dn  Hnclirt,  roiivlllor  «lu  l(»y  ■•11  K*  CoiiM'ih  «l'Klal  ri  pri\i', 
rluinlrr  ri   rluiiDlliP  ijp   l'rtfllf  iti-   P.irl«  ". 

1.   ,tr.-/iii<-t  >U  I  \iuilO'uf  i,iil.l„i„r  ,U  l'nriê,    iHH\,   II.MpI  .  Ili.-ii.   I.   II.  p.  Cti-63. 

3.  Il  Pli  rtlr^iiiriiiriil  ^4  linit  i|ii)-  i|iioli|iiP  Frildll  n'ait  |H>iiil  vniifi-  il  prciiilrv  ritpic.  ovoiit  1870. 
(la  ce»  papwrt  »l  liilprr««aiil«  ilr  I  r  Ma»lr. 


I.  A      CONSTIU  r.TlON      1)1       P\  I.  M  S- C  A  UI)  I  N  A  I.  37 

le  litio  (I  hùlrl  IWcliclirii,  ou  lui'iiK'  do  l'jilais-Uiolu-liiir.  On  ;i  \u  plu.-,  liant 
quel  emplaccmcnl  oxait  il  occiiiiail.  Les  jriaMins  du  Iciiips,  ainsi  que  le  plan 
de  La  BoissitTO  (167;)),  nous  donnenf  une  idt-r  do  00  i|u"il  olail.  La  construction 
s'étendait  jiaiallMoniont  à  la  ruo  Saint -Honoré  et  a\ait  une  porte  qui  s'ouvrit 
sur  la  ruo  Richelieu  lorsque  colio-ci  fut  tracée\  C'est  là,  sans  doute,  que  le 
cardinal  se  fixa.  11  con\iont  ût'  l'aire  remarquer  cependant  qu'une  certaine 
indécision  a  toujours  régné  et  subsiste  encore  à  ce  sujet  :  elle  est  due  à  une 
confusion  que  Aonf  nous  pornieltro  do  dissiper  les  termes  mêmes  du  testament 
do    Hirheliou  (pii,   sur   cet  article,  s'est  exprimé  ainsi  : 

...  Je  donne  et  lègue  à  Armand  do  Vigncrod,  mou  petit- neveu  [futur  duc  de 
Richelieu  et  héritier  du  cardinal]  l'hôlel  de  Hichelirn  que  j'ai  ordonné  et  veut  être 
BATI  joignant  le  Palais  Cardinal.  —  Item,  je  lui  demie  ma  tapisserie  de  l'Histoire 
de  Lucrèce  que  j'ai  achetée  à  M.  le  duc  de  Chevreuse,  enscmhie  toutes  les  figures, 
statues,  tableaux,  bustes,  cristaux,  cabinets,  tables  et  autres  meubles  qui  sont 
à  présent  dans  les  sept  chambres  de  la  Conciergerie  du  Palais -Cardinal  et  dans  la 
petite  galerie  qui  en  dépend,  pour  meubler  et  orner  ledit  hôtel  de  Richelieu 
lorsqu'il  sera  bàli,  voulant  que  toutes  les  choses  susdites  soient  perpétuellement 
attachées  audit  hôtel  de  Richelieu.  —  Item,  je  lui  donne  ma  bibliothèque  en  l'état 
qu'elle  sera  lors  de  mon  décès,  déclarant  que  je  veux  qu'elle  demeure  au  lieu  où 
j'ai  commencé  à  la  J(drc  hùlir  dans  V hôtel  de  Richelieu  joignant   le   Palais-Cardinal. 

Revenant  un  pou  plus  loin  sur  ce  sujet,  le  caidiual  in(li(pio  di>  quelle  façon 
il  entend  que  soient  réservées  les  sommes  qui  devront  être  employées  à 
«la  dépense  de  l'hôtel  de  Richelieu,  de  la  bibliothèque  dudit  hùtel,r/o«/  les 
fondations  sont  jetées  suivant  le  dessin  et  doxis  arrêtés  ave<^  Tiriot,  maître 
maçon,  et  à  faire  acheter  tous  les  livres  qui  y  mancjuoronl  »^. 

11  résulte  de  ces  dispositions  testamentaires  que  l'hùtol  Riclioliou  n'était  pas 
construit  encore  cpiand  le  cardinal  mourut,  et  qu'à  paît  la  j^alorio  où  était 
installée  la  bihliotlièquo  (|ui  do\ait  en  faire  partie,  les  fondations  seules  en 
axaient  été  jetées.  On  verra  plus  loin  cpi'il  no  le  fut  j.uuais.  l'ar  conséquent 
l'hôtel  qu'au  dél)ut  des  constructions  on  appelait  l'hôtel  Richelieu,  (pii  formait 
comme  un  hàtiniont  ii  part  dans  l'angle  gaucho  du  Palais,  n'était  autre, 
probablement,  que  ce  qui  est  désigné  dans  le  testamoid  sous  le  nom  do 
Coi/r/erf^erie.  C'est  là  que  le  cardinal  a\ait  les  sept  chambres  remplies  d'objets 
d'art  (pi'il  légua  à  son  ne\eu.  C'est  là  (pi'il  habita,  loul  au  moins  un  certain 
temps,  au  moment  dos  traxaux. 

On   a   toujours   cru  jusqu'ici''   que   c'est  en    ii)-U)   cpio   Richelieu,   nommé 

1.  Florent  Le  Comte,  édition  de  Bruxelles,  l.  1".  p.  xxv. 

2.  Abraham  de  Piiadel,  Livre -Commode,   lOtji. 

3.  Testament  du  cardinal  de  Richelieu,  \rchives  nationales,  R'i,  382.  C"  2',  liasse  a. 

4.  Voy.  nolammenl  Ed.  Fouunieii.  dans  Paris  à  travers  les  âges;  le  Palais-Royal. 


II       I'  MAIS-ROYAL 


celle  aiiiiêe-là  piviiiiii-  iiiiiiisliv,  eiitropril  la  conslruclion  do  son  palais  sur 
le  plan  liiialenieiil  léalisé.  Le  cardinal  aurait  saisi  le  niomenl  de  sa  haute 
élévation  pour  se  nullr.-  iininédiatement  à  IVenvre.  Or.  l'assertion  n'est  pas 
tout  à  fait  evaelc  sons  cette  forme  absolue.  Il  siillil  <le  jeter  un  coup  d'u'il 
sur  le  tableau  clnonolop'upie  de  ses  acquisitions  de  terrains,  pour  se  rendre 
compte  (pie  cello  ipii  lurent  faites  de  iGa'»  à  iGîcS  auraient  été  insuflîsanlcs 
el  n'auraient  donne  que  la  place  nécessaire  pour  bâtir  la  première  galerie 
de  l'aile  gauche.  Ce  n'est  qu'eu  iCtlVA  que  Kichelien  a»  liète  l'Académie  de 
Benjamin,  -«es  dixeises  dépendances,  ainsi  (pie  le  manège  s'étendant  derrière 
les  maisons  de  la  rue  Saint-llonoré.  depuis  la  Cour  Orry  jus(prau\  remparts, 
t'est -il -dire  remplacement  même  sur  lequel  l'ut  édiTuv  la  plus  grande  partie 
du  Palais-iiardiual.  On  peut  donc  conclure  que  ce  n'est  guère  a\aiit  l'année 
iti^'i  (pie  la  construilion  hit  poussé-e  par  Le  Mncici-  dans  loiile  son  étendue, 
avec  activité  el  méthode.  Le  cardinal  y  tenail  la  main,  eu  ticpil  des  préoccupa- 
tions de  toutes  sortes  (pii  l'assiégeaient  et  du  poids  des  alVain-.  Il  stimidait 
le  zèle  de  son  architecte.  Le  .'{  juillet  i(J38,  il  écrit  au  roi,  qui  >c  trouvait  à 
Saint-lJermaiii  :  ««  S'il  plait  ii  Sa  Majesté,  jiray  ce  soir  coucher  îi  Paris...  pour 
(loiiiier  (piehpie  ordre  à  mon  b.istimciil.  ..  S.iiis  donle.  Uiclielieu  rencontra 
parfois  certaines  dilliciiltés  pour  obleiiir  (pi'oii  hii  (((làt  des  immeubles  (juil 
lui  aurait  fallu  abattre  pour  la  s\melrie  n'-gnlièii'  du  palais,  rallemaut  des 
Heaiiv  cite,  notamnienl.  la  n'-sistance  qu'op|)osa  le  pi'ii|)i'i('laii'e  de  la  maison 
des    Trois- l'un lits  : 

Le  bourgeois  a  qui  elle  apparteiiuil.  raconte  t  il.  disoit  sottement  cjuc  c'étoit 
l'héritugc  de  ses  pères.  Le  cardinal  s'irrita  eiiJiii,  el  le  lit  mettre  par  une  vengeance 
hoiilciite  il   la  lii\e  îles  aisi's.  Apiè>  il  eiil  s.i  niai-oii  eninine  il  \ciiiUit. 

l'as  il  aiiosi  bon  compte  (pie  le  preleiid  le  bon  Tallemant,  dont  les  propos 
liialveillanls  sont  ici  comme  lonjoiirs  sujets  ii  caulion.  car  la  maison  fut 
vendue,  en  i(»3i).  In  Julie  s(umne  de  .'iTi.'ioo  li\i.s,  ii,,ii  p,n  le  propriétaire, 
main  par  se«i  héritiers.  Du  côté  de  la  rue  des  ltoii>-Liiriiuls.  les  obstacles 
furent  plus  sérieux,  i-l  c'est  probablemeiil  la  raison  pour  laipielle  Le  Mercier, 
au  lieu  de  pKiloiiger  In  ^nlerie  qui  etail  ii  droite  de  ravant-OMir  et  de 
faire  conlinuer  la  galerie  de  la  denviènie  cour  sur  le  même  plan,  la  laissa 
en  retrait,  ce  qui  était  du  plus  niamais  ;ispecl.  Le  ministre,  en  elle!,  ne 
par%iiit  pas  ii  obtenir  ili*  ce  côlé  ton!  le  liii.iin  nécessjiiii-.  (Quelques  maisons 
lui  échap|MM-enl.  qui  restèrent  i-nglolMcs  dans  l'enchevê'treiiKMil  des  conslrm  ■ 
lioiiH  de  son  palais  i-l  ne  purent  èlie  annexées  ipie  près  d'un  siècle  plus  lard 
nu  l'alnit-Uoxal  Tel  elail.  par  exemple,  l'hi'ilel  |)uplessi>-(  .|i,'iiil|,.ii.  mi  fond 
de   riinp.is.e  UiT).   dans   une  petite  coni    qui    lominuiiicpiait    a\et     la    rue    des 


I.  \      CONSTHUCT  ION       l)L       !•  \  I,  \  I  S  -  (  :  \  U  1 1  I  N  \  1 


29 


Huiis-l'liit'ants  par  uni'  iiirllr  de  tiois  pieds  de  lai-jri'  :  l«'s  appailcmoiits  en 
l'Iaicnl  al)soliiiU(Mit  coiili^^iis  aii\  ciiaiiilircs  du  Palais,  ce  (pii  ('lail.  un  raxoiicia, 
fort  iiicoimiiode.  On  \riia  [Ans  loin  llnstoiic  de  cfl  IkMi-I. 

Eu  i635,  la  corislruclion  dos  deux  fjalciits  de  Tailc  j^anclic  cl  une  partie 
de  celle  de  l'aile  droilo  élail  leiiuiiu'e.  Le  cardinal  lit  iiud  iU'  siiilc  aménager 
à  roxlréniilé  de  cette  deriiici-e.  dn  ((Mi'  des  jaidins.  la  pclile  salle  de  spectacle 
ponvant  contenir  cin(|  à  si\  cenls  pcrsoinics.  daprès  Sauvai,  (pii  était  réservée 
pour  les  repii'senlalidus  ordiriaiics  des  cdnii'diens  des  Maiais  du  Teni[)le, 
tandis   ipie    la    iirande    salle  —  (|u"()n    devait    ('lever  ensuite  —    devait    servii'   aux 


MÉDAILLE     DU     CVUUINVL     DE     IIICIIELIIH  ,     OIUND     MVIIHE     DE     LA     MMGAllOX 

EXÉCLTÉE     EN     l034     (nU\     SICXÉE) 

(Cabinet   des    méJailles  :  BibliothCquc    nationale) 

spectacles  de  païade  les  jours  de  ;,,'-rande  l'ète.  Ouel(pi(>s  notes,  eviraiies  des 
papiers  de  Le  .Masie',  nous  prouvent  «pi'à  cette  d.ite  ou  procédait  à  la  déco- 
ration de  cette  petite  salle  : 

103").  —  .-1  Munsicar  de  Loynes,  secrclaire  de  Monseùjiteur  le  Cardinal,  Itijlel 
RichcUcii. 

Monsieur,  l'aictcs  paver  s'il  vous  plaît  à  Monsieur  (leorge  r>ulleqnin  trois 
cents  livres  pour  le  théâtre  de  l'hostel  Richelieu,  à  l'aris. 

Ce  21  décembre  i6.'55. 


Dkstvmi'es. 


i63ô.  —  Je  soubziné  confesse  avoir  rcccu  de  M^"  le  cardinal  duc  de  Richelieu 
par  les  mains  de  Monsieur  de  Loynes,  la  somme  de  trois  cents  livres  sur  ce  qui 
m'est  deub  pour  avoir  travaillé  à  la  décoration  du  théâtre  de  l'hostel  Richelieu. 

G.  Blifeocin'. 

Celte  salle  de  comédie  fut  inaugurée  dans  l'hiver  de  i()35  par  une  l'ète  que 
le  cardinal  donna  à  Mademois(>lle,  llUe  du  duc  d'Orléans,  avec  (pii  il  avait  l'ait 
sa  paix.  On  imagina  pour  celle  circonstance  lui  cli;uiu:nd  pelil  li;dlel  invlliolo- 
gitpie,  dansé  par  des  enfants,  dont  Madenïoiselle  était  riiéro'ine,  «si  bien  que 
pour  ce  ballet,))  raconte  M"'  de  Monlpcnsier  dans   ses  Mcinoires,   «que  l'on 

I.  UiiiknE,  Documents  pour  si'rrir  à  l'histoire  de  l'Ildlet-Dieu,  l.  IV.  p.  292. 

a.  Les  ri-{,'islrcs  dos  ili:-ci-s  de  Saiiil-Kiislailie.  à  l'aris.  Ibiil  iiieiilioii  d'im  Georges  llulTetniiii. 
"  peiiUie  et  aitiatiei-iiigéiiieur  du  roi,  décédé  au  l'alais-Cardinal  el  porté  à  Sainl-Sauvem,  le 
17  février  i(i4i.  » 


3o  LE     PALAIS-ROYAL 

pou>(iit  appoliT  iino  daiisp  de  pygmL'cs,  l'on  composa  uao  baiule  do  petites 
lilles,  priiitessos  et  antres  de  qualité,  et  de  tous  les  seigneurs  qui  étaient  de 
même  taille  que  nous.  La  magnifique  parure  et  rajustement  de  chacun  des 
danseurs  fit  trouver  ce  ballet  fort  agréable.  Il  y  avait,  entre  autres,  une  entrée 
où  l'on  apportait,  dans  des  cages,  des  oiseauv  ([non  laissait  voler  ensuite  dans 
la  salle,  digne  machine  d'un  t<l  ballet.  Il  arri\a  qu'un  de  ces  oiseaux  s'embar- 
rassa dans  un  des  godrons  de  la  fraise  île  M"'  de  Brezé,  nièce  du  cardinal,  qui 
était  de  noti-e  li-ouiK».  Elle  se  mit  à  pleurer  avec  tant  de  véhémence  qu'elle  fit 
redoubler  le  rire  que  cet  accitlent  imprévu  avait  causé  à  toute  l'assemblée. 
Jugez  par  là  de  l'âge  des  dames  de  ce  ballet  !  »  C'est  pour  cette  fête  que  furent 
l<jnés  les  chandeliers  dont  nous  trouvons  cette  mention  dans  les  papiers  de 
U  Masle  : 

i63j.  Loyer  de  quatre  chandeliers  de  crisl;il  qu'on  a  loués  pour  le  hallel  à 
Pierre  Vergne,   17  livres. 

i63.">.  M.  Picot,  argentier  de  M.  le  Cardinal,  payera,  sil  lui  plaît,  an  sieur  Vergne. 
marchand  joualier  de  la  Huinne  à  Paris,  la  somme  de  soixante  sei/c  livres  pour  le 
loyer  de  dix  neuf  «handeliers  de  cristid  qu'il  fournit  pour  le  Ballet  de  Mademoiselle 
donné  à  rilùlel  de  Monseigneur,  à  raison  île  quatre  livres  pièces. 

I^'s  musiciens,  «  scavoir  le  Kresne,  Koberl  Saint-Martin,  le  |iefit  page  et 
(iondK-fort,  »  qui,  pendant  les  (pialrc  jours  que  dura  la  iVic,  se  lin-ul  entendre, 
reçiin-nt  aô  livres  11  .sols.  Quant  aux  petits  ois(>an\  ipii  linnl  tant  di-  peui'  à 
M"' de  Bre/é  et  égayèrent  si  fort  la  loiupagnie.  iU  figurent  également  dans  les 
conq»lcs  ciiuMM-M-s  par  !>•  Masle',  et  nous  en  apprenons  même  le  nombre 
p.ir  la  noir  <>ui\anl<-  : 

l63ô.  Anllioine  Vvoii.  l)i)ui';,'eois  de  Paris,  y  dirininanl  nio  «les  Billetles, 
paroisse  de  Saint  Jean  en  (irève,  confesse  avoir  reçu  de  Monseigneur  le  cardinal 
de  Hiihelicu,  parle»  in.iins  de  M.  Jacipies  Picot,  son  argentier,  la  somme  de  vingt 
xix  li>rcH  liiiict  «oly;  pour  la  nourriture  f.iicle  par  liiy  \  von  de  six  rossignolz,  d'une 
fauvette  à  teste  noiri-,  de  .<dx  pellil/.  oiseaux  de  canaris  et  aultres  oyscaux  appar- 
tenant à  mondit  seigneur...  De  laquelle  somme  ledit  Vvon  s'est  tenu  content...  Passé 
à  Piiris  es  estudcs  rle«  notaires  sc)id)xignr/.  l'an  mil  «ix  ri'iis  trente  cinq. 

(Ii'tte  niènic  aniii'-f  ili.'l."»,  on  procéda  ii  ri-l.'d>lix>-cment  du  m.'ignilique  jardin, 
un  dcH  pliiH  gr.inds  qu'il  v  eut  alors  Ii  l'.n°i«.  di-riièii>  le  l'.dais.  I.c  c.irdinal 
chargen  I)e««gots,  jardinier  du  roi.  di-  ce  lia\ail.  cl  coniracla  a\>'<'  lui  im 
marché  h  forfait  |H)ur  la  sonunc  tir  i.i.'mi  livres  (27  décend)re  iG3C, 
piipicr^  de  L>  Masle).  Desgots.  aide  de  vin;.'l  (inq  j.u-diniers  sons  ses  ordres, 
nieiM    rapidi-nieiil    sa    |M-Hr)giie.    Il   ile><sin.i   li-   pi. m    du  pair  ii  l.i   mode  ijo  liiniis, 

I.  Ikxumenlt  /M>ur  irrvir  <i  Ihltluirt  Je  ill-Mlneu.  |kii    Itmtiti.   t.   IV,   p.   jy(. 


•  (ifir  II-  niari'i'iiiii  iii"  niiiuiini  auj-  pnij/rui'iiri  s 
'.lligence  Je  te  f)t6  iris  intiriMUlu,  «oir  Ict  eiplicittoll».  dDiiniu  . 


L\    (:o>srKL(:Tio>    du    p\i.  \  is-c  \  mu  n  a  i.  3i 

c'est-à-dire  quau  milieu  il  laissa  la  [)laco  de  deux  ^Maiids  bassins  aulour 
desquels  il  ménagea  des  plates-bandes  avec  des  buis  disposés  en  arabesques, 
en  broderies,  comme  on  disait  alors,  qui  se  détachaient  sur  le  fond  clair 
des  allées.  A  droite  et  à  gauche,  des  quinconces  en  charmille;  à  l'extrémité 
du  parc,  de  grands  arbres  dont  le  haut  feuillage  devait  fdiiiiei  un  bel  horizon 
de  verdure  et  comme  un  véritable  petit  bois.  On  aura  une  idée  du  nombre 
d'arbres  plantés  dans  le  parc  du  cardinal  par  cet  extrait  des  papiers  de 
Le  Masle  : 

it)3J.    M.   de  Loyn.es,   secrélaire  de  .W  le   Cardiiml. 

Monsieur, 
Faictes  payer  à  Monsieur  Des  liages,   gouverneur  de  Montargis,  la   somme  de 
neuf  cent   dix   livres    pour    trcnle-cinq    milliers    de    gros    charme    et    vingt-cinq 
milliers  de  charmille  que  j'ai  reçeu  pour  l'hostel  de  Richelieu;   faict  à    Paris,   ce 
2*  jour  de  décembre  iG35. 

L.  Destampes  év.  de  Ciiahthes  ". 

Tandis  que  la  construction  de  son  palais  était  aussi  vivement  menée,  le 
cardinal  continuait  k  habiter  tantôt  place  Royale,  comme  le  dit  Guy  Patin, 
et  tantôt  le  château  de  Rueil,  tout  près  de  Saint-Germain,  qu'il  acheta,  le 
97  août  i633,  pour  la  somme  de  147.000  livres  \  et  qui  devint  dès  lors 
sa  retraite  favorite.  Ce  château  avait  été  construit  vingt  ans  auparavant  par  le 
financier  Jean  de  Moysset  avec  un  luxe  extraordinaire.  Les  jardins  en  étaient 
admirables  ^ .  Ils  étaient  distribués  avec  le  môme  art  qu'on  verra  plus  tard  à 
Versailles,  la  même  science  des  perspectives  à  travers  les  vastes  allées  tapissées 
de  charmilles,  que  des  arbres  énormes  couvraient  de  leur  ombre,  et  qui  abou- 
tissaient tout  à  coup  à  des  clairières  qu'occupaient  des  fontaines  jaillissantes, 
des  grottes,  des  labyrinthes,  des  aqueducs,  des  bancs  de  repos  entourés  de 
massifs  de  fleurs,  ou  des  statues  qu'on  apercevait  dans  les  quinconces.  Lue  belle 
statue  en  bronze,  qui  est  au  Musée  du  Louvre  depuis  1881,  après  avoir  été  'a 
Versailles,  k  Marly,  k  Saint-Cloud,  vient  de  ce  jardin;  elle  représente  Hercule 
brandissant  la  massue,  avec  Vhydre  à  ses  pieds.  Hichelieu  embellit  encore 
celte  magnifique  demeure,  pour  laquelle  il  dépensa  des  sommes  folles.  Jal 
parle  de  77^,000  livres,  rien  que  pour  les  premiers  aménagements;  ce 
chiffre  fut  encore  dépassé  par  la   suite.   Les  appartements  furent  brillamment 

I.  Léonard  Dcslampes.  évoque  de  Chartres,  conseiller  d'État,  abbé  à  IJourgueil.  —  .\rcliives  de 
l'Ilotel-Dieii,  t.  IV.  p.  3<ji. 

■2.  Papiers  de  Le  Masle.  Documents  pour  servir  à  l'histoire  de  VHôtel-Dieu,  t.  IV.  p  288.  —  Jal. 
dans  son  Dictionnaire,  dit  que  le  prix  d'acquisition  fut  de  i.'i7,ooo  livres.  11  a  raison;  mais 
cette  somme  fut  versée  en  plusieurs  fois.  Ce  n'est  qu'en  i033,  le  11  avril,  que  l'acquisition  fut 
soldée. 

S.  Voir  les  gravures  d'Israël  Silvkstue  et  de  1'ei\elle.  —  Voyeï  aussi  Abraham  Colmtz  :  i'ivsses 
[ielgicu-GaHicas,  description  écrite  en  latin  en  i636. 


3.J  I.H      !•  Al-AIS-ROYAt. 

iléfort-s  |>our  iwéM.ir  la  cùur.  qui  .s\  liaiispoitail  paifoi^;.  quaiiil  le  roi 
quillail  SaJiil-(Ji-rinaiii  pour  venir  eonlérer  avec  son  niinislre,  ou  quand 
les  parties  de  chasse  renlraînaienl  de  ce  côlé.  Simon  \  ouet  v  exécuta 
nlusieui-^  peintures,  l'anni  le-^  ciuiosités  du  parc,  on  vantait  lare  de  triomphe 
de  Constantin,  peint  par  ]..•  Maire,  «tel  qu'il  est  à  Home,  avec  tant  de  vérité 
qu'on  a  vu  des  liirontlelles  et  d'autres  oiseaux,  crovant  passer  au  travers,  se 
tuer  contre  lu  uuuuille".  »  An-dessus  d'une  des  cascades  était  une  Amp/iitrùe 
lie  bronze  qui  paraissait  verser  les  eau\  :  une  inscription  du  poète  Desmarets 
lui  faisait  dire  : 

Aniianii.  ne  me  prens  pas  pour  nymphe  des  fontaines, 
Si  lu  me  \i»is  verser  le  plus  beau  des  ruisseaux; 
Je  L-ummande  après  lui  sur  les  humides  plaines, 
El  du  sec  élémenl  j'ai  traversé  les  veines, 
Tour  l'apporter  iii  le  liibul  de  mes  eau\. 

M(iin-<  d'im  an  après  que  le  taidinal  eut  pris  possession  du  château  de 
lUieil,  il  V  donna  des  l'êtes  s|>lenilidts  ;i  roccasion  de  la  réconciliation  tin  roi 
a\ec  son  frère  (laston  il»  (rltan-^,  tpii  élail  mou  en  ix  lolire  iG.'V'i  ;i  Saiiit- 
(icrmain  faire  sa  sr>inins>ion.  La  relation  de  ces  fêtes  nous  a  été  conservée'. 
Dans  la  salle  de  s|ircl;icle  (pli  avait  été  disposée,  on  devait  jouer  une  pièce 
iMii-  Uichclicu  avait  icrilc  pour  l.i  circonxlance,  car  on  sait  la  |)etite  faiblesse 
ipiil  avait  de  se  croire  poète  et  île  rimer  des  traj,'édies.  (lelle-ci  était-elle 
par  liop  mauvaise?  Toujours  est-il  (pi'au  dernier  moment  Hoisrobert  parvint 
il  le  faire  clianp-r  d'avi>:  on  joua  ii  la  plai  .•  la  Cnffirdic  des  Tiiilcrirs.  à 
laipielli-  avaient  coopéré   (iorneillc  et   Kolroii,   el   ([iii  olitini   un  f.'raMd    succès. 

(!e  n'était  pas  siulemeiit    [leiidant    la    Ix-lle    sai^^on    ipie    le    ^riand    ministre 

aimait   ii   vivre  .'i   ItiK'il  :   il    v    restait   soiimiiI    mêmr  dinaiil    r.iiilomiie.  (lomme 

il  entraiiiait  à  sa  suite  une  quantité-  de  ^reiis  de  toutes  conditions,  courtisans, 

hommes  d'armes,  serviteurs,  ou  se  représente  le  bruit  el  ra|)|iaiat  ipii  devaient 

réjîiier  dans  cette  belle  n'-sidence.  «  l,;i  com  du  cliàleaii  ressenililail   à   un  cami»; 

des  mousquetaires  ariiK's  en  yuerre  et  piêls  ii  tout  s'y  |)romeiiaieiit   sans  cesse. 

!>•  Ion;.'  d<"s  ;.'r.iiids  escaliers,  on  vovîiit  ii  toute  heure  monter  et  descendre  les 

.HollicileurH   venus    di*   l'.iris,    les  pMitilsIiommes  de   province   avides    de    places, 

et    di's    laquais,   cli.im.ii  i  is    de    livré-es,   qui   apporl.iient    les   messa^'es    de   leurs 

iiiaitres.    Iteaiii  ou|i  d  importuns   sollicil.iient    une    recommandation    de   M""  de 

(>oiiibalet  I  la  nièce  du  i;iii|iii;di  avant  de  ^e  presenler.  Daii'^  les  .inlicliambres, 

I.   KtEi.i«.  I'  •ut  l.i:  (luMTr.  l.  VII,  p.  ■>:>.       Voir,  nll^^i.  l.rllrei  de  Mti.iiKiuii:.  dans  L 

nillrclloii  Up«  >■  I,   I.    III,   p.   3<i.   l'I  Hiifil,  U  rhiilfim  île  Hirlirlieu,   |Kir  J.  JaC(,>iin  cl 

J.   IlL'KtKtOU.    1-  i''     -'-        .    ,'        1. 

ï.  IlitU  dt  et  liai  i'filJiUI  à  S4iinl-lifrmain-tn- l.aye,  avec  lf$  mmimjlefncet  fmlet  au  cluilemi  de 
Hufl  f'tr  Mnnulijneur  e  eiinlinal  due  de  Hiehelieu  (ii-ii  uclulirc  lOS.ii.  Ulbliuthi-t|iie  nationale. 
I.IP 


I.  \    cdNSTiircTinN    nr    i>  m.  \  is-c  \nniN- u. 


33 


iiti  lioiinlniiriniuiil  .unlimicl  n\-iiMil  (lf|(iiis  !.•  malin  jiisi|ii"aii  soir,  laiulis 
'1'"'  l^i<'liili>'ii.  l'Iciiilii  -nr  iiii  lil  dans  son  caliinct,  icccvail  1rs  visites,  éroulnil 
les  (icmaïKlrs  cl  (ioiiiuiil  des  ordivs".  »  Co  cabiiii-t,  on  |H'iiI  se  le  figurer  grâce 
au\  liiveiilairi's  gardés  par  les  deseeiidaiits  de  la  nièce  du  cardinal,  à  qui  fui 
léguée  la  piopiitMc' '.  ((C'était   une  grande  pièce  aux  murailles  ornées  d'armes 


LES   JARDINS    DU    ClIATEAL"    DE    HUEIL 

(D'apris  une  estampe  allcm.iiiiic  de  rèpoquc  de  Riclielicu) 


d'un  grand  prix,  close  et  mystérieuse,  dans  laquelle  il  y  avait  toujours  du  feu. 
Une  table  carrée,  couverte  de  livres,  de  papiers,  de  cartes,  de  plans,  occupait 
le  milieu  de  cet  appartement,  devant  la  cheminée  duquel  le  cardinal  se  tenait 
debout  dès  que  sa  santé  le  lui  permettait.  »  Il  semble  que  le  ministre  ait  goûté 
là  seulement  les  rares  instants  de  quiétude  de  sa  vie  toujours  affreuscuicnt 
tourmentée.  Son  esprit  s'y  détendait  dans  le  calme  du  pare  grandiose,  et  sa 
gravité  s'y  fondait  parfois  en  bonne  humeur  :  courts  rayons  de  soleil  dans  son 
ciel  chargé  d'orages.  C'est  à  Uneil  ipi'il  célébra  les  accords  du  mariage  de  ses 
cousines.  M""  de  lV)iil(  liAleau  et  de  Cbixray,  avec  les  ducs  de  La  \'aletfe, 
de  l'uylaurens  et  de  (juiche.  A  cette  occasion,  il  écrivit  à  l'ambassadeur  de 
France  à  (ièiies  «  d'envoyer  trois  parasols  de  dames,  l'un  rouge,  l'autre  violet 

I.   Comlc  DK  UoNXKAiJ-AvKNVNT,  l.a  Duchesse  (/'.l/ymV/rin.  1882,  in-8'',  p.  ao'i. 

a.  Rui'il  resta  dans  la  famille  de  la  n\vcc  de  Uicliclieii  iM""  de  C.onihalel.  plus  tard  diicliessc 
d'Aiguillon  I  justin'en  1710-  A  relie  ('•poiinc.  le  duc  d'\ij;nillori  le  veiidil  110, 000  liMes.  Il  le  racheta 
ensuite.   Le  château  et  le  parc  ont  ùlii  dL'truits  ou  coninienccnient  do  ce  siècle. 

T.     I.     LE    P\LAIS-llOTAL.  5 


34  LK     PAI.AIS-HOY.VL 

el  le  troisième  bk-u.  cli-s  plus  In-aux  et  des  plus  lé^'ers  qui  se  fassent  à  Gènes 
a\et;  de  |)etites  dentelles  d'or  sur  les  eoutures»'.  Un  voit  qu'il  sa\ait,  à  ses 
heures,  être  minutieux  jus(jue  dans  les  liilililés  -ralanli-s.  C'i-sl  à  Hinil  iinc  la 
reine  Anne  d'Aulrielie,  au  moment  même  où  elle  son^^eait  à  trahir  la  France, 
dit  Mielielet,  \enait  essau-r  île  llatter  son  ministre,  de  l'eniNrer  et  de  l'aNeu^rli'r. 
aeeeptant  ses  rollalions  et  prenant  |>arl  à  ses  fêtes.  C'est  à  Kinil  .nliii  (pie 
Uielielieu  se  plaisait  à  reeeNoir  les  poètes  Desmarets.  (lorneille,  lloisrohert, 
(lolielet.  I/Kloile,  llotron,  à  (pii  il  coinnuniiipiait  ses  projets  d'ou\  rajres  dra- 
matiques el  ipii  lui  li>airiit  leins  \ers.  l  ii  juin-  qiir  le  niiMi>lre  ('lail  enlernié 
nvi'«-   Desmarets.   il   lui  dit  : 

—  \   tpioi    p«'n>.e/-\on-    qui'    je    pieiine    le    plu-;   de    plaisir:' 

\    faire    le    Ixmliiiir   lir    la    l'iaiHc.    ri'|it)iidit    en    Imn   conrlisan   le  poète. 

—  l'oint   du   tout,    répliipia-t-il,  c'est   ;i   faire  des  \ers. 

Kielii-lieu  axait  à  llueil  une  antre  satisfaction,  c'était  de  jouer  au  proprié- 
taire, au  cnlli\aleur  ipii  -"ocinpr  de  ses  leries  cl  pirlHl  -.(iiiii  di'  la  reiolte'. 
Tallemant  des  Iléauv  nous  en  donne  un  témoi;.'nafre  assiv.  piipianl  :  n  Mmi- 
tauron,  »  dit-il.  <■  acheta  pour  faire  sa  cour  tout  le\in  de  Hueil  du  cardin.il 
de  Kichelieu  ipii  é-lail  ia\i  de  din'  :  "  J  ai  m  iidii  mon  vin  ciiil  sous  le  nniid.  » 
Kn  r«''alilé'.  la  terre  de  Kueil  donnait  un  levenu  annuel  de  ((.."x»)  lisres. 
Mince  ohole  auprès  îles  sonnnes  énormes  qii's    dt-pi-nsail    le  cardinal! 

LorS(pif  Hiilii'iiiMi  \eiiail  di'  Ku<il  ;i  l'aii>  pdiij  ..  dniiiici-  ipielque  ordre 
h  ses  hAtinn-nts  i».  sui\ant  l'expression  dont  il  se  seit  d.ins  la  lettre  citée  j)lus 
li.nit.  il  desccnd.iit  à  son  In'itel  en  construction  de  la  rue  Saint-llonoré  el  p.irfois 
iui  l'elil  -  l.u\i'ml)">iii-;:.  Depuis  li'  don  i|iic-  Marif  d>-  Mi-dii  i^  lui  .n  a\ail  l'ait 
en  i(iji),  le  c.udin.d  a\;iit  Ir.uisfornié  celle  h.diilatiou.  Uestauree  et  décorée 
par  Je.in  l,e  Maire,  ipii  u  excellait  ;i  peindre  les  .ucliilectures  »,  et  pal'  Manchnle, 
qui  orna  df  paysaj,'es  le  ^.'raiid  v.ijdn,  rlli'  a\.iil  t'ic-  iriii|ilif  de  cmiosjti's.  de 
taltleaiix.  d'ohjets  d'art,  de  heauv  meidiles  par  le  ministre  ileMini  loul -|)uissant 
et  (|ui  poiiNait  dé-sormais  donner  lihre  c;irrièn'  ;i  ses  ^nn'lls  di'  liixr  ipi'il  ;i\;nt 
tonjoiirs  «MIS,  coiimii'  ii  la  passiuii  di's  liilx'lnl»  ipii  ciuiiiiienrail  ;i  se  ri'paiidi'c 
l'I  dont  lui-même  ilomiait  l'exenqile.  ti  |.:i  in.iison  est  fort  délicieuse.»  dit 
Sau\al  ';  •<  elle  ;i  un  jardin  en  l'air  el  port.itif  ipii  i-sl  toujours  noine.ui  el  entouré 
d<-  >ltl'i-s  et  dr  iiiir>>iis  qui  i|i  nililml  |i'  jaicliii  ri  |i'>  a|i|iai'li'Mieiils  (Uii  l'i-iivi 
roiinenl.  »   Ni    la   t  <ii  ri's|iiiiidaiirf  de   Uiilii'lii'ii  ni   1rs  papiers  de  son   scciclaire 

I.    MiDiiilr  i>'Vti:M.i.  '.••rrrtii:,nil'mi-f  lUiAumnlitiuf. 

t  (.oiiiiiif  II  n'y  a».iil  |i.i»  nu  \  li.'tU-.iii  loiili-t  |r*  ri-<»<nirrr^  ciilliinIriM  qu'il  fiillnil  cl  Xvn  ri'iaii(liM>s 
nnUnitiiriil  iliiiit  U  rriiir  \iiii<- il' VuUirlin  i-lall  fnrt  K"<iriii»iiili'.  Ii-  larilhiiil  riiJMU  \i'iiir  ilu  l'aria,  les 
J«>urt  de  K»U,  rc  i|ii'll  fallaU  |Miiir  n'itula-r  m^  ciimitisi.  Oltr  imtc  iIim  |).i|iii>r^  <li<  l.r  Mnslc  eu  ont  une 
pr«u«e  :  »  ilU.'i.  Mvr  le  (Untiiidl  ilolbt  ii  l'Mli'iiiiP  Ariiinillrr,  (•«iiicirr  à  l'arl*.  |>oiir  le  fcttiii  faiclù  Uuvil 
du  11*  Jour  d'iwloltrr  %t>i'.i,  riiii|ii.iiili''i|iinlrr  litre*  vpl  mjU.  .. 

3.  S«i«tL,  III,  (>. 


I.  V      C.ONSTIU   TTION      1)1       1>  \  I.  M  S  -  C  \  U  I)  I  N  U.  ,1") 

F^e  Masic  uv  ikhis  f(iuiiii-;sciil  de  rcrisfi^Micinciils  sur  les  ti-avaii\  cxt'culés  au 
Pt'lif-I^uxoinbuur^''  à  (('tic  ('i^kiih'.  Mais  timis  pomoris  nous  rendre  compte 
(li<s  ricliosscs  qui  y  fiirciil  accuiiuilôos  par  les  iiivi-iilairos  ronsorvcs  dans  la 
ramilli-  do  la  nièco  du  cardinal.  M""'  do  (lombalot,  duchosso  d'Aiguillon,  h  qui 
il  donna  cotto  maison  imi  i(i,S().  Dans  son  lestanuMif.  Kicliclicn  ronlirnia  la 
donation  dans  ces  termes  : 

Je  (ionne  et  lègue  à  Madame  la  duchesse  d'Aiguillon,  ma  nièce,  fdle  de  défunt 
René  de  Vignerol  et  de  dame  Françoise  du  Plessis,  ma  sœur  aînée,  ...savoir  la 
maison  où  elle  loge  à  présent  sise  au  faubourg  Saint-Germain,  joignant  le  Palais 
de  la  reine  mère  du  Roi  et  vulgairement  appelée  le  Petit-Luxembourg...  Item,  je 
lègue  à  ma  dite  nièce  tous  les  cristaux,  tableaux  et  autres  pièces  qui  sont  à  présent 
ou  pourraient  être  ci-après  lors  de  mon  décès  dans  le  cabinet  principal  de  la  dite 
maison  vidgairement  dite  le  Petit  Luxcml)ourg.  et  qui  y  servent  comme  d'ornement, 
sans  y  comprendre  l'argenterie  du  buffet  dont  j'ai  déjà  disposé,  ...je  lui  donne  aussi 
toutes  mes  bagues  et  pierreries... 

La  collection  des  ol)jols  d'arl  dn  Pcl  il -Luxembourg  était  une  des  plus 
inqiortantes  de  Paris.  L'al)bé  de  Marolles,  décrixant  les  principaux  cabinets  qu'il 
y  avait  alors  dans  la  capitale,  dit  que  celui-ci  «  soulTre  jieu  de  comparaison 
pour  la  niagnillct-nce  des  cristaux,  des  lapis,  des  agatles.  des  calciVloines,  des 
aiguës  marines,  des  amétystes,  des  escarboucles,  des  topazes,  des  grenats, 
des  saphirs,  des  perles  et  des  autres  pierres  de  grand  prix  qui  y  sont  mises  en 
œuvre  dans  l'argent  et  dans  l'or,  [)our  y  former  des  vases,  des  statues,  des 
obélisques,  des  escrins,  des  miroirs,  des  globes,  des  coflins,  des  chandeliers 
suspendus  et  autres  choses  semblables.  De  sorte  que  l'on  pourroil  dire  en 
quelque  façon  qu'il  ne  s'en  perdit  pas  tant  au  sac  de  Manloue  qu'il  s'en  trouve 
en  ces  lieux-là,  tant  la  magnificence  y  éclate  «^  La  plus  grande  partie  de  ces 
richesses  avaient  figuré  au  Palais-Cardinal  avant  d'être  transjjorlée  au  Petit- 
Luxembourg,  après  la  mort  de  Ilichelien.  Parmi  les  taldeaux.  on  voyait 
une  Héroilindc,  attribuée  à  Léonard  de  \inci:  la  Madeleine  du  Guide,  unc^ 
Charité  du  Pérugin,  la  Sainte  }'ieri;e  de  .lean  Hellin,  le  Songe  de  Caravage, 
Saint  Joseph  et  Sainte  Anne  du  Tintoret,  VAdoration  des  rois  de  Uubens, 
Saint  Mathieu  par  Albert  Diirei'.  \' Enlivemcnl  des  Sabines  et  la  Prise  de 
Jérusalem  du  Poussin,  etc.  \  i'hisicnrs  de  ces  chefs-d'œuvre  sont  maintenant 
au  Musée  du  Louvic,  d'autres  dans  les  collections  étrangères.  Les  sculptures 
comprenaient  une  (piantité  »le  marbres  cl  de  bronzes  aidiques,  im   Bacchus 

1.  Nous  relevons  cependant  quelques  indicnlions  de  payements  de  mémoires  dans  les  papiers  de 
Le  Maslc.  C'est  ainsi  (|ue  nous  trouvons,  pour  l'aunt-e  id.'i'i,  mention  d'une  somme  de  ç\o'\  livres,  payre 
à  François  le  Bossu,  mailre-serrurier,  pour  ouvra^rcs  de  serrurerie  fails  au  Petit- Luxembourg  du 
■  "janvier  i633  jus(|u'au  i"  février  i03i  {Archives  de  Vlliilfl-hieu,  I.  IV,  p.  ,'{oo). 

2.  Abbé  DE  Maholles.  Mémoires,  III,  2i5. 

3.  Ed.  Uo.NNVKFÉ.  fteckerclies  sur  les  collections  de  IHclielieu,  i883,  in -8",  p.  it>. 


36  I.E     PAI.AIS-ROYAt. 

et  un  Faune,  un  Moïse  er>  bronze,  d'apivs  relni  de  Michel-  Vngc,  des 
husles,  etc.  Les  meubles  des  divers  appaileinents  élaienl  nia^niiH(nies.  Il  y 
avait  notamment  des  tapisseries  de  loule  boaulé,  entre  antie<.  VHistoirc  de 
Lucrèce,  de  la  fabrique  d'Arras;  des  tapis  de  soie  et  d'or,  présents  de  la  reine 
de  Polo^Mie,  qui  avait  é;.'alement  donné  au  cardinal  une  chapelle  de  cristal 
de  roche  et  un  cabinet  semblable  garnis  de  saphirs,  de  turquoises  et  perles. 
II  y  avait  aussi  une  abondance  de  tables  en  mosaujuc  ou  en  chêne,  soutenues 
par  des  cariatides  d'argent,  chargées  de  statuettes,  de  cofTrets  d'agate,  de 
cornaline  on  aulies  malièies  précieuses,  etc.  Beaucoup  de  ces  objets  furent 
vendus  après  la  mort  de  son  oncle  par  la  tluchesse  d'Aiguillon,  qui  uniquement 
occupiV'  de  religion,  «  ilélachée  de  toutes  choses  et  de  la  vie  même.»  dit 
Kléchier',  en  distribua  le  pinduit  aii\  pauvres  e|  dul  an^si,  laiil-il  ajoiiler,  s'en 
servir  pour  pau-r  les  créanciers  de  la  succ<>ssioii.  (Ju.ind  elh-  iiiniinil,  tous  les 
s.dons  de  l'hôtel  du  IVlit-Ln\end)ourg  étaient  presipie  dést-rN.  |.,i  pliq)arl  des 
iiieidiles  soiiq)liieu\  avaient  eli'  ii'li'-giies  dans  |;i  poussière  d'un  ganle-imuiile. 
«illii  trouvait  là  le  dais  ducal  en  velours  bleu  brodé  d'or,  el  les  drapeanv  île 
salin  blanc  lleurdelisés  il'or,  ipii  avaient  abrité  le  giand  ministre.  Des  housses 
de  lits,  en  velours  rouge  brodé  d'oi-;  des  coll'res  de  cuir  dori'-:  des  paiavents  et 
des  cabinets  en  latpie  de  (ihine;  des  plafonds  île  cari'osses  l'n  velours  brodé  d'or 
el  ornés  de  plumets  d'autruche;  des  lits  îi  colonnes  d'ébène',  garnis  de  riileaux 
de  l>rocalelle,  avec  des  matelas  de  salin  rouge;  des  piles  de  l,i|iis  (!,•  Turquie 
el  de  tajiisseries  d'.Arras;  des  ride.iux  de  toile  d'argent  el  de  ga/e  brodée  d'or; 
lonl  un  monde  de  carreaux  de  D.imas,  de  coussins  di-  velours  franges  d'oi-  el 
de  sachets  de  points  d'Espagne  doublés  de  moire  éclatante.  Enlin,  Ions  les 
brillalilï*  costmnes  d'un  b.illel,  tristes  épaves,  débris  oublit-s  de  quelque  fêle 
rojide...^.  >i  Va\  dix  ans,  Hidu'lien  avait  su  faire  venir  dllalie  el  d'ailleurs 
assez  d'ij'uvres  d'art  pour  en  remplir  toutes  ses  habit.dions.  Ilueil  aussi  hiin 
ipie  le  Petit -l,uxend)ourg,  le  Palais-( iardinal  comme  sou  chAleau  de  Hiclielien. 
dans  le  Poitou,  epie  la-  Mercier  était  en  Irain  de  lui  reconshnire.  el  où  le 
cardinal  envoyait  par  cenlaini*s  les  statues  .inliqnes  el  les  trésors  de  Ions 
f(enres  qu'il  faisait   recheiclier  en  divers   lieux   par  ses  émiss.iires. 

\a'*  nnnévs  iG.'i,')  et  iG.'tti  par.iissenl  avoir  élé  parlienlièremeni  favorables 
aux  travaux  du  Palais-Cnrdin.il.  I.e  miuislre  slinudail  son  .m  liilecle.  On  vovail 
les  hàlimenls  s'élever  ii  vue  d'cril.  Oi'jii  ils  form.iieni  im  doidile  qnadi  ilalère 
nvcc  les  longues  galeries  de  droite  el  de  gauche  ipie  séparaient  les  deux  vasles 

I.  «■>r'»t«nn  fiifirl.rr  tir  la  iliirlintw  tl' ViKiiilInn,  ift-Ti. 

t.    \'  I..  Mn«liv   iiiiii*  Iriiiivniit  la  mile  <iii\nnli',  (Ir  rniiinV   ilbl'i.  du  <> -tiiur  dos 

ll<>»ri>'  •■  iIk  lliilirlliii     •'  l'iirli-  .1  M    lUiiiUiilicr,  i  In/  liiv,  Moii'M'iKiiciir  y  r»laiit, 

l»">'  ''■   ' .-Il  au»  ii<'i>*  «'«'  ^1-  'If  ^lllar»  apixtrlaiit  un  aMiiMiliIrnionl  di-lM-iii-,  t'no  livre*.  •■ 

<    <4>fnle  UK  l(<nMK«l'-\»c^««-r,  l.n  iHiehfur  iVMijuHUm,  |>.  3t{)-3.'ii  ri  \fH>. 


t,A      CONSTIH   nTlf)N      I)  LI      P  A  I.  \  I  S  -  (.  A  U  I)  I  N  \  I.  S'J 

cours.  La  l'aradc  l'-lail  aclu-vrc  Sur  l'cmplact'iiiciil  de-;  niai-ttii^  de  la  cour  Orry 
conunoiiçaiout  h  se  dresser  les  énormes  cliarpentes  «lu  grand  théâtre  que 
Ridielicu  avait  tenu  à  édifier,  ne  voulant  pas  se  contenter  de  la  petite  salle  de 
spectacle  qui  se  trouvait  disposée  dans  une  partie  de  l'aile  gauche,  et  qu'il 
réservait  aii\  fotcs  intimes,  aux  comédies  jouées  sans  ap[iarat.  De  ce  même  côté 


VLE    ET    PERSPECTIVE     DU    PAL\IS-ROVAI.    I)L    COÏK    DU    JAUDIN 

(Dessin  de  Ch.iiiffournier,  gravure  d'AvcIinc) 

Le  Mercier  allait  avoir  à  pourvoir  aux  services  compliqués  de  la  maison  du 
premier  ministre,  composée  d'un  nombre  infini  de  serviteurs,  de  gens  de  toutes 
sortes  qu'il  logeait  et  entretenait.  C'est  là  que  furent  aménagées  les  écuries  qui 
demandaient  un  grand  espace  si  l'on  pense  au  nombre  d'hommes  et  de  chevaux 
qui  composaient  l'escorte  habituelle  du  cardinal.  Les  communs,  les  cuisines,  les 
dépendances  multiples  d'un  palais  devant  abriter,  comme  celui-là,  toute  une 
population  de  serviteurs,  furent  établis,  un  peu  à  la  liàtc,  dans  des  corps  de 
logis  sans  symétrie  qui  avoisinaient  le  théâtre,  également  du  cùté  de  la  rue  des 
Rons-Enfants.  L'architecte,  poussé  par  Richelieu,  fil  de  son  mieux,  multiplia 
les  cours,  s'ingénia  à  faire  faire  au  monument  des  circuits  que  lui  imposait 
l'obligation  de  laisser  debout  d'anciens  hôtels  que  le  cardinal  n'avait  pu 
réussir  à  acheter.  Les  travaux  ne  s'arrr-taient  plus.  L'ordre  était  absolument  d'en 
finir  :  ainsi  avait  décidé  le  maître  qui  en  toutes  <hoses  savait  si  Icrt  ihlciucnt 
vouloir.   En  iG'ài),  l'œuvre  était  terminée. 

Trois  ans  auparavant,  c'esl-à-dirc  le  i"  juin   iC.SO,  Uicliclieu  a\ait  déjà,  [lar 


38  I.  F.     P  M.  K  1  s  -  R  n  Y  \  I. 

aiilicipalion.  fuil  iluii;ition  ilr  >nu  palais  an  n.i  '  ,  coimne  s'il  eût  vdiilu,  par  rot 
acte  l'irange.  prévenir  toute  accusation  de  liop  de  inaj:iiilkeuce,  ou  pnit-rtrc 
luèini'  flatter  roinhrageux  I.ouis  Mil  et  lui  enlever  riutpiiétuile  de  voir  eu  face 
du  Lou\re  le  monument  di},'ue  d'un  monarque  (pie  son  ministre  faisait  élever. 
Los  termes  mêmes  de  l'acte  de  donation,  dune  Innnilité  extrême.  send)lent 
indiquer  que  le  cadeau  fut  fait  dans  un  de  ces  accès  d'humeur  noire  dont  le 
roi  fut  si  souvent  saisi  contre  Hichelieu,  durant  son  long  ministère,  et  que 
celui-ci  eut  toujours  à  ixnlouter  : 

DoiKilinn  du  Palais -Curdituil  nu  rui  Louis    Mil 

Par-devant  Gabriel  Guerreau  et  Pierre  Parque,  notaires...  fui  piésenl  ('iniiicn 
lissime  Armand  Jean  du  Plessis  cardinal  dur  de  Hichelieu.  pair  de  l'ranic.  com- 
nundeur  de  l'ordre  du  Saint  Ivsprit,  grand  maître,  chef  et  suriiilendanl  général  »le  la 
navi;;uti<>n  et  du  eonunerce  de  ce  royaunie.  ;;ouverneur  et  lieutenant  général  pour 
Sa  Majesté  en  IJrcta;.'iie.  lequel  ayant  ci  devant  très  humblement  supplié  Sa  Majesté 
d'ajouter  aux  innncnses  bienfaits  dont  il  lui  est  redevable,  la  faveur  d'agréer  qu'il 
lui  donne  quelque  marque  de  son  ressentiment,  qui  bien  que  très  petite  en  compa- 
raison des  obligations  infinies  qu'il  a  à  un  si  bon  maître,  témoigne  au  moins  à  la 
p  islérité  (|ue  ce  n'est  pas  le  niaïupie  d'alTcction.  mais  la  disproportion  si  extrême 
qu'il  y  a  d'un  sujet  à  son  souverain  et  au  Premier  Iloy  du  monde  qui  empêche  de 
lui  rendre  de  plus  ^M'aiulc  preuve  de  recoimaissanee:  et  Sa  Majesté  lui  ayant  fait 
I  honneur  de  recooir,  avec  sa  bonté  aceoutumée,  cette  très  humble  prière,  elle  avait 
accepté  la  dciiniatinn  que  ledit  .'^"  canlinal  désire  lui  faire  aux  clauses  ci-a[>rès 
déclarées 

C'est  à  -i.iM.ir  (pie  ledit  S"  cardinal  donne  à  Sa  Majesté  par  ilnniialiuM 
cuire  vifs,  pure  cl  simple,  de  la  mcilleinc  Mi.mièif  ipic  faire  se  peiil.  m  m  iinltl  de 
Hichi-lien  ' .  sis  en  celle  \ille  de  Paris,  rue  Saint  Honoré,  avec  t(Kil  ce  <iui  en  dépend, 
ri)n<(iHtant  en  ba«linienls,  cfturs,  fontaines  et  eaux,  sans  aucune  chose  en  excepter, 
réserver  ni  retenir,  en  l'élal  (pie  les  lieux  stjut  à  présent  ou  (piils  pourraient  après 
être  mis  pur  le  soin  et  la  dépense  dudil  seigneur  cardinal,  cl  sans  autres  clauses  et 
conditions  que  celle>  (pi'il  a  plu  à  Sa  Majesté  d'agréer  et  commainicr  d'èlre  iiisi'rées 
dans  la  présente  donnation,  s\avoir  (pie  ledit  S"  cardinal  jouira  s.i  vie  dinanle 
dudil  hùlel.  (pi'aprèo  son  décès,  son  principal  hérilier  duc  de  Hichelieu.  et  ses 
Bucceiseur»  seront  à  perpéliiili'  capitaines  concierf;es  dudil  Ik'iIcI.  y  auront  le 
loKeinenl  (pii  leur  sera  (b'si^MK-  pour  cet  elTet.  et  en  propriété  toutes  les  rentes  de 
l)ail  d'hérilajfe  consliliiées  sur  les  places  et  maisons  (pii  ser(Uit  con'>truiles  en  dehors, 
joign.uil  et  idenloiir  du  jardin  (ludil  IkMcI  ;  que  ledit  IkMcI  deiuenrera  à  jamais 
inaliénable  2i  la  Couronne,  sans  même  pouvoir  être  donné  ù  au(  un  i'i  in(  e.  sei^'iieiir 
uu  outres  personnes  pnnr  y  lo(;er  sa  \  ie  durante  ou  ii  temps:  rinlenlion  dudil 
cardinal  étant  (pi'il  ne  serve  (pu*  pour  le  lo({enieiit  de  Sa  Majesl<-  (piand  elle  l'aura 
a((réuble.  ses  successeurs,  Hoys  de  France,  on  de  l'héritier  de  l,i  (iouronne  seulement 

I.    t.'artr  cir  ilniiiilUxi  tic  fut  ilrlliiiloriiiriit  «i|tii<'  i|iir   Ir  (t  juin. 

).  I*n  rrniari|iirra  i'riii|iliM  iinMlrsU'  kl  (Ir  rrUr  ili-iiiMiiliialiod  :  "  liùlrl  lUilirllrii.  >  I.p  iimt  politii 
n'pst  |M«  pronoiirr  >i>ii<  iir  «iinnm  «id'rii  i)>34i.  <>  ii°r*l  qiip  ilaiei  «xi  Inlaiiiciit  <|iir  lUchellcu  dira  : 
-  nmii  graixl  txMrl  (|iir  j'at  In^II  «iii»  \r  nuiii  ilr  l'alai*   l^riliiidl 


L\     CONSTUL'CTION     1)1       I' V  I.  V  1 S  -  C  Mt  I)  1  \  M.  Sq 

el  MOU  autre;  ne  s"ôlaiil  ixirlé  à  liaslir  celle  maison  avec  tant  de  dépciises  (juc  dans 
le  dessein  <|u'elle  ne  servira  inià  la  première  ou  au  moins  ù  la  seconde  personne  du 
Royaume  en  faveur  même  de  huiuello  Sa  Majesté  ou  ses  successeurs  ne  pourront 
jamais  disposer  que  de  l'usage  et  de  l'habitation  seulement. 

Plus,  ledit  Seigneur  cardinal  donne  aussi  à  Sa  Majesté,  à  la  même  condition 
d'être  inaliénable  à  la  Couronne,  sa  chapelle  de  diamants',  consistant  en  une  grande 
croiv  d'or  émaillée,  enrichie  de  diamants;  plus  un  calice  avec  sa  patène  d'or  aussi 
enrichie  de  diamants;  plus  deux  burettes  aussi  d'or  émaillé  et  emichies  de  diamants; 
plus  une  ligure  de  saint  Louis  d'or,  enrichie  de  diamants,  plus  un  ciboire  d'or 
enrichi  de  rubis  et  de  quehjues  dianiants;  plus  une  Paix  d'aigent,  d'or,  enrichie  de 
perles  et  de  rubis;  de  son  grand  bulTet  d'argent  blanc,  ciselé,  pesant  ^,000  marcs; 
et  un  grand  diamant  en  forme  de  cœur*,  pesant  20  karats  de  plus,  qu'il  a  acheté 
au  sieur  Lopez;  à  la  réserve  de  l'usufruit  tant  dudit  hôtel  et  dépendances  que  de  la 
jouissance  dudit  buffet  d'argent  el  diamants  pour  ledit  S*-'  cardinal  pendant 
sa  vie.  Et  pour  le  regard  de  ladite  chapelle  de  Diamants,  ledit  seigneur  carilinal  a 
déclaré  l'avoir,  ci  devant,  pai-  le  commandement  de  Sa  Majesté,  fait  délivrer  entre 
les  mains  de  M.  le  cardinal  de  Léon,  grand  aumônier  de  France''. 

Quel  accueil  les  (■oMt('iiH)(iraiiis  liiciil-iis  au  l*alais-(iar'(linal  loi-S(|u"il 
a|)panil  dans  son  neuf!'  V  \rai  dire,  il  ne  fui  pas  eiilliousiaste.  (Corneille,  tlaiis 
le  Menteur,  en  [)arle  bien  a\oc  un  cerlaiii  lyrisme  : 

Et  l'univers  entier  uc  peut  rien  voir  d'égal 

.\ux  superbes  deiiors  du  l'alais-Cardinal. 

Tonte  une  ville  entière,  avec  pompe  bâtie, 

Semble  d'un  vieux  fossé  par  miracle  sortie, 

El  nous  fait  présumer  à  ses  superbes  toits 

Que  tous  ses  habitants  sont  des  dieux  ou  des  rois  ! 

Mais  Corneille  est  ici  sujet  à  caution.  L'historien  de  Paris,  du  Breiil,  ([ui 
écrivait  son  ouvrage  au  moment  mémo  où  s'aclievaient  les  bâtiments  de  l'axanl- 
coiu-,  vante  aussi  ce  «  travail  moderne  fort  excellent  ».  La  vérité  est  (jue 
l'œuvre  de  Le  Mercier  fut  en  gént-ral  assez  mal  appiéciée,  et  que,  lorsque 
Richelieu  ne  fut  plus  là  pour  commander  l'admiration  de  ce  qu'il  avait  fait, 
on  ne  se  gêna  plus  pour  la  crili(}uer.  (lomnie  il  ne  reste  |)()ur  ainsi  dire 
absolument   rien   aujourd'hui  au   Palais-Royal  des   constructions   du   premier 

1.  Cette  chapelle  fut  conservée  au  Garde-Meuble  de  la  Couronne  jusqu'en  171.12.  .V  celte  époque, 
elle  fut  volée  et  les  objets  qui  la  coniposaieiil  fin-ent  cassés;  les  débris,  retrouvés  |)ar  la  police  révo- 
lutionnaire, servirent  à  payer  les  fournitures  de  nos  armées  victorieuses.  Wlnvenlnire  des  meubles  de 
la  Couromie,  dressé  en  1792,  estime  à  77.'),Soo  livres  la  valeur  de  la  chapelle  de  Uichelien.  lu  inventaire 
du  3.")  avril  id'iO,  dressé  d'après  l'ordre  d'Vniie  d'Autriche,  (jne  nous  avons  trouvé  à  la  l!il)lli>lhéquc 
nationale  (MM.  If.  i8..")53,  fol.  Cal,  donne  une  estimation  manifestement  insullisaiite  de  celle  chapelle, 
quoique  très  détaillée.  Elle  ne  se  monte  (]u'à  330,000  livres  environ  pour  la  cn>ix,  les  chandeliers,  te 
calice  el  la  patène,  les  burettes,  le  ciboire,  le  goupillon,  les  figures  de  la  \  ierge  et  de  saint  Louis,  et  la 
Paix.  Je  (loinie  plus  loin  le  détail  de  celte  estimation  (page  73). 

2.  Estimé  lâu.ooo  livres  dans  Vlnventaire  des  meubles  de  la  Couronne  en  i7<(i. 

3.  Estimé  100,000  livres  en  i7yi. 

4.  L'exenjplaire  de  cet  acte  de  donation,  qui  se  trouve  aux  .Vrchives  nationales,  S.  iSa.'i.  noimiines 
eoclésiastiques,  contient  les  ratures  de  la  première  rédaction.  C'est  celui  que  je  reprixluis  ici. 


^O  LE     J>  Al.  Al  s- lit  n   M. 

archilfclf  —  rar  la  |iarlii'  di-si^niée  sous  li'  nniii  de  jralciio  îles  provies  ost  un 
fragment  trup  iiisi^Miiliaiit  .1  lio|)  .l.'li^Miiv  |)(iiir  qu'on  eu  puisse  jiijior,  —  il 
fiiul  nous  eoiiteiiler  di-s  opinions  ipii  nous  ont  été  transmises.  C'est  d'ailleurs 
la  mauvaise  chance  de  ce  pauvre  Le  Mercier,  cjue  presque  toutes  les  œuvres 
qu'il  a  exécutées  sont,  ou  bien  détruites,  ou  bien  des  arrangeinents  plus  ou 
ujoins  impersonnels  de  compositions  d'autrui  (pii  lui  furent  imposées.  On  a 
vil  plus  haut  (pi'il  dut,  pour  le  Louvre,  suivre  l'ancien  plan  de  Lescot.  Quant 
au  ciiùteau  d»-  Hii  Ih-liiii,  d.m^  !.•  l'oiloii,  il  n'en  subsiste  pas  une  pierre. 
Oue  reste-t-il  de  la  Sorboiine,  iju'il  construisit  en  iG33  aux  frais  du  cardinal 
son  protecteur.''  L'éjL'lise  Saint- l\t)cli,  (pi'il  commença  en  iG53,  ne  fut  pas 
aclie\ée  par  lui.  puisipi'ii  iiioiuul  en  i(i."i'i'.  Seuls,  le  \al-de-(lràce  et  l'église 
de  rUratoire  donnent  une  itiée  sullisanle  de  son  talent.  Ajoutons-y  l'esca- 
lier tic  la  cour  du  (lln-val-nianc  au  palais  de  Fontainebleau,  et  c'est  tout, 
pour  le  l'alai^-C.anliiial,  il  n'a  pas  élé  plus  lieiin'ux.  Nous  n'avons  tpie  les 
vieilles  gra\ures  du  temps  (pii  nous  permettent  de  nous  former  un  avis  sur 
son  nionumenl.  Kncore  devons-nous  tenir  compte  des  entraves  qui  empè- 
(•lu'-nnl  l'an  bitccle  de  siii\ir  un  plan  bien  arivié.  et  des  fantaisies  impérieuses 
tlii  ministre  qui,  ainsi  ipie  d'ailleurs  celui-ci  .limait  à  en  convenir,  se  substi- 
tuèrent <onslamnient,  au  fur  et  à  mesure  des  constructions,  à  sa  propre 
v(»lonli''.  (Mioi  (pi'il  en  soil.  rt  ^i  l'on  ne  f.iil  |i,i>  la  part  de  ces  circonstances 
att<''iiuantes,  il  e>t  cert.iin  que  je  l'alais-dardinal  lu'  pouv.nl  passer  pour  un 
monuiufiit  remarcpiablf.  Il  |)orlait  la  marcpie  des  indécisions  les  plu>i  nagranles 
dans  l'exécnlioii.  (juku  a\fr  nru'  certaiiK'  ^.Maiidi'ur,  il  -x'iiiliir  i|ir,ni  cours 
tics  travaux  la  peur  de  par.iîlre  trop  magnirupie  et  (Teveiller  les  susceptibilités 
royales  ail  brusquement  tout  fait  ré-diiire  et  restreindre.  (^)ui  sait  si  Uiclielieu, 
après  avoir  accepte  de  Le  Mercier  le  piii;,'raiiniie  iinpo>-aiil  qui  s'allirme  par 
le  plan  de  rt-dilice  et  p;ir  les  premii-res  .-issises.  ne  l'ut  pa>*  liii-mème  ell'ra\é 
des  proportions  (pi'il  allait  a\oir  et  de  la  cible  cpi'il  allait  .linsi  oIVrir  aux 
accusations  de  ses  ennemi-^.'  Ne  lui  reprocb.iil-oii  pas  ilej.'i  son  faste!'  La 
puissance  (jrandisHaiile  qui  d'aim<'-e  en  année  lui  venait  des  serxices  rendus 
h  l'Ktat.  ni*  le  mellail  elle  |ias  (onsl.immenl  dans  l:i  nécessité  de  rassuier 
l'esprit  sou|içonneii\  de  l.oni-.  Mil.  dont  il  di'\iiiail  les  \e|leilis  >oni'iioises 
d'i-chapiMT  de  temps  ii  autre  ii  son  joiig.'  (  ie  fui  probablement  dans  un  de  ces 
moments  de  crise  ps\clio|ogi(pie  que  Kichelieii  lit  .111  monaripie.  en  ifi.'tti,  le 
lion  lit*  son  palais  non  encore  achevé,  auqui-l  il  ajonla  s.s  plus  IhIIcs  m  fèvn-ries 
et   <M-s   dianianix.  ce   ipii    représentai!    une   \aleur  de    plus   de   quatre    millions 

I  Mdltfrr'  Ir  tr<-«  KmiKl  iiciiiibrr  ilr  Ir.itniit  i|iril  rtiviil.i  nu  i|iril  iliriura  l'ii  m  (|iiiili(r  ilc  prt-iiiirr 
■rrhllrrlr  du  riil.  !.«•  Xlrrclrr  iir  «'l'iirli  lill  |m«  Viiiir  il' Viilrirlir  iIiiI  ilnniior  un  «Touri  ili-  i.rmo  Wwv^ 
k  M  tirllr  •  itiPrr.  lulrlrr  <lr  ••»  riirniil*.  rn  1O.M  Cf.  lo  Livre  df  UfptiMfi  dWime  dWntneltf,  llibliu- 
tlin|UF  iidlliiiialr.  iiiaiiUMrll  <ii|i|il.  franr.  ii^i^. 


LA     CONSTlll(.TM>N      HI       l'\l,  \l 


\  U  I)  I  \  \  I. 


'il 


—  soinnu'  éiioriiK'  ii  ['('(kkiiic,  —  poiii'  ailicxci'  la  (li'innMsIialloii  dr  son  désiii- 
téressoineMil.  Co  i'ut  sans  doiilc  pai-  un  nirnic  xiilinicnl  de  pindencc  quil 
anvta  loni  à  conp  la  mtm'  de  l^c  MorcitT  (|nan<l  il  \il  I  aspecl  (pi  allait  prcnflre 
lo  Palnis-(;ai"dinal  cl  (piil  diniiinia  la  liantcnr  du  niDinnnonl  à  des  proportions 


(U'.iprcs  l'cstiimpc  de  l'ereliej 


cpiL  n"(''laic'nt  |)as  d'acidid  a\iM'  son  ('Icnduc.  ])(■  iii  cclli'  appaicnce  l'Iriquro 
fl  Irapnc  du  rc'dilicc  ;  de  l;i  ci'llc  loitnrr  luanssadc  ri  iiKiiioldnr.  posée  sur  des 
entresols  trop  lias:  de  lîi,  enliii,  roiaienienlalion  uialadroile  de  la  l'aïaile  et 
la  paii\rel('  des  sculpluics  doril  nous  a\ous  nu  sp(Viuieu  dau'^  les  pi-ones 
(|ui  subsistent  encore.  (Juant  an\  taules  iuipulahles  à  raivliileele  s.id.  elles 
lieinienl  surtout  h  des  raisons  do  tenipéranienl.  I,i-  Mereier  a  pu  avoii  ili'  la 
t'oree.  une  cetlaine  noblesse  d'allures,  il  niatupiail  d'éelal,  d'éiéjiance  et  tle 
liardiesse.  Son  ouvre  a  le  caractère  (pii  nianpie  la  Iransilion  de  rarcbileclure 
si  coc[ucllc,  si  aimable,  si  Mue,  de  noire  Uenaissancc  française,  aux  insipides 
pastiches  antiques  de  la  lin  de  Louis  Mil.  Ce  n'est  jilus  la  ;.nàie  pillores(|ne 
du  XVI'  siècle;  ce  n'est  pas  encore  dans  toute  sa  solennelle  et  mortelle  IVoitleur 
rexairérationdos  ordres  romains  entassés  les  uns  sur  les  autres.  L'artiste  donnait 


T.    I.     LE     I'AI.AIS-I10T( 


4  a  LE     l'ALAIS-hOYAL 

le  pas  à  la  science  sur  limaginalion.  De  son  séjour  on  Italie  il  ;i\ail  rapporté 
le  respect  des  formules  classiques,  la  discipline  étroite  (pii  allait  répandre  dans 
Paris  et  dans  tonte  la  France  une  quantité  de  constructions  qu'on  croirait 
sorties  du  même  moule.  Ln  hôtel  pri\é — l'ùl-il  celui  d"un  grand  ministre  — 
n'est  pas  rorcément  condamné  à  ne  présenter  que  des  lignes  régulières  et  des 
masses  symétri(jues.  Il  éleva  le  Palais-Cardinal  comme  on  fait  de  nos  jours 
un  bAtiment  administratif,  un  ministère,  une  caserne.  La  demeure  était  si  peu 
agréaMe  à  liahiter  (pi'en  moins  d'un  siècle,  à  foice  de  transformations  poin- 
ta rondre  logeable,  elle  fut   presque  entièrement   refaite. 

La  description  la  plus  conqilète  (pii  ait  été  écrite  ilu  Palais  de  Kiriielieu  est 
celle  de  San\al',  une  trentaine  d'années  après  la  uKirl  du  minislre.  Nous  ne 
saurions  mieu\  faire  que  de  nous  y  reporter  et  d'en  donner  ici  l'analyse.  Après 
avoir  uxpliqué  dans  quelles  conditions  Le  Mercier.  «  le  meilleur  et  le  plus  solide 
architecte  de  ni>tre  temps.  ■>  dit-il,  ruiiduisit  ((  ce  graïui  el  m.ii:iiilicpie  |)alais  ». 
il  en  indicpie  la  disposition.  Du  piincipal  portail  cpii  se  trouvait  en  face  la 
rue  Saint- Thomas ',  conduisant  en  ilroile  ligne  à  la  grande  galerie  du  Louvre, 
on  passait  dans  une  avant-coni-  dont  le  plan  clail  k  assez  gentil  n  (pioiqne  les 
gens  du  métier  la  trouvassent  trop  petite  et  se  plaignissent  que  la  cour  qui 
suivait  celle-ci  (v\[  l)eaucon|)  plus  grande.  La  porte  de  celte  seconde  cour 
n'était  pas  placée  d;nis  le  centie  du  principal  corps  de  logis,  ce  (pii  t'Iait 
anoiinal  et  produisait  un  mauvais  elTet.  L'avant -C(nn-  c'-tait  en\ii-onnée  de 
liàliments,  mais  non  pas  la  seconde,  qui  était  bornée,  dans  le  fond,  par  un 
balcon  poi'té  sni-  des  arcades  ;i  jour  à  travers  lesipieiles  on  voyait  le  jardin, 
«  le  plus  grand  de  Paris  sans  contredit,  après  cenv  du  Ln\end)onrg  et  des 
Tuileries.  »  Le  principal  corps  île  logis  de  lavant-cour,  d  une  ordonnance  riis- 
ticpie,  ('tait  o(iu|)<'-  par  les  ^'ijukU  ,•q^pal■lenleîlt•^  ;  ses  aile^^  foniiaieiit .  ,"i  gauche. 
deiiv  ;.Mleiies,  dont  celle  qu'on  apjjclait  la  galerie  des  llonmies  illustres: 
il  droilt',  une  vaste  salle  de  tlii'àtre  :  c'i''taienl  les  deux  plus  belles  |)ièces  t\\i 
palais.  Dans  la  seconde  coin,  an  conlr.iire.  il  n  y  avait  i  leii  oii  l'on  ne  tioiivàt 
ipielipie  critique  à  formuler  :  l'escalier  même,  dont  la  iongiienr  ét-iit  extraor- 
dinaire, et  qui,  M  p;ir  sa  grandeur  et  par  sa  maje>il('.  n  dit  Sauvai.  »  .1  surpris 
tant  de  inonde,  »  paraissait  défertiieiix  ii  ipi.iiilili'  di-  gens,  connue  au  gi'-omètre 
Denargues.  qui  lui  reprochait  d  être  cm  lu-  daii>  iiii  coin  de  l'i'ililiie  et  de 
n'avoir  ni  é;;alité  de  pilastres  ni  coutinnation  de  iiioiiiiire».  Les  bâtiments 
de?»  deux  côtés  de  cette  deuxième  cour  l'-taienl  composi-s  dniie  suite  d  .ircides 
nu  premier  l'-lage  el  d'im  entresol  ou  mez/.inine  aeri)nipai,'in''  dans  ses  liinne.iiix 

I    s«u«*i..  I.f    \nti'iuilfi  itf  l'nrii,  I.  Il,  p.  i.'i>». 

1   O  n°r*l  i|irii|iri-^  la  iiiml  ili-  llirliflli'ii  <|ii(<,  |M>iir  nii'iiîiui'r  iiiu-  iilatc  ili-tmil  li-  l'iilaiii-l  jinliiial, 
on   lU'iii.ilK  IIiôIpI  Slllrr;,   .irlirtr  ilniii  cv  liiil   juir  \f  ranlliiiil 


LA      CONSTllUCTK.N     I,U      l'A  (.  A  I  S  -  ,:  A  lU.  1  >  , 


43 


«I    'I'     .HIr    „„•//,■,„„„..    I;,    ,ni(,.   ,1,,    I,,         1,.,.; 

•'■"""'■, ;-" ""■■' "'■■'■■• •■ ■..I- „;,,„„, 


Lh    lA..Al,-,;vn,„,AL,    ot    COTK    UU    JM,D|N,     ,EI,S    .t^^ 

(D'après  l'estampe  de  Pcrelle) 

a-cndcs  iri.  „  ,lil  Sa.ual.  „  avr  Inns  .M.lrosollcs,  aussi  hi.'u  q,...  ,vs  proues  et 
ces  ancres,  blessent  les  jenv  .le  tous  eeuv  qui  s'y  ecnuaissenl.  eonnue  elant 
fres  mal  propcrlionnées  au  Palais  .Kun  honnue  .,ui  a  préside  Ion,leM.ps  auv 
ailau'i's  (ic   1  Kiirope...  » 

■"■'•I  '••■'il    l-.'M.Vieur   du   Palais  dans  ses  .-.Innenls  essenliels  e(  .'u  né-di-reant 
l.'s  r,,,.p.  .1.,   ,„,is  aeeessoires.   eunnne   !,■   hàlin.enl    silné  i,    .au,!,,',  anu.ree  de 

" '    ''"'"■'"•"    l""i  — n.'Ml    dil.   .p.i    ne   lui  jamais    a,!,,...   ,.|    !..    ..,H.s|rue- 

'   ''"   '■'''"  '''•"''   '•'""P-v-Ku.l    les  ennnnnn..   euiwn,...    rrunr..    .■(....    ,.-avanl 

"'"""     '■^'l'I""'     "•■••''i''""'-^ii    a^ee    IVdiiie...     l/.n.nuhl,.    '.Mnprenail  '  pas 

' "   ■'"   ' • '^^    '^'"""    -'   '-'-   l-l    -lunr  du    Palais  .-l  du   pare,  ^oiei 

'■ ""•"'   '"'"'■"'""■  *»"--'''PI-ll''in..|(i,h..|i,.n.,.Mraisanl    s.'s  a,-,p,i.i|i,,„s 

''"    '"""""■    ^'"'''    '"    '"-'"■■•"P    Pl'-    d,.n,p!a,v,n,.nl    ,p,il    nVlail    neeessaire  • 

'"""■'"■"'■    •""'    "''•'■'■   ^•"•'■•■""    -'-l-'-.    i :Hvr   ,..,    ,.;;;,;    sur  les    Irois 

'■'"'"''"  ■'"'■'' ""' ind.p,.ndaM.,.    .nM^lilnan.    ,.„„ un    eneadren.eni 


>^!^  LK     PAL\lS-nOTAL 

n-piili- I  >i'  "  |>1  loÏHfS  de  lar;.'i'iir,  (lui  sVlcndait  t>n  boriliuv,  à  tlroilL-  sur 
la  riif  th's  lloiis-lùinml'i,  au  r«»iul  sur  la  rui-  NfUM'-dcs-Petits-Champs,  et 
à  {jauclK'  sur  la  rue  df  Kicliclii-u.  Celle  dernière  rue  fui  ou\erle  alors, 
non  |>as  pour  «untluire  le  niinislre  justpi'à  sa  ferme  de  (iraiip^- Batelière, 
comme  Toid  dit  eerlains  historiens  du  Palais-Uoval.  allcndu  (|ue  celle-ci  ne 
lui  appartint  jamais  >.  mais  tout  simplement  pour  ser\ir  de  défra/jremenl.  Cet 
espace  fut  divisé  en  quaraiite-cin«|  partie-^  éjrales  de  sept  toises  de  façade 
chacune.  Sur  ce  noudtre.  Uielielieu  en  sendil  quarante-deux  à  Louis  Barhiei-, 
niaidv  d'hùlel  du  mi  et  intendant  ties  linances.  moyennant  io,5oo  livres  de 
rente  foncière,  par  contrat  «lu  17  mars  iG.'iG'.  i-l  s"eii  réserva  trois  pour 
servir  lie  portes  «l'entrée  au  janlin  :  une  sur  la  rue  Ui(  lielii  11.  parallMi  nicnl 
à  la  ^'rande  allée  ipii  croisait  le  parc:  ime  autre  du  ci'ité  «le  la  rue  Neuve- 
des-lVtits-Cliamps.  en  face  de  la  rue  \ivieii\  uii  était  rii<M<-l  Bautru:  la 
troisième  sur-  la  rui-  des  Biiii-<-l]iil.uits.  I,a  vulmite  du  iiiiiii-li>'  cl.iil  ipu-,  sur 
ces  i|uaraiile  ileuv  lots  de  leirain  vendus  îi  Barliier.  seraient  coiisti  uiles  (K'S 
maisiiiis  d'un  plan  luiifurnie.  «pii  encadi'ei.iieiil  le  parc  et  conli  iliueiaient 
pal'  leur  sMin'-trii-  ,'i  une  di''Ciiralii>ii  d  eii--i'nilil('.  Mais  ci-tte  c<indilii)M  ne 
fut  pas  respecti-e,  et  prestpie  toutes  les  lialiilalions  «pii  s't'U'vèrent  fureid 
dissendilahles,  ainsi  «pi'on  peut  s'en  rendre  compte  sur  le  plan  ilressi-  par 
Ln  Hois»ière  en  ti<~\).  Ijuelipies  anui'-es  plus  l;M<i.  le  'o  mai  iti'ii.  il  relira  à 
RnrhiiT  sept  «l«'  c«'s  lois  pour  y  aclievei-  de  consiruire  IIkMcI  Biclielieu,  et 
rétluisit  la  renie  «pu-  celui-ii  avait  ii  lui  servii-  îi  la  sonnue  de  S,>oS  livri-s 
G  S*»ls  et  H  deniers,  racliel.d)le  .ni  deiiiei-  «'i.  .lu  prim  ipal  de  «rio.ooo  livn>s. 
Ijouis  Barhiei'  av.iil  réuni  ii  celle  entreprise  des  maisons  eiilouianl  le  jai'diu 
i-flle  ilu  deplacemeiil  de  l'enceinte  de  la  ville  jnsipraux  Itoidevards  .icluel».  v 
compris  la  rcconsliiiclinn  de  la  |ioile  S.iiiit -Honore  el  ]■  l.ilili^-<  iniiil  lie  l:i 
porli*  Micheli«>u,  nouvellement  créée  à  l'evlremite  de  1.1  me  de  ce  nom.  1!  avait 
Han.H  doute  rachelt-  celle  concession,  car  i-'est  ii  mi  cei'l.-iin  C  ;li;u'les  {''rofier, 
!ict'n'*lain'  «le  la  i;|iaiid)ie  du  loi.  ipiille  a\ail  ele  accordie  par  lellics  paleiilis 
du  5.1  novendii-e  ili.'i.i.  (ielui-ci.  olili;;!-  d.dier  vile  en  l)eso;;ne.  devait  .ivoir 
|)our  prix  du  travail  à  faire,  outre  une  sonune  de  yjj.oon  livres,  les  matériaux 
rmlnnt  du  «léhinicmeni  des  remparts,  les  moulins  de  la  iiulle  "^.ilnl  llonoïc, 
ceux  «pii  elaienl  à  r«-n<iroit  où  se  trouve  .lujoind'lmi  l.i  place  des  \  icioires  et 
divers    autres    nvimlii^^es  >.    M.iis    les     propi  iel.iiit's    des     vi«'illes    hillisses    «pii 

I.  Ijt  temtB  il«  U  ('•raiiffp-llalpliprc  apparlniall  à  rarclip««'<|iir  dr  Citiuly.  !.«>»  Archlv»*»  ii.ilioii.ilci 
ton''' '         ■  '■  I  iirtciit  Mir  re  tliMu  liAlliiii'iil.  «if  m'tI**  «Jisi  .sVi/iirifrm. 

■'ilr  i|iic  ri'Ur  riir  ftil   IrriiiiiiiV  cl  n|i|M'|iV  nir   Vi«ii'linr. 
i  I  -ir  Ir  ri<«  /Hiiir  pornehrifnifiil  tif  la  clolurr  ri  ml/onrlion  à  la 

>^U*  ri,   \tonlnMrlTt  tl  la  I  «//<•  nruiv    l'art».   iG.tt,  bruchurt*  iii-i". 

Pierr  .t.    ,,   .  m..i><.    .  .m  i.,.^.ii.'t 


I.  V      rONSTUUCTION      Kl       !•  A  I.  A  I  S  -  C  MU)  I  N  A  L  'lO 

accruiliaii'iil  Icm-i  niiiics  braiil.inic-;  et  suididc-;  ■<iir  les  .iiicions  remparts 
lui  crôèri'iil  l;inl  dr  ililliciilh's,  qu'il  s'ciiiprcss.i  iiioli.iltlciuciil  '  de  passer  ses 
(Iriiils  à    Uiiihicr.    I,c  cii-diiial,   (ii     le  ci  miprciid.    ;i\ail    liiiii    ;i   assainir    le    plus 


■l'iRr".:*»* 


y. 

iî  îî^  ',  ■  n  I! 

il    n    n    ti     «     ^1     M  lijn.^iy,     ■*     «      !{ Ur   'î    '!    S    !!    B^     T»     "i    'l 


VLE    l-EBSI'ECÏIVE    DL    l' ILAIS  ■  CVHUISAL   ET    DU    QU  IKÏIEll    S\I\T  -  IlONOllÉ    EX     lC)-;<) 

(D'après  l'estampe  de  L.1  Boissiùre) 

(A  gauche,  au    premier  plan,  on   voîï   deux    maisons   particulières   (anciennes   maisons  de  VOiin  et  du  ClMparu-R^iigt), 

puis,  au    deuxième  plan,  le  bâtiment  qui  devait    faire   partie   de  l'hôtel  de  Richelieu   (qu'on    ne  construisit  pas),  où  le  cardinal  installa 

sa  bibliothèque,  et  qui  fut  désigné  pendant  quelque  temps  sous  le  nom  de  palais  Brion). 

promptcmcnt  possible  les  alentours  de  son  palais,  et  il  avait  demandé  «que 
le  marehé  aux  chevaux  et  aultres  bestiaux»,  qui  se  tenait  près  de  la  porte 
Sain! -Ibirioit'.  fùl  «transféré  en  lii'U  moins  ineoinniode  aliii  de  iaisscr  cet 
endroit  libre  pour  y  bastii'  et,  ]y,\v  ee  nioven,  décorer  et  eiiilicllir  l.i  \  ille  » '. 
Ce  fut  également  le  niolil'  poiii-  le(|iicl  il  \oidut  faire  comblci'  .111  plus  \ileles 
fossés  qui,  de  la  galerie  du  l,iiii\i\'  à  la  porte  Saint-Denis,  t'Iaicnl  de  \(''rilablcs 
foyers  d'infection,  tant  les  eaux  (jiii  y  cronpissaieid  depuis  des  .uuiées  recelaient 
d'immondices.    Ainsi,    le  Palais-diudiiiid   dclcrniiiia   rai^riindissenieui   de   Paris 


I.  Aucune  piiVc  d'archivé  ne  nous  domic  do  délaiU  à  cesiijc(,  (r.iillours  sans  iniporlance. 
a.   Letlics  patentes  du  u3  novembre   iCt'i'i. 


|ti 


I.K     PALAIS-IinYAl. 


tlii    r<Mi'   lie    r()iii-»il   i-l    (hi    imnl,  à    mie-  <'|t<Miiu'    uù    la    (|iu'sli()ii    olail    ciirorc 
iiuvilaiiif  s'il  iit-  N'ôli-mlrail  [tas  pliilùt  à  l\'>[.  Cf  fui  <'\  idiiimiciil  un  liiiii. 

l*(tiir  i-ii  irMiiir  à  Louis  Itailiii-r.  on  piiil  ilin'  i|iiil  tic  lui  \k\->  un  ciihv- 
|jiviii-iir  luiiiviiv.  11  iii'  ita>a  pas  Kidu-lii'ii,  (jui  lui  axait  xciidii.  coiiiiik'  il 
a  •'■U-  «lit  plus  haut,  K-s  placfs  ili-s  maisons  à  li.'ilir  autour  du  palais,  t-t 
mourut  fil  iti'ii  in-oKalil<-.  >a  liaiMui  dallains  avci-  le  niiiiishv  lui  valut  do 
\inli-nlt'S   épigrammis  di-  la   part  d<s  L-uuemis  du  raiiliual  : 

Saclio  ijuc  son  nom  fui  Barbier, 
Ikinl  railresse  cl  la  siillisincc 
Furent,  en  son  glorieux  métier, 
Do  lircr  le  sang  de  la  France. 

(hilir  lis  s,|,(  |(i|s  ipii'  lUi  liflifii  ;.Mid.i,  <onimc  nous  l'axons  vu.  -ur  les 
(|uaraiilf-riiii|  places  du  poiutour  df  soii  parc,  il  si'  ri'scix.i  i-urori'  trois 
maisons  p.'uiui  rcllfs  ipi'il  axait  :i<-lii-t(''fs  pour  la  ronstiuition  du  p.ilais  et 
ipi'il  n  iiil  pas  iM-siiiii  de  lain-  ■iliallri-  :  c'il.iii  iit  la  iiiiii.'utti  <l<-  /Ou/s,  rue 
Saint -llouon-,  Vluilfl  tles  Mitiisi/neliiirfs  et  la  nai/su/i  (/fs  litttis-hnj'unts.  «ts 
d«'U\  di-rnièrt-s  dans  la  rue  ilc  (<•  nom.  l'.llis  l'urcnl  lom-i-s  \\  des  particuliers 
et  produisirent  un  ii-xenu  annuel  de  (l,,')!'!   lixres. 

I>e  l'alais-(  lardinal,  complètement  ti-rminé  eu  iG.°{i|,  était  li.iiiile  de|inis 
plusieurs  anntVs.  et  iM-aiicoup  de  personnes  allaclu'-es  à  la  lu.iisoii  du  ministre 
\  r-laieiil  lop'-es.  (iomiiiiiil  lUrlnliiu  ,ix,iil  il  dispose  |,'^  .ipparlemiMils.' (  )nels 
iirlisifs  furent  emplox«'-s  ii  leur  di'cor.ilioii  !'  Di-  ipielle  l'ac-on  x  xicnl-ii.  au 
milieu  des  ;iiiirulilemenls  somplueiiv  et  des  olijels  (r,'irl  ipili  x  accniiiula  .'' 
Xoih'i  ce  ipir  lions  iilloiis  mainlenaiil  essaxer  di-  dinièlei  patmi  les  ilucuiiii-nls 
liop  rares  .iri.K  lus  ii  l,i  poiissirii-  des  archixes  i-l  qui  se  i.illaclienl  ;i  notre 
sujet. 


!.(<    «KMKI   Dl     i:tllDI!>4t   M    MICIKLICH 


CHAPITRE   II 


RICHELIEU   DANS   SON   PALMS 


La  fortune  du  cardinal  :  ses  revenus  annuels. —  Dépenses  pour  la  décoration  dc^  son  l'alais. —  Description  des 
appartements  :  la  galerie  des  objets  d'art.  —  La  galerie  des  Hommes  illustres.  —  Appartements  du  roi  et  de 
la  reine.  —  La  bibliothèque.  —  Les  collections  de  sculptures  et  de  peintures.  —  Richelieu,  protecteur  des 
arts  :  ses  commandes  aux  artistes,  ses  portraits,  son  buste,  se~  médailles  par  Jean  VVarin,  sa  statue  commandée 
an  Bernin.  —  La  petite  et  la  grande  salle  de  spectacle.  Représentations  du  Ciil,  de  Mirante,  etc.  —  Le  train 
de  maison  de  Richelieu  :  gages  de  ses  «olTiciers  ».  —  Ses  dépenses  pour  la  table,  les  costumes,  les  cadeaux, 
le  prix  de  ses  soutanes,  de  sa  litière,  etc.  —  La  duchesse  d'Aiguillon,  directrice  de  la  maison  de  Richelieu. 
—  La  mort  du  cardinal. 


lA.ND  on  calcule  les  énormes  dépenses  de  lAichelieu  pour 
son  Pillais-Cardinal,  qu'on  y  ajoute  les  sommes  l'abu- 
Icuses  qu'il  eiit;loulit  dans  ses  autres  coiislruclioiis.  îi 
Kiicil,  au  cliàlcaii  de  i^icliclicii.  à  la  Soiixiiuie.  el  ([u'on 
songe,  en  outre,  au  budget  (jui  lui  était  nécessaire  pour 
faire  face  à  son  train  de  vie  ([uasi  royal,  à  ses  acquisi- 
tions d'ohjcis  darl  cl  de  l(Mres,  aux  [jeiisioiis  (juil  servait  îi  (luautili'  de  pro- 
tégés, ou  à  ce  (pxil  donnait  si  généreusement  aux  membres  de  sa  famille, 
on  se  demande  comment  il  pou\ait  suilire  à  tant  de  prodigalités  et  où  il 
Iroinail  rargenl  puiir-  iiiic  profusion  si  niagiiirKpie.  L'étomiemeiil  augmente 
lorsipi'on  compare  la  situation  linancière  du  premier  minisire,  à  dix  ans 
d'intervalle,  son  l'tat  de  gène,  par  exemple,  en  itiiy,  alors  c(n'il  était  sans 
ressouices  "a  A\ignon,  el  le  l'a^l^■  (|ii"il  (i('|)lo\a  à  [larlir  de  Hi.'io.  Il  i-sl  vrai  ipie. 


^8  LE     P\LVlS-nOVAL 

pour  mener  ^raïul  train  (cest  bien  là  un  trait  de  st^n  carailèro).  nous  le 
voyons  encore  à  cette  époque,  en  i6ji).  emprunter  sur  ga-.a's  i^'i.yoo  livres 
il  un  certain  Jean  tie  Clioisy.  à  (jui  il  liomia  en  jrarantie  des  bagues  et  des 
pierreries.  Les  papiers  tie  son  secrétaire  et  intendant  général  Le  Masle  nous 
montrent  tpi'il  rendit  cette  sonnne  deux  ans  après,  le  I3  lé\rier  iG3i,  court 
délai  ipii  indique  son  rapide  changement  de  fortune'.  Hicbeiieu  cependant 
était  intègre,  et  il  ne  send)le  pas  avoir  jamais  détourné  à  son  profil  les  fonds 
de  l'Ktat.  Dans  >es  Mèitmirts,  il  alVirme  n'avoir  pas  même  re<;u  de  Louis  XllI 
une  si'ule  fois  la  réconq>ense  monna\ée  de  ses  serxices.  «  On  n'en  trou\erait 
pas,  n  dit-il,  "  la  moindre  trace  à  la  Oliambre  des  comptes';  »  et  M.  le  xicomlc 
il'Xvenel.  ipii  a  verilié  cette  allirmation,  la  reconnaît  exacte-',  (lonnnenl,  dans 
ce  cas,  le  canlinal  pul-il  acqnéiir  en  si  peu  de  tenq)S  tlaussi  colosi^ales 
richesses.'  Sa  grande  ressource  lurent  les  bénéfices  ecclésiastiques  (pi'il  se  fit 
attribuer,  priein'és,  doyemiés,  abba\es,  dont  il  ne  i-enqilissait  pas  U-s  lonclions, 
mai»  dont  il  touchait  les  rexenns,  si  bien  qiu'  le^  ^^,(^00  li\res  de  n-nles 
|)ossé«lt'os  par  Uichelien  en  i(i>'i  étaient,  en  id'in,  dexenues  ."ioo.ooo  li\res. 
(/est  un  joli  chillre,  et  ,i\ei-  ce  budget  ainniei  le  cardinal  eut  de  (pioi  se 
permettre  bien  des  folies.  Il  s'en  piixa  si  |)eu  (car  il  n'eut  pas,  comme  Mazaiin, 
l'amour  de  l'argent  pour  l'argenl,  il  ^\^■  |ilii>  il  l'Iait  généieux)  (jne  la  plus 
grosse  partie  de  sa  foitmii'  s'c-xaiioiiit  .imc  lui.  el  que  ses  héritiers  eurent 
les  plus  grandes  ilillicullis,  counne  nnn-  le  m  iiuns,  ;i  régler  sa  succession. 

f.e  budget  de  ôoo.ooo  livres  d(jnl  disposait  annuellement  Uichelien,  nous 
ponxons  l't'-tablir  d'une  façon  pii'-cise  giàce  ;i  un  docninent  conseivt'  à  la 
Hibliothèqni'  nation.ile.  M.  (i.  «1  VvcikI.  (|iii.  dan^  m'><  Ihmux  Iraxanx  siu' 
le  cardinal,  a  Iraiti-  s|ii'M-ialenienl  celle  (pieslinn,  cuncliil  qiir  le  budget 
perMinnel  du  preniii-r  miiiislre  l'-lail  d'  lioi^  iMillions  de  liMes  |i;ii  an.  «  (pii 
correspondent,  ..  ajuule-l -il,  ..  ii  dix  liiiil  iiiilli'ui-.  di-  IVaric-  aiijiMirci'liiii.  —  la 
Unie  cixile  d'un  grand  souxerain '.  »  (/est  là,  cerlainemenl.  une  rx.i^ji'iation. 
!.!•  docmneni  dont  nous  parlons'  fournil  l'ét.il  presque  CMinpI.I  du  rexenu 
lin  cardinal  pour  fannee  \[\\-x, —  i"  biens  personnels:  ■>:  domaines  veii.uil 
du  mi;  .1  iN-m'Iices  ecclésiasti{pi(>s,  —  el  ddiirn-  un  lulal  lir  "iS'i.iiyy  livres 
s«'  décomposant  ainsi  : 

I  \\\y.>»  VV.nMt\r\v.iA  :  Ihtrht'  ili-  /fiV/ir/tVd  (coinpreiiaiil  faxe  la  \  irieii<r.  I.e  Chillun. 
(Ihâlrou  NtMif,  CosHon  c-l  Ik-aurcf^ard.  Hessux,  Ci/ejjeau,  file  Koucliard.  le  cunilé 
t\f    la    (;ha|H-llc   ik-iionK,    Suiixer,    l'runuMX    l'I    le    Mai^inol,    (;iiaMq>iKHx.    {:u>sax, 

I  Vrrlilu-*  ilu  iiiitalru  ili-  ItU  hrllrii.  Ktuili- ili-  M    Uu.iiit 

1.  Itii  iitURt.  Vrmo&c».  I     I",  |i.   iNii. 

^.  VUmiilr  ii'\tK«Ki.,  lUchrliru  el  lu  monarchie  abudue,  I.  I".  p.   îi.s-îii. 

\  Vliiiinlr  ti'V«K«tL.   IIM 

j.  Illbikiiliniii.'   imIIoimIi'.    MM,    If   3^,',^. 


HICnri.lKL      DANS      SON      l'VI.VIS 


19 

Cravaiil  cl  I5alls^^a^  ).  anV'iiiU'  à  (li\ers,  38,ooo  livres;  —  Duché  de  Fronsac  (comprcHant 
Fronsae  cl  (loulras,  licauforl,  le  Hanail  du  bec  de  Fronsac,  etc.),  29,700  livres;  — 
J{ueU  (aflermé  aux  sieurs  Hurot  et  l'ouvre),  9,3oo  livres;  —  Baronnie  de  la  Ferlé- 
Bernard,  iS.ooo  livres; — Terres  en  Sainlonge  (comprenant  la  principauté  de 
Mortafïiie.  le  comté  de  Cosnac.  les  baronnies  de  Barbc/.ieux,  de  Coches,  de  Saint 
Anson),  '|0,3oo  livres. 

a"  IIkntfs  kt  uomainks  siu  1,1:  noi  :  Ucntes  sur  les  /|0o,ooo  livres  des  cinq  grosses 
formes   coiislituées    an    caKliiial    eu    i(13(i.    (i.i.dCu    livres  ;-- domaine    de   Pontoise, 


.i  \ 


*"  f  f  f  f 


-ik    <ff  X'  st-  ^   'M^itf 


al  À  r.uiuatintc.  —  Biblloth^qu 


aie,  Collection  Destjillciirs) 


12,000  livres;  —  le  Tablier  de  La  Uochello,  ■10,000  livres;  —  places  pour  bâtir  des 
maisons  autour  du  Palais-Cardinal,  8,208  1.  (i  s.  8  d. 

3"  Bénéfices  ecclésiastiques  :  Redon,  8,000  livres;  —  Saint  Pierre  de  (^liàlons, 
i3,ooo  livres;  —  Item,  11,000  livres;  —  Saint  Riquior,  S.oiin  li\res;  —  Chevin- 
court,  2,000  livres;  —  La  \  aulchy,  18,000  livres; — Saint-Lucien-dc-Beauvais, 
25,000  livres;  —  La  Chaise-Dieu,  i5,ooo  livres;  —  Armoustier,  i3,ooo  livres;  — 
Cluny,  33,5oo  livres;  —  Gevray,  12,000  livres;  —  le  Prieuré  d'Aunav,  3, 800  livres; 
—  les  terres  de  Mazebuy  et  Saint-Ilippolyte,  7G0  livres; — le  grerte  tle  (Miiny, 
(ioo  livres; — Coussay,  2,100  livres;  —  Signy,  20,000  livres; — Saint-Marlin  des- 
Cliamps,  33,000  livres;  —  le  greffe  de  Saint-Martin-des-Champs,  3, 000  livres;  — 
Cîteaux,  38, 000  livres; —  le  Clos  de  Bogan,  18,000  livres;  —  le  Haras  de  Cîteaux, 
3,000  livres; —  Chezal-Benoit,  3o,ooo  livres;  —  Prémontré,  18,000  livres;  —  Saint- 
Ariioul-de-Metz,  (i.ooo  livres;  —  Saint  Maixanl,  12,000  livres;  —  la  portion  des 
deniers  payables  sur  les  blancs-seings  de  Son  Imminence,  20,000  livres.  —  Total: 
584,977  livres. 

T.     I       lE    PAIAIS-nOTAI..  7 


5o  ir    PM,  \is-ni>Y\i. 

Sur  ce  rhilTio,  il  faut  il.'-iliiiii-  mio  siMiiiiii'  de  83.970  livres  ronsliliiant 
rcrlaiiios  cliar^'i-s  di^s  l)t'm''rR»'s,  lolU-s  (|uo  |)cnsi<ms.  fiiln-lioiis  ilos  moines 
de  Cîteaii\  el  aiili«'<,  n'itai  alions  îles  i'fniies  et  al>l)aM<.  l'ie.  Restait  un 
revenu  net  de  ôoa.joo  li\res  au  eardiiial  de  Kielulieu.  Il  tant  ajouter  que  le 
document  dont  nous  extrayons  ees  «létails  ne  mentioiuie  pas  les  revenus 
provenant  des  <:ouvernemenls  di-  Hretajrni'  cl  «lu  llavie,  ses  appointements 
de  premier  ministre  (00, 000  livres  par  an),  ses  droits  damirauté  (3o,ooo  livres 
par  an),  les  droits  sur  les  sels  de  Hrouage  (allermés  8'i,ooo  livres),  les 
rexeims  des  pralères,  ete.,  ce  tpii  pouvait  bien  porter  !i  près  de  i,5oo,()(iii  li\ ns 
les  revenus  annuels  »lu  cardinal.  C'est  la  nmitié  tlii  chiffre  donné  par  M.  le 
\icomte  d'AM-ncl.  Ce  n'en  était  pas  moins  une  foilune  immense,  olVranl  le 
iNpc  d<'  la  <itii;ili>iii  il  laiiucllr  poiisait  parvenir  alors  un  -impie  pailiciilifr 
par  la  fa\eur  royali',  mai><  mu'  lorlmii-  ('•pliénit-ri'  et  iir-pendanlc.  puisipiClie 
s'éteijfiiait  avec  celui  ipii  en  était  rohjrt'.  Kncoiv  une  j'ois.  lUclicliiii  n'était 
pas  économe,  l.or-ipi'il  niomiil  et  ipie  >a  nièce  eiilexa  du  l'alais-(  laidiiial 
ji's  meubles  qui  lui  appaitenaient.  la  reine  Anne  d'-Vutriclie  lit  épit-r  par  sa 
police  les  voilm-es  (pii  opt'-rèient  le  déména^'emenl  ;  on  croyait  que  «les  sacs 
rempli-  d'or  se  trouxaient  cachés  là.  En  réalité,  les  comptes  de  la  succession 
furent  des  plus  laliorieuv.  Le  caidinal  laissa  :>..7}CA\.-'>'i  livres  de  (iciles.  Poui" 
les  payer,  il  fallut  \enilie  une  partie  de  ses  meuliles.  Son  nexcii.  le  A\u-  de 
Hichelieu.  dut  N  emplo\ei-  aii--i  pcmlaiil  trois  ans  le  tiers  du  icxcnu  des 
biens  en  fonds  de  terre  fni  ."lulics  (l>«iil  il  lii'iiia.  i-r  ipii  (ioiiiia  S(i>, 'i.'f'^  livres. 
On  pa>a  le  reste  comme  on  put',  ci  ce  ne  lui  pa-  l'acilc.  car  le  iroiivciiic- 
nient  roNal  en  usa  d  l'ti'an;.'!'  soi-|e  avec  les  dciiicis  du  cardinal.  (  )n  en  pciil 
jii^'i-r  par  ce  fait  (pie  non  seulement  on  ne  remboursa  pas  ii  ses  hiriliers  ce 
ipii  l'-tait  dû  au  minisli'c,  comme  les  |)('i.ooo  livi°es  de  ses  appointements 
din.inl  l'aimi'e  lO'i'.  et  rar;.'eiit  avanci'  par  lui  an  Trésor, —  110.000  livres 
;iu\  l'ilats  de  Hollande,  'i.'-'. ''•"'•>  livres  pour  la  marine.  1(17.1 '|i  livres  pour 
les  fortiiîc.'itions  de  nron.'i;.'e:  total,  y.'Jo.Ki  i  livre-,  -  mais  ciicoïc  cpie  l'on 
mil  la  main  sans  scrupule  sur  une  somme  de  i ,  17 '1.000  livres  ipil  lui  Imiivi'e 
nu  Havre  de  Cràce.  011  Hichelieti  l'axait  di-posée  par  pii'vovam  e.  Snus  pré- 
texte   que   Cil    ar;.'enl    était    «  nécessaire   aux    besoin-    du    lovanme  «.    Ma/arin 

I.  (î.  ^'.^vr»r(.,  HirlirlUii  ri  lit  mminrcliif  nlnuliir.  l.   I",  p.   'm. 

ï.   hatit  VliK-rnliiirr  ii|iri-«  il«-<<-4  di- l.i- M.i^lc,  prlriir  il<-i   ll.xli.-»,  en   ifilVi  fi  voliiino^  mnnn<;crlt<i, 

\rrhl«n  •!<•  rv^Ulniu.-  |»ililii| il  i-,|  clil  <p M.irliuni'  la  (IihIii-shc  irK»uiiilli>ii.  ry^lcxanl  liilrico  cl 

oiliiiliiMralrUr  ili-  \a  imtviiu l  ili-..  Iiicii«  du  «lue  ili-   Kirlicllrii.   11  cnipliiyo  i-ii    (Irspi'uci's   plus  di- 

M.».,.»..  |l«ri-<  i|u>lli>  dit  n»((lr  \ta\n'*  11  Inripill  di-  In  <iuni-v.iiin  duilirt  di-ITuiK  I  Ml;>iiiur  cjiiclinal. 
À  dlurr»  |Mrllriilirr«  ri  riilr'nuinxi  n  di-»  ninricr»  i-l  •■iilrrpri'iii'tm  <pii  nul  h.iMiilli-  iinv  lia>liuii>uts 
diidii  I  drlTuiMl  »iriir  mrdiihd  dont  lit  (piillniiri»  i-l  pi.ir^  jiKlilli  jilUcs  du  roiilinlrc  diiiliuMit  cstii" 
r«   111.1I1K   dndii  I    di-lTiliii  1   «ii'ur  ili-»   l|iirlii-i  i)U  *>ilH  Mi-Wi-^  ■•. 

«>  d<K-uiiirnl  proiiwT.ill  ipir  U\  Trait  «If  coiulrurlioii  du  l'idiii»  Canlinil  l'I  lii-iil  Inju  ilavdir 
^1^  «oliln  il  la  iiiori  dr  lll<  lii-llni. 


UIIII  Kl.IKL      IIVNS     Sun      !■  \  1.  \  is  5l 

11'    pril    m    allc^iianl    i|iiil    sorail    iviidii    plus    laid.    Il     no    l'ut,    scuihle- l-il, 
jamais    icslltiii''. 

Ces  dclails  sur  la  l'uiiuuç  (k-  Kicliclii'u,  cii  inuiiliaul  les  ressources  dont 
disposait  le  puissant  niinislic,  ^()nt  nous  permettre  (!<•  nous  inieu.v  rendre 
ciiniplc  (les  dépenses  cpiii  put  l'aire  au  l'alais-(  Cardinal  et  des  eimditiuns  de 
son  train  de  maison.  Mais  dahord  pénétrons  dans  l'intérieur  de  la  demeure 
el  vojons  eonimenl  étaient  disposés  les  appartements.  Sur  ce  point,  les 
rcnsei^^nenUMils  ont  tonjonis  été  insnili-^anls.  Parmi  les  descriptions  des 
contemporains,  il  ii  m  es!  aucune  oii  soient  di'peintes  les  elKUuhres  réservées 
à  la  \ic  intime  du  cardinal,  a\ec  le  souci  d'en  reslitui'r.  pcjur  ainsi  dire,  la 
pliNsioiiomie  morale  en  même  teni[)s  (pie  le  crili'  pillonxpie.  l'oint  de  ces 
lalileaux  comme  nous  les  aimons  tant  anjourdlmi  et  où  s'animent  si  bien,  dans 
le  cadre  de  leur  existence  familic-re,  les  maftres  d'un  lo^is.  Pour  (pii  ce|)endant 
[)lns  (pie  pour  Kichelieu  \oii(lrail -on  pou\oir  tenter  une  |)areille  é\ocation!' 
.\est-ce  point  surtout  pour  les  liommes  de  celle  trempe,  cpii  (xxupenl  dans 
riiistoirc  une  place  si  grande,  qu'il  est  inléressant  de  rechercher  si  les  lieux 
(piils  ont  habités,  les  uuu'ailles  qu'ils  ont  touchées,  les  meubles  dont  ils 
se  sont  servis,  les  menus  objets  (pie  leurs  mains  ont  caressés,  ne  |)euvent 
d'aventure  rien  trahir  de  réiii;.:ine  de  leiii  âme?  (lonmient  se  fait-il  cpie  de 
tous  les  personnages  (pii  du  \i\anl  du  ministre  Iréquenlèrent  le  Palais- 
Cardinal,  il  ne  s'en  soit  pas  nnconlre  un  seul  |)onr  nous  le  dépeindre  dans 
son  logis,  avec  les  meubles  (juil  pi(  l'eiail,  au  milieu  des  tableaux  ou  des 
statues  dont  il  s'entourait,  nous  indi(|uanl  sur  les  habitudes  du  grand 
homme  telle  particularité  qu'il  serait  utile  de  connaître;'  Aucun  mémorialiste 
de  cette  époque,  pas  même  les  écrivains  de  son  entourage  immédiat,  pas 
même  son  favori  Boisrobert,  n'ont  pensé  que  de  tels  détails  intéresseraient 
la  postérité.  .Nous  ne  savons  pas  au  juste  dans  (pielle  piice  dn  Palais-Cardinal 
le  ministre  travaillait,  où  il  mangeait,  où  il  lecevail:  ni  si  sa  ni(''ce,  la  duchesse 
d'Aiguillon,  a\ait  un  appai-tement  dans  cette  maison  (piClle  diiigeail.  ni  où 
se  tenaient  ses  secrétaires.  Sans  Vln\ciil(ii/e,  encore  inéilil,  dressé  après  le 
décès  du  cardinal-duc,  nous  ignorerions  C(jimneiil  étaient  meublés  exactement 
ses  appartements  privés,  sa  chambre  à  coucher,  ses  cabinets  (pour  nous 
servir  de  l'expression  (pi'on  employait  an  xmi'  si((le),  et  où  étaient  placées 
ses  collections  de  tableaux.  —  il  en  a\ail  pivs  de  deux  cent  cin(|uante,  —  ainsi 
(JUC    ses    nombreuses    sculptures   oiii.inl    loiiles   les    parties    liii    palais.    Il    \    en 

I.  Mûinoircs  (lu  pioir»  iiili'iiti^' iiii  xviii"  sin-lo  par  lo  iiiairrliiil  ilc  Kichelicd  ini\  piopiit-luircs  dt-s 
niiii.soiis  (lu  l'iiliiis-ltc)>ai.  Les  pii-ci-s  de  pi-orédiire  de  l'C  pnxrs  iiu-iiioralilo,  (pii  no  dura  pas  moins 
de  \iiigl  ans  cl  ne  Tiil  jn^'t'  ([d'en  i7Ô.">,  son!  pleines  de  reiisei;,'iienienls  eiirienv  s(n-  la  siiccessiDn 
du  i-ardinal  el  sur  les  CDinptes  de  liilelle  de  la  «Uieliesse  d' Vi^iiilloii.  Voyez  pins  loin,  eliapilre  III. 
pni^Os   I  2o-  lar. 


5a  11.      PAI.  M  s- HOYAL 

avait  dans  une  poliU-  salli-  l)a>se  qiiOii  trouvait  à  gaucho  on  outrant,  «  sous 
la  chaïuhro  ol  rabini-t  do  Son  riniiiioiice.  »  Il  v  on  avait  dans  «  l'appartonionl 
voit  »  ol  jii>(|u<-  tlans  los  doux  gardo-nieuhles  où  l'Iaiciil  nl('-^nôs  los  objets 
sans  oinpioi. 

Pour  ne  point  nous  pordro  dans  lo  dédale  des  iiinoinhralilos  jiiècos  ol 
galeries  du  palais,  rappolons-on  d'abord  soniinaironioiil  la  lopograi)liii'  ol  no 
nous  arrêtons  (|u'au\  parties  principales.  En  nionlanl  par  lo  grand  escalier  qui 
se  trouvait,  connue  il  a  été  dit.  dans  Tangle  i\*y  la  den.viènie  cour,  ;i  dioile,  on 
tiouNait,  an  picniior  étage,  les  pclils  apparlenient-  (!<■  KiclielifU,  comprenant 
tout  un  côté  du  corps  do  logis  central,  ainsi  (pie  la  pailir  qui  séjiarait  los 
douv  longues  galeries  de  l'aile  gauche;  on  l'ranchissait  d'aljurd  iiiio  salle  de 
ivception  loulr  Itiidur  de  iapisscries  admirables,  ornée  de  statues  de  mariire 
antiques,  et,  après  axoir  traversé  deu\  pièces,  dont  l'iiiif  ('luit  culièicment 
décoix'o  do  blanc,  on  arri\ait  ;i  la  cliand>re  du  cardinal,  l;u|nilli'  ii Clait  ni 
grande  ni  >onq)lnfn>.c.  Iciiclnc  de  lapisseries  ;i  \ordures  et  oriu'e  dune  grande 
cheminée  a\ec  niédaillcjii  ii  la  nioile  du  tenqis.  Nous  savons,  |)ar  les  |)apiors 
(II-  Le  Ma^lo  (pie  la  décoration  de  celle  cband)re,  due  au  peiiilre  Nicolas 
I)iirlir*ni-.  (iinqjreniiil  im  plafond  Mqierbc,  -.wvf  mi'daillons  représrnlant  des 
jfiiv  d'enfants  au  milieu  de  cartouches  ii   fonds  d'or  cl  d'azur. 

Tout  auprès  se  Irouvaient  ic  la  chand)re  du  bain  o  el  la  «liapelle.  Ces 
nppailemenK  occiqi;iiiMil  riiilci\allc  des  deux  longur^  gali'tic--  ([iil  CdM-li- 
tuaii-nl  l'aile  gauche  du  palais  d  ipii  ('laienl  de  \(''iital>li'«;  miiis('ts  :  la  première 
régnait  le  long  de  l'aNanl-conr  cl  abonti-isiiil  à  la  rue  S.iiiil-lloaoré:  la  seconde, 
désignée  sous  Ir  iidmi  de  (iulrrif  dis  Ilunuiiis  ilhtslrcs.  allai!  jii^iin'aii  jardin. 
Li's  entresols,  >ilués  au-dessous,  étaicnl  habités  par  les  <(  oiliciers  »  de  la 
maison  du  cardinal.  OuanI  à  l'aile  droilc  i\\\  palais,  elle  était  foiiiK'e  également 
par  dou.x  corps  do  bàtiniriits  :  celui  de  raxanl -cour  é'Iait  la  grande  salle  de 
s|M'ctaclc.  celui  de  la  deiiviènie  coiir.  Iivs  sp.ieieMx.  mm  \ail  à  (li\eis  logements 
el  l'tait  occupé  à  son  evtrt-mih',  du  (ôh'-  du  jardin,  pai  la  |ielile  salle  de 
conn'-die  inanginée  eu    i(i.'{."i.   eomme  nous  l.iNdtis  mi   pié'e(''(|eiiiiiieut. 


(iM.I'lUi:    |)I>    Itll.ll'T^    |)'\in" 

Ke\enon-  mainleuaMl  din^  li-^  deux  ;.'alcriex  de  l'aile  ^r.niehe  :  c'est,  avec 
la  grande  si||r  i|c  specl.-icle,  hi  seule  partie  du  jialai^  (|ui,  du  \i\aul  de 
lUchclieu,  sendtle  ,i\oir  ('-lé-  (|Ue|qui-  peu  eciuuue  ilu  |iul>li(  .  Le  eaidiiial  mil 
tous  M»»  wjins  à  le>  i  lubellii  .  (,.||.-  .1,-  l'av.uil  i  .au  élail  ■■  la  plu>  riejie  el  la 
mieux    enlendiie    de    l'ari-  ".    dit     Sauvai,    (|ui     ne    la    vit     po  irlaiil    qu'il     mu- 


IU(    III   l.lll       |)\S- 


53 


t''IMH|iit'  ()(i,  (K'puuilléc  (li'îi  olijcls  d'art  (Imil  cil.'  axait  «'li-  oiin'-c,  elle  ii'olîrail 
plus  son  liiillaiit  aspect.  Lo  mriiic  l'crivaiii  (li'tlaïc  ([iic  (■('•tail  ci-  (|ii('  Richelieu 
<,'OÙtail  le  |)liis  dans  son  palais,  cl  ajdiilc  (pic,  si  la  iiKJit  ne  Tavail  point  si 
proniptenicnt   enlevé,    il    se    résersait    d'y    entasser    tons    les    chefs- (l'œuvre 


£MJ.\'ENTIS.<IS\^^     .,...,v.., 

CARDIN  ALI    DVCl     D¥.    R1CHÏAAM.V 


DECORATION    DE    LA    GAI-EniE    DE!^    OIIJETS    D  ART    AL    PALAIS  •  CAIIDINAL 

(Composition   de   Philippe   de   Clumpaigne,    gravée    par    Michel   Lasnc) 

(Bibliothèque  nationale.  Cabinet  des  Estampes,  C,  c.  j  t.  a.  p.  74) 


aiiticpios    (<  cpie   son    pouvoir   on    sa   curiosité  lui   eiisst'iil    pu    iduniir».    ^()ici, 
an   surplus,   la   (li'^^ciijiliiiii   (pTII   vi\   iloniic  : 

Mlle  ('toit  rdurdiiiiic  il'iiiic  \(iùti'  à  tond  d'or,  |)cinti'  en  in(i>aï(|ii('  cl  riitouréc 
(le  bustes  de  niaiiirc,  t\v  l;iiid)iis  et  de  |ui\sa;^cs,  Iciiuiiu's  par  mir  anlnlravc.  une 
IVisç  et  une  c(niiiclK'  (|iii  rt'gnoiciil  tout  autour.  La  plupart  de  co  |)a\sajj:c.s  a\ oient 
('t('  peints  en  Italie  par  d'eveelleiits  ouvriers:  tous,  à  la  \('ril('.  n'i'toienl  jias  d'une 
('jçale  force:  j'\  en  ai  \ii  |)oiiilaiit  (piel(pies-uiis  (pii  iin'ritoii-iil  l)ieii  d'èlri'  eoii-idt-rés 
atlciiliNCineut  et  ipii  |)ii'^enlemenl  sont  ou  caelu's  ou  d('eliiré>;  iiiai^  cflle  liellc 
frise  marine  (pie  liernard  '  a\oil  l'aile  de  hlaiu^  et  de  noir  sur  le  iiiaiileau  de  la 
clieuiin(''e,  ut  ([ui  a  ti'onipé  t(ju»  ceu\  (pu  l'ont  coiilempK'e.  celte  Irise,  dis-je, 
subsiste  toujours  et  trompe  encore  tous  ceux  (jui  la  regardent  :  il  n'y  a  ([ui  que  ce 
soit  il  «pii  de  près  aussi  bien  rpie  de  loin  elle  ne  paraisse   de   relief,    et    eidiii   tpn 

I.  (JtU'l  est  ce  Bernard!'  Ndiis  ne  ((iiiiiiiissoiis  ili-  l'i''|)(i<iii<'  de  Iticlicllcii  tiu'iiii  seul  iiciiilii'  de  ce 
nom,  Samuel  Uernard,  père  du  trlébre  llnancier,  et  (|ul  lui  nieiid)re  de  l'Vcaili'inie  de  |K'iu(urc. 
Mais  il  e:>l  né  en  lOi.').  il  eut  t'te'  bien  jeiine  au  nionieiit  un  le  eardinal  l'aisiil  tléeurer  M)n  iialuis. 


O'i  I.E      PALAIS-BO\AL 

n'avoue  que  cette  copie  vaut  bien  l'original  qu'on  voit  à  Fontainel)leau.  Mais  lu 
plus  >u|R'ri)e  partie  de  ce  beau  lieu  éloil  la  voùle  peinte  et  conduite  par  Cbanipaigne  : 
des  blancs  et  noirs,  des  tableaux,  des  rostres  imités  de  l'antique,  et  îles  cliilTres 
du  cardinal  de  Hicbelieu,  environnés  de  lauriers,  étoient  répandus  dans  celte  voûte 
sur  un  grand  fond  d'or  feint  en  niosaùiue.  avec  autant  d'ordre  que  d'esprit,  et 
toinposoient  ensemble  comme  une  sorte  de  panégyrique  à  l'honneur  du  maître  de 
la  maison.  Il  n'y  eut  rien  dans  cette  voûte  de  la  main  de  Champaignc  que  les 
tableaux  :  tout  le  reste  fut  exécuté  par  d'autres.  Chacun  trouva  l'ordonnance 
entière  bien  concertée,  et  les  tableaux  plurent  à  tout  le  monde,  surtout  au  cardinal; 
car  on  tient  <pi'il  pi'ciiait  plaisir  queUiucfois  de  faire  réciter  à  Champaignc  l'histoire 
de  sa  \  ie  «pie  ce  peintre  a\oit  re[)ivsenlée  dans  la  \oùte  d'un  bout  à  l'anti'c.  Mais 
tant  de  belles  choses  ne  sont  ()lus  et  ont  disparu  i'i  m»  veux  depui>  iiucm  a  désolé 
ce  portiipie,  afin  tl'y  pi-ali(pier  un  appartement  [nmr  le  duc  d'Anjou,  ipii  ne  lui  a 
presque  pas  ser\i.  et  même  n'est  encore  que  commencé,  et  qui  pis  est  ne  sera 
jamais  ni  commode  ni  achevé:  en  voilà  déjà  une  partie  de  rétablie,  faisons  revivre 
l'autre. 

IMiilippi-  de  (;h;unp;ii;:Mi' '  fui  de  tnU".  Ir-  |H'iiitrcs  de  smi  leiiiiis  cchii  ipie 
Itiilii-iii'u  hiinnra  de  la  |llll■^  prr'-i'^l.iiite  faveur  cl  (Imil  le  laieul  (<  >iiveii,iil 
le  mieux  ii  ses  goûts.  Il  I  av.iil  prolé-gé  dès  sa  jeunesse,  alors  (pie  l'aitisle, 
venu  de  Ihiixelles  ii  l'aiis,  av.iiil  à  peine  vingt  ans,  s't'Iaif  vu  liienbM  coiiliei- 
divers  Iravaiiv  i\f  diruialidu  au  palais  du  I.iimiiiImmii;^  jiar  \laiir  dr  Midiii^. 
I.e  cardinal  r.iiniait  pour  son  oiieissance  ii  suivre  les  progiamines  de  cnnipusi- 
tiiiii  ipiil  lui  ilonnait;  il  adinirait  ses  éloniiaiiles  facullés  de  tijuail  et  tlassi- 
inil.dioii,  sa  facilili-,  sa  niodeslic,  la  prultiti'  di-  son  ciraitère  et  la  dignih' 
lie  •'.I  tenue,  .\juuloiis  il  <-ela  ipi'il  ne  le  payait  pas  cliei',  ((MUine  1  alteslent 
quelques  n  rus  du  peintre  à  Le  Masie,  prieur  des  Huches,  ipii  n'-gla  presque 
toutes  les  ilé|>ciises  du  Palais -Cardinal.  \  ces  diveis  litres,  |in  ilialiii'incnl, 
Hiclielioii  le  pn'féra  ii  Simon  \oiiel',  ipii  l'-lail  poiiilanl  alors  le  chef  de  m. Ire 
école  et  diins  tout  Tt-clal  de  s.i  ri'piilalion.  I\ir  une  de  ces  faiilai'<ies  (pu 
ii'apparlieniii-nl  qn'.Miv  gr.'iiid-,  il  ne  craignit  pas  de  nieltre  en  conciiri'eiiie 
«•l  sur  le  iiiéiue  pi<d  lis  deux  aili-'lo  :  le  pi-inlie  glcuieiix  ipi'on  accalilail 
alors  de  coininandt-s,  i|ui  vaiiileiisenieni    se  compar.iit   an   l'oussin,  et   le  jeune 

lioinine  iMicore   ignoii',   cpiam  ui livre  lian^cendaiile   n'avail    encoïc  signait' 

il  ralli-nlion.  .Simon  \  oint  eut  ii  orner  un  des  ciMt's  de  la  voùtr  de  la  grande 
pilcrie  des  objets  d'arl,  laiidis  que  ranire  ccMé-  fut  léservi'  ,'i  l'Ii.  de  Cli.iin- 
paigne.  (!e  ipie  loiiN  diiiv  lepréseiitèrenl  dans  l.ur  conipo»iii,in,  nous  ne 
|xMi%ons  nous  m  undu-  rc.ni|ili-  ipie  par  les  graviins  i|iij  ,11  funnl  faites  ïi 
l'i-piMpie  :  eiicoif  di-   1  elle-,   ri    m    po^-idons  -  nous  qui    dt-  ini.iicauv  di'laclii's, 

I.   Nr  l'ii  161»,  morl  rii   il>7i. 

1.  Kriiiiik^,  Hnlrrlifiiâ  tur  /<•«  l'ic»  fl  Ifi  ouvnujf  iltt  /iIm  esccHenlt  iiemlrcM,  i7aj,  l.  1\.  |i.  ilii. 
!<liii<iii  ^iiiirl,  iii(  rn   1J9U,  rut  iiiiirl  cii   i*>\\). 


Hl(    111    I    I  1    I         ll\S>      SUN       l'VI.VIS  55 

t|ui  lu-  l'diii  iii--ciit  p.i'^  ait  cuiiiiilil  rinilii'.'ilioii  ,\rs  snjrls  |ii'iiiN  sur  l:i  miùIc. 
Los  l'cprodiiclidiis  piililii'cs  dans  ce  voliiiiic  m  (loiiiicii  ml  iiiic  idi'c.  Siinnii 
^tlll^t.  Iiiiii  iiiiilah^iii-  des  arlisli's  de  la  (l(''c;id('MC(>  ilalicimc,  s'aijpliciua  à 
iiiniilrci-  l'illuslrc  iiiiiiistic  (•iil<nir('  de  li^iircs  sviiil)()li(|ii('s.  de  \  icioircs,  de 
\  crlus  jiiKM'i'iî'ivs,  do  (i<'iii('s  siihjii^iiaiil  les  l'assioiis  (h'cliauK'os;  (<mlc  sa 
rlu'l()ri(|ii(>  d'omprunl,  loulcs  les  ('■lo^^aiicos  hoursnidloos  do  son  rôporloiro 
do  iu}lli()lof,do  siirannôo  l'uronl  oniplovôos  h  r('l('!)ror  la  frloiro  du  caidiiial 
dniil  il  tiaca  le  poiliaii.  dclxMit  ou  assis,  la  main  appinûo  sur  la  spliôro 
ol  UK'diianl  dc\ant  la  (MiI<'  du  monde  d('plo\(''o  dr\anl  lui  '.  \\vc  aiilaiil 
do  rodondaiico  ol  (rim  piii((\ni  plus  loui'd,  IMiilippo  do  (lliauipaij^iio.  Iiiul 
aussi  ampouli'  d'aillours,  appoila  [ilus  de  pi('(isi()ii  dans  la  si'iio  de  ses 
panuoaiix.  Los  piinripanx  ('vi'iionionls  du  mim'sh'Tc  de  HiclicHiMi  ruionl  le 
tlit'ino  sur  ioqiiol  il  imiI  à  oxoroor  smi  inia::inaliiin  mal  (li'li(''o  cl  peu  lailc 
pour  ce  «icnio  d"apotliéoso.  (l'ôtaionl  les  piomioi'os  coniposilions  Av  (pnlcpn' 
importanro  (pi'il  lui  arrivait  d'avoir  à  oxôcutor.  il  dut  on  ôprouvor  un  pou 
(rinipiiôtudo.  Lo  voisinage  do  Vouet,  célèbre  et  sur  do  lui,  n'était  point  lait 
pour  lo  rassurer.  Mais  le  cardinal  le  soutenait  de  sa  confiance  et,  trouvanl 
dans  sa  jeunesse  la  docilité  dont  il  avait  Ijosoin,  s'ofTorrail  d'inrukpior  à 
son  peintre  les  idées  qu'il  souhailail  \()ir  oxprimor  sur  les  miiiaillos  de  cotio 
galerii'.  Lui  lil-il  xraimonl,  dans  cr  d(>ssoiu,  apprendre  par  oieur,  oomme  lo 
dit  Sauxal,  llnsloiro  de  sa  vie?  Cela  sonihlo  oxoessif.  >Lus  qu'il  lui  ait  dicté 
les  sujets,  (pi'il  ait  hn-nième  lixé  les  scènes  où  il  voulait  se  voir  jouer  les 
grrands  rôles,  qu'il  ait  fourni  et  imposé  à  l'artiste  des  alléfrorics  dont  lo  sens 
vairu(>  ol  ampliigonriquo  devait  répondre,  sans  doute,  dans  la  pensée  du 
canlinal,  à  des  évc'iiemeiils  pi(Vis  on  à  do  secrètes  satisfactions  d'aniour- 
propre,  on  n'en  saiirail  doufiM-.  Une  de  ces  compositions  df  Pliilipi»»  do 
Cliampai^ne,  o-rav('(>  j)ar  Michel  Lasiio,  nous  montre  Uiclioliou  assis  dans 
un  l'aiiliiiil,  son  coi-ps  maiffre  à  poin(>  dislinel  sons  la  |)ourpre  cardinalice, 
lo  regard  perdu  dans  l'espace;  derrière  lui  sont  lo  dieu  do  la  guerre,  coilVé 
d'un  cascjuo,  armé  d'un  bouclier,  et  la  Navigation,  tenant  do  sa  main  gauche 
une  voile  gonflée  par  les  vents.  Aux  pieds  du  miiiislre,  une  femme  à  demi 
agenouillée  jette  des  Heurs  et  dos  fruits,  auxquels  se  mêlent  les  dépouilles 
dos  ennemis  vaincus,  dos  cuirasses,  une  épéc;  à  droite  et  à  gauche  sont  la 
^  igilance  el  une  ligure  cpil  doit  ropr('senter  les  bieid'ails  do  la  paix,  car  elle 
s'appuie  do  la  main  gauche  sur  un  lion,  emblème  de  la  force,  et  dans  sa 
main  droite  elle  tient  dos    bijoux,   ^olalll    dans   les  airs,    une    Honomméo   fait 

I.    l'aniii  les   '17X  l;il)lc;iiix  (|iii.  à   la  fin  du   win     >ir(  li'.   ruiciil    \ lus  eu    \  11  •.'!(•  le  no  par  le  «lue 

cl'Orlraiis  (l'IiilIppc-K^'alilcM.    nous   MTiiin>  li;.'Uii'|-  un   lalili'au  i\r  Sii 1  Nourl.    I,i   l'rililcnci-  iimèm-  tii 

l'iii.r  ri  l.Miitiiilniitf,  qui  dcxail  l'Irc  piolialiinui'iil  uni'  ili'--  {■iiuipiisilii>us  cmm  ulirs  par  raillslc  pour 
celli!  j,'aiorii'.  où  se  trou\c-t-il  aujourilliui,  aprrs  laiil   de  xicissiludcs.' 


LE      PAI.KIS-ROYAI. 


releiitir  sa  trompette  et  apporte  le  chapeau  île  eartliiial,  tandis  qu'une  Victoire 
accourt,  a^allt  dans  les  mains  la  couroiuie  ducale  et  le  rameau  du  lri(»mplie. 

Outre  les  meubles  df  pri\  (pii  ivni|)li--.aieut  cette  galerie,  on  \  voyait 
une  quarantaine  île  sculptures,  la  plupart  antiques  et  qucKpies-unes  copiées 
d'apivs  l'antique:  de»;  huiles  de  hron/e  ou  de  marbre  polychrome  sur  des 
piédestaux  également  de  marbre  île  tpialre  pieiN  de  hauteur.  11  y  avail  lit. 
notamment,  une  Diane  de  cinq  pieds  de  haut,  une  Junon  de  trois  pieds 
trois  pouces  de  haut,  deux  Jùliio/iitiuus,  dont  la  tète  était  de  marbre  noir 
et  le  buste  en  albâtre;  une  /•'iiits/ifir.  un  /itirc/iiis,  un  Apollon,  des  tètes 
d'enqu-reurs,  tels  ipie  Marc-Aurèle,  Adrien,  (lommode:  les  bustes  en  bron/e, 
moulés  sur  l'anlitpie,  tle  Stilnn,  Marcellus,  Diugî-ne,  IMalon,  Socrale,  Démos- 
tliène,  etc.  Nous  re\iendrons  d "ailliMu>  plus  loin  sur  celle  adiiiiralile  collection 
d'antiques  réunie  au  Palais-Cardinal. 


(.M.KIUi:    1)1>    ll(iMMl>    II. METRES 

\m  Cdlfiif  lies  //((//////(S-  tllii.\f/i"i  Taisait  suite  à  celle  qui  \ienl  d'être 
décrite  et  n'en  était  sé[)arée  que  par  la  chand)re  du  cardinal.  Klle  régnait  le 
long  lie  l'aile  gauche  de  la  deuxième  cour,  l  u  peu  basse  et  étroite,  elle  était, 
«•n  oulie,  insullisanniicnt  ('clairt'e,  cl  riiiiniidilt',  en  ccitaines  parlii'>.  y  cul 
en  ipielques  années  raison  des  motifs  de  décoration  (pii  y  lurent  jH'ints. 
O'esl  datis  cette  galerie  i|ue  Ilichelieu  conçut  le  projet  de  faire  repré'senler 
l'imngc  en  pied  di-s  h('ros  de  nuire  histoire,  guerriers  on  hommes  dl'.lal.  île 
tous  ceux  (pii  a\aicnl  conliibui-  p.u-  leurs  verlus  ou  leur  génie  à  faire  la 
France,  l/idé-c  ne  manipiail  pas  de  grandeur.  (  !e  (pii  élonne,  au  premier 
abord,  c'est  le  choix  des  personnages  auquel  s'aiivl.i  Uichclieu  apics  nnnes 
n'Ilexion^.  lin  %oiei  la  lis|(\  suivant   l'ordic  nièuie  occupi'  pai'  les  porhails  : 

I.  bidtlH'  .Sii'^ir.  iiiiiiisire  iiriliil  simis  |r  ini  i.uujs  \  II.  —  ■>.  .^iiiMUi  tie  MimHnil. 
«uiih|ii(Mn-  ili'H  AlhiKeiiis  muin  l'Iiilippe  \ii;.'ii>le.  —  .'5.  (iauelier  .le  (  liiilillon. 
roniirlalilr  de  l'riuice  Mins  six  rois. —  V  Herlnun!  Du  (iuesclin.  cnimélidile  de 
Kranrc   soiis    les    rois   Jean    et    (Charles    N.     -  .">.    Olivier    de  (ilissnii.   i  niiii('liilile    de 

Fruiici-  sDUs  les  mis  (lluules   \    cl  (lliarle-   \\         (i.   .Iimii    l.e    Mciiiijie.    -un né 

Iliiurimnl,  nian'chnl  de  l'ranee  suns  le-  mi-  Clunlo  \  cl  Cliinles  \  I.  -.  .kan 
llnslard  d'Orléans,  eomle  de  Dnnois.  liciilcuiinl  ;,'c'in'iid  des  années  sous 
Charles  VII.  S.  Jeanne  d'Vre.  surniuiunée  l'in  i  lie  .1  (  li  ii'juis.  —  »(.  l.e  cardinal 
il'Anilinise.  •.nus  boni-.  \|.  CJiiirli's  Vi||  d  l,uiii>  \ll.  m.  Louis  de  La  Tréninjile. 
KéniTnl  de  l'arniée  du  roi  soiis  Chm  |r>  \lll,  Luiii-  \li  cl  l'i  ançois  I". —  ii.  (.a-lnu 
de  Knix.  général  des  années  iln  mi  l.c.iiis  \ll  en  ll;die.  im.  Pierre  rcir;iil,  ou 
le  rhovolier   llnxnrd.  sons  <;harlcs   \lll.    I.oni-    \ll    cl    |ian(,ois   1'.—  i.?.    Charie- 


un:  II II.  1 1'  r     n  \  n  : 


1  >     1-  \  I  \  I  - 


(le  Cossi',  iii;iiv<li;il  <lc  Ii.iikc  mmi^  llniii  II.  l'i.iiirni-  Il  il  Cluiili^  l\.  —  i',.  Aniii; 
(le  \|(M]liiHncii(N,  (■iiiiiii'l.ililr  (le  l"r;mfo  suiis  les  rois  F,oiiis  \l|,  |-"r;iiic()i.s  I", 
llrini    II,    l'i:iiir.)is    |1    ,■!    Cliailr^    l\.  i.").    j'iMiK-ois    ,|,.    I.unaiiic,    duc    de    fJuise, 

iiriili'iKiiil  -l'iM'ral  du  roxaiiiiic  ^uis  l'raiirni^  j  .  Ijciiri  II.  l'rarir,  ijs  ||  ol  Charles  l.\. 
—  ili.   I.e   cardinal    lic    [,.. naine,    ^'laiid    iiiiiii>trc   <ri;ia(  mmi>    Henri    II,    l'iaiicuis    II, 


;  .■•ll..i..\  IliolMO    l'klNCll'l 

CARDINALI    DVCl   DE  RICHELflLV 


DECOnATION    DE    LA.   UALERIE    DES   OBJETS    D  VIIT    AU    PALAIS-CARDINAL 

(Composition  de  Simon  Vou.t.  —  Bibliothèque  n.-itionaie.  Cabinet  des  Estampes,  D*  7) 

t'.hailcs  I\  cl  llcnii  III. —  17.  Ilhiise  de  Monlluc.  inar('ch;d  de  l'ranco  sons 
Fianenis  1".   Henri   II.   j'rançois  II.  Ciiiiiles   i\   cl   Henri   III.  iS,    Arinaiid  Gnidaud 

de  liirori.  inan'ciiid  de  l'rance  sous  Henri  II,  r'rançuis  11,  (Miuilos  1\,  Henri  III 
cl  Henri  IN.  n).  l'iiinçois  de  Hoiiiie,  duc  de  l.esdiguièrcs,  pair  et  coiuK'lahle 
lie  l-rance  sous  Henri  III.  Henri  l\  cl  Louis  \lll. —  :>.o.  Henri  ]\  .  surnoniinc 
le  Grand.  —  51.  I.ii  reine  Marie  de  Mt'dicis. —  v.i.  Le  cardiiiiil  de  Hicliclicii. — 
2.3.  Louis  \lll.  ■'').  I.ii  reine  Anne  dWiilriche. —  :>.ô.  (iasion  d'Orléans,  frcrc  de 
Louis   Mil  '. 

Ainsi,  poiir  ces  vin^rl-ciiKi  u  ilhislrcs  »,  Uiclicliou  avait  fait  choix  surtout 
dhoinincs  de  guerre,  de  capilainos.  Le  iiiiiiisirc,  ne  se  nioiilraiil  courtisan 
(|iie  dans  la  mesure  stricte  où  il  lui  ('(ait  dillicile  sans  iloiilc  (\r  ne  pas  l'être 
à  régaril  de  la  lamille  rcjvale,  ii  ({ui  il  t'-lail  ic(ic\;d)!c  de  sa  -itualinn,  avait 
écarté  de   sa   lisle   Ions    les   rois,    sant"    llenii    l\    cl    Lmiis    Mil.    Il    n'axail    l'ail 

I.  1  ri  \iii^'l-'-i\ii''iiii'  |iiiilr,iil  lui  .ijeiili'  cn^iiili',  celui  ili-  l'iiiiiiiie,  à  In  iiioit  ilr  ccl  illusli'c  liiiiiiiiii' 
(Jf  fe'unic.  cil   11)7.").   \()jcz  IlciiiAii   cl   I'k.a.miii.. 


T.     I.    LK    fALAIS-llOYt 


58  it    i'\i. \is- ao\AL 

place  ni  à  Louis  \1  ni  à  l-ran^uis  1".  Ce  ii'él;iil  pas  11-  lan^',  mais  les 
scnices  qu'il  avait  considérés.  Sélection  étrange!  Témoignage  curieux  de  ses 
pi-éférences  intimes!  Exemple  nnianiiiahle  irindépendance  et  iliiiiliiilive  à 
mie  pareille  ép.ique.  «ni  les  lu.nnnages  rendus  aux  glorieux  sei\ileurs  de 
la  France  ne  se  traduisaient  point  par  des  statues  élevées  sur  les  places 
publiques,  et  où  1  on  ne  décernait  facileniiiil  ([u'aux  princes  les  honneurs 
iconographiques.  La  (Jaleiie  des  llonnues  illustres  semble  véritablement 
comme  la  conception  tl'un  Panthéon  consacré  aux  héros  nationaux  jiar  le 
patriotisnn-  !.•  |)liis  ardent  cl  I.-  plus  dégagé  de  préjugés.  Une  faute  de  goùf 
seulement,  mais  cpii  ne  pouvait  i)as  sur|)rendre  les  contemporains,  est  à 
relever  dans  ces  portraits  adoptés  par  Hiclielieu  :  pourquoi  n'avoir  pas  laissé 
vide  le  cadre  réservé  à  sa  propre  image!'  Mais  chaque  âge  a  ses  mœurs,  et 
ce  qui  étonne  aujourd'hui  était  naturel  en  un  temps  on  les  honnnes  de 
marque  préparaient  eux-mêmes  leur  pro|)re  apothéose  sur  leurs  londjeaux. 

lie  furent  encore  Philippe  de  Clunupaigne  et  Simon  \  ont  I  (jiii  curent  à 
e\é<uter  les  portraits  de  la  (ialciie  îles  Illustres.  Nouveau  mot  if  d'éMUilalion 
entre  les  deux  artistes,  \oiicl.  celte  fois,  s'appliipia,  j)iit  son  temps,  déler- 
miné  à  tiioinplu-r-  de  sou  jeune  rival.  Ce  n'était  point  chose  connnode  que 
lie  reconstituer  les  portraits  des  héros  désigiu-s  par  le  (ardinal.  Pour  la 
plupart,  les  documents  authenliques  manquaient.  L(>  pcinin'  ne  s'embarrassa 
p.is  |)our  si  peu.  Son  imagination  suppléa  à  la  diilirnlle  de  tioiner  les 
resseudtlauces.  Il  se  contenta  d'il  peu  près,  lit  les  tètes  de  (  hie  et  (  lierelia 
seulement  il  donnera  ses  personnages  les  vêlements,  les  altitudes,  re\|ire>sion 
ipii  lui  seniblèienl  li-  mieux  approj)riés  à  lents  (pialiU's.  I  n  de  ses  prédé- 
cesseurs, Jacipies  Mimel',  peinlre  du  roi  Henri  l\,  a\ail  dt'jà  représenté  dans 
la  petite  galerie  du  Louvre,  brùlé-e  en  ililio,  ipiehpies  scènes  hisloritpies  où 
lignraient  ipiatre  ou  einq  de^  c,  illn^ires  »  désigm'--  |iar  Kielielien.  Simon  N  onet 
en  lit  tout  simplement  des  <  opies,  qu'il  amplilia.  Pour  les  antres  poilraits,  il 
eut  reciiiirs  il  ses  souvenirs  italiens  cl  ^'inspira  surtout  des  (iai'i'ache.  C'est 
ainsi,  par  evemple.  (pu-  pour  l'image  de  (i<iii</iir  tir  ('/i(ilill<>n .  ipi'on  adiniia 
comme  nu  ili-  »es  moiie.mv  le->  plii^^  i)rillanls.  il  s'elVorc.a  de  rendre  sensible 
anv  veux  riiabilnde  dn  lit'ios  de  se  sei\ii'  de  s.i  main  ganclie.  Il  \  parvint 
avec  une  rare  adresse,  montr.nit  le  coimi'lable  delioni  et  de  dos.  tomnani  la 
lèle.  nppiivé  fiirlemenl  de  la  main  ganclie  snr  ntie  |iii|ne.  (!ette  allilude.  très 
rare  dans  les  portraits.  Simon  Noue!  fut  si(iintenl  de  lavuii-  inia-imc  (jn'il  la 
reprit  pour  son  modèle  de  tapisserie  de  Hiimntl  ri  Aiiiiiilf.  Mais  on  reprocha 
à  son  (iiiuvhfr  de  ('lialillun  de  li'moigner  de  pins  d'habileti-  cpie  de  lorce  et 
de  vérité.  Le  corps  n'i'-lait  qu'un  beau  iiioreean  crétinK'  sur  letpiel  laitisle 
1.  Ml*  PII  |j.'ifl,  iiKirl  fil  iiii'i 


u  I  c  II  i:  1.1 1:  r     dvns    son     p  \  i  \  i  -  of) 

;i\;iit     mis    iiiir    Irlc   (jii('lc(tii(|iu'.    (  ic    iiV'lait    ([iiiiii     iiii|i(is;iiil    raiili'niic  :    l'àiiie 
(■•lait   al.sciili'. 

Il  sciait  iiitc'rcssaiit  tic  (•(Uiiiallrc  la  part  cxacle  (|ui  fut  i'aitc  ii  Simon  ^'ou('l 
et  iclli'  (|ui  r('\ii'iil  il  IMiili|)|)e  (K-  <;liampai>riie  dans  la  (ialcrir  di-s  illustres. 
Maliicmt'iisciiu'iil,  OH  fil  est  n'-duil,  à  l'ot  égard,  sinon  ton!  ii  fait  à  dos 
conjectures,  du  moins  à  des  renseif,'nemenls  insunisanls.  Le  volume  publié  en 
iGC);)  par  \  ulson,  sieur  de  I^a  Colombière,  «  «fenlilliommc  ordinaire  de  la 
cliamlirc  du  lO}.»  et  (|iii  a  pour  titre  les  Portraits  des  Hommes  illustres 
franrois  (/ni  sont  peints  dn-is  la  (lalerie  du  Palais-Cardinal  de  Hiclielieti, 
ce  petit  livre  in-douze  de  quatre  cents  pages,  ne  fournit  aucune  indication 
à  ce  sujet.  On  n'y  trouve  (pie  de  mauvaises  gravures  des  héros  représentés, 
avec  leurs  biographies  ditli\ianibi(pies.  Mais  nous  savons  par  Sau\al  que 
Philippe  de  Ciiam|)aignc.  qui  peignit  ceitaiiuMiuMil  une  rpiinzaine  de  ces 
tableaux,  exécuta  iiolaimuciii  ceux  de  (îaslon  de  i"\)ix,  de  Louis  de  La 
Trémoille.  de  Henri  \\  et  de  Marie  de  Médicis.  I)"autre  part,  nous  pouvons 
ajouter  à  ceux-ci  les  portraits  de  Jeanne  d'Arc,  de  Louis  Mil.  (IViiiie 
d"\ulriclie  et  de  Gaston  d'Orléans,  grâce  à  un  document  extrait  des  papiers 
de  Le  Masli'.  que  iiOTis  reproduisons  ici  et  qui  nous  iii(li(|iu'  en  même  temps 
(pielle  faible  somme  l'artiste  reçut  en  paiement  de  ces  onnres  : 

Mémoire  des  porirets  finvl  en  In  gallerie  île  Vhoslel  de  Rieltelien  par  le  eonunaiulenienl 
de  Moiiseiijiieiir.  jiur  l'Iiilippe  de  Chaïupabjne  : 

Piviiiiiic ni.  le  |)nilrrl  ilii  l\()\  |l,oiiis  \ll!|  grand  coininc  le  iialurel, 

accoiupii^iH'   (l'iiiii'   \  ictôire' i.io  livres. 

Plus  le  poil  ici  lie  la  Roync  nicre  du   Roy.  [xxir  ce.    .   .    .  .")o     — 

Plus  le  pmticl  (le  la  Revue  régnante,   pour  ce .jo     — 

IMiis  le  poilrcl  (]ii  lin>   (Icllinicl   |lleini  1\  |,  pour  ce.    .    .  ,")o     — 

Plus  le  porliel  de  Monseigneur  IVere  du  Roy,  i)()nr  ce  .    .  5o     — 

Plus  le  polirait  de  la   piisselle  (rOrléans,    pour  ce  ....  'm     — 

.le  sniili^im'  i-diilcsM'  a\iiii-  rcccii  ilc  Mi iii-cij^iii'iir  le  canliiial  ihic 
(le  liiiliclirn.  |iiir  les  niiiiiiv  de  Monsieur  Picol.  la  .somme  de  sept 
criis  (|iiiilic  \\\\'^\  ([iiiii/c  li\ics  ]i()iir  1rs  |);iilirs  ci-dessus  dont  je 
suis  colileiil. 

I''ai(l    à    Pari-,   i-c    i(i   m  i\  riulirc  mil  six    cciil    liciilc    ciii(|. 

(lii  \mi'\1(;m'. 

(icitc  soiniiie  (Ir  -ty)  li\ics,  doiil  l'Ililippc  de  (  .lianipaigiii'  se  dé'ciarail 
((  content  n,    ne    s  appliquait    pa>  siiilcnicnl    aux    six    lalilraiix   citi's,   mais   ciicoïc 

I.  Ce  lal)l(Mii  lui  coiili-iinir  siMi-  1,1  Uc\(iliili.iii.  Voyez  iiotir  ilciiiii-i  cli,i|iilic  i  Vnli.  ii;il..  1"'7 
•i3,  p.  7.1,1. 


6o  I.  K     P  A  I.  A  1  s  -  R  (1  Y  A  I. 

aux   porirails   du   rardiiial    tk-    HiclR-lieu.    iloiil    iiolri-   (luiuiiuMit  '    nous   donne 
l'énuniéralion  sui\aiilL>  : 

Pdlais  (lu   Cardinal 

i63j.   Mémoire   îles  jxirlrflx  itr  Munsri'jneur   le    cnrdiiKil  duc  de  Ixicliclicti.  fuicls  par 
J'hilijipe  de  Cluimpttiijne.  peintre,  par  le  eominandemcid  de  mondit  seiijneur  : 

Prcinièrenu-nl.    un    porlrel   de    Monsci^Micur,  de  sa    hauteur,    habillé 
dune  siniare  «le  routeur  loiil  couvert    de   i)roderie.    .      i5o  livres. 

l'lu>  un  iiullie  |Mirlrrl  de  la  iiiriiie  hauleur,  \eslu  d  une 
.-iniare  de  -satin  nuir  avec  une  broderie  sur  les  cou- 
tures, pour  ce '^o     — 

i'lu>  un  aultrc  de  la  inesnie  grandeur,  vestu  en  habit  de 

eanipai;;ne  d'escarlate.  enrichy  de  broderie,  pour   ce.      i5o     — 

Plu.s  iMi  aultre  jKjrtret  grand  connue  le  natinel.  assis,  avec 

le  rochet  et  et  le  cainail,  pour  ce iJO     — 

(les  portraits  du  cardinal-duc  cm'cuIi's  par  l'Iiilipiic  dr  (  :hainpai;;nc,  IuiimiI 
placés  dans  diverses  pièces  du  judais.  Il  y  eu  a  nu  ccprndaiil.  1res  pr(>i)ai)linu'nt 
le  premier  «le  la  liste.  i|iii  dut  être  lait  pour  la  (lalerie  des  IloniuK's  illustres. 
La  f,'ravure  (pi'on  lU  liuiivc  dans  ronvrajjre  de  La  Colon d)ièr('  nionti'e  K'  uiiiiisire 
dans  rallitiidr  ipi'a  le  l.uueuv  pnrtrail  du  Louxre.  (  )n  dirait  le  uièuie  tableau. 
L«'  cardinal  est  debuul.  \èlu  île  la  siniarre  dont  sa  main  ;;auilie  relè\e  sur 
le  C()lé  les  plis  abondants,  tamlis  tpie  le  bras  droit  eli'udn,  dans  un  j^oste 
large  et  expressif,  «lessinc  un  anyle  aifjfu  dune  étrange  [uiissance.  C'est  le 
portrait  de  l'honnui-  illllat,  du  "  sphinx  rouvre»,  qui  laisse  à  peine  visible, 
sous  la  simarre  iinpnsjmte  coniine  un  inaiilean  royal,  un  bout  du  bbou 
surplis  de  dentelle,  tnnl  ce  ipii  restait  \raiineiil  du  prêtre  en  celle  eili^ie 
saisissinite.  hichelieii  s'était  l'ait  repri'-senler  en  même  lemps.  ainsi  cpie  le 
|)r<iu\e  noire  dociunent,  avec  le  costume  nnlitaire  iju  il  aimait  taiil.  »  en 
habit  lie  canipaigiic  d'csrarlalle.  »  La  peintm-e  c'tait  de  ^.M.indem  identirpie 
à  la  pn-cédeiile  et  ainail  pu  s'i'iicadii'r  ;i  la  même  place.  Le  carditiaidnc 
pensa  (il  d'abiird  —  (pii  s,ii|.''  —  (pie,  pnur  liLiuier  a  e(*i|(''  des  ci  innelables. 
il  aurait  bien  ineilleure  mine  avee  le  vêtement  ipi  il  puilail  an  siè;:e  de  La 
hucliclle."'  N'est-ce  tpi'après  Coup  (piil  se  détermina  ;i  cet  autie  ptiilrail  ni'l 
il  app.iraîtrail  devant  la  pnsti-rité-  in  simarre.  en  bi>mnie  d'I'.tal.  nim  en 
guerrier.'  Peul-ètre.  V.n  tiuit  cas.  im  puinl  es|  buts  de  dmile.  c'est  le  talent 
diMil  IMiilippi-  de  Ch.nnpaigne  lit  preuve  en  la  circonstance.  Il  se  ri'Vi'la 
|Mirtrailisti- de  premier  nrilre,  nii-lliui-  en  scène  habile,  dessinatem-  ri;:i  mr  iii\. 
l'nur  les   lidileaux  oii   il   eut    ii    représenter  des   peisoiniages  anciens,    il    rmiilla 

I.  <\rrliltni  ilr  1' Vm^Iuiik'  |iiiliti(|iii-. 


lUc.ll  1.1.  I  I  r      1)\NS     SON      !■  \  I.  \ 


Gi 


avec  une  cousciciicc  s(iii|iiilrii-.c  les  |)iiii(i|),iii\  c.tliini'ls  i\r  l'aiis.  clicrrliaiil 
les  (Idciiiiiciits  ,iiillic'iilii|m's.  s"('ll"()r(;aiil  de  |i(iii(li-o  ses  Ik'tos  avec  aiitaiil  d.' 
vérilô  ot  ircxaclitiidc  ((uil  élail  possililr.  (  iCsl  ainsi  iiuil  |K'i^iiil  le  poiliait 
do  Henri  IV  d'apivs  PoiIjiis,  ccliii  do  Marie  de  Mrdicis  d'apn-s  Van  Dyck,  et 

(|ii"il  alla  (■licnlicr.   |i(iiir   le   (■(ipicr,    dans   la    ((illcclii  m  du  duc  di-  Sainl-Siiiioii, 


LVDOVICVS  IVSTVS 
XIII  REA    GALLORVM. 


=f]) 


Ponrait  de  Loiis  XIII,  p.ir  Philippe  de  Ch.impaigiie 


i'c.'LNOLA  DE  CHA5TILLON 
COME5      JTABVUI 


[  C11ATILI.OM,  par  Simon  Vouct 


UKCOR.ITIOX     ni-:     la     galerie     des     hommes     ILLUSTRE! 

(D'après  les  gravures  da  volume  de  La  Colorobiêre,  1669) 


le  ina^^nirapii'  laMcaii  de  ilapliai'l  irpn'scntant    Gaston  de  Foi.v.  La  Iradiiclioii 
(pi'il  cil   fil   passa    |)iiiii'  cvlrciiicinciil    icnianpialtlc. 

l  il  des  porli-ails  de  cette  f^'-aiorio  qui  lui  valut  le  plus  d'éloges  l'ut  celui 
de  Louis  de  La  'ri-éni(jille.  Non  seulouieiil  on  a|!piaiidil  à  la  jiriTision  et 
il  la  lidc'lili'  f\f  riiiia;:c  pciiilc  d'après  un  lalileail  dalaiil  du  \l\anl  de  co 
;;éuéial  de  Charles  Nlli,  non  seulenienl  ou  adiuira  a\ec  (pielle  sûreté  de 
|)inceaii  il  l'avait  re|)iésonté  donnant  dos  ordres,  la  ligure  douce  et  sérieuse, 
ralliliidi'  ijolili',  je  \rlcincnl  ma  jcsl  lieu  \ ,  maison  s'accorda,  eu  oiilie.  à  recon- 
naître a\ec  ipiellc  adresse  siirpiviiaiile  l'arlisle  avait  su  ('xiler  cl  faire  tourner 
au  profit  de  -on  «ouvre  une  de  cc>  dilliciiltés  ipii  s'oIVrent  parfois  pour  les 
peintures  lixi'cs  mît  I,-.  iiimailli'-.  Lu  rll'cl,  ce  portrait  se  trouvait  plact'  à 
nu  endroit  de  la  galerie  inlerroiU|)u  par  deux  portes,  de  manière  (pie,  laiite 
de    liauteiir,    la    ligure   lie   poiuait    être   dolioiil.    l'Iiilippc    Ar   (  .liaïupaigue   sut 


Ga  lE     P  \I.  VIS-ROY  Ai, 

lii-cr  parti  de  ci*  clésavanla{.'e  :  pour  in'  pas  coupi  r  U's  jaiiil)OS  à  son 
La  TiviiiuilK-,  il  le  ivprt'sciila  assis  au  luiliru  diui  pajsa^e,  roposaut  le  pied 
nMiiclialamimMit  sur  un  de  ses  jj^^noux.  ot  son  siège  disposé  do  façon  (inil 
>einblail  l'iiv  caclié  lU'nitTe  rouveilure  forinéo  par  la  porto,  si  Mon  (|uo 
l'cvtréniité  de  celle-ci  paraissait  servir  d'appui.  Collo  ingéniosité  du  poinlio 
était  d'autant  mieux  mise  en  valeur,  cpie  Simon  Vouet,  qui  avait  rencontré 
le  même  inconvénient  pour  le  portrait  do  Georges  d'Amboise,  faisant  pendant 
au  La  Trémoille.  ne  s'était  pas  donné  la  peine  de  le  dissimuler  ol  l".i\ait 
tout  bonnement  représenté  à  uu-jand)es.  De  là.  pour  los  partisans  do  ("diani- 
paigne.  un  motif  de  trionipbo  dont  lo<  amis  tU'  \  ouoi  airorlaioni  do  ne 
parler  (pi'avoc  di'-dain  ol  ciiiniiio  uno  puôriiilt'.  Il  ii'oii  o--l  pas  niuins  vrai 
qu'il  partir  do  (■.■  nioim-nt,  lo  succès  de  l'liili|ipc  de  (lliampaigne,  coiimu^ 
portraitiste,  lo  lit  rorhorolior  par  tous  les  liants  |)orsonnages  do  la  Coin,  ol 
que  oo  fut  il  (|iii  di-iiiaiidii ail  désormais  son  ini.ige  au  poiiilro  favori  de 
Iliclielieu  '. 

Les  vingt-oinq  tablo.'iiiv  ropn'sonl.nil  los  jiuinmos  illiisiros  fnronl  aooom- 
pagnés  li'uno  décoration  approprit'o,  (|iii  lui  o\('oiili''o  par  ,liislo'  ol  ( '.haï  los 
l'oerson',  eiitromèléo  d'oinhlônios.  do  devises  se  rapporlani  aux  iu'io-;  cl  (priiii 
s;ivant    spécialiste    nnniiiK'   (iuisse,    inloiprôlo    roy.il.    cumiiiwa    à    ^raiiijs    frais 

d'imagination.  (le    fui    inrino   l'occasion    du |uiiilli'   i'|)iquo    doul    nili'  de 

\adiiis  et  de  Ti'issoliu  m-  piul  nous  doimor  (|u'iiuo  faillie  idi'-c  l".u  l'IVrl.  un 
certain  Montmaur,  muni  de  i.i  rii.irge  iriiili-ud.uil  (li"<  devises,  j.ilouv  i\r  voir 
fiiiisNC  désigné  poiii'  uiii-  Iiosh^mio  ;i  l;i(|ui'lli'  il  |)rt'-|i'Uilail ,  aoousa  oclui-oi  t\r 
lui  avoir  ompriinli-  1rs  meilliiiî-  di'  oi-.  ouililènios.  L'inlorprèlo  indigné  réfuta 
son  i-iini'mi  on  piililiaiil  If  Ir.ivail  i|u"il  .ivail  iMiIropris  sur  l'ordre  (\r  Uioliolion. 
lUi'ii  II  i'>l  plu>  ruiii|ilii|iii''  ni  plu--  lii/arro  ipir  oos  l'inhlrinos  ol  dovisos  dont 
fiiri-nt  gralilié-s  los  lii-ros  de  la  galerie  du  l'alai^- (  lariiiiial  :  iU  diuoul  paiMÎIro 
•  ■vidi-minciil  d'iiii-oMqiri''lion>iililos  i-('|ius  auv  \  isiliMiis  (|iii  n'en  .iv.iiiiil  poiiil  l,i 
1  l.'f.  (tu  cil  jii;.',i.i  par  nu  «.cul  cvciuplc.  i.c  |ioi|iail  du  c.inliuiil  Kicliclicu  ('lail 
entouri-  dos  enililcnies  siiivanls  :  Tinis  ll.iii-  i\f  l\-,  ave.'  la  dcvi-c:  Sd/ii 
niil\i  mlnli-nt  (\v\\v  seule  sonlenr  m'o^l  agnalilo:  un  icillcl  incarii.il  intMo 
lie  lilels  lihmcs,  avec  la  devise  Vaiidorcm  />iii/niiii  srr\'tit  (la  Maiic  licui  se 
ooiiMM-vo  avec  la  p"iui|ii():   un  ,ii^r|,.   jcu.iul   un    l'niidic.  ,i\co   la   licvi-c    l\.i/i  rtiis 

I  Oiir  «ml  ili'\iMiiiH  ri-^  |iorlraiU  ilc  In  Cnlrrir  dos  llliisircs?  Il  •a-nill  inir-rossmil  do  lo  rorlierrlior. 
J''  iiKniIrrral  |ilti«  lnlii  ijnc  doux  nii  tiiolns  di-  coiiv  ilo  l'ii.  ilo  Cliaiiip.iiniio,  coliii  do  /.mii.s  A///  ol  iiii 
di-^  IMirlroll^  do  Ilirbriiru,  fiirolil  di'-siuiu'-»  |Mir  l>lilll|i|M'-l':Knlilo  |Muir  iMio  vondiis  on  \ii;.doloi  ro. 
Mai»  lo  l.niiit  Mil,  lo  (iiitlun  ilr  /•Vi>,  du  im^iiio  orlUlo,  ol  liiwrhrr  tir  CluiliUxn,  ilo  Simon  Voiiol.  ipii 
•iibtUlalrnt  piiroro,  fiiroiit  mUI»  |Mr  In  Convonlùui  et  oii\(iyé.  iiii  Muvmiiii.  iCf.  An  liui  ^  nnlion;iUvi, 
V    '".  —  ■>^.    p    7'i;  Itirm  tnin»  lUr:  diirUnnt,  cmiiliiiwir.l 

■».  Il  fui  liiouiliro  do  rViniloinlo  do  |M'lnhii'o. 

3.   IVro  eU-  (:iiarliiil''riiiiv<>i<  l'.M'nxui.  i|ni  fui  dlniloiii   il-  T  \i  ;idiiuio  do  liiiiuc  ii   Uonio. 


HIC  II  l'.i.  I  i:i      nws    S(i\     i'\i  \is  (\^ 

fulclctn  Jupilcr  (.hipiliT  l'a  r\|ii''iiiii('iitc  lidMc):  ciiliii,  nii  cadran  (•\i)()S<''  au 
soleil,  avec  la  (lovise  :  3Vr  nuniifnlum  sine  liiitn  [\\  n'es!  pas  un  iiKuiicnt  sans 
inartiiUM-  sa  li>iiic).  Tmil  (  da  axait  la  |in'liiili(m,  dans  la  pciisiV  do  rautciii-,  (K- 
si^r'iilit'r  l'cci  :  le  -rand  cardinal  nninliait  lanl  (ranioiir  ponr  le  scrNicc  de  son 
inaitrc  cl  |ionf  la  i^lniic  dt'  llilal.  (|ii"il  ne  pdinail  scnlii'  d"aiiliv  paiTinn  (pic 
ci'liii  (les  l\s,  el  le  iiielany-e  de  celle  lleur  a\ec  l'd'illel  in(li(piail  (pie  la  piiich' 
de  ses  iiileiilions  avail  ser\i  à  sa  renonimée  aulant  (pie  r(''clal  (pTil  liiail  de  la 
pourpre  roniaiiic.  (Jnaiil  à  rfii;^lc,  il  (•lai!  I;i  pour  ('jahlir  (pic  le  roi  Louis  \1|| 
avant  reconnu  la  lidéliU-  de  son  niiinslrc,  s'(''lail  (lc(liai;:(''  sin-  lui  du  souci 
des  allaii-es  el  lui  avail  mis  en  main  la  l'oudrc.  i"cv| -ii-djic  rinsd'umeni  des 
récompenses  el  des  cliàlimcnts.  Hniclianl  mu'  le  loni,  li'  cadran  \oiilail  dire  (pie 

le  cardinal,  toujours  actif  c me   le  scilcil.  ne  cessait   de  Iraxailler  pour  le  bien 

de  l'Klal.  Pour  les  \ini:i-cin(|  pditrail-.  (■('•laienl  d'analogues  puérilih's,  d'un 
symbolisme  aussi  (obscur  et  laborieux,  d'im  ampbi^durisnie  aussi  grotesque.  Les 
disti(pies  (■laienl  en  lettres  d'or  au  bas  de  clia(pic  tableau,  cntreiuèk''s  d'aiiibes- 
(pifs  et  de  Heurs. 

Pour  compk'-ler  la  description  de  la  (ialcrie  des  llonnncs  illustres,  il  nous 
reste  à  |iarler  des  sculptures  rpii  en  constituaient  l'oinement  le  plus  pr(''cieu\.  Il 
u'\  en  a\ait  pas  moin-  de  (piaranle denv  :  des  bnste>  accduipa^iiaient  ehaciiue 
dos  ligures  peintes,  el  de  grandes  statues  de  marbre  ornaient  le  milieu  où  se 
trouvaient  égaleiiK-nt  des  meubles,  des  tables  magnili(pies  et  des  cabinets 
remplis  d'objets  d'art.  Parlant  de  ces  marbres.  Sauvai  se  borne  à  dire  : 

((  Quchiues-uiis  ticiuicnt  (pi'ils  furent  eMvoy('s  au  cardinal  |)ar  l'ablK^'  Mazariii 
et  par  le  mar(pii.s  ilc  Frangipani  :  (l'autics,  au  contraire,  veulent  qu'ils  ayent  élt'- 
tirés  (le  Fontainebleau;  peut  ('•Ire  ii  y  a-t-il  ({uc  les  meilleurs  (pii  soient  venus 
d'Italie.  1) 

domine  descriplion.  c'est  un  peu  bref,  lleiireusement  ipie  V Inventdire  après 
(l(''C(''S  de  Uiclieiien  '  nous  peiniet  de  suppli'cr  à  celte  fâcheuse  eoneisi(jn.  11 
iii(!i(pie  comme  se  trou\aiil  dans  la  grande  gaieiie  du  Palais-Cardinal  les 
pii'ces    suixantes  : 

l'^o  i.'ji.  Deu\  figures  de  femmes,  l'une  d'une  Jtinnn  et  l'autre  d'une  Vénus,  de 
iiiarl)ie  biaiie  antique,  de  2  pieds  ^  1  de  haut;  une  partie  du  bras  de  la  Junon  est 
reslainVe;  prisi-es  ensemble  iS5o  livres.  ^ —  iô.>  ij3.  Deux  l(''les  aiili(pics  de  marbre 
blanc,  dont  l'une  est  celle  de  CoU'fts  (!').  el  l'iuili-e  de  lùmslinc,  ^'arnies  de  leurs 
bustes,   porl('s   de    leurs    |)i('deslaii\    ronds    de    inarinc    blanc.    |uis(''s    -j.'io  livres.  — 

I.   SvuvAi,,   Les  Aixliimités  de  Paris,   I.    II.    p.    i.'i.S. 

■i.  Cfl  Invenlnire  psI  ciirorc  iiiL-tlil.  Il  est  ciilrc  les  mains  d'dii  des  (Icscriidaiils  de  la  dii(lics.sf 
d' Vi;.'(iilli>ii;  \l.  l'idd  de  Cliabrillnii.  cl  iiii  «'•iddil  ('iiiiiiciil.  \l.  de  lloislislc,  en  pn'-parc  dopais  loii-flciiiiis 
la  pidilicalidii.  Ce  (|(ii  sdil  est  <-iiijir(iid(''  à  une  ('■Iddc  panio  dans  les  Mémoires  de  In  Sociéti'  des  Aiili- 
ijuaires  iloiiic  I.II  >. 


^5',  m:      PAl.AIS-HOTAI. 

i5i-iJ3.  Ueux  IcMfs  aiiliques  ck-  maibre  blanc,  repiést-iitaiil  Imtr  un  l'Iiilippns  et 
raiilre  un  Fuune.  a>aut  les  bustes  nuicleiiies.  portés  sur  leurs  |)ié<lesluu\  .le 
uuiibre  rouge,  prisées  ensemble  /|00  livres.  —  IJG- lô;.  Deux  lètcs  gree.pies 
antiques  de  marbre  blanc,  -arnies  de  leurs  bustes  modernes,  portées  de  leurs 
piédestaux  de  marbre  rouge,  prisées  cnscndjle  Goo  livres.  —  lôS  1 3;).  Deux  tètes 
anti(pies,  de  marbre  blanc,  l'une  reproduisant  un  Anlonius  et  l'autre  un  Crasstis, 
garnies  de  leurs  bustes  modernes,  prisées  la  première  120  livres  tournois,  et  le 
Crassus  ajo  livres.—  iGo-itJi.  Deux  tètes  de  marbre  blanc,  l'une  représentant 
un  Triijait  et  l'autre  une  Uutne,  garnies  de  leurs  bustes  et  piédestaux  de  marbre, 
prisées  ensendde  220  livres.—  1O2  iG3.  Deux  tètes  de  marbre  blanc,  avec  leurs 
bustes,  le  tout  moderne,  lune  desquelles  est  de  Lucius  et  laulre  de  Funsline,  portées 
de  leurs  piédestaux  de  marbre  rouge,  prisées  ensemble  3oo  livres.  —  iG4.  Un 
portrait  du  roi  Henri  III'  de  marbre  blanc,  garni  de  son  buste  d'albàlre  d'.\ngleterrc, 
porté  de  .son  piédestal  de  marbre  noir,  prisé  3oo  livres.  —  iGj  iGG.  Deux  lètes 
aiiliipies,  garnies  île  leurs  bustes  modernes  de  marbre  blanc,  lune  d'un  Caliijnld 
et  l'autre  d'un  W-simsifii,  portées  de  leurs  piédestaux  de  marbre,  prisées  ensemble 
.'ioo  li\res.  —  1G7-1GS.  Deux  lètcs  antiques  de  inarbre  noir,  garnies  de  leurs  bustes 
de  marbre  blanc,  l'une  de  ihuniHns  et  l'autre  i.\' Anlonius,  portées  de  leurs  |)iédeslaux 
aussi  de  marbre,  prisées  ensend)le  2.'»o  livres. —  iCx)  170.  Deuv  lèlcs  de  l)r()u/.e 
garnies  île  leurs  bustes  de  marbre  blanc,  lesdilcs  lètcs  uiouli'cs  sui-  l'anliquc.  un 
\  tlilliiis  et  l'autre  une  Dlunr.  portées  de  leurs  piédesliiux  de  iiiarlirc  rouge  cl  \crl. 
pii-M-es  eiisi-inblc  '|oo  Mmcs.  —  171.  In  l'Iilliiiinix  ayint  la  tète  de  bion/c  moulée  sm- 
l'antique,  gai'ui  de  son  buste  de  marbre  blanc,  porté  sur  son  piédestal  de  marbre 
rnuge  et  %ert.  piisé  2011  livres. —  17-.!.  In  portrait  ilu  roi  François  l"  de  lirou/c, 
garni  de  son  buste  de  marbre  blanc,  porté'  de  son  |)ié(leslal  de  marbre  rouge  cl  \vv\. 
prisé  2IM)  livres.  —  lyS.  Une  tète  de  bronze  d'un  I^'-tranjuc  a\ee  \\n  froc,  garnie  i\r 
son  buste  de  marbre  blanc,  porté  de  son  piédestal  de  marbre  ronge  cl  vert,  prisée 
îoo  li\re». —  i7'|.  In  portrait  de  Jean  de  IJoulougnc,  a\ec  son  buste  de  maibre 
blanc,  sur  son  pii'de>tal  de  marbre  rouge  et  \erl,  i)risé  200  livres.  —  170.  Une  figure 
de  marbre  blanc  antique,  a\anl  le  bias  gauche  levé,  et  a  une  dra|)erie  sur  ses  épaides 
pendant  par  derrière,  de  2  pieds  1  2  de  liaul.  prisée  2r)0  li\rcs.  —  i-(i.  lue  tèle  cl 
buste  en  bron/e,  moiili's  sur  l'antique,  de  2  iiieds  ■.<  pouces  tic  liaul,  iepié>onl:nil 
un  liomme  duquel  nous  ne  sa\ons  pas  le  nom.  prisés  ôoo  livres.  —  177.  l  11 
lUicchn.i  untiipie  de  marbre  blanc,  de  2  pieds  1  2  île  haut,  ayani  la  main  droile 
buitM-e,  de  laipicllc  il  tient  un  rai>iii.  et  de  l'anlie  h;  pied  d  iiiic  .(MI|ic'.  appuNc 
ronire  un  tronc  d'arbre  sur  lequel  est  Mulpl.'-e  nue  vigne,  pii-<é  iJôo  livres. — 
17.S.  (no  tète  de  bron/e,  garnie  de  son  bu>tc  de  marbre  blanc,  d'un  C.itminiiilns, 
moulée  sur  l'antique,  portée  d'un  pii'deslal  dr  luarlire  blanc,  |)riséc  •),")o  livres.  — 
179  iMo.  Deux  lètes  de  bron/e  moidées  sur  l'antique,  I Une  d'un  Anlonl/i  Cdracdlta. 
prisi^o  i5o  livre»,  cl  l'nulre  d'un  Commotlus.  prisée  2,"to  livres,  rc^cnanl  ensemble 
îi  'ioo  livre».  —  |M|  1.S2.  Deux  lètes  de  bron/e.  l'une  d'un  Jules  Ciisnr  et  l'autre  d'un 
Scii>iini,  nioulécH  Aur  l'anliipie,  garnies  de  leurs  biislr-,  di-  marbre  blanc,  et  portées  de 
li-UTH  piédeittnux  de  marbre,  prisées  ensindde  V"»  livres. —  i,s;5  i.S'i,  Dcu\  tètes  de 
marbre  blanc,  dord  lune  représenti'  un  \ilrien  cl  l'autre  un  [ui/usle.  lesquelles  tètes 
■»onl    modernei,    portée*   de   leurs    piédeslaiiv    de    ni.irlile  ri.Uge  et   vert,  et    garnies  ,|, 


Himi  II,  I  11       DVN: 


<<)\      1"  \  I.  M- 


fû 


li'iiis  biisles  aussi  de  iiiiiihie  Ijlanc  priséos  3oi)  livres.  —  iS.'i.  Un  piirlrail  du  rui 
Cliurlfs  /A'  de  marbre  blaii<-,  ffariii  de  son  buslo  d'idbàlre  d'Aiif^lelerre,  porté  de  son 
pii'deslal  de  marbro  noii'.  prisé  .'5oo  livres.  —  18G-187.  Deux  léles  aniiipies  de  marbix' 
lilaiic.  lune  n-jiri'senlaiil  l.iifiiis  \  crrrs  [sic]  et  raulre  \lys,  prisées  la  |)remièrc 
iioo  livres  cl  l'autre  iJo.  portées  de  leurs  piédestaux  ron;.'0  cl  \(^rl.  —  iN>!  iS().  Doux 
tètes  niodcrncs  de  marbre  blanc,  accompagnées  de 
leurs  bustes,  l'une  de  Jutiit  et  l'autre  de  Sriiiii/n 
IWfricain,  j)orlées  de  leurs  |)iédcslaux  de  uiarijic 
rouge    cl     \erl.     prisées    cnscndile     -.'oo    li\res. 

190.  Lue  lèle  aiiti(juc  de  marbre  blanc,  Kupiclle 
représente  aussi  une  déilé  grecque,  (pii  a  les 
cbcveux  retroussés  en  liant  dessus  la  tète,  portée 
d'un   pied  de  marbre   blanc,   prisée   200  livres.  — 

191.  Une  tèlc  anticine  de  marbre  blanc  et  le  buste 
de  marbi'e  blanc  moderne,  rc|)résentant  un  Marc- 
Aurclc,  porlt'c  de  son  piédestal  de  mari)re,  prisée 
3oo  livres. 

Toutes  les  sculptures  de  cette  fr;il''iio  auraient 
dû  passer  aux  licritiors  de  lUcliclicu,  car  celui-ci 
dans  sou  tcstauicnt  ii'cii  ordonna  aucune  dis- 
tractiou'.  Mais  Mazariu  eu  usa  avec  elles  aussi 
peu  scrupuleuseuieiit  que  pour  les  deniers 
inèuies  du  graiiil  nuiiisirc,  ainsi  qu'on  l'a  vu 
plus  haut.  A  la  mort  de  Kicliclieu,  il  les  lit 
réserver,  avec  un  certain  nombre  d'aulics,  /xiiir 
If  service  du  roi;  aulicinciil  dil,  il  li-oina  bon 
de  les  garder  pour  l'orucmeut  du  palais  où 
lui-même  comptait  prendre  résidence.  Ouc!  l'iil  leur  soil.''  La  plupart  des 
bustes  rcslèii'iit  au  Palais-Hovai  jiis<pr;i  la  K('\olulion,  dans  celle  même 
Galerie  des  Illustres,  sans  ligurer  dans  les  Ifwcnlaires  des  ducs  d'Orléans,  et 
considérés  piobablement  couuuo  des  accessoires  décoratifs  du  monument, 
l/arcliilecle  PiMie,  à  la  lin  du  xviii"  siècle,  avant  eu  îi  Iransformer  la  galerie, 
exécuta  à  cette  épocpjc  cpicKpies  jolis  dessins  au  la\is,  (pii  sont  conservés  au 
ums('e  (iarnavalet  et  oîi  sont  iiidicpiées  plusieurs  de  ces  sculptures  du  cardinal 
de  Hiciieliiii.  M  est  prouvi-  (pie  cerlaiiK'S  d'entre  elles  sont  aujourd'liiii  au 
miisi'c  du  Louvre.  Louis  (if)urajod  en  cite  trois  :  les  bustes  de  llcini  II.  de 
Clidrles  l\  et  de  Henri  III.  a  sculptés,  »  dil -il,  "  p.ir  (iermaiii  Pilon,  »  (pii 
«se   trouvaiciil    nu   cljàli'aii   du  ilaliic\  (  apparlnianl    :i    la    l'ainillc  d  Orléans)  au 

I.   1)K    Hoisi.lsi.K,    l.cs  ^'l)//(•(■/ifl/l.^■   (/<■    aciiliiliirfs    dn   canliiial    île    llirlulii-ii,    cli[|i>   les   .W<mi>i(V.<   i/t' 
la  Société  des  Antiiiiinires,  I.  \l.ll. 


ARAIANDVS  lOANNES    CV 
ll'LESblS    CABDINALISDVX 


LE    l'dllTRMT    DE    lll<:IIELIEl 

Peint  dans  h  Galerie  des  Hommes  illusti 
Par  PU.  de  Champaigne 

(Fac-similé  de  la  gravure  du  volume 
de   La   Colombière,  i«9) 


(JC  I.E     PAI.AIS-KOYAI. 

,„..i.K-nl  de  la  IUA..Iuli....  ..'.   Lei.oir.  conservateur  du  Muse-e  des  Mouunuuls 

fraiirais.  les  a.h.-la  à  ui.  semirier  (lu  villa-e  de  Monceaux,  qui  les  avait  a.(iuis 
au  nioin.iit  .!.•  la  x.-nle  d.s  nuni.l.--  ordonnée  par  la  Convention.  A  ces  trois. 
proNonant  de  la  CJalerie  d.-s  Illustres,  on  pourrait  ajouter  c.'uv  (piI  sont 
.M.M.tiuniiés  .lans  les  dossiers  des  Archives  nationales  relatifs  aux  objets  d'art 
trouves  .hc/  les  .Mni-rés.  notanuueni  un  Ih'mosllihie,  et  un  Knipereur,  avec 
leurs -aines  de  diiréreuts  niarhres,  cpii  avaient  été  enlevés  du  Palais-lloval  pour 
être  transportés  soit  au  Muséum,  soit  au  Directoire,  et  le  Henri  /l'en  marbre 
blanc  trouvé  au  .bateau  d.-  Monceaux'.  Combien  d'autres  sont  maintenant 
,lisper>és  dans  les  nm-ées  ou  dans  les  collections  particulières,  .|uil  est  devenu 
|,res.|ue  impossible  didenlilier   et  dont  ou  ne  saurait  plus  allirmer  l'ori-ine! 


LES  Ai'i'\Kri:\ii:\Ts. -Li:s  collections  d'ORJKTs  daut 

In  lies  soucis  de  Hicbelieu  avait  été  (|ue  Louis  Xlll  et  Anne  d'\utricbe 
eussent  dans  son  palais  des  appartements  evclusivenient  réservés  à  lem  s 
majestés  rovales.  Il  Mv;iil  vuidii  (juils  fu-^senl  pins  riches,  [)his  ma^niilicpiemeiit 
décorés  (pie  tou>  les  aiilres  cl  aména^'t'-s  avec  loul  ce  (juc  le  hi\e  de  l'épotpie 
pouvait  donner.  A  Kueil  aussi,  le  roi  et  la  iviiie  avaient  leins  appartements, 
ainsi  ipi'aii  t  h.'iteaii  de  Kiclielieu.  ilaii-  le  Poitou,  oîi  les  tentures  de  tapisserie 
lie  soie  et  dor  alternaient  avec  des  marbres  anticpies  (I(>  ))remier  ordre  et 
des  peintures  des  plus  friands  maîtres.  Au  Palais-Caidinal.  les  appartements 
rovanv  l'imMil  installés  îi  l.i  pl.ice  dhomienr  :  celui  du  roi  dans  le  coips  de 
Ioj.'is  cential  avant  vue  •<ur  le  jardin,  îi  i  iMi'  de  la  (iali-rie  des  llliisires: 
celui  de  la  reine,  plus  va>le.  occn[)ail  la  partie  opposi'e  du  même  bâtiment 
et  s'i'-lend.iil  dans  l'aile  dioile  de  la  seconde  coin'  jus.pi  ,iii\  arcades  à 
jour  oii  connneni.'.'iil  le  p.u'c  :  l'air  et  l.i  lumière  v  pi'-nc'-tr.iienl  ii  Ilots:  c't'tait 
le  plus  ;;ai  de  tout  le  palais,  (les  app.utements  coniprenaienl  une  inilnilt'  de 
pièrt's,  pbisii'ur^  cb;md>i'i's  el  ■^.deiies,  ^Tands  cl  pelils  cabinels,  (H'.itoires, 
rliii|H'lle,  cbandire  du  bain,  etc.  .^auval,  ipii  avait  visili-  laiil  de  demeures 
Somptueuses     el     ipii     -  s     coim.'iiss.'iil ,     li-s     dtVril     sur     un     Imii      Ai-     vi'rilable 

enlhousiasme.    Il    e>l    vr.il    ipi'ii    la    dali'    oii    il    parle,     \ il    \iilii<lie    venait 

de  sin;;ulièreini'nl    \v~.  endicllir. 

I.'.ippiuirineiil   ilr    l,i    iiiiic         ilil    il         r^l    de  lieaiicnnp   phi'<   jri'anil.   i)his   coin 

I Il-,    pins    ^'id.Ult    ri    pin-    -lipiilii-    ipii'    (l'Illj    (lu    lldi      (illi'    Imi^Mie    sllilr     lie    ^allrs, 

I     LotiU  l.<M  ktiiiii,   Ufxitnilrr  l.fimir  ri  ttinjuiirnnt  i  iHH-,  rM,  |mi- Ciivmimoni,  I.  Ml.  p    n.s. 
I     \ri'liltin  iialiiiiinli-<    lli-((i<lri'  ilr  r<'i')>|iliiiii  ili-»  njijrl-.  d'iirl  ri  aiiliiiiiiir's  limiM-s  tlnv  lc~  iiiii^irs. 
I     •"      .>     Il    -1  vl  ÏJ.l. 


Il  II    II  ll.l  i:i'      DANS      SON       l'AI.AIS  fi- 

lle cliainhrcs.  ilc  ciihiiifls,  >aiis  lc>  aiilifs  inciiiliics  cl  (li'|iiii'l('iiii'iil>  mi|)('|'I1ii>.  l'inil 
ciiiiie  (jiio  tiaiis  loule  l'Iùiropc  il  ne  se  |ii'iil  rien  Miir  tic  plus  ample,  de  si  accuiiipli. 
ni  lie  si  majesliieiix.  I,e  l'ai'dinal  de  Kieiieiieii  le  eoiiimeiiea  el  le  lit  peiiidi-e  par 
plusieurs:  mais  il  ne  lui  «Inuiia  pas  ri'leiidiie  (pie  ihhis  ailiniiotis  :  ce  lui  la  i'(';.reMle 
ipii  s'avisa  de  ra^n'aiidir,  el.  (piaiil  au  dedans,  en  aiiandonna  la  e(indiiile  à  Noiiel, 
(pii  passoit  pour  un  des  meilleurs  peinires  de  l'iùirope,  el  lui  même  le  erosoil  si 
bien  ([u'il  ne  faisoil  aueiine  dinieulli-  île  ^'eti  \aiiler.  La  Keine,  donc,  el  \iniel 
aussi  se  |)riiposoienl  de  remlre  ee  iir'pariemi'iil  le  plus  lielie  cpi'ils  pourroieiil .  el. 
lie  l'ail,  le  eaiiliiial  n'\  a\iiil  lien  l'ail  l'aire  i|u'mi  ;jiaiiil  laiiiiiel.  .i  la  xi'iili'.  ipii 
n'aMiJI  pas  son  pareil  en  l''ranee.  exee|)li'  celui  ili'  la  Heine  à  l'cintaiiiehieau, 
ipiiiiipie  |iiiurlanl  dans  les  anires  pièces  il  s'\  liuuMiil  ipiaiiiili'  de  hoinies  choses 
exécnlées  par  des  peintres  clioisis,  enire  aiilros  cet  Hercule,  de  l.ehriin',  cxéculé 
devani  (piil  allai  en  llalie,  qui  rappelle  loules  .ses  forces  el  sa  cnlère  [lour  achever 
dassoininer  ses  eniieinis.  où  la  inorl,  le  couraj,'e.  la  furie  et  la  >ij.Mieiir  sont  si  bien 
exprimés  que  Poussin  lui-même  dit  au  cardinal  Hichelieii  ([ue  Lebrun  cloil  un 
jeune  homme  de  grande  espérance  el  tel  cpic  si  Jamais  il  iiassoil  les  monis  quelipie 
jour,  ce  seroil  un  excellenl  pcinlre;  et  de  l'ail  ce  tableau  tira  Lebrun  do  l'obscuiilc 
où  la  jeunesse  le  Icnail  caché. 

Quant  aux  olijcts  d'ail,  talilcaiix.  tapisseries,  sciiliitiiivs,  |)ièi'es  d'urfè- 
vrerie,  cristaux,  porcelaines,  olijets  de  la  Chine,  etc.,  qui  {^aniissaieiit  le.>« 
divers  appartements  du  Palais-Cardinal,  on  ne  saurait  en  avoir  une  idée 
précise  que  par  V hivcnlaire  déjà  cité.  Les  sculptures,  prisées  par  Jacques 
Sarrasin  et  Simon  (jiiiliain,  sculpteurs  ordinaires  du  roi,  étaient  au  nombre 
de  191,  dont  quarante  ou  ciiupiante  statues  de  grandeur  naturelle  et  près  de 
cent  tètes  ou  bustes,  sans  compter  celles  qui  étaient  amoncelées  dans  les 
sept  salles  de  la  Conciergerie  et  ipii  ne  furent  pas  inventoriées,  ayant  été 
Tobjet  d'un  legs  particulier  du  cardinal.  Ces  i()i  sculptures  ne  furent 
estimées  que  la  somme  de  9/1,708  livres,  chilTre  dérisoire  même  pour  l'époque 
et  qui  est  très  loin  de  re[)iésciiter  leur  valeur  véritable.  On  a  vu  plus  haut 
cidles  qui  ornaient  la  (ialerie  des  objets  d'art  et  la  (ialerie  des  Homme."* 
illiislies.    Il   faut   cncon'   iiieiilinniier   les   suivantes  : 

l)(ins  nue  elifinihre  Jniijndnt  lu  pelile  ijulerie.  —  À'i  '.'1-.  (>iialre  tiMcs  ili'  luiuhre 
noir.  accom|)af.'nées  de  leurs  inisles,  donl  deux  de  mailire  iiiiij,^'  el  ili'ux  li'alliàtre 
oriental  Iransiiareiil.  purti'es  chaiinie  iluii  leruie  de  uiarhre  f,Mis  cnmuieiiçant  par 
une  tête  de  lion  el  finissaiil  par  une  palle,  de  .'i  pieil>  1  >  de  haut,  \alanl 
ensemble  i,^!uo  liMrs.  —  .'iS.  |  n  crucilix  de  bmii/e  sur  une  croix  et  piédestal 
d'ébène,   dans  lequel  est  ciselé  un  pélican  de  bas   relief,  '.ioo  livres. 

Dans  un  cnhincl  hlnne  proelie  de  lu  elt/iinhre  de  Ixiiii.  —  'Si)-\\.  Six   têtes  niiidernes 

1.  Il  s'.nuil  lie  ]'llcrriilc  ildinplmil  1rs  rlieriiti.r  ilf  llionirdr,  iiii  (les  piomuMS  hihliMiiv  de  C.liailcs 
Lcbniii.  iilno  IdiiI  jcime,  ijiii  (■\(TuI;i  ndssi  |niiir  le  carilliiiil  de  Hiiliclieii  cl  il  sa  (IciiiaïKle  :  le 
Hnri.im'ini'iil  ili'  l'insniiinr  cl  lliTiiilr  sur  Ir  Imchrr  nniriil.  ("es!  ce  f|iu'  hoiih  iippri-ilil  ('iiiillol  «le 
Sailli -ficei  ;.'!•>  iMéiiioirrx  iiirilils.  i-le..    iS.'.'i.    i   Mil.   iii-.s.   1.   l".   |i.   ."i). 


C8  I.H     I'ALAIS-Rf)Y\L 

•le  marl)re.  accoiiipagru-cs  île  leurs  bustes  tie  marbre  rouvre  et  l)laiif  d  llalie.  ixulées 
.le  leurs  |)iéilestaii\  <le  marbre  afrieain  cannelées  tle  /|  pieds  de  iiaiil.  (l()lll^|ualre 
rem|.li^  «le  marbre  jaune  et  <le  l)r<Katelle.  et  les  deux  autres  représentant  une  tète 
de  tfrilïon  linissant  par  une  tète  de  lion  île  marbre  gris,  3,ooo  livres.  —  45.  Une 
lêlc  de  Minerve  de  porphyre,  avec  un  piédestal  rond  de  marl)rc  de  Dinan  et 
rouge,  et  le  pied  de  bois,  5oo  livres.  —  V».  Un  petit  ISaccliiis  enfant  tenant  une 
grappe  de  raisin  en  la  main,  et  de  laulre  un  godet,  de  trois  pieds  de  baiil. 
'loo  livres.  —  '17.  Un  Hercule  de  trois  pieds  de  haut,  de  marbre,  aussi  en  enfant. 
tenant  dune  main  sa  massue,  et  de  l'autre  bras  s'appuyant  sur  sa  hanche,  iJo  livres. 

—  VS  .'19.  Deux  demi  reliefs  de  marbre  blanc,  avec  leur  bordure  au.ssi  de  marbre 
où  est  sculptée  une  femme  de  satyre,  avec  un  mâle  et  deux  femelles,  et  dans  raiilre 
csl  .sculptée  aussi  une  IVinme  portée  <!<•  Imis  tritons  marins,  .soutenus  de  leurs 
piédestaux  de  marbre  blanc  et  rouge.  900  li\rcs.  —  ôo-j'i.  Deux  ovales  de  marbre 
blanc  ou  pierre  de  touche  de  ■>  pieds  de  long,  sur  lesipiels  sont  rapportés  deux 
demi  reliefs  de  marbre  blanc  antiipics.  l'un  représentant  un  cavalici  (|ui  clia>>f  un 
lion,  et  l'autre  un  cavalier  poiu'suivi  d'un  lion,  ."ioo  livres. 

I)tms  le  euhinel  île  la  chamlire  île  t'aiiparlemenl  eerl  :  5i.  Ln  Crucifix  d'argent  doré, 
de  S  pouces  de  haut,  monté  sur  une  croix  cl  au  pied  d'ébène.  dans  Iccpicl  pied  il  >  a 
une  horloge  sonnant,  et  au-dessus  de  la  croix  un  globe  où  il  \  a  un  iiKunciiunl  (|ui 
marque  les  heures,  jGG  livres. —  't'i.  Un  .Moïse  de  bronze,  de  i3  pouces  ilc  haut, 
copié  d'après  Michel  Ange,  370  li>res.  —  .")'|.  Un  Sainl  Sébaslien  de  bronze  attaclic 
à  un  arbre  fait  de  bois,  05  livres.  —  55.  l  n  Hercule  de  bronze,  de  i5  pouces  de  haut, 
ayant  l'une  de  ses  tnains  sur  son  épaule,  et  l'autre  étendue  tenant  sa  massue, 
j.'i  li\res.  —  Jl).  Une  Tele  île  Marc-  [urèle  de  bronze,  d'un  pied  de  haut.  '|5  livres.  — 
57.  t  ne  petite  tcle  de  Juiiiter  de  marbre  de  touche,  antique,  i)orté  d'un  petit 
piédestal  de  bois  doré,  200  livres.  —  58-ô().  Deux  figures  de  bronze  de  11  pouces 
de  haut,  lune  d'une  Flnre  et  l'autre  d'une  Diane,  'm  livres.  —  Go.  Un  Ccnlaure 
raeisximl  hêjanire,  de  bronze,  les  ligures  de  iS  pouces  de  liant,  le  modèle  fait  jiar 
Mcsser  Jean  de  llonlongne  et  réparé  |iar  du  soucine,  600  livres. —  (ii.  Donneuse 
rouefti'e  et  im  sat>re  ipii  la  regarde,  de  i5  |)ouces  de  long,  le  modèle  aussi  fait 
dudil  Mc>«>er  Jean  de  ISoulongne,  réparé  du  soucine  (Susiiii.  ('lè\c  de  ,1.  de  Bolo 
gnc."")  a.'io  li\res.        (\>.  I  ne   femme  accroupie,   du    même   (pu-   dcs.Mis,   ii>o  livres. 

—  CI.  L'n  Tiijre  i/ni  lerrasse  un  laareau.  le  lonl  de  liioiuc  de  1  •>  pouces  di-  long,  de 
Mii^nie  que  dessus,  1  .'.o  livres.  —  (l'i.  In  Tain-ean  de  bron/c.  ,1c  niriiir  (|tM'  ilr-xus. 
70  livre».  —  (i,"».  lu  rjieral  ilv  bronze,  ipii  a  une  jand)e  nniiinii'.  ,\r  nirinc  (jur 
de^^us.  70  livres.  (»(i.  t  ne  li^^ure  de  Céoinélrie  de  bronze,  d'un  pied  et  1  2  de  haut. 
de  même  que  dciiNus,  i.'.o  livres.  (i7.  Clailialeur  de  bronze,  de  i  '1  pouces  de  haut, 
ile  même  que  .lessus,  1 -jo  livres.  —  C.S.  t  n  Cheral  de  bimi/c.  di'  la  façon  <l<s  mêmes 
qui-  ile-suH,  1,0  livre»  (1,,.  j,,.  Haris.senienl  des  Sahines,  dt  broti/e.  de  •)  >  pouces  ,U- 
haut,  de  la  fiicon  ilr^  même»  (pie  dessus,  (i.'m  livres.  —  70.  I  n  t.inn  i/ai  li-rrasse  un 
rheeiil,  le  tout  de  br.)n/e.  de»  même»  ipie  de»us,  j.io  livres.  71  I  jie  \  ,'iilis  de 
hronu-,  de  !.■{  pouces  de  haut,  de  la  façon  dudit  llonlongne,  et  n'p.ii.c  du  soucine, 
lïM  livre».  -  71.  (  Il  Saiiijlier,  de  br..ii/e,  au>si  de  Mes^r  Jean  de  lioiibuigne.  et 
réparé  ilii  Miiicine,  lio  livre».  —  73.  I.e  groupe  d'un  Taureau  de  rarnèse.  avec  toutes 

le»  «Klllr»  qui    .11    dépriid.iil.    \r   |,miI    .Ir   b|,,|,/r.   d<'    17   pou. es  <le    liMld    Mil     lA   poilC.-s 


Kl  I.  Il  i;i.i  i;i     II  V  N  s    SON    I'  \  I 


69 


lie  l;iij,'r.  aussi  ilo  Mcsscr  .li'an  tic  I>iiiiIum;.mii'.  n'pan'  du  MHiciiic.  i..').'i(i  livres. — 
7 '1 .  1  II  llrniili:  de  hnni/.e  unir.  a\ee  une  peau  de  limi  sur  xiii  l'iiaiile  droile.  tenant 
de  la  iiuiiu  une  massue.  1  ■>  li\  les.  -  -  7,").  La  liffuro  (11111  l'hilun.  de  bi(jn/.e  noir, 
(le  10  pouces  de  lianl.  a>aiil  le  cliien  Cerbère  à  ses  pieds.  .").'»  JiMcs.  —  7(1.  La  lij,nne 
(l'un  Écorché,  de  hroii/e  noir,  100  livres. —  77.  1  ti  Ilcrmlr.  de  iinm/e  noir,  assis  et 
tenant  sa  massue  de  la  uiain  droite,  et  l'autre  main 
ap|Hiyt'e  sur  sa  cuisse,  .m  livres. —  TS-yç).  Deux 
(i;,niies,  cle  bron/.e  noir,  de  7  pouces  i  •>  de  liant, 
l'une  repr(?sentanl  Snliimr  cl  ranlic  un  Ijin/in. 
3.")  livres.  —  (So.  l  ne  petile  li^^ure  de  liinii/e  \ert 
anticiue,  de  G  pouces  de  liaiil.  i'e|)i('sentaiil  nue 
Miisi',  à  qui  man<[ue  nue  main.  i|i'  !i\res. — 
81.  Une  petite  Pallas  de  bronze  noir,  de  .">  pouces 
tie  haut,  tenant  de  sa  main  ;:ancbe  sa  rondaelie, 
■il  livres.  —  82.  Une  autre  petite  tifjrure  de  bron/.e 
antique  vert,  représentant  la  diîesse  Cylirlr.  hupiellc 
n'a  |)oint  de  bras,  'io  livres.  —  83.  I  ne  fij,'Uic 
de  bronze  noir  couchée,  de  20  pouces  de  long, 
rcpri'sentant  la  Nuit,  de  Michcl-.Vnge  Huenorotta, 
•!oo  livres.  —  8f\.  La  tète  de  Sénr<]iie,  de  bronze, 
de  '1  ])()uces  i  2  de  haut,  10  livres.  —  85  8(i.  Dcu\ 
tiMcs  d'enfant  de  marbre  Idanc,  antiqucs,'8o  livres. 
—  87,  Une  tète  et  buste,  de  bronze  noir,  d'un 
jeune  homme,  de  6  pouces  de  haut.  3."t  livres,  — 
^8.  Une  figure  antique  d'un  jeune  iiumme.  de 
bronze  vert,  avant  11  pouces  de  haut,  lecpiel  n'a 
point  de  bras,  70  livres. —  89.  Lue  Cérès  dalbilre 
blanc,  d'un  pied  de  haut,  70  livres. —  90.  Lnc 
ligure  de  .\ei)tuii<',  assis  sur  une  coquille,  accom- 
pagné de   trois   ciievaux    el    un   triton  marin,  de 

21  pouces  de  haut  el  2  pieds  en  carré,  282  livres. —  <)i.  I  n  nidiislre  nu  iduh 
Indes,  de  bronze  noir,  120  livres.  —  92.  Vnc  tt^'te  de  terre.  (|ui  est  le  porirail  de 
IMeliein  (le  seulpleiii-  l'ieeiiii!'|.  m  livres,  —  i),'!.  I  n  pelil  caiicni  sur  smi  mIIViI,  le 
ImiiI  de  lirmi/e.    >  1    livres,  (j'i.   I   ne  ciiiiinne  el    pic'deslal    d'i'lièiie.  |Mirl('c  île   ijniilie 

consdles,  sur  laipielle  eolonne  est  portée  nue  boule  (Jii  il  \  a  des  igines  el  jiavsages 
figurés  en  dedans,  qui  est  le  nidnrel  d'une  sorte  de  niailMC  (pii  einil  ,'i  l^'loi-ence, 
la(pielle  boule  est  rcteiiiK'  par  ijualre  mas(|ues  et  (piehpies  autres  (uneiuents  de 
bronze,  120  livres.  —  (),').  l  11   vase  de  terre,  (i.")   livres. 

hfuis  lu  salle  basse,  sous  la  cltfunbre  du  C(U'di/i(il  :  (jCk  Lnc  figure  de  bronze 
représeiilant  une  Némis  moulée  sur  l'antiipie,  ipii  est  au  palais  de  \lédiei^.  à  linine. 
avant  '1  pieds  lo  pouces  de  liaiil.  1  .Nno  livres. —  97.  l  n  Silène,  de  luailii'c  blanc, 
aiititpie.  avant  .'!  pieds  10  |)onces  de  haut,  restauré,  Soo  livres.  —  98.  I  n  (jifiiiloii, 
avant  3  jtieds  m  pouces  de  haut,  moderne,  .'loo  livi'es.  —  99.  Jeune  homme  appiivé 
sur  un  trcjiic  d'arl)re  où  il  y  a  un  cnjcodile  sculplt',  de  '1  pieil>  de  liani,  li'  iMips 
aiitiipie,  la  t('tc  restaurée,  G3o  livres, —  100.  lue  Miaerre,  de  muibre,  de   \  |iii(N  1   •> 


LE  l'OnrnAiT  de  gaston  de  fou 

Peint  dan«  la  Galerie  des  Hommes  illustre 
Par   Pli,  de  Cliampaignc 

(Fa.-sii 


c    de   la   gravure   du    vohm 
l.a    Colombcrc.    i(.6g) 


des 


«O  I-E      PAI.AIS-ROT  AL 

Je  liaul,  les  ileii\  lnu»  i-l  la  lèle  ie.s(;imT>.  le  irsl.-  aiiticiuc.  S.u)  livres.  —  loi.  Une 
\.'/(/M  houleuse,  de  'i  pieds  de  haut,  de  niarbir  Miiiic  aiiliciiie.  reslauiée,  700  livres. 
—  ni!.  Jeune  lioiiiiiie.  de  marbre  blaiio.  de  0  [lieds  i  !>  de  hatd.  lenaiit  en  la  main 
une  forme  de  bàlon  el  laulre  main  lendne,  le  eorps  antique,  le  reste  restauré. 
i.jiM»  lixres.  —  lo.J.  l  n  liiuclitu^.  de  mariire  blanc,  de  .')  pieds  de  haut,  aeeompa<.Mic 
d'un  lijiiv,  le  eorps  el  la  tète  anlicpies.  S.'io  livres. —  lo'i.  l  ne  \cntis  hnnirusc. 
lie  marbre  blane,  de  G  pieds  \  ■>.  de  haut,  avant  nu  (lau|)hin  proche  (l'ille.  le 
corps  el  la  lèle  antiques,  1,100  livres. —  loô.  Lu  l'àiis.  de  marljrc  Idaiic.  de 
.')  pieds  1  ••  de  haul.  aulique,  restauré,  1,200  livres. —  loG.  l  ne  figure  de  r(iimu\ 
en  marbre  blanc,  de  '1  pieds  de  haut,  ayant  la  main  droite  sur  son  telin  gauche 
el  laulre  sur  sa  partie  houleuse.  anli([ue,  restaurée,  ~'io  livres. —  107.  ('•UuUaleiir, 
de  marbre  blanc,  antiipie.  de  7  pieds  de  haut,  tenant  un  coutelas  en  sa  main. 
a>anl  lc>  liras  t-l  Icsjamiies  restaurées,  i.î'm  livres. —  108.  In  Mercure,  de  marbre 
blanc.  >aus  talmudères,  de  '1  pieds  de  haut,  antique,  rcslimré.  (loo  li\res. — 
KM).  Miiierre,  de  marbre  blanc,  anticpn-.  de  .")  pieds  1  >  de  haut,  restaurée, 
i.ioo  li\res. —  110.  Mercure,  de  marbre  Idanc,  i\c  (i  pieds  .i  jiouees  do  haut, 
a\ec  taloniiicres  aux  pieds,  aidicpie,  restauré,  i,3oo  livres.  —  m.  Une  Cérès. 
de  marbre  blanc,  antique,  de  4  pieds  i  ■_>.  de  haut,  i,85o  livres. —  ii.!.  Un  .U«ra. 
de  marbre  blane,  anli(|ue.  de  (i  pieds  3  pouces  de  haut,  restauré,  1,200  livres. — 
ii.r  I  ne  \énus,  de  marbre  blanc,  aidique,  de  .">  pieds  3  ponces  de  haut,  ayant  un 
dauphin  prcs  délie,  icstaurée.  (S.'io  livres. —  ii'|.  Un  jeune  homme,  de  marbre 
blanc  anli(|ue,  i,j,">o  livres. —  11.").  Figure  de  femme  \rliic  de  gaze,  antique, 
rolaurce,  i,t)oo  livres. —  ii(i.  Un  Pilris,  de  marbre  blanc,  de  (i  |)ieds  1  2  de  haul. 
antique,  restauré,  i,.")oo  livres. —  117.  l  11  jeune  houuue,  tie  marbre  blanc,  de 
.'»  pic<N  de  haut  |qui'  V Inrenlnire  attriliiie  à  Haccio  Hnndinellij.  i,()00  livres. — 
iiX.  t  lu-  ti^rmc  de  inaibic  IiImmc.  de  (i  pieds  1  ■.>  de  iiaiil.  (pii  n'a  (pic  le  corps 
antique,  i.-i.'in  lisies. —  iiç).  t  ti  Murs,  de  mar'liic  lilaiic.  de  (i  pieds  3  potices  de 
haut,  avanl  h*  cascpie  en  tèle.  aidicpie.  ii'>laiin'.  i.mik  livres.  —  i->i).  I  11  liarrlui.';.  de 
marbre  blanc,  de '1  pieds  1  •.•  de  haul.  anti<[ue.  reslaiirt'.  Sno  livres. —  1  •>  1 .  l  ne  ligure 
repréftenlanl  un  ('.nusul  tenant  de  la  main  gauciie  un  rouleau  de  papier.  aiili([ue, 
i,3i«i  lixres.  —  \-\-f..  I  n  {jinUon,  de  marbre  blanc.  anti([ue.  de  '1  pieds  1  ■>  de  haut. 
ajnnl  sa  Ivre  pemhie  à  un  tronc  d'arbic  |)ro(die  de  lui.  aniicpie.  reslauii'.  Soo  livres. 

—  la.l.  I  n  autre  I/10//0//.  de  mariire  lilaiic,  de  (i  |)ieds  de  li;iiil  :ip|)u\(''  sur  sa  lyre, 
antirpie.  re-laiiré.  i.liot»  livres.  -  \  <\.  I  ne  ligure  de  mariire  Idaiie.  de  (>  pieds  de 
haul.  le  bras  élc|idu  «'t  tenaiil  un  li.'ilnn.  aiiticpie.  l'cslanrée,  i.'i.'"  Ii\rcs.  —  1  ■'.'>.  l  11 
lUicvhuM,  de  uunbre  blanc,  de  '1  jiieds  S  pouces  de  haul.  antirpie.  restauré,  1  .o-'io  livres. 

—  iili.  I  ne  l'.ërvs,  de  marbre  blanc,  «le  .'•  pieds  S  pouces  de  haul,  aniicpie,  restaurée, 
L.'i.'io  livre». —  I-J7.  In  Faune,  de  mariire  blanc,  de  .")  pied>  de  liaul.  auliipie. 
renlauré,  l.o.'io  livre».  l'X.  I  n  llueelius.  de  mariirc'  iilane.  de  (i  pied.N  de  liant. 
lenoiil  de  ia  main  f^nilcbe  un  aili<  haul.  aniique.  reKlann-,  i.'|.'>'i  li\res.  —  i'>i|.  I  ne 
'.Vr^.f,  de  marbre  blanc,  lenani  un  speclie  el  de>  épis  de  blé,  antique,  icstauiée, 
i,.*M>ii  livre».  —  i3<>.  I  n  Ihreule,  de  .'i  pieds  de  haut,  de  marbre  blanc,  aniicpie, 
re»lauré,  i.^oo  livre». —  i3i  I  ni"  ligiin-  de  femine  tenant  nn  sceptre,  anticpie. 
reolaiirée.  Iï.'mi  livres.  —  i3'i.  I  ne  ligure  de  Murs,  de  mariire  blanc,  antique,  de 
r»  pied»  X  poiiiro  de    li.nil.    ri-lainée.    i.'."hi   liMi-s. —   |,{.{.    1  n,'   ,S'/7.v//c.   de    marbre 


Il  IC  II  Kll  I    I         l>KNS      SUN       l'VI.VlS  "TI 

liliiiic,  (le  II  i>it'(l>  (|4'  hiiiil,  :iiilii|iK\  it'sliimro,  i.ooo  Hm'i's. —  i.i'i.  l  ii  lldcrliiis,  île 
iiuiilno,  appiiyr  sur  un  tronc  (rail)i('.  iiiiliiiiio,  rcslaiirr,  i. ■.>,">»)  IImos. —  i;}.').  Lu 
Mt'rruri',  ilo  maihro  l)laiic,  ilc  G  pieds  do  haiil.  a\aiil  niic  iiianic  sur  les  épaules, 
antique,  restauré.  i,5jo  livres. —  i'M>.  In  petit  Hitrclius,  de  iiiaii)ic  lilam  .  de 
S  pieds  'i  pouces  de  haut,  antique,  restauré.  .s.")o  liMes. —  t'A-,  lue  (j'-iî-s,  de 
niari)re  l)laiie,  de  (i  ])ieds  •>  |)Ouees  de  iiaul,  leiiaiil  des  pavots  et  des  épis  de  l)lé, 
antique,  restaurée,  i,.')oo  liMes. —  i.'iS.  lue  tète  de  liriilus.  de  marbre  i)laiic.  ayant 
sur  l'épaule  un  hoiiton  jaune,  anticiue,  i,r)00  livres. —  l'.U).  Ine  tète  d'  Xçiripiniu-. 
en  marbre  l)laiir.  aiili(|iic.  i  .."njo  livres. —  i '|0  i 'i  i .  l)eii\  hiislcs  ilaljjàlri'  uriiiilai, 
sans  lèlcs,  200  liNres. 

Une  telle  iiomonclalurc  peut  paraître  raslidieuse,  mais  elle  donne  Tidée 
(le  toutes  les  merveilles  entassées  par  Hielielieu.  Dans  le  jardin,  on  admirait 
égalonuMd,  outre  les  .sculptures  ipii  entouraient  le  rond  d'eau  et  (pii  étaient 
au  nombre  de  seize,  une  statue  de  (ildilidteiir,  en  liron/e,  de  si\  pieds  et 
demi   de   haut. 

Quant  aux  tableaux,  on  n'en  comptait,  d'après  M.  de  Hoislisie,  pas  moins 
de  300  dispersés  dans  les  divers  a|)partemeiits  du  l'alais-dardinal.  Malheureu- 
semenl  nous  n'en  avons  pas  la  liste  complète,  et  nous  ne  pouvons,  comme 
pour  les  sculptures,  indicpier  les  endroits  où  ils  étaient  placés.  Nous  savons 
cependant  que  dans  rappartement  de  la  reine  se  trouvaient  la  Sainte  Anne 
de  Léonard  de  Mnci,  acbetée  en  1  (!•:>()  par  le  cardinal  en  Italie,  et  la  Famille  de 
la  ]'ierge  d'Andréa  del  Saito.  (pii  sont  maintenant  au  Louvre.  D'autres  pein- 
tures encore,  provenant  de  la  eolleetion  du  Palais-tlardinal,  sont  également 
aujourd'hui  dans  notre  grand  musée.  Telles  sont  :  les  Pèlerins  d'Emmaiis 
de  Paul  ^éronèse,  lùiêe  et  Anchise  du  Spada,  attribué,  à  l'orii.'^ine,  au 
Dominiquin  ou  à  Louis  (iarrache":  deux  Bacchanales  du  Poussin,  Saint 
Sébastien  de  Louis  Carrache,  domié  à  Uicbelieu  par  le  duc  de  Montmorencv  ^ 
et  (jiii  demeura  lon^^lemps  à  ^  cisailles  dans  le  ^^raiid  apparlemeril  du  roi'. 
(  hic|(|ues-uns  des  plus  |)r(''cieu\  tableauv,  ncihIus  après  la  moil  de  Kiclielieu, 
l'urenl  aijieli's  par  le  H('';;('nl  et  rexiureni  dans  l'ariciemie  demeure  du  cardinal, 
puis  |i,is>-èieiil  rii  \  n;.;  lelerre,  lors  de  la  Ui'\  olulion,  dans  les  conditions  (|iie 
je  dirai.  ()nlre  ce  cpii  \ient  d'être  cil('',  l.i  colleclioii  comiMcriail  de>  o'n\res 
di'-.  plu>  ('■miiienl--  maîtres.  ||  \  cii  ,i\ail  de  Kapiiai'!,  de  .Iules  Hoiiiain,  du 
Titien,  de  Sol.irio,  ,!,•  Luini.  de  .|..;,,i  Hellini.  d.-  \icoll.p  dril'  \l.l,ale.  ilu 
C(jrrî'f;e,  de   1" Albaiif,  du  (iuide.  de  (ilaude  Lorrain,  de   L(d)run.  de  Kuliens.  de 

1.  Ces  <li'ii\  l;il)li';iii\  n-lrhics  liiiriil  llaM^[H)l  li's  /i  l'iiiihiiiicbliMM.  apii's  l;i  iiuiil  du  cardiiKil. 
par  iirilrf  (l'Viiiic  il' Viiliiciic. 

•I.   Sm.nt-Simon,    Mt-niiiires,    I.    I". 

:i.  Inventaire  des  tahleau.n  du  mi,  par  I(am.i.y.  |)iil)lir  par  !•'.  l"s(;rniNii  1  i.Si)i).  iii-S"').  p.  l'i."?.  <"i' 
lalilcail  .iNail  rlô  crnovr  par  le  cardinal  an  rliàlcaii  de  lUclii'licu  rii  iiic'^mc  li'nip>  qui'  li-^  ik'iu 
Captijs  dr   Miciicl- .Viigu. 


-,  I.E     PAI.AIS-HOY  \L 

I  ■" 

l'niliii^.  i-lr.  Le  resle  se  LOinjx.-iait  do  Bolonais  et  de  Loinhaids,  très  en  laveur 
au  \\i\'  siècle'. 

J.A  CIIAI'KI.I.K 

l,a  tlia|>flle  se  trouvail  dans  l'aile  ^aiiclu'  de  la  dciixiruic  cour,  (Icn  irii' 
la  (lalrrie  di-s  Hoiunies  illushes.  Elle  était  oiiire  de  belles  seul|ilMr(-s  ;  il  \ 
a>ail  nutaiMiuiiit  uni-  Vierge  tenant  l'Enfant  Jcsus,  et  un  Saint  Jean-Uaptistc 
avec  iaancun,  par  l.e  Meiiiin,  toutes  deux  déeorées  des  armes  de  Son  Knii- 
nenec.  Mais  ec  i|iii  en  l;ii-ait  une  des  prineipales  curiosités  di'  Paris,  celait 
In  ina^'iiilicence  des  objets  ser\ant  an  culte,  ([ui  étaient  en  or  massif  et  enrichis 
de    «rros    diamants. 

Ou  roniar(|uiiit —  ilit  l>iilaiMc" —  parmi  ces  précieux  objets,  deux  cliandeliers 
d"éj;liso  enlièreinenl  en  nr.  éniaillés,  enrichis  ilc  ■.>,.")iG  dianians...  On  comptoil 
sur  les  burettes,  pareillement  d'or  cniaillé,  \.:>Xy>  diamans.  La  croix,  i\o  io  j)ouces 
9  lii^nes  de  lunitenr,  portnit  un  christ  en  or  massif,  doiil  la  ciuiruinie  et  la  drapei'ie 
éli>il  garnie  de  diamans.  Les  Ileiirrs  du  cardinal  faisoient  partie  de  sa  ebajjelle... 
loi  couverture,  en  maroipiin,  était  entourée  de  lames  d'or;  sur  une  de  ses  faces, 
on  voyoil  lUi  méduillon  en  ur  éiiuiillé,  nirrant  la  li-^ure  de  ce  cardinal  i|ui.  à 
l'instar  «les  em|K'i-eur>,  tenuit  en  main  le  jrlolie  du  monde:  (pialie  any:es  venoieiit, 
des  (|ua(re  coins,  poser  des  eouromies  de  llems  sur  sa  tète. 

.\u-dessous,  uni"  inscription  laline  :  Ctu/iit.  Uii  a  \u(|).  ,'{())(pie  Hiclielien 
nvnit,  en  lU.'Wi,  donné  au  roi  celle  s|»lendide  chapelle  et  le  bnll'et  d'argent  (pii 
raccoinpa;.'nait,  pe-^ant  troi^  mille  in,i rc>i  :  il  conlirma  le  don  |)ar  son  leslament. 
Kn  iti'i)'..  Amie  d'Aulricbe  i  rui  devoir  i.iire  faiic  l'inNentaire  (It'laillé'  de  ces 
merveilles,  et  ce  document  nous  e-.t  par\enii.  11  i'--!  assez  curieux  pour 
inériti'i'  il'ètr'e   reproduit    ici': 

Aujounlbui  \\NI  auril  lO'iC),  le  llny  c^liuil  ;i  Paris,  de  l'axis  de  la  Uu\ne 
FW>K»*nt«'  '*»  mère,  et  en  présence  de  Mon-ienr  le  l'rincc  île  Coudé,  premier  prince 
du  sîinj.',  et  lie  M.  Se^'uier,  chancelier  de  !•  ranci-,  commis  à  eel  elle!.  Sa  Majesté 
Il  fait  procéder  à  la  xerillicatioii  des  |)ifires  précieuses,  diamans.  lubis,  a;.'altes 
cl    perle»   4pn    .se    sont  Irouxées   en    jibisieurs    pièces  de    la    <liap|)elle    donnée    '.\    la 

(ioiiroiiiir    pur   le   feu    sieur  cardinal   iluc    de    Hiclielien    |iar    (onir.il    du    i  '  j de 

juin  lli.Wi;  tIcHipiflles  a  esté  dressé  le  piv-ent  iineidaire,  el  l;i  pri-i'e  l'aiele  jeu- 
l-'riinvoJ!)  ilu  Jurilin  el  Miv.mdi.'  (:..ml..i-,  ni|dii"\i«-<  il  joailliei>  de  Sa  Nhijesli'. 
riiinnio  itVnRuit  : 

l'rennèrenieni  :  </  iinr  nniinlr  rnn.r  :  •>  i  •.  «Mamans  espoin  -oui  autour  des  trois 
Krandes    fleurn    île    lis,    i-<.liMii's    ensemble    à     i  t    livres    pièce.    i\      '.."l'i'i     livres. — 

I.   Fil     IW»«»»»ri.   Ilri-hrrt-hfi  «iir  /ri  cuUrctiuii»  i/r  Itii-lirlini  (  iS,s:l.  in-N'i,  ji.   -jo. 
I.   I>i  i.«i  nr,   lliihiirr  itr  l'uriê 

3.  iiti>itoiii<i|iif  iiaiinii.iir   MM    rr   iH.:,:<i.  ua.  ih. 


Il  I  C  M  I    I    I  I    ( 


IN       !•  \  I    \  IS 


73 

I)  (liiiriiaiis  riiccllf  au  iiiilii'ii  des  llciirs  di-  lis,  à  ooo  IImcs  piôco,  cy  a.oj-.!  livres. 
'.\'A  (liamaiis  à  ri-crilun-  di-  la  croix,  à  (5  livres  |)ièee,  cy  kjS  livres.  —  3o  petits 
(liainaiis  au\  lettres,  à  '1  li\res  pièeo.  cy  luo  liviis. —  i.i'i  iliamaiis  au  soleil  de 
la  cioix,  à  G  livres  pièce,  cy  Oyo  livres. —  -.fi'i  mu-  la  croiv  cl  Mir  jjied,  à  'i'i 
iJNi'cs   pièce,   cy   r),i,"î(i   livres. —  11    ,m   la    cniiromic  du    rrucilix.  '1    i(i   li\rcs    pièce, 


La  Trémoillk,   par    Ph.   de  Clumpaigiic 


U  CarJiiial  G.  L'Ainoiit,  par  Simuu  Voucl 


DÉCO  II  \T  ION      ne      I.  A      GALEUIE      DES      HOMMES      ILLUSTIIES 
{D*aprés  Jcs  gravures  du  volume  de  La  Colombièrc,   16^9) 

cy  l'itj  Ii\res.  —  '.\  aux  deux  uiains  cl  |)icds,  à  .Ki  lisics  |)iècc,  cy  loS  livres. —  lo'i 
au  linge,  à  9  livres  pièce,  cy  i.'}.-'.î  livres. —  12  diainans  faibles  au-dessous  des 
pieds,  à  10  livres  pièce,  cy  120  livres.  —  792  en  toute  la  croix,  (pii  valent 
i3,3o/|  livres.  —  La  façon  de  la  croix  3, 000  livres.  —  Soinine  à  quoi  monlc  la 
croix:  20,162   livres. 

Deux  cliundt'licrs  :  Ils  uiduIciiI  à  la  somme  de  'ii).7'|3  livres.  —  Le  cdlin'  et 
la  iiiilèite  :  les  dianiaus,  l'(u-  et  façon:  '|i|..'ii  li\res.  —  Les  deux  burelles  :  les 
dianians,  l'or  et  la  l'açnu  :  i.l.iC.j  Hmcs.  —  Le  eihoire  de  dianiaus  el  rubis: 
monte  à  la  somme  de  H, 289  livres.  —  Le  gnuiiilloii  d'un  bénilier  :  diamans,  or 
et  façon:  2.7()2  livres.  —  ]m  figure  de  lu  Vienje  :  '|3,5()3  livres.  —  Lu  figure  de 
saint  Louis  :  monte  à  i '1,777  livres.  —  La  Paix:  2  agallies,  l'une  duiii»  \  icrgc, 
l'autre  d'un  saint  Tiiarles,  estimées  à  100  livres  pièce,  cy  200  livres.  —  i.l  grosses 
perles  plates,  à  10  écus  pièce,  cy  38o  livres. —  iG  plus  petites,  à  3  livres,  cy 
/|8  livres. —  i  grand  grand  rubis  table,  100  livres. —  i3o  petits  rubis  à  20  sols 
pièce,  cy   i3o  livres.  —  2   colonnes   dagallie,   de   Go   livres   jjièce,    cy    lao  livres. 


^I.AI^-HOTAI. 


-/|  i,i:    V  \  I  \i>-uriY  VI. 

—  Lo  ii'sic  des  af.'all.es.  li^iiin-s  et  cornalines,   i5o  livres.  —  iùi  ci  et  ar-eiit  doré, 
aoo  li\res.  —  La  favou,  2<>u  livres. 

Toules  lesquelles  pierres  précieuses  ont  été  commises  es  garde  de  M.  Alexandre 
Courtois,   pour  en   repondre  à  Sa  Majesté. 

Siijn<' :  Lotis.  Dk  faKM-G.vLn. 

On  sait  (jue  ces  piv.ieiiv  ..iijcts,  (|iii  li^iiraiciil  encore  ;i  Vlinwntdirr  de 
Iti  Couronne  en  i;;)!,  ont  disparu  iieiidanl  la  K(''\(.lulinn.  La  croix  copcn- 
ilanl  a\ait  été  pn'serxéo;  elle  était  restée  à  rarcln'vèciié  de  i'aris,  où  <'llc  iïit 
xolée  lors  du  pilla'.'e  qui  eut  lien  en  juillet  iS.So.  On  lappelail  la  Cmi.v 
/Ktlatine,  parce  tpie,  dit-on.  lU.li.licii  s'éiail  lail  (.iiviir  Ions  les  saiulnairos 
de  l'Kurope  poni'  composer  ce  reiiipiaire,  en  l'orine  de  croi\  latine.  Lois(|n"ello 
sortait  de  léj^dise  Notre-Dame,  elle  était  portée  sous  un  dais  par  si\  chanoi- 
nes ipii  ne  de\aienl  jamais  |;i  pcrdiv  .le  \ne.  Kllc  élail  escoih'v  jiai  (piaraide 
fjrenatliei-s  au\  ^'ardes  françaises,  et  les  lron|)(s  présentaient  les  armes  sur 
son   passaj,'e'. 


i.\   nii'd.ioTiiKtu  !■: 

La  liil)liotliè<pie  était  oint'e  <le  cincpiaide-huit  portraits  d'hommes  illustres, 
de  den\  pieds  de  haid  sur  \in^'t  pouces  de  larj.'e,  copic's  d'après  divers  maîtres^. 
C'était  la  plus  riche  tt  la  mieux  ami'na^éc  de  l'aiis  avant  celle  de  Mazaiin  et 
ipii  a\ait  é-té'  instalh'e  dans  lui  corps  de  hàtimeni  spécial,  joi^naiil  le  palais 
du  côti-  de  la  rue  lUcInlirii,  poin-  cpie  le  pnlilic.  jtlns  tai'd.  put  y  avoir  |)lus 
faiilemeid  accès.  (!e  hàtinH'iil  devait  rire  complt'lc'  par  I'IkMcI  (pie  projetait 
de  faire  construire  le  cardinal,  et  on  il  voulait  (pilialiitàl  son  |)elil -neveu. 
héritier  de  sun  nom.  ^Llis  ses  intentions,  si  formelliMnent  stipuK'es  dans  son 
leslameiil  et  ipil  mari|ualent  daris  tpielle  lilic'rale  et  j.n'né'rense  prc'vovance 
il  avait  voulu  ouvrir  sa  hililiothètpie  aux  .savants.  ,in\  liommes  de  lettres,  ne 
fun-nt  pas  respectées.  <  In  verra  pai-  l.i  suite  (pie  l;i  ::aleiie  (  oninienc('e  |)oiir 
contenir  li's  livres  lesl.i  Inaelievé-e  et  reçut  nue  Imil  aulre  deslinal  ion .  irniielieu 
n'avait  rien  né-;.di;.'i'  pour  ré-unir  une  <ollcc|ion  d"ouvraj,'es  de  choix,  lin 
i(ijf<,  «près  la  prise  di'  La  Mochelle.  Louis  \||I  hii  avait  permis  de  semparer 
de  ton!  le  ipi'..n  .ivail  trouvé-  dans  |.i  hililiolhèipii'  pnlill<|ue  di'  l;i  ville.  IMns 
l.iid.  le  ministre  avait  envové-  les  savants  .laccpies  (i.illVel  en  Halle,  el  .le.iii 
lileman    Stella  l'U    \llenia;riie.    pour    )    ac(|uérii     Ir.iites    sortes   de    inamistiilb 

I.  Sam>ntir$  lU  In  iminiiiitr  ilr  f.'rA/ii/,  I.  Il,  p.  ï^ï. 

ï    y.i\    \U>^y\rtf.,  Urrhrrehri  âiir  In  rullfclioiiê  île  Ilirhi-lirii.  p.   u. 


il  ICII  l:i.l  l:l        DANS      SON      l'M.VIS 


nuTS  cl    (ic    \(,liiiiiis   iinViciix.    ,.  cir    il    ii"(''|);iii^iii.il    licii    |)Miir-    ce    (|iii    pmivuil 

COilCCnu'i-    rcmlicllissciiniil    cl    ,iiiMiiiciil,ili le   v;i    l)i|j|i,,tli,'(|uc'.  ..    Il   |);irviiil 

ainsi  ;i  a\iiir   nciil'  cciils   iii.niiivci  il>  cii\ii(iii.  <|iil    riirciil    rclii'--  |i(piii-   l.i   iilii|i.iil 


liKni.ULE     AdbUMMANT     LES     CllEVAL'X     DE     DIOMEDE 
fît      DES      PIIESIIEIIS      TABLEVIX      DE      CHAULES      L  E  B  H  L  N 

(Exi-cuié  pour  le   cardinal   Richelieu) 

i-ii  iii;ii()(|iiiri  niiiffo  à  ses  armes.  Iji  ilidu,  un  aircl  do  ParlciiUMil  lit  liaiis- 
|)(iilcr  Ions  les  li\i-cs  de  Hicliclicii  ;i  la  liil>lio||ic(|iie  de  la  Soihoiiiic,  dont 
le  Iniids  a  i''((''.  iciniine  ou  --ail,  r(''mii,  sons  la  ni''\oliil  ion,  à  la  liiMiollitMjnc 
liai  i<  iiialc. 

I.   Doin    U.  Mil.   Ti'iHr  ilrf  plii.t  hcllfs  bihlinllininrs,   ilVl'i. 


-G  I-E     PM.  MS-IiOVAL 


lUClIF.LIKl     l'HdlKCTKL  H    DKS    MITS 

CoiisicK'i-L'  nmiiiif  aiii.ili'iir  <rart  rt  ciillciliMmicnr.  le  ^raiid  iiiiiiisiro 
incritf  uiio  plaio  à  pari  et  duil  ùliv  mis  an  piviiiirr  raii;^  parmi  les  hommes 
do  ju'oi'il  qui.  au  ^^"'  sit-cli;,  ilumàri'iil  l'i'xcmpk-  do  ce  ([u'oii  pdunail  appeler 
lo  sauvctajirP  des  cIicfs-irioiiMo  dr  l'aidlipiilé.  (lo  ne  l'iil  pas  chez  lui  ciitiaî- 
noiiieiit  ol  pour  céder  à  la  mode,  hieii  (pie  dès  celle  épixpic  commençassent 
à  se  consliluer  à  Paris  ces  cal)incls  de  cnriosilés  cpii  aliaienl  de\cnir  si  nom- 
breux dans  rarîstoci-alie  cl  lo  monde  de  la  litiance.  (l'étail  le  lemps  où,  sous 
l'impulsion  do  (iathoriuo  do  Médicis,  les  cliàloaux  de  Fonlainehlean.  tle  Saiiit- 
Maur,  do  ( !lienoiicean\,  île  Cliaud)ord  s'omplissaioid  des  merveilles  arrachées 
il  rilalio.  De  ;.'rauds  scifîucurs  cc)unue  lo  comu-tahle  de  Miinlmoreiicv,  les 
Neuhillo,  les  (ioidVier  décoraioni  dos  épaves  do  l'arl  du  passé  leurs  châteaux 
cl  leurs  hi'ilols.  On  cilail  les  colloclious  savanlos  de  Peiri'sc  ou  de  Fiau<;ois 
lillhd,  en  province.  I!ii  An^dolerro,  les  antitpies  du  comie  d  Annule  I.  du  duc 
do  huckin<;liam,  du  prince  do  (îallos,  jonissaienl  d  nue  n'|uil,il  ion  uuritée, 
ol  la  l'"i'anco  send)lail  se  laisser-  devancer  dans  une  \iiie  on  il  elail  élraiiiio 
ipi'ille  ne  lût  p,is  ,111  pri'inier  lan^^.  (iràco  ;i  llielulieu.  le  lorrain  perdu  lui 
\ilo  roj;a;:né.  l'.n  (piohpies  aimées,  il  sut  ordexer  ;i  la  (irèco  et  ;i  lllalie 
plusieurs  ooiilainos  de  sculptures,  dos  moreeanv  sans  prix,  des  morveilU'S 
de  liMis  genres.  Aus-il.M  (pi'ij  eul  <'n  main  lo  |)ou\oir,  il  son  servit  avec  une 
passion  vi-rilaltlo  et  acharnée  jxiur  se  former  des  colloclious,  lançant  j)arloul 
dos  émissaires,  dépoiisanl  l'ar^roul  sans  compter,  tantôt  envoyant  son  lldèle 
l,o  \lasle.  prieur  di-s  llochos,  en  mission  à  Florence  ou  îi  lUime.  pour 
couunandor  dos  copies  de  hron/e  et  do  maihro  d'après  les  statue-;  anlii|ne< 
(dès  i(;-j."{);  l.iidôl  cliar;:oanl  le  juif  Lope/.  on  Mazarin,  on  lahhi'  Mnndini.  on 
l' lanchip.nil.  i>n  encmc  si-s  procurems.  les  l)an(|iiiers  (  lanlariiii  el  Seranluni, 
•  le  liiiie  des  a<  ipiisilious  pour  lui'.   Dans  ce  chemiu,   il   ne  sairèta    plus,  il    lut 

insatialilo  ol    no  cessa    p.is   de    saisir  loiiles    les   Dccasidri-  ipii    se    ren< Iraienl. 

Même  après  ja    ii„,il   du   c.ndinal.  la  .lueliesse   d"  \ij:uill onlinnail    d.'  rc'-lor 

I.  \.  Lopo»  t'Inll  un  Juif  uinriMpic  vi-iiu  iri:«|wj.'nf  i-n  riaiirc  vers  iC.o'i  et  <|ni  v  lil  ra|)idcmciil 
fotluuo  ilani  Ir  conum-rrr  <li>»  iliiuiiuiili.  Il  ilrviut  un  di's  faniiliiis  ilc  IlirliilitM.  .pii  riippHiiil  le 
êttgtttiir  llrhriii,.  Tnllt-ninut  ili»  ilinux  ranuilp  un  lM>n  lnur  (pic  lui  jnii.T  le  lardiniil  un  jour  (|Mil  lui 
nvall  n-iiilu  »l«llr  n  lliioil  I..>|h/  rnilini^w  In  roiiKi.in  riilholiquc,  il  fui  consiilliT  du  roi.—  I.abhû 
MimUinl  riait  l'Iiiiinnlni,  dnrininr.  ..  Un,  rus.'-,  «innil  nii-iradanl  à  li.M|ncr.  acliclcr.  vciidiv  et 
rcTrndrr,  -dit  (iu)  l'nlin.  I.r  i  ardin.d  |ki>a  -m"»  wnin-i  iliinr  alili.ivc  il  il'uii  raiioniral.  —  riaiiclii|iaiii. 

iiu>rl  rn  IUlirrn  ttan,  rt  a|>|>.irli<naiil  il  la  uoIiIi-m-  loniaiiH'.  a\aii  (<| dani  le  t;iailedc  inam  liai  de 

rnuip  liant  li-^  anni-r%  dr  t.<>ui«  Mil.  Il  n  doniii-  mui  nom  à  lui  iiarfuni  dr  son  invonlion.  —  OiianI  au\ 
tMni|iiirr*r:anlaHiii  cl  SiTunUmi,  on  li^»  rtlrouvr  dnnçi  IVnlournKc  di-  \la/ai  in.  I.i-  mtoihI  fui  conlioliMir 
«t^ni-ral  iIp  la  mai*iiii  d  Anne  cj' Siililrlif,  i|ul  lui  ItKun  jo.imh.  liMOiiMi  nioil  Ml  \l.  i.i  ltoiM.iM.K, 
V<-/il>iir<-<   Jf  tu   Sitiflf   (Ifi   ii/ilii/iiairri.) 


mcii  ii.i  i:i     i>vNs    SON    i'\i,\is 


(les  acquisitions  qui  anivaiiMil  cmoiv  au  l'alais  de  s, m  iinclc,  tclli'  (|iic  la 
niajruilique  lète  (V.\lc.van(/re.  eu  poipliMC,  (|ui  fut  (Iouikm-  au  sculpicur 
(lirariluii  pour  \)\i\  tics  tra\au\  cxt'cult'-s  par  celui-ci  au  luausdh'c  de  Ilicliclicu 
il  la  Surhonuc.  cl  tpii  csl  aujouidliui  au  Loumc.  La  duchesse  cul  de  uicuie  à 
verser  en  iG'|3  au  cardiual  Mazariu  une  picuiièrc  fois  8.r)0(j  livres,  cl  une  autic 
lois  une  \iu;,'-|aiue  (\<'  mille  livres  pour  (claire 
paver  dans  Houic  ipii'lipies  restes  <le  statues  de 
niaiiire  ipic  l'eu  Monseii^iiciu'  le  tlardiual  v  avoil 
l'ait     acileler  >)  ' . 

Lu  Irait  ;i  signaler  dans  celle  iulali^^alilc 
chasse  au\  olijets  dail  que  liiclielicu  t'onliuua 
jusqu'au  bout  sans  se  lasser,  uièuie  au  uiilieii 
de  ses  plus  grosses  inquiétudes  j)oliti(pies,  cest 
l'espèce  d'àpretc  qu'il  apporta  souvent  ii  se 
l'aire  doniKM'  eu  cadeau  ou  uicuie  ii  solliciter  ce 
(pi'il  ne  pouvait  ac(iuérir.  Ou  sait  avec  quelle  sin- 
gulière facillh'  Il  acce|)la  les  cliels-d'ccuv  l'c^  (les 
(leu\  (\iplij's  de  Michel-Auge,  cl  le  lalileau  de 
Sdiiit  Sebastien  de  Louis  (lariaclie.  (pii  soni 
aujourd'hui  au  Louvre)  (pie  par  dc'li  g('u('reu\  el 
suprême  lui  légua   le  duc  de   Monhuorencv  lors- 

(pi'il  envoya  cehii-ci  ;i  l'échalaud.  (le  n'est  pas  le  seul  e\euq)le  (pi'ou  |)uisse 
citer.  L  u  jour,  en  iCaj),  visitant  Sainte-Cécile  d'.MIti.  il  demanda  ;i  voir  un 
portrait  de  d'Aniboise  qu'on  lui  avait  signalé.  Ou  le  lui  présenta,  et  quand  il 
l'eut  admiré,  il  le  «  demanda  eu  don  (pi'il  porta  à  sou  hôtel  à  Paris  avec 
un  grand  cadre  doré»',  lue  autre  l'ois,  en  i(i'|('.  H  ne  se  gêna  pas  davan- 
tage pour  prier  la  ville  d'Arles  de  lui  accorder  trois  lomhcanv  de  niarhre 
de  l'ancien  cimelière  des  \liscauq)S,  (pi'oii  s'enqiressa  d'ailleurs  de  lui  adres- 
ser, sans  même  lui  lalre  paver  les  l'rals  de  port  :  la  correspondance  échangée 
il  ce  sujet  a'été  conservée'. 

La   passion   de    la    collection    et    du    hilielol    leriail    dom'    lilen    le    cardinal. 

c le    oir    voll.    Mais    cire/    lirl   ('lall-ce    pai'    '•errie   salisfacilorr   de   posst'dcr'   de 

heiles  choses  el  pour  savoui'cr  la  joulssairci;  (pil,  cire/  cerlahrs  airratcur's, 
loiniue  le  hit  par-  cvemple  Ma/arin.  va  prcsrpie  jnsrpr'ir  nrre  espête  de  d('licate 
serrsri.rllle.'  Norr.  Iilchellerr  ire  paraîl  pas  avoir  apparlenu  ;i  celle  caté'goric 
di'  cmieux  (|ni   aiinenl    l'art    pour  l'art,    (à-rlaines  Icllrcs   de   IrrI.    corrrme   celle 

r.   I)K   ItoisLisLE.    Mrmiiircs  île   In   .SnriV/i-  tifx  fiiiliiiiinirr^. 

■j.  Cf.    Mi'inoires   iiianii.scril».   cilùs  par  M.  U.    Tvir.iivrjiis.  de  (lasli-cs.   ilaris   la  './irn/iii/iic  ilfs  nrh 
de    mai     iKMu. 

S.    \iihives   du    imi.sée   du    I.DiiMe.    Z". 


I.E    CAIIDIMI.    DE   niCIIELIEL' 

\  E  II  S  l'ace  de  y  i;  a  n  a  X  t  e   a  s  s 

(D-.irrcs  l'imjil  Je  Pctitot) 


i.i:    p AI.  vis-nnv  vt. 


qiril  tVi-iMiil  à  Le  Masli-  on  iCu,')'.  trinui^nntil  cin'il  nin.iil  pjis,  ,iii  (hliiil, 
un  jruùl  bii'ii  sur  ol  l'u-irô.  Si,  au  contact  de  \lazailii  [rmiI-OIic  et  de  quelques 
autres,  il  accpiit  peu  à  peu  une  certaine  expérience  en  ces  matières,  ce  fut  par 
la  ff)rcf  (les  choses  plus  cpic  par  inclination  vérit;il)!e.  En  se  mettant  en  tète  de 
réunii-  autant  de  taMeauv  i-l  de  statues  anli(|iiis  (|ii"il  poiniail.  il  ne  faisait 
que  suivre  la  lendance  de  son  esprit  qui  le  poilail  à  lunl  voir  (>n  lionnne  d'Klat, 
à  reclierclier  rc  qui  était  -.'rand  et  niaj,Miili(pie,  à  vouloir  pour  la  Trance 
ce  ([ui  lui  paiai^^ait  propre  à  accroître  sou  prestijre,  à  d(''velo|iper  la  culUiie 
inlellecluelle,  à  répandre  le  sentimeid  de  larl  ([ui  devait,  il  le  conq)renail, 
cou(ril)uer  à  policer  les  iuomus  et  à  evercer,  connue  en  Italie,  une  heureuse 
iullueuce  sui-  les  in<In-liies  de  luxe  du  pavs.  'l'el  l'ut,  sendile-l  -  il,  le  \érilalile 
niohile  <pii  lit  du  cardinal  le  |)remier  et  le  pins  considérable  collectionneur 
de  sou  lfuq)S.  lionnne  daclion  avant  tout  et  de  calcul  élevé,  aux  idées  larf,'es 
rt  de  lon^^Mio  prévoyance,  il  ti"eiili-.'|>renail  jamais  rien  sans  hul.  l'oni-  lui,  le 
luxe,  les  hàliineiits,  un  faraud  train  de  maison,  ce  faste  cpiil  aimait,  c'était  le 
si;:ne  evié-rienr  de  la  pniss.nice.  un  in^linnieid  de  domination.  Il  fui  do  même, 
"Ml    pent    le   criiire,    ciilierliMiniein-   par   pulili(pie. 

Il  e>t  certain,  eu  ellet,  (pie  son  exemple  fui  elTicace  à  cet  ('gard,  ef 
d('teriniii:i  l'admirahle  en;.''onenient  en  faxein'  do  lieaux-arts  (pie  Mazarin 
de\elii|ip;i  enioïc  .qiiès  lui  l'i  (pli  alioiilil  au  ina^nirKpie  ('■panoiiissement  flu 
iv;.'ne  de  l.ouis  \l\.  De  i(i,'{()  à  if)'|('.  Paris  vU  surj^ir  (pianiilc-  de  heau\ 
li(*itels  d('coi('s  de  peiuluics  par  les  artistes  de  cette  épo(jU(\  aménajrés  h 
riiiiil.-ition  du  nouvel  InMel  lî.nnliouillel  e|  ornés,  connue  le  Palais-C^ardinal, 
lie  statues  anliipies  et  de  collections  de  toutes  sortes.  C'est  en  iG.'^")  que 
J.-H.  I.aiiiliert  lit  hàtir  par  Le  Van  son  fameux  Ii(*>tel  de  la  rue  Saint-Louis- 
l'U-l  Ile,  d.'iMii-  (pielipio  ;um(''es  plus  lard  par  les  plus  ^■•ramls  peintr(\s. 
Ncrs  cette  iiK'ine  date,  nireiils  construits  IIkMcI  La  \  rilliere,  rue  des  Pelits- 
(;li:iui|)s.    (lexeiiu    eiisnite    IIk'iIcI    de     l'oulonse,    puis    la    BaïKpie    de    France: 

l'l"''lel      de      Cl.      de       jtidliMii.      |,iiiii-lie      di:i;i|      soUs      I.,,i|i-,      \|||.     doill      Le     \  AU 

fui  lari  liilei  le.  el  (pie  siiiion  Noiiel  et  lllaucliard  ornèrenl  de  peintures'; 
rii('>lel  de  La  Moche- (  hinoii.  rue  des  Uoiis- Lnfanis,  el  (|iii  ('lait  ap|)n\(''  sur 
li-«  hàlimenls  du  l'alais-(  Ijitdin.d  :  l'InMel  «Il  lu,  ipiineourl,  pivs  la  porte  neuse 
S,iinl-||(iii(ir(';   s.ms    p.iilei    des   InMels  (■•|e\('s   ,|,,i,s   le   xoisinaf.-^e  de   l,i    demeure 

I.  Cl.  b'VveKKI.,  Lrllrri  i/ii  rnnlinal  ih  llirhrlirii,  l.  I",  p.  77.'..  CcMc  lillio.  iid  rc.'vVf  11  l.c  Mnsic  i\iw 
RkliHIrii  Avail  rnvoyi-  rn  iiil«li>fi  11  lloinc  cl  11  l'ioicriic,  (loiiiic  »  (•«•liiiri  «les  iiisliiiclidiis  IW-s  précises 

an  Mijrl  ili-«  nripii<llinii«  m  M.iliii-'.  il .nl.rc  .1  ilr  Iikiii/i-  .pu-  .li>iiiiil  niiii-lc  ciiidiiiiil.  Il  y  (M  cpics- 

lioii  iMiLiiiiiiM-iil  iriliir -liil 1  il  Mil  I iiiilitiiiil  vitii  ili-   (.iiil^iiiii-   pniii    II-  »  hiittiiil  «le    l.iliinui  :*.  cl 

iUrlicllcii  ii'lii-^ilc  |in<  a  ni  oiiiiii,ii|,|,.|  ipic  In  ilaliic  ipii  iIcMiil  Iciiii  le  li,is>iii  ;!  dciiv  mains  fût  |«ncr 
piiur  nue  Iran  put  rouler.  !.«•  MikIc  ne  «•  n^na  |Ni5t,  diiiis  sa  rcpoiiM-.  poiii  icicvci  ic  ipi'il  y  .ivail 
(il)    iiiamaU   kiiCiI    ilnii»    iiii    |Mrcll  iiir.iii|{ciiii-iil. 

1     (•■'tiii.ilii  lUnr.,   /V(rri/</ii>n  </<•  l'nriâ,  ■'■ililimi  ilc   ili."*;.   p.  .1, 


:i.ii;i     11  AN: 


>      'V'M^  7() 

(If  KiclicliiMi  j>;ii-  les  couilis.ins  cl  K-s  (n'iitiiics  du  mi;, ml  iiiini-liv,  ,|iii  s'ciii- 
pn'ssrrciil  di'  se  i;i|i|in)(liri-  de  lui  {k.iii'  iii1i'ii\  r:ilr(>  leur  coiif,  cuiihik'  (ciiv 
de  \:iriil.  du  coiiscill.r  d'i:hil  l'.aiihii.  (•(iiistniils  par  Le  \aii:  de  'l'iilifiir, 
iiic  drs  i'i'lils-CliaiMi)--  ri  iiic  \i\iiiinc.  !,a  maison  de  ce  dernier  int  aclidée 
pins  laid  par  Cdllx'il.  TonI  à  ciMi',  Ma/arin  devait  liicnltU  se  l'aire  construire 
la  inaiinirnpie  liahitation  sur  reniplaaMueiit  de  lacpielle  est  maintenant  la 
Hihiintlièipie  nationale.  Ainsi,  ^rràce  à  Ui(li(>lieu,  se  Ibrmait  rapidement 
toni  un  (piartier  nouveau,  tpii  avait  d('jà  Mia,,,!,.  alliiic  et  ipii  amenait  le 
prompt  d('veloppeineul  de  la  ville  de  Paris  dans  la  direction  nor<l-onest. 
l.a  plupail  de  ces  Iiahilations  se  disliiiMuaienl  par  uu(>  arcliitectiire  parti- 
culière, Iranchant  sur  les  lial>iludcs  et  le  stvie  du  siccle  piV'cédcul.  roimnc 
aussi  [lar  l'appareil  d(>  la  constructinn.  Ce  n'i'lait  plus  le  caractère  pittoresipie, 
mouvementé,  du  \v  siècle.  La  méthode  (|iii,  sons  le  rèf>-ne  de  Henri  J\', 
dominait  encore  et  avait  inspiré  ces  maisons  oîi  d(>  l'association  de  la  liriipie 
el  de  la  pi<'rre  résulte  une  impression  si  aimable  et  si  ^nxc,  était  é^^alemenl 
abandonnée.  Avec  l'étude  des  monuments  aniitpies,  ou  s'était  adonné  exclu- 
sivement an  régime  de  la  picMie.  La  pierre  permet  plus  de  solidité  et  de 
force,  donne  plus  dampleiu'  au\  constructions  et  lait  à  rornemenlalion 
sculpturale  une  place  qu'elle  n'a  pas  avec  la  bricpie.  Or,  à  la  lin  de  Louis  \lll, 
on  voulait  de  la  sculpture,  des  façades  nobles,  riches,  imposantes  :  on  eut, 
en  revanche,  de  la  lourdeur.  On  avait  été  élancé  et  fluet,  on  se  fit  court 
et  trapu.  «  Les  arts  procèdent  assez  souvent  par  ces  extrêmes,  »  ainsi  que 
le  dit  fort  justement  le  comte  de  Laborde'. 

Dans  ces  demeures  spacieuses,  aérées  par  de  larges  fenêtres,  où  tous  les 
appartements  étaient  distribués  symétriquement,  ayant  vue  d'un  vùlé  sur 
une  cour  d'entrée,  avec  une  porte  coclière  sur  la  rue,  de  l'autre  sur  des 
jardins,  la  mode  voulut  qu'on  ('lahlîl  à  proximité  des  grands  appartements 
de  réception,  et  des  petits  appailements  d"un  confortable  très  relatif,  de  la 
salle  des  bains  et  d'une  oiangerie,  des  grands  ou  des  petits  cabiiu>ts  de 
curiosité  qu'il  devint  de  bon  ton  désormais  de  garnir  d'objets  d'art.  Tout  le 
monde  ne  pouvait  pas  s'olfiir,  connue  Kichelieu,  des  antitpies  h  profusion. 
On  commença  d'abord  par  les  médailles,  les  tapisseries,  les  tableaux,  les 
orfèvreries.  Plus  taid,  vers  ifitio,  s'ajoutèrent  les  laipies  ou  les  porcelaines  de 
la  (lliiiie.  Pour  les  iiic'daillcs.  re\empl(!  partait  de  liant,  car  le  propre  frère 
du  roi,  (Jaslon  d'Oi'léans,  occupait  les  loisirs  ipie  lui  laissaient  la  cha-<sc  el 
ses  incessantes  intrigues  de  révolte  à  en  n'unir  une  collection  doiil  un  ^lainj 
amalciir  de  rouliiii-M'.  le  savant  l''rani;oi~^  l'illiol.  lui  apporta  d'un  seul  coup 
les  plus  riches  ('léments.   On  citait  encore  ;i   Paris,  ii  cette  ('•pocpn-.   les  coller 

1.   I.e  l'alais-Mazariit,  i845,  iii-8*,  p.  ON. 


8o  LK      !■  VL  VIS-HOY  AL 

lions  «le  liil>l.aii\  ou  li'S  Ixaiix  moiiltlrs  de  M.  de  La  \  rillit'iv.  du  duc  de 
rliauliR'S.  di'  M.  d."  Clianlelou,  dr  lioiillv.  du  surintendant  des  bâtiments 
Des  Noyers,  dont  lli.Mel  de  la  iin'  Saiul-llonijié  était  rempli  de  merveilles; 
du  inar(|uis  dT.lliat,  des  frères  Des  N(euds  de  la  Noue,  qui  possédaient 
surtout  de  superbes  médailles;  ou  encore  de  Micliel  de  MaroUes,  dont  le  goût 
i-oiumeiK.ail  à  iiiau-jurer  une  uou\elle  I)ranrhe  dans  la  curiosité,  celle  des 
estampes.  C'est  du  cardinal  de  llirluli.u  ([ue  vient  également  sans  doute 
Tusagc  qui,  tiès  le  milieu  du  wir  sièch'.  siuipo-e  aux  gens  de  (jualité  d"avoir 
elle/  eu\  une  bibliotlit-que.  Pour  Ion!  lionuue  ([ui  se  respectait,  avoir  une 
liililiollièqiie  dans  son  hôtel  était  une  olili^Mlion  alisolue,  un  li'mnii^nage  de 
son  mérite  et  de  i)<>nne  lenni':  n'en  pas  avoir  était  une  lacune  et  prouvait 
ipi'on  n'aurait  pas  été  capable  de  s'en  servir.  Ménage  raconte  cpie  Sorvien,  (pii 
oicupail  im  em|»loi  «'levé  dans  l'I^tat,  voulait  s'acheter  nue  liililiotliècpie 
avant  île  mourir  et  lui  écrivait:  u  Oui'  diroit-on  de  moi.  si  on  ne  trouvoit 
pas  de  bibliothèque  à  mettre  dans  mon  I/ii-e/i/ai/e'?))  Bautru,  homme  d'es- 
prit, ipii  soignait  sa  léputation,  avait  dans  la  charmante  maison  que  Le\au 
lui  avait  bâiie  iiie  Nen\e-des- l'etits-(!hanqi>^  cl  (pi'on  appelait  la  ^rntilli-,  une 
chapelle  ipii  Inmbait  en  ruine,  mais  sa  bibliolhèfpie  jrullVail  prise  !i  aucune 
sorte  de  critiqii'. 

l'.n  css.ivant  d'indiquer  ici  la  pail  (pii  revient  à  Kiciielieu  dans  le  progrès 
lies  «il>  en  l'iancc.  cl  le  niouvcuieul  (pie  la  construction  et  la  dc'coraliijn  du 
l'alais>(  iardinal  cnntriliuèrenl  à  di'vclopper.  il  ne  fan!  pas  ouldier  les  [ap- 
ports du  mini'^lre  avec  les  artistes.  De  nicuie  (piil  --  a|i|ili(|iia  à  encourager 
les  lettres,  il  fonder  1"  Vcadé'mie  française,  loi.ric  Imil  ijalidid  pivs  de  lui, 
.'i  rinMcl  Mé-ln-iiie.  -i  formel-  iiiir  bihlidlliciiue  d.nil  il  Vdulnil  ouviir  l'accès 
au  monde  >a\aiil.  de  même  il  s'éveiliia.  aulaiii  ipie  le  lui  peniiirenl  les 
abritai  ion-,  de  sa  vie  -in;:iilièreineiit  tionbli'e.  à  i'.ivoiiser  les  pciiiires  et  les 
■^culpleiirs  de  1,'ilciil  qui  lui  ('taieiil  signalés.  Ce  ne  l'iil  pas  sa  faute  s'il 
ne  p;ir\iiil  pa>  ii  llvcr  ."i  Paris,  loi-ipi'il  v  vin!  en  ili'io,  lilliisliv  Poussin, 
qu'il  reçut  en  reniiu.iss.int  et  en  le  i  .niililaii!  d"('-gards  '.  Mai-,  il  lit  venir 
d'Vuvers  le  sculpteur  (lé-rard  \aii  (  Mi^lal.  et,  après  l'avoir  l'ail  travailler  au 
Louvre  d'après  les  modèles  de  S;iir.i/in,  lui  coiilia  divers  ouvrages  de  di'co- 
ralion  au  Palais  Canlinal.  Il  coiiviit  d.-  sa  prole,li.,ii  .le:iii  W.iiin.  le  C('lèbre 
graveur   en    ini'dailles.    lequel,    né-    ;i    Lii"-^r,.  ,.,,    ,(;,,',    ,|-,,|,    .„•.,.,,    ||;,,,,.;,|s,    ,'|ait 

venu  II   i'aris  en    i(ii(i,   el    se   voyait    p suivi   sons   r.icciis.ition  de   faii\-mon- 

iiayjii:!'  |ois<pie  Michelieii  le  sauva,  lui  doiui.i  ]y  evéciilei  l.i  iné'daille  de 
h.iiis    Mil  ,1,    i(;.,„.   la    sienne  en    id.io.  et    h'   levélil    de   la   charg.'    de   garde 

I     ilrimiiiiiiin,    I     II,    p.    \i. 

t.  litufllr  iIp   |lr^«iiM>T.    17  diVciiiliri*   iCm,    p.    »i8. 


CAIIUI>\I.      I>E      nICIIELlEU      DAX»     »0»     !•  A  L  A  I  » 

(Gnvurc  c«lrailc  Je  /■    I''    irKi.Muu.  p-ir  Aabcry,    l((o) 


T.    I.    LE  p^I.AlS-lll^T^ 


gg  l.r       P  \l,  \IS-  HOV   M. 

fl  roiiilu.t.-iir  (le  la  Moiiiiai.',  ••ii  iviai.lac'mnil  de  Unir  ()li\icr,  qui  \iMiail 
(If  iiioiuir.  On  a  mi  plus  haut  coimni'iit  K-  cariliiial  avait  soiilciiii  l'liili|)|u' 
d.'  Cliampai^Mi.'.  quil  a\ail  \ni<.  a  ses  (It'bnls,  alors  qu'il  rtail  cuqjlovô  par 
Marii-  dt-  M.'diris  au  l'alais  du  Luxeiuhourfr.  Si  celui-ci  osl  dcveiui  rua 
des  plus  -irands  porlrailislcs  do  son  siccli-,  s'il  nous  a  laissi"  des  clligies 
riMuanpial)l('s  de  tous  les  Ikiuumi's  d'Klal  de  sou  épo(|ue,  depuis  Louis  Xlll 
jusqu'à  Culberl,  c'est  parce  (|ue  Uiclielieu  su!  uieltre  sou  laleul  eu  xo^ue  uoii 
seideuieul  eu  posant  pour  lui  nouilire  de  t'ois,  mais  ni  lui  fai-an!  faire  les 
pnrlraits  des  uieud)res  de  sa  lauiille.  de  sou  livre  l'arclieNèiiue,  de  sou  jeune 
fousiii  de  La  l'orlc.  de  sa  nièce  la  diicliesse  (rVi^uillon.  il  est  à  reinanpier,  du 
rfsle,  que  le  cardinal-duc  eut  le  lion  e-piit  de  faire  appel  au  talent  dr  la  plupart 
des  artistes  (pie  la  reine  Marie  de  Mi'dicis  s'élait  ellorcée  de  jLrrouper  pour 
la  décoration  île  son  palais  du  Luxeinhour^'.  Ils  n'étaient  pas  très  nonibreux, 
car  notiv  école  rrançaise  ne  brillait  pas  alors  d'un  bien  \if  éclat.  Pour  la  pein- 
ture, qui  n'en  était  (piii  ses  débuts,  il  y  axait  une  véritable  pé-nuric  d'artistes. 
A  paît  Siinoii  \oiiet,  dont  le  noiii  éclatait  au  inilieu  de  ce  néant,  et  (pii  ne 
hiillisait  pas  à  rorneinentation  de  tous  les  InMels  neufs  ([non  lui  demandait, 
on  ne  con)|)lail  ;,'uère  cpie  de  pauvres  talents  :  Simon  François  et  L.  de  La 
Dire  eurent  leur  part  dans  ces  travaux  du  Palais-Cardinal,  car  ils  y  déco- 
rèrent la  salle  des  ^'ardis  de  trois  panneaux'.  (lotelle  et  Testeliu  remplissaient 
de  leurs  interprétations  in\tlioloj,'i(pies  l'iiôlel  de  M""  de  (iuéinénée,  place 
llovale:  Moi'lon  li^^Mirait  dans  le  vestibule  de  l'aimable  maison  du  pacillipio 
Maiitrii  les  h'.irnins  ilr  la  \'ir  i^in'rriiif  :  Pli.  Knxter  miiail  le  cliàleau 
de  Cl.  de  Knllion  ii  \N  ideville,  en  Seiiie-et-Oise:  Lrrard,  le  futur  académicien, 
pn'-ludait    par    des   es(piisses    sans    ^'ràce    aux    Mi'tamiii plmsrs    t/'()it(/<\    cpiil 

allait    peindre  ii   l'In'itel    Le   (  lliarron  (  le   père  de   M Colbert),  situé'  ipiai  Nolre- 

|)ame;  \li;.'naid,  encore  adolescent,  était  en  Italie  d'oîi  il  ailressait  au  frère 
de  Kielielieu.  arclievèqne  de  Lvoii,  des  copies  des  (iarraclie  du  Palais  Fariièse, 
et  Lebinii  s.qiprètait  ii  .iller  ii  Uoiiie.  Dautres,  plus  obscurs,  n'ont  point 
laissé  de  trace:  tel  ce  Dncliesne  par  ipii  l'.iclielieii  lit  décorer  le  château  de 
Linioins  ol  sa  cliainbre  an  Palais-Cardinal,  et  auipiel  sans  donli'  il  donn.i 
des  liesoffiies  (pie  les  .iicbives  ne  nous  ri'\è|enl  point.  Le  caidiii.il  de  Kli  Ik  liiii , 
(pii  avait  fait  In  connaissance  de  Hnbens  ipi.iinl  ce  peintre  l'-lait  venu  à  Paris 
en  ifiii,  appelé-  par  Marie  de  Mi'ilicis  pour  la  di'cor.ilion  de  la  j.';dt  rie  du 
Paliiis  du  l.uveiidioiir;,',  ne  manqua  poinl  de  demander  ."i  l'illuslie  artiste 
quelque  niorceau  de  lui  pour  sa  collection  personnelle.  Le  'i  février  ili'."!. 
I  abl»/-  de  Siiinl  -  \nibroise,  en  é-crivaut  îi  Hiilniis  de  se  bâter  de  venir  mettre 
en  place  les  dernières  compiisilioiis  de  l.i  siiiic  (Ir  1,1  \  i,.  ,1,.  \l.iiii'  de  Médicis, 
I.  CcLinii.^,  I.  II.  |i    .Vl'i,  l'I  (iiii.i.i:!   iii.  S\iM   liciiiii.i  N.   W.'iii'<i/vi  ini'-lils.  I.   I  ".  p.   iiK't. 


HIC.  Il  F.  1,1  l:r      DANS     SON      l'M.AlS  83 

lui  donnait  «  la  mesiuc  (rime  piîcc  (|iie  lo  cirdiii.il  de  IU(  lidicu  voudroil 
(le  sa  main,  huiue-llo  lui  di'pl.itt  n'iMio  [)as  pins  ^riandc  ciii-  Il  n'a  ;rardo 
di>  iiiancjuer  à  son  service».  Mais  Hiclielicn,  une  l'ois  Kuhcns  à  l'aiis,  ne 
vonlnl  point  poursuivre  ses  relations  avec  l'artiste,  car  le  cardinal,  (jui  a^ait 
une  |iolice  fort  l)i('n  laite,  ne  l'ut  [)as  l(iiij,Meinps  îi  ap|iicndre  les  menées  du 
peintre-diplomate  et  ses  conciliabules  secrets  avec  Hnckiiipliani,  lequel  venait 
d'arriver  à  Paris  au  mois  de  mai  i  (!•.?.">,  pour  cherdier  Henriette  de  France, 
la  femme  de  Cliarles  1"  d"  \n;.;leterie.  et  il  ne  piil  lui  ('cliapper  (pie  le  nolile 
lord  meltait  une  sin^nilière  insistance  à  se  rencontrer  avec  le  maître  d'Amers, 
(lelui-ci,  en  effet,  poursuivait  alors  d'autres  négociations  que  celles  (|ui  abou- 
tirent d'ailleurs  à  rac(|uisition  pour  100,000  llorins  par  Buckingliani  de  ses 
collections  d'objets  d'art. 

Les  sculpteurs  étaient  plus  nombreu.v  alors  à  Paris  (|ue  les  peintres. 
Maintenus  en  baleine  par  des  travauv  permanents,  comme  ceux  du  Louvre, 
ils  gardaient  des  traditions  cpii  les  rattacbaient  à  un  passé  glorieux  dans 
le  pays  de  France,  (luillauinc  l?eitbelol',  auteur  d'une  fontaine  de  bronze 
dans  le  Palais  du  Lu\embt)urg,  fut  beaucou|)  employc  par  le  cardinal,  pour 
ipii  il  exécuta,  notamment,  au  cbàteau  de  lliciielicu,  dans  le  Poitou,  outre 
la  statue  en  marbre  de  Louis  \III,  une  figure  de  la  liciioniiiicc,  passée  en 
vente  îi  I'IkMcI  Drouot  en  i8r>'i,  et  (pii  se  trouve  maintenant  on  ne  sait  où. 
Parmi  ses  confrères,  il  faut  citer  en  première  ligne,  le  vieux  Nicolas  Guillain, 
l'auteur  du  monument  du  Pont-au-Cliange,  élevé  à  la  gloire  de  Louis  XIII 
et  d'Anne  d'Autriche:  (ulles  (îuériii,  occupé  surtout  au  Louvre;  Pierre  II 
Biard,  à  qui  le  cardinal-ministre  commanda  la  statue  équestre  de  Louis  XIII 
érigée  sur  la  place  Royale:  ,Iacques  Sarrazin,  élève  de  (Juillain,  qui  devait 
devenir  par  la  suite  le  sculpteur  attitré  d'Vniie  d' Vutricbe,  pour  qui  il  fit 
un  buste  en  bronze  de  f.onis  XIV  cnjimf.  (pi'on  plar.a  au  Palais- lloyal, 
ilans  les  appartements   de   la   reine. 

Après  ces  maîtres,  il  comient  de  nienllouner  cncoïc  d'aulrcs  artistes  moins 
connus,  dont  seuIeMicnl  les  noms,  la  |ilii|);irl  du  leiiips.  cl  poiiil  les  onivres, 
.sont  désignés  pailuis  dans  le^  duciinienls  d.'  Ic'iKMpie  :  Clirisloplie  Cochet, 
auteur  d'une  statue  de  Didnii  (|iii  se  Ironx.iil  dans  les  collections  du  cardinal 
de  Richelieu:  Francbeville,  (pii  ne  (piitlait  pas  .leau  de  Hologne.  dont  les 
petits  bronzes  étaient  si  appréciés  «lu  ministre,  comme  ou  a  pu  le  remar(|uer 
plus  haut  dans  l'énumération  des  sculptures  du  Palais-Canlinal  :  Thomas 
Boudin,  qui  fut  (•Iiarg(',  avec  BarlIn'IemN  du  'l'icinbl.iy  et  l'raïK.ois  Bordoni. 
des  bas-reliefs  en  bronze  du  |)i('-deslal  de  la  st.ilue  de  llemi  l\  :  Mi<  lui  lioin- 
din,    à    ipii  on   commanda   en    i(i'|t)    le   mausoU'e   du    comm.uiiiiiir    Vmadt.r  de 

I.   Ne   vol»   ijt<0.  iiioil  le  3o  juin    il/t>S. 


g^  i.i:    1'  \i.  \is  -  no  Y. M. 

Laportc.  oiidc  »lii  canliiial.  (jui  est  maiiilcMiaul  au  l.ouvro':  lUiNstcr.  (ioniiani 
(;iiu\,  Fraiiiiiii,  iiii  d.-s  \iiHi\  sculpteurs  de  lécolo  de  l'ontaiia-ljleau,  qui  Nivait 
eiKr)ri'  en  i(J'|S,  et  aNec  leipiel  llielielieu  était  en  nlaiiou.  car  il  eu  parle  dans 
une  de  ses  lettres  à   Michel   Le  Masle.  etc. 

Ix*  condc  de  Laboiile.  dans  le  voliiiue  si  cuiieu\,  si  saxanl.  cpiil  a  consacré 
an  I*(tlais-.Miizaiin\  lait  honneur  au  ministre  favori  d"  \une  dVulriche,  avec 
une  indid^'ence  (pi'il  est  |M'rnns  de  ju>;er  excessive,  de  heaucou])  (rinuovations 
au  jiuiul  de  \uede  l'eiici  xua^iciueul  des  l»eau\-ails.  dmil  le  UK'iile  rexieut.  eu 
hoinie  justice,  au  cardinal  de  Kiclielieu.  (Tesl  ainsi  ([iiil  alliii)iie  à  sou  héros 
la  nioile  de  se  faire  peindre,  mode,  dit-il,  tiui  a  \alu  »  ;i  la  l'rauee  el  au\  aris 
un  l'liiii|.|ir  de  (  :haiupai;:iie.  un  l„ii'^^iHière  et  les  ^naveurs  Nauleuii.  Masson, 
Andran.  etc.».  Il  ajoute:  o  L'impulsion  l'ut  donnée  par  Ma/arin:  IhiuMieur  doit 
lui  en  rester.»  Or,    il  est   indubitable  (pie  ce    méiile  apparlient    précisément  à 

llieh.'liru  ipii,  habile  a   pi(|iaier  sa  ^d.iiiv  p •  la   pnsli'rilé,  assez  vaniteux  de 

sa  tournure  élé';.rante  de  ^^enlilhonnue,  préten«lait  entrer  dans  riiistoirc  non 
connue  ime  .ibstraclion,  mais  sous  les  espèces  réelles  (piil  lui  plaisait  prendre 
et  dau>  1rs  mulliplr-i  ;illilu(les  nù  il  lui  ciiiiv iii.iil  il'v  païaîlre.  Il  ne  se  l)orua 
pas  aux  divers  portraits  peints  par  Philippe  di'  ( lliampai^:ne.  Tous  les  artistes 
en  renom  de  son  ('-poiiue  fnrcid  conviés  ;i  icproduire  la  lionne  altièrc  du 
cardinal -ihic.  |)is  iii,(|,iill<'>  uondii  ciisc-..  prestpie  toutes  des  cliefs-du'uvrc  de 
W.nin,  racontent  les  principaux  ('\iiiiinenls  de  sîi  vie.  Lue  sorte  de  catalo^^ue 
en  a  élt'  dii'ssé  (peul-èlic  par  I  r  M.i-le),  doid  le  manuscrit  est  conservé  à  la 
Hibliolhéipie  nalioiialc  ■'.  I.e  luème  ,lcau  Wariu  evécida  SOU  buste  en  bion/A-,  (pii 
fid  terminé-  dans  le  conraid  «le  I  aunt'-e  id'ii.  (lest  ;i  son  suj(>t  (pie  le  ministre 
ndresx.iil,  le  .{  dt'ceud)re  de  cette  ■nuK-e.  le  billet  snivaid  à   Mazarin  : 

Mciii-jciir  \!.i/aiiii  fciM  p;iver,  >'il  lii\  plii-l.  Ic^  ilriix  mil  livres,  (pii  smil  ileiilz 
ù  celui  ipii  nous  a  vendu  la  Vénus  de  bronze  et  les  huicl  testes,  s'il  ne  la  ile^ja 
eslè...  Il  se  sfjuviendra  «les  lioisles  avec  des  dianians  pour  mon  poiiraii  ( 

Si  le  sieur  Loppe/.  a  de  petites  eliaisues,  il  les  aelieptera  connue  |ioin  luy.  aliii 
«pie  ji-  n'avo  rien  à  «lemi-sler  avec  le  si'i;.'neur  Ileiireo. 

Il   rmnjr.i   Voir  i  Inv.   \aiiii   si   sou   Ihis|c  in   plaslii'  est  miIicv  é ''. 

|)e  Cl-  busir  plusieurs  épreuves  ru  broii/r  oui  ('lé  lirérs.  \|iivs  la  inori  du 
nirilinnl,  la  «hi«  lirssr  d' \i;.Miilloii,  s.i  nit'i-r.  p.ivait  aux  fondrurs  le  prix  «le  ces 
épreuves,  ainsi  «pi'en  t<'iiioi;:ne  ««•1  «'xtciil   «le  son  re^'islre  dadministratiou  : 

An  sieur  lliilifil  l.r  Sintir.  luallre  sriilpliur,  |ioiii-  i|ii,ilri'  Imslrs  dr  Son 
l^iniiii-iice,  Huiviiiil  ipii(laii«-e  du   i-i  juin  t(i'|3  :  iS.ouo  li\rrs. 

I.  Slaiii<la«   l.iMi,    liiiliniiiiiiirr  ilf    tcnlfilfurt,    p.   H.V 

1.  <  jiiiilr  m.  I.AuoHbi:,  l.r  l'iiliilt-Mii:tiriii,  i{(^.'i,  \iiK-,  \t.  lO. 

3  \t>lr  a  lu  llii  ilr  if  \iiliiiiic  11-»  l'iiV)-!  juvIlliciiliM-s.  llililiolliùi|iii-  ii.ilioii.ili  .  VIVI. Clair..  1 13."),  I   «'i, 

i  I.    li'VtrMl..  ','>r»v«/>..;i</ii/irr  </r  UiihrUru.   I,    \l.   p.   ^f<(,. 


ui(:iii;i,ii:r    dans    son    palais 


85 


Au  siciir  lli'iiiN  IV'ilaii,  sculpteur,  pour  deux  bustes  de  bronze;  item.  sui\anl 
quittance  du   17  octobre    i6'|.j  :  ■>,()(•()  livres. 

lu   do   ces  bustes,  de  deu\  pieds  cl   demi  de   li.iiil.   se  iruux.iit   au   Palais- 
Cardinal,   dans    le   cabinet  de  la   elianibre    verte,  et    liyurc   dans    V Invriitnirr 
de    la    dueliesso   dAijjruillon    sons  le  n"  ()S/|,   prisé   ôoo   livres'.   In    autre  fui 
donné    à    Le    Masle.    prieni-    des    Uoclies.    et    se 
trouve  mentionné  dans  V Inventai/ c  après  (h'Mès 
qui  l'ut  l'ail  cliez  celui-ci  en  i().5'>,  '.  Anjouid'bui 
on   c(imiaît   trois   exempiaiics  de  ce  liroiize   mé- 
morable :  luu   est   à    la    Hibiiollièipie  Ma/.ariiie, 
l'autre  chez  M.  le  comte  de  (lliabrillan,   le  troi- 
sième chez  M""  E.  André.    Il  en  a\ail  été  Tondu 
un,  paraît-il,  on  or,  du  poids  de  5.")  louis,  pour 
M.  de  Ménars,  président  à  mortier,  dont  a  parié 
Perrault-';    mais    il   a   dû   être    (K'iruit    avant    la 
llévolution. 

Au    milieu    même    des    luf.rid)res    lui'occupa- 

tions  de  la  dernière  aiiin'e  de  sa  \ie,   Hicbelieu 

trouvait  encore  le  len)ps  de  doiuier  des  séances 

auv   artistes   qu'il  chargeait    de  po|)ulariser   son 

image,   et  appelait  ceux-ci   autour   de   la    litière  où    il    agonisait,    (le    n'i'tait 

pas  assez   pour  lui  d'être   représenté   dans    des   tableaux,   des   médailles,   îles 

bustes,   des   niinialures  de  Pclitot  entourées  de   diamants,  distribués  comme 

des   bijoux    ou   des   amulettes   à   ses   amis   et   courtisans.    Il    désira   le   grand 

yiwr  de   la  place   publique,   la  statue  honorifique,  Irionqjliale,  cl  cette  statue 

il  la  demanda  au  sculpteur  italien  le  plus  renommé  de  l'Europe,   au  Bernin. 

Ce   fut   Mazarin    (pu   se   chargea   de    la    négociation.    Il    écrivit    au    sculpteur, 

lui   promettant   de    lui    envoyer   des    documents    précis,    des   dessins    de    N  an 

Dyck,  qui   lui   permettraient    de  donner   la   reproduction   exacte  des  traits  du 

cardinal. 

Uuoil.  iS  (léccmbrc  iti'ii- 

...Le  cardinal  duc  a  vnulii  nie  doruier  un  cadeau  pour  l'cnvover  à  Madame 
votre  épouse,  altendaiit.  i)OUr  vous  récompenser  digiiciucnl,  l'occasion  (|uc  lui 
fournira   la  statue  <pi'il  ccMuplc  recevoir  de  \ous... 

Un  presse  Van  Dyck  de  venir  ici,  comme  il  l'a  pronus,  afin  de  tracer  dans  la 
perfection    les   profils  de    .Son    Kniincnce,   sur   lesijuels    \(jlrc    .Seiyncurie    pourra 


KEIIS     DES     HELIl  IlES 

i:aiuiimi.   de    Richelieu 


1.  P.a|)icrs  (If  la  diiclicssc  (l'Algiiilloii  apiiarliMiaiil  à  \l.   <li'  Cliahrillaii.  cciiilii's  .1   M    ilo   llnisli^lj 

2.  Iiivenlairo  de  l.r  \laslc.   pricm'  Ats  Uoclics.  AkIiIm-s  de   j'Hoti-l-Dicu, 

3.  l'KniiAUi.T,  l.et  llimimes  ittuxtrm  (i7i>()i.  I.   II.  p.  Sti. 


Pg  l.i:     !■  VLMS- uo\  u. 

IruNuilIcr  uvcc  rassuraïue  ilaxuir  sous  les  yi-iix  les  portraits  les  plus  ressemblants 

de  Son  Émiiicnee. 

Kii  invocpiaiil  votre  hienxeillance.  je  ilemeine  ili-  i<jul  eour.  ele. '. 

Mais  le  IVriiiii  iieut  pas  le  temps  do  faire  la  statue.  Au  mois  ilaoùl  lO/ji, 
il  envoya  à  Paris  un  buste  en  marbre  du  minislrc,  de  deux  pieds  trois  pouces 
de  haut.  (|ui  lui  plaeé  «dans  le  pelit  cabinet  de  passage  pour  alln  m  lappar- 
lemenl  \erl  «.  Il  lut  lies  admiré,  (pioique  n'étant  pas  ressemblant.  \  la  jnort 
de  la  dnelicsse  d"  \i;:uillon,  il  Hj.Mnait  dans  \' Inventaire  de  celle-ci  sous  le 
n    1)1-,  et  clail  e>.tiiné  i.vno  lisres.   On  ne  sait  ce  (pi"il  est  devenu'. 

LE    TllK.VTl\r. 

«  Essentiel!. -ment  iinmine  de  lettres  \  »  Kichelicu.  (pii.  on  le  sait,  eut  une 
véritable  p.i>i>ion  pour  le  lln-àtre.  lit  un  r.'-ej  acte  de  nouveauté  en  créant  dans 
son  Palais-Cardinal  !:i  salle  (pii  devait  dcNenir  le  Tbéàtre-Krançais  sur  la  scène 
diiipiel  niuiniit  Miiliir.'.  I"n  ecla  encnr-e  il  l'ut  initiateur  et  donna  revemplc 
d'une  coutume  (pii  allait  |iorter  ses  fruits,  car  l'art  dramati([uc  en  Krance  prit 
dès  ce  moment  un  rapide  essor.  Les  poètes,  ses  prolé;:és.  ne  lui  en  surent  pas 
ni.invai->  •iir,  connue  on  pense.  Collelel.  I'ai»;inl  ;illn-'inri  ;ni  ;:(iril  du  cardinal 
pour  les   \ers  et    la  comi''die.   S('-cfiail  : 

hune,  ce  ^'laiiit  lanliiial.  nui'  lo   TilMe  tli'-siio, 
fjiic  \n  Seine  retient,  (jue  tmil  le  monde  admire. 
Iticlielicu,  dont  l'esprit  pénètre  l'univers, 
FIsl  épris  de  In  Mum'  et  ra\i  de  nos  vers! 

l'.n  i(l>(),  ('.orneille  a\ail  (li'iiiiii'  par-  s;i  pièce  de  .]fi'l/fi\  dont  le  succès  fnl 
inmiense.  Il  semble  (pi'ii  cette  epo(pie  la  liberté-  d'esprit,  ebassée  du  monde 
n'-el.  ainsi  (pion  l'a  reinar.pu'-.  ait  cbeiebc  ;i  se  relu;:icr  dans  le  drame  d'intri- 
;:iir.  I.r  mini^tii-  ipii  \ciulait  loul  (Ininliiri-  iiil  I  aiuhilion  de  <  iiii(|ncrir  aussi  CC 
ro\auinr  di'  la  lantai-^ie  et  de  s'y  l'ombii  ilc^  arnic-  |)oin-  ^mnxerner  l'opinion. 
Il  lui  falLiil  polir  cela  des  drame»;,  i\<-  arlcnr^.  un  liieàlre.  Les  drames,  il  en 
diela  le^  .ncenarios  ,iii\  aiilrni--  ipi  il  rhoivil.  Les  aeleins.  il  les  Iniiiia  en 
entrelen.'iiil  il  l'aris  trois  troii|)es  de  conieiiieiis  :  la  première  ii  1  In'ilci  de 
Hoiir;.'o^'iie.  la  diMixiînie  an  M.iiais.  la  troisième  ,111  faubourg'  Saint -(  ieniiain. 
(cillant    il    la   siijji'  iji-   sprelaelf,  il   l'installa  <  lie/    lui. 

(      \u  lii»!-'  du  mini-lrri'  ilr<   \(Tiiiri-«  l'Iriiiiyrri--*.  —  Voyi-/  inis>i  li-s  li'Uri'<i  <Vriles  ii  cclli"  iM'cnsion 

|Mr    |r   llcriilii    il    lli(  liclir I    |iiililiri><  |>nr   Itnliliiiiirri  diiii*  •«•h    Vii/i:i>  dr'  prufrasuri  itel  disfijiui, 

Mtlmi.   i»i].  (    \IV,  |i.   '|.l. 

1.  Iaiiiï»  OiiHAJou.  Jriin  Wiinii,  te*  <rwvrf*  i\c  tmlitlurr,  rtr.  (l'aii...  Iiiiiilnnc  iii-S',  i!<8cK 
pp    iS-V*. 

^    Mkhiikt.  Ilitlnirr  ilf  I  niiicf  iiS:>H>,    I     \ll.   |>     i>i\. 


un  11  i:i.i  I  I     i>  \  \v    SON     !•  VI,  \  I  s  87 

Dalxird,  Il  UN  iiil  au  l'alal'^-Caidiiial  i|ii'iiii  jiflll  tliràtrc—  il  ni  a  rit' 
([U('>li(iii  |iln>  liaiil'  —  |i(iii\aiil  ((iiiti'iiir  (|iii'l(|iirs  ri'iilaiiic-  di'  spcrlalnirs,  l't 
ijiii  l'iit  (icriut'  par  l'liili|)|)c  de  (  :liaiii|iai;iiic '.  Ccllo  salle  ne  siillil  |iaN  an 
cardinal,  (|ui  dcniaiida  à  snn  arcliilcclc,  Le  Mi'icicr,  d'en  ('•IcNcr  iiik'  plii> 
vasto,  cclli'  (indu  inan^ma  en  i(i'|i,  aM'c  Miia/iir.  (i'csl  dans  la  |)i('niit'ri> 
(•('pendant  cpie  l'urenl  i'epi'('-sent(''es.  d,'  id.'i,-)  ;i  Hi'id,  la  pinpail  des  pii^'ccs 
—  l)allels  (Hi  tia^M'dies  —  ddiit  le  nilnislre  it'i^ala  la  (icjiii-  dans  des  ieles 
(|ni,  par  leurs  dates,  (Uit  pi-es(pie  tontes  nne  sigiiilicatioii.  (le  n'es!  pas 
soinent  le  hasard  (pii  rt'^lait  les  actes  dn  cardinal,  Onvcrte  pendant  riii\er 
de  i(i35  par  le  ballet  oll'ert  à  Mademoiselle  et  où  parurent  les  oiseaiu  (|ui 
firent  tant  de  peur  à  M"  de  l^re/.é-',  celte  petite  salle  lut  réellcineiil  iiiaii- 
jrurée  le  i(i  umII  id.iri  pour  la  repivseiitalioii  de  la  coiiK'-die  des  7'iii/cn'cs. 
C'était  le  jour  inènie  (lù  Uiclielieu  laïK.ait  à  l'ilspa^^ne  sa  di'claration  de 
guerre,  tpii  était  en  nièiue  temps  la  guerre  à  la  reine,  la  guerre  à  la  (iour, 
la  guerre  à  tous  ses  ennemis.  Le  ministre,  par  malice,  exigeait  qu'à  cette 
minute  nu'me  on  rit  à  Paris.  «11  Miulut  xoir  la  mine  (pie  l'eiail  cette  Cour 
l'unemie,  et  si  elle  oserait  ne  pas  rire.,.  Mais  le  drame  était  l'aiiditoiic,  et 
les  spectateurs  étaient  le  spectacle.  Devant  la  face  pâle  du  pénétrant  esprit, 
du  revenant  (pi'on  voyait  an  fond  de  sa  loge  et  (pii  surveillait  tout,  on 
travaillait  à  être  gai''.»  En  iG.'UJ,  autre  re[)i(''sentation  sensationnelle.  Cette 
fois,  c'est  le  Ci//  (pi'ou  joue,  le  C/'t/,  ce  cliel-d'^euvre  de  Corneille  (piDn 
\enait  de  donner  cpicKpies  j(jms  auparavant  au  Louvre  avec  un  succès  fou, 
1-'  Cil/  ipii,  en  gloiilianl  les  l'^spagnols  au  moment  le  plus  criti(pie  de  la 
guerre,  au  lendemain  di'  l'invasion,  alors  (pie  la  l'"rance  entamée  doutait  du 
génie  de  son  ministre,  semblait  un  coup  de  massue  applicpiée  à  sa  politi(pie, 
à  la   France  même. 

'l'oiit  l'iitis  pour  (;iiim('np  a  les  vou\  de  Rodrigue. 

Clnni('ne,  ('('■tait  Viine  d' \iit  riche,  respi(]|iiie  de  l'Espagne,  ipii  correspon- 
dait a\ec  les  ennemis  de  la  l''ianee,  leni-  livrait  nos  secrets,  et  (pii.  mainteiiaul, 
grâce  au  |)ftMe,  allait  voir  \einr  à  elle,  la  faveur  populaire.  Sur  elle,  aiiv 
représent.itions,  se  liv.iient  Ions  les  yenv.  (  )n  se  drapa  à  l'espagnole  poni-  lui 
plaire,  Uiclielieu  \it  le  danger  de  cet  eiigonement.  Fut-il  vraiment  jaloux  du 
succi'S  de  (>oriieille!'   Peiil-èlie.    Mais  ce  (pi'il   redouta  surtout,  certaineiiieiil, 

1 .   \oyc/  ci  -dcA^ii^,   p.    i(|. 

■I.  La  qiiiltaiici-  dr  !(  ^. mniic  reçue  |iiir  le  pciiiire  |>oiii-  cp  Iravail  se  trniixnil  ilniis  les  |iapiers 
de  Le  Masie,  It'jjTiiés  .1  111. ■Ici  liicu.  cl  (jiii  ont  cl(''  |jr['il('s.  Noyez  Arcliivtw  de  r.\>sislaiicc  jiiilili(|iic. 
188',.   t.   II.   p.   0.-6.5. 

:!.   V(iv(v  plus  liadl.  p.  .'{il. 

4.  MiciitLKT.  Uii-Mu-u  et  /u  l'nnitlf.   i«.')S,  p.   r,ii. 


88  II-:      P  M.  A  1  s  -  H  O  Y  A  l. 

ce  qiK-  riaigiiit  son  ^M-iiie  sérieux  et  .itleiitif,  re  liiiviit  les  conséquences 
(les  liiùlaiites  stmplir^  du  Cif/.  «  De  quel  cieur  la  noblesse  allait-elle  se 
lialtiv  loriliv  les  ilesceinlaiits  du  Ci'/,  ces  Kspagiiols  aimés  et  admirés'?»  Le 
eaidiiial  crut  (|uil  pourrait  réagir  eu  faisant  représenter  cette  tragédie  sur 
son  propre  théâtre,  au  Palais-Cardinal.  (Icsaiif  lui.  Là,  du  moins,  pcnsait-il, 
sa  désapprol)alion  souveraine,  son  attitude  di-  glace  tueraient  la  pièce.  Il  iiVii 
l'ut  rien.   Le  génie  de  Corneille  grisa  toutes  les  Ames. 

V.n  1  (>.!-.  entre  la  naissance  du  Dauphin  qui  devait  être  Louis  \l\  et 
la  mort  du  l'ère  .loseph,  le  cardinal-ministre  oiïrit  encore  à  la  Cour  une 
grande  IVte  dans  son  théâtre.  Il  y  lit  danser  le  J{a//c/  de  la  l'élicilé 
/nihliiiiii-.  («Chose  hardie,  au  moment  où  de  toutes  parts  il  axait  des 
rexeis'.»  Mais  alors  toute  sa  polilicpie  se  trouvait  retournée  à  l'égard  d'Anne 
d'Vulriche.  dont  la  grossesse  inespérée  alTermissait  désormais  d'une  façon 
aussi  solide  i|ii"iii:ill(ii<liie  la  siluation  sur  le  trône  de  France.  11  n'était  plus 
(pieslion  poin-  l.oui^  Mil  de  divorce  possible.  Il  fallait  prévoir  la  puissance 
iinvilableuienl  durable  de  la  reine  (pie  llichelieu  avait  humiliée.  Dans  ce  ballet 
de  la  Filititr,  le  roi  l.nui^  Mil  liausa.  l  u  des  personnages  disait  ces  jolis 
vers  de   Desniarels  : 

l'ai'le/.,  mes  yeux,  découvrez  mon  niarlyrc 
.\  Tobjet  i\\\\  m'a  su  cliarmcr; 
Puisque  mon  cieur  ose  l'aimer. 
l'oun|iioi  ciai;;nei!-vous  ilc  le  dire? 

I'!lait-ce  nue  .illu-ion  diivcle  à  la  passion  allribu('e  ;i  Ui(  lielieu  ])our  la 
reine,  passion  qui  peut-èli'c  eu  elVel  exista  un  moment,  car  il  v  eul.  eouune 
r.i  fort  liiiM  dil  \liehelet,  "du  jeune  honmie  en  ce  grand  Inmune  it  de  tories 
ehaleurs  de  eour',»  mais  sur  la(pielle  on  n'a  (jue  de  vagues  iii(ii«  es,  eouune 
le  ranl.'isniagori(pie  récit  laisst'  pai-  Lomi'uie,  dans  le(pie!  on  voit  le  c  anliiial 
due  se  (lé-gins,inl  en  baladin  et  dansant  une  saialiande  |iour  |ilaire  à  Anne 
d°\nlriehe.  Il  l'.iut  dé-daigner  ces  contes  dépourvus  des  gaianlie^  ([ue  n'el.uue 
rhi"<loire.  (  !e  l'ut  eneore  à  r(jccasion  des  njouissances  au\i|iielles  doiiua  lieu 
In  naissance  de  l.onjs  \l\  (pie  Kichelien  lit  jouei  |i,n  des  enfants,  en  iG38, 
•tiir  son  llié;^lre,  niu'  li-,igi  eomé-die  de  Seudi'i  \ ,  inlilidi'c  /'.\/iinnr  ti/rdnnii/nc. 
el  il  propos  de  laquelle  se  piodui'-il  un  iiii  ideiil  ipii  nieiile  d'èlre  rapport»'- 
iri.  Parmi  les  eiilanls  ipii  avaii-id  pi  is  la  jiiaee  des  acteurs,  se  houxait 
une   jeune    iill'-    '\i-    liii/e    ,ius,    disliu;^ui'e    déjà     par    ses    talents,     el     que    sa 

I.   Miiiiii.r.r,  Iti'lirlii-ii  fl  /<!  l'ruiiilf,  \t    ii|<i. 

1.    Ihiil  ,    |l.    il'i. 

3.  Ihi,l .  |i.   i^. 


nicnKi.ii'P    nws    son    i'm.\i; 


89 


ijc/i<-r,i/    i/,;i-     illofu/.ûi/e<.t    '/< 


■•  O II  T  II  M  T     DE      J  E  V  S      «   \  Il  I 
(D'jprts  U  grjviitc  a'ICdcUiuk) 


gentillesse,  son  cspril  (li'si^riiririil  aiis-^itiM  ii  r.illi'iitiini  du  iMiiliii.il  :  ("l'i.iil 
Jacciucliiic  l'.isc.il,  la  sii-iir  de  railleur  (IfS  /'/tn'i/iiiti/rs.  (IdiiI  le  |Mir  avait  ('•té 
exili'-.    \|)it's   la  rcpn'-spiitation,   if    niiiiislrc  dcinaiiila   ({ircilc  lût    ainonéo    pivs 


T.     I.     I.K    l'Ai  *I>.-I10T( 


0" 


I.E     PALAIS-ROYAL 


.1.'  lui.  I.'.nliiiit  iiiruiiiiit  c-l,  avec  assurance,  lui  débila  le  plaoel  nuisant, 
(ju'cllf  a\ait   l'ciit    iraNanco  : 

Ne  vous  étonnez  pas,  incomparable  Armanil, 

Si  j'ai  mal  conlenlé  vos  yeux  et  vos  oieillcs; 

Mon  esprit,  a^'ilé  de  frayeurs  sans  pareilles. 

Interdit  à  mon  eorps  et  voix  et  mouvement. 

Mais,  jjour  me  rendre  ici  capable  de  vous  plaire, 

Kappelez  de  ICvil  mon  misérable  père. 

C'est  le  bien  (pie  j'attends  d'une  insigne  bonté; 

Sau\ez  cet  innocent  d'un  péril  manifeste. 

Ainsi  NOUS  me  rendrez  l'entière  liberté 

De  l'esprit  et  du  corps,  de  la  voix  et  du  geste. 

Sui|)riN  ri  cliaruu',  UiclicliiMi  piit  l'cMlaiil  sur  ses  genoux,  l'cuiltrassa  et 
lui  tlii  :  „  \||c/,  je  vous  arconle  tout  ce  (|ue  vous  me  deniaruiez;  ('crivez  à 
\iilic  pi'rc  iiu'il   revienue  eu  toute  sûreté'.» 

j.a  ;.Mau(le  s;il!e  de  speelaelo  du  Palais-Caidiua!  a  nue  liisluiri'  |ilus 
|.in;:ui'  1-1  plus  l'ilalanle,  |iuis(|ue  ius(iu"à  laïuK'e  ijd.'^,  oîi  un  iiircndif  la 
rédui>il  en  cendres,  elle  Fut  successivement  le  berceau  du  riu'àlre-Franrais 
fl  de  lOpt'ra.  La  descri|)lion  la  plus  complète  qui  en  ail  été  donnée  et  (pii 
nniulre  ce  (pi'elie  était  à  l'origine  est  celle  de  Sauvai,  (luil  faut  eiu-ore  ici 
citer  littéialement  : 

Ce  lieu  est  une  longue  salle  parallélogramme,  large  de  neuf  toises  en  dedans 
(l'uvre,  que  le  cardinal  et  Mercier  s'eflorcèrcnl  de  rendre  le  pins  admirable  do 
I  Kuropc;  mais  la  petitesse  du  lieu  s'y  opposa,  car  comme  ce  ministre  avait  résolu 
de  faire  au  roi  un  pré-senl  de  sa  maison,  il  était  bien  aise  ciu'il  s'y  tiouvàl  quebpie 
grande  partie  et  cpielque  chose  qui  lui  digiu-  d  un  grand  moiiarcpie,  et  pt)ur  cela 
il  lit  faire  par  plusieurs'  divers  desseins  et  élévations  pour  ce  tin'àlrc,  mais  ipii  ne 
furent  jias  reçus  pour  être  trop  enjoués  :  de  sorte  qu'il  se  tint  ,"i  (clui  de  Mercier 
connue  plus  solide,   plus  connnode  et  plus  majestueux  tout  ensemlilc. 

I.a  manière  de  ce  lliéàlre  est  moderne,  et  occupe  ainsi  (pie  j'ai  dit  niic  iiuigue 
snlle  couverte  el  quarréc  buigiir.  I.a  ■^(■ri\i-  ( -t  i'lr\('i'  ;i  un  des  bmiN,  cl  le  rolc 
occupé  par  -jy  degrés,  (pii  monlcnt  innllciiiiiil  d  iiiscnsiblcmcrii.  cl  cpii  soiil 
tcrniinéH  par  une  espèce  ib-  porti<|Mc  ou  tiois  gramies  arcades;  mai^  celle  salle 
est  un  peu  défigurée  par  «ii'ux  balc(»iis  dorés,  posés  l'un  sur  l'anlic  de  ilia(iii(' 
rôle,  et  (pii  ciiinmençant  aux  portiques  \ieniiciit  linir  assez  près  ijn  lln'.'ijrc.  I.r 
tout  eiiHeinhle  est  couronné-  d'un  plafond  en  pcrspectiM-  m'i  le  mailic  a  feint  une 
longue!  ordonnance  de  ctilonnes  corintbieimcsi  ipii  |iorlcnl  iinr  Nnùtc  fort  liante. 
onriciiic!  de  rozons;  el  cela  avec  tant  d'art,  tpic  imn  ^i  ub  nn'nl  (  elle  mh'iIc  cl  le 
plafond  •temident  vi'ritables,  mais  rrliau'isenl  i\r  licoKiMip  le  cihimiI  de  l.i  salle 
l't  lui   doniHiit    touti-   rrb'>alioii  qui    lui    maïKpir. 

I.   Vlclor  (;of»lsi,  Jnrqurlinr  l'ntrnl,   p.  j(0. 

t.  \Ur  i|iil  vriil  Irl  (wrlur  .Saii\ul'>  (,)iirji  riir'iit  Iri  nnliilci  Irs  :iiilii's  i|iii'  l.i'  Ucnin  à  ipii 
llirlii'lirii   «'ailrr«w>  Wvy  rc-i  Iiiti  lio  ii'niil  (liniiir  mu  un   ii'miII.iI  mu-  ii>   poinl. 


HICII  i:i.I  i;i        DVNP      SON       l'M.MS  QI 

Mais  si  Sauvai  adiiiiic  riiip'uiosilr  de  raivhilcck'  (|iii  a  iiiia^'iiK-  tviW 
peint  lire  ou  porspeclivc  du  |»lalurul  pour  d(jiiiuT  uuo  apparoiico  dV-lcvalioii 
à  la  salle  trop  basso  pour  S(jii  élcnduo,  on  rovancho,  il  roj.Melte  forl  cpi'il  iio 
se  soit  pas  inspiré  dos  llu'àtres  anti(|uos  pour  les  portos  d'onlréc  et  de  sortie, 
ou  le  nonihio  dos  escaliers  qui  sont  d'une  si  ^--laudo  nécessité  quand  s'écoule 
le  Ilot  dos  spectateurs.  Il  reconnafl  que  la  place  mancjuait.  .Ne  valait-il  pas 
mieu\  cependant  faire  moins  friande  la  salle  et  plus  connnodes  les  déga- 
gements!' l  ne  particularité  do  la  disposition  do  la  salle  sur  laquelle  insiste 
le  ])lus  Sauvai  et  qu'il  signale  comme  une  innovation  (jui  rend  le  théâtre 
du  l'alais-tiardinal  supérieur  aux  théâtres  de  l'anticputé  (point  de  comparaison 
suprême  pour  notre  écrivain),  c"(>st  la  disposition  des  :>.~  dogi'és  cpii,  parlant 
de  l'extrémité  du  théâtre  et  arrivant  successivement  par  imo  ponte  douce 
jus({ne  près  de  la  scène,  permettait  aux  spectateurs  des  derniers  rangs  île 
voii'  ;nissi  liion  (pte  ceux  du   premier. 

Les  degrés  même,  dit  il,  ne  sont  pas  arrondis  en  circonférence,  ils  régnent 
en  droite  lij,'ne  sur  la  largeur  entière  de  ce  parallélogramme;  et,  de  plus,  Mercier 
leur  a  duinié  moins  de  hauteur  et  de  largeur  que  les  Anciens  ne  faisaient.  Vu 
lieu  d'un  pied  el  demi  de  haut  sur  trois  ou  deux  et  demi  de  large  que  portaient 
ceux  des  lloinains,  chacun  n'a  de  hauteur  «jue  cinq  pouces  et  demi  et  vingt-trois 
de  largeur;  si  commodes  pourtant  <pie  jamais  ceux  des  Anciens  ne  les  ont  égalés 
en  ce  point;  cl  de  fait,  par  ce  même  moyen,  on  y  monte  et  descend  avec  une 
toute  autre  facilité.  Là  s'assend)le  à  la  comédie,  dans  cet  espace,  trois  fois  ])Ius 
de  monde  qu'il  n'y  en  aurait  eu  si  ce  théâtre  était  conduit  sur  le  dessein  de  ((uehpie 
architecte  de  Rome  et  de  Grèce;  les  spectateurs  même  n'y  sont  point  assis,  ainsi 
qu'à  Rome,  sur  la  pierre  toute  nue,  incommode  en  certaines  saisons,  par  la 
froideur,  et  ils  s'y  trouvent  bien  plus  à  leur  aise  :  un  même  degré  à  même  temps 
n'y  sert  jjoint  de  siège  et  de  marchepied  à  deux  files  d'auditeurs,  ({ui  pourraient 
gâter  leurs  habits  et  s'entrccrolter.  Notre  architecte  ingénieux,  afin  de  i)ourv<)ir 
à  cette  incommodité,  s'y  est  pris  assez  joliment;  car  peut-être  est-il  le  premier 
qui  s'en  soit  avisé.  Pour  mieux  comprendre  ceci,  il  faut  savoir  que  connue  il 
est  impossible  de  s'asseoir  sur  des  degrés  qui  ne  portent  que  cinq  |)ouces  et  demi 
de  haut  :  aussi  ces  degrés  si  bas  dans  celte  salle  ne  servent  <pie  de  marche-pied 
et  ne  sont  faits  ainsi  (jue  pour  porter  aussi  chacun  une  longue  suite  de  formes 
de  bois  (ju'on  y  place  aux  jours  de  comédie,  mais  qui  n'en  couvrent  guère  (pie 
les  deux  tiers;  ainsi  les  spectateurs  rangés  le  long  du  vingt-septième  degré  par 
exemple,  cpn  est  le  dernier,  ne  scjnl  élevés  <pie  de  trois  pouces  el  demi  pardessus 
ceux  ([ui  occupent  le  vingt  sixième,  el  de  même  en  csl-il  des  atdrcs;  si  bien  <|ue 
quand  la  salle  est  pleine  de  monde,  on  n'y  voit  ([ue  des  lêles  rangées  par  étages 
les   unes  au   dessus  des  autres  et   (|iii   rainpetil   inqx'i-eeplililement... 

F,o  bon  Sauvai,  dans  son  eidhousiasmo  pour  colle  disposition  on  amplii- 
Ihéâtro,    <iui    nous    parait    si    simple    ;i     présoid    et    (pii,    do    son    lein[>s.    était 


()2  1  K      I'  M   \IS-n(»YAl. 

toute  nouvolli-,  va  juscm'ii  diiv  .luc  le  grand  llK-àlri'  du  Palais-Cardinal 
contenait  plus  de  .S.ooo  siuMlalniis.  L'exagération  est  évidciilo  cl  l'acilo. 
d'ailleurs,  à  \erilior  avec  les  cliill'res  que  noire  auteur  lui-rnènie  ioiirnit  sur 
les  dimensions  de  la  salle.  Celle-ci  avant  environ  i8  mètres  de  largeur  et 
contenant  27  gradin-,  nu  peu!  admellre  que  sur  elia(|ue  giadiii  il  y  avait 
place  pour  3;^  speclaleurs,  soit  pour  8G'i  personnes  sur  tous  les  gradins.  Si 
l'on  lient  compte,  en  outre,  de  l'espace  laissé  libre  entre  le  premier  gradin 
et  la  scène,  ainsi  ipie  des  huit  loges  et  des  deux  rangées  du  donhle 
balcon  s'élageanl  à  dioite  el  à  gauche,  sur  toute  la  longueur  de  la  salle, 
r»n  arrive  à  un  lotal  maxinuun  de  i,;h)0  places  pour  tout  le  théâtre.  On 
coneoil,  (raillems,  que  iCiVcl  prodiiil  ail  alliié  à  rarelut<'ele  les  éloges 
dont  Sauvai  ne  s'esl  pas  seulement  lait  l'éclio,  mais  <pii  ('lail  encore,  au 
moment  on  il  écrivail  (vers  i(i(iS),  l'exijression  do  l'opiniim  du  public  tout 
entier.  11  ajoute  : 

Il  est  constiiiit  qui'  Merciei'.  dans  la  distrliiiilidn  des  parlies  de  ce  lliéàlre,  a 
passé  Tcspéranec  de  tout  le  inonde,  el  lail  heaucoup  plus  qu'on  nallendail,  n'y 
ayant  point  d'apparence  qu'un  quarré  long,  renferiné  cnlrc  une  rue  el  une  cour, 
dut  iMre  si  aeconq)li  :  <ar  enlin,  malgré  les  pelils  dél'atds  cpi'on  y  remar(|ue,  il 
n'y  a  personne  (jui  n'avoue  que  c'est  le  Ihéàlrc  de  France  le  plus  commode  et  le 
plus  lli(\al'. 

I,a  tuilinc  en  mansanle  idiixcrie  Ai'  plondi  de  cel  ('diru'c  l'iail  un  prodigO 
d'habileté  cpn,  im  sièclr  |ilii>  lard,  ;i  r('|iii(|ii('  nîi  rllr  fui  di'liiiite,  faisait 
encore  rt'tonncincnl  des  an  liilcclc-.  Iliic  l'tail  |his('c  -ni'  une  1res  li'-gèrc 
l'Iiarpi'iilc  (pic  sullisaicnl  ii  pnilci-  huil  pniilivs  de  chruc  d'une  iougucur  si 
«•xiraordinaire  «  cpie  jainai-  «m  u"a\ail  \u,  ni  lu.  ui  ouï  parici'"  (pi'il  pùl  y 
on  avoir  «le  telles,  l'illcs  ne  nie-inaienl  pas  moins  de  vingl  luclics  de  longueur, 
cl  il  a\ait  fallu  fciuillcr  dans  lunlcs  les  forêts  royales  poin-  découvrir  des 
«l'bifs  capabli'-  de  les  fdinriir.  Kicu  (pic  pniir  les  amener  ;i  Paris,  il  eu 
«•oiVa  S, 000  li\res  au  cardiii.il.  Lm-xpic.  apiv-.  la  mml  de  Picliclieu.  on 
Miulnl  pi'ali(picr  eciiaines  ri'par.itiipiis  daii-  la  loiliin-  du  lin'àlrc,  les  cliar- 
penlici>  demandèrent  '1.000  li\rc>  pniir  riMiiplaccr  une  seule  de  ces  poutres. 
On  y  renoiK,-.'!.  Cela  i-nl  r\r  ( cpcndaiil  m'ccssaire.  car  ne  -^'l'Iail  i>u  p;is  -.wl-^c 
de  charger  celle  curieuse  loitiin'  de  plaiicliei-  cl  (ra|)paiieiucul-  (|ui  liàl("'!('ut 
H»   ruine  I 

(!e  fut  le  I '1  j.iiivier  i(i'|i  (pi'eiil  lieu  l'iiLiiignialion  de  ce  lli('àlre  ,i\ec 
la  rameuse  rc|iresriilali<>ii  de  Mil, lin,  .  dicli'c  par  Uiclielicii  ;i  DcMiiaicl-».  (pie 
l'oiileiiell"     appi'lle    plai-ai II iiiei il    ic   le    pi-eiiiier    cnimiii-     du    caidiiial     dan-     le 

I     S»!»»!      /.,•    l«/(,;m(,-.  ,lt  l'iilit,  I.    11.   |i.    i.H  il  ■.uiMiiil.  >. 


liicii  i;i.i  lu     i>  \\s    M)N    !•  \  r.  M>  g3 

(lt''|);irlcinoiil  des  .illaiics  |)(u-li(|iics  » '.  (ii-llc  l'ois  cncoïc,  ('(•tiiil  uni'  Irlf  iiis|iiive 
par  la  polilitjiic,  mu>  macliiiic  de  ^iit'ii-c,  une  csiiôcc  de  rcxaiirlic.  I.i-  iiiliil-lrc 
M'iiail  (ri''(lia|)|)('r  au  plus  faraud  dangci-  (pic  peu! -rtrc  il  cril  cuiini.  I.c- 
I',spa;^ii()ls    i)alliis   avaioiil    i(>;j:agiK'    par   rintrigiu'   le   k'iraiii    pridii    par   ioiii> 


LE    THÉÂTRE     DU     PALAIS -CABDINAL    :     VLE     DE     LA     SCKNE 
(Gravure  de  Slcfino  Jclla  Bclla,  dalic   1641) 

armées.  Tout  ôlail  pivl  pour  une  in\asî(tn  tic  la  1m;uiic,  (pi  cuciiuia^'-cail  a 
Paris  luôiiic  une  pailii'  de  la  ijoiilossc  frauraisc.  I  n  imidciil  (il  i'cIkuu'i-  ii- 
(■(iiii|)lol.  UiclicliiMi  ('lail  nui'  lois  (le  plus  vaiiupuMii  .  mais  son  Irrilaiicui  cnnlrc 
(•(,Mi\  (pii  l"a\ai('iil  rniiicnh'.  ciinlrc  Vmic  d"  Viil  riilii-  cllc-mrmc  ([ui,  sans 
doiilo,  s'y  était  compromise,  s'exprima  très  violemmenl  dans  Mi/anic,  pleine 
trallusions  à  sa  xictoire,  «  iiisullaule  surtout  pcjiir  la  reine  (pi'un  y  reeonnaissail 
dans  mille  traits  inJllrien\^  »  Tonte  la  Cour  y  assista,  et  \niie  d'Vuliielie  an 
premier  rang,  a\ee  le  roi.  Les  auteurs  du  temps  nous  ont  dtriil  nlle  icpie- 
sentalion.  On  ap|)laudit.  \urail-nii  osé  ne  pas  le  faire.'  Mais  le  (  aidinal  ne 
dni  piiiiil   se  uK'prendre  sni'  Ir  mensonge  de  <'es  applaudissemi'iils   (piim|>i>sail 


t.  KojiTK.NBLLE,   Vic  lie  l'iiTre  Curitrillc. 

■i.  Mic.iiKLKT.  UiclifUvn  et  la  l'nmde,  p.  2\'S. 


q'i  I.E     l'Ai,  aïs- ROY  ai. 

la  pour.  «<  Il  est  facile  de  jii;.'er,  »  dit  un  léinoiu,  l'abbé  Arnaud  dans  ses 
Mémi>ires,  ..  >.i  r(niMa;.'e  (rnn  premier  niinislre,  représenté  dans  son  palais, 
sous  ses  \eu\,  au  milieu  de  tous  les  rourlisaus,  dut  avoir  du  succès.  Au  bruit 
des  applaudisseineuls  qui  retentissaient  dans  la  salle,  Richelieu  plein  de  joie 
s'agitait,  se  levait,  savaiu.ait  en  dehors  de  sa  loge  pour  se  montrer  à  rassem- 
blée. »  Plus  lard  Pellisson  rapporta  les  mêmes  récils  au  sujet  de  cette  Mirante 
qui  coûta,  assure-t-il,  deu\  à  trois  cent  mille  écus  au  cardinal,  ce  (pii  paraît 
beaucoup,  et  montrera  le  ministre  imposant  silence  au  public  «  pour  l'aire 
entendre  les  endroits  encore  plus  beaux».  Ln  autre  contemporain,  Michel  de 
Marolles,  nous  fonrnil  sur  celte  Icte  des  renseignements  plus  précis.  Quand 
Minnnr  lut  a<he\éc.  \nni'  d"  Vulriche  —  était-ce  ])ar  biavade  et  [)our  l'aire  tète 
au  ministre  (|ui  Nenail  de  la  cingler  d'allusions  blessantes? —  laissa  le  roi  partir 
seul'  et  resta  dans  la  salle  où  u  M.  dcNalançay,  alors  évèque  de  (;llartres^ 
(pii  faisait  les  hnmienrs  de  la  maison,  \itil.  en  habit  conri,  lui  pivscnlçi-  la 
collation,  avant  à  sa  suite  plusieurs  olliciers  cpii  portaient  vingt  l)assins  île 
vermeil  chargés  de  citrons  doux  et  d(>  confitures)).  Puis  les  toiles  du  théâtre 
s'ouvrirent  de  nouveau  poiu'  faire  paraître  une  grande  salle  de  bal,  où  on 
dansa,  lors(|ue  la  reine  v  l'ùt  pris  place  sous  nu  dais.  «Son  Kminence,  qui 
étoil  il  un  pas  dei'rièie  elle,  avoit  un  maiileaii  long  de  talVetas  couleur  de 
fi'U,  sur  une  siiii.iiri'  (['('lolVe  noire,  avec  le  collel  et  le  bord  d'en  bas  foni'rés 
iriierniine  ''.  » 

ln  mois  aprt's  cette  fête,  le  théâtre  du  Palais-Clardinal  s'()uvrait  encore 
avec  éclat  |>oui  le  mariage  de  M"'  de  Bre/.é,  nièce  de  Richelieu,  avec  le  duc 
(rKiighien.  On  y  donna  un  i)e,in  i),illet  inliluli'  ht  Prospcritc  des  armes  de 
la  l'ranir.  Le  roi,  la  reine,  loiile  la  Corn-  y  pairrl.  Puis  les  jours  sombres 
reviinent  :  la  coiispir-aliori  de  Cinq-Mars,  l'agonie  de  Tarascon.  C'était  la 
fin  de  cette  \ie  de  billes  du  grand  ministre  alTainé  de  gloire.  Au  début  de 
l'hiver  de  ili'r^  à  bout  de  forces,  alVaibli  par  les  abcès  qui  lui  venaient  ii  la 
m.'iiii.  .111  bras,  ailleurs  encore,  il  essavail  di' 'se  délasser  en  ti-availlarrt  à  la 
«MiiK-die  d'A'///'>/;c,  \\  iiiesnie  (pi'il  léirivail ,  Desmarcls  f.iisail  les  vers.  Klle 
fut  jout'o  devant  lui,  le  i  .'"i  novembre,  sur-  son  Ibéàtre...  Le  mois  suivant, 
Richelieu  n'éluit  plus. 

I,  Il  pnrflll  «iiio  I.Diil*  Mil  IroiiMi  i(ui-  In  s<x-|i'ir-  (|iii  (onipowiil  la  salir  rl;iil  liop  mrirc.  ■  lln\i 
ilr  iiliinr  Ir  rnnliiinl.  .  ilil  Inllfiiiaiil  dos  Hraiix.  Il  lui  i-ii  (Il  rohscrvalioii.  cl  \lc>^^i^•llI  prit  la 
Imllr  nu  ImiiiiI,  ilti  jnra  i|uVii  rird  II  ntail  n|MTvu  -In  |HliU-  Saint-  Vinoiir  ...  Uicliilini  ne  Mil  <|iii- 
iliri-  .1  lit  r.iirr  uni"  riii|iii'tiv  !.«•  niiipalili-  m-  Iroinn  iMri-  lalilM-  (liaiK»-  îles  iiivilnlions,  qui  rluil  Inip 
Kal.iiil.  rt  a«nlt  rlTii  li\>'iiiriil  iloiinc  plan-  ilaiis  In  >;illf  à  inirli|iics  jitini-s  hcaiiti-s  un  |k-u  lr}.'<M-<'s  :  il 
fut  i'i|*<'ili)''  fil  priitiiKi'. 

1.  \>^^vl  In  noir  ipii  li-  rc.ni criir,  rl-ili-5Mi».  p.  3i.  —  Il  rnisiiil  parlio  «le  In  maison  cli-  iliclii'licii. 
I'lu«irnr<  iHiU"»  ilr  la  main  du  rardinnl  ri>nlii'iini>nt  Ici  moU  :  "...  M.  de  Oliurlrcs  |>H)Ci-a  il  ...  ■>  clc. 
Il  fui  fnll  nri'lic>i\pic  dn   llclni*  icllc  niiMiic  anntr  ili'ii. 

3.   Mirlid  m.  M«ii>>i.i.i:i,    Mniioirr». 


UICII  l'I.I  1  r     DANS     SON 


95 


I.E    rUAIN    DK   \1  \l>(t\    1)1     (;\KI)I\  W. 

LES    DÉPENSES    DE    TABLE,     DE    TOILETTE,     l>E    Di  >MEST1QI  ES,    ETC. 

Maljjri'  la  jH'imiic  des  (lomnioiils  sur  la  vio  iiitiiiic  du  cardinal,  il  faut 
rliorclicr  à  so  ropirscidcr  (|iu'l  pouvait  rire  son  <>viirc  (rcxislcncc  dans  le  \as|c 
palais  cpi'il  lialiilail.  'raille  dcsciiplinii  rcsic  iiicoinplrlc  cl  iKiiilc  (jiii  ne 
restitue  pas  autant  (pio  possiljli>  la  piiysiononiic  des  choses  par  les  nieims 
détails  dont  la  coiuiaissance  peut  seule  nous  faire  pénétrer  dans  la  laniiliarilé 
des  êtres. 

Richelieu,  on  le  sait,  rechercha  le  luxe,  le  conforlahle,  la  pompe  d'un 
train  de  maison  imposant,  toutes  les  somptuosités  extérieures  qui  accompa- 
gnent la  richesse  ou  la  puissance.  A  cet  égard,  il  l'ut  complètement  de  son 
temps  et  se  laissa  aller  aux  caprices  de  la  mode,  comme  la  plupart  des 
grands  seigneurs  qui  vivaient  sous  Louis  Xlll,  admettant  volontiers  ses 
bizarreries,  ses  extravagances  même,  sensible  aux  ralTmements  de  la  toilette, 
connaissant  le  prix  et  le  charme  des  colifichets  d'une  femme,  aimant  la 
parure,  les  parfums,  les  tapisseries,  les  beaux  meubles,  les  mille  riens  qui 
rendent  l'intérieur  d'une  habitation  agréable  et  riant.  Ce  génie  sévère,  cet 
homme  d'Etat  implacable  et  profond  ne  fut  rigide  qu'en  politique. 

Au  Palais-Cardinal  il  introduisit  le  ton,  les  allures,  de  la  société  d'alors, 
le  faste  mi  peu  froid  d'un  palais  de  souverain,  les  rouages  aussi  nombreux 
que  compliqués  qui  n-gissaient  à  cette  époque  la  vie  des  grands  châteaux. 
Chaque  hôtel  un  peu  important,  à  Paris,  dans  la  première  moitié  du 
xvu'  siècle,  était  organisé  comme  une  administration.  Depuis  l'intendant 
qui  dirigeait  cet  ensemble,  jusqu'au  dernier  des  laquais,  les  diverses  branches 
des  services  se  trouvaient  sous  les  ordres  dun  chef  d'emploi  hiérarchi- 
quement responsal)le  :  c'étaient  non  pas  des  domesti(|ues,  mais  des  <(  oilîciers  » 
de  telle  ou  telle  maison.  11  y  avait  d'abord  le  premier  gentilhonnne.  sorte 
de  chef  d'un  état-niaj(jr  de  parade;  les  capitaines  des  gardes,  Tanmônier 
du  maître  et  le  trésorier  ou  l'argentier,  le  secrétaire,  les  écnyers,  les  aumôniers 
du  «  commun  »,  le  médecin,  les  premier  et  second  valets  de  chand)re,  puis  le 
premier  et  le  second  maître  d'hôtel,  chargés  île  tout  ce  qui  concernait  la 
«  bouche  )>  ;  le  cuisinier  et  ses  aides,  le  sommelier,  le  chef  des  (•curies, 
les  cochers  et  muletiers,  etc.,  sans  compter  les  honunes  de  lettres,  les  pages, 
les  musiciens,  les  apothicaires,  brodeurs,  lingères,  lavandières,  les  gens  de 
uK'tiers  spécialement  attaché-s  au  maître  et  (|ui  tonciiaienl  des  gages  annuels 
que  l'argentier   payait  non  par  mois  mais  par   «  cpiaitier  ».   Chez  les  simples 


«)6  l.E      1-  M,  \IS-1(0\  M. 

particuliers,  le  iii>ml)iv  des  «  olliciers  »  élait  couimiiiH'iuenf  (liiiie  viii^laiiie. 
Chez  1111  iniiiee  du  sang,  ctunnic  Gaston  d'Orléans,  il  élail  de  plus  de  trois 
cents,  et  le  montant  annuel  des  gages  atteignait  près  de  Kdo.ooo  li\res', 
alors  que  ce  prince  était  à  Nancy,  en  lOa;).  Ce  cliilTie  lut  dépassé  (piand 
(laslon  se  tri>u\a  à  IMois  avec  son  énorme  personnel  de  chasse,  ses  pi(picurs. 
palefreniers,  valets  de  chiens,  ctc.\  Le  cardinal  de  l\i<lielieu.  lui,  cul  aulaul 
de  serviteurs  cprun  prince  du  sang,  à  la  lin  de  sa  \ie.  An  (Itluil  de  sdii 
ministère,  en  ilifti.  alors  (pie  sa  maison  n'était  pas  encore  moulée  sur  le  pied 
qu'elle  eut  |)ar  la  suite,  elle  n'en  com[)renait  pas  moins  une  dizaine  de  premiers 
oHiciers,  cpiatre  valets  de  chand)re,  trois  unisiciens,  ciucj  cuisiiuers.  six 
sommeliers,  deux  suisses,  un  ((nlici-,  (piatorze  postillons,  ciii([  muletiers, 
sans  conqiter  les  garde>  qui  lescortaienl.  Létat  nous  en  est  fouiiii  par  les 
papiers  de  Le  Masle,  ainsi  qu'il  suit  : 

Muisoii  du  riinliiinl.  (iinjrs  des  dtiinrsliijiirs  dr  Mdnsihjnciir  ]iiiur  raniirr  ICr^il  : 
A  M.  du  Mont,  pour  une  i/:»  année,  3ot)  livres.  —  A  M.  de  Hcaunionl,  poin-  une 
année,  3<j4>  lÏNres. —  V  M.  du  Chesnoy,  id. —  A  M.  de  Saint-tierniairi  l'aisné,  pour 
une  i/a  année,  joo  lixrcs. —  \  \l.  de  la  (louriieurve.  pour  sept  mois,  '\'.\-  livres. — 
A  M.  de  la  l'elilièrc,  pnm-  inie  i  >  iiiinée.  ."iod  li\ies. —  A  M.  Besnard,  pour  une 
aimée,  3uo  livres.  —  \  M  (!<■  La  lintdi-.  pour  une  année,  ooo  livres.  —  A  ^L  Gitois, 
pour  une  année,   91)0  li\rcs. 

Vidi-ls  (/<•  flitiinliri-  :  .\u  sieur  ilr  la  \  atciiiu',  ion  livres.  —  \u  sieur  îles  liDurnais, 
/'(/.  —  A  Sénéelial,   /(/.  —  \u  (;nii-.iii,    /(/. 

il/H.v/'/HC  .•  .\u  sieur  Ikiilletle,  l'u)  livres.  —  .\u  .sieui  lupin,  id.  —  Au  sieur 
llucberi,  i<t. 

Cnisinirrs  :  A  Laforesl,  mo  livres. —  A  Dassonville,  id. —  .\  Mi(  lui.  ;'(/. —  \ 
Laurans,  -j  livres. —  Au  lluilciiv.  '|.'>  livres.  —  .Six  sommeliers,  /|8.S  livres. —  Deux 
suissi's,  loi)  livres. —  lu  eoilicr.  70  lixres. —  (^)ualor/e  i)oslillons,  Ô3G  livres. — 
Cinq  muletiers. 

Cnriirs  :  I.a  dépense  des  gardes  |)(iiu  li-  uiois  d'oelolirr,  iidMiuhre  et  décendtre 
de  la  présente  année  i(Ja(i,  suivant  li>  rolles  signez  de  M.  <le  la  lîdide.  iiinnle  à 
la  Mtunue  de  2,037  livres''. 

r.n  ili'i'.  la  maisiin  du  r.uiiiiial,  dont  M.  dr  Si.urdis  é'Iail  riiiliiid.iul  gé'ui'- 
ral,   avail    uik'    hien    aiilic    iuip<  n  lance    eucurr.   (Iii    pcul    s'en    laiic    uni'    lailile 

I.  Vi>yrj  le  IJc'KMrc  ili-  In  Trftnrfrie  gênèrnlf  ilrs  nini'xn/i.t  rt  finnnces  de  MDnseiijneiir.  frère  unique 

ilii  roy,  fmnr  \iii\nre  /«;•.':»,  un ^  lil  i|c  1»  |lil)|i(i||in|iin  i|i>  r.\i-s(.|ial.  \t\o.  Cnsloii  ,i\iiil  «lois  dans  son 

|H'r«inni-l  un  cunli-  <lii  ■.  niliinil  ilr<s  inn-lrs  cl   nnUi|nll(''S  ■.  (Itollin.  1.200  liM.silc  «atti-sl:  un  j;ardc 

ili-»  ralilni-l*  (II-  Inltlivnix  Jullot  dr   Dolnliillr.  l'ioo   ll\ii>);  un   K"I"I In  rnliincl  des  ninii-s  •  1  Louis 

I'ohIi.!.  .'1.M1  llvrr»!,  un  ••  livlrni  il  Kiud.-<li-  In  l>lldlnlli<'(|Ui-  ■.  (1..S00  livirsi;  deux  liouiiucs  de  l.llns 
il'lliird  ni  Jran  dr  l.n  llii^M-.  .'..h.  lixiis  «lincuni:   un  nirliilcrle  iMellzcau,   (.00  llxiesl.  rir..  etc. 

ï.  Vo>r/  rrr,„rfni-  ilrt  wni.iinn  ri  Jii,iiiin$  tir  Mmiiriiinriir  Ir  iliic  (/'(i;7,-.i«.«,  „nrle  ilii  r»v.  l>«iir 
Vnnnrr  H.'ii).  innuMv  rit  dr*  .\r<ld»r»  nnlionnliii,  K.  k.  o-jy 

.1  1nu-nl.drr  di-s  |ui|iifrH  de  l.e  Masle,  DiKiiinfiilt  iiniir  trrrir  <i  VhMoiif  ilr  Illillrl-Dirii,  par 
nmkiiR,   I     |\.   II.   ii|i.  ' 


Il  icii  i:i.  I  i:i     I)  \  Ns    s(t\    I'  \  I.  Al! 


idée  par    la    lislo  des  lo;^6   que  loiitioiit  son   Ti-hlaiiu'iil.   .t   dans   la(|iiflli'  suiil 
iiôiiiiiiéiiuMil  désignés  ses  principaux  doiiiesli(|iK's.  \«)ii  i  l.xlrail  de  ce  d.irunicnt 


LOUIS     XIII     DAXS 
CEsîampe  anonyme  Je  l.i  sér 


I.LE     DU    THEATRE    Oi:     FUT    JOUKE    «  MIItAMC  » 

Hiiirti  .fil  jour.—  Biblioihèquc  luiioiulc.  Col  cclioii  Hciitàii.) 


où  Ton  Iroiivc  les  noms  de  plus  d'un  des  si-ix  ilciirs  de    i  ()•>(),  c'osl-à-dire  (pii 
ik'piiis   seize  années  an   moins   lui   ('laienl    atlaclK's  : 

Pour  maïquc  de  la  salislaclioii  (jue  j'ai  des  services  (|ui  ni'onl  élé  reiulus  par 
mes  domestiques  el   seivileurs,  je  doime  : 

Au  sieur  Didier,  mon  aumosnier,  i,5oo  li\res.  —  Au  sieur  de  I5ar,  10,000  li\res. 
—  Au  sieur  de  Mau/.e,  G, 000  livres.  —  Au  sieur  de  lialeshat,  parce  que  je  ne  lui 
ai  encore  rien  donm',  m. non  livres. —  \  Heaufrensy,  3, 000  livres. —  A  Esloublon, 
.'{.ooo  livres.  —  Au  sicni-  de  Marsal,  ;?.iioo  livres.  —  .Vu  sieur  de  Palvoisin,  parce 
(|ue  Je  ne  lui  ai  justprici  rien  domié,  12.000  livres.  —  A  fîeuillé,  a.ooo  livres. — 
Au  sieur  Cilois,  (>,oo«)  li\res.  —  .\u  sieur  Uenaudot,  2, non  livres. —  .V  Herlereau, 
(1,000  livres.  —  A  niouin,  (i,ooo  livres.  —  A  des  Hournais,  mou  valel  de  chambre, 
(1,000  livres,  et  désire  i|u'il  demeure  concier^'e  dans  le  Palais-Cardinal.  —  Au 
Cousin,  (i,ijoo  livres.  —  \  l'Iispolelle  el  à  Prexost.  chacun  ;{,o<><>  livres.--  Au  sieur 
Eugenol.  iiinii  ai-j,'-enlier,  'i.imh)  livres.  -  -  \  iimui  Miailre  d'hùlel.  (i.diMi  livres.  — 
\   Picot.  (i.Doi)  livres.  —  .\   llohert,  .i.ooo  lixres.        .Vu\  sieurs  de  (;ra\e  et  de  Sainl- 

T.    I.     LE    PALAIS-rOTlL.  '^ 


qg  LE     PALAIS-UO\AL 

Lé^'iT,  iiifs  t<ii>tr>.  cliacun  ;>,ouo  livres,  el.  on  ouIil-,  iiu's  cKux  Ciinosses  a\cc  les 
doux  utleluKes  de  chevaux,  ma  litière  cl  les  trois  mulels  qui  y  servent  i)our  èlie 
partagés  également  entre  mes  deux  écuyers.  —  A  Chamaranle  et  du  Plossis.  rliacuii 
:i,ooo  livres. —  \  N  ilandry.  1,000  livres.  —  A  de  Roques,  iS  chcxiniY  déiole, 
après  que  les  12  meilleurs  de  mon  écurie  auront  été  choisis  par  mes  Parents, 
plus  0,ouo  livres.  —  Au  sieur  de  Fort,  écuyer,  6,000  livres.  —  A  (irandpré, 
capitaine  de  Richelieu,  3, 000  livres.  —  A  la  Jeunesse,  concier^re  de  Richolicu. 
.{.000  livres. —  Au  petit  Mulot,  (pu  écrit  sous  le  sieur  Ciiarpeidier.  mon  secré 
taire,  i.5oo  livres.  —  A  la  Garde,  iî.ooo  livres. —  \  mon  premier  cuisinier. 
a.ooo  livres.  —  A  mon  premier  crédencier,  2.000  livres.  —  A  mon  premier  cocher, 
i,5oo  livres.  —  .\  mon  premier  muletier,  1,200  livres.  —  A  cliacun  de  mes  valets 
de  pied.  (>oo  livres. 

Et  généralement  à  tous  les  autres  olliciers  do  ma  maison,  savoir  de  la  cuisine, 
sommellerie  et  écuries,  chacun  six  années  de  leurs  gages,  outre  ce  qui  leur  sera 
dû  jus(pi'au  jour  de  mon  décès. 

Je  ne  doimc  rien  au  sieur  Ciiari)enlier,  mon  secivlain",  parce  cpie  j'ai  eu  soin 
de  lui  Taire  du  hien  pendant  ma  vie...  Je  ne  donne  rien  aussi  au  sieur  Cherré, 
mon  autre  secrétaire.  i)arce  que  je  le  laisse  assez  acconunodé,  étant  néanmoins 
satisfait  des  services  (pi'il   m'a  rendus. 

Dans  Mlle  maison  connue  cclli'  de  llirlieliou,  le  service  do  la  lal)l('  et  dos 
ni-c>visions  ili'  iiDUilh'  devait  jouer  un  iiMe  assez  inipnriani,  ('lanl  donné  le 
pi-rsomiel  (|u"il  \  a\ail  à  nouirii'.  Sons  ce  lapporl,  il  conNii'iil  de  donner 
ii'i  un  rensei^iu'nicnt  luiiciix  siii'  les  hahiliidcs  suivies  au  l'alais-(  lardiiial, 
comme,  (railleurs.  ;i  la  niai-on  ilu  roi'  cl  clioz  les  riclics  seigneurs  ilo 
l't'pixpu'.  Los  cui>iiiiirs  n'avaient  pas  ;i  pourvoir'  aux  provisions  et  il 
s'enquérir  des  fournisseurs  clio/  (pii  achoti'r  au  ,joui'  le  jour  ce  (pii  l'Iail 
iiéccssaiie.  I/inlend.int  passait  un  inarclié  général  pour  un.  deux,  (rois  ou 
ipialro  an-  HM-r  des  poui\o\curs.  hoidaugers,  houcliors.  niarcliand-  do 
\in,  etc..  qui  (ir\aiiid  appoiler  (piolidionnoincul.  au  tarif  neltcMioMt  li\i'  à 
ra\ance,  et  -uiNaiil  lr>  (pialili's  cl  qiiaidilés  spi'cilii'cs.  louirs  les  piii\  isions 
do  laltle.  Si  le  niaîlie  se  (li'plaeail,  allani  ■-(lil  à  la  caïupagiie.  soil  en  sovaiie, 
les  pourvoyeurs  avaient  r<d)ligalioii  di-  lui  l'aire  pai\euir  niniporle  où  il  se 
trouvait  les  niarchandisi'>*  coii\eiMie-<.  (ienv  (i  venaienl  iU  ;i  niani|iier  à  leurs 
engageinenls?  On  avail  le  dioil  de  |ii.iidre  à  leui>  i'iai>  (lie/  (nul  antn> 
fournissiMM-  les  donn'es  non  livn'os  par  eu\,  <.  des  lueillcures  (piil  se  pouvait. 
«•I  on  telle  ipiaidili-  dont  un  avait  iiesoin.  »  Les  UM'iuniie-;  ('laienl  ri'-iih's 
on-uile  par  \<--  inlendauU,  ;i  éclu'ancos  régulière-.  I.e  nianlii'  pa-x'.  au 
nom  du  cardinal,  le  i(\  novendtie  i(i,'{.'(,  avec  les  pi  miM  iveors.  porlait  une 
durée  de  qiiahe  années.  Ces   pourvo\eurs   élaii-nl  :   .leau   el    Uiiie    l'iron    pour 

I,   Jnl  lroil>i''  cUvt  un  lutlulrr  ilr  l'iirl»  li-   Irnllr  imt-i-,  iiii   i i  ir\iiiii'  iT  \iili  ic  lie.    imt  Ion-  les 

iiiarcliaiiit*  qui  clrtnli-nl   runniii    In  iiitii'uiii  ilr  lu   n'Inr  ili-  |kiIm.  i|i-  tjiiiiilc.  ilr  vin.  ilr  imissons.  cU-, 


la  Niaiidc  i-t  la  (iiaïKli'llc;  SiiiKni  h'oiiiicl  cl  l-'rain.ois  N'in-ilial  [KUir  le  \iii 
do  hoiiclii'.  iIl'  Miiti'  cl  (lu  <iiMumiii.  le  Ixiis  cl  k-  cliaihon,  la  iiiumiluro 
dos  ilievaux  ol  la  rouiiiilniv  dos  ohovaiiv  do  cliairoi  ol  mulots;  Môdard 
Moroior  ot  (ilaudo  Mauponin  pour  la  I)()ulan<.fono,  lo  pain,  la  l'ariiio:  Marin 
FdUipiiôic  poui'  la  pàti^-l•|■i(•;  .Icau  .lnuau  |)iinr  les  (>i-aM;:os  ol  los  (•iliHjns: 
Klioniic  \riii(iitiir  pdiir  l'i'picoric;  Aiilnino  llounlaull  pour  les  Iiabils  de 
livroo.  ilr.  \  (11,111111  cii^uilc  :  Crcssc,  tapissicc:  jacipio^  de  l,:iiiiiu\,  ui'i'rMo; 
(jiiN  Pncpicliii.  drapier:  Ndricii  (luiicr.  -cllicr;  Viilniiic  Saiisciii.  (■arr(i'->i(^r,  clo. 
Lo  S  jauviri-  ili.'iç),  1111  iiiariiii'  l'ut  l'ail  a\iT  un  pi  iiuxoNciir  |)ciur  ruuruir 
«on  1(111-^  lieux,  de  \iii  piii'  et  li'':j;d  >i  la  iiiai--iiu  du  caidiiial,  sa\(iir:  puni' 
*;a  liiiiiclie.  (<  du  meilleur  (pii  ^e  IruiiNera  à  dix  liiiie^  à  la  rondo  à  six  sois 
la  pinlo;  »  pour  sa  Miile.  «du  meilleur  ipii  ^e  lr>iu\era  dau<  lo  (piarlior  à 
(|ualro  sols  la  |iiule.  n  el  pnur  le  eummim,  kiIu  meilleur  qui  so  IronxiTa 
sur  les  lieux  après  lo  pi-(''0('dont  à  Irois  sols  la  piido.  <>  l,o  prix  du  Imis,  n  un 
liois  hnoho,  nu  tiers  oo(teret<,  mi  tiers  fagots,»  osl  llxi'  ii  »  :>.'j  livres  ■>.  sols 
G  iloniors  par  joui'  t\\i  \"  iKixemiire  à  Pà<pios,  ot  à  i  ;>.  livres  i  sol  pour  lo 
roslo  do   l'annéo»' . 

l-o  cardinal  xoyaijcail  soineid,  ol  il  euliaiiiail  a  sa  siiile  tout  un  (■ortèj.''0 
do  ser\iteur>.  I  ,e  (i  di'cendire  Hi.'ii).  se  pri'paraiil  à  pailir  à  l'arnH'O,  il  l'ail 
passer  luarelii'  a\ee  li'  \ale|  de  Cii.irles  Si'ui'clial  ipii  doil  l'ouriiir  -ei/e  mulets 
noirs  a\oc  leurs  muleliers  poiu-  porter  ton!  le  lia^a^c  ipi'on  était  acooutiuuô 
alors  d'emporter  a\ec  soi,  c'est-à-dire  mouhlos.  tapisseries,  vaisselle,  etc.  Un 
aidro  marché  lui  assure  la  nourriture  de  seize  cliovanx  do  selle,  de  deux 
grandes  cliarretles  attelées  do  (piatro  clie\aux  pour  les  ljaf,Mj;os  dos  domes- 
tiques, un  fourgon  attelé  iW  (|nalro  cliovanx  pour  la  cuisine  et  cpiatio 
sommiers,  etc. 

La  table  i\v  Kicholion  el.iil,  eu  ^^l'iii'ial.  a-^e/.  I'ru:j,de  pour  lui.  si  elle  était 
copieuse  pour  ses  gens.  Pres(pie  loujouis  malade,  il  de\ait  l'aire  alleiiliMU  ;i 
■iipii  ri'';jime'.  (  )ii  Iriiuse.  par  exempli'.  dans  les  p.ipiors  laissi'S  par  Le  Masie, 
le>  meun^  qui  lui  l'uienl  ser\is  ,'ui  mois  de  juin  i("c>().  Le  canrmal  mangeait 
il  sou  dcjeuiiei-  lui  ^eiil  pl.il.  ,111  diiier  el  au  souper  deux  |dals  el  mu'  --alade. 
Son  secrétaire  i^o   MasIe   n'avait    ipinn  seul  plat.    Toid   antre  était    la  tal)lo  île 

I.  liil)lio(li('-<|iic  iiiilioiialf.  Ijii|irinii''.  pircc  iii-S",  l.'ii;  .Sij.  Vicomte  de  (H'oii('ii>.  d'apn-s  les  (lapicrs 
ili;  la  duchesse  d'Aiguillon,  coMuiiuiii(|ués  par  M.  di:  lioisi.isr.i;. —  Voir  aussi  Papiers  de  l.i'  Maslo 
dans  les    Vrcliives  de  l'.Vssislance  publique. 

a.  ()\i  le  voit,  dans  les  papiers  laisst'~i  par  Le  MasIe  el  où  fifiuriMil  les  notes  des  nii'dicanienls 
fournis  par  son  apolliieaire  l'erdrcau.  Ainsi,  pour  l'année  id.'l."),  le  nu'-inoire  de  eelui-ci  se  moule 
à  i,'ioi  Tnres  l 'i  sols,  pour-.")  elysléies  el  1^7  liols  de  casse,  sans  coinpier  les  niéd<'ciues  laxalives 
el  les  bouleilles  de  liMine.s.  Au  mois  de  jan\ier  de  celle  inmée.  Ilielielieu  fui  en  j^rand  dan);er. 
Le  i",  il  absorbe  un  bol  de  casse  avec  sirop,  ci  .'1  li\ros.  Le  3.  le  0,  le  8,  le  10  el  le  12,  le  nu^me  b<)l 
de  tisane  ipii  coule  chaque  fois  4  livres.  Le  12  <•!  le  1  1  de  ce  moi<.  ■  un  dyslèrc,  i  sols  ■>.  On  peul 
desccndie  à  ces  vulgaires  el  intimes  détails:  <piand  il  s'aj^it  d'un  lionnne  comme  celui-ci.  aucun 
document  n'est   iiiililléruiil. 


1  OO  1-  E      1'  A  I.  A  1  S  -  1\  (  )  \  A  t. 

riinlii'M'iiiir  lit;  Lmiii.  vu  ^isit(•  à  ccllf  ilalo  (lie/  son  livie  le  luiiiistn- :  on  ne 
lui  s.T\;iil  pas  iiidIiis  de  lreiile-(ltii\  plais,  plus  tpialic  salades.  Le  service  des 
paj^cs  élail  des  plus  planlureuv.  11  se  eouiposail,  les  jouis  ^nas.  pour  le 
inaliu.  di"  deux  eluipuus  bouillis,  de  deuv  (|uoues  de  mouton,  d'une  pièce  de 
hu'uf  df  ipialie  livres,  d"un  plat  de  six  lann;ues  di'  uinulnn.  d'une  c  panlc  de 
nioulon,  d'une  salade,  l'our  le  soir:  deux  chapons  iVitis,  deux  potages,  une 
cùle  do  nioulon,  un  jarret  de  veau,  un  alovau  de  (piatre  livres,  un  ^nyot  de 
inoulon,  nii  pl:il  de  lapin,  du  Ncan  nMi.  une  don/aine  d'aUjucItes,  une  salade. 
l'our  les  jours  niaij,Mes  :  tlenx  lions  pota;.'es,  deux  c.irpes  d'un  pied  el  deux 
doi;rls,  riiiie  à  l'étuve,  l'autre  rrite:  deux  jilals  de  huit  omiI's  chacun,  un  hou 
plat  de  luiiiui-:  deuv  duielettes  de  liuil  leul^  cliaeune,  une  salade,  (li's  menus 
étaient  servis  sur  deux  tables  rondes,  chargées  de  (juatre  plais  de  Irnils  soir 
et  matin.  Les  pajres,  au  nombre  de  seize.  ;ivaient  un  j:ou\eiiieur,  cpii  ('lait 
M.  de  La  l'oite,  un  maîlre  d'armes,  un  mailre  ;i  danseï-.  A  leur  service  il  v 
avait  douze  v.iKMs,  un  cuisinier  et  son  servant.  Tons  les  (piinze  jours,  on  leur 
donnait  des  divips  blancs.  La  nappe  de  la  table  l'Iail  ipiolidiemiemeul  renou- 
vel(''e.  ainsi  (pie  les  serviettes.  Les  panes  de  Uiclielieii,  on  le  voil,  elaieiil  l'orl 
bien  lrail(''s.  Il  est  vrai  de  dire  (pi'ils  apparlenaieni  aiiv  meilleures  r.inulles 
et  (ju'ils  l'-laienl  coiili(''s  au  cardinal  dans  l'espi^jir  d'un  brillani  avenir,  \insi, 
en  l(i3.'L  il  |)rll  |iai'iiii  ses  pa^^es  le  jeune  de  Navailles.  bien  (pie  ci'lui-ci  i'i'il 
protestaul,  comme  tous  ses  p.irents.  A  la  mort  (je  son  illustre  patron,  il  élail 
meslic  (le  camp  el  devint    par  la  suite  maréchal  de  France'. 

Avec  de  telles  char-fs  el  de  lelies  dépenses,  on  COïK.oil  ce  (pie  (levai!  couler 
l'entretien  d'une  semblable  maison.  Le  compte  de  recettes  du  cardinal  s'élevait. 
pour  r.iuiK'-e  i().'{H  à  la  somme  de  i  .'i  i,'L.")00  livres  l3  sols  '\  deniers,  el  son 
romple  de  dépens,  s  (•tail  de  i,:>^t-.i~-2  livres  .')  .sols'.  Chose  assez  curieuse,  les 
mémoires  des  .icipiisilions  laites  en  l'année  iG'ii  par  Kichelieu  pour  les  meu- 
bles, r;u-;.'cnterie,  le  lin^'e,  la  toilette,  sont  visés  par  (  :iii(|-M.irs.  le  favori  de 
L'.in»  Mil.  le  pelil-nuiiliv  es  ('lé';:,uices.  (pi'on  ne  s'allendrail  pas  ii  voir  jouer 
un  pareil  i-Me  d,■|Il^  les  .iiraires  intimes  de  celui  ipii  devait  si  peu  de  temps  api(s 
leii\(.\er    il    r.'chalaud.    M.iis   le    cardinal-duc     moiiIra     toujours    mie    ( crlaiiie 

coipiellerie  d.iiis   ses  cosluines.    |'onli>.    laconle   (pi'.à    l.i   campa;: le   Savoie   il 

étonna  lis  plus  vieux  mililaires  p.ii'  l.i  f.  braveiie..  de  s,,ii  .ijii>lemeiil .  rev.'lu 
ipi'il  élail  d'une  ciiir.iss,.  d,-  e.,nleur  d'e.in  el  d'un  liabil  (!,■  l'euille  mode  s,ir 
leipiel  il  v  avait  une  p.lil,.  biM.I.Tie  d'or,  .avec  im.'  \n\\r  plmne  au  chapeau. 
I'.'|.ée  ;ui  i-.W,'.  d.iix  pi.lMJ.K  ;,  r.irçon  de  sa  selle,  (hiaiid  les  snidals  Irauclii- 
i>  ni    la    riM.'ie    |)..ii,,,    „  Imsipi'il    eut    passé    sin-    l'aulre    bord,    il    lit    cent    l'ois 

i.   Uriwiirft  lin  )|ii,    ht:    >  vv  vii,i,»;!i,   17.. i,  lii-ia. 
1.    I'.l|.iin   .II-    I  ,•    M.„|r 


lui:  H  I   II  I   I       II  \  N  ■ 


-ON     r  V I.  \  I  s 


vulli^^cr  siiii  clirval  ili\;iiit  raniiiv,  iiiiiiiiir  >il  cùl  |ll•i-^  |il:ii-ii-  ii  faiiv  voir  <|iril 
sçavuil  i|IkI(|ii('  rUo^c  dans  ccl  cxcicicc '.  i,  Ka|)|)r.  hIh/  i  iIIc  Inilelle  ■.MiiTiiri-i- 
(le  riialiit  salin  j:ris  di-  lin.  m  hiDiictif  tini-  i-t  (iar;r,.,i|,  )|,,iil  parle  ^rallciuaiil ', 
(liiaiid  le  cardinal  i|nillait  ses  lial>il<  de  |)ièlie  pour  rcccxoir  Marioii  de  Loriue. 
Sa   lauieuse  S(Mitano    rmif^i"  élail  liiienienl  liiudéc, 

et   lions   voyons    même   rr   (pi'elle  eonlail    |iar   le  .-.•:■ -n.. 

mémoire  suivant  pa\é  par  I.e  Masio  '  : 

I"  I  II    iialiil    (lesearlalte   rouye   en    hiiKlerie    de 
so\e  naccaral;   2°  deux  habits  de  salin,  Inii  nuii^e       vV 
ciamoisy.  Tanlrc  viollet  en  hruderie  île  snye  des  nies 
mes  coulenr>  :    .>    une  >iiuaiie  de  ^aliii  par  escailles. 
à  Ibiil   \iiilli'l    en   hioderie  de  .so\e  :   -îho  li\res. 


H    DtClIESSE     D  Air.tlLLO.> 

MKCE     DU     CARDINAL     DE    niCUELIEI,' 

(D'jprcs  l'inlail  de  Pclitol) 


I  II  antre  mémoire,  n  pavé  à  Nicolas  l'arisol. 
laillenr  d'Iiahits,  à  Paris,  y  demeurant  rue  Vieille- 
liouclerge,  paroisse  Saint-Severin.  »  monte  à  la 
somiiie  de  yiS  livres  pour  ranni'e  \G->.-.  La 
litière,  la  célèbre  litière  dans  laipielle  le  eaidiiial 
se  faisait  transporter  |>iini-  ('viler  le  ealios  des 
calèelies,  est  é;,'alemeiit  notée  sur  les  reirisires 
des  dépenses.  On  voit  que  le  drap  dmit  (>Ile  l'-lait  recouverte  eu  fut  renouvelé 
en  lO/Ji,  et  c'est  Poquelin.  probablement  le  père  de  Molière,  (jui  le  fournit  : 

ili'ir.  —  l'oiir  le  scr>iec  de  Monseigneur  ri'iiiineiilissiine  cardinal  duc  de 
Richelieu,  foiirin  par  Guy  l'o(|ucIin ''.  diai)ier  à  l'aris.  pour  l'aire  une  lillière  à 
Monseigneur,  div  aulnes  et  deiu\o  (|uarl  de  drap  de  MDiisicur  esearlalte  d'Ilullande, 

ti'è-    lin.   il   .i.)   li\res.   l'V   .'«."iii  li\rcs    1  •>   sols. 


Kicliclieii  ne  m'gligeail  pas  les  moindres  accessoires  de  sa  toilette.  Dans 
sa  correspoudance,  il  parle  des  gants  «  ipii  sont  beaucoup  mieux  cousus 
à  l'anglaise))',  des  mouchoirs  que  les  femmes  se  inellinl  siii-  la  gorge**,  de 
bijoux,  dont  il  iic  semble  pas  avoir  fait  dans  son  costume  1  abus  auquel  les 
seigneurs  de  son  temps  se  laissaient  aller,  car  il  n'eiil  jaiuii-  qniin  gros 
diamant  an   doiglT. 

1.    I'dmis.   W/'moircs,  1.  II.   p.   'i. 

3.   Tai.i.kmam    iit:s   Ukiia.  Ilislorii-lirs,  t.  I",  p.  3.S7. 

.'<.    l'apii'is  ilr  l.r   M.isic.    Airli'ni-i  ilr   1' \sNlstiiiici'  piililii|ilf. 

'i.  I.r  prie  (ir  Molii'ii'  s'uppclail  .liMii  l'iii|iii-liii  i-t  iiiiii  pas  Ciiiy.  Mais  ilaiis  la  li)ii;:m'  ^'l'iii'-aliiKie  ilos 
Poqurliii  iliimiiV  par  Jal  f  Iniliunnniro  i-rUuim-J,  on  n'cii  Iidiim-  pniiil  du  nom  ilo  (iin.  Jt-aii  l'oi|iielin, 
(IrapiiT.  (|iii  fut  l<;  |ktc  «le  Molii-iT,  scinbli-  le  seul  <pii  piiissi'  «'Ire  ili'-si'.'ui-  dans  lu   docuiuriil  lilé  ici. 

5.  Lettres  et  papiers  d'Étal,  l.    III,  p.   a.S3,    'i'|t<;   l.    Vil,   p.    aâ'i. 

•i.  Ibid.,    l.    IV.    p.   «'|.3. 

7.  lOiil.,   l.   V.    p.   .').■).   cl  Henry  Hwaiiu,    llistnire  de   l'orfrcririe.    p.   IW3. 


I.  E      P  A  I,  A  I  S  -  R  O  Y  A  I. 


Pour  l'argoiit  quexijreaiont  les  dôpenscs  iiiiprévues.  non  sciiloniont 
l'inlondant  général  mais  les  «  oHicicrs  »  placés  à  la  kMc  des  prineipaux 
services  élaienl  munis  de  sommes  plus  que  sullisantes  pour  toutes  prévisions. 
Ainsi,  à  la  mort  du  cardinal,  son  secrétaire  de  Loyne  avait  en  ses  mains, 
comme  le  constate  l'Inventaire,  70,000  livres:  Eugénol,  lar-renlier,  j)(i.oo() 
li\res'.  Au  château  tic  Hichelieu,  dans  le  Poitou,  on  ne  trouva  pas  moins  de 
aaij.ôoo  livres.  C'est  avec  ces  réserves  qu'on  payait  les  eni[)lettcs  courantes,  les 
fantaisies  de  .*^on  Éminencc,  les  cadeaux  qu'elle  faisait.  Un  jour,  c'est  une 
sonune  de  -'A7t  livres  (pie  le  valet  de  chambre  des  Hournais  paie  à  une 
«  M"'  Sauvât,  pour  une  chesne  d'or  que  Monseigneur  a  donné  à  M.  de  Jolyca>ur, 
qui  est  h  hi  royne  d",\ngleterre  »  \  lue  autre  l'ois,  c'est  une  soninie  de 
71M  livres  <iui  est  portée  à  Boulhilier.  h  pour  donner,  connue  on  croit,  aux 
gens  de  M.  de  \  illars  ap|i((rt.int  un  iniieid)lenienl  dehene''.  »  Tantôt  c'est 
rauuji'mier  (JubcrI  qui  aehrti'  im  luth  <■  pniir  >er\ir  à  la  Nuisi(|ue  du  cardinal, 
et  il  en  reçoit  le  prix,  (J8  li\res,  des  mains  de  Picot.  Tantôt  c'est  700  livres 
pour  une  «  tapisserie  de  Flandre  contenant  huici  pièces,  de  ;«.")  aulnes  de  cours 
qui-  M(iM-icigneur  a  donné  à  Maileniniselle  l'ilandie  (|iii  est  à  la  Heine 
U(7,'enle»,  ou  hien  ."{oo  livres  à  «  M.  Losier  pour  deux  paravents  veinis  de  la 
(ihine  »,  ou  encore  So  livres  (pi'Eugénol  donne  aux  sieurs  Médard,  Mercier,  et 
(ilaude  Maiipeiin,  Imnlanger,  «  poui'  deux  couverlincs  aux  armes  (!<■  Monsei- 
gni'ur  (pi'ilz  ont  fairi  faiic  et  payé'es  [)()ur  leur  servir  à  couvrir  le  pain  de 
Son    llniinence.  » 

Le  cardinal,  connue  on  sait,  aimait  heaucoup  les  animaux:  il  avait  auloiu' 
df  lui  nombre  de  chats,  de  chiens,  sans  |)ailer  (l(>s  oiseaux  (piil  elail  de 
niodi-  alors,  parmi  les  gens  «le  (piidité,  de  collectionner.  La  dé|iense  de  cet 
arlielf  est  consignée  dans  ses  comptes.  Ndiei  nue  somme  de  ij  livres  iT)  sols 
pour  la  nourriture  de  deux  cicognes  destinées  sans  doute  au  rond  deau  du 
Palais-dardinal.  et  uni-  autre  de  (ioo  livres  pour  n  des  aygrelles  pâlies  et 
autlrrs  oisi-aux  "  cpi  il  a\.iit  l'ait  M'nir  dr  Hionai;c.  H  11  r-l  pas  (jueslion  des 
canards  du  l)as>in  di'crils  par  l)esmaret>''  dans  les  vers  (piadmirail  lUi  liclitii 
et   où   l'on   Miil 

Ijt  ciiiie  >'liiuiii'i'tfi'  (II'  l.i   liiiiiilii'  (le  l'iMii, 
D'uni-  voix  (>iiriiiii'c  cl  il'uii  hatlfinriit  (failo 
Aniiiii-r  le  cnonid  (iiii  laiif.'iiil  aii|iri''s  tl'ellc... 

M. lis    on    lii.inc    qu'on    l'aioail    pa\er  ii    >oii    lùiiiiicnc  r    ..  Iicnlc    cl     inx'   li\re> 

I.    l'.t|iliT«  ilr  la   tlll^lll•^v■  il' \ii;iiilliiii. 
1.   Kii   iliiti.   rd|il(.-r!t  lie  Ur  Ma.ilf. 
^.   Ihiil. 

\  D«n<  le  Monoliiyur  dri  TaUrrirt.  On  roiiiinil  r.iiiiTilnti-  rclnlive  il  Cfs  vers  qui-  Ir  caiiliiiiil 
triiiMB  «i  liniiix  i|irll  (loiinn  .m>  |iI*IiiIi-<  ilf  ii'i i>iii|ii-iiM-  un  |iiM-le. 


lUCII  l.l.l  II        D^NS      SON       l'AI.MS  in.S 

la  iiumritnif  i\i'  doii/c  pclils  cliitMis  |)i'ii(laiil  cioiizc  joui  s,  i-l   (nialic  livn-s  i)uiir 
la  paille   IVaiclic  Ions  les  deux   joins  ".  (ics  ciiiciis  riirciil  cmvonc's  à   Uiicil. 

noiiiiail  Mil  une  fiMc  an  l*alais-( ianliiial.  les  iiK'iiioircs  tles  rournissours 
nous  Inditiiicnt  l('-<  di'penscs  fxcoptionncllrs  ([u'il  fallait  faire  à  celle  oecasioii 
el  le  |iii\  des  choses,  la  location  des  chandeliers  d'ai'^'ent  ou  de  cristal  au 
joaillier  do  la  reine,  Pieno  \  crgne  ('i  livres  par  chanilelior),  le  snppli'nient 
aii\  innsiciens,  les  collations  à  Anne  d' \utiiche.  ipii  adorait  les  friandises, 
priiici|ialeiiieiit  ceilaines  peliti'S  tourtes  dont  le  cardinal  la  régalait  xolontiors, 
ainsi  cpie  les  coidltnres  sèches  (pie  Le  \oulte,  chef  des  ollicos  du  Palais,  se 
procurait  chez  l'épicier  Henry  Sauliiiei  : 

i(i,'?ri.  Du  (liiuaiulie  >>  juillel.  ])uiir  la  colassioii  de  la  Hexiie.  ciii<i  douzaines 
de  petits  fonds  de  tourlte  de  toutes  couleurs,   neuf  livres. 

\\\  livres  de  coiditiire  fine  à  quinze  sols;  Wllll  hoistcs  à  les  mettre,  dix  livres 

Imict    suis.   Soiiuiii'   (uni   (luarautc  sept   livres'. 

Ilichelieu  cpii  s'ingéniait  à  être  agréahie,  savait  être  galant  ipiand  il  le 
voulait.  11  était  charitable:  le  budget  annuel  de  ses  auuK'iues  latlesle.  11  ouvrait 
aisément  les  cordons  de  sa  bourse:  la  liste  des  gens  tpi'il  pensionnait  le  prouve. 
Pour  les  enfants,  il  se  plaisait  ;i  leurs  jeux  et  les  comblait  de  cadeaux  :  il 
doiuia  une  fois,  en  manière  de  plaisanterie,  ii  sa  nièce,  \1"'  de  Hrezé',  ipii 
devait  bientôt  se  marier  avec  (londé,  et  (pii  avait  I  air  d'une  gamine,  une 
petite  chambre  avec  six  poupées  (pii  ('taiciit  des  merveilles  :  l'une  repré- 
sentait une  femme  en  couches,  l(>s  antres  la  nourrice,  la  sage-femme,  la 
gran(rmaman%  etc. 

La  gi'ande  directrice  de  la  maison  du  cardinal,  (|u'on  reti'ouve  ;i  tout 
instant  el  |)ailout,  ;i  Uiu'il  comme  ii  Paris,  conlidente  du  ministre,  avant 
poui-  lui  le  res|)ect  d'une  lille,  le  dévouement  iiupiiet  et  tendre  d'une  fennue, 
c'était  sa  nièce,  la  duchesse  d'Aiguillon.  Pendant  toute  la  vie  de  .son  oik  le, 
on  la  voit  à  ses  côtés,  depuis  les  premières  heures  de  sa  haute  fortune  jiis(|uau 
moment  de  son  agonie.  Une  telle  all'ection,  (|ui  domia  [)rise  à  lanl  de  médi- 
sances de  la  part  des  contemporains  de  Kichelien.  a  pu  paraître  susj)ecte,  mais 
il  faut  recomiaître  qu'aucune  ])reuve  formelle  n'existe  ii  l'appui  de  l'assertion 
de  (iiiy    Patin,   le(pie|  a  dit  : 

l.e  caiiliii.d.  iliiiv  an-~  avaiil  de  mourir,  avait  encore  (rois  iiiaiiresses,  dont 
la  |)rciiiièic  l'Iail  ^a  nièce,  hi  seconde  était  la  Picarde,  ^cavoir  la  l'emiiie  de 
M  le  mil  l'i  liai  de  Cliaulncs.  la  Iroisième  était  une  liclle  lille  |iarisiemie  iiciimiu'e 
Maiioii    l),l(.iine:t. 

I.    l'.ip'.cis  (le   I.c  M;isle. 

■j.  Tn.i.KMvNT  DKs  KÉvux,  IHslnrielles,  I.  Il,  p.   jiC. 

3.  (luv    I'min.   Lettres  clioisies,  'i  novembre  iti'ii). 


lO.'l  I-K      PAI  A13-H()  Y\l. 

L.i  (liitlicsso  d"  Vi;.Miillon  l'tiiit  l.i  lilli-  (if  la  sti-iic  aiiu'c  dr  Uicliclicii,  ([ui 
a\iiit  t'puiisé  l\ené  de  Wignerod,  seigneur  de  Pontcourlav.  l'ai  la  niurl  pivma- 
Imve  do  sa  nu-iv,  elle  l'iait  resiée  de  hoiino  lioiiro  orpholiiic  et  sc'Iait  liahituce 
Iniito  jeune  à  toiisidérer  son  oncle  connue  un  père  et  son  uiiiipie  guide. 
(Jii.iiid  celui-ci  arriva  au\  allaires,  en  1G20,  il  pensa  servir  ses  desseins 
de  polilitpie  en  mariant  sa  nièce,  qui  n'avait  pas  seize  ans,  au  marquis  de 
C.iudtalel,  hupiel  mourut  à  rarmée  au  lioul  de  quekpies  mois.  Dès  lors, 
iUclielieu  ne  se  sépara  plus  de  sa  nièce,  la  laisanl  admeltre  à  la  Cour,  lu 
dunnanl  connue  dame  d'iioimeur  successivement  à  Marie  de  Mi'dicis  et  à 
Aime  d'Autriche,  l'introduisant  dans  la  société  de  l'hôtel  de  Uauii)(millet.  nù 
elle  se  civa  des  amitiés  solidi-s,  et  où  elle  l'ut  ((luriisi'e,  cliauti'e,  letée  par  les 
poètes,  depuis  NOiture  jus(pi"à  (ioiMieilie.  Illli'  eût  \nulu  eiitici'  eu  l'eliginu 
et  à  plusieurs  repiJM'^  ell<'  se  >au\a  de  la  \ie  nimidaine  ipie  lui  inipnsail  s<iu 
oncle  pour  se  réfugier  au  eniivi'ul.  (llia(pie  l'nis  celui-ci,  ii  l'nree  d'iuslaiites 
sup|ilicalions,  la  ramena.  (!elle  (pi'nu  appela  l(iugleui|»s  M""  de  (luiuhalct,  ou 
faniilièrement  la  (lomhalette.  a\ail  prè-~  de  vingt  ans  de  umius  (pu'  le  car- 
dinal. Klli-  l'iail  le  l_>pe  de  la  l'eiiuue  aiuialile  et  disliugut'e  de  la  preuiièie 
moitié  <lu  wii  sièele.  don -e,  hiiiuie,  intelligente,  dun  jugeuieul  m'u'  et  droit. 
Mlle  était    lulle.    tous   les  auteurs  cimteniporains  soul   daccord   ii   ce  -ujet  : 

.^a  taillr.  ipiiijipie  l'IfM'e.  élail  t'it'^aiite  et  liicii  prniii.rtidiun'c.  l-.lle  a\  ait  de  plus 
(ratliniraliles  ('iiindes,  et  ce  genre  d'allrails  ipii.  a\ee  de  licaiiv  liras  cl  ilc  lielles 
mains,  élidt  alors  foil  admiré  elie/  la  reine  Aiuie  d' \  iiliiilic . .  A|>iv-  la  réiiularité 
tics  traits.  (•!•  (pToii  admiiail  lc|ilu.ilan^  sou  \isai:c.  el  ec  (pii  en  lai-ail  le  chaiiue 
raraclérisliipie,  ci-lail  le  eontrastr  (pi'ollVail  levlivine  doueenr  de  ses  v'u\  bien-. 
très  elaiis.  a\i'c  de-  iil>,  des  .somril-  il  i\i'^  clicNeux  eliàlairi   fonci''. 

I.e    porliail    île    relilot,    ipu    es!    au     l.oiiMr    i|  ipir   nous   re|)|-oduisous.    leud 

il     plaisir     1.-    eli.ir de     eelte     iii'ature     aiiuaiite.     Ililr    l'Iait     sans     ili'l'eiise. 

Kiclielini  mort,  elle  eût  l'ié'  iucapaiilr  de  1  l'-islei-  aux  rmips  de  srs  eiiuiiui-. 
(^0^1  ponnpioi  eeliii-ei  di'iuanda  pour  clic  au  roi.  eu  ili.'IS,  de  iiici'  la 
diirlié-paiiic  d' \i;_'uilloii.  litre  cveeplionnel.  laveur  sans  evcuiple  poui'  une 
femme,  et  ipii  la  proli-gi-ail  louln-  toute  calaslrophe  .'muIiicIIc.  (tuaul  au 
n'sle,  son  oncle  \  axait  puiirMi  eu  la  coiulilant  de  hieiis.  eu  lui  douiiau!  le 
relit  l.iiveiidxpiir-,  avec  liiiiies  les  richesses  ipii  s'v  liouvaieiil  el  la  li'rre  de 
hlleil,  eu  rilislilii.ini  eiiliii  liiliiee  du  liU  de  sou  frère  (pi'elle  ailiiail  i.iiulue 
<*oii  propre  eiiraiil,  \riuand  de  Wi-ueiod  di-  l'oiileoiiilav .  -on  p.lij  iic\eu 
.'1  lui.  par  «..1  s.eiir  alii.-e.  iii'  eu  i(l'|(  d  dont  11  lil  I'Ik  lilicr  de  sou  iioiu 
coiniiie  de  h;i    riiliinie. 

I.    I.<i|lllr    l>l     lli.NM  u      \\i.inM.    /,,!    iHuUfêse  lIMilllilli'll.    iWi.    lu    uS,    p.    II,,. 


nicn  i:i.i  Kl'    dws    son    i'\i.  vis  io.j 

\a-  cardinal  de  Uiclu-lifii  cvpiia  le  'i  (li'cciiilnf  Hi'iN  dans  celte  cliandue  (jiie 
nous  avons  dt'çiile  <■!  on  l/mis  Mil.  hien  malade  liii-niènie.  vin!  le  voir.  La 
duchesse  d'Ai^'iiillon,  en  larmes.  l'Iail  lii.  l/assislaiice,  (|iii  ('lait  nond)roiiso, 
ministres,  man'-cliaux.  |)arenls  et  (lomesti(|iies,  tout  le  monde  pleurait'.  Co 
ne  lui  i|ue  le  i  il  di'cendire  ipie  le  curp^  <ln  ^j-rand  linnnne.  après  avoir  c'Ié 
expos/'  pendant  di\  jours  dans  la  galerie  du  l'alais-(  Cardinal,  lut  |)oi't(''  solen- 
uellonuMil  à  la  Sorbonne.  ■•ni-  un  char  couNeit  d'un  pnèle  d<'  \elours  noir, 
croist'  d'ar^^cMil,  aM'c  les  armes  de  lliclielieii  au\  ani;li's,  et  Irann'  pai'  si\ 
chevaux.  Les  maréchaux  de  Hre/é  il  île  La  Meilleraye  conduisaient  le  deuil 
en  tète  des  parents  et  des  amis.  Puis  venaient  les  «olliciers»,  les  serviteurs, 
les  pages,  îles  cierjres  à  la  main,  les  dii^nilaires,  mi  corlèj^e  énorme  ;i  pied  ou 
eu  voilure,   la  Ibule  curieuse  des  l'arisiens  venue  l.à  comme  au  spectacle  \ 

En  moiuant,  Uichelieu  avait  renouvelé  le  don  du  Palais-Clardinal  au  roi, 
ipii  «eut  riudignilé  lie  s'en  em|)arer  sur-le-champ  et  d  y  mettre  des  gardes»^. 
Celui-ci  ne  devait  pourtant  jamais  s'y  installer,  car  il  ne  survécut  que  cinq 
mois  à  son  ministre.  C'est  Anne  d'  \utriche  (|iii  allait  désonnais  habiter  la 
demeuic  de  riionmie  qu"ell(>  avait   si    prolondément    haï. 

1.  Di'inii'rs  niomoiils  de  Riclii'licu.  .Irc/urcs  curieuses,  2'  st'rii-,  l.  V,  p.  358.  Bibliothèque 
nalliinalc. 

2.  Voyez  Archives  nationales.  K"t»6.  n°  (lo-Oi),  dossier  IV,  lettre  11°  (ili.  i',  janvier  it)'i3  :  nCe  qui 
s'est  passé  en  la  pompe  fimèlire  de  deffunl  Monsieur  le  cardimd  de  llichclii-ii...  ■■ 

3.  MiciiELET,  UicUelieu  el  la  Fronde,  p.  «71. 


LE  scE.vr  Di    c-vnniSAi.  de  niciiEMEi 


T.     I.     lE    l'AI.AlS-nOTAL. 


LE>    AiiMi  s    m: 


CHAPITRE  III 


A^^E   DAUTRICIIE  ET   MAZMUN.—  LNE  ÉDlCMKiN    lun  VLE 


Le  Palais-Cardinal  devient  le  Palais-Uojal.  —  Les  IraiisTormalions  qn'y  fail  Anne  d'.Viilrichc  :  ses  apparlemciils, 
SCS  Bains,  son  Oraloire,  la  Salle  dn  Conseil,  lu  Chambre  de  Louis  XIV.  —  La  "  maison  »  de  la  reine.  —  Mazarin 
s'y  installe. —  Démolilion  de  l'hôtel  Sillcry.  .Vc(|iiisition  de  l'hôlel  d'Eslrées,  etc.  —  Poiiniuoi  est  vendn 
l'hôtel  Ricbclieii  où  devait  être  la  Mibliothèqne.  Les  embarras  de  la  succession  du  cardinal  de  Uiclielieu. 
—  Histoire  du  procès  du  niarédial  de  Uiclielieu  avec  les  propriétaires  des  maisons  du  Palais- Itoyal  :  l'arrêt 
de  1755.  —  Éducation  ipie  donne  Ma/ariu  à  Louis  XIV,  au  Palais-Itoyal.  Les  exercices  militaires,  les  jeux, 
le  fort,  réquitalion,  les  spectacles.  —  Premières  amours  du  roi.  —  Le  dénùmenl  à  la  Cour.  —  La  Fronde. — 
La  Taniille  royale  abandonne  le  palais. 

V,C    flll     SfMlIcillCllI     le    7    (ictdllic     l(i'|.'>.     ciiKl 

mois  ;i|iirs  1,1  miiil  df  smi  (''ikhin.  (|iic  la  l'finc 
\iiiii'  (1  \iiliiili('  aiiixa  de  Saiiil -(  iciiiialii  |iiiur 
siiislallcf  a\i'c  ses  crifaiils  dans  le  palais  de 
Kicliclicii,  ipic  d("s  lois  (III  piil  riiahitiidc  dans 
le  |)ulili('  (ra|)|icl(r  le  Pti/itis- /{ni/ril,  l)ioil 
(luaii-dcssiis  (!<•  |;i  [Mille  (ri'iilfi'o  coiiliiuiasscnt 
à  li;:iii('r  cii  Icllri's  d'or  riiis(ii|ili()n  Palais- 
('(tidiiKtl  cl  les  iiisii^iii's  cl  ai'iiioiiics  (|ii'\ 
a\ail  l'ail  lucllic,  sur  une  j)la(|iic  de  iiiarl)i'e. 
le  |ii(ipii('laiic  (U'Iiiiil.  (a'Ilc  inst.'i'iplioii,  an 
liKHiieiil  iifi  clic  l'Iail  apparue,  !i\ail  l'ail 
Djprij  Bciuiitu  (Chiicogrjpiiic du  Louvre)         conicr  rciiei-c  dfs  ^'la II III laii'iciis,  iiolaniiueiil  de 


SvnnÂ,  ù'^  ti/TTLc/u:^ 


SES     ARMES 


Io8  LK     PAI.  VIS  -UO\AL 

Balzac,  qui  cliicaiia  sur  la  juslrsse  du  litre.  Ce  puriste  ne  Noulait  ,i(lmellre 
que  Palais  du  Cardinal  i-t  glosait  sur  ce  point.  «On  dit  bien  la  place  Mauberl,  » 
ivpliqua-l-un.  L'inscription  resta.  Peu  de  temps  après  avoir  pris  possession 
de  sa  nouvelle  demeure,  la  reine  la  fit  enlever,  ne  se  souciant  pas  de  vivre 
sous  une  pareille  é-ride.  La  duchesse  <rAiguilloii  supplia  Aune  dAutrirlie 
de  la  rétablir:  «Il  est  peu  séant,»  lui  dil-clle,  h  de  l'aire  injure  aux  ninils 
parce  qu'ils  ne  peuvent  la  repousser:  en  honorant  la  mcMmiiie  du  cardinal  de 
Kiclielicu.  vous  innnortaliserez  votre  iionr.»  Anne  dAutiiciie  accéda  de  bomie 
grâce  \\  cette  prière,  et  dans  les  documents  olliciels,  dans  les  actes  notariés 
que  nous  allons  avoir  à  compulser,  le  nom  du  cardinal  restera  accolé  à  celui 
du  palais  assez  lon{,'lemps.  Puis,  ci.nnne  rc'pilhèli"  de  cardinal  sendilait  prêter 
h  la  médisance  à  cause  de  Ma/ariii,  et  ipie  le  peuple  disait  (pidn  Tavait 
donné  à  celui-ci',  l'inscription  hd  elTacée,  et  l'usage  adopté  déjîi  par  tmis  de 
r.i|ip.ler  le  Pahiis-Koyal  prévalut  dénnili\enient. 

La  reine  entra-t-elle  de  gaîlé  de  cn-nr  dans  celte  maison  (pi'a\ail  hahiti-e 
si  longlenq)s  le  terrible  iniiiisln'  ipii  l'axai!  tenue  sous  son  joii':?  Nallail-elle 
pas  y  retrouver  son  ondire!'  lUclielicn  absent,  son  l'anh'mie  ne  reviendrait-il 
pas  tnîubler  ses  nuits?  Au  premier  moment,  en  |)ar(onranl  dnn  pas  hàlif 
les  sombres  galeries,  les  interminables  appartements  de  ce  |)alais  vide  erdin 
di-  son  ennemi,  peut-être  ('prouva- 1 -elle  comme  un  soulagement.  Mlle  était 
ilonc  bien  leine.  |)nis(pii|  n'c-lait  pins  là  !  Pnis,  par  mi  capi'ice  de  fenune.  elle 
iMjidevcrsa  tont.  ehan;:ea  la  ili--l  liliulion  des  pièces,  mil  le  jeune  roi  dans 
l'ancienne  ch.unhre  de  Hichelien,  à  l'aile  gauche,  et  lit  aménager  j^nir  elle, 
h  l'aile  droite,  de  spacieux  app.iilemenls  (pi'elle  se  mil  en  devoir  de  rendre 
aussi   magnilicpii-s  (pic  |)ossible. 

\ime  d' \ntriche  avait,  à  celle  ('pcMpie.  |)ass('  la  (piarantaine  ;  mais  elle 
avait  toujours  une  gran<le  fraîcheur  :  »  Ce  n'c'loil  (pie  lis  el  inses.  "  a  dit 
(luehpi'nu  (pii  pomiiud  ne  l'aimail  pas.  <(  \(v  blonde,  elle  lirimis>ail  un  peu 
df  cheveux,  é-tait  un  peu  plus  Msp.ignole,  mais  connue  elle  elait  giasse.  son 
incDinpiirable  blancheui-  ii'av.iil  fiiil  (pr.mgmeider.  l'Iore  devenait  (  .('•i("s.  dans 
r.inqileiir  et  la  ph'nitude.  le  royal  ('•clat  de  l'éU'-.  »  Tempérament  indolent, 
niidgré  des  colèri'S  sid)ites,  cpii,  surtout  (piand  elle  sortait  de  table.  I Clonllaient 
ou  s'échappaient  eu  explosions  violentes;  nalure  volnplueuse  el  molle,  avtc 
lies  enlèlenieiils  iin  loy.ibles,  clic  ne  larda  pas  ;i  s';dourdii'  :  «C'est  une 
gro?»s«*  ."^uiss^'sse,  n  di>ail  Ucl/,  ijni  niirni  irait  p;is  cond)ien  elle  aimait  faii'c 
bonne  chère.  On  sait  l'empiti'  (pie  |>rit  sm  ille  Ma/ariu.  (Jiiand  Loui-  Mil 
le  lui  pii''«nl.'i,  il  lui  ;iv.iil  dit,  îissure- 1 -«m  :  ((Nous  r.iimcie/.  cai"  il  ressemble 

I.  Ontiilp  nr.  Itox^r*!;- Avr.xtfir.  l.n  Imcheitf  il'Mijiiitlnn,  cl  S\t\\i.,    {nluiniti-s  itc  l'nrix. 
1     l>ii>M>«r  i.r.t  lli'.Atx,  IliMlorirlIn. 


AN  Mi     IJAUTIlJClIi:     liT     .MA/.  Mll.N 


"-*!> 


■Ph  .  Clujjn^-ujru-    j„„jc 


\E    Ii'.M  TRICHE    A    43    AS3,    AVEC    SOX    VÛILE    DE    \ELVF. 
D'ipr^s  le  portrait  peini  p^r  Ph,  de  Cliampiii^iic 


il  lîii(-kiM;:li;mi.  »  l'I'.r  m"  (il  |);is  innillilf  lui.  Celte  reiiiiiif  iiii|i('rieiivc  iillielia 
luiil  il  (OUI)  pipiir  !'•  ^'.ll.iiil  ll.iiieii,  lin  el  mis.'.  r;ill'i'eli.iii  d'iliie  ('|i(.il-e 
docile  a\cc  une  assurance  ([iii  délia  toulcs  les  satires  de  la  l'ntiulc  cl  i|iii 
serait   extraordinaire,    élaiil    donnée    sa    réelle   dévolion,    ^i    î  un    ne  savait    pas 


110  LE      PAI,AIS-tVOYAl. 

aiijc'iiiirilui  (iniiii  maria^'o  sccivl  '  \'u\;\\\  unie  au  iiiiiiisliv  par  les  mains 
de  (lui  i-Ue  se  laissa  aveuglôinciit  (•(iiuliiiic.  Mazariii  roiuplit,  non  sans 
discrétion,  mais  sans  non  plus  y  mcltrc  loujours  do  la  douceur  cl  de  la 
délicalesse.  ce  nMe  de  mari  non  avoué,  ([ni  faisait  de  lui  une  sorte  de  caidinal 
consort.  Il  s"arran^a^i  po\u-  vivre  au  Palais-l{o\al.  ;i  cn[ô  de  la  reine,  en 
achetant,  pour  sauver  les  convenances,  riiùtel  Tulx'ur,  situé  tout  auprès,  do 
façon  à  pouvoir  pénétrer  (juand  il  lui  plairait  dans  ses  apparlemeuls  par  une 
porte  dérobée.  La  princesse  Palatine,  mère  du  Kégenf,  (|ui  l'ut  eu  silualinu, 
à  la  fin  du  xvii'  siècle,  de  connaître  bien  des  secrets  siu-  les  i)eisuunaj,fes 
de  la  Cour,  a  écrit  dans  ses  Me  moires  : 

La  rciiie-nière.  veuve  de  Loui~  MIL  non  eonlciile  d'ainicr  le  cardinal  Mazariii, 
avoit  fini  par  l'épouser  :  il  n'étoil  \)ns  prêtre'  et  n'avuit  pas  les  ordres  qui  pusscul 
l'eniprtlier  de  eonlraelcr  ularia^'e.  On  en  eonnoil  maintenant  toutes  les  circons- 
lances.  Le  chemin  secret  i)ar  lecjuel  le  cardinal  se  rendoit  chafjue  imit  chez  elle 
se  voit  encore  au  Palais  HoyaP.  La  vieille  Beauvais,  première  femme  de  chambre 
de  la  reine-mère,  avoit  le  secret  de  son  mariage  avec  le  cardinal  Mazarin:  cela 
ohligeoit  la  reine  de  passer  par  tout  ce  que  vouloit  sa  confidente.  De  Là  est  venu 
que  les  premières  fenunes  de  chambre  de  ce  pays-ci  ont  taid  de  droits  dans  nos 
appartements... 

Le  cardinal  fd  mieux.  Soit  cpi'il  ne  se  tr(iu\àl  pas  encore  assez  pi  es  de 
la  reine,  soit  qu'il  ne  se  soucia!  pa'~  d'rtic  lecoijuu  par  les  pronieucurs  du 
jardin  ipii  ranr'aieid  vu  pi'iu'lirr'  ;i  de-  heures  iuducs  dans  le  palais,  il  ii'snlul 
de  s'y  loger  tout  ii  l'ail,  \inii'  d'Auliiclic  encouragea  ce  jjrojct  ;  peul-èhe 
même  rinspira-l-cllc.  D'abord,  ou  pensa  (pie  le  mieux  serait  d'i^tablir  une 
galerie  couveilr  par  bujuclle  le  ministre  aurait  pu  veinr  sans  être  apeiçu; 
c'est  ce  <|ui  résulte  d'une  lettre  de  tiaudin  ;i  Servière,  qui  est  au  luiuistère 
«les  Affaires  étrangères'',  l'our  que  son  ministre  habitât  t(jut  ;»  l'ait  a\ec  elle, 
la  reine  déclara  à  son  Conseil  <>  (pi'altendu  l'indisposition  de  M.  le  cardinal 
de  Mazarin,  et  qu'il  falloit  tous  les  jours  passer  .avec  :.Maud'|)eiiie  au  travers 
de  ce  grand  jardin  du  P.ilais-Hoy.d,  i-t  vo>ant  (pi'ii  Imile  heure  il  <e  pré- 
SClltoil  nouvelles  ;d^ail-e'^  pour  lui  eciuiiuuiiiipier,  elli'  IhminmII  ;i  |ii'opo>  de 
lui  donner  im  logement  d.in-'  le  l'.ilais  JuiNal.  afin  de  cc  unei-er  plus  louuno- 
démenl    de    ses    alVaires».    L'intention    de    la    leiue.    dit    le    doruuieut  '  ampiel 

I.    \a-  fait  ni  iiiiiinli-tiiiiil  pruiivô,  p(  <'<<ta  n  tVIniiri  !■■  innliii  i |iii-  >'r'l;rn'iil  poM'  li'S  hislorirtis 

li-^  |ilii<  M-rii'iii.  —  (;r.  lUvKM.i.,  I.rllrrt:  W w.vw.skvm.  Srviiiiu-,  pailii-  II.  p.  .^71;  Ciilsin.  Ilitiilrfurl. 
p.  ij'i  ri   471 -iNj;  (:iu:iii;i:i.,  ilnii^  ri^lllioii  «If  Siiiiil-Simun,  l.  \ll;   Mic:iii.i.i.r.  etc. 

1.  Mil  «ait  ipril  n'i-liilt  tiu'iililmlr,  cl  ipir  In  i|iiiill(t-  (lu  CiiKliiiiil  |m-ii(  iMrr  conri-iV-c  viii-^  ipi'»!! 
»<>i(  ilan«  \i-%  iirilri-^ 

3.  lui  priii('i-^«'   l'nliili 'IjiII   irmilniil   iiili-iiv   pinci'i-  |nuii'   (-niiiinllrc  rt-  di-lnil  (in'ullc  liabilnil 

rllc'iiii^iiii-  !••  l'iilaU-llii>iil. 

V  ïaI.  t'iiL'Nxr.H,  l.r  l'nInU ■  Hnynl  ri  ift  envirtmi.  Pari».  Diilol,   p.   17. 

5.    \rrlii«<-.  ilii  iiiiiiUli'ri-  (!<•«  Virilrr^  (.•lrniijf"''n><.  rllr  |Nir  foi  hmiii  nuis  itidiiMlloii  do  rolrii. 


\  N  N  I         l>    \  1     I   11  H    11  1        I     r       M   \/  \  U  1  N  III 

est  OMipillliti'  et"  ili'lail,  lui  ;i|)|uiiii\i''i'  par  tous  1rs  iiiiiii^l  ii-s  n  cl  a\cc  annlaii- 
disscmoiitsi).  On  aiiaMi:fa  (lune  ra|ipatl(Mii(iil  du  ranlirial  Idiil  prrs  de  rrlni 
(lu  roi,  dans  la  parlio  ■^aiiclR'  du  l)àtiinetit  ceiiira!  ;  il  ('lait  racilc  d'aller  di'  là 
elle/  la  reino,  dans  la  cliambri'  ^'risc,  v[  à  la  salle  du  (luiiseil,  ou  Iraversaut 
une  petite  j^'alerie.  Mazariu  amena  tout  smi  UKmde.  dllirieis  el  seivileurs,  (uiil 
logea  sous  les  eondjles.  Au  rez-de-chaussée,  il  mil  ses  gardes  et  ses  ('curies  : 
il  y  avait  de  la  place  dans  le  palais,  liie  jiareille  installation  ne  dut  pas  peu 
contribuer,  tnulel'ois.  :i  en  augmenler  l'insalulirilc'  el  à  amener'  les  dc'LMailations 
(|ni.  en  dix  ans,  reiulirent  la  demeni(>  de  Uiclielieu  pii-(|iie  mécnmiaissaljle. 

l  n  des  premiers  soins  de  Mazaiin  en  arrivant  dans  le  palais  (pie  Uiclielien 
avait  donné  à  la  tlouromie  —  avec  ime  générosih'  iioui-  Kupielle  il  cul  ('xidcni- 
meid  ses  mobiles,  mais  cpii  est  incontestable  —  fut  de  l'aire  main  basse  sur  les 
plus  belles  sculptures  qui  s'y  trouvaient',  sans  tenir  compte  des  dispositions 
très  précises  qui  réglaient  le  partage  de  la  succession.  Son  clioiv  fut 
excellent,  car  il  s'y  connaissait.  On  a  vu  dans  le  chapitre  précédent  avec 
quel  sans  façon  il  fit  mettre  à  llnvenlaire  des  précieuses  collections  du 
cardinal  la  mention  «attribué  •■ni  min  sur  ipianlih'  d'ieuvres  d'art  (pii 
auraient  dû  être  restituées  à  la  ducliesse  d'Aiguillon,  cl  (jue  re!le-i  i  lui 
obligée  de  laisser,  n'emporlant  dans  sa  demeure  du  l'ctil-l.ii\eud)iiurg  (pi'unc 
partie  de  ce  qui  lui  revenait.  Queltines-unes  de  ces  sculptures  iudùmenl 
retenues  furent  expédiées  par  ordre  d'  \nne  d'Autriche  à  Fontainebleau,  et 
nous  savons  par  le  document  suivant'  (un  des  très  rares  (ju'on  ail  sur  les 
dépenses  des  Bâtiments  royaux  h  celte  époque)  ce  que  coûta  le  trans|)ort 
de  seize  statues  qui  entouraient  le  bassin  du  jardin  : 

A  Pierre  le  .leune,  marchand,  la  somme  de  quatre  cens  quatre  vingt  dix  neuf 
livres  dix  sols  six  deniers,  à  luy  ordonnés  par  ordonnance  dud.  seigneur  cardinal 
Mazarin  de  lui  signée,  pour  les  journées  de  pUisiems  ouvriers  sculpteurs,  cliar 
penticrs,  menuisiers,  qui  ont  vactpn'  cl  tiaiiaillé  tant  à  descendre  seize  figures  de 
inarhre  blanc  aiiticques  qui  esloieiil  dessus  les  picdz  cleslatix  qui  sont  au  pourtour 
du  Uoiidcau  dans  le  jai'din  ilu  jjalais  roïa!  à  paris,  (pie  pour  tailler  et  assembler 
les  caissons  pour  enchâsser  les  ds  figures  pour  icelles  conduire  auee  roidleaux. 
i;(iuipagcs  depuis  le  dt  rondeau  jusqu'à  la  porte  dudit  jardin.  Le  tout  afin  de 
Les  pouuoir  conserver  et  commodément  enlcucr  ^  transporter  au  dt  cliasteau 
de  l'ontainchleau,  suiuant  le  commandeuieiil  exprès  de  Sa  Majesté.  [Suivent  les 
noms  des  marbriers,  eliar[)enlicrs  et  nieiniisiers'.J 

I.   ArcliiM-s   nnlioti.'ilcs.   O"^   ^ij.s.   K\li:iils  des  dc'peiisi's  des  lt;Miiii<'iils,    i('i'i:<  •  ifiSi). 

•j.  Il  .scinlilf  bleu  (|iii'  le  d(>m(''ii,i;."'iiiciil  de  tes  slidiii's  fui  fait  en  iC>',:i.  aiissiliM  apii-s  l'inslallalioii 
de  Mii/arin  au  l'alais-ltnyal.   Toulcl'ois,   raulciu-  d'iuic   ciiiilic-iiia/ariiiado  parui?  eu    lO'iç»  fail  parler 

il  ccUc  ('poiiur  les  sUitucs  cjui  iHaii'iil  aul •  du   rnud  d'eau.  Celle  pièce  csl  iiilitidi-e  :  l.a  plaiiilf  <lu 

l'nlms-IUiynl  sur  Vabsence  du  ruy,  avec  un  itialoijnc  du  ijruud  Hercule  de  lirnu:e  et  des  i/ui/.v  sMues 
d'uUiiitre  ijui  sunl  à  l'eulour  île  l'iUiiuj  du  Jurdin  (déceinhre  iCi'nj).  Ce  ii'i'lail  pas  un  Hercule,  mais 
un  CIndinleur  de  bronze,  el  ce  u'étiiil  pas  douze,  mais  seize  slalues  (|u'il  >  a\ail  aiilour  du  rond 
d'eau;  sans  doute  le  poète  rimait  alors  de  mémoire. 


112  1,1.     l'Ai.  AÏS  -  ni)  VAL 

(Juaiit  au\  (Irpensos  l'aiU's  alms  par  Amio  (rAiiliiilK-  pour  ramônagemont 
<lu  palais  ot  surtout  pixir  rt'iiilK'llisst'iuont  de  ra|)parteinoiit  spécial  (pfeile  se 
ivsorvail,  je  n'en  ai  pu  Inuiver  aucune  liace,  pas  plus  aux  manuscrits  de  la 
Uibliulhèque  nationale,  où  il  v  a  cpiehpies  leuillels  de  comptes  la  concernant', 
(luauv  Alt  lii\es  natiuiialcs,  où  l'on  peut  consullcr  un  curieux  registre  des 
dépenses  de  sa  maison-  pour  Tannée  iG'r'-  <>ii  >  voit,  enlre  autres  détails, 
la  dépense  cpii  fut  laite  pour  la  première  cliaise  du  jeune  roi  Louis  \IV 
ipie  livivifiit  ('Jean  Babouvv  et  Menoist  Leroux,  tapissiers  ordinaires  île  Sa 
Majesté»,  pour  la  somme  «de  ciinj  cent  dix  livres  dix  sols».  On  y  trouve 
aussi  la  mention  particulièrement  intéressante  du  priv  de  S.ôoo  liMcs  payé 
tiji  Jean  \ariii,  garde  et  conducteur  de  la  Monnoie  du  Uoy  pour  jetons  en 
argent  et  jiour  les  hoiirses  de  velours  qui  les  contenoient,  y  coni[)ris  colliers, 
liroderies  d'or  et  d'argent  doublées  de  salin,  el  pour  la  gravure  des  carrez 
d'acier  faites  auv  armes  et  dexises  de  Sa  Majesté  (pi'il  a  l'oiniiN  pendant  ledit 
Miiarlier  île  jamier,  f('\iier  el  mars  itiV^»^-  ^'■<'  nièine  rcgislrc  nous  duniie 
un  état  de  la  maison  d'  \iiiie  d'  \ulriclic  à  celle  ('pixpie.  avec  la  liste 
de  ses  noiidirenv  domestiques  et  olliciers,  médecins,  aumôniers,  huissiers, 
valets  de  cliainlue.  tailleurs,  «  verduriers,  w  pâtissiers,  fruitiers,  «galopins 
ordinaires.»  etc..  qui  absorliaienl  un  lolai  de  7'i,o()o  livres  de  gages  pour 
trois  mois  seuienienl.  Llienne  .loliaimol,  sieur'  de  Haiilillal,  simph'  couiiier  du 
ti'é'sorier  général,  recevait  la  somiiie  de  'iTio  li\i;es  loiiriiois  pour  son  «droit 
d'Iiabit  d'Iiiver».  Michel  Daussi,  m  .ipolliicaire  du  turps  de  Sa  Majesté,» 
loiicliail  S-."»  livres  loiirnois  pour  reinlioursemenls  des  médicaïuenls  spéciaux 
il  son  emploi,  el.  pour  le  même  molif,  son  confrère  ■loza|)|)hal  .\olin 
«apothicaire  du  conniiiin.  »  axail  1,000  livres.  Le  nain  de  la  reine  portait 
des  souliers  ipie  ■■  \MLMi--liii  Mtisnier,  cordonnier  de  .Sa  MajesU' n,  complail 
'l<J  livres,  et  M"'  de  S.iiiile-Maiive,  comtesse  de  Hrassac,  dame  (riiomieiir.  se 
fais.-iil  remellre  'ili,"»  livres  tournois  «pour  ses  li.ahillemeiils  de  jaiuiei.  I'('\iiei- 
l'I  mars».  La  femme  Modernigaiid,  "lavandière  du  coips  <le  la  Koiiie,  »  ne 
dé'pensait  qm*  ."m  livres  pniir  s.ivon.  loije  el  lioid.ige.  c.  l'omiiy  |iom'  l'aiit-  si'ilier 
el    blanchir  le   linge  d.'   S.i    Majesté.  .. 

I.   llilillollii-i|iic  nnliniinli-.   Miiiiiis<-ril^,  fonil?»  rniiirais,   lo'ii'i,  p.  joS. 

1.  Arcliivi>4  iintioiinli*4,   KK,   ^lo.t. 

.1.  I,liir  «Mit  ili-M-iiii^  n-s  ji'Ioiis  ri  ces  rniTi/s  il'nciiT  jrrnvi's  \K\v  \\'iirin  ?  Iii  rxcmplnlrp  en  nrupiil 
ri  un  rxcniplalrc  ••ii  riiivn- 1  17  iiiillinii'lr('<ii  «le»  min»  iriicicr  ifiii  mil  servi  i\  frnpprr  les  jetons  d'Anne 
irVnlrii'lic  |Hmr  InirniV  iC'n  soiil  eonM-rvés  iiii  CnMnel  îles  Médiiilles  (Cf.  CVi/n/or/iir  ili-s  jrloiis  île  h 
IliMMhniue  luilinnnle. —  lloU  ri  llrinm  ilr  l'niwr,  pur  II.  I.\  Tdiii,  pp.  •iH.S-aH;),  V  131;)- 1320  ol 
|itanrlie  \\l\.  n'  M).  \|.  reriiiinil  Mii/einlle,  de  riidniinislnilii)n  iln  Musée  de  lu  \lr>riniiie.  dnnl  j'ni 
iiii«  |ilii«ii-iir<  fiiU  rernddlnn  j'i  pnilll.  me  dmnie  Ut  descripliciii  siiivniite  des  jetons  de  Jeun  \\  min  : 
lu  oui,  nu  driill,  l'éinis  m  nu\  armes  de  lu  reine,  n\ec  l.i  l«'';;ende  :  \v>v.  ma.  i;ii\.  mvNc..  i;t  nvv\.  i\k<:. 
Au  rp»cr«:  triiiiQL»'..  Lri:iiivs<.iui'..  Lr.wui.x.  Doux  riKoKiies  volant  et  ein|)orlnnl  rlincnne  nue  im'IIIp 
cluoRtiP.  A  l'oirruup.  la  ilnle.  Il.ins  «on  hifUuiiiiiiire  criliiinr,  Jal  (a'  édition,  Viil,  Wariii.  p,  129."».  i"col.} 
p.irlc  mml  de  Jetons  d'Anne  d'Sntricln-  |Kinr  l'année  ilil'rj. 


\  N  N  i;     Il  \  r  I m  I  II 


Il        M   \  /  \  Il  I  N 


II. S 


TA  4 


On  lien  tiiiirall  |)as  ili-  iiiriilioiiiirr  lt>s  IniiMiiilinihk's  i  udi  iiiii.'iiii'rs  ilc 
payciiii'iil  ([ii'mail  ;i  si^'-ncr  Viiliiiiic  (]ii(|ii('l,  ciniInMciir  ^rt'.ii,'.|;il  ,|,.  |,,  iii;iis(jii 
(rAiine  irAiitriclii'.  A  tiln-  d  iiulitalion,  ics  t'\('m|il(s  siillisciil  pour  iIdiiiici-  un 
apcn  II  (le  ce  quclait  lo  personnel  (pa-liiiies  mois  ;i\aiil  la  mort  de  Louis  \lll. 
I  ne  l'ois  réj:eiite  cl  iiis- 
lalliH'  au  Palais- Uoval, 
ee  fut  bien  autre  chose: 
le  nmiibic  (les  servi- 
teurs l'ut  plus  roii-idi'- 
raltle  assui'éuienl,  et  mi 
peut  reiiiaiipier  ce  (|ue 
lepii'-seutait  un  paicil 
enlri'lien  à  une  époque 
où  l'argent  cependant 
était  rare  et  où  Maza- 
riii  laissait  lenlant-roi 
manquer  dans  sa  eliam- 
bie  des  objets  de  pre- 
mière nécessité. 

Pour  les  transforma- 
tions et  les  décorations 
nouvelles  apportées  par 
la  reine  à  son  appar- 
tement particulier,  il 
tant    encore    consulter 

Sauvai,  car  c'est  à  lui  surtout  qu'a  ('lé  empninl(''  li»  peu  (|ni  a  été  dit  à  ce 
sujet  par  la  plupart  des  auteurs.  11  en  a  parlé  axcc  une  \i\e  adiiiiralion,  et  il 
est  à  croire  ([ue  de  son  temps  on  en  faisait  le  plus  f,nan(l  cas.  car  il  niiilliplic 
les  épitli('les  de  ((commode»,  de  (csuperbe»,  de  ((galant  h,  pour  le  dépeindre, 
ajoutant  ipieodaus  toute  rEuro[)e  »  il  ne  se  pouvail  lieii  \oir  "de  si  accoui- 
|ili.  ni  (if  si  majestueux  ».  L'appartement,  (pic  (icj;i  iUcliclieu  avait  poiirtanl 
dé(;or('  avec  beaucoup  de  !u\e,  occupait  un  anj:le  du  corps  central  du  bàliuienl 
et  s'i'lendait  le  lonj.--  {\t'  l'aile  droite,  dcriicre  le  llit'àtre,  jnsipi'à  la  balustrade  du 
jariliii.  \iiiic  (I  \ulriciic  lui  doiiiia  loiil  le  (l('velop|)eiiii'iil  possible,  et  le  divisa 
en  une  inlinilé  de  cliambres,  de  ;;aleries  et  de  cabinets  disposés  avec  iiii  liive 
diyne  de  son  ranj,'  et  de  son  nMe  de  r('f,'enle.  (l'est  là  (pi'élail  la  cbanibre  du 
Conseil,  où  se  passeront  les  épisodes  les  plus  l'anniiv  de  la  l'ionde:  l.a  sa 
chambre,  qu'elle  meubla  de  gris',   car  ce    fut   la  couleur  (piClle  adopta   pour 

1.  I.o  canliii;il  de  lltlz  parle  souxciil,  dans  ses  Ménwires,  de  la  .■  pelitc  chambre  tjrise  ■>  de  la  roiiic. 

T       I.      I.f.     PAI.&ia-UOTAL.  *.* 


"^"ià*^^ 


A  X  \  E     D    A  l'  T  n  I C  II  K     ET     LOUIS     XIV 

(Médaille  de  J.  Wariii) 


j  I  /J  I.  K     P  V  l.  A  1  s  -  H  O  Y  A  I. 

porter  k-  d.Miil  ilii  roi:  là  eiuoiv  une  belle  ^nileiie  remplie  de  tableaux,  son 
Oratoire  et  la  salle  des  haiiis.  Ces  diverses  salles  i'urent  ornées  de  peintures, 
dues  pour  la  plupart  à  Simon  \ouet.  Dans  la  salle  du  Conseil,  située  en  un 
endroit  très  retiré,  près  du  jardin,  et  où  le  bruit  du  dehors  ne  pouvait  par- 
venir, le  peintre  exécuta  un  plalonil  d'une  extrême  riebesse,  tout  rutilant  d'or. 
Trois  lustres  de  erislal  pendaient  de  ee  plafond.  L'ébéniste  Macé  fut  chargé 
du  parquet,  dont  il  lit  un  chef-d'œuvre  de  maniuelerie.  La  salle  des  Uains 
fut  revêtue  par  Nonet  d'une  série  de  panneaux  d'ornements,  d'enfants  jouant 
au  milieu  des  feuillages,  connue  on  les  aimait  à  l'époiiue  ;  la  gravure  nous  en 
a  conservé  le  dessin,  et  nous  reproduisons  ici  (pieUpies-unes  des  planches 
de  Michel  Dorigny,  tpii  parurent  en  iCo;,  sous  ce  titre:  Livre  de  diverses 
Grotesques  peintes  dans  le  cabinet  des  Bains  de  la  lîei/ne  rei^ente  au 
Palais- lioi/at.  par  Simon  Viaiet,  /leinlre  du  roi/  (  l 'i  composirKHis).  Tout  ny 
est  pas  cependant  de  la  main  de  Youet,  car  celui-ci  piit  des  collaboiateurs 
pour  les  ornements:  les  llenrs  sont  de  Louis,  et  les  paysages  de  Heliu'. 
Mais  ce  fut  principalement  l'Oratoiie  cpie  la  régente  se  complut  h  orner  et 
pour  la  décoration  (hii|nel  elle  lit  ajjpel  au  talent  de  plusieurs  artistes  à  la 
fois,  en  leur  demandani  de  représenter  la  Vie  et  les  attributs  de  la  ]'ier£^e. 
Les  peintres  Philippe  de  Champaigne,  Simon  \ouel.  Hourdon.  Siclla,  La  Ilire, 
Corneille,  Dorigiii  et  l'oerson  rinciil  chargés  des  diverses  compositions,  et 
s'en  tirèrent  avi'c  le  snIViage  <ie  Ions,  car,  dans  leur  travail,  dit  Sauvai, 
((il  se  voit  tant  d'('miilal  ion  qu'il  ol  (lilliciir  de  juger  l;i(|ii('ll('  de  ces 
histoires  est  la  pins  achevée;  car  enfin  si  ce  ne  sont  pas  leurs  chefs-(r(euvi"e, 
au^^si  ne  sont -ce  pas  leui-  coup  d'essai.»  N('anmoins,  les  comiaisseurs  accor- 
daieiil  l<ui  pn'l'i'reini'  an  taliliaii  de  HoiikIoii,  /h  Iiiite  de  la  \ie/-^'e  en 
h'f^i//tte'.  L'Oratoire  l'taiit  ('ilair(''  par  une  seide  fen(^lre,  on  ciaignil  de 
le  rendre  trop  obscur  pai-  mi  \ilrail  d(>  coidenrs.  et  on  n  \  eniplova  (pie 
«les  carreanv  de  mmic  blanc  ou  de  ciislal,  iiiclià^-i's  d.iiis  de  r.ii^iciil 
d<'coup«'-  en  hjs.inges,  triangles,  ros.ices,  et  on  usa  il  ce  travail  plus  de 
\ingt  marcs  de  nx-tal,  dirent  |)lns  tard,  non  sans  complaisance,  les  auteurs 
des  (iuides  du  \-<n/ai;eur  à  l'aris,  trl^  ipic  l'iganioi,  (icnuaiii  Mricc  ou  riiiniv, 
«•n  ne  faisant  ipn-  n'-pi-lcr  S;in\al.  |)c  s..ii  gi;nid  cabinet  \inie  d  \ntriche  lit  un 
vi'-rilable  nms('i-  di-  piiiilurc,   dan^  le(piel   on   adnnrait  les   l'elerins  d'/./nniaus 

I.   Eli'»!'    lie   J.    !■ |iiiin->.    |Hiiilii'    IIiiiii.iikI.     Ili'liii     l.ij>.iil    cli's    diiii iils    cl    des    |>.iy>jit'(»s.    Il 

IravnlIU  nil\  Tilili-rii-*.  viim  lu  iliin  limi  ilc-  S    IIoiimI.mi.  (hi.iiil  .'i  l.iiiii^ ^ill    lic-ii  mit  cri   iirtMc. 

1.  Kii  171)'^,  lu  CoiiMMiliiiii  lit  <iii«ir  <i(i  l'al.iii  lluxal  cl  lraiis|Hii  Icr  un  Mii-mihii  ili\  li),Miics  mit  lH)ii 
lie  SclNi«licii  Ittiiiritiiii.  lu  l'ii-ifiiliiluiii  >iii  Ifiiifilr,  i|(ii  |ii'ii\ciiiiiciil  pciilclrc  ilc  roriiloii'C  irViliic 
il'ViiIrli  lie  D'niitrr  |Mrl,  ilnii«  la  ll^lc  (Ic^  InliU'iiiix  vciiilii^  l'ii  17.S-  pur  le  iliir  d't  Irli-niis  cil  ViiKicIcrrc, 
nii  Irniitr  un  Inlilcmi  ilc  Itoiinlnn.  In  l'rrurnlaliini  an  rrni/ilc,  iiiii'>l  ijnc  ccnx  de  l.ii  Iliri-,  In  \  isilnUnn 
lie  In  \irr>if.  cl  de  Sarr.i/ln.  I<i  Mrnje  nn  lil  ilr  In  inurl.  <|nl  a\nicnl  ('•li-  |H-inlH  [iiinr  roriilniii-  d'Vniie 
il' Villrli  lir  an   rnlnii' lli>>nl. 


AN  m;    Il  a  i  lit  m:  Il  k    i;r     M\/\iun  iio 

(le  P.uil  \  (''roiirsi',  une  Fiiitr  ru  ]\i^iiplt-  du  (liiidc,  la  l'dinillr  <lc  l<i  Vicri^e 
il"  VikIiim  (Ici  Sailc.  MM  !>i'i)iiar(l  de  \  iii<M.  deux  Poiissiii,  Eiu'-c  snin'nnt 
Anr/iisf,  d'AiMiilial  (larrachc,  un  Saint  Jeun  intuili-  sur  un  u/i^/f,  allriltiié 
il  Rapliai'l.  tic.  La  |ilu|iail  ilr  ces  talilcaiix  ruiciit  lraii^|iiiîli'-s  pins  tard  à 
l'diilaini'hicau  par  la  ii'iiK',  dans  rapparicini'iil  <pi  clli'  se  lil  anii'na;:i>r  dans 
ce  château,   cl   clic   les  i-cni|)Iaea   par  des  copii's  an   l'alais-Hii\al  ' . 

Tous  ces  travaux  riiicnt  coiiduils  par  l,e  Mciciei-,  raîcliilci  le  du  palais, 
dont  la  ii'iue  ne  se  st-para  pas.  (piui(pi'll  lui  \fnl  i\r  Uiiliclicu.  l'Ile  lui 
deniaiida  aussi  de  Iraiisforiiier  la  galerie  de  druite  doiniaiil  sur  la  rue  Saiul- 
ilDiioré,  ipii  avait  été  la  Giileric  ilrs  Ob/rts  d'uit  du  cardinal,  pour  en  faire 
un  appartement  îi  son  plus  jeuue  lils  le  duc  d  Vnjiiu.  Mais  de  ce  Cfjlé  la 
jjosojiriie.  si  elle  l'ut  couuneiuée.  resta  toujours  iiiacliexéc.  Kiiliii,  pour  ajouter 
au  cliaiine  de  sou  apparlenient  à  elle  et  pouvoir  yoùter  mieux  encore 
la  IVaîclieur  du  jaidin.  elle  lil  disposer  en  lialcon  les  arcades  ;i  jour  ipii 
reliaient  par  derrière  les  deux  ailes  du  palais  jusijuau  bàtiiiienl  en  retour 
ipielle  occupait,  et  ce  balcon  l'ut  oriu'  dune  j^racieuse  balustrade  que  le 
serrurier  Etienne  de  Nevers'  exc'cuta  en  pcifection  :  elle  ('tait  cimiposée  de 
pilastres  de  six  pieds  en  six  pieds,  garnis  chacun  de  grandes  lleurs  de  lys,  entre 
lesipiels  étaient  des  panneaux  l'orni('s  (renroulements  de  leuillages  rehaussés 
ddr:  niic  frise  encadrait  cliaipie  panneau  de  lleurs  de  lys  découpées  h  joui', 
petites  et  dorées.  On  eùl  dit  une  dentelle  en  point  de  (ièues.  L'effet  était 
des  plus  heureux.  Sur  la  i'ai.ade,  le  palais  pouvait  garder  son  inscription  d(> 
Piilais-Cdidi/ifil ;  par  derrière,  grâce  à  ces  lleurs  de  lys.  il  avait  un 
cachet  xraimeni  royal. 

Ce.  n'est  pas  tout,  l'oiir  ipie  la  dcmeun- —  dont  le  dél'ant  ca|)ilal,  dètiv 
trop  liasse  et  écrasée,  apparaissait  de  plus  en  plus  —  prit  un  aspect  acceptable 
et  digne  de  rhabilalioii  d'un  roi.  il  aurait  l'allu  y\i-  toute  nécessité  la  dégager 
des  masures  en  mines  ipii  l'enserraiciil .  \  dmile  cl  ;i  gauche,  on  ne  pouvait 
guère  Y  songer.  \  Taiigle  de  la  i  ue  r>iclieiieu,  i!  \  avait  les  liois  bâtisses 
dmit  se  cdiiiposait  rancieniie  Mui.son  île  l'Ours:  du  ci'ité  de  la  rue  des 
l'.Mii^-lùilants,  de  minables  (  .  m^lruition^  aux  loilurc^  longées,  appuyées  contre 
le  lli.'àtre.  Mais  lunt  cela  était  ;i  i\v<  paiticulicrs  (pii  \  teiiaii'iil.  Il  fallul  un 
siècle  pour  en  venir  à  bout.  I  ii  peu  pins  loin,  ii  langle  incme  de  la  rue  des 
l?ons-Kiirant>.  il  restait  (pichpic^  méchants  bAlimenls  entre  cour  cl  jardin, 
adossés  à  la  ruelle  «le  la  Court  Orris,  dont  la  famille  d'Estrées  était  encore 
jiropriélaire  :  on    les    aciicla  (acte  du   n^  décembre    i(j.'i3)  pour  hi  somme   de 

1.  SvLVAi,.  I.ctt  \uHquilé*  île  Purin.  —  F.a  nipic  «les  Pèlerin»  liEiiiinniis.  (U>  Pnul  Vitoik-so.  fui  failc 
jKir  Le  Maire. 

2.  Élicniiv  Doynl.  aiiliciiioiil  a|)|H'lr  mallif  ÉliniiR'  de  Novcis.  avail  lo  lilic  do  «cniiritM-  nnliiiaiii» 
des  llàliiiieiil^  du  roi. 


I  iQ  I.i:      I'.\I.AI.S-HOYAL 

90,000  livres.  Il  >  avait  par  là  un  assez  vaste  jardin  de  plus  de  cin(inanle 
toises,  appartenant  à  la  dame  \ollanl  de  IVaneière,  dont  la  proximité  avec 
les  appartements  de  la  reine  était  gênante  :  on  en  fit  aussi  l'acquisition 
(Il  avril  i(J'i'i)  movennant  l'i,");)^  livres'.  Du  moins,  en  face  de  la  porte 
d'entrée,  il  v  avait  possiliiliti-  de  déblaiement.  Le  cardinal  de  Richelieu  y  avait 
songé.  C'était  pour  cela  tpiil  avait  acheté  en  iG'n  l'iiôtel  Sillery,  dont  la 
démolition  n'était  pas  achevée  ((uand  il  mourut,  lequel  hcMel  «  j'ai  acquis  », 
disait -il  dans  son  Testament.  «  pour  au  lieu  d'icelui  l'aire  une  place  au-devant 
du  Palais-Cardinal.»  Anne  d'Autriche  s'enqnessa  de  le  faire  mettre  à  bas,  et 
de  la  sorte,  elle  obtint  un  espace  vide  d'une  centaine  de  mètres  de  large 
(exactement  cinquante -trois  luises),  (pii  mit  un  peu  d'air,  auiéliora  l'aspect 
de  celte  entrée.  Il  est  vrai  (lu'elle  laissa  construire  un  peu  plus  loin,  en 
recul,  un  corps  de  garde  (pii,  par  des  adjonctions  successives,  autorisées  ou 
non.  linireiil  par  constituer  un  fort  vilain  amoncellement  de  baraques  qui 
ne  disparurent  cpie  soixante  ans  plus  lard.  Ce  fut  ce  corps  de  garde  qui. 
pendant  la  Fronde,   protégea  utilement  le  palais. 

Hcslait  la  question  ilc  l'InMcl  Hiilielieu  propremenl  dit.  c'csl-à-dire  de 
cet  h(Mel  (nous  en  avons  parlé  dans  notre  jiremier  chapitre,  page  37)  où  le 
cardinal  avait  résolu  d'établir  sa  bii)liotliè(pie.  et  dont,  par  son  Testament,  il 
avait  chargé  expressément  son  héritier  de  terminer  rt-diliraliou.  Il  lestait 
inaclie\é,  faisant  connue  une  échancrure  sur  l'aile  droile  du  l'alais-Uoyal 
et  avaiDjant  sur  la  rue  Uichelieu  (à  l'endroit  où  s'ouvre  aujourd'hui  la  rue 
Monlpensicr)  la  seule  de  ses  galeries  (pii  fut  construite,  encombrée  de  maté- 
riaux, entourée  de  charpentes  branlantes,  et  voisine  du  passage  doimant 
accès,  de  ce  c<Mé,   sui-  le  jardin. 

Mais,  avant  d  alliT  plii>  loin,  il  est  nércssaiie  de  fournil'  ici  (picjtjues 
explications  sur  un  des  piobji'mi's  de  la  succession  de  Kichelieu  (pii  est  lies 
peu  comm  il  se  lie  étroitement  ii  l'histoire  du  palais  dont  j'ai  entrepris  de 
retracer  les  phases. 

hmni'ili.ilement  .iprès  la  morl  de  rilinslre  caiilinal.  la  duchesse  d' Mguillou 
déclinée  iulriee  de    rih  riliei-   piiiirip.il    îles    biens  el   du    nom    de    KichelieM,    se 

vil  assaillir    jcir  d'inevlrieiddes   procès.  Ce   ne   fiMciil    pas   senii' ni    l>  s    nn'm- 

bres  mèniet  de  sa  lamille.  tels  (pie  les  Coudé-,  qui,  se  jugeant  iesé-s  d;ms 
leurs  droits  par  le  'i'esl.imenl,  les  lui  jnteiilèienl .  (  ie  funnt  principalemerd 
Irs  (Ténnciers  du  dé-fiml.  Hieheljeu.  «n  ill'el.  i|iii  av.iil  |)ii  se  croire  très 
iHl-dctHUH  de  ses  .-dTaires  il  avait  largemenl  ilisli  iliin-  auloui'  de  lui  des  legs, 
laissa  en  ré-nlil»'  un  passif  île  ■i,7>('ii\.~l)'\  li\iis.  ^i  l,,,,  ^  compieml  s,  s  ilelles 
livpotlii'i  nin-s  e|   chirogi.tpliaires   {i  .'i-'[}.\\.i   lixiesi.    les   diveis   legs  en   ii.ilme 

I      \nlii»r<   iialioiiiili-4.   Il'i,   jNj.    Vi  i|iM«ili'>ii-  |ii  iiiiiIim-^    p.ir  li'  mi. 


ANNI-;    I)  Al  riticii  r.    i  r    m\/\hi\ 


pEnTtHE    i>K<;on»TivE   E\h;i:iTi.K    i-in   simo.\    \oikt 

DASS     L\     SALLE     DES     DAIMS     D'aSXE     D'aITHICIIE,     AU     PALAIS- 110\  AL 


à  S(>s  scrviltMirs  ^^)^7..'î(Kl  li>rcs),  los  liais  liiiuTain's  cl  d'iriMMilaiio.  les 
IjàliiiiriiU  (11'  la  Sorlxiime  (S-j!o,no<i  livn's),  cli-.  iVnir  cniiMii'  ('c  |>a>-ir.  la 
(1m(  lusse  (I "Aiguillon  avait,  il  osl  vi'ai,  <riiii('  |)arl  rai^fcnl  laissô  par  smi  oiii'lo, 
daiilrc  pail  les  rcvciuis  des  bû'iis  en  terres  (]iii  (■tuu-iil  an'oriiu'i's.  Mais  j  ai  dit 


1  iS  I.K       l'Ai.  \  IS-  |UI\  Al. 

nlus  liaiit  (1  li.i|iitr<'  II.  [la^'»'  ■")">  <1>"'  Ma/aiin  s't'tait  riiiiiMn''  dos  soiimios 
trouvées  an  guiufriicmont  du  II.imv.  et  ((iiil  no  rondil  pas  los  avaiuos  failos 
par  ilioholicu  au  Trésor  :  suit  à  pou  i)rôs  doux  inilliùiis,  qui  firoiit  singulio- 
ivinont  ii('laul  à  la  succession.  Il  ne  roslail  donc  à  la  tutrice,  pour  accpiiltor 
los  doflos.  (pie:  i"  rar^'oiil  coinpiaiil.  !i  pou  près  i.Tioo.ooo  livres;  a"  les 
revenus  annuols,  3^7,000  livres:  .')  les  nioulilos,  estimés  par  VltHcntairc 
(;.'>3..'")00  livres.  La  duchesse  vendit  partie  des  inenhies  (pour  «rïrt.'iSo  livres), 
ol.  friàco  aux  rovoiius  dos  |ciih-s.  ollo  serait  paivonuo  ou  très  jiou  dannées  à 
réjrler  au  mieux  los  aiVaires  do  la  succession  si  elle  n'avait  eu  ;i  complor  avec 
Sun  jeune  no\ou,  lé;.'atairo  du  cardinal  de  Hidiolicu,  dont  les  dissipalinus. 
les  folios.    riii;.Matitiido   ompui..(miiiiviil    la    llii   de    ^axio'. 

Armand  di-  \N  i;L,Mierod  do  l'onlcourla_\,  doNoiui  par  suhstilulion  duc  i\i' 
Kicliolioii  ot  ro\ôtn  ilo  la  dij.Miilô  i\\:  pair  do  l-"ranco  par  lo  loslamonl  do  sou 
grand-oncle,  avait  ;i  prinr  tivi/.o  au-  à  la  inoil  dt-  colui-ci.  Illové  soigneusomoiil 
avec  ses  doux  iVôros,  sous  la  direction  do  la  ducliosso  d"  Mguillon,  cpii  avait 
|toiir  lui  une  préférouce  nianpiéo.  sa  jolie  (igure,  sa  lailio  ('■ii'^^anlo,  sou  esprit 
\ir  p.iiaissaioiil  ju>lilior  los  (•sp(''raiic<'s  {\v  poslt'-rilé  cpio  sa  tanl<-  rmiuail  |)(iMr 
lo  nom  du  mort  illuslro  ;i  cpii  elle  avait  consacré  son  exislenco  et  voue  un 
\('iilal)le  cnllo".  Mais  lo  jouiio  duc.  se  Irouvanl  lout  à  coup  en  possession  d'une 
iuiMiouso  iiirluno.  entraîné  par  dos  ami-  (li'liaiiolit's.  lourour  do  l'ommes. 
d('-p«-nsa  iullcmoiil,  lit  dos  dollos,  outra  on  ri'\n||c  contre  sa  tante,  à  qui 
il  diinaiida  hrulalemont  sos  ciMnpIosdo  lulollo,  (I.  a|)ivs  avoir  contracté  avec 
sc.indalo  mio  nn'sallianco.  engagea  coutro  ollo  procès  sur  pmci-s.  ('.'est  dans 
cos  conditions  (piil  fut  ainoné-  ii  si-  rofusor  ^\^'  remplir  (l'itaines  oMigations 
(pie  lo  lostaiiKMit  du  c.udinal  lui  Imposait,  notammenl  in  ce  qui  coiicorno  la 
COIlstruelii.ii  i|i'  rih'ilrl  de  Hieiielieu.  ot  il  Neiidre  autinir  du  l'.il.lis  -  l\i  >\al 
plusioui-s  lots  iW  loiraiiis  (pie  la  provo\;mco  do  son  grand -oncle  avait  f.iit 
ri'-vrMT.   On   va   voir  loules  los  con-('quonces  (pii  on  (U-conlèront. 

I!ii  pieiiiier  lieu,  i  i-  jiiienl  les  dii(  teuis  de  la  Siirlii'imo  qui.  ne  p.uNoiiant 
p.is  il  iililonir  le  paNomenI  des  soniuios  ii  oiiv  li-guées  jiar  lo  cardinal  pnur 
la  construelion  do  leur  colli-ge.  commonci'ronl  le-  lid-tilili'-  e|  ,iccal)lèronl  le 
ji-uiie  diii'  lie  Uli  jielieu  de  -aisios,  coiiti  .linles.  aiièt-,  ci|ip(i-ilii)n-.  iimii   1  dliligor 

I.  Cf.  l'opliTH  ilr  lulrlli-  ilr  lii  iIiuIic'm'  il'Ait;iiill<>ii.  fl  Wt-»i..i;v<  (/#•«  /)n>/)riV/(iifvj  i/r»  mau>ms 
du  l'aliiit  lliiyitl. 

1.  Im  iliirlii-tw  (l'.\iK<iilli>ii,  aprt*!!  In  iiinrl  de  llklirlii-ii,  »'nii|ilo>n  ilc  l<iiil<~«  so^t  roici-!i  à  la 
Kiorillcalliifi  lie  «XI  niiclc  Kllr  «'ikciiiui  il)'  rciiiilr  ■■!  do  imltlicr  ^<-^  ii-inri'^,  lii>liliin  d<~<  inrvv»  i|ili 
•Irt.ili'iil  l'Iir  illlr<  .'i  |M-r|H''liiili'-,  inin  viilriiH'iil  ,i  l'.iii'i.  iiiiiU  iliiii«  dUcr^'i  l(Hnlili'-«.  Kiillii.  i-lli- 
r<iiiiiii.iiiila  au  «  iilpIriK  IiIlikIiiii  Iv  li>iiitM..iii  du  uidiilid  |Hiur  lu  SiiIm>iiii(<.  Ce  IoiiiIm'AU  ne  fui 
■(  lirti-  i|irrii  i)Mj|.  t.'.iili<l|.  Iiiiiili.i  iHiiir  VIII  ii'inir  ii..'i<><i  litres.  l'C  *itu*  diiiiti-  roiiiiiii-  Mippli'-iiiriil. 
U  durlu-vv  lui  diuiiiii  |r  Im-jii  Iiu^Ii'  fii  (MirplMn-  iV  \lrxiinilrf  U  tirnnii,  (|tii'  luiii  «iiirle  ii\ail  arlirlù 
ri  ipiVllp  iir  rr^iil  au  l'i-lil  -  l.iiiriiilMiiiri,'  <|u'aprt><>  ta  iiiorl.  (ilrarduii  revendit  ce  liiule  au  iiiiii'«.>cliul 
dK«lri'«'«.  il  11  mI  riilic  drpiiW  nu  iiiUM-f  du  l.iiiiue. 


\  \  m:    km  r  h  uni'    i' r     m  \  /  v  iti  > 


'  M) 


il  s'ai(|iiitt('i-  niNCis  eux.  \.r  jciiiir  (liic.  aliii  ilc  K'S  siitisfair.-,  lit  diilitinl  la 
\iMitf  d'iiin'  |iaitit'  (Ir  tniit  et'  (|iii  lui  (•tait  irvi'iiii  (li'>  Ifiiaiiis  cl  liijtrls  situés 
autour  (lu  jariliu  lie  son  f,'raii(i  umir.  Ou  se  rappollc,  en  elVi'l,  (pic  le  cardinal 
iU'    Uiclidicu.    a[ncs   avoir   vendu,    le    iS    mars    ili.'iti.    îi    !,ouis    Harhicr.    pour 


*^Ialai5  du  Cardinal  CM  la  ni  ^'Honore. 

Pj.ild.huni    C'ai-JjiiaIi/ 


.1 i    ^  ^ 


\s 


'>■ 


[D  D  m  \i 


n  rf  n    ml  fi  S   :ti  e^  «    '  fîfeî  In  n  n  !  B  Q  ï  e  «  «   >n    M'-  ! 


^HMTOI 


Q  a  ]B  Q  |E  B  iS   fe 


iffkilMMMJi 


m     iM.\ 

(D'apriî  , 


io.Tjoo  livres  de  reide,  les  (piaraiile deux  "  |)l,iei's  à  liàtir»  sur  les  (|uaraule-eiMi| 
(piil  avait  fait  liaeor  autour  de  son  jardin  (chacune  de  ces  (juarante-deux  places 
mesurait  se|)l  loises  carrées),  reprit  h  cclui-ei.  le  •.>.o  mai  id'ii,  sept  tie  ces  plaees 
pour  la  constrintiou  de  l'InMel  de  Hiclnlieu  en  dt'char^'eanl  Harbier  de  la 
portion  de  rente  (pie  pouvait  supporter  ce  terrain  retiré,  et  en  n-duisant  celle 
rente  à  8,'>.o8  livres.  Eu  outre,  le  cardinal  était  lesté  pro|)riétaiiv  :  r  de  la 
maison  de  l'CJuis,  au  coin  de  la  lue  Saint  Honoré;  -X'  de  I'IkMcI  des  Monscpic- 
taires,  rue  des  Hons-Knl'ants;  .'{  de  l'InMel  des  Hons-Kiifants;  V  «h's  t''»'^ 
portions  réserv('es  sur  la  rue  Richelieu,  sur  la  rue  des  l'etits-Gliamps  et  sur  la 
rue  des  Hons-Hnlants,  pour  y  l'tahlir  des  passages  donnant  accès  dans  le 
jardin.  Tout  cela  n'avait  pas  été  compris  dans  le  don  fait  an  roi  du  l'alais- 
(iardinai.  Le  jciuic  duc  de  Kiclielien  \endit  donc,  le  -jaj  mai  iti."),'!.  pour  se  taire 


I30  '-'■■     P  AL\IS-RC>YAI. 

(le  l'argent,  la  maison  de  TOurs,  plus  3,71'»  livres  de  rente  foncière  à  jjreiidre 
sur  dix -sept  maisons  construites  à  cette  date,  sur  les  terrains  dont  il  t'tait 
possesseur.  Afin  de  mieux  comprendre  ces  diverses  explications,  le  lecteur  peut 
consulter  le  plan  ci-joint,  établi  par  le  géographe  Beaurain  '  pour  les  procès 
que  soulevèrent  en  i-'S-j  ces  ventes.  Trois  acquéreurs  se  présentèrent  :  Simon 
de  Lespine,  maître  des  œuvres  des  Bâtiments  du  roi,  Claude  (Jauldrée  Boileau 
et  Charles  de  Flacourt,  directeur  de  la  Compagnie  des  Indes.  Mais  le  produit 
de  cette  vente  ne  sullit  pas  à  satisfaire  les  créanciers  de  la  succession.  Par 
un  autre  contrat,  du  .Jo  janvier  i(tj8,  le  jeune  duc  de  Ilichelieu  céda  encore 
aux  mêmes  Lespine,  Boileau  et  de  Flacourt  l'hùtel  des  Bons-Enfants  et 
l'hùlel  des  Mousquetaires.  Le  tout  ensemble  fut  payé  188,000  livres.  Ce 
n'était  pas  encore  assez.  L'héritier  du  cardinal  demanda  alors  au  Parlement 
le  droit  de  vendre  la  partie  construite  de  I'IkMcI  de  Uichelieu  et  de  l'allVanchir 
de  l'obligation  d'achexer  ce  bâtiment,  faisaiil  NJiloir  combien  lui  était  onéreuse 
uni-  pareille  charge.  In  arrêt  du  Parlement,  en  date  du  i.'j  février  HKlo.  lui 
donna  l'autorisation  demandée  et  permit  aux  ilocteurs  de  la  Soriionne  de 
prendre  les  livres  de  la  Bibliothèque,  en  se  chargeant  de  satisfaire  aux 
conditions  du  legs  de  Uichelieu.  La  vi'nle  inl  lit  11  aussitôt,  toujours  à  Lespine, 
Hoileau  et  de  Flacourt,  pour  120,000  lisres.  Mais,  deux  mois  plus  tard,  le 
•j(i  mai  i(i(io,  survenait  im  arrêt  du  Conseil  (pii  subrogeait  le  roi  aux  accpié- 
rcurs  et  ordonnait  le  payement  i)ar  le  Trésor  des  120,000  livres  à  Messieurs  de 
la  Sorbonne.  I^a  sonune  fut  payée  le  8  novembre  iGGo\  C'était  l'époque 
oii  l'hôtel  de  Uichelieu  s'appelait  le  palais  Brion  et  où  Louis  \IV  y  conduisait 
son  intrigue  amoureuse  avec  .M"'  tle  La  Nallière.  Il  n'avait  pas  paru  bien- 
séant que  des  particuliers  en  devinssent  propriétaires.  Un  verra  par  la  suite 
ce  qu'il  devint. 

Pour  en  ti-rminer  avec  les  di'niêb's  anxipiels  donna  lieu  la  succession  du 
cardinal,  il  <i)ii\icnl  di-  fain'  roruiailrr  le  conlr c-coup  bien  inallfinln  ipiils 
l'un-iil  ^oivaiili'  (li\  an->  pln>  laid.  V.n  ly.'S.").  le  inan'clial  df  Uichrlini,  lils 
tic  (-«-lui  dont  on  \i<til  de  lire  l'aMnlui-t-,  s'avisa,  par  (.ipriic  ou  iiesoin 
«l'argent,  di-  sn-^c  il<  r  Ir  pbi^  -ingnlifr  drs  procès  an\  projii  ii-lairc-i  des 
uiniHons  <hi  Palais- Uo\al  bàlirs  sur  l<-s  terrains  Mndns  par  son  prn'.  Il  iniit 
In  pn'lrntion  tpi'en  opi'i.inl  rclt»'  vi-nti-  If  duc  .•iviiil  ouliepassi'  ses  iboilN.  et 
que  la  loi  cniici-riinnt  les  biens  li-gné-s  |)ar  snbslilnlion  ii\ail  en  cetli-  <  iicons- 
inuco  éli*  alisolnnienl  \iiili'e.  <i  Lu  elVel,  »  .allinnail  il,  i>  la  \enlr  ii'anrail  l'-li' 
n'gulièrr  que  si   le  due   n'axail   p;is   lron\e   dan--   l.'i  sueeession    de   siiniiiies    snlli- 

I     nil>l)nlli>s|iir  iialloiintp,   K>Uin)|ip«.   T<>|Hi({ra|ililr  ili'  ta  Fraiici-    I.'uriKiii.il  iln   |il.iii  ilr   lliMiir.iiii 
nt  ac<'iiin|M|(iii<  an  ilm  iriiiii'  imlr   riplii  .itltr 
1.  Arrtiltn  iialt<>iiatr«.  KV   iMi 


i£-^3i 


^■3  3 


"    =2    :; 


-    .=    ^ 

C       "3       -5 


anm;    dvutukhk    i;t    mazauin 


>^  ! 


sautes  pour  l'aire  face  aux  cliarges  (|iii  lui  iu.uiiil,,ii,.ul .  (  »i .  IImm  ila-.-  du 
cardiual  était  jjIus  que  sullisant  pour  les  couvrir.  Doue  les  veules  laites  ru  i(ir>5 
et  i658  sout  uulles;  les  propriétaires  actuels  de  ces  uiaisous  doiv.ul  .Mrc 
déclarés  déchus  de  leurs  droits  de  propriété, 
et  les  maisous  faire  retour  à  uiou  patri- 
moine.» Ou  couipreud  l'éuioliou  (|u"c\cita 
uu  pareil  procès,  qui  ue  dura  pas  moins 
de  vingt  et  uu  ans,  avec  des  |)éripélies 
diverses.  Toute  la  basoche  entra  eu  cauqia- 
gne.  Ce  fut  une  guerre  de  mémoires  pour 
et  contre.  Les  pro|)iiétaires  des  maisons 
du  Palais- Royal  répondirent  aux  revendica- 
tions du  maréchal,  eu  disant:  «Non!  il 
n'y  eut  pas  dans  la  succession  du  cardinal 
de  somme  suflisante  pour  payer  les  créan- 
ciers. Ce  qui  le  prouve,  c'est  l'examen  des 
comptes  de  tutelle  de  la  duchesse  d'Aiguil- 
lon. Les  chiffres  que  fournit,  pour  les 
besoins  de  sa  cause,  le  maréchal  de  Riche- 
lieu sont  fictifs  ou  erronés.  S'il  eu  avait  été 
autrement,  les  créanciers  de  la  succession 
du  cardinal  n'auraient  pas  pu  obliger  le 
duc  à  la  vente.  C'est  sur  leurs  instances 
([ue  fut  rendu,  en  i(j55  et  en  iCàS,  l'arrêt 
(jui  permit  l'aliénation.  Donc  la  \eule  est 
bonne,  et  les  prétentions  du  maréchal  in- 
justifiées. »  Tous  les  mémoires  'du  temps, 
toutes  les  gazettes  parlent  des  incidents  de 
ce   procès   fameux,    auquel  ou  ue  conqire- 

uait  pas  graud'chose,  car  le  fond  restait  ojjscur  à  la  fouie.  Le  Parlement 
n'aurait  pas  tardé  si  longtemps  à  rendre  un  arivt,  mais  des  dillirulli's  nais- 
saient des  parentés  et  alliances  des  parties  en  cause  avec  leurs  juges.  A  la 
fin,  comme  il  fallait  aboutir,  le  roi  décida  en  Conseil.  le  :>.-  février  175.5, 
que  le  jugement  serait  rendu  nonobstant  les  parentés,  poinvu  (pie  celles-ci 
fussent  au  troisième  degré  ou  aux  degrés  plus  éloignés'.  Ce  ne  fut  pourtant 
que  le  9.8  août  1705  cpie  le  Parlement  fit  paraître  un  arrêt  qui  déboutait  le 
maréchal  de  Richelieu.  Ce  fui  un  soulageinenl  pour  les  propiic'laiies  des 
maisons  du  Palais- Royal. 
I.  Archives  nationales.  U'i,  282. 

Ttipi>titi...iinv4[.  I** 


0>     HE     I.  \ 


VOIET 


,33  I.K      I' \I.  \IS-HO\AI. 

Si  Ir  ilur  fût  ^Mgiié  son  piocî's,  dil  uiir  unie  iiiaiiusi  riU'  (lini  coiiteiiiporaiii. 
familier  avi-c  les  ciioscs  du  Palais',  vai»"'»  t'ié  un  objet  de  quatre  millions  de 
restitution  de  fruits,  et  la  propriété  de  toutes  les  maisons,  ce  qui  auroit  ruiné 
quatre  cents  familles. 

Hevouons  à  riiistallatioii  tlo  la  reine  Aime  dAutricho  au  Palais-Royal.  Dès 
la  fin  de  l'année  i(i.',:<.  elle  y  a  pris  ses  habitudes,  y  donne  réception  aux 
ambassadeurs,  prend  plaisir  à  se  proinonor  dans  le  jardin  où.  parfois,  elle 
s'attardera  des  nuits  enti^res  sous  les  arbres  \  L'Anglais  Evolyn,  âgé  de 
vingt- trois  ans.  ayant  ret.u  do  Charles  I"  la  permission  de  voyager  sur  le 
continent,  visite  le  palais  à  cette  épo(iuc  et  s'extasie  sur  ses  beautés.  Il  dit 
dans  son  Juurruil.   ii   la   dale  du   (i   .i\ril    iCi'i'i  : 

Je  suis  allé  souvent  au  Palais -Cardinal...  C'est  une  fort  belle  maison,  quoique 
un  peu  basse.  Les  galeries,  les  portraits  de  gens  de  distinction  des  deux  sexes,  les 
bains  de  la  reine,  le  .salon  d'audience  et  son  plafond  ridiiiuent  sculpté  et  doré,  la 
salle  de  speclacle,  le  jardin,  qui  est  fort  grand,  et  sa  belle  fontaine,  ses  bos(picls  et 
son  mail   sont  dignes  d'attention... 

Les  dt'-lais  réguliers  pour  le  deuil  du  roi  étant  passés,  on  y  donne  des 
fêles.  Lu  iCi'i'i.  il  >  eut  un  l'eu  (rarlilirc  lin''  sur  la  place.  La  reine  y  assista 
sur  le  balcon  de  la  rue  Saint-Honoré  avec  ses  enfants.  Un  dessin  de  la 
collection  l)eslailleurs^  reproduit  plus  lard  i)ar  la  gravure,  nous  donne  un 
tableau  très  iiitt'icssaiil  de  celte  cérémonie.  Mais  la  It'gciulc  ('■ciili'  dans  le 
carlouclie  est  manil'csiemeut  erronée,  car  la  daU-  de  iti'ii  est  en  contradiclion 
llagranle  avec  linsciiplion  ipi'on  lil  au-dessus  du  balcon:  i'.  Paldis-Hoi/dl.  » 
De  plu-,  Louis  Mil  ii'i'Iait  plus  de  ce  monde  (|uan(l  le  monument  recul  ce  tilre. 
(  )uoi  qu'il  en  soit,  le  morceau  est  curieux.  L'hiver  de  iti'i.")  débuta  par  de 
brillantes  fêtes  au  l'alais-l\oyal.  à  l'occasion  du  mariage  de  W  ladislas  \I1,  roi 
d<-  Pologne,  avec  \Iarii'- Louise  de  (ioii/ague,  lilli'  du  duc  de  Nevers.  cette 
Louise  ipii  avait  aimé-  (îasion  d'Orlt'ans,  cl  s'était  ensuite  compromise  avec 
(;in(|-Mars.  La  cérémonie  eut  lieu  dans  l.i  chapelle,  cl  pendani  trois  jours,  il 
\   cul  bal>,  sKiipcis.  ji'uv   scé-nicpies.  coini'die  fianc.iisc  et   comédie   italienne. 

Les  ambassadeurs  polouoi'-.  dit  unr  rrl.ilion  du  lcnq)s.  s'y  IrniiM'rcnl  a\ec 
les  principaux  di*  leur  suite  cl  ll•.^  princes,  p^inces.^cs.  seigneurs  cl  daines  de  la 
Cour:  tous  si  ricbeuienl  veslus  et  parés  de  tant  de  pierreries,  (pi  il  cs|  r,Ml  mal 
nii»é  de  voir  rien  dr  si  beau.  I,e  Ibéàire  éloil  couvert  d'une  loilc.  Ia(iiiell(>  estant 
liréc,  il  parut  une  table  garnie  de  fniils  i-l  de  toutes  sortes  de  conliliircs.  vers 
laipii-llc.    par   un    ponl.    furent    condiiilcs   Imilcs    les    princesses   el   ilaïues  du    l>al.    le 

I     M.iiiiiu  ni   iiK'-lil     i:<ill>'i  li.Mi  \     i:tiaiii|>i<r. 

j     M~*  iii   Mdiiimiii.   Mi-iiinirrt 

l      llil.lr.lli..|ii.'  ■ ...1.      (    .I.H..I  .1.-.  FMotllIK-». 


l  >K      IIX   t:  VTION      HO\  VI.K 


a 


roi    cl    k's    reines   deiiuiiraiis  en    leurs   places,    où  les  gaides  a|i|)i>i  l("i<iit    à    Leurs 

Majeslez  plusieurs  plal/  de  eondtuies.  La  table  estant  levée,  le  mi',  axer  la  giàee 

qui    reluit   dans    toutes  ses    actions,  prit   par  la   main    la   reine  de   Pologne  et  la 

mena  par  le  mesnie  pont  sur  le  lliéàlrc,  où  Sa  Majesté 

commenta   le  hransle,   qui  fui    rempli   de  la    plu|)arl 

des  princes,  princesses,  seigneurs  et  dames  du  i)al.  Le 

hransle   lini.  le  rni.  ;i\ec  la  iiicsmc  grâce  et  son  port 

majestueux,    coniiuiNit   celle    reine    en    son   siège;    cl 

estant  retournée  sur  le  théâtre,  Sa  Majesté  s'assit  avec 

M.    le   dui-   d'Anjou,    sou    frère,    pour   voir   danser   les 

cmnaiilcs,   ipii    lurent   coniniencées    par    le  duc   dlji 

guien,  aussi   doux  à  la  danse  que  rude  dans  les  com 

bats,  et  continuées  par  les  autres  seigneurs  et  dames; 

le  roi  y  dansa  pour  la  seconde  fois  et  prit  M.  le  duc 

d'Anjou  avec   une  telle  adresse,   que  chacun  fut  ravi 

de  voir  tant  de  gentillesse  en  ces  deux  jeunes  princes. 


I)K(;0IIAT10>    DE    l.\    SALLE    DES   BAI^Ït 
IVMV    SIMO\    \OtET 


Aussi  bien,  puis(iu'il  est  question  ici  des  fils 
ilAnno  d'Aulriciie,  esl-co  le  moment  de  dire  quel- 
ques mots  de  ce  qui  fut  fait  au  Palais- Royal  pour 
ces  princes,  ce  f|u\''tait  leur  «  maison  »,  ce  tpie  lu- 
rent leurs  jeux  cl  \vy\v  éducation.  La  reine,  qui 
aimait  ses  enfants  et  leur  donnait  par  accès  des 
témoignages  passionnés  de  tendresse,  acceptait 
qu'ils  fussent  loin  d'elle,  dans  une  autre  partie 
des  bâtiments,  restait  des  journées  sans  les  voir 
et  montrait  à  leur  égard  une  incurie  qui  paraît 
extraordinaire.  M""  de  Motteville  a  raconté  dans  ses 
Mi-mnires^  par  cjuclle  négligence  on  laissa  le  futur 
monar([ue,    à   Tàgc   de   cinq   ans,    tomber  dans   le 

bassin  du  jardin  particulier  qui  était  sous  les  fenêtres  de  son  appartement,  ce 
(|iii  faillit  lui  couler  la  vie.  Nous  avons,  d'autre  part,  les  récils  de  ses  pugilats 
a\cc  snii  jcuiir  IVèiv,  cl  Ciioisy  nous  a  narré  loul  au  long  la  dispiilc  (|u  il  lit 
au  (lue  (1  \nj(iu  pour  un  poêlon  de  bouillie,  dispute  dans  lacpielle  ((Monsieur» 
lil  iniue  do  frapper  le  roi.  Il  est  \rai  (|u"oii  leur  doiuiail  le  fouet  ^  à  tous  deux 
pour  les  corriger,  mais  un  peu  plus  (l'allciilion  pré\enli\c  auiail  iiiicux  lail 
l'allaire.  On  sait  enlin  par  La  Porte,  \alel  de  cliandire  de  Louis  \1\  .  ce  (pie 
fui    lenfauce   du  jeune   roi.   l'our   (picl(|ues   historiens,   il   est    vrai,   La    l'orte. 

I.  C'él.Til   le  jcimo   Louis  \\\ .   Il   n'avait  pas  alors  i-iicore  loul  i»  foil  wpl  ans.  l.'aiidMir  ilu  rciil 
lui  atlriliiji'  un   ri'ilc  bii'ii  brillani   |Minr  rcl  Age. 

3.  M""  i)K  MoTTKviLLK.   Uriiniires ,  t.  1",  p.  î6i. 

.1.   Cf.    liiiii:\M  .    M^iiiniris.    t.    I".    p.    ii|r)  cl   siiivanlci 


ia:J  i.r    l'Ai.Ais-noïAL 

liuslile  à  Ma/ariii.  csl  suspect.  Mais  tous  les  contcinijoraius  (pii  oui  liaiti' 
ce  sujet  sont  unaiiiuics  à  signaler,  avec  un  ('■lonucnienl  doulouicux.  le  soin 
avec  loijuel  ce  prince  l'ut  volontairemeul  détourné  de  toute  étu<le  sérieuse, 
de  toute  culture  intellectuelle.  Mazarin.  cpii  s'était  adjugé  la  surintendance 
de  l'éducation  royale,  disait  parfois:  «Il  eu  saura  toujours  assez',»  et  voilà 
(|iii  constitue  de  gra^es  prést)niptions  pour  les  calculs  (pi 'on  lui  re|)roclie.  1! 
lui  donna  connue  «rouveiuein-,  eu  iG'iC).  le  marquis,  depuis  maréchal  de 
Villeroy.  qui  était  un  liounèle  lioniiue  et  Ibrt  capal)le  de  lui  incu^pier  des 
seutiuienls  dlionneur,  mais  non  le  savoir  (pi'il  eût  fallu.  D'ailleurs,  le 
maïquis  se  plaignait  de  n'être  |ias  maîtie  de  la  manière  dont  son  élèxe  était 
in^liiiil.  ajoutant  (|ue,  pour  lui,  »  il  n'auriiil  pas  laisse''  un  aussi  bon  l'oiid 
.sans  le  culti\er.  »  Huant  à  l'abbé  llardouin  de  Heaumoiit  de  l'éiélixe.  prc'-- 
<'epteur  sous  lui,  il  aurait  été  bien  empêché  d'enseigner  à  Louis  \1\  ce 
dont  lui-même  axait  si  peu  de  coimaissance.  Dans  les  premières  années, 
Louis  Mil,  (pii,  lui  aussi,  avait  eu  à  souIVrir  d'une  éducation  négligée  et 
de    risolcmenl.    a\ait    \oulu    inslituer   poui'   ses    (ils   une   conq)agnie   d'enfants 

d'Iioiinnir.   (ictie  jeune   gaide,    (|ui   jouail   aux  soldats  et    (|ue   M de   Lassalle, 

feuuue  de  cb.imbre  de  la  reine,  dressait  elle-même  îi  porter  le  mouscpiet  et 
il  saluer  de  rt'iiée.  ne  resta  pas  longteuqis  aiqirès  des  jeunes  princes  au 
Palais-Ho_\;il.  L;i  coiiip.i^iiie  l'ut  dissoute  p;ii'  Ma/arin,  peu  après  les  fêtes 
oigauisées  le  i. "5  janvier  itlôo,  par  le  gouverneur  de  \  illeroy,  pour  l'ormer, 
<lisail-on.  le  roi  ilaiis  nies  exercices  de  la  guerre'.,  et  (pii  sont  lorl  eonuues 
p.n- divei-si's  ^r|;ixii|-,.^  iiililuli'es  :  If  Fort  ilu  Palais- Roi/dl  ' .  Il  en  exi-le  une 
notannuenl  d'Isiail  Silvcsiie.  dalc-e  (  i('»."Jo)  et  signée,  ainsi  (pi'une  estampe 
allemande  (pii  n'oll"i-e  avec  la  premièic  qu'une  insiguiliaiile  dillé-icuce,  et 
que  nous  re|iroduisons  (page  \'.\\).  Lorel  a  parle' de  celte  fêle  <pii  inspini  peul- 
èln'    au    jiimc   nii    l'id.'.'  des   mri\eilleux   cairousel-i    (|u"il    oidoini.i    plu-   lard  : 

Je  \is  ji'tulv  l'aiii'  la  f,'iioiri' 

Au  fiirl  (-niiiilruit  dans  le  j)arliMTc 

|)ii   jinliii   (lu   {'.liais- l(ii\al'i. 

I  ne  pièce  de  \eis.  iclalive  .ui  même  sujet,  ru.iis  (l.ih'-i-  (!.■  id.-ii,  cl  cotiser- 
>ee  à  la  Hibliolhètpie  nationale'',  est  pailiiiilici  cniciil   iuh'rcssimlc  eu  v^'  ipTelle 

1.   \|-'  i>i    MiiiTiMi.it:.   Vr;ii.iirc«. 

ï.  \  «iikIIi-  iliilo  iiil  liiii  iv.K  trmciil  ri'llc  pclllc  fiMc  mililfliio.^  IM-ce  le  ilt  jiiiivior  ifi.'io.  coinnic 
Ir  <lil  l.orrl  ilnii*  v\  \lii»r  /iiWi)ri</iir :'  Il  (iiiivii'iil  <lo  irmim|ii<T  (iu'à  ic  iiioinciil  on  dcvall  t-lic 
iH.  11(1.;  nu  l'.il.il«-ll(i>nl  .1  liiiil  (iiilrc  cliiHf  i|irii  iIim  ivi.ni.miiv.  ilc  ce  j.'ii"»'.  |)nis(|vic  Ini  reslnlion  des 
ptiiiii-»  ptit  liiMi  II-  m  j(iii\icT  ill.'io.  y.tUr  plilt.M  en  rli.".!,  c.imiiie  le  ilil  In  desi  lipllon  en  vers  que  je 
repriHliii«  Irl .' 

3.   I.iib»:t,  Wiuc  liiilnrùiiir,   I.   I".   p.   ij- i.'t,  jiin\ier  ifi.lo. 

i  Dapreo  celle  pif.e,  •m  peiil  Mip|M>MT  que  le  forl,  grasv  par  Sil^e^lre  en  it'i.'io.  ne  servit  (jue 
i|iii|i|ui-^   moi*  pliH  liiid  mit   ji'iiv  du   ri>i. 


t  N  r    iiirr  \riii\     l^n^vl.t^  lu.i 

nous  doiiiH'  les   iioiii'^   (les    jeunes  ;;tiis  el   des   ciilaiils    cjiii    compusaiciil    celle 
coini)a;.''iiie  (lliuiMieiir  du   pelil    lui  : 

Jr  Mi\  (ir-jà  iiiairlicr  en  tc>lc 

In  rexilu  petit  u  Monsieur  d, 

("est  le  plus  petit  de  la  Keste, 

Mais  c'est  l)icn  le  plus  firand  de  ririir. 

(Vcst  le  i)ctil  Monsieur  (r\MJoti. 

(hii  me  doit  un  petit  bijou; 

S'il  est  tel  en  faits  qu'en  paroles, 

Je  seray  le  \{o\  du  Pérou. 

C'est  le  Pérou  cpic  dix  pisloles 

A  des  gens  cpii  n'ont  i)as  le  sou. 

Puis    \ieiil    la    doscri|)li()ii    du    corlè^.^*,    conduit    pat-     M.    de    ^  illcroy    ru 
pcrsouue  : 

Pour  le  rrouvorneiir  di'  la  place, 
C'est  Monsieur  de  \  illerov, 
Noble  seifineur  de  noble  race, 
Très  digne  gouNerneurdu  roy. 

(lliariMi    des    jeun(>s    preux   a   un    cosluinc    (•ara(l(''iisli(|ue,    cl    le    nairateur 
leur  (liiiiiio  des   (pialil('s  (pii    lui    l'duinissenl    ses   làuies  : 

\oicy  belle  troupjjc  de  princes, 
Monseigneur  de  Cuise  et  d'KIbeuf... 
\ous  ne  pouvez  dedans  1,)  \ille 
Trouver  un  plus  brave  sergent 
(hie  Monseigneur  le  duc  d'Anville 
<hii  vaiid  un  nuiid  de  bel  argent, 
Ny  (juc  le  comte  de  Nogenl. 
Trois  fois  plus  docte  (ju'un  régent. 

\rii\eiil    alors   les   freiis  d'aiines   velus   en    \uiiiiiis  :  le  pelil    Saint  -  Ai;.Mi,iii. 

le  jeune    l'.splandiau ,  el    d'autres  dunl    le    rinienr   esliupie  pailuis    les  noins.   Il 

en    es|    un    (pii    niauipie    poinlani  :  c'esj    celui    de    Ittienne  li|s,    ipii    d'Iialiitnde 
avait    sa    |)arl   dan.s  cc.s   exercices  : 

Le  généreux  duc  de  Candale, 
Landtert.  Coiuiuinge  et  Hicliclieu. 
Signerau,  Koucaut  el  l,a  Salle, 
Vax  .sont  aussy,  grAces  à  Dieu  : 
Langlé,  Du   Plessis  et  Cbauniont, 
Maginin,   Lognac  et  d'Obelerre. 
\illarceau,  Monloit  el   l)'(»r\al  : 
Ce  sont  gens  qui  vont  à  la  guerre 
Connue  Apollon  alloit  au  bal. 


I2fi  I,E     PALAIS- no  Y  AI, 

Ijiliii.  on  voit  cil  (iii.'ui-  los  seijriieurs  plus  mi  moins  coiiipalriolos  du 
iniiiisirc  on   cour  : 

A\ec  le  piincc  de  Taronle, 
Jy  vois  Montijrni,  Maïuini. 
Magalali  cl  plus  de  Ironie 
Dont  lis  noms  linisscnl  en  i. 

Le  jouiii"  Louis  \1\  .  ;i\aiil  de  fairo  son  appifiilissa^'c  de  la  •tuerie,  avec  les 
petits  seigneurs  de  son  cnldura^c  avait  eu.  coiuiiie  tous  les  enfants,  des 
miniatures  de  soldats  en  métal  :  ces  jouets  étaient  inajiniii(|uos.  Loiuénie  de 
Hrieimc.  (|ui  rommeiiçail  alors  son  métier  de  rourlisan,  dévalisait  pour  son 
petit  maille  les  mafjrasins  du  l'auicux  ilohcrdel.  (.iIcm-c  alors  si  rc-puh'  (\uo  ces 
mots  <•  façon  Roheidcl  >i  s,-  icncontieut  durant  un  demi-sièele  dans  luuubre 
d'/niTfi (aires'.  Aune  d'  Viiiiiclie  donna  ainsi  à  son  Mis  un  petit  canon  en  or  et 
des  soldats  ([ue  le  célèbre  Merlin  l'oudit  et  cisela  sur  les  modèles  du  S(iil|)t(Mir 
Jules  (ihasseh. 

r/cst  avec  ce  genre  île  l'êtes  cl  «rexorcices  que  Mazarin  se  l)orna  à  instruire 
le  roi.  Parfois  aussi  il  le  conduisait  lui-même  à  la  chasse,  où  reuraut  faisait 
«léjà  merveille.  Les  gazettes  du  temps  sont  remplies  de  ses  prouesses,  et  son 
courage,  son  adresse  étaient  excités  par  la  présence  du  cardinal.  La  chasse 
à  courre  du  cerf,  du  daim  et  du  sanglier,  à  Koiitainehli'au,  était  accompagnée 
lie  la  (liasse  ii  tir.  ou   Louis   \l\    ne  se  montrait  pas  moins  adroit  : 

Dinianclic,  le  roy  bien  nionlc 
llovint  en  la  prande  cité 
.\vcc  la  romaine  Kininence. 
Louis,  lecjuel  tire  à  nRT\eille, 
Envoya  du  plomb  aux  oreilles 
De  cent  cincpianle-six  lapins; 
D'un  fusil  au  bout  de  ses  mains, 
11  abasourdit  trente  lièvres  •''... 

'•n  iir;;aiiis;nl  même  des  cli.'isses  eu  miiiialure  jusipie  dans  le  jaiiiin  ilu 
Palais  Hii\;il,  aiii-i  i|u'iii  ti'mnignc  le  nVil  l'ail  |iuur  celle  i|iii  eut  lieu  le 
juiir  de  la  Saint  lluheil,  le  'i  novembre  i(3'|i),  et  »pn  a  été  publié  sous  ce 
litre  :  /.ts  ptirliruUiritis  île  ta  i/iassr  roi/nlr,  faite  par  Sa  Ma/cslè  le  Jour 
de  Saint  Hnliert  et  île  Saint  lùistiu  he.  fiatroiis  îles  c/iasseiirs,  aeconipagnês 
de  plusieurs  seigneurs  île  nia/f/ue  de  lu  Cmir.  (;«•  jour- là  on  (niirut  le 
lièvre,  puis  ini  «-erf  fut  l.iiic('\  et  même  un  sanglier  forci'-.  Pour  liiiii  .  11  \  ciil 
ib.il    l'iilir   im    lanii'aii   <•!    des   chiens.    Le   >  iiani|i   clds   de   celle    liitir    lui 


un   ( 


I.  Ilrnr>  H«v«ni>,  Htttnirr  df  l'Orfriirrrif,  p.  \o-]. 

1.  On  iir  |Niwic<ln  nucuii  reiiM-lKHvnifiit  »ur  ccl  iirlisir. 

■\.  I.ii  Miitf  rurale. 


t  N  I-:    iiDic  \  rioN    iici'v  \  i.i; 


tliH'ssé  iui|)ir!>  (liiiii'  (k's  coui-i  liilt'rali's,  siii-  riiiiplact'iiiciil  d  une  do  ain  itinies 
Idiirs  (le  rinMcl  d' Vii^M'imcs.  Ma/aiiii  suivit  la  cliasso  il  clii'val.  a\aiil  dc\aiil 
lui  le  petit  duc  d  Anjou  ([u'il   lit  ainsi  ti<itter  par  tout   le  parc. 

Le  roi  apprenait  en  nn'ine  tein|>s  à  nioider  à  clieval,  et  nous  savons  par 
certaine  épître  de  Scarron  (pic  sa  jeune  uiajcsti'  ne  l'ut  pas  c\eiuplée  tic  cette 
expérience  iudispensaMe  à  tout  lion 
ea\alier,  et  ipii  consiste  à  être  jett'  par- 
terre au  moins  une  l'ois,  (^l'iait  dans  les 
nianè'jres  alors  ii  la  mode  de  Mémont,  \t- 
noin  ou  Deleamp,  (pi'il  pienail  ces  leçons. 
Loret  dit  dans  sa  ^'a/elle  : 

Pour  aufrnienlcr  du  roi  l'atliesse, 
Le  vieux  ,\rnollini  le  dresse 
Dans  Bourbon,  nianèjîe  royal, 
Kii  l'art  de  monter  à  cheval. 

Mazarin  lui  donnait  le  goiil  des  che- 
vaux cl  riialiituait  ;i  reehcrclier  les  races  -^ 
les  plus  distinguées.  Aubery  raconte  ipie 
lorsque  le  roi  était  en  convalescence  de  la 
petite  vérole,  cpii  l'altei^^nil  le  i  i  uo\em- 
bre  1(547,  ""  désira  passionnément  xoir 
le  cheval  anglois  dont  le  cardinal  .Mazarin 
lui  a  voit  fait  présent,  et  qu'il  fallut  mon- 
ter exprès  à  sa  chambre".  »  Le  jardin  du  l'alais-Uoyai  lut  aménajifé  à  souhait 
jiour  ces  exercices.  Devant  les  arcades  à  jour  sur  lesquelles  la  reine  avait  fait 
placer  le  balcon  doré,  on  établit  la  carrière  oii  Ion  courait  la  bajrue:  elle  était 
dissimulée  jîar  une  haie  de  verdure  assez  haute.  Sur  les  trois  autres  ct'iti-s  du 
jardin,  le  jeu  de  mail  longeait  les  murs  de  cliMure.  Enfin,  le  petit  bois,  tout 
au    fond,   servait  |)our  les  chasses  enl'antincs. 

La  danse  surtout  n'était  jjas  négligée,  et  c'était  une  des  distractions  favorites 
du  piince,  ipii  excella  tout  de  suite  <lans  cet  exeicice.  Lorel  dit  encore  : 

Notii"  niiin;iiiiiii'  lucnil   la  |i('ine 

De  danser  Imis  fois  l.i  semaine 

Son  baitel,  f^i'on  nomme  en   viii^M  lieux 

l,e  ciiarmant  paradis  des  veux. 

Min  que  plus  de   mundr  mim' 

(le  rare  speclacle  de  jove. 


I.RS     A»ME^^     I>L      IIUC     ni:     HICIIELIEL 

l'tm  ■  M-;\  ni'    i»i     cviii>n\i.,    et    son    Mi'niriEti 


Louis    \1\     n'avait    pas    encore    <piinze    ans    cpic 
I.  .VuuKHY,  llistiiire  du  atrdinal  .\lii:iirin,  l.  l".  p.  ^t;;. 


M. 


(luisait 


,.,S  1-E      PALAIS-nOYAI. 

lui-iiiCiiie  lion  seuleincnl  à   ces  fêtes,  à  ces  danses,  à  ces  ballels,  un  le  jeune 

-arçon,  dun  li-iniKianu-nl  ankiil   et  (ini  avail   drjà  le  -oùt  de  la   femme,   ne 

ilL-\ail   pas  \uir  sans  énioliun 

.  .  .  briller  ;nj\  cliandellcs 
Des  gorges  passablenicnt  belles, 

mais    il    IV'ntraiiiait   aussi    à    toutes   sortes   de   spectacles,    lui    iinHiliail     Scara- 
mouche  au  cliàleau  de  \  iu(  eimes,  le  conduisait  lui-mrme  à  la  toiri>  : 

>()liv  iiiniiarque  et  IKininonce 
Ont   honoré  de  Iciu  présence 
Les  ilanscurs  tic  corde...  '. 

Comment  s't'-ttuuier  qu'avec  un  pareil  système  d'éducation  le  jeune  roi, 
iiuand  il  ne  jnuait  pas  et  (pi'il  passait  ses  journées  livré  à  lui-même  dans 
son  appaitfmt'iit  du  Palais- Koval,  avec  les  feuunes  de  ehaïuhi-e.  iaisanl  la 
dilVéïeuce  tic  l'ahandon  dans  lequel  on  le  laissai!  et  de  la  ^-^arde  nondjreuse 
liuiil  s'entourait  Ma/arin  —  cpie  pour  cela  il  appelait  aie  (irand  Tm-c  » '. — 
connuent  s'éluuni  r.  dis-je,  si,  avec  les  dons  réels  (piil  avait,  sa  jolie  ligure, 
sa  grâce,  son  enjouement,  son  besoin  d'expansion,  sa  virilité  précoce,  il  fui 
si  vite  evposé  an\  accidents  que  nous  fail  entendre  à  demi-mots  son  \aiit 
,U-  rhainiir.-   l.a    Porte  : 

l.c  roi  avant  illné  «liez  Son  làninence  et  étant  demeuré  avec  lui  IMa/.arin] 
ju.xpie  >ers  les  sept  heures  du  soir,  il  m'envoya  dire  «[u'il  se  voulail  haififuer.  Son 
bain  étant  prêt,  il  aiii\a  tout  Iriste,  cl  j'en  connus  le  sujet  sans  (pi'il  fût  nécessaire 
qu'il  nie  le  dil  ;  la  chose  élail  si  leiiihle,  qu'elle  me  mil  ilaiis  la  j)lus  f,'iaii(lc  p<'iiip 
iiii  j'aie  jamais  été,  et  je  deineiii'ai  lirui  Jours  à  i)alaiicer;  mais  eonsidéraiil  iju'il 
\  allait  tic  mon  lioiibeur  el  de  ma  conscience  de  ne  pas  |)i'éveiiir,  par  un  averlisse- 
iiiciil.  de  >ciuldal>lcs  accidents,  je  la  lui  dis  eiiliii.  dont  elle  fui  d'abord  salisfaile.  el 
me  dil  ipic  je  ne  lui  iiv.ijs  j:iuiai>  rendu  un  >\  i^'i'aiid  service;  mais  comme  je  ne 
l'ii  nonim.ii  p;i-  r.Mileuc  de  \:\  eiiosi  ,  n'en  a\aid  |>as  de  cerlilude.  cela  fui  cause 
de   lii.i    |icile,  coimni-  je  le   dii'.ii  en   s<pn   lieu'. 


^^^^^;^^àr:c^jUt^ûr^^ 


( Signniurc  ilf  l.n  l'urlr,  vulrl  ilc  •■Iniintirf  de  l.miU    \IV*.) 

I.   Sr»n«osi,   7"  épllrc,  p.  .'ift. 

».  Mii.xKT,  Inlrudiii-linii  rrliilii>e  à  la  $iiei'fii»iiin  d'llfjmi\iif,    (.   1".  p.   \i.i\. 

3,   \.\  l'iiiin.    Mriiiiiirrt,  l'iiii'«,    1711».  p.   ntx. 

\  Olli'  <ixii>il>irr  ilr  l.ii  l'nrlr  eil  rrpr<Hliiili-  il'iiprri  lui  iirle  iioliirié  itii  ji  février  1(170  <|iie  j'iii 
Iroiité  cliri  iiii  cli-H  iioliilrfH  itr  lu  liiiiiillf  il'l  li Iriiiii.  cl  pur  le<|ucl  ..  l'irrie  de  Lu  l'orle.  coiisi'iller  ilii 
lliM  en  «■«  CKiiM'll»,  r>  <lr«iiiil  pn-iiiirr  vnlel  ilr  l'Iiniiilin-  île  Sa  Miiji-sl<'>  o.  domif  à  un  reriniii  lli'iiri  île 
llltriiidien.  udiiviTiii-iir  ili-n  riliiililli-i  ili-  Marn-ille,  In  Miiiiiiie  de  ï'i.imio  liviei  pour  se  coii.-ljliier 
l.jiH)   llvrt-1  de   rrnie. 


l  N r.    i: u u c A T I ( ) \    u () ^  \  1. 1; 


I2(, 


l'en  (le  lcm|is  aprrs,  k'  roi  (''(ail  atloinl  (l'iiiic  «  liiiiifui-  si|iiiiicusL'  au  soin 
droit  fl  (le  dartivs  par  loiit  le  corps.  Il  en  lui  ^urn  à  Taidi'  (riin  cmplàln; 
par  son  luédociii  ^  allot  »'.  A  (iiiiiizo  ans,  il  ivcovail  los  premières  leçons  dr 
lil)(Mliiiai.'c  de  M'"  de  Heaiivais.  leniiiie  de  eliaiid)re  (rAiiiie  (rAulriclie,  (pii 
'l.iil  \iiilli',  laide,  borgne  et  débauchée,  mais  (pii  sut  iiéauuioiiis  soll'iir,  par 
surprise,  dil-on,  celle  lleur  royale  \  Elle  iTeii 
cul  (|ue  plus  de  crédil  à  la  (lour,  malgré  les 
brocards  qudii  lit  [ileuvoir  sur  elle: 

Si  la  Beauvais  b à  cent  ans, 

l'oiiniuoi  CCS  jciincs  clames, 
IMciiios  (le  jeunesse  et  d'appas, 
Pdiiniiini  ces  jeunes  ilanics 
No  1) -elles  pas? 

Miclielet-^—  |tailaid  de  la  vie  (pie  menait 
Louis  \IN  au  l'alais-i\oval  —  juge  sévèrement 
la  conduite  de  Mazarin  (pii  dirig<'a  si  mal  son 
élève. 


A>NK     I)  AfïIllCIlE 

(D'.iprés   VimiA   de   Pciiioi) 


\(>iH  amie/  <lt''ciiii\orl.  dil  il,  dans  i|ii(li|ni' 
fialclas  riu'i'iticr,  le  jeune  maître,  joli  ^^ar(j'i)n.  mal- 
pi-i>pre  cl   mal  pei;.'nc.    vautré   tout   le  jour  mii-  iim 

lit  dont  les  drap-  passent  ;i  l'c'lal  de  <l(iilcllc.  à  (pini  tra\aille  de  son  mieux  le 
jeune  sei;,^nenr.  prenant  i)laisii-  ,"i  ai^Mandir  les  trous.  \  pa-sanl  le  pied  ou  la  jand)e, 
ou  enfin  .se  levant  le  soir  |)om-  s'anmser  à  rpielipie  farci'  ofi  il  jouera  Mas<'arille 
ou  Scapin.  On  lra\aillc.  du  icsic.  à  son  cdiicalion.  l'ithlialc  le  n'iralc  de  contes 
|.'ias.  cl.  le  Miir.  l'iuli  iHJaul.  s'il  ne  lui  l'ail  courir  les  tille-,  le  lra\e>lil  eu  tille  ct 
le    mruc    je    u'o>e    dire   où. 


1,'lii-loiic  de-  draps  Ironi'sdn  roi  csl  liicn  connue  ct  paraît  incrovalilc  laid 
elle  send)le  imompalihic  avec  ce  qu'on  sait  du  lu\c  de  ec  temps,  de  la  poinpi" 
evlérieure  ipii  rc'gnait  malgré  tout  à  la  (lour.  du  liain  de  vie,  en  sonuiie, 
(piini  menait  îi  celte  épocjuc  au  l'alais- Hoval.  cl  dont  ccriaiiis  comptes  de 
d('pcnses  Unû  loi'.  Tons  les  Mr/noirrs  de  ri'pocpie  rependanl  parlent  du 
déinnuent   dans   leipiel    Mazarin —  dont    la    fortune    personnelle    ne  cessait  de 

I.  Cf.  à  ce  sujet  ri  pour  liiules  les  aventures  .luioureuscs  de  I.duIn  \I\  duiaiit  eelte  piriodo 
le  Ciiliinel  sdTfl  lie  l'hixlnire,   par  le  doeteur  Caiiam':s  (icS(|."i.    in-iSi,   p.  i-ili. 

■1.  ('.(.  Oirrrxponiliinre  de  MwUime,  p.  'il'ir,  Svim-Sivion.  Mémoires,  et  ninnuscrils  fran<;ais  à  In 
l)il>liollir(|ue  nationalL-,  i-Jif)i-.  p.  \-x'i.  el  ijCnN.  p.  •.>'i|l-  '•'>  ''"e  de  M""  de  Hciinvals  épousa,  plus 
tiird,  il  quinze  nii.s,  le  marquis  de  Hirlielicu,  l'rèie  du  ilue  <li'  Kirliolicu.  hi''iitirr  du  cardinal. 

."J.  Mii^iiKi.KT,  llisliiire  île  l'riinre,  t.   Ml,  p.   .'di'i. 

'i.  CnnsulliT.  par  evenqtlc,  les  Cuiiipteit  île  iléiieiises  ilex  Hiiliiiienls  ilii  mi  pour  les  années  i(!|;i, 
ifi.'i'i  et  ifi'i.'i.  \nlii\c's  naliiinali's,  ()'*  ^i.'iS;.  Nojc/  aiis>i  Vlilnt  îles  (lépeiisee  (l'inné  ilWiilriehe  pour 
le  Val-de-(nàce.   llililiotlii''ipic  nationale.   Maïuisciits.  l'I'.    mii'i. 


T.    I.     ir.    l'AI.AI>-IIOTlL. 


l3o  I  E      !•  \I.A1S-1U)\  AL 

s'accroître —  laissait    la    fainilK'   loyale.    Les    tômoigiiagos   al)oiKlent.    Je   iieu 
citerai  ([iie  deuv,   mais  parlitiilièroiiieiit  dignes  de  foi  : 

L'avarice  du  canlinal,  dit  M""  île  Mulleville,  était  telle  ([ue  la  reine  navail 
pas  d'arj^eiit;  toute  la  dépense  de  sa  maison  se  Taisait  par  ordre  de  Colhert, 
créature  du  cardinal,  (jui  épar^mait  sur  tonte  ciiose'. 

l)ans  mi  des  curieux  agendas  où  Mazariii  écrivait  au  jour  le  jour  ses  im- 
pressions et  ses  pensées  les  plus  intimes,  dans  le  langage  semi-italien,  semi- 
français  qui  lui  était  spécial,  on  lit,  à  la  date  de  idjo,  les  lignes  suivantes: 

La  HcNue  pont  tlirc  en  diseonr  à  S.  A.  FI.  |le  iliic  (rOiiéiuis.  omlc  de 
Louis  \IV]  (pielie  ua  pas  trop  songé  à  ses  alTaires,  veu  cpie  8  mis  de  rcgenze 
»ont  en  pire  estât  que  n'esto\ent  devaid.  Klle  n'a  pas  auiuenl('  il'iiii  sol  de 
revenue;  elle  doit  200,000  escus  plu-  (pir  ne  drxovl;  dlr  n'a  l'a\l  atTairc 
cvlraordinaire  pour  lui  snl  ;  s;i  nia\>nn.  depuis  .'i  ans,  tia  pas  en  le  tiers  de  ce 
qu'on  est  accousluim''  lui  dunner:  Inu-i  ses  servileurs  se  plax^iieril  a\ec  raison 
tle  niorir  de  fayni,  ce  «pie  n'a  |)as  euipèclié.  dans  le  inesnie  lernps,  (pi'elle  na\e 
\olu  faNi'e  <les  gratiticazions,  cl  en  duns  d'ar^'-ent  coinplanl.  en  revenus  el  |);u' 
ilanires  inoNcns.  à  S.  A.  \\..  el  nidountM'  (pie  >a  nia\MMi  auuienla  de  .'ido.ooo  livres 
fort    ponluelleinenl    pa\é^ 

Lu  i()'|(i,  lexistence  domesli(pie  au  Palais- Uoyal  t'"lait  i-éellenient  fort 
|)récaire,  et  la  table  l'Iail  si  mal  servie  (pie  l'e'clio  de  cette  misère  l'ii  allait  jiis- 
«ju'au  dehors.  Loret,  dans  im  volume  de  trois  ans  antérieur  à  sa  Muse  liisto- 
rlijur.  nous  donne  la  Hff/uestc  ilcs  scii^rwurs,  d aines  et  (lemoiselles  dit  petit 
cimelier  de  lu  reine  à  monseigneur  le  cardinal;  on  y  voit  (judu  mantpiait 
de  vin,  (ju'on  n'avait  pas  de  serviette,  el  (pie  les  vivres  étaient  si  peu  abon- 
dants que  les  convives  se  précipilaieid  eu  alVamés  pour  en  avoir  leur  part  : 

N(jiis  (lu  petit  ciiiieliir,   laiil  malles  ([iic  feiiicllcs, 
Kscuyers,  clicvaliers,  dames  et  dcmoisetles, 
N'avons  le  plus  souvent,  alors  qu'il  faut  souper, 
M  cliaisc  pour  s'asseoir,  ni  couslcau  pour  couper. 
Ilice  niisirc  nioiirlioir  nous  sert  de  serviette; 
L'un  n'a  point  de  cucillcr,  ni  faulie  de  roiirclielle. 
Al(jrs  (piV)n  nous  présente  un  cliiipun,  un  iioulel. 
L'un  le  prend  par  les  pieds,  l'autre  par  le  colel, 
Clia.scun  dessus  son  corps  exerce  tirannie, 
Li-  tout  siuis  préférence  et  sans  et-rénionic; 
Kt  r<jn  diroit  de  nous,  en  celte  extréniilt!', 
(.»uc  nous  n'avons  jamais  jeu  la  (•i>ilil(!'... 
1^  Heync  a  rehaussé  d'ini  pain  nnslic  unlinaire... 
Si  nous  avons  du  pain,  nous  n'avons  pas  de  vin... 
Ce  bien  coii>idi'Té,  l'Iiiisc  à  son  lùiiiiifitce, 
<.>ui  elle/,  imstre  iii.u'liessc  a   l;i   >^ui  iiili  iid.iiice, 

I     M-'  t>i:   M.irrtvM.ii-,   I.   \l.   p.  (il.. 

»     llilili<>nir<|iii-    ii.iliMii.iJ.',    M.iim^ril,.    ImiiiiU  |l,il(i/e.    ii.    i,    p.    ,,7. 


IM;     KDICVTION      II  (M  M.  F.  1  .'{  | 

Nous  ordonner  du  ^i^  par  bonlô,   |)nr  pitit'-, 

I\ir  belle  courtoisie  ou  par  pure  nuiilio... 

Si  nous  en  parlons  bien,  ipiand  nous  n'avons  point  bu, 

l'sant  par  son  moyen  de  ce  charmant  breuva;,'e, 

Kt  de  bouche  et  de  coMir,  nous  boirons  sa  sauté, 

Après  celle  de  l'une  et  l'autre  niajesté. 

Piiranl  ces  jours  de  iiiisî-ri',  les  réceptions  sont  rares  au  l'alais-Hoval  et 
il  iï'\   est  point  question  de  iètes.  Le  baptême  du  jeune  duc  d'Anjou,  retardé 


J7  Fort  RoyalJLi^^»^^ 

Jim\\^\i!nc  (u|t(il)anti 


LE    PETIT    FOnT    CONSTBl  IT    E\    1  fiôo    n\\<    LE    ]\RDIN    Dl     PVLAIS- HOTAL 
POLU    LE    JEL>E    LOLIS    ÏIV 

indi'liniiiH'iil.  \\\\\\  lieu  (pic  le  ii  mai  iG'|S  (il  avait  alors  huit  ans)  dans 
la  cliaiiilli'  (lu  l'.il.il-^,  rillc  I  li.ijicllc  (|ii('  TAiiplais  Evelyn  nous  décrit  dans 
son  Juin  nul.  ()n  y  cnliail  par  une  pculc  iiliui'c  ;iii  niilicu  de  la  ^ralerie  des 
lioiiiiiii'-;   illii-ilii's  : 

|)ii  Miilii'ii  ilr  la  ;.'alcii('.  un  <'iilr('  ilaM>  une  Julie  rlia|ielle,  a\('c  nn  pa\t'  om  la^'i' 
(le  tonics  Miile>  de  inarlires,  (iiimnceii  esl  an>^i  l'anlel  el  deux  -laines  du  elii'\alier 
I5ei'iiiii  :    une   de   >ainl    Jean    el    l'anlic   de   la   Sainte    \iei''e'. 


Nous   a\(iiis,    ponr   celle   i''p<i(|uc.   un    l!lat    des   j^af^es   payés   au  personnel 
ipii    ^Midail    le    l'alais- Hoyal.    Un    ny    tiouM-  aucun    des  noms  des  ser%ilcnis 
I.   Knklyn,  ,/oiir/i(i(.   i8  no«eNit)ru  lO'ii)- 


l3îl  I-E      PAI.  AIS-HOY  \L 

(lu  <anliii;il  de  lUclifliiu.  \y,\s  int-iiK>  cdui  (le  sou  \al.l  .Ir  .liaiiilnc  Dos 
Boiiriiais,  iju'il  avait  (Iciiiaiidi-.  dans  son  Tostaiiii'iil.  (|ii"nii  iicininàl  .i  ((.iicii-rge 
dans  lo   Palais-Cardinal».   \  oici  ce  docninont  : 

Aiiin'c  lij'i')  : 

\  i'ianvois  Seiicschal.  coiiciorge  du  l'ailais   i\(.yal.  pniir  Mois  (iiiailicrs 
df   ses    ■;ai;.'Os 'i'"'  Iim^'s. 

A  Fiaiiçois  lliief,  ayant  la  c-liar^'  du  iifltoyoïucnt  des 
fliambres  cl  soin  des  cM'/.  dudil  palhiis.  |i(iiu-  trois 
(|uarlicrs  de  ses  gaij^es 2a.> 

A  Maillet,  ayant  la  charge  et  garde  des  salles  et  machines 

dud.   pallais,  pour  Irois  quartiers  de  ses  gaiges aaâ     — 

A  Toussaint  Duiuée.  ))eiutrc,  ayant  la  garde  et  entrele- 
nernenl  des  [jcintures  et  dorures.  p(un-  trois  (puntiers 
de  ses  a|)poiiiteiuents '|JO     — 

A  Jean  (inctiii,  pmtier  des  portes  ties  rues  des  Bons 
Eniants  et  île  hiehelieu,  dud'  Pallais  Koyal,  poiu-  trois 
(piarticrs  de  ses  appoinlcnients i.Jo     — 

A  Jean  ^hlnsset,  portier  de  la  graiulc  i)orte  dud.   Pallais 

Royal,  pour  trois  (piarticrs  de  ses  appointements.  ...      i5o     — 

\  l'"raui.'ois  Dcsnioulius,  concierge  des  corps  de  garde 
Irançois  et  suisses  dud'  pallais,  pour  Irois  (piarliers  de 
SCS  ajjpoirilciiK  iiU i.">n     — 

\  Nicolas  HiiuliroLii  I.  jardinier  des  jardins  diid'  |)allais 
tant  pour  linis  (piai'tiers  de  ses  gaiges  ([ne  |icnir  ICiiIre 
lenemeul  des  dicts  jardins fioo     — 

Siij/ir  :    l.iiirs  cl    (!mm'(;\ii>. 

Les  fêtes  donni'es  à  rolfe  (''po(|ii(^  à  Christine  de  Su('d(>,  ([ui  visitait  la 
l'rancc,  ne  rni-eid  giit-re  hrillaides.  dette  pi-incesse  ivgai'da  sans  nml  dire'  les 
appar'tenients  ipic  lui  nniutia  \iirii'  dAiitriciie,  ses  Haiiis,  sim  ()i:itiiire,  ses 
peintures,  apprt'ciaid  loid  sans  rien  l'aire  paraître,  l'tonnant  un  peu  par  ses 
hrnsqueries  cette  (iuiirde  l''rainc  (pii  n"('lait  point  liahilui'e  à  des  allures  aussi 
cavalières,  l'illi'  .dla  au  lln'.'ilrc,  el  ou  l.i  \il  a\ec  stup(''l'a(!itiu  poser,  nue  t'ois 
assise,  ses  pieds  sm-  la  haluslrade  de  la  galerie  (pu  ('tait  dev.nil  rlle.  di'CdU- 
vrant  ainsi,  dit  la  chiniiiipie,  au  publie  place'  eu  conlie-lM^,  la  uuditi'  de 
ses  dessous.  Mlle  -e  luoipiait  des  dames  de  la  Cour  (pii  ui.iniaieut  a\ec  des 
ffrAces  niignariles  leurs  é\entails  à  lespaguole. —  u  l'ouripioi  des  ('veutails.''» 
dit-elle:  K  [.es  feuimes  de  ce  pays-ci  snul  assez.  ('veut('es  sans  cela.  »  On  la  vil 
pailir   sjms   regrrt. 

Le   Fronde  allait  ('ilaler.    l'ij.i.   daii>   If   |ieuple,   <>ti    ne   se    gênait    pa>^   pour 

I     M-'  i.i    MuTTKVli.i.K,  ilfr/iiiiirri. 


t"NF.    i:nt'f:  \  iihn     u.n  \  i  |- 


:\:\ 


ASSE     IIAUTHICIIB     a     CIIC.XWTE     AS» 
(Gravure  de  Nanteuil,  d'après  le  portrjjt  peiiK  pir  Mi^iurJ) 


lil.'iisatilt'i'  cl  <li;iris( 
;  CN  iilc|iii' 
sur    l:i    I 


(les  s.ilirv 


M   jDiir, 


iiiiici'  M,i/;iriii.  ()ii  s'en  pini.iil  ;i  l;i  iciin'  clK'-iiiriin',  cl  d.iiis 
-,  i>ii  |).irl;iil  I  )ii\crlciiiciil  i\r  --es  jimiiiirs  .ivcc  le  iiiiiiislcc. 
\nrr    \<ilrc    |);iiiic,   uii     \imc    irViilriclic    a\;iil    rmiliiiiu'    de 


1.3  I  M'      P  AI.  KI?-ROV\L 

><•  ifiidiT  liiu«i  lf^  liiiiili-  [tiiur  ciilriiiliv  la  int'ssf,  ilos  lillrs  lui  ciit-iviit  ;  "A 
N.i|ilc^!  "  <  )n  ihaiilait  ~iii'  lair  :  Ali!  ffite  j'dimf  ma  ber<;i-re  !  dos  vois  «sur 
I  ainilit'  t|Ui'  la  iviiir  puiU-  à  Ma/ai  in  ".  l  ii  tio  tt  ^  HIr-IIos  ilisail  '  • 

Pour  iiioy  jf  suis  sans  cliugrin 
Conlri'  Julie»  Mazariii  : 

C'est  un  élrant^er 

Oui  >eul  se  \en{.'er. 
Je  purdunne  à  sa  liaiiie  : 
Mais  je  Nuudrais  bien  étrangler 

Notre  |) lie  revne,  o  yuay! 

>ulre,  etc. 

Dos  l'yôiu'iiiciil--  dont  le  Palais- Koyal  fui  ali>i-s  lo  lln'àlio,  fi  i|u"ou  lit)u\ora 
dans  ii'iiii|)<irlo  (|uil  li\ic  d  lii^luin'.  il  ii  y  a  pas  lieu  de  |iail('r  ici.  i)\\  so 
nippollo  los  ôpisodos  do  oollo  Irislo  t'-itoiiuo,  rarrostatioii  di'  Uruussol  ol  do 
SOS  o()llt';^uos  du  l'arlomoiil  (■.«(!  août  i(>'|S),  la  di'iuanlio  l'ailo  lo  loiidoiiiaiii 
au  Palai^-Uosal  |iinir  los  ili'diMoi-,  ol  la  I('|M)U<5o  do  la  roiiio  i|ui.  mii.uiI  de 
pi'iMidi'o  M>ii  c.iiiiiMix  ii'|ias  iU'  midi,  s/'oria,  iiiuf.'o,  oiupurlt-o,  a\oc  îles 
;;o»los  di'  l'uiio  :  i.  .Ir  los  l'cudi'ai.  uiais  mii>i-|s,»  ol  so  l'oliia  dans  sa  oliaiuliro 
grise,  ou  faisaiil  <-|aipii'i'  l,i  pmli'.  \  p.ulir  de  o-  MKMucid  i-l  poiidani  los 
iiou\  auin'os  ipii  suiM-iil.  du  m-  ic^piir  plus  (pi'odcui'  Ai-  j.nii'iic  oivilf  dans 
la  iiiaisoii  jadis  si  paisiido  liàlic  p.ir  Uii  licliou.  I,i'  i  ••  siptcndui-  i(i'|S.  la 
n-iiii'  l'iuuit-iio  SOS  lils  il  Saint -(  iciiuaiu,  sous  lo  pi-t'lt-xtc  ipic  li-  Jouim'  duo 
d'Anjou  a  la  politi'  M-roIo  ol  ipi  il  lui  tant  oiiaii;j:<'r  d'air.  Kilo  n\ioid  ;i  la 
lin  (r<iol«)l»ro.  mais  lo  pciiplo  ^'londo  ol  Paris  no  somlilo  pas  sur.  \u  Palai-- 
ll)i>al,  liiiit  l<-  inoiido  oiiusoillr  la  l'iiili-,  Ma/aiiii  ipii  Iromhlo  ol  |H'io,  (îasldu 
irnili-ans.  riinclf  du  mi.  ipii  csl  Idrmc  dr  piui  .  iit-mirtlo  d' Anj:lolorio  ipii 
a  Ml  ,'i  l.iindirs  une  r(''\iiluti<in  rcumuriioor  oummc  l'ollo-i.'i  ol  oxoipic  di'xaiil 
lo  oariliiial  li-  doslin  do  Slrall'oid.  I.o  di-pail  lui  dooido.  Dans  la  iiiiil  du  ■'>  au 
li  jiiii\ior  i')'i<).  il  oiiu|  liouios  du  m.diu.  \mi<'  d' Vulrirlic  s°i'\ada,  o  ist  lo  seul 
iiiiil  ipii  oniivicnt  ipiaiid  un   lit   !•'  ri'<  il   iji-   M      di'  M<>ll<'\ill(' : 

|.i">  |i<iilr-  ilu  l'al.ii»  Itiiyal  se  rernirn-iit  aM-i-  «'nnMii.UMii-nii'iit  tic  ne  le-  pln- 
niivrir  :  la  reitir  t  rele\a;  lo  inaii'-cliai  de  Nilli-iny,  à  qui  lui  dniina  onniKiissanoo 
de  ortie  ri'«nliili<iii  ipiaiid  il  fut  iiidi«pen«alilc  qu'il  la  sût.  laissa  tlnriiiir  lo  roi 
juMpTù  lnii<>  lieiiri'H  ilii  tniilin.  puis  le  lit  le\er.  lui  et  Stmisiriir.  pour  les  faire  inonlri' 
liant  le  ('arrn>tiie  ipii  le«  alleiidoil  ù  la  porto  du  jardin  du  Palais  Itoyal.  I..1  reine 
M'  Jui;riiil  nii  mi  •■!  ù  Mon>>ifiir  :  w*  Iroi»  |M'rMiiiiu's  royales  furenl  suivies  du 
inarériiiil  de  Villeroy.  de  \  illeqiiier  et  de  (iiiilaiil.  rapilaine  des  ^'ardes  de  Leurs 
Miiji-^lé*  ;  lie  (ioinilice*,  lieiileiiiuil  des  ^Mil'iles  de  la  reine,  et  de  M"  de  lleau\ais. 
sa  pn-iiiivrc  friiiiiir   ilr  clinndire.   lU  deseeiidirenl   par  un  |H-tit  escalier  iléroln'  qui 

I    Chanmn  alIrIbiliV  i,  |ll<.l  |llt>ll.i|>i<i|ii>-  luilloinli-    ll<su>ll  ,{,•  \taiirr|M«.  t     Wll    I     i>i. 


1)1  <;  \TioN     iim  \  i.K 


i35 


(le  r;i|)p;nlci!U'iil  dr  la  iciiic  allnil  daii'^  Ir  jardin,  cl.  sorlaid  par  celle  pclile  ])i)rlL' 
(jiii  C--I  pal'  delà  le  imid  d'eau',  iik  iiilcrciil  daii-  les  cai-|-(>sses  ipii  les  alleiidniciil .  La 
roiiio  étaiil  au  Cours,  (jui  cloil  le  lieu  du  reudo/.- \  nus.  >'\  air-èla  pour  allcndrc  ipii> 
le  (lue  d'Orléans.  a\ee  loulc  la  uiaisou  royale,  lui  \cimi  la  joindre.  Ma/aiin  -c  mil 
dans  uu  earrosse  à  .six  chc- 
\au\  et  s"eii  alla  Iroiner 
la  reiMc,  cpii  raKciiiloil.  l,c 
duc  d'Orléans,  ((ui  a\(til 
.soupe  chez  le  maréchal 
(le  (JraininonI,  élard  arri\é 
au  Lu\end)oui'ff,  lit  éveil 
1er  Madame,  (pu  se  leva 
toute  lroid)lée  :  illil  aussi 
lever  ses  fdics,  cl  tonlcs 
ensemble  s'en  allt'rcnl  oi'i 
la  reine  les  altcndoil.  Ma- 
(lenu)iselle,  fille  ainée  du 
duc  d'Orléans,  (pii  avoil 
été  avertie  par  la  iciiie 
même,  alla  se  joindre, 
selon  l'ordre  (picdlc  en 
avoit  ret'U.  a\  ce  la  l'amillc 
royale.  Le  prince  dcdondé 
en  fil  autant  dans  sa  mai  1^*^^^ 
sou;  la  ])rincessc  sa  mère 
prit  la  princesse  sa  belle- 
fille  et  le  petit  duc  d'Kn 
glîien  son  pelil  tils,  cncoir 
au  maillot,  et  \inl  de 
même  j,'L'Ossii'  la  lrou])C  du 
Cours.  Le  prince  de  Conly 
fut  aussi  de  la  i)ai'tie.  et 
t(jule  la  maison  rovale  élaid  assemhli'c. 
en  Lave. 


MMti.lCIIOi;    IlE    l.OllUAINL',    HKMME    UE    <!  VKTOX    D'oULËWS 

(Grjvurc    a.-    S.    A.    Bjlswen,    Jjpris    le    por.rait    pcim    p.ir    V.m    Dycli) 


lie    piil    le    chemin    de   Saint-Cermain 


Ce  ne  fui  encore  (ju'iin  fau\  départ,  car  la  Cour  rtîviiil  hiciitùt  au  Palais- 
l\oyal  cjuand  rarni('e  de  (laslou  d'I^rléaus  et  de  Coude  lui  ont  préparé  une 
reidr('e  tri(iniplial<'. 

Il  \  eut  encore  (luelqucs  jours  de  calme —  calme  iulerinilloul —  pendaid 
Icxjiicis  eurent  lieu  diverses  réjouissances  au  palais  et  les  exercices  doul  jai 
parlé  [dus  liaiil.  dcslinés  par  Mazarin  ;i  anuiscr  son  royal  élè\c,  la  |)iisc  du 
fort,    la     (liasse    dans    le    jardin,    la    liiillaiile    i<'pr<'senlalii  iii    au     llu'.'ilic    d'un 


I.   I.ii  i>i>i(f  (lipiiiiaiil  ~iii    l.i  1  Uf  (lo   l'ilil>-(;iiaiii|>.-^. 


,36  '-<•    i'\i.  Ms-nov  u, 

liuUet   des  ÉUincnts.    clans  k-quol   k'  juuml'  roi  et   sua  IVÎro  a\aiL'nt    uii  lùlo. 

EvL'lyn  on  parle  dans  son  Jintrnal  : 

L't'k'iiniit  ilii  lin  l'Inil  adniiiiilili' :  puis  Ion  vil  \c'mii>  (Icscriidiv  di's  iiuay:es,  et 
la  t-niuliisitm  lui  k-  siK-clacli'  ilu  ciel,  où  Ions  ees  divers  peisoniiai;es  se  Iranspor 
tèrenl.  Mais  ee  cpii  laisoil  la  gloire  el  le  niérik  de  cet  opéra,  cétoieni  les  aeleurs 
qui  néloienl  rien  moins  «pie  le  roi  de  France,  son  frère  le  duc  d'Anjou  el  tous 
les  t:rands  île  la  (lour.  Le  roi  .sac(inittoil  de  son  rôle  à  laduiiration  de  Ions.  La 
musique  eonsisloil  en  vingt-neuf  \iu|()iis,  \èlus  à  lanliipie;  mais  ks  lialiils  des 
princes  cl  sci;;neurs  ipii  y  juuoieni  (.'li>ii'til  d'une  l'ichesse  et  d'une  splendeur 
ailniirahles  '. 

Km'Ivii  donne  comme  date  à  cette  représenlalitui  If  ii  mai  idru.  lue 
trampiillili'  rrlatisc  ri';.'nait  ii  laticim-.  l/arrcslaliori  des  princes  un  an  a\ant. 
le  i()  jaii\iei-  id.'io,  coup  de  surprise  accompli  dans  la  galerk  du  l'alais-Uoyal 
préeéilant  la  salle  du  (ionseil,  avait  marqué  le  second  ado  de  la  Fmnde 
et  rassuré  la  (lonr.  Mais  le  n  pil  fui  de  cuoitc  dnii'e.  Ma/ariti  du!  (piillcr  la 
France,  laissant  la  famille  loyale  sons  la  ^^ucle  île  (iaslwn  ir()il('ans.  C;"est 
alors  <pie  se  passa  l'incidenl  de  Louis  \1\  (pie  le  piiiplr  ;ill,i  Miji-  dormir 
ilaiis  sa  i-liaiulirc.  Il  a  été  coulé  en  di'lail  par  M"  ilc  Mm||,\  llli'.  l  ne  lunicnr 
montait  menaçante  sous  les  fenêtres  ilu  palais.  Anne  d'Autriciie,  déjii  concliée. 
se  Irve,  fait  donliler  les  f.'ariles  ;i  toutes  les  portes,  puis  dédaïc  (pi'ellc  n'a 
nidie  i-UNii-  de  partir  ii  Saint-liermain.  (pic  le  roi  doit  d'un  piMl'und  soiimucII. 
Les  énieutiers  ne  se  tifinirnl    pa>  poin-  salisl'ails  : 

lU  |-é|>iin(lir(-nt  (pi'ils  vindiiicnl  eux  niéuics  \i>ir  le  roi.  Il  \  en  cul  dnuc  (pii 
i-iilrèri-nl  jii>ipi<-  dans  le  Palais  Houd.  criant  (pi'on  Iciii  michiIi.'iI  le  mi.  cl  ipi'ils 
le  \ouliiienl  Miir.  La  reine,  le  sacliani,  counnanda  aussitôt  (pr<iu  iiinril  Imiles  les 
|Ntrle.4,  el  ipi Un  les  uienAl  dans  la  cliainlire  du  mi.  ItaNis  de  celle  francliise.  ils 
M-  mirent   tous  ,iu|>i'ès  du  lil   du  mi.  dnul  nu  ;i\iiil  iiiixerl  je-  liileaiix;  el  reprenant 

idi>r<«    un    esprit    d'anioui.     lui    <l ii'.cid     mille     l)i''u<'ilii  lious.    Ils    le    i c^.'ardèrenl 

liiii^'letupt   donuir  el    ne  pnuMiieul  ■,\--v/  laduiirei  .   (lelle  \  ue  leiu    diiiina  du   icspect 
pour   lui    . 

lue  pareille  «.cène  n't'-tail  pas  f.iile  poin-  rassurei  Vinic  d'Vuliiclic.  Flic 
partit  de  nou\ean  à  Saint-(ù-riuain.  avec  ses  enfaids.  eu  seplendue  iCi.ii.  el 
ne  riMilni  ii  l'mis  (pie  le  1 1  oclolire  itJô-j.  (lelle  fois.  ( c  ne  lui  pas  pour 
•t'inslaller  au    Palais    Itoxal.    File  en   avait   assez  decid.'iinnt   (!.•    nlle   demeure. 

plus    agréaltle    sans    doute    que    le     I \re.     mais    que    de     loMs     c.Mis    |;i     l'diile 

|Niii\ail    trop  racileiiieiil   envidiir.    La   reine   se   resnlul    ii   domiei    .m    l'.dais    une 
«li-Hlinalion   nouvelle. 

iir»Mi/. 


o 

s. 

m 

S' 

o 

^ 

1^ 

B 

tn 

^ 

o> 

■O 

VIGNETTE    COMl'OÎSKE    P  lU    i:il.     I.EIIUIN,    (;HVVI.IIE    HE    s.    I,E    CLEUC 


CHAPITRE  IV 


LI::  SEJOLIl  DE  LA    WlAW.  IIKNUIKTTK  DANCLKTF.IUU- 

LK    PAL  VIS   niilUN 

id.'ja-  I  (i(in 

lleiiriilk'  tl'An^'^leUiTO  au  Palais-Uoyal.  La  iiiiMro  île  la  reine. —  Dolabrcmcnl  du  monumciil.  —  I.o  l'nlais- 
liriiMi  Uoiiiaii  ijrs  prcmièies  amours  de  l.diiis  XI\  .  —  Les  aooiicheiiii'iils  claiidi'sliiis  do  M""  de  La 
Nallière.  —  Rôle  de  Colbert  en  celle  circonslance.  —  L'AïadéMiie  des  lteau\-.\rls  iiislallre  au  l'alai>-Hrion. 
La  première  exposition  de  tableaux. 

i;  Ifoitvaiil  l)iiis(|ii('iiiciil  aliaiidoiiiK'  par  la  Cour,  le  l'alais- 
IlovaL  à  partir  de  i().")2  jiiscpi'à  LaiiiK'c  iCiCio.  lut  ;i  peu 
près  désert.  (Tesl  la  période  la  muins  lnillaiile  de  i'iiistoire 
(le  ce  monument.  En  s'instailaiil  au  I.(iu\re.  loixpi'elle 
rentra  à  Paris,  Anne  d"  Viiirirlic  \  prit  la  place  de  sa  helle- 
sieur,  Henriette  dWii^Klenr,  ipii  \  ('lait  assez  trisleiiieut 
logée  et  qu'elle  envoya  iireudre  r('>sideiiii'  dans  la  dciiu'itie 
il  la(|iielle  elle-iiièuie  renonçait  conniu'  noIlVaiil  point  assez  de  sécurité  pour 
le  roi.  Ce  lui  un  cliassi'-eroisé.  Depuis  iti'i'i.  éloi^iu'e  de  Londres  par  la 
révolution  ijui  dexail  coûter  la  vie  à  Charles  I",  son  mari,  la  reine  Henriette 
d'An"lelerre  vivait  à  la  Cour  de  France,  d'abord  niaj.niili(iuemenl  traitée,  puis 
peu  à  peu  laissée  dans  le  plus  pauvre  isolement.  Le  cardinal  de  Uetz  a  raconté 
dans  ses  Mémoires  ce  fait,  si  souvent  cité,  ipielle  inaïupiail  il.'  <pioi  s.'  faire  du 
l'eu  dans  ses  appartements  en    iti'i"): 

r.iiHi    ou    six   Joins    axant    que    le    loi    sortit    de    Paris,    Jallois    elicz    la    reine 
dAii'jlelcric,    que   Je     Irouvois    dans    la    clianil.re    de     Mademoiselle  sa    lillc    qui 

|8 

T.     I.     LE    l'.VLAlS-UOÏ.M.. 


l38  1-E     PALAIS-UO\AL 

a  été  depuis  Madaïue  d'Orléans.  Elle  me  dit  d'abord:  «Vous  voyez!  je  \iiMis  loiiir 
coinpa},Miie  à  llenrit-Ue  :  la  pauvri-  ttiiaiit  n'a  ])u  se  lever  aujourd'hui,  liiiilc  de 
feu.  I)  J'cxa<.'érai  encore  cet  ai)andonncment.  et  le  {iouvernenicnl  envoya  /io,ooo  livres 
à  la  reine  d'Anirleterre.  La  poslérilé  aura  peine  à  croire  (lu'une  reine,  rdle  de 
Henri  le  Grand,  ait  manqué  dun  fagot  pour  .se  lever  au  mois  de  janvier,  dans 
le  Louvre  et  sous  les  yeu\  d'une  Cour  de  France'. 

C'était  pendant  les  années  de  si  grande  pénurie,  où  l'on  ne  pavait  pas 
même  les  gages  dos  serviteurs  du  roi.  Toutefois,  sans  méconnaître  la  réalité 
de  cette  détresse  en  ce  qui  concerne  Henriette  d'Angleterre,  il  l'aul  si'  diic 
que  ce  moment  si  pénible  no  fut  (pio  passager,  et  qu'on  aurait  lurl  don 
conclin'c,  comme  \oltairo,  (|uc  la  reine  était  absolument  laissée  dans  la 
misère.  Ma/arin  lui  faisait  luie  |)onsion  de  '|0,ooo  livres  par  mois,  et  dans 
son  agenda  secret,  à  la  date  do  i(i'i(t,  on   trouve  cotte  note'  : 

(Jeiilu  mHu  lire  (illa  rcyina  d'iinjhillcrnt,  c  J'urlu  jinijarc  dcllc  '/o  /nild  //;<•  //  incsc 
[Htnludlinenlc. 

^l>il,■|  pour  coiiv  (pii  no  se  ((nilontonl  jias  dos  légendes  dinil  un  llciiril 
si  volontiers  riiisluiro,  ot  (|ui  rocliorclioni  avant  tout  ia  virile''.  La  vouvo 
de  Charles  1"  ne  mena  d'ailleurs  pas  grand  train  au  Palais  Iviival.  Tout 
entière  à  sa  douleur,  indill'éronlc  désormais  au  monde,  fuvant  les  fèlos. 
enfoncée  dans  la  religion,  elle  ne  se  souciait  guère  de  co  cpio  l'aisaienl  les 
gens  de  sa  suite,  i)armi  los(|uels  il  v  avait  beaucoup  d'Anglais,  tpii  mirent 
sa    maison  au    pillage.   Les  chronicpies  du    tonqis  sont  vides  do  détails    sur  la 

vie   ipi' lenjiil   ainrs  dans  le  palais.  On  no  sail   ((nnnicnt    Ih  inielle  d"  \nglo- 

lerre  y  passa  son  existence,  ni  on  (piollo  [)arlio  elle'  l'i\a  son  habitalion. 
Sans  «loule,  elle  dut  loprondre  l'apparlomonl  d  \inii'  (r\nlri(ho,  (pii  était 
le  plus  commorle  et  bien  aménagé.  Le  reste  i'ul  ,ili;nHlMinH''  ;i  ses  servileins, 
«•I  peut -être  aussi  v  laissa-t-on  loger  certains  «  olliciors  »  do  la  maison  du  roi, 
pniM  niiliseï'  ces  vastes  locaux  (|uo  le  dt'méiiagomcnt  précipilt'  de  la  (lour 
axait  dégarnis.  ()\u<\  cpTil  en  soit,  il  os!  ceil.iiM  que.  durant  les  rapides  anni-es 
du  séjour  lie  la  nitie  d' Vngloterro.  le  Palais- Uoval  lui  endonunagé.  nullement 
onirelemi.  .j  qu.'  |<,ul  v  srnlail  à  eello  époipie  ia  .h'solaliou  et  la  ruine. 
On  a  lin  a]ii'ri;ii  de  l'.'lal  dans  li'qnel  il  puiivail  èliv  par  le  rivil  de  deux  ll.)||aii- 
dais  qui  \i.\ageaienl  alors  en  l-'iance  ol  qui.  ;i  la  d.ile  du  17  l/viier  ifi.i;. 
écrivent   ce  ipii   suit  dans  leur  Jounidl  : 

Le  17  fi-Mifi,  III. Ils  liisiiirs  voir  le  Palais  Canliii.il  iiuHii  iiniiiine  ."1  |iri's,ii| 
le  l'aJuii.    Hi.vaJ...  La  ivj 1   \ii;:lelei  le  v   deiiieme  avei    (mil  Iiaiii.  ipii  .1   lail   un 

I.    1/<^/n'<jrr<  ilii  Ciinliii.il  m.   Ili.i/,   I.   |'.   p.   i ',,,. 

I.    llllillMni<'i|iic  iiiiliotiiilf,   fiiiiili^  Itiilii/i-.  ir  N.  |>.  7',. 


l'UlllIlill     Ht    I.A    llLl.VL    lILMULliL    ll'AM.I.tVblUlt 

U'april  un  ponrail  de  Van  Dyck 

(BiWiolhciiue    luiioiialc,    Cabincl    dts    EsianiptJ,   Colkciion    llcniiiii) 


i',o  it:    iv\i.  ms-rot  vl 

l'oit  ilé{,'asl  011  la  iloniro  et  au\  rclii-ls  de  Imites  les  ehambres  el  de  ecllc  raiiiensc 
jralerle  oii  les  {rrands  lionmies  de  France  et  leurs  belles  aelioiis  muiI  repivseiilées 
avee  leurs  devises  el  leurs  hiérojrliplilfpies;  e'est  une  pilié  de  voir  que  pour  avoir 
(piehjues  sols,  ils  ayent  enlevé  des  pièces  qui  ont  coulé  de  bonnes  sommes...  Leur 
avidité  et  leur  avarice  les  ont  poussés  à  nu  Ici  puiiil  (pic  ne  se  ((Jiilciiliiiil  pus 
de  ce  qu'ils  eulevoient  les  dorures  relevées  en  busse,  ils  oui  cassé  les  \ilrcs  pour 
avoir  le   plomb'. 

l,c  j.udiii  a\ait  liMijnurs  son  mail,  ialléc  p(^Mr  counc  la  l)ajiue,  avec  sa 
iloiibic  baie  verte  devenue  de  plus  en  pins  liaulc,  el  les  deux  bassins  où  l'eau 
ciiiislaiiimeiil  jaillissanle  dniiiiail  de  la  iiinciitiir  aux  pronieiuMirs  (pii  ne 
se  l'aisaienl  point  l'aille  d'\  \ciiir.  Nus  deuv  Ibillninlais  lacnnlciil  le  S|H'claclo 
(pi'ils  \    viieiil    le   ■>.-   mai   de  celle   même  amn'e    ili^y  : 

(.ioiunie  il  étoil  encore  de  bonne  liemc,  imhis  l'u-nies  au  Palais  l^ival.  où  nous 
V  ismes  nue  as>e/  iolie  citasse  dans  l'cju.  d'im  liarliel  ipii  {ii>ursiii\  dit  im  canard. 
Mlle  dura  près  d'ime  liemr  cl  Ml  ipie  c<'  j^iaiid  niiid  ilii  bassin  se  bordii  de  loules 
parU  de  niondi',   ipii    Miiiloil   iiMiir  sa   i)ail   du   speclacle  el   du   (li\  cil  is--emenl. 

Le  iiièine  lablean  se  nnoiivela  mie  aiilre  l'nis:  mais,  en  vi'iili'-,  K'  diverlis- 
seinenl  manipie  de  piquant  el  ne  |)i(iu\e  ipi  une  elinsc,  c'esl  (pi'à  crlle  ('pocjuo 
la  bailaiiderie  parisienne  s'anmsail   di'    !<>iil.    aussi   bien    (|ii  an  ji  niiil  lini. 

La  salle  du  liiéàlre  était  plus  déseilc  eiu  nie  cpic  le  palais.  Plus  de  fêles, 
plus  de  balb-ls.  (i'esj  à  peine  si  de  leinp^  ]\  anin'  un  \  enlend  (piebpies  con- 
certs avec  1.  llK'cirbes.  Iiillis.  \i<i|rs,  \oi\  »,  comme  dil  Loicl.  l'endanl  di'iiv 
saisons,  en  \i.\'û\  el  iliôli,  une  enireprise  pari  iculière  lui  aiil(iri^(''e  à  \  (Imiiiu'i- 
des  représeiilalions.   Un   pavait   Irenle  sols   par  place. 

...(  tlilif.'(Mmiiii'iil  on  les  iliiiuic 
l'uni   Innlc  Mils  eliacinc  pcr.-onneî. 

l.,08  evéciilanls  se  paila-.'aiml  les  Imik  lices.  Cela  ireiil  pa-  de  snile\  Ce 
n'est  (pii>  le  M  jan\ici  i(i(ii  ipic  Mulièrc,  mis  par  le  roi  en  possession  du 
llié-àlre,    lui   domnia   la    \  ic  .1    l'cilal    auvipiels   il   dni    sa    i.doire. 

Le  jeune   n.i    | is    \|\     \ciiail    imicoiv    pailuis    an     l'alai^- Ui  i\  al    \isilcr    sa 

litlde  el  sa  C(>u-.ine  llenrielle-  \nne.  Il  donna  iiièine  dans  le  jardin,  en  id.Mi, 
une  série  de  luillauls  carrousels.  Mais  c'esl  dans  celle  depeiidamc  du  palais 
(in'on  avait  noiiimé'  liin;,deiups  "  l'Iic'.ld  ,[<•  Ui(  licjii'ii  „  ipiil  se  reiidil  priiici- 
paleinent  et  oii  sa  roiuain-sipii'  avenlnre  -.wrv  M  de  La  \  allièrc  lil  à  celle 
époque  jaser    loiile    \iv    Cour.    On    se    lapp.lle    ce    ipii   ;i    e|e    >|i|    p|ii>    lianl    de 

I.   I)K  Vit.i.iKii»,   Vuynijr  it  Pari»,   ilitîi. 

■>.  l.iiHKr,  Miiif  hitlnriiiiii;  t.  Il,  p.  iti.1. 

3.  Kilt  RMiKN,  /.«•  l'nliiu-Hiiyal  W  tri  envinmi,  p.    i.J. 


i,E    sr.jov»    nE    i.A    ukim:    iiKMtiiir ti;    n  \n(;i,i:teuui-; 


l'H 


i\IM-    JEAX     DANS     I.E     DKSEIIT,     Plll     I..     i:h1I1m:|IE 
(Tlblcau  <lill  faiwil  pjrlic  Je  la  Galerie  du  Palais-  Royal) 


rii('>lrl  (le  lUcliclicii,  (Idiil  iiiic  fj:;ilcri('  sciilt'inciil  ii\ail  l'Iô  bàlic,  I,i(|iu'll('  rcslail 
iiiriiir  sans  ('iii|ili)i  l<ns(|iii'  li's  (liirlLMii-s  de  la  Soi-lxmiic,  à  la  suite  de  leur 
ariaii;:ciiiciil  a\rc  la  (liiclicssc  il' MuniH' ni ,  en  ciili'xri'.'iil  la  liliiliut  iir(|iic 
«jux   a\ail    ii'iiiiir  \r  ranliiial.   ('.elle  paierie,   aiii-i   (|iii'   Ir    ci  iiisl.ilciil    li'S    (oxlos 


aiilln'nli(|iics  (iiic  j'ai  cilt'S  ^^«>y.  p.  19.0),  fut  aciu'it'r  par  lo  roi  en  iGCo  seii- 
icMU'iil.  Ci'|ii-M(laiil,  tous  les  auteurs  de  l'épocpie  et  les  historiens  venus  à  la 
suite  tlisfiil  (|ii'illr  ;i\;iit  été  eédée  vers  ifi."),")  par  Annr  (rVuliiclic  ^  an  due  de 
Daiiiville.  autrefois  ap|)elé  Hrion»'.  Y  a-t-il  là  erreur  de  date  ou  confusion? 
\i\m'  d'Aulrielie,  eu  elVet,  ne  jiul  pas  eéder  à  Daniville  eu  i()55  ce  cpii  ne 
fui  a(t|ui-^  ipiCu  ililio.  Daulre  pail,  la  Gdzctlc  de  Loict  [)récise  fornielleuieut 
que  dans  ectle  lialiilaliou,  le  i5  mai  iGÔô,  le  duc  de  Daniville  reçut  le  roi,  le 
cai'diual  Ma/ariu,  toute  la  Cour,  et  que  îles  fêles  furent  alors  doiniées  au  Piihiis- 
liriiiii,  aiii-i  que  tlijii  ou  la  dt'-si^uc.  l'jilre  de  li'lie^  atlirrnalious  i-l  lauloiilé 
d'un  doeiuueul  aussi  <at(''^'^oii(pie  (pie  l'arrêt  ro\al  de  ititio,  (pie  conclure? 
Faut-il  cioire  (pi"  \nue  (l'Autriche  avait  disposé  de  lliôlel  en  l'aveiu-  du  duc 
di'  Daiiixilli'  sans  eu  avoir  le  droit  et  sans  savoir  (pic  le  cardinal  de  IWciiclicu 
eu  a%ail  fait  la  réserve  pour  ses  héritiers!'  Kùt-ce  le  motif  (pii  dclermiiia  si 
rapidcmeiil  le  ^'ouvernemeul,  au  luomeul  delà  vente  de  l'InMel,  eu  ititio,  aux 
trois  associés  Ay  l.i'spine,  Hoilcan  cl  de  f'Iaconrl,  ;i  sidiroi^cr  le  roi  à  ceux-ci? 
D'un  autre  c(Mé,  esl-il  aduiissihle  (pie  les  créanciers  du  cardinal,  (pii  surent 
iiicn  ohli^^fcr  le  jeune  duc  de  Iliclielieu  à  vendre  cet  IkMcI,  auraicnl  accepté 
sans  proleslcr  de  le  voir-  allrihiier  par  \iiiie  (rVuliiciie  à  Daniville.'  Il  \  a 
lii  un  point  ohscur  cl  un  pelil  prohU'Uie  compli(iué  à  iH'soudre.  (Juoi  (pi'il  en 
soit,  il  esl  certain  (pie  c'esl  hieu  I'IkMcI  Kichelieu  (pi'ou  appela  le  Paldis-lirion 
il  pailir  de  i(),")5.  Les  plans  de  l'aris,  ci  la  ^laviire  de  .1.  Maint,  (pie  nous 
reproduisons,  ne  laissent  aucun  doule  à  cel  ('^'ard.  Celte  dcrniî're  esl  iiililu- 
li'-e  :  Vi-iir  du  Palais  Pichtlifii  ilit  à  /)/rsi'/i/  le  Palais  Hrion,  du  sieur  Mercier 
i-iinuiie  il  ileiHtil  esire,  estant  atlieur.  Illie  iiou-<  inonlie — -ce  (jui  esl  iiilé- 
l'essaiil  —  le  |ir(ijcl  (pi'aviiit  cou(;u  l'arehilccle  cl  ipii  ni'  lui  pas  e\(''cul(''.  Mais 
nous  restons  loujours  dans  ri;,rniuance  sur  ce  i|iii'  lui  llialiilalioii  (ju "y  dut 
auiénaf^er  le  duc  de  Daniville,  car  il  n'est  ipie  Imp  i''vl(leiil  (pie  ce  n Csl  pas 
dans  i'uuitpie  ^'aleric  de  la  hihliollhMpic  (pi'il  aurait  pu  se  lo^^er  et  d(Uiuer 
des  fêles  à  la  (lour.  I*eut-êlre.  aussi,  celle  hahilaliou  compreiiail-elle  le  hàlimeiit 
(pie,  il;nis  SOU  'j'eslamcnl.  Ui(  IhIIcii  lic^ii^nc  sous  le  nom  de  »  (  !oiicier;.''erie  )) 
ou  de  ((  Capitainerie  »,  dans  ie(piel  le  cardinal  avait  place'  les  objets  d'art 
lé;;ué»  à  sou   h('rilier.   Celle   hvpolhJ-se  me   paraît   la    plu-   plaii-ilile. 

Lilissoiis    lii,    p<iiir    l'iii-lanl,  celte   ipieslion   à    laquelle    il    nie    |iaiail    diilii  lie 

de  floinicr  1 solulion   ceilaine,  cl    arrivons  ii    l'épisode  ilnnl    le   l'alais    Hiioii 

fut  le  llh'àlrc  cl  Louis  \l\  le  hc-ros.  Il  se  Iroiive  loni  au  lon^'  laconlt'  dans 
une  csprce  de  loniaii  ipic  l'aiileur  un  r,  uiliiiqn  ii  ain  -  a  ;;ravemeiil  iiililiile  : 
Itislnire  du  Palais- l{ni/al  {Vnr'xs,  in-i-i  de  (|li  p,|M(w  ;  i(i(i:,  à  iiidyi.  .I  ipii 
rinula  durant  la  liii  du  \\\i'  sii-cle.  Tous  les  princip.inv  pei  suniiaps  de  la  (  iour 

I.   l'iiMMoi.,  lifArriiilinn  liUloriiiiir  tU  l'uri».   i-K,  p.  .lijN. 


i.E    sijoi  11    i)i:    I.  \    ui:im:    iiemviktti:    d  \M;i.ETi;nr«E  i '|3 

s  en  icpassÎTcnl  les  cxcmiiliiiics.  (|iii  turent  rc'iMipiiiiK'S  en  i(i<)'|.  l/itiitciir.  i|iii 
iTol  |);is  Uussy-i\ai)uliii.  Iiicii  (|ii"mi  ait  iV'iini  -on  (riniv  ii  Vllistoire  iuiiku- 
reusf  {/es   Gaiilrs,   «savait    lR'aii(iiii|i  de  choses,   et    sur  toutes  rlioscs  il   savait 


Pcîiil  par  Gucr 


D*V1|>     ET    AllM.WI, 
(Tableau   de   la   Gnierio   du    PaUis  -  Rcy  il) 


pjf   .\Us-Ji-l   ft;c 


(|uel(|ue  cliose:  mais,  ne  sarliaul  pas  tout.  Il  ajoiilail  par  forme  île  eouipen- 
salion'.'i  II  parle  toul  il'ahonl  de  l'amoinvlle  ilu  roi  pour  Marie  Maiicini.  la 
ui.^-,-   ,1e    Ma/ariu  : 


Sa    prrtMJèrc   ; iiclle.    ilil    il,   lui    pour    Madeiiioi-clle    Manehiiiy,   l.ude.   ^i()v>e 

l)rlite.  l'air  d  luic  caliarellière.    luai^   de    res|iiil    cim un    aui.'-e,    (pu    laisoil    ipi'ei 

rcrilc'Milanl    nu  nuhliuil    (piillr   l'Injl    laiile   el    l'on   -'\    plai^oil    v  i  il<inlier<.   Comiueelli 

aviiM'il     le    I'kin.     il    |)a--uil    ^(uneril    de    iiiiiuir^    lieure-.    el     souveul     M de    \  enel     le: 

suipicuoil   eotnnie   iU  >'a ppii'>l(iii>nt   à  ;^(iu-ler  de   -lauiN    plaisir-,    inai^   il    l'aul    dire 

I.    I.'>iiilc   iii     I.MiDiiDi..    /.('  faillis -MiKiiriix.   iiok'    l'i!.   p.    rili. 


I 'l 'l  Le     P.VLAlS-hOYAL 

lu  vérité,  que  leurs  joyes  n'ont  e»lc  qu'imparfaites.  Le  Roy  Iniimlt  espouséc  sans 
les  oppositions  du  Cardinal,  (jui  estoit  persécnté  de  la  Reyne.  (|iii  liiy  lit  proincltre 
un  jour  qu'il  souhailta  d'elle  des  marques  de  son  amour,  ([u'il  enipesclicKiil  la 
chose  :  a  Ce  que  je  m)us  demande,  luy  disoit-elle,  n'est  pas  une  si  ^nande  prcino  de 
vostre  passion  que  vous  pense/  :  car  èfin  si  le  Roy  espouse  vosire  niepce,  seurenuM  il 
la  rcpudira  et  vous  exclura  et  je  vous  jure  que  celle  chose  m'in(juiestera  d■a^anlalic 
que  le  mariage.  »  Notre  prince  pleura,  cria,  se  jeta  à  ses  pieds  et  l'appela  son  papa; 
mais  enfin  il  «  csloit  destiné  que  les  deux  amanls  se  sépareroicnl.  Le  Roy  faillit  à 
mourir  de  chagrin  de  celle  séparation.  « 

Puis  le  récit  contimio  par  rintrigiio  du  roi  avec  M"'  de  La  N  allièro.  montre 
If  jeune  nionaniue  en  cocincltcric  avec  sa  cousine,  Madamo.  (jui  s'amusait 
à  jouer  a\e(;  lui  le  jeu  (lanj,'ereu\  de  l'amour,  et  s'aperçut  que  Louis  \n  ne 
venait  auprès  d'elle,  où  il  ne  restait  que  quehjues  instants,  (jue  pour  avoir 
roccasion  de  renconlrer  dans  raniiehambie  sa  demoiselle  d'honneur.  Son 
dépit  et  sa  colère  éclatèrent.  Elle  mit  avec  hauteur  son  cousin  dans  l'ohli- 
;.'atiou  de  choisir.  Ce  l'ut  vite  fait.  Le  roi,  très  amoureux  de  La  ^allière.  lit 
qiiilltt  à  celle-ci  le  service  de  Madame  et  l'installa  à  deu\  pas  de  sa  ri\ale, 
tout  près  du  Louvre  aussi,  c'esl-à-dire  au  Palais-lîrion,  <<  (piil  alla  lui-nièiiie 
voir  meubler  des  plus  riches  meubles  (jui  soient  en  France.  »  Il  \  \iiil  Miuxcnf, 
fil  dresser  un  liillard  au  rez-de-cluuissée,  car  déjii  il  praiiiiuait  ce  jeu.  (l'est 
là  (pie  La  \allière  mil  au  monde  deux  eid'anls,  iii  i(iii.!  cl  iii  i(i(ir),  (|iii  ne 
vi'cm-eni  pas  el  précédèrent  les  deu\  autres  (prcllc  cul  du  mi  ri  i|ul  liiiriil 
li'-;(ilimés  (M"-  de  Blois  et  le  comlc  de  \  ermandois).  Le  n'cit  de  ces  accou- 
chements clandestins  nous  a  été  laissé  par  le  grand  Colberl  lui-même,  (|ui  l'ut 
en  celte  circonstance  le  conlidcnt  de  Louis  \l\  et  (jui.  «pour  se  ralTermir  au 
pouvoir,  oîi  il  s'é'tonnait  sans  doute  encore  lui-même  d'être»  arrivé».  ac<'epla 
;ivec  empressement  «  de  servir,  de  favoriser  ses  amoius»'.  Le  -jraiid  minisire 
a  il  ailleurs  consigné  de  sa  propre  main  ces  évériemeids  dans  un  manuscrit 
intitule  :  Jittinnil  Jait  /xir  iIkkjuc  siiiiiiinc  ilc  ce  f/iii  s'est  /)(/ss<'  t/iii  jx-ut 
servir  à  lliistiùrr  ilii  n>i.  du  / '/  curil  IfifiH  (tu  7  /luivirr  ICCr," .  Louis  \l\, 
en  guei-re  a>ec  le  dui'  de  Lorraine,  avait  dû  partir  |ii  (■•(■i|)ilannuenl  pour 
Marsal  le  •>.">  août  i(i(i.'{.  laissant  sa  ni.nlic-^-c  dans  l'i-tal  de  grossesse  ipii 
ne  lais.s.iil  p.is  de  l'inipiiéler.  M"  Colbeil.  (pichpi.'  peu  compatriote  de  La 
Nnllière.  el  qui  était  ..  cxperle  .11  nourriture  d'enfaiils  »  ■'  en  a\.ud  élevé  pas 
moins  de  M-pl  poni-  son  propre  ccMnpIe.  so  chargea  de  Idiiinir  l.s  (,,iiv,iUdo 
xon  .xpérienc.-.  On  chercha  mik-  fille  ..  |iom'  seixlr  il-  Icninie  de  chandire  eu 
qui    Mn   pi'il   se  conlier  »,  el  nn  prit   une  demoi-eil.'  Dm    l'le-H<.   Pour  la  garde 

I.  (:i.iur>r.  I.\ilmmii,lriiliim  dr  Culhi-rl. 

».   I.r  nVIl  iJr  I  iolU-i  l  a  l'Io  |iiililii'- ilnii»  In  llfilir  rrlrogiirrlirr,  I.  I\.  p.      'h    .1  -i,,\ . 

.1.  I.wii.  I.iiiiêf  lie  l.a  lallirrf  et   In  jttmrtsr  de  Luuis  A/1,  p.  i:'a. 


I.K      SKJOl'U      l)i:      I,  A      l\KIM-:      HI'.MtlKTrH     I)    V  N  C  M;  1' K  U  U  IC 


I  '\.> 


«If  ronr.iiil,  (".uIIrmI  li\a  son  clioi\  sur  un  de  ses  anciens  \ak'ls  <le  clianihre, 
lo  iiiinnMt'  Meauchanip  cl  sa  rcnniio.  «' auxtincls,  dit-il,  j"ai  ili-claiv  pdur  sccicl 
(|ii"uii  (le  mes  IVtTi'S  a\anl  l'ail  un  ciilanl  :i  iiiic  lillc  i\r  (pialili',  |Hiiir  saiivrr 
son  liontR'nr.  jt-tuis  olili;:!'  de  jiicndrc  soin  de  1  fnl'ard  et  de  leur  en  conlier 
la  nom  lituic.  (  c  qu'ils  ont  accepté  a\ec  joie.  »  (le  lui   Boucher,  raccoucheur 


^         ■>>    -    V--,-.,.,     V-.*-       ■ 

jflllli 

^^SHHI 

^^E  Jk  m  m  iM  >ML  ^ 

è  jfei^^J.,^y^ 

tUÉ^ft^3Hl 

■     ■  '^^l^^^^ii 

■.•                                                                                                                               /JUt^fiar  ■ 

PVBTIE    DE    L'HOTEL    DE    RICHELIEU    DÉSIGNÉ    SOIS    I.E    NOM    DE    "  PALAIS -niliON'  » 

Comme  it  devait  £tre  apris  son  achivemciii  sur  l.i  rue  Richelieu 
(D'apris  une  gravure  de  Marot) 


de  la  Cour,  (|ui  lit  Ic^pcTalion.  Le  j.Tave  conseiller  (rOiinesson  a  parU'  dans 
ses  Mcmoi/cs  des  précautions  tout  \\  l'ait  rcmarqnahles  piises  pour  cpie  le 
ni('decin  ne  sut  pas  où  on  le  conduisait.  On  vint  le  clierclier  dans  ini  carrosse 
au  milieu  de  la  nuit,  un  lui  liauda  les  mmi.v.  et  on  l'introduisit  dans  une 
cliatniire  ofi,  apiès  (juil  cul  (''lé'  di''uias(ju(',  il  \it  inie  douzaine  de  personnes 
autour  du  lit  de  la  jeune  t'enuue  (piil  axait  à  d(''li\rer.  ('.'('tait  le  ri)  décembre. 
1.  l'iir.Hil  .l.ill  un  f.;,'U'(on.  Koiichcr  appuila  lui-nièiue  Icidaiit  dit  travers  le 
jaidiu  du  l'aiais-Koval,  dit  (iolhert,  et  le  remit  j)ar  mon  ordre  entre  les  mains 
diidil  lîeau(liani[)  et  s.i  l'enune  ipii  matlendaient  au  carrefour  vis-;i-vis  lliiMel 
Hduilji  III  ,.  I .  |,c  uiéuii'  jiiiir.  le  m  iiiveau- ni'  é'Iail  pcirti'  à  Saint-l.eu  et  baptisé' 
sous  le  nom  de  (iliai'les,  n  lils  de  monsieur  de  l.iucour  l'I  de  danioiselle 
Klisabelh  du  Meux.» 

I.c  diriiici  ai  (uiirliinicnl  de  M'    de  La  ^  allière  s'accomplit  dans  le-  mêmes 
CMudilii'ii-   au    i'alais- lliimi    le   -    janxier    itid."),   à    midi. 

I.   C.'l  liok'l  M'  linin;iil..  i'.'ikIiuII  u>i  rvl   ,nii.>uiininl  r.'iiliv,'  (!<'   lu  nii'  <Il-  I.i   H;iiic|iii>. 

T.    i.     Li:    l'ALAIS-HUlAL.  I9 


I  ',G  LE     PALAIS-ROTAL 

Le  soir,  à  neuf  heures.  CoIIkmI  atlendnil  {|uoii  lui  niiiil  ICiil.uil.  (|ui  ;Mri\a 
aux  bras  (liiii  xalel  île  tlianihie.  passa  de  là  eiilie  ceux  de  ('.olluil  d  |).Mlé 
à  un  sieur  lîeriiard.  mari  d'une  deuKiiselle  Du  Coudray,  aueien  serviteur  du 
ministre.  Le  lendemain,  l'eidanl.  ([ui  élait  eiuorc  un  parçon,  était  porté  sur 
les  fouis  l)ai)lisniau\.  en  l'éj.'''-''  ^^i'"'  l>Mslaehe.  et  l'aele  de  liaptènie  était  dressé 
en  ees  termes  : 

(  Du  S  jainier  ititi.").  jeudi,  fut  liajitisé  l'Iiilippr.  til-  de  l'iancuis  Dcissv 
le  l)ourt.'eois  et  île  Marie  Bernard  sa  fcnnne.  demeurant  rue  Moidorj^ueil.  Le 
parrain  (Uaude  Tessier.   pauNre:    la    mari  aine  Maiguerile   liicl.   tille   de  Louis    Miel, 

bourucois.  „.     ,    r     n 

"  >^  Sitjne  :  L.  Bif.t.  » 

Les  lieux  premiers  enl'atds  ipi'ait  eus  Louis  \i\.  l'Iiilippc  cl  (liiarlcs,  son 
aîné,  ne  vi-eureul  pas  plus  d'im  an'.  Le  second  mmirul  piv-,|ni'  ^idiitciurnl 
de  la  fraveur  (pi"il  icsseiilil  dim  coup  ih'  loiiiicii'c.  dll  Madcun  liscllc.  dans 
ses  Mi/noiifs.  I.KpiclIc  ajuulc  nialicicu>cniciit  ipic  u  cette  peur  ne  convenoil 
pas   au    lils  d  iiii    rni  ». 

Tandis  (pie  ces  événomenls  se  passaient  an  Palais-Brion,  dans  le  liàtiiniMd 
aniénafri'-  par  le  duc  <le  Danivilli'  pour  son  loi^cnicnl  lanciciinc  <i  (lapilaiiierie  » 
du  l*alais-Uo\al  ou  paxillun  construil  |)af  lui.  jnii  ini|Hirlc).  la  galerie 
élevée  du  Icinps  de  Iliclielien  recevait  une  destination  plus  iduionnc  au  carac- 
tère de  son  l'ondatoui'.  Cl'esl  là  fpi"an  mois  de  septembre  i(i(li  lui  transférée 
l'Académie  des  Beaux-Arts,  fondi'-e  depuis  le  3o  janvier  ili'iS.  avec  les  tableaux, 
plillrcs,  etc.,  (pii  servaieid  de  modèles  pour  l'enseignement  des  professeurs'. 
Félibien  y  eut  un  appartemeid,  et  le  brevet  cpii  le  nomma  «  garde- magasin 
(les  Antiipies  »  indiipie  ipie  les  plâtres  venaient  dètic  tiaiisférés  «dans  lune 
des  galleries  du  l'alais-Uoyal  rpie  possédait  le  sieur  \i\ol  ',  dernier  possesseur 
(l'icelle...  »  \n  milieu  de  la  coin-  du  Palais-Biion.  on  plaça  une  si.iinc  ('(pirstre 
en  bron/e  de  remperi-in-  Marc  \urMe;  clic  y  Tcs|;i  jusqu'au  m  .inùl  i()()>'.  \ 
celle  dati'  r.Acadi'nne  fut  iiistallt'c  au  \ieu\  Louxre.  où  elle  resta  jiis(pi";i  la  lin 
(In  Wlil'  siècle'',  (l'est  diuis  cette  citiir  cpiCut  lieu,  en  idy.'i,  une  des  picniicrcs 
expositions  piddiipies  de  tableaux  (|ui  aient  eti-  faili-s  en  l'iance.  (  >n  \  \il 
tiolauuneid  le  'l'rimn/ihf  (/'A/r.rancirc.  la  lidldillc  tiAilu'Uc,  deiib.  Lebrun: 
les  Vi-lcrins  d'Iùniiiiiiis,  di?  Pli.  de  Cliampaigne:  Dcilnlc  et  Irtire.  de  Boulogne; 

I.  ToiK  re^  ilrldils  Miiil  ■■iiipriiiiti'-'i  il  l'i-vrcllonlc  «'•liiili-  piitiliro  p:ir  le  W  Caliniii-s  dans  son 
riirlcil\  (Utbinrt  lecrrl  dr  lllitlnirr  ly  mtU',  iî<rj7,  in-iS). 

1.    \rrliivfi  df  V  \rt  fniiirni»,  I.   I".   p.   l'i. 

3.  O  Vlïol.  lin  (lr<  •  u<'nlil^lioniiiii-H  oriliiiiiiri's  ili'  .Sn  Maji-slé",  aviiil  eu  la  cliarp'  de  K-irdr  du 
ninun«iii  ili'«  aiilli|iii>?i,  inniil  Andri'  IV-liliii-ii.  Il  l'iirciipu  du  i^i  M-pli-inlin-  1(1711  nu  10  mars  ili;.') 
(rf.  \nlilw<i  uni,,  K.  91N1)  ri  Z.  i.t'ii).  \iiilir  I-Vliliien,  qui  lui  Murrda.  la  rrinplil  dr  i('>7.t  à  i('»i'i.  tlale 
cm  ■■lli<  |M«n  il  fu>ii  lll«,  Ji-aii  rraii<,'c>i^  l''rllliii-n. 

\.   t:>,mi,Ui  lift   llilliiiiniln  ilii   roi,    li>  lioùl    i(ii|i.    Noie   il.-  la   s<.ii •   duc  à    Iriilu  pi  ciicur    Jean 

llrnnlit,  rliarui';  (J'riilrvcr  Ir  (-Iif\nl  dr  liroiizc. 

5    Vim.  l.'.Wadrmif  rnyalr  dr  /leinlurr  et  de  tmlfdurc.  l'ari.s   if<8o. 


LE     SKJOl   11      DE      l.\     niCINE     IlKMtlKTri:      l>  A  Mi  I.  ET  E  UU  E 


i'i7 


le  liu^lc  (11'  l,.iiii('ii:ri(iii.  |i;ii-  (  liiaidoii.  rli'.  I.is  (al)leau\  étaioiil  e\|)u.sOs  i-ii 
plein  air.  «1  Wni  |i.iil  mriiir  \><\v  (l.mv  m,  |,|;ni  cavalier  tlii  l*alais-Huyal  de 
l'iyi)  (il  t-.|  il  \.[  (  ilialcograpiiii-  du  i.iiiivic,  ii'  -t'A  ■>.■>.).  ('claiici  par  le  plan 
inamisoril  liié  ilii  Caliiticl  des  i;slaiii|Ks  de  la  Hililiullir(|iit'  iialiorialc  (iiuiis 
les  reproduisons  Imis  dcn\  dans  ce  li\re).  nn  j^iand  niiii'  sans  l'enèlre  de  la 
Cdur  (\\\  l'alais  lîriiiii.  ..  (pii  l'Iail  nierxeilK  ns.'nienl  picpre  îi  recesoir  des 
lal)leau\  cl  un  les  l)alailles  de  Lebiini  uni  dn  s'élaier  (du!  à  leur  aise'.  »  Ti'ois 
Expositions  semblables  avaieid  d('jà  l'It'  oij^anist'es  en  idliy,  iG(i()  cl  lOyi,  dans 
ce  Miènie  local,  ainsi  (pie  le  ((ni-laleiil  les  Proccs-vcrlxniA-  de  l'Acadcmie. 
V.w  i<M)!,  le  Palais-liiion  lui  denidii  |i((ni-  l'aiie  place,  comme  on  le  verra  plus 
loin.  ;i  la  ^'alerie  en  retour  sur  la  rue  Kiclieiieu  (pii  lui  construite  à  celle 
('■piKpie  par   les   ordres  de   Monsieui',    l'ivre  de   Loiii--    \l\. 

1.    Viiiilolf  uiL  MoMAïui.cjN,  l'rijarc   de  l;i  n''iiuprt'b>i()ii  du  IJrrcl  de  l'Exposilitm  de  1673.    Paris, 
iJSJj.  iii-iïi. 


i.i;  iiiKHi';  DK  i.oi  is  \iv 
(1660- 1701) 


Philippe  lie  Franco,  duc  il'<)rli'an>,  fnrp  ilr  Louis  \IV,  aprcs  son  inariajre  avec  Ilcnriclle  d'Anfrlcterrc.  en  16C0, 
esl  untorisé  à  liabiler  le  Palais- Itoyal.  —  l'orlrail  île  ce  prince:  ses  roùIs  ilaliens.  Sa  froideur  pour  sa 
femme.  l,e  problème  historique  de  la  morl  de  Madame,  —  Réparations  fa i les  ait  Palais-Royal  de  lOCn  à  liioa. 
l.e  mobilier  de  Madame  et  son  Inventaire  après  décès.  —  La  seconde  femme  de  Monsieur.  —  La  vie  au  palais; 
les  serviteurs,  les  dépenses  de  la  table,  le  prix  des  \ivres  à  cette  époque.—  Louis  XIV  doime  à  sou  frère 
le  Palais-Royal  en  169-1.  —  .\u;.'nienlation  et  embellissinient  du  palais  par  Ilardouin  Mansart.  —  Magniticence 
de  l'habitation.  Le  luxe  de  .Mwisieiir.  Son  Inventaire  retrouvé.  Ses  tapisseries  et  ses  parures;  sa  vaisselle, 
ses  table  luv. 


J^0^.f^y 


I,c  jciiiic  (lue  ilAnjou  —  qu'on  appelait 
<•  Miiiisiiiii  11  à  la  Cour,  et  qui,  de  par  les 
règlements  de  l'éticpielte,  avait  le  droit  de 
se  «lire  «  fils  de  France,  frère  iniicpie  du 
Uoi  «  — -  allait  avoir  vingt  et  un  ans  (piaiid 
Ldiiis  \l\  le  maria  à  la  fille  d'Henriette 
(!' \iii;ielerre,  qui,  elle,  en  avait  seize,  et 
lui  appelée  «Madame».  Pour  denieine.  on 
alliilxia  au  jeune  coiqile  le  Palais- Koyal'. 
(iVlail  un  prince  fort  séduisant,  le  visage 
iiii  peu  11  Min.  (les  yeux  1res  grands,  des 
clieveii\  iiniis  (■(iiiiiiie  du  ,jais,  I  air  \  if. 
mais  trop  joli,  trop  niignard,  el  ipti  a\ait 
plutôt  les  manières  diiiie  leiniiie  tpie  (rtiii 
Vignette  anonyme  (Chaicognphic  du  Louvre)  homnic.    Oïl    a    laissé   ciilendie   que   peut- 

être  du  sang  italien  s'était  glissé  dans  ses  veines  (|)ar  Ma/ariii).  En  tout  cas 
il  iiiiiiilrall  Mil  ;:()i'il  singulier  pour  les  iiinMirs  ilaliennes,  s'Iialiillait  soiiveiil 
fil   lille,    se   CDUViait    de    hijoux-,    el,    sous   le   rappml    de    la    \iiili((',    resseinhlail 

I.  l.e  mMri,it:e  fui  (■«'•lél.ié  le  .il  mais  ilîlii,  .l.iiis  la  cliapelle  ilii  l'alai.s-Uoyal,  ilcvaiil  Louis  \l\ 
cl  Marie- rii.'ié»!-;  les  (■•|i<>ii\  fiiii-iil  bi'iiis  par  l'évèinic  Daniel  «le  Ciisiiac.  Cf.  .1  M.  :  Dirlionnaire  tTi'/it/iK-, 
|iriMiiiéif  i!>iJilii>ii.    |i.  yali. 


,5o  I-E     PALAIS-ROY  AI. 

aussi  pou  que  possible  à  son  irère,  car  il  l'iivail  les  amours  i'éininiiies  et 
passait  pour  n'être  porté  qu'à  des  tendresses  contre  nature,  comme  Henri  II. 
Le  scandale  de  son  amitié  avec  le  chevalier  de  Lorraine,  installé  et  iliové  au 
Palais- Hoyal,  logé  à  Saint-tlloud,  ne  donne  que  trop  créance  à  cette  accusa- 
lion.  «  Le  miracle  d'enllaminer  le  cunir  de  ce  prince.  »  a  dit  M""  de  La  Fayette, 
an'éloit  réservé  à  aucune  lemine  ilu  monde'.  »  (hi.iul  ;i  Mndaïue.  nature  line, 
nerveuse,  un  peu  inélancoliipie,  très  iiitelligenle.  cllf  iii'l.iil  point  belle  dans 
toute  l'acception  du  m<il.  mais  elle  avait  un  charme  cvtiaordiiiaire.  Llle  était 
assez  grande,   un  peu  maij:re  : 

Klle  avoil  le  teiiil  tort  déliiiil  et  lilaiie;  il  étoit  mêlé  il'mi  incarnai  naturel,  com 
paruble  à  la  rose  el  au  jiismin.  Ses  yeux  êloienl  i)elits.  mais  doux  cl  liriliaiits;  son 
nez  néloil  pas  laid;  sa  bourlic  êloil  vermeille,  et  ses  dents  a\oieiil  toute  la  lilaii 
elieur  el  la  finesse  (ju'oii  pou\oil  leur  souiiailer;  mais  son  \  isajre.  Irop  Uuxy:  el  Uop 
maigre,  semhloil  menacer  sa  lieaiili'  il  ime  protiiple  lin.  V.Uv  s'Iiahilloil  el  se  coill'oil 
«l'un  air  (|ui  comeiioil  ;i  limle  sa  persunne;  el  eomiiie  il  y  a\oil  en  elle  de  ipioi  se 
faire  aimer,  un  pou\oil  iiciire  (prelle  y  devait  ais('iiiiiil  n'ii-sii'.  el  (piClle  ne  seioil 
point  ràeliée  de  plaire.  Klle  naMiil  pu  êlie  reine,  el  pour  réparer  ee  ehayrin,  elle 
Miuluit  ré^'uer  dans  les  ea'ur.s  el  linu\er  de  la  gloire  dans  le  monde  par  ses 
eliai-mes  el  par  la  beanlé  de  son  espril.  On  vovoil  déjà  en  elle  lieiinicnip  de  lumière 
el  de  raisKH,  el,  an  lra\ers  de  sa  jeunesse,  il  ('loil  aisé  de  .jui^ei-  cpie.  lurxpielle  se 
veiinil  -m-  je  llié.'die  de  la  Cour  de  l'ranee.  l'Ik'  y  leroil  mi  des  principaux  rôles*. 

l'.n  elVel.    Madame  exena   bienliM   autour  (rtric   une   iiillueuce  très    grande; 

recheiihée  par  le  roi  ipii  parut   avoir   p(jur  sa  belle-so-ur  une  alTc^ction  (pi'on 

disait   pi'esipie    tiop  lendre,    admirée    poui"   son  esprit,    aimée    [lour    sa    bonne 

grtkce.  «  Mlle  a  nu    eerlain  .lii'   lan^Miissanl.  »  disait    un   ('onlem|inraiii  :    «  (juand 

elle    p.iile    il     ipiehpi'un,    connue    elle    est     tout    aimaldi-,     on    diroil    (pielie 

ilemande   le    (iiMir.    (|uelqne    indillérenle    chose    ipi'elle    puisse    dire."    Chose 

étrange,    son   m.iri.    qui   ne    l'aimail    pas.    i|ui    la    Irait.iit   iliiiiinenl    et    pn'l'eiail 

ù  sa  société  celle  du  che\alier  de  Lorraine.  Iiiuoigiiait  la  plus  vive  in(|uieludi' 

de   ses    co(pielt<'ries   et    lui    imposait    une    vérilable    txramiie   d'époux   Jaloux. 

(hiaiid   |iaiiil    le   r an    llistnirr    ilii    l'alnis- Kni/dl .    don!    Il   e-.|   (jucsiion   |ilus 

haut    et    oii    elle    est    monlii'e    avec    des    allures    .issez     libres,     elle    lui    epou- 

xantée.    LUe    dit    ;i    (iosnai'.    juemier    .lunn'inier    de    Monsieur,    el    (pii    a    parlé' 

d'elle  dans  ses   Mititniiis   a\ec    une    admiralion    allemlrie  :  <<  \'(i\ez,    toutes   ces 

fausses  horreurs   ipie  Monsieur  ne    croiia  que   trop  '.  »    Toutefois,  sa    conduite 

n'a  pas  doinié-  pi  ise  ii  des  crilicpies  sérieuses.   La   seconde  femme  de  Monsieur. 

cell.'  ipii  lui   sine.d.i.  i;iis;d)elh    (  .iiarlot  le  (le    |!a\ière.  a   écrit   elle-même:  »  .l'ai 

I     M—  I»    \.\   l»<i,rr(,   lli*l;irf  île  Mnilniiir  lliiinrllr  ,1  [iiijhlirre.  inimun-  fi-mme  </-•   PliiHi>l'( 
Je  t'riiiii-f,  tlue  il'iirIfiiÊit,   1710,  In- 11. 
1    M""  i>r.  Mi>rn  «ii.i.K.    Mèinnirri. 
3    Mfiiwircê  <lc  iMiiii-l  ni:  (;us.<<.«i:,  iirtlirM^j \'\i\.   l'aris,    iS.'»;,   t.  I". 


i.F.    ruKJir.    i)F.    i.nris    \iv  if>i 

toujours  ék-  poilro  h  la  croirL'  jilus  iiiallu'urcusc  {[uc  coupable.  »  Au  surplus, 
après  sa  mort  trajjrique.  ou  itiyo,  au  bout  do  neuf  ans  (h-  mariage,  la  fij^urc 
de  celle  cliarmanlo  femme  sembla  grandie  cl  sa  mcnioirc  comme  prolégéc 
par  Icloqucnle  voix  de  lîossuef,  dont  radmirabio  oraison  l'unèbrc  est  restée 
pour  elle  une  auréole  :  «Madame  se  meurt.  Madame  est  morte!...  Madame 
a  passé  du  matin  au  soir,  ainsi  que  l'herbe  des  champs.  Le  malin,  elle 
fleurissoit,  avec  ([uelles  grâces,  vous  le  s.ivez  ;  le  soir  nous  la  vhiies  séchce...» 
On  soupçonna  son  mari  de  l'avoir  fait  empoisonner,  et  celte  opinion  a  fort 
longtemps  prévalu.  Louis  XIV  lui-même,  dans  les  premiers  moments  du  moins, 
partagea  ces  soupçons.  Le  marquis  d'EIliat,  attaché  à  la  maison  de  Monsieur, 
était  désigné  comme  celui  qui  avait  fait  le  coup,  lui  ou  le  chev.ilier  de  Lorraine. 
\  Londres,  ({uand  la  nouvelle  y  parvint,  ce  fut  une  stupeur.  La  foule  se 
répandit  dans  les  rues  en  criant  :  «  A  bas  les  Français!  »  L'ambassade  de 
France  dut  être  protégée.  Tous  les  mémorialistes  du  xvui'  siècle  ont  parlé  de 
cette  accusation".  On  sait  aujourd'hui  que  Madame  est  morte  d'une  périloiiite 
suraiguë'  résultant  d'un  ulcère  de  l'estomac. 

L'installation  do  Monsieur  au  Palais-Royal  n(>  fut  pas  précisément  chose 
facile,  car  les  appartements  étaient  dans  un  étal  pitoyable  après  dix  années 
d'une  incroyable  incurie.  Il  fallut  procéder  à  un  nettoyage  général,  reprendre 
de  fond  en  comble  chaque  partie  du  palais,  refaire  des  fragments  de  la  toiture 
qui,  en  certains  endroits,  laissait  fdlrer  l'eau,  ce  qui  avait  fait  pourrir  les 
planchers,  procéder  enfin  à  une  nouvelle  distribution  des  appartements,  car 
il  s'agissait  de  pouvoir  loger  non  seulement  la  domesticité  cxtraordinairemenl 
nondjreuse  du  frère  du  roi,  mais  encore  les  seigneurs,  les  duchesses  et 
marquises,  les  dames  d'honneur,  qui  comi)Osaient  sa  maison.  La  Cour  de 
France  prenait  alors  des  allures  fastueuses  coumie  on  n'en  avait  jamais  vu. 
11  fallait  faire  figure.  Dans  sa  Correspondance,  la  princesse  palatine  parle 
de  l'état  dans  leijuel  était  le  monument  lorsfjue  le  frère  de  Louis  \1V  en  prit 
possession,  et  ce  (|u'elle  en  dit  n'est  pas  fiatteur  : 

AmiiiI  que  Miiiisii'ur  cùl  l'iiil  arranger  le  Palais  Hiiy;il.  siirloiil  le  ;.fiMii(l  iippar 
lenienl,  ce  lieu  étoil.  à  mon  ;i\is.  lioriihie.  Ccpciiiliinl  im  j'avt)!!  admiré  du  temps 
de  la  reine -mère. 

1.  Sainl-Siinon,  d'\rgcnson.  l'abbé  de  Choisy,  D.  de  Cosnac,  Voltaire  et  bien  d'autres  ont  discuté  les 
causes  de  cette  mort.  Voir  aussi  les  Mémoires  de  M"'  de  Monipensier  et  Vllisloire  de  Mttilame  llenrielle 
<l'.\nijMerre.  par  ta  comtesse  do  La  Fayette,  latiuclle  était  allacliéc  à  la  suite  de  Madame.  Ce  dernier 
ouvrage  a  été  réimprimé  en  18S2  (Paris.  Charavavi.  avec  une  exciuise  préface  de  M.  Anatole  l-'rance. 

2.  Il  n'y  a  plus  de  doutes  à  re  sujet  depuis  les  savants  lra\au\  publiés  par  Littré  et  surtout 
par  M.  Irantï  l'unck-lirentano.  {'.0  dernier,  dans  son  volume//'  Drame  des  pDisoiis.  1893,  iniS. 
p.  25i-jSo,  établit  le  fait  d'une  fai,-on  absolument  péreniptoire,  avec  la  collaboration  et  l'autorité 
du  D'  Brouardel.  Depuis  ces  dernières  années,  ce  problème  hislori(iue  avait  préoccupé  do  nombreux 
et  savants  historiens,  tels  que  Monmerqué,  VValckenaer,  V.  Clément.  P.  Lacroix,  Loiseleur.  (îbcruel. 
le  D'  Cabanes,  de  Uoilisle.  A.  l'raiici'.  etc. 


làj  I.E      l>AI.AlS-KO\AL 

Pour  nous  laiiv  um-  iilée  des  iéj)aiations  qui  furent  faites  en  i()fii  et  les 
années  suivantes  au  palais,  nous  n'avons  que  les  Coniptrs  des  Biititiwnts  du 
Hi)i,  publiés  par  M.  (iiiillVe>;  mais  ces  doeunients  ((nilienneut  si  p(<u  (Tarticles 
concernant  ce  monument  (piil  semble  fout  à  fait  impossible  (pie  Monsieur 
se  soit  borné  au\  travaux  tpii  v  sont  mentionnés.  C'est  parce  que  le  Palais- 
lloval  rentrait  dans  la  catégorie  des  Bàtimenls  du  Hoi  (il  y  fut  maintenu 
jusipi'en  iGf)!î)  ipie  les  dépenses  faites  juscpià  celle  (lal(>  y  li^Miicnt.  Mais 
n"e>l-il  pas  permis  de  su[)|)i)ser  i[ue  Mousicur,  de  son  <(M(''.  p;i\a  sur  ses 
revenus  personnels  certains  des  ouvrages  ipi'il  lu!  plul  (In  eiilrcpiciulic!'  On 
s'e\pli<pierait  alors  la  modicité  du  budget  absorlx-  <lc  ililii  à  i('m)'.>  |);ii'  le 
l'alais-KoNal  sui-  les  Comptes  des  liàlinients.  D'autre  pail.  Il  laiil  :imiuim  (pic, 
les  registres  de  la  Tré-soi-ei-ie  de  Monsieur  ne  nous  ('laul  puiiit  paiviMiiis.  il  est 
matériellement  inq)ossible  d"a|)puyer  d'aucun(>  preu\(>  ((Ile  (  (nijcclurc  Dans 
les  nond)ivuses  liasses  île  papiers  concernant  la  raiiiille  (!"(  )il('Mris  (pii  se 
troiiNenl  auv  Arcbivcs  naliouali's  et  d'oii  jai  pu  cvlraiic  laiil  de  ddails  inédits, 
il  \\'\  a  lien  sui- celte  épocpie.  Ce  n'est  tpic  (lan<  le-  ('Indes  de  (|iicl(pii's  unlaircs 
parisiens,  dépositaii'cs  des  actes  concernani  ((Ile  illiisirc  t'ainillc.  cl  ({iii  m  (ml 
('•ti'  libi'ralcniciil  ouxerles,  (pic  j  ai  pu  d(''C((iiviir  cerlaiiis  des  reii^cii:  iiciiicnls 
dont  je  MIC  >iiis  aidi-  pour  celle  p('Tiii(lc.  li"///iv'///(^///v'  apivs  (U'cJ's  de  Monsieur, 
si  iinpiii'Iaiil  il  Ions  l'-gaids,  don!  il  sera  l'ail  pins  Idin  d  assez  larges  cxliails, 
\icîll    Ar    l.'l. 

Ceci  dil,  c( moulions  d'abord  les  Ciunples  des  lifilimrnts  du  /{ni.  Nous 
n'y  voyons  pmlt'es,  pour  les  aini('es  i  IlOo- iGti::!  —  (pii  Iniciil  celles  pouilanl 
f)ïi  les  lia\aii\  diirciil  l'tre  |iai  I  icidièicincnl  inqx  nlaiiis,  |>nis(pie  c"esl  le 
nKinienI  de  rinslallatiini  de  Mun^ienc.  apiv^  son  niarla:j('  (pie  (jnchpies 
sommes  insigniliantes.  l'.iicorc  ne  riircnl -elles  [laNiv-^  (|iie  pln^ienis  années 
apivs.    en    l(i(i(i,    \(\('>-.    HiliS,  etc..    dates  oii   elles   Solil    ineiil  idiiin'CS  ■ . 

\ititrr  Uil'tl  :  \  l)<iri)ay  '.  iiinronnerie.  ySi  livres.  —  \  ,l(an  bdinceini,  rliurfirn- 
Irrir.  •j,o'|i  livres,  —  \  ()|i\icr  l'oiissiii,  serrurerie.  y'iN  Mnics.  -  \  Sci;:iieiiN\ , 
srrriirrrir.    \-\   IImcs. 

Xnui'f  ti'iHU  :  \  l'iaiiç.  Dmiiax.  miirniiiirrie.  i.doo  ii\|■(•^.  \  l,('-diiai(l  .Viibi), 
pdiii    son   paiciiieiil  (!«•  ses  nMMa;jc-.  t\f  \ti\\r.   pciidanl    l'aiUM'c    iCiCi.'i,    i.-'S.")   livres. 

\  Nicolas  MiiiilicDiirl.  jardinier,  pniir  Joiiiik'cn  d'diiN  i  icr^  pinn  la  i('' para  lion 
de  ralli'c  du  pniiituni  (lu  ;;iaiid  niiKicaii  du  jardin  du  i'alai>  Cardinal  sir  . 
ifi'i    livres^, 

I     «liirm»:».  i:»mi>li-»  .//•«  luilimfnh  itn  tloi.  I.  I",  /msjtim. 

1  llii|i|iriK'liiv  ce  iiiiiii  lie  relui  ilr  ilCJilmv,  liiK  liilii  te  bien  coiiiiii  doiil  «ii  \i)il  la  siiîiialuio 
«iir  un  |ilnii  ilu  l'nlnl^-ltuviil  iliili-  de  il5i,j  cl  i|uc  ikmh  rcpioiluisoiiN.  \o\cz  pour  In  j{i'uriili)Kic  «U'" 
il'OrlM).  niaroiK  cl  un  lillc.  I.-^  ihi   ml,  liiiliclc  ilc  Jnl  /  Diilioiiimirr  rriliiiurj,  ipii  i>l   lii-s  idinplcl. 

.1.  1>  ilcriiliT  niiuplc  ii'c^l  |ui«  cxirnil  ili'»  (;.>iii/)/cx  (/<•«  llillinifiils  ilii  Uni,  piililio  pur  .M.  tii  unii:ï, 
malt  (riiii  rcK^lrc  ludiiuvrlt  ilc«  Vi(lii\c»  nallounlri.  itunpiciianl  le  Sk/./Wi'hi.vi/  ilrs  ilrin-iisfs  îles 
UiilimmU,  i)'\,  iiiM. 


KinCUE      DE      LOUIS     XIV 


i53 


Année  ItlH'i  :  A  C.hai'los  BreiiN,  pour  ()iiviaf,a's  de  mnrnniwrie,  .'î.lino  livi'cs. —  A 
Pierre  Dionis,  pour  ses  ouvraf.'os  de  meniiisrrir.  o.ioo  livres. —  \  i'icnr  llcnnier, 
pour  menuiserie,  35  livres. —  \  Coipel.  fifinlrr.  iimir  ses  ((ii\iaj:cs  du  peirituie  et 
doiure.  i3,2oo  livres.  —  .\ 
Coipel.  pour  payement  de 
ses  i>uvrafres  de  |>eiiilure 
dans  la  cliaiidirc  de  Mndc- 
nunseUf,  au  Palais  UoNal. 
600  livres.  —  V  l'aM|iiicr. 
marbrier,  pour  pai'l'ail  pa\e- 
nienl,  200  livr. —  V  Claude 
Goy.  ])iinr  a\iiir  ihiri'  ht 
hnltislnnlf  du  l'alai>  l\n\al, 
100  livies. —  A  Jean  Macé'. 
pour  son  paye  m  (Mil  des 
ouvrages  t'I  r(']iaralinii>  i\f 
bois  de  raporl  par  lu\  faicls 
en  la  {.nande  fralleric  du 
Palais-lloyal.  4X8  livres. 

Année  KHI.')  :  A  Cli.  d(^ 
Bressy.  maçon,  à  coiiipU' 
de  ses  ouvrages  de  ///'( 
ronnerie  par  lui  faicls  en 
l'année   i664,    1,100  livres. 

—  A  Ch.  de  Bressy.  ('/.. 
2,000  livres.  —  \  l'iciic 
Basiard,  à-eomiile,  pinii-  hi 
charpenlerie,  600   livres.  — 

\u  même,  poiii'  pai'fail 
paxcmcnl.  .")S<S  li\r('>.  —  \ 
I  iliain  Cuflaid,  poiu'  ses 
ouvrages  de  serrurerie  fairis 
dans  la  grande  galerie  du 
Palais-Boyal.     f)')!)     Ii\i'es. 

—  \  Moyiebel.  pour  aMiir 

relevé  et  reposé  le  pun/nrl  de  la  salle  des  garde 
.SCS  ouvrages  <lc  serrurerie,  1-0  livres. -^  A  Noël  Coipel.  peinlre.  pour  ses  ouvrages 
de  peiidure  et  dorure.  800  livres.  —  Au  même,  782  livres.  —  \  llirard",  pour  parlai! 
payement  des  ouvi-ages  de  |)einlun'  et  dorui'c  [)ar  lu\  faicls  dan^  la  chaml»i'e-aleô\e 
lie  Monseigneur  le  duc  d'Oi'léans  en  iWv}.  et  i(i().').  —  A  LaurenI  cl  .la<(|nes  l.efel)\re, 
|»our  leur  perle  de  temps  pour  délogei-  du  Palais- lloval.  ."loo  lixics. 

I.  ("est  lui  qui  av.-iit  déjà  fait  pour  Aime  (IVulriclic  lo  paii|U(l  111  rnosnï(ino  dont  il  a  l'-li- 
(|Uo>lion  plus  liaul.  Il  avail  uu  lofîouii'til  au  I.oumi-.  Il  luourut  li'  i.'i  mai  1(171.  Agé  de  suivaiili'- 
di\  ans.  !i\('r   le   liliv  de  ..pi'iiitic  cl  sculpteur  en   uiosaicpic  ordinaire  du   Uoy". 

•.:.  I,c  travail  dont  il  osl  (|uc-sti(jn  ici  dut  i^tre  un  des  derniers  i\\u-  (il  Krrard.  à  Paris,  axant 
de   partir  comme  directeur  de  l'Vc.idi'inie  de  France  à   Unme.  posle  au(|u<'l  il  fui   iiDunué  eu   ilitili. 


IS  li\l 


\    l.egrand.    pour 


T.     I.     LE    PALAIS-nOTAL. 


l5'|  LE     l'ALAIS-hOYAL 

\niu-r  l'HH:  :  \  Nicolas  Mesiiais".  marbrier,  pour  une  année  dv  rciilrctriu'nient 
(le  la  chapt-llo  du  Palais  Royal,  iJo  livres.  —  Pour  les  vidanges,  le  jiirdiii.  ormes 
plantés.  Ole.  2,000  livres. 

Année  161)7  :  A  Ch.  de  Bressy.  pour  travauv  de  inaronuerie,  /j.ooo  livres.  —  \u 
même,  pour  les  réparations  des  années  i6G'i  et  1G6G,  ■i,5:io  livres. —  A  ,1.  Bastard. 
pour  travaux  de  chaqienterie,  5.000  livres.  —  Au  même,  i.ôoo  livres.  —  \  \aleiilin 
Dersigny,  pour  avoir  fourni  et  mis  en  place  plusieurs  glaces  dans  les  appailenu-nts 
du  Palais-Royal,  aotj  livres. 

Année  JiJtJS  :  \  Noël  Le  Maisire.  maronnrrie,  j.-joo  livres.  —  A  Pierre  Le  Basiard, 
à  compte  pour  ses  travaux  de  chftrpeiilerlc,  i.ooo  livres.  —  A  P.  Chevalier,  à-compte 
pom-  ses  travaux  de  meiuiiserie.  800  livres.  —  A  Paul  Goujon,  dit  La  Baronnière', 
pour  les  ouvrages  de  peinture  (pi'il  a  faits  à  rapparlemeni  de  Monsieur,  au  Palais- 
Uo>al,  i,.joo  livres. 

Année  HiGO  :  Conslnielioii  d'une  cuisine  du  coiiimuri.  |)oiir  Moii-icur  :  charpen- 
lerie,  menuiserie,  cou\ei-lure.  (Les  dépenses  ne  lurent  soldées  ([iie  on/e  ans  après. 
en    iliSo^!] 

A  Macé,  éhénisle,  pour  le  parquet  de  raport  avec  cuivre  et  eslain  d\i  pelil  eahinel 
de  l'apparlemenl  île  Madame,  nôo  livres. —  A  Marsy'',  sciilpiriir.  pour  lesouxrages 
de  stuc  au  pelil  laliinet  de  .Madame.  :>.jo  livres.  —  A  (  liie\  icaii.  iiiirnilicr,  pour  avoir 
estamé  el  mis  en  place  les  glaces  de  miroir  de  raiKuleiuent  de  M.  le  duc  d'Orléans. 
et  à  luy  poui-  les  glaces  du  eabinel  de  Madame,  S-')  ii\r(s''. 

pour  iii(()iM|)lels  i[iio  soient  1res  prohabiouiciit  ces  comptes,  ils  nous  doniuMil 

Idutelois    un    apor(.u    des    cliangeincnts    apportés    an    Palais- Royal  duraiit    les 

huit  pieniières  années  que  le  frère  de  Louis  \I\    lliahita.  (le  ne  fut  pas  d'un 

seul  coup  cpioii   piali(pia    les  grosses  réparations.    On    \    init    plusieurs  anui'es. 

Monsieur   n'était   sans    doute   ni    presse    ni    exigeant.    11    pouvait,    au    surplus, 

attendre,  car   il  n'avait   (pie  l'eniharras  du   choix  pour   se  loger.    N'avait-il  pas 

pour  lui   l't    les  siens  les   soin|)lueu\    appaitenuMifs   do   \  ersailles,   où   se    tenait 

la   (lour   el    dont    le   scjour    lui    élail    iniininieni     plus    agriNihie    (jue   celui   de 

Paris.^  N'av.iil-il   p.is    Monlargis.  \  illeis-Cotlerels.  ,,11   il  allait   paifois  cliasser.'' 

N';ivait-il    |)as  son   cliàle.iu   de  S.iiiil -(  Moud,    i|ii"il  ne  cessail    d'agrandir  el  d.uil 

il    fais.iit    une    merNeille,    en    y    dépensant   des   sonunes    folles''!'    Nous    voyons 

I.  Ce  Miola*  Mriiinrj  fut  cnvDvti  par  Louis  \IV  eu  llalic,  eu  l'rovpuce.  eu  Lauf;ueiioc.  pour 
choisir  cl  recevoir  les  ni.irbreu  qu'on  rnlsiiit  cxlralre  pour  li's  HAIiimiils  du  lldi.  Il  Inuihait  ilo  le  chef 
i.aou  litre*  (rappointeincuLi. 

j.  Paul  (;ou«i-on,  sieur  de  Ln  Barouuièri-.  (lunlillé  de  .  pcjuire  du  Itoy  ■•  dans  eerlains  acte?. 
e>l  uiori  le  Mi  diVeinbre  itlyo,  rue  Sniul-\uloiue.  Il  eut  un  lils  qui  eul  é;.'nlemeiil  le  litre  de  «  j)eiulre 
de»   Ihi^liiiienli  du    lloy  .■.  —   (;L    Jai.. 

3.  (;tirniei.  i.uinpiff  itrs  luitimmls  ilii  U„i,   t.  1",  col.   is'ii. 

V  \*-*  lieux  friTi-t  (latiwnd  ri  Kalllui/ar  Marsy,  qui  fureul  iiieiulires  i\<-  I' Vcailéiiiie,  liaNaill.iieiil 
loujour»  eniu-iiihle.  lU  déronr.iil  la  Calerie  d'Vpoll..u.  Les  ouvra-es  quiU  (ireul  pour  les  jai.liiis 
cjr  Vrrwllle»  «onlbleu  ronnus.  Leur  |m  iv.  uiori  eu  if.;',  (paroisse  de  Saiul  l:u^!aell.•l.  fui  eKah-uieid 
M^HlpIeur.   inaU  re   u'e^l    ,M,|ei eul    pas    de   lui   cpiil    sau'il   iei,   lar   il    élail    d.j,.    lorl   A;;.-  eu    H'.d,,. 

'1.   Ari'lilirnt  nallnunle*.   O',    jiji), 

I.  Le»  i-IuiIm  de  imlnire..  lu'nnl  fourni  la  \U\v  r.uupl.le  dis  ar<|uisili..us  de  terrains  laile>  p.ir 
M.iM.ieur  iNMir  le  domaine  de  Saiul-Cloud.  !>  <uinl  d.»  .I.>runienls  inléressauls,  mais  qui  noul  pas 
Irur  pimr  Id.  Je  Ips  ulills«rnl  mu!!  dnule  un  jour  pour  un  li\re  sur  le.s  auileinir  ilef  fUirs  tlOrIran*. 


i.K    i'ni:iu-:    i)K    i.oiis    \i\ 


('0|)('IiiImiiI    (|ii':iu    l':il,ii- -  Iîc i\,iI    sdii    pivinicr    sdiii    lui    ilc   ri-niellri'   en    t'iat   les 
iippailciiu'iil-'  (le  |i,u;i(li'.   la   -;i\\r   di's   ^aidcs,   sa    cliainliic,   celle  de    Madame, 
«•elle  (le   son   preinier  euraiil,    ((Ile    paiiNie    Marie-Louise    (jiii   de\ait    épouser 
Chai'les    II    d'Kspafrue    cl    niniuir    si    ci  iielleuieiit    en    i(iS()...    (hw  ces  divei'scs 
chambres    aient    éh'    liciieuienl    (h'corées,    ou    n"eii    sauiail     di)iilei'    (|iiaii(l    on 
conslale    (|iie    le    peiiiliv    Not'l    Covpel    l'ait    pour 
(ioo  IVaiics  de   Ii:i\;mi\   dan--   la   piT-ce  rt'sei'vée  à  la 
pelik'    lille   (|iii    \enail    de   iiaflre,    el    pour  j)his  de 
l."{,000    Iraiics    dans    une    aulrc    (|ni    n"e>t     pas    iii- 
diipiée.    mais    (piOn    i'ehdn\e    dans    les    plans    de 
rouNca^e    de    Hloudel',   ainsi    (pie   dans    un   anire 
|)lan    iiK'dit    (1*1111    livs   cnrieii\   album   du  C^abinel 
des  Estampes,  intiluK'  :  Plans  des  Bâtiments  du 
Palais- lioi/nl  et  des  logements  des  o/J/eie/s^,  et 
cii'i    on    lit   :    ((  (iliainbi'e    on    --e    troii\ail    ancieime- 
menl     un     plaloiid    peint     jiar    l(>    sieur    (loipel.» 
Celte   chambre,    assez  vaste,    était    sitin'e   dans    le 
corps   de    loj.ris  ceiilral,    à  divjile,    sur  la   liu.ade  : 
c'élail   là  (piétail   rappartement  de  Madame,   (pie 
Macé   orne   de   pai(piels    axcc    cui\re   el    (''tain,    el 
que  le  sculpteur  Marsy  décore  de  ses  skies.  (Jiiaut  à  la  chambre  de  Monsieur, 
ornée   par   le  peintre   Errard,   racadémicien,    elle   Taisait    \is-?i-vis,   sur   raiitre 
aile    (In    iiK^iiie    corps    de    lojiis    central,   cl    contenait    une    iirolbiide    al((')ve    où 
('•tail    le    lil.    Les    cabinets    attenant  à    cette   chambre    i'urent    peint-;    par   (iou- 
^(•oii.   -ieiir   de  La   Baronni('re.   Enfin,   les  appartements  de  parade  on  ;.;iaii(ls 
appartements  se  lionvaienl  dans  l'aile  droite  donnaiit  ^nr  la   rue  Saint  -  Honoré, 
c'est-à-dire    raiicieime    (ialerie    des    objets    d'ail     du    cardinal    de    Uichelieu, 
«pi'Anue   (rAiilriche    avait    commenc('    d('jà   à    Iran-I'oiiner    pour    v    lop'r    Mou- 
sieur   (piand    il    ii'('lail    eiicoïc    ipic    le    loni    pclil    iU\e  d'Viijiin.    La    Calerie  des 

Homme--    illn>l!vs    fut    érfale ut    restaiin'e,    car  c"(^sl    elle    cpii    avait    le    plus 

soull'cit   (on    l'a    Ml    dans   Sainal),    moins    par   les   (K'jiradatioiis   des  serviteurs 

—  l'Ile  l'iail    rest(''e  déserte  dniani    le  -i'Jmiii-  de  la  ivine  d' \ii-lelen( (pie  |)ar 

I''  r.iil  de  la  toilni-e  à  mollit'  crcYt'i'  et  de  i'Inimidih'.  L('b(''iiiste  .leaii  Macé  l'ut 
app('i('  à  po-,1'1  de-  paKpicIs  aiti>lemenl  lia\aill(''s  dan-;  la  faraude  j,'alerie.  (>t 
d  impoilaiils    lia\au\    de    seirniviie    a(li('M''riiil    celle    n^l'ecl  ii  m .    Dans    la    clia- 

P'Iie,   ('iiaia   le   mieux    po-^'silile    la    belle    Neiiitre  à   oinemenK   d'ar^'-eul   (pii 

avait    ete    biisi'e,    et    les    re\('leiu('nl-    de   marbre    (jiii    ornaient    le-    murs    hneul 


MUMr,   IIEMlli;TrE   d'ancletehbe 
iiLCKESSE  i>'ohli-:a\s 

(D'.ipris    l'énuil    Je    Pelilot) 


I.   hi.oMiKi..    Xnltileclnrr  J'rnnrnhe.  t.   III.   IImc-  \.   p.  .{S. 
•.;.    l<il)lii>llK'(|iii'   iialioniilc.  Cihiiicl  di's  i;sl;iiii|iis.   \.   3H. 


l56  lE      PALAIS- HOYAI. 

ivpris  avi'C  soin.  Eiiliii,  la  baliislradf  du  cùtr  du  jardin  lui  iidortV,  il  le  palais 
|»iil  dans  son  L'nsi'ndA'  un  aspi-cl  df  boniR-  lonn.'  ipTil  na\ait  pas  en  depuis 
des  années.  Onanl  an  nioliiliei-,  je  tlirai  plus  loin  cniniiiiiil    il   lui  composé. 

Le  nonild-e  des  >ei\ items  de  Monsieur,  ainsi  ipie  de  la  maison  de  Madame, 
eompienail  des  cenlaines  de  [lersoimes  :  beaucoup  élaienl  lo^;t's  an  l'alais- 
Uo\al.  Mais  il  est  ;i  renianpu'r  ipie  tant  (pie  le  monnmeni  lui  classé  paiini 
les  hàtimenis  du  Koi,  <"esl-;i-dire  jus(in"à  lOi)'.,  les  ■>a<>:es  des  trois  portiers, 
.•.•u\  di>  diu\  ^Mides  du  tliéàtie  et  ceux  des  jardiniers  lurent  payés  par  le 
Trésor.  Voici  Télat  di-  ces  ^.■•a^--es,  avec  les  nnni-  de-  titulaire-,  (pi'on  tiou\e 
dans  les  Cumptfs,  en  iGOS,  et  ([ui  revient  cliacpie  année  à  peu  près  sans 
clian{,'euient  : 

Pillais- CarJiiitit  :  \  Nicolas  ISoiilicoiul.  ((Muicri^c  ilndil  l'alai-.  |).iin  le-  Imis 
(juarliers  de  ses  •.•a-res,  V""'  li>res.  —  \  luv.  au  lieu  th'  I  rançois  lliicl  '.  ilil  t'i  iili\  in. 
pour  le  nettoiement  des  eliandirc-,  •.>•»,")  Ii\r.'s. —  \  ll(iir\  .l(i-e\  el  (  liiicliant, 
garde  salles  el  maeliines  diulit  Palais,  -.e.ij  livres. —  A  .leari  (iuérin,  portier  des 
portes  de  la  rue  des  Hoiis  Kidauts  et  Hichelien,  ijo  livres. —  .\  Jean  Mousscl.  portier 
(le  la  j;raud"porle,  iju  li\  res.  —  Aiidil  houlicuml.  pimr  l'eiil  iilriiiimiil  du  jardin 
(ludil  Palais,  (iou   li>res. 

HeleMuis  an  passaf.'e  cette  menliou  de  l'altiis-Ccadiiuil  qui  lonlinne  à 
li::iirer  dans  les  Compft's^.  (ie  n'est  (piiii  i(i7>  (pie  le  titre  de  l'alais- Ko\al 
lui  l'ut  subslilui".  A  cette  d.ite,  ("e-l  toujours  ce  nièiiu'  per-Miimcl  ipii  ('inarf^c, 
-ans  mdie  auirmeutat ion  de  traitemeid.  L'année  sui\ante.  .lean  (iuérin  dispa- 
rait it  l'ait  |ilai  1-  ;i  Le  \a(lier  aiiv  portes  de  la  rue  des  Hons-lJd'aids  et  de  la 
rue  Hielielien;  en  itiy."»,  on  (■r('e  un  emploi  de  portier  de  la  hasse-coui-  cl  du 
ma^'asin  des  auti(pii-s  à  1' Vcademie  des  lU'auv-.Vrts  ;  en  idyTi.  le  \ieu\  .Nicolas 
Honticomt,  (jui  é'Iait  déj.'i  janlinier  au  temps  d'Anne  d  \ulriclie,  se  voit 
allouer  un  snppli''meid  de  l,.")oi)  livre-,  rt  le  poste  de  concieriic  e-l  allriliU('' 
il  un  de  -e^  parents,  (irali;in  Koulicourl.  l'.n  i(iSS,  la  porte  des  cui-ines,  du 
ciMi-  de  la  rue  des  Hons- Lnl'.mts,  est  conlice  ;i  un  serviteur  sp(''cial,  et  celle 
de  la  rue  de  Itielielieii  il  un  autre,  ce  (pii  indi(pie  ipie  le  miunenienl  devienl 
plu-,   iiiteii-ie  d;ms   le  p.ilais  el    evi^n-   mie   surveillance   plus   elinili'. 

On  ne  trouve  rien,  bien  entendu,  dans  le-  (inupli-s  t/r.\  /liifi/nr/i/s  iltt  liai 
ipii  soil  relatif  il  l.'i  doiiiesticiti-  du  l'alais-Uoyal  rais.int  paille  de  la  maison 
du  duc  et  de  la  diicjn'sse  d'(  )rli''ans.  Mais  les  ('tudes  de  notaiiis  ne  l.iisseni 
pas  de  nous  t'oiiiiiii  ipielipie-  reii-ei^mements  ciirieiiv  --ur  ce  sujet.  .Il'  me 
iMirnerai    an     i-esiime    de    cerl.iiiis    actes,    (pii     l'clairenl     d  un     jour    a--e/.     xil 

I     lii- fii-iM  wrtilriir.  i|iii.  (lu  li-iiips  il' \iiiic  il' \(ilrii'li<>.   iiMiil       lu   <'li,ii';:i'  lll■^  clrTs  ilii    l'alais  >. 

i'-UU  |irMli.ilili'iiii-iit  iiinrl    On  ne  ri-liniiM'  |ilii«  i'-k,iIi'i it  (liiii:<  rcl  i''l.il  de»  gngcs  ilc   ilili.s  \c>  noue  do 

Malllrl,  lie  Si-iii-v  liiil  l'I   ilr  lliliiirf.   i|iii   >   l'I.iii'ill   l'Ii    ili'i.'l. 

1.   Ul.l»>hl:l,   i:<>iiiptrt  itrt   lliitiiiiriill  i/ii   Uni,   I.    I",  riil.    jifo  r|  luissiiii. 


i.i;    iui:«K    DE    i.oris    \iv 


1MI1J11\II     l'i:    Mil\Sli:ill.    PHILIPPE    l>B    FUANCE,    l'UKIlE    DE    LOI 

(Gravure  de  Nanicuil) 


1rs  iiHiMifs  (lo  r(''iiu(|iic.  1,1's  |)iiiiri|i;iii\  ( illliii'fs  (le  la  in.'iiso[i.  tels  (|iit' 
J( larliiiii  (le  Sri;.''lii'ii',  n  coii-^i'illcr'  ri  scri't'laii'r  ilii  lui,  (lirccliMM'  i.i'i'-Mt'iai  lies 
liiiaiirc-  lie  Mun--ii'iii'.  llls  (le  l'i  aiicr,  "  lie  loi.'-i'ail  pas  an  palais,  pas  plus 
ipii-  haliaiici  iii.  H  Cl  iiili'.Mciir  ;ji'iii'Tal  ijc  la  maison.»  un  ipic  llaniiilial  ili' 
l'utlinlul.  H  |ni'inii-i'  cliaiiiliillan.  "  cl  les  picinirics  tlanii's  dln  inncnr-.  1rs  "^M'ands 
srij^Munits  i-l  ^laiidrs  (ianirs   puniMi^  il'ini  ini|)liii  ipii  l'Iail   •-nrldiil   Ik  mi  iiiliipic 


,5S  >^:      !•  M.AIS-HOV  VI. 

aii|nès  d'un  prince  du  sanjr  .t  quiMi  anibitiuniiait  à  cause  des  avanla-es 
,1.'  toutes  sortes  qu'il  niuléiait.  Mais  la  majorité  des  serviteurs,  di'puis  les 
^'eiitiishomnies  servants,  secrétaires  des  connnandeuients,  trésoriers,  écuyers, 
aumôniers,  médecin,  etc..  etc.,  jusqu'aux  valets  de  cliambre  et  de  ffarde-rohc, 
liuissiLMs.  maîtres  dli.Mel.  écuyers  de  la  bouche,  chefs  des  cuisines  .1  .le 
l'é<hansonnfrie.  sommiers,  •rarde-vaisselle.  etc.  (c'était  luie  véritable  arnitH'), 
avaiiMil   soit   tout   un  appartement,   soit   une  simple  chambre  au   Palais. 

Lr  moulant  di<  j:a;:i-s  annuels  pour  les  den\  «maisons»  de  Monsieur 
et  lie  Mailame  allait  à  plus  de  800,000  livres.  Le  tiaitemeni  d'une  pnMiuère 
«lame  dlicimeur  t'iail  de  S, 000  livres,  celui  des  dami>s  d'atour  de  (i,ooo  livres, 
celui  (le>  demoiselles  d'Iiontienr  de  .'îoo  à  .")oo  livres,  celui  du  pri'mitM-  nK'deciu 
de  (i.ooo  livres,  du  mi-tlecin  ordinaire  el  du  cliirurj^ieii  de  i  .'nH>  ;i  ."{.ooo  livres, 
du  pifinier  aumi'mier  de  .S, 000  livres,  du  conl'esseui  de  i.iîoo  livres,  des 
chapelain^  de  ,!oo  livres,  île  raum(')nier  du  «  connium  »  de  100  livres,  du 
-onnniei- de  chapelle  de  .'ioo  livre-,  du  premiei'  mail  re-d'iK'itel  de  '1,000  livre-, 
tli-s  mailles  d'hiMi'l  ordinaire-  de  lTioo  livres,  elc.  Lt'S  ^a^'es  des  ^cu-  de 
sj'ivice  elaieiil,  pnui  les  l'-ciiveis  de  la  bouche,  de  .'<oo  à  .5oo  livres:  pour  les 
huissiers,  de  100  îi  i  .")o  livres:  ixmii'  le-  -onimiei-  des  cuisines,  des  broches, 
de  la  IViiilerie,  du  ;.farde-inaiijrer,  de  la  lanUMiH'iie,  de  •i.^o  a  .i.'x)  livres:  pour 
h--  piiile-l.iliie  el  cli;ii-e.  poile-cli.iise  d'allaires,  faloliers,  valets  des  pa^cs  et 
des  lilles  de  chambre,   fourriers,  muleliers,   etc.;   de  .'in  à    1  ,")o  livi'e-  par  ,111. 

(les  emploi-  é'iaieni  comme  des  bi-iK-lices  (Ion!  la  joiiis-aiice  app.trieii.iil 
aii\  lihdaiie-,  qui  ('■laieiil  leur  pi'opri('-t('  el  (piijs  revendaienl  (piaiid  il- 
voiilaieiit  on  ne  pmiv.iienl  pin-  en  l'cinplir  le-  obliMalion-.  I.e  niailii' 
d>'-cid.iil  -  il  tie  leiivovei-  un  de  -c-  .(  olViciers  n'.'  ||  roblineail  U  cedec  -,i  ciiari^c 
.1    lel    on    Ici.    niovennani    linances.    I  ne    charge    de    valel     de    (  lianduc     v.dail 

tic  S,(MH)  à  -M  1.000  liv  ri'-:  celle  d'un  auiuiNiiiei'  ordinaire,  de  (i.( à  -.< liv  res. 

I.e  nioindi'e  de-  v.del-  ne  vendail  pa-  la  -ieime  moins  de  .'i.ooo  ;i  '1,000  livres. 
I..'-  miniile-  de-  Mol.iiie-  de  la  l'aniille  d'Oil.'aii-  -oui  ninpiies  de  marchés 
-in;:ulieis  de  celte  naliire.  el  non-  n'.ivoii-  qn'Ji  le-  l'enilleler  p.nr  en  linnvi'r- 
d'amu-anls  e\em|ile-,    d.in-   celle    peiiode  ipii    va    de     ililiri    ;i    1(170.    parmi    le- 

j(ervil«-ui-    du     hvr.'    de     | i-    \|\.    \,,i(i     li.nicje    Tiinioii.    ipii.    ii    la    dale    du 

■jS  janvier  1(170,  vend  -a  char;.'e  ..  d'.ivde  de  fourrière  »  ;i  un  certain  l'r  ipprihe 
polir     la     somme    de    ."),i.t«     livre-.     \  oici     Clanile     Ceirnonl.     ..loiirriei     des 

n-iil     Suissrs    de    la    ;.',ude    du     coip-    di'     \|on-iem  .  »    qui     vend     la    -ier îi 

Jean  Maiiclair  de  la  (ialiiie  moveimani  '1,000  livre-.  Vnloim  .Inlliol,  m  po-- 
lilliiii  illl  carrosse  di's  fille-  d'homieui'  de  Mad.rnie,  .p  conliacle  nn  eiii:a::i'rnenl 
d'un  aiiliv  iifun'  :  .e  n'i--!  i|ne  |H'ndanl  nn  ;ni  qu'il  d.lai— <•  -on  emploi 
Il    un    -ieiii     I..1    (i.iide.    -ans    donle    pour    c;ni-e   de    vova;:e    loi(  ('■,    i\,-     ni.ilidic 


i.i:    lit  LUI.    r>i,   LOUIS    \iv 


109 


[■^à- 


-Mj^A'^.j 


MOSsiEiii,  nu;  i>'oni.KA>s,  ex  hoi  des  i-ersans  alx  fktes  ul  c\i\kolsel  ue  iCOa 
(D'.iprcs   U  gravure  de  F.  Cluuveau. —  Chalcographie  du  Louvre) 


(III  .iiiliv,  cl  >."cii;:,i^'-c  à  p.iM'i-  M  ccliii-ci  h  i(i  sols  |iiir  jinii'.  plus  les  li.il 
ri  li\ici'>  .1.  .Ii'iiri  |);i\iil.  »  r;i|iil.iiii.'  df-  iniillcl  icis  de  M(iii>i('iii-.  "  Tiil 
liirliic.     Mai-     le    |ilil-    riiiiiii\    (,1-,    de    Mille    ili'   le'tlc    .-<(ill('    (|II0    je     liuiivc 


l6o  LE      rAI.AIS-nOYAL 

le  sui\aiit.  \  la  tl.itf  du  ad  janvier  lOyi).  nicssirc  (iiicliin',  m  coiiscilliM-  du 
r.iv,  iiivinit-r  iiir-dcciii  df  Sou  Altesse  Royale  Madame,  dciuniiaiil  à  Paris,  dans 
le  Palais-IloNal,  itiomct  à  la  daine  (rObamio  de  lui  lournir  dans  le  temps 
d'un  mois  |)rr)eliain,  la  démissiim  en  bomie  forme  de  la  cliaijie  (raumos- 
nier  par  (pialilex  a|)partenant  à  Mniisieur  Cliar|)outras.  dMi|ii(l  il  se  fait  et 
porte  fort  en  eetle  partie,  et  ce  le  nom  du  démissiomiair-e  en  blane  pour 
^tre  rcniplaré  au  nom  de  tel  di's  enlanls  du  sieiu'  .loudol  cpiil  lui  plaira 
el  en  jouir  i)ar  reluy  qui  en  sera  j)our\eu  en  tous  "âges,  fruits,  proflits, 
revenus  el  émoluments  y  altriliués.  à  eonunenccr  la  jouissance  du  jour  de 
sa  réeeplion.  Kl  neanlmoius  tous  les  •.-•aiies  de  la  présente  année  appar- 
liondronl  enlièienienl  .ludil  .londol.  Ie(piel  ■^era  lenu  des  frais  de  |)rovision, 
réri-ptioii  cl  ajrrémeut.  dette  promesse  faiete  mo\ennant  la  somme  de  sept 
mil  livres  de  priv  principal  et  de  cent  trente  deux  livres  de  pot  de  \in.  les- 
quelles deux  sommes  revenant  ensemble  à  sept  mil  cenl  trente  iii'u\  livres.  » 
Que  dire  de  ce  mi-decin  qiù  vend  ainsi  à  un  tiers  la  charjLre  de  son  conlVère 
ranmi'inier.'  (hiel  m\sli'rieu\  pouvoir  messire  Guéhin  avait-il  donc  conquis 
sur  le  mallieuren\  (  iliai  piiiilias.  pour  pouxoii'  ainsi  csconqiler  avec  tant 
d'assurance  sa  démission.'  (Juel  trait  de  nveurs.  et  comme  il  nous  fait  pénéln>r 
dans   lintimile  de  ce   petit    monde  ipii   sajritait   alors   au    Palais-Uoyal  ! 

Dan>.  mi  autre  acte  not.iiie.  date  du  .'!  mars  itiyo.  je  trouve  que  «  messire 
Joacliim  de  Sei^'lière.  ancien  directeur  f^-i'-néral  des  maisons  et  liiiance<  de 
Moiisiiiir,  fière  du  Uoy  ».  vend,  moyennant  .{.ooo  livres  de  rentes,  lune  des 
diiiv  maisMiiN  qui  lui  a|i|iarliinneut.  sises  iiie  des  Saints-Pères,  ci  dans  laquille 
il  liahile,  «à  messire  (le  La  Porte,  di-meuiaut  ii  Paris,  r\w  Saint-Père,  à  Saiul 
<ii-rmaiii-des-Prés.  cy-de\.inl  valet  de  chambre  de  S,i  Majesté,  n  On  comprend 
p.u-  lit  que  i,:i  Porte  .ixail  de  (pi.ii  Ni\ri'  ipiand  Ma/aiin  lui  eideva  linilal.iiienl 
ses  fonctions.  In  autre  document  n'est  pas  moins  intéressant;  c'est  celui 
où  l'on  >oit  "  très  puiss.uil  et  très  illustre  l'rince  Monseijrneur  Philippe. 
elie\,dii-r  di-  Lonaine,  i\],\,r  connnandalaire  des  abbayes  de  'l'iron.  Saiiil-.lean 
lies  \  i;;nes  et  .Suissons.  Saint  -  Uenoisl  sur  L<iiie  el  Saiul-Ui\e  en  \alée 
de  Chartres,  demem.iut  à  P.iris.  au  Palais- Koy.il.  lequil  .1  reconmi  el  confessé 
devoir  h';.'ilimemenl  an  >i .lean  'l'ancrède.  preiuiei  chirnrjrien  de  Monsei- 
gneur, lils  di-  l'r.-mee,  demenrani  au«.-i  ,,,,  l»;dais-Uo\;d.  la  sonnne  de 
I '1.000  liMvs  p.,iii  pivl  d'ar^'eiil.  f;iil  par  le,|.  siem-  'l'ancrède  and.  sei-neur 
iheN.ilier  lie  I.Mii.ii,,,..  iiiipir!  il  .1  |;i  ■.,,iiiiM.'  .uiiq)li'e.  tiombré(>  el  d.'livrc'c...  » 
'•'••••<•    '•^'    •' l.-.eiidire    1701.    (  ti-,     M,,iisi,.|,|-    ,'.|;,i|     |,,,,i|     I,.   1,    iiiin   ,|,.    jj 

I     M"  ili-  I..1  hiM.II.'.  r.K  .iiil.iiil  \a  iiii>rt  i\r   Miil.iiiir-.  >lll  .      S,,,,  piviiiici    iiiitl.'i  in.  \l.  r>|>iil...    • 

Il  ni   »r.tl  t|iii-  iVlnll  .1    S.iinl  Clniiil.  .V  l'nrU.  ci-   |>oiiviiil   .''li irs>iit.   iHioliiii  ■      Iji  loiil  <wis.  lailc 

noUrli-  i|iil  lliiililiii-  nliiid  .1  i|iii  >•»{  ii  i  .il...  r<tl  |,i.  >,,ii>  n,,,  mih.  il  la  i|ii..lili-  ilr  picmi.T 
tnôflpriii   ilr    Mmlaiiii'  ■•    >    i-*l    |i.'irriiil<>iiii-iil    »|mV1I1i:iv 


r.K    Kui.iii;    m;    i.oi  is    \iv 


iCii 


SAINTE    MADELEIM;,    P.VIl    LE   UUll»; 
(TlblMil  igili  fjiuit  pirlie  Je  la  Cilctic  Jii  Palais  -  Royal) 


„.„..  y«  ^■•w 


iiriiic  .iiiiii'c.  l'"aiil-ll  ((iiicluiv  (|iic  ce  hc^diii  ir.iii^viil  (|iii  |)iv>vnil  le  (■li.'\;ilicr 
!,■  |,.iMMiiir  N.ii.iil  (le  (■>•  i|in'  --lin  liilMc  iMuIccIciir  ii"('l,ill  |ilii-<  l;i  pdiii-  lui 
Imiimci  ilr-  li'iiHii-M.i-c^  iiimiiii.im'--  lie  ^;i  I  l'iii  I  iv^^c  !'  Il  (•..iinIi'nI  .r.ijdiilrr 
juil  s'engagea  \is-ii-vis  <lc  -mhi  invlciir  en  ili  hhimiiI  [ik  m  m  ;iI  i<  mi  \\  <iliii-ci 
-II!    iiMc   soiimii'   lie    .")().()(»>   Ii\ii'<   (iii'il    (li'\,iil    Iniiilirr,    (li-;iil-il,    de   la   siicri-s- 


i:    l' Al.  \is- u()^  Al. 


siuii  ilii  iii;ii.|iii-.  «If  lîounli'lli".  11  IjiuI  iiiciilioiiiiiT,  ciiliii,  dans  un  l<ml  aulro 
oniri'  d'iilrt-s.  piiniii  les  aclis  ijnc  j'extrais  de  relie  mine  >i  liclie  des  niinnles  di> 
notaires  parisions,  pour  relie  période  de  Tliisloirc  du  Palais-I\n\al.  la  piocu- 
ralion  donnée  le  lU  jainier  1(170  à  .loacliiiii  de  S(>i<rlière,  par  Leurs  Altesses 
Uovales  Monsieur  et  lleiirielte  de  France,  d.'  veuille  »  nue  grande  maison 
size  à  C:oulond)0.  consislaiit  en  plusieurs  haslimenls,  grand  clos,  jardins, 
tonvs  et  liérilages  en  dt'pendant.  ensend)Ie  toiiles  les  antres  maisons  et 
Ih'-rilages  sis  au  lieu  île  (loulondie,  sans  anenne  ehose  en  excepter,  qui 
appaiiienneiit  ;i  Leurs  Vitesses  iloyales,  an  moyen  de  don  ijni  en  a  ('It- 
l'ail  à  Madame  la  Dueliesse  d'Orléans  par  inessire  Hapliael  de  Mnnla^nt, 
amliassadeiir,  et  axant  pouvoir  de  Sa  Majesté  l)rilannii|ne,  le  mi  d' Aimlelene, 
auquel  ladile  maison  est  échue,  i)ar  le  décès  de  la  leiie  Hevne  d'Aii^lelene.  » 
Il  s'agit  là,  eoiiime  ou  voit,  de  la  maison  de  (J)lonil)e  on  s  était  retirée 
llenrielle  il" Angleti-rre  après  le  mariage  de  sa  lille  avec  le  *hir  d'Orléans, 
L'acte  porte  les  denv  signatures  que  nous   reproduisons  ici. 


SiKiintiin-  il'llciirii'lli'-  Viiiic.  Mnilniiir.  U- 

ilr  riiilipiM-  ill  II  II  ■11^.  rii'ii-  ilr  l.oili^  \l\  . 


SiL'ii.iliiic    ;iiilo;.'ia|iln'    ili"    .WiXi.viVlir, 
l'liili|i|><'  lie  l'niiUT.  liiii'  iIDrlraiis. 


l'ant-il  inaiiileiiaiit,  pour  aelie\er  de  peindre  la  \  ie  (|n'oM  menait  ii  celte 
«'•piiqiie  an  l';ilais-Ho\;d.  iiidiqnei  le>  dispenses  de  la  lalile,  dire  eominent  cl 
il  quels  pri\  on  si-  proenrait  les  proxisious  de  Imin  lie!'  l'oiir  la  talile  et  Ion! 
ce  (pii  eoni-eriiait   la   liouelie.  le  Imdgel    mensuel,   rien  que   pour   la    niai-on   de 

Madame,  était  de   10.000    ;i    11. livres.    (^>uaiit   aii\    pi  on  i-iniis.   elles  ('taieul 

itpporlées  cliaipie  jour  au  palais,  loiunie  ,111  leinps  du  laidin.d  de  loclielieii. 
par  de.s  pouiMoeins  a\ei'  lescpiels  les  eliel's  de  service  cnnli  .iclaieiil  des 
liinrrlii's.  Les  minutes  des  iiolaires  que  j'.ii  pu  consnjlii-  iiuus  loui  nissenl 
pi'i'eisi*iiienl  tous  les  marelié-s  passé-s  en  iCi-d  |i(inr  le  pain,  la  vi.inde.  le  \in, 
la   nMisHerie.  le  poisson,   etc.,  et  nous  donnent    les  pri\  ,{,■   tuutes  les  demies 

■     I     •  lictAlirr  ilr  I.Drriiinc  inniirill  en  1710,  ..  >i  pnuMi-  ipi'il  a  fallu  i|iii'  sis  amis  payas^ciil   li'- 

fiji»  ili    «III  i-iili-rn iil.  ..  ilil   Mncliii Inii«  *»   >:i,rrrf.fiuwUiw;\     Kllc  ajiiiili-;    ••  Il  a\ail    ('ciMMiilaiil 

KMi.mio  iVii»  ili-  n-iili-».  niait  il  l'-lnil  iniunait  adiiiiiiislnili'iir  :  ses  (.tus  I'iiiiI  loiijdiirs  xoli'.  roiUMi 
■in'ilt  lui  iliiiiiin^wiil  iiiillr  |ii«l>ili-t  i|iiniiil  il  m  avait  lic-uiiii  |iiiiii  Jouit  <■!  |miiii'  x's  ilrliaiu  lies,  il  1rs 
I«1m.iII  ilIwiiMT  l'I  pillrr  siiii  liirii  il  li-iir  faiilaisie...  Il  ,1  fail  une  liieii  vilaine  lin."  Il  iiiiiiiiiil  an 
l'ilii^   Il  .%  ,1     f,..|i|M'.  <rti|Mi|i|e\ie,   l'oiiiiiie   Miiii«ii-iii.    .t;r,    l.nrn-fimnilimie   <lf     Mii'himr.    l'dil.    Iliiiiiel. 


M':    riiiuU';    \u\    i.oi  is    \i\ 


i(i3 


iTjWcau  Je  la  Gjlcric  Jii  P..l.us  -  Roy.il.  —  Faisait  parte  de  la  ColU-cl  on  de  .Monsieur) 


."illirlc  |);n  .illiclc.  (  )ii  lidiiNcra  ces  (lociliiiciils  ;i  l.i  lin  ilii  xdliillH'  {l'icccs 
jusd/iralncsi .  l'oiir  ic  |i.'iiii.  ji;ii-  cvciiiiilc.  le  iiiciiiicr  iii.idii'  d'iK^ilrl  i\i^ 
Miiihiiiir.    (ilaiidc    1)1  iiiiii.'iii,    ciiiilriiclc    iimiiIk'    ,i\ic    l'r.iiii  i  lis    l|ii\,iii.    .,  iii.ii^lit' 


iMmlaiiyer  à  l'aris,  (U'iUi-uiaiit  rue  Fioiiuaiitcaii  ».  cl  cflui-ci  s'engafiO  à  livit-r 
journrlloineiil  au  Palais- lloyal  tout  le  pain  (jui  sera  nécessaire  «  pour  la 
provision  de  Ixtuelie  de  Son  Altesse  Royale,  son  train  et  suitte,  suivant  les 
menus  qui  luy  seront  baillés  pour  la  distribution  d'icellny...,  sravoir  :  les  deux 
tiei-s  de  pain  de  bouehe  du  poids  de  ()  onces  et  liiulrc  tiers  iUi  cnininun  du 
poids  de  9  à  lo  onces  bien  cuit  et  rassis,  lequel  pain  sera  prizé  à  raison  de 
Irei/e  sols  pom-  cbacnne  don/aine  de  pains.  »  (l'est  Michel  Petit,  premier  maître 
d'hôtel  «le  Monsiem-,  (|iii  passe  marché  pour  le  vin  avec  im  crriain  .Iules 
Crousv,  demeurant  inc  ili'  la  .luixciie.  ;i  reiisciirnf  de  la  l'ominc  de  Pin.  Tout 
le  vin  de  bouche  cl  de  talilc  doit  cire  li\ré  au  pri\  i\v  i  l 'i  livres  par  muid, 
jauffé  à  la  mesin-e  de  Paris  tenant  trente-six  seliers'  par  ninid,  «  sans  (pie 
ledit  Crousv  puisse  i)ailler  d'autres  vaisseaux  (pie  tnuids,  »  leipiel  \in  de  laide 
((Sera  du  meilleur  (|n'ii  ><•  pourra  ti-onver».  Poin-  le  (icomninn.>,  le  \in  dnit 
t^tre  de  .O'i  li\res  par  nniid  tenant  trente-six  seticrs.  ((bon,  lovai  et  niareliand, 
et  sans  ancim  \ice  d'ossanx  n>  desboire  »  (sic).  Le  marché  potn-  le>  viandes, 
poisson,  volaille,  etc.,  était  plus  compliqué.  Il  fallait  spécifier  le  pri\  de  (  liaipie 
pièce,  avec  sa  qualité,  sa  {grosseur  ou  son  poids.  Celte  obligation  nous  vaut  les 
renseignements  les  pins  pr('(is  sur  ce  (pie  coulaient  à  celle  é|)o(pie,  ;i  Paris, 
toides  les  espi'-ces  de  \  landes,  la  charcuterie,  lo  poisson,  les  leul's,  le  beurre. 
La  livie  de  li(eid' ('lait  cot('e  'i  sols,  le  porc  frais  6  sols,  le  petit  salé  7  sols.  On 
avait  trois  poulets  pour  .'!o  sols,  un  chapon  gias  pour  /|o  sols,  une  poularde 
grasse  pour  /|.'{  sols,  nu  lii'vre  pour  '|('  sols,  un  cochon  de  lait  pour  '|0  sols, 
une  l)écasse  pour  a'i  sols,  une  don/aine  de  grives  pour  '|(J  sols,  une  (imi/aine 
de  c;ulles  grasses  pour  id  x.l-,  une  oie  grasse  pour  .')o  sols,  inie  livre  de  laid 
(Ml  de  beur're  ponr  11  sol>;  le  cenl  d'(''crev  isses  se  vcndail  .'!o  >ol>.  Le  poi>>(jn 
de  mer  l'Iail  relaliveineni  cher.  I  n  pelil  saiinioii  de  deux  pieds  de  long  se 
pa\ail  iS  livres  10  sols,  un  grand  sainnon  .'{.")  livres:  une  helle  linile  \>.  livres, 
un  ;.'r,ind  Imbot  |S  livres,  une  grande  sole  .'<  livres,  une  -oie  ordinaire  10  -ois, 
l.e  poiiivovenr  s'oblige.iil  :i  faire  la  fourniinre  de  ces  viandes  el  poi— -ons  aii\ 
prix  lives,  cil  telles  (piantiti'-  ipi'on  lui  deinaiiderail  :  anciine  excuse  n"(''lail 
admis»'  de  .s.i    part  «-oit   pour    la   >aisoii.  -oil    pour   la   .  Iieil.'   de-    deinves.    Dans 

lo  eu»  où  il  n'aurail  pa-  livr('  celles-ci   dans  le-  e lilimi-   |u/viie-,   les  olliciers 

du  duc  d"»  )ili'ans  poiivaieni  en  prendre  nimporle  oii  il-  en  Iroiiver.iienl  an 
compte  du  poiiivoyem-.  l.e  poi-soii  dev.ill  ('lie  appoih'  chaipie  .jour.  ;i  -epl 
heures  du  malin  en  hivei',  ii  ciii(|  heure-  du  malin  eu  ('•l,',  d,.  j.i,  ,,n  .'1  ce  i|ue, 
s'il   arrivait   (pie   |,-    toi  uni  turcs    u.-    Iii--eul    pa-    ..  lrouv(''e-    l.oiine-.    lov.ile-    cl 

1.  Il  fiiiil  %f  ra|i|M-lcr  i|iii<  le  «-lier  <li'  l'nrU  «nliiil  7  IHks  \-i  icnliiiK-lrc- ctih.^.  l'ai  i..iim'- 
i|iiriil.  |r  iiiulcl  ilf  Iniilr  <ii  «•llcM  ((iliU'iiiiil  ïliN  lilics.  CViall  donc  du  \iiià  ',  •  (  cnlinKS  le  lllic 
iin'oii  liinnll  «iir   lii  Inlilr*  |irliirli<r(>*  nii   1(1711.  ri  ii  m  n-iiliii|i>„  >,,r  Ich  lai.l.^  dr  Mi\i(c. 


I.I-:    I  it  1  u  !■    m:    i.ni  i  -;    \  i  \ 


idi") 


niar<'li;iii(l('s  <>,  ,t\\  ail 
(laii--  11'  inaiclK',  c^l 
t'aii'i-   (l'aNaiicc    piiiii'   I 


II'  l('in|)-'  lie  -('Il  |ii(Miin'r  daiilir-;.  I  ii  arlii'lc  à  iKitcr, 
le  ial)ai>  (le  .!. 11(1(1  ll\ic^  (|U('  le  |i(  im\(i\ciir  (•(iii<ciil  à 
ciisciiililc   (!('>•    Il  iiiriiil  iii("~    (|iiil    livrci'i    (laii'<     le    (■(im>   ilc 


I  vi'i>sEiui-;  HKS  (;i)iiELi>ii  comi'Oske  paii  cm.   i.kiihi  n  poi  a  i-\  ix  (:(.m\TK)\  nr  pala(^-i:u^  \i, 
(Série  Je  VWsiolrc  dr  MMigr,,    sîi  pli^cs.  a'.ip(i>>  la  gravure  dt   B,   ['i.art) 


(■Iia(|iic  aiiii('c.  ()ii  l'ii  pciil  (l('(liiii'.'  sans  ddiil'  (|ilc  le--  |iii\  s|i('(ilii's  clilciit 
au  coin-  (irdiriaiic  lies  \i\i(~  ii  l'aii-^.  en  ili^d.  cl  (|iii'  le  laliais  de  ."{.oiio  livres 
i'c|)i'('scnlail  le  vacrilicc  ((  m-^crill  |i.ii-  le  |i(  uii\  (  ixciir  jMtiir  ul)l('iiir  les  a\aiila;^('S 
d  une  tuiiiiiihiiv  aii  —  i  ali<  iiidaiilc  cl  ii'-^nili("Tc  (|ilc  celle  (|ii'ii  dcxail  l'aire  au 
l'alai--K..\al. 


iRC,  I.K     l'AI.\IS-I»OYAL 

M.iis  laissons  ci's  (li'-l.iils  de  la  \i('  il()iiifsti(|iu',  cl  iweiions  à  riiistnitc  do 
iiiilrv  iiiuiniiiii'nt. 

Ia-  fiviv  dr  Louis  \i\  |)iit  (If  plus  cil  plus  ^^oùt  à  (k-scrlci-  de  temps  ou 
temps  Nfisaillfs  poui- M-iiir  ;i  Paris  ddimci'  ipichpics  ivccptioiis  dans  ce  palais 
où  il  se  sentait  (hnaida^'c  son  maîtir.  sans  linipiiétudo  de  porter  ondjratre 
au  loi,  et  lieiireii\  <le  se  former  mie  petite  cour  (pii  lui  liieu  à  lui,  où  il  trô- 
nait >eiil.  (losiiae  racoiiii»  dans  ses  Mcnwires  que  Monsieui'  ni'tail  jamais  si 
satisfait  que  loisquil  pouvait,  les  soirs  qu'il  passait  ainsi  dans  sa  maison  de 
l'aris,  11  demander  à  di\  ou  dou/.e  peisomies  en  particulier  :  <<E/i  bien  !  n'ni-Ji' 
pus  bien  lin  inorulr  (iiijimrd  liiii .'  ^^  Mais  sil  y  avait  foule  dans  ses  salons,  il 
le  de\ail  moins  à  lui-même  (pi'à  sa  fcniiiu'.  celle  aimahic,  spiiituelle  et  e\(piise 
llcnrieltc  d"  \n^lctcii-e,  ipii  sut  ^idiipcr  auloni'  d'elle  une  sociélt'  d'i-lili'  i|ii'elle 
cliarmait  par  sa  •.M'àcc.  Sainte- HciiM'  a  exccllcnmieiil  (h'Iiiii  l'espèce  d'alliac- 
tion  iprelle  c\erça  et  le  i^emc  d'inllucncc  (piclle  eut  sur  celle  pelile  cour  du 
i'alai^- Ho\al  où  elle  donna  le  Ion,  réyla  les  dixerlissomenls,  fut  \raimenl 
1  l'ine.  cil   un    un  il  '  : 

Mnrle  à  Niii},'!  si\  ans.  dit  il.  et  ayant  l'Ié  |)en(lanl  neuf  ans  le  cciilre  de 
ra^'iviiieiil  et  (les  plai>n's.  Madame  iiiar(pie  le  plus  licaii  ou  du  nioin-.  Ir  plus 
^.'laeicuv  ninineiit  de  la  cour  de  Louis  \l\  .  Il  \  ciil  apic>  clic,  dans  celle  eoiir.  plus 
de  >pleii(lenr  et  de  ^'laiideur  iinpiisaiite  pcnl  clic.  niai>  Mi(iiii>  di'  (lisliiieliiin  cl  i\i' 
liiie.s.se.  Mudaine  aimait  l'esprit,  le  disliii^.Miait  en  Ini-lucinc.  l'a  Ma  il  cliciciicr.  le  i'i''\cil 
I  lit  chez  1rs  vieux  poêles  eomiiie  (iorneille.  le  ra\i)ii>ail  l'I  l'eiiliaiili«>ail  elic/  les 
jeunes  eiiiiiliie  Itaeilie  :  elle  avait  pleini'  à  Aiulniliiiuiiif.  dès  hi  |i|-eiiiièi  i'  leehire  (pie 
le  jeune  aiileiir  lui  en  lit  :  <■  l'ardoime/ moi.  Madame,  disail  Itaciiic  en  Iclc  de  ^a 
Itajji'die.  si  j  use  lue  \aiiterde  eel  lienreux  coiimienceiiienl  de  >a  (lcsliii('c.  ■  haiis 
toute*  le*  coiii>  ipii  a\:neiit  pii-eédé  de  peu  celle  de  Madame,  à  (ilianlilK,  à  riiùtel 
Itanilioiiillel  et  ù  l'cMitour.  il  y  avait  un  ni('-lani.'(>  d'mi  •'(lùt  di'jà  ancien,  et  (|ui 
allait  devenir  suranné:  avec  Madame  cumnieiice  proprcmcnl  le  lhu'iI  iiiiulcinc  de 
Luiii-*   \l\  ;  elle  eonlriliua  à   le  lixer  dans  sa  pureU'. 

Le  «lue  d'Orli'-ans  fut  insensilde  à  laiil  de  ^jiàce.  Ses  di'saccords  avec  <a 
femme,  la  liitle  sourde  qui  exista  enire  eux.  sa  lirul.dih',  pour  ioul  dire,  se 
inanifesl.'Tciil  piililiipi<'iiieiil .  \ii  l'alais  Ho\,i|.  i|  s  ,iit  drn\  iaiii|is.  l'un  poui- 
Moiixieiir.  raiitre  pour  Madame,  contre  ipii  le  clicvaliei   de  Lori.iinc  ne  ( css.i  de 

fomenler  liaHscment  les  calomnies.  La  princesse  p.'irvinl  ;i  olilenif  li'li  liçiie ni 

lie   cet    ennemi    à    lan;:ne   de    vipère.    M.iis  I  (•    lui    pour    Ii  lai    incn    roiiil,     \ii 

Hiirpliis,    loiil    l'-lait    contrasie  entre  elle  et    s ,ui.    d<>iil    l'i'diK  al  ion    av.iil    et.' 

sysli-iualiipiement  réduite  aux  fntilili's.  en  vue  de  snn  IVèie.  .1  ipii  on  avail  \onhi 
laisser  Ions  les  presti^^es.  (  ielie  àmc  ..  d'une  liililili'  desespei  ;uile  ...  ce  c.cur  (|ne 

I     s«iMi    lin  w  ,  '.VtiMcnVi  i/ii  l.iiwli.  I     \l.  \i.    iim 


1. 1:     I  u  I  u  I      II  I      1(1 1  I  >     \  1  \  I  {(- 

iiMiiinia    jaiii.iis    «  licii   de   Iciidic   ni   dr  i^raiid  ",  ciil    cmiiiiih'    un  l'clair  di;  /Me 

et  d'aiidiiliiin  lnis  de  la    ■iiiiMic  de    iCidy.   Mais   I is   \l\    jcla    xilc   inic  douclic 

sur  SOS  vc'll(''it(.'s  (l'Iu>iiri('iir.  Il  lui  dit  un  joui-,  au  sit"':^!'  de  |)iiiiai:  n  Mon  l'ivre. 
V(tns  poinc/  aller  vous  (li\(tlii-,  cac  iidiis  alluns  Icnir  ((Hiscil.  »  Traili'  aiii-^i  en 
eid'anl.  Mnnsieur  se  laissa  aller  désormais  aux  prnclianls  de  sa  cinule  inhlli 
^:('n((>.  Il  niMil  en  lèle,  (piaiid  il  In!  :i  l'aruiée,  h  (|ut'  de  faire  faire  des  ienles 
|)i(i|Mi's  cl  ;;alaules,  a\anl  ^^laiid  siiin  (lu'elh^s  l'usseut  remplies  de  mimiis  cl 
de  chandeliers  d(>  erislal  ' .  »  I.iirs(|ne.  [Xiur  se  di-lasser  <le  celle  cam|iaj,'-ne,  il 
rc\inl  il  \  ill(Ms-(  jtlleii'ls.  pour  mouli'er  (pi'il  aurait  pu  rau^cr  une  ar(uée  en 
halaille,  il  se  mil  ;i  ran^ci-  des  fauteuils,  «  lil  meliic  loules  les  chaises  sui'  une 
uiènie  li::iie,  l'orlilia  les  iiielles  de  lalileaux,  taiilelles.  placpies,  plaça  l(>s  miroirs 
dans  dos  poslos  a\auta^(Mi\,  llauipia  chaque  lahie  (K-  (pialre  guéiidons,  enfui 
dis|)osa  fj:('iiéraleiueiil  de  (oui  le  cor|is  de  ses  meuhles  avec  un  ordre  iiier- 
\eilleu\  '...  »  L<'  naliirel  avait  repris  le  dessus.  Monsieur  ('lait  ik'-  ordomialeur 
de  fêtes.  Peut-être  eùt-il  pu  faire  autre  chose,  (lest  à  cet  l'inploi  ipiil  dut  se 
résigner,  surtout  après  sa  conduite  ;i  la  lialaille  de  (lasse!,  où  il  se  permit  de 
se   distinguer,   ce  (pii,    sous   Louis   \l\,    n  était    pas  admissible. 

Apiès  la  mort  foudroyante  de  Madame.  siii\emie  le  .'!o  juin  1670,  le 
i\[\r  (l'(  h  liaiis.  porta  loiil  juste  le  deuil  de  sa  femme  le  temps  exigé  par 
reliipiette  et  se  remaria  rannt'e  sui\arite  a\ec  l'!lisalietlr-(  lliail(jtte  de  Ba\ièi'e, 
lille  <le  rKlecleur  Palatin. 

han^  riuter\alle,  il  fallut  régler  les  alTaires  de  la  succession  dllein  ietle- 
\nne  d" Angleter're  et  faii-e  le  partage  des  liiens,  grosse  (piestion  dans  une 
famille  |)rineière,  et  épineuse  surtout  cpiand  il  s'agit  dune  forlime  énorme 
représent(''e  par  des  propriétés  avant  les  formes  les  plus  diverses.  Ij'Irnc/i- 
Inirc  des  hieiis  personnels  de  Madame,  —  dressi'  par-  Pierre  (iillot  et  St^liastien 
Mollel.  maîlrcs  tapissiei'S,  Anhertiu  (iaudeion  el  Pierre  (iolle,  maîtres  menui- 
siei>  en  l'iiciie,  Thomas  Mei'lin,  orlê\re  du  roi,  Pierre  (lom-tois  et  .lean  Pitan, 
rnarihand  joaillier-,  Airt.  Ilrrrcari.  nrarchand  lapidaire,  et  J.-M.  Picard,  peintre 
du  rdi.  —  nous  donne  le  relevé  de  tous  les  heanv  meiililes,  tapisseries,  tahleaiix, 
ipiille  avait  dans  ses  diverses  résidenrcs.  Uieii  (prau  l'alais-l\oyal  ou  ne  compte 
pas  moins  de  Hii)  laiileauv  (du  mirni'ro  ,')o'i  de  V lin'i'ntaiji-  au  riuiiK'ro  \-'.\), 
dont   (pichpies-iins  de  tout    premier  ortlre.   A  oici   la    lisle  de   (|uel(pres- uns  : 

l'viii.Lu  \  vi'1'Aiiti:na\t  \  llr:\riir  rrr;  i>' Vmu  rrrrruu  :  \ari  Dvik  :  /.((  l'uniillf  royale 
d'Afit/lcli-rrr  (csliiiii'  i,>n.i  IImcs).  —  l,'K>paj:iicilelle  :  l'clil  Uov.sc  (Son  li\res).  —  |,c 
(iuiilc  :  ^7(''(/)'i//v'  (.')oo  livi-es).  —  P.  \  (M-orièse  :  Jinjciiifiil  ilc  Paris  (Cmhi  |j\r-es). — 
I.r  (ùiiile  :  CniiUUm,  de  toute  sa  liaiiteiir  ('n»>  livres).  —  Paul  IJiil  :   (Iraïul   Paysage 

I.  (;i)s>m;.  Mi  moires, 
■i.   Ihiil. 


idS  i.i:    i>  \i.  Ms-  nov  \i. 

('ioo  li\ics).  —  Le  Tilicn  :  Portntil  du  Comiitaiideur  (3oo  livres).  —  (.orièjrc  :  Madc- 
An/If  (i.iHRj  livres).  —  I.e  Titien  :  Porlrail  de  femme  (2Ôoli\vcs).  —  Aimii)al  Canaehc  : 
Sun  |ii>ilrail  (i.'io  lixies).  —  Tinlmelle  :  Son  |)orliail  (25o  li\rev).  —  Van  Dyek  : 
.5  porlrails  (rintinnie.^.  .'>  pmirail.-^  de  femmes  ((ion  livres);  pelil  lalilcaii  k  |ii('>riilaiil 
les  princes  cl  priiK'Csscs  d' \n;.'lelcrrc  (."lo  li\rcs).  —  Le  Titien  :  l'orlrail  de  I  \i('lin 
(lin  livres).  —  Mifinard  :  i'urtiait  de  feu  M.  le  canlinal  Ma/arin  ((in  li\r('s).  — 
tliorfiione  :  l'tirirait  d'un  loiiiiiic  illnslre  (."lo  li\rcs).  —  l\ii|diacl  :  -  I  ne  Ir.-lc  iicinlc 
à  frcscpie  (|ir(iii  dit  c>trc  de  llaphai-l  ■>  (Go  livres). —  IN  iii-iii  ;  l'ililc  \i(t-c 
(fil.  Ii\res). —  Paid  Brij.de:  Petit  paysajrt*  ('-îo  livres). —  l'nrhns  :  La  liiic  li(\nc 
Marie  de  Médieis  ('|o   liNres).  —  P.   dr   C.oitone:   Porirail    d'une   sainte   (ixi    li\rc>). 

—  Piirlius  :  portrait  dn  l'en  mi  i.nnis  Mil. —  \  an  Dxck  :  .  Dinx  purirails  ihi  tVu 
roi  d' \n;:lcleire,   dont    l'un   <'st    armé,    et    le    troisième    d  unr    fcninie  d   (-j'nt    liMes). 

—  (Jnentin  Metsis  :  .Inpiter  en  amour  (loo  li\res).  —  L'Mlianc  :  \  iei'^ie  (loo  li\res). 

l'arnii  les  tapisserii-s.  ('■^-•.ileiuent  ln"'S  iicllcs,  (|M'll(ini(l  li'  il' \  n;:leli  i  re 
a\ail  au  l'alai>- Kii\al,  il  faut  citei' :  Kilaiis  la  i^rande  ;.;ali'iii'  cinln'c.  d  Vllis- 
titiir  il  Al  liinisr.  eu  sept  pièces,  de  la  lahriipir  des  (ioliclins  ((i.ooo  lixics), 
el  V llisliiirr  ilr  saiiil  l'uni,  eu  sept  pièci'.s  ^S,()eK)  li\r<'s):  <c(laiis  le  ^laiid 
caliiiiil  dcirièic  la  cliaiuliic  de  Monsei^'iicur  lo  (lue  dt  )ili'atis,  »  Vllistitirc 
ilr  iniivirilr  cl  Chuindr,  fal>ri(|ue  de  Mandre  (.'{.ooo  livres):  ndaus  le 
(ianle-MeultIc,  »  llislitirr  dr  Sci/iiofi.  fahricpie  de  Ki'iivelles,  eu  sept  pièces 
(.'{,i)i)(i  li\ie-»:  y hn/iit/iiffi/  <!' Ilrlrm-.  faliriiine  Ar  IWiivelles,  eu  six  pièces,  elr. 
\u  uoinliii-  des  olijcts  (l'ait,  il  \  ;i\ail  uu  ;:iiiu|)('  de  lirou/e  rejiri'scidaut 
lliitii  l\  a  ili<iiil  («'iM  li\nsi,  des  uiosa'iiiues  de  iuarl)re.  r\f.  (hie  de\iu- 
n-nt  CCS  curiosités?  Dan-  V linrtilnirc  <le  .Mousii'ur.  drossé  en  1701,  nous 
rolrou\erous  ipiclipics-uiics  ilcs  tapisseries,  cnnnnc  V Ili^to/'/r  de  Scij>i"/i  on 
V Enlnruiriit  d'Ilrlrnr.  Mais  les  tahicaux  u"\  liuun  ni  pas.  l'i-ul-èli'c  rnrcnl 
il»  Nciidus.  Cependant  pln-iciu-  il'cnliv  eux  il  non  di-  inuindivs —  Ici  ipic 
la  l-'iiinilli-  iDifiile  d'Air.;lrhrn\  dr  \an  l>Mk —  11  pai  aihiMil  dans  la  cullcclion 
du    Uét:cut   aM'C   colle  iuilicaliou  :    .1  prnvcnaut    de    Mnn-ieui   '.  .> 

Lu    it.71,    Mi.n-icuf    épousa    en   sccuidcs   uiiccs    l';iis;i|i,.||i -(  ili.uli  .tle,   (ilii-   do 

rKIccleur  du   l'alaliual   ipic   l.i    paix   de    Wesiplialle    a\ail    ii'lalili    dans    se>    lllal-. 

Celait    MiiiipioiiienI     ini    uiari.i;,'e    pnlil  iipi.'.    ..  \.,ns   cnniprene/    hieii.»    dis.iit    à 

celle  occasion    M"   di-   Sé\i;.'ué',    1.  la  joie  (piaïua    Muiisicin-   d'axnic    .a    -e    niaiier 

en  céivmoilie.  cl    ipielle  juie   encore   d'avoir     nue    U- ir    ,pii    n'enlend    puini    le 

rraiKois.  Il    La  jeune  princesse  u'.ivail  que  dix  neiif  an>.   \  la  MMiti'-.  elle  u'c-tait 

point    Im'IIo.  mais  c'é-lail    une  rouii l'opiil   el    de  linii   sens,  (pii  sid    très   \ile 

I.  \jk  rnlIiTlinii  ilr  Mniliiini-  iiu-rilonill  iiiii-  l'-liiitc  à  |i,iil,  (|iii  m'  r.'iilic  \k\s  iIiiiis  le  cadre  du 
|ir.-Miil  iiinniuiv  Jf  riiiii|ilr  |iulilirr  un  jciur  I7;iir/i/rii(v  ,lllrnrirllr  iC  (/ny/r/crrc.  dmil  \u.  de 
MmiiLiIkIiiu  un  rllr  i|ur  i|ii('li|iii-«  liKUi-s  ri'liiliMN  luix  liiiiiiaiix.  diipii'-s  mit!  Niuiplc  iiolo  nianus- 
rrilr.  llriV  i\r  Ji-  m-  «ni-.  i|iii||i>,  ,.  \rild».-i  dr  la  iiiaiMiu  dOriniiis..  (l/v/n"  .v  ,/,•  /•  |/-^  fninnm. 
1' «éri«,  I.  I",  p.  lui),  *«u<  iudicnlliiu  di-  «lurir.   l.liirrnliiirr  nriuiuiil  ('«iii|ii.'ii<l  iliiix  kik^  \»\ o. 


II.    I  u  i.ii  I.    m,    loi  is    \  I  V  ifn) 

s'imposer  et  |iii'iiili('  de  r.isccinl.iiil  Ii  l,i  Coin-  de  l'"i;iri(i'.  Iiicii  (|iir  son  iiwiii  m- 
l'v  aidai  irnî'ic.  Dans  sa  Corrrs/xiniliini-f .  d"iiii  loiir  si  alnlc,  -i  vif,  (,îi  elle 
parle  avec  laiil  de  hoiiiie  Imiiicur-  el  de  liiiesse  des  lioimiies  et  des  choses 
(pi'elle  voyait  à  Versailles,  à  Saiiil -liloiid  ou  à  Paris,  elle  a  tracé  d'elle-même 
un  portrait  où  elle  apparaît  sous  les  plus  fran- 
ches couleurs  : 

.le  suis  iii'e  à  licidcllicr-;.'-:  inn  mère  ne  m'a 
poili'i'  (|ii('  s('|)(  iiinis...  .le  ne  suis  \ ciiiic  cil  l'iaiice 
(|ii('  [lar  pure  ulK'issancc.  Dans  ma  prcmièic  jeu 
liesse,  J'ai  licaiicoii|)  mieux  aiiin''  m'amiiser  a\ec 
(tes  armes.  Iillrs  ijnc  do  rii>ils,  des  ('|){'es,  des 
pistolets,  (pi'aNec  des  cliilloiis  el  Ai-s  poupées.  Je 
ne  désirois  rien  laid  ipu'  de  poiiMiir  è.tre  fj-arvon  : 
et  ce  désir  a  l'ailli  me  couler  la  \ie:  car.  a\aiil 
entendu  couler  iiiic  Marie  Germain  l'Ioil  ilr\emie 
garçon  à  force  de  sanler.  je  me  suis  mise  à  saiiler 
d"nne  telle  façon  ([iie  c'est  un  vrai  miracle  (|iiejc 
ne  me  sois  ])as  cassé  la  lèle  cciil  l'ois  pour  une. 
\  mon  arrivée  à  Saint -Germain,  j'y  élois  comme 
lonil)ée  des  nues  :  la  princesse  Palatine  m'y  laissa 
toute  seule  et  s'en  alla  à  Paris,  .le  \is  hieii  ipie 
je  déplaisois  ii  Monsieur,  mon  ('poux,  ce  rpie  je  ne  doi^  ]ias  Iroincr  merveilleux, 
laide  autant  (pie  je  le  sui-^;  mais  je  pris  dès  ce  iiniiiiriil  la  l'eiiiie  i('s(dillioil  de 
vivre  avec  lui  de  lelle  iai^-on  ipi'il  s'accoiilumàl  à  ma  laideur  :  ce  à  (pioi  j'ai 
enfin  réussi. 


I.i    DLCIIESSE     DOL  lIHIKnE    11  ORLEANS 
TANTE   DE   «  MONSIEUR  » 

(D'.iprès   rénull   de   Pclitot) 


CoiiiiiKMil  s'y  prit  cette  étoiiiianl(>  feiunie,  (pii  avait  dans  l'inlelli^'-enCO 
et  dans  son  style  tout  raj.''r('iiieiil  cpii  iiiaiiipiail  à  sa  ligure,  pour  n'aiiser  un 
tel  tour  de  force:'  Klle  ne  le  dit  pas  pr(''cis(''ineiil .  (le  ne  diil  jtoiiil  être 
chose  facile  de  parvenir  à  \i\re  en  bons  ternies  a\ec  son  t'poux.  ;i  (pii  elle 
déplaisait  el  (pii  ne  le  cacliail  pas,  comme  aussi  de  prendre  son  rani;-,  de  se 
faire  aimer  el  rechercher  par  cet  essaim  de  reiniiies  aiinahles  el  coipielles  de 
Versailles,   si  dilTérentes  d'elle  sous  le   rappoit   de   l'i'diical  ion  el   des  fjoùls.^ 

S(jn  ainm'iniei',  l'alil»'  de  Saint-tieri  de  Marnas,  a  rendu,  avec  raison, 
liomnia;.'-!'  à  la  "  dioil  me  (pii  l'a  si  l'oii  dis!  in;;ii(''e  pendant  sa  Aie».  (Test  à 
celle  xeilii  ipi  iMr  du!  d'a\oir  raison  des  dilliciilles  dr  sa  silnalion.  Iniroduile  à 
la  (  ioiir  de  l'iaiHc  par  '<a  lanle,  I  iilii^lie  piince---e  palaliiK'  \niie  di"  (  ion/a;.;iie. 
elli'  ne  lui  i'e^«'in|ilail  pas  pour  rempli!,  pinii  li-  don  d  insinuai  ion  adroite. 
Siic((''danl .  en  outre,  ii  la  piviiilèie  Madame,  elle  en  l'Iail  evacleineni  tout 
le  contraire  pour  les  nïanières,  le  lour  des  peii>ees,  la  (U'-licalcsse  des  ^^oùls  ipii 
étaient    si    t'raïu.ais    cIkv    llenrielle    cl    (pii    resli'-rent    (  iiinpli'lemciil    allein;nid>. 

T.   I.    LE  l'Ai. Aïs-  nom..  j  1 


J-O  Lk     l'M.AlS-HOS  \i. 

jusqu'à  la  lin  flu'/  la  seconde.  (Jii  ne  put  tout  daboril  seni|iè(  lier  de  les 
conipaivr  l'inie  à  lautre.  «  Hélas!»  séeriait  M'"'  de  Scvigué,  en  parlant  de  la 
iu)u\elle  >enue.  «  hélas!  si  celte  Madame  pouvoit  nous  bien  rei)résenter  celle 
que  nous  a\ons  perdue!  »  Au  lieu  dune  lee  légère,  on  vit  la  leninie  épaisse 
«pi'a  dépeinte  Saint-Simon.  «  bonne  et  fidèle  amie,  sure,  vraie,  droite,  aisée 
:i  préxenir  et  à  choquer,  l'ort  dillicilt»  à  ramener;  grossière,  dangereuse  à  faire 
d«'s  sorties  publiques:  Iml  \llemande  dans  toutes  ses  mo'urs,  et  franche, 
ignorant  toute  eonuuoditt'  et  tonte  délicatesse  pour  soi  i-t  p()ni'  les  autres,  sobre, 
sauvage  et  avant  >.es  fantaisies.  »  l'".IIe  aiioi,iil  la  chasse,  les  cliicn'-.  les  exercices 
violents,  et  tandis  (|ur  Moii>;ieur  se  coiniiiaisait  aux  réceplioiis,  aii\  bals.  an\ 
travextissemenis,  an\  jiuv  de  caites  oîi  il  passait  tout  son  leiii|)^.  elle,  en  babil 
lit-  ebrval  et  en  perriKpie  d'Iionnue.  ('lait  i-onlinnellenienl  ii  cliasser.  l'.lie  a 
rai-onté  ipTil  lui  était  iu-rivé  de  tondu'r  vingt-cint]  fois  de  (licvai;  nn  join'  elle 
se  démit  le  bras.  Cel.i  ne  r.arrètail  pas.  Sans  aucun  sonci  de  jilaire.  n"avanl  pas 
la  moindiT  eiMpn-tteric  riKuinrlrli'  int'nie.  la  lidélitt-  et  riioiniein-.  elle  avait 
préciséniiMit  le  tenqiérameni  viril  i|iii  nianipiait  à  so[i  mari.  (  >n  lui  demandait 
un  Jour  pouripioi  elle  ne  doiniail  jamais  lui  roiip  d  m'II  an  iniroii'  en  passant  : 
«C'est.»  répondit-elle,  i<  parce  (pie  j'ai  trop  dainonr  |iro|ire  pour  aimera  me 
voir  laide  connue  ji-  sni>;.  »  Dès  la  naiss;mce  de  son  |)remiei'  iiilanl.  ii-  duc 
d'Orle.'Uis  lui  demanda  Ar  l'aire  cbambi'c  à  paît  :  elli'  accepta  avec  liunnc  hnnicni 
eelle  séparation,  d  aniani  plu-,  dit -elle,  tpie  «ec'toit  fort  ennuvenx  ipie  de 
dormir  au|>rès  de  \lun>icni':  il  ne  |ioiivait  sonll'iii'  (pidn  le  troublât  diu'aid  son 
soimneil:  il  falloit  donc  qnc  je  nie  lin^v,.  sur  le  bord  du  Ml,  au  point  ipie  parfois 
je  siii-.  tombée  comme  un  sac»'.  MeiianI  de  IVoiil  les  piall(pies  de  dévotion 
i-t  celle  de  la  dé'bau<-be  avec  si's  mignon-  comme  le  chevalier  île  l.oriaine.  son 
i-poiiv  .ivail,  an  lit.  des  babilndes  siiii^ulières  sur  le>i|iielles  M.id.nne  nous 
donne  un  ditail  bien  piipi.'inl.  \  oi<i  le  nVit  (|n'elle  en  lil.  longlenips  a|irès 
la   moi  I   du   duc   d"(  )r'lé'aiis,   i-n    i-->(,: 

Mi.ii^iriir  .1  luiijoms  lail  le  ii<-\n|.  Il  ma  lail  rire  une  fuis  ilc  bon  (oui.  Il 
ii|>pi>rlail  lonjiims  au  lil  mi  chapelcl  dni'i  |)i'iiilnil  une  (|iMiitité  de  médailles,  cl  i|iii 
hii  scrvnit  i"i  r.iire  SCS  prières  ;i\  uni  de  s  inilorniii  .  (Jnaiid  cela  éloil  lin! .  j'ciilcndois 
un  Kros  fraciis  ciinsé  par  les  méilailles.  ciiniiin'  -il  les  pionienoit  -on-  le-  (.nivcr 
lurrs.  Je  lui  dis  ;  <■  Dieu  me  le  panloiuie,  mais  je  soupçonne  ipie  vous  laites  pro 
imiirr  MtH  reliipifs  rt  vos  images  de  la  Vieiî,'e  dans  un  pavs  rpii  leur  est  iiieomm.  ■' 
Monsieur  répondit  :  ■  l'iiisc/  voii-,  donne/:  von-  ne  -ave/  ce  ipie  vous  .lil.-  I  ne 
miil,  jr  m.-  Ii-vai  tmil  doiicemrnl,  je  plaçai  la  bunière  de  inaiiiéie  à  <•(  lairei  I..11I 
If  lit.  et  au  uioincnl  on  il  pKMnciioit  -es  médailles  sou-  l,i  1  omm  rliiic.  je  le  -ai-is 
par  le  hiii»,  tl  lui  dis  i-n  riant  :  .  l'oiir  le  cou|>.  vous  ne  sauriez  iilii-  le  nier.  ■> 
Mon^iieur  se  nul  luis.i  à  rirr.  et  dit  :  ..  Nous  (pij  jixcz  été  huijuenolc.   v.m-  ne  savez 

I.  <.  irr.'t/MMi  id/inr  df   \lii'l'imr  hi  liiirh,-»tr  ililrlr'iut»,  rilil.    IIuim.i.   |.   \\   u.  ;tiMi. 


O'jpré»  la  plinclic  publiée  p.ir  Blondcl  { L' ArthllKlHri   franfalit l 


I.K      PM.AIS-nOYAL 


|)a>  le  pouxuir  des  reliques  el  des  images  de  la  Sainte  Vierge.  Elles  garantisseiil  de 
loiil  mal  les  pallies  (jiion  en  fiolte.  »  Je  répondis  :  u  Je  vous  demande  pardon, 
Monsieur,  mais  vous  ne  nie  persuaderez  point  que  c'est  honorer  la  Vierge  <pie  de 
promener  son  image  sur  les  parties  destinées  à  ôler  la  virginité,  'i  Monsieur  ne  put 
s'emp.VIier  de  rire,  el  dit  :  >  Je  vous  |)rie.  ne  le  dites  à  personne'.  » 

l'dur  aclicM'i-  le  taldcaii  du  méiia^'O  priiii-iei-  cl  le  iiKuiliir  dans  le  cadre 
(le  la  \ic  iiitiine,  il  laiidrait  parler  tics  visites  l'ougucusos  que  faisait  parl'ois  au 
I•alais-K<»^al  M"'  de  Montpciisicr.  latpicllc.  fuyant  le  Lu\cnil)our^^  (piClle 
habitait  avec  sa  hcllc-nicrc,  \ciiail  prendre  son  cousin,  Monsieur,  qu'elle 
alVectionnait.   à  léiuoin  de  ses  ipicii-llcs  doiueslitpics. 

La  grande  Madeuioiselle,  lillc  de  (iastou  d'Urli'ans,  axant  piis  S(Mi  parti 
tlo  tous  les  mariages  ro\an\  après  Icstincls  clic  avait  couru  pcndaid  sa 
jeunesse  orageuse  et  (pie  successiveuieid  elle  avait  manques,  était  toujours 
un  peu  agitée  et  en  l'air.  Son  raracicrc  entier,  hicn  (pi'il  se  calmât,  la 
mctiail  siiUNcid  aii\  piiscs  avec  la  (liiclicssc  .  ||  l'allail  a|>aiscr  ces  (lis|)utcs. 
Klisahclh-Charinllc  jouait  qnchpu-fois  le  nMe  de  médiatrice.  Hlle  y  réussis- 
sait. (In  l'appelait  la  /'tn/J/'f/nc.  Malgré  tout  sou  eU'ort  et  tant  de  (pialités,  il 
lui  falliii  iii-anmciins  hicii  tics  amices  pour  ai  river  à  sempaivr  tout  à  fait  de 
l'c-pril    de   smi    mari.    Kilc   a   dit    cilc-mcmc  : 

l)an>  les  Iriiis  dernières  années  de  mon  mariage,  j'avais  entièrement  gagné 
Monsieur,  mon  époux;  je  riais  avec  lui  de  ses  ])etiles  faiblesses;  il  en  hadinail 
avec  moi  >ans  colère,  sans  la  moindre  aigreur;  il  ne  soiiirrail  plus  (|ii°oii  me 
calomniai  auprès  de  lui.  Il  avait  eu  moi  une  parfaile  coniiaiice  el  pn'ii.iil  Imijoiirs 
mon  parti.  J'é-lais  précisi'iin'nl  eu  liaiii  ilèlii'  hi  ikinuiiiic  du  iimncli'  la  plus 
heiileusi'  loixpie  Dieu  m°a  ^é-pali'i'  de  ir  lion  piiiicc.  \ii  nidinciil  de  sa  lllnrt, 
je  vix  s'évanouir  saii>   rclnur  la    ii'compense  de   licidc   aii^  de   pciiii"-. 

l)iii.inl  I  aiMicc-  di'  son  second  mariage.  Monsieur  ne  lll  pas  cM'ciiler 
de  nolahles  Ii.iv;mi\  an  Palais- Koval.  I'"aut-il  pi/'^iimcr  ipic  sa  iiiuivclle 
é'poiisc  se  contenta  de  n-prendic,  sans  v  rien  changer,  rappartemcnt  Av  lelle 
qui  était  morte!'  (iette  ii-signalion  n'.iurait  pas  été  li.iiialc.  Les  Co/ii/ifi-s  ne 
purleiit,  |)our  iti;.!,  (piuiic  di-prii^c  iU'  lo,  >i)(i  livres,  n-parlic  cuire  le  maçon 
(lioo  livres),  les  charpentiers  {ii,-]-]'.i  livres),  le  inarhricr,  le  scrniricr,  le  peintre 

I.  tjiirrrifHHvlitnef  tir  Minliimi-  lit  luiehrttr  il'Orlnins,  l'-ilil.   Itni  >Kr,   I.  II.   p.    i-t'i. 

a.  La  MH-onilr  rniiiin-  ilc  (liiiloii  irorluin».  MiirKUcrilc  ili-  l.ori'uinc,  iipiv.i  lu  iiiorl  di-  son  iiiuri 
Ji  IU<>I<,  rUIl  vfiiiic  hnlHliT  li-  {tnlait  du  l.iixciiilxiiirK'.  i|u'iiii  (li-si;.'na  aliir<i  sons  le  iioiii  ili-  l'alnis 
ti'tirf  t  (Iriiv  lllh-^,  l'iuii- (lilc  Mnilriiiiiisfllr  ifllrlnins,   iii;iriri-  ru    il'ilii    îi  Cdmiic  ilc    Mi'iliijs. 

«ran  inr;  l'iiiilri'.  Mmli-m'iliii-lli'  il' Mfitron.  iii:ir'ii'-iMiii  iliir  île  (iiiJM'  ni  itit'i^.   Sa  licllc- lillr. 

la  kc  '  <  iiv'lli-,  linliil.iil  atrc  rll>-,  <•!  iiichiiiiI  nu   l'.iliiis  il'l  Ii'Ii'mii>   |r  (liiii:iiii'lii'  .'i  loiil  iii.,:i 

Qii.iitl ..  Vl.ii.u'  oli-  lll-  l.orniiiM-,  ••  dm  li>~.«-  dniiiilriiTi-  d'Oili'aiis  i-l  ir\lrii\-4in,  ..  clic  l<-iiiiliiu  iViil'Ui'nl 
«■«  |oiir>  au  l'AlaUd'OrliMiM  cil  itl;!.   I.i   llllilliil|ic(|iic  de  l'Vi>ciial  ioiimtvc  U'iiilcnssjuils  iiiaiiux  ril.s 

rciil|ilU   de  ilclallt  «iir   le.  il  p  ii*  •■«  de  m   nuis. .11.    -es  do Iic|iie>.   se>  riiiirnis»eiiis.    ><■>  a<  liais,   de. 

Iiimiiirarll  liili. 


i.i:    lui. itK    i)K    i.oris    XIV 


173 


La  BaroiiiiitTO  {'y>.'t  livres)  cl   Ic-^  lii  la-^sicis,  (|iii  loimiu'iiccnt  à  «  l.iliouicr  »  de 
IViiid   en   comble  le  jardin  (jif   i-e    \n\ir   va,   in    i(iy'|,  ('lahJii-  sur  sis  dessins. 


4t 

'  'à    /'"  - 

"^f^^^Ê 

Ji 

1^ 

fL 

II 

^^^^ 

^9^ft 

Wm 

^^^^^^^I^^^^^^^^^^^^^El 

Piii.l   p..r   l<:   Tilicn 


M  i:  It  i;  L  H  L     E  ->  b  E  I  U  >  .V  >  1     A     L  I  U  L     .V     L  -i  AL  u  t  I 
(Tahlcau    Je   la   Cli-ric    Ju    P.ilaiî- Royal) 


liii'ii  i|ii('  le  iKiiii  lin  ri'IM)!-.'  arlislc  n'a  |i|iaiaissi'  à  aneiin  inninciil  dan-»  les 
f<)Ni|ili-  (lu  l'alai-  IÎM\al,  (-"est  à  ccllr  dali'.  à  iMdii  a\is.  {|ii"un  ilnil  piaeer 
les  lra\aii\  (jii  il  lil  dans  le  jardin  et  (|n"()n  peni  lui  allrilnicr  a\i'c  ccililiide 
non    sciili'iiu  II!    parce   que   (ierniain    Hiicc   ralliinii'   ,    mais    parce   tpi  il    e\islc 

I.   Dans  Sii  Ih'srripli'ii,  ./.•  /'/iri.-.  (irmiiiiii    liiicc  ilil   ilii  j^inliii  du   l'.ilaU-UiiNiil  ;   ••  Jardin  divsst- 
par  l.o  Notic.  sur  lu   iiKHJrli'  dcu   Tuillui n^s.  -   ii;dili..ii   Ar   lùH-.  p.   .'if*.) 


11^',  I.  E    r  A I.  \  I  s  -  Il  n  Y  V I. 

(le  cette  époque  une  gravure  représeataut  le  Ptirterre  du  Piilnis-lîot/al, 
du  dessin  de  M.  Le  .Vautre,  gravure  dout  nous  publions  une  reproduction 
mluile.  Andi-é  Le  \iMre.  ou  Le  Naulre",  était  alors  âgé  de  soixante  et  un 
ans.  H  jouissait  »le  toute  la  grande  réputation  que  lui  avaient  procurée  ses 
In-aux  tra\au\  des  Tuileries,  des  bosquets  de  Vcrsailli's  et  d  ailleurs.  Mais 
il  n'était  pas  retiré  des  affaires  et  ne  s'était  pas  encore  eonliné  dans  les 
reclierclies  des  médailles  et  curiosités  au  milieu  desquelles  il  ne  termina  que 
vingt-six  ans  plus  tard  son  heureuse  vieillesse.  On  ne  peut  donc  être  suipris 
i|n<'  Monsieur  se  soit  adressé  à  lui  pour  transformer  l'aspect  des  alentours 
lie  sou  palais  de  l'aiis.  Les  dépenses  furent  d'abord  réglées  par  le  service 
do  Hàlimenls.  et  l'on  \  peut  relever  le  détail  de  ce  (|ue  conta  l'ensemble 
»lu  travail.  On  Nuil  ipie  c'est  De  Marie  ipii  le  dirige  (il  louche  pour  cela 
iSu  livres);  Houticourt,  le  vieux  concierge  du  Palais,  i|ni  pendant  dix  mois 
suiNcille  les  ouvriers,  reçoit  600  livi-es  de  gratification.  Les  alignements  sont 
tracés  par  Dupuis  (.'ioo  livres).  On  lait  venii-  des  (|uantilés  de  tond)ereaux 
de  terre,  du  terreau.  ■>.")'i  voitures  de  fiunier,  du  gazon  (à  Orieu  et  (lourals, 
'n)(i  liNres):  on  it'-laiiiil  le  rondeau  (à  Duez,  5oo  livres):  on  fait  le  «  régal le- 
nient  »  des  allées  ^l^  \annier.  ()oo  livres)  (pie  Ton  gainit  de  sable  lin  de 
rivière  (:i  Ledru,  8S1  livres:  à  Uaubert,  i|).'(  livres);  puis  on  arrose  le  jardin 
pemiinl  cpiatri'  semaines  (."ji.")  livres)  et  on  l'ait  diverses  sortes  de  claies  d'osier, 
berceaux,  treillages  (à  Lespais,  1 '1 1  li\res;  à  \atebant,  92  li\res).  Les  parterres 
sont  boidi's  de  buis  (le  jardinier  La  Koche  reçoit  a,i9.'{  livres  et,  en  outre, 
ponr  l'oniiiiluies  de  1  .STit)  bottes  de  buis,  -\->.  livres  8  sols).  La  dépense  totale 
du  jardin  alleignil  iTj.ooo  livres',  l'onr  en  achever  la  décoration,  Louis  \l\ 
permit  il  son  frère  dv  Iran^por  lei-,  (pnhpies  amiées  après,  diverses  statues  de 
pieiie  (jui  >»e  I loii \ aient  daii^  le  parc  de  \ei-sailles,  représentant  des  nymphes, 
-.ilMes,    l'ail,  ete.,    due-    aii\    ri>iean\   de   Leramberl   et   de   Ibiyster. 

Lu  inèiii'-  temps  divers  aintMiageinenls  lurent  entrepris  dans  l'intc'!  ienr  du 
palais.  soii-<  1.1  direellon  d.-  rareliiteele  Le  l'anliv'.  C'e-^t  (lab.)i(l  le  lli('àlre 
où  Molière  venait  ili'  moinir  (ly  iV-v  1  iei  ifiy.'S)  (pi'on  restaura,  l'onr  \  jouer 
ropé'i.i,  l.nlly  et  \i;.Mioiii  reioiveiit  nue  subvention  de  ."^.ooo  livres,  l'iiis. 
Monsieur  lait  iii^lallri  un  siipeibe  a|ipai'leineiil  an  eli<>valier  de  Loiiaine. — 
loujniirs  -m  les  fond-  de-  llAlinienls  du  Uoi.  —  (|,)ii|  un  nii'inoire  de  Le 
l'autre,   se  inontaiit   ii    l'i.'ioo   livres,   ne  nous  donne  jias    la   dexi  iplioii,   mais 

I  l.ii  vtTilahli-  «rMiiij<ni|ilir  l•^l  /.c  \„>lrr.  (:'.•^l  lllniiilfl  qui.  >,iii^  iiiolil.  iTiil  /,<■  \iiiiln-.  ilaii> 
Mtii   iiiivrnuf  f l.irrhilfliirr j,  le  11 Ir  l'arlMi'  ^uv  lu  |ilaiii-|if  que  iioii^  ii'|ir<Mliiisi>ii>  il'aini".  lui. 

».   «iiirrNKt.  t:i,mi)lr$  ilrt  Itiilimnilt  ilii  Uni,   I,   I".   col.   7'|,'>. 

.1.  ;*>ii/ ,  I  I",  r<il.  -\i\.  \iiliiiiK-  l.p  l'iiiiiln,  anliil.M  l.-.  nr  i-ii  nlji.  v\M  W  fn-ii-  ilr  Ji'im.  li- 
nlflirr  «rn»r(ir,  ri  pliii  jimir  i|iii-  lui  ilr  Iriil*  nw>.  1  ii  jk  li-  ili-  ililio  le  i|ii:ililli-  il'.,  iiirliilrclc.  iiiyiiili-iir 
ibi  iNKlIiiiriK  ilil  llciv  cl  iniilioli'iir  u'-iK-ral  <|l'^  lia^liiiHii^  ^\,■  Mniisiriii  li-  diu-  il'Oili'aii'-  '  Il  .1 M  . 
IHrliuimalrr  rrtliiiur ,    i"  l'ilil  .   ml.    --\. 


i.i:    inî.  KI-:    1)1     i.ori>    \iv  i-fi 

doiil  on  pinit  >-(•  li;jiiii'r  les  ('•Irj^iiiii-i's  |i;n-  l;i  (|ii,ilili'  des  ;;oiis  de  int-licr 
appi'lt's  il  \  li;i\,illlcr.  \)i-  l'aiiiu'c  itjyd  ;i  i(i])i).  rr  iir  soiil  ;;iirrf  (|iic  des 
réparai  ions  peu  iinpoilaiito  au  l'alais  l\u\al.  (  )ii  irlail.  par  ('M'iiiplc.  Tappar- 
Icniciit  (icciipi'  par  le  clicvalirr  de  Kcinidii  cl  (('lui  de  \l"'  lic  lilois;  le  scmI|)- 
Iciir  (  iliariiit'Ioii  '  ('\(''(iili'  le  lialii^lrc  de  la  ciiainl)!»'  de  \li  iiisiciir  (•?().")  livros), 
cl  on  diiic  celui  t]i'  la  cliaiiilirc  de  Madame  Cdi'i  iixrcs).  (Jn(_'l(pics  dt'cora- 
lions  Sdiil  pcinics  par  des  ai  listes  tels  (|U0  A.  Carnot  (aao  livri-s)  ou  (ioi^iiel 
(.")()()  lixKw).  (pii  lie  noM-i  -ont  pas  connus.  Des  glaces  sont  posées  dans  les 
pelils  apparicnienis.  dii  liieii  des  foyers  (\v  niarlirc  sont  ajoult's  t;à  cl  lii 
par  \l('Miai'd  ;  des  par(|ncls  soni  n'Iahlis  par  \la((''.  I",n  rt'sunié,  des  hagalcllcs 
(■(ininie  ((inslrncliiin  moiincIIc:  ('(ininic  Iransloianalions  iinpoilanlcs,  rien,  lin 
i(i(;(.  le  cliapiire  Ptildis-  /{oi/ii/  esl  ni('nic  coniplètenicrd  supprimé  dans  les 
('o/ii/)/(s  lies  lifitimcnls  du  Moi.  el  sous  celle  rubritpic,  mise  une  dernière 
ibis  poui'   mémoire  par  les  sciibes,  on  lit  cette  phrase: 

Le   l'alais-HdNal    a   clé   l)aillé   à    M.    le   dnc   dOiléaii-:    pallalil.   c>  :    iinnil  K 


I.i:   l'Vl.MS   Ho'i  M.  noNM-    KN   M'WVCK    M     HIC   noiti.ÉWS  (i(i(,M 

I, année  idi)''  mar(pie,  en  cll'el,  une  dale  cajiilale  dans  lliisldire  {\\\  l'alais- 
Hoxal.  C'est  alors  qui!  lut  donné  en  apanaj^e  par  Louis  \1\  à  sou  Irèic,  lecpiel 
jus(pic-là  ne  lavait  occupé  (pie  par  une  sorte  de  l'avcui'.  Le  roi  a\ail  d('jà 
comliie  (je  liiens  Mdiisicur.  Lors  de  son  mariaj^'c  a\ec  lleniiette  dAnjrleterre, 
il  lui  avait  doniK'  à  litre  dapauage  les  duchés  d'Orléans,  \  al(jis  et  (diartres, 
cl  la  sei^ncnrie  de  Monlaij^is.  Lu  iGj;»,.  il  y  ajouta,  comme  supiilémenl  le 
(IucIk'  de  \enionrs,  le  coiiih'  de  Donrdan  cl  Komoraiilin.  le  manpiisal  de 
(Joucy  et  Foleml)ra\.  Le  chef  de  la  maison  d'Orléans  ('tait  ainsi  eu  posses- 
sion de  la  plus  colt)ssaie  fortune  (pi'il  y  eût  dans  le  ro\aume,  avec  celle  des 
(idiide.  Ldiii-  \l\.  en  an^incnlanl  ces  richesses  par  le  don  du  l'alais-Koyal, 
olx'il  ;i  mic  arri('re-pensée  :  (■'('•tait  une  récompense  et  un  reinerciement.  Mon- 

I.  (.In isloplic  1  lliarriiclon  esl  moil  en  1708,  avec  le  litre  Ae  ••  sculpliiii  «lu  Unx  ..  s,,,,  11,1,. 
(jL-oi'gos  clail   iH'iiilic  l'I   fui  noiiiiiit-  niciiibrc  de  l'AcadiMiiic  i-ii    ililii. 

■1.  (il  iKutKï,  Ibiil.,  t.  1". —  Un  fail  est  à  noter  ici  :  en  lOS.'i.  Louis  \l\  iioiiiiiia  à  In  cliar-fe 
«le  capllaine  concierge  (lu  l'nlais- (loyal  le  duc  de  Kiclielieii.  en  icinplaccniciil  de  l'aiicieii  sei\ile(ir 
du  cardinal  de  Iticlieiieu.  Vnloine  de  l.esliiihlon.  (|ui  reiiiplissail  cel  emploi  aupara\aiit.  el  s'en 
di'inil  à  celte  épo<|uc.  I,'arii"'l  esl  dali'  de  "\  cisailles  ;io'  feviier  il)H3  ».  On  lit  dans  l'acle  dont 
une  copie  est  aii\  Aiclii\es  (ll'i.  -.1811  :  Louis,  «...ayant  eu  agréable  la  démission  ([ue  nolie  hien  anié 
\nloine  de  Trille,  sieur  de  Lestrublon,  a  lait  de  sii  cliarj^e  de  capitaine  concierffc  de  nostre  l'iilnis 
Ijinliiiiil  en  fa\eiir  de  nolie  bien  aiii»;  cousin  Vrinand-Jean  Dnpiessis,  duc  de  lliclielien.  pair  de 
l'rance.  ilie\alier  d'Iionneur  de  notre  très  cliere  et  Ik's  aiiiee  lille  la  Daupbine...  •.  Ainsi,  encore 
il  cette  c'poijue.  on  disiiit  le  l'iiUiU  ■  Cardinal  dans  les  actes  olliciels.  La  i«''lle\ion  (|ne  su^:t;(i'e  celte 
noiiiinatioii  est  la  suivante:  conuneiit  piil-il  y  avoir,  à  aucun  inonienl.  un  autre  capitaine 
concierge  que  le  duc  de  Kichelieu  ?  L'acte  de  donalioii  du  cai'diiial  ("lait  pourlaiil  assez  l'oriiiel  à  cet 
C)l,aiû.  Noyez  cet  acte  an   rlia|iilii-   I  '.    pa^e  W. 


1-G  l.E     P\I.  VIS-KOYAL 

sieur,  en  t-IU-l.  ik-  vciiait-il  pas  do  consentir.  \Hmi-  lui  plaire,  au  mariage  de 
son  fils  lMiilip|)e.  «lue  de  Cliarhvs.  avec  M"'  de  Blois,  lille  légitimée  du  roi 
cl  de  \|  d.'  MMutespau!'  Cette  union  projetée,  caressée  par  le  luunarque, 
réaii>ail   un  di-  ses   plus  cliers  désirs;   il  le  prouva. 

Il  \  a\ait  pouitaut  une  dilliculti'  dans  le  cadeau  du  palais  iiièiiic,  ;i  un 
prince,  ce  prince  lut-il  île  sang  roval  :  c'était  l'acte  de  donation  de  Uichelieu. 
Kn  effet.  l'acte  (\oyez  chapitre  I'.  page  ."ÎS)  portail  e\pr(>ssénient  comme 
couililiou  que  ><  l'IuMel  demeurerait  à  jauiai-  inaiiciialile  de  la  Couronne, 
sans  même  pi>u\oii-  «'Ire  donné  ;i  aucun  piiiice.  seigiirnr  ou  aiilies  personnes 
pour  N  loger  sa  \\i'  diuante  ou  à  leuips  :  rinlenlion  dudii  M'igiieur'  cardinal 
(■laid  qu'il  m-  sei\c  (pie  pour  le  logemeid  de  Sa  Maji'^li'  (|nanil  illc  l'aura 
agréable,  ses  sncci'ssein's  lloys  de  France,  ou  de  riiciilicr  de  la  Coinoiuie 
si'uleuieiil  et  non  autre».  Il  fallut  cherclier  des  e\pédienls  cl  jougler  avec 
11'»  Ifxli's.  I,;i  clioNC  ii'.dla  pas  toute  seule  el  pii'occupa  le  roi.  Dans  sou 
Jnitrftii/.  Dangeau  lui-niéuie  coid'esse  (pie,  ((sil  n  eùl  compté  sur  les  habiles 
(bi  (Jon-icil.  il  n'aiiroil  peut-être  pas  troiiM'  heaucouj)  de  l('galil(''  dans  cette 
affaire."  Vxcii  naïf.  Mais  les  ((habiles»  ne  inaïupii'iil  jamais  auloiir  (11111 
tîc'dic.  I.oiii-  \I\  t\\-{[\  pas  grand  mal  ii  triompher  des  sciii|)ules  des  h'gisles. 
(lu  ^iit  aicommodiT  les  argunicnls  à  son  gri'.  el  il  eut  \ile  sa!  isl'aclion.  f^a 
petite  comédie  (|ui  >-(•  joua  ;i  cetle  occasion  tient  loul  cnli('rc  en  deux  notes 
iiiauu><crites  coiiser\ees  aux  \i(ln\es  ualioual(*s ' .  Elles  ne  sont  pas  signées 
et  n'ont  ji.is  besoin  de  l'èlre.  (  )n  \  reconnaît,  sous  la  pliiMséologie  gouvei"- 
nenientale,  r(''ternel  jeu  de  la  nmse.ide  (ju'on  cheiclie  ;i  escamoter...  a\ec 
dignité,  .liii'.i  qu'il  sied  en  po|ili(|iie.  1„|  piemi("'re  de  ces  notes  est  une  consul- 
talion  et  eoiuuie  une  demande  di«-cr('tc  a(lrcss(''e  [)ai'  i|uel(|u"un  de  renlourage 
de  l.oui>  \l\  il  un  iuri>le  eu  (pii  il  apparaît  (pi'on  a\ail  conliauce.  Klle  est 
ainsi  eoneiie  : 

N'i/c  sur  lu  rnnrrssioii  ilii  Pdliiis- Royal  à  Mnnsiear. 

\.r  Hn\  (loiine  il  Monsieur  le  l'alais-Hoyal  pour  aiigmeiilalion  d'apaiiai^i' ;  il  ot 
(|lirMli(in  (li-ii  cxpi'dicr  \r-  i.cllics  iialcnles  (|iii  (liiixenl  èlic  \i'iilii'es  au  l'ai  lemcill. 
< 'liaiiiliri'   ile>    ('.iiniples,   rie. 

Il    -eiiil,],.    i|ii<'     |i,ii     la    (loiiali pii    a    l'Ic'    l'aile    à    S,i    Maje-li'    ilil     l'alaisKoxal 

p.iiM  le(.Miliiial  (le  Hicliclieil ,  (pic  .Sa  Majotc'  u'cii  peut  disposer.  Neiiiliv.  ali('iier. 
ni  iim'iiic  en  «loiiiici  lialiilalioii  (pi  au  plus  proclie  Inrilicr  de  la  Coinoniie  Moiisieiii 
n'a   pa-.  hii>Hr  ,\s   jnp-r  depuis  la  nais>aii(e  ,\i-   Mmisri-nein    le   Daupliln 

•  ■.KiiiMM-  !••  Hoy  ({('•«.ire  le  (loiuicr  à  Mmisieiii  el  à  >es  mk cessein -.  (I  i|ird  seroil 
Imiii  de  donner  (pirlipic  fondcnieiil.  Irniirrr  iiurh/iir  hniinr  niisnn.  <|iii  iih  II,  1,  lloy 
cil  clnl  (le  faire  celle  donalion  en  apaiia;,'e.   on   deiiiaiide   sur  cel.i   axi-  .1    un  projel 

Kl  (•(iliinii-  il   ne  faut   pas  i|iri|    paruisse  (pic  je  Hoy  d<uilie   loiil    son    hieii.   e 

I     \rrlii«<-«  iiiitidiinlcs,   l(^.   jNi 


i.i:    riiKiir.    ni:    i.oris    \iv 


ELIS^BETHCH^IRLOTEP^^I.  '3TI\t. 
Crl-^irl&jLoiUJ  Pt  ulceP  l/afirl  -^/i    I 

C/iafiaCeJ-  die  ^e Çut/ÙJt^neZyijri^r  \  -^ 

i^-j  matin  àe  /ytfcAc'cjtiji^c)6lrtilifuut 
/Sri^ertiaui  So/i  yfûe^j'e  ftoya/^  Afonj 
f^hufu^  âuRoy  Louuf  /e ^raiic) /     „j„. 


(^"l  (  Ht  J-^F  DOR1Jl4NS  FiHf   2e. 

j  -v /v<f^(  ffes^  e  Ce  ftc? Prince jjeNatfufC 

S*A     '  '/^cittrriSt-eir  ;'j^Cc£jjjaiKra  /&. 
J-'hilyj-^  3e  ft-ati£c?  Dite  dOf  ïeariit FyofV 


Gn.iVLiii;  popiLAiiiE  ni.  poutbait  nr.  L.v  duchesse  doiili:\>s,  seconde  iemjie  iie  mossieih 


Nciit  |(:iN  l'iiirr  miiciiiic  ^I i |)iihil ii m  <|ui  nssiiiT  (iii'cii  r:is  (|iic  les  siicccssi'iirs  do  Sa 
Miijolt'  \ciiilii--(iil  \  ciilici-.  iK  lie  le  poiiiliMil  (in'cii  iciiilMUii-saiil  hi  somiiu'  di-... 
Kiiscinlilr    II-    ili'ptii-i-    lie-    li.'iliiiicnls   (|iii-    Mimsii-iir   \    va    l'aire    r:iiic.    cl    ijn'il    y 

pourra    l'aire  à   ravenii'.    ipii    imnl    \\   plM<   île   .'î (oo   li\res. 

T.  I.  le  palais- nom..  '^ 


,.,§  LE     PAI.AlS-nOY\L 

Mais,  pour  opposer  la  même  chose,  on  propose  de  mettre  cette  clause  que, 
arrivant  le  cas  de  reversion  à  la  Couronne,  faute  dhoirs  niasles,  les  successeurs 
Rovs  seront  tenus  de  rembourser  les  dépenses,  améliorations,  bâtiments  et  acqui 
sitions  qui  auront  été  faites  par  Monsieur  et  ses  successeurs,  suivant  les  étals  et 
coraptcs  qui  en  seront  rendus  à  la  Chambre. 

On  veut  bien  accorder  cette  dernière,  laquelle,  quoi(|u'(llc  no  paroisse  stipulée 
qu'en  cas  de  reversion  à  la  Couronne,  assure  en  quelque  façon  (jti'oii  ne  pourra 
pas  retirer  le  Palais-Uoval  pendant  que  la  Hifuée  masculine  durera,  sans  au  moins 
faire  le  dit  rendjourseinent,  qui  est  un  moyen  tacite  pour  assurer  le  Palais-Roval, 
parce  que  le  remboursement  de  cette  dépense  approchera  presipic  du  pri\  <pie 
le  Palais-Royal  pourra  valoir  dans  ce  temps-là  si  on  a  envie  de  le  lelirer. 

Voir!  la  réponse  qui  fut  faite  par  le  jurisconsulte  anonyme  auquel  on 
avait  fait  appel,  et  dont  le  Mémoire  est  résumé  dans  la  note  que  voici, 
déposée  aux  Arcliivcs  : 

Mémoire  relalif  au  don  du  mi  à  Monsieur,  qui  a  pour  ohjet  d'apliuiir  les  difjifullcs 
naissniiles  des  clauses  oi>posces  pur  Ir  Cardinal  à  la  donation  qu'il  en  (trait  faite  au 
liai  en  lti3G. 

La  condition  de  la  donation  du  l'alais-Hoval.  d'rirc  inMliénal>le  à  la  Couronne, 
ne  fait  aucun  obstacle  à  la  donation  qu'en  veut  faire  le  Roi  à  titre  d'a|Kma^'^e, 
puis(|ue  les  aparuif,'es  ne  sont  conq)osés  <pie  de  domaines  de  la  Couronne. 

Mais  la  seconde  condition  par  la(|uelie  le  Palais  c^i  liurim'  |i(iiii  \  1(il;ii'  la 
personne  du  Roi  ou.au  moins,  l'héi-itier  de  la  Coinoiitu'.  (|ui  n'en  puurr,!  luriiie 
avoir  ((UC  l'usage  et  l'haliilalion.  sans  en  rece\()ir  le  don.  pourmil  l'uiie  nailic  plus 
de  dimcnltés. 

La  condition  posée  par  lUriiciicn.  (pic  le  l'alais- Royal  devoit  ser\ii'  à  Io;_fer 
If  Roi  peut  être  considérée  connue  inexécutajjle.  Mlle  a  i)u  être  ninplic  sous 
Louis  Mil,  parce  <|ue  le  Louvre  étoit  alors  peu  lof^eable;  mais  aujouidliui.  c'est 
\k  Palais- Royal,  au  contraire,  qui.  p;ii' sa  petitesse  d  \.\  (|iialili'>  de  ses  liàliiiiciils. 
n'est  plus  une  demeure  convcMaliJi'  ."i  la  •.'randeur  du  Uoi  cl  de  riKrilirr  de  la 
(Couronne;  tandis  (pic  le  Louvre,  pai'  sa  grandeur  et  sa  inagnillceru c  i.'|himiI  .'i  la 
Majesté  du  Roi.  Il  y  a  donc  connue  inie  impossibilité  nuirale  et  de  bienséance  dt- 
|iou\oir  exécuter  cette  eijudition  à  la  lettre.  Llle  doit  être  considérée  connue  celles 
qui,  en  termes  de  dr<iit.  sont  réjintées  non  écrites. 

C'est  encore  une  maxime  (pi'une  chose  soit  donnée  avec  une  cerhiiiieileslinalion. 
la  donation  n'i-n  est  pas  moins  valable,  fpioicpie  cette  desliiiiili.ui  n  ;iil  pas  élé  rem 
plie.  Ce  niisoiniement  peut  s'a|)pliquer  an  Palais-Royal. 

Cependant,  ipioiipie  ttmles  ces  considérations  paroissenl  indic  ieuses  et  foiles,  il 
fuiil  nranmnins  eon>eiiir  que  si.  nii  jour,  les  sner-esseurs  du  mi  on  l'hérilier  de 
In  C.ouronne  vouloient  contester  l.i  donation  du  P.ilais  Roval.  Ii m  aiilorilé,  jointe 
aux  terme»  préciH  do  l'nele  de  don  du  Cardinal.  |ioiirioieiil  jaiie  naître  de  séi  ieuses 
(linirullé.H. 

Au«i.i.     ponr    donner    pin-    rjc    Inndenienl    et    dr    e.adenr    ."i    celle   an-iuenlalion 


I.K     l'ItKIti:     1)K     LOUIS     XIV 


»79 


PHJUP£,S  DE.  FR^I\(  ^~':<C>fc(>:xA;''^ 
frffe  l^ttif^e  3e/.  cuis  leÇranà  (.  r    ^^r^/y 
France  erà'ûnrie  d'Clutfiche Nacqui.^^,  / 1  V^  )^ 

jà^4-o, a€,<poiise'enPKem'''/^opcc}^^;\     *  ■»^' 

2pf/nHjjà^a,Srer2Sé'r<7ndeJVi?i^rc'J\é^^^<^  - 
CcPrijce'J  donne  dej  Pretu/e<f  Bel^j/enrJ-^^'^  -^ 


_  _'  Z  ^uiuf  /e/iurte  Ji  oy  àe/ 
aS'^errrKMri  cv7  /Oye /<? z/, c^e  ^,     * 
f/!;r>i-iette  Siuardp//e  de  Char/e^ 
/71i7r-.r  jâo;,  /iicjue//e  ejtùecedeé  (à 
i^jpoiujr-  'iT/uaùef/i  C^'i''/ott&. — __ 

Je  Siiç/e  C'cnidiMte  datiii  taufeJ  /ej  Canj  = 


viiiK  l'oi'i  i.AiiiE  ni    loiniiur  dk  Mo>sitin,  uic  i>'oiili;\ns 


(l'jijiaiia;.'!'.  il  scinil  rirrcssMir  (l'i\|,liiiii(i  ,  dans  les  I.cllics  patoiilfs  (|uo  le  Hoi. 
cinisidriaiil  la  -laiidour  Av  hi  Mciiiarcliic  cl  d(>  sa  Coiinmiic.  lï-tat  llorissant  du 
RoNaiiiiir.  bien  siipriiciif  à  relui  (jnil  avoil  xMis  snii  |)ré(kri'ssciif;  el  voulaiil  donner 
niDNcii  a  Mdtisiiiii-.  IVi'ic  iini,|ii,'  ,],.  Sa  Majcsh-,  cl  à  ses  successeurs  inàlos  de 
soutenir    la   ;;randciir   de    leur    naissance,   a.    |)iinr   <cs    raisons,   lail   d..n    du   Palais- 


,So  LK     PAI.AIS-nO\AI. 

HoNul  i'i  Son  AHi'sse.  On  pounoil  encore  ajoulor  (lue  le  Iloi  a  pris  g;arclc(iuo  l'apanaoo 
primitif  qu'il  lui  a  (loiiné,  éloil  peu  eonsi(lérai)le:  el  si  Sou  Miessc  ou  ses  successeurs 
él..ii-nl  oI.II^h's  ilaclieler  un  i)alais  <pii  répoudil  à  la  ili-ruilé  de  leur  Maison,  ils  se 
Irouveroient  hors  d'étal  de  le  l'aire  sans  sincoiunioiler  uolahleuient.  Kii  sorte  cpien 
eel  clal  de  choses,  on  ne  peut  mieux  faire,  pour  salisfaire  à  riiilciilicm  du  Cardinal 
el  faire  honneur  à  sa  donation,  que  de  concéder  ce  [)alais,  à  litre  d'apanage,  à 
Mons'eur.  frère  du  Hoi  et  à  ses  successeurs. 

Il  sera  au.ssi  à  propos  d'expli(pier  (pie  le  Roi  donne  le  l'alais-RoNal  a\er  lnules 
les  aut;nienlalious  el  amélioratiousWpie  Sa  Majesté  et  la  feue  Heine  mère  \  (Uil  lailes. 

Il  sera  encore  à  propos  d'insérer  que  Son  Allesse  Ho\ale  el  ses  succes.seurs 
|>ourn)nt  l'aut^menter  et  l'améliorer,  comme  ils  le  Jujferonl  à  propos,  el  (pi'au 
cas  de  reversion  à  la  tloiMimne.  par  défaiil  d'hoirs  mâles,  la  \aliiii-  ilc^  aiiiiiiirn 
talions,  améliorations  el  (MMl)(lli>scmeiils,  sera  rendue  aux  hérilin-  du  (Kiiiier 
mâle  décédé. 

On  pourroit  même  insérer  (|ue  si  les  successeurs  du  Uni  vdnliiiciil  iv|)i(ii(h(' 
rapanaj.'e.  ils  ne  le  poiuidieul  faire  sans  donner  au  piiucc  (|ui  tn  jniiiioil  nue 
sonuue  à  fixer  pour  i'aiie  racquisiliôri  d'un  aulre  palai>  (|m  il  po>>éder(iil  à  même 
litre  d'apanage. 

Celle  clause  peul  sei'\ir  à  deux  lins:  elle  l'ail  Miir  (|u'ciii  a\oil  coiUKiissaiice 
(pir  le  Palais  ne  pou\oil  èlie  doiiiié.  à  cause  de  la  ili  sliiialinn  prc'cix'  imliquée 
pai-  II'  <  !ardiiial  ;  en  oulre.  clic  dninic  ime  sûreté  aux  p(i^-r-.-iiir-.  du  l'alai>  l'xixal. 
car  l'iuilemnité  étant  réglée  par  le  Uoy,  pour  le  cas  oii  l'apanage  siroil  re[)ris  à 
Son  \llcsse  ou  à  ses  successeurs,  les  héritiers  tie  Sa  Majesté  ne  |)ourroul  se  dispenser 
régulièri'miui   de  la   payer. 

H  faut  aijiuiii'i"  11'  pclil  clii'f-d'irux  re  de  casiiisl  iipir  cl  l'auihuc  IraïKpiille 
n\«'c  laquelle  laulrur  aniiiixnn-  du  inriudiie  suggèic  les  iiiolils  (|ii'iiii  devra 
iiiNdquer  pour  dnniirr  ii  Moii-iiiir  le  palais,  tout  eu  lais^aiil  "\iiir  i|iiiiti 
a\(>il  cdinmissaiicr  (pi'il  ue  piiuvoil  rlii'  dninii'n.  I.niiis  \|\  ne  s'cinliarrassa 
pas  (le  ce  griuinji'i'.  n'eu  liul  iiid  cninplc  l'I  lil  Mrii.  il  lui  >id1i'-.iil  d'iiiv  i  npicr 
sitii  lion  plai-ir.  I.cs  Icllics  p,il,ii|cs  ipTil  niidil  it  \ci-aillcs  iii  jcvilci  i(i(|'' 
el  par  lesquelles  il  dniiiia  il  son  frère  «la  iiiai-nii  el  li.)v|,.|  du  I ':il;iis- (  :,ii  ilin.ii 
eu  tiiiite  sou  eslrndui'  el  Ci )iisis|;ince,  laiil  en  liasliiiieiils.  (mius.  jd^enniils, 
jardins,  eaux  pniir  les  f. mlaiiies,  (pi'.iulres  di'qteiidances...  ».  iiMlii|iienl  -nu 
ciiinplel   di'daiii   des   \aines   pivcaulinns  juridicpies  (pi'mi    lui   imi-eillail. 

I)ès    ipi'il    fui    prnpiii'-l.iire    en    litre    du    l'alajs -Huv.il.    le    diir    d"(  )ili'aiis    y 

cotiuiieiiçn    les    grand-    liav.iiix    ilniil    le    pmjel    a\ail    ili'    dija     |iai      lui    arrrit- 

el  (|u'<jll   esliniail    ile\oir    s'i'-leser    ii    plus    île    .'înn.dun    liMcs,    (■uiuiue    le    dil     le 

iiiéninire  «lié  plus  haut,    il   lil   snigneiisriueiij    relever   lui    plan   du    palai-  il   de 

.H4'H    ili-|ieii(laiices,     indiipiaid     avec     exaeliliide     srs     ijinll-     de     jUMpiiili'     |hiiii 

fliaqiie  pnriie.  car  depuis  le  cardinal  de  Hii  ji<  lien   il  v  avail    une  lelle  iMidii-ii  m 

(.  l^lHi|ilM  niilriir»  ont  dit  l.-  ■,  j,iinaM.  I.m  I.-  i|iii  ol  iiii\   ViTliivr>  ii;ilii>ii,ili-s  poitr  I, nlii'ii 

du  liioli  lie  fr>riiT,  Mtu>  rollr  du  jour.  Vo)c'i  niu  l'item  jiitlijh-alirrs,  ii  In  lin  du  voliimr 


Jll.E»     lltllll<>ll>      MA>!.AI1T,     M  HISTK.VCIAM-     IIUS     IIAIIMEMS     DU     IlOI 

(Cliargc  par  le"  Duc  J'Orlans  Je  l'agraiiJisscmciil  Jii  Palais- Royal) 


l8a  LE     PALAIS-ROYAL 

dans  les  conshinlioiis  adjacentes  qui  s'étaient  élevées  autour  du  jardin,  du 
cùlé  de  la  rue  des  Bons-Eidants  cl  à  l'endroit  du  Palais-Brion,  qu'on  ne 
sa\ait  pour  ainsi  dire  plus  reconnaître  en  quelques  points  les  vrais  proprié- 
taires des  terrains,  (le  plan  fut  dressé  par  Farchitecte  D'Orbay,  ([ni  semblerait 
avoir  été  cliarjré  îles  rcjustmctions  nouvelles,  si,  d'autre  part,  les  lustoriens 
du  \NMi  sitM-Jc,  tels  (pie  (lerniain  Brice,  Blondel.  etc.,  renseignés  sans  doute 
par  la  tradition,  n'avaient  cité  Mansart.  Ce  plan  est  à  la  Bibliotbèque  nationale, 
niarniscrit ':  il  n'a  pas  été  gravé,  (le  (|ni  le  rend  particnlièrenient  précieux,  ce 
n'est  pa-i  seulcinciil  parce  (pi'il  conlieiil  des  renseigneniciils  ([u'oii  ne  trouve 
nulle  part  aillcins.  coiiuiic  l'indication  de  l'emplacement  des  écmies  de 
Monsieur  on  (■cliii  du  junlin  des  princes,  situé  alors  derrière  la  grande 
galerie  de  l'aile  droite,  mais  aussi  parce  (pi'il  est  accompagné  d'iuie  note 
signée,  (jui  nous  donne  avec  la  plus  grande  précision  les  éclaircissements  sans 
lesipiels  il  est  impossible  de  comprendre  la  topograpbie  du  palais  à  rcllt- 
époipie.  ^oici  cette  note,  (pii  permettra  au  lecleiu'  de  suivre  les  cxpiicalinns 
(pi'elle  fournil   siu'  le  |)ian  (pie  nous  reproduisons  : 

Mémoire  sur  le  plan  yriirnil  île  luul  le  ]*((liiis-lii)yal  cl  des  environs. 

Preini(''remeiil,  toiil  ce  ([ui  est  colorié  de  rouge  .sont  les  l)asliiiieiits  à  (K'tniiro 
(lu  jardin  du  Palais. 

La  place  luanpiéc  .\,  sur  la  rue  de  riicliclicii.  Csl  la  li(Milii[U('  cl  lo;;eiiieiil  on 
logcoil  le  sieur  nrinict,  charoii  du  Uuy,  «imil  le  lenaiii  c^l  du  Palais  -  Ho\al.  Ia(|ii(llc 
pince  est  à  coslé  du  nasliiuenl  oii  esloicTil  les  Vcadt'niics  de  Pciiiliirc  il  liVirhi 
lecture,  et  nii  Son  Altesse  Uovalc  fait  faiie  un  iHunean  a|)pail('iii(iil.  (.clic  place 
est  environ  à  .'<  toises   12  de  distance  diidil  apparlemeiil. 

\\\  Ixnil  (le  (l'Ile  place  du  eliaron  est  une  maison  iiiarquc'c  li.  a|)|iarl('iiaiil  à 
MM.  des  (^)innze  \ingls,  dont  la  dernière  n'est  éloignée  t\\u'  de  >rpl  pas  de  dislaiice 
diid.  appnrienieiil,  el  (pi'occupoit  encore  le  charon  connue  élan!  du  Palais  lloyal  : 
celle  ninisiiii  a  einiron  /|  toises   i/a  de  large. 

La  inuison  ensuilc,  inaripiée  G,  encore  de  '1  toises  r/2  de  large,  appai  lirtil  à 
M.  de  ltoin\ille.  ollicier  de  Monsieur,  dont  le  corps  de  logis  de  (lerri(ie  n  r^t  (|ir.'i 
li  pieds  de  dislance  dud.  apparlenienl  ;  el  dans  celle  dislaiice  de  (i  pied-,  il  \  a  lail 
de  pelils  nppenlis,  ii|ipii\é.s  .mii  le  iiinr  de  l'ace  de  cel  a|i|iaileineiil .  ic  <pii  riiiin' 
led.  innr,  el  ce  (pu  est  emilic  Iniilie  des  mai>iiiis  royales.  Ce  lenaiii  de  (i  pieds 
)lnil  du   moins  appartenir  au   Palais    H()\al;    de  nièine   (pi'au    derrière   de    la    iiiai>nn 

appartenant  aux  (Juinzc  \  in^rls.  et   peni   èhe  d' lislaiice   pareille  ii  la  place  du 

elioron  de  .'{  luises   l'-j. 

J'ai  denuuidé  à  M.  de  lloiiixjjle  s'il  a\oil  des  lilres  de  sa  niaiscni  (pii  i ipia-si ni 

in  dinlaiire  précise  ipi'ij  doit  y  avoir  entre  le  Palais  Hoyal  el  le  den  i(i-e  de  sa 
nialMill.   Il  ma  dit  ipie  e'.l..il  sou    p(*T4-  (pii  avnil  \endu  à    \l.  le  caidiiial  de  lUclielieu 

I.   (jibliicl  clc^  K>liiiii|H-i.  T<i|M)^ra|)liir.   l'iilnit-lloyiil. 


I.i:    FRKRK    ni-;    i.ouis    Xiv 


i83 


et  (in'il  ne  cidNiiit  \y.is  (|iril  n  :iil  t\r  (lisliiiicc  iiiiircim'c  sur  k-s  coiilrals  :  c'est  ce  (|U(' 
l'un    |)(vnri;i    >;i\ciii-   en    \ii\;iiil    ir>   ciiiili'.ils  ' . 

Ivn  siiilc  (If  la  maison  tle  M.  ilo  lioiinille  est  la  maison  inarfjuc'c  I),  ai)|)arlenant 
aux  hériliiTs  ile  M.  de  Flacouil,  d'environ  /|  loises  de  larjre,  d<jnl  le  derrière  es! 
éloif.Mié  d'environ  3  loises  1/2,  comme  à  la  place  du  charon;  ce  deirièrc  est  occupé 
par  les  frens  de  M.  le  marquis  d'HIlial.  (pii  y  a  fait  baslir  tm  petit  logement 
marqué  E,  aussi  apjjuyé  sur  Ir  mur  de  farr  du  nouveau  apparlcmcnl.  Il  y  a  en 
cet  cudi'oil  uiu*  ])clitç  cour  (pii  (Idiihi'  .-ur  \r  l\ii:iis  l(()y;i|  et  par  oi'i  on  y  Piitr(\  cl 
aussy  uiH'  siirlii'  sur  la  rur 
Saint -Honoré  par  la  luai^ori 
de  M.  de  Flacourt. 

La  dernière  maison  mai' 
(piéc  F,  d'environ  i.")  |)ic(!s 
de  large,  adossée  sur  le  mur 
du  Palais  Royal,  esl  de  \l.  de 
1/Kspiiie.  un  des  conlrùlcurs 
généraux    des    Bastimenls% 

qu'il  a  bâtie  avec  celle  de  M.  de  l'iacourl  en  nu'smc  temps  rt  dont  la  ])lacc  leur  a 
été  vendue  par  M'"'  la  duchesse  de  l'Aiguillon  (sic),  qui  eu  a  conuoissance;  une 
I)arlic  de  celle  |)lace,  ou  j)eul-èlre  le  loid,  pouvoit  bien  être  encore  du  Palais- 
Kiival.    piiiir   V    laisser  luu'  dislauce   ser\aul    de    passage. 

Au  lidid  (lu  cid-de-sac  de  r()|)éra.  il  y  a  eu  ictnur  une  pclile  cour  marquée  G 
où  S(uil  deux  petits  corps  de  logis  marcjnés  111  que  l'on  m'a  dicl  appartenir  à 
M""  la  marejuise  de  Francière,  où  logent  les  gens  et  équipages  de  M.  de  Cbalillon 
qui  ont  un  passage  par  dans  le  Palais-Uoyal.  Ces  deux  corps  de  logis  seuddeul 
(Mrc  de  la  suite  des  vieils  bastimenis  marqués  K  qui  sont  restés  de  l'ancien 
hôtel  d'Fstrécs.  qui  a  été  acquis  ]iour  le  Palais-Royal,  ce  qui  est  vers  la  rue  des 
Rons  Enfanis. 

\  costé  de  ces  vieils  biislimeids,  il  y  a  la  |)elile  ruelle  marquée  L  de  3  jjieds 
de  large,  qui  a  une  entrée  sur  ladite  cour  de  M""   de  Francière,   et  la  sortie  sur  la 


Si<riinlurc  autographe  de  De  L'Espiiie,  contrôleur 
clos  bàlimenls  du  Roi,  architecte  employé  au  Palais-Uoyal. 


1.  Voyez  aux  Pièces  justificatives  les  .{cquisilions  du  cdrdiiud  de  liiclielieii.  (Icllc  iiuri.soii  avait 
été  vendue  le  i8  novembre  iti/|i  à  Richelieu  pour  la  sonune  de  i3,3oo  Ii\res.  Le  contrat  de  vente 
spéciliail  ncllemcrit  les  limites  dn  terrain  acheté.  le(iuel  était  de  43  toises,  derrière  la  maison  du 
Cliapeau- Rduge  jusqu'à  une  marque  que  rarcliiteclc  1-e  Mercier  devait  lui-même  tracer.  Le  contrat 
dis^iit  :  "  Pour  séparer  laquelle  place  vendue  d'avec  le  surplus  de  ladite  maison  du  CliapeanlidiKje, 
il  sera  fait  un  mur.  aux  dépens  de  mondit  sei^rneur  le  cardinal,  dont  toute  l'épaisseur  sera  i)rise 
sur  lui,  lequel  nuir  demeurera  néanmoins  mitoyen  entre  ladite  place  vendue  et  le  surjjlus  de  ladite 
maison  du  Chapeau-Rouge.  »  Il  est  probable  (|ue  l'on  ne  vérifia  pas  bien  en  itiga —  malgré  la  note 
de  iJ'Orbay —  le  contrat  de  vente  de  M.  de  lioinville.  car  longtemps  après,  en  1-53,  un  héritier  de 
celui-ci  ri'clania  à  la  famille  d'Orléans  une  somme  de  31), 000  livres  comme  indenuiilé.  parce  que. 
disait  il,  le  duc  ri'Orléans  avait  acheté  en  lOiiz  une  aile  de  cette  maison,  qui  fut  alors  estiiui'C  à 
valoir  'i5o  lixres  de  revenus  annuels,  sonune,  ajoutait-il,  (pii  ne  fut  jamais  versée.  Pour  répondre 
à  cette  réclam.ition,  le  chancelier  du  duc  d'Orléans  à  cette  date  de  1753,  n'aurait  (lu'eu  à  se  référer 
au  contrat  primilif  de  vente.  Il  ne  le  retrouva  pas  à  ce  qu'il  parait,  et  préféra  invoquer  la  pres- 
cription.—  Voyez   Vrchives  nationales,  R'i,  281. 

2.  De  L'K^piuc  élait  fils  de  ce-  L'Kpine  qui,  conjointement  avec  de  l'iacourt  et  Boileau,  avait  acheté 
du  duc  de  Hichelieu  plusieurs  des  terrains  à  bilir  du  Palais-Royal.  Ce  fut  un  architecte  de  mérite 
et  qui  construisit  à  Paris  nombre  il'hôtels  renianjuables  a  la  Un  du  xvui"  siècle.  J'ai  trouvé  de  lui 
quel(|ui>s  devis  curieux  de  maisons  dont  la  construction  élait  projeté-e  à  Paris  el  à  Versailles.  C'est 
d'un   ^\l•  CCS  dix  iiruiMils  (ju'ol   tirée  la  signature  de  cet  artiste  reprodiiiti-  ici. 


1 8i  L  E      P  A  I.  V  I  s  -  n  O  Y  A  L 

riK'  (li-s  ISoiiJ.  Kiifuiil>.  liKiiulk'  riK'lIt-  e-l  (li'pciuliiiilc  du  INilais  linvil.  Di'  1  aiilic 
cosU-   (II-    lad.    luilii'  sont    pliisii'iirs   maisons   appailciiaiil    à    tles   parliculicrs. 

Au-tlevaiil  d'une  partie  de  la  façade  du  l'alais- Royal,  sur  la  rue  Sainl- 
Honoré,  est  la  plaee  inar(|uée  M,  où  esloit  autrefois  Iholel  de  Sillery  et 
d'autres  maisons  cpii  ont  été  acquises  pour  faire  celle  place  entre  les  deux  rues 
Saint-Thomas  du  Louvre  et  de  Fromentin,  pour  y  baslir  au  IVnid  des  corps  de 
yarde  maniués  N.  Ces  cor|)S  de  pude  ont  été  accordés  depuis  très  longtemps  à  des 
olliciers  par  Brevets,  cpii  y  ont  fait  baslir  en  ce  tcmjjs  des  logements  au-dessus  et 
ces  deux  petits  pa\illiiiis  (pii  avancent  sur  lad.  place.  —  Ce    i/i  avril   i('nj2. 

ironiiW. 

Il  ivssurt  avec  la  dernière  évidence  de  celle  note  cl  des  doi  iiniciils 
iraiililvcs  ipii  nul  été  cités  plus  liaiil  (jue  les  travaux  d  ai^randisseniciil  du 
Palais-Uoval  ne  furent  eidrepris  par  le  iluc  dUrléaiis  qwoii  ilicja,  ccsl-à- 
din-  a|)iès  la  donation  (pii  lui  fut  faite  par  le  roi.  Tous  les  auteurs  (|ui, 
au  win'  siècle,  otd  (!('•(  lil  li'  niuiuMnenl,  el  tous  ceux  ipii  un!  suivi,  ii  avant 
parlé  «pu'  par  ouï-dire,  sans  avoir  sous  les  yeux  de  reiiseigncmeuts  ceilains, 
ont  pensé  cpie  ces  tiansforniations  «lalaieid  daiuiées  antérieures  cl  ([uelles 
avaient  été  oidonnées  par  Louis  \1\  .  •  hi  vnil  (jue  c'est  une  erreui'.  Lue 
preuve  plus  |)osilive  encore  nous  est  fournie  [)ar  un  ex! rail  des  (\)iit/)lfs  de 
lit  Trrsitrrric  <li-  Monsieur,  pièce  absolument  inédite,  du  plus  vif  iidi'ivl,  (pii 
est  aux  Aiiliives  naliun.iics',  el  dans  Lupn'ilt'  se  liduve  intiiipice  la  --onnue 
«{«'•pensée  par  le  frère  de   Louis  \l\    |)our   les  nouveaux    iiàliiiuiils  du    Palais- 

Koval.    (lellc  souune   UKjnla   à    '^!)7.(Î;)'S    livres   i(i   sols    m   diiiiiis,    i    coni- 

piisi-  celle  de  \-).,<n)\  livces  pour  entretien-,  nunliles  ou  r(''paralioiis.  ainsi 
«pie  «-«-11)-  «II-  i.Soo  livres  pour  ac«iuisilion  en  idij.'i  d'ini  petil  terrain  appar- 
tenant aux  (hlinze-^  ingts,  leipiel  aniicipail  sur  la  couretie  ajoutée  al(us  près 
de  la  galerie  de  gauche,  sur  la  rue  Saiul-llouoré,  <'l  (pi'ou  aj^pela  Cour  i/c 
la  Hinirhf.  De  pareils  li'nioignages  ont  uiu;  autre  xaii'Ui-,  on  li'  recoiniaitra. 
«pie  les  assertions  des  l'iganiol,  (ierniain  hrice,  Thieirv  ou  Mlondel,  «pii — 
(  hn.niipieuis  (r«-s  souvent  mal  doeuiuenlt's —  se  sont  hornc'-s  ;i  accueillir  celle 
lt''gen«le.  sans  «loide  admise  «le  leiu'  lem|)s,  «jue  ce  hd  l.miis'MN  cpii.  «sur 
les  «inssins  «le  Jules  Ilardouin  M.uisart,  lil  consiruire  sm  un  euiplaeement 
«pr.n-cupMil  le  Palais  lirion.  »  et  .ijciuli'nl  ipir  la  galeiie  el  les  .ipparlemeids 
(loiuKint  sur  la  rue  Uiihelieu  «ifmcnl  «'levés  par  les  «udres  de  Louis  \l\ 
en  itijj'j».  En  noln-  siècle,  l-'ontaini'.  \  atout,  l'.d.  Kouruior.  M.  Cliahrol'.  se 
copifMil  le.H  nus  les  aidies.  oui  a.lopl.'  .le  conli.uire  la  h'-gende.  Sui'  ce  p^inl 
connue  sur  lieaucoup  d'aulres.  les  alliinialions  se  soni  produites  et  traus- 
nii.Hf!*  un  p«-u  au  lias.inl.  N'osl-cc  pas  «le  cille  fai.oii  «pic  .se  fait  le  plus  s«)uvenl 

I     \rchlti-4  ii.ili.>ii.il>'v  11^  i..<îli,  niliii  1.I1. 

1    «ill.riMl  Ciuiiu'ii     ;;iivn/i,r^  lie»  riclteuct  darl  de  Ui  Intncf.  Vini^.  l'I.ui.  in  S'.  I,  II.  p    n«,. 


iMiilM 


I.E     l'IU;UK     DF.     I.OiriS     MV 


i85 


riiisloirc?  Sans  allaclior  à  la  (|iicsli()u  iiiio  iniportaiico  qu'ollc  n'a  pas,  il  me 
scia  |)(Mini--  do  faire  remai(|ii(i-  in  passant  an  lectein-,  luie  fois  pour  loules. 
(|iie  si  je  relève  aver  (|uil(|iie  insislanre  celle  crrenr  parmi  i)icM  d'anlres, 
cesl  poiM'  évilei'  dèlrc 
obligé  (le  répi'ler  à 
eliaqne  instant  dans 
le  cours  de  celle 
élude  —  et  l'occasion 
s'en  présenteia  sou- 
vent —  cpie  tous  les 
faits  arlicuh's  dans 
ce  volume,  l'I  qui  se 
trouveraient  en  con- 
tradiction avec  de 
précédentes  monogra- 
phies, ont  été  sévère- 
ment contrôlés  par 
l'auteur,  sur  des  piè- 
ces originales  ne  piv- 
tant  à  aucune  conles- 
tation  jjossihle. 

Jules  Ilardonin 
Mansart.  à  (|ni  !<"  duc 
d'Orléans  s'adressa, 
dit-on,  poui'  les  nou- 
veaux hàlinicnts  (pi'il 
désirait    ajouter    au 

Palais-Uoyal,  était  déjà  alors  le  grand  Man-arl.  larrliilcclc  le  plus  en  vue 
qu'il  y  ent  en  Kurope,  cl  jouissait  à  la  Cour  dnn(>  aiiloiilé  extraordinaire 
que  lui  valaient  non  seulement  son  savoir,  son  adniiralile  talent,  niais  aussi 
ses  qnalilés  de  courtisan  et  la  faveur  sontenue  de  I.ouis  \IV.  Petit-neveu  de 
Frarw-ois  Mansart.  qni  avait  été  l'arctiilecle  de  Gaston  d'Orléans  ,  puis  «des 
hasiiments  de  Sa  Majesté»,  il  avait  éponsé,  en  i()()7,  à  vingt-d(>M\  ans.  la  lîlli' 
(l'un  trésorier  de  la  prévôté  de  France.  De  la  sorte,  larici'  dans  le  iiiunde 
à  l'âge  Mil  (i'iirdinaire  on  a  encore  à  vaincre  mille  ililliciilli''^  poin-  \  pé'iii'l  ivr. 
.lides   Ilardonin    Mansart   s'était   tout  de   snile   iini)osé   par   linnpleur   de   son 

I.  Jfi  (l.imio.  on  passant,  ce   rensei-mMiieiil   i-iion-  <li'  .lal.  car  je  IroiiM-  l.-   ii.>m  tie  l-raiiyois 

Mansarl,  et  le   cliime  de  ses  gages  annuels  sur  les   registies  de  la  Tn-sorcrif  <j,m,raU-  des  maison 

et  finances  de  Monseùjneur  le  duc  d'Orléans,  oncle  du  roy,  pour  l'année  IMO  (Arcluves  nationales, 
KK.  27.")). 

T.     I.     I.E    IMI.AIS-nOÏAL.  ' 


ETLDK     ORIC.INAI.E     D  ANTOINE    COÏl'EI. 
POUR     LA     DÉCORATION     DE     I.A    «GALERIE     D'ÉNÉE  »     AU     PVLAISHOÏAL 

(Dessin  incdit  du  Musée  du  Louvre) 


,36  l.K     I>AI..\lS-nOY.\L 

■'t'iiio  qui  cadrail  si  Ijion  avec  les  goùls  fasluoux  do  Louis  \I\  .  A  \ingt-luiit 
aus,  il  t'iait  uouiuié  pioiuior  arcliitocte  du  roi  et  se  signalait  |)ar  la  construt- 
lion  de  Ciagny.  le  château  de  M"'"  de  Montespan.  Les  écrasants  travaux  de 
Versailles,  de  Marlv,  de  Triaiiou,  sans  parler  des  Invalides,  allaient  porter  le 
cond)le  à  sa  réputation.  11  avait  à  peine  trente-sept  ans  quand  Louis  \IV, 
pour  le  réconi[)enser,   lui  ciinréra,  en    i(i83.  des  lettres  de  noi)lesse,   avant  de 


•Lûotun^A 


Si^iMliiii-  aulii^rraplH-  de  Jules  llardDuiii  Mansart 

le  nommer  intendant  de  ses  bâtiments,  jardins  et  manufactures'.  Mansart 
ne  put  refuser  au  frère  du  roi  le  concours  (pie  celui-ci  lui  demanda  \)0\w 
les  travaux  du  l'alais-Ku\al.  mais  il  tint  trouver  sans  diuile  la  hesof^ue 
bien  indigne  de  sa  siluatittn  et  de  ses  talents.  Il  ne  s'agissait,  en  elTcl.  (pn' 
de  restaurer  quelques  a[>partements  et  dajouter  au  vieux  monument  de 
Le  Mercier  ime  galerie.  Larcliitecte  fournil  (pickpies  dessins,  et  tout  porte 
ù  croire  qu'il  abanilonna  la  direction  des  travauv  à  dOibay  ou  à  de  i/l]spine. 
contrôleur  des  Hàlimenls,  tlonl  le  nom  se  lit  sur  quelques  plans,  (pii  sont  les 
urii(pics  cl  très  incomplètes  traces  subsistant  des  travaux  de  cette  épocpie. 
Aucun  devis,  point  de  cro<iuis,  pas  une  ligne  qui  soit  de  la  main  de  Mansart. 
Dans  les  énormes  dossiers  qui,  aux  Archives,  fournisscnl  pour  ime  jx  riodi" 
dr  plus  dun  siècle  toute  l'histoire  des  comptes  si  coni|ili(|U('s  de  la  lamilli 
d'Orléans  et  du  l'alais-Hoyal,  lien  ne  décèle  la  participalion  de  le miiiciil 
artiste.  Force  est  donc  de  s'en  rt'fé'rer  aux  maigres  indicalitms  cpii  mms 
sont  parvenues  sur  cette  galerie,  di'-lruite  ;i  la  lin  du  \viii'=  siècle,  pour  savoir 
ce  cpitrlle  était,  (iermain  ilrice  «'sl.  dr  Inns  les  anlcm-  ijui  en  (Hil  ])arlc.  le 
plus  explicite.   Ils'exprime  ainsi: 

Xxs  ni)UVr-au\  a|ipai'li'Mii'iiK  ipii-  l'un  a  ajoiilr/.  ;iii  l'^ilai>  loliil  dans  l'ciiciniil 
(III  IfH  Ariiili'iiiies  (l'an'IiilecliM  r  l'I  ilc  pciiiluii'  l'Iuicnl  lii;.r('<'--  aiiliclnis  muiI  iiicniii 
parulileiiiiMit  pins  Ik-miix  cl  |)lii>  Ih^^imMi's  i|iji'  lo  ;iMi'ii'ii>.  il  la  (ii'ciii'iilioii  ilii 
hàliliK-iil  pour  le  ilciiurs  en  csl  \t\v\\  \\\w<  ciHrcilr  cl  pins  iéj.'Mlièic.  Ces  ,i|i|i,irlc 
mnil.H  l'iiiiHitliMit  dans  un  ^.'liiiul  cmps  dédilicc  ipii  Icnnini'  à  la  i  uc  llii  lu  li(  m  . 
\m  fiirc  lie  ici  édifice  es!  oriu'c  kV'  driix  nidics  d  aicliilcclui  i',  Av  I  ji>iiii{iii  (I  du 
ooriiilliicii,   il   culniiiicH   ciif^a^jéu-s   d'un    tins  dans   li-    \ir  de   la  luaç im  .  mi    l.c 

1.   Kii   ifilV  C;f.  J«i.,  HieiiftiMMùrf  crHii\ur. 


i.K    riiKui'.    i)i;    i.ot  is    \iv  iRt 

Moi-ciiT  ;i  (Iiimik'-  des  pleines  de  s;i  (Mimciti' ;  :iiissi  peut  on  diif  (pic  licn  nCsl  |)|ii,s 
oorrcil  ni  iniciix  ciilriiilii. . .  ce  ipic  l'un  m  icidiiiiii  en  (•(iiisci\  :iiil  cxiiilciiiciil  les 
mesures  l'I  les  s\  iii('lrii-~  iiii\(pirll('-  (Hi  n'a  i  iili  ilianL:i'':  un  s'esl  •^rnliinclil  eciiileiilô 
de  raf,M'i'cr  l'onNia^c   el   d'ailic\ci-  qnilipn's   |iarlic's  (pii    \    iiiaMipinicnl , 

Donc,  le  vieux  liàliiiieiil  (lù  ('lail  la  liiliiii  illièi|ii('  de  lîiilieiit'ii,  el  iiiie  nous 
avons  vn  dans  li-slanipe  de  Maiol  ip.  l'iTii  lut  laissi'  delioiil.  (lninine  coiis- 
Iniclitin  enlièrenienl  niMivo,  il  iiy  ciil  que  le  bout  do  galerie  sur  la  luc 
Kiehellen,  longue  d'environ  (piarante  inMros'  ol  qui  ne  peut  pas  ajouter 
grand'ehnse  à  la  gloire  de  Maiisait,  si  e'esl  vraiineiil  lui  ipii  on  es!  Taulenr. 
^(^i(•i  ee  ipien  dil   (ierniain   ni'ico^: 

l  ne  iiiiiixelle  «raleiie  a  ('li'  ajoiiléc  on  roloiii-,  dont  r<'\l('rienr  np  répond  pas, 
à  la  Ni'iili''.  au  pii'iÈiiiM'  oiniai^c.  mais  ipii  l'ail  ecpeinlanl  un  ell'cl  passable,  |)aroc 
qui'  la  déeoialion  eu  es!  yraeicusc,  ipioitpie  d'ailleurs  les  leiièlres  cintrées  ne 
plaisenl  pas  à  (oui  li'  monde.  L'archlleclurc  de  celle  galerie  est  tout  entière  de 
Jules    llardouiii    Maiisarl... 

CoMune  appi(''cialiou,  cost  pluli'il  froid.  In  dos  avantages  do  la  noiivollo 
ilisposition  du  palais  ('-lait  do  lairo  l'açado  sur  la  rue  Iliclioliou  ot  ilc  Ibrnior  une 
sorte  (le  (piadrilalère  ouvert  sur  le  jardin,  ce  (pii  pcnanit  do  créer  un  autre 
pelil  jardin  en  reliait,  (pi'on  appela  jai-iUn  de  pra/n-ctr.  l  ii  autre  a\aiitago 
oucoro,  c'est  (pie  oos  nouvoauv  liàtinienis  aiigniontèrent  sonsiblomoiit  le  palais, 
ce  {pii  (létoianina  Monsieur  à  modillor  son  installation  dans  les  a]i|iartoineiits. 
Il  délaissa  quelipie  pi'ii  la  |iarlie  du  c(">l(''  droit,  où  axait  été  autrefois  \iino 
(rAiitriclie,  pour  se  loger  do  préféronco  dans  la  partie  iumivo  ou  rostaun'o  du 
côté'  gauclio,  ipii  ])rit  grand  air  ol  où  les  chanibr(>s,  pourvues  do  dégagenionts 
ii!dis|ieiisabl('s  el  coiniiiodes.  fiireul  aiii('iiag('os  avec  le  luvo  et  le  confortable 
quo  les  |)lus  récents  progrès  avaient  fait  adopter.  (Test  lii  (pie  furent  t'tablis  les 
grands  appartoinouts,  la  cbambro  do  parade,  avec  les  divers  cabinets  ipii 
reiiloiiraieni ,  celle  de  la  (hiebesse  (l'(  )ilt''aus.  (pii  doiiiiait  sur  \o  jardin  i\c 
pru|)rel(''.  La  collei  lion  de  tableaux  occupa  principaleiuont  la  galerie  de  la 
rue  ilicholieu,  ipie,  dans  V Inventaire  de  Monsieur,  ou  désigne  sous  le  nom  de 
Galerie -Neuve,  qu'elle  garda  pendant  plus  do  vingt  ans.  Elle  fut  d(''corôo 
par  Antoine  (loypel.  le  peintre  favori  du  Hi'genl.  f|in  rominença  cet  important 
lra\ail  en  i<ii)'i,  et  le  lermiiia  en  170,"),  comme  le  |)roii\('nl  les  Coni/>lcs  de 
la   Trésorerie  de   Mnnsiriir  citi's    plus    liant.    Dès    idl^^i),    Antoine   (]o\|)el    avait 

I.  CeUe  (limonsioii  nous  est  fournie  pur  les  pl.iiis  di'  D'Oibay  ri  de  lU'auniiii.  iiiic  inuis  lepii)- 
diiisoMS.  On  y  voit,  i-n  clTc'(.  que,  sur  la  rue  lUcliclicii,  la  (.'alciic  occiipail  prcsipu'  l'iilièn'ini-iil  trois 
dos  emplaccnicnts  léscrM'S  en  ili.ili  par  Iiî  carilinal  pour  la  conslruction  de  l'Iiolfl  ilonl  il  préxoyail 
la  conslruction.  Or.  chacun  de  ces  eniplaccincnts  avait  sept  loises  de  largeur,  ainsi  ipron  l'a  conslali' 
dans  li's  chapitres  précédents. 

a.  fîcrniain  liitiu:.  Drmriiilwn  dr  tu  riV/c  <!<•  Paris  (huitième  édition,   172Ô,  iii-ij).  t.  I  '.  p.   Ji-. 


,,v<f5  LE     PAI.AIS-KOV  AL 

pris  l.'  titiv  tic  /iremifr  pcinlir  de  Son  Altesse  Jîoi/<ile  Monsieur'.  A|)i);iivni- 
iiu'iil,  ce  u't'-tait  pas  sans  iiiolil'.  ]a'  duc  il'OrU'aus.  ipii  axait  l'ail  diroicr  |i;n- 
le  pcii',  Noël  Coypel,  plusieurs  salles  ilu  Palais- lloyal,  avaul  ijuc  celui-ci 
pailîl  pour  Uouie  connue  dirccli'ur  de  rAcadéniic  de  France,  continua  sa  pro- 
tection au  lils,  d'autant  plus  (juc  le  jeune  arti-te,  rcveini  d'Ilalic  vers  1C82, 
était  dijii  en  réputation,  et  avait  peint  à  (^laiiu\,  <omine  il  devait  le  laire  aussi 
à  Nersailles,  des  compositions  décoratives  dont  ou  disait  l)eauc(Hi[)  d'élo^n-'s. 
11  le  nonnua  même,  ou  le  sait,  professeur  de  di'ssiii  de  -mu  liU  le  i\{\r  d(> 
Chartres.  Coypel  l'ut  avec  Mignard,  Nocrel  et  Colelle,  parmi  les  peintres 
préférés  de  Monsieur  \ 

Le  Palais-lloyal,  à  celte  épotpie,  ('lait  comme  un  icnet  <le  la  Cour  de 
N'ersailles,  et  étalait  toutes  les  majiuiliceuces  de  la  mai-ou  de  Monsieur, 
lequel  aimail  aulant,  sinon  plus  encore  que  sou  l'ivre,  les  cérémonies  fas- 
tueuses, el  \cuail  assez  souvent  à  Paris  In'mer  à  sou  aise  au  milieu  de  ses 
courtisans.  On  \  avait,  comme  le  reiuanpie  Saiut-Sinioii  ',  plus  de  liberté 
(pi'îi  \ersailles:  mais  c"i''taienl  les  nièuK^s  prodigalités  de  liive  elTrt'ué,  les 
mêmes  richesses  de  costumes  et  <le  pann-e-.  La  iioiiilniMisc  -ociT'Ii'  de  sei;:;iieurs 
élé^'ants  ipii  y  frécpientaieiil  l'oimail  \i\\  centre  di'  hiillanle  el  lmiinllueu<e 
ffaieté',  où  venaient  ahoulir.  en  i\r<.  couNersalioiis  assaisomuTs  i\r  l'oiuil 
du  leuqis,  les  cancan-  di'  la  \ille.  \  cl^Kpie  iii<lant,  ce  sont  des  l'èle-  dans 
lescpielles  on  dé[)l()ie  louti^s  les  iuijéuiosilés  sonq)tueuses,  tous  les  ralline- 
menls  de  la  splendeur.  Monsieur  n'('lail  plus  Jeune  alors.  >>ous  ne  sommes 
[)lus  il  l't'potpie  011  Philippe,  iil-  de  l'ranee,  d('^uisé  eu  roi  d(>s  Persans, 
pren.iil  la  lèle  d'un  des  (piadrilli-  du  i'ameuv  carrousel  orjjfanisc''  pai'  l<'  roi 
en  ifili.*',  ni  .iM  lenip^  où,  rexeiianl  des  eaiiq)ajin<'s  de  la  l'Iandre.  le  peuple 
de  Palis  racchmiait  .  Mai-  (pioiipie  alourdi  par  l'àiic  il  ^;arde  loiijouis.  ;iu 
milieu  <les  plaisirs  de  la  (ioiii-.  ramoin-  de  soi-même,  le  soin  de  -.on  \i-ai:c, 
de  son  li'inl,  de  s;i  pi'Mii  liiii'.  Il  adore  loiijoiii-  le-  iliaiiiaii  I -.  les  liejles 
parures.     ||    donne,  en     ii>f<i),    au    Palai--hoval.    une    loleiie    de    l.lJMnv    donl    le 

I.    Iluii-.  Miii  iK-tf  «11-  lllilliiljjo  illl  7  l'cM-ii'l-  KiScj.    Il  iiviiil  iilnis  \iii;,'l-liiiil  ni\<.    (,l.   .1  \l..  liirliniitiiiirc 

iTl/il/IK-. 

1.  MiKHiinl  liiToia,  n\i'c  Jcitn  Noirci,  le  rliàU-nii  tic  Saiiil-Cloiid.  Jimii  NockI  fil  iiii  porirall  de 
Mmitiriir  •  ili'lmiil.  r<ni\i>il  d'un  iiiniiUMii  loynl.  Iciiaiil  une  couronne  sur  une  tiible  >•.  fjnuideur 
n.ihiri-.  Il  (-litll  |>lnré  iiu  l.ouxre,  dans  l'appiu  Icnicnl  de  ht  reine  mère  lliirriilniri'  îles  lahtniii.r  ilu 
r<,r,  rMiijr  jinr  IIiiHIy,  pnlilit-  |>ar  1'.  Kmîkiiwo,  i.Sç(().  In-,S\  p.  .imi).  Nocrcl  lit  aussi  tin  porlrail 
d«'  la  diiclicMc  d'Orlcnns,  \n\\v  joo  li\rc.s  le  jN  mars  ifil»)  itit  iihiky,  '.nm/i/cv  drs  ll'iliini-nls,  t.  I'. 
col.  .T>«()    l.c  llls  lie  teliii  ci,  (  IliarIcs  Nocrel,  avait  la  cliarj,'c  tic  premier  \alct  de  naiile-iobe  tic  Monsieiu-. 

3.  S\|%T  Siuo?i.  M^moiiTt,  l.  \,  p.   rji],  s.'îk,  •i.'t'i.  -j',!. 

4.  \o>e/.a  la  r.lialroKiaphie  dti   l.otivie.  la   série  des  (piatre-\in);l   (li\   plai:<lics  repicscnlanl  ce 

rarri.ii»)    .|..,,|i„.,.,  ,.i   ^nivé< l,-i  sons  la  tlircclioii  de  Henry   de  (ilssey.    I.a  «ra\ine  reprisenlaiil 

^'  ""■'"' iMi^.nt  le  cpiadrille  «le»  l'ervms,  avec  le  maripiis  de  Villeroy.    le   o>mle    du    l'Iessis,   le 

'""•I '•■   •'   "   '    i"!'    le  clie%alier  de  Holiaii,  le  prince  île  Marcillac,   etc.,  fsl  de  \\   Cliauvcan.   Nous 

ri'l  fi-ii  iini  tf  fi-rn j,-tidy  \  Jiiillfl  ilaiis  In  iilnrr  du  l'idiiis-Huyal  pxnr  VUciiniisc 
'  ,■■,.■  m   i' de  ',  p.  iltililiiitlié<|iie  Ma/aritte.  IlisI    de  I  lance.   looi  i. 


HISTOIRE     DU     PALÀIS'ilOTAL 


/ 


.''V 


'.-^-r^^'T  ~  ■';?  ■•'1  ■':''"''. 


' -^^TSW- ]•>'.'■!'•"  "-'.'.'''!W; 


\M(iiNi:  luvi'Ki.  :  lirtDEs  l'Ouit  l.v  décoiiation   ui.  l\  galeiue  u  i'.néi;,   au   i-ai.ms  hi'^m 
Fac-similés  des  dessins  originaux  de  l'artiste,  conservés  au  Musée  du  Louvre 


i.K    l'ui; m:    di:    i.oi  is     \  i  \  ,j5q 

Mercure    rend    compl,..    m    in,nli,,,inaMl    l.'s    (.l.jrts    M,.,n.,|,'.s    |..ii-    Irs   ;(iin;.l.l('s 
invitées  ■  : 


liniiK   (les  Diiiiirs  à  (pii   It'   1ki/:i 
II'    l:i    Chine,    uni'    porrolaiiu'   c 


lis  a  l'ait  écheoir  : 
une    autre  parnic 


0.1  m  (ics  l)ilK.ts  à  ronlinaiio  avpc  ,1,-s  iimii.'rus.  ri  voiry  les  I,,|s  i|iii  ,miI  esté 
lirez  selon  t-es  nmni'ros  aw 

Madame,  une  table  roi 
d'or. —  Mademoiselle. 
un  cabaret  jj;ariiy  de 
sept  porcelaines  cl 
d'un  éventail.  —  Ma 
dame  de  Ventadour, 
un  cabinet  de  la 
Chine,  une  porce 
laine,  une  boète  d'or 
et  un  éventail.  —  Ma- 
dame de  Chasiilloii. 
une  porcelaine,  un 
gobelet  et  un  étuy  de 
vermeil.  —  Madame 
de  Chateautiers,  qua- 
tre boutons  de  dia- 
mans  et  d'émeraudcs. 
—  Madame  la  mare 
ehale  de  Grancé,  im 
cabaret  de  la  Chine 
garny  de  dix  pièces 
de  porcelaines  et  d'un 
éventail.  —  Madame 
de  ÎNocé,  une  choco 
latière  d'argent,  une 
porcelaine,  sept  bon 
tons  de  chocolat,  et  une  boMe  de  llié.  —  Madame  de  (oancé,  une  cave  de  cristal 
de  roche  garnie  d'or.  —  Madame  de  Mecklembourg,  un  bandège  garny  d'une 
porcelaine  violette  et  une  bleiie,  une  paire  de  gands  et  un  éventail.  —  Madame 
de  Grandmont,  un  dé.shahiih''  de  satiné  gariiy  de  trois  pièces  de  rubans,  une 
paire  de  gands  garnis,  un  évcidail  et  une  petite  boète  de  la  Chine. —  .Madame 
d'Armagnac,  des  paravents  de  la  (lliiiie. — ^  Madame  de  Valentinois,  une  sous-coupc 
de  la  Chine  garnie  de  deux  porcelaines,  deux  paires  de  gands  et  un  éventail.  — 
Madame  de  la  Ferlé,  une  belle  cornelle  d'Angleterre  avec  son  bonnet.  —  Madame 
de  Montauban,  une  table  garnie  de  son  tapis,  une  bourse  de  jetions  de  vermeil, 
une  boète  et  quatre  livres  de  bougie. —  Madame  de  Foix,  im  cabaret  garny  de  ses 
porcelaines  et  un  éventail.  —  Madame  de  Porlsmouth,  une  écriloire  de  la  Chine 
garnie  de  son  encrier  et  poudrier.  —  Madame  la  princesse  d'Fjjinoy,  une  paire 
de  pendeloques  de  diamans  en  poire.  —  Mademoiselle  d'Espinoy,  un  bandège 
I.  Mercure  (jalaiil,   juillet  i(J8(j,  p.  178-18O. 


1:11  DE    dastoim:    cotpel 

l'OUn     H     DKCOK  VÏIO.\     DE     L\     I  GALERIE     D'ÉXÉE  » 
(Dessin  iiiidit  du  Musi^c  du  Louvre) 


\l       l'M.Al>-li 


iqo  'K    PAi. \is-noYAi. 

garny  dune  porcelaine  et  de  la  soucoupe,  deux  éventails  el  deux  l)oèlcs  de  la 
Chine.  —  Mademoiselle  de  Melun,  un  cabaret  garny  de  porcelaine,  el  un  éven- 
tail.  Maiianie  d'Alleuy,   une  étoile  en  poinçon. —  Mademoiselle  de  l'itiuie,  une 

busquière  de  toutes  pièces.  —  Mademoiselle  de  Clisson.  deu\  petites  jattes  de 
la  Chine,  une  paire  de  flambeaux  de  vermeil,  et  quatre  paquets  de  bougie.  — 
Mademoiselle  de   Rou\ray,   une  samaritaine  émailléc  d'or,  enrichie    de   diamans. 

Madame   de    Liscoiief,   six  plais  de   porcelaine.  —  Mademoiselle    Soucelle,    une 

f'rande  cave  d'argent  garnie  de  plusieurs  pièces  d'argent. —  ^tadame  Mcnneser, 
un  petit  cabinet  de  la  Chine,  garny  de  ses  tiroirs,  el  un  éventail.  —  Madame  de 
Beauvais,  un  coffre  de  calembourg  garny  d'argent,  plusieurs  piùvcs  de  gans  et  un 
éventail.  —  Mademoiselle  des  Hordes,  une  boète  de  la  Chine  et  deux  éventails. — 
Mademoiselle  de  Busca.  une  étoile  en  poinçon.  —  Madame  de  Furstemberg,  une 
boète  de  la  Chine  garnie  dim  étuy  de  vermeil,  de  deux  paires  de  gands,  d'une 
petite  boète  de  la  Chine  et  d'un  éventail.  —  Madame  de  la  Kare,  un  diamant 
incarnat.  —  Madame  de  Hullion,  une  jupe  de  brocard  d'or.  —  Mademoiselle  de 
Nentailour,  un  llacon  d'or.  —  .Mademoiselle  de  Mennehnil.  un  liaiidèi^'e  garny 
de  deux  lasses  et  de  deux  soucoupes,  une  paire  de  garnis  et  un  é\entail. — 
Mademoiselle  de  Fontenay,  une  agaçante  de  diamans.  —  Madame  de  Tamboiuieau, 
une  r<d)e  de  chambre  île  brocard  d'or.  —  Madame  du  Rduvre,  une  croiv  de  rubis 
et  de  diamans  avec  son  coidant. 

N'v  a-l-il  pas  do  ([uni  rire  l'hloui  de  la  ricliesse  île  laiil  de  cadeaux.^ 
Iavs  loteries  de  Monsieur,  au  l'.ilais-Uoyal,  valaieiil,  certos,  celles  cpie  le  roi 
doiuiail  il  Nersailles.  Collo-ci,  outre  (jii'elle  nous  monlro  très  au  coniplel 
la  société  de  feuimos  que  rocevaieul  le  diK  et  la  duchesse  d'Orléans,  nous 
renseigne  sur  la  nnido  qui  Taisait  alors  fureur  de  colleclionnei'  des  porcelaines 
(!'•  la  Chine.  Le  frère  du  roi  avait  éli'  tui  des  premiers  à  en  donner  l'exi-inple. 
et  son  palais  était  litté'ralenierd  r(Mnpli  de  ces  objets  de  iiniositi',  ainsi  ([u'eu 
lé'nif)ign('  son  /firc/itnirf.  floniiaissanl  celle  passion,  ses  llatteurs  ne  cessaieid 

de  lui  en  envoyer.  'l'anlcM   c'est  M de  ( Jninliii.  femme  aimable  el   spirituelle, 

<i  magnifique  eu  tout,  en  poi-eclaines.  in  diamants,  en  ('lolVes  des  Indes',» 
(pii  lui  en  adressi"  un  Inl,  cunqilanl  liiin,  dit  Saint-Simon,  »  sui'  nu  relom' 
avantageux".  »  D'.aulres  l'ois,  il  m  aelirlail  lui-inènu'  clie/.  les  mari  liaml-  (|ni 
é'Iaieid  le  mieux  achalandi-s,  tels  (jne  Durignv.  rue  Onincam|i(iix.  nu  l.aillier, 
r)n  M  l.i'linm.  ehi'/  (pu  s'apprusisiiinnairnl  t(in<  les  lurienv  du  l(icliin(iL;i\ 
comme  lUi  disîiit,  dnnl  If  nmnlire  deviid  lil.  cl  (|ni  liniil  l.inl  de  folies, 
qu'une  déclanili<ui  roy.de  du  :>.  juillet  1 701)  linil  par  défendre  linqiorlation 
elcs  fn'fem'cs,   j)orcel«ines  et   poteries  étrangères  \ 

I.   Le  «liir  m:  \.\^^^r.%,   Mémoire»,  I.   \V,   |).  t-TiS.  5."i.,. 

ï.  SuiHT-SmoN.  Mhnnirrt  (l'-ililloii  lliiihcUi»,   i.ssd),  I.  V.  p.  33. 

3.  Cf.  p«iur  celle  inotin  du  «  lnclilrinK<' •>.  le»  l':i>iijraiiimrs  t\v  ,Spnec6  (1717.  in- 11.  p.  t-i)  l'I  le 
Vnyaijf  ilii  l'nrnatte  de  l.inioiijnii  <ic  Saint -Didier  (171(1,  iii-ia,  p.  17^),  mi  il  csl  i|iio.stioii  d"iin 
utnii   (nul  Iniidiri'iu'  de  |{|(|iii'<. 


i.K    KHKni;    i)K    i.oi'is    \iv 


'9' 


Ll'  «  lacliiiia^'-c  >)  n"r(;iil  |i;is  l;i  sciih-  piission  tli-  Moii^^iL'iir  l'ii  tant  (luc 
collectioniu'iir.  Il  en  a\ail  une  plus  IdiIl'  encore,  celle  des  bijoux,  des 
diamants,  des  parures  de  tous  yenres,  qu'il  aimait  «si  excessivement»,  a  dit 
la  princesse  Palatine  dans  sa  Cor/rspn/itlnnec.  «  ([ue  nous  aurions  eu  mille 
disputes  à  qui  anroil  mis  les  plus  li.lics  pierreries.  On  m-  m'a  jamais  parée 
de  diamants  (pie  Mnnsiem-  n'assistât  ;i  ma 
toilette:  il  me  melluil  lui-même  du  roUf.;!'.  » 
Ce  y:oCi[  enrai;'»'  |i(iur  les  diamaiils,  l'liilip|u' 
tle  France  en  a\ail  lit'iili'  de  son  a'i'euli' 
Catherine  de  Médicis  el  de  sa  mère  Anne 
d'\ulrielie.  Toule  la  société  d'alors  en  suliil 
d'ailleurs  rentralnement.  .\"a\ ait-on  pas  \u 
déjà,  sous  Louis  Xlll,  des  hommes  •rraves. 
comme  Sully  ou  Ajrrippa  il" Auhi^ni'.  se  mon- 
trer en  public  avant  à  leur  chapeau  des  bril- 
lants de  toute  "frossem-i'  Anne  d'Autriche, 
dit-on,  ne  pouvait  se  distraire  des  soulTrauces 
de  la  maladie  qui  leuqjorta  qu'en  se  faisant 
apporter  sur  son  lit  ses  noud)reux  bijoux.  Un 

rapporte  qu'elle  expira  les  yeux  fixé.s  sur  la  chapelle  de  diamants  (|ue  la  leine. 
sa  belle-mère,  «avoit  fait  faire  avec  tant  de  soin  et  de  plaisir'.»  A  la  vente 
de  ses  pierreries,  on  vit  Monsieur  disputer  avec  acharnement  à  Marie -Thérèse 
et  à  son  frère  môme  les  perles  de  leur  mère,  cpie  Louis  XIV  trouvait  si  belles 
qu'il  voulait  «qu'elles  demeurassent  ii  la  tige  royale».  Aucun  prince  de  son 
temps,  h  l'exfeption  peut-être  du  duc  de  Modènc,  n'en  aecpiil  autant  que  lui. 
II  i'aul  lire  dans  son  Inventaire  après  déccs  la  description  de  Joules  les  parures 
en  diamants,  rubis,  perles,  topazes,  etc..  dont  sa  cocpielleiie  ineroxable  ne 
pouvait  se  lasser,  qui  formait  connue  un  arsenal  de  loilelle  auquel  il  avait 
recoui's  selon  les  occasions,  clioisissanl  avec  des  cai)riei's  de  lenuue,  an 
milieu  de  celle  eolleclion.  celle  (|ui  lui  si(Mail  le  mieux.  La  pris(''e  de  l'enseudjle 
de  ces  bijoux,  l'aile  par  le  joaillier  \i\au\  de  \aremie,  si-  moula,  [lonr  cent 
trente-neuf  articles,  !i  la  souuue  de  i  ,(i>,>,j)>'.  lixres  .">  di'iners,  plus  de 
huit  millions  de  noire  monnaie!  II  y  avait  des  diamants  d'une  valeur  énorme, 
connue    celui     (pie    lui    avait    légué    M"°    de    Montpensier',    (jui    fut    estimé 


LV    CHOIX     DU     S\1M -ESI'UIT 
ET     LKS     AUMES     DE      a  MONSIEUIl  1 


I.  M"'  iiF.  MoNTi'ENSiKii,  Mémoires,  l.  IV.  p.   iili. 

3.  La  Grande  Mademoiselle,  fille  de  Casloii  d'Orléans  et  cousine  de  Monsieur,  niourul  en  lOip, 
on  faisant  cclnl-ci  légataire  universel  de  son  immense  fortune,  n  Je  donne,  disait-elle,  ma  maison 
de  Clioisy  à  Monseif^neur  le  l)aii|(liin,  et  du  surplus  de  mes  meubles  el  immeubles  el  pierreries,  je 
fuis  mon  W'Kalaire  uniuTsel  Monsieur.  I'liilip|ie  de  France,  duc  d'Orléans,  dont  j"a>  l'honneur  d'estre 
cousine  Kermaine,  el  (|iii  me  fait  celuy  de  me  témoigner  beaucoup  d'amitié.—  l'ail  à  Clioisy.  le  t-  de 
réxrier   iiis."i. —  \nnc-Marie-Louise  d'UrU'ans.  » 


iQà  I.K     IVVI.AIS-ROYAI, 

i3o,ooo  livres.  In  aiitrc,  apjirli'  la  liosc  r/'. l//;>/(7r/7r,  valait  à  lui  seul 
100,000  livres;  celui  qu'on  (lésij,Miait  sous  le  nom  de  la  Hcitte  mère  était 
de  70,000  livres.  Parmi  ses  noiuhreux  pendants  d'oreilles,  il  en  avait  une 
paire  formée  de  di\  diauiauls,  estimée  'i5,ooo  livres.  Ses  hajiues  étaient 
do  toide  beauté;  on  en  comptait  plus  de  trente.  Les  boucles,  ajirafes 
et  boulons  pour  orner  ses  cliapeau\  dominaient  :  il  y  eu  avait  de  divers 
"enres,  avec  îles  perles,  des  lubis.  des  (■nieraudes,  etc.  l)an>  les  ^^randes 
occasions.  Monsiein-  portait  au  col  une  croix  de  clievaliei-  du  Saint -Es[iril, 
où  il  V  avait  plus  de  ceid  diamants  de  «rrosseurs  vaiiées.  ipii  valait 
80,000  livres,  et  Ir  tnnid  avec  le(|uel  ou  atlacliait  celle  croix  élincclanle 
était  de  5o.ooo  livres'.  Connue  disait  le  Mercure,  parlant  (Tune  cérémonie 
où  on  avait  vu  le  frère  du  roi  dans  un  de  ces  costumes  avcnj^lants  de 
pierreries,  «il  n"\  a  point  de  leiiues  (|ui  [Uiisseid  en  cxpiinicr  la  licliesse.  )) 
(Juaud  il  réalisa  la  succession  de  lEIecteur  Palatin,  il  \oulnl  absolument 
oiTrir  à  sa  fennne  —  tpii  n'aimait  pas  les  diamants  —  des  pendants  doteilles 
lie  '|0,ooo  écn^.  I!n  ilij]),  le  roi  (rKsi)ai.;ne  envova  en  [ir('sciil  de  noces  ;i 
Mademoiselle  d'Orléans  ime  «  tabatière  de  diamants  faite  eu  lozau^e,  soutenue 
d'un  nu'ud  de  diamants  de  sept  on  luiit  brandies,  avec  le  portrait  du  roi». 
()ii  l'estimait  •>oo,ooo  écus.  près  d'un  million  et  demi  de  notre  moimaie.  Il  es! 
certain  ipie.  dans  les  l'êtes  cpiil  «loimait  soit  à  Saint-Ciloud,  soit  au  Palais- 
l\oyal.  Monsieur  aurait  pu  aisémerd,  avec  ses  pierreries,  éteindre  les  feux 
de  la  diicliesse  de  Kinj,',  laipielle  ne  paraissail  jamais  en  [tublii",  si  I  on 
en  croit  le  ga/etier  Métra,  sans  avoir  deuv  ou  trois  millions  de  diamants 
sur  sa  personne'.  Tout  le  monde,  à  la  (lour,  montrait  une  é<i:ale  frénésie 
pom-  les  bijoux.  (!eu\-ci  n'alli'ilaieni  plii^.  d'aillems.  les  mènn's  formes  ((u'à 
l'é'pocpii'  pi  ('■(■(■(lente:  ils  ue  (K'iiolaienl  pas,  connue  dans  ceuv  de  Woeriol, 
des  intentions  d'arcliileclure  et  de  d('corati(jn.  se  (dnd)iuanl  avec  le  costume. 
(  )n  IciM'  (Ii'Miandait  smioul  de  luilirr.  de  couvrir  de  leurs  scinliilcmenls  les 
babils  d'('tolVes  claires,  et  l'est  ;i  (pmi  s'emplovaieid  de  leur  mieux  les  joailliers 
les  plus  cil  vo;,Mie  :   L<';,Mié,   Daniel    \li;,Miol   ou    Pli,    Pourdon. 

hiUis  \  Inviiiliiirr  de  Moii^ieui',  on  ne  Ironvc  pas  beaucoup  ddiTi^v  relie. 
el  ••(•la   ne  doit  point   étonner,  car  peu  de  temps  avant  sa  mort  avaient  paru 

I.  I.n  «cille  clc^  iliniiiniil>  cl  |iicri'cric»  do  Monsieur  fui  fiiile  en  juin  cl  jiiillcl  17111.  un  nn  apn'-s  sa 
iiiori;  une  pièce  des  \i'clii\c5  iialiniiiilc^  (KK,  :i.S,Si  uoiit  en  founiil  le  di-lail.  Je  donne  ce  ducuiucnl 
daiu  le»  l'ifi-ft  Jiitlilli-tilii'rt,  à  Ki  lin  du  viiluinc.  Il  cr-l  inh'rcssiuil.  On  y  voit  les  iioiiis  des  nc(|ucicurs. 
Mai*   Il  esl  il   reinari|iier  (|ue,  limdj>  (pie  l'estiniiilion  de  ces  piericries  monte,  dans  \'liireiilii:rr.  j'i  In 

-oiMine  de  i,Ii-j:{,.'<i|3  li\re<.  In  »eiile  ne  pi(idiii>il  (pic  .'i S„i   li\ii-s.  C'csl  ipie.  ninsi  (pi'oii  pomin  s'en 

rendre  roinpie  en  coiiipnrnnl  In  li-le  de»  piericries  inenliniini'cs  11  Vlwriilmrr,  cl  (■clic  des  pi('Ccs  iiiiscs 
en  »eiile,  li-»  plu*  lielles  pnriire»  ne  piis.v'i'enl  pns  iniv  eiicli('res.  On  n'y  Iroiix-  ni  le  diiiinnnl  de 
i.1<>,iNM>  ll»ri-*,  li-Kiié  |»jir  MiideiiHii-a-lle,  ni  la  Itittf  <l'  KiiijUUrrf.  ni  la  ;<ci/ic  mrre.  i)\\v  sonl  de\cnncs 
ri-»  Ih'IIi-*  pierre»  >  On  ne  les  \oit  pns  llKurer  dniis  l7/iii.-;ifrn>r  du  lliV'eiil,  en  171:1.  C'c-I  ipic  Moii- 
•Irnr   le*  asaW  Ii'-kik'-cs  il  «•«  llllcs  cl  à  sa  reniiiie  1  Vieillies  nnliiinnlcs.  U',  lolili). 

i.  Vli.tnt,  r,i,rrr$iiiiiiiliiiirf  trcri-tr,  l.  V,  p.  i."iV 


I  r.     l'iniii'    m     loi  is    \iv  ,,|;î 

li'S    (l(''s,is|ivii\    (■(lils    par     l(s,|ii,.U     l.diii-.     \l\     iii\(,\,i     r,,n(lic    ;i    la     Monnaie 
1    -l'nicincnl    I.  s    l)i',iu\    ninilili'-   il.u'i;cnl    massif   (|ni    (li'coi'aiciil    le   cliàlrau 


TAPissKnii;  iiKs  lifiiEins  tx  lussE  lisse  composée  v\n  cii.   lErnits  l'Oi  ii  i.i  dfcoihtics  du  PkHis-notAL 

Si'riC  lie  YHiiloirt  Jt  Mrlingrc  (mx  pièces),  d'ipris  11  gravure  de   B,  Picjll 


(le  Ncrsaillc-.  mai--  an^^i  Ir-  (  In  |V-(r(rn\  ir  du  iiièini'  lii'iirc  (|ni'  |ii  iv>,'ilaicnl 
la  pliipail  (les  ^raiidi^  raiiiilli>  d'alnis  cl  don!  la  iiia;:nili(cn(('  inouïo  ik)US 
csl  allrslrc  siiilonl.  Ii('las!  |:ai-  h  s  |ir<  icrs  -  \riiian\  de  Icnr  dcslrnclidii .  <  )n 
sail  a\('c  i|iiclli'  iiii|ilaral>li'  ^i'\('iili''  l'nrrnl  a|  |ilii|McN  le-  ruiic'-lcs  urdirv  ilii 
r<»i.  Ll'S  iiia;.rasiMs  <li'--  inlcxio  rmcnl  iii<'lli(idi(|n('iii('iil  rimillcs:  des  ciim- 
missaircs    s|H'riaii\    |iaiiimruiLiil    le    pii)-.    prin'lrrrciil    cIk-z    les    pailiciiliors. 


T.     I.     I.E    I'4I.AIS-II01  IL. 


1  ,.',  I.E      PALAIS- Il  l.)\  A  I. 

saisirent    tl;iiis    k-    li.Mcls,    dans    les    chàli'aiix.    loiil    ci-    (piils    |miciil    lioincr 

il'argcnlorif,    cl    li-    liri'iil  ji'toi-   à    la    l'oiilo.    I.o  IVriv   du    loi.    du   le  coiiiiuvikI. 

loin   «le   sonj,'or   à    se    souslraiie   au\    exigences    d'une    telle    liécatoinhe,    dul 

le    premier,    au    contraire,    quoiqu'il    lui    en    coûtât,    se    résif;nor   et    doinui 

l'exemple.  Il   possédait  des  merveilles    tlorrèvrerie.    Au    l'.dais- lin\al.    il    a\ail 

des  services  de  table  de  toute  beauté,  des  meubles  tlargeul  massif  en  ^rand 

nond)re  que  dnieni  l'aire  poin-  Monsieur  les  illuslies  orfèvres  (|ui   travaillèn  ni 

au    ui.T\ril|(  ii\     nidbilier    d'ar-^^'iil     île    \  er'^aillcs.    Ic^    Halliii.    «iiaxcl.     riidmas 

Meilin,  \iau(()url,  (iérard   Deliomiaii'e,  (llautle  de  \  illcrs,  (liiillanMic   l.dii.  ilc. 

Liirs  du    mariajre  de   Ma<lemi>iselle  d'Orléans  avec  le    mi   d'ilspa^nc.  en    1(171), 

tin   Vdvail  dans  la    salle   damiicnii'    du    l'alais- 1  lnval    (c'e^l     le    M<  rente    (|ui    le 

dil)  <•  im  miroir  orné   de    liyures  irar;.ïeut  d'un  pri\  ivIraMidinain'.    Il    v    a\ciil 

dou/e    ^'rands    liias    en    l'orme    de    pla(|ues,    un    j:ian(l     liislic    à    ddulilc    raii:i. 

ijualri'     Miirciiis    moins    grands    (|ue    celui    doiil    un     xiciil    de    |iarl('r.    phisieins 

{,'uéridons  avec   j^'irandoles,    loul  cela   d'ai'^cnl .. .     \iiisi   on    |icul    diri'  (|u  ou    ne 

voyoit    ipi'or   cl    ar'^^'iil    dans    ce    cabinet'.»     I,c     ici     lui-iiirinc.     \\     plusieurs 

ivprises,  donna  en   cadeau  à  sou   frère  des  cliefs-il  (eu\  rc  d  aii^enlerir.  aiii--i  (|iie 

le    prouvent   les  re^i^islres  diuveulaire  ilu    Mobilier  de   la    (lomoime,    où   on   lit 

souvent,  eu    re^'ard  de  cei'Iaius  arlicles,  celte  annotation:  «  Descliar^é' ;  doniit' 

pai-   le   rov    à    Monsieur.»  (  i'esl   ainsi  ipic    l,oni'~  \l\    lui    lil   |ii('scul    de  i;iiudoles 

d'ar/^'eul,  de  coupes    de    vermeil,   de   calebasses  '  d'or,    de   lasses  daf^ale,   elr.    . 

.\  l'occasion  du  maria^^e  de  M"'  de  Biois.  sa  lillc.  avec  le  duc  de  (lliarircs,  il   lil 

e\(''culei-  par  le  fainenv   Dclauu.iv   une  ^^aiiiiluic  de  loili'lli'  (jni    lui   ^ahu'e  par  un 

cri    ^.'éué-ral    iradniiration.    La   décoialion   de  ces  jolis  usleusiles.   couqiosés  pai' 

les   premiers  artistes  du   temps,   icpi('senlail    la   FcritiuUlc.   la  Fiilclilc.   \,'itus 

servie  />, Il    lis   Gniics,   etc.    IMiili|ipe    di'    iMaiice    aimait    Irop    le    lu\e   poiu    ipie 

sur  sa  table  ne   paiùl    point    la   plus  s<uuplueuse  vaisselle    platt".    C'est    lui  >pn 

connuenra   à    nu-lIre  .'i    la   mode   les    suilouls    d'aimenl.    connue    le    constate    l<' 

.]fiii  iiir    •^iiliiiit\    eu    «.'•li'lMant     la     comuiodili'     de    ce-     mnneauv    objcN.    .■  Il 

sont.»  dil-il,   <.  souveid  envaliis  de  li;.unes  et   portent   (juaidilé   de  choses   pour' 

l'iisa^re    de    l.'i    lable.    Kn    sorte   (pie    l'on   ne    peut    rien    -oïdi.iilei'  de   iK'cessaire 

il    un    repas   ipie    r..ii    n'v    Iroiivi-.  »    C'est    au    festin    i)|V,i|    ,n     i(h,S   par    le  duc 

d  Orlé-aiis    il    miloid    l'orllaiid,    ambassadeur   de    (niillamne    III.    ipie    painl     le 

premier  siirloiil  :  il  avait   .'li'  e\t'-cuti'  aussi   par  Delairnav.    \ni  i de  ces  mei- 

vcilli'n    n'esl    menliomii'e    dans    V ln\riil<iii,     de    Monsicin  :    mais    on    v     liouve 

I.    \Urriirf.    iiiiiinn)'*  <lr  miimiiiIiii-    1(1-.,,  d  ilc  \uu\    iCSi, 

1.  «;f.  Liirriiii.  Ii„fi,l,tirr  du  Mohilirr  ilr  In  Cuiinmne  m88."i-8C.,  1  miI  ).  V<.\./  tinl.iiiiiiiiiil  ii- 
lomr  I".  p.  171,  IV  I  ;  |,  -.(.  „•  ,-;  ,,.  ,H.i.  ,,-  KS  cl  «',  ;  p.  i<M.  Il*  lï.'i;  p.  i.).s.  M"  i"i|..:  p.  ti.S,  n  •.'.: 
p.  iii.,  Il-  \^;  p.  ,.1.,,  Il-  ,„-,  I.,,,,  lia,  ,,.t,  ,,-,  ,,,s,.(  ,,|,  \|,„„i,.„,.  ,,.,.|,t  ,'.„  ,r.,s;i  "plu^ioms  iiulc.iiiv 
ilr  o-  «riiri-,  iloiil  VIII  pifiiiiir  »alrl  il>>  rlmiiiliif.  ili-  IWiiiilii-ii.  liii>Mi  If  .ui  IIIIimI. 

'■     V  I   iirf  ijiititul.  ii\iil   iiii)M. 


1. 1      r  II  I  II  i:     i>i      i.iii  I  s     \  I  \ 


I  i)i) 


(•(■|iciiil,iiil      IdiiI     ce     (|ii'il      ,i\,iil       |iii      iciii-iT\ci-     (le     -a      li.'llc     \,iisscllf     .lin' 
et    (l'aiiii'iil.    en     sa    (|iialll(''    de    |iriiiic    du     saiii:,    laiil     an     l'alais- 1 U  i\;il     i|iio 


TVI'ISSEUIE    DES    GOBELINS    COMl'O^LE    l'Ail    Cil.    LEIIKIN    l'Ot- K    l.\    DECtUlATlOX    i)t    l'AL  IIS  -  UOÏAL 
"LV    IIUIIE    IMIÉSEMÉE    l'AIV    MÉl.ÉAGIlG    A    AÏALASTE  " 

Série  de  VHitloire  lie  Mêlèagrc  (six  pièces),  d'après  la  gravure  de  B.  Picart 

dans    SOS   ailircs   résidences:   cllr    i'iil    cslimi'c.    an    puids    du    inclal.    à    eiixiiim 
100,(100    livres.    On    rii    xciia    \i-    di'iail    ii    la    lin   du    \n|nine.    dans   uns   /'irccs 

/IISli/lc(ltl\'fS. 

(ilàce  tiiiijciiirs  à  re  |ii'('ricn\  I  iniiilriiri' .  nii  |hiiI  ai^i'iiiciil  rcii  uisl  il  iiiT 
la  |ili\~ii  iiiMniir  de--  a|  ip.ii  himnl  s  du  l'alais  -  H(i\  al ,  Iris  i{iii'  Mmisiciii'  les 
a\ail     di--pii^<'--.     a\<'r     le     niiiliilier     l'aslnenv     ijni     les    {h'ci  irait .     les    adiuii'id)les 


jqO  i.i:    l' vi.vis-iun  \i. 

tapissi-rifS   iviinifs  «laiis  It-  ^^anl.-- iiiciiltlr    ilii    palais  cl    iiu'oii    Inidail.    siii\aiil 
li-s   raisons,    dans   l.s  (liviis.-s  .liainhrcs.   fiiliii   Ks   laMcaiiv '. 

Les  loaliufs  de  tapisseries  étaient  au  n<)nil>re  île  ciniinanto  ■••rnupcs  cnvi- 
ron.  eoni|)rcnanl  cliarnn  six,  sept  ou  Iniit  pièies,  ee  qui  faisait,  en  r.  aillé, 
trois  à  (piaire  cents  sujets.  Il  y  en  avait  à  peu  près  autant  à  Saint-Cloud. 
Nni.i  (pielles  ét.ueul    les  principales  à  Paris: 

L  no  lenlure  de  tapisserie,  lai)ri(pK'  de  l'iaiidre.  représenlaid  Vllislnirc  i/c  Tohie, 
vu  neuf  |)ièees  de  deux  aulnes  3  'i  et  iIcimn  de  coins  sur  aj  aulnes  de  lai'^e, 
prisée  i.aoo  livres. 

Lue  autre  tenture  de  tapisserie.  liii)ricpie  de  liruxilles.  rehaussée  ddr  cl  dai-^i-nt. 
représentant  Vllisidirr  d'Aiiuiilis  des  Gaiilcx.  eu  cinq  |iièces.  l'oruiaul  une  -ride 
pièce  de  '.U>  aulnes   i    \  île  cours  sur  3o  aulnes  ■'  pieds  de  liaul,  prisée  (i.nuo  livro. 

l  ne  autre  leiiture  de  tupis.scrie,  représeulaul  la  Clnirr  de  Sri  1)11)11",  l'alniipie 
de  IJruxelles.  en  sept  pièces,  et  une  coupée  eu  ilvns.  qui  siml  unil'.  rehaii-sée 
d'or  et  dinj.'enl.   prisée  ,"),un()  IImcs. 

Une  autre  tenture  de  tapisserie  rehaussée  d'or,  représentant  YUisInire  de 
Hiiiiic,  en  Innt  |)ièces  eonteiund  3'i  aulnes  j  '3  do  cours  ou  environ  sur  '\  aulnes 
de  haut,  aNoc  les  armes  de  l'eu  Mousieiu'  dans  les  écussons,  j)risée  la  xiniiue  de 
3,riiii)  \\\  le-i. 

Ilciii,  «piaire  petili's  pièces  de  lapisseiie  tai>aul  parlic  d'une  leului-e  (k- lai)i>serio, 
fuhricpie  dOudenaiilé,  ichaussée  d'or,  représentant  aussy  Vnisloirc  de  Diane, 
ciiutenaid  six  pièces  entières  et  une  coupée  eu  deux,  faisant  ■j.-.i  aulnes  3  '1  de 
(•ours;  le  surplus  tio  latpielle  teuliuc  un  riiiu'~  a  déclaré  esire  préseiitiuieiil  au 
cluisleau  do   Montar;.Ms,    la   totalité  de   ladile  lenlure   prisée   3. '100  livres. 

Item,  une  tontui'e  de  tapissei'ie  de  haule  lice,  lehausséo  d'or,  repit'>enlanl 
VHisloire  de  Mélémjre,  on  six  pièces  de  trois  aiducs  1  W  ou  emiron  de  liaul  -ur 
H(  aulnes  nu  environ  de  couis.  prisée   2,000   livres. 

l  no  autre  lenlure  dv  tapisserie,  fahricpio  de  Hruxellos,  représentant  aussy 
Vlitsliiire  de  MéU'dijre,   reliausséo  do  soye,  on   sept   pièces,  compris   une  qui  a  esté 

I.  l.'liwi-iihiirf  iiftrt»  dèffi  île  Monsii-iir  est  un  (Idciinu'iil  liiidil  <lii  plus  liniil  iiiliicl  II  ii'i'sl 
|>3!i  aii\  .\iTlii\cs  iialiiiiinlcs.  Je  l'ai  troini-  ilniis  IVliidc  <l'uii  des  aiuii'ns  luitahcs  de  la  raiiiillc 
il'Drlrain.  Il  fornic  un  rt-KUlrc  ili-  plus  ilo  deux  ((Mils  pilles,  adiiiliablcmenl  con.spivr.  d  fcxameii  de  ce 
Miaiiu«:rit  iMtriiifl  de  ciolrc  (pi'il  n'eu  n  i''li'-  jamais  Tail  iVi-j-pi-ililiini,  car  il  n'est  pas  revèlii  du  sivriie 
<|u"y  iiianttiniciil  le»  iiolaires  ipiniid  ils  dressaieid  copies  de  leurs  minutes.  Dans  son  IlisMrv  ilii 
l'iiMs-ltoyiil  iiHM,  I  \ol.  in  iJ.  p.  loi  i-l  .i'-i.  \atoul,  ({iii  axail  trouM-  dans  les  papiers  de  la 
rainille  (l'ilrl<'-uii«  un  résiniu'  S4<nnnaire  de  rel  Invenlnirc.  l'a  pid)lié,  croyant  (jiie  c'(''lail  l'acte  entier; 
rr  n'e»!  (pi'une  note  tout  ii  fait  ('•coiirlt'o  et  sans  aucmie  pri'cisioii.  I.e  manusciil  orij,'inal  porte  à 
la  première  |>og<!  le  litre  sui\nnl  : 

"  Invrniiilrf  dei  meiitiUn  il^  l'Uilii>iir  iliirlriiiin.frri;-  iittiiiiii- ilit  ItoY,  muri  If  U  Juin   nul. 

.' KuMipenl  \n  iiieuliles  i>«lanl  daiiH  le  l'alaisHoNal  représente/,  par  C.  Hoidricoinl  ipniniir 
liuixler  ilii  rnliinel  «|p  feu   Monseigneur  1,  concierKe.  K'U'de   ineidiles  et  ({arde-lit.s  du  Palais-jlojal.   > 

demrur.inl.   et   |iar  Krançolt   Millet,   tapissier  et   (farde   n Iiles  de    .Son    Allesse    Itoyale.   demeiuant 

.>u«.>   .01  l'alais  llo>nl.  |Niur  ce  comparant,  prise/  par  led.    \rnould.  Iniissier.  as^i^l.■■  de  Paul  \i>au\ 

il-  Xarenne.  inarriiand  Joaillier.  iMMirucois  di-  Paris;  de  llarlliel >    (  iliarles  Ciroull,  peiidr.-  onlinaire 

du    H"i    . 'i      iii     SmliMuii'    llo>alle  de   peinture,    de uraul    a    la    poiide   de   lisl..   du    P.dais;    Pierre 

''•'"  '  ■    Kupré,    marcliand*  InpiMiers,   demeinanl,    le   premier    rue  des    Pi.iux.iiie-. 

I"'  '■•  »ecoiid  rue   (.^).   |>nnil«e  de  .Saint   Jean -en   (nvve.  " 

I ilnii»  In  clinndue  du  duc-  île  Cliarires  (  \/<Tc-iir-e,   fi'xrier   nli|3). 


1. 1"    inr.nr:    nr    i.oiis    \iv 


If)-; 


rtMi|R'i',    (!••    o    aulnes    i    '\    tic    liiiiil    mit    .i.i    iiulnc^     i    'i    iiniioii    du    cmirsi,    piisce 
;<....)(.   lixres. 

Ilriii.  iiiK'  aiilro  liMiliiii'  de  ln|)i>-<'iii',  iciirc'^cnlaiil  V  llislairr  ilf  Triiiisr  \  \v[{']\\\sc], 


Peint  p:ir  Kciubr-iiJt  Gr.ivi  par  liigouf  it    Wjy 

l'OltTItM'l'     It'L'Mî     l-L\MiM>IC 

(TiHciu   Je   la    Galerie   .lu    Palais- Royal) 


rcliaussco  d'or  cl  (rar^^cnl.  fii  m'|)I  pit'io  tlf  .i  >  aiiliifs  i  ■>  de  fciiiis  sur  'i  aiiliifs 
(le  iiaiil,   piist'c  (i.ooii   li\n>. 

lue  aiiln-  Iriiliiif  tlf  hipi^^i'i  ic.  ral)ric|iif  tic  llriiM'Jlfs,  rcpivsfiilaiit  ï  llislitiri' 
de  Snlomoit.   en    -i\    |)ircc~   il    mn'   (■diipi'c  m    Imi-.    pri-.!'!'   'i.cKii)   lixifs. 

Luc  aiilr.-  Ifiiliiic  d.-  lii|ii-.-.iTii'.  r.dn  i(|iir  de  UniMJIf-,  ri'iiii'^fnlanl  VIliatoirj 
de   Jutes   C.ësitr,    |)riscc   .">, >  livres. 

l  ne  anire  tenlni-e  de  lapisserie,  li;jiirMiil  l llishiirc  </<■  ihniilinuU .  prist'e  '(.ikid  li\  res. 

I  ne  aillle  lelllilli'  dr  l.i  |  li --i  lie.  I;dirii|iie  ili'  l'aii-.  re|ilt'seill.l  lll  le^  llniniltfs 
illlislres   lie    I-rmur.    tu    Iniil    |)it'ii>.    |n  i^i'-f    i.iiiin    li\i'e^. 

I  ne  anli'c  lenture  de  la|)is>eiie.  repiéseiilaiil  V lùilrmiiinl  il'Hi'Iriie.  en  six 
pièce-,    pri~i'e    i ,  1 1 » >   li\  rc^. 


inS  >  K      P  VI. A  IS-U(i  V  M 

Nuil-i  Ml-  (•i>iiiiiifii<>ii>  |i;is  dans  relie  lisle  soiiiiiiaire  la  leiiliiir  de  V ///s/tu'/r 
tr.[lf.Ki/i(hr  (dii/e  pièees  de  ta|)is>eiie  des  (  ;()l)eliii-,  dessin  de  l,e  liniii),  ni 
la  lenliire  de  YHisldire  ilr  .IA<//.sv  (lal)ii(jiu'  des  (M)l)eliiis,  dessin  de  l'onssiii), 
doiinées  loiiles  deu\  par  Louis  XIA  à  son  fVèro,  coimiie  rindii|Meid  les 
ivffislivs  du  Mi.hilier  de  la  (  ioin  oinie  ' .  La  |)reinièi-e  n'était  pas  an  l'alais- 
llnval,  mais  \\  Saiid-dloiid,  *'l  lut  osliiiiée  G,ooo  lixics.  Il  conNienl  do 
leniaïqiier  ipie  dans  Y liivfiitdire  de  Mo/itiriir  ne  li^niv  pas  une  ienlin-e. 
de  la  s,'.|i,.  de>  Mdisniis  /oi/tl/cs,  iepii>v,nlaill ,  ponr  le  llhii-~  de  li^  lier, 
un  lidltcl  iloiiiir  jKii-  le  Hoi/  (iii  l'ahiis-  Hni/nl .  et  (pii  sendile  anjuni-d'lnii 
perdue '•■. 

\.i\iins  nialnlenani  d'un  (unp  d"(eil  rapide  eiinnnent  ('(ail  nieiihle  le 
palais.  Api-ès  a\oir  ;,na\i  le  j,'i'and  escaliei-  (pu  se  lionxail  dans  la  x'Cdiide  coni-. 
il  droite,  ou  p(''uélrail  dans  la  salle  «les  j,'ardes.  ofi  n'élail  rien  de  reinar(pial)le: 
ou  pa>-ail  par  une  -(''lie  de  cliandires,  —  (pii.  pliisienis  aniK'es  auparavant, 
.-iNaieiil  l'ait  parli<'  du  lojrenieiil  d"!  leurietle  d"  Vn^lelei  ic.  et  oii  Tun  adinlrail 
riieoiv  un  plalnnd  peint  par  Not'l  (;o\|)el:  —  puis,  asanl  Iraver^i'  huMicniic 
^MJerie  ipii  (leeiipail  la  l'aïaile  dn  corps  <le  lo^is  central,  un  airivait  an\ 
^.'raiids  cl    petits   a|iparleMi<  iit^   il    à    la    i^aleiie   conslinile  par    Mansarl. 

Le  petit  appai-tenieni  iHinpail.  dans  l'aile  i^anclie,  toute  la  Innijneni- 
des  j^'aleries  ipii.  iNuinnemanl  ;i  la  iiie  Sain!  Iliinm-e.  alu  uit  issaieni  an  jariiin. 
Là  «'-laient  les  eliainho^  dn  dm  et  de  la  duchesse  d  (  trieans.  a\ec  la  -.cii,.  d,. 
eahinets  (pii  en  ('taieid  le  i  MnipIrnienI  et  ipidii  avait  anu'iiatic's  en  iinpielant 
un  peu  >ur  la  fialerie  des  Mdinnies  ijinsjres.  sensilileimnl  diiuinnee.  el  en 
coiilitiiruaiit  la  chapelle.  La  eliandire  de  la  ducliessi'.  ;i  jaipielle  (Hi  parMM.'iil 
après  avoir  Iraxersi-  den\  anticliainhres,  uni'  petite  i;alerie  el  un  ;:raiiil  (  almiel 
doiniaiit  siii-  1.1  III,-  Saint  -  lloiiiiri',  ('lait  nienlili'e  d'ui  i  Imiumii  iIc  mai  i  pieleiie 
il  l'oiid  noir,  de  i\i\\\  ^^ui-ridons  en  liois  de  noyer,  d  une  pemlnli'  ■<  sniin.nile 
par  ifiires  dans  s.i  Imi'tte  de  inarcpieterie,  sur  sa  cmmsiiIi-  d,'  IkiJs  (iiiii'  i.  il 
dÎM-rs  i.hjets  de   pciicelaine  de  (iliine.   Le   lit    .'lait  ;i  H  h. mis    pllliers  „   e|    „  d,'ime 

I.  Cf.   (MiiniK»,   litreiiliiin-  i/ii   Miihitii-r  ilr  t(t  Cmiruiinr,   I.   I",   p.  ;iii   ri  p.   317. 

■>.  Il  iii'ii  lUi'  illl|lll^^illll■  (II!  rclriiiner  cclli-  liipisscric  au  (iaidc-MiMibli-,  où  rnii  l'ii  a  pciilii 
In  Irnrc,  l.'iiiliiiiiiinlratioii  m'a  (loclarô  (|uc,  di-piiis  le  coinnii'iu-cinciil  <lo  ce  siiTlo,  cllf  ne  (i^'iiir 
|iliu  claiK  |p«  liwfitlairrt.  Un  ne  sail  ce  i|ii'ctl(,-  est  (leveiiiiu.  Il  est  iiiniii  qu'on  ni"  puis,sc  pas  (lirr 
BU  mollit  011  i-llo  fui  cinoM'i-  (|iinii(l  i-llc  ipiitla  la  (IciniÎTr  fols  le  (ianlc- Mcnlilc.  In  cxiMiiplaiii' 
ilr  If*  iloïKi-  tpiitiiri"!  ri-piV-M-iilant  les  Muisuiiii  rnyiilrs  avec  les  doii/o  mois  de  l'aniHM-  fut  doinir 
jwr  l.oiil<  \IN  an  roi  d<'  DaiicinaiL  rn  iIlNi.  (Voyez  CinniKY.  l.  I",  p.  Kio.  1  Os  loiituios  <\i(  nlrcs 
»n  wtf  >WiU\  dcnv  foin  rn  Imiili-  |i»c  d  riiii|  fois  en  liasse  lisso,  l'Iaioiil  de  la  coinposilion  de  l.c 
Hruii.  Li-n  doii«i-  iiiimIi-Ics  ihIuIs  d'après  Ini  soiil  ronseivés  an  Miisi'-i'  de  Versailles  (n"  V'"'<-">  à  '|.'".l''' 
du  r»lnli.!>i(e  de  >^Milié,,  hinis  la  liiirdiire,  en  liant,  élail  un  (-iitoiirlie  i'epré.sentant  les  ariius  de 
^•  "  '    «'Il   ilevMmt,  roiileiir  de   bioiize  doie,   on    élail    le  Sicile  de  rliaipie   mois  de 

'  "  leiil   le^  sni\anls:    pour  jaioier.   l'O/imi   ihiii.i  If   l.itiirrr:   pour  février.    Ilullr 

''"'  .    IHinr    mars,    li-    Clullraii   tir    Miulriil;    pour   avril,    le    tjtiiliiiii   il,-    \  i-rsnillia: 

fHiur  iiini,  .•>innl-i,frmitiii-rii-l,ayr;  |Miiir  juin,  l'niilniiirlilraii :  pour  jnillel,  ri'fiivvi/ie.s ;  |>oiir  août. 
MarliHonl ;  {xuir  M-pteiulire.  I.hamlnird;  |Miiir  iiovenibre,  le  Cluil.aii  de  Itluin;  |i.>in  iléieml)ie, 
Slnutraus 


t.i"    rni;n  i:    uv.    i.oi  i  >    \  i  \ 


100 


illl|ici'ial   ".     «iMiM'il     (lr    s.iliii    lil.ilH',    ,l\i'C    SCS    t'iil<';ill\.    priilcs   cl     cinih  iiillicics 

(Ml   \cliiiiis  ciaiiinivi   rliaiiiiiriv  de   ^ralims   (Tin-,  rriiii;.''cs  en    iriolcllcs  et   cri'iiiiics 

(l'or,    aussi    liicii.    (raillciii-^.    (|iic    |i'>    rideaux     des    l'ciièlrcs,    les    laiileiiils    cl 

(li\crs    pliaids     |iiiiii    >  a-^i'oir. 

I,a    (  liaiuluc    di'    Muiisieiir.    an 

iiiilli'ii    de   la(|Uelle   |ieudail    iiii 

liislie  de    crislal.    t-lait    teiidiie 

dune   i.M;uidc   la|iisseric  ;i   \ci- 

dmv,  de  seize  aimes  de  lt)ii;j: 

les     sièi^i'^^    élaieiil     de    dama- 

\  inlel    cl    lilaiie.    jailli-    de    deli 

telles  dai-;:ciil  :  les   iidcaii\  des 

rciièti-cs.  de  damas  Itlaiie,  i;ar- 

iii-,    dil    iiiilrc  linrtUdii  c,    n  de 

l'iiiiij.^cs    l'I     iiidlels    l'aiiv.  »    l.c 

lit    «  de    eoiilil  »    l'orl    simple. 

disparaissail    sous    mie  eoinci- 

liire  de  iaiiie  hiaiielie.  (  lomiiK' 

nieiiltles,    lieii    iiii'uii    e(ud'e- 

sion  lia  I    ((de     Imis    ion  ^c    a 

liiels   d"or.    counciI    de    ncIoui- 

roii'Tc.     a\ee     S(Ui     eaircan  >■. 

deux     tahics.     I  imc    de    iioxci. 

laulre    de    huis    peinl.    cl    deux 

miroirs  «de  lreii(c-six   pouee- 

(jc    liaul   ",    avec    cadre   d'elx'iio 

cl     en  i  \  re     doiM'.     Poiii  I     de 

lalileaux.    poiiil   ddl.jels   d"art. 

ICii  resaiiciie,  atteiiaiils  îi  celle 

rliaml)re.    deux   cahiiiels    eu    ('•laieul     lilli'ialemeiil     rempli-.    Dans    le    premier. 

un     \ovail     un     linrcaii    «  avec     son    ;:iadiii    ^arn\     de     liidirs  ".     mie    pciidule 

«sonnaille  irAn^leterre  avec  sa    l)o."-le  en    Imi-   de  (iren.iMc,    ornée  diin   pelil 

Amour    d'argeiil  »  ;     une    ^Miiiide    (piantile    de    lablcaux     cl     niinialnrcs    don! 

\  linrntiiuc    iic    nom niallieurense ni    pas    les   auteurs    cl    (piil    ne  d(''cril 

que  trop  sommairement  jxiur  ipron  puisse  les  identilier:  eiilin.  nue  ipiantitt- 
de  porcelaines  de  la  Cliine.  Dans  le  second  cahinet.  Monsieur  axait  iIoiiik' 
pleine  carrière  à  son  fjoùl  du  o  lacliina;;e  ».  I.a  corniclic  l'Iail  composiV  de 
(luarante-dciix  |ii'!ce.s  de  porcelaine  loule-  de  dillV-renles  coiilenrs.  cl  les 
divers    meubles    ipii    s"\    trouvaient    étaienl    remplis    de   cou|)es,  de    tasses,    de 


ÉTinr.   d\\t.   cûiPEL 

POtll    \.\    DÉCOllATIOX    DK    I.A    aCALEIIlE    D'ÉNÉE  J>    Al     PALAIS- HOï  Vl, 
(Dc-.iiil  iniMit  Ju  Music  du  l.onvrc) 


aoÔ  11"      l'AI.AlS-R(l\  AL 

pagodes,  etc.  Puis  vouait  une  longue  gak'iii',  dans  la(|nelle,  oulie  de  innuliiiux 
cabaivls  de  la  Chine,  il  y  avait  encore  beaucoup  de  tableaux  pres(|ii('  exchi- 
sivcment  des  maîtres  liollaudais  D.  Teniers,  Gérard  Dow,  Metsu,  Micris,  elc.. 
ce  qui  prouNC  que  M(>n>ieur  ne  partageait  pas  l'antipathie  do  Louis  VH 
pour  ce  que  celui-ci  appelait  des  «  magots  ».  Parmi  ces  toiles  étaient  aussi 
diverses  «euvres  du  peiidre  dolelle',  ]'i'-/u/s  et  Ailuni's,  Flore,  Vcnua,  etc., 
des  copies  de  Mignard  d'après  llaphai'l.  etc.  L'estimation  en  fut  des  pins 
modestes,  de  3o  à  5o  livres  par  (enNre:  elle  dépasse  rarement  loo  livres. 
Ce  n'est  qu'e\ceplionnelleni<'nt  (pie  le  nom  de  railleur  est  cité,  et  le  plus 
souvent  c'est  pai'  dis  di'sign.dii)ns  en  Mue  (pu-  procèile  Vhncntaiic,  dans 
le  genre  de  celles-ci  : 

Deux  j)elils  laliicaiix  de  forme  longue,  |)eiiits  sur  cuivre,  représenlanl  l'un 
Noire  Si'i;.Mieur  au  pit''loiic  i-l  Tauli'e  .lésus  Notre  Soigneur  allant  au  Cahaire. 
j.'arnNs  de  leur  hurduic  ddii'r.  piÎM'-.  la  smuine  de  ."m  IImcs. —  ('.iii(|  aullres 
tahleaux  dont  trois  |)L'iul-  >ur  Inillc  cl  deux  |)cinls  sm  iniNic.  l'un  rcpn'sculani 
l'Kulèveiuenl  des  Sahiiies',  deux  des  Paysages,  un  aiilic  iinr  Siiiiilc  I  aniille  a\ee 
deux  an^'es  et  le  cinipiirnic  No-liv  Seigneur  en  croix,  j^aruys  de  leur  honlure  de 
bois  doré,  pri>és  eiiMinlilc  i.xi  IImcs.  —  Dix-sept  tableaux  de  niignalure  de  dif- 
férentes (fraudeurs,  garnys  de  leur  bordure  dorée,  piisés  ensemble  la  somme  de 
5oo  livres. —  Deux  autres  tableaux  aussy  en  mignatme,  représenlanl  iim  IKnlève- 
inciil  (?)  (le  sain!  l'.ud.  laidliv  de  Ma;;ilclaiue.  prisés  So  IImvs.  —  t  ii  autre  luoNen 
tableau  manière  lii'  (it'uMil  Dmi.  re|)iésenlaiil  une  l)ouli(|Me  (r(''|)ieiei-.  |iii-é  lii>  IImcs. 
—  I  II  autre  petit  lahleau  li'piH'-eMtanl  une  Sainte  I  aiiiilji'.  t;iil  |iai-  Stella,  pii-é 
ao  livres.  —  Lu  autre  tableau  de-  l'orme  longue,  repiésenlant  la  l'nile  de  Notre 
Seigneur  en  K^NpIe,  prisé  ■.>,".  liMcs.  —  Ouareule  petits  tableaux  sans  sij,Miature. 
tant  nu;.'nalures  (pi'autres.  garnys  de  leurs  boidures  de  iIIIIVk nie-  taeim-,  prisés 
ensemble  (oo  livres.  —  //.•//(.  Irei/e  tableaux  de  i)aNsagcs  tant  roiuU  ipie  carrés. 
;,'aruys  de  leur  burdnre  «le  uiari|iielerie    sir  ,  prisés  ^j'^  livres.  —  Six  petits  talileaux 

oxalles,   repré'si-nlaiit   .les  ,1; >   ,|c   la   (',(.ur.   |)iisés    iM   livres.—  tri  -rand  laiileau 

repirsenliml    M..N>e  an   linissoii  aideiil.   i.ii-é   livres.-^  I  n   autiv   laliliaii   repiv- 

'rnlani  la  \  ieige  <pii  lirnt  limitant  .l.'-us.  a\ei-  >aiiit  Séi)astieu.  prisé  7.")  Ii\res.— 
D<-u\  uio>ens  lableauv  lepiV-eutant  nn  ealiinet  de  taltleaiiv,  |)risés  i3o  li\res.  Un 
f;raud  laide, m  peint  sur  luile.  reprt'setdant  l,i  Ciirri.stiii  du  iiiiriilyliiiiK-.  prisé 
i.)<>  li\ri-..  I  ri  autie  -rand  tableau  peiid  -ur  toile,  rei)iésenlaid  Noire  Seii:neur 
rbnssiuil  les  luiu-cliands  du  tem|de.  |)risé  aoo  Mm-cs. —  I  n  anlcv  IiIiI.mii  npiV-eii 
tant  l'rnnirHirr  sur  Ir  iimnl  Cniinisr,  prist'  100  lixres. —  lu  antr<'  -.'land  tahlrau 
peint  sur  loile,  représcnlaid  la  dél.dl.-  des  l'Inlislius  par  Samsoii.  prisé  100  li>re- 
'  ''"■  Kiand  (abli'.ui  repu'senlaid  la  Saiide  \  ier;.'e  a\ee  les  apôlii's.  prisi'  100  li\  res. 

Lu    n'-alilé.  Monsieur  possé-d.ail.   tant   :m   P.dais- Uo\al  .pi'.-!   ■^ainlCJoud.  à 

Monliugin  l'I  il  Nillcrs-Collcrels,  quatre  cenis  lableanv.    \l.iis  .m \^^r^u\   par 

I.   V>  fil   ilM i,,rl  m   i7,.«.  r«\ii  ù  l' Vrmlriiilf  c-ii   1(17». 

'     '■"•'■■'■' '   ■■■•    'pli   l'orrii;  on  rctronv.-  n-  IhIiIimii  <1iiiis  l.i  lull..  li.ui  du  llii;iiil. 


r.i;    iiiiMti;    m;    i.rn  is    \iv 


CCS  (|iicli|ucs   cilaliotis   coiiiMcii    il    i'v|    dillirili',    ,i\cc    riii\riil;iirc    si    (lcrccliiOli\ 
(luCri  ih-cssa  le  pciiilic  Cli.nlcs  (iin>iill.  irt'hil.iir  lent-  iiiciilili-  cl  (ICm  appn'cipr 


TAIMSSEIili;    UES    COUELIXS    COMPOSEE    PAU    CM.    LEHUI  >'    POLU    H    DECOIHTION    DL    PAL  VIS  •  IIOÏAL 
Scric  de  YHiiloiri  de  MAùirt  (six  picccs),  J'jpris  la  grivorc  de  B.  Picirt 


la  xalciii'.  I,cs  |iii\  ({'('-l  iiiialii  mi  siml  si  lias  (luils  ne  saiiraiciil  ikhis  «guider, 
ilaiilaiil  |iliis  (|ii  à  celle  û|)0(|iie.  iiimik'  les  (cinrcs  des  iiiailics  n  claieiil 
|ias  pa\i'cs  ilier.  f!e  (|iii  v(  nilileia  ^iii  |)ieiiaiil ,  ce--!  (|iie  |iai  ml  ces  |ieiiil  lires 
(■Il  ne  leli'oiiNe  |ii>iiil  relier  i|iii  axaiilil  li;jill('  liall^  la  culleelioii  d  lliliiielle 
d'All^li'Ielie.  |Meiiiicie  reiiillie  de  \|(iii--iiiM.  (  ('l  lei  niai  1 1  ,  il  cil  c^l  une  luill 
au    iiiiilii>    (|iii    dcxail    i-ii    l'aire    pallie    :    c'e>l    le    célèhie    tableau    de    \au    Du'lv 

I.   I     i.i;  PU.  >r»-no>Ai..  aO 


/jOa  lÉ     PAL  AlS-ilO  Y.VL 

représcnfaril  la  Famille  d'Angleterre,  car  dans  la  cDllcction  du  Uéy^cut  nous 
le  verrons  catalogué  avec  cette  uiontiou  :  «Provient  de  la  galerie  de  Monsieur.  » 
La  même  remaniue  s'applique  à  cpielques  aufies  (i^ivres,  telles  que  :  une 
Femme  (mi-corps,  avec  bonnet  de  toile)  el  une  1  <7/ir,  du  Titien;  une 
Sainte  Famille,  par  li.  (iarofalo:  la  Fileitse,  de  Dominique  Feti;  les  Vendeurs 
chasses  du  temple  et  la  Piscine,  par  Luca  (lionlaiio:  Moi/se  sauve,  de 
I).  Velasquez;  le  Titien  et  l'Aretin,  par  le  Tinlunl.  de.  \n\vv  in\(iilairc  ne 
nous  en  signale  pas  rexistencc.  L'expliealioii  de  cette  lacune  esl  (|iie  la  collec- 
tion d'Henriette  d'Angleterre  lut  vendue  auv  enchères,  sa  succession  a\,nil  éti" 
partagée  entre  ses  deux  filles,  (le  fait  nous  es»  attesté  par  un  docunieiil  iiu'ilil 
des  plu-  iMi|)orlanls,  ipie  j'ai  dtgh  meniionné.  \éiital)le  mine  non  explorée  de 
renseignements  précieux,  les  Comptes  de  la  succession  du  lîégent,  conserve 
aux  Archives  nationales',  et  qui  comprend  un  résumé  des  régis! res  de  la 
Trésorerie  de  Monsieur,  et  de  l'étal  des  biens  de  tous  li-  iiinnlire^  de  l;i  l'amille 
d'Orléans  juscpi'en  ij'?!). 

Le  grand  a|)|)ai'tenieiil  CdUipreiiail  UU(^  aiiliclianihre.  ini  snlmi.  une  salle 
d'audience,  la  cliauilifc  du  lit,  (li\eis  cabinets.  Tout  cela  t'Iail  iiieiilili'  a^ec 
beaucoup  de  luxe.  L  anlieliaïubie  était  oi'uée  dune  lenlure  di'  cuir  doré, 
fabricpie  de  Flandic:  la  salle  d'audience  égalenienl  axail  des  tentures,  des 
girandoles  de  cristal,  des  consoles  chargées  d'objets  de  curiosité.  Dans  le 
salon,  on  admirait  ((deux  gi-ands  cabinets  d'ébèue.  a\ec  oruenieuls  de  (iu\re 
bronzé,  les  panneaux  eu  |>ierres  de  lai)is  et  les  pièces  de  bois  sculpli'  et 
doré».  Lu  troisiènu-  cabiuel  d'ébèue,  plu-  petit,  ('tait  (hVnn''  d  orueiui'iils 
d'argent'.  La  salle  d'audience,  a\ec  ses  tentures.  se<  i:iraudi>le<  de  eri-tal. 
8C9  bureaux  de  mai'tiueterie,  ses  porcelaines  de  la  (liiue  (|iii  j:ai  iu--aient 
les  meubles,  a\ait  ras|)ect  le  plus  brillant.  Les  jours  de  tète,  du  >  pLuait 
im  dais  de  \elours  ci-;nuoisi  rehaussé  d'or,  aux  aiuie-  du  due  (l'(  IiIimii-,  une 
dou/aine  de  fanleuils  cl  nue  \inglaine  de  pliant-  (niixeil-  de  la|ii--erie  ;i  tond 
d'or  iluiddi-  di'  velours  el  oin(''S  de  g.don-  d'or(le  toul  pi  i-i'  i,"),o(n)  livres).  Dans 
la  cliandire  du  lit,  il  >  avait  deux  table-  Ai-  lapis.  a\ee  des  orneuieut-  de  liioii/e 
doré,  une  .-nilre  table  l'ornu'e  de  maibie-  de  dilTéreute-  eoulcin-.  ili mi\  h  (  ajiinets 
di'  la  <ibini-  ;.'arn\s  de  pistil-  tableaux  iii  rnign.iture  »  (pri-(''s  i.,-)oo  livres). 
Lf  lit,  qui  n'i'-iail  dres-i-  qu'en  ceilaines  oecasions,  était  de  velours  bleu  IimmIi' 
d  or    et    d'.ngeni,    .avec     h--    cou-sins,     pentes,    canloiunères.     sonba--i  iiieiil-. 

I.  l-lnoriiif  vnliiiiii'  iiiiiiiii-x-ril  ilf  plus  dr  i,i«i<i  pii^rs.  (riiiic  Icctiiii"  niiilc.  ciir  iVs(  VlUtil  des 
hUni  ilf   la  ciimmimtmlf  rviil.ml   i-iilrr  li-  Hr({<"iil  cl   si    fniimc,  i-liil  ('oiniiii-iirr  m    17:1'!  cl    Iciiiiiuc 

Ml  17.I.J    Mni»  (III  y    Iniiivc  ilc-t  iI/IhIIh  iiudh  iIick  licr.iil   \ai nul   iiillciirs  .sur  l;i   Imli Ic>  iliics 

irOrli'iili»,  li"i  (lc|XMi-M>>i  (le  leur  MiiltDii.   de.  (\r(lil\i~t  ii.iliniialo,    ll'i.   nirili.) 

j,  (>»  (Irin  mliiiicl*.  prulNihlciiicnl  cvcriiU'-s  |Nir  IWiiillc.  le  (•(•li-lin!  (•Ih'mmsIc,  (pii  (Icvniciil  <Mrc 
de  la  p|i|<  «rniidc  rl(  liciv  cl  ric  vi-iilnhlc»  nbjcls  irnri.  m-  miiiI  c^liIn('•^,  dniis  Vlniu-nlnirr.  Ic.t  pre- 
mier* qiir  '>f»i  livre»,  le  Iroiojéme  .H.»..   Toiiles  le.  e.liiiinli.iiii  -.ml    lemie.  il:iii-  res   Iwi!.  prix. 


i.K    iiii:ni;    m:    ions    \iv  2o3 

(•(iml('-|)uiii|('  cl  (|i(s-ii'|-  iiiiu's  (le  pairilli'  hi.  xliiii',  ,iiii-i  i\\\r  les  rideaux 
ri  Ic^  r,iiilfiiiU  (h'  tiiiil  |tiis(''  i'.,(>oo  li\n's).  \cii,iil  ciiMiilc  la  Galfrie  neuve, 
(li)iil  laiiiiMibliMiiciil  (ra|)|)aial  ('lail  aussi  souiplueux.  II  j  avait  un  peu 
partout  (les  <rlac('s  lnrmaiil  liimicaux,  car  ee  lu\«'  couiniençail  à  se  répaiulie. 
.Il'  hume  dans  la  ci  im|ilalillil(''  de  Mcuisieiii-  (|iie  de  i(if)a  à  lyin  il  lil  plaecr 
pour  11.717  livies  de  places  et  luiioiis  au  l'alais-Uoyal.  Dans  la  oiaiide 
fralerie.  \iii^d-(pialre  j^iraudoles  touihaiil  du  plafond,  et  rpii  élaieul  syinétii- 
(pii'iiiciil  espaci'es,  snilisaieril,  a\ec  le  scini  illeineut  de  leiu's  cristaux,  |)our 
\  i-c|)anilre  A^'  la  hunière  cl  de  la  fiait'lé.  lailie  les-  fenêtres,  appuyés  à  la 
luuiaillc,  neuf  nia^^niliipies  dcahinets  eu  laipu»  de  la  Chine  de  (lin(''rentc>s 
(pialités,  sur  leurs  pieds  de  bois  doré»,  portaient  de  grands  «i-ouleau\de 
porcelaines,  des  «jattes»  et  des  bouteilles  de  toutes  dimensions,  h' Inventaire 
constate  cpie  beaueoup  de  ces  objets,  qui  dovaieiil  être  des  raretés  du  plus 
trrand  prix,  étaient  cassés,  ce  qui  indique  beaucou[)  de  négligence  de  la  part 
des  ser\iteurs.  ou  leur  maladresse  ]\  manier  ces  fragiles  merveilles.  D'ailleurs, 
la  dépréciation  exIraMidiuaiic  (|ue  les  tapissiers  l'allico  et  Dupi'i'  tirent  subir 
à  la  pliq)art  des  poicelaines  chinoises  montre  combien  ils  étaient  ignorants  en 
celte  malièi-e.  et  (|u"il  leur  auiait  fallu  laide  d'un  s[)éeialistc  tel  (pie  Dorignv 
ou  l.ailliei'.  Mors  ([ue  la  moindre  girandole  de  cristal  est  prisée  par  eux  de 
.'io  à  (io  livres  (ce  <|ni,  au  surplus,  semble  peu),  h^s  plus  grands  vases  de  la 
(Ihiiie  ne  sont  estinu's  c|ne  ,'îo  livres,  l  ne  xinglaim^  de  tables  en  inar(|neterie 
et  de  consoles  chai'gées  d'objets  d'art  alleiiiaieul  avec  ces  cabinets.  Sur  la 
première,  eu  enhaiil  dans  la  galeiie.  on  vovail  nu  grou[)e  de  bi'onze  repré- 
sentant i.(.C(>lli/i-M(iill(ii(l  sur  un  pied  de  inaicjuelerie »  (prisé  (Jo  livres);  sur 
la  seconde,  «un  grand  bron/e  du  Taureait  Farnaizett  (prisé  4oo  livres);  sur 
la  troisième,  un  ginupe.  Conilxit  d'un  lion  avec  un  cheval,  a  sur  un  pied 
de  luanpieterie  »  (l'io  livres);  sur  la  (luatrièine.  un  autre  groupe  (prisé 
(io  livres),  etc.  Tout  an  fond  de  la  galerie,  la  cheminée  était  surmontée  d'un 
grand  groupe  en  bronze  de  fenmies  el  enfants'.  Enliii.  rameublemeul  était 
conipli''t(''  par  les  rideaux,  portière,  fauleuils,  sofas  et  baïupieltes  couverts  de 
velours  à  l'oiid  d'oi-  brod(''  de  lleurs.  Dans  V Invcn/aire  après  tlécès  de  Mon- 
sieur, ceux  des  meubles  (pii,  poui  les  néci^ssités  de  la  succession,  axaient  été 
(l('sig-iiés  comme  devant  être  vendus,  furent  prisés  /lo'i.'G.'i  livres.  La  vente 
jiiiMii|ue  pKidui-il  'n)'),\)')'\  livres  8  sols  |)  deniers.  Etant  donnés  les  faibles 
prix  d'alors,  on  peut  se  faire  une  idée  de  la  valeur  véritable  île  ces  objets, 
d'après  ce  cliiirre. 

I.  Os  divers  bronzes  p.irnissoiif  rire  les  mêmes  que  ceux  de  In  si-rie  de  Jean  de  Bologne  que 
nous  ;i\oiis  sit;n.ili''s  dans  In  colleelion  du  cardinal  de  Hichelieu  (Voy.  page  08,  les  n'*  70,  78.  elc).  cl 
comparez  les  prix  d'estimation. 


C'esl    ail    inilii'ii    de    ce   iléfor    t|iic    ruiviit    (loiiiu'fs    les  dciiiirics    IVic-    (|iil 

(•mviil    lini   :iii    l'alais-Uoval   h   la   lin   de   la   ^i'■  de   Moiisiciii'.     \ii    n uni    i\\i 

niariaj:f  du  j.-iim'  duc  de  Charlivs  a\.-c  M"'  d<'  Hlois.  lillc  l.-iliin,v  de 
M-  de  Monk-spau  ri  du  roi,  le  palais  a\ail  pris  l'aspcl  des  ^ranils  jours, 
tt  «liuanl  (pi.-itpa-  louips  ce  ut'  iurcul  que  ivroptious,  bals,  collalious.  (Juaud 
la  iioiiN.llr  lut  olliciclk-,  lo  Daupliiu  \iut  au  l'alais-Hoval.  f(  le  duc  dOilrans 
—  dit  k-  Miicuir"  —k'  Iraila  «aM'c  la  nia'^uilici'UCL'  (|ui  esl  ordinaiiv  à  ce 
piinn-.  il  alla  i'aprî-s-dîuéo  voir  l'opi'ia  d".  I/7///VA-,  apii--  (inoj  il  n  <'iiI  -rand 
jeu  au  l'alais-Hoval,  el  le  jeu  fut  suivi  de  Bal  où  l'on  iv(vnl  loiilo  les 
personnes  de  disliiieliou,  il  tous  les  uiasques,  île  soite  (jue  plusieurs  appar- 
leiiieuls  s'en  tiou\îicut  remplis  aussi  bien  (pif  la  j^rraude  gali'rie.  Il  \  eu! 
^'raude  eolalioii,  et  le  hal  duia  (pichpie  |irii  axant  la  nuit.»  Le  uiariai^v  eut 
lii-u  il  \iM-aille<.  au  inilifu  de  luaLinilirenees  iui|)osautes.  Queltpies  mois 
après,  eu  juill.l,  Mon^inu-  tond>ail  malade  . à  Paris.  I.Miii-  \l\  \iiil  \(iir  --on 
Trère  au  Palais- Ko\al,  |)uis  le  Dauphin,  puis  le  roi  d'Angleterre.  LcMuncnir 
de  ces  \isites  a  été  coiisorvc  par  le  Mcntirc.  Le  i\\u-  dOrléaiis  se  ri'lalilit.  Il 
lU'  MMiail  eu  soiuiue  ipie  di>  IVaiieliir  le  eap  île  la  limpianlainc:  mai-,  connue 
sa  mrre,  il  l'-lail  f.Mo^  mau^'-eiir,  el  déjii  l'apoplexie  \v  ^imllail.  Mal^n''  Imil.  il 
j:ardait  eueorr  riiahiliide  n'-pu^uaute  di's  amitii's  suspeetes  a\ec  les  lionnni'S. 
Le  «-iievalier  de  l^orraiue  ne  lui  siillisail  plus.  Eu  itiijS,  il  lui  adjoii^nil  un 
uoineaii  ra\ori.  La(!arli-.  «  ^i-utilliouuue  du  Poitou  l'orl  minée  cl  loi  I  |iaii\ie,H 
dit  S.iint-Siuioii '•,  pour  Icipnl  Monsieur  n  prit  un  li'oùl  ipie  sa  ii^nre  des  plus 
eommuue»  ne  mi'ritail  pas  ^V'  celui  de  ce  prince,  qui  -en  culTla  cxliaordi- 
liairemeiit,  el  qui  de  cliaiire  eu  eliai;je  elle/  lui  le  lit  i  a|iiilcmciil  mouler  à 
celle  de  premier  ;jeritilliomme  de  sa  cliamlde  el  lui  lit  lieaticoup  de  iiràces 
prciiniaires  ...  Monsieur  liiiil  p.ir  m.iiier  ce  La  (iartcà  une  liile  de  la  ilncliesse 
de  L:i  l'erti'.  ipii  avait  quelque  peu  ..  nMi  le  h.ilai  >i.  A  celle  occasion,  il  \  eut 
au  Palais-Hov,!!  soiipei-  el  s\  iiq  lioiiie''.  Les  Mi'iiioircs  de  Son  ici  k-  lii-enl 
ciue  ((la  nia^'iiilieeuce  de  celle  lèle  alla  presque  au--i  loin  qn'.ini  lieiil  pu 
aller  les  noces  d'un  ;.M.ind  prince».  Mais  ce  iiVlail  ipie  par  cxceplion  que 
le  Palais- Hii\al  elail  li'iuoiii  de  pareilles  njouissaiiccs.  car  l.i  plupart  du 
ti-inps,  \ers  l.i  tin  de  sa  vie,  I»!  duc  d'Orli-aiis  restait  .ivec  sa  ramillo  dan-  -on 
cliàle.iii  de  Sainl-Cluiid,  donl  le  si-jour  lui  ('tait  de  plii>;  en  plus  aiinalile. 
I>  .liliiiii-,  le  Pal.iis- Hoval  n'en  re.sl.iil  pas  moins  nioii\emeiile  el  luillant. 
>*jnis  cesse  rempli  par  les  ■.'eiililslioimues  de  Moiisiem  qui  v  loMvaienl  ,i\ec 
In   fiMile  (les    servilcnrs.    qiiolidieunenienl    mis   en    iiimcm     par   le    service    des 

I.   Cf   l«  roll<«-(i.«ii>)ii  Mrrrnrr  fliiliitil,  de    illici  l'i  iligij.  Vrivc/   iiolaiiiiiirnl  jiinin    i(ii,'|.  p.  .tij. 
>     M.'  ,    il,,,,. 

*    •"'"  "lili Il'»  liniriiU  ih-riviiiiit,   Marin  Ile,   |.   V.   n.   ,(„i. 

\    '.'.  ,     lAII 


i.i:    1111:111:    Di"    i.(M  is    \i\ 


5!05 


(''(■iirifs  (|iii  (■l;ilili--^;iil  de  ci  iiivlaiilc-;  .illivs  ri  xcmii'S  riilic  la  me  Saiiit-|  |i  moiv 
et  Saiiil-Clciiid  nu  \  ci-aillcv.  ,|,.  Idli-  -oilc  (jur.  s.iii-  li.iliil.T  rircclix . ■nient 
l'aiis.  If  diR-  ilUili'-aiis  si'iiil)lail  \  rlii'  pivsriil.  La  saiilr  de  IMiilippc  de  |-'iaiu-c 
ne  sciidilait  pas  allôivi-,  cpiaiid  à  la  siiilc  (riiiic  altercation  a\ec  F>ouis  \IV, 
an  snji'l  i\r  la  inauNaise  idridnile  du  duc  de  (iliailfes,  l'apiipli'xie  le  leir'assa. 
(l'était    le  j)   jnin    1701,   ;i    Saint-(  di  hkI. 

i'.v  fnf.  d'aillem's,  la  (Icsliiiôc  des  dncs  d  ()il(''ans  ([u  aucnn  dCux  ne  nidinùl 
an    l'aln--- lli>\al. 


^lurtdihrvniTnutiUn/oiijMjt/J^^iicJOrîtiUïiffTTrvntijacJit 


LES    ARMES    DU    DUC    D  ORLEANS,    nEGE>T   DE    FRA>CE 
(Frontispice  de  l'ouvrage  de  i.  Couché:  Galerie  des  tableaux  du  Palais-Royal) 


CHAPITRE   VI 


Lir PALAIS   ROYAL   SOUS  LA  RÉGENCE 

L'enfance  <ln  Régent.  Son  éducation.  Ses  prcmiiTcs  amours. —  Il  loge  \inc  de  ses  maîtresses  à  la  '«Chancellerie 
d'Orléans  »  :  histoire  de  cette  habitation.  —  La  vie  de  famille  au  l'alais-Iloyal  :  le  train  de  maison,  les  dépenses 
annuelles.  Portrait  de  «Madame»,  mère  du  Uégent,  dans  ses  appartements;  le  nombre  de  ses  domestiques. 
Les  jeux  qu'elle  organise  pour  ses  petits-enfants.  Ses  écuries,  ses  frais  de  toilette.  —  Luxe  de  la  duchesse 
d'Orléans,  femme  du  Régent.  Description  de  ses  appartements  au  Palais-Royal  :  ses  beaux  meubles,  ses  riches 
tentures,  son  goût  pour  la  broderie.  Sa  collection  de  tabatières.  De  quelle  manière,  ii  la  mort  de  la  duchesse, 
ses  serviteurs,  suivant  une  coutume  princière,  se  partagèrent  ses  toilettes,  ses  chevaux,  son  argenterie. — 
Le  genre  de  vie  du  Régent  au  Palais-Royal.  Portrait  de  ce  prince.  Il  s'occupe  de  chimie,  de  musique,  de 
peinture,  etc.  Ses  relations  avec  les  artistes.  Ses  tableaux  sur  le  sujet  de  Duphnis  et  CIdoé.  \  ipicl  moment  il  se 
lance  dans  la  débauche.  Sa  passion  pour  sa  tille,  la  duchesse  de  Berry.  Les  petits  soupers.  Les  bals  de  l'Opéra. 


ni  i\  rolcr  (l;iiis  1rs  liniilcs  de  nuire  Mijcl.  Il  l'uni  |ilns 
ipic  j.nnais,  ;ni  [miIiiI  m'i  ,j  l'n  ;nii\('  de  ci'lli'  rliulc,  se 
^(invcnii  (|n'll  >",ij:il  de  l';nii'  riii>|iiiic  d'nn  im  inMini'nl .  l't 
nnn  |i;is  ccil,'  dc<  |H'i-i)nn;ii;i'S  ipii  lOnl  lial)il(''.  l'iciicil 
dilliilli'!  Tcnt.ilidn  ini'x  il.diic.  (|n,ni(l  <>\\  liasse  à  ciMt'  do 
j.  2^^  I. ,  :fa  li^nii-es  de  preiiiiei-  |)l,ni.  un  d'i'\('neinciils  d'ini  iid('rèl 
^■•('iiérjd,  de  s'y  ai'rèlei-  el  (["aj.Taiidir  le  hdilean  uii  IHn  xundiail  leni- 
duinier  place!  IIIToicuiis-ikmis  ceiiendanl  de  ne  |iuiiil  smlir  de  nolie  cadi'e. 
et  elicti-is-oris  |iaiiin  les  mille  del.iiU  eoneernaiil  les  lidUinie^  el  les  elioses 
ddid     n(in>    avuns    ;i     |iarlei-,    eeuv-lii    ^enl^    (jin    se    ia|i|n  )ilenl     sliiel. 'nient    il 


2o8  ï-  E      I'  A  I.  A  I  S  -  Il  O  \  A  I. 

lOhjfl   |iiiiiri|i:il    (le  ci'    liMf.   INiiir  (cllc  (''poqiu',  les  ilocuim-iils  inédils  alxm 
(Ifiit,    i-l  jo   ii";iiirai    iiiic   rciiihanas   du    rlioix. 


(Collection  Je»  rictrc»  grj\cc^( 


La  Régence  est  la  péiiode  la  plus  luillanlo  di-  riii-lniic  du  l'alais-Uityal. 
C'est  riioiiiv  lie  supiviiu'  ^^raiidi'iir  qui  ne  reviemlia  plus,  (l'est  là  (juc 
diuaiit  plusieurs  années  se  Iioum'uI  à  la  fois  le 
sièfre  véiilahle  du  iiuuxcriicuicnl  <l  le  IVi\er  des 
^^^  ^  ^  plaisirs,  voire  de  la  di-hauciie.  (l'est  lîi  ipie  suij;it 
(^^I^Bin.  J;  V %  \ \  loul  uu  esprit  nouveau.  (|ui  va  trausloruier  le 
■^  ,'^^^^  ^WÊÊ  j  j  nioude,  cspiil  de  laiiic  loli'iaiice.  de  lilire  diseus- 
ImJ^^^VA  ^^r //  et,  hélas!  aussi  île  lieeuee;  esprit  de  créai iou 
eu  mille  choses  (les  «iraudes  loules.  la  ciiculaliou 
de  pi'o\iuce  à  piosiuce.  I  iii--l  iinl  ii  m  i;ialiiile.  la 
coniplahililt',  etc.).  C.'esl  là  (pie  iiais-~enl  cl  se 
développent  des  aris  charnianls,  tous  ceux  (pii  l'onl  la  ^n'àce  et  i'ai-auce  de 
l'intérieur.  Mais  c'est  de  lîi,  ég'aliMnenl.  ipi'au  uiilleu  d'une  socit-h'  trop  Imij^- 
lenips  énervi-e  et  lyraunisée  parles  loulrainles  de  la  roin  de  l.miis  \l\.  \n[\{ 
être  (lonm's  les  plus  dé-leslahles  exemples  de  corruptiiin  (pi  nu  vît  jamais 
aussi  cMiiipii'uieid  l'Iaii'c.  l'"l  les  sou\euii's  laisst's  par  celle  ('piMpie  ^(Hil 
tels,  riiua^-'inalion  en  ilemenre  encore  si  ('lraiii:<'meiil  trapp(''e,  (pic  ce  uml 
«  l'alais- Uoyal  »  siillil  à  évoipier  et  à  svmholiser  liieii  moins  le-  iioii\ianli's 
généreuses  et  les  progrès  en  Ions  genres  dnn!  la  ll(''genee  essa\a  de  dnlcr  la 
France,  à  travers  des  ilillicnités  iuextiicahles.  ipie  de^  ima^i-  de  \(]|iiple 
é'iéganles.  de  murs  iiupudicpies,  de  pelils  soupers  ciapiileiiv  à  la  soilie  de 
l'Opéra,  et  de  lilierliuage  éhoiité.  I/li<imme  ipii  persoimilie  ce  UK'Iauge  de 
(pialités  aimables  et  de  vices,  celui  ipii  semble  eiidiis>ei-  drvaiil  l'Iii-lciire 
la  l'espousaltilili'-  des  goùls  e\(piis  ou  di'pravi'-s,  de  res|)iil  l'I  des  l'oliis  de 
celle  i'p(i(pie.  c'est  |e  Hi'geul.  Ironie  siuguliî'i'e  des  choses!  De  Ions  les 
princes  de  s.i  famille,  parmi  tous  ces  ducs  d'Orléans  (pii  icmpliiciil  du  luull 
de  leur  noiu  nu  de  l'éclat  de  leur  forluue  les  xvii  et  wiii  -ici  le-,  i c  lui 
le  uiilllcur.  le  mieux  doui',  le  plii-  i  II  I  cl  ll;^ci  1 1 .  (i('uéreux,  il  alla  jii-(pi'à  la 
prodig.ilili-,  don  rare  dans  la  dvnasiie!  Il  iiit  lamoiir  aidciil  Ar^  ,irl-.  iimm 
pus  celui  (loul  l.'i  plupart  des  grand-  -ei;:iieurs  s<'  l'oiil  une  alliludc  cl 
ipii  l'sl  nue  n»'ces>it('  du  r;m^r_  m.ii-  im  amour  r('el,  sincère,  (''cl.iiii'.  (pii 
le  poussa  même  ii  eu  |irali(pier  plusieurs,  s.ins  alVeclalion.  en  lonlc  -iinpii 
cité  l'I  avec  un  vr.ii  lalenl.  l'.spril  souple,  alVami'  de  s.ivoir.  dune  mémoire 
merveilleuse,  il  -emlilait  nimii  lou-  li-  don-  ipil  j',>nl  les  hommes  supé- 
rieurs, cl    I.  l'ainiiilile   ;,'(-iiie  de   la    l"'ranee.   I incnv,   liutnaln.  iVlal.iil  en    lui  ". 

rninuie  clie/,    ijenri    l\  ,    son    ln'ros    favori,    dont    il    cnl    la    lnavoiuv. 


i.K  iiti;  m:  cimniiK'^,  i-i  n  u  iiki;km   i>k  fiusck 

failc  à  l'occilion  de  son  mariage  .ivc<    M.iJcmoisclle  de  BIoIa,  le   18  li' 

(Bibliotliéqiic  lulionalc.  Collcclion  Hennin) 


T.    I.    LK    lv\I.AIS-nOTAI.. 


t.i:    1"  VI.  \is-uo\  \L 


lu  IIM  U-llt'.<)|»|Ti: 

{Collcclion  de»  pierres  grivéc») 


Cfl  liuiiime  \icieu\,  a  dit  tl<'  lui  Miclielet,  était  riiomuif  de-  l'raiice.  non  pas 
le  meilleur,  h  coup  sur,  mais,  ce  qui  est  tout  autre  chose,  le  jilihs  l>nii.  I.a  hoiiU'.  la 
bienveillance  universelle,  c'tait  le  fond  de  sa  nature,  brillail.  cliariiiail  eu  luut. 
Itien  de  haut.  Uieii  de  dur.  Pas  nicme  d'humeur  dans  les  plus  j^iands  liraillenients. 
I  ne  patience  merveilleuse,  excessive  à  écouter,  à  supporter  les  impertinences  de  l'un 
ou  de  l'autre.  Ceux  mcmes  qui  souflVaient  le  plus  des  honteuses  misères  où  il  noya 

sa  ^ie.  le  sentirent,  à  sa  mort,  irréparaldc.  unifjue 
pour  la  douceur  du  cu'ur  et    pour  la   lumière  de 

Irspril'. 

i'.v  prince,  si  Jit'in'ciiscMictii  doiK'.  iH'  |i(iiii' 
"circ  le  clu'r-dd'uvre  dinif  ('(liicaliiiii  ».  siiixaiil 
rcxprossion  de  Saint-Simon,  lui  la  \i(linir  Ac. 
-i-  mailles,  de  son  enlourajife  et  des  circons- 
lanccs.  Son  |)èi-e.  (|ni  l'adorail,  lui  passait  lont. 
Sa  mère,  la  sévère  Palatine,  ciil  pour  lui  loiilrs 
les  indulf^ences,  ajuès  lis  diircs  cdi  1 1  rlimis  dr  la 
premièi'e  enlaiici',  ipi  (Ile  rappelait  volontiers 
plus  lard-:  "  (juand  ninn  lils  était  petit,  »  éerit-cllc  dans  sa  Corrr.tpo/x/n/icr. 
«je  ni-  lui  ai  jamais  dumii''  de  siiMlIlcts,  mais  je  lai  l'onetlé  si  l'ml  ijnil  s'en 
souvient  encore!  »  Il  aval!  riiKj  ans  ipiand.  rii  l'iyi).  la  man|iiisi'  d  l']riial  liiviiit 
sa  ^'iHivi'i-n.aidi'.  l'ru  dr  Icmp^  apiè^,  Miuivicin'  lui  rlmisil  un  i:nii\ri  iniir  :  re 
lui  \r  dur  dr  La  \irnvilli-  ipii.  ;i  sa  nKul.  en  i(i!^]).  lui  rcmiilace  par  Ir  inmle 
il  \iiv,  Iripii'l  st'lait  distin;,''U(''  dans  les  ainliassades  aussi  liii'u  ipi  à  ia  i^ui'ire, 
cl  -ni  incnlipier  ;i  son  é-lève  de  sé-rieuses  eoiniaissaiieos  mililaiirs.  I.r  jcinii' 
duc  df  (Ihartrcs,  cnnniH'  un  lappclail  alnts,  —  c'est  li'  lllir  ipir  piiirul  après 
lui  siiccessivenient  Ions  les  lils  aînés  des  ducs  (rOrlt'ans,  —  l'-lait  un  (  liarmant 
curant,  enjnni',  ricin-,  plein  de  vie.  en  ipii  Imnillonnail  dc'jà  ranlrui  de  l'ado- 
lescence, et  ipii  .111  plaisir  mi  an  lia\ail  mnuliail  nu  zèle  ('^al.  Snu  piiiipieui' 
en  litre  rut  de  Saint -Laiiri'iil,  exielleul  liunniii'.  au|iai'avaiil  snii-  iuli  i  Hlucieiir 
des  ainliass.ideins  ehe/.  Mnnsiiiir.  <|iii  iiil  le  Iml  de  prendre  idiiuin'  auxiliaire 
l'alild-  |)idiui>.  piiiir  II  pri'par.itiiiii  des  devoirs  du  prime.  Ce  lu!  le  mallieur 
lie  cilni-ci.  Didiojs  que  Imis  les  liisluriens,  avei-  une  remarqnahie  miaiiimile. 
ont  lonveil  de  llitrissiires.  l'iail  le  Ivpe  de  ces  aventuriers  sans  sciiipiile-  qui 
n'ont    ipiim    Iml  :    parvenir   .'i    tnnt    prix    el     par    ii'impurli'    ipiel    mnven.    (lu 

I.  MiciiKLrT,  lliitnirr  île  Vnmcf,  l'-dll.  l'Innimaiioii,  1.   \1\.  \\.   nj. 

t.  r.orrftiHitultiner  itr  In  Dwlirur  liDrlrani.  l'ilil.  Ilniiii'l.  l.  I"r,  p.  i-j."!.  ~  M.iil.imr  ciil  pniir  ses 
iiir.inl»  urir  nlTivliiiii  |iriifiiiiilf  ;  •■  Jr  riiiiiic  <lii  rnml  ilii  rniir. ..  l'ci  iviiil -cllf  on  171(1.  piiiliiiil  ilu 
•(•'•Ki'iil  M""  rir  i:iinr(ri>^,  i|iii  ilfvliit  (Jnclicw  df  l.di'iaiiK*.  i-iil  aii»9l  fonli-.s  ses  (i>iiilrcs.srs.  In  lrc.H 
«  iirniiv  l.itilrniii  ilr  l.i  iii||i><  liiiii  du  cliàlfuu  d'Iiii,  dmil  lu  topic  ol  à  Vi-isalllrs  ui"  H'i;!  du  calnldRUi- 
.Soidir'-i,  rr|iri'-wiili'  la  priu(-i<^<4-  nvi-c  rw*  dLMix  ciirnnU  on  ht»  Ayc.  Kilo  r>t  iis'.iM'.  poiliinl  un  maiiloiiu 
ncuriJi-lyW-,  Un  In  iiinln  «11111  lu-,  ollo  llrn(  M""  do  ClinrUvo.  Sou  DU  do  fiilur  HokoiiIi  est  dolKiiil  do\«ul 
rllo,  ci\   ttoniii-l  pt  on  riilnv 


I  K    p  M.  V  is-uMVAL    rtous    I,  \    ni';(:r\f:K 


'W^ 
^^^ 


nOIlE  t.oM>Lls.\.M'  LKs  CHEVAUX  DU  SOLEIL 

(Collection  des  pierres  gravées) 


•  ■ ;iîl   l<'  pci-oiiiiiii^c.  Iiiiilllc  (riiisislcr.  (IV'l.iil   .ihns  un  |ii'lil  liuiimie  iiKii"re, 

cllili'.  .i|i|inirli,iiil  (le  l;i  (jiuii  aiil.iiiic.  .- <  liiillc  liii.  ;i  |ii'iiii(|ll.'  Monde  et  à  mine 
(le  luiiiiif.  ))  qui  avait  ilrljulô  d.iiis  do  emplois  obsciiis  vl  loiiclies.  En  dernier 
lien,  il  a\;iif  ('k'  foniniis  clioz  le  niailic  de  la  ^'-.irde-rohe  du  l'alais-l\oval.  C'est 
aillai  i|u'il  ^e  poussa  ;nipivs  d.'  Sain!  -  Lamcnl .  Poin-  le  ren<liv  pn-senlable,  on 
riiidtilia  conven.ahltMuenl  ;  on  li'icliii  de  lui  laire 
une  \raie  lijrure  d.ibhé.  Onand  il  i'nl  dans  l;i 
place,  hnliois  (dn<lni-;il  si  bien  ses  .ailaires 
ipi  il  la  inoi'l  du  pn'-eepteni'  ce  I'nl  Ini  (pii 
lui  SMieeda.  I,  i  idl  nenee  (pi'il  piil  ^ni-  ^nn  l'Ièv  ( 
fnl  inero\alile  el  dnia  loujour--.  I)einii''  de 
prc'jniii's,  il  en  iil  un  -ceiilliine  pii'eoee.  ini 
;i|)piil  le  ni('pri>  de  la  nmiale.  le  deièiilenieni 
des  mœurs.  «  A  treize  ans.  mon  lils  (''l;nl  d(''j;i 
ini  liomnie  :  une  dame  de  quidili-  Fiivail  ins- 
titiil."  dil  la  durliesse  d'Orl(';nis'.  \  (piatorze 
;uis.  le  jeune  due  de  (>hartres  enseiguii  à  son  lour  à  la  petite  Léonore,  fille 
t\t\  coneii'ii^e  ilu  Palais-Hoyal.  ce  (pi'il  a\ail  appris  de  la  i^raude  dame,  et 
en  enl  lin  <'nranl.  ce  (pii  li|  scandale'.  Monsieur  se  i'àclia  i'oil  :  Madame  ne 
(Mcliii  poini  sou  irriliilion  :  niiiis  le  jeiiiie  prince  nCn  conliniia  p.'is  moins  à 
\i\re  à  s;i  ;;iiise,  iiussi  \ile  éiuiuicipi'  ipie  l'axiiil  ('!(''  son  oncle  Louis  W\, 
l't  tout  !i  tait  libre  de  ses  actions.  (  >ii  lui  a\ail  dis|)os('  au  l'alais-Roval  un 
appartemeiil  à  p;ui,  (|ui  formait  coiuine  im  pelil  pavillon,  avec  dégage- 
ments disliiicis.  ce  (jui  lui  p(M'niellail  d  enli<'r  on  de  ^oilii-  à  son  gré,  sans 
être  \ii.  (  )n  peut  cioiie  (pi'il  en  prolil;i.  Ses  premièics  inlri^ues  avec  les 
ai'trices  de  l'i  )p('i;i  d.ili  ni  de  celle  p('iiode.  Il  rii''i|neiil,iil  ipii  il  xonl.iil, 
les  ;^ens  de  lelli'es,  le-  -axani-,  les  ailisles...  el  les  demoiselles  du  corps  de 
li.illel.  l'iien  ne  le  ;jènail.  \\ec  une  |iareiile  ('ducalion  uior;ili\  on  sexplitjne 
(juil  se  soi!  proinplemeiil  l.iissi'  eniranier  à  des  mieurs  di-n'^lées.  Il  lui  eût 
lallii  un  tempc-rinnent  d'eumupK'  pour  ne  mettre  point  à  profit  h>s  occiisions 
(|ui  s'ollViiient  si  iusémciil  :  or,  il  en  a\ail  un  tout  coniraire.  Kn  outre,  ([u'on 
s'im;ij:ine  ce  (pie  dex.iit  être  poui-  l'espril  dun  jeune  prince,  à  cette  époque, 
une  cour  connue  celle  du  Palais-Hoyal,  le  conceit  de  niitleries  (pii  accompa- 
gnait ses  faits  el  prestes,  les  iiilrignes  noiK'cs  anlonr  de  celle  \ilesse  Uoy.ale 
p.ar  de-  imiilii's  inléi-essées,  les  serviteurs  c(Mnplices,  les  conrtisiuis  [irovoca- 
leiiis...  \liii  diicliever  r(eu\re.  on  l'envova  à  dix-sept  .ans  à  rjuinée.  II  assista 
an   siège  de  \lons,  cl    loixpiil    reviul.  (pidipie-   mois   pins   l:nil,  ei'   fut    pour  se 


I.  Corrrspondnnre,  l'dil.  Briinrl.  I.  II.  p.   iji. 

ï.  Maldepas.  Mémoires,  179^.  iii-ii,  I.  I".  \t.  loCi. 


■j  1  •,  I,E     PALAlS-nOYAL 

iiiaiitT    a\oc    la    lillo    It'-ritiiiuV   do    Louis    \l\    il    de    M       de    Moulcspan.   lu 

llaltiiii    sWria  : 

l'riiu-e  iiiorvoilicux!  (Jiu'l  ]H(><lij;c  à  Mitro  âge... 
Apn's  une  caiiipagiR-  el  si  longue  et  si  belle, 
Revenez  Uiut  biillanl  dune  gloire  iiiunoilelle, 
Avant  salislait  Mars,  satisfaire  l'Amour...". 

I/.\iiioiir!  (0  nVlail  pas  1(>  ras.  Lliistoiro  de  co  maria;,'-!!  a  ôto  racontc'e 
par  Saiiit-Siinoii  avec  iiin'  mtvo  t-t  des  mois  si  :\])vr<  (iiroii  dirait  dos 
morsures  d'oau-lorlo:  la  pcinlMi-o  est  saisissaiilo.  Sa  liaiilcssc  ducalo  ne 
marohaudo  pas  les  loriues  poiu-  dire  (pic  cfllo  union  lui  une  lursallianco. 
Mais  il  nrn  iiiui  pas  rosponsahio  son  ami,  ([u"il  savait  iuoapabl(>  de  has 
(aiiul  ol  ilout  il  naccusc  (pio  la  laiblcsso.  Cost  à  Monsieur  soûl  (piil 
impute  h  bassesse  du  marelié  do  ce  mariage  cpii  coud)lait  les  y(imi\  du  loi. 
(Juel  tableau  ipio  eolui  où  l'c-ciivain  nous  montre  Louis  \l\  en  pnsciKc  de 
Monsiem-  et  do  Madame,  l'aisanl  valoir  les  avantaf^'os  (pi  aiiiail  pour  ou\  une 
Irllc  alliance!  La  réponse  de  la  duchesse,  se  crovani  sûre  du  ici'us  de  son  lils: 
<<  Il  décidera!  »  puis  la  fiueur  do  la  lière  l'alatine  après  le  c  oui  »  liinidc  du  duc 
i\f  (  iliaitres  di'coiieerlé;  son  silence  atterré,  le  soir,  à  Abulv.  pciidanl  le  s(ni|nr 
du  roi,  alois  ipie,  recevant  les  félicitations  de  la  cour,  rllc  ne  pai\iiiil  pas 
;i  dévoroi'  ses  larmes:  enfin  roxaspéraliou  de  (■clic  inric  se  traduisaid,  le  len- 
denuiiu,  l'u  pleine  ^/alerio  do  \oi'saillc-,  |)ar  un  rriciilissant  souine!  sur  la 
joui-  do  son  liU;  tout  cela  est  peint  de  main  do  maître,  avec  une  l'orce  de 
coloris  (|ui  ne  lai->e  rii  n  dans  l'ombre.  (Juatit  à  la  lianeée,  M"'  do  Hlois, 
blonde  Ibiette  au\  veux  noirs,  à  ràine  {jflaci''o%  elle  nontrevovait  dans  lavon- 
Imo,  en  di'pit  de  son  extrême  jeunesse,  cpio  lt>  ran;;  ipii,  par  ce  mariajro, 
all.iit  lui  être  assiU'é  à  la  cour,  \aiiiemeul  ou  lui  reprt ''sentait  rinililliTcnco 
ipi  éprouvait  pour  elle  son  futur  maii  :  u  ,1e  ne  me  soucie  pas  (|u'i!  nriiiiiie.  j) 
repliipiail -elle,  <(  je  me  soucie  (|i:'il  m'épouse.  »  A  iiarlir  deiillc  anniv  idi)'! 
jii«-<pron    lyrn,    le    duc    de    Chartres,    foicé    à    l'inacliuM    par    les   oud)ia;;cuses 

appreheii-inris  de  I is   \|\    ipii,  connue  il   l'avait   l'ail    pour  le  pei'c,  refusa  au 

'd>  le  ihoil  d'allir  .'i  l'armi'O,  se  l.uiia  ;i  coip-;  perdu  d;ms  Ic-^  jtlaisiis.  Sa 
fi  inmo,  n-oide  el  h.iutaino.  no  tenta  rien  pour  le  retenir.  Il  eut  successiv(Mnonl 
lies  enfants  de  la  f'Ioicnci-.  danseuse  ;i  l't  (pir.i  (illjiS),  cl  de  la  comédienne 
D.-smares  (170a).  De  tous  les  tils  ijui  lui  n.Kpurent  ainsi  hors  du  maiiai^o,  il 
lit   des  .ibbés.  ,.  M. m   |i|^  1,,.   \enl    p.i^  ipii'  i|e  se-  b.'itards  piovienrK'   une  race,» 

I.  Mrrcurr  <<«•  l'ranef,  iioveinhro  Mij)î. 

1.  I.!-  porlniil  ilVIIf  i|iii  ni  nu  inusi'f  ifo  Vrrsiiillis  In  ripn'Mrilr  à  peu  pn'-s  à  t'A;.'!'  ili'  son  mm  iafie. 
Moi»  «iii  >UjKr  nijoiir,  imv  ji-  m-/  à  In  Hoxelnni'.  In  hoiidic  m-iimu-IIp,  les  yeux  noirs,  rii-ins.  lis  die 
\ru\  nintr.-..  oriii-^  il.'  |H-rli-5  ri  ili-  riililv  i-l  loin  <le  Iniilulre  le  rnrmière  «lu'on  voit  11  In  <IiuIics.m' .laii> 
hiii«  li>«  Mftuiirrt  ilii  ti'iii|n    II  i-il  \rnl  ipiVii  peu  diuinées  la  pi-lile  m'toIc  nllérn   bcaïuiiup  ses  Iniil». 


MADLUUl^ïELLL    DE    IJLOIS    (lILLL    UE    LOI  IS    \l\  ) 

I.c   jour   tic   ion    maruge   avec    le    duc   de    Chirtrci   (iS    février    169a) 

(Bibliothèque  nationale.  Collection  Hennin) 


31 ',  LE     PALAIS-ROYAL 

l'ciivail  la  priu.ossc  Palatine'.  Dînant  c.ttc  lu'iioil.-,  sa  g:rande  passion  lut 
pour  M"*  tic  Sérv,  une  des  «lonioiseilcs  d'honiu-nr  de  sa  mère,  jeune  personne 
d'exeellenle  laniille,  qui  n'était  point  absolument  belle,  mais  (|ui  avait  un  air 
\ir  et  modeste  à  la  lois,  une  extrême  douceur  et  une  tendresse  inlinie  pour 
son  aman!  :  elle  n"aima  que  lui,  et  l'aima  ardenmient  ^  IMiiiippe  semble  avoir 
eu  pour  elle  un  sentiment  plus  profond  que  pour  ses  antres  maîtresses.  II 
donna  vraiment  à  eelle-ci  (pielque  rliose  de  son  ((eur  de  \ingl  ans.  N'y  a-t-il 
pas  dans  «os  vers  ipi'il  rimait  à  son  intention  plu-^  de  naïveté  qu'on  en  atten- 
drait de  lui.  et  la  déclaralion  cpii  les  termine  ni'  donne-l-olle  pas  à  penser 
ipie  la  jenni-  lenmie.  ii  ci'  monieiil,  lui  faisait  oublier  ses  rêves  d'enqilois 
andiilienv  ;i   l'armée? 

Tirci;;  nie  disait  un  jour  : 
Je  no  connaîtrais  pas  t'aniour 
Sans  vous,  IMiilis,  je  vous  le  jure, 
Sans  vous,  Pliilis... 

Je  ne  demande  aucun  emploi, 

Je  ne  voudrais  point  être  roi 

Sans  vous.  IMiilis. 

I  n  eid'ant  naipiit  de  ces  relations,  ijui  fui  le  cboNalier  d'Orlé.uis  cl  dexini 
gé-nt-ral  «les  galèi'es.  puis  j^rand-prienr.  Sun  pèie  le  lé'^ilima.  li'  lil  lirillaïu- 
nienl  é-lrNci'.  le  lo;,fea  au  Palais- Ki  )val.  ce  (pii  t>sl  un  Ir.iil  paît  iiiiliri'  des 
nururs  liizarres  de  ce  temps,  (le  lils  nalincl,  \i\aiil  ^nns  le  luit  conjugal. 
l'é'lait  une  sitnatiiui  ipii  ne  cluxpiait  personne.  Louis  \l\  n  a\ail-il  |ias 
diiimi'-  de  paieils  cvcnqtles  a\ec  ses  maîtrc'sses?  I  ,a  l'.d.iline,  si  si'xère  ])our- 
lant  sui-  le  point  ilbonneur  et  restée  intraitable  pour  ce  (|ui  toncbait  ii  la 
•  lignite-  du  foxer,  n'éle\ait  elle-même  aucune  objection,  eulonrait  le  bâtard 
des  mêmes  soins  (pu-  ses  aiilie-  prliN-cnfanl^,  allai!  le  voir  au  collège  vi 
applaudissait  à  ses  succès.  <■  (  l'c-l  un  bon  eid'ant,  n  disait-elle.  "  et  il  ne 
manipie  pas  d'espiit.  »  (hiani  à  M  Af  Si'ry.  elle  faisait  ouxeilenicnl  la  loi 
au  Pal;iis-Ho\;d.  Pliilijipi'  lui  a--Mra,  par  coiilral  du  ,'îo  juin  lyoli.  une  |HiisioM 
lie  y.'i.ouo  éeiis,  obtint  poin  elle,  cette  même  auiH'e.  un  bre\el  du  roi  la 
nonunaid  comtesse  d'Vip'nlon.  il  l'.ix.iil  installée  toul  près  ilr  lui.  d.ins  un 
biMi-l  de  la  me  de>  iloiis-linfanls  qu'elle  babil.i  jns(|ii;i  l'c'poqne  de  s,i  disgrâce, 
loisipi'ellc   qnill.i    P.ni»,   en    lyio. 

I.  Cormpomlnnruli-  Mniliwif,  diuUrste  iTOrlrant,  l'dil.  Uruiii-l.  l.  I".  p.  a.'ig. 

ï.  1.4  Mi»TMr,  Vir  ilf  l'hiliiipr  «iOr/nm».  \-M>.  ■>  \i.|.  in-  id  I  1".  p  ii  -  \|  I  i<.  i  m  In  \/,n- 
trrttn  du  ItnjrnI,   p.  C'i  et  73. 


LK     P  AI.A1S-UOV  \I.     sots     I.  \      lli;(iKNCK 


i;ii()TF.i.  DK  i.\  (Il  wci.M.iiiui:  !)"(»r,i,i:\\s 


\ii  ■~\iy\    lie  ni    InMcJ.    je   lin'  |Hinii|  I  r.ii  uni'  (lij.T<'ssioii 

|i ■    li\cr    un    |iclil    pciiiil    iriiisluirc    ic^li'    olisciir    par    la 

l'aiilr  (les   i'(ii\  aiii<    du    wiii     >ii'rlr   >|iil   en   ont    |iail('   sans 

|in''ii>i<iii   siil1i'«anli'.    l'Ji   cil'i'l.   <m"i    ('lail    l'xaih' ni    lliajil- 

laliiMi   (Ir   la  CMiiilc^so  d"Argciil(in''  Ce  (ii'lail   a    son   iiili'-rèl 
iiMii  viiili'iniiil  a  rauso  des  si)ii\ ciiir-^  (|iii   jhmimmiI    \    rester 

allaclK's  el   de   la  valeur  aili-li(|ue  de  cet  liiMcO,  (liH-ori'   |iar 

(Coiicciun .:.- 1  .rr.siravtcs)  Covpi'l,  iiials  eiicurc  parce  (jifuiie  Iratlilioii  sesl  établie  à 
ce  sujet,  à  propos  de  laipielle  j(>  puis  [)réseiitiT  iei  un  euseinhle  de  iloeuineiils 
jii-(pi";i   pit'seiil    ignorés. 

La  tradition  en  (luestioii  Neul  que  la  demeure  de  la  comtesse  d  Argcnlon 
ail  été  reprise,  au  moment  de  sou  dépari,  par  Tahhé  Duhois.  le  futur  ministre, 
qui  N  aiirail  \u'j:v  duiaiil  plusieurs  années,  et  (piCuMiilc  l'Ilc  --erail  dcxenue 
riiiMel  de  la  Cihaueellerie  d'Orh'aus,  alors  (pie  le  inmle  d' \rgeusou  élail  titu- 
laire de  celte  charge.  (Ici  iuMel  existe  encore  aninuKriiui.  au  numéro  iq  de  la 
rue  des  Hoiis-Kiil'ants,  et  a  conservé,  au-dessus  dune  de  ses  |)c)rles  d"enlrée, 
rinseription  en  lettres  d'or  sur  marbre  noir:  Chancellerie  (l'Orléans.  Son 
autre  façade  sur  la  nie  de  Valois,  a\er  scm  puitiipieà  colonnes,  donnait  jadis 
de  plain-pied  sur  le  Jardin  du  Palais- |{o\al.  Mlle  a  le  caraclère  des  construc- 
ti(jus  du  xvnr  siècle.  Les  a|)|)arlements,  (juoi([ue  pliisiems  fois  remaniés,  eu 
oui  gardé  le  style,  et  le  plafond  du  grand  salon,  représentaiil  le  liioinphe  des 
Aminirs  sur  les  Dieux,  paraît  bien  être  l'oinie  de  Coviul,  dont  il  est  parlé 
dans  les  auciennes  descriptions.  L'IuMel  di'  la  (  llianeelleiie  d't  )ili''aiis.  après 
avoir  servi  do  magasin,  sous  \a[)oléoii  III.  au  l'abiiraiil  de  piaim-^  l'ape.  et 
ensuite  de  bnicaiiv  au  jdurnal  le  ('nti:-ililiitiiinnel .  a  r[r  occupi'  en  i  SS  i  par 
riiil'èxre  (Hi-la\e  Saiido/,  ipii.  a\ec  beaiiroiip  de  goùl  et  de  soin,  en  a  entre- 
pris la  ri'stauralion  et  en  a  l'ail  rcNivre  le-  |ir(''eieiises  peintures  (pie  cacliaient 
d'alîrcuses  courlic>  de  poussière.  Il  appartient  aujinii  d'iiiu  a  la  baronne 
Tluînard,  (pii  l'a  loue  de  iSi)(;  ii  iS()i,  à  la  Si>(ii't(-  de  II  iiion  centrale  dv< 
Arts  décoratifs  pour  l'adinini^tratiuii  de  son  miisé'e.  Dans  une  iiuuiograpliie 
agré-ahlemenl  ('crite,  liiMieiisenienl  illu-tri'e,  mais  non  iiii<e  dans  je  commerce. 
(Iiistavc  Saiidoz  a  donué'  nue  desc  ri|ili,  m  delailh'e  de  cette  liistoiiipie  demeure  : 
il  s'est  a|)pliqué  à  démontrer  ipie  la  tradilion  ('lait  aiitbenti(pie.  et  (pie  e\'st 
eneclivement  la  flliaiieellerie  d'Orléans  ipii  avait  ('te  I'IkMcI  de  l'aimable  Séry. 
comtesse  d'Argonton. 


2l6  I-E      PAI.AIS-ROYA  I. 

'IVIIf  est  la  It'^cmle.  Nous  allons  voii-  ce  iiiicllc  \aul  en  l'ace  des  piÎTOs 
(l'îircliivt'S  (1111'  j"ai  à  prodiiirt'.  Mais  il  couvieiil  lout  dabonl  de  iiuMitioiiiior 
K's  textes  sur  lesquels  elle  s'appuie.  Le  plus  ratégoriquo  est  de  Germain  Hrice 
qui.  dans  son  édition  de   lya"),  écrit  ceci'  : 

Il  se  liome  une  fort  jolie  maison  dans  la  rue  Neuve  (les-Hons-Enfiuits,  à  côté 
du  l'alais  Uoial,  conslruile  on  lyo'i.  dont  les  apparlenionis  jouissent  dune  ajrit'al)le 
\ue  sur  le  grand  jardin  de  ce  Palais.  Les  dedans  sont  fort  ingénieusomenl  dislribiiés 
et  décorez  a\ee  beaucoup  d'art.  Klle  est  du  dessein  et  de  la  conduite  de  (ieriuaiu 
liollrand,  arclutecle  de  l'Acadénne.  1res  hahile  et  très  emploie  dans  sa  profession. 
Celte  maison,  ci-devant  occupée  par  la  comtesse  d'Vrgenlon,  l'es!  à  présent  par 
.M""  de  Monlauban. 

De  sou  côté,  rarchilecle  BofTrand,  dans  son  ouvrage  puMii'  en  \~'\^>.  où 
se  trouvent  les  planches  consacrées  à  cc[[v  liahilation,  sous  le  litre  dJ/iifc/ 
d'Ar^eiison .   dil,   dans  la   notice  ipii   les  accompagne: 

Les  chambres  sont  ornées  de  sculptures,  de  dorures  cl  de  glaces,  cl  le  iihirmnl 
du  snilun,  peiul  pai-  .\idoinc  Coypcl.  pi-emier  jicinlic  du  Koy.  cl  de  S.  A.  il.  M  le 
duc  d'Orléans,  csl  un  plus  beaux  [ia\;ui\  de  ce  famciiv   pi  iiiln   ■  . 

Cle  (jui  est  Coiilliiiic  plu-  laid  par  d'AigciiN  illc,  li'ipiel,  dans  son  Voi/nge 
pillon-si/iii-  (le  l'firis.   ('ililion  de    lyli."),   sCxpiimc  ainsi: 

L'hôtel  d'Aigenson,  rue  des  Bons-Lnfanis.  csl  du  dessein  de  BolTrand.  <>n  \ 
remaiipii-  le  plafoiiil  oii  les  Anu)urs  i)araissonl  désarmer  la  troupe  céleste  :  c'est  un 
des  meilleurs  on\  rages  d'Ardoiue  Coypcl. 

.lu-(pr;i  pri'scid,  point  de  place  pom-  le  doiiic  :  IIkMc!  (l'Argenson  paraît 
indubilaiilt  niciil  èlic  la  même  demeuic  (pic  la  maiiresse  du  l\('geid.  l'aimable 
cuiiile-sc  d'AigenInn,  a\ail  (iccu|ié'e  ii  la  d.ilc  li\('c  pai-  (Icrmain  liricc,  c'esl- 
îi-dirc  en  lyo'i.  el  qui  a\ail  cb'  .l.'ci  iréc  par  le  peinlre  l'axciii  du  iluc  d'(  »rli'aus. 
On  en  ol  pbis  consaincu  cncurc  (piaiid  nu  a  sons  les  yeux  les  lellies  de  la 
niar.pnve  d'Ilnvelles.  a»nranl  qn'xori  \a  \  oir  cdimnc  imc  i  aide  la  maison  de 
^1  d' \i -eiiloii.  (ii'i  Cuypel  a  p>-lnl  le  l'iixni phe  ,1,-  /  Amour  sur  1,-s  Diru.r. 
conqiaialilc  .m  l'rslin  i\x-  Itaphacl  ...  <.ii  hirii  luis, pi,  m  cmslale  que  le  grave 
Daugean,  pailanl  de  la  iii|.luie  d,-  \\  d"\igeiilnii  avec  s, m  .imaiit.  (•ciil 
eu  1710:  <i  |-:ile  \riid  sa  mai-,, 11.  ipil  a\.iil  r,iilni'  dans  |e  l'.ihds  Hoyal.  cl 
«pii  es|  luil  pejil.-.  Mi.iis  r,.i|  magnili.pie.  ..  \  cis  di\,.|scs  aiildiile-  \i.nl  -e 
joindre  un  lé-ni..igii;ij..,.  pbis  f,.rmel  encniv,  ,v|iii  ,!.•  Charles  (Msp.l  ,pii.  ,laii- 
Vhlof;e  di'  son  pérc,    \iiloiii,'.  bi  ,'i  1'  \cad,  lui.'  le  (1  mars  1  7  'i.'i.  di.mic  d,s  «iclails 

I.    l'.IKi-   i.'ii    ■,■,■>. 


i.i:    1' \i.  us-ttn'»  \i.    snis    t.  \    UKfiKVCK 


317 


JLI'ITEK     i:r     l.KUV 

(Tailc.iii  qui  fj  s.iit  p.irlic  Je  ran.icnii;  G.il,ric  Ju  Pjlaii-ltoyjl) 


Grave  par  baiul-Aubin 


ininiilieu\  sur  Ii;  phifoiid  L-x^'cnh'  (l.iiis  lluMil  (i((ii|ir>  .ilois.  <lil-il.  |);ii-  l'aliln'- 
|)iili()is  ((-"i-sl-à-dii-c  en  lyoS.  il;ilc  im'i.  ciihikI.iiiI  ,  la  criinlcssc  il' \  |mi>ii|i  ,11 
(levai!    I  lialillir   cMcorc).    Il    l'ii    iluiiiic    la    (lr^('i'l|il  i>  >ri  : 

()n    N    reniai  c|llr   un   île    1  e^    |ielil-    ilieilX   i|lli   ~i'lè\e  en    liaill   >iir  rai:;le  lie  .ill|)ik'r; 

mais    celui    i|ui   ii>e   eiilie|irenili  e   lie    M'    .•-aisir  de   la    Iniiilie  se    iirùle,   >e   re|ieiil   et 

T.   1     I  r  lAi  Ais-iuii  \i  38 


3lg  LE     PALAIS-HOYAL 

s'enfuit.  In  autre,  plus  npiniàirc.  s'aperçoit  avec  (K'pil.  i|U('  tous  ses  tiails  se  brisent 
contre  l'i-yide  de  Minerve,  et  tente  inutilement  de  nouveaux  etl'orts.  Le  T('iii[)s 
arrête  par  l'aile  le  téméraire  qui  vient  d'enlever  son  horloge  et  sa  faux.  On  \<iit  la 
balustrade  (pii  règne  sur  la  eorniehe  sécruuler  sous  les  pas  de  ce  deslruclcur 
impitoyable... 

Charles  Coypel  nous  apprend  inèuic  (pic  son  père  Iciiiiiiia  ce  liavail  vu 
1708  et  qu'il  en  avorlil  son  prolecleiir.  \r  (lu<-  (rOrh'-aiis.  (pii  se  Inuixail  alors 
à  rarniéo,  en  Espagne.  Le  prince  répondil  par  le  liillil  <ni\aiil.  dalé  du  camp 
dWgramont,  le  8  août  1708  : 

Voire  compliment  est  bien  reçu.  .Te  vous  remercie  de  plus  du  >al(iii  (|uc  vnus 
avez  achevé.  On'  me  mande  qu'on  en  est  fort  content.  J'espère  (pic  je  ne  le  serai 
pas  moins,  et  j'ai  inipaticiu'C  de  le  voir,  Je  vous  assure. 

|]n  présence  de  documents  aussi  nets  et  aussi  prol)auts,  on  j)ourrail  croire 
(piil  ne  .saui'ail  exister  aucune  incerlilude  sur  l'iiisloire  et  la  situalion  exacte 
(le  la  (iliaucclli'iie  d'(  )il(''aiis,  puiscpi'i!  païaîl  (K'iin  iii(i('  (pic  ccl  IkMcI  csl  liicn 
le  même  qu'habita  la  comtesse  (rArgculuii  l'I  cpie  (ioypcl  décora.  Mais  les 
pi('ces  d'archives  que  jai  niaiulcuant  ;i  l'aire  coiuiaître.  mises  ici  au  jour  pour 
1 1  pri  luièi'c  l'ois,  viciincul  protncr  (pic  la  (picslion  n  est  pas  aussi  simple  (|ii  il 
sendile,  et  (pi'au  sujet  de  cet  li(')lel  surgit  un  assez  iutéressaiil  prohlciiic  (\i' 
topog'rafihie  parisieime. 

I!u  cll'ct,  le  i-egistre  manuscril  (pic  j'ai  di'jà  plusieurs  l'ois  cih'.  cl  (pii  csl 
consacré  aux  Conq)les  de  la  succession  ilu  Uégenl  ',  coulieul.  au  l'ciiillct  .'ioi), 
sous  la  ruhricpie:  ((  Chancellerie  d'Orit-aus,  )>  l;i  mention  d'un  acte  passe  devaiil 
Lelèvre,  nolairc,  le  17  a\iil  17-^),  par  Icipiel  la  pi'inci'sse  de  Mi  mlaiihan  '  »  avoit 
vendu  ;i  S.  V.  II.  delTimt  Monseigueur  le  duc  d'Orléans  une  i^rn/K/f  nittiso/i 
appi-li'e  l'hiMel  de  M(Uil;mhan.  silu('e  à  Paris,  rue  îles  lîoiis-Kiifaiiis,  pour  en 
conmicncer  la  jouissance  du  joiu-  011  la  princesse  de  Moiilauliaii  (li'ccdciail . 
s'élanl  réservé  l'usufruit  de  ladite  niais(ju,  el  ce  sans  païci  de  loyer  ».  I.c  |iii\ 
de  M'iite  fut  de  100,000  livres  comptant,  plus  une  peiisi(ui  viagirc  de 
10,000  livres,  cl  la  pi(unesse  d'une  autre  j)cnsion  de  2{),(»oo  livres  (pic  dcvail 
faire  le  roi.  ou,  îi  d(-l'aiil  du  roi.  le  duc  d'<  )rl(''aiis.  Dans  !,■  mènie  ivgisliv,  ou 
lit  iMicore,    im    feuillet    ((87,    rpic,    la   [)riuci"sse    de  Monlaiihaii    elaiil    île    le 

I.  Ccl  on  voulnil  dire  :  o  lii  romlcssc  (rArgcnloii,  ..  bien  «•xidcrmiunl. 

a.   i:int<le  heotnmtinaiil^  il,-  l'Iiilipii,- (i-llrlrnns  ai-iv  son  qioiis,...   Ariliivi-rt   iuilioii;ili's.    Il 'i.    lufili. 

3,(:iiai|i.ll.-  ilr  It.niliii.   priii.v,^,.  ,lr  Mi.iitaiil.iiri.   Klail-c le  lillc  de  <e  favori  (lu  .aidiiuil  (le 

HIrli.li.Mi,  (Jiilllniiincdi- ll.iiiliii,  un  des  prciidcrs  moinhir»  du  r.Vcadriiiic  française,  doni  lli.Mel,  bàli 
riio  \i>ii.iini\  comme  nous  l'avon-i  vu  (pages  /i'i,  751,  80  cl  «ji,  fui  réuni  ensuite  à  eelui  de  Vanel,  el 
fornin  lliAlel  Çolherl,  nclielé  par  le  Ilé«enl  en  i7i.(  pour  y  niellre  ses  éeurics?  Ce  UaiUrii  avail  une 
fpmrnr  (!<«•/  légère,  ipn  fui  Miirpri>e  un  jour  axer  un  de  ses  \«lels.  Ie(|uel  expia  aux  «ali-res  sa  lionne 
forUnir  CVlnil  elle  .pie  la  reine  Anne  dVulrirlie,  pronorii.aid  m)u  nom  à  IVspngnole.  appelai! 
M—  de  Itnnlroii.  le  ipd  rniiuiil   rire  loule  la  Cour. 


1      i'\i   u^-iuM  \  I.     SOI  S    I.  \     tir  (iiNcr 


m  ili'ciMiiltir  17'''.  Il'  Mis  (le  (■(•Ile  <i  iir  |iciiiiil  ;i  l;i  r,iiiiillc  (!(  )rl(''aiis  (|"ciilroi- 
CM  possession  tir  1  lii'ilcl  (|ii"a|)irs  xciscinciil  de  la  muiiiiii'  de  'ly.Doo  li\i-('s, 
jvpivsoiilaiit  les  anvrayvs  de  la  pension  promise.  Celle  condition  a\aiil  élc 
remplie,  le   comle   d'Aiiicnson   s'établit,  avec  les  bureaux  de  la  (lliaiicellerie. 


Peint  par  Fr.  Alb.ii 


Grjvc'par  Colinct 


SVI.MACIS     ET     IirR\HPin;ODlTE 
(Tableau  qui  faisait  partie  de  rancicniie  Galerie  du  Palals-Koyal) 


daii'^  la  m;ii<ori  dmil  I  aiiliilecie  du  (\[\c  d'Oilt'aiis,  un  rcrlaiu  rje^rand,  lit 
restimalion,  en  lyo.i,  lui  allriliuanl  une  Mdcur  de  i;î '1,000  livres,  ce  ([ui 
était   mince. 

La  |)iciiii(''i-e  piMisi'-e  i|ui  se  |)r('senle  îi  Tespril,  après  la  iccluic  des  actes 
notariés  cpie  je  \iens  de  citer,  cesl  (|ue,  connue  nous  l'a  cxplitpié  (îermain 
Hrice,  la  |)rincesse  de  Montauban  avait  du  ac(|U(''iii-  I'IkMcI  autrefois  occupé  par 

M d' \i';^i'ntoM,    remis    à    iicui'  eu    i~c)'\    par   lînlIVaiid,    illustré  par   ('ovpel,  et 

(piil  «''tail  assez  naluii'l  cpie  le  Kt'^enl  ail  voulu  raciieler  celte  demeure  l'emjilie 
pour  lui  d'anciens  souM'uirs.  Mais,  d'après  les  aulcuis  contemporains,  Danire.iu, 
la  maiiiuix'  d  IIumIIis  ri  les  autres,  la  maison  de  la  condessc  (rArj^cnton 
était  petite.  Or,  llnMel  Munlauliiui  ('t.iit  très  '^rand.  I']n  outre,  on  sait  cpie 
celui-ci,  indi(pié  avec  ce  nom   mu    les  plans  du  xvir  siècle,  avait  été  construit 


asses 


I.E     P\I,AIS-ROVAI. 

z  ivci'iiiiiKiit  >'"•  l'-^  niiiios  de  l"aiu-irn  li.M.-l  l.,i  U.mIu'-(;ii,\oii,  I(i|iu1 
servait  oiicoie,  en  i(ii)a,  au\  écuries  de  Monsieur,  comme  on  luiil  le  ^()ir  sur 
le  plan  de  d'Orbav,  reproduit  plus  liant  (voir  page  i8>).  Il  e<l  \rai  (jue  sur 
ce  plan  on  renianpje  entre  les  écuries  d.'  Monsieur  (  IkMcI  Iji  Koclie-Cuvm  ou 
Montauban)  et  riiôlel  Mélu>;ine,  cpii  y  touchait  presque,  nue  >.  maison  parti- 
culière» petite  et  qui  avait  \ue  également  sur  le  jardin  du  Palais- Koyal. 
.N'esl-on  pas  autorisé  à  ci'oire  qiif  lli.diilalioii  de  M"  d"  \rgcnlori  ne  dcxail 
former  qu'une  parlie,  probaMcmenl  la  façade,  de  ce  qui  axait  été  an|»ara\anl 
riiôtel  l.a  Hoclie-Cuxon.  puis  IIkMcI  Montauban:'  En  tout  cas,  il  est  étrange  (pic 

rarchitecle  liolTrand,   avant  constrnil    eu    lyo'i    l'InMcl  de  M d"  \rgenlon.   en 

pid)lie  les  dessins,  en  i;'!."),  sous  le  titre  d'Ilàtel  d'Argcrison,  Chancellerie 
(l'Orlcans,  sans  rappeler  pour  qui  il  Pavait  élevée.  Or,  il  est  avéré  que  ce  n'est 
qut-n  x-i'i  —  deux  ans  après  la  niorl  du  Kégciil  et  \ingl  ans  après  son  édili- 
caliiin  —  (pic  iill''  iliiucnre  fut  attribiu-e  par  la  famille  d'Urléans  au  coinle 
d'Ari:cnMin  poiii  \  l'Iahlir  sa  cli;incellerie.  (Jiioi  (pi'il  en  st)il,  il  résulte  de  ce 
(pii  \iint  délie  dit  cl  des  documents  nouveauv  appoili's  ici.  (pie  si  ccl  IkjIcI  est 
iiii'u  ni  cllèl,  coniine  une  cerlainc  tradilion  le  pn'lciid.  le  nièiiie  (pi'occujia 
la  maiircsse  du  l\(''genl.  du  moins  il  ne  saniail  \  axoii-  coufiision  sur  l'Iii-loire 
de  son  emplaccmcnl  (pii  esl  rancicn  hrilcl  l,a  lloili(^-(  iuxon  cl  ihmi  I  ain  Icii 
liiMel  M(''lusiiic.  aiii-i  (pie  l'onl  cru  (piel(pies  liisloiieiis.  (!e  (pii  a  pu  accr(''(liler 
celle  erreur,  c'e-l  i|ii";iii  siècle  dernier  il  \  eut.  nie  des  lîons-l'.nfanls.  deux 
li.'ileU  d"  \igeiixon  :  rnii  ('lail  l'ancien  InMel  MMiilaiiliaiii  on  l.a  Uoclie-(  in\oii  ) 
Iransformé  en  clianeellerie  et  tlonné  par  la  Liinille  (r(*il('aiis  au  conile  Maic- 
l'iei'iv  d'.Vrgcnson ',  l'autre  élail  l'ancien  luMel  M<lii-iiie.  de\eiin  llnMel 
Duplessis-Clialilloii.  -ilm'  loiil  ;i  c(M(',  cl  (pii  lui  un  nnuiienl.  de  iy,')S;i  17(11. 
la  prf)pri('l(''  du  manpiis  Marc-Uené  \o_\er  l\iiiliii\  d  Vigeii^nn  ((|ii'on 
appelait  le  nianpus  de  Noxer),  neveu  du  préc('(leiil .  <  e  (leriiier  lui  ac(pii~  le 
'1  nu\einl)ie  |-j(ii  p;ii'  le  dur  (M  lili' ins.  movenii.inl  la  --oiiiiiie  de  I  So.ooo  livres, 
et  n'-niii  ii  l'apanage  du  l*alai>>-Ko\al  '  en  lylili.  piii^  vendu  en  1 7<)(  par 
riiiioii  des  civ.iucicrs  de  l'Iuiippe-Mgalilé.  C'e-l  l,i  ipie  de|inis  lui  iii>la!lé 
le  n>slaiiranl  cunnii  di'  loiil  l'aiis  sous  le  iniin  di'  Unul  à  ht  hki'Ic.  \ngu-lc 
Nilii,  ipii  a  eu  eu  main  les  lilres  de  propriélé  de  ccl  IkMcI.  a  pni)lii''  ;i  ce  sujet 
une  note  des  plus  explicites  dans  le   ISiilltliii  île  l'/iisloire  de  /V/r/.s  \ 

(Miaiil  il  rinMel  de  |,i  (  li.nieellerie  d'(  »i  l.';n!>i.  il  fui  repris  le  ■>.]  aoùl  lyS'i 
aii\  d' \rgeiison  par  le  duc  d'Orléans,  ino\ennant   io,o()(i  livres  île  renies  non 

I  Ni'  cil  ilMirt,  iniirl  l'ii  17C11.  CVl.iil  le  (Inixiriiic  UN  île  riirirlcii  lii-iiliMiaiil  «k-  ixilicc  i-l  «iinlf  «les 
wiiiix  fin  lir'Kciil.  Il  |irl(  lu  .  liiir;;o  di-  «liiiiiirlIiT  «If  b  r,iiiiill«  il'l  Irlrims  en  si-ptctiihiv  17  i;i  cl  la  ;;iiidii 
Jiivim'cii  1711..  c|HM|iic  il  liii|iicllc  il  ilcviiil  iiilciiiliiiil  ilc  l'aii.'..  Ce  fut  son  frcrc  «lue,  k-  iiian|iils  IU'ii(>- 
Uiiili  irVructiwiii.  l'iKilciii   (|i~,  Mfiiitiire»,  i|iii  le  rciii|ilai;a. 

a.   Aiic  ilo  vciili-  |iaiHc  ilaiit  IVliiik'  (le    M'    Doyen,   iiolaire  il   l'arls. 

3.    Viiiii'f  i8^>,   loiiic  Ml.  |i.   oit. 


I.i:     1'  VI.  \  IS-HD  Y  \1,      s  DU  s      1.  \     UKliKN  Cli  2UI 

racliL'lal)ks,  puis  \oiiilu  [lar  II  iiion  dos  créanciers  do  Phili|)]);'-Iv_^dil(',  le 
i3  soplcmbrc  17!).^,  au  citoyen  Vimndt.  roules  les  pièces,  au  inniilire  de  liuil, 
concernant   riial)ilali(in,  anciens   tilies  de   pi(.pii(>l('.  l'ials  de  lieux,  etc.,  furent 


l'ti.ii  r.ir  1  cu,,jra  Je  V, 


(Tableau  .lui  fiisait  panic  Je  Tancicnne  Galerie  Ju  Palaislioyji) 

remises  alors  à  rar(|iii''i(ui-  jiai'  liielial.  ;:ai(le  des  ai'(lii\es  des  d'Orléans, 
c()unne  en   {l'innij^nr  mn'   nulr  de   celui-ci   (|iii'  j  ai    icIrouM'e  ' . 

(iille  di;rr.'^siiiii  -iir  riiii  dis  IkMcIs  a\iii-iiianl  le  l*;dais-Ho\al  pioiiNe  une 
lois  de  |)Ins  coinliicn  il  c»!  raie,  ipianil  ou  coiiInMe  les  clironiipies  avec  d'aii- 
tlicti(i(pies  (lucunienls,   de    ne  pas  constater    (pi'elles   ne   son!    le   pins  souvent 

I.  Iiivriitnirc  des  pd/iiers  d'Orléans,  cundamné.  Arcliivi-s  iiatiuiinlcs,  I.  i05.').  li.issi-  iii.'t. 


LE      PALAIS-nOYAL 


(in'iiii   ti^sii  il"('rreurs.   L;i  i)liii);irl  des    inoiimiH'iils  do    Paris   mil    iiiio   hisloin^ 

coinoiili iclli"    cl    appioxiinaliNC,    cinniiir    l'a    l'it'    jiis(iii"iri    crlli"    du    iiKniii- 

iia-iil  (lui  l'ail    l'olijel  de  ce  livre. 


(Colltction  Jci  pierres  gravées) 


API\r:s  LA  MOUT  Di:  MONSIEUR.—  LA  ML  DL  FAMILLE 

Le  malin  mémo  du  jour  où  l'apoplexie  terrassa  Mon- 
sieur. Louis  \1\  avail  l'ail  à  son  IVère  uue  scène  lerrihle 
;iu  sujel  des  dérèylenicnts  du  due  de  (iliailies.  son  liis. 
I!sl-ee  celte  (|uerelL'  cpii  avail  délerniiui'  In  crise  par 
Kupielle  le  prince  fut  emporté?  11  send)K',  en  tout  cas, 
(|uc  le  loi  eu  ail  eu  Cduunc  uii  remords,  car  sou  allilude 
il  ["('iiard  de  Sdii  uexeu  se  1 1  ;uisr(  uina  lirus(|U('incnl  cl 
dc\iul  Idulc  j;('ui''i-osiU'-  cl  loule  liiiiih'.  La  douleur  du 
jeune  lionune,  (pii  adorait  son  père,  le  loucha.  Il  le 
combla  d'honneurs  et  de  biens,  lui  promit  un  couuuan- 
dcineul  à  l'aïuK'-e  îi  la  première  occasion,  déclara  i|Ui'  le  iiouvi-au  duc  d"(  )rl(''ans 
aurail  le  litre  de  f)clit-Jî!s  île  France,  ce  (pii  lui  C()ur('rail  à  la  cour  une 
snpiémalic  sp('ciale,  ainsi  cpie  sa  mère  se  plaît  à  rc\pli(|ucr  dans  nn(>  de 
s<'S   lettres  : 

.If  Mii<.  (lit  rllr.  (|iic  vous  eroyc/  (pic  mon  lils  est  un  prince  ilii  saiif,', 
mais  il  ne  l'es!  pas;  son  lang  csl  celui  de  petit  lils  de  l'rance,  ce  cpii  est  plus  élevt' 
et  lui  donne  les  plus. grands  privilèges:  les  petits  fils  de  France  s'asseoient  devant 
les  reines  cl  moulent  dans  leurs  carrosses,  ce  ipie  les  princes  du  sang  ne  peuvent 
faire;  ils  sont  servis  par  (pjartier,  c<nnme  les  enl'ants  de  France;  ils  ont  un  preinier 
écuycr,  un  premier  aumùnicr,  nu  pieiiiier  niaitre  d'iKMel  ;  ils  ont  des  garde--  du 
corjjs  cl  des  suisses  de  la  garde;  loiil  cela  élalilil  une  giaiulc  dilléreiice'. 

Par  brevet  du  •.>•>  juin  1701,  Louis  \l\  .  (c\oiilaiil  donner  à  sou  neveu 
des  mai-tpies  de  son  aniilii-  cl  de  sa  bieineillaucc.  et  je  mcllre  en  ('lat  de 
soutenir  la  dé'pcn^e  à  laipielle  sa  naissance  el  son  rang  rengagent  \  »  ordonne 
ipi  il  lui  sera  pa\('  nue  pension  de  (ilio.ooo  livres.  c(Mumc  à  Mon»iiui .  cl 
tpi  il  aura  droit,  sauf  (pielipies  dilTérences  peu  imporlanli'^.  au  iiicnic  liain 
de  mai«^ou.  Le  jeune  duc  d'(  )rl('aus  cul  doue,  ce  (|ui  ne  s'c'lail  jamais  \ii 
«pi'anv  lils  de  i'"rance,  1  omme  l'explicpie  livs  bien  SainI -Simon ',  des  garder  cl 
des  suisses,  sa  salle  des  gardes  au  château  di'  \  cisailles,  un  cbancelici .  un 
procineiii'  gi''U('i;d   au  iioiu   diii|ni'l   il   devait    plaidi'r  an  lieu   du  sien    propre,  et 

I.  CorretpimiUmer  île  Muilamr,  iAW.  nriiiK'l,  I.  I",  p.  97. 

».  Arrlil\i-4  iiiilliiiinlirK,   K.  f)'!."*,  if  rifi. 

3.  S»uiTSmiisi.  Mrmoirrt.  Mil.  \M»\Mr.  l.   Mil.  p.  3.">8. 


i.i:    !•  \i.  \  I  s-noY  M.    sous    i.  v    ni:(;i:Nf:i-:  a 3.'^ 

la  iioininatiiin  di'  Iniis  Irs  hciifliccs  de  son  apaiia^-'O,  (Accpti'  li>s  (Hrclii-s,  ce 
(jui  iL'\i('nl  à  (lire  (|iic  tous  li-s  tiliilairos  des  emplois  soumis  !i  son  |)ouvi>ir, 
ses  servileui's  persumii'ls,  les  j^^ens  de  sa  maison,  doid  le  mindiie  cl  le  tilrc 
élaienl  détermines  par  la  \olonlé  rovale.  les  innonihiahlcs  oriicicis  de  ses 
yoinernemenls.  axaieid  ;i  lui  |)a\ci'  h'  pii\  i\f  leurs  cliai'^^cs'.  (  Jiul'uinK'nicnl 
aux  usages,  la  maison  de  Monsieur  s'i'lail  trouvée  lieeueiee  de  lail.  le  jour 
même  de  son  décès.  Mais  Mousiein-,  dans  son  tevlanieut.  avait  reconiiuandé 
à  son  lils  de  conserver  tous  v,.s  serviteurs  (ju  de  eou^liluer  des  rentes  à  ceux 
qu'il  ne  \oudiail  ou  ne  pourrait  gai-dii'.  I.e  jeune  due  d'niiran->  eut  à  cœur 
de  respecter  ce  di'sir.  Il  maintint  Terrât  connue  eliaueelier  en  ciiel"  de  son 
Conseil,  aui.  appointements  de  8,000  livres,  (lelui-ci  avait  sous  ses  ordres  im 
premier  conseiller  et  six  conseillers,  six  maîtres  de  requêtes,  etc.  Ce  personnel 
lut  réduit  à  trois  conseillers  et  deux  maîtres  de  recpièies.  La  charge  de  pro- 
cureur général,  qu'occupait  le  président  l'remyn  de  .Moras,  lui  suppiimée, 
ainsi  que  celle  d'avocat  général.  Tliesul  et  Douhlel  resièrent  secrétaires 
du  commandement.  Le  duc  d'Orléans  leur  adjoignit  Dubois,  son  ancien 
précepteur,  (|ui  présida  aux  n'ioruies  de  sa  maison  et  dirigea  ses  choix.  1/elat 
complet  des  otliciers  et  serviteurs  couqMenait  plusieuis  centaines  de  per- 
sonnes :  la  liste  en  est  donnée  jusque  dans  les  moindres  (h'tails  par  les 
documents  trarcliixes^  Il  serait  sans  inli'rèt   de  la  reproduiie  ici. 

Pour  l'aire  lace  aux  dépenses  qu'exigeaient  sou  rang,  lentreticn  de  ses 
châteaux,  le  service  des  pensions  annuelles  et  les  appointements  de  cet 
immense  personnel,  quels  étaient  les  revenus  du  duc  d'Orléans!'  .l'en  trouve 
le  chirTre  exact  dans  ses  registres  de  trésorerie.  Avec  son  apanage,  la  pension 
que  lui  taisait  le  roi,  les  recelles  du  canal  de  Loirig,  du  canal  d'Orléans,  le 
droit  de  coches  et  carrosses,  etc.,  le  total  se  moiUait  à  plus  de  cini|  millions 
de  livres.  Pour  raunée  171(1.  ])ar  exeuq)lc,  le  compte  de  la  iccctte  l't  de 
la  dr>|ieuse,  rendu  à  la  (  Jiandn-e  des  ('om|)tes  par  llariague,  <(  tr(''Soiier  gc'Ui'ral 
des  maison  et  liuanees  »  du  duc  (!"(  (ili'ans.  atteint  ."),S'i  1  ,  i(|(!  iivri's  1  (1  sols 
S  ileiiiei-;.  ce  ipii  i'eiail  uue  li'eutaine  de  niiliions  de  notre  nioini.iie  d'aujour- 
d'Inii.  \eiilalile  liste  civile  de  souverain  d'un  gi'atid  l'itat  !  La  dépende  allait 
il    pareille'   connue. 

Ce  n  est  pas  tout.  Pour  avoir  (uie  idi'e  conq)lète  de  ce  que  pouvait  être 
le  train  de  vie  de  la  l'auiille  (l'(»rléaus,  il  faut  ajouter  à  ce  chilTrc  respectable 
les  reveims  particuliers  de  ses  |iiineipaux  membres,  (pii  venaieid  contribuer 
aux  dép«uses  générales  cl  au  luxe  comnuui.   .\iusi,  la  leunne  du   duc.    Marie- 

I.  J';ii  ilil  |iliis  liaiil  (voir  ii;ij,'r  i."iS)  ri'  (|iic  vahiiriil  (|ui-li|iics-iiiirs  dr  n-s  cliarf.'cs.  Ci'lli-  df 
(-.i|iil.'iiiii-  ilo--  ^.-anlcs  Miissc>s  de  Mciii>iiMii'  lui  |iav(''0  3('>,ooo  livres.  (Arcliivcs  rialioiialcs.  U.  '1.  luCWi. 
fcuillrl  717.) 

■j,   \iiM/  iiotaiiiiiieiil  l'L^liit  tic  la  i'raiirr,  année  1702. 


g-j/,  LE      l'AI-AIS-HOYAl, 

Françoiso  de  Bourbon,  toucliail  pcrsoiiiu'lk'imiit  rlia(|ii(>  aiintV  'iTio.ooo  livres, 
se  décomposant  ain^i  :  100,000  livres  pour  les  iutéivls  de  la  soninie  de  deux 
millions  que  lui  avait  constitués  connue  dot  Louis  XH  ;  i5o,(uio  lixres 
pour  la  rente  éjjalement  constituée  par  le  roi  à  son  contrat  de  ni;uiaf,'^e; 
300,000  livres  pour  la  rente  ajdnlée  ensuite  par  le  roi.  De  son  vn[r,  la  prin- 
cesse Palatine,  mère  ilu  duc.  avait,  du  vivant  de  son  épou\.  iîjo.ooo  li\res  de 
revenu.  Kn  1701,  Louis  \I\  y  ajouta  'lO.ooo  livres,  en  s'evcusant  du  peu.  et, 
[)lus  tard,  son  liis  au^.'inenta  celle  pension  de  lÔo.ooo  livres,  ce  (pii  ireiiipi'clie 
[)as  Madame,  ilans  lonte  sa  Corrcs/sondiinrc,  île  se  lamenter  -iir  >a  misère, 
sur  l'impossibilité  on  on  la  met  de  tenir  bonor.iblement  son  raim.  cpiehpie 
économie  (pi'elle  fasse:  «Je  nai  cpie  '(Ô'i.ooo  li\re<  de  pension."  dil-elle  le 
"i'S  septembre  1719,  «et,  si  Dieu  veut,  je  ne  laisserai  pas  un  lianl  de  dettes'.)) 
Ll,  de  fait,  de  tons  les  siens,  c'est  la  seule  dont  la  succession  n  ait  pas  clé 
obérée,  comme  je  le  monirerai  plus  loin.  l']lisalielli-(  liailolte  était  une 
fenmie  d'ordre. 

F^a  dncliosse  d'Orléans  avait  sa  «maison»  <li^liiMte  de  celle  de  son  mari, 
son  conseil,  ses  écuvers,  ses  écuries,  son  service  de  la  lionclie.  son  tr(''sorier, 
ses  ser\iteurs.  De  même,  la  douairière,  la  Palatine.  Au  Palais-Uoval,  bien  des 
choses  étaient  eu  coninum,  meubles,  tapisseries,  tableaux,  etc.,  dont  les  inven- 
taires après  décès  diiiinenl  le  classement.  indi(pieiit  la  valeur,  et  cpion  était 
obligé  de  vendre  an\  enclières  pour  le  par'layedes  successions.  Par  eveni|)le. 
-Madame  laissa  pour  iS'|.f)'|'i  livres  (1(>  in(>nbles  doid  la  prisée  l'ut  faite,  et  pour 
i;(j).-<7o  livres  dont  la  prisi'c  ne  lut  |ia<  l'aile,  car  iN  re-tèrent  à  son  UN.  (jiiand 
le  Pé;:ent,  ii  son  tour,  mourut,  ou  dut  vendre  aux  enchères',  à  cause  de  la 
division  de  riii-rita^'c  entre  sa  fenune  cl  ses  eid'aids.  deux  lots  de  meubles, 
l'un  de  vi)o,()(i'|  livres  (la  piis(''e  n'en  avait  été  (pie  de  i()i.i)(io  livicsi,  raulrv 
de  (ii7,7()7  livres.  Le  reste  revint  à  sa  l'einme  et  à  son  (ils.  (pii.  daillem-s, 
avaient  préalablemeid  choisi  cen\  (piils  tenaient  ;i  garder,  l'.idin.  loixpie 
»lé<-éda  la  l'ennne  du  R('';.renl.  l'n  i7'|().  une  partie  du  ma- iiiliipie  innliilier  du 
i'alais-Hoval  dut  encore  une  fois  èlic  dispersée  à  l'encan. 

On  devine  ipie  l'evistence  de  tant  de  ;:ens  eidassés  dans  le  palai-  n'allait 
pas  sans  .picl,pies  lii  aillenients.  Les  serviteurs  et  loinlisans  epon^aienl  les 
•  pierelles  dr  lems  maîtres,  et  cela  faisait  autant  de  clans  oppose-,  la  (lu(  liesse 
douairière  n'ainiail  passa  belle-lille  et  se  souvenait  lonjoins  de  lallront  el  di- 
In  colère  «pi'elle  a\ail  «'pidiivrs  lois  de  son  maria::..  \près  viii;:t  si\  ans  écoules. 
file  f,'«rd«il  sa  nuicnne.  Il  |;ml   lire  dans  les    M.anbreiives  lettre-  (pidle  e.  rivait 

I.  ^'■)^rf«/l""'^l/l"•<•  </.•   Mmliiiiif,  I.   II.  p.  i,.'i 

1.  |ji  «oiiiiiii-  i|>-  :i.H,  \,\ir-t  fui  n-iiiiso  aux  <•  kiik,"!)»  iIii  l'iiliil.s-lloviil  piiiir  t'iiililkolioii  il  ciiiiso  ilii 
lr«*iiil  i|iir  l<i  vriili'  leur  iivult  iini«'.,.  .\„\  Knrvoim  di-  Siiiiil-CUmd,  on  iloiiiiii  ino  livres.  Voji-t: 
Arrlil«r«  iinlloiinli'».    Il'i,    icidl'i. 


I.I-.    1' \  I.  \  is-ui)^  \  I,    SUIS    I.  V     iii:(ii.  Nci:  220 

tons    les  Jouis  ;i   ses  .-imis  .■!    |i,iiviil  s  d"  \||cin;ij:iM-  li-   lalili-.'iii  qii'rllc   Iraco  df  la 
\'\o  (liiilciiciir  (|iioii    Miciiail   au    Talais- |{o^al.  on  clli^-nuMMc,  iiui.  (rordiiiiiiir, 


Kl.l^lllKril'<:il\KLOrrE    de    UAVIKIIC,    I>UCIIE!•^■i;     hohi.k.vn 

(l'.ir  Rig.iua.  -    iU^U  ai-   Versailles) 


liii'IV'rait    le   ;:iaiMl   air  de    Saiiil -(  iloiid,   diil    idiii|ili"'li'iiinil    sinslallfi'   (|iiaiid   la 
Hr';.Tii(t'  lui   |)iiMlaiiii  T.  (  !(■  lui   liicii  ;i    >.oii   coiii-   di  riiidaiil    : 

J'ai.  Iiicr  sdir.  dii  illr.  pa^M*  iiinii  lcmii>  à  pliiirci-,  cl  je  nie  Miis  iIchiik'  iilic 
luiU;  miyraidc.  Mon  lils  m'a  (loiiiu'  un  appailtiiiiiil  iidiivraii,  (|iii  csl,  sans  compa- 
raison, hii'ii  sniirriiMir  à  l'aïK-ifii:  jV-sprif  que  ma  santé  s'en  trouvera  l)icn  ;  mais 
je  luc  (li'piuis  i)canc<iu|i  ici'. 

1.  (^iiriesjjondancc,  m  -ciilcniliio  171."!,  rd,  Itiiiiii'l.  t.  1".   p.  i8.t. 
T.   I     II:  I  Al  *I^-1U11  \i  '9 


226 


LE     PALAIS-ROYAL 


Elle  est  assaillie  toute  la  journée  par  les  visites,  et  .ela  .lu.v  juscju  a  lunt 
heures  du  soir.  Peudant  ses  repas,  qu-elle  pn-nd  ^.ul..  plus  de  .vut  personnes 
sont  autour  d'elle,  et  il  faut  qu'elle  leur  parle,  aussi  peu  denv.e  quelle  en 
ait  Rien  ne  lui  est  plus  insupportable,  a  Kn  somme,  je  n'ai  que  vexai..,.  .1 
ennui,,)  s'ccrie-t-elle.  L'apparteme.U  que  lui  donna  son  lils  était  s.tné  dans 
l-aile  droite  du  palais,  très  loin  de  eelui  de  .sa  belle-lille,  lacp.elle  se  tronxa.t  a 
l-aile  franche;  sa  ehambre  avait  vue  sur  la  fara.le,  et  était  adossée  an  ti.eaire 
de  rOpéra.  Madame  faillit,  une  nuit  du  m..is  dr  janN.er  1710,  v  élre  l.rnlée 
vive.   Nuiei  cunnneid,  d'après  son  pn.pre  réeit  ■  : 

\  Irois  heures  du  matin,  jentends  un  ^M•and  bruit;  je  pense  que  cela  va  passer 
el  que  je  pourrai  me  rendormir,  lorsque  je  vis  entrer  dans  mu  ehambre  le 
laquais  qui  vient  habituellement  allumer  mon  feu;  je  lui  dis: 

-Evin,  que  vcne/.-vous  faire?  Vous  rêvez;  il  s'en  faut  bien  qu  d  soil  st-pl 
heures;  trois  heures  vicniunl  dr  sonner. 

il  me  répond  : 

—  Je  le  sais  bien.  Madame;  mais  il  faut  pouila.il  «lur  vous  vous  levu-/.  s  .1 
vous  plall,  ear  lOpéra  brùK-;  heureusemenl  le  vi-nl  porle  la  lla.nme  du  eôlé  du 
cul-dc-sac;  mais  si  le  vent  ,-!.an-eait.  et  s'il  portait  la  llamme  chi  nMé  du  tliéàlro. 
Il-  Palais-Royal   serait   tout  cm.    Iliun.u.-.    (pu-    nous    n'auiic/.   pas    \v  l.u.ps    .le   vous 

chausser. 

Kulendanl  cela,  je  me  levai  et  i.il.abillai  hien  \ile.  lomme  vo.is  i>,..ivez  crou-e; 
rOpcra  touehe  presque  à  mon  appartement:  le  l'eu  aurait  dévoré  le  théâtre  avec  ses 
décorations,  ses  huis  el  ses  toiles,  comme  un  morceau  de  paille.  In  des  premiers 
valels  de  ehambre  du  roi,  revenant  du  jeu  cà  deux  bernes  de  la  nuit,  vil  des  llaunues 
sortir  de  lOpéra;  il  cria  au  feu  el  lit  réveiller  mon  lils:  on  sonna  le  tocsin;  plus  de 
(leiiv  cents  tra\aille.iis  li.ieiil  ii.issitôt  ré.inis;  on  se  piocna  de  T.mu  de  lo.i>  e..tes; 
enfin,  {,''•"«■<•  '•  '>'t^'"'  ""  se  rendit  maître  du  fe.i,  (hiaiid  je  nîs  .|U.'  t. .ut  ,ia..-er  était 
hni.je  me  rends  au  lit  et  je  dormis  jns.|ii  à  une  i.ein-e:  je  me  mis  a  taliie  a  trois 
heures,  cl  je  revus  heaucoiq.  de  NJsilo.  <|iii  ...étaient  faites  à  loccasiou  de  eetle 
aventure. 

l/apparlenieni  de  la  ducliess.'  ..était  pas  -rand  :  il  ne  o.nqirenait  .pie  trois 
cabinels.  mie  ;.rarde-r.d)e,  sa  eband.iv  et  mie  j.ièce  p..nr  s.-s  femmes.  Mais  d 
était  Mipeil.emenI  d.'e..ré  de  tapisseries  illistnirr  dr  Sulomoii).  d.>  trumeauv 
de  filaees,  de  lableauv  el  de  meubles  remplis  de  curiosités  et  d.<  mé-.lailles. 
Lors  de  son  inx.'ntaire  apn-s  d.'-cès,  ces  menl.les  axaient  et.'  enlcNcs;  .1  .estait 
pourtant  m.  ..petit  l.meau  .le  iH.i-  n..ii.  \\  lilejs  ,1  ma.queleiie  .le  riiJMe, 
coulenanl  six  tiroirs  i-l  un  ;,Miicliel  dan-  le  .nilien.  .11. ...t.-  mii  -on  pi.d  a  jour  .., 
ipi'on  avait  laissé  là  pe.it-étre  rommr  un  -...x. •!.!.■  de-  l..il.iludr-  jamii.e.vs 
el  .l'iiitimilé  .|<-  Madame,  «pii  axait  di'i  |.i .  .I.al.le.oe.il  x  .•eiiiv  les  imioml..al.les 
I.  Otrrfêimnilancr,  m  «•pli-iiilirr  187.'»,  <'•<!.   Hi •.   I-   1".   |>-   jo'»- 


I.K     P  M.  MS-ll()\  V  I.     SOl'S     I.  \     KKliKNCi:  atiy 

lollres  quclK'  iiiiiutit  laiil  à  composer  pendant  (luaiiloiii'  délie  on  jasait,  on 
jouait,  on  faisait  tie  la  innsiijne,  et  <|n'elle  envf)yait,  connne  dit  Saint-Simon, 
«  îl  sa   famille  d'Allemagne  qne  jamais  elle   n'avait   vne.  » 

L'admirable  portrait  (|ne  lligaud  a  l'ait  de  (■ett(^  |iiiiieos.se  Élisabelh- 
(Iharlotte,  et  qui  est  au  nuisée  de  \ersailies,  nous  la  nionlii'.  en  vérité,  sous 
ua  aspect  moins  défaNorahle  <iwe  la  fâcheuse  dcscii|)l ion  ([ii'eile  s'est  complu  à 
nous  donner  (relle-nièine,   ver-^  cette  i'pn(|uc  (171(1),  dans  les  lignes  suivantes  : 

•le  n'ai  aucuns  Irails.  île  pelils  \('U\.  un  ncv.  c(jurt  et  gros,  les  lèvies  longues 
cl  plates;  tout  cela  ne  poul  l'oimcr  une  jolie  ligure;  j'ai  de  grandes  joues  pendantes 
et  une  longue  figure;  je  suis  très  petite,  grosse  et  épaisse,  le  corps  et  les  jand)cs 
courtes;  en  somme,  je  dois  être  une  vilaine  petite  laideron'. 

Ce  quelle  ne  dit  pas,  c'est  cpie  sa  [lerscMme  respirai!  un  air  daulorité, 
de  dignité,  et  que  ses  yeux,  d'une  e\pi-essive  honte,  san\aient  le  reste  du 
visage.  Elle  ne  transigeait  pas  poin-  ce  (pi'elle  estimait  (pie  l'on  devait  à  son 
rang,  et  les  questions  d'éli(pietli>  ("taient  pour  elle  mieux  (pie  pai(iles  d'évangile. 
Avec  elle,  il  fallait  tenir  sa  cliandelle  droite.  sui\aiil  le  mot  de  son  pJ're,  l'élec- 
teur palatin,  qu'elle  se  plaisait  ii  répéter.  Elle  ne  pardonnait  pas  îi  sa  helle- 
fdle  de  ne  point  venir  manger  avec  elle,  par  paresse  et  pour  s'épargner  les 
fatigut's  de  l'apparat,  l'accusant  de  sa\oir  u  \ivre  comme  \tt)('  sinqile  duchesse, 
non  comme  ime  petite-lille  de  France».  Le  défaut  d'enlenle  el  d'intiniilé  au 
Palais- lloyal  lui  arrache  cette  plaiide  ; 

La  cour  n'est  pas  connne  en  Mleinagne  et  n'est  plus  ce  ([uelle  était  du  temps 
de  Monsieur,  lorsque  nous  dînions  tous  ensemble  et  que  nous  étions  réunis  chaque 
soir  dans  les  grands  appartements,  aujourd'hui,  chacun  vil  à  part;  mon  lils  prend 
ses  repas  de  son  ciMé,  moi  du  niicn:  sa  femme  en  fait  de  même. 

Kl  aillem-s  : 

C'est  par  pure  paresse  que  M'""  d'Orléans  ne  dîne  pas  avec  nous  à  Paris;  si  elle 
mangeait  avec  moi.  elle  aurait  à  se  contenter  dim  lahomet,  tandis  (pie,  lorsqu'elle 
mange  dans  sa  cliaiuliic  avec  son  lils  et  ses  favorites,  elle  est  coueliée  sur  un  canapé 
ou  sur  un  grand  laulenil,  ce  (]u'elle  trouve  hieii  plus  agi'éahle. 

Dans  un  autre  |)assage  elle  dit  encore  :  «  Depuis  la  mort  du  roi,  elle  ne  m'a 
pas  parlé.  »  (;e|)endant  les  relations  ne  rest('i('nt  pas  toujours  aussi  tendues 
eiiti-e  la  duchesse  d'Orlt-ans  el  -^a  helle-mère.  Ma<lame  avoue,  dans  ime  lellre  du 
mois  de  mars  1716,  (pie  sa  helle-tille  lui  t(''moigne  des  t'gaids:  (|u  elle,  de  son 
c(Mé,  lui  rend  mille  politesses,  el  elle  |)rend  son  parti  de  ne  l'aNoir  point  à  sa 
table:    «Elle    n'a    pas    pu   ^e   ré'soiidre   ;i   dîner  .isec   le    roi.    son    |)èii':    ain>i.    elli' 

I.  (lorrespiinildiifr,  t.  I".  p.  'l'i''- 


5,33  IF,     PAI.AIS-HOVAI. 

lit'  >oinlr.i  i';i>  iirciuliL'  («•Ile  pi'iiii-  n\cc  moi'.»  (Ida  ii  ('iii|ir(liail  pas  (|ii'(iii 
les  \o\ail  tli-  Ifiiips  ii  aiilrc  ciisciiililf.  ilans  la  mriiic  lnj^c.  à  lOixTa.  où  Madame 
se  iilaisiiil  t"i>rl.  la  dislraclioii  iK'  la  coim-clie  a\aiit  rciiiplacv  |)()iii-  clic  relie  de 
la  clia<i«;e.  Dans  ces  cas-là,  il  lallail  (|iie  «Madame  d"Oiléaiis  »  se  ((inlenlàl 
d'mi  laiuMirel.  V.w  outre,  la  loye  ne  eomiioilail  pas  de  lajiis  de  pied,  c.imiiie 
dans  celle  du  duc.  sou  époux.  Très  alTeclueiiso  avec  ses  pelils-eidanls,  Madame 
leur  permellail  toule  liceuce  avec  les  animaux  variés  (pi'elie  eulreleuail  aupivs 
d'elle,  dans  ses  appaiIcMU'uls  du  l'alais- l\oval.  cl  dnnl  la  lamiliai  ih'  clail  Irllr 
t|u"uue  (le  ses  eliatli'S,  uu  jour,  ne  se  j;èua  pas  pom  l'aiiv  -(■<  p,liU  jiiMpic  sm  la 
traîne  de  la  belle  robe  de  brocart  de  sa  maîtresse,  pendant  le  lcmp<  ipi  clic  clail 
occuiit'e  il  écrire.  Parmi  ses  ciiiennes.  il  \  en  a\ail  une,  iionuuée  liadinc,  (pii 
connaissait  tonlc~.  le-^  caries.  Klle  a\ail  aussi  deux  pcnoipicl-,  I  ne  luis,  après 
dîner,  elle  lit  venir  son  petil-lils,  le  duc  de  Chartres,  et  lui  donna  le  s|)ectacie 
suisant  : 

C'étoit  un  char  de  Iriniiiphc  cpie  liaîiiôil  uu  j^ros  clial.  el  où  éloil  iihui'e  une 
petite  chienne  nommée  Adrienne;  un  pigeon  sert  di-  cocher,  deux  autics  tout  les 
pages,  et  nn  cliicn  sert  de  hupiais  el  est  assis  derrière.  Il  s"a|)pelle  Picai'l.  el.  (piand 
la  dame  descend  de  voltme,  l'icarl  ahal  le  luatcliepied.  Le  chat  se  iumune  (lastillc 
Picûi'l  se  laisse  ainsi  seller  :  on  lui  mcl  inie  p!iu|)i'e  sur  le  dus.  el  il  tait  loul  ce  (piHu 
fuit  faire  aux  chevaux  de  manège   . 

Le  tableau  n"esl-il  |)as  plaisant!'  On  peut  cinire  {piime  giandiuèic  (pu  n<ail 
ainsi  sa  patience  îi  di-esser  des  bêles  saxanle-  pour  l'amn'^emeni  de  -on  pelil- 
lils  ne  l'iil  pas  une  UM'eiiaide  l'enniie.  I'!lle  paiall.  du  re-~le,  a\oii-  (''piniiN('  mie 
pri'dileclicin  pom-  ce!  milipie  rejeton  iii:de.  Son  ironie  l'^l  -oineiil  ariilie  pour 
«M""  d"((ileaiis,  (|ni  n'e-l  pa^  dan^  rii.diihule  de  l'aire  des  garcouN  el  a  ^ix 
lilles  et  uu  >-eul  lils'.  n  lllleen  donne  !<•  diMiombremenl  sni\anl  din-  uni'  lellre 
ilalé'e   du    'i   /|aii\  ier    i  7  H»  : 

l.a  preinièic  est  morte  à  l'âge  de  deux  ans;  la  seconde  est  la  dncliesse  de  bei  r\  : 
la  troisième  est  âgée  de  dix-sepl  ans,  on  l'appelle  M"  de  (  Miailies  ;  c'est  elle  ipii 
doit  (Mre  religieuse '1,  el,  puni-  la  ligmc  e.aiiiiie  |)uin  l.i  l.ùlle.  c'e^l  la  plu-  J..lie  de 
loules;  la  qnalrièm*!  se  nomme  M"'  de  \,doi>,  elle  a  ipiiii/e  aii>  aeeum|)li>  au  mois 
d'iiclolirc.  Puis  vieil!  le  due  île  Chai  Ire-  ipù.  au  mois  d'août,  a  eu  doii/e  ans.  l.a 
cinipiième.  M"-  de  Montpensiei .  ipii  e-l  dans  un  coineiit  .le  lie.iinai-^,  a  eu  .-ix  ans 
II-  Il  de  ce  mois.  Nous  axon-  eul'm  M"  de  Heaiijolai-,  (pn  .1  un  an.  .  Il  la  duchesse 
d'Orléans  e>»l   encore  emeinte! 

I     ',V,/-;v«/,i,(i(/#i/i rc,  l.  I",  p.    mp!!,   II).!,   l'ii. 
•i.    Ihfl..   I     I",  |i.  itl',. 

3.  //<ii/  ,  t    I"    

i   Kii-i.r.ii  a    ;ii.iM»s.Mir(;iifiicH... 


i.K    p  \i.  \  is-no  V  V I.    SOIS    r.  \    i«i;(;i:n(: 


■Jîi) 


Qiii'lciuos  mois  a|)ivs,  le  Ti   jiiillcl,    M.iiLiuir  du |)l,ii>-;iiiim.'iil    If   n'siill.il 

lie  rollc  (l(M'iiiÎTf  j^i-osscssc  : 

\ll    iiliilii'lll    lin    Ji'    Iriliiilir    Mil    Irllli'    h    l;i     |)ri liri'^Ni'     ili'      <;illr>.      ntl      csl      \cmi 
ni'aiMii  iiK  rr  ijur  M      il  <  lili'.iii^  l'iail  rii  mil  il  riitiiiils. ..    \   iiiiiji  huis  i|ii:irK.   j'fiilitiis 


Pcinl  pir  le  Ti 


(  l'iblcau  Je  l'jiicicniic  Galerie  du  l>.tkis-Roy4l) 


<l:ins  l'aiilirliMiiihii'  cl  mi  mr  dit  à  \i)i\  liasse  :  n  H  \  a  piès  (riiiii'  liruii'  inic  Sun 
Mlessi-  Uoyal»!  est  acciMicln'c  tirs  liciiieiisoiiiciil.  i  Mais  cela  lui  *lil  (l'iin  Imi  si  Irlsle 
(|iii'  je  ne  pus  douter  qur-  M'""  d'Orléans  nail  mis  au  monde  une  septième  lilie...  cl 
c'est  nialli-nii-n--i'mi'iil   ir   ipii   est   arrixé'. 

I.   t.iirrraiiiiirliiiir,-,  I.  |  '.  p.  j.'mi. 


■tliit 


I.K     PALAlS-nOYAL 


Miulamc.  on  li'  vdil.  axail  li'spiil  ^iF,  et  s'exprimait  finement,  qnan<!  elle 
le  ^<lnlail.  Son  lan;ja;,'e  n"a  pas  loujoiirs  pareille  délicatesse,  et  les  mots  i  ins 
l'éniaillent  IVéïpiemment. 

Quand  la  dncliesse  douairière  n'était  pas  occupée  à  son  éternelle  corres- 
pondance, ou  (pi'elle  ne  lisait  pas  la  IMhIe,  qu'elle  ne  classait  pas  son  cher 
uiédaillier,  ou  bien  (|ii"(lU'  n'était  pas  à  la  coMiédie.  elle  \érilîait  les  mémoires  de 
SCS  foiunisseurs,  et  à  celle  besog:ne  elle  était  de  première  force.  Pour  s'en 
convaincre,  il  suilit  de  parcourir  avec  quehpie  attention  les  vin^rt-trois  volumes 
Miaim^crits,  conservés  aux  Archives  nationales  et  (|ui  t  niiliemieiil  :  VEsidt  dit 
VI  ay  lie  rrcrttes  et  dépenses  faites  par  le  conseiller,  trésorier  général  des  mai- 
sons et  Jinanres  de  Madame,  di'puis  l'année  1701  jusqu'à  sa  mort  en  i~-?.?>^. 
On  \  voit  avec  i|iicllt'  |ioii(liiaiité  la  lionne  Klisabclli-( '.iiailotli'  aimait  (pToii  tînt 
ses  conq)tcs.  l/année  1707  lui  parliculièremenl  terrible  pour  les  l'ournisseurs 
de  Son  Altesse  Uoyale.  i|iii  s;i|I(M(;uI  (pi'eii  dé[)il  de  sa  vifrilance  son  trésorier, 
lu'iii-  Davonsl.  sei;,Mieur  de  Ilaiilel-inair.  la  volait  iiidii^ncuieiil.  Aussi  écril-elle 
de  sa  belle  v\  terme  écritiue,  ii  la   lin  du   volume,  en  mois  sijiiiilicalil's  : 

Simuiic  Inlailf  (le  la  l)éi)ciise  du  présent  estât:  Trois  cent  quaire-v  ingt  mille 
tiiiil  1 1  ni  Itcnic  liois  livres,  un  sol,  onze  deniers.  El  la  Recelte  monte  à  la  sonune 
(le  (".ini|  cent  nii  mille  sept  cent  cinquante  livres,  trése  sols,  huit  deniers.  Partant 
(loil)t  le  eoniplable  la  sonune  de  Cent  dix-neuf  mille  neuf  cent  viiifjl  et  une  livres, 
onze  sols,  neuf  deniers,  (piil  remetira  incessamment  à  {cliiv  ^\\u•  nous  auroiis 
conunis  pour  faire  l'exeiciee  de  sa  charge  de  nosire  Trésoiici'  (|ii'ex(  renil  ev  (levaril 
li'dil  sieur  Davonsl  (juc  nous  a\(>Ms  itilerdil  des  Iniulioiis  de  ladile  charge  pour 
liiiimes  raisons  à  nous  connues,  cl  on!  cslr  les  |iir((-.  jn-lilicaliviv  huil  de  la  iccclle 
qnr  (|r  la  dépense  du  |)réseiil  ('hil  |•(•l^i^(■s  ciilif  lr>  mains  du  >iiin-  \N  iilc  <lf  la 
(jarde,  secrétaire  de  nos  conuuandemeiils,  et  inliiidaiil  de  nos  mai>nns  cl  liiiiuices 
pour  y  avoir  recours  toutes  fois  et  (luantes. 


:ijas 


Dans  une  de  ses  lellics.  1,1  duchesse  l'ail  alliiHoii  à  ccl  ('M'ncni.'nl  cl 
assure  (pTclle  se  (.|rou\e  dans  un  giaiid  l,il.\  1  iidlic  ...  car  -mi  InM.rici  lui 
a  v(i|<-  Kio.ooM  écus  et  la  laisse  san-  un  ii.ird,  .liiisj  ,|iic  ses  gcn-.  i'.l  clic  jclle 
ce  cri  de  dé-tresse,  tpn  fait  sourire:  1.  l'.ii  allcndanl  qu'on  lui  l'a-sc  rctnlre 
t,'oi-c.  il  ,-!  impossible  de  vivre  sans  une  obole...  \oiis  rie  saxons  pas  si 
Il     poursuivi;   ee    qui  est    ceilaiu,    c'est    <pi<'    M.hI.huc    (..ndui-il     si 

I.  AnliUM  ii.iiloiioli-».  10,  iii7i-io{|3. 


i.K    1* A I.  \ is-u()>  M.    sors    i.\    uimv.yc.v.  a,"?! 

Iiicii  r^Klmini^l  i;ilii'ii  de  ses  liiKiiircs  (|ii';i  |).iilir'  de  ce  iiioniciil  ses  l'cccllcs 
ruiciil    ri)ii>.|;mnnciil    ^ii|M''iiiMiics  ;i   ses  (li'pi'iisi's. 

('('  Ml"-!  \\:\<  (■(•|icii(l,iiil  (|ii  elle  l'-ci  un  Mili^Ml  sur  les  IV.iis  de  pcix  imicl.  (■;il' 
sa  lliaisuli  lU'  (■iiin|M('ll;ill  |ia--  iiiiMli-^  Ar  criil  liTiilc-dciix  sri\  ili'ins,  cl  \\l;\[ 
des  gages  aniuii'l  (ini'llc  paxail  iiii  inl.iil  ii\::ulii'i  ciin'iil  ,"i  i)'i.(i'ii)  li\ics.  Dans 
ce  nombre,  ligiireiil  :  son  premier  aumùiiier,  ral)l)é  Oastcl,  a\ee  .'t.ooo  li\t(s 
de  gages;  son  eonressem',  V'Iienne  Degascc],  i(Mn|ila((''  en  1701)  par  le  H.  I'.  di- 
Lignières  (1.280  lixrcs);  un  second  aimii')nicr  sciNaiil  pai'  (piarlicr,  dcii\ 
ehapelains.  raiiimniii'i-  du  connniiii.  Ic^  cicics  cl  le  summicr  f\i'  la  cliapcllc.  le 
conlessenr  du  c(iiiiiium.  l'uis  \ciiail  le  ser\ice  de  la  iliainhi'c,  a\cc  la  dame 
irjioiiiieiii'.  la  dncliesse  de  ^  entadoiir.  remplacée  ensiiile  par  la  dncliesse  de 
Uranca-  (a\ec  S.ooo  li\res  d'apiioiiilemenls);  les  dames  d'atom',  .M""'  de  (ilia^- 
leanlier  el  la  iiianpii-e  de  (lliàlilloii  (^(i.ooo  livres):  trois  demoiselles  d'iionnciir. 
doiil  \Iarie-l,(inisc-\  icloriiie  de  Séry  (\h  maîlresse  du  i\\\c  d'(  •rh'ans),  avec 
chacune  i5o  livres,  cl  leur  gouvernanle  (800  livres);  seize  l'ennnes  de  chambre 
(100  livres),  <pialie  lilles  pour  servir  les  demoiselles  d'homieur  (80  livres), 
(piatre  huissiers  de  chambre  et  di'  cabinet  (yoo  livies),  (piaire  valels  de 
chandjrc  (-.îoo  livres),  trois  garçons  de  la  chand)re  (100  livres),  l  11  autre 
service  compreuail  :  le  premier  médecin,  \rlol  ((J,ooo  livres);  un  niédeciu 
ordiiLiiri'.  un  a|M  ij  liiiaiie  (  1  ,.")oo  livres):  le  cliirurii'ieu  du  corps  de  Son  Altesse 
iloxale,  François  (larè/.e  (1,800  livres):  le  chirurgien  du  connnnn  (  lÔo  livres), 
den\  valets  di'  gaide-robe  (100  li\res).  deuv  tailleurs  ((io  livres),  le  porle- 
manleaii  ilioo  livres),  la  lingère,  etc.  (hilre  leurs  appi  linleiuerds,  ceux  (pii 
avaieul  iliiiiuiiin  d'èlre  préposés  à  la  saul(''  de  Son  Allesse  Kovale  loucliaienl 
des  vac.iiinns  (pi;nid  on  réclamait  leui's  soins,  ,1e  liouve.  par  evempie,  dans 
les  coiu|iles  de  laniu'e  lyo).  (pu'  lapolbicaire  re(;oil  :>.,.")oo  livres  poui'  les 
drogues  el  médicaments  l'ournis  durant  les  six  derniers  mois  de  rannéc. 
I-e  dentiste  Forgerou,  ."joo  livres  annuellement  pour  «entretenir  les  dents  de 
Sou  Allesse  Uiivale».  Le  nu'deciu  Havinond  d'Vilol  recoil  '|(>"  livres  ((pnui' 
1  indemniser  du   bouillon   (jui  devait  rire  donne  à   Madame". 

Le  service  d'Iionnenr  elait  dirigé  par  le  manpiis  de  la  Uongère,  remplacé 
en  1700  par  le  maiipiis  de  Solière  ((i.ooo  livres  de  gages),  ayant  sous  ses 
ordres:  cin(|  ;jentil^|iouunes  (i.")o  livresl  et  deuv  huissiers  de  salle  (Go  livres). 
Le  sei'vice  di'  l.i  IimucIic  il.iil  le  plus  cliai-;ji'.  \  pail  les  (),5oo  à  10,000  livres 
.au\(|ne||es  uiiini.ill  cli.iipie  niiiis  ]\  peu  prè<  if^julièremenl  la  dt'peuse  de 
la  taille  de  Miid.uni'.  il  v  a\;iil.  eoinnie  Irais  de  pel'souuel.  olilie  le  picuiiei' 
uiaiire  d'InMel,  l'Ii.  de  Collins  ('|.,„hi  livivsi,  le  uiaiire  dlnMel  ordinaire. 
.1 .  de  (JiiHieii  (i..")oo  livi-es).  cl  deuv  aiilies  (  l  .000  livics):  le  cliel'  de  la 
j).iime|erie    ( '|uo    livres),     el     dr\\\     .lidcs    (  1 00     livres),     un    souiiniei     pniir     la 


2;{a  i.i:    p.vi.  \  is-uoY  \i, 

laiiltM-iiiTR'  (.'ioo  li\rcs),  un  clu'l"  tlcVliaiiMUiiiciie  (i^oo  HmcsK  il  Mois  aides 
(  nKi  livres):  oiifin  le  souiniit'r  de  récliansoiiiieiic  (.ioo  lixi-es).  l'nin  la  (  iiisiiie, 
il  V  axait  deux  «  éouyers  de  la  bouelie»  de  Sou  Allesse  Royale  (aoo  lixres). 
et  U'uis  deu\  aides  (lOO  lixies),  liuil  porteurs,  liiiissiers.  enfants  (on  ne 
disait  pins  >:;alopins,  comme  du  temps  d'Anne  d"  \iili  iciuM  :  den\  i;arde- 
\ aisselle,  un  sommier  du  ^arde-man^ei',  deux  sonunieis  des  bioelies  (cliacnn 
.■{oo  livres),  vordurier  (Go  livres),  deuv  perdeanx  (loo  livres),  un  ehef  de  frui- 
terie (500  livres),  son  aide  (100  lixres),  et  le  sonnnier  de  fruiterie  (3oo  livres). 
Tout  cela,  sans  compter  le  service  de  ladmini'^lraliDn  :  le  secrétaire  des  com- 
mandements. Jean  Dusour,  remplacé  par  J.-I5.  \(iille  ('1,900  livres^  le  con- 
IriMeur  ^'•énéial  d»:  l'écurie  (1,000  livres),  le  trésorier  fiénéral  (."5,000  livres"), 
le  contrôleur  de  l'ollice  (Goo  livres):  ni  les  p(>tits  emplois  tel-;  ipic  ck^\\\  de 
porle-lahle-;  el  chaises  (il  y  eu  a  deuv  à  noo  livres),  le  mari' -liai  cl  les  xalels 
di'N  iill.-s  |(iu  livres\  le  garde-uieuliles  (100  livres),  le  lapissier  (I'Mi  livres), 
le  falot  ier  ( '|o  lixres),  les  deux  portefaix  de  la  cliainhre  i  .'io  li\re<).  v\.  ciiliii. 
la  chai'ge  di-liiale  du  pnrlc-chaisi'  t/'tiff<iircs.  leiuic  loti^lenip<  par  le  ildèle 
Jacques  Ganlliii'r,  (|iii  ('-tait  en  uième  tem[)s  le  "  purU-niaiiU'aii  »  dans  les 
frraiidi'S  cérémonies,  et  touchait,  outre  ses  Stjo  lixres  de  j.;ai.;es  pour  ce  cuuud. 
la  somme  de  3o  livres,  tous  les  six  mois,  «pour  les  fournitures  ordinaires» 
afîérentes  à  son  service. 

l/(''cnrie  de  Madame  (''lait  diii^c'e  ]iar  le  cmnle  de  Mi)ilaii:ni\  (pii 
axait  de  ce  ehci'  (kdoo  lixi'es  d  a|)|iiMnleniriil-;.  (H  ne  roùlail  pa<  iiiniii-.  df 
G7,oo(i  lixrrs  par  an.  Mlle  coni|ii(iiail  (piaraiile-i|Malre  rlie\aii\  inii  laicnlail 
alors  'i.")o  livn>s  de  dépen.»*e  amuielle  pour  la  iiomrilnre  d'iui  rliexal),  axée 
le  personnel  varié  de  cocheis  pour  le  premier,  le  denvirnie  el  le  IrniviJnie 
carrosse,  les  pi(|ueurs,  les  xalels  de  f()Uirière,  les  hum  1  elic  1 -.  île.  Celle 
écurif  i''lait  inslallé'e  non  ,111  iVilai^-lioval.  mais  nie  S.iinl- riionuK-iiii- l-oux  re. 
<pii  lui  fai>;;ul  faec.  d;m-<  le  ;:t;mil  lu'ilrl  de  1  .oniiiiex  illr.  (|iit'  la  iliiilie-->e 
douiiiriérr  liHiail  p.im'  |,i  -.umnif  dr  11 . 1 N,')  li\ie>.  el  (|ii'illr  ;i\.ill  a  hall. 
(;'t'-lail  uni'  xieilli-  h,i|)ilaliiiii.  ipii  ax.iil  son  lii-loire.  l'.lli'  ax.iil  a|i|iailrmi 
anlri'liiis  ,111  due  dr  l,a  \  irii\  illi'.  i|iii  l.i  vriidil  en  l()'>i)  .111  iliii  ilr  l,iixiie>. 
Ic.pirl     r.-mlirjlil     r,,i|.    SiMls    l.i     l'iuiidr.     I.t    dlirlics>,.    <|e    Clicv  i  vii-i'    x    Uni     ses 

' diufs  >éan<-es   de    conspii'ation.     l'ni-.    tllr    p,i-.s;i   .m    dm     (i'i;|)i'i  ikhi.    --erxil 

de  demeure  )hiv    e.ii'dinanv  de  Janson.    .Ir    l'i.lii;riae.   cl    lil    kImih    .'i    l.i    m.ii-i)n 
di-  Luviies.   (hi.iiid    l.'i    duchesse   doiiairiirv   d'(  (ili'.ins   m<cjiiil.    il    n-l.ill    cmnrc 
près  de  deux   ans  de    hail   |ii>m    ThiMcl    ,U-    1.,.m-iicx  illc    l.e    Ue;.jcnl    en   cniici'd.i 
la  jouissance  U   M.   de   .Sii,,i;,,,,._    |,|-ciiiicf    ^jcnlillmnmic   de  <.i  ^li.nnliic.    ifinxeii 
nimt  un  modeste  |o\er  de  S, 000  lixres'. 

I.  Arrhhr*  nniioiuili-^.  Compte»  île  nuccriilonitii  liàji-nl,  HV  loCiO. 


i.i:    p  \  I  \  is-iun  M.    sors    i.a    luu; knck 


933 


UAnS   ET   VÉMl'S   LIÉS   PAH   l'aMOUR 

TâblciU  provenant  de  ChrUtinc  de  Su*dc  et  de  l'ancienne  Galerie^  du  l'alait-Rojal 

(Appartient  attocllcmenl  1  M.  Cli.  RoMigntui) 


Si    j.'    il ici    liiiis  CCS  <li'l,ii|s.   ce   ii'ol    |i.is  sciilciiiciil    jiMiir    liivr   de  l;i 

poiissicic   (le-   ;ii-clii\>>  (1rs  (l( iciiiiiriil -  ciiiiciiv  siir  li's  luiliitiulis  jJiiiicu'iL's  du 

3o 


T.    1.    Li;    IXI 


23/|  >'E    f  alais-iuiVaI. 

xviii'  siî-clc  ot  (jui  pennelfeiil  do  pénétrer  au  \  if  les  iiiunirs  ilc  réi)i)t|iiL'.  Je  clioisis 
siuloul  ccuv  (lui  pouNL'ul,  à  ce  qu'il  me  semble,  projeter  une  lumière  nouvelle  sur 
l'existence  familière  de  la  société  du  l'alais-lloyal  ri  iimulici- ,i\cr  (jiicl(|ii('  pri'ci- 
sion,  connue  en  un  kaléidoscope,  ce  qu'était  celle  demeure,  le  iin'(  aiiisme  inté- 
rieur, vraiment  gigantesque,  et  les  rouages  de  cette  cour  reuuKiiile  et  hrillanle. 
D'après  ce  que  comportait  seulement  la  maison  de  la  duchesse  douairière,  on 
se  figurera,  sans  qu'il  soit  besoin  de  prolonger  la  descriplion,  ee  que  devaient 
être,  dans  cette  même  habitation,  les  services  de  la  maisdu  de  M""  dOrliMiis 
s'ajoulant  à  ceux  du  Régent,  qui  étaient  bien  autrement  ((nuiihiiués  iMieoi-e  et 
infiniment  plus  nombreux.  Mais,  avant  de  quitter  la  giandinèi-e.  Illis.ilxth- 
Cliarlolle,  empruntons  encore  à  ses  registres  de  trésorerie  un  .qxn  n  de  cer- 
taines dépenses  caractéristiques,  celles  du  deuil  de  Mun^-iein-,  par  e\enq)le.  liien 
que  les  frais  de  la  cérémonie  funèbre,  (jui  lui  inqiusante,  aient  ét(''  pa\es  par  le 
roi,  il  ne  fallut  pas  moins  pourvoir  aux  tentures  du  Palais- Kosal,  aii\  \ètements 
de  deuil  dn  persouni-l,  etc.  Aoiei  nu  résumé  des  Iduiiiitme-i  lixiées  ii  celle 
occasion  : 

Drpciises  jKtiir  le  deuil  di'  Mo/isietir. 

A  l'raneois  Millet,  tapissier  ordinaire  de  Monscijiiienr,  pour  laïuii  cl  loiniii- 
lure  de  deuil  (|u'il  a  fait  à  cause  delà  mort  de  Monsieur:  '|,^>•^')  li\rcs.  l 'i  sous. 
.")  deniers.  —  A  J.  15.  Cloigiiard,  niarehand-libruire.  pour  fournilure  île  li\rcs  de 
deuil,  .Si  li\rcs.—  Au  sieur  l*"r.  Cîaullier,  pour  (lra|)eries  j)ar  lui  lomiiies  pour  le 
deuil  de  Monsieur,  C,35<)  livres.  —  Au  même,  pour  luarcliaruliscs  de  t^ios  de  Tour. 
.")■.>  livres. —  Au  même,  pour  draperies,  ooa  livres. —  Vu  >ieur  l'ininias,  uiareliand 
de  rubans,  pour  les  nœuds  d'épaules  pour  les  pages  et  lu  livrée,  .'loG  li\res.  —  Aux 
(iniciers  de  l'écurie,  en  rcmbourscmenl  des  frais  du  deuil  fait  pour  le  décès  de 
.Monsieur,  i,3ao  livres. 

On  sait  p.ir  ."^aint -Simon  '  (pie  Miidaine,  a|Hès  la  nmil  de  mui  mari,  oiilinl 
de  ne  pas  portei'  les  \èlemeids  de  deuil  a\ee  loide  la  rii:ii(  nr  du  eei  l'iiuinia! 
d'al(jrs.  Louis  \I\  drapa  siv  nmis,  et  tonle  la  eoui-  porta  le  mantiMu  loni:  cl  les 
m.inclictji--  plaies'.  Sa  \euve  auiail  dn  avoii'  le  \nile  enu\  i;nil  le  froid  cl  la 
maille  <(  atlaehée  au  IkjiuI  du  corijs  du  grand  haliit  d'une  ('paiile  à  r.iiiliv  .1 
trainanf  si  loin  par  derrière  (pi'ime  dame  ainsi  ehaigt'c  était  ohligt'e  d'attendre 
que  celle  ipii  l.i  prccidail  fut  soilie  de  la  pi(V(>  où  se  faisaient  les  révérences»'. 
Mais  Klisahelh-(  ihailolle,  ipil  aimait  .ses  aises,  prélendil  ipie  cette  coilViire  lui 
faisait  m.il  ii  la  lèle.  cl  (-"est,  en  ellet,  s;ms  liaiide.ni.  s.nis  m.inleaii.  sans  voile 
et  sans  in.iiilc,  (pi'elle  est    ligiin-e   dans    le    porli.ill   qui   -.c  trouve  an    (ahinci   des 

I.  S«i>T-SiMi>jr,  Mfmoirn  [M\{.  i\r*(,niml»  fÀ-rimim).  t.  VIII,  p.  3(ij. 
ï.  Mfrriirr,  oimi'v  1701,  p.  33a. 
3.  (ja:rlle  de  iC«3,  p.  W-. 


IF.    !•  \i.  \  is-i«()Y  M.    SOUS    I,  \    t(r:(;R?«<:E  2.'i5 

Eslanipcs  v\  i|ui  lit  rt'[)r(''S('nl('  en  li.ihils  di-  deuil'.  NiMiiiiioiiis.  la  princesse 
iMil  Mlle  loilcllc  a|)|)i'<)pi'i('-c  ii  la  rii'coiislaïK'f.  rniiiiiii'  en  {(''iiioi^^iio  ct'l  autre 
l'xliait    (le    SCS    CDiiipJcs  : 

Tdili'llr  jitiiir  II'  ili'iiil  lie  .Monsiciir. 

\  (ilaiiilc  i.aiiiy,  manliand  pillcliri ,  pniir  I  i  rciiiiiiiliirc  do  la  cliamarnirc  d'iicr- 
iiiiiic  pniir  une  garde  robe  de  deuil,  c(»rps  de  r()i)e  et  jupe,  pour  le  service  de 
S.  \.  l'i..  2, .")()(>  livres. —  Au  sieur  Houclicr,  marchand  drapier,  |)Our  fournitures 
exlraortiinaircs  pour  le  deuil,  y.');)»)  livres. —  \n  nicnic.  [)'M>  livres.  —  Au  sieur 
Franc  Dul'<jur,  marchand  lionnctier.  pour  sa  l'ournilurc  extraorilinaire,  266  livres.  — 
A  .\ntoine  de  La  Uoiic,  pour  rouriiilures  extraordinaires  pour  la  toilclle  de  Madame, 
à  cause  du  deuil  de  Monsieur.  ■>i)'i  livres.  —  A  damoiselle  ("lande  Cordicr,  femme 
Gaucher,  morchandc  liiii:ère,  |inui'  façons  extraordinaires  et  nieruics  fouridlures  de 
linge  |)ai'  elle  faite  j)oui-  le  deuil  de  Monsieur,  i.yyt)  livres.  —  .\  Louis  llatanville, 
marchand  de  rubans,  pour  f(jurniture  extraordinaire  tie  rubans  et  crêpes,  1,200  livres. 
—  A  Catlierine  Chevalier,  pour  coclfures  de  deuil,  280  livres.  —  Aux  sieurs  Perri- 
chon  et  Pierre  Foin,  pour  paiement  des  clolTes  d'or  et  d'argerit,  i, 000  livres. —  A 
Pierre  Loupin.  [)()ur  rniuiiiliirc  evliaoï'dinaire  d'('])ingles  pour  le  service  de  S.  .\.  II., 
2().i  livres. —  Au  sieur  Fannion.  brodeur  du  ri>\.  pour  avoir  brodé  un  bonnet  de 
cièpe  noir  pour  un  de  ses  hupiais,  1 1.'{  livres.  —  A  .1.  I.emci\iie.  pour  la  peinture  des 
caissons  des  carrosses,  3'|2  livres.  —  A  la  demoiselle  Lemoyne  pour  raccommodage 
et  entretien  de  la  collerttle  de  Madame,  .'^'18  livres.  —  .\  la  même,  pour  fourniture, 
ûoo  livres.  —  .\  dame  .Icanne  l'eiel.  pour  le  linge  fourni  pour  le  deuil  de  S.  .\.  H., 
r».6So  livres.  —  .^  la  même,  .'îyS  li\res.  —  A  (lalherine  (dicNalier.  pour-  marchandise 
de  deuil  [)ar  elle  four  nie  à  la  demande  de  la  dame  de  ('.lialiliini,    1.1  pi  li\  res. 

Il  laiil  rceoiiiiaîlic,  an  surpin-^,  ipie  ce  nV'Iail  pas  en  (l(''|ienscs  de  toilclle 
personnelle  (pie  la  ilnelie^^e.  en  lenip^  (ii'dinaii'e.  pnuligiiail  ses  rovcnns.  IViiid 
cocpioltc,  clic  iraiiiiait  gucic  les  coliliclicts.  Scni  vald  de  ganio-robe  et  tailleur 
ordinaire,  .l.n.  Francini,  n'avait  guère,  avccelle,  dehesogne.  (À^pendant,  on  la  voit 
assez  IVecpieiiiineiil  ael  lel  iT  des  él(  )l1es  (  le  M' et  dargenl  pi  un' .'),()()()  (d  (5, 000  livres. 
Ouoi(pie  deleslaid  les  parl'inns,  (piainiail  laid  Monsieur,  les  factures  annuelles 
du  parfiiineur  Serrigon  inonteiil  rc'gMiièreiiieiit  îi  '|00  ou  5oo  livres.  Parmi  les 
iiieiMies  d(-peiises  (pii  ie\  ieiiiieiil  eliacpie  aiHK'e,  il  en  est  une  dont  la  répétition 
jns(|irji  la  moi!  de  la  piiiicessc  est  constante.  l'.lle  ap|)arait  sous  cette  forme  : 
<(  \  Mcoilas  \allaroii,  pour  avoii'  mon I ré  îi  jouer  la  guitare  ii  Son  .\ liesse  Royale. 
5oo  livres;»  et  ii  cet  arliele  \ieiil  loiijoius  s'ajouter  cet  autre:  «A  Jean  Iliirel, 
pour  rentrelien  de  la  guilare,  1  'o  li\rc^.  ><  La  princesse  Palatine  jouait  donc  lie 
la  guilaie!  Le  (ail  inc'iile  d'anlaiil  plus  ilèlre  ((Ui^lale  ipie.  dans  ^i'S  Lcftffs,  où 
(die  est  si  |)ro(ligne  de  dilalN  ■-iir  hml  ce  ipu  l'i-ldoiire.  elle  n'en  parle  Jamais. 
I.  V..I.  O'  .'il,  |>.  Sii. 


>.36 


1.1;      !■  V  IMS-UOV  AL 


i,\  1)1  (iir.ssi:  Doi'ii.KWs  dws  ses  \ri' vi'«ri;\ii:\rs 


Dans  le'  lal)li';ui  de  la  \ir  (l<'  lamilli'  an  l'alai-lui\al, 
M""  d'Orléans  ji^nc  un  vn\c  assez  cllacc'.  (  )ii  aiiiail  (oit, 
ponrlanl,  di'  piondre  trop  à  la  Iclhv  le  porirail  [ion 
llatli-  (jn'à  diverses  reprises  a  Iraeé  d'elle  sa  belle-mère. 
C.elle-ei  di'elare  (pi";!  ipiarante  ans  sa  hni  parai'^sail 
vieille,  avec  le  ne/  el  les  jniie-^  peiulailles,  la  lèle  lnaii- 
laiile.  la  deniaiclie  vaeillaiile.  "  M"  de  hal/enliaii^-eii.  n 
dit-elle,  «  a|)pelle  eela  aller  sut  iiiie  (iicille'.»  Il  e>l 
eerlaiii  (piCn    1  7  1  ■  >    M'     d  (  hleans  n'avait    pin--  la  iiràee 

n'était     point    laiile,    tant    s'en    i'ant.    e  lllle    avait    de    la    lieanlé.  »    dit     M d(> 

Cavins,  «de  l>ean\  hras.  de  belles  main-,  mai-  pen  de  pinpoilion  dan-  les 
Irails.  »  Elle  é-lail  devenne  replète.  La  petite  vérole  Ini  avait  nn  pen  abînu'  le 
visao'C,  et.  à  la  -niti'  de  ses  conciles  snecessives,  sa  sanl(''  ('tait  rt'sti'-e  allc'rée. 
Le  pire,  c'est  ipu-  le  j^cnre  d'existenee  (prelle  avait  adop((''  m'  conlribn.iit 
"•nî're  ;i  la  r(.'mettre.  (>n  ne  la  \ovail  nnlle  pari,  lonjonrs  enleinn'e  (pi'elle 
était  dans  ses  appartements,  se  lev.int  à  midi,  (pieiiinel'ois  pins  tard,  conti- 
nnellenient  éten<lne  sni-  nne  eliaise  longue,  s'eniviani  lonle  >enle  Iroi-  t'ois 
la  semaine  (dil  Madamel,  avaid  îles  vapenrs,  des  nni:raines,  ipie  le  mampio 
d'exereiee,  ;i  delan!  d'aidres  causes,  snllirait  h  e\pli(pier.  (l'était  la  paresse 
même  et  la  nonclialance.  Ses  lilles,  à  (pij  liji'  n'avait  l'ail  -enlii-  aneniK" 
antoriti',  la  traitaient  sans  lespeet.  Non  .-enliineni  la  duilie--e  de  lierrv  et 
l'ahiiesse  de  ( '.lielles.  ces  den\  delia(piéps,  osaii'id  l.i  (pienller  ont  rai^cn-ement , 
mais  les  antres,  les  pins  jennes.  n  l'Iaient  pas  nnenx  ('levi'es.  M"  dr  \  alois, 
il  ipiin/,i'  ans.  passait  -onvent.elle  an-si,  tontes  ses  jonini'es  sans  s'iiabiller 
.111  l'alais-l\(i>al.  restant  ju-(pi  an  diner.  ;i  {\i'\t\  lienres,  sii/is  ro/yis  il'liiihit, 
ce  (pii  indi;.'nail  sa  •jrand  iiu'-re,  hupiellc  avait  danlie-  li.diilmle-  el  d.'  pins 
séM'-ies  principes. 

I.a  diiclir'sse  d"nrl('-ans  é'i.iit  cepetidanl  nne  l'ennne  de  beaiKonp  d<-prit, 
à  ce  (iiTassiire  Saint-Simon.  Mai-  elle  .ivail  (|nel(pie  (  lio-e  de  sec  e|  de  liaul.iin, 
dans  sa  laii;;iienr  all'ecli'e,  ipii  Ini  enlevait  le  (  liarme.  l'aice  ipi'elle  el.nl  nne 
hAlanle  de  l.uiiis  \l\  .  elle  se  ciovail  d.>  race  <ide-te,  et  allait  jn-(pi'.'i  pi  (■l'i'rcr 
le  ran^'  de  ses  frères  an  sien  piupre  de  pelile  lille  de  l'iance.  I.i'  i\[\>  dn  Maine 
n\ai(  loiil  son  «-(l'iir.  l'oiir  lui.  elle  intiiiin.nl.  elle  lialn--ail  -un  m. ni,  .'1  qni 
oIIp  se  croyail   .siipé-rienre  cl    (pi'.  Ile   n'aimail    pa-,    ne   sonll'i. nd    c|ne   dans    son 

I.  Oirrripimilaiirr  ilr  MmUtinr.  I.   II.  p.   ai). 


M  HUE  m:  iioinoux,  iuciiessk  mmiKiss,  kpolsr  ou  «HiKST 


•Û\S  I  i:     PAI.AIs-nnT  \I 

orgueil  ili's  iiiliili-lilés  dmil  clli'  se  plaijiii.iil  (|ii;iihI  elle  se  |i<is;iil  en  victime 
auprès  (lu  roi  aussi  bien  (|ue  de  ses  l'eiiiiiies  de  eluiiiilire,  (|ni  ;i\,iiiiil  ses 
ci)nfi(loiR-cs.  Ia-  duc  d'Orléans,  s'il  eiil  des  inaîlresses,  nCsl  (l.uic  pas 
pivriséiueut  inipardoiuiable  a\ec  nue  reiiiine  de  ce  caiaelère.  il  la  iKniimail, 
eu  riant.  Mndoinv  Liivi/er.  Mais,  après  ses  incartades,  toujours  liou  dialile, 
incapable  de  rancune,  il  revenait  à  la  princesse  (le  tinmlne  de  ses  entants 
le  prouve),  ol,  comme  le  dit  sa  mère,  celle-ci  faisait  de  lui  »  tout  ce  (pTelle 
voulait»)'.  Dans  les  premiers  temps  de  son  niariap-.  (piaiid  elle  îri'tail  pas 
rr-lé  à  Sainl-dlond,  elle  s'installait  au  milieu  du  parc  de  \cr--aillcs.  dans 
une  cliarinaide  liabitalion  dont  le  roi  avait  l'nmiii  le  terrain  en  ijo.'),  et 
(pii  ('tail  soniptnensemcul  incul)i(''e.  d  un  lu\e  inouï,  à  en  jni^cr  par  les 
inxentaires  cpii  en  donnent  mie  ('blouissaute  idt'c.  <  hi  l'appelait  /'AVo/Y/c. 
I.M  maison  l'nt  cédée  ;i  Louis  \\  en  ly.'îi.  l'ai  lois,  la  dnclicsvc,  (pii  (■lait 
tiès  pieuse,  se  reiir'ail  an  monastère  de  la  Madeleine  de  'rreuelles,  rue  de 
(iliaronne.  dont  elle  aimait  le  calme  et  oii  elle  respirait  l'air  ]iur  avec 
inlininient   de    plaisir.    Mlle    \    avait    des  appaiiemeuts    poui'  elle  l't    ses    dames 

dliomiem-.    la   ducliesse   des    l'oi'C(>s,    M d'i!piiiav.    la    ducliesse    des    Anbie/., 

son  cliiinriiien  VminLMK',  ses  l'ennues  de  ciiandiic  et  ses  brodeuses,  (pi'elle 
ennnenait  toujours  avec  l'ile  dans  ses  diveises  i(''>-idences.  l'Ile  les  faisait 
Iravailier  à  ses  tentures,  à  ses  dentelles,  à  sou  liui:i'  don!  elle  avait  i^rand 
soin.  ;i  ses  loileltes.  car  elle  ('tait  cocpielle.  La  duciie-se  ailmail  le-  bijoux. 
I.e  loi  Louis  \l\  lui  en  avait  douin''  de  spleiidides  lors  de  son  mari.ii^c, 
nolammenl  ipiatic  parures  evlraordinaires  ipi'elle  avait  souvent  portivs 
il  Nersailles,  à  Mailv,  à  Paris,  dans  les  b.ils.  et  dont  elle  avait  même  perdu 
pai'  iH''j.'lij»-eiic(î  un  certain   nombre  de  pierres,   aiii-i   (pie   le   prouve   linventaire 

ipii    en    îi    été-    conser\é',    et     (pie     \l de    Saint -.lii-t,   (pii    eu    avait    la    ^^arde. 

a  soijmensement  notées^  (Test  .m  moiia-~l('''re  de  'l'i-eiielles.  s;ms  doute,  (pie 
M""  irnrli'-.ins  prit  ri(l(''e,  en  iji^".  d  ac(pi(''iir  lîai.'^iiolel ,  sitiK'  non  loin  du 
conxciil,  et  oi"i  elle  constitua  de  joules  pi(''ces  un  domaine  coii-iderable.  avec 
un  cli.'ilfaii  (|(ii  lui  lit  t'aiie  des  folies,  car  c'e-t  eu  |)ailie  pour  cette  cous- 
truclioii   (pi'elle  >e   trouvait   endelt('e  en    I7'>,'i    de    la    somme    de    '|So.o'i()   livres. 

Sur    ro   cbillVe,    il     \    .iv.iit     pour    plus    de    .■'io,( livres    de     meuble-,     dont 

beaucoup  evéculés  par  r(''bénisle  Crescenl^  Klle  vivaii  l;i  retirée,  comph'- 
Icuieul  i-liez  elle,  .ivcc  les  personnes  (pi'clle  aimait,  ses  table.iiix  à  elle.  ^e>; 
ciM-iosilés.  cl  disposait  de  ses  jonriKvs  suivant  -es  n-,,ùls  (l'indoleuce.  Il  u'v 
avait    point    d'apparlement    pour    son    mari,    m.iis    de-    cliambi-e-   -iiperiKiiieiil 

I.   l.i.rirtiiuiulniu;-   ,lr   M.nliimi-,  I.    II.   p.    Ji). 

■I    <;f,  Htliil  tirt  iiirrri-riri  île  Sun  A.  II.  M-'  lit  iliirhrxsi-  ilr  <:hiiilris  fnil  h-  'i  frrrii-r  HW .    \n  iiivcs 
nnlliiiialcv.   K.  y.<'.\,  11°  ij|. 

3.  Èlal  lie  la  cummuimulf  il<-  l'h.  ilU  irlmn»  «ii'<v  son  rpniifr.    \iiU\\r-  ii,ili..ii.il<  ^.   U'i,   i>.(Hj. 


I.i;    i'M\is-R()\M.    sors    I,  \    iiKcr.NC.  1*.  yîîg 

auuMia'jc'os   pour    M des   Foi'ci's.    di-  (  lliàlillnn.    df   (ioidlaiis.   de    Nt'vci's,    di- 

ToiiiU'rri'.  de  CIci'iiKtnt,  des  Vid)iiv,  t'\i-.  I.c  mniihrc  des  servilems  (|tii  y 
é(:ii('iil  Iciiii's  clail  1res  l'Iexé'.  Nalnn'llriiniil .  le--  lui  kIcii^c-  a\aiciil  aussi  ;i 
IJagmilet   leur  iiislallatioii,  (ini  était   toiil  ii  l'ait   CdidoilaMe. 

Au  Palais-Hoyai,  les  ap|iaiteuieiits  de  la  ducliesse  d'Oih'aMs.  aduiiiai)leMH'nt 
nieniilts  l'I  tivs  ^asll•s.  axainil  l'Ic  ili-|)(is(''s  dans  rciidrnil  Ir  plus  caluie.  au 
rez-de-eliaussée  île  la  i^alciif  de  laile  ;;auelie  laisaut  l'acM.'  ;i  la  i^dlfric  nctivi' 
consfruite.  on  i  ()()(.  sin-  la  rue  Richelieu.  Ils  dounaieul  de  plaiii-pied  siu' 
le  pclil  jardin  iuli'ricur  (|u'iiii  appelai!  "le  jardin  des  l'rinci's.i  d  (pii  (■lait 
siiij;iieuseuieut  eidivteiui.  a\aul  au  milieu  uii  bassin  dont  l'eau  jaillissante 
répandait  de  la  IVaîelieur'.   (jnand  ou   axait   franchi   une   «rrande   aidichand)re 

et    un    saliui   où    1' -cniai^piall .    outre   les    liinneaux    de  places,    (piatre    lieanx 

painieaux  de  bronze  doré',  ddr  moulu,  litinrant  des  dra^^ons  et  des  oiseaux 
en  relief,  on  pénétrait,  par  un  cabinet  encoiubié  de  poi-celaines  de  la  Chine 
et  de  curiosités  dixerses,  dans  la  chand)re  ;i  conchei'.  De  lii  on  |)assail  dans 
une  pièce,  (pu  ('tait  désijjiiée  sons  le  nom  de  n  chambre  à  niche  n,  oii  la 
duchesse  axait  t'ait  |ilacer  un  lit  de  repos,  et  (pii  était  son  jietit  salon  de 
réce|)lion.  Puis  venait  une  assez  loui;iie  ^aleiie  |tleine  d'objets  pr('(ieu\,  tables. 
cabinets.  j)orei'laines,  tableaux,  etc.  V  céit('  se  tronxaieni  les  petits  ap|)ar- 
tenicnts  de  la  duchesse,  comprenant  un  salon,  une  antre  chaudiic  ;i  iiiclie. 
un  oratoire,  un  ^arde-meuble  et  dixerses  (h'pendances  pour  les  l'einnies  de 
eliandire. 

l'iuir  d(''crire  en  délai!  nniipiemeiil  ces  ap|iarl('menls,  im  xojume  eutiei' 
serait  nécessaire.  Je  me  borneiai  donc  a  im  i-apide  résume  dapivs  l'I/ivc/iftii/t' 
dressé  en  I7'>.'^  (pii  peiniel.  ipiand  on  l"('tndi(>  axec  attention,  de  reconstituer 
dans  leur  merxeilieux  en-endile  les  dixerses  ])arlies  du  Palais- Uox  al  à  cette 
époque.  Une  renianpie  s'impose  tout  d'abord  :  c'est  c[ue  les  pièces  de  l'appar- 
temeid  de  M"'  d'( )i-l('-ans  étaient  déponrxues  de  <"es  teidures  d(>  ta|>isserics 
ipii  oruaieni  jadi-  en  si  ^rand  nondire  le  Palais:  appareimuenl .  la  piiucessc 
ne  les  aimait  pas.  Ici.  on  ne  xoil  (pie  boisi-ries  scnlptivs  cl  trumeaux  de 
;.daces  dans  leurs  cadre-  tinenient  dorés  et  ornés.  Il  faut  noter  éizalenieni 
(pie  toutes  le-  ihemiiK'es.  su,  inoul('es  de  places  superposées,  aussi  hantes 
(pi'on  .savait  les  fabri(piei-  alois  (il  y  en  axait  de  soixante-ciiK]  à  (pialre- 
vingl-cin(|  [loiices  de  haut  sur  (piarante  à  ciiKpiaute  ponces  de  larf,'e),  étaient 
décorées  de  beaux  chenets  eu  bronze,  leinres  d'art  dont   riinenlaire  ne  (K'si^fiie 

I.  Invenlniri;  îles  incubtei  du  Hèijenl.  .Vicliixes  iialioiiiilcs,   X'a.  «jiOu. 

1.  Ces  a|i|)iii'l(>iiicrils.  (|iic>  la  cliirlicsso  (l'()iii''.iiis  n'ii.-iljita  (lu'à  parlir  de  fniiiii'e  171-1,  lois<|uVlli' 
(|iiUla  ceux   (in'cllc  ncciipail   auparavant   dans   une  aiilrc  pailio  du  l'alais-Hoyal,  nvnicnl  l'-U-  alTccli-s 

pi'(''('i'-(lciiiiii('iil  à   M Ii;  Cli.ilillnii.   une  do  d: s  d'Iioiincur.  (|ui  y  avait  fail.  à  ses  frai»,  de  ;:raiids 

(■(nliclli^MMiiiMiN.  l'oiir  indciiiiiiMT  «■clli'-ti,  on  lui  constilua  une  reide  vin|,'èiv  de  ii.immi  Umi-s  (pii  lui 
fut  paxce  jus(prà  si   nioil,   eu    I73.'>. 


a4o  LE      PALAIS-nOYAL 

poiiil  l'autour  inalheurcuseineul,  mais  qui  évoquoiil   tout  di-  suite  les  noms  do 
maîtres  Comme  Callieri.  l'armi  ces  garnitures  de  t'oxei .  je  (  itérai  les  suivantes  : 

iMins  lu  chambre  ù  coucher  de  la  duchesse  :  L  ne  ^mIIIc  de  feu  jraniie  de  deux  pié- 
destaux sur  lesquels  sont  deux  lijfures,  lune  représentant  1'  1j/'  et  l'autie  le  l'eu,  le 
tout  de  bronze  »ioré  d'or  moulu,  avec  une  pelle  et  tenaille  de  fer  poli,  garnies  de 
leurs  boulons  de  bron/e  doré  d'or  moulu;   prisées  la  somme  tic  -jou  livres. 

iJans  la  chambre  à  niche  :  Lue  grille  de  feu,  de  fer,  ornée  de  piédestaux  sur  clia 
cun  dos«|uels  sont  deux  ligures  représentantes  les  hJlémenls  avec  leurs  attributs,  le  tout 
de  bron/c  doré  d'or  moulu,  une  pelle,  une  piiicette  et  tenailles  de  fer  poli,  j:.uiiie<  de 
leurs  boulons  aus>i  dt-  broii/.c  d'or  moulu:  pi'isée  '.>'>o  livres. 

Ikms  le  cabinet  ajirès  la  chambre  à  nicli-  :  l  ne  grille  de  feu  ornée  tie  piédestaux 
sur  lesrpiels  est  un  petit  groupe  de  deux  ligures  cliacuu,  le  tout  de  bron/e  doré  d'or 
moulu,  avec  pelle,  pineeltes  et  tenailles  de  fer  poli,  ornée--  de  liur>  boutons  iK-  i)roii/e 
duré  il'or  moulu;  prisée  r.'o  livres. 

Dans  lu  galerie:  Deux  petites  grilles  de  fer  garnicN  ili.uuiie  de  deux  piédestaux 
sur  eliacun  des<juels  e>t  un  petit  dragon,  le  tout  de  bronze  doré  tl'or  moulu  a>ee 
une  piiicctle  el  tenailles  île  fer  poli,  garnies  de  leurs  boutons  de  bronze  doré  d'or 
m  >ulu;  prisé-es  enseud)le  i.'to  livres.  —  Sur  les  deux  ebemiuées.  (pi;ilie  bias  à  deux 
brandies,  cbacun   de  biunze  doré  d'or  moulu;   prisez    loo  livres. 

Itims  le  salhm  des  iietils  aiiimrlcmenls  de  lit  iluchesse  :  1  uf  grillf  de  l'eu  nint'i-  di- 
deux  piédestaux  ^ur  iliaeuu  des(|uels  est  une  petite  ligun-  eoncliér  i  cpi  é»inl:Mile  des 
Fleures,  le  tout  di-  lironze  «loré  d'eu-  moulu,  une  pelle  cl  uni'  |)initlli-  ili-  Ici  poli. 
ornée»  df  leur-'  boulons  de  bronze  doré  il'or  moulu;  piisée  loo  lixres.  —  llcni.  ipialre 
brus  à  uiH-  brani'be  eliaeuu,  de  bronze  doré  d'or  moulu;  prisi-z  enseud)le  loo  livres. 

lirms  la  chambre  à  niche  des  i>elils  aiifiia-lenwnls  :  I  ne  grille  de  feu  garnie  d(-  deux 
piédestaux  sur  ebacun  desipiels  i-sl  posé  nu  petit  groiqte  de  trois  petits  t-nfants  doni 
un  sur  un  boue,  le  tout  île  biiui/e  doré  d'or  moulu,  avec  ime  pelle  de  fer  poli,  g.ii  nie 
■' !■   ■iloM  di-  bron/e  aussi  don-  d'or   moulu:  |Hist'-e    ifio  livres. 

Im'>  uii-ubles  l'iaienl  du  plus  li.nd  prix.  Les  l'-lulles  lu'nili'-es  (|iii  les  i"Ccou- 
>raii>nt  élnienl  si  ilélicales  qu'on  les  euM-luppait  dans  des  liousses  et  i|u'nii  les 
«lf'|Mts(ii(  iliuiH  le  {;nr«le-ineulde  spécial  ib-  la  dm  lir«.sr,  lursiprelle  m-  ^ijc  nirnail 
|uis  an  l'abus- ibival.  Dans  sa  chambie,  li-udue  de  s;i|in  blanc  broili-  d'iu.  ilail 
un  ;;nind  lil  ti  riuqtériale  de  six  pieds  i-l  dmii  de  long  sur  ciin|  piid^  de  l.ngi-, 
dniiH  un  l'iirunrenienl  romunit  alcôve,  encadré  par  um-  i'-tul1'<-  il.-  valin  lilauc. 
il  broijrrir  d'or,  de  soie  el  de  clii-iiille,  avec  rond  !i  l'inquriale.  pintes  cl  sou- 
l>nsM'ni<-nl  de  nième  tissu.  Il  i-lail  accimqiagné  d'un  paravenl  ii  six  feuilles,  cga- 
Iciiicnl  «In  %aUu  lilani'.  avec  pareille  hnnli-rii-  ipn-  le  lit.  'roub-  i  .-lli-  garnilur.-  «-1 
lii»  quatre  rideaux  îles  reiirires  élnienl  eslino'-s.  dans  l'invenlaiie.  au  prix  de 
.'•.V»«»  livri-«  !..  ~  l.d...iirel?*.  le.'»  cliuisi's,  les  raiiteuiU  de  coiiimodili-.  ii  pii-ds  de 
bii'lu'  «'M   b  laieul  t'uiiverl.<(  de  lapisM-rie  au  petit  point,  ii  fiuid  blanc. 

(•rneiiienl!)  il>    iKui^  mup's  i-l  verles.  |>aiis  un  roin  ib-  l.i  .  b.imbir  si-  liouvail  le 


I.i:     P  AT.  \ls-HOYAI,     SOLS     I,  V     l(  Kli  K  N  C:  E 


2'|I 


famouv  lit  de  repos  quaiinail  si  l'oil  la  (liiclicsse  :  il  n'avail  pas  moins  de 
si\  |)i('ils  cl  demi  de  loiii;-,  sur  li'ois  pieds  el  demi  do  lar^'e.  el  élail  en  Ixiis  doré 
cliaiildiiiiK'.  Le  iiiiiclleuv  malelas  (pion  mellail  dessus  ('lail  aussi  de  salin  l)lanc, 


Pcim  par  André  dd  Sane 


JUPITER    ET    I,KDA 
(T.ibLau  de  l'ancienne  Galerie  dn  Palais-RovaD 


rliarp-é  de  Iravcrsins  à  tapisserie  de  clienilli-.  à  fond  d'or,  et  ornés  de  housses 
(Tor  lil('  aux  deux  extrémités.  Des  eaiicaiis.  des  coussins,  des  carlouclies,  un 
t'ciau  à  cdidissc.  sur  son  pied  scidpit'  et  doit',  tout  C(>la  assorti  aiiv  Itrilures, 
com|)li'tail  ce  meuMe  extraordinaire,  ,1e  ne  parle  pas  des  petits  uiidelas  d'a|)pui 
des  l'enrlrcs.  ni  des  autres  accessoires  (pii  ('laieid  en  liarmouie  avec  celle 
riclies^c.  ()Mand  \\  d"(  >ri(''ans  ('lait  lasse  de  cet  anieulilcmcnt  lilauc  et  or,  elle 
n"ii\ail  (pi'un  si;,nie  ii  faire   pmn-  ijur  de  son  ^ju-de-niiulilc  le  tapissier  Millet  lui 

T.     I.     Il;    PALAIS- I10Ï*I..  3i 


qJ»!  I.r      I'  \I.  MS-MOY  \L 

eu  sortît  un  autiv  tout  aussi  cuniiiliquô  ft  il  luu-  •'•;.mK'  iH-aiil»-.  Un  sait,  i-ii  cIVcl. 
tjue  lu  nioiK-  voulait  à  icile  époque  (»•!  depuis  déjà  assez  lou^'leiups,  car 
M"'  de  Si'vi{,'né  fait  allusion  daus  ses  Lettres  à  ce  détail).  {|uc  ilans  les  seijjfueu- 
riales  demeures  ou  changeât,  suivant  les  saisons,  la  couleur  des  tentures  daus 
les  chambres.  La  duchesse  en  avait  plusieurs  de  rechanj^re.  L'un  de  ces  anieuhle- 
ments  était  en  f,'ros  de  Tours  blanc,  brodé  eu  partie  de  uu-uds  de  soie  bleue 
siuudant  une  niosaïcjue,  et  en  partie  de  no'uds  de  soii'  de  plusieurs  couleu.rs 
furmaut  des  ileurs  ipi'ou  aurait  dilc-.  naturelles,  avec  un  serti  d"or  couché.  Les 
siè"es  étaient  décorés  de  cartouches  au  milieu  descpiels  on  voyait  reprc'seulés 
soit  des  lifjuivs.  soit  des  animaux  bmdt's  eu  soie.  1  u  autre  était  eu  talletas 
rouffe,  blanc  et  vert,  l  u  autre  encore  clail  eu  mIouis  bleu,  avec  ib-urs  de  soie  et 
broderies  d'or;  les  pentes  et  bonnes  •,Màces  du  lit,  la  comte-pointe  a\aient 
comme  motif  piiucip.il  de  ilécor  ties  cartouches  ilétolVe  à  fond  ilor.  Il  v  en 
axait  une  particulièiemeiit  >-pleii(!ide.  (pii  ('lai!  ■<  eu  tapi>serie  de  la  (  !hiue,  ;i  fond 
d "or-.  Iiorilé-e  d'un  f.'alou  d"or  lin  ».  Les  siè^^es  «le  cet  ameublement  ('■taieul 
euc.idriN  di-  veloius  bliMi  ;.Mlount'  d'oi-,  de  même  cpie  le  matelas  du  lit  de  n'|io>;. 
Ou  u"eii  linirail  pa-  di'iMUui'rer  ces  merveilles.  Il  est  ('\ideul  (pie  M""  d't  »rl'''aii-< 
sasait  faire  tr.i\ailler  les  brodeuses  attacln-es  à  sa  persouiu-  et  (pi'i'lle  avait  le 
j^oùt  ili's  belles  l'-tolVes.  Sou  j,'.irde-meidile  t'tait  rempli  de  <dupous  non  utilis('s, 
de  tissus  somptueuv.  de  di'iitelli's,  di-  coussins,  de  carreauv  oi'uc'S  avec  un  art 
ipie  fait  pressentir  le  soin  qui,  daus  sou  iuventaiic,  préside  ;i  leiu'  di'scriptiou. 
Ouant  auv  meubles  proprement  dits,  oii  devine  lem°  perfection.  Ils  ne  sont  pas 
estimés  poui'tant  mi  piiv  bien  l'Ievé'  d.nis  Ihiventaire.  Tri  (|iii.  aniciuKriiui.  serait 
dans  les  ventes  poussé  ;i  100,000  francs  pour  le  Keusiii;,'ton  Muséum  ou  pour  un 
amateur,  est  coti-  .'loo  ou  .'|oo  livres,  pas  davaula;.^'.  ()u  ne  voit  pas  non  plus  que 
clintHH!  pièce  en  ait  /•!/•  encombré^'.  |)aiis  la  eliandire  ii  < 'oui 'lier,  ou  eu  li  ■  nive  lii  lis 
ou  «piatre,  tout  au  plus:  mie  grande  n  table  de  marbr<>  d' \utin,  sm-  son  pied  eu 
console  de  bois  sculpté'  et  doré-;  une  conmiode  ii  trois  tiroirs,  de  (pi.'ilie  pieds 
qunin'  |M(Uces  de  long,  sur  div  neuf  pouces  de  l.ugi-,  placpiée  A\-  iini-  de-  Indes 
et  orm-e  de  cartouches  <le  luanpielerie  ;  une  l.ible  île  nuit  triangtdaire,  à  pieds 
de  biche,  plaqui'e  de  bois  de  violette,  (.  ;.'arnie  de  ses  pieds  de  biche,  chutes. 
et  un  ch.indelier  pliant  ii  deux  bobèches,  je  Imil  de  bron/c  don-  dur  moulu.  » 
Niiilli  pour  In  ciKuubre  ii  coucher.  Je  cilei-;u  encore  :  dans  la  chambre  :i  niche, 
une  |M'lile  table  ib'  marbre  de  (ianqian  i-l  un  petit  é-ct.ui  d'osier  moule  sur 
pied  de  fer  poli.  Dans  le  cabinet  adjaceid,  une  .>  t.ible  de  marbre  S.'iinle  K.iiune. 
ronde  n;  u  une  lubie  \\  écrire  plaquée  de  Imis  des  Indes,  avec  inciuslatious  de 
liiets  de  eiiivrr,  rtiules  de  bron/.e  dori'  d'<u'  moulu»:  un  «petit  c.iban-t  de 
vernis  noir  «invriigé,  en  n-lief  dore,  d.ms  le  ;,'iii"lt  du  .l.ipon.  sur  sun  pied  veini 
nviMiluriiie  «»nié  de  pied>«  de  biche  et  1  Imles  de  brou/e  en  couleur  ».  garni  d  im 


LE     PAKMS-nOY  VI.     SiOL'S     I.  \     UKGKNCK  3^3 

service  à  ral'é  en  poreelaiiK-  du  Japon;  puis  uii  autre  cal)inel  de  laque  rouge 
ancien  du  Japon,  etc.  Dans  la  ^aleiie,  où  les  croisées  allernaii-nl  avec  de  fausses 
porli'S  enlièrenu'til  eu  j^laces.  il  nv  a\ait  ;:uî'r('  (|iie  des  tables  de  marbre  saran- 
coliu  clh'u  lit'-es  de  porcelaines.  Le  petit  salon  i\rs  petits  a|)parterneuts  était 
meublé  axcc  plus  de  Naric'té  :  on  v  voyait,  notamment,  une  |)etile  table  de 
marbre  de  bi(  icilrllc  pla(|nt''  sur  marine  blanc,  munli'c  sur  son  pied  <'n  console 
de  bois  sculpte  et  doré,  et  ((uatri'  tables  l\  jouer,  garnies  (1(ï  velours  vert,  sur 
pieds  de  biclie,  et  de  diiVérenIs  bois,  dont  trois  pciur  le  jeu  d'iiombre,  et  l'autre 
à  cin(|    pans,   l'ailnul   des  porcelaines,  des  objets  dait,  des  curiosités  de  toutes 

sortes.  L'Oratoire  de  M dOrléans  ('tait  non  |)as  une  cliapelle,  mais  un  véritable 

musée,  h  son  nsajj:e  persoimel,  cousacn''  surtout  au  culte  du  Idchinage.  Il  y 
avait  des  ci-ntaiues  de  bibelots  rares,  de  pots  ;i  tabac,  de  jattes,  de  services  h 
thé  du  Japon,  de  boîtes  de  laque,  de  farauds  vases  cliinois,  etc.  Dans  un  petit 
cabaret  de  bois  de  violette  on  voyoit  une  aignicM-c  de  toilette,  avec  son  plateau 
di'niail  bleu  aventurine  cloisonné'  d'or.  H  y  avait  des  lasses  d'agate  orientale 
godronnées,  montées  sm-  pieds  d'or.  Lu  coll'rel  a  de  bois  violet»  renfermait 
un  petit  cabinet  du  Ja[)on,  avec  deu\  gobelets  et  leurs  soucoupes  en  cristal 
de  roche,  i:aiiii';  d'or. 

Parmi  tant  de  merveilles,  que  je  ne  puis  qu'indiquer  sommairement  ici. 
la  (lucbesse  avait  aussi  une  colleclicjn  de  tabatières  remarquable,  .le  n'eu 
compte  pas  moins  d'une  soixantaine  (bms  riuventaire  de  179.3,  qui  sont  toutes 
intéressantes.  .\  ce  moment,  la  mode  s'était  subitement  et  avec  une  sorte 
de  fureur  portée  à  ce  gemc  de  curiosité.  Est-ce  parce  que  Louis  \I\  n'avait 
jamais  soullert  <[n"on  primât  devant  lui.  et  par  une  sorte  de  réaction;'  Toujours 
est-il  que  l'habitude  de  priser,  rc'pandue  parmi  les  gens  du  bel  air  dès  la  lin 
du  dernier  siècle,  connue  ou  le  voit  dans  le  Clic^'alicr  à  la  mode  de  Dancourt, 
s'était  tout  ;i  fait  inq)lantée.  Dans  le  livre  publié  |)ar  Du  \ivier  en  lyij),  sous 
le  titre  Maitifirs  cl  Jarniis  dniit  les  trthatii-ri's  snnf  Jai/cs.  on  lil  cpi'il  s'en  est 
t'abiii|ne,  durant  les  deux  amu'es  pr('c('dentes,  ((  un  pins  grand  nuinbn'  que 
(le|iiii--  i|n  (III  a  e(iiiiiiieii(i'  ;i  en  poiler.  >>  Il  v  en  avait  de  Ions  genres  cl  du  plus 
ravissant  liavail.  (  ielies  ipie  la  duchesse  d'Oih'ans  semble  avoir  recherchées  de 
préférence,  pour  en  l'oiniei-  sa  collection,  étaient  piimipalement  en  pierres 
dures,  dans  le  goût  de  celles  que  fal)ri([u;iient  llolTiuanu  et  Joaguet.  La  prin- 
cesse ne  possédait  t|ui'  très  peu  de  ces  boîtes  à  poilraits,  si  en  f.ivem"  alors 
et  dont  quelques-unes  valaient  des  piiv  l'abnleuv,  connue,  par  e\enq)Ie,  celle 
(pi'exécula  Massé,  oiiiée  de  (pi.'uanle  deux  lu  illants  et  ipiin/e  diamaids,  (pii  bit 
oll'erti;  en  i7'>.o  au  maiipiis  Scolli.  einove  de  l'arme,  et  (pii  coûta  la  sonniie 
de   139,8."):».  livres',    \oici,  an   siiipln^-.    rinvenlaiie  iiK'dil   de   la  colleiliim  de  la 

I.  Mazk  Sk.xcikh.   Le  Livre  ilii  rollerliuniiciir. 


CU(.\EIICLE    DE   TkllATII.IlE    CIt   OH 


q4'i  i-e    p.vL,vis-n<n  Al. 

(Imhi'ssi-  lie  hlt'-aiis,  iloiil  suii  yar«,ou  de  cliuiiiluv.  l'ulliail,  ;i\ail  la  ^anlc.  a\cc 
les  i>ri\  (iVsliiiialioii  : 

Talxilièfes  de  la  iluvlicssf  d'Orléans. 

Tahalirri'  ilOr,  à  ciiuj  labars,  pesante  six  imces;  prisée  'l'i'i  livres. —  Taliatière 
d"or.  à  trois  lahaes  en  Irèlle.  pesante  si\  onees.  'l'i'i  livres.  —  (uande  labalièie  d'or 
quarrée,  à  (piatre  tabaes,  pesante    sept   onees,    '.ûût   livres.  —  Tabatière  il'or   ronde 

éniaiilée  «le  vert,  pesante  trois  onces  six  gros, 
■1--  livres.  —  Tabatière  d'or  à  eoquille  gravée, 
pi  >.iiilc  ipiatrc  onees,  atjG  livres.  —  Tabatière 
il'ur  en  eoipiillc  unie,  pesante  (piatre  onces 
<piatre  gros.  3.i3  livres.  —  Tabatière  il'or  ronde 
à  ebarnière,  pesante  deu.\  onees  (juatre  gros, 
|S.')  livres.  —  Tabatière  d'or  à  coquille  éniaiilée 
•  le  vert,  pesante  deux  onees  un  gros,  i.")7  livres. 
—  Tabatière  d'or  à  soleil  éniaillé  de  vert,  pesante 
une  iinri-  si\  gros.  \-m\  livres.  —  Tabatière  d'or 
iDiide  à  filets,  pesante  une  once  trois  gros, 
loi  livres.  —  Tabatière  de  citasse  d'or  en  goii- 
dollf  à  (l(ii\  tabaes,  pesante  ileux  onces  deux 
gros,  iGG  livres.  —  Une  boi-tte  ilor  à  deux 
portraits,  pesante  deiiv  oiicen,  i'i8  livres.  —  Une  tabatière  d'or  en  eocpiille, 
pesante  deux  onees  il«n\  gros,  iGG  livres. —  Tabatière  d'or  avec  un  pot  tle  lleurs 
au  milieu,  pesante  deux  onces  (|uatre  gros,  i8.")  livres.  —  Tabatière  d'or  avec  des 
rnosaïi|Ues  dessus,  pesante  ileiix  onces  deux  gros,  i(>G  livres. —  l  ne  petite  laba 
lièrc  tl'or  ronde  avec  un  portrait  en  dedans  éinaillé,  pesante  tieiiv  tunes  (piatre 
gro»,  iS.'i  livres.  —  I  ne  tabatière  de  jaspn  à  deux  tabaes  garnie  d'or  éniaillé, 
•hkj  livres.  —  rubalit-re  de  jaspe  gnrnie  tl'or  avec  des  couleurs,  aoo  livres. — 
Tabatière  de  jaspe  garnie  d'or,  avec  des  étoilles  éinaillées,  -joo  livres.  —  L  ne 
petite  tabatière  de  jaspe  à  co(piille  garnie  d'or,  loo  livres.  —  Petite  tabatière 
d'agatlie  en  coipiille  garnie  d'or,  i>m.  li.res.  —  Tabatière  de  Prime  d'aniatiste  sic 
garnie  d'(»r,  aoo  livres.  — 'Tabatière  de  lapis  garnie  d'i>r  cpianée,  xk)  livres.  — 
Tulmlière  de  lapis  ronde,  garnie  d'or,  joo  livres.  —  Tabalière  de  cristal  de  roclie 
m  trèfle  garnie  d'or,  i.".o  livres. —  lue  boette  de  caillou  (piariée  garnie  d'or. 
70  livri'K.  —  I  ne  grande  tibatière  d'agallic  en  trèlle  garnie  d'or,  100  livres.— 
I  ne  (abulière  de  caillou  h  puns  garnie  d'(»r,  loo  livres.  —  Tabatière  d'ugatbe  garnie 
dur  éniiiillée,  i.'>o  livres. —  Tabulière  d'andire  cpiarréc  à  gorge  d'or.  70  livres. — 
\ulre  tabatière  d'ambre  garnie  d'or  «piarrée.  S»  livies.  —  Tabatière  d'ambre  avei 
de  la  Cliino  de>i!iuit,  garnie  d'or,  ijo  livres.  —  Tabalière  d'ambre  garnie  d'or. 
.M»  livre*.  —  Tabatière  de  nacre  de  perles  ipiarrée  avec  de  la  (Iliine  dessus  et  cor|is 
il  or,  -I. '10  livret.  —  Tuluilière  d'une  coipiille  de  nacre  garnie  d'or.  1  ao  livres. — 
rolNilièrr  en  r<M|uille  de  nacre  de  perle»  garnie  d'or,  So  livres.  —  Tabatière  à  deux 
IuInic*  d«  dent  rtH|uille)i  gurnie»  d'or,  80  livron.  —  Tabalière  en  eiMpiille  de  manteau 
ducale  garnie  d'or  émailléi-,  i.'i.»  livre*.  —  'Tuiiatière  en  ct»(piille  de  Magellan  garnie 


S?ÎJ.t'!''lïS7r3T'ï"'Wffi''^^ 


16 


LK      l'ALAIS-HOYAl. 


il'ur,  >i>  li\ii>.  —  I  .ihulii'iv  en  roijuilK'  blanclic  avcf  une  losetle  \erle  dessus 
éinailléc,  giirnie  d'or,  ôo  livres.  —  Deux  très  pclites  coquilles  blanches  jaspées 
de  couleur  garnies  dor,  '>o  livres.  —  Deux  autres  très  petites  coquilles  blanches 
jaspées  de  couleur  yarnies  dor,  ."lo  livres. —  Tabatière  de  coquille  appelée 
Cassandre    garnie    dor,     'lO    livres.  —  Petite    tabatière    d'aventurine.    garnie    dor, 

fio  livres. —  Tabatière  ilécaille  piquée 
{garnie  à  corps  d'or.  \iin  livres.  —  laba 
tière  (l'éfaille  piquée  l't  doublée  il'ur  avec 
uni-  idiiiluif  en  dedans,  i  ao  livres. — 
Tiilialièie  quarrée  d'écaillé  à  corps  d'or 
avec  une  picpire  coulée  dessus,  loo  livres. 
—  Deux  tabatières  décaille  noire  piquée 
à  ;:orf:e  dor,  itio  livres.  —  Très  petite 
tabatière  d'écaillé  verte,  doublée  dor, 
'(o  livres. —  Petite  tabalière  d'écaillé 
bliiihic  à  j.'or-.'c  (l'or,  'i'>  livres.  —  Taba 
Hère  de  pierre  de  la\e  iL'arnie  il'or, 
'io  livres.  —  lioètte  à  portrait  tl'yvoire  à 
gorjic  d'or,  r>o  livres. —  Tabatière  il'y voire 
de  \enise  avec  une  peinture,  à  pirge 
iloi.  ^o  livres. —  labatiere  île  cristal 
fondu  à  corps  d'or,  70  livres.  —  .'^epl  tabatières  d'écaillé  rondes  cl  (piarrées, 
II».'»  livre».  —  Deux  tabatières  de  caillou  ;.'arnics  trarj^'enl,   .'>u  livres. 


A  l.i  nii'i'l  lie  «Ml  mari,  cii  i'->.\.  la  diirhc-vc  (M  )|'Iimiis  |)iiI  (  ||i>i->ir  paiini 
les  nicubicN  .qipai  li'tiatil  ;i  la  ci  iiiiiiiiiiiaMb'.  ain^i  ipic  1  il.i  a\ail  i-tc  -lipide 
dans  smi  cniihat,  ceux  qu'elle  voulut  jii'>qii°:i  cuiictiireiice  iriiiic  valeur  de 
.'{iMi.ooo  livres,  (iniiiiiie  criiv  qu'elle  avail  .'qi|ii ii'|i'-<  lui  reslaieid  en  priqire. 
elle  cul  cloiu"  |K'i>oiiiii'lli'iin'iil  lin  iiiiijiiliii  I  iiii-idiT,iMe.  >iaii>>  cmiipler  le-, 
«iiriti-ilcs  cl  objets  d'art.  Sa  \ai-xlle  il'or  et  d'ar;:eid  «'-tail  spliiidide.  M.iis, 
lor>4|ircllc  MiouruI,  la  plus  gi-.iiiile  patlie  eu  revint  à  ses  dames  d°|iomieiM' 
l't  h   HC9I  ruillllie»  (II*  cliambir.    il   muse  des   dt'oils   atlaclies   à    leiii    cliai';.'e. 

(i'é-ldil.  en  elTel,  une  coulmiie  rovale  et  priiicière  qui  remoiit.'ut  ii  une 
ép<M|ue  lointaine,  de  |e;:uer  en  moiiianl  aii\  piiucipaux  sei\ileiiis  les  idijels 
iivaiil  HiTvi  au  maitie  el  qui  i'aisaieiil  p.nlie  de  reveieiie  de  1,1  rliarge  de 
chacun  d'eux.  Viiisi,  aux  valels  de  cli.'imbie.  ou  distrilniail  les  babils.  ,iii\ 
luidlres  d'IiiMel  l'ar^feiiterie.  aux  cluTs  d'eciirie  les  che\aii\,  etc.  (  >ii  a  \u 
que  le  cardinal  de  Uiclielieu  n'elail  conlorme  ii  cet  usage  el  qui!  .iv.iil  disliibui- 
iiii-iuèiut*,  par  un  article  >i|H'-cial  de  son  tesl.uuent,  ses  cirrosses  el  si-s  chevaux 
il  «iii  pt'rHoiinel.  i  .>-  ipii  n'élail.  îi  l'origine,  qu<*  lell'el  de  la  générosité'  el 
du  Ixiii  vouloir  de  lu  piirl  ilii  seiginut  de\iul  peu  ii  peu  une  soile  d'obliga- 
lioii    il    un  droit    lin  iliiueiil    reconnu  don!    se   pirv.ij nt    les  siisiieiiis    pour 


Mî    p  \r.  \  is-noY  M.    SOI  s    i.  v    it  i:(!KN("I' 


9^7 


VENUS    A.    LA    CUIJLILLE 
TablMu  de  l'ancienne  Galerie  du  Palals-Kov.il 


Il  rlaiiirr —  (|ii  il  \  cùl  (III  iiiiii  |c;j>~  slipiih'  cil  Iriir  r;i\(Mii' —  les  ohjcls  l'cssnr- 
lissaiit  ;i  leur  iMiiplni.  I„i  l;miilli'  (!(  )i  Icm^  lui  lidMc  ;i  (■clic  rnv.iii'  li.iliil  mlc 
;iii\  wir  cl  wiir  siccliw.  (  )ii  \(ii|  (|;ms  leurs  iii\ciilair('s^(|ii('  les  liliilaiics  des 
ulliccs  l'iircMl,  aii\  dcccs  i\i-  leurs  maîlrcs  on  iiiaîliH'Sscs.  mis  i'(''ji-iilièi('moiit 
(Ml  po.ssc'ssiiiii  de  Idiiles  les  <'iii>ses  ax.iiil  un  caiaclère  inliine  el  peisoiiiiel 
doiil     ils    ,i\aieiil     eu     <|i('(i,ileuieiil     la    ;;anle.    (  !ela    [laiafl    incni\alile.    car    un 


q/JS  I.F     V  M.MS-  HOYAI. 

iiiia-'iiK-     ;ii»>- lit     l<-<     |>i.>|i.)i  linii^     i|iii'     prliviil      de     p.iifillos     |tivroi.';ili\t's 

ft  à  iliK'l  tliillV.-  M-  iiiiiiitiiit  la  N.il<iii-  ilfs  rad.aiiv  .|iif  vaiio-rfaii-iit  ainsi 
les  'a^iis  df  st«ni(v.  Il  ii'v  a  pas  ili"  f.nUiiu'  <|iii,  à  la  luii^'iu',  aurait  pu  rc'sislor 
à  une  ti'Ilf  toulunif.  Par  rxi'iu|)l<'.  à  la  niuil  tlu  lU'-jrt'ul.  uiit'  frianik-  partie 
ili-  la  \aissellf  irarf^fiil  Tut  rt'\i'ii<liquéi'  par  Jcau  Jupin,  coutiôleur  ordinaire, 
Ch.  I.i-  Tellii'r.  j.'arde-Naisselle.  et  de  Moiili-ruy.  premier  iiiaîtiv  diiùlel. 
(le  di-ruicr  \ouliil  liifU  laisser  le  clioix  aii\  ln'-riliers  nu  de  lui  icimllre 
l'ar-'eulerie  à  laipiellf  il  pivieiidait,  mi  de  lui  en  \erser  If  pii\.  >in\ 
i.'Ui.tjô'i  lixivs.  On  pii-lera  lui  «■nnslilut-r  nue  renie  \iaf:ère  de  1->,iiim>  li\ies. 
De  même,  M.  tie  Siniiane,  premier  ^'enlillioiume  de  la  eliainluf  du  Kri,'eiil, 
n-xeiidiipia  eonnne  drnil  de  sa  iliarj:»-  If  iiicii)ili(i-  de  la  rliainlirc  apprise 
lif  tti/u/tti-ifir,  d'uiu-  \aleur  di-  ii.nii»  liMt-s'.  Li-  due  de  (  Miiilaiil- hiroii 
ivelama  de  son  CMlf  n  les  elie\au\  el  l'-ipiipap-s,  liahils  di-  li\i»'f  tl  ilt'pi-udauees 
di-  rr-eurie  de  Sun  Alli-sse  Itoyale  suit  par  dri>il>.  di-  sa  tliarp'.  s.>il  par  iiii  nsaffC 
ipic  l.i  liDiili-  de»  piiiiii-o  <'t  prineesses  aulorisnil ...  »  '  :  mais,  \uulaiit  a;.'ir  en 
;.'iaiiil  xiiiTiifiir,  If  diif  df  (  iinilaul  -  Hiidii.  loiit  fii  flf\aiil  ses  diuils,  dcrlar.i 
(piil  iif  Miiilail  pas  >"fii  pn-Naloir  fl  ipiii  "  -.iip|iliiiil  lif»  liiiiMMf  iiif  iil  «  \r  lils 
du  Ufj.'<'nt  d'aeeeplfi-  ipi'il  lui  eu  iîl  ifuii^f.  Ou  iif  \uiilul  pas  ftre  eu  r4-sle 
de  j,'nlanlerie  a\fe  lui:  nu  ;.'artla  li'»  i  lifNaiix  fl  i'ipiipai.'fs,  mais  on  euiislilua 
une  rentf  df  ni.iiuu  li\res  au  liU  d<-  (  i<  Milaiil  l'ii  <  >ii.  (luaiiil  iiKuniil  la  iliic  lif»se 
iTOrh-an^,  en  I7'i|).  son  muliilifr.  smi  itrl'fMr-rif ,  sfs  licllfs  dfiilfllfs  I'iik-iiI 
ilf  la  nii'inf  faiou  fii  parlif  di>-lriliui'»  à  >-es  sf  i\  i|f  nis.  Mai»  il  «.f  prcMliii-.il 
alors  iiiK'  1  iiiiipililion  as«>f/.  eouii<pif  fiilif  la  daiiif  d'In  >iiiif  ui.  I.i  (liirln-'-f 
di-  birps,  la  danif  dalour.  M"  il'l  K  maripii-M' df  Clfriiutul.  fl  Cfliiu-  Ufrllie, 
la  premiiTf  ffinnif  di-  rliainlnf.  I.a  iluilif- f  «If  l,ftr;:es  ivflama  Imis  les 
meul>li-«  i\>-  Il  ilinuliii'  oii  «lait  di-et-di-r  M  .Inili-au».  iiolaiinufiil,  ^iiixanl 
])•%   f\pifssio|i»   di-    la    iiipiflf  . 

Tout  <°i-  ipii  H'f<>t  li'iiiiM'  plai'f  i'(  rriili'i  iiif  iIo-hs  ri  ilnlaiis  les  i-oinnitidr >. 
Iiiirraiix,  l'oinK»,  arniniro'»,  dism-Hi-h,  lidilrtli-i,  piircriaiiic».  Iiisln-s,  rrislauv.  Iinil  le 
lint;*'.  l'iiili'  l'nrKrnlrric  de  lu  riiiunlin-,  nniiilM'anx,  à  ri-\repli<tu  des  InreliiTes,  toutes 
Ir^  iHtiimr*  l'I  jrloiio,  lr->  livret  ili*  di'->oli<iii,  tmilf  la  toilette  eotiipli-lc,  ar^culrrle, 
rarn'ii  r(  iMM'Itei,  litiili"*  len  voili-|le«  ilr  points  di*  deiitelli-s,  ii  l'cM-cption  d'mir  «le 
|M(inl  'pii  iipiNtrtii'nt  à   la  ilauic   d'utour,    plu»  tout  ic   <pii   m<    trouvait  (>'al<-iMcnt 

V,.  i.,v,  ,  .,  ,ii.,,ia,  .  Il .    i..i.(i,  ri  \'  a,  iiirt».  -  •>  mnlillliT  ili-  rniii|M|{iii'  roiiipirnnil  :  i"  un  III 

i|.  ''  iiliirn  liriMliV*  «l'iir,  mi  IniU  ii  mlninm.  ili>ii\  ln|iiii  «Ip  riilr,  Ip  IoiiI 

,,  ■    •!.•    I  iilr    iw>lr      iU'iu    lf>iiliir>'*    ili-   ln)it*«>rii'   ili»    ilnnin»    rrnilioial 

r,  ■  '                     .    |i<||llin-<l 

,1  >'l   le  iliir 

,1  .  r  .liirilictl»" 

•  |Klk4l    (  '     '•■    •••••'•• ■ 

il  <i  ili-  1.1  iiiiiriiiliMi  iIp  riinriilalrr 

•lu  nrtfriil     II   .a...i    .1.-  .It.  i i   t..i -   ion<«. 


LK     PAT.  AIS-HOY  AI.     SOITS     I,  \      RKCKNf.F. 


•î1 


tniil  en  iiieiible.s  qirniilics  cH'cts  ilc  ccKc   ii;iliiro  iiuils  .soiciiL   dans  les   caliincls  (jui 

siiiM'iit  cl  di'pendtMil   de  liidilc  clMiidiii'.  à    ['('xceplioii    de  diamants,  tabatières  d'or 

fl  ri'  (jiToii  appi'lli'   l)ijiiiix  de  porlic,    loiit  II'  sur|)liis  généralciiicnl,  cl   tout  ce  (pii 

se  trouvera  eu  place  et   renfermé  dedans  cl  dessus  tous  les  collrcs. 

armoires,    easseltes,    commodes    de    coins    (jui    sont    dans    lesdils 

cabinets  lui   ai)parlenant   pareillement  en  ladite  qualité   de  dame 

cl'iKiniicur... 

La  ilanu"  d'aliuii'.  maninise  do  (]Icruioiit,  r('V('n(li(|iia,  de 
son    coté,    les   objets  sui\anls: 

Toutes  les  dentelles,  tout  le  linge  du  corps,  tous  les  babits  et 
jupons,  toutes  les  pièces  d'élolTes  qui  se  trouvent  dans  les  coflVes 
et  armoires  de  la  garde  robbe,  la  belle  toilette  de  point  les 
l)alalines,  les  fichus  de  couleur,  les  rubans,  les  sacs  à  nieuds,  les 
navettes,  les  éventails,  les  gands,  les  manchons  et  toutes  les  four 
rures,  manteau  et  mantilles,  coefTes,  bas,  mules  et  souliers,  coffrets 
et  armoires  de  la  garde-robbe,  les  corbeilles  et  pagniers,  et  les 
cotVres  où  sont  les  soies,  le  tout  lui  appartenant  en  sa  qualité  di; 
dame  d'atour... 


Céline  Bortlic,  la  fcMiuno  de  chandMO,  inl(>rvinl  à  son  tour 
et  exposa  aux  commissaires  chargés  de  rinveulaire  ce  cju'elle 
entendait  qu'on  lui  léserAÙt  : 


ISEATX  DL  DAME 
ANS  LEUR  ÉTUI 
(XVIII'    t.lÈCLE) 


Tout  ce  qui  esl  dans  la  garde  robbc  au  linge,  toutes  les  garni- 
tures de  nuit  cl  du  deuil.  Ions  les  manteaux  de  lit  et  tous  les 
jupons  blancs,  couvre-pied,  coefl'es,  mantelcls,  fichus,  palatines,  gands,  rubans, 
évantailles,  manchons,  les  colTres  de  la  garde  robbe  au  linge,  le  collre  aux  rubans, 
le  cofVre  aux  soies,  la  chaise  percée,  les  bassins  tant  argent  quargentcz,  le  pot  de 
diambre  d'argent,  toutes  les  chaises  de  commodité,  les  petits  pots  qui  ont  servi 
à  laver  les  mains,  les  jalles  el  !(>s  bouteilles  d'odeur,  les  robbes  à  peigner,  les 
jupes  et  tous  les  jupons  ([ni  ndnl  |)oint  de  robbe,  les  pagniers  el  le  iil  de  veille, 
trois  palettes  d'argent  (pi'cilt'  a  à  sa  disposition,  les  mules,  bas,  [jaidonllcs  et  sou- 
liers, le  tout  lui  a])i);nleuant  en  sadille  (pialité  de  ])reniiè!e  feninic  de  cliainjjre. 

11  falliil  ([ue  le  ((iiulc  d'Argensoii,  chancelier  de  la  maison  d'Orléans, 
cniplovàl  son  autorité  pour  établir  l'accord  enire  ces  dames  et  faire  tète 
à  loulcs  les  revendications  qui  coiiliiuièrent  à  se  jirodnire  an  cours  de 
l'inventaire.  Ce  ne  fut  pas  facile,  'roule  la  mente  des  serviteurs,  lâchée  sur 
ces  successions  princières,  connue  di-s  carnassiers  sm*  nne  proie,  faisait  rage, 
et  cliacMn  en  vouiail  un   morceau'.  Il  en  achiiil   parcilleMieiil    pour  les  clie\au\. 

I.  Cf.,  i-rilie  aulii-s  piiVcs,  la  ..  riiinule  du  pioa'-s-x'ibal  des  tomiiiissiiircs  de  la  cour  lors  de 
rinventain-  fait  après  le  décès  de  Madame  Franvoisc-Maric  de  Hiunlioii.  prliicessc  du  sang,  veuve 
<lc  Moiisii'iir  le  dur  d'Orléans,  pi'liinlsdc  Kranrc.  •.  (\nlii\('s  iialional<-s.  \'a,  (|i('iS.^ 

■I        I        11-     fil    lIS-ltriVAL.  ^' 


.,5o  '  »•    l'Ai-^if'-R'^^M- 

La  iliu'lit'sse  irUrlôaiis  a\ail  ses  iViirù-s  à  elle  vnr  Kidi.licii.  dans  une  luaisoii 
louéi»  à  tvl  olVfl.  Sans  décrire  en  détail  les  attelages,  Miiliiics.  liai  nais,  elr., 
i|iii  s'>  liKiixaieiit,  je  repiodiiiiai  ee  eourt  extrait  de  linveiitaire  en  faisant 
renian|uer  (jn'il  ne  s'agit  là  ipie  de  elievanx  senaiit  à  l'aris,  an  l'alais-lloyal, 
et  qu'à  Sainl-(  ilond.  à  \ersailles  on  à  Hagnolel.  il  y  a\ait  encore  d'antres 
éi|  ni  pages  : 

Knirir  île  In  (hiclirssr  d'Orlcuits. 

L'allela^'f  ihi  corps  de  iieid  ciievaux  noirs  à  loii^'ues  (pieucs.  a\ei-  tous  Iturs 
crins,  ayez,  depuis  sept.  Iiuit.  iieiii',  dix,  onze  à  douze  ans:  prisez  eiisi-inlile, 
a, .'«Ml  ll\res.  —  \jc  second  allela},'C  du  corps  de  neuf  chevaux  noirs  à  loii^'ues 
ipieues,  avec  Ions  leurs  crins,  agcz  depuis  sept,  huit,  neuf,  dix.  onze,  douze  et 
treize  ans  ;  estimez  ensemble  i,.Soo  livres.  —  Le  troisième  attelage  de  suiltc  <lc  Iniil 
\irux  chevaux  à  longues  (pieues,  avec  leurs  crins,  aj,'ez  depuis  dix,  onze,  duii/c, 
treize,  quatorze  et  quinze  ans;  prisez  ensemble  800  li\res. —  llnn,  quatre  (lir\ju\ 
de  maître  à  courte  queue,  f,'iis  pniiiinele/.  f:ris  triiilé  et  gris  argentéz,  agez  depuis 
six,  sept,  huit  et  onze  ans;  prise/  eii-einlde  Soo  livres.  —  llcin,  (piatrc  bidets  j^iis 
urf,'eulez  à  courte  (jucue,  a;;cz  depuis  sept,  biiil,  neuf  et  dix  ans;  prisez  ensemble 
ti<»o  livres.  —  Ih'in,  six  chevaux  de  suite,  dont  trois  noirs  à  longues  (|ueues  qui 
seront  coupées,  avec  tous  leurs  crins,  un  cheval  bay  à  courte  rpieue  et  deux 
choaux  gris,  agez  de  huit,  neuf,  dix,  onze  cl  douze  ans;  prisez  (loo  livres. 

Cnrrosses  et  éifuipiujes :  Carosse  du  corps,  garny  de  \elniiis  plein  y  compris  le 
dessus  de  l'impérialle  par  dehors  orné  de  broderies- d'or  tant  par  delmis  ipie  ]);u- 
dedans,  avec  frangeons  cl  frangean  sur  les  coulures,  deux  eoiis^ins  il  nii  ^liMporiliii 
couverts  de  pareil  velours  ornez  de  molels  et  fraufjes,  le  loul  d'or  lin  ;  sept  -^daees; 
(piatre  riileaux  de  damas  cramoisi,  pirnis  autour  d'un  molet  et  d'une  fausse  housse 
de  «Iriip  sur  l'impérialle  et  des.sus  la  housse  du  cocher  bordée  d'un  <,'alon  d'or: 
lieux  housses  de  eiie\au\  pour  la  \ille  de  \elours  brodé,  avec  une  fraii-:!-  pareille 
ù  celle  de  la  housse  du  cnrusHC,  les  harnois  diid.  carosse  otd  été  drappe/.  les  clous, 
ponnuCR,  liches  cl  mains  de  ressort  soûl  d'or  moulu;  monli'  sm-  son  liiiin;  piisi- 
la  Homnie  de  '1,000  livres.  —  //c//i,  le  cari>sse  jonquille  f,Miiii  de  m!.. m  .i,iiui>i-i 
de  l'Iandres  ù  raïunKcs,  le  dessus  de  l'impérialle  ^Miiii  de  pareil  velours  avec  une 
pente  «'U  de<lans  brodée  <le  cordorniet  et  ^'.iloiiné  d'or  eoinme  aussi  sur  la  f.'outière 
m  dehors  avec  ile-t  boutonnières  de  cordcuuiel  d'or  sur  li-s  manlelets  et  la  housse 
de  dessus  l'impérialle  el  housse  de  cocher  d<'  drap  éinriale,  y  compris  les  deux 
hou^M's  des  chevaux  bordez  d'un  galon  d'or,  à  l'exeeption  des  housses  de  chevaux, 
où  n  y  a  un  uratui  khIcui;  trois  fflaces,  (piaire  rideaux  de  damas  j;arnis  d'un  galon 
•l'or,  deu»  coussins;  monté  sur  un  Irnin  tout  équipé  Toutes  les  fontes  dorées  il'or 
de  reuilh-.  !.«■•!  harnois  ont  été-  drnppez,  pri»é  le  tout   'i.joo  livres. 

I  n  finileiiil  en  b.ddaipiiii  monté  sur  un  tréneau  à  trois  roiies,  ^ar:ii  en  dedans 
d'un  duiiuis  cninioi^ti,  le  delnir»  de  maroquin  rou^e,  avec  son  tablier  cloué  d'un 
ra»K  «le  clous  dorez,  je  tout  ehamarK-  de  cresles  el  jalons  carmoisi,  les 
corps  dorr/,  le»  panneaux  peints  de  laei|  au  vernis,  .'ISo  livre».  —  Une  grande 
Iwii-lr     iqqH-l--      I.     ' I;    hrnjrr,     loille    de    bois,     à    la     ré-serve     de-     l'impériale, 


I    I        I'  M,  V  IS-HOV  \  1. 


-<H  S     I.  A      HIXiENCIC 


•raini  en  (Icilaiis  d  un  Uill'olas  j(>ii([iiillc,  le  ilcliors  de  cuir  de  pareille  couleur, 
cliamarié  irnii  cuir-  rouge  découpé,  nue  housse  de  (oile  cirée  par-dessus,  moulée 
siu-  un  Ireueau  à  (rois  roiics,  7Ô  livres.  —  Une  frrandc  calèclie  moulée  sur  son 
Iraiu  garnie  en  dedans  d'un  velours  gris,  les  franges  à  boelles  carlésane,  galons 
et  cordons  de  soye  hleiie,  cpialre  lideanx  tl  nu  sur  le  dossier  de  lalïelas  blanc 
chamarré  île  crestes  bleiies,  un  coussin  de  luèuie  \el(iurs,  une  housse  de  siège  de 
(hap  garnie  de  frange  hleiie.  trois  glaces,  den\  l'cssorts  à  doujjles  coins  posez 
sur  Ir  (Ii'iiière  el  clcu\  à  la  jciuueni  sur  le  dcxaiit  g;irnie  de  six  ])oiunies.  six  fiches 
cl  l()(|nil  cliiui''  à  Irdis  rangs,  le  liml  <inr  de  l'enille,  garnie  de  ses  >u-penles  et 
boucles,  Guo  li\res.  —  I  ni'  ealcndic  de  i)ronienade  à  ipialre  places  ai)pclée  la  cdlcchc 
de  ri-'AitUlc,  garnie  (i"nu  drap  d'or  semé  d'éloilles  brodées  d'argent,  les  galons 
huiliez  de  dessous  les  clous  d'argent,  les  coussins  de  même  élofl'e  doublez  aussi 
bien  que  les  dessus  des  cofl'rcs  de  gi-os  de  Tour  bleu;  le  plafond  garni  de  drap  bleu; 
le  tout  couvert  d'une  housse  de  drap  bleu,  le  pavillon  enrichi  de  broderie,  mantelels, 
franges  d'argent;  pommes  el  iiuenouilles;  montée  sur  son  train  à  trois  brancards, 
avec  un  arc,  quatre  roiics  à  génies  larges,  les  faces  sculptées;  les  rayes  à  baluslres, 
moycu\  garnis  de  ([ualre  boettes  de  fonte  doré  d'or  moulu;  garnie  de  six  ressorts 
el  un  croissant  posez  sur  la  cheville  ouvrière;  tous  les  corj)s  panneaux  de  lad. 
calèche  el  sculptures  du  train  dorez  d'or  bruni;  prisé  3, 000  livres. —  Un  fauteuil 
de  canne  à  pieds  de  biche  montée  sur  un  plasfond  à  trois  roues,  led.  plafond  garni 
de  maroquin  vert  cloni'  d'un  rang  de  clous  dorez  sur  un  galon  ddr,  tout  le  dehors 
cl  le  corps  doré  d'oi'  bruni  de  fond  d'émail;  j)risé  100  livres.  —  I  n  fauteuil  de 
canne  à  pieds  de  liielie  uhiiiIi-  sui-  nu  plasfond  à  trois  roiies.  garni  de  niaroipiin 
citron,  cloué  d'un  elou  iior('  sur  un  galon  (r<ji',  [)eiiil  en  couleur  de  canne:  prisé 
Go  livres. 

On  Miit,  par  ii'Ite  éinuiK'ralioii,  cpn^  la  priiieesse  a\ail  le  cIkiIx  pour  le  luxe 
de  SCS  carrosses  et  équipages,  ({uand  elle  désirait  aller  en  promenade.  Il  est  viai 
de  dire  que  plusieins  de  ces  Miitnies,  destinées  à  certaines  (('n'-nionies,  et  d  un 
usage  peu  fréqueid,  reslaieid  la  piupail  du  temps  dans  les  remises,  abritées 
sous  leurs  housses  sonipliieuses. 


CAIIIIO^SK    IjL     X\ 


I,E     P  Vl.\lS-UOY\I. 


LEDUC    DOKLKANS    \(     l' AI.  \I^-H()>  \l. 


l'uiii'    csiiiiissiT    le    laliliMU    (If    la    sic    iiiliiiu'    tiiio 
iiiciuiil    au   Palais-lldval   la    ramillc  (rOrli'-aiis,  jai  cru 
iIcMiir  coimiieiicor  par  la  f^Maud'iuî-n-  et   lôpousc,  car 
(r<ir(liiiaiiv   ce   sont  les  l'oniincs  i\m   sont   ràuic   iliuic 
'     hahilatioii,  en  lègloiit  rexislcncc,  \  cnciil  ratiiiMv|ilicro 
lie  cliarnic  ou  de  Icuipclc  qu'on  y  n'spiiv,  et  en  l'ont, 
|»inr  ainsi  dire,    le   lellet   île  leur  propie   peisornialilé. 
(iiandr--  dame-  nu   l)ourj.'eoises,  dan-  ce  dninaine.  sont 
r<cfK  (...«  qK  i<  Megci  pon»!       reines,  (l'est  le  milieu  tpi'elles  sa\('nl  l'aire  à  leur  imaj,'e. 
couusuBcai    um    igt  ^^  ^^,^  cliatpie  clii  >se  ^'anlc  l'empreinli"  de  leur  cai'aclère, 

lie  leur  clé;.'ance,  de  li-ni-  louiinuf  d'e-pril.  Mais,  dan--  une  demeine  connue 
le  l'alais-H()\al.  dans  ce  centre  princier  dont  le  maître  lut  un  moment  chef 
d'Klat  et  tpie  tant  d'iniluences  <li\erses  lra\ersaienl,  eni|)lissaient,  iransfor- 
maii'nl,  il  csl  cuinpi .lnii-ililr  (juil  en  ail  ('le  aulicmenl.  (!e  n'('-lail  pas 
l'hùti'l  d'un  ^'raiid  seii,'neur  ipielconcpie.  'l'ont  \  était  contrasU-.  Toul  y  a\ail 
des  as|MMls  nnilliples.  La  dislance  enli'e  les  appartements  si'  IrnuNail  assez 
;,'randi-  puni-  (pi'nii  i;:noiàl  dans  l'aili'  ^^uiche  ce  (pii  se  passait  «lan-  l'aile 
limite.  \crilal)lc  petite  \ille,  la  l'nnK'  ipii  }  lo^^eait  (onlrihuail  ii  lui  doiuier 
une  pli\siiiiiiiiiiic  lii^rarn-c,  et  cnnnne  il  y  axait,  en  l'ait,  |ilusieurs  ui.iilrci, 
Irois  DU  ipialri-  dircclions  indepriidanles  le-  iiiic-.  des  autre»;,  a;.'i>-sanl  cliai  nue 
sur  un  persomiel  distinct  <lc  sir\ileius,  il  en  resnilail  Inul  aulic  cliosc  (pu- 
(II-   l'unité  et   de   l'uniriirniilé-. 

l.<-    duc    d'()rli'-ans,    iusipiaii    ninmi-ut    où    la    l'ascnr    renaissanlr    | r    lui 

de  Loui>  \1\  l'euMiYa  CMiuniandri  I  arim'c  d  Italie,  tw  lynt»,  \ccul  Iteancnup 
an  l'alais-ltoyal,  oii  il  axait  plus  de  iihcrlc  (pie  p.uloul  .lillcurs.  Alisurlx-  .durs 
pnr  Hoii  iiilrif^ie  mnoureusc  axec  M—  d'Ar;.'enliin,  il  ne  ■..•inl.l,.  p.is  .iMiii  «n 
d'aiiliv  (H-ciipalioii  de  cieur,  et  sun  temjis  se  parla;.'e.iil  entre  les  l'êtes  de  l.i  cour 
ciii  il  lui  était  inipussilile  de  ne  pas  paraiire  et  les  éludes  xarii'es  an\(pielles  il  se 
lixrail.  ■■  Vxec  »on  air  désinxdlle,  «  dil  SainI  >iiii.iM,  •■  il  se  tnxixail  endiairassé 
et  iiii|Mir(iiné  du  (,'rand  monde.  »  Pour  dire  xrai.  il  s'x  ennnxail,  .ixani  l'esprit 
nillixé  el  une  inr^tructioii  de  iN-aucoup  supé-rienre  à  (elle  de  l.i  piu|tarl  des 
^eij,'neurs  de  non  eiiluurap*.  Il  axail.  d'.nili.-  pari.  |ierdu.  j:ràce  ii  l'.dihe 
l>ul)ui<>,  luiile  «>A|Kfu  de  T-i  reli;;iense.  el  les  exa;,'.-ralions  de  dixoliou  doni 
l'influenci'  de  M—  «le  Mauilinon  impusiii  |,  s  piali(pies  ,<|  sm  les,pielles 
miiliiTiosaienl  li'H  ciinrlisans  lie  l^iuis  \|\  axei  une  lixpocrisie  insiippoilalile. 
e\,is|M  1.111  i.l    il-    j.  1.1,.    .|,,.      ,|,n    ^    repondail    p.n    il-    lilasph.'iurs   ipi'i.n  repelail 


I.K      !■  \l.  \IS-UO^  \l,     SOUS     I.A     HKCiKNCK  253 

au    roi.    Colui-ci   tlisait    de  son  iitncii  :    nd'csl   un   laulaiou  de  «liiiios,  »  cl  ce 
•^raud  coup  de  piucc.ui  luouli'C  (|u".iu  l'ond  il  le  coiuiaissail  l)i(Mi.  Saint -Simon, 


|.E    PtC    u'oHL|':a>S   ^UKUt.M'   DE    lll.VSCE^    Eï    M\D\ME    DE    P.VHAUÉ>IE 
jTaKfiu  Je  SAiilcrrc  —  Muscc  Je  Vtrs.iillci) 


qui  eut  toujours  d'étroites  relations  (ramitié  a\ec  le  duc  d'Orléans,  et  se 
coiuplaît,  dans  ses  Mi-Didiics,  à  re\enir  souvent  sur  celte  phvsiououue 
si   coniiilcvc,    a   Iraci''  de    lui    ce    purliail  : 

M.  le  due  d'Orléans,  dil-ii,  cloil  de  laillc  médiocre  an  iilii>,  foil  |il(in,  saii^ 
être  {,'ros,  l'air  cl  le  porl  .'nsé-  cl  fort  iiolile,  le  \  isajjc  iar^e,  aj^'ri'ahic.  Iml  liant 
911  couleur,  le  poil  nnii-  cl  l^i  pi-iiiKpic  ili'  iiiéiiic.  (Mioiipi'it  i'hI  t'ori  iwA  ilun^é 
et  mcdincrcnicnt    réii>>i   à   l' AcadiMuir,    il   aMiil    dans   le   \i>a<ir,   dans  le  lîcsIc,   dans 


q5'|  LF.     l'ALAlS-IKiYAL 

loules  ^cs  iuaiiitit.>.  uiu-  yiàcc  iiiliiiie  t-l  si  iialuiclle  (luelle  oiiiuil  juxiuà  ses 
muindres  actions,  et  les  plus  communes.  Avec  beaucoup  d'aisance,  quand  rien  ne  le 
contraignoil,  il  éloil  doux,  ouveii,  accueillant,  d'un  accès  facile  et  charmant,  le  son 
de  la  \oi\  a^irréable.  et  un  don  de  la  parole  qui  lui  éloil  tout  particulier  en  quelque 
jjenre  «pie  ce  pût  être,  a\ec  une  facilité,  une  nellelé  que  rien  ne  surprenait  et  qui 
8ur|)renait  toujours.  Son  éloquence  éloil  naturelle  jusque  dans  les  discours  les  plus 
couununs  et  les  plu>  journaliers,  iloiit  la  justesse  éloit  égale  sur  les  sciences  les 
plus  abstraites  qu'il  rendoit  claires,  sur  les  aflaires  de  gouvernement,  de  polilicpie, 
de  nnances,  de  justice,  de  guerre,  de  cour,  de  conversation  ortiiiiaire  et  de  toutes 
sortes  darl  et  de  mécani(pie.  Il  ne  se  servoit  pas  moins  utilement  des  histoires 
et  des  mémoires,  et  connoissoit  fort  les  maisons.  Les  personnages  de  tous  les  temps 
et  leurs  vies  lui  éloient  présents,  et  les  intrigues  des  anciennes  cours  comme  celles 
de  son  temps.  \  l'entendre,  on  lui  auroit  cru  une  vaste  lecture.  Hien  moins. 
Il  parcuuroit  lé^'iremeut,  mais  sa  mémoire  éloit  si  singulière  (ju'il  n'ouhliuil  ni 
tlioM's,  ni  noms,  ni  dates,  (pi'il  rendoil  avec  précision.  Avec  cela  nulle  présoni|ilioii. 
nulle  trace  de  supériorité  d'esprit  ni  île  conncjissance,  raisonnant  comme  d'égal 
ù  égal  avec  tous,  et  donnant  toujours  de  la  surprise  aux  plus  habiles.  Mien  d<- 
Contraignant  ni  d°inq)osant  dans  sa  société,  et  quoi  qu'il  sentit  bien  ce  (pi'il  l'Ioil. 
et  de  la  faeon  même  île  ne  le  pouvoir  oublier  en  sa  pi'ésence,  il  incltoil  Innl  le 
monde  à  l'aise,  et  lui  même  comme  au  nixeau  des  autres. 

\<iil:i  nn  joli  purir.iil,  ri  qui  n'c^l  p.i'^  ^ii^prcl.  ipii  >i(|iii'  {\Arr  pai'  un  ami. 
Ia-  (hic  d'(  )ili'';in>-.  ,i\,iiil  lyifi,  l'i-^l-îi-tllir  :i\;iiil  li'->  .Miniv-  di-  s.i  n''gi'iit(', 
iiîi  il  s'aliaiulunii.'i  ii  iDi-gie,  lui  \raiiiienl  un  <'li:irin'aiil  piince.  dinic  irri'-sistililc 
>u'-dui-lii>n.  Il  utilisait  ses  luisiis  à  ti-a\aillei-  ;\\rr  les  s;i\aiils  el  les  ■irlisles.  il.ins 
la  so«°iét(>  i|i'-.qoi'|s  il  sr  plaisait,  caii^anl  ri  (li^riilaiil  .'ivre  rii\  sur  un  pii'd 
de  faniitiai'it)'-  qui  lr<<  rnrii.'inlail  :  Irur  p.'irl.int  leur  l.'Uigage,  nioniraiil  ipi  il 
élait  drs  Irurs,  ilr  telle  M>rtr  qnr  ne  «e  sentant  pas  (b'prinies  pai-  une  mnliainle 
«le  il.illeril-,  ils  se  laissaii-nl  aller  .'i  leui'  n.'ilurrl.  ri  qiir  1rs  ronver^aliiins 
de\en.'iirn|  \rainienl  |ii(>lital>les  ;\\i\  uns  et  an\  autres.  «  Mon  lils  eoniioil  bien 
la  musique,  »  dit  Madame;  «il  a  cninpusé-  deux  ou  trois  opi-ras  (pii  soid  tous 
fort  jolin.  Sun  ciqùliiine  des  gardes.  I.a  l'air,  en  a  l.iil  les  paruk-s.  «  \ii  iinMilii'e 
de  e«"H  iiiM'r.'is,  il  faut  inenlinniier  lelni  de  l'tnllirr .  Il  evisle,  ,'i  la  bililiutliripie 
de  r\i'senal,  lin  in:iiiiiseril  inb-ressimt  et  qui  peut  donner  aii\  spi'-ri.ilisles 
uni*  iiii't*  cxacle  di's  talent»  du  due  d't  )rlé,-iiis  romnir  inu<<irieii.  I.a  l-'arc,  <pii 
inoiirul  en  171'j.  l'crixail  des  niniposiliniis  sans  gr.ind  iiitiTrt.  m,iis  ses  \rrs 
ne  nianquiiienl  \r,\s  d'agn-ahle  gaieté.  |,i>  priiiee  s'.'idoiina  aiissj  \\  j.i  •  lilmir. 
Il  el.iil  ••  gr.'iiid  soiinieiir  de  \«'rre  1».  déclare  .Siinl-Siinnn.  «1  .i\ail  au  l'al.iis 
ho\al  iiii  laboratoire  très  bien  iiionlr  oii  il  lra\aillait  a\ei  lluniiieig.  nii'deciii 
et  Mi\:int  dislingnt'.  A.HHUii'inenl,  ir  n  rst  p.is  bi  pieiir  pliilusopbalr  qn  il 
l'tien  hait  il  di'-rouvrir,  bien  qu'il  fût  liante  quelque  peu  p.ir  les  rè\es  d  ueriil 
tiiinie    el    ipie    pbiH    d  uni'    fois    il    se    M)il    laiss<-  diipri    pai    drs   eb.'ii'liitans  qui 


i.K   PAi.Ais-noY AI,   sors    r, \    lucr.F.NCK  355 

parlaient  do  lui  l'aire  \oir  le  diahle.  Mais  il  s"a|)|)lii|iiail  à  lahriiiiier  dos  paiTuiiis 
doiil  il  aval!  le  ^oril,  eoiiime  son  ]ièr(\  cf  il  en  inxenlail  dune  l'orle  et 
jn'rn'lianle  ddeur  donl  >a  |i('isiiinie  n-^liiil  ini|iii'^iit''<'.  Il  sannisait  aussi 
à    iniai:iiier    des    coniposilious    poui'   piendre    des    empreintes    de    médailles 


FOinNEAU    DE    HIIOUATOIUE    All>T    AI'l'lIllEM      4    IMIIIIPPE    DUIII.EANS    ET    ORNE    HE    SES    AKMES 
(Collcclioii  au  Musc.:  céramique  Je  la  Manufacture  nationale  Je  Sivrcs) 

et  de  pierres  gravées  dcnl  il  .niiiinciilail  la  i)elle  eolK'clion  de  sa  mère.  Il  piit 
ainsi  soixante-douze  empi-eiiiles  (pic  je  liouve  signalées,  sous  le  numéro  3S?.8, 
dans  riincntaire  de  la  rolleclion  l'ail,  en  173.'?,  |iar  (îros  do  lîoze,  garde  des 
mi'd.iilli's  du  cdiincl  du  nii  cl  secii'laiie  pei|)('(u('l  de  1"  \ca(l('mie  des  Heau\- 
Ail  '-.    I.ii    \  I  lie!    1,1    niiiil  i(  iM  : 

lliiii,  un  ('iriii  DU  i)()M('tli'  CDUM'ilc  de  |)a])i('r  marbré  doré,  fijarni  de  deux 
lalilrito  n iiipliis  de  sdixaiitc  dou/i'  ('m|ii(iiiles  de  \erii'  ou  autres  compositions 
(le  dilléreiilos  couleurs  des  pioi-rcs  gravées  les  plus  belles,  dont  les  originaux  sont 
en  (lifri'-rons  ealuucls  d'Italie  et  d'Angleterre;  prisée  la  somme  de  aoo  livres. 

<  )ri  sait  (pic  ce  lui  ;i  cause  d(^  ses  eonnaissanecs  en  chimie  cpie  le  duc 
d"(  til('aiis  s'attira  Iddiciix  sdiipcoii  d'axoir  l'ail,  coup  sur  coup.  em|)oisonnor 
le  duc  et  la  (lueliesso  de  lUdngogne.  doid  la  mort  li'  iap|)i()cliait  du  tiône. 
\  la  (iiiii  et  dans  le  peuple,  raccusalion  |iril  les  formes  les  |)lus  insultantes. 
Le  jour  de  rciilci  rciiiciil ,  le  ■>  1  i'(''\iier  1  7  1  •> .  la  l'ouïe,  (|iii  >e  pressait  sui'  son 
passage,  ne  lui  ('paigiia  pas  les  (■pil  li('los  gi'ossit'rcs.  et  ou  diil   prendre  (piehpies 


a56  ' '-    l'Ai-Mï'-R'^YAL 

nmaiiliniis  ilaii^  l'.iii^  |n>iir  ciiiiuVIicr  l.i  fuiviir  p(il>li(|ii<-  (!<•  >."t\(iC(r  loiilit' 
lui.  Ia-  |>.ii|)|.-  >"«ii  tli'-iluiiim;ij:i:i  |i;ir  li-s  f.'i-sU's,  les  nis  t-l  lout  co  qui  s.'  |i.iit 
dalri».',  \..iiii  ronliv  If  »liir  (l"(  »rlt-;iiis,  dit  Siiiiil-Siiii.iii,  qui  jijoiilc  :  «  \  ors 
II'  l*;il;iis-KoN;il.  (Il-njiiiI  Iimjui'I  le  cornoi  jKissa,  li'  ii'doubh'iiu'iit  (K-  liiu'cs, 
de  «ris,  d'iiijtin's,  lui  si  Niolcnl  i|u"il  y  cul  lii'u  do  lout  «raindic  |niidaiit 
quol«iuts  niiiuiU'S.  »  A  la  cour,  1  alliludc  d.-  tous  l<s  c.iuitisaus,  iiioliis 
liruvautc.  fui  tout  aussi  indéccnlc  tt  curDic  plus  ninrliUaiilc.  (Juand  lo  duo 
appiiK-liait  iTun  f^roupo.  rlio/  !<•  i-'i  mi  dans  les  ^almis.  un  laisail  aussilùl 
place  nelle;  on  alTeclait  de  lui  lnuiinr-  Ir  dix.  Ce  fui  un  ciiicl  iiinineiil  |iuur 
le  «lue  d'Orléans,  le  dernier  sur  qui  aurail  dû  loudier  j'iuju-lir.'  i\>-  pairilles 
inq)ulalii>iis.  «  Sacre  siuj:ulier,  »  dil  Michelel.  »  Iteau  l>aplèuie  (jin'  n'iiil  nul  rui 
du  MiMude,  d"èlre  le  luailvr  de  la  Science.»  Le  juince  s'en  sérail  Imiii  passé. 
Son  .'UiiMur  de  la  iliiinie  lui  a\ant  allii'('-  ia  l'i'pnlal  ion  d'eiupoivonn<'ui-, 
il  1,1  di'-lai><^a  el  -e  jrla  dan-  la  peinlure.  lui  de-  ail-  qu'il  adiniiail  je  \\\\t<- 
cl  ipi'il  -e  mil  ;i  ;ippreiidre  a\er  uiie  aiiieur  el  loule  l'appliiMlioii  donl  son 
«•spril  nioliile  «'■l.iil  capalile.  Depni-  plu-ieni-  aiini'i-  di'jà.  il  a\.iil  eiilii'piis 
d<'  ré'uuir  l'.idiuii'alile  colletlion  de  lalili'au\  (|iii  de\.iil  Tlic  une  <\i-<.  cniio-ili- 
de  Paris.  l'I  doid  il  ser.i  (pie>ilion  plu-  loin.  Il  ik'  laissait  échapper  .incuiie 
<»ccasiou  d'en  .leipii-rir.  \  \inirl-cin(|  an-,  -on  i:ciril  elail  suilis.uuinenl  l'ornie 
pour  qu'il  IVil  l)oii  lomiai-^eur.  Il  .ippiil  la  uiiiiialure  a\ec  .l.-\nl.  \i'laud'. 
(pii  lui-iuènie  possédait  «pielques  tuiles  de  prix,  dans  son  lo^'^enieul  de  la  rue 
de  (  ioudi'.  noiauuueid  //•  Miniclr  ilr  Sii'nl  Auloinr  <lr  l'ailmn  .  du  lilien, 
ipie  le  prinei-  lui  a\ail  doniii''.  (ieniiain  Itrice  raconte  ipie  le  ilui'  lui  lit 
é;.'aleiueiil  pré-eiil  d'un  laMeau  qu'il  avait  peiid  de  sa  |>ropie  ni.iin  .  (lu 
n'aurait  jias  hesuin  de  ce  léuioi;.'n.i^'e  poui-  >.a\oir  qu'eu  elle!  Ii'  duc  d'(  Irleaii- 
t'\écnta  à  l'clle  épixpie  quilipies  |)eiulures.  \nliiiue  Covpel  lui  .ivail  ensei;.Mi(- 
le  dessin.  <  )icup<''  depuis  plusieur^^  aunt'-cs  à  décorer,  .au  l'al;ns-Ko\;d,  la 
(iiili-rit  d'I'.nii-.  r.uli-le,  qui  «'•l.iil  .idioil  courlis.iu,  liouuue  du  monde  el 
lelln'-.  jfraiiil  ami  i\y  Koileau  el  de-  auleui-  le-  pln>i  en  ri'iiom  de  son  lenqis, 
était  dcMMUi  un  des  l'amiliers  a^>idu><  du  prince,  ipii  .illail  le  \oir  lia\  ailler 
dans  la  ;.'aleiie  de  la  rue  Uii  lielieu.  el  p.ul'ois  même,  dil-on.  picnail  iii  main 
!«'•«  pinccnnx.  i'oui'  ce  di-rnier  polnl.  i  Iru  n'e-l  -ùi-.  (  !e  ipii  e-l  certain,  c'est 
que  le  prince  <'-t:iit  di'M'UU  assez  li.ihile  pour  liarliouiller  ipielipies  couqio- 
tiliuns.  Il  lit  le  portrait  de  la  duchesse  de  l(err\,  -a  lille,  a\aid  sou  maria;.'!', 
i-t  la  repii'scnla,  dil  M  '  «le  (!a>lus,  n  sans  heauinup  de  dr.qieries,  ce  qui 
fut  trop  enxi-ninie.  »  Il  oiri.i  .uissi.  <lit-on.  un  petit  cahiuet  du  l'.dais  Koy.d  en 
preuiud  pour  sujet  la  fahie  de  Jtisnn    /7  Mii/rr.   l'aruii  les  iiMi\res  de  ce  ^enre. 

I     Ni' m  ifJKM.  mnrl  ni  i7'i.'i. 
1.  lirniinhi  limer,  I,  III,  p.  .'i,t. 


i.K     1» AI.  MS-noYAi,    soirs    LA    niCr.FN'CE  9.5"] 

aux(|uollos  le  duc  s'appliqnail  coimno  à  un  amiisomcril.  la  plus  connue  est 
colle  que  nous  signale  sa  mcro  dans  sa  Correspondance.  «  Lorsqu'il  n'avoil 
rien  à  l'aire,  »  dil  Madame,  «  nidii  \\\<  a  lail  orner  imi  pelil  cabinet  de 
M""  d'Orléans  a\ec  des  sujets  d'un  pelil  roman  |iastora!  (pTon  app(>lic 
Ddplinis    el    C/t/oé'.»    Ce    cahiiiel     de    la    diieliesse    sa    l'einnie,   ipie    l(>    jjrinco 


par  le  duc   d'Orlî-ans   d'après  une  des'vingt-nciit  . 
peintes  par  ce  prince  en   l 


de   VWilmre  de  Diplmh  tl  Chl« 


décora  de  peintures,  au  nombre  de  vinfit-neuf,  faites  de  sa  main,  se  trouvait 
non  au  Palais-Royal,  mais  à  Ha^ifiiolet.  où  nous  voyons  celles-ci  estimées 
successiveuK'ul  dans  les  iinenlaires  (pii  l'iirenl  (!ress('s  en  17:?.'?,  i~')-i  et  i~85. 
La  somuK^  à  lacpielle  monta  la  prisée  alla  à  .'},r)5!0  li\res  en  1-23,  c'est- 
à-dire  à  l'épocpie  de  la  mur!  di'  leur  autour.  Los  plus  petits  sujets,  tels 
que  In  Danse  des  Chèvres,  C/iloé  qui  se  hm'i^ne.  Re^^rets  de  Chloé,  le 
Jardin  de  Pkilètas,  le  Serment,  etc.,  lurent  cotés  i(io  livres  chacun;  les  plus 
grands,  la  Vendan'^e  et  Dorcon  qui  remet  Daphnis  entre  les  mains  de  sa 
femme,  fui-enl  prisé-s  800  livres  clKKpie.  Mais  en  178,")  les  lal)lean\  de  »  Monsieur 
le  lièrent  sur  Daphnis  el  Chloé»  (n"  :'.8.'>  de  rinventaire)  ne  sont  plus  estimés 
qu'à  lôo  livres,  en  bloc.  Synq)tomali(pie  déchéance!  Que  sont-ils  devenus.^  Il  est 
pins  fpie  |iriil)ali!e  (pi'ils  pc'iirent  lors  de  la  desli  iielimi  Aw  ebàleau  de  Ragnolel. 
I.  Corresiionilunce  de  Mailuinr,  cdil.  Itiiiiicl,  I.  11.   p.  3('i. 

T.     1.     LE    PALAIS -nOTAL.  33 


a58  I-E      PALAIS-nOTAL 

En  li)ut  cas,  nous  les  connaissons  parles  gravures  de  lîeiidît  Amlraii  (|iii  en 
ont  l'ié  |inljliées  en  17 iS,  avec  la  traduction  par  \in\ot  du  célèhre  roinaa  île 
Lon^us,  sous  le  litre  suivant:  Les  Amours  pasluralcs  de  IJaphttis  et  Cliloé, 
avec  tes  Jtmires  peintes  pur  le  duc  d'Orléans.  Hé'^ent,  f^rarées  par  h'.  Aiidran 
(Imprimerie  roifnle).  C'est  un  joli  volinue  in-ia.  L'inleulidii  du  priiici'  étail 
que  ce  li\re  lut  tiré  à  petit  nombre;  mais,  comme  la  dit  (ili.  >o(liei-,  don  sait 
comment  les  grands  seigneurs  suivent  la  volonté  des  j)rinccs  et  comment  les 
înjprimenrs  exécutent  les  ordres  des  grands  seigneur-  (|iii  l'oiil  imprimer.  C/ost 
un  \olume  assez,  commun.»  ("ependant.  on  trouve  dans  rexempiaire  (jui  est  au 
Cahinet  des  Kstampes  de  la  nihliotiièipie  nationale',  à  la  dernière  page,  une 
Ilote  manuscrite  tpii  send)le  t'maner  d  iiii  des  personnages  df  l'ciilDurage  du 
duo  dUrléans  à  (pii  il  du!  être  olVerl,  et  dans  hupielle  on  lit  ces  mois: 
«  Kdition  magnilitpii'.  Il  \\'\  en  a  eu  (pie  -j.^o  exemplaires  tirés.»  I.ii  \-'\').  on 
eu  lit  paraître  une  seconde  iililiun,  ipii  cniiliciil  une  gravure  de  plu-,  iiililulée 
Citriclusiini  du  nunnn.  ll'esl  le  \ingt-neu\ieme  sujet  des  peintures  signalées 
dans  les  inxenlaires  di'  Hagnolel.  Les  autres  planches  sont  retouchées;  elles 
contiimeut.  cunimc  dan-  la  prrmicrc  l'diliuii,  à  jinrlrr  au  \k\<  li'  nom  du  duc 
d'Urléans  à  gauche,  et  ii  droite  celui  ilu  graveur  !'>.  \iidi;m.  lai  iS'<).  ;i  la 
vente  des  livres  du  hiltliophile  \I.  de  l'ixi'ii'-conri.  il  -  i-l  IniuM'  m  1171)  un 
(exemplaire  rentcrmanl  un  de-^sin  à  la  pliniic  de  la  lu.'iin  du  ilm-  d  <  )i'li',iii-  cl 
un  feuillet  antogiaphe  conleuaid  le  premiei'  projet  des  gr.ivure-;  tpiil  a\ait 
rinlenlioii  <rajouter  il  cette  édition.  (  !e  |ii('cicu\  excmplaiie  lut  adjugé  au  |)ri\ 
de  Qo'i  francs  seulenii'ul.  ()uoi  (pi'il  i-w  soil.  mi  pi-ut  din-  ipn'  le-  l.dilcaux  du 
duc  d'(Jiiéaiis  sur  Da/i/iiiia  et  i  htoé  n'aNaienl  pas  le  pimcul  (pion  poiirtail 
croire.  Miihelet  les  sign.de  en  disant;  i>  ce  monumi-id  di-  \olupl>'..."  H  n'\  .1 
dans  IpH  glVlMires  rien  de  Solllpllleuv.  (_)immI  aux  peilllure-.  on  petite  ipie  •>! 
elli'S  nvnienl  «'II-  indi-ct-ntes,  \;\  pim-e  dMclii'->e  in'  leur  amail  p.i-  donni-  place 
(InuH  «ton  château  d<-   Hagnolel. 

.Antoine  (io\pel,  ipij  u'i'-lait  yw<  ><an-  lirei-  ipielipie  \;mile  d'.ixoir  eu  le 
iliic  d'Orli-ims  pour  «•lèM-,  et  ipii  se  par.iil  du  titre  de  peintre  du  /{e:,'ent. 
n'a  pus  inaii(|ui'-.  en  dillereiiles  occasions,  di-  rappeler  celle  circouslanci<.  Dans 
l«"  Disi'our»  sur  lu  peinture,  ipi  il  picnonça  le  7  decemhre  i7t»o  à  i' Vc.idemie 
cli"«  H«'au\-Arts.   il  disait  ; 

Clini'Uii  ftdil  l<«  (ideiils  exlraordiiiiiire-'  pom  |,i  p(>iiilure,  ipii  uni  hrillé  avec 
loulc<i  loo  uiilrrH  niniiniisauce-H  dans  M--  le  din-  «j'i  IiIi'miis.  et  .i\cc  ipid  M;.'ri''iueiil 
il  •')  oscrv^'il  ii«iiiil  ipi'il   rùl  chiure  du  pr-iiihie   r,u°<le.ui  de  la  ri'Kcncc.. . 

Ixtnwin'il   n'-iinil.    rniiiuV   ««ui>anle.    eu    mi    \olmne    in     '1  .    la    s.iic   de    ses 
I.   lldMiirl  i|p«  K<laiii| 


LE     PAL  MS-U((  V  AI,     SOUS     Lv      IIKGENCUC 


309 


conférences.  A.  Coypcl  dédia  son  on\rage  à  m  Son  Altesse  Hoyal(>  Monseigneur 
le  due  dOrléans,   régeni  du  Uoyannie».  el  écrivit  dans  sa  dédicace  : 

Monseigneur,  j'ai  riionncnr  de  vmis  consacrer  mes  réllcxiuns  sur  la  l'ciMiure... 
i;i  ([iii  peut  mieux  que  moi  allesler  en  particulier  une  vérité,  si  connue  dailleurs  par 
rap[)ort  à  toutes  les  autres  sciences;'  Dans  les  conversations  oîrvous  trouviez  bon, 


■i   Cliloc'iiiui  clioi-chcnr  rcincde  d'Âinou» 

tableaux  peints  par  le  duc  d'Orléans  sur  VMisloire  tic  Daphnis  et  CUoe 


Monseigneur,  que  j'eusse  quelquefois  riionncur  de  nous  enlretenir  des  principes 
de  la  Peinlurc,  je  suis  toujours  sorli  irauprès  de  Aulrc  \ltesse  Royale  beaucoup 
plus  instruit  dans  mon  art  même  que  je  ne  l'étois  aupara\ant.  (Combien  d'autres 
personnes  distinguées  par  leurs  talents  se  s(int  l'ait  un  devoir  et  une  gloire  de  ])ul)licr 
l:i  iik'iiii'  cliose!  Témoin  ce  grand  poêle  si  coiniu  par  ses  satires  et  si  ennemi  de 
la  llulterie,  <pn  n'en  |)arIoil  jamais  (piaNcc  une  adiiiiraliou  extraordinaire!... 

(',clt(>  iuNOcalion  an  h'-nioigiiage  de  HoileaM  (pie  l'ail  ici  ('.ovpel  lui  paraissait 
évidemment  d'aidanl  pins  nécessaiiH-  tpiil  ciaignail  (pion  ne  prit  pas  assez 
an  sérieux  les  louanges  données  à  son  élève  par  lui.  cpie  lant  ddhligatidus 
liaient  an  duc.  dUrléans.  N"avait-il  pas  reçu  par  la  [)roteclion  du  piinci'. 
en  1717.  des  lettres  de  noblesse,  rare  el  supiènie  dislinclion  (pn  le  mettait 
bois  de  pair  parmi  ^es  eunl'rèrcs  !'  Ko  iiiilre.  il  lecexait  de  lui  ainiuelleinent 
une  peri'-iiiM   de  .'i.m  mi  li\  l'e^.  (pii   Iniiul   ((iM^-l  il  née  par  acte  (In   1  '  jan\  icr  1  70(1, 


a6o  LE     PALAIS- ROY  M. 

ainsi   qu  (III    li-   M>it    par    l'evlrail    suivant    tli-s    n-j^islii-s   ik-    la    sucrt'ssioii    du 
Ké^eiit  : 

l,«'  >it'ur  Cnjiiil  il  luil  |)lii>ieui>  ouvraf,'fs  de  peinture  en  la  ^nantie  gallerie 
du  {'allais  Hoial,  du  temps  lic  S.  A.  U.  Mmisieur,  à  cause  ilescpiels  ouvrages  il 
s'est  trouvé  qu'il  éliiit  liù  au  s'  Coypel  la  suinine  de  (io,ooo  livre-;  pour  laquelle 
M'"  le  due  d'Uiléaiis  lui  u  eonstilué,  par  contrat  passé  devant  IJellanger.  notaire, 
à  Paris,  Je  i"  janvier  lyoG.  une  rente  de  o.ooo  livres,  (jui  existe  aetuclloinenl 
et  dont  les  arrérages  sont  paies  à  lui  ou  à   eeuv  ipii  le   iepré>eiileiil  i . 

Cletli*  |x*nsioii,  payéL*  jnsipi'à  sa  inoil  à  AiiIkIiic  Coxpci.  lui  ivdiiili-  à 
l.ôoo  livres  pour  son  lils  (iliarles,  et  on  on  ictioii\e  la  trace  dans  les  registres 
du  tréson'ric  de  la  inaismi  d'Oiléans.  nièiiu>  pour  rainiée  lyô-j,  où  elle  ligure 
avec  celle  inciitinn  '  :  »  Aii.v  Jrrrt's  ('i>i/pr/.  i.ôoo  Iîm-cs.  »  Aiili'iiie  (!(i\pel  ne 
cessa  guèn-,  d'ailleurs,  d'être  euiploM-  |iar  le  duc  d'Orléans,  et  l'ut  au  l'alais- 
Ho\ai  tpiclipie  cliuse  coiniiie  le  suriiilfiiilant  des  lieaux-aits  de  la  maison. 
(>ppeiiiird  avait  -iiiipleiiiiiil  iiuiduil  les  Iraxaiiv  de  décoration  de  (|uelipie'> 
appaiieinents  et.  en  particulier,  de  l.i  giaiide  galerie  ipii  ser.i  dci  rite  plus 
loin,  (iiivpel  l'ut  constaimnenl  mis  à  <  imli  iliulion.  (l'est  lui  ipii.  Iréipicm- 
lueiit.  diimiait  les  c. impi i-il je ms  de  cril.iinv  m, nMis,  exécutés  d'ajuès  ses 
iiiodi-les.  A  la  vente  de  I  atelier  de  son  lils  (lliailes.  en  lyô.'?,  on  vendit  (n"  uûa 
du  cnliikigue)  un  loi  de  h  dessins  colorii'-s  pour  des  meubles  ipii  ont  (''lé-  exé'culés 
nu  Palais-t;.>>al  cl  ({..ul  j'iriv.iiliMii  .^1  ,\r  M.  Vnluine  d.Nprh..  Util  aie-^si 
les  portraits  de  plusieurs  meiidiics  dr  la  ramille.  iii>lainini'iil  du  Ji'miic  duc 
•  le  (.'liartres  et  de  sa  inaîtressc.  M"  de  l'aralière.  l),in>  un  des  iroi-  miIuuic-» 
de  son  ii-inre  gia\t'.  ipie  |ii».v,'(|c  j,-  C.diiiiet  des  e-lampes  ;i  |,i  r.il>liollic(pie 
nationale,  on  voit  un  pn'jel  d'un  lieaii  plidond  ipi'il  de\ail  peiiitlre  dans  le  salon 
du  cliàleaii  de  Saint -(  ilmid  :  ,;■  morceau  icpré-sente  l' A/iof/u'os)-  d  Hercule  ; 
les  rheiniiis  ipii  coiidul>ciil  les  héros  à  riuimurlalile  scuil  désignés  par  les 
l-ois  et  par  la  (iiierre. 

Iteaiiciiup  d'.'iutres  .irlistes  eiueiil  le-  r,i\eur-  du  duc  d'I  h  icau-,  à  un  iiiMiiulic 
di'gré,  il  est  \r.ii,  et  reçurent  d<-  lui  des  c.iuunaiide».  ()iic  le  piimc  ail  sur  eux 
exercé-  une  inlliieuci'  p.ir  SI. Il  goùl  delic.il,  la  jiislesse  de  s. s  c.iisiils.  le  sens 
ipi  il  avait  di'  1  i1.-;,'.mi(  .•  r.d iniinelle.  appn ipriic  aux  licsdiii-  iduiiialicrs  et  aux 
inliiiiilés  de  la  vie.  et  aussi  par  scii  lioi  iviir  de  tout  ce  ipii  clail  de  l'inulil.'. 
froid,  eniiiiveiiv  apparat,  il  seml.le  dillicile  ipi'un  puisse  Ir  .onlest.i .  (pi.ind  mi 
»oit  déhuter  au  i'alais-Hnyal  la  rev..liili..ii  .pii  \;i  lioidevei  ser.  ,'i  partir  .ji'  celle 
ép.Mpie.     le    lllol.ili,'!     IraiM.lis    .1     l;i    dec.  n  ,il  iiHi     des     ;ipp;ii  Iruiciils.     Oppciiold 

I.    \riliit)-«  iinlliiiialiii,  It'i,    iiittii. 

J  l.nrr  ilr  l'alirnc.  Inrourli-r  «li-îi  iiiai'uiii  i-l  llii.iiirfs  du  dur  ilDilcjuis.  MamiMiil  do  l.i 
blljlioihwtiii*  Cantatalrl.  ir  ïSîujj, 


LE     P.VLA1S-1\0\AL     SOUS     LA     niCGENGE 


a6i 


venait  do  passer  \ingl  ans  en  Italie  (|iiand  le  duc  d'Orléans  le  nomma,  à  son 
retour,  «  directeur  général  de  ses  bâtiments.  »  Où  celui-ci  aurait-il  puisé 
l'audace  des  innovations  (|u"il  se  perniil,  cl  ([ui  liaiicliaiciii  ^i  ncllenient  a\ec  ce 
qu'on  voyait   dans  les  palais  d'alois,   les  dclicicuscs  iaiilaisic-;  siidplées  sin-   les 


i>* 


Etude  pour  la  décoration  de  la  Galerie  d'Énee  ao  Palais-Royal  (Collection  des  dessins  du  Musée  du  L( 


panneaux  de  revèteineiil,  dans  les  salons,  le  capiice  des  courix's,  la  liardiossc 
des  li^rncs  brisées,  interrompant  liiiiscpii'inent  leur  sèche  sunélrie  par  des 
lleuroimages  imprévus  et  de  riantes  saillies?  Larcliilecle  (iabriel  eut  sa  grande 
part  dans  cette  réno\alion  du  décor  des  IkMcIs  parisiens  à  cette  épocpie,  et  dans 
la  gracieuse  apjirdpi  ialiun  dis  app.iilcuiciils  ;in\  nueurs  de  la  socit'té  nou\elle. 
Ses  cheminées,  suiincjnlées  de  trumeaux  de  glaces,  modillèrenl  instantanément 
leur  aspect,  et  ramenèrent  du  coup  l'elTort  des  décorateurs  à  des  proportions 
plus  réduites  et  mii'iix  en  liaiiiionie  a\ec  la  iaille  des  individus.  L'omimc 
d"«  humanisation  »  dont  |)ai  li'  Michelet  et  tpiil  attribue  à  la  Hégence,  au  point 
de  \ue  des  idées  philosoplnipies,  il  laut  la  signaler  aussi  dans  l'ornemenl  des 
habilalions.  Les  planches  gia\ées  d'après  les  et  inipc  isilioii-.  trOppenoid  ne 
portent    point    de    ir'gciuh^  cxiili.aliM's.  l'I    aucune  iiist  riplicui  iiinditpie    celles 


2<>a  LE      PALAlS-IlO\Al, 

il'fntre  «'llfs  (|iii  icpriuliii-^i-iit  les  inh-rieurs  (l";i|»|iarU'mi'iits  r()m[)Ost''s  par 
rarlislt."  pMiir  le  l'iilai-<-Ui)\al.  i,a  |ilii|iarl  pomlaiil  |hiimiiI  s'y  rappoilcr,  cl 
fllrs  nous  roiisoijjfiiciit  Millisaiiiinciil.  Li;  cliaiigt'iiioiit  capital  lui  (rahoitl  k'  lit. 
qui  fisst'  d'ilif  Cf  luoiuuufut  solfuuol,  iutuuuuoiU',  (h>  lit  ;i  la  IVant-aisi',  avec 
sa  rui'llr  (Il  pli'iii  salun,  tu'i  les  ilauies  recevaieiil  k-ius  visili'S,  couluuic  diui 
auliv  à;,'c.  Il  s'applicpif  ilûsoruiais  coiilre  la  nuuaillc  et  se  bloltil  IVilcusoiuonl 
dans  di'S  n  nichi's  »  ot  dans  des  alcôxcs.  l'uis  vicuui'ul  les  sii-j^cs  inf)olli'U\,  les  à 
dt'U\-sièj;es  «où  di'U\  anii>-  pt-UNCut  causci' dans  une  intiinilc  Icudrc...  »  l/i''l)é- 
ni>k'  (livsa-iil  fut  un  in;:('uii'U\  i-l  artif  auxiliaire  de  raicliitecte  dans  cotte 
traiisriiiiiialioM  du  uiukilier.  Klève  de  (lnysevov,  ayant  appris  a\ef  un  tel  maître 
.1  nixili'li'i'  le  ciiip^  lunnain,  lel  li.dtilc  Ihinnne  lut  pris  d<'  l'aniliil  i<  m  très 
nalinvlle  de  rehausser  de  li;,Mues  de  hron/c  les  coninioiles,  kineaux,  takies 
et  autres  lueuliles  ipii  surtaienl  de  ses  ateliers.  Son  succès  l'ut  inuuédiat.  La 
\o;,'ue  aiissitiM  le  pou^^a,  et  il  détn'uia  Hoidle.  I.ui-inrnie  a  pris  soin  de  imus 
«lire,  dans  les  catalo^'ui's  ties  xentes  ck'  ses  MMi\res,  le  j^'i-néreux  appui  ipi'il 
Imuva  dans  le  duc  d'CJiir-ans  et  la  hienveillance  accueillaide  de  ce  prince  pnur 
sou  talent.  Il  e-it  ceilain  ipi'il  exiTuta  une  ipianlili'-  de-  luaiu  nieuMe-  i|ii'(>ii 
adniirail  au  Palais- U.>\ al.  Mallieureusenient.  les  inventaires  ne  les  (ksi-.Mienl 
pas,  car  ce  u't'Iait  point  la  cuutuiue.  au  x\nr  siècle,  (h'indi(|uer  les  noms  des 
autours  des  cliers-d\en\  re  de  ce  m-,., ne.  M  faut  le  re^netter.  Imil  en  s'ellbrçant 
th'  retrouver,  à  lra\»'rs  la  licliesse  di's  descriptions,  la  marque  de  sou  j.'énie. 
Ouaufl  on  pan-ourt  le  recueil  où  (iuillet  île  Saint -(;eor;j:i's',  lexcelleid 
ft  patient  lustorio;:raplic'  i\<-  1' \(  adeniie  de-.  U<an\-\il-.  an  x\in  -iècle,  a  nniii 
tant  tk-  ilôlails  curieux  sur  les  arli^to  île  son  tenip»,  on  se  rend  compte  de  la 
\i\acili- dos  souxenii-s  laissés  par  le  duc  d't  >rleans  cliez  k-s  maîtres  du  pinieau 
«m  do  l'eliauclioir.  \  i  haipir  in-tant.  c'e-t  ini  liomma^'o  ;i  sa  mémoire,  ii  l.i 
sùn'lé  tie  son  ;.'oùl.  à  son  amahilili-  alVecluense  et  line.  Tanl.M.  en  lyo.').  il  va 
visiter  lo  poiriire  i'.ïi.  de  LaTosse,  en  train  d'i-vi-culer  la  coupole  cl   les   panaches 

«II?   rô^'lis4>  dos  luvaliilos;   il  uioulo  sin-  recliat'audap",  en   lianl   <l iinucMl. 

el.  loiit  on  causant  avi-c  la  plus  parraite  simplicité,  se  l'ait  evpliipier  le  manie- 
nii-nl  des  couleurs  à  frosipie,  ipii  n'i-lail  pas  alors  d'une  praliipie  courante  en 
l-'rnnro.  TaiilAl  c'osi  chez  .1.  .lonxenet.  dexenu  par.ii\ti(pie  tU-  l.i  niiin  dn.jle. 
ipi'il  va  |M»rler  ses  encoura;.'emenls.  en  félicitanl  laiiiste  sur  |,'  plalond  ipie 
cohii-ci  vient  d'aclie\er.  de  lu  main  ;.'aui  lie,  pour  le  l'arlemenl  de  Hoiien. 
l>'nu(ros  Tois,  il  se  rend  cliez  (Jérard  Kdelinck,  au\  (  iclicliiiv.  dans  relie  petite 
acadénito  s\  ncli\o  de  l.i   manuracture,  <>îi  ului-i  i  ilail    pi  (ilesscin.   I  n    p.  inliv 

.r  In  vie  ri  In  nuvrngn  dn  mrmliri't  de  l'Afiid^mir  riiyalr  dr  rfinliirf  rt 
'i'>«T«ii.i.)i^,  I,.  iH;ii«iKu».  I.,  Siiii.ii:,  l'h.  m:  (:iirMM'.\ii.ni;<>,  I'.  \U>r/.,  rlc. 
*  ""     ■"    '     '   "I     '  iiloiil  I.  I".  |i.  5.n;  I.  Il,  p.  \,  jQ.  3»,  5j,    i<i(i  ft   13;. 


m:     PM.VIS-nOYAL     sous     I,\     nKGF.NCE 


î63 


f|ii"il  \oyail  souxcnl  cl  aii\  CDiiseils  tliK|iiel  il  avail  iccouis,  celait  Dosportes, 
(Il Mil  le  fils,  dans  la  iiotiro  liio  en  ly'iS  à  lAcatltMiiio  sur  la  vie  tic  son  pèie, 
imiis  lait  connaîlic  le  (It'laii  siiixaiil  : 

Feu   Al.    le   due   <r()rl<'aus...    axnil    eu    souveiil    i-eeours   à   ses   ('IikIcs.    dans    les 
oecasions  dillleiles.  à  sa  main  ni'iiic.   pour  p(>indre  ou  relouelier  1rs   :iriiiiiau\  c|ui 


Hltiie  pour  U  dé 


hISMN    l\LI)IT    I>  ,VMOI\[:    i.i11'[:t. 
de  la  Galtric  d'Emc  au  Palais-Royal  (Collection  des  de 


du  Musée  du  l.c 


cntroieni  dans  la  coinposilion  du  snjcl  du  roman  jiasloral  Daphnis  cl  Chiné.  (|ue  ee 
prince  a  tous  inventés  et  exéeutés  de  sa  main.  Eu  1717,  il  lui  demanda  pour  une 
pièce  du  Palais-Royal  où  il  l'aisoil  (piel(|ii('fois  par  divertissement  do  légers  essais 
(le  cuisine,  trois  taliIo;iii\  doiil  il  dumia  Ini-uiriiie  les  siijels.  l/iiii  devait  être 
le  gibier  en  plume;  l'inilrc  di'  loulcs  sorics  i\r  li'iiiiiiics.  cl  le  lioisirinr  di'  viandes 
prêtes  à  incllri'  en  hroclie.  Tous  les  trois  furent  evtrèniemeiil  ap|)laiKlis,  cl  le 
dernier  suiloul.  mi^iiial  dans  son  espèce,  fit  dire  <à  Sou  Micsse  Uoy;dc  qu'il  falloil 
(pic  le  peintre  eût  ét('  dix  iuis  clic/  ],[  (iucidiois  pour  piipicr  si  liicn...  \  ers  le  même 
temps,  Son  Altesse  Royale  lui  en  couunauda  plusieurs  autres,  dont  les  deux  plus 
grands  étoient  composés  de  Heurs,  fruits,  animau.x,  architecture,  pour  le  château 
de  la  Mucllc.  rproccupoit  idors  M'""  la  dncliesse  de  Rerri'. 

Il  lauilrait  encore  si^rnjder  les  travaux  ([ue  le  duc  d'Orh-ans  donna  h  exécuter 
au  scidptcur  (iirardon    pour    le    Palais-Roval  :    à    (loysevox,    qui    lit    pour  lui 

un    liosjc   (le    l.diiis    \l\;    ,"i    l.ciMdMic.    laiilciir  du    Imslc  du    ^(■■^^cnl   (pToii   \oil 

I.    (Illl.lKT    liK    Sm\T-(;i:iiI((JI>,    I.    II.    |l.     loli-lii-. 


3(5',  I.i:     PALAIS- ROY  AI. 

au  iiuisiV  (le  \t'i-saill<'s;  à  Je.iii  l)u\ivi('r  t-l  .1.  IvIiih  k.  les  mi-daillours;  à 
Charles  Uoît.  rémaillt'ur:  aii\  graveurs  et  à  une  (iiianlil.-  daulic'^  artistes. 
Tous  les  portraitistes  eu  reiioiu  «le  l'époque  l'iirciit  appeit-s  au  l'aiais-Uoyal 
pour  V  retraeer  les  traits  de  la  raiiiille.  Santerre  peignit  non  seulement  le  beau 
portrait  tlu  ilue  a\ee  >a  iiiaîlif-se.  M""  de  Parahère,  sous  les  traits  de  Miiu-rve 
(reproduit  iei.  page  a."».}),  mais  encore  ses  lilli-s,  la  duehesse  ck'  lieriN,  dans 
son  enfance ',  M"'  de  Chartres  (l'abhesse  tle  (ihelles),  deux  fois',  la  thuhesse 
de  Mi«d«ne'.  penl-rire.  Quant  à  sa  sixième  filli-.  M"'  di-  Reaujolais,  eili'  lut 
pt'inte  par  Nallier.  tpii  lit  également  le  portrait  de  la  mrre  de  celle  princesse. 
Kn    i-i(i.   le   tluc   d'Orléans,    rpii    avait    <léjà    un    portrait    de    lui    par    Uigaud, 

exécuté  en    itl''^<(  et   p.ivé  alors  5oo  livres'',  —  lui  en  dcmaiiila   ini    non\i'au. 

Il  est  représenté  dans  tout  l'éclat  et  la  force  de  l'âge,  avec  ce  teint  IuimiI  par 
le  soleil  d'Kspagne  «lonl  parle  Madame,  la  ligure  assez  large,  iii;ii-  d'un 
a"réal)li'  o\ali-,  la  piirmpK-  d'un  Moud  ciiidn'  et  lr-<  nciix  dune  inlinii' 
douci'ur.  Il  porte  un  \etcment  écarlatc  a\ec  la  cuirasse,  et  le  jaltol  de  dentelle 
né<'li"emnienl  noué  .autour  du  col.  (pie  LeinoMie  a  mis  :uissi  dans  son  Imsle. 
el  qui  s'acciirde  si   \,'u-ii  avec   la  dé-invnlline  légère  du  personnage. 

A  cette  lieuit  de  sa  >ie,  c"esl-;i-dire  dans  l.i  première  année  de  la  inni  l;i 
malion  de  la  ilégi'iice.  le  duc  «l'Orléans  vov.iit  s'ouM'ir  devant  lui.  idunni- 
en  un  épanoni>s,MieMl ,  la  plus  liillc  cniière.  .leinie  encore.  pnis,pri|  n'avait 
que  qn.'uanle  et  nii  .ne^,  niailu-  du  pouvoir,  aimé-  et  .idiniré',  avant  loni  ce  (pi'il 
l'allail  ponr  gouverner,  danlani  plus  fort  cpie  les  opt-rances  de  font  un  peuple 
se  ron<enliaiiiil  sm-  s;i  |é|e,  quelle  partie  il  avait  à  joner!  Mais  dij.'i  le  princi' 
né-lait  pln>i  <ap:d»l<'  de  diiiger  sa  de>lint'e,  mordu  an  co-ur  p.ir  une  f.il.ile 
passion,  entiaîm-  par  les  ni.invaises  haliiludes,  sultmergi'"  dans  le  vice.  S.i 
pnHsioii,  ce  fut  sn  lille,  la  duchesse  de  Iterrv.  (juaiid  avait-elle  commencé? 
A  son  retour  d'Kspagni-,  en  t'ixj.  peu  de  temps  avant  le  maria;.'e  île  celle-ci. 
Michelet  a  dit  que  II  c'é-t.iil  le  diahie  sur  ses  genoux».  Illle  n'avait  alors  ipie 
ipiatoiT^e  nii.H  el  était  hvsteriqne,  demi-folle,  u  l.a  pimilion  in!  cinelle;  il  resta 
|Miur  loujnur"*  serf  et  la  ch.-n'ne  ;mx  pieds'',  n  (  !e  qni  es|  plus  grave  encore, 
il  ne  v.'mtr.'i  dims  la  fan;;!-.  N.iinemenl,  il  eut  depuis  m.'ulresses  snccé'd.'mt  aux 
ni»lln'««s«^.  C'étiiil  pour  tronqwr  ses  sens.  I/miiqne.  radmée.  resia  sa  lille. 
Iji  dilclieH«M'  ta  mère  le  coiiq)ril-elle?  KsI-ce  pnnr  cela  qu'enlie  les  deux 
fennueM  é-elata  une  haine  furieuse.''  Ku  tout  cas,    l,i    pilncesse    Palatine   ne    vit 

I     \ii   mii«V  lie  VrrMlllr»,  ii°  1011  du  cnlalnuiir  Soiliû. 
"    '  '"Il 

■  Il  i|iil  r<>l  II   Vrnullln  n'o*!  |ia«  ilo  Smilrrriv 

I   l'i    S4iKT-(iRnli(il;«,  I.  II.  Klal  KriiiTiil  ili-^  |Hirlrnil<  iH-iiili  pur  n*  ni.iiliiv 
j  ''    iMirlrall  rilr  |itii<  liant,  illl  ikiiirlatil  i|u  il  mnil  ■■  \r  |Hiil  imii  ri  In  |h'i  nii|iii' 

(le  iim'i' 

•«     U „ ■/,•  hniiu-r.   I     \IV,  |i    <W. 


LE    PAr,Ais-noY\i,   sous 


i.A    ni:GE\CE 


36c 


l'cini  par  J.  Pal 


VEM'S  QL'I    SE    PEICNE 

(Tableau  de  l'ancienne  Galerie  du  Palais-Royal) 


rien,  ne  soupçonna  rien.  Madame  piiile  lr;in(|iiilleMienl,(lans  sa  (Dr/rs/xifit/ti/irc, 
(le  eelle  adeelion  ardenle  du  l^éj^cul  pour-  la  duchesse  de  lîerry.  siu-  un  Ion 
iniKKi'ul,  couniic  s'il  ne  s'agissait  (|uc  diiii  prie  (pii  ::.We  Imp  son  rnCuil. 
Les    libelles   ordnriers    (pii    \eiiaieul    jii--(|ir,'i    se-;    (iiciiii'v   cl    pidiiicpir ni    lui 

T.     I.     LE    PALAIS- ROTAL.  Il 


t566 


LE     1>  M.  \IS-  U()\  AI. 


^Uf 


ili'Noil.iiciÉl  l;i  lioiili'  iK'  ccl  iiiccsli',  iil-  l\''claiiri(iil  iiirmc  |i;i-.  I;i  l.iissaut 
iiuivdiilc.  lue  pliiasc,  poiiilaiil .  (|m\'I1c  lai-^si-  (■■(•lia|)|ici-  (|iicIiiii(-.  jouis  a|)r('s 
la  moil  di'  sa  pclito-lillo  cii  dit  long.  Kilo  y  drclarc  quCllf  csl  ((nisolt'c  de 
sa  pt'i-U-  à  caiisi'  de  biiMi  dt'S  choses  qirollo  a  appiisi's  u  cl  ipii  wk:-  peuvent 
sWrii'c  » '.  Les  di'liaiiclics  de  table  du  père  cl  de  la  lille.  Ions  di-nx  s"eni\iant 
lie  clianipagne,  élaieni  de  noioriélé.  Madame  eile-niènie  en  paiic  cl  raconic, 
par  eveinpie,  dans  une  lellre  du  \\  dt'ceinin'e  171 '|,  eoinniciil  on  \inl  Ini 
appicniiic  ijuc  son  lils  \cnail   de  s"c\anonii-  dans  sim   apparlcnicnt   cl   paiaissail 

elle  à  la  niorl. 
Mlle  accourt, 
pâle,  anxieuse, 

et    \oil    le   dnc 

SiKiialiiic  ;iiil<>''i:ii)lio  du  duc  d'Orli'nns,  en  171.").  ,.,  . 

^  '  '  son     lils.     les 

Irails   indlcincnl   ddails   et    a\anl    lair    iXi'    riic.    <(  Il    n"a\oil    rien    en.  »    dit-elle. 

«upiini  r-vanouissenicnt,  (pii  pro\enoit  de  ce  (pi'cn  d(''pit  dinie  lon\  ahoniinahlo 

il  a\oit    niaii;.''!''  connue   un    loup  elle/  sa   fdle '.    cl    a\oil    lin   encore    da\antai;(', 

connue   cela    se    prali(pi<'    louinins    là'.»    |/c\ccllenle    saule    du    dm-    d  (  hli'ans 

lie    V,.   rcsseidail    indleiucnt    de    ces   i'\cès.    cl    ci'iail    ini    niallieni-,    car    il    n  en 

\o\ail    pas    le   daui:-ei'. 

hall-  II'-  premier-  teinp-  de  son  poinoir.  il   -c  mil    ponrlanl    ('neriiiipiemciil 

au   lra\ail.   et   a\cc  une  telle  ardeur  tpie  sa  luèiv  a\ail    pi'ur   (pi  il    n  en    tomliàt 

malade,    "  lar    il    ne    pourra    sonlenir,  »    dit-elle,    "  inif    ociiipalii  m    aus-i    pro- 

lonjft'c''."    Mai-   le   pli   l'Iait    pii-:    il    lui    lallail    de-    plai-irs,   et    \oi(i    rc\islcnce 

ipie.  dès  raimi'e  171(1.  il  mi'iiail  an  l'alai-- l\o\al.  ('."est    Saint -Siuioii  i|ni    lams 

eu   liace   le   lai)li>au  : 

Toiiles  les  innlinécs  ('liiiiiit  li\ri'c-  aux  allairc-.  et  te-  tlitlViciilcs  -(ules  (rafiaires 
aMijciil  jciu' jiinr  el  Iriir-  liciii'i-s.  Il  les  cdiuiiieiiçoil  seul  a\aiil  lic  -'li.iliiltcr.  Mi\oil 
du  luiMidr  .1  son  icM'r.  cpii  ('•loil  court  el  loiijuiirs  préci'di'  cl  Mii\i  d  iiiidiciiccs 
aii\i|iiell(>s  il  perduil  Iteaiiciiup  de  l('iu|is:  puis  ceux  (pii  étoiciil  cliar^<'-  |iliis 
direcletiieiil  d'allalres  le  Ifiioienl  successiM-iueiit  Ju-ipi'à  <\v\\\  lieiirc-  après  iiiiili. 
deux  là  l'-liiieiil  les  cliel's  des  Conseils,  l.a  \  rillière.  liiciilc'il  aprc-  l.clilanc.  (Imil 
il  se  sersiiil  pour  lieaiicoiip  d'i's|iiiiiuia;:es  :  -ouncuI  TorcN  pour  le-  Icllic-  de  \\\ 
pi>'»lc;  ipii-lipn-l'iii-  je  niaréi-lial  de  \  illein\  pour  piall'cr:  une  t'ois  l.i  -iniaiiir,  Ic- 
IllilliHtres  •'•lliui;;ers,  ipielcpiel'ui-  Ir-  (ion-cil-,  t.i  iiic--c  d.iti-  sa  cli.ipitlc  en  p.iili 
(riiliiT,    ipiand    il    éliiil    l'èle    ou   diiiiaiiclic.    Les    preiuiers   temps,  il    .se   levoil    malin. 

I.  (:iirrr»iMiiiiliiiii-r  ilf   Minliiiiii',   I.    II.   p.    1 'i;i. 

1.  \ii  l'nlni^  ilii  l.iixciiiliiinrK  ou.  di-|iui<t  m)ii  iniirlii^r  iimt  Ii' dur  di-  HiTry.  Iiid)ilail  lu  iIucIii-nm'. 
a«ii-  un  Inilii  de  iii;d'Miii  iiiiriiynldc.  lilli-  iixiil  près  di>  liuil  (-culs  iliiiu(>sli(|ucs  ri  nlllcli'rs  de  tnulcs 
M>rl>-«  Su  ni.ii^iii  dr  l.i  Milrlli',  lui  lluin  de  ltiiulii;;iii'  (lit  Meule  d'aliord.  pui<  la  \lii(lli-,  la  dl-rrélel. 
iiu  elli-  .•!  <  lu   |X'ee  idiali-id   '«■uteul  sVlirenner,   élall   délieieuseiueiil   décDi'ei'. 

3     (;..rrc4/«ifii/<i/iir  i/c    Mnilium-.    I     I".    p.    i.'i'i, 

V    Leltie  du    77  ^-pliiulMi     ,     f  . 


LE     PAr.AIS-nf)'^  \  L     S<1US     1.  V     UK(;KNC.  K 


>f.: 


ce  qui  se  ralenlil  peu  à  peu  el  devinl  après  inoitiiin  cl  lanlil.  sui\;inl  quil  .s'ôtuit 
couché.  Sur  les  deux  heures  ou  deux  heures  el  (liinic  Inul  li-  iimnde  hii  voyoit 
prendre  du  chocohit;  il  causoit  avec  la  conipaj.'iiie.  Cela  «iuiait  si'lori  cpielle  lui 
plaisoit;  le  plus  ordinaire  en  loul  nalloit  pas  à  demi-heure.  Il  rentroit  el  doniioil 
audience  à  des  dames  el  à  des  lioinuics,  alloil  i-jic/  M la  ducliessi'  d"t  tricaiis.  pins 


MKL'IILE     d'appui 

(  Époque    Ju    la    Rigciicc  ) 

iravailloit  avec  quelqu'un  ou   alloil    au    Conseil   de    llégenee;    quelciuelois   il   alloit 

voir  le  roi... 

Après  le  Conseil,  ou  sur  les  cinq  heures  .lu  soir,  s'il  n'v  en  a\..il  point,  il  n'étoit 
plus  question  d'aiVaires;  c'étoil  l'Opéra  ou  le  Luxemi)our,i'-,  s'il  ii'x  avoil  élr  avanl 
son  chocolat,  ou  aller  chez  M"-  la  duchesse  d'Orléans  on  (piehpiefois  il  soujx.il, 
ou  sortir  par  ses  derrières,  ou  faire  enher  eoinpa-nie  par  les  ni.-n.es  derrières, 
ou,  si  c'étoit  en  belle  saison,  aller  à  Sain!  (.|n„d  ou  m  danhvs  .-auMia-nes,  lantôl 
y  .souper,  lanlôt  au  Luxembourg  on  ebr/  lui.  (hia.ui  Madame  éloil  à  Paris,  il  la 
voyoit  un  moment  avant  .sa  messe.  H  (luand  .llr  .'loil  ;.  SainI Cloud.  il  all.ul  ly 
voir,  el  lui  a  toujours  remlu  beaucoup  de  soins  .•!  de  respecl. 

11  aurait  fallu  .pi'ii  v  eùl,  à  ce  M.umc.,1.  des  frlc<.  .les  r.V.'plioiis  ..llicielies 
au  Palais-Koyal,  le  n.ouv.Mn.Md  p..!ili.pi.>  -lu.-  .•o.upoHail  la  silualion  .lu 
Régent,  elqui  en  aurait  fait  la  Nérilal.ic  cour  .le  l'ra. ..•-■.  Il  us  rn\  nm  .!.■  luul 
cela.  Comment  la  .Im.^Ii.-ss..  .l'Orl.^aus  aurail-.-ll.-  .nuM-nli  à  .in.p.^^.T  la  lali^ue 
et  IVunui  (le  tenir  un.'  .-..nr.  .■Ile.   si  in.l.denlo.  .p.i  se  l.'vail    lar.l.  .e  o.uel.a.t 


3tiS 


i.i:    I'  VI.  VIS- m  >^  VI. 


iK-  IddiiH-  liciiic.  pivlfvlail  loujdiiis  di-s  iiii;:i;iim's,  s"i'\il;iil  IdiiIc  toiM'C,  et 
niiviiil  iiièmi'  ]m\-^  le  coiira^n"  daccompii;.'!!!'!-  sa  Ih-IU'-iik-ic  jus(|ii  au  (ninriil 
où  .sa  lillf.  l'alilii-sse  de  Clielk's,  |iiciiail  le  voile;'  (jiiaiil  an  Hi'piil.  il  ne  se 
souciai!  ;.Micif  imii  plus  iriine  vii-  qui  lauiail  |tii\é  de  la  juie  d"é(liap|)ei-  aux 
all'aire^.  le  suii-  venu,  apiis  une  journée  de  ie|ii(''senl.ili(Mi.  lui  qui  iiiiMiTait 
lie  preiidie  ;i  deux  lieures,  ((iiiiine  preniier  repas,  au 
iiKiiueiil  oii  (nul  le  inonde  dinail.  qu'une  simple  lasse 
«II-  elioeolal  pour  èlre  plu-  \nl  lilire  el  pouvoir  mieux 
souper  a\<'e  ses  l'ainiliers,  ses  niaiiresses  el  si's  roues. 
I  II   seul   repas   par  jour,    pouivii   cpiil    l'ùl   h  liarrieadé  », 

(" !•   dll     Sailli -Sinioii.    dans    >cs    pclils    appailenienls 

du  Palais- Koval,  avec   dt-l'eiise  si   rormelle  de   le  deranirer 

ipi'il   elail    innlile  d'essaver  de   percer  jusipi  à    lui.    inèuie 

pour   les   all'airi's    i.  qui    auiaii'iil    le    plus   dan;.:('reusi'iiienl 

inl«'"resv|.    |'|;i;i|    (m   ^..i    |iersonne  ».    (  ie    ne    lui    doue    inie 

l'are   e\eeplioii     >i,     dnranl     la     IU';reiiee.    s'oiiv  lireiil     les 

glands    .'ipp.'irleiuenls    du    l'alais-Koval    1res   S()iii|)lueuseiiiinl    niriiMi-    il    qui 

rureni  iiidiellis  a\e.-  laiil  de  di'penses.  La  visile  de  renquinii   de  lUi^-ie.   l'ieiri' 

lediaiid.  l'ii   1717.  cilles  de  ipiehpies  ainliassadeiii -.  loiiiiii.    M.  In  niel  -  l'.ITendi, 

011  M.  de  K<eui;.'-reck.  en    i7>i.  ou    hicn  le-  l'rlcs  doum'-es  lors  du  iiiaiia;:e  de  sa 

lilli-,    M      de    Monlpeiisier.  avec   le   liiliii    roi   d'INpairne  (  ■>  1    noveinlire    17>II.  el 

auxquelles  assista  le  jeune  roi  Loui-   \\.  Iiiivnl  îi   piu  près  les  seules  occasions 

ofi    le    i'alais-l^i\al    prit    n'-i-ll.  111(111    des    allures   de   cour.     I.e    resie   du    l.iiips. 

quoique  la  société  \   l'ùl   luiilanlc-,  assiireincul,  el   noinhreuse.  c'elaieul   loiijours 

inènies    visap's  et    luéuies   liahiliides,    sans    friands   dîners,    sans    hais,    sans   ce 

cén-iiHMiial.    .1 uol.    qui    avait     lait     le    ;.uaml    ecl.il     de     \  cisailles.     Si    la 

(iuclii'ssc  dtilleans.  ain-i  (pir  l-  dis.iij  M.id.nni'.  ne  savail  viviv  ipii'  connue 
lliif  ilucliesse  el  non  coiuiui'  iim-  primess,-  du  s.inir.  if  Ui'p'iil.  lui  ui>u  plus. 
n'avait   pas  l'exisleiicc  «le  s.i  liaiilr  silu.iliou. 

\   part   qiielipies  évé<nenienls    |ioliliqui's    qui    , n.  i.nl    di'    liiiips    ,1    .iiilrc 

un  rerlaiii  liouillonnenienl  auloiir  du  l'alais  Hoval  diiraiil  lis  Imil  aiuiees  de 
In  Uép-rue  (citninie  l'anivé-e  en  corps  du  l'ai  I.  iihiiI.  l'allaiii-  de  la  1  oiispi 
rnlHMi.  etc.).  Mil  certaines  circoiislaiii  rs  p,u  liculiéres  (le  sacre  du  cardinal 
Oiilxtis,  par  i-\einpl<-.  qui  donna  lieu  .'1  un  dîner  olllciell,  les  lails  liis|,,|  j.pics 
«IkiiI  le  MHMIinnent  fui  le  llié-àlri'.  se  |)i»nielil  donc  ;i  p<u  de  cliose  diiianl  c.lle 
|M-iiodr.  l.«-n  .Hi-uls  qui  oll'rinl  un  inti-rél  se  r.ippoitenl  .lUx  disiudies  provoqués 
par  lii  lmui|Ui'  de  l.avv.  On  s;,i|  , ,.  ,^^u■  |,,|  ,  .•  linaneiei  pour  I.  due  d'(  Irlians 
cl  ciiHunenl  son  <»)<<lèine  loin  na  un  nionn  iil  loiij,  >  les  lélis.  Il  n  v  .iv.iil 
iH-r-oiin.     p,iii..i    I..,    s,.,-^i|,-ii|-.M    du    lU-j^eni.    .m    l'.dai-    lloval.    qui    ne    voiilùl 


LK     PAI.  US-H(t^  AI,     SOLS     I,A     HiaiKNCE 


suz^^^E  extkb  les  iieux  vieillards 

lT.>Mwu    Je    l-.,nc;cr.nv    Galcnc    du    P.ilaîs  -  Roy.,1  J 

pnililcr  (1rs  ri'l.iliiiiis  du  li;iiii|iil('r  avec  Iciir  ni.illic  |i(tiir  s'i'iir'icliir.  Les  plus 
^'■laiiilr-.  (laiiir--  l'aisaiciil  iiillli'  hasscsscs  |iniii-  làclirr  d  a|i|ini(li('r  sciilcnu'iil 
l'Iloimiir  (liiiil  elles  alleiKlaieill  la  l'ollmie.  1  .e  li\ell  lui  letlilile.  (Iliaild 
le  l'ai'ienieiil  eu!  di-crc-h'  Law   de  [irise  de  i(ir|is,  le  peMple  exaspère  se  decliaîiia. 


I,E      l'AI,AlS-nO\AI. 


I.i-    1"   jiiillfl    I7'iu.  niR'  r<)iilf  L'iiuiiiR'  SI-  |iit(  ij)i(,i  ;i   la  l);m(|ii(',  il    il   \  cul  dl\ 
ou  «lou/c  |u'rsouiic's  t'tnullï'i's. 

On  |i(.il;i  liiiiiulliiaiiiiiiriil  trois  ilc  fcs  corps  lumls  à   la   poric  tlii   Palais    luiyal. 

iiii   le    peuple  ^tiultiil   ciilrcr   à   «^'rands  cris,  dil  Saint-Siuion.  Ou  lit  proiiiplcnicnt 

marcher  un  tlélaclionienl  dos  cnmpafruics  de  la  (iarde  du  mi  aux 

Tuileiies.   La    \  rillièrc   cl    Lehiauc    iiai'auj.nièreul    séparéuicul    ce 

peuple.  Le  lieutenant  de  prdice  y  accourut:  on  fil  venir  des  bri 

i.'ades    du    ;:uel.  Ou   lit    après  euiporler   les  corps  uiorls,  et    par 

di'iiceur  et  caj<deries  ou  vint  à  bout  de  renvoyer  le  |)eu])le,  cl  le 

di'iacbenieni  de  la  (iarde  du  roi  s'en  retourna  aux  Tuileries,  .^ur 

11-  dix    licures   du    matin,    ipie    tout    cela   fiuissoil,    Law    s'avisa 

•  daller  au  Palais- Koyal  :  il  reçut  force  iuiprécatituis  par  les  rues. 

.\I.  le  duc  d'Orléans  ne  ju^^ea   jias  à    propos  de   le  laisser  sortir 

Je.  I  <, m:.  gt4,cc»)  ,|j|  Palais   lloNal,  où,  deux  jours  après,  il  lui  doruia  un  logement. 

Il  renvoya  son  carrosse  dont  les  j,'laces  furent  cassées  à  coups  de  pierres.  Son  logis 

lut  allai|uc  aussi  a\ec  ^'rand   fracas  de  \itres. 


f!ellc  invasion  du  l'alai-- Hn\al  ne  donna  pas  à  nllé'cliir  au  l\('i;cnl,  tiui 
conliuiia  di-  \i\i('  coiunic  il  lai-ail  Iniis  les  jours.  Iia\aillaid  jiiS(|ii'à  ciii(|  licuivs 
cl   lonsacranl    le  reste  de   la   soirée  à   ses   roués. 

Les  faineuv   soupers  se  donnaienl   an    l'alais-Koval.   dans   les    pelils  appar- 
lenienls    situes  an   rez-de-clianssé-e  de    la    grande    ^^•dori(•   (|ui    lonjjcail    la    inc 
Iticlielien.     I.a    ciinipa;.''nie    nt'-tail     |)as    l'oil     iiond)rense.     mais     toujours    fort 
élran;re.   ilil    Sainl->inioM  :    daJMud   le-    mailiv-ses    du 
he;.'enl.    ipi.lipic  fol-,    une    Mlle    de    rOpi'-ia.   souvent    la 
dncliesse  de   l<err\   (|ni,  ;i   sa   propre  lalile,  ne  dai;,Miail 
accueillir  (pie  des  princes  du  san^',  cl  «pii,  l;i,  acceplail 
une   pareille   pioniisenile:  i-nlin.    une  don/aine   d  liom- 

*>.  lanl.M    les    uns,   lanl.M    les  anires,  «pie   sans  façon 

\f    prince     ne     noiuinail    jamais    aidrenu-nt    (pic     ses 

rowr*  (ili<.'nes  du   -iippli(  e  de  la    lonel.  Celait  Hro;,die, 

Taillé  de  celui  (pli   inonint   mareclial  de  l'raiice:   Noce 

et   (plaire  on  (  inij  de  se-  idliciers,    non  de-  pieniicrs: 

le  du.    de  nraiicas,   ((  la  (  aillelle  ;:;ne:  ..  Canillac.    ..  la    ,aillelle   triste:.,    le   liean 

l-'arp-H,   Im    l-are.  (ionlaud- hiron.  cic.  M-  ,],■  Paralure.   la  «  snllane-i  eine  ...  ;i 

|inrlir    de    1717.    (pie    le    Hép-nl    noininail    -on    «petit   corlieau    noir  ■■    ipiaiid 

il   clail    iiii    |in>iiiier   \erre    de    (  lianipa;,'iie.   et    -on    ..gigot.,   au   d.inier.    faisait 

miinelll     les    lloilliclirs. 

l'ai  mi    la    foule,    deo    1  liaiisoiiH   et     les    libelle-    ipiou    f.iisail    conrii     .ilors 


(ijollcction  des  pierres  f;r4V^cs) 


L  APPLICATION    DU    IIEGENT    ALÏ    AFFAIltES 
Gravure  poriilairc  (Biblii>tliù<)nc  nationale.  Colleclion  Heiiiiiii) 


g-q  I.K      PALAIS- »OY\L 

>iu'  «l's  («r^'ii's.  je  n'en  cilcrai  i|ii'iimi'  pour-  iiioiilivr  à  (|ihl  Imi  il.iil  iniinti'- 
l'i-spril   sulirii|iii'  : 

riiili|i|H-  o>l  iiii  jiili  gaii.-on 

(Jui  se  soûle  coiiiinc  un  coi-lion, 

1^  soir,  a\ec  la  l'aialièrc. 

Ijiiic  la,  lairc  Ion  laire! 

Sa  n^rosse  lille  est  du  tiio. 
Elle  joue  la  niaf:ni  magno 

Avec  son  propre  père. 

Laire  la,  laire  Ion  laire! 

I)  aulro-  Iriiiiiii-  M  ii.iiiiil  aii-'^i.  la  iiii(li('>i-;f  de  (îcwros,  di^-ru»  t'pdiisc  du 
"Oint'riH'iir  lit'  l*aiis.  ipii.  iii  niar-c  du  |ii(i-i  anime  des  l'êtes  de  jaiuier  iy>i. 
écrixail  :  <<  H<'aii<-.>iip  lu. ire:  »  \l  d"\\eiiie-.  \1  de  Saiuaii.  el  le^  Mlle-  de 
l'Opéra,    l-iiiiilie   S..iiii<,    la   petite   l,(i<>\'.   etc. 

I.a  chère  i'X<pii>e,  ilil  erieore  Saint  Simnn,  >'a|>prèloit  dans  <les  erMJnnls  laits 
exprès,  (le  |)iaiii  pied,  dont  Ion-  les  tisiciisilcs  éloit-nl  d'ar),'ent:  in\  même-  mettoient 
souvent  la   main  à   l'ieuxre  a\ee  lo>  eui-iniers. 

llii  ,1  Ml  pin-  liaill  le  ipi'a  dit  le  Mis  du  peiiilie  De-pnries  à  ce  •«iljet. 
,.|    ,|,|e    je    Hii:eiil    -e    pii|liail    iili-Mlèiiie    de    eiii-iiiei-   eeilailis    pl;it<.    (  diaiid    on 

aNait     liieii     lui.    ipiMii    el.iil     liieii    ('•eh.inlVe.     i     di-nil    de-;    ordiiie-.    ;i    '^m-fr^ 

dt-p|i>\<-e  —  e'e-t  liinjuin-  "^aiiil  -  Simnn  ipii  p.iiK- —  el  de-  im|iiélés  ;i  qui 
mieux  mieux:  "l'ii  ^i'  mnipiail  des  miiii-lie-,  un  se  laci  ailail  le-  -«eaiidales  cl 
le-  lli-lc'ile-  le-  plu-  ^'ia\  elell-es,  tiil  liieii  même  nli  -e  diMm:iil  de-  lepiê-sen- 
l.'ilintis  rxniipie's  de  t.ilileaiix  Nivaiits.  I.es  iliroiiiques  eiiuleuipiuaiiies  ikuis 
oui  couscrxé  la  ileseï  iplioii  du  Jii<^i-niinl  tir  l'iiiis.  re|»ivsenle  d"a|)iv-  les 
biis-i-i'lii-rs  iin(it|ui'H  a\ee  un  ii-alisme  .ilisoln  pai  .lnn«>n  r.n.diêie.  Nenii  — lieiix 
«•l  Miiieni'-il"  \venii's'.  Dans  >es  iimIIs  uii  piii  linp  a\eulmenx'.  Smilavie 
nironle  que  skum-uI.  peiidaiil  le-  fe-iliiis.  ou  flei;:iiail  les  hoiiiries.  el  tpie,  le 
ilur  il'C  >rléJUiH  plaeaiil  «les  ILuiiInanx  allnnus  dans  une  aiiuoiie  disposée 
il  cet  ellel.  eu  oinrait  toiil  il  l'iuip  les  deux  li.lll.iuls,  de\oil.ilil  ailisi  eu  llll 
iiiHinill  <i  (Ir  ;;nili)ls  sériels  ii  la  (•oiiipa;.'iiie  ».  |,e  U«-;,m'|iI  ii'elail  pas  dillieile 
"♦iir  II*  rluiix  ili*  ses  iiiail|-i'H.H(>S,  c'esl-ii-dire  celles  qu'on  poiiirail  appilei  de 
rinuii<«ljiiice,  car  M~"*  de  ParalM'ir  el  de  S.ilir.iu  el.iieiil  exliêiueiiieul 
jolicH,  «l'iiiinil  (|iie  les  datiM-  -oieiil  de  Iikiiiic  limuiiii.  (pielle-  lioi\eul 
ol  liinil|,i'llt  ^inilùiiieul.  ••!  qu'.lles  -oient  li.iiehe-.  ell,-  ii.inl  pa-  he-oin 
irnvoir  «Ir  la   iHraiilé,  »  dit    Madame,   qui.   d.iii-    un   aiitie  p.i— a;.'e  -m    le   mênn- 

1.  < •■'■' •'■■■' -■  •    ■••  '"•■ 

,    I  ■,  1M7V  •»  vol  .  '   <•'■  !»•  i<it-*«5. 


iMv-iKi'^M.    SDis    I.  \    ni;(;rN(:K 


sujet.  (■•«•lil   ciicoiv:  .>.lc  soiiliciis  :\    mou   lils(|U('  (k-  sa  vi<'  il   ii",i   ('lé  aiiiouivux 
ft  eue  -ou  auiour  iir   cousislc   ipic   «l.ui-  ht   (h'IiiMiclu".    Il    ic'|iouil  :    «Il    est  \rai 

»  (luc    je   ur  siuuois    rliv   un    Ik'tos    de  loni.i |Ki--ionn/'  roiuuic    Céladon, 

„,„,n.  j-aiiu.'  à  uia  n.o.i.-...  .le  .v|.ou.h:  ..  \ol.v  dr  .-1  ij-.illcr  .■oiniuo  à  vniro 


l'cii.t  r-ir  Ai.loinc  \Vj 


Gr.nO  p.ir  J.  Coicliù 


Li;    IIAL   CIIAMPËTnE 
partk-  lie  l'ancienne  Galerie  du'Palais-KovAll 


»  fliaisc  ])OiT(''(' 1).  Il  lil  loisquc  je  lui  dis  f(>lii'.n  Am'c  lui,  il  lallail  (juc  u  loul 
allai    t;unln)ui-    hjillaiil",   sans    la    uioiudrc  izal.anloiic.    L'ii   .jouf.   cela   lui    coula 

clici-.     il    di'siiail      \i\iuiiMl      M de     L;i     Koclii'l'oiic.iuid.     dil-oii,      la     i'cuunr 

d'un  des  ollicicrs  de  la  duchesse  de  HeiTV.  Celle-ci,  plus  iilierliue  encore 
(|ue  le  Ué'renl,  altire  celle  diiine  ;ui  Luxembourg,  ol,  pour  eu  lacililei-  la 
prise  à  sou  père,  la  i('u\erse  piu'  surprise  eu  iiri'ièrc.  Tandis  qui»  la  vidime 
récalcitrante  se  di'liai.  la  poiule  Mue  de  sou  soulier  atteint  le  prince  à  Id'il. 
C'est  ce  que  Ducio-  .ippillc  un  coup  dCxenlail  .  Le  duc  (LOrléims  n'eu  l'aillil 
|ia-   moins   perdre  ccl    o'il,    e|    en    sonlTril    lon^;li'mps. 

I  II    l'ail    i-emar(pi,ilili\         loiis   |cv  memoi  iall-le-   l'ont   couslali'-,  —  c'est  (pie, 
diiiis   ses  or;jie>,   ipiel  <pie   lui    r('lal    d'i'lii  ii'le  t\\i    prince,  j;uu;iis   il    lie   s'ouliliii 

I.   ('.iirrcsjiiiniUini-c  ilr  Minluiiir.   I.    11.   p.   2;>'i. 
a.   l>ucLi>s,  Méiiiiiiri'H.   I.   I'.   p.    117 

T.    I.    LE    PAL*IS-nOT»L.  35 


.,y',  LE     PAI.AIS-ROYAI. 

jusqu'à  laisser  riou  savoir  du   '.'■ouNornemciil    <l    di-<  ;ill;iin-s  à  ses  lour-^  ou  à 
SOS  niaîti-esst'S.  C'csl  fiicore  un  avantage  quil  (  ul  >ur  Louis  \I\  . 

Ses  maîtresses,  a  dit  fort  juslt'in.iil  M.  ilc  Lcscure".  il  ne  les  a  prises  à  per- 
sonne, et  il  se  les  laisse  prendre  volontiers;  il  les  entretient  lui-même  et  ne  les  l'ait 
pas  entretenir  par  la  nation...  Si  le  Palais-Royal  est  ouvert  à  ces  joyeux  convives 
des  deux  sexes,  les  Tuileries  leur  sont  à  peu  près  fermées.  Le  Régent  ne  soullre 
gut're  autour  du  jeune  roi  que  celles  que  leur  naissance  leur  permet  d'approcher.  11 
installe  M"'  de  Tara  hère  à  .Vsnières,  M"'"  de  Sahran  à  Sèvres,  M"""  d'Avcrnes  à  Sainl- 
Cloud.  Au  premier  grognement  de  Dubois,  il  s'enq)resse  de  renvoyer  cette  dernière 
de  Versailles  où  elle  s'est  glissée. 

(i'csl  à  M"  <r  Avcriics,  ipii  sut<(''(la  à  M  "■(Ir  P.iraLrn-.  que  l'Iiilippc  d'Oili'ans 
donna  nue  gariiilun-  de  Loulous  de  rolx'  de  plus  de  inn.ooo  livres.  Ce  n'est 
là  qu'un  e\cnq)li' entre  ceid  de  ses  largesses,  car  il  savait  donner  non  seulement 
à  ses  maîtresses,  niais  à  tout  le  monde,  et  en  toutes  occasions.  A  Voltaire. 
il  envova,  eu  décendtre  1717.  «en  considération  d'une  liagédie  sur  le  sujet 
iVdùlipf.  ■!  une  MH-dailIc  d'or  du  prix  de  700  livics,  représentant  d'un  cote  lo 
portrait  du  loi,  .1  d.'  l'aulrc  le  sien.  Le  piincc  allail-il  à  (piel([ue  cérémonie, 
à  un  Laplème,  à  un  mariage,  c'était  poiu'  lui  encore  pn'ievle  à  cadeau.  Au 
mois  de  seplendtre  1717,  ayant  lerui  sui-  les  fouis  iia|)lismau\  le  lils  de  l'andjas- 
s;nlriee  M""  de  UiLeyra,  il  olViil  à  la  mère  une  paire  de  Loncles  d'oieilles  de 
l3,oo<)  livre-.  Il  est  \i;ii  (pic.  dans  ce  cas,  c'est  le  trésor  roval  ipii  payait, 
ronune  pour  la  |iaruie  de  i7i,(i.'io  li\ie-;  olVerte  à  sa  lille.  M"'  de  \aliiis,  au 
moment  de  son  mariage  avec  le  dm-  de  Modèiie.  Le  duc  d'Orlc'ans  a\ail.  poul- 
ies prés4'nls  non  ollieiels  destiné's  prinripalemetit  aux  dames,  une  spécialili'-.  celle 
des  tabatières  peintes  de  sujets  plus  ou  uioiiis  scalireiiv,  <pi"e\('cutail  pour  lui 
le  miniaturiste  Kliugter,  (|ii  il  sil.iil  allaelie  ,'1  cet  ell'et.  et  donl  les  xènes 
erotiques  eurent  une  vogue  inouïe.  On  l'appelait  le  Ihipluu'l  t/cs  tabalirrcs. 
D'autres  hoîles,  ornées  surtout  de  portraits  en  niiiiialure  p;n-  linickiiiaim, 
Duvigeon,  Mounliu,  (ilialillou.  de  L.i  Moissière  ou  \ilaiid.  de-  iioidioiiiiières 
en  nacre,  en  liurgau  ineriislé  de  jaspe  ou  antres  |iierres  dures,  étaient  joiniielie- 
ment  (li.Hlril)uéeH  aux  .-unis  et  aunes.  Mais  il  y  aurait  trop  à  dire  sur  le  <  liapilre 
lies  géiuTosilés  «le  Philippe  d"(  )rlé'aiis,  et  il  faut  savoir,  quand  il  -agit  de 
celle  époque,  (pii  a  fait  surgir  tant  <le  chronicpies  scandaleuses,  puiser  avec 
«li<u-enieinenl  el  prudence  <l.'ins  les  innoiuLrahles  .inecdote-;  dont  le-  iin'nio- 
nali<tte<t  «m-  sont  fait   les  é-clios  plus  ou  moins  \('iidi(pies. 

I.  |)r  l,r.«ct'iir.  I.f*  tIaUrtu**  tUi  UfijenI,   iH('k>,  Iii  i».  |irôfiicc,  p.  wi 


I.K     !■  M.  \IS-H0Y  \l,    SOUS     I,.\     IIKCEMIE 


LES  |;\I,S  |)K  I.OI'KUA 


Il    .iiiivail    soiucnl    (iiic    les   soupers    du   Hégoiil    se   fcr- 
iiiiiiaii'iil     |);ir    riiruplidii    des    conxives    a\inés    aux   bals    de 
'       r()|H'r,i,   (liml    la    ^^raiulc   miiiiic  ci  niiiiu'niail .    (  )n    na\ail    i|ii(> 
^v,  deux  pas  îi  l'aire,  car  celait,  couune  cm  le  sait,  dans  la  salle 

^^>^|k    coiisliuile  [)ar  Richelieu  qu'ils  se  douuaienl. 
r**^  Qu'était  devenue  celte  salle  depuis   la  mort   de  Molière.^ 

vj^     /       On  a  \u  que  Lulli  eu  avait  demandé  la  concession   et    (pie 
/  le    rdi    Louis  \1V  Lavait    accordée  gratuitement  ii   son   l'aMiri 

/  A*"'       J  italien.    Dès   lors,    LOpéra,    appelé  Académie   royale   de    niu- 

sifpie.  (''lait  <le\enn  institution  diktat  et  ne  |)avait  plus  de  lo\ei\  Le  hàti- 
MKMit  a\ail  di'ja  snlii  plusieurs  niodiliralions  depuis  roi'igine.  Ln  ili'iy.  |)onr 
la  re|iivsen(ali(in  de  IVV/io.  Mazarin  changea  légèrement  la  disposilion 
tle  la  salle.  Molière  lit  davantage.  Connue  le  théâtre  n'avait  qu'une  entrée 
débouchant  directement  dans  le  Palais-Royal,  il  ferma  cette  communication 
et  o\f\n  sur  la  rue,  ou  plutiM  dans  le  cul-de-sac  (pii  s'oinrail  sui'  la  rue 
Saint-llonor»',  un  escalier  droit  dont  cliacpu^  paliei-  donnait  accès  à  l'un  des 
trois  étages  de  la  salle,  lui  outre,  il  di\isa  par  des  cloisons  les  l)alcons 
superposés  occupant  le  pourtour  des  nnus  dans  l'intérieiu'  île  la  salle,  de 
façon  il  former  des  loges.  Le  plafond  de  Lemaire,  (ju  admirait  tant  Sau\al, 
avait  disparu  et  était  rempiac('  par  une  modeste  toile  bleue,  maiidenue  |)ar 
des  cordagi's.  pour-  niasipiei-  la  toiture  de  charpentes.  Molière  lit  refaire  nu 
plafond  pour  la  repr(''sentation  tle  l'si/dic,  en  1(171,  et  éle\a  le  niveau  de  la 
scène  pour  la  [dus  sinqjle  des  machineries,  telle  que  jeux  de  trappes  ou 
descente  de  décors. 

11  augmenta  aussi  la  scène  dans  le  sens  de  la  profondeur,  en  abattant  les  cloisons 
du  f(jn(l  ;  les  dejrrés  formant  amphithéâtre  lurent  couverts  d'un  plancher  (jui  devint 
le  parterre  debout...;  le  fond  de  la  salle,  seul,  resta  en  amphithéâtre  à  gradins.  Sur 
la  scène  fut  ('lahli  un  sy.-jlème  de  charpentes  destiné  i\  servir  de  point  d'aiipiù  aux 
machineries  ri  aux  hues  des  pièces  à  grande  mise  en  scène,  connue  \/i<lniiiir<le  et 
l'syclu'.  Daii^  la  >alli\  cnlièremeiil  repiinle  et  iiiise  à  neid',  on  réscr\a  dexarit  le  pai' 
terre  un  cndriiit  ininr  un  (mlicslrc  de  ddii/e  \i(iltm^;  cai',  aiiparav  ani.  les  niii-ieiens, 
eonune  les  chanteurs,  s'étaient  Idujours  tenus  dans  des  loges  grilli'es.  eaeliei's  aux 
spcelateuis'. 

Mais  ces  t  ransjurnial  ii  m^  dincnl   Tire  encdic   bien   pins  considérables  quand 
Lnlli    vonlnt    in^lalier    l'Upei,!    d:iiis    ccllr    ^alle    sj    pen    laite    [xinr    les    grands 
I.   (ieiiDiiiii  IIaI'M,   l-^siii  sur  rilishiirc  (lit  rin'dlri-,  iHii;;.  iii-S'.  p.  od.'i. 


3-6  t.E     P\I.\1?-R0YAL 

chau-ri-iiu-nls  il.-  .k'f..rs  ([u\-\iiLa-iiil  1;.  Mia.liiiiiMi.-  df  |)liis  fi.  plus  n.m|.li(iiK'v 
«les  lialU'Is.  Ave-  son  assocu-  Vi-raiiiii.  la.lif  Liilli  (Iciuauda.  .11  id;.).  au 
fonli-.Mi-ur  -irtMu-ral  ilos  hàlinit^uls,  tlo  icuiplaccr  t-ucoiv  uui-  l'ois  It-s  [)oulios 
(lu  nlaloiitl  cl  l'('-laij.'issi'uu'iil  iK'  rou\erluiv  do  la  scène.  Désonnais,  ^  igarini 
nul  sf  «lonuii  lilii<-  cairit-re  pour  ses  composilions  de  décors,  el  Béraiu.  (pii 
lui  succéda,  eu  iliSo,  coujt)iut('uienl  a^ec  Kousseau.  connue  décorateur  de 
I  Académie  de  nui'<i(pte.  eiil  loule  liberté  d'inveuler  K-s  souiplueux  palais  el 
la  li;.'uralic«ii  il-  (  lianips-Élysécs  iiutiu  admira  <laiis  ro|iera  de  Pii>si//)ine. 

Néaiuuoius,  eu  dépil  de  ces  divers  embellissements,  la  >alle  iii'tait  ni 
bien  connuoile  ni  bien  C(i(piette.  (le  n"esl  qu'eu  ly.'x)  ipi Clic  de\ail  sui)ir 
fidin  un  nfl|.i\a::i'  cnmplrt.  Telle  (piflle  \ieiil  d"ètre  déi  lile  ceiieiidanl.  (-"est- 
à-dire  assez.  send>lablf  à  ce  (pie  [leul  être  anjourd  liiii  le  plus  pau\re  de  nos 
Ihéàtres  de  proNince,  elle  abrita  les  célèbres  bals  mi^ipio  de  la  lléj^ciK c  ipii 
laissent   ilan-  rima;:iualinn  ou   ne    sait    tpielle    iKimpeu-e    ima^^c   de  splendeur! 

i/idee  de  ces  bals  appartient  au  ebevalier  île  Uniiillon  et  \alul  \\\\\'  prime 
tlo  (i.ooo  lisres  \\  l'auteur  de  eelti'  liouvaille  nii  peu  impre\iie  de  la  |)arl 
d'un  ue\eu  de  Tuienue.  I!lle  pril  nai-.>ance  dans  le  besoin  île  se  di^lrairi'. 
dans  la  soif  des  plaisirs  dnnt  la  Irauee  était  di'-jà  de\(iree  bien  a\aul  la  mot! 
de  Louis   \l\.   Leuionlex  '    nou>  en  doinie  la  j:-euèse  dans   les   lii^nes  suivantes  : 

Vax  lyii'i,  i>ii  iiiia;:in.i  île  laiie  l'.dirii|ui'r  des  niasipies  de  eiie  ipii  res>euililaierit 
parraiteinent  .'1  plu»icur*  pei-.-unnes  de  la  cour.  Siu'  ce  preuiier  niasipie,  on  en 
altaeliiiit  lui  siM-nnd  de  pure  laiilaisie,  el  ensuite,  dans  le  cours  de  la  lète.  on  teignait 
<ie  soulever  ce  dernier,  et  ou  niuntrait  lurtixeineni  lui  visa^^>  d'enipi mil  ijiii  li'i>Mi|iail 
les  curieux.  On  abusa,  dans  les  bals  île  la  cour,  de  ce  stralaj,'èMie  pour  i  umnielhe 
d'iMlieuses  noirceui's. 

<  )n  a  tiiip  iin|iuli'  \\  la  lti'';.'euee  l'iinlialiNe  de  la  11  >rrupt  ii  m  des  mo-urs. 
i|ui,  i-n  bonne  justice,  remonte  .m  re;jinie  pri-cédenl.  Depui-»  |iln^ienrs  années, 
la  nuale  enlrain.iit  l'é-lite  de  la  coin-  et  de  la  ville  aux  juni->-;iii(  .s  de  la  pioiue- 
iindf  iirM'Iurne  t\\i  (  ..(ui  s- |;i  -  Heine,  i.ii  ^e  piiiilui>-aient,  dan-  le  mvstère  de 
l'onibn-.  plus  d'un  scandale.  Le  mi  moiibond  .lui  oblip-  de  di-feudre  ces  nuits 
elTroulécH.  tpie  la  Ki'p'uce  n'a  pi>inl  siiipa>-sees  .. '.  Les  bals  m.isipies  -ont  venus 
lie  Ih. 

(;'e«»t  eu  jau>ier  171(1  ipi'ils  furent  inauf.'Uiés.  Ou  v  appliipia  y\\\  la 
|iri'uiièn>  foi.s  le  s\*tlèuie  iu\eule  p.u-  un  reli;:ieu\,   le  hèie   NiioLi-  ; 

\u  UKiyen  «Ir  celle  iuii<  Imuc,  dit  um-  >,M/etle  du   ti  lU])-  •.   un  l'Iève  du  p.uliire  au 
iii%ran  du  (lirAlrc  un  piaiulier  fuit  etprèît,  ce  qui  lonm-  mie  niiuvelle  salle  si  1  liaui^i'e 
li.-^tn.y.  1.  Il,  p.  .1i.^.3i.'i. 

•       •• '  '■    -   |>.ir  In  roiiilr  K.   in    liiiuiiiMMi.    i>>;,    in-i.S,    |).    '|i(. 


■UOVAI,     SOUS     l.  \     llKOlCNCiv 


qu'(jii  ne  rccoiinoît  plus  celle  do  l'Opéra,  si  l'on  excepte  les  loyes  qui  l'csiciil.  Il  \  a 
7  luslrcs  clans  un  des  ft)ii(ls  el  7  dans  l'autre,  outre  plusieurs  girandolles,  (|iii  Imil 
mir  iiliMuination  de  bouj^ies  parfaite  el  telle  que  le  moindre  endroit  est  éclairé. 
Il  \  ,1  i."i  violons  à  un  banc  et  i.j  à  l'autre;  des  f>-ardcs  en  nombre  de  toutes  parts. 
L'on  duiuie  un  écu  courant,  cl  si  l'on  sortoit  l'on  ne  pourroil  rentrer  qu'en 
donnant  un  antre  écu.  L'onvcrtinc  se  fil  à  1 1  licnies,  et  le  Héji:enl  avec  le  duc 
de  Noailli's  \  \iiiicnl  vers  une  Iicimc  :  l'un  dansa  Jns(prii  '1  licnrcs  fdrcc  conlrc- 
danscs  r|iij  «diiI  à  la  mode,  le  menuet,  la  coui'anto,  la  gavullo  cl  aidics  anciennes 
dan>cs  n  iliinl  pn>i|nc  plus  de  saison.  Son  Altesse  dansa  par  deux  fois;  l'on  a 
obser\('!  (lu'il  un  avoil  pas  hcaiicdiip  de  dames  (pii.  >iir  la  (in,   ne   itsiti-ciil   pas  plus 


a-jS  LE     PALAIS-nOVAl. 

de  8  ou  lo.  11  >  iiiUa  envirnii  3(io  personnes  in  luiil,  ce  iiiii  ik'  liiil  ^uire  ijuc 
i.'ioo  livres,  et  la  dépense  \a  par  jour  à  plus  de  800  livres.  11  i\'\  a  aucune  place 
de  dislinctiiin.  ciiacun  occupant  celle  cpiil  trouve  vide;  ce  divertissenient,  s'il 
subsiste,  ne  durera  que  juscpiau  carême  et  non  toute  l'aïuiée;  on  \  trouve  des 
rarralehisseuienls  pour  son  ar;:eMt. 

Le  succès  de  ces  bals  masqués  ne  fui  |)as  loiil  ;i  l'ait  aussi  ^nand  sous  la 
Héj^eiice  qiio  pourrait  lo  faire  croire  luul  ( c  <|ui  111  a  élc  dil.  Drs  Ir  diliul, 
inaljîiv  l'attrait  de  la  nouveauté,  les  eMlicpiciifurs  ne  n'ali^irciil  [>a>  iiièiiie 
Il  in>   Irais  : 

Les  cométliens  |)erdeid  plus  de  '|oo  livres  à  chaque  bal,  dit  une  };azetlc  de 
janvier  1717',  tant  les  frais  sont  firauds  et  par  le  peu  de  monde  qu'il  \  vient.  La 
dernière  fois,  il  >  eut  des  heures  entières  nù  il  ii'\  axoit  pas  G  personnes  entrées. 
Ln  mas(pie  plaisant,  élaid  seul  au  milieu  de  la  .--alli'.  s'écria  lomme  un  fou  :  \u 
voleui!  A  quoi  la  j,'arile  étant  arri\ée,  il  ilil  (|ue  ilaiis  la  foule  on  lui  a\oil  volé 
sa  hour>c,  et   il  éloil  seul. 

La  picmière  année,  le  duc  d'Orli-ans  s'y  rendit  assez  fré([neniniont  avec 
la  troupe  j()\euse  de  s<'S  roui'S,  sui'toul  Noce-,  qui  ne  le  (|uiltail  ^nière,  et  dont 
l'c-piil  priuicsiuiliiT  lui  |ilai<ail.  Ttiu--  (li'ii\  -«"\  niciiiliaiciil  h  <'ii  pdinic  di'  \iii  lui 
peu  outrée  »,  se  permettant  «  de  grandes  lilierti'S  en  paroles  et  eu  gestes  auprès 
des  dauK's  ».  (Irl.i  se  ii'qu'tait  pai'  la  \ille.  cl  le  [.ircslii^c  du  Uégeiit  <"(>nnn(Mu;a 
il  en  être  fnil  diiniriui'.  (!r  fui  hicii  pis  (|iiaiHi  011  \il  a\e<'  ipicl  sans-iacou  Sou 
Altesse  y  recrutait  les  beautés  faciles,  la  jinuc  dlllcc,  \i\c  ri  ^lùv.  la  |ulili' 
Lsé,  etc.  Tous  les  libertins,  pour  suivre  un  Ici  c\rinplc.  s'\  doiMièrcnl  hiciili'il 
rendez-vous;  maison  se  lassa  assiv.  \ile,  à  ce  tpiil  Miublc,  do  ce  plaisir,  l  Wi' 
nuit,  la  duchesse  de  Herr\  s'>  ri-ndit  :  c'é-tail  i-\ï  jan\icr  1717.  l'^llc  >  rci  ul  uti 
all'niid  (pii  dut  piipier  au  \if  son  iiicouunensurable  oi';:ucil  : 

I  M  iillicicr  ivre,  qui  ne  la  counaissciil  pas  sous  le  luasquc,  en  l'abHrdiuil,  lui  dit 
qu'elle  avilit  une  lielle  puii  e  de  léliiu-  (I  ileruaiida  s'ils  étnicut  à  Vendre.  La  piincesse 
!tur  cela  lui  dit  : 

—  Me  connois  lu  bien,  masque? 

—  Oui,  je  te  connois. 

—  Ht  cpii  Mui»  je? 

—  La  plut  faraude  p de  l'.iris. 

I  n  niiii  de  ce  brutal,  s'avunçanl,  le  tira  à  pail  avec  peine  cl  lui  dil  (|n  il  pailnil 
il  M"' de  lierry,  ce  qui.  lotit  pris  de  vin  qu'il  élnil.  l'élouiilil  si  Imt  qu'il  s'éclipsa 
vl  diRpunit.  (loiiiiiie  tout  Paris  coiinoil  suii  imui,  il  est  à  croire  ipn  la  priiicesvi' 
im  l'ignore  pii>i  et  fuit  leiublant  de  n'en  rien  savoir,  ce  ipii  i  s|  |i,iii.u\  |>iiiir 
rintnlenl  '. 

1     i.-i-.flle  dr  U»  U^jf !>•/■.  l'ilil    (m    Ir  1 1,    i.i    \: .,,.,.,     ,, 

p.  i3&. 


i.i:    !•  \  1.  V  is-u(>-\  \  r.    SOIS    \.\    ni:(i  kniik 


•<79 

Les  iiiÉ'iiiiiirrs  (lu  Iciiip-.  cl  Idiilcs  les  cliit Hli(|ll('s  sc.iii(1;iI(M1S{<s  SOlll  IVlliplios 
ilaiiccdolfs  sur  les  l);ils  de  rn|i(T;i  :  il  n'\  a  [i.is  lieu  ici  ;i  (It'voloppoincill.s  sur 
t-i'  sujet.  Le  Rc^cnl  s'en  (li'i:iiril,i  .isscz  \ili'.  \ii  linul  <le  la  Iroisiènu'  année, 
il  UN  l'aisail  plus  (|uc  de  rares  appai  ilions.  A  la  ileuiande  de  sa  nièi'c,  il  n'y 
seiail  nicine  |iius  aile  du  hiul,  si  la  duchesse  sa  l'ennuc  —  chose  élraniie  — 
lie  \'\  a\ail  ellc-iuciue  iuiili',  soiis  prék'xli' (|ue,  s'il  s"a1)slenail  coniplèlcnieMl , 
on  croiiail  cpi  il  avait  peur  des  assassins.  (J'élait  après  la  conspiration  do 
CcUainare.  Néainnoins.  lo  (hie  d'Orléans  u'\  montrait  plus  (renliain.  Sa  lille 
hien-aiin(''e,  la  duchesse  de  Herix.  inie  l'ois  luoile  (juillcl  171])!.  il  seinlila  cdnune 
ini  corps  sans  ànie.  Il  n"a\ail  plus  de  ^nùl  à  ricii.  Dès  ce  UKiuienl,  au  diic  de 
ses  inaîlrossos,  c'clail  l'honuiie  de  neii;-e...  au  d(''^i'l.  il  aMiuail  à  Sainl-Siinon 
n'éprouver  nul  attrait  à  aucun  plaisir.  Daulre  pail.  on  polili(pie,  il  n'avait  cpio 
déeei)lions.  In  invincihie  ennui  le  niinail.  I.a  inml  était  proche.  11  s'y  laissa 
aller,  refusant  tous  soins,  comme  on   \a  au  suicide. 


I.A    FAMII.I.K    nOIll.KASS    HEl'l  1»    IlESlll     IV    IVSQV  WX    EXI-ANTS    DE    l'IllLIPPE  •  Kr,»lITK 
(Vignclte  de  SainlAubin) 


■r.      g 

\A        o 


Les  dettes  du  Iléj^'eul.  —  Exemples  de  sa  Bénérosité. —  Dépenses  (lu'il  fit  iiu  Palais- Hoyal  en  roiislrmlions 
nouvelles  et  en  embellissements.  Ues  architectes  qu'il  employa  ;  Oppcnordt.  Carlaud,  l-egrand  et  Louis  Ju,  — 
Le  Cliàtcau- d'Eau  de  Uobcrt  de  Cotte. —  Histoire  de  la  collection  de  tableaux  réunie  par  le  duc  d'Orléans. 
Ses  premières  acquisitions;  interminables  néffociations  pour  l'achat  des  tableaux  provenant  de  Christine 
de  Suède.  Comment  ces  chefs-d'œuvre  furent  amenés  en  France  en  1711.  —  La  collection  des  médailles  formée 
par  la  princesse  Elisabeth -Charlotte,  puis  augmentée  par  le  duc  il'Orléans.  Œuvres  principales.  Prix  auqviel 
elle  fut  estimée  à  la  mort  do  ce  dernier.  —  .Vrgenterie  du  Régent;  comment  l'emploi  en  était  réglé  au 
Palais- llojal. —  Les  tapisseries;  comparaison  de  leur  estimation  de  1701  à  173;!. —  Description  des  appar- 
tj'menls;  meubles  qui  décoraient  la  chambre  du  j)rincc;  goût  de  celui-ci  pour  les  tentures  rrnmoisi.  —  Le 
salon  d'Oppenordt.  —  La  Calerie  d'Énée  et  les  peinluns  d'Ant.  Coypel.  —  Li's  écuries  du  Itégent  ;  nombre 
et  prix  des  clie\aN\,    luxe  des  carrosses,  etc. 

M,(;iti':  tous  SCS  i'cm'iuis,  le  Kr^ciil  laissa,  à  sa  iiiorf, 
liiiil  millions  et  demi  de  ilellcs.  (le  délail,  assez  inattendu, 
(■laiii  donné  le  cliiflre  eolossal  de  ses  revenus,  m'est  fourni 
|iar    une    note   manuscrite  de  son  chancelier  d'Arj^enson, 

( sci'\('('    :i     la    nil)liotliè(|iie    de    l'Arsenal',     il    cesse    de 

711'  1--1  ■  i-ii,^,--TT  Mil  |i!viuliv  (juaiid  Mil  \iiil  avec  quelle  n:éiU'i'osil(''  le  duc 
(r()il(aiis  traita  coiislaiiiiiiciit  les  membres  de  sa  l'amille,  ses  amis,  ses  ser- 
viteurs,   ses   maîtresses,   cl    (|u"on   pense  li    tinit    ce   ([ue   durent    lui  coûter  ses 

t.  Kilo  est  inliliili-e  : /'(inW/ck  </<;  lu  siliKitinit  i/c  tu  iiKiison  dOiiruns.  dit  I"  janvier  lîi'i  au 
I"  janvier  IT'il.  I.o  coriito  d'^rgcnson.  au  moiiienl  de  lodor  sa  cliarKC  à  son  frère,  teiiail  à  élalilir  (ni'il 
avait  su  l)leu  administrer  la  fortune  de  la  famille  d'tjrléans.  CL  »ibliollu''(lue  do  rVrsonal.  Maniisrril. 


I.E    PALAIS-HO\AL. 


aSa  LE     PALAIS<-KOYAL 

acquisitions  incessantes  de  tableaux,  d'objets  trait,  de  meubles,  les  cdiistruc- 
lions  qu'il  lit  élever,  les  embellissements  du  l'alais- H(i\al.  culiii  son  tiain 
de  maison  >éritabl('ment  prodigieux.  Avec  son  eaiaclèiv  faible  et  à  tel  point 
déboiuiaire.  dit  Saint-Simon,  qu'il  était  incapable  de  jamais  opposer  un  refus 
à  une  demande  (|uelr<)iique,  il  comi)la  de  hiciifails  Ions  ceux  (pii  l'appro- 
chèrent. Sans  parler  île  ses  lilles,  qu'il  dota  royalement,  de  sa  fi'unne  et  de 
sa  mère,  aNanlagées  par  lui  avec  magnilicence,  il  sema  l'argent  avec  la  plus 
prodigue  insouciance  dans  toutes  les  occasions  (jù  l'on  lit  appel  à  sa  bourse. 
Madame  nous  a|)[)rend,  dans  sa  Correspondance,  qu'il  donna  udes  millions»  à 
son  ami  .Xocé.  11  lit  également  des  largesses  à  ses  autres  roués.  IjOrscpi'il  eut 
la  concession  du  canal  d'Orléans,  ce  fut  une  ineroxabli'  dislrihution  ilc  rentes 
autour  de  lui,  rentes  qu'on  raciieta  ensuite  aux  bénéticiaires  en  bons  deniers 
comptants,  ainsi  que  le  |)rouvent  les  papiers  cités  dans  V hn'entdire  après  décès 
du  prince.  La  listf  v\\  l'st  longue:  ou  \  trouve  les  noms  de  st's  domesticpies.  de 
ses  fournisseurs,  de  ses  familiers:  François  \lillel,  le  lajjissier  du  Palais-Koyal, 
y  ligure  pour  i."Jo  livres  de  rentes,  à  ciMé  d'ihagiiel.  le  concierge':  de  Fran(;ois 
(  ilie\aliei-.  iM.iîIre  de  malhi''mali(pies  ( ."xio  livres  de  rentes):  de  \icolas  Legrand, 
tailleur  (tioo  livres),  etc.  Montrant  en  toutes  circonstances  un  désintéressement 
absolu,  le  duc  d'Orléans,  s'il  donnait  i)eaucoup,  n'aimait  pas  à  accepter.  II  ne 
voulut  point,  nous  dit  sa  mère,  lonclier.  durant  sa  régence,  les  deux  inillious 
d  honoraires  ipii  lui  ('•taient  alloui's  pour  si-s  fonciions.  D'autre  paît,  on  le  voit 
refuser  le  legs  important  du  mar(|uis  d'Ellial.  (|ui  n'était  guère  pourtant  ipi'une 
sorte  de  reslilulion.  Le  miiiislre  Duhoi-^  lui  doime-l-il  par  testament  sa 
vaisselle  d'arg-enl.  le  prince  ne  la  gai'de  qu'à  condition  d'en  paver  la  valeur 
aux  hi'riliers,  et  l'on  constate,  en  ('llet,  dans  les  registres  de  trésorerie  de 
la  lamille,  que  la  souuiie  de  I 'i.'L'fOÔ  livres  fut  versée  à  ceux-ci  en  trois  termes, 
au  n>ois  <le  jnin  des  aimées  i-^Su,  i7.'{i  et  ly.'Ju  ",  pour  cet  oitjel.  Lu  résumé,  la 
situation  ruiancière  du  llégenl  était  si  peu  prospère  vers  l'aimee  \-\\.  et  il  .se 
trouvai!  ii  ce  poiiil  gèin'-  en  ses  all';iiii-'  iju'il  diil  a  |iliisii'ms  rejuises  vendre 
•  piejipies  li-rres  im|)ortanles  pour  se  procurer  de  l'argenl.  .Son  trésorier 
llaria;.'iie  paya  en  billits  (poiii-  (ioo.ooo  livres)  une  partie  des  travaux  du  canal 
di-  Loiiig.  Le  dur  d  (  )i  ic'.iiis  ;il|;i  même  jiis(pi';i  i  i il  jii  M iilei'  siii"  gages  il  des 
banquiers  de  Ihjllande.    \n  inomeni  île   l,i  lii|ni(lalioii  de  sa  succession,  connue 

I.  Cil  llMiKlicl  riait  un  \ii-uv  MT\ilciir  <liiii(  le  (IcvKiii'ini'nl  à  l.i  niiiiilli'  il.ilail  ilc  Iniinui'  ilali' 
pI  qui  n>.ill  Kiirtln  wiii  fniiir-pnrlcr  iivrc  Ir  HiVrnl.  .-i  l'.iii  en  cruil  la  <  lin>iii(|iir.  Kii  cIVcl.  il  v.iviiil 
•»rr  «Il :i,riii  -ni  iiiollrr  >*•  Iniiccr  dnii-t  In  «li'-hiiiiclic  ri  user  sa  *i\\\U-  ilaiis  Irs  iioclur-ir,-  .s<iii|H'r> 
•|"  ''  '  '"  jour  <|in'  II'  ur-Kciil  n\ail  piissr  par  sa  porU-,  v\  ipii-  ri-spccliuMiM'im'iil  IhaK""' 

'"*■"  I"'"  ••'•II'"  •'••^  orgies,  le  priiiri-,   qui  l'ialt  m   Iraiii  lU-  rire,  \oiiliil    le  fiÉirr  ciilriT  : 

"^'""-•^ l'I  il,    11)011  itcnicc-   s'nrr^lc   ici;  ji;  ne   vois  pas  en   si   iiiniivaiso  compagnie,  el  suis 

(hrM  de  von»  y  >olr.  - 

».  \rrlii\ii  iiiiliiitialen,  Cumplri  île  enmmunnulé  ilr  l'hitiitiu-  <l'ilrli-nn»  el  île  Miirie-I'raiii;<iise  de 
Ibmrbun,  àon  rpuuie.  Il'i,   loGO.  f  -ly. 


I.KS    COLLECTIONS    DE    TVliLKM  A.     OIUI   IS    I)    VUT.     MEUBLES,     ETC. 


iî83 


il  i',ill;iil  icpix'sond'r  les  diamanls  (|ii  il  ,i\iiil  n'iiiis  en  ii.Milissenient,  (^rozat 
axaiir.i  la  soiiimi'  m'-ccssairo.  i 'iTi.olid  li\ii's,  |)(iiii(|Uim  iiTil  allor  les  rcpromlrc 
à    Vmsterdaiii,  et   liiii  dut  rciiiliMinser.  d'aultc  paii.   178, 'lyd   livres  au  l)aii(|iiier 


|.c:„t   pur  T,> 


VK^US    fILI     SE    MlllE 

(Tabluu  de  rincicnne  Galerie  Ju   PiUis- Royal) 


Morariii'.  \|)rès  la  mori  du  prince,  son  fds  pensa  un  instant,  d'après  la  note, 
citée  plus  haut,  du  ciiaucelier  d'Aifrenson,  à  \endre  les  collections  du  Palais- 
Kit\al,  laliicanx,  nK'daillcs,  'pierreries.  (>ri  n'eut  pas  besoin  d'en  \enir  ii  celte 
oxtréniitr,  et  il  faut  le  rejnctler.  car  ces  Irésois  d'art  seraient  pour  la  plupart 
I.    \nlii\cs  riiilioiwl.'s.   H '1.  lolitl.  f,  iiillcts  710-717. 


gg^  LE     PALAIS-ROYAL 

restés  en  Krance,  au  lieu  d'ètiv  vendus  eu  bloc  à  l'élranger,  comme  cela 
devait  arriver  soixante  ans  plus  tard,  ilii  déliullive,  la  fortune  laissée  par 
Philippe  d'Orléans  à  ses  héritiers  n'en  moulait  pas  moins  à  la  somme  de 
ii,!i3o,(i()Q  livres'.  Sur  ce  chiffre,  les  meubles  du  l*alais-l\oyal  et  des  autres 
résidences  étaient  compris  pour  i.o5o,G83  livres;  le  château  de  Saint-Cloud. 
pour  i,o3i.7'|0  livres;  celui  de  Bagnolct,  pour  298,810  livres;  les  tableaux, 
pour  1,307. 386  livres;  les  médailles,  pour  126,569  livres:  les  pierreries  et 
curiosités,  pour  i.a'i  1,950  livres,  etc.  Au  bout  de  (luelques  années  tl'ime 
administration  économe,  l'ordre  était  rc'tabii  dans  les  linanc-es  de  la  maison 
d'Orléans,  et,  au  1"  janvier  \-f\\.  If  couile  d' Ar^enson  constatait,  non  sans 
une  évidente  complaisance  %  (inc  les  délies  du  Uégcnl  étant  entièrement 
acquittées,  les  charges  des  pensions,  des  ga-^as  et  des  menus  se  trou\ant 
assurées,  il  restait  en  caisse  un  disponible  de  près  d  un  demi-million,  evacle- 
ment  '186,1 63  livres. 

Quelles  lurent  les  dé|)enses  laites  {)ar  le  UégenI  au  Palais- llo\al.  plus 
spécialement.^  Voilh  la  question  intéressante  pour  noire  étude,  et  c'est  à  celle- 
là  que  je  vais  essayer  de  répondre  à  l'aide  surtout  des  documents  inédits,  qui 
se  trouvent  épars  au\  Archives  nationales,  dans  les  bibliothèques  publiques  ou 
dans  les  minutes  des  notaires.  En  premier  lieu,  il  s'agit  de  déterminer  quelle 
fut.  dans  ces  dépenses,   la  part  faite  aux  bàlimenls  proprement  dits. 

Tous  les  éci'i\ains,  sans  exce]»li()ii.  (jiii  ont  pailé  du  Palais-lloyal.  déilareni 
que  les  travaux  ciilriinis  pcndanl  l'épocpie  <le  la  l\('j.;ence  se  réduisent  à  fort 
peu  de  chose,  et  ils  se  bornent  à  signaler  \aguemeiil  la  (liVoiMlinii  tM'ciilc'c  par 
Oppenordt  dans  la  galei'ie  d'l']née,  sur  la  rue  Uicheliiu.  i'uur  |ii()u\ci-  leur 
erreur  et  coiMbii'n  l'ui'enl  mal  inlniMn's  mémi'  les  auleurs  conlempdiaiii'^  qui 
parlèrent  alors  du  moniunenl  dans  les  Descrii)tions  de  Paris,  lels  (|iic  lilondel, 
(ii-rmain  Hrice  <•!  Piganiol,  il  me  sullira  de  citer  l'extrait  suixanl  des  Com[)tes 
de  succession  du   llégenl-'; 

Les  Comptes  ^l•ll(lll^  pai-  les  ln'soi-icrs  ilc  Sad.  \.  it.  (IcIViiiil  M"  le  dur  d'ilih'ans 
font  voir  qu'il  a  été  emploie  dcjniis  le  iliWs  île  S.  .1.  H.  Mmisiciir''  l.i  smimii' 
ilf  I  ,oX'i,i.S.">  I.  i(i  s.  (>  d.  pour  des  ouvra^'cs  au  j'allais  Itnial  >aiis  qiir  Idn  ail 
Mianiué  (liins  Irsdit.s  (Joiiq)le!i  pour  (piclles  sortes  (roux  ra^'i--  une  |i,iilii'  il(  liiiurlli' 
•«oiiniif  a  ('"«lé  paire  pour  îles  au;,Mneiilatioiis  ])('ii(laiil   i|iic   Miiii>iiui    ctoil    xi\  aiil. 

l'IiiH  ou  l'iToiiiioit  par  lod.  (',()MI|)Ics  ijhc  (l(|iiiiN  Inlil  dt'cès  il  a  i.'-\r  pavé 
l'i."M(i    I.    -   H.   fi  d.    pour   des   glaces    mises  au    l'iillais   Itoial.   une    pallie  des()uelles 

I.  \ri  liUiu  niilioiinlf*.  Il  T,  yi,  lln-tv   lôïH,  Mrmoirf  tlfs  liifiis  <li'  J'iii  S.   \.  II.  Iliijcnl  ilii  rnYuiiinr. 

■>.  Mmillv  ril  ilf  In   lilliliothr<|iir  cli-  l'Vrilciiiii,   l'ii|il(T!i  d' Vr^i'lisiili,    Mil,    iai."), 

1  \rrl,^.-   ii.iliniiiili-s.    Il 'i,    liidC,    f.-ililU'I..    j;«|.j:«j. 

1  '    '!<•  Miiii'iriir.   iHTr   ilii    ltr){<'iil.  In   il<''|iriis('   fiiilc   pciiir  îles  ntivra);cs  iiiix  hAliinciils 

J"  ''  I''»'!  'I  l'i  «iiiiiiw  ilr  11)7, (m(.S  Ijvro  1(1  soU  lu  (li'iiiiTs,  "  sniis  ijue  l'on  ail  iiiari{iié  dans 

!'■'  '  -      ,uilli-  i|ii.'ililr  II3  rlujciil. ..  Arcliivc»  nntjiiiiiilo.  ihid. 


LES    COLLECTIONS    UE    TAHLIiVUX,     OIUKTS    1)'\HT,     MEUBLES,     ETC. 


•î85 


y  avoil  été  placée  du  temps  de  S.  A.  H.  (lell'unl  Monsieur,  mais  qui  eonsisloieiil  dans 
des   miroirs. 

L'on  voit  encore  dans  les  mêmes  Comptes  (|u'il  a  été  dépensé  depuis  ledit  décès, 
soit  pour  des  entretiens  et  menues  dépenses,  soit  pour  des  meul)les  et  des  répa- 
rations, la  somme  de  rj,.S,'?j  I.  i,")  s,  i  d. 

Lesd.  domptes  justifient  pareillemenl  (lu'il  a  éli'  l'ail  depuis  l'anm'c  i  7  n)  jus(pies 
à  l'année  }-■'.[>  aux  Keuries  hors  led.  J'allais  Hoial  pour  1  i(i,>ci(l  1.  i)  s.  ~  d.  de 
réparations. 

Enfin,  les  mêmes  Comptes  promeut  (pie  l'on  a  emploie  la  somme  de  r>.S,-.")()  I. 
18  s.  S  d.   pour  des  ouvrages  faits  par  les  ordres  de  S.  A.    H.  derrnni    M-'   le   duc 


^^^^^^i^^ppis^i^^pis^ 


I.E    i:H.VrEAL-D  E\C    COXSTnt  IT    ES    1719    DEVANT    LE    PALAIS  -  ROYAL 
PAR    L'aKKIIITECTE    ROBERT    DE    COTTE 

d'Orléans  depuis  l'année  1701,  temps  du  décès  de  S.  .\.  H.  Monsieur,  son  père, 
jusques  à  l'année  1723,  au  Palais  Uoial,  à  Saint-Cloud,  à  Versailles,  et  en  d'autres 
endroits,  sans  que  l'on  puisse  distinguer  dans  ces  Comptes  ce  qui  regarde  chacun 
desd.  lieux. 

Ces  mémoires  d'ouvriers  sont  présentement  à  la  Cliaudire  des  Coinpies.  Quand 
on  les  cxamineroil.  il  seroil  très  difficile  et  même  impossible  de  se  délcrminor  sur  ce 
([u'ils  eompienrient,  attendu  que  l'on  a  pa'i'é  tantêit  des  ouvrages  neufs,  tantôt  de 
simples  rétablissements,  et  que  quelques  Bâtiments  ont  été  changés  plusieurs  fois 
depuis  l'année  lOiju,  que  le  Palais  roial  a  été  accordé  à  S.  A.  R.  defl'unt  Monsieur. 
Par  exemple,  Sad.  \.  R.  avoit  fait  construire  un  sallon  au  bout  de  la  grande  gallerie. 
On  avoit  dépensé  pour  ce  sallon  une  somme  très  considérable.  11  en  a  été  construit 
un  nouveau  à  la  place  du  premier  en  1719  et  en  l'année  1720.  Ce  (jue  portent 
les  Comptes  du  Trésorier  ne  peut  donc  pas  servir  de  règle. 


Co  (liiciiniriil,  tout  insnllisaiil  (piii  soil,  imiis  l'oiniiil  (H'jx'iidaid  deux 
renseignements  intéressants  :  d'abord  il  nous  doiuic  K'  moulant  des  soinincs 
employées  aux  bâtiments  du  dur  d'Orléans  de  1701  à  i-:>.li,  formant  un  total 
d'cnxiron  i,aoo,ooo  livics,  co  qui  est  un  joli  cliillrc.  et  onsiiite  il  nous  in(li(pii> 
que  d'iniportaidi's  hansfoiinalinns  iiii'enl  opérées  an  Palais- Hoval,  à  diverses 
reprises,  (kiraid  celle  période  de  \iiigl-trois  ans.  Ouelles  riinnl  evaclement  ces 


2g6  LE      PALAIS-HOYAL 

Iriiii^foiiiialiniis,  el  quL-ls  soiil  les  architectes  (jui  les  cxéciilôroiit.'  Il  sciuhlc 
bien,  Il  la  vérilé,  que  les  travaux  durent  moins  cninpiendre  des  constructions 
nouvelles  que  des  aménafrenients  décoratifs,  })ririci|),ilcnient  dans  les  deux 
paieries  élevées  par  Mansart  à  la  place  de  l'ancien  Palais-Hrion.  \laiisart  étant 
mort  en  i-oS,  il  est  probable  que  c'est  \ers  cette  date  que  le  duc  d'Orléans 
chargea  Oppenordt  de  décorer  les  mairnifiipies  appartements  qu'il  lit  alors 
disposer  dans  ce  corps  du  bâtiment,  et  notannnont  le  sonqitueux  salmi  (|iii, 
avant  ses  fenêtres  sur  la  rue  Kichelieu,  doimait  accès  à  la  ijalerii'  dlùicc.  pilule 
par  \idoine  (;o^pt■l.  Dés  cotte  époque,  en  elTet.  c'est-à-dire  en  1711)  ou  17  i>, 
(  )i)pcnordt  jouissait  du  litre  de  (.premier  aieiiileele  de  \|-  le  duc  d'Orléans», 
ainsi  (pie  le  prouve  un  acte  cité  par  Jal  '  ;  mais  on  ij^more  la  part  exacte  qui  lui 
re>ienl  dans  les  clianj;ements  de  l'ornementation  des  dillerenles  parties  du 
Palais.  Les  compositions  que  l'on  trouve  dans  son  CLMure  ^--raNi''.  à  la  Hiblici- 
lliècpie  nationale,  ne  soid  acconq^agnées  d'aucune  lég-ende  e\plicati^e.  Toute- 
fois, les  tlessins  de  boiseries,  de  dessn<  de  portes,  de  cheminées,  de  panneaux, 
qu'on  V  \oil  en  «rrand  noudire,  ont  bleu  l'air  de  se  rapporlei'  au  l'al;iis-Ko\al. 
Il  est  donc  à  présumer  (pi'Uppenordt  décora  non  seulement  le  fameux  salon 
dont  il  cit  <pie>ilion  ri-dessu-i,  mais  qu'il  dirigea  la  restauration  entière  des 
app;ulemeul-<  qui  iuteul  eouqilèli  lueul  bouleversés  et  modiiii's,  une  ié|)ai'tiliou 
des  lo<;emenls  piincipaux  a^aid  été  faite  alors,  lin  171(1.  un  nouveau  rema- 
niement eut  lieu,  |)lns  important  encore.  Le  Ib'izeiil  (  liauirea  de  chambre  pour 
la  troisième  l'ois,  et,  aiin  d"a\oir  ime  installalion  |ilu^  \.isle.  pril  loul  le  |»re- 
miei-  éta".'e  de  l'aile  j^aucbe,  ainsi  (pie  la  jralerie  aboutissani  ;i  la  rue  Kielieliiii, 
sur  hupielle  s'iimorcail  l.i  ^'alerie  d'IliK'e.  .b*  dirai  tout  ;i  llieiue  (ninuient  il 
tli\isu  cet  apparlemeni  persoimel  el  oîi  il  mil  sa  galerie  de  lable.uiv.  (]e 
fut  à  (M>  inonient  (pic,  |)our  complî-lei'  celle  Iransforuiallon,  il  lil  refaire,  de 
I7i(j  à   17U0,  le  beau  salon  dOppenordl. 

Ot  nrlisle  n'esl  pas  le  seul  .-ircliileele  (pii  ;iil  Ir.ixaiile  duraul  celle  p('riode 
au  l*al:n«*-lb>yal.  Kn  ell'el,  il  es|  eerl.iiu  qu'il  \  eu  eul  ,ui  nmiu^  lioi>;  .'Mitres 
(pii  rureiil  cinplov's  p.n-  le  dm  (!"(  )ilé;iu>  :  Siiv.iin  (i.ul.uKl.  I.eiii.uid  el  Louis 
.In.  Le  premier  seul  est  connu  et  .1  laisM-  sa  trace  dans  j'Iiislniie  de  1  \rt. 
\i-  III  }i>-'>.  il  s'i'-tait  si;rnal(''.  en  ijo'i.  pai-  la  consiruclion  de  lluMel  (!ro/.al 
jeune,  dexeiin  I'IhMcI  (llioiseiil,  cl,  en  1 70S,  par  celle  de  l'IiiMel  (iro/at  aiiu', 
rue  ili'  MoiiliiioriMic\.  (^cst  lui  ipii  lil  depuis  j,-,  eli.ipelle  des  \u^Mislins.  |ilace 
dcH  \icloires,  I'IkMcI  de  .l;in\r\  (  1 7-1  ■(-■(.'!  1,  le  niaître-aulel  de  l.i  (  atlu'drale 
lie  Hoiieii  (i^.JG),  la  (iliambrc  des  (ioinples  (17.17».  la  cb.ipelle  de  re;.dise  des 
IN'lil?»- Pères',  etc.  Sa  répnlalion  1  omiiieiii  ,iil  ipi.iud  le  dm   (r<  hh'aiis   lil  appel 

I.  Jn-,  IMionnnirr  rriUniir.  Arllrir  O/i/wdiirW/. 

1.   Ii'\ii>.t  Mii.i,K,  Viiyagr  iiill'imiiiir  Wc  l'arit,  \i.  al.  1 'ii|.  ili;,  171  c-l  «70. 


LES    COLLECTIONS    DK    TAHLKAl  \.     OBJETS    I)  ART.     MKIIBLKS.     ETC. 


•^87 


;i  son  talent  dt'jà  rol)usl(>  et  dini  caracltTC  niàlo.  Il  existe  sur  lui  une  curieuse 
pièce  manuscrite  à  la  Mil)liotli(<iue  de  PArsenal'.  (l'est  une  note  donnant  une 
courte  biographie  de  rarcliiltclc  alors  à  ses  drinits,  cl  le  recommandant 
comme  ayant  de  l'aYcnir.  Kllc  semble  répondre  à  la  demande  de  quelque  grand 
personnage  (|iii  aurait  fait  faire  une  eiuiuèle  pour  savoir  s'il  était  capable  de 
mener  ;i  l)ii>.i  uiu'  iin|i()rlanle  besogne.  Il  est  parlaitemcnl  possible  que  ce  soit 
à  la  suite  de  ictti'  ci disultalinn  cpi(>  Cartaud  soit  devenu  {"architecte  du  duc 
d'Orléans,    (hioi  qu'il    eu    soil,    il   esl    certain    ([u'ea    1 7 1  Ti  —  c"esl    Hldiidel    (|iii 


I     I    II 

i  î  i 


B    ■ 


I ini  I  1;  I 


BPPFPPflil: 


^ 


tr 

■   ■  ■   ■  1 

t.  "' 

1    ■ 

'■  I 

■  ■ 

*|1 

1  1 

II 

iililllMl 

!  /«^  m.  /w  m   /■   1 

lir 

■  ■ 

■  1^ 

SI 

l'ROJET    D'f.VE    PLACE    DEVANT    LA    FAÇADE    DU    PALAIS- IlOYAL    AVAST    LA    CO.'ISTntJCTIOS    DU    CIIATEAl   •  D'E  4L 

(Dressé  par  l'architecte  Lcnoir,  en  1719.  —  Dessin  inédit  provenant  des  Archives  nationales) 

fixe  cette  date —  on  construisait  ;iu  Palais-Roval,  «sur  ses  dessins  et  sous 
sa  C(Mlduile^  »  un  bàliiuenl  uuuveau  qui  doubliiit  i'épjiisseur  tle  l'aile  gauche 
donnjuit  sur  la  rue  ."^aint -Honoré  et  était  destiné  aux  services  de  la  bouche 
et  de  la  garde-iobe  du  prince.  (>e  bâtiment  fut  divisé  piu'  deux  cours  :  Tune, 
celle  de  l;i  Bouche,  en  laçade  sur  Iji  rue  Saint-llonoré:  l'autiv,  cour  du 
Réservoir,  venant  ensuite,  et  sur  hujuelle  prenaient  jour  des  logements  situés 
derrière  la  chambre  du  duc  d'Orléans.  Eu  même  temps,  on  établit  une  galerie 
assez  étroite,  icliaiit  les  deux  ailes  de  la  lacjulc  et  p;iss;uit  au-dessus  di'  la  poi'tc 
d'entrée.  Dans  le  passage  ;dlant  à  la  rue  llichelieu  et  longeant  lancienne 
bihliolhèfpie.  on  ajouta  un  avant-corps  où  furent  aménagés,  au  premier  étage, 
un  -.iliiii  dit  à  1(1  Idnifiiic .  |)ai'ee  (|ii'il  ,i\ail  un  plaiund  vitri'-.  ce  (pil  doimait 
une  lumièri'  heureuse  pour  les  labk'juix,  cl  une  autic  pièc(>  (pion  appehi  la 
lldlnnile.  dont  le  prince  fil  son  cabinet  de  triiviiil.  In  peu  plus  loin,  dans  ce 
nn'me  p;tssage,  furent  érigées  des  constructions  légî-i'cs  |)our  loger  des  servi- 
leins.  Kulin,  à  rcxtrémilé,  sur  la  rue  lUchelieu,  len;ml  au  salon  d'OppenordI, 
on  disposa,  à  gauche,  ton!  un  corps  de  logis  pour  ce  (ju'on  appelii  ((  les  petits 


I.    Hil)lioUiii|iic  (le  r\rsctial.  Maiitiscrit  07",  fdlio  "179. 

•j.   lli.oM)i:i..   \rrliilrcliircfrfiit<;(tisc,  i-'>\\,  iii-f".  (.  III.  Ii>.  V.  p.  ,'?Sutsiiiv, 


a88  LE     PALAIS-nOYAL 

appartements  do  Monsieur  lo  llé^nMit  »,  où  se  ildiiniivnt  les  (t'Irhivs  soiipcri^, 
et  qui  se  trou\aienl  ainsi  très  retirés,  a\aii(  nu  escalier  ialériein-  et  une 
porte  de  sortie  distincte. 

Tous  ces  travaux  ne  inodillcient  pas  beaucoup  l'aspect  extérieur  du  Palais- 
Ko\al,  mais  ils  eurent  [loin-  résultat  de  l'agrandir  et  d'en  rendre  l'habitation 
intininient  plus  connnoile  et  plus  aj^M'éable.  Silxain  (lartaud  en  eut-il  seul 
la  direction?  Fut-il  l'architecte  en  titre  du  Palais!'  A  Mai  dire,  i  ien  n'autorise 
à  le  croire,  et  son  nuui  n'apparaît  |)as  dans  l'état  des  gajres  annuels  pavés  aux 
iilliciers  et  serxiti'urs  de  la  faniille  d'Orléans.  Au  couvent  des  l-'illes  de  la 
Madeleine  de  Tresnel,  rue  de  (Iharonne,  où  la  duchesse  allait  parfois  en 
retraite,  il  fit  une  chapelle  de  Saint- llené,  dans  lai|nelle  lut  ('ri^ié  le  tond)eau 
du  cornle  d'  Vryenson,  ce  i[ui  témoigne  des  relations  bienveillantes  qui  conti- 
mièrenl  à  exister  entre  celle  princesse  et  l'artiste.  Cependant,  ce  n'est  que 
trente  ans  pins  laid,  vers  it'i"),  (pie  nous  retrouvons  Cartaud,  parvcmi  ;i  l'âge 
de  suivante -dix  ans,  chargé  à  nouveau  de  constructions  coiisid('iahles  an 
Palais-Hoyal,  de  concert  avec  Contant  d'Ivrv . 

l'in-  a-.-.idues  -einiileul  avnii-  riv.  auprès  de  la  l'aniille  d"(  )il(''ans.  les  l'onc- 
tious  des  ar<hilei'tes  Legrand  et  .lu,  car  leurs  noms  reviemieiil  dune  l'a(;on 
constante  dans  les  Comptes  dnraid  la  pc'riode  cpii  s'étend  depni-  lyn)  jusipi'à 
lyTiu.  (^)uel  est  ce  i^egi-;md!'  (Ju'a-t-il  l'ail!'  Il  n'est  cité  par  aucun  auteur, 
«•l  M.  hanchal  ne  le  mentionni'  même  [tas  dans  son  excellent  Diclioniuurc^ . 
Ksl-il  le  père  de  ce  Jacques  FiCgrand  (pii,  à  la  lin  du  wni"  siècle,  construisit 
le  théâtre  Kevieau,  restaura  la  fontaine  des  Innocents,  et  lit,  avec  Molinor,  des 
travaux  si  remaripi.diles  ii  l.i  Halle  aux  Hlési*  Tout  ce  ([ue  je  puis  dire,  c'est 
ipie  la  plupart  des  ouvrages  courants  exécutés  pour  les  princes  d'Orléans,  à 
l'aris,    h   Saint-Cloud    ou   ailleius.  ]\  celle   é'poi|iie.    l'urenl    dirigi's    on    Ion!    au 

moins  surveillé'S    pai-   Ini.    (jnanl    .'i    1 is  .In,    il    fui    l'airliilerle   de    la   duchesse 

d'Orléans,  ii  Ma;.'iiolel,  et  e'e-l  lui  (pii.  enlie  anile-  Iravaiiv.  aménagea  les 
écuries  du  Mé-geul  dan^  l'aneieii  li.Mel  Colbeil.  an  coin  de  la  iiie  \i\ieniie.  .l'en 
parlerai   plus  loin. 

La  construclion  du  (  Jiâteaii -d'ilan  cpi.'  le  due  d'()rl('ans  lit  élever,  en  1711), 
sur  les  d<'s-.ins  de  Itobeil  de  Colle,  doit  être  ici  signal. -e  ]\  pari,  car  ce  petit 
iiionunienl.  ipii  .1  «.rué-  l.i  place  dn  l'.dais-Hoval  pendant  pins  d'un  siècle, 
jusqu'en   iS'iH,  date  oii  il  fui  dc-truit,  ne  faisait   pas  paitie  de  l'apanage,   il  é-tail 

iiidi-pendant  du   Palais.  Ce  qu'il  ((.ùl.i   fut    dune    pave   1   par   le   piincc    mais 

par  le  service  des  Màliuieuts  luvaux.  lai  le  fiisant  ('rigei-,  le  Ué-enl  poni' 
.Hili\il  un  doidile  bul  ;  d'ali-ml  l'eud)elli«.s,.|neiil  de  la  place  snr  lai|nelle  se 
Iroiuail    la    façnile  de   sa    .lem.uiv.         ce  qni    elail    vraiment    une    nei'es>i|,-.  — 

I     lui  <  iiti ,  XouiTfiii  Pkliiihiiiiiif  tiKijriiiiliuinr  il  1;  id./iir  i/,-»  tirihilixlisfniiiriiis  (1W7,  iil-X"). 


i.i;s  COLLECTIONS   i>i.    rviii.i\i\.    oiijins  d  mit,   mi:lbli:s,   kic.  :)rsr) 

L'iisiiilc  la  régularisation  ilu  service  tics  cau\,  lanl  pour  son  usage  ([uc  pour 
celui  des  liabilaiils  du  cpiarlier  cl  surtout  de  l'Opéra,  à  chaque  instaut  menacé 
d'incendie.  La  (|uestioM  Af  reiulullisseniont  s'imposait  d'aulaiil  plus  que, 
depuis  la  destruction  de  Thrilel  Siller\,  ordonnée  par  Anne  d'Autriche,  l'aspect 
de  la  place  était  loin  île  s'être  amélioré.  Des  maisons  nouvelles,  dont  la  forme 


Pcinï  par  Ant.  Corrég 


(Tlb'.c 


JL'I'ITER     ET     DA>Al-: 

de  l'aïKiciinc  Galerie  du  Palais-Royal) 


irn'^^ulière  était  le  moindre  défaut,  i'w  s'aggloméraiit  peu  l\  peu  sui-  l'espace 
occupé  jadis  par  les  Quinze-Vingts,  prolongeaient,  à  droite,  de  la  façon 
la  |)liis  disgracieuse,  la  rue  Saint-Tliomas-du-l.ntivre,  et  s'avançaient  sur 
la  rue  Saint-IIonoré,  en  la  n'-ttécissanl  à  tel  point  (pie  cH'lle-ci  n'avait  plus  de 
ce  côté  assez  de  largeur  ptmr  (pie  deux  carrosses  y  pussent  aisément  passer  de 
front.  A  l'autre  extrémité  de  la  place,  depuis  là  rue  Froidmanteau,  qui  prenait 
naissance  sur  la  rue  Sainl-llonoré,  presque  vis-à-vis  la  rue  des  Bons-Enfants, 
et  se  dirigeait  vers  le  Louvre,  ce  n'étaient  que  liàtisses  lépreuses,  ftiisant  face 
;i  l'Opéra.  Kiilin,  dans  l'ave  même  de  la  porte  d'eiitive  du  l'alais-Uoyal,  et 
à  iiiie  di-I.Hice  de  (pialre- \ ingts  mèlrcs  environ,  linis  nu  <|u.ilre  maisons  parli- 
cidi('res,  plantées  iii  loiiiine  au  hasard,  sans  SMiii'liie,  iiiasi|iiai('ut  la  vue. 
Le  con[)  d'o-il.  assur(''iuent,  ('lait   sans  agrément,  cl  la    place  send)lail   à    tous 

T.    I.    LE    PALAïa-nOTAL.  37 


aOO  LK     l'M.  \1S-K()Y  AL 

si  peu  fil  lianiioiiio  avec  la  di-mi'urc  du  priiuH'  qiii  occupait  la  f>raude  situation 
de  IU''gt'ut  de  l'raiicc  (|uc  plusieurs  artistes  prireid  à  cette  époque  l'initiative  de 
proposer  d"eu\-inèuies  des  projets  pour  modilier  cette  partie  du  quartier.  J"ai 
lrou\é  aux  Archives  nationales  un  de  ces  projets,  et  j'en  doinie  ici  (page  287) 
la  reproduction.  Le  di'ssin  l'st  intéressant.  Il  jkhIc  1,i  li.ilc  de  lyn,)-  Lauteur. 
l'architecte  Lenoir,  suppose  que  la  place  du  Palais- Ko\ al,  débarrassée  des 
maisons  qui  l'obstruaient,  se  trouve  tonner  un  (luadrilatère  régulier,  et  au 
uiilieu  il  imagine  une  haute  pvramidc  disposée  connue  une  i'nntaine.  Le 
plan  est  bien  cttudjiné;  mais  sans  iloule  on  lui  trouva  un  grave  delanl.  ( clui 
de  pousser  un  peu  trop  à  la  dépense  en  un  temps  où  l'argent  était  raie.  I,e 
duc  d'Urléans  se  cunleida  du  (iliàteau-d'Kau  de  Robert  de  (^olte,  (|ni,  lunl 
élégante  (pi'en  fût  rarchili'cture,  ne  n'pondait  pas  tout  à  l'ail  à  ce  (pi  il  eût 
fallu,  car  il  laissiiit  subsister  l'irrégularité  de  la  place:  en  outre,  il  était  à  moitié 
caché  par  une  des  maisons  de  la  rue  Sainl-llcinoré  faisant  fact-  à  l'Opéra. 

Dans  les  papiers  nombreiiv  (pie  la  liilili(illir(|iie  nationali"  (Cabinet  des 
Mstampes)  poss('(le  de  Uobeil  de  (iulle.  il  \  a  le  dessin  original  de  l'artiste 
pour  ce  (  iliàteaii-d'l'laii.  \  iiici  la  deseri[)liiiii  ([lie  (|(iiiii,i  ilii  iik  niiiiin  ni  l'i::.iiiiiil 
de   l.a    l'oree  '  : 

Ce  Làtiiiu'iil,  liuiil  l'arcinlecliire  e-il  en  bossa^'es  riisti(|iies  \ eriiiiciili's.  e>l  llaiiqué 
par  (!c»ix  pavillons  de  iiumiic  sv  iiK'Irie,  le  Imit  avant  \  iii^l  toises  de  l'ace.  Au  milieu  est 
un  avant  c((r|)s  formé  par  (piatre  colonnes  d'ordre  toscan,  qui  portent  un  fronton  dans 
le  tvmpaii  diKpiel  sont  les  Armes  de  France.  Au-dessus  sont  deuv  cxccllenlcs  statues, 
à  demi  couchées,  ([iii  sont  de  (loustou  le  jeune,  et  rcpréscnleiil  un  lleuve  ipii  est  la 
Seine,  el  une  nymplie  qui  est  celle  de  la  fontaine  d'Aiciieil.  Au  bas  de  cet  avant-corps 
e»l  une  niche  surbaissée  en  C(i(pnile  où  ot  un  rnliincl.  on  la  lonlaine.  au-dessus  de 
laquelle  ol  un  marbre  noir,  on  l'un  lit  ;  (Juanlus  ij]'iindil  in  iLsiia!  Celle  inscription 
non  !«eulrinent  n'a  rien  d'heureux,  nniis  encore  conviendrait  inliinmenl  mieux  à  un 
lli-ine  (pr."i   une   fiintainc  :  aii>si   In!   elle  plaisainnienl  eriti(piée  lorsipi'elle  i)arul. 

I.  intérieur  de  l'i-diliee  ét.iit  aii\  trois  ipiarts  occup(''  par  les  n'-seï  \  nii  s  ipii 
recevaient  les  eanv  d'Vicueil  et  de  la  Seine.  Le  mi'canisnie  de  dislribnl  ion  nous 
a  éU"  conserv('  dans  une  si'iic  de  plan-,  desciiplil'--.  ipii  ilnnnenl  a\ee  la  plus 
>,'nnule  prt'eisioii  le>  trajectoires  «les  gros  et  pelils  (nN.niv  desseivanl  d'eau  de 
S'iiii!  ou  d'eau  d' Arcueil  soit  les  appartemenl'^  el  le  jaidin  du  l'alais- l(o\al. 
.soil  rOpéni  el   les   IkMcIs  de    la    nie  des    |!,,,is    Knl'anls.    s,, il    rnemv    rii,M,-|    de 

la  Monnaie.  a\ee  indie.ilioii  des  r, •;.';,, -,1  s  el  des  iubinfls  (!,■  tviei pii  s,i\aient 

Il  lérliT   l'eau    . 

;'■.'!  (//■  l'iirii,  l'ililliiii  (le   i^'i».    p.   ï-'iI'i. 

I  ilioimli-,,   3*   rlavic,  .Sciiic,   :».*m.  l'Oiim  df  l'imririi  l'iilnU-linyiil  ri  ilfs  miiilnih-s  île 
'"'"'  r„\,inflt  lU  hifnnlninr  ilr  1,1  l-.roix  itii  Tnilinir  ri  ./»  Chnlrmi-illùtit  tmur  la  fmirnUurr 

*l"  '  ■'    II-  rii'irrr  nu  l'iilnit-lluynl. 


LES    C0I,I,K<.T10NS     IIK,    TAHLK\i;\,    OHJKTS    irvHT.     MKLiHLliS,     KTr..  <()! 

Ce  ne  fut  quo  ciiiquaiito  ans  a|)rès  la  construction  de  l'ôdilire  de  Uoherl  de 
Cotte  que  la  place  du  Palais-Uoyal  l'ut  enlin  tracée  en  (niadiilalrre  iéjj:ulier 
et  encadrée  par  des  maisons  diin  pian  iniilornie.  Par  Icllics  patentes  du 
7  août  1769,  le  nn  ordonna  la  déniolilion  des  maisons  cxislanles  cl  leur 
reconstruction  conforme  au  profrrannnc  aiivié  pai-  raiciiilcclc  de  la  \  illc, 
Moreau.  Le  Hef^istn'  des  arrrls  dit  Conseil  d'Etat  <lii  roi.  (pii  es!  au\ 
\rclnves   naliniiales.    cnntieni,    à    la   date    du    5    mai    1770,     une    délibéralion 


relative   à   ce   sujet,   ainsi   (pie    les   dessins    de    Moreau    (pii    doivenl    scrxir    de 
modèles  conformément  à  cet  article  de  rordonnance   royale  : 

Veut  et  entend  Sa  Majesté  que  lesdiles  maisons  soyeiit  exécutées  en  pierre  et 
non  en  moellons,  et  que  toutes  les  saillies,  corps  et  décoration  qui  sont  figurées 
auxdits  dessins  soient  enlièrcment  et  rigoureusoinent  suivies. 


Les  dessins  sont  accompaj^nés  d'un  plan  très  curieux,  ipii  montre  I  élal 
exact  de  la  place  du  Palais- l\oyal  à  cette  date  de  1770,  et  cpii  donne  les  noms 
des  pro|)riélaires  des  diverses  maisons  se  trouvant  alors  à  cet  endroit'. 

!,a  (picsiion  des  Iravaux  faits  au  Palais-Uo\al  durani  la  Kénciice  ne 
conqiorlant  pas  de  plus  lonj^s  développements,  il  convient  de  passer  ii  la 
dcscripiion  des  appartements.  Toutefois,  avant  de  nous  en^M^n-r  dans  le  ialix- 
[inllic  di's  chambres,  des  cabinets  et  des  salons  icmplis  de  mciNcillcs.  il  esl 
nécessaire  de  dii'e  ce  (pi'étail  la  collcflion  drs  lablc:nix  el  roinnu'iil  .■llr  bd 
réunie  par  Philippe  d'Orléans. 

I.   \rclii\es  nationales.  E.   a'iCio. 


Pour  h   Yjl.imc   L,    Pi.r,„  i,jt<r,  Ji  .\L'n^i;;'uur   I,   Du.    SOtUai:,  par   l'abbc   Je   1.1   Cliiu  ^l77..1 


i.\  coLLKcTiux  i)i;  r\Hi.i:\i  \ 


I,'liisti)ii('  (le  ccllo  Cl"'!!'!)!-!'  lolIcclioM,  l.i  plus  ((iinpIMc  qui  ail  t'tc  lasscmlili'c 
«■H  l'iamc  avec  cfllc  du  roi;  lia  jamais  l'ii'  jusiiirici  lacoiili'i»  avec  cxaclilinlc. 
(Ihoso  ('Iraiip'!  l/iMinlitidn  imnliTiic,  si  liiic.  si  aiyuisc'c,  si  alcilc  i|iii.  avec 
une  iiifali^rahlc  aiilciir  ri  une  [n'iK-lralinn  sduvciil  rrinan|iial>li'.  a  pdiic  la 
rlaili-  lie  ses  iii\rsli;:aliiiiis  sur  laiil  de  pniiils  (iliscms  de  riiisloirc  de  1"  \rl.  cl 
i|iii  s'allaipo'  pailnis  à  des  suiil>  txiil  ;i  l'ail  sccinidaircs,  a  laisse  colui-ci 
i'ii>rl(>pp('  dans  un  in\sl(  re  (|iip  dos  ciriMirs  accumuk'os  noni  l'ait  cpi  "épaissir. 
\  (  liaipir  inslant.  s'inipriini'iit  l'I  si'  r('pMoiil,  nirnic  dans  l(>s  onvrafros  de 
Hi'iicii-r  ciiliiini'.  -1  |irupMs  de  l;i  j.-'alt'ric  d"(  )rl(''aiis,  les  alliniialinns  les  plus 
fausses,  les  rai'tinlars  les  plus  l'anlaisislcs,  passi's  ;i  I  t'ial  ilc  xciitcs  incMiiti'sIt'i'S 
nnii|iii'nifnl  par  la  fonf  de  riialiiliidc.  cl  pane  ipic.  depuis  une  i-cnlaino 
d'anni't'M,  «m  1rs  a  admis  sans  se  suniier  de  les  ciiMlriMci'.  Le  siijel.  eepeiidaiil. 
«•si  d'mi  assi'z  vif  iiili'n*!,  <»n  l'aNoneia.  pour  nii-rilcr  iprim  ('•rri\aiii  sulidcmcnt 
diHiimenlt-  lui  ronsaiie  ipielipie  jour  un  livre  ((Hisciencieiix,  dans  Icipiel  justice 
îM'ra  faili-  enlin  île  Innles  les  incrii\aliles  ln'Mies  ipii  se  liaiisiiieljeiil  depuis  h'op 
liiM^'Iemps  sur  celle  cnllcclinn.  Si  r<in  ciiiniaîl  mal.  en  ell'el.  la  inanicre  dmil 
le  Hep-iit  fiirma  celle  ;.di>iieiisi>  ^.'alerie,  si  liiii  i;.'iii>re  ;i  ])(>n  près  liilalemcnl 
JCA  \ii'i<48iliMtes  (pie  suhiieni  le>^  tahleaux  an  l'alai<-  Itnv  J  dnraiil  la  plii^  :jiaiiile 
partie    du    wni'    siècle,    en    le\.iliclie.    Il    circule    Mil     leiii     ili-pei -iciii.    peiiilaiil   la 


I,i:s    COLLECTIONS    1>K    TVULEAUX,     OltJKTS    1>"\HT,     MKUHLES,     ETC.  •>.()3 

llôvolulion.  1111  ivcil  des  plus  (•iiciiiisl;inci(''>;.  IimihcI  n'.i  (|iriiii  malheur,  c'esl 
dV'Iro  à  peu  |iirs  ciiiiiiilrlriiiiiil  le  ichi mis  de  la  \i'iil(''.  Pour  l'acililcr  la  làclio 
(le  raiilciii-  (lu  riiliir  \(iliiiiic  iloiil  j"a|i|icllc  di'  iniis  mes  \ii'ii\  la  |)iOcliaiii(' 
imlilicalion.  cl  |i(mr  d(''l>l;i\ii-  le  Iciiaiii  sur  lc(|n('l  il  saxciiliirci  a.  jr  nie  coiileii- 
U'iai  de  i(''SUMi('i-  les  iiifoiiiiatidiis  ikiiincIIcs  ([ui  se  di''i:ai;('nl  di-  dix  iniicnls   que 


Pont  pur  :«  i,<,o. 


.c  pjr  J.  Bouillira 


PUILIPrE     II     ET    SA.    MAITRESSE 
(T.iblc.111    de    1.1    Galerie    du    Pabis- Royal 


j'ai  dcM-Diivcrl-^.  l'.ii  prciuicr  lien,  je  dirai  ce  (|iic  {('xMciil  les  Vrcliivcs  du 
MiiMisli''n' drs  Ml'airi's  ('•! raii;jrri's,  la  ('or/-cs/)n>/f////H-r  des  il irrclcurs  de  I  Ara- 
ili'-mic  (le  l-'rniirf  il  llniiii\  r'dil('i'  par  de  Miiiilai:^loii,  aussi  bien  que  les  iiiM'ii- 
lairo  iiit'dils  des  durs  (rOih'aiis  (de  \--\'\,  \-')'.  cl  lyS,"))  sur  les  origines  de  la 
colleeliiiii,  les  aeipiisilioiis  successives  du  Ki'iicnl  el  les  trausldiiualioiis  ipii  y 
«iiil  l'Ii-  .Tpporlécs  par  les  liéiiliers  de  celui-ci.  .le  doiiiierai  eiisuile,  dans  le 
cliapiire  coiisacn- à  PIiilipiie-Egalilc'-,  le  (■(Hitial  de  \eiile  aullieiiliipie,  iiidiipiaiil 
d'iiue  iiiaiiière  iri-t'lulahlo  los  conditions  dans  les(pielles  les  lalileau\  ipiillèiiiil 
la  i-'iance,  ainsi  ipio  la  liste  de  ceiiv  cpii  restèrent  à  Paris,  passeront  aii\ 
enchères  ou  liien  rureiit  recueillis  par  I.enoir  |»()iir  le  Miisiiiin.  (les  dociimenls 
iKunciiix  di^--i|ier(iul  du  iiiMiii^  les  plus  Idiirdes  des  erieiirs  (pii  sdiil  i;ciiciale- 
nieut  accrétlilées. 


QO/j  LE     PAI.  \lS-RO\.VL 

Les  souiTOS  ;ni\(|iiolli-s  nw  s'est  fontenté  de  puiser  juscpià  présent  pour  ce 
iMii  coiicenie  les  tableiiiiv  du  Palais-Ho\al  peuvent  être  ramenées  à  trois.  La 
plus  sûre  est  le  petit  \olunie  publié  en  i-:>.-  par  Du  Bois  de  Saint-Gelais 
l't  intitulé  :  Drsrription  des  tableau.r  du  Palais-Roi/al,  dédiée  à  AP'  le  duc 
d'OrUans  (in-iï  de  ôo'j  pages,  ehez  Houry,  «seul  imprimeur  et  libraire  de 
M"  le  duc  d'Orléans»).  C'est  une  sorte  de  catalogue  qui  avait  été  entrepris, 
comme  il  est  dit  dans  la  préface,  sur  les  ordres  du  IlégenI,  et  qui  contient  la 
description  détaillée  de  tous  les  tableaux  de  la  collection,  au  nombre  de  /|G3. 
L'auteur  en  publia  une  seconde  édition  eu  i;'^;,  sans  niodiliralion.  si  ce  n'est 
cpi'il  ajouta  quatre  tableaux  que  le  Régent  a\ail  l'ail  xciiir  de  l\(inis,  et  qui 
y  ftirent  renvovés  après  sa  mort',  (le  catalogue  reste  un  document  des  plus 
préiieiix,  car  V hn'entaire  manuscrit  du  duc  d'Orléans,  de  172.3,  qui  se  trouve 
aux  Arcbixt's  nationales,  donne  bien  la  nomenclature  de  tous  les  tableaux, 
mais  sans  les  noms  d'auteurs,  de  telle  sorte  cpi'à  défaut  du  travail  du  Du  Bois 
de  Saint-Gelais,  leur  identification  oITrirait  les  plus  grandes  dillicullés.  il  m'a 
donc  serxi  de  base  non  seuleineni  pour  étai)lir  une  comparaison  intéressante 
eut  1-e  les  prix  d'estimation  de  chaque  ceuvre  en  lya'i,  \~'y^..  178."),  et  les  prix 
di-  \ente  en  Vngletetii-  eu  \~\y>.,  mais  encore  pour  contrôler  tous  les  di'tails  cpie 
j'ai  |iu  recueillir  >ur  leur  dispersion.  La  seconde  source  à  consullcr  sur  la 
colliTtion  est  le  maguiliipie  ouvrage  publié  par  Couché,  à  p.u  lii  de  l'année  1780, 
inliluli'  :  Gitlm'i'  des  tableaux  du  Pn/ais-l{i)i/Yi/.  en  tiois  Miiuuies  in-folio, 
l't  qui  «oinpreud  ii')'t  planches  giavc'es  par  les  pi'eniiers  artistes  de  l'époque. 
Le  recueil  parut  eu  li\iaisous.  Il  x  en  a\ail  déjà  Ireiile  mises  en  veide  cpiand 
Philippe-Kgalité",  pressé'  d",u-;:eul,  ei-da  ses  tableaux.  Ce  contre-temps  n'arrêta 
pas  Couelié'  (pii,  lieiucu'MMieMl,  asail  lait  l'aire  d  axauce  les  dessins  des  plan- 
ches. Mais  la  tourmente  ré\olutionuaii'i'  lit  -<ns|ien<lre  la  publication.  (|u'ou  ne 
ri'prit   qu'en    iSo(i.  (  i'e-*!   ;i   son  aehè\eMi(iil   i|iii'   lui  iiiipiiiiK'c  l,i  |)rera(e.  (''ciile 

par  Cr<i/<'- Magnau.  dans  |;i(pic|| Iriiii\,uii    Iml    lils|,  n  l,|ii,'  de   l;i  ci  illeclioii 

eon*<titné-e  par  le  Uégent.  tiavail  elabli  «-ur  des  domiées  incertaine-^,  iniouqilèles. 
el  d'après  de«*  Iratlilions  pins  nu  moins  dt'lignrt'es.  Ou  ne  sauiail  \  allaclier 
un»'  sérieuse  valeur,  fju.uit  ii  la  lini'^iènii'  sniuce  de  renseignenieiils  sur  li's 
tableaux  du  l'alais-Bo\al,  elle  est  (rori;:in('  anglaise.  C'est  lliisloire  ilc  l.i  \enle 
faite  pur  le  duc  d'Orléans  en  1  7!)o,  telle  iju'elle  est  racontée  par  W  .  Itn<  hanan 
(Ions  Hon  li\re  :  Me/mit/w  nf  l*airitin'^  ailli  a  vhronolni^ical  tiisian/  of  the 
im/ii>rlali(tn  <>/ pirtures  hif  thc  '^real  masters  iulu  h'/i^da/id  sinct-  the  l'retiih 
Hcvtdnùtm  (L)ndon,  u  xol.  in-8",  l^^■J'|).  Tout  ce  (jui  a  été  écrit  ch'puis  sur  ce 

I.  <>«  i|Ualrr  Inllm  rlnlcnl  iinr  Ik-trenlr  tir  rruir.  tif  Kri'ilrili-  ZtiiTi'c  (Ziirrlicro»,  nui'  \nlii>iU, 
ilil  f;.irri'i(r,  un  \i,U  mr  tnnijfrr,  ilii  Tilii'ii.  ri  le  l.iwfinrnl  ilr»  /nVi/jt.  do  Ji-riViiir  Miiliiiii  i  Mii/iiuii>).  J'ai 
roiii|kirr  llunr  (wr  llifiir  ri'«  iktix  iMtiliiiii<  ili>  Du  Ikti»  ili>  Snhil-(;rliii»  :  il  n'y  il  pns  diuilics  iliangc- 
■    '"•■"  i|ii<' o-ili' ili'   i-.i'i   niiii|iri'iiiii'  .'113  juiK'"'-   ""  liril  «il"  .'m'i. 


i.F.s  rni,T.i'<;TiONs  ni:  tmilkaix.   oii.irrs  n  mit,    mi:i  hi.f.s,   ivre.  ago 

siijcl  \iriil  (le  lit.  Nul  ('•riidil  lia  l'ii  ciicdir  l"i(i(''i'  de  M'illicr  rcxaililiidr  des  lails, 
dailkuiis  en  apparcnci-  dès  plaiisihics.  a\anc('s  |)ai-  HMcliaiian.  Dans  son  Trcsor 
(h-  la  rariositc' ,  Clliaïk's  Hlanc  li-s  a  ivr'dili's  sans  sns|)('(lcr  nni'  niiiinlo  lour 
aulhonlioité,  conliibuant   ainsi  à  Ibrlilicr  in  civanci-  en  iaciuclic  on  les  k-nait. 


-JHT-— .ryg; 


MELRLi;    IJL:    HiH.:i,i,E    (l)E^>IN    DE    LLPOQLE) 


On  \ciia  dans  le  dciiiici-  cliapilrc  dr  ce  \oinin('  rc  (|u"il  en  l'anl  pcnsiT.  et 
coninii'iil  une  simple  pièce  d'aieiiiNe  réduit  à  iK'aMi  luul  ce  cpi'on  croNail  savoir 
sur  la  veille  en  Angli'terre.  Snr  ce  point  encoi'e.  la  lé;icnde  a  })ris  la  place 
de    la    réalili'. 

(leci  dil,  \(i\niis  de  (piclle  l'ai'iiii  le  lièrent  parvint  à  ri'imir  sa  inerveilleiise 
collection  de  taiili'anv.  I  )ès  sa  jeunesse,  nièiiie  avant  son  niaiiai;!',  il  <dinnionc;a 
;i  acijuéiir  (|iu'l(|iiis  loiles  préc'ienses.  Les  conseils  deClovpel,  son  ^oùl  viainienl 
éclairé  p(jnr  la  juiiiliire  le  liuidèrenl.  Il  sut  saisir  avei-  discernenieiit  les  bonnes 
occasions,  soit  ;i  la  mort  des  amateurs  dont  les  caliinets  ('taieut  dispersés  au\ 
onclières,  soil  par  des  liansactions  amiables,  I  ne  di'  si-s  |)iemières  boinios 
l'orlnnes  l'ut  l'achal  du  Sm'nf  Jrau  datis  Ir  (Irscrt,  de  llapliaC-l,  p.i>('  •)o,ooo  livivs 
au  tils  du  pii'sidciit  dr  llariav.  l'.ii  lyo.'!,  il  cideva  du  coup  huit  tableaiiv  de  la 
^^aleiic    llaiilrliiiille,    parmi     lesipieis    le     \/n//.sf    .sy///i'c,     de     l'an!     \  ('roiièse  ;     le 

1.     1.   II.    |..    I  17    lO.r. 


a((li  LK      PALAIS-KO^AL 

Saint  Jérôme,  du  l)iiiiiiiiii|iiiii  :  im  Erie  Homo,  du  (liiidc.  un  Pai/sni^c, 
d"  Vmiilial  (l;iir;irlio.  Lu  autre  o\relK'nt  cabini't,  ci'liii  de  l'idilx'  De  (lamps, 
dont  Saint-SiniDii  a  parlé  on  si  bons  termes,  lui  louiuil  des  tiinrcs  Itlles  (|ue 
/</  Vier<;c  cl  l'Enfant,  de  llapliaël;  Salinaiis  cl  An  Lavciisrs,  de  F  Ml)aiie  : 
l'EnJaiivf  de  Jupiter,  de  J.  Romain;  la  Présentation  au  leni/ilc.  du  (  Juci  rliiii. 
Va\  revenant  de  sa  campagne  d'Espagne,  en  1709,  le  duc  dOrlcaMs  rappoila 
la  Prière  au  Jardin  des  Oliviers,  de  Michel-Ange,  cl  il  u"cu(  poitil  de  ci-sse 
que  son  compagnon,  le  duc  de  UramiiuMil,  (|iii,  lui  aussi,  avait  trou\é  dans  ce 
pays  V  Enlèvement  d  Europe,  du  Titien,  ne  lui  ail  cédé  ce  ciid-dieuvre.  A 
partir  de  cette  épocpie,  le  prince  mit  à  augmenter  sa  galerie  une  passion 
extraordinaire,  ne  laissant  j)asscr  aucune  t)Ccasioii  l:iM]i,dile,  lançant  des 
limiers  comme  (iro/.at  pour  lui  dénicher  des  morceauv  de  (  lioiv,  \isilaiil  lui- 
même  K's  c(jllectionneurs  de  l'aris,  et  sachant  se  l'aire  céder  ev  (|ni  lui  plaisait. 
Il  acheta  ainsi  i'>o,ooo  livres  les  Sept  Sacrements,  du  Poussin.  |iiii\cii,iiil  de 
la  «('Ichre  collection  de  Chantelou,  et  les  meilleures  peintures  du  cahiiicl  i]r 
de  !,.iun;iy.  dir-ectem-  de  la  Momiaic  et  heau-père  de  Robert  de  (iollc,  (pie 
Pierre  le  (irauii  «'lait  .ilii'  .KlMiircr  loi>;  Ai'  son  voyage  ;i  Paris,  en  1717.  Ia' 
/{ai'isse/nent  de  saint  /'nul.  du  Poussin,  et  la  \isio/i  d'Ezécliicl.  Av  Uapliarl. 
viennent  de  là,  ainsi  (pie  le  Saint  Eranrois,  de  l'Alhane.  Ouicoii(|Nc.  parmi 
les  l'amiliers  du  prince,  cliercliail  à  lui  l'aire  sa  cour,  n'avail  (]ii  ."i  lui  signaler 
«pielipie  bonne  ac(|uisition  de  ce  genre.  Briguait-on  une  r.ivcin.  on  savail  par 
oi'i  le  piendre.  Par  evemple,  Havnaud  de  la  Sagelle,  gn-llicr  en  t  licl'  du  Parle- 
ineiil   de  l'aris,   con\oite-t-il    le    ini'vcl    de  conseiller  (rillal,    il    s'arrange   pour 

ipie  le  H(''genl  viemie  voir  sa  pelile  collccli le  lalileau\.   rue  Saint- \ndiv-des- 

\rls,  et  coMuiie  le  duc  ni  ilislinouc  (|(i,ihe  (|iii  le  -(■diii-cMl  pari iiidièremeut  : 
I.  Permelle/-moi,  Monseigneur,  de  vous  les  oll'i  ii-.  ..  djl  le  malin  -rcllici  .  (|iii  dliliiil 
en-.nite  ai-M-menl  son  brevet.  I,e  c.ipilaine  des  .""Puisses  du  Palais- Koval.  Nancre. 
ipii  l'Iait  un  bomine  de  gonl,  venl-il  doimer  ;i  son  maître  ini  It'-moignage 
vraiment  ^en>.ible  de  re>.peclueu\  allacheniiMil .  il  lui  c('(le  loiilc  va  coHcclion, 
com|irenaiil  des  toiles  italiemies  de  prenne  1   ordre  d'  Viiiiilial  cl   Lmii-.  ( 'ariMclie. 

de    r\lb; ,    de    Mola.    elc.    De    même,    les    lable.inx    |iiciiiii\   doni    le    t'amenx 

ihevalier  lU-  Lorraine  avait  orrn'  son  apparlemenl  <!ii  Palai»  Koval.  iii>lallé. 
loimjie  on  l'a  vu  plus  hanl.  .ivec  liuil  <le  ln\e  p.ir  Monsieur.  |.as,s,"Menl.  ipiand 
il  mumut.  en  170-.,  .'1  Philippe  irOrleanx,  <pii  enl  de  (elle  l'acon  la  /uiti-  de 
Jnvoh.iV'  P.  deCortone;  Saint  Jeun  /'Eran^èlistr ,  du  |)>>niini<piin  ;  la  Porteuse 
de  lasselli  .  du  'l'ilien,  etc.  I  n  antre  cabinet  ct'libic  lui  ronrnil  encore  plusieurs 

l-||er!«-»r«i-n\re.  celui  de  Sei^'liel.lV.   lils  iiîii,'-  de  C.ilbeil.    donl    il    lii'; I.inuncnl 

V.MIaitentent  il  llennle.  du  'l'inlorel;  M,nsr  inuK  liant  sur  In  ininnniie  île 
l'I. .,..,..„    ,1,1  puiissin:    Eri'^one  et    la    Maihleinr.    du  (iuide;    le   l'nrt,  nient  de 


LES    COLLECTIONS    DE    T  VIU.KAIIX,     OII.IETS    I)   MU',     MKl  lll.ES,     ETC.  trj-J 

croix,  du  Doniiniqniii,  olc.  Aprî's  lui  avoir  a|i[)()rl(''  dllalic  les  Disciples 
d'Emmaits,  de  Paul  Véronèse,  l'habile  Crozal  négocia  poin  lui  iaccjuisilioii  de 
toiles  remarquées  chez  les  collection- 
neurs de  l'époque.  A  Tombonneau, 
président  des  Comptes,  dont  le  mafj:ni- 
ru|iic  iiùtel,  rue  de  l'Université,  était 
plein  (le  ruiiosités,  il  arliela  (piatre 
tableaux  :  une  Sditilr  Fiunitlr.  de 
Haphaël  ;  le  Bain  de  Diatic.  une 
Vénus  et  le  Repus,  de  Carraehe;  ;i 
Penaulier,  leceveur  général  des  Etats 
du  Languedoc,  la  Samaritaine,  de 
l'Albanc;  à  milord  McUord,  la  Colom- 
binc.  de  Léonard  de  Mnci;  la  Made- 
leine, du  Guide  ;  le  Paralytique,  du 
Bassan;  le  Cavalier  blessé,  du  dior- 
gione:  à  M.  de  Ménars,  beau-frère  de 
Colberl,  qui  demeurait  rue  de  Uichc- 
lieu,  une  Sainte  Famille,  du  Parme- 
san :  à  de  La  Châtaigneraie,  V Inven- 
tion de  la  vraie  croi.v,  du  (norgione; 
au  duc  de  ^  endôme.  Hercule  étouffant 
des  serpents,  tle  Carraehe;  au  maré- 
chal d'Eslrées,  la  Prédication  de  saint 
Jean,  de  l'Albane  :  au  duc  de  Noailles. 
la  Procession  du  Saint- Sacrement, 
d'An.  Carraehe,  et  David  et  Abii^aïl. 
du  Guide:  à  La  Havoye,  receveur  géné- 
ral de  Poitiers,  rue  d'Anjou,  une 
Sainte  Famille,  du  (]arraclic:  à  .1. 
de  Nouveau,  surintendant  des  Postes, 
Alexandre  et  son  médecin,  de  Le 
Sueur,  etc.  (^hacpie  jour,  la  eolleelion 
s'augmentait  et  envahissait  les  apparleuieiils  du  l'alai 
leuvres  ipie   \r    Uégeut    a\ait    gardi'es   lui    \enanl    d 

avait    recueillies    provenant  de   Uiclieliei <le    Nbi/arin.    De   Inules  jiails.   les 

tableaux  lui  arrivaient  et  les  ollVes  de  venie.  (tu  lui  en  adivvv,,il  de  la  pro- 
\inc<'  ri  uirnii'  de  rc'Irang.T.  (pi"(in  clierebail  U  lui  .'•eoider.  tjnand  le  Kegent 
moiu-ut.    les    eonuni-v.iiivs   ebargé'S   de   Vhnenlaire  timixc'ivnl    ain-l   au    Palais- 


PKMlll.E    IlE    LA    FIN    Df    IV 


Uoyal,   s'ajdidanl    an\ 
n    père,    el   à   celles  ipi'il 


T.    I.    LE    I'AHI?-IH 


2q8  LK     palais-royal 

Uoval  uiR-  \iii^'laiiR'  tU'  piiiiluirs  (jik'  ivilainèriMit  les  porsoniios  qui  l'ii 
avaient  proposé  l'achat  au  duc.  et  qu'on  dut  restituer.  Elles  appartenaient  h 
M-  de  Ménars.  à  Crozat,  à  la  ville  de  Heinis,  à  divers  inconnus. 

Mais  l'acquisition  capitale  du  Régent,  celle  qui  einichit  sa  (ralerio  des 
œuvres  les  plus  glorieuses,  ce  fut  celle  des  tableaux  prcniiiaiit  de  la  leine 
Christine  de  Suède.  L'histoire  de  cet  achat  est  exlrènienient  curieuse  et  na  pas 
jusqu'ici  été  racontée  dans  ses  détails.  11  fallut  au  duc  tl'Orléans  plusieurs 
années  de  négociations  compliquées  avant  de  parvenir  à  ses  fuis.  Aujiuiid  Imi, 
grûcc  à  la  publication  de  la  Correspondance  des  directeurs  de  /'Aradé//iic  de 
France  à  Rome,  on  en  coiniaît  toutes  les  particularités. 

La  reine  Christine  de  Suède  avait  réuni,  au  cours  de  sa  \ie.  un  jrrand 
nombre  de  reinaniuables  peintures.  Les  plus  belles  lui  ^enaient  de  la  collection 
formées  par  l'empereur  Hoilolphe  II,  dont  les  Suédois  s'étaient  enqiarés  en 
|G.'|8,  lorsque,  sous  les  ordres  du  général  conde  de  Ko'nigsniaik.  ils  avaient 
occupé  Prague,  et,  usant  du  droit  de  concpiète,  ils  s'étaient  appropri(''  sans 
scrupule  toutes  les  nier\eilles  a(  cuinuit'es  dans  le  château  de  Ihadseliiu. 
(Jhrislini'  piit  les  meilliui^  lahicaiiv,  el,  (piaiid  elU>  se  résf)lnl  ;i  i|iiilli'r  la 
c.ipilale  poui'  eouiii'  1  iaucjpi'.  elk'  emporta  ceux  qu'elle  pri'l'érait  '.  l>lle 
mourut  à  Home  le  ii|  avril  i(iS<),  laissant  un  teslameid  par  lecpiei  elle  déclarait 
le  cardinal  \/./olino  <on  h'gataire  universel.  Mais  celui-ci  ne  sur\écut  Cjue 
ipiel(|ues  mois  ;i  son  illustre  amie,  et  les  collections  passèreul  à  uii  de  ses 
iieveuv  ailoptifs  (son  Ilis,  croit -on),  (pii  n'eut  i-ieii  de  plus  pi-ess('-  (pic  de  i  Iiei- 
cher  il  les  \endre.  Il  lit  l'aire  des  propositions  à  Lmiis  \l\.  Le  ^laiid  roi 
songeait  alors  moins  à  .se  laisser  entraîner  \i  ses  inodigalilés  coulumières 
cpi'ii  inaugurer  une  période  de  sé\èii'S  (''conomies.  el,  de  Marl\,  il  écri\it,  le 
i(i  sepleinl)re  iGHj),  ;i  notre  agent  ii   Uome.  celle  léponse  laconique  : 

...Vous  n'avez  qu'à  reniercier  le  s'  A/zoliii  de  sa  lnniiic  Milnulé,  les  (lt'|)('iiscs 
ipii"  je  huis  ohligé  de  faire  à  pré.sent  cslaiit  pins  p^(•s^allle^.  (|ue  I  ii(  liapl  (le>  lucnhies 
ri  tableaux  de  lu  rcNue  de  Suède  j. 

I'lu><ieurs  années  s'écoidèrenl.  L'In'r  ilier  d' \/zoliiio  \eiiclil  eu  bloc  itour 
l'j.'Loof)  «eus  la  nuigniliipie  coll..  lien  ,\r  (  ;iii  islin,.  ,|,.  Suède,  lableaux.  I.ipis- 
series,  meubles,  statues,  pierres  gra\ées,  ii  Dom  Li\io  Odescalelii.  iiexeii  (bi 
pa|M'  Innocent  \L  (l'i-st  au  moment  <lu  di-cès  de  celui-ci  (pie  le  {\\\e  d  (Irh'aris 
mit  eu  campagne  ses  ;igeul»  pour  làdiei'  d'.jcipM  rir  la  pri(  ieuse  galeiie.  Le 
m.'utpiis  de  'j'oriN  enir.i  dabord  en  scène,  en  seplendire  lyi.'f,  mais  les  ouver- 
lun-s  qu  il   fil   restèrent  sans  elVet.    l'uis  c'est    Oro/al   cpii,  eu    j.iuxier  i7i.''i,   \a 

I.  i'.U  l.n  li'ilrrir  ilr  InhUiuij-  ilr  ta  rriiir  (Jirhliiir  de  Siièilr.  \mv  l)\u(  (hikmikiii;,  i  \o1.  gr.  iii-8". 
».   Arrliltf»  ilii  iiiliiUlirr  de»  MTnIrc»  rtrniiHiTf»,  I.  .Ij.'i.  t-h'. 


LES    COLLECTIONS    DE    TAHLEVr\,     OIIJFTS    1)    \UT.     MEl'llLES.     ETC.  '^^Q 

h  Rome  voir  au  palais  i\c  Dom  Livio  la  raincusi'  coilcclioii  cl  s'en  montre 
enllimisiasmé.  il  écrit  à  celle  date  au  duc  d" Aniin  qu'elle  est  estimée  plus 
(le  aoo.ooo  écus  romains  (^750,000  francs  environ),  cl  ajoiile  : 

Je   feray   mes  efforts  pour  acheter  les    tableaux  aflin  de  procurer  à   S.   \.   H. 
(le   duc  d'Orléans)  une  ruinrantninr  dr   Inhlcaiix  qui  formeront  le  cabinet  le  plus 


(Tableau  de  l'ancienne  Galerie  au  l'alais-Royal) 

signalé  de  l'Europe,  (|ui  no  sauroil  estre  comparé  en  ce  pays  icy  qu'à  celuy  de 
M.  le  duc  de  Modcno,  cl  conslammcnt,  en  genre  de  peinture,  ce  sera  un  grand 
trésor  pour  la  l'rancc 

Ce  n'é'Iail  pas  cpiaranlc  lalileauv  cpie  c(imprcn;iit  la  collection  de  Dom  Li\io, 
mais  (juatre  cents.  Ivii  cH'ct,  ii  (juelcpies  jours  de  là,  le  (i  l'é\rier  lyiu,  Crozat  va 
de  nouveau  examiner  la  collection  et  constate  (|u"il  n'y  en  a  pas  un  nombre 
iiioiiiilic.  il  y  a\ail  bien  des  iiiidib's  p;niin  ces  pciiiliMcs.  ()n  ,i\ail  mis  des 
rii|cMii\    sur   les    plus    indc'ci'iilcs.    (  )n    Iroinail    i;i    des    KapluiiM.    des    Coi'rège, 


te  bIKt   Pt^,  pierre  gravée 


3oo  '  K     PALAIS-HOYAL 

des  Véronèso,  des  Titien.  Crozat  olTVit  à  l'hérifior  de  Dom  Li\io,  le  duc  de 
Bracciano,  Go.ooo  écus  pour  les  tableaux,  i3,ooo  écus  pour  les  tapisseries 
et  ôo.ooo  écus  pour  le  reste  de  la  collection,  c'est-à-dire  les  uiéilailles,  les 
statues,  les  meubles,  etc.  Mais  le  duc  était  un  diplomate  rusé  et  temporisateur. 
Il  ne  mil  [)oint  d'empressement  à  accepter  ces  oITres, 
usa  de  détours,  demanda  à  réfléchir,  prit  son  temps. 
(Irozat  se  prêta  d'abord  à  ce  jeu,  prolita  des  loisirs  cpio 
lui  l'aisaiiMit  ces  intcniiinables  négociations  pour  cU'ni- 
clier  dans  Home  (|uelques  objets  d'art  à  l'inlenlion  du 
Uéf^n-nt.  Il  acheta,  entre  autres  choses,  un  buste  antique 
et  une  li;.nnt'  de  marbre,  des  camées,  des  nu'ilailles, 
des  modèles  en  terre  cuite  de  François  Flamand  et  de 
r.Vlgarde.  A  la  fin,  il  se  lassa,  lit  une  dernière  propo- 
sition de  70,000  écus  l'omains  pour  les  tal)!t'aii\  cl  les 
tapisseries,  ou  de  .■}7,oof)  écus  jiour  vingt-cin(|  lableaii\  ii  j)rendre  à  son  choix, 
et  connni'  il  ne  put  obtenir  une  réponse  catéj,'ori(pie  ii  ces  ollres,  il  se  décida 
à   s'iMi    aller. 

De  retour  en  h'rance.  il  n'abandonna  cependant  pas  la  partie.  On  voit, 
en  ell'el,  dans  la  CitrrrspDttdiince  des  directeurs  de  l'Académie  de  France  à 
liniiie.  il  la  date  du  i(i  mars  1717,  nin'  Icllif  de  l'oeisori  au  diu'  d"  \nlin 
prouxant  que  lacipiisition  des  tableaux  si  ardenunent  désiiés  pai'  le  duc 
d'Orléans  semblait  ;i  celui-ci  bien  près  d'être  conclue,  car  il  faisait  demander 
\\  un  des  sculpteurs  français,  Legros,  iustalh'-  alors  à  Home,  de  prtMidre  les 
mesuii's  de  quatre  beaux  \  (''ronèse  de  la  coileclion  de  (ihrisline  de  Suède  (|u"ii 
projetait  de  faire  encastrer  dans  le  plafond  de  la  grande  gain  ie  lin  l'aiais- 
Uioal  que  r.irchileclc  (  (ppmordt  était  en  train  d'achi'- 
\er.  Ni'amnoins.  (ont  resta  encore  en  suspens,  et  rmi 
parut  renoncei-  délinili\ement  à  l'accjuisilion.  (le  n'est 
que  cinq  an<^  plus  lard,  au  mois  de  mai  i7'>o.  (pie 
le  cardinal  (iiialterio,  ii  la  demande  de  Cro/at,  mil  I' 
ressources  «le  sa  fine  diplomatie  au  seiNice  du  lU'-gi  ni 
pour  arriver  ii  une  solution,  (le  ne  fut  pas  l'ai  ile.  haiis 
Hon  impatience  d'.ivoir  la  1  ulliTlion.  le  duc  d'Orléans 
avait  cdiiimiH  ipiclqiies  iuiprndences.  I  11  des  agents 
lie  (iro/al,  Ii  Hume,  un  iniiumi''  liiraud.  a\ail  reçu 
mi.tsioii  d'oflVir  au  duc  de  Hracciano  i)o.ooo  l'cus  pour  les  l.ilileaux  seulemenl, 
est,  en  oulri'.  la  sonnne  de  .{.noo  l'ciis  ipie  le  duc  ><  souliailoil  de  nieltre  en 
p<Mb.'  eu  |iaitii  uliei-  cl  sans  ipic  pcisunuc  le  sçul  ».  'roules  sortes  de  dilli- 
cullén   i-l;iient   succes.siNeiuciil    soulevées.    'lanliM    <>n    objcclail    que    le    pape    ne 


UKCK>E,  picrtc  grlvic 


i.Ks  COLLECTIONS  i)i:  T Mii.i: \i'\ ,    oitjivis   I)  Airr,    mki  iii.i:s,   i:tc;. 


3oi 


coiisonliniif  pas  à  laisser  sorlir  dllalic  des  lahicaiiv  do  taiil  de  valeur,  et  (juc, 
d'ailleurs,  la  nudité  de  la  plupail  |)roduirail  un  scandale,  d  Ksl-cc  pour  cela 
(uril  li<'iil  à  les  i^aider.'  "    n'iii  uidil-on.  'l'aulcM    le  duc  de    lîracriarm  au^Miieiilail 


i;nAM>  c^llI^ET  A  im;hlst\tio>s  de  climii:. 


SOS  prétontious,  demandant  ()5,ooo  écus  romains  pour   los   tableaux,  un   .sup- 
pléuienl    d(!   pol-de-\iu,   et    de    garder   les    anciens   cadres   des  ])einlures  afin 

de    |i(iu\iiii'    \    re|ilacer   des   copies.    Jamais    maiiliauda^c   no    prit    de    [lareillos 
priiporlious. 

l/lial)ilel('-  du  cardinal  (liialterio  eul  raison  do  c<'s  diilicultc's.  l.o  i.S  août 
179.0,  il  i'(  livil  ;i  (ii-d/al  (|n"il  t'Iail  arrixi'.  eiiliii.  à  |ioser  les  hases  du 
maiiln'.    Le  duc  d<  )rl(''ans  a\ail,  (piel(|ues  juuis  anparaxaid.  demandt'  au   pape 


:io3 


LE      PAI.AIS-UOYAI. 


Clc£llO<l,  pcrrc  gravie 


d'iiilervfiiir  el  do  laissor  sortir  It'S  tableaux  dltalii'.  Il  allai!  donc  axoii'  cause 
«'aillée.  Cependant  il  reçut,  à  celle  date,  inie  coinnumicatioii  (|iii  aurait  pu 
refroidir  quelque  peu  son  enthousiasme  :  c'était  le  mémoire  duu  expert  du 
nom  de  (Juilbert.  envoyé  h  Home  par  Crozat  pour  vérifier  rauthenticité  des 
tableaux  et  donner  son  avis  sur  K'ur  xaleur.  Ce  (iuil- 
bert  ne  paraît  pas  avoir,  au  premier  abord,  été  ébloui 
par  l'éclat  des  cliers-d'd'uvre  île  la  collection  de  Chris- 
tine de  Suède.  Soi!  (|ii"il  n'ait  pu  les  examiner  (pie 
superliciellemeid,  soit  (pie  les  peintures  fussent  vraiment 
très  mal  ('claiives,  comme  il  le  déclare,  dans  les  appar- 
tenicnls  du  duc  de  Bracciano,  il  parle  a\ec  tant  de  rt'ti- 
cenees  de  la  qualité  et  même  de  l'aulhenticité  de  (juel- 
(pies-unes  des  (eu\res  les  plus  renonnnées  (pi'on  croirait 
(piil  tend  ;i  dt'conseiller  rac(|uisitinn.  Sun  Mc'moire', 
.assez  court,  est,  d'aillcms,  écrit  à  la  légère,  et  contient  [)lus  d'une  inexactitude. 
Pourtant,  il  nous  fournil  ipiekpies  renseignements  du  plus  grand  inlén'l  sur 
l'i'tal  plus  (Ml  moins  dc'lahn''  dans  l('i|ni'l  se  linuNaicnt  alors  certains  tableaux 
lie  la  galerie  de  Christine  de  Suède,  dont  aujourd'hui  on  admire  la  surpre- 
nante conservation.  Par  exenq)le,  il  constate  que  le  fameux  tableau  de  la 
Siiitilr  Famille,  de  Uaplii'l.  innntre  trois  ti'ous  ou  gen/ures  du  bois  sur  Icipicl 
il  est  pi'iid  :  au  nez  de  la  \  ierge,  à  la  main  du  saint  Eid'anl  et  sous  les  pieds 
de  saint  Jean.  Il  trouxe  ipie  les  trois  o'umvs  du  Ciiirège,  lo,  Lcihi  et  Donne, 
sont  déti'iiori'cs  cl  ont  bcaucou|)  soidlcrl  :  (pic  VAiiioiii'  hniuUint  .son  (tic.  du 
nirnie  peintre,  n'est  qu'une  copii';  que  la  I riins/i^iirntion,  du  Caraxage,  est 
((fort  endommagée  du  côté  droit  et  par  le  bas  »:  que  les  cinq  cartons  de 
.Jnli's  Udinaiii,  rcpri'senlaiil  lc><  Amours  de  Jupiter,  sont 
"  un  peu  di'chirez  ».  Au  total,  (iuilbert  n'en  concluait  pas 
moins  ipii-  tous  les  tableaux  ipi'il  a\ail  pu  examiner  de 
pi  en  lui  paraissaient  o  très  originaux  ".  et  ipie  la  collec- 
lion  é'tail  des  plus  piu'cieiiscs. 

1,'allaiie  {\v  rac(piisilion  lut  eiiliii  teiinim  r  le  i  'i  jaii 
Nier  17UI.  i.e  cardinal  (iiialterio  ('crivit  an-^iliM  à  Cid/al 
en  lui  envoyant  le  contrat  de  miiIc.  m  --ix  articles, 
di'iiiienl    signé    et    libelli'    en    ilalien.    I.c    niix    li\i''   fut    de 

I  Ml  1.1  -1:.   (icirc-  f-rivic 

!).'{, o(H)  éeiis  ic.inaiiis,  c'isl-.'i-dirc  .'{."iS.odo  franc-,  m    niun- 

nnin  de  Kiiiiice.  plus  un  |iiit-de-Nin  d'une  dizaine  de  mille  francs.  Le  paiement 

devait    être   fait    en    ipiatie   mois,   et    il    ('tait    stipule    tpie    les    agents    du    diK 

d'Orli'-aiis    n'auiaienl    |i-    di<>il     de    d<'cio(  lier   les    labliaiix    qu'apri-s    \erseinenl 

I.   l'iittlir  il«n<  In  f.'i>rrr</Mini/u/iir  </<■«  (ii'rrr/cHrd  ilr  IWniiIrniir  Jr  l-'iuiu-e  it  limiif.  iSij.'l,  I.  V,  p.  Il'ii. 


LES  coi.i.Er.Tio>s  ni-:  taiu.evlx.   ohjf.ts   d  aut.   mf.iiii.es,   etc. 


,So3 


;'çinl  Jiir  Kiph^. 


I.\   SVINTE    viEni;i; 
^7ablç;^^  de  l'ancienne  Oaleric  du  Palais-Royal^ 


Gra%'cpirJ.BouLlliarJl 


iiili';.'r,il  (le  la  soimiic.  Le  pciiilro  Poerson,  (lîieclour  de  rArailt'mii'  île  l-^raiice 
à  Ironie,  fui  rharfré  <le  présider  à  reiulialla^-e.  Il  s"ari|uitla  (l(^  celte  |  lâche 
avec   lu  pins  grand  Sdiii.   il   \  a\ait,  ainsi  ipi  il  le  dit  dans  mie  do  ses  lettres' 

I.  Correspondance  des  directeurs  de  l'Académie  de  l'rniice  à  Home.  i.SijO.  I.  VI,  p.  S.'i.  I.clliv  du 
II)  .•irplcmljio  1731. 


3o4 


I.E     PALAIS- ROY  AI. 


au  tliic  <l'  Viitiii,  di'u\  iviit  soixante  tableaux  (luil  IjiHiil  ilôsoncadrer  avec  de 
minutieuses  précautions,  étendre  à  plat  sans  les  écailler,  ou  rouler.  Quel- 
ques-uns étaient  dans  le  plus  fâcheux  étal,  comme  la  Sainte  Famille,  de 
l\aphacl,  qu'on  confia  à  un  restaurateur  de  peintures  très  habile,  Domcnico, 
qui,  sans  pinceau  ni  couleur,  seulcineiil  avec  des  stucs, 
boucha  les  trous  nombreux  de  la  peinlure,  et  qui  mena 
si  bien  l'opéralion,  ajoute  Poerson,  que  tous  ceux  qui 
(iiit  \u  coite  d'iivre  u  cl  la  voyenl  piéscnleniciil  (Icuilcnl 
(|iiasi  ([uelle  ave  été  jamais  gâtée  ». 

l'arnii  les  deux  cent  soixante  tableaux  de  la  collection, 
il    \    avail    bi'aucon|t    de   clioscs    médiocres,    douleuses  ou 
,  .mcriu  .  luôme  sans  \aleur.  Mais  uiic  (piaianlaiiie  d"o'uvres  étaient 

de  pn'mier  ordre,  nolammenl  les  suivantes  : 

\m)iii:a  dki.  Saute.  Ledit; — A.  Sciiiavom;.  Pilule  qui  se  lave  les  inaiiis; — .\\-. 
Cmuiaiiu:.  Sititil  Klienne ; — Cohhkge,  Aoli  me  Iti/if/ere,  lo,  Léda,  Danaé,  l'Éducation 
de  rAiniiur,  l'Amour  (jui  bande  son  arc,  le  Mulet,  Sainte  Famille,  le  Duc  Valenlin,  deux 
Uludes: — K.  \luano,  Saint  Laurent  Justinien; — GionciONE,  Saint  Pierre,  martyr; 
—  ScAHAi.i.ixt,  les  Pèlerins  d'Emmaiis; —  II.  Gextii.ksciii,  un  Homme  avec  un  citai;  — 
Palma  I.E  ViELX,  \'énns  couchée,  Ilérodias  cl  un  Diyje  tte  Veitise;  —  Jacques  du  Pont, 
Saint  Jérôme; —  Le  Tixtijuet,  les  Ducs  de  Ferrare;  —  .I.-.\.  Regillo,  la  Femme  adul- 
tère;—  Michel-Ange,  (Janymède; —  IJokuom:,  Sainl-e  Famille; —  P.  VÉiioNiisE,  l'Fidè- 
l'entent  il' Euroite,  la  Mort  d'Ailonis,  Mercure  et  Hersé,  Mars  et  ]'éiius  liés  par  l'Amour, 
Paul  \'éronèse  entre  le  Mee  et  lu  \'ertu,  la  Saijesse  compaijne  d'Hercule,  le  Jlespect, 
l'Amour,  le  DéijotU  et  l'Infidélité,  (|uatrc  coinposilions  plaTonnantcs  ;  —  P.  Rubens, 
Thnmiris,  lu  Continence  de  Scipion; —  Raimiael,  Sainte  Famille  cl  Porlrail  d'un  jeune 
homme; —  Le 'InnA,  la  \'ie  humaine,  \énus  à  ta  eoiiuille,  la 
Maîtresse  du  Titien.  Diane  et  [eti'on.  Vitcllius,  rFselavone, 
Vénus  ipii  se  mire,  l'Éducation  de  l'Amour,  Madeleine,  Phi 
liplte  H,   roi  d'Fspaijne,  et  sa  maitreyse. 

\a's  peintures  liiinil  cidiinit'cs  dans  des  caisses'  cl 
o\pé(li('rs  il  Li\oiunc,  où  lui  bâtiment  fiançais  alla  les 
pn-ndre  pour  les  amener  au  Havre.  Mlles  ariixèicnt  à 
Paris  dans  les  iireniiirs  joins  d'(i(|..bie  lyn.  I.e  Hr^p-nl 
fut    an    coiidile   du    lavissenn-iit. 

Il    ne    de\ail    pas    jouir    Imii-Iiiii|,>    de     <,s    (  jiei's-  ^"<mTL,  p.cr.c  gr«  c 

d'inuvro   convoilé-s    pai    lui    peiKLint    tant   d"ami<'es  et   (|iril    a\ail    |>ii    si    ,|i|li,i. 
icmcfit  ron(|uérir! 

I  II  )  .itiill  i|iiiii«f  inivM-^,  ijiiiil  liiiil  .'Liinil  |Hiiii  Ici  LiMijiux  il  >.|,|  poiii  des  rlcssins  (li>  iii.iilics 
riitojr*  |Mr  Ir  «liir  ilo  lirnrclaii»  à  «;ro/nl,  i|iii  v  fiiiMill  iwimi  cI<-  lolU'  niiiiiicic  >cs  lions  ,iHi(c«s  de 
iMiiliiclalriir  -Il  tir  «oii«  cil  rcii'ilpro  i|ii°iiii  |m-ii  iIo  clinm|)nKm\  ■•  iiMiil  dil  à  Cio/nl  le-  raidinal 
(JuaiIrrUi. 


11  1  s  TOI  11  E     1)1      PALAIS- no  V  AU 


LAiiionE  i;o>ni  isvNT  i,i:s  ciievai  x  du  soleil 

Agalhc  -  onyx 


te.) 


AUIAIELH     lltblAlKE 
Agatbc-onyx 


JEUX   SECULAIIIES   SOLS 
Agathe  -  onyx 


M  E  II  C  U  It  E 


ni  i:     \N  1  h^tLL 
Ccxjuille 


COLLECTION     DES     l>  I  K  l«  Iti:  S    OHAVKIÎS     DU     1«|':i;E>T 
Vendue  en  I7S7  à  Catherine  de  lliiasie  par  le  Une  d'Orliwis  ft'Uilii>i)i--l':,iiMè 

Actuellement  au  Musée  de  l'Htmitage,  \  Saint  -  Péterthourg 


LES    COLLICCTIONS    I>K    TAULIiALX,     OHJKTS     d'auT,     MEIBLES,     ETf;. 


3o- 


du  duc  d'OrUans 


LES   OBJETS   DVHT,    Ml';i)  \ILM;s.    CIIUOSITKS 
L'ARGENTERIE,   LES   T  \I>ISSKI\IES 

L"iiiM'n(;iirc  des  ((illcclidiis  de  lniik's 
soik's  (|ii('  |)(is.S('(l;iil  li-  l\('^eii(  rcinpliiail 
plusieurs  cciitjiiuL's  de  pii^a's.  Ou  coui- 
preiidia  d()u<-  que  je  uie  lioine  ici  à 
donner  un  simple  aperçu  de  toutes  ces 
richesses.  Encore  m'en  tiendrai-je,  pour 
rester  dans  le  cadre  de  ce  livre,  ;i  ccIIls 
(jui  servaient  à  décorer  le  Palais- Royal. 

La  série  des  médailles  et  pierres  gra- 
vées mérite  d'être  citée  au  premier  rang. 
Elle  ne  comprenait  pas  moins  de  i,/|67  numéros,  c'est-à-dire  plusieurs 
milliers  de  pièces,  et  était  réputée  comme  l'une  des  plus  importantes  cpii  cvis- 
tassent,  après  celle  du  roi,  à  une  époque  où  c'était  une  véritable  fureur,  parmi 
les  amateurs,  de  collectionner  des  médailles.  La  mère  du  Régent  avait  com- 
mencé à  la  former.  Au  moment  do  sou  mariage  avec  .Monsieur,  Elisahetli- 
Cliarlotte  apporta  en  l'rancc»  les  belles  pierres  gravées  réunies  par  (lliarics  II, 
électeur  palatin,  son  frère,  et  elle  raugmenta  ensuite  par  ses  acquisitions 
personnelles,  par  héritage  ou  par  des  dons,  car  elle  se  picpiait  sur  ce  point 
dune  cei'taiae  érudition,  l'I  on  ne  pomait  lui  [jrocurcr  un  jiliis  \if  [)laisir  (|ue 
de  lui  ap[)or[er  qiielques  médailles  et  monnaies  antiques.  Son  iils  le  savait 
et  ne  mau(iuait  pas  les  occasions  de  lui  eu  otFrir.  L'excellente  princesse  écrit 
dans  sa  Curri'spundnnce,  \\  la  date  du   i 'i  juin    1710  : 

Ce  malin,  iiilic  Imil  cl  neuf  licure.s,  comme  je  me  lavois  les  mains,  mon  fils 
est  venu  dans  niu  cluiinliic  cl  m'a  fait  un  très  beau  présent.  11  m'adonne  dix  sept 
médailles  antiques  d'or,  aussi  belles  que  si  elles  sorloient  de  la  Monnoie.  Elles  ont 
été  trouvées  ])rès  de  Modènc,  comme  vous  avez  pu  le  lire  dans  les  gazettes  de 
Hollande;  il  les  a  fait  secrètement  venir  de  Rome.  Cette  altenlion  de  sa  part  m'a  fait 
le  plus  grand   plaisir  >. 

Un  autre  passage  de  sa  Correspondance  |)rouve  que  la  |)rincessc,  (|uand 
il  s'agissait  denrichir  sa  collection,  ne  craignait  pas  de  se  (K'parlir  de  la 
rigidité  ordinaiie  de  ses  principes.  Elle  raconte  commcid  elK'  acqiiil  de 
M""'  de  Verrue  de  maginliques  pièces  : 

J'ai  profilé,   dil  elle,   du   vol  (|u"elle  a    fait  au   roi   de   Sicile,   c:ir  clic  ma    \cii(lu 
160   médailles   ilOi'  (picllc  a  d('-i()l)('cs   à   ce  prince.   Je    n'ai   eu    i-cpeiidanl   (pie    la 
I.  Correspuniliifue  tic  Mmlnme,  ('illt.  liniiicl.  t.  I",  ji.  iiii). 

T.    I.    lE    PALUb-llOTAL.  3j) 


;<Ori  1-E     PALAIS-HOYAL 

iiinilié  des  iiR-dailIcs  (iiiille  av.)it  Milt'cs  au  roi.  Kllc  avoit  aussi  des  cassotU-s  pleines 
de  médailles  d'argent:   luiil  eela  a  été  ^c^du  en  An^deterre  ". 

Les  principaux  Lrravours  du  temps  travaillèrent  pour  la  duchesse  qui,  à  sa 
mort,  (levait  encore  3,ooo  livres  à  Uoettior.  Son  Inventaire  ne  donne  pas 
l'estimation  de  sa  collection,  iini  l'ut  plus  ipie  doublée  par  le  Uéf^^Mil.  Celui-ci 
conlia  la  ^'arde  de  ces  trésors  à  l'abbé  de  La  Chau,  dont  on  connaît  l'onvra^a' 
superbement  illustré  de  vignettes  de  Saint-Aubin  et  de  planches  représentant 
les  meilleures  pièces  de  ce  cabinet;  il  lui  puhlii-  aiiv  Irais  du  duc  d'Orléans 
l't  intitulé  :  La  Collection  des  pierres  gravées  et  nicdnilles  de  Monseii^neur 
le  dur  d'Orléans  (  •»  vol.  in-'i°).  Vu  Palais-Koyal,  de  luxueuv  médailliers,  dont 
la  description  est  donnée  dans  V Inventaire  inédit,  dressé  par  Claude  (Iros 
de  Moze,  intendant  des  devises  et  inscriptions  dos  édinccs  royaux,  coidenaient 
ces  raretés  soigneusement  classées.  Les  médailles  antiques  d'or  l'onuant  une 
suite  d'impériales  romaines,  étaient  au  nondjre  de  8G7.  Pour  elles  seules, 
l'estimation  monta  à  .'{."), 000  livres.  Il  y  avait  une  centaine  de  médailles 
d'or  modernes,  conq)renant  notamment  un  Louis  \lll  du  coin  de  Warin. 
du  poids  de  linil  louis;  seize  nK'rlailles  de  riii-;|oire  de  Louis  X\  ,  enl'ennées 
dans  un  «panier  c<iu\erl  de  moire  bleue  garni  de  galons  ilor».  Les  médailles 
il'argent  aniiipies  se  conq)laient  par  cenlaines.  (Juaiit  aux  pieires  gravées, 
topazes,  saphirs,  grenats,  liyacinllns,  tur(pioises,  ani('lliysles,  cornalines,  agates 
de  di\erses  i'ormes  el  grandein's,  contenues  dans  des  iVriiis  de  cliagi'in 
duid>li-s  de  \elours  noir,  elles  é'taient  du  plus  lianl  prix,  l'arnii  les  hoîles 
il  porlnùts.  (in  en  Miyait  (piinze  (pii  élaienl  en  or,  toiiles  l'iiiailli'es,  acconq)a- 
gnées  (le  perles,  rubis,  diamanls,  saphirs,  el  ornées  des  poiirails  de  princ^'S 
et  princesses  de  l.i  cour.  11  faut  mentiomier  encore  des  jignrines  dagale, 
di"»  eoll'iets  el  des  eonpes  d'or,  di's  bijoux  .intiipies,  îles  cacliels,  des  bagues. 
des  tablettes  il  ('crire,  <(  (piarrées  et  l'ermanles  ii  clef,  dont  la  (  oineiluic  d'or 
/•mailli-e  est  garnie  de  petits  diamanls  el  rubis,  et  le  dedan-  plein  de  porirails 
en  mignalmv  de  di\ci-  primes  el  piincesses...,  »  elc.  L,i  pi-isé-e  tot.ilc  de  la 
odieelir.ii,  il  l.i  III, , ri  du   Hé'geiil,  l'iil  di-  i  •_>.'),()  1 1)  livres,  si-  di-eomposanl  aiii^i  : 

\l('daille>  .iiilii|ui's  ({'m .i").!)!)!!'  »'  »' 

Lii  coupe  d'or,  sans  N  riiiiipiciKlrc  •Miii   |iiiiiU    ....  .'{oo  »  » 

Mi-daillrs  ri  iiKiiiiiaies  innderiies  d'i il •.>'(,S'|.'{  \  .'5 

Mi'il.iiile-,  aiiliipies  dar^ienl ;<..'?oo  ..  I) 

Mi'ilaillri  l'I   iiKinnaies  iniidernes  d'at';.'etit 'i.oSo  1  .1 

^!édailll'^  inoileriies  d'i-laiii 1  00  »  .> 

Picrreu  Kriiv('c» ;,  1  ,,,s5  „  „ 


\iitiiH  (  iiiin^ilés  di-  ilill'i'i.iile   naliiic.    .    .    . 
I     <:„rrfiiiiiMlniie.filr   Minlniiii-,  dIiI     Itiuiirl.    I.    I".  p     'lit.S. 


7  ,  U  I O    »     >) 


i.Fs  cni.i.ErTioNs  he  t\iii.i-\i\.   oiuivis   daut.    miu  iii.ks,    etc. 


L;i  collcclioii  (les  laédaillos  ri  iiit'ircs  ^r'.ixt'cs  du  U(''m(>ii(  se  truinc 
.uijoiinl'luii  ;»  Saint- IV'lersbouro;,  firàce  à  Calliciiiic  de  Uiissic,  (|iii  lai  liila 
loiil  ciilirrc,  en  17S7,  à  l'Iiilippe-l'l^Mlih',  l('(|iicl.  Iiaiccli'  pai-  les  ciéancicrs, 
c'iierchail  à  ùnvc  ai-^^ciil  de  toul,  sans  aiuiin  sciiipidc  II  allai!  iiiotlrc  la 
collection  au\  cnrlières  publi(juos.  Déjà  on  Miiail  de  piiMici  le  Catalogue 
des  pierres  gravées  du  Cabinet  de 
feu  Son  Altesse  Séré/iissime  Mon- 
seigneur le  duc  d'Orléans,  dont  la 
vente  pubUfjue  sera  indiquée  dans 
les  papiers  publics  (à  Paris,  chez 
Barrois  l'aîno,  1786,  i  vol.  in-i8). 
lorsque,  par  renlromiso  de  (iriniin, 
liinperalrice  Catlierine  fut  iiiloriuée 
de  ce  l'ail.  Elle  se  liàla  d'aciieler  au 
prince,  nioyennaiit  la  somme  de 
45o,ooo  livres  Tensemble  du  cabinet. 
M.  Mauiice  'rouriieux  a  publié,  en 
tète  de  son  édition  de  la  Correspon- 
dance de  Griinni  ',  l'acte  de  vente  et  les  conditions  dans  lesipielles  l'ureid 
transpoitécs  à  Saint -Péteisbour^-  ces  admirables  épaves  cpii  l'ont  mainlenant 
riionneur   du  musée  de  l'Ermitage. 

Les  autres  bijoux  et  curiosités  que  le  llégent  possédait  au  l'alais-l\oyal 
étaient  eu  tel  nond)re  et  d'une  richesse  si  extraordinaire  cpie  Ton  reste  ébloui, 
à  la  lecture  de  leur  inventaire,  qui  ne  demanda  pas  moins  de  plusieurs  vaca- 
tions, en  173^.  On  les  estima  alors  à  un  peu  plus  d'un  million  de  livres, 
sans  c()nii)ter  les  pierreries;  c'était  peu  si  l'on  songe  à  leur  valeur  artistique. 
Un  a  \u  |)lus  haut  la  liste  des  tabatières  que  la  duchesse  d'Orléans  possédait. 
_  Mais  qu'est-ce  que  cela  auprès  de  celles  cpii   appartenaient  à 

son   mari  et  (pii  étaient   toutes  plus  reiuarcjuables  les  unes  que 
les  autres!  Les  vieilles  porcelaines  de   la  Chine  et  du  Japon, 
les  jattes,  les  cabarets,  les  pagodes,  les  vases  étaient  innom- 
brables. Les  montres  à  répétition,  les  boîtes  ornées  de  minia- 
tures, les  cristaux  de  roche,  les  caves  à  liqueurs  splendidement 
décorées,    les    menus   ustensiles   do   travail,    ciseaux,   compas, 
lorgnettes,   en  un  mol   une  i'onle  d'objets   servant  aux   moin- 
dres  usages   de   la   vie,    étaierd   dadniiiables  spécimens  du  goùl  charmant  et 
spirituel   de  l'épocjne.   (Comment    puiser  dans  cette  liste  iideruiinable,  et  (|uel 
niolii"  de    menlioimer   ceci    plut('it    que    cela.^    Dans    l'inq^issiliiliié'    (le   donner 
I.    T.  I".  p.  7.  —  Il  y  :i\:ill    i.S  tiroirs  cniitiiiiiiil   i.'|(iS  pièces. 


3og  I.E     PALAIS-nOYAL 

mie  iinin.Mulatmv  coiiipIMi-.  jf  iiu'  bornerai  à  citer  qiicltiiips  Jirticlos  [iris  ;iu 
hasard  |)our  inonlrer  seulement  à  quels  prix  d'estimalit>n  étaient  cotées  alors 
ces  petites  nierveilles  (l'art  et  tie  froùt  : 

Tabatière  d'or,  ovale,  sur  laquelle  sont  les  armes  de  M.  le  duc  dOrléans  et  de 
Madame,  pesante  4  onces  3  gros,  3ij  livres.  —  Un  couteau  d'or  dans  son  étui  d'or, 
pesant  i  once  G  gros,  12G  livres.  —  Deux  montres  d'or  à  répélition,  lune  par 
(landnin.  lautre  d'Angleterre,  avec  leurs  chaînes  d'or,  i.ooo  livres.  —  Une  tablette 
d'or  émaillé  de  vert,  avec  des  figures  en  relief,  garnie  de  son  esquille  d'or,  22G  livres. 
—  Tulippe  d'or  émaillé.  dans  laquelle  il  y  a  un  petit  arlequin  avec  un  petit  diamant 
des.sus.  itio  li>res.  —  Deux  llacons.  quatre  petites  boettes,  un  œuf.  un  silllel  et  une 
cuvette,  le  tout  d'or,  pesant  i  marc  i  once  -i  gros,  jg'»  livres.  —  Un  petit  flacon 
d'or,  une  petite  boette  en  chapelle,  la  garniture  d'un  flacon,  une  pclite  boëtlc  ronde. 
le  tout  d'or,  et  deux  petits  cercles  s(m\;iiiI  ilc  pied  à  des  flacons,  ■.>.'\i  livres. —  Ln 
étui  de  chagrin  rouge,  dans  lequel  il  \  a  -i\  cuillères  à  callé  d'or,  pesantes  3  onces 
tJ  gros,  'n'i  livres.  —  Une  lorgnette  d'y  voire,  garnie  d'or  émaillé,  dans  un  étui  de 
chagrin,  avec  deux  microscopes  d'yvoire  vert,  garnis  d'or,  80  livres.  —  Un  étui 
de  ehagrain,  dans  le([uel  il  y  a  deux  loupes  et  six  battons  de  cire,  le  tout  gaini  (lUr. 
10.S  livres.  —  Trois  tasses  et  trois  soucoupes  émaillées  sur  cuivre,  garnies  de  viiiiitil 
doré,  dans  leur  élui  de  velours  vert,  '|5o  livres.  —  Cinci  portraits  ou  médailles. 
y  compris  un  cœur  de  jade,  dont  trois  garnis  d'or,  un  d'argent  et  un  enrichi  de 
dianumts,  uoo  livres.  —  Petit  coffre  d'ébène  avec  des  nngnalures  et  des  glaces  dans 
les  dites  mignalurcs,  gariu  autour  de  moulures  de  bronze  et  de  bandes  de  lapis 
el  cornes  peintes  dans  le  goût  du  lapis,  garni  sur  le  dessus  de  quatre  coins  en 
cartouche  avec  des  testes  de  Flore,  el  par  leur  niilicii  de  quatre  enfants  et  guirlandes 
de  fleurs,  le  tout  d'argent  blanc,  uoo  livres.  —  l  nr  écriloire  d'écaillé  à  manpiclerie 
de  «-uiNre  et  étain,  garnie  de  son  cornet,  imudiicr  cl  luvcttc.  le  tout  cnincrl  cm 
argent,  la."»  livres.  —  Tabatière  d'or  <piariée,  émaillée  de  couleur,  '|Jo  livres. — 
Tabatière  d'écaillé  de  forme  ])iquée  en  éventail,  garnie  et  doublée  d'or,  avec  une 
peinture  dedans,  700  livres.  —  Tabatière  qtiarrée  coulée  d'or  dessus,  représentante 
une  ruine  et  un  paysage,  garnie  d'or,  >").')o  livres.  —  Tabatière  de  chasse,  garnie  d'or 
en  cerceau,  a5o  livres. —  Soixante  jetons  il'arjjcnl,  rcpr('>cnlaMl  les  Mii'lain(it|)hoses, 
|'|5  livres. —  Cin*!  i-cnls  jellnns  d'or.  p("'<iui^  rnscnililc  jS  marcs  ,■">  onces  el  '1  gros. 
i'S.~'\\  livre». 

Il  n')  a  pas  lieu  de  pnursuivre  ici  celle  Muiiieiiclalure:  le  coiirl  exjrail  (|ni 
xieiil  d'i^tr»'  fait  d'un  in>entairc.  uni(|iie  peut-être  par  le  nondire  el  la  valeur  des 
objets  d'art  <|u'il  dc-crit,  n'est  dunin'  ici  (pi.'i  lllre  d'iiidicalinii. 

pour  l'argenterie,  le  Hégenl  en  pnssi'dait  imk-  1res  grande  (piaiilih',  car 
V ln\-rttt(tiri-  en  <lonno  le  détail  et  le  pniiU,  qui  Mimile  à  '\.'.A\-  marcs,  en 
)  cMnipn-nanl  In  vaisselle  laissée  |iar  le  1  ,ir<linal  Didïois  ila(|iielie  pe^ail 
l.i.lq  nuircs)  i|iie  le  duc  d'Orléans  asail  l'ail  ;:ia\er  ;i  ses  aime-,  \u(  une 
("•liiiiiilion  n'accMMipagne  l'énuMiéraliiHi  des  pièces  di'-signécs.  Il  ne  s'agit  là 
que  d'     I   .! .'.  1,1.  I  ;.•  lie  lidde.    Jùn-iiri'   n'y    M»it-iMi   p.is   figuier-   les   m.igiiilitpies 


LES    COLLECTIONS    IlE    TABLEAUX,     OBJETS    d'vUT,     MEUBLES,     ETC.  ^OQ 

siirtouls  quo  Biilliii  exécuta  pour  le  llégout.  Ce  célèbre  orfèvre  avait  été  cliarf,^', 
à  l'époque  où  il  était  question  du  mariage  de  M""  de  Beaujolais,  lille  du  duc 
d'Orléans,  a\cc  l'iiit'aiil  (l^i'^spa^^nic  Don  Carlos,  de  l'aire  iiik'  splcndidc  toilette 
d'argent:  c'était  un  des  cadeauv  de  noces  de  son  père.  Le  mariage  n'eut  pas 
lieu;  mais,  la  toilette  ayant  été  terminée,  il  l'allul  la  payer:  la  noie  nionla  à 
3i,6o7  livres'.  Qu'est  devenue  celle  œuvre 
exceptionnelle  ?  Elle  ne  figure  pas  dans 
VInventaire.  Fid-elle,  comme  tant  d'autres 
merveilles,  envoyée  à  la  fonte.'*  En  revanche, 
nous  y  voyons  figurer  quantité  de  flam- 
l)eau\,  de  lorclières,  île  ])assiiis,  d'objets 
divers  servant  dans  les  appartenients  et 
non  confiés  à  la  garde  des  olliciers  de  la 
bouche,  qu'il  convient  d'ajouter  à  la  vais- 
selle de  table.  On  trouve,  par  exenqile,  les 
articles  suivants  dans  cette  catégorie  : 

lûii.  Un  bassin  de  bidet,  doux  moyennes 
cassolettes,  une  petite  cassolette  et  deux  sou- 
coupes, douze  tlandieaux  quarrez,  quatorze 
flambeaux  quarrez  aux  armes  de  la  reine 
mère,  deux  petits  chandeliers,  quatre  grands 
chandeliers  à  tige  à  pans,  deux  bougeoirs,  un 
porte-mouchette   et   sa   mouchclte,   une  écri-  moituidikh  e>  ahuest 

toire   garnie   de   son   cornel,    poudrier   et    sa 

soimetle,  un  cornet-poudrier  et  boetle  pour  l'éponjjo,  une  lanqje  à  espril-de-vin, 
deux  nuichincs  à  cpialre  bobèches,  rallclière,  pesant  le  loni  ensemble  lôi)  marcs 
.")  onces,  prisé  à  juste  valeur  et  sans  criie  à  raison  de  Tn)  livres  (|  sols  8  tlenieis  le 
maic.  la  somme  de  S,o58  livres  8  sols. 

i.")!-.).  Kern,  deux  petites  quaisscs  quarrées,  mie  callelière  à  esprilde-xin,  son 
léebaud,  deux  lanqics,  une  palette,  une  boette  ronde  à  eatré,  une  <iiaii(le  cuillère,  un 
ent(jimoir,  deux  grandes  caisses  cpiarrées  pour  l'aire  chocolat  et  callé,  sept  cuillères 
de  vermeil,  jjcsant  le  tout  ensend)le  ûi   marcs,  la  somme  de  'î,^~\  livres  i3  sols. 

i5i.3.  Item,  un  étui  à  curedent  d'or,  pesant  six  gros,  prisé  à  sa  juste  valeur  et 
sans  criie,  à  raison  de  7.'55  li\res  le  marc,  la  souune  de  8  livres  i8  sols  i  denier. 

i.")i'i.  Ilrin.  un  huilier  de  table  garni  de  toutes  les  j)ièces  cpii  le  conqxisent,  de 
\eiiii(il  (ion'.  sciiNdir.  la  grande  pièce  qui  pose  sur  la  laiile,  la  pièce  cpii  se  pose 
au  milieu,  soidenue  par  quatre  consolles,  au  milieu  de  hupielle  est  posée  une  figure 
(le  Baeeante,  deux  sucriers,  deux  burettes,  deux  barils  à  moutarde,  six  bouchons  de 
carall'e,  <puitre  poiviières,  six  salves  à  cosie,  dix  branches  |)mir  les  bougies,  pesant 
le  tout  ensemble  mjo  mares  /|  onces,  et  |)risé  ajuste  \aleiir  et  sans  criie  à  raison 
de.  ."io  livres  c)  sols  S  deniers  le  mare,  la  soiiiiiÈe  de  ."),<i7.'>  livres   ii  sols  (i  deniers. 

I.    l':ial  ilr  la  idiiiniuriaillé  ilc  l'Ii.  il'l  )ili  mus  a\(T  son  rpoiise.     -  .\iTlii\cs  iialioiiiilcs,   H 'i,    lotUi. 


3lO  '-K     PALAIS-HOYAL 

iJiû.  lVu\  ^1  Ulules  curbcillcs  à  pans  galbez,  (iiialie  moyennes  eorheilles  ù 
pans,  et  deux  pelits  bras  de  la  -.'aide  robbc  de  M'''  le  due  d'Orléans.  j)esanl  70  marcs 
5  onces,  et  prisé  à  juste  valeur  et  sans  eriie,  à  raison  de  ju  livres  9  sols,  8  deniers 
le  marc,  la  somme  de  3,565  livres  7  sols  S  deniers. 

i5i6.  Hem,  une  <;rande  terrine  couverte  de  forme  ovale,  tiaiis  huiiicile  il  y  a 
une  ffrille,  une  grande  marnutle  et  son  couvercle,  quatre  casseroles  à  (pieiie,  deux 
movennes  easserolles  sans  ipieue.  une  petite  casserollo  ronde  pour  les  (•(iiiii)nttos, 
un  poêlon  à  longue  «pieue,  un  réchaud,  un  gril,  un  |)nl  à  i)<)iiill<iii.  un  et  uiiioir. 
une  cuillère  à  dégraisser,  une  cuillère  à  pot,  une  lèchel'rile  et  son  arrosoir,  le  tout 
d'urgent  bluin-,  poinçon  de  Paris,  pesant  cnsend)le  KÎi)  marcs  /|  onces  et  prisé  à 
juste  valeur  et  sans  eriie  à  raison  de  '19  livres  9  sols  8  deniers  le  marc,  comme 
vaisselle  montée,  revenant  ladite  (piaidilé  aud.  \m\  à  la  somme  de  f>.()02  livres 
18  sols  (i  deniers. 

1517.  Hem,  trenle-six  assielles  de  vermeil  pesantes  ensemble  SG  marcs  '\  onces, 
prisées  à  juste  valeur  et  sans  eriie  à  raison  de  5o  livres  9  sols  8  deniers  le  marc, 
revenant  lad.  (pianlilé  aud.  prix  à  la  somme  de  .'1,370  livres  iG  sols  2  deniers. 

i5i.S.  Ilem.  une  graiule  soueoui)C  à  pied,  une  saussière,  un  sucrier,  une  poi 
vrière  en  nef,  deux  sallièrcs  à  pieds  à  pans.  Iiois  tniilères  à  ragoiit.  deux  four 
clielles  d'enlré-e.  le  tout  de  vermeil,  pesaid  ciiscmlile   iS   marcs;  90S  livres  1 '1  sols. 

'l'oiis  CCS  objets,  compris  dans  rargi-idciii',  se  Iroinaiciil  dans  les  aj)|)ai'- 
li'Miriit-<  lin  l'alais-lldjal.  I.,a  vaisselle  proproniciil  dili'  (■lail  it'parlic  <lans  les 
ilÏM'i-s  sorvicos  et  placée  sous  la  responsabilité  dos  ixi^-diuics  (jiii  a\aiiiil  à  en 
faire  usage  pour  les  besoins  de  leur  cliarge.  l'ai-  cxcniplc.  I  ar^cnlii'i'  avait 
un  total  de  lo'i  pièci's.  plais,  assiettes.  clDciies,  etc..  poiii'  la  table  des  maîtres 
ou  du  coninnui.  pesant  nu  lulal  île  ."iii'i  marcs.  Il  \  avait  la  vaisselle  relevani 
spéciaieuu-nl  des  olliciers  de  la  HiMiche,  marmites,  cassernles.  pots  ;i  vin, 
pots  h  bouillon,  plais  roiuU,  compolicrs,  essais,  siici'iers,  imiliers  (."),">  pièces 
pesant  idii)  ninrcs  '1  gros);  la  vaisselle  du  pâtissier  de  la  Udorlie,  cnmpoliers, 
assielles  «le  cou\erl,  plats  de  forme  particidière  (  1 .'{  piè.  es  pilant  '1 1  marcs); 
la  vnis.sclle  du  peideaii,  cuillères  et  lumiliettes,  aiguière.  Ilaniliiaiiv  (V  |>iècos 
pesaiil  (Ju  iiiarcsl;  la  vaisselle  de  rKcbausoimeiie,  eouveil  du  vin,  llaious.  etc. 
{'Ào  pièces  pesaid  17.")  marcs);  la  vaisselle  de  la  l'atmeterie.  saucières,  mnutar- 
(liiTCS,  cnileuas,  Imiliers,  salièie--,  pi.iviière^.  tire-mmlle,  etc.,  soit  en  vei- 
nieil  (157  pièces  pesant  .'i''!  marcs),  suil  m  argent  lilaiic  (  1 7S  pièces  pesant 
a/|.S  niari*s):  ••nlin,  la  vaisselle  tjui  é'Iail  it'vervi'e  |i(iin  le  service  des  |iiinces 
cl  princesses  {|;ms  les  grandes  occasions,  en  m-  et  eu  vermeil  (iii)  pièces 
|M-Manl  -i-xU  marcs).  Outre  celle  argcrderie  si  variée  et  si  alimidarde.  dont 
l'ulTectation  était  rigoureuseiueiit  n'gli'i'.  il  \  avait  au  Palais- U.ival  ce  qu'on 
|K>urrait  appeler  la  grosso  orfî-vrerie,  la  vaisselle  à  limt  faire,  empinvee  |)(>ur 
hi  Honclie  ou  pour  le  cninnnm.  marmiles  et  cassciules  de  tontes  formes, 
poéliH  .'i  riinlilure,  écunioires,  fourclielles  et  cuillères,   llamlieanv.  etc.  (lelle-l.-i 


LES    COLLECTIONS    DE    TAHLEAl'X,     OH.IETS    I)\lll,     MEllILKS,     ETC.  ."{ I  I 

t'Iait  divisée  pu  trois  séries,  vaisselle  hlaiiclie,  \aisselle  «<  ^(xleioniiée  »  et  vais- 
selle de  vermeil:  la  première  C()m|)reiiail  i/jS  |)ièces  et  la  seconde  io()  pièces, 
pesant  ensemble  i.'>8r)  marcs  8  onces  A  gros;  la  troisième,  170  [tièccs,  pesant 


TAriSÎ>KmE     DE     IJESPORTES 


III  marcs  9  onces,  nrochanf  snr  le  tout,  \enail  la  vaisselle  légnée  an  duc 
dOrléans  par  le  cardinal  Dnhois,  ipii  ne  comprenait  pas  moins  de  85  pièces, 
pins  sept  (ion/aines  (Tassietles  rondes  el    si\  douzaines  (rassietles  à   pans. 

Ln  mot,  maintenant,  snr  les  tapisseries.  On  a  vn  pins  liant  y).  i()(i)  (piel 
grand  nombre  de  belles  lentun^s  Monsienr  avait  rénni  an  Palais-Koval.  Son 
fils,  bien  entendn.  les  garda.  Mais,  dans  le  remaniemeni  (piil  lit  snbir  à  la  déco- 
ration de  sa  demenre,  tronvanl  sans  donte  (pie  celles-ci  avaient  nn  air  \ieillot 
et  n(>  s'accordaient  plnsa\ec  laspecl  nonxean  de  rarcliilectnre  d"(  )ppenordl.  a\(>c 
les  i)oiseiies  claires,  les  laiidiiis  re\èln-<(ie  ;^l,ires.  il  les  leli'gna  |iie-.(|iii'  Idiites 
dans   son    garde-nieiililc.    l'imr   --om    ;;iiril    |)ailieniier.    il    pri'lV'rail    les   étoiles  t\c 


3ia  LE     PALAIS- ROYAL 

soif  l)roili''es  d'or,  di-  CDulcur  cramoisi,  pimpanles,  chaulantes,  et  ce  sont 
celles-ci  qu'on  trouve  à  profusion  dans  ses  appartements,  comme  chez  sa 
femme.  Los  tapisseries  de  laine,  à  sujets,  furent  laissées  seulement  dans  les 
parties  du  palais  meuhlées  à  l'ancienne  mode.  Ainsi,  la  mère  du  Régent  garda 
dans  son  appartement  la  tenture  de  VHisloirc  ilc  Snlomoii.  L'ancienne  chambre 
qu'occupait  le  duc  d'Orléans,  alors  qu'il  n'était  que  le  jeune  duc  de  Chartres, 
resta  ornée  de  la  tapisserie  représentant  V Histoire  de  César.  Celle  de  sa  dernière 
fille  était  ti-nduc  iK'  dix- sept  tapisseries  figuiant  V  Histoire  Stiin/e,  rai)ri(ju(' 
(!«•  hruxelles.  Il  \  en  avait  encore  chez  cjueUpies-uns  des  oiliciers  qui  logeaient 
au  l'alais-Ho\al,  connue  M.  de  Conilans,  ou  hien  dans  la  salle  des  gardes  :  ces 
dernières  n'appartenaient  pas  au  Ki'gcnt.  mais  au  ninhilier  ni\al.  Louis  \l\, 
qui  possédait  une  réser\e  ct)nsidéral)le  de  tapisseries,  en  donna  plusieurs  fois 
à  son  frère,  notannnent  la  magnilicpie  série  de  Moïse,  du  dessin  de  Poussin  ', 
ou  hii'u  se  ciHitciita  (h-  lui  eu  prêter  ;i  certaines  occasions,  coniiiie  en  nfjvcnilire 
itiyi),  lors  d'un  séjour  (jue  le  duc  de  Lorraine  lit  au  Palais-Koxal,  oîi  il  lui 
envoya  la  tenture  iV .[levaridre,  île  Lebrun,  pour  décorer  les  appartements 
de   son    liiile. 

l  m-  conq)araison  intéressante  (pie  V  Inventaire  des  meubles  du  Régent 
permet  <le  faire,  c'est  le  prix  d'estimation  des  tapisseries  de  Monsieur,  aux  deux 
d.ili's  dr  1701  cl  (11'  \--i'.\.  V.w  \iiigl  ans,  (|ui'l(|nt's-uiies  de  ces  tentures  lii'iii'll- 
rièrent  d'uni-  jilus-\alue  exlraordinaiic.  Par  e\enq)le,  la  série  d'Amadis  des 
Gaules,  en  cinf]  pièces,  fidiritpie  de  Bruxelles,  prisée  (),ooo  livres  h  la  mort  de 
Munxifur,  monte  à  -i;),!»»)  Ii\res  ;i  l;i  mort  du  Régent;  Vllistoire  d'Artéinise 
\i\  de  l),ii()o  lixres  ii  i(l,ooo  livres;  V  Histoire  de  Jules  César,  de  5, 000  livres 
h  7,.")oo  lixrrs,  etc.  \.'Histoire  de  .Moïse,  en  six  pièces,  est  cotée  i/|,5oo  livres: 
W's  Jeii.r  il  enfants.  Ai-  Kapliail.  en  >ept  pièces  oiiiées  des  armes  d'Angleterre, 
h  S..'m)I)  li\res;  VHist<dre  de  Sii/iion,  en  sept  pièces,  à  5,5oo  livres,  etc.  On 
ci.nq)ri-nd.  d'après  cela,  (pie  si  la  mode,  au  temps  de  la  Régence,  restreignit 
r<'iiip|ni  d^•^  tapis-riics  il  suji'ls,  si  ri'panilM  ;i  r.'|)o(|uc  pivci-dcnlc,  ce  n'est 
pas  qti  on  cs|iiii;i|  tnoins  ces  ii'uvies  d'art  :  m  iilcmciil  les  dimensions  des 
chaiidir-fs  r-lairnl  diniinuécs,  rt  l'on  a\ait  pris  le  goût  des  décors  plus 
nimablis  qui-  vuIiimuIs. 


i.\  (.M.iiîii:  I)i;m':i;.       i)i:s(;iui'Tin\  i)i>  \i>p\imi:m|.;\is 

On  n  \ii,  .'lu  di-l.iil  «le  (.•  chapiliv.  qucllrs  lin, ni    |,s  coii-l  iiii|i,,ii«;  ii,hi\cIIcs 
c»«''cutérî«  nu  Pnlni.x- Ro\;il   »iius    U\    \\é'>n'\UK-,   d    1rs   tiaiis|,,ini,ili.p|is    anni.i  |i''(.s 

I     liiiriNKl.  Iliffiitiiirr  lin  inululirr  ilr  In  l.'>ur»iiiir,  I.  1".  |>.  .T|-. 


IIISTOIHE     OU     PALAIS- H  01  AL 


ANTOINE    CO'iPKL   :     ETUDE     l'<JLIl    LA    DECOllATlON    DE    LA    OALEIUE    D  ENEE,     AU    PALAIS- IIUY  AL 

"  Juitoii  commande  à  Éule  Jir  déc.hainer  les  vcntit  >i 

(Fic-timili    Ju    Jc»ln    original    Je    l'jrliMcf,    conurvi    au    Musée    Ju    Louvre) 


LES    COLLECTIONS    DE    TMILEAIX,     Olî.IETS    r)"\IlT,    ■MnilLrs.     ETC. 


.•Il  3 


alors  à  la  distribution  des  appailciiuMil-.  Iiiiililc  de  ivMiiir  sm- ce  |i()iiil.  Oiin'il 
importe  de  reuiar(|uer,  c'est  (|ii"aiieiiiie  de^  descripliniis  pulili(''es  an  wiir'  siéeie 
ne  s'appliciuo  avec  cxaelitiiile  au\  travauv  di-  celle  période,  l'i^'^anicii  de  l„i 
Force,   aussi  bien  (|ue  lîlondel  ou   d'Argenville,    n'oid    rien    connu   (hi    |)alais 


Peint  par  Nicolas  Poussin 


Duvlos  et  Dambri 


LE     FIliPPEMEST    DU     nOClIER 

(Tableau   de   l'ancienne    Galerie   du    Palais  -  Royal  ) 


à  cette  époque.  Ce  qu'ils  en  disent  se  rapporte  surtout  à  ce  (pi'on  en  \  oyait 
vers  l'année  1752,  c'est-à-diro  au  moment  où  le  petit-fils  du  Régent  diargca 
rarchiteete  Contant  d'hiy  d"niie  léredinn  ipii  de\iiil  |)ivs(iuo  générale.  Ouand 
ils  parlent  de  la  décoration  des  galeries,  de  lii  dixision  on  de  la  deslination  des 
cliandjres  et  cabinets,  de  l'ordre  dans  lequel  éliiieiil  disposés  les  tableaux,  etc., 
c'est  à  cette  date  senicmeni  (pi'ils  s.'  pla.HMil  d  non  a\anl.  Pour  ce  qui  concerne 
l'époque  où  vivait  le  UégenI,  il  n'exisle  point  de  documents  précis,  à  pari  les 
pièces  darcbives  inédites  signalées  dans  le  présent  livre.  Des  noinl.ienv  pians 
qu'on  IrouNC  à  la  liibliotlièque  luitionale  dans  les  deux  volumes  d.-  I;i  To/w- 
graphie  de  la  France  qui  ont  trait  an  Palais-Uoyal,  pas  un  ne  sendjle  ponvoii 
être  rattaché  à  la  période  s'étcudani  de  l'année  1700  à  \-:\n.  l  n  seul  , mnl.l.i 
cette  inexplicable  lacune,  c'est  <elni  ip.i  ligure  en  léle  du  gn-^  in  r..ii,..  daté 
de   17.H,  que  possède  la  Bibliothèque   nationale,    el    .pii  ;.   peur  liliv  :   Plans 


T.    I.    LE    PALAIS-nOÏAL. 


3,1-  LK     l'AI.AlS-UOVAI. 

ties  liâlinun.s  du  Pahi/s-Jioj/n/  et  des  logements  drs  oj/iciers  ' .  Il  pornic-l 
de  se  rendre  coinple  des  changements  apportés  au  palais  depuis  la  mort  de 
Monsieur,  et  nous  pouvons,  grâce  à  lui,  nous  reconnaître  dans  le  dédale  des 
apiiartiMn.iit>,   tels  qu'ils  étaient  alors. 

l/.-raliiT   principal  était   toujours,    comme  au   temps   de   Richelieu,    dans 
lan-l.-  -anche  de  la  deuxième  cour.  Après  l'avoir  graNi  Jusciu'au  premier  étage, 

on    lrou\ail    la    salle    des    gardes, 


donnant  accès  sur  deuv  enlihuh-s 
de  grandes  pièces  qui  occu|)aieMt 
le  corps  centrai  du  palais:  !i  droite, 
(lu  côté  du  jardin,  (•■étaient  des 
salons  dr  réception,  et  a  gauche, 
face  à  la  nie  Saiiit-lliuKiié,  1  appai- 
Iciucnt  (le  la  vieille  |»rincesse  l'a- 
laline.  Les  deux  ailes  du  palais 
avaient  rc(;u  mie  desliiialioii  très 
liancliée  :  à  gauche,  était  logée 
l'inutimbrahle  Ibule  des  olliciers  de 
toute  hiérarchie,  les  serviteurs,  les 
j)aiasites:  à  droite,  se  trouvaient 
l'appartement  du  U('gent,  sa  cham- 
hrc  (l(jniiaiil  -m  la  cour  de  la  Hi niche,  la  galerie  des  Illustres,  (pli  n'en  était 
sépariv  tpie  par  la  C/ia/n/j/e  des  Poussi/is  et  (pion  avait  diminuée  de  nii>ilie. 
puis  ranci<-iuie  chapelle  de  Ilichelieu.  transformée  en  cahinel.  pit's  diKniel 
s'amorçait  la  ;.Mleiie  cunsliulte  par  Maiisait,  ahoutissant  siii-  la  iiie  Uielielieu. 
(l'est  d.ins  cette  galerie,  di\is(''e  en  plusieurs  salons.  (|ue  le  duc  d'Orléans  avait 
plact'  sa  colleelion  de  lahleanv.  (:'e->l  là  «'•^ralemenl  (pi'i'Iaient  sa  l)il)liotli(''(pie 
et  son  cahinel  de  liavail.  \ii  ImmiI  de  la  ;;alerie  de  Maiisail.  il  v  avail  le  beau 
vdon  di'-cori''  par  Oppenoidl,    ipie    \r   r.i-ciil    Ml    lel'aire   deux    l'ois  en    (pielcpies 

HUni'-e-;.    el    pour-   lequel     il    depeii-a    de-    s, mis    (•lionne^,     l'ili-.     ,"i    iholle    du 

naloii  d  (  )|i|h'iioiill.  il-  liàlinii-iil  se  pio|oti;:eail  par  une  ;;aleiie  eii  leloiir,  ipii 
Iniige.iil  1,1  rue  Hiclielieu  el  qu'on  noinniail  la  (i<iliiic  di'.ncr.  l/apparlemeni 
de  lu  duchesse  d'I  )rlt''ans,  qui  a  é'ii'  ilirril  pliis  liaiil.  s,.  ||-oiivail.  comme  on 
tail,    au    re/-de-ch.iuss<'e   de  eelle   ei. 

On  pourrait,  sans  hop  de  dillieidles.  reconsliliier  ii  |i.ii  |iiès.  -i  l'aide  de 
l  //<e////»i//v  de  \-\\\,  la  phvsjonoiuie  de  ces  .ipparleiniiils,  el  en  évoquer  la 
•«>iu|.liien-e  iina^'e.  Les  beaiiv  nienlih's  de  Cresiml.  orm's  di-  ligures  de  liron/.e. 
onl    n-mplaci-  prescpie    paiioiil    1rs   <aliine|s  nii   peu    liistrs  d,.  Ilonlj.  .   ilonl    les 

I        I    ..Llllrl    .1,  .    I      I   ,,,.,,.  .       V    r       II. 


miikuim:  (c:\iiim:t  m  iioi) 


3i6  i,K    PAi.  \is-nnY\L 

incruslatioiis  dt'caillc  ft  ilrtaiii  ciil  moins  (ralliait  ([iic  les  inaniiioterios 
brillarïli's  <lf  son  ciimlc,  lesquelles  sliarmoiiiseiit  à  ia\ir  avec  réclat  des  étofles 
soveiises.  l.e  l'alais-Koyal  en  est  rempli.  Hinvaii\.  laMcs.  commodes  de  toutes 
ioiiiies,  eonsoles,  hihliollièques  dans  la  |)lii|i;u  I  tirs  i  liaiiiliii's  d'apparat  k'moi- 
;.'iic  lit  du  lalinl  injrénieux  et  fertile  de  ce  célèbre  ébéniste.  Ces  meubles  sont 
^'(•ni-ralement  en  bois  d'amaraide,  platiné  de  bois  de  violette,  et  leur  décnr  de 
bronze  don'',  largement  cliantourné,  s"(>\alle  en  chaude  patine  sur  ce  Idnil  de 
sul)ri'  éli'gauce.  Ils  ne  sont  pas  dispersés,  comme  il  ariive  de  nos  jours,  |)our 
ainsi  dire  an  hasard,  dans  toutes  les  paiiies  des  salons,  l.cni- nombiN^  est  lirnih'-, 
et  chacun  est  à  sa  |)lact\  jouant  son  r(Mi'  ilans  I  cnscnililc  hannoiiicusciucnl 
coinbini'.  ipii  n'est  plus  symétii(|ue  cl  l'roid,  mais  reste  encore  soumis  à  une 
savante  ordonnance.  Pénétions  dans  les  appartements  personnels  (hi  l^i'i^cnl. 
\près  a\oir  lia\ersé  la  salle  îles  gardes  et  l'rauchi  la  galerie  neuxc  (|iii  longe 
la  rue  Saint-llonoré,  en  ])assant  au-dessus  de  la  porte  c(iehère.  nous  arrivons 
à  sa  chambre,  celle  (pi'il  occupait  en  dernier  lieu,  et  iini,  jxmi  de  temps  avant 
sa  mort.  :i  ('té  agrandie.  Les  ornements  de  sculpture  cl  de  dorure,  les  glaces 
cl  la  di^posiliuii  de  lalcine  eu  l'oiil  une  piccc  loule  charmante.  L"ale(jve 
qui  renferme  \r  lit  est  sontcinie  |iar  dcuv  colonnes  dorées  d'ordre  com|iosite. 
el  fermée  par  une  lialu^tiadc  du  nicme  goùl.  Toute  la  chambre  est  tendue  de 
soie  cramoisie,  formant  paimeaiix  criiadit'-s  de  galons  d'or.  Le  lit,  à  bas  piliers 
(le  bois  de  noyer,  est  en  l'orme  dii<lie-<e.  ;i\ec  bonnes  gi-àces,  doid)les  pentes, 
dossier  il  l'impt'-ri.'de.  ch.uilonrnt'.  t'iialenieiil  de  damas  ci'amoisi  avec  franges. 
g'iands  et  houppes  d'oi".  (]omme  meiilile^.  Imil  l'uileiiiis.  neiil'  plianls  et 
(piehpies  |;d)ouri'ls  cou\erls  de  pehielie  eiamoi^ii'.  un  l'aiilenil  de  loilelle. 
une  petite  lable  de  imil  en  bois  d,'  xidielle,  dcuv  graïKÎes  |;il)!es  de  bois 
scnlpti-  el  (Um\  avec  dessii>;  de  maibre  en  \eil  (l.unpan.  ime  conuuode  en 
forme  de  tombeau,  plaipn'^e  de  bois  de  \io|e||e  el  gainie  de  liidu/es  de  couleurs, 
avec  dessus  de  marbre  (  ierfontaine.  enlin  dix  i'euilie^  de  para\enl  ;i  coulisse. 
de  d.imas  cr,nnoi-.i.    La   beauli'  de  la  chemint'e  r('poiid  ii   loul    le  reste.    Klle  est 

surm((nt('-e   d" ■    h.nile    ;.d,ice    cinln'e,    en    deux     pallie-:     nn    autre    trumeau 

(le  glace  lui  tait  face,  cl  im  Iroisième,  entre  ii-  deii\  lenèire-;.  achève  de 
n'pandre  d.'uis  la  ch.unbre  île  la  ■^li'ict'  el  de  la  gaîti'.  \n-(lessus  des  portes  sont 
placés  des  t.ableanx  :  /'/i//t/i/>r  II  cl  su  nitiifr<\s<\  du  Tilieii:  Mûrir  ilr  Mrdicis, 

I.   \.p  lil,  aspc  \fi  »\v\n^,  fsl  |iiisi-.  ilnns  VlnvmUùrr,  8,.'ioo  livivs.  Mnis,  dp  iiu^mo  qwc  In  dtirlirsso 

irOrliMii».  le  rii-ui-iil  ('Il  |MKi<u'<lnit  (liiiii  11)11  iinu\o- iililc  iiliisiciir.simhos  de  n-cliiiiicr.  (|iil  (•Ininil  plus 

f'   '  '"•>'  •'•.'«linirrit  de  Idii  crninnUi.    |,f  |iiiiirc   iiViiil  «'•vidcimiicnl   uni'   pmlili'clidii  pour 

'  '•"  «iaïudiTiii  un  (u"  .'Uï).  de  M'li>urM  iut-iiruiil,  nvcc  liniidcs  d,-  lii'odcric  or  cl  iii|;ciil. 
•I  -«.  IJ\ri-'..   In  nuire  (n*  S'x»),  df  \clnuis   ii.unnisi,  «luiii   di-   poiiil  (riCspn^m'.   nioidc 

I  II  niitrp  encore  (ii*  3'ii),  dr  diiniii<*  Jiiiiik'  de  {.i-m^,  ^f.irni  de  linidnii-s.  onicmcnls. 
*•  !'"'•   friiiiKn»  d'orgonl,  iillclnl  hl'iik»  livrtvt.  Celui-ci   ne  pn-isji  pus  niix   encliorcs  nprc» 

1.1  MirO   ,,.,    ii.-^jenl.  rnr  in   veuve  le  ({nrda   |K>ur  elle. 


LES  cni.i.ECTio\s  ni:  tahi.kmx.   or.if.ts  d  mit,    meidi.es.   etc. 


3l7 


Snei/ders  et  Ladi/  Snci/dt-rs,  tous  trois  do  \  an  Dyrk.  In  /irand  lustre,  à  six 
l)raiirhes,  desrend  du  plalond,  faisant  scintiller  ses  cristaux,  et  pour  que, 
la  nuit  vciuie,  l'éclairage  puisse  rtrc  plus  r-clalanl  encore,  six  liras  de  lumière, 
en  bron7.o  doré,  appuient  cliacun  leurs  trois  hriiiiciios  pla(pi('(^s  aux  nunailles 
sur  la  tète  frriniaçanto  d"un  lu'iiei-. 

(Idiilinudiis    notre  Aisite  jus(|ir."i    la    parlii'  du    palais    occu|)éc  d(^    nos  jours 


MEUBLE    DE    BOULLE,    ISCBUSTE    D  ECAILLE 
ET    DE    CLlVnE 


ièmsf 


par  la  galerie  de  iSemours  et  le  Théâtre-Français.  Sans  nous  arrêter  dans 
la  pièce  contiguë  à  la  chambre  du  Hégent,  réservée  au  premier  valet  de 
chambre,  tondue  aussi  de  damas  cramoisi,  dont  les  meubles  on  bois  de  noyer, 
à  pied  de  biche,  sont  d'une  exécution  très  fine,  passons  par  la  (Paierie  ries 
Poussins,  où  le  damas  cramoisi  règne  encore  aux  portos,  aux  lenètres,  et 
disparaît  sous  les  tableaux  représentant  1rs  Sept  Sticrcments.  Nous  trouvons 
ensuite  la  Galerie  à  hi  Lanterne,  dont  le  j)lafond  est  vitré,  ce  qui  est,  à  cette 
époque,  une  innovation  jugée  avec  raison  particulièrement  favorable  aux 
(l'uxres  de  piinluro.  Puis  vient  la  Salle  du  Conseil,  où  toujours  le  damas 
cramoisi  sert  do  foiul  resplendissant  aux  objets  d'art,  aux  beaux  meubles, 
aux  tableaux  de  maîtres  (|ue  Ton  voit  pailoul.  jus(|ue  sur  li'  liumeau  de  glace 
(pii  surm<jnte  i.i  (•liciniiK'c.  An  milieu  esl  nti  iiia;jiiili(|ue  hureau  de  six  pieds 
de  long,  décoré  de  bionzes  d'or  UKjidu,  sur  liupiel  on  admire  une  écritoire 
momnnenlale,  piacpiée  de  bois  des  Indes,  garnie  de  cuvelles  d'argent,  et 
présentant  dans  son  ccnlre  une  |)r(''cieuse  cocpiille.  Toiil  aiilour.  des  sièges, 
une  vaste  chaise  longue  à  deux  dossiers  en  bois  seidph'  et  doic'-,  trois  ou  quatre 


.3iR 


I,  r.     PALAIS-  U  O  Y  A  I. 


>i'^ir  ^xv 


m 


(Vrans,  un  c.iharol  vi\  laiiiio  d»»  la  (iliinc  iiiaii|in''  aii\  aiiiics  »r(  )iir'aiis.  C'osf  là 
(lUf  U-  Ui'-:;iiit  li'ii.il  K's  iniiiislics  el  dii   Idii  ck'liiii'rc  sur  les  airaircs  de  ri;ial. 

l'iaiicliissons  iMirore  (]m\  jjirccs,   ^ai- 
=i-**'i'"'*'r-C^'^*h <^  nies   di'   laliicaiix.  .Nous   Xdici  au  l)()ul   dt- 

la  ^alorir  di'  Mansart,  dans  le  grand  salon 
ddiuiaid  sur  la  rue  HiclicliiMi.  drcoiv  par 
(  )|i|ii'ii(ii(ll.  L'archiierli'  iaxnri  du  duc 
d'Orléans  s'est  couiplu  à  lui  dninicr  des 
cllrts  sinfruliers  de  richesse  v\  de  lumi- 
neuses tnualilés  par  les  sculptures  doives 
(les  iiniseries  jnuaid  avec  les  tentures 
de  dauias  crauioisi,  les  marbres  rares, 
I(N  trumeaux  de  glaces  su|)eriiosées, 
(|ui  alleigueul  à  i '|8  pouces,  c'est-à-dire 
à  1  mètres  de  hau- 
teur'.   Les   tahoiu'ets 


AyV-'"^^'^*-^ '*^:^:^.  snni     ranges    le    long 

>  w  iC'— '"^.î;^  -\         '''""    i'""'^-    "id    l(Mirs 

-^^s'"^  pieds    eu    l'orme    de 

\    -^i       eousole,  eu   hois  scul- 

pli'  et  dor('  :    ils  sont 

couM'rt<  de  lapissei'ie 

des   (iol)(^liiis    à    tond 

(l'or  el    il   pelil    point 

(  prisés    (),()oo    li\ res 

dans    Vlnventaii-f). 

I  u     lustre    spleudide 

(  pi  i~-é'    r in    li\  res), 

il  doii/e  lu  a  II  cIk's, 
ciitièremciil  en  cris- 
tal di-  roche,  (-lalr  l'anhil.  rliuc  ilr  -es  oiiii'iiii'iil  >  i  ni  ilaii  I-,  lioiijcs,  \ases, 
aniandrs,  lioiupii-ts.  et  a  pour  peiidaiil-~  dcii\  ;;iraiidolrv  à  seize  liraiiches, 
<pii  sont  sniili-mirs  par-  une  soile  de  iia\iic'  rn  |iroii/i-  don'  (prcscorteni  des 
nn'i.ndi'x  el  l|(•^  triton^,  lin  l'.i.  i-  y\r-~  rciirlics  doiiiiaiil  -^iir  la  iiir  Hiilicliiii, 
ileiix  hirp-s  tailles  de  inarhre  \rrt  Campaii.  incruste  di-  luvi  lie  xiolitlr  ci  de 
hrocniclli-,  dmil    les  pieds  sont   fornn's  de  dou/(>  gaines  de  hois  scidpli'.   sont 

I     l.r  |Miiirc  ri|iiltiilnil  h  37  iiiilliiiii'lri>*.  Itii-ii  «'iili-mlii.   il  '■';i;;il   ici  ilc  Li  ii'iiiiinii  ili-  |ilM>ii-iirs 
•  .ir  un   nr  •n\nil  |iii<  nliii'»  fiiliiii|iiiT  «lo  claco  iiM-Mii.iiit   pliiv  de  ■^  iiirtri'v  iriiiu'  |iii'rf. 


V: 


i.iuni:  i:»i«rnTr  r<  T»l>l•^nllr  nrs  r.ofiri.iss 


.ES    COLLF.CTIONS    DE     rviU.KAUV,     OBJETS    I)  Mil',     MECHLES,    ETC. 


3,9 


AITELII.    ULCUlVLItr    UE    T.Vl'lSStlUL    DLi    GUllLLINS    (iVll*    SltCLt^ 


cliargt'i's  d'olj/n'ls  d'arl.  C'est  dans  ce  salon  qu'on  remariiiic  les  fanieiiv 
hi'onzcs.  II-  TiiiirCdu  l'tiriifsr  (.•!  le  Lion  li'fnisstint  un  chrvdl.  (jin'  Mniisirui' 
a\ait    rciii('illi<    Ai~-   colliclii  ui^    dr   Ui(  liclicii   cl    dotil    H    a    di'jà   (Hé   (lucslion'. 

I.  Voyez  plus  haut.  p.  (i.S  cl  uoH.  La  prisée  de  ces  broii/es  ne  cesse  de  monter.  Le  Taureaa  /•"(»•- 
néxe,  l'stimr  'ii>o  livres  dans  Vlnvenlnire  de  1701,  va  à  1,100  livres  en  1723,  et  le  Lion  terrassant  un 
cheval,  coté  i.'io  ll\rcs  à  hi  iiioil  de  Mou-leur.  \a  à  O.'o  ll\ri'S. 


3aO  LE      PALAIS-nOYAL 

Point  d'autres  sculptures,  car  il  est  iviuarciiialilc  iiiu'.  (iuiaiit  j)its  d'un  siècle 
et  demi,  les  ducs  d'Orléans  n'en  mirent  pour  ainsi  dire  point  au  Palais-Royal, 
bien  difTérents  en  cela  de  leur  illustre  prédécesseur.  En  revanche,  des  tableaux 
à  foison.  11  n'y  en  a  pas  moins  de  vingt-sept  dans  ce  salon  d'Oppenordt,  véri- 
lable  choi.v  de  chefs-d'œuvre  :  d'abord,  à  peu  près  tous  les  Véronèscs  de  la 
collection  de  Christine  de  Suède,  dont  les  quatre  toiles  plafonnantes,  placées 
au-dessus  des  portes  (te  Respect,  l'Amour  heureux,  le  Dégoût  et  l'Infidélité); 
puis  des  ïiliens,  Vénus  et  Adonis,  l'Enlèvement  d'Europe,  l'Esclavone, 
Vénus  nui  se  mire,  Persée  et  Andromède,  l'Education  de  l'Amour; 
deux  merveilleux  Uubens,  Thomi/ris  et  la  Continence  de  Scipion.  etc.  Ln 
enchantement! 

La  Galerie  d'Enée  communique  ;i  col  éblouissant  salon.  L'anioublemcnl  en 
est  pareil  et  tout  aussi  somptueux.  Il  conqirend  trente- six  tabourets,  six  ban- 
(|uelles  et  (|uatre  canapés,  couverts  de  tapisserie  des  Gobelins  «à  fond  d'or 
et  à  petit  point  de  différente  représentation»',  trente-six  girandoles  de  cristal, 
à  six  branches,  el  douze  grandes  torchères  en  forme  de  guéridons  de  bois 
sculpté  et  doré.  Au  milieu,  trois  belles  tables,  avec  dessus  en  marbre  sarancolin, 
sont  chargt'es  de  bibelots.  La  dt-CDration  architecturale  de  cotte  galerie  est 
conq)osr'e  de  pilastres  composites  ([iii  supportent  une  corniche  dont  la  frise  est 
ornée  de  consoles  couplées,  de  trophées  du  plus  grand  i  ITrt.  \ii  milieu,  une 
cheminée  momnnentale,  en  marbre  vert  des  pliis  précieux,  avec  oruemenis  el 
groupes  d'enfanls  eu  i)ronze  iloré  portant  des  girandoles,  se  dressait,  inqiosanle. 
Les  glaces,  dont  la  dimension  extraordinaire  [loiir  répo([ue  est  un  sujet  iléton- 
nement,  rélléchissenl  la  clarté  donnée  par  douze  hautes  fenêtres.  Mais  ce  (jni 
est  surtout  remarquable  tians  cette  galerie,  ce  sont  les  peintures  exécutées  par 
Antoine  Coy|)<'l  sur  la  voùlc  et  les  lambris,  dans  lesciiielles  l'art isle  a  déxeloppé 
en  (pialor/e  tableaux  les  aM'utures  tl'KiK'e. 

\<iiii   les  sujets  ligures  dans  ces  (jnalui/i-  t  ninposiliDiis  ; 

1*  .\|)rrs  l.i  |)iis('  (le  Trojc,  liuru  (|iiillc  cclli-  \illc.  |iiiilaiil  sur  ses  épaules  son 
|KTt'  AnrliJM'  cl  menant  son  (ils  A>(ii;.Mif  par  la  main;  —  j  '  Jiinon.  vnnlant  éloigner 
Kné«r  de  rilalii-.  où  clic  sa\ail  (|uc  les  dcslins  lui  promettaient  un  élablisscniont, 
va  lroii\LT  Kolc  dan^  les  giollts  on  cclni  ci  tient  les  vents  cidcrmés,  el  lui  coiiunande 
de  liécliiilner  une  ItMnpcle  (|ui  éloigne  des  côlis  iW  ritalio  les  vaisseaux  d'Knée;  — 
.i'  Neplnne,  irrité  contre  Kole.  ordonne  ii|<e  (lini  dain-lii  l.i  lenipèle  et  de  (aimer 
len  flol»;  —  'i  l.'Axscmhléc  (/<■*  lUeiix.  (l'est  l.i  pins  ;:riiM(l(  Ai--^  coniiK^ilions  de 
•  loxpei  Klle  occupe  le  cetilre  dc  lu  vonle.  Jupiter,  an  milieu  de  lOIxiMpc.  (iiloiné 
d«r  loules  IcH  di%iiii()'>,  e>|  iissis  sur  son  tn'iiic,  ayant  .lunon  à  ses  c(Mé>,  tandis  ipie 
Nénu»  vicul  le  supplier  en  faxeur  d'l-jii-(*  ;  —  .'i"  Didon,  dans  le  Tenq)le,  aper(.()it 
niléc; —  G*  Knée,  ipii  .ixail  r(''H(du  de  >'élal>lir  à  (:arllia;,'e.  e^l  (h'IoiiirK'  de  ce  dessein 

I.  La  prlHx  de  (•    tiicdhic  c^l  de  .(j.imhi  li\iiH,  i|,,i,>  r/,ii</i/.ii/v  (le   i-aJ. 


I.KS    COLLECTIONS     IJI.    TAIll.EAl  \,     OIUliTS    l)\nT,     MiailI.ES,     I.TC.  .{o  i 

pur  xMercuio,  qui  lui  apporte  les  ordres  de  Jupiter;  —  7"  Didon  luonle  sur  le  ijùclier 
et  se  poignarde  pour  ne  pas  survivre  à  la  douleur  (pie  lui  cause  le  ilépart  d'Énée  ;  — 
8"  Énée  descend  aux  Enfers,  conduit  par  la  sil.NlIe  Cuaiée,  (pii  lui  fait  voir  son  père 


Paul  par    Vé 


(Peinture  plafonnante  ijui  dêt 


le  ^aloii  octogone,  ou  salon  ti'OppcnorJt>  du  Palais -Royal) 


Anchise  et  toute  sa  poslérilé; — o"  Knibrasenieiil.  p;ir  oidrc  df  riiiiius,  des  \ais- 
seaux  d'Énée,  que  Cybèle  niélamorphosc  en  n>Mipiics  de  la  mer; —  10"  Au  dessus 
de  la  cheminée  de  la  galerie,  sur  la  voûte,  est  li'ijisode  de  Junon  excitant  Turnus 
à  faire  la  guerre  à  Knéo;—  11°  Jupiter  doinie  ses  ordres  à  IJiée;—  rjoNulcain 
montre  à  Vénus  les  armes  (piil  a  forgées  pour  Énée;  —  13°  Mort  de  Pallas.  lils  de 
Nestor; —  1/1°  Turnus,  \aincu,  est  uns  à  mort  piu-  IJiéc. 

Les    pcinlures   de    Covpel    Inniil    (l/liiiil.-   (lu.nui   0.1    ahallil.   'l^   h   Un    .lu 
xvnr  siècle,  le  liàlinierd   où  elles  se  InunMi.'nl.    Mais  ui,   oM.nail    <es  .■..nq...si- 

T.    I.     LE    PALAIS-UOTAL. 


3a  2  Li:     PALAIS-HOVAL 

lions  par  les  f^raMiivs  (jifoii  ont  laites  \icolas  'lardieu.  JM'iiiurd  Picard, 
Diirii.iii;:.,-.  Smugiie,  Desplaces  el  Thomassiii '.  On  |)eiil  aiis-i  en  avoir  une 
idée  i)ar  les  très  reinaïqiiables  dessins  cl  études  que  lartiste  exécuta  en  \ue  de 
ce  lra\ail  et  (|ui  sont  conservés  au  Musée  du  Louvre,  dans  des  cartons  non  mis 
à  la  disposiliiiii  du  |iNl)lic  cl  (|ue.  par  une  permission  spéciale,  j'ai  pu  consulter. 
Le  présent  voiiuue  eonlient  des  reproduelinns  de  quelques-uns  de  ces  dessins 
jusqu'à  présent  restés  inédits  et,  pour  aiu>i  dire,  à  peu  près  incoiuius.  (Noyez 
p.  i88.etc.)  Ils  sont  extrèmenieiil  inléressants,  el  suggèrent  sur  le  laleiil  de 
C.ovpel  un  ju^'enienl  plus  favorahlt-,  à  coup  sur,  que  sa  peinlniv  iiu'iih'.  car 
l'artiste  se  niuulre  lii,  en  ces  crociuis  pris  surnature  et  enipreinl'- d  un  |inis>anl 
souci  de  vérité,  avec  un  senliuicnl  de  lorce,  de  giandcnr  ^iniplc  cl  ('niouvante 
ou  de  charme  délicat,  ipii  di>paraîl  ilans  ses  compositions  j)einles,  lro[)  conven- 
tiomielles.  Poui"  donner  plus  de  pi(piaid  à  sa  tiaduclion  de  VEiicide,  peut-être 
aussi  pciur  plaire  an  duc  d'(  )rli'an<,  il  iuiai^ina  de  lii:in-cr  li"^  dicnv  et  les  déesses 
sous  les  traits  des  peisonnages  de  la  cour.  Iji  ra|)pro(liant  et  en  comparant 
d'anciennes  gravures,  on  en  reconnaîtrait  plusieurs,  en  elTel.  Mais  si  les  giaïuh's 
daines  d'alors  prirent  plaisir  à  se  laisser  voir  dans  les  costumes  lép-rs  des 
divinités,  en  lières  Junons,  en  blondes  Céi'ès,  en  Ni'ini^  allcndiio,  en  nvinplies 
languissantes,  le  résultat  au  point  de  vue  de  r\il  lui  loin  drlrc  licnrcnv. 
Coypel  lui  ain>i  cnlraini'  :i  sniisiilncr  lacccril  indisidnci  an  caractère  liéroïipie 
de  la  l'ahle.  Il  |)rrta  ii  r<tl\ni|ic  d'Ilomèic  il  de  \  iigile  les  manières  de  la  cour 
déjà  bien  vieillie  de  Loui-  \l\,  d<  -  i:c>li-  de  lli(''àtre,  une  airéterie  ridicule. 
Ouehpies  juges  sévères  osèrent  direiinil  avait  l'ail,  connue  Scarri)n.  une  Hncitlc 
//•(H-e.sfic  '. 

(le  fui  I  evceplion.  l,or>(|n',"i  la  lin  de  lanlonme  170.!.  \nloine  (loNpi-l 
découvrit  VAs.se/nljlér  {/es  /J/Cii.r,  larli-le  recneiilil  nn  concerl  de  lonannes. 
I\avi  du  succès  de  son  peintre,  le  duc  d'Oiléans  lui  lit  prissent  d'im  superbe 
carrosse  à  deux  chevaux.  Il  y  ajouta  la  pension  de  .'{,000  livres  dont  il  a  été 
qileslioii    |ilil>    liant. 


LES    KCI  ltll>    in     i;K(ii:\T 

"n   a   \ii   i\\><-  la    piinee>.se    l'.dati I    la   dncliesse  d'Orlt'ans    uavaiiiil    pas 

leur-*  «'•curies  dans  le  Palais- Uo\,d,  mais  dans  des  lii*)tels  ipii  ravoi-.in,ilciil . 
Celles  de  Mnusieui-  se  trouvaient  dans  je  vieil  li.Mel  La  Uoclie-( iiivon.  1  m  lïr- 
Hon-s-Kuraiils.    (pii.    ,in    diri'    de    Pi-aniol.    lirait    ..  au-dessus    de    sa    porte 

I.  •:<•*    urntiiri"!   r.ml   |iaiti.'    .!.•    \»    rolici  licm    ili-    1»    .  Iijilc  (iyni|iliir    ilii     |,,,iim,.  ,„■•  iji.".   .)J(1  «lu 
r:iiUI(i|{iii-|. 

ï    i:h.  Hi.«;i<.,  Iliilnirr  ilfi  iirwtns,  I.  Il  :   tmW  fuinviiiM-.  p.  i'i. 


LES    COI.LKCTIONS    DE    TVHLEVIX.     OII.IKTS    I)   MIT,     MEUBLES,     ETC. 


39.3 


deux  marbros  l'iin  au-dossvis  do  raiilie  :  sur  le  plus  liaiil,  «m  lisoit  Holcl  de 
la  /lor/ir-Giii/o/i.  cl  sur  le  |)lus  bas  Ecuries  dr  Munsicnr  ».  .Ius(iu";i  (|uolk' 
aiwK'c  sou  lils  i;ai<ia-( -il  |)iiiii-  li'  nirinc  usage  ('('lli'  anrii'iinc  (Icnii'iu  r.'  La 
qucslion  i-sl  plus  iulrrrssauk'  cpiil  \\v  semble  au  prcuiiei'  aboi'il,  car  clic  se 
lie  h  la  solulinn  du  pelil   |)r(il)lèuie  cpii   s"csl  posé  au  sujet  des  orif^incs  de  la 


l'eint  par  P..  P.   Rub 


TllOMyiU.S 
(Tableau  de  l'ancienne  Galerie  du  Palais-Royal) 


Cliaurellciie  (!'(  )rli';nis.  En  elTel,  c'est  sur  rcuiplaceinenl  d(>  l'iu'ilel  La  Uorlie- 
GiiNou,  devenu  p.u-  la  suite  l'IiiMel  Me inlauliaii ,  (pie  l'ut  érigée  cette  dci-uière 
liabitatiou.  Or.  les  Couiptcs  de  dépenses  du  Kégcut  nous  ap|)reuueid  (pie  c'est 
au  mois  de  juin  1719  qu'abandonnant  ses  anciennes  écuries,  le  prince,  pour 
en  iusl.illei-  (le  iii)u\elles.  acliel;i,  ;iii  cuin  de  la  rue  \i\ienne  et  de  la  lue  Neuvt^ 
des-l'i'lits-(lliaiups,  LlK^tel  (lolbei't,  Iniinc'  de  la  rénnimi  des  \ieu\  IkMcIs 
n.iutru  et  \auel.  La  Acnti"  fut  laite  par  la  ui;ir(|uise  de  L;i  (l;nle,  (|ui  le  possi'- 
dail  depuis  171.'!.  iiioveiiiiiuil  la  souuue  de  M(So,ooo  livres,  jilii^  une  cliaîue 
dor  de  ^'.o,ooo  livres  cl  >'5,iSoo  lixres  de  su|)plém(>nl  jioui-  les  peintures  (pii 
ornaieid  encore  celle  gracieuse  maison,  construite  jadis  par  Le  \m\'. 

Il  \  a  l.'i  nue  dali.'  (pii  a  son  inléirL  Si  ce  u'esl  (piCii  1711)  que  le  lu'i^cnl 
renonça   j)our  ses  écuries  ii   I'IkMcI    La    Uoclie-(iuji)u,   c'est    (pie  justprîi   cette 

I.    Vrchives  nationales:  Succession  d(i  Régenl.  Comptes  de  cominuiiauU;  elc.  It'i,  loOG,  TL-uillct  O20 


3j5  LK     PALAIS-HOYAI, 

épnqiu'  r.'liii-«i  ('•l.iil  resté  (lol)!Hil.  ot,  |)ar  ronsi'quonl,  ce  ne  serait  pas  o\acl(>- 
iin-iil  <iir  Ir-i  lii'U\  ijn'il  (icciipail  ipie  noIlVaiid  aiiiail  pu  liàlir  la  (  lliaiicclleiic 
irOiléaiis.  Il  est  permis  de  sup|)Oser,  à  la  vi'-iilé,  ipiapivs  la  mort  de  Monsieur, 
son  iils  aurait  pu  avoir  ses  écurios  ailleurs;  mais,  comme  il  n'y  a  nulle 
iiidiialiiMi  de  ce  f,'enre  dans  les  arclii\e<  de  la  lainilii'  d'f  )ili' m-,  ni  dans  le- 
ciimptes  ipie  j'ai  dépouillés,  riiypotlièse  serait  toute  gratuite,  liaison  de  plus 
pour  admettre  la  conjeclure  formulée  plus  liauf,  à  savoir  que  la  Clliancelleric 
d"(  )rli'aiis,  DU  plutiM  la  maison  con^-li  iiili'  par  linllVand  en  lyo'i  pour  la 
comtesse  d'Argenton,  dut  être  édiliée,  sans  doute,  sui-  une  partie  seiilein<'ut 
lie  la  façade  de  l'ancien   liôtel  La  l\oclie-(ju\on. 

(Juiii  ipiil  en  miII.  rinimculile  at^piis  |)ar  le  l\('g(>iil  pour  \  installer  S(>s 
nouM-lles  écuries  était  dans  un  tel  étal  de  vétusl('  (piil  l'allul  v  faire  pour 
plus  (le  •)r)o,ooo  francs  de  réparations'.  L'arcliileclc  ,lii  lui  chargé  de  ce  soin. 
Il  |iii\int  il  tirer  si  liien  parti  de  rcnq)lacemi'nl  (pi'on  put  y  loger  aisi'nienl 
les  cent  clievauv  et  les  noujbreux  équipages  tlu  prince,  sans  compter  le  per- 
sonneh.  Il  existe  aux  Archives  nationales'  un  ])lau  très  détaillé  de  celte  cons- 
tiiiclinn.  qui  mc^-nrail  \ingl-(leu\  loiscs  de  largi'  cl  (pi.u;uil('-rin(|  de  prol'on- 
deiM'.  Dans  uu''  première  cour  était  une  remise  pour  les  carrosses  de  grand 
hi\e;  dans  mic  deuxième,  beaucoup  plus  grande,  se  Irouvaieul  les  boxes 
pour  les  chi\an\:  une  troisième,  tle  douze  mètres  carrc'-s  enxiron,  ser\ait 
aux  palefreniers  pour  les  lavages  et  la  toilette  des  é(|uipages.  KntouranI  ces 
coni"s,  K's  bàtimetds,  (pii  comportaient  nu  seul  étage  el  un  greniei-.  elaien! 
occupés  pal'  le^  dlM'is  services,  les  chainhies  du  |)eisoiiiiel .  la  lingeiie  des 
p.iges,  la  sellerie,   etc. 

Ij's  carrosses  ('•taieiil  de  la  pins  grandi'  licln'ssc.  (  )n  en  p' uni  a  juger  par 
la   de>ciiptiiiu   des  trois   piineipaiix   que   je  domie   ici.   d'après    V lin'cntuire  : 

.H.Siio.  //(•//!.  raiicieii  nirossc  ilii  ci/r//\.  Ii^  ileihiiis  n;;nni  diiii  Neloiii-  île  Neiiisc 
crniiiDisi,  ciiaiiiarn'- iriiiic  ^'raiide  IVaiiure  à  leslr  l)r(»(l(''e,  ci)iii>  el  ci\ales  de  lirmlerie 
ilaiis  If  paNJiluii.  un  iiinlct  au  ^'a  nie -franges,  des  fian^redii-  dans  |,.<  iDiiliircs. 
les  pi)i;;iiées.  rordctiis  cl  liesses,  le  Iniil  dur;  —  deux  coussins  et  un  sliapoiiliii  de 
nit'iiif    velours    f,Mriii    de    fian;.'eiiiis   et    haiiLres  d'or;  —  ipialre   ^.naiids    rideaux    de 

damas  crntnoisi,   pirriis  dnn   lar;,'e  ;.',dnii  à   j •  d   une  lesle  doulih' el  dénis  d'or: 

ftepl  (jluccs,  le»  guulièrcs  |jonléi'>  d'un  lar^'c  (jalon  d'ur,  des  galons  jai'.'es  de^^soiis 

I  (>  rhlffro  ml  criiil  qnp  dnnnp  IfirrliiliTlc  l."gr.iiiil.  Ic(|iii'l  ll\c  à  ;iHj.i..<i  IImcs  Li  \aliiii 
rriin^iiiliT  |>iir  l'IiiMcl  (|i>  iViirii-i  iliiiis  yinn-iiliiirr  ilr.i  hi.nx  ilii  Uèiji-nt. 

I  On  tiiiinr,  en  l'IlVI,  la  mile  Mii\iiiilf  liiiiis  r/;7<i(  ilr  riiminiiwiiilr  (  Vrcliivps  iialloiinics.  Il  'i.  nillt). 
■  jji  ^iimiic  (11-  iiM,iir|i>  li\r<M  y  sols  i|  dniicis  iiijéc  un  sieur  Jii  cl  h  lui  i>nloiinci'  à 
lyc-  i|ii'il  iitiiil  r.iiU  pour  In  consliiicllnii  do  Kcmics  de  .S.A.  H.  \l"  le  duc  ifOrlcnns. 

■      *iii»iiiil    le»    iirn^li'-s   de    sou    ruéiuolre   el    rordouiiiiiire    iicrordi-c   sur   ces   aniMés    par 

>    A.  Il    MiidiHiie  la  iluclimsi;   d'OrIcaiis,  l.ii|uel|i<  soiiiiiie  n  clé  payée  nu   slcur  Jii.  sunniil  l'aclc  du 
I"  fétrler  17111  .. 

3.    Vrrlil«r«  nnlioiinli's,  Plans.  Spine.  .V  rinssc.  n"  j"i. 


LKS    rOLLr.CTIONS    DE     T\IM.K\I\.     f  Ht.l  KTS     l)"\lll.     MKI'Itl.KS.     KTf:.  32.5 

Ions  les  clous  (aiil  dehors  (|ii('  dodaiis; — toutes  1rs  rutiles  durées  d'or  nioulii. 
{.'iuiiies  de  (|uali-e  i<'ssorls  à  doui)les  coins; — moulé  mm-  iiii  liain  fj:ariii  de  ses 
.susj)eiilcs  et  d'une  liuiisso  de  siè^'e  eliauiarrc  d'un  liiifjje  {,';iluii  et  ffan^'c  d'or, 
/l,ooo  livres. 

3Soi.  lient,  la  carossr  (les  lùiln'rs,  '^.wiù  t]r  xclunis  lilcn.  ili;iniaiié  de  franges 
et  broderie  d'arnfenl  à  l'impérialle,  les  i,'aiuM^  de  luiiles  les  euiiliires  cl  des-uiis  les 
clous,  cordons  el  licv^o,  !,•  |,>ui  d'iu  ;,r,.|||  lih' ;  —  di'ux  coussins,  un  sli  Mpcinliii 
de  même  M-iums  liruili'  cl   friin^^es  d'ur.iicnl  uniuiir  des  peiiles  :  -  -  (|n;ilrc  rideaux  île 


Il  V  ,'i  I    l'c  N  i:finti  iio>'  riF  nussi;  at    sviii'  sikci.f  i;n  mii  u  iici'iii  ï-T,  ciïlll 

FONDS  DAMASQl'l:<£s  d'oR 
(Collection  Je  S.  A.  I.  le  Rr.inJ-duc  Wl.idimir) 

damas  blancs  bordez  d'argent  ;  —  deuv  mallelas  de  damas  dessous  les  coussins, 
les  dessus  lesquels  sont  doublez  aussi  de  damas;  —  sept  glaces,  les  gouttières 
bordées  d'un  large  galon  d'argent;  —  tous  les  clous  gros  et  petits,  pommes,  fiches, 
loiiuels,  ornements  des  ressorts,  boucles  des  suspentes,  chutes  des  quatre  coins 
duiiit  carrosse  et  ornemens  du  dossier,  le  tout  de  fonte  argentée  d'argent  bûché;  — 
le  bois  dndit  carrosse  tout  sculpté,  et  argenté  d'argent  bruni,  monté  sur  un  train 
el  é(|ui|)é  de  suspentes,  les  sculplnics  des  moiilanls  arséniées  d'argeiil  linmi.  les 
riis('es  des  arcs  el  arcbouiaiis  de  l'onlc  arucnlt'e;  —  une  iionsse  de  serge  de  \elours 
pairil  an  dedans,  chamarré  de  linulerie  el  IVanLics  d'argent; — ledit  carrosse 
riiiliailé  d'une  housse  de  toilh'  cirée  dunltli'e  de  l'rizc,  six  harnois,  brides,  guides  et 
riiiiii>  de  -ii\c  jijcue  el  argeni  xiiit'  sur  Imis  les  cuirs  de  fleurons,  boucles  de  fonte 
argcntéez  d'argent  hàclié,   prisé  la  somme  de  8,000  livres. 

.'58o2.  /Irm,  la  cnlrclie  de  ville,  garnie  de  velours  vert,  une  frange  cl  liruiierie  d'or 
à  l'impérialle,  les  galoTis  de  roninres  cl  de  dessoii^i.  les  clous,  corduns.  Iresses  et 
bordés,  d'or  filé; —  un  coussin  de  même  \elonrs,  à  la  pente  ducpiel  il  \  a  une  fiange 
d'or;  —  quatre  rideaux,  de  gros  de  Tours  vert  hrodi-  d'or,  un  mallelas  dessus  le 
coll'rc  de  gros  de  'l'ours  brodé  d'or,  les  goullières  bordées  d'un  lai-ge  galon  d'oi-;  — 
les  gros  clous,  ])ommes.  fiches,  lo(|ucls,  ornements  des  icssoris.  boucles  des 
suspentes  de  loide  durer   d'or  incMilu.   un   L'alun    dur  di--uii-   luii<   Ir-    eluns.  |i-ois 


336 


LE      PALAIS-ROYAL 


glaces;  —  moulé  dessus  son  train  garni  de  suspentes;  —  une  housse  de  cocher  de 
niènie  velours  garni  d'or,  prisée  la  somme  de  4,ooo  livres. 

Je  ne  passerai  pas  en  revue  les  autres  voitures,  cl  me  bornerai  à  men- 
tionner, panui  les  objets  inNentoriés  dans  les  écuries,  deux  magnifiques  selles 
à  la  nivale,  de  velours  cramoisi  brodé  d'or,  dont  les  pommeaux  étaient  d'un 
travail  d'orfèvrerie  vraiment  extraordinaire  :  elles  étaient  estimées  (i.ooo  livres. 
Les  chevaux,  au  nombre  de  loC,  ne  furent  prisés  que  2i,3oo  livres,  c"esl-ù-<lire 
200  livres  par  animal,  ce  qui  n'est  vraiment  pas  beaucoup.  Quelques  années 
plus  tard,  le  pelit-lils  du  Régent,  Louis-Joseph  d'Orléans,  (|ni  eiil  la  passion 
di's  chevaux,  en  posst'da  de  toutes  sortes,  cpiil  baptisa  îles  noms  les  plus 
pittoresques;  mais  ils  furent  estimés,  coniiuc  nu  le  \erra.  un  tout  autre  |)ri\I 


IIKVH.    m:    «KLI.E,    A    lOSir.lE   OIKIE.    AU    XVIir    SIKCLE 


'^v>v<^'^y'^r^^^r7^rVf'<v;vt  vvvvv^^ 


MX  ^^  mmicnjA  j  j  xn  rr  fxtf  i  f 


)M    h 


'^M.. 


:'ï:iiiil!lllliP!llllii 


CHÂPITllK    Mil 


Li:   MUINK   DE  SAINTE-GENEVIÈVE  :   LoLIS  DORLÉANS 
(1723-1702) 

Porlrail  de  Louis  d'Orléans,  fils  du  Régent.  Son  éducation,  sa  jeunesse,  son  mariage.  —  Les  familiers  du  Palais- 
Royal  en  1730.  Dissensions  intérieures.  —  Sur  quel  pied  le  nouveau  duc  d'Orléans  règle  sa  maison.  Ses 
livres  de  comptes  et  le  registre  de  ses  cliarités  :  curieux  placets  qui  lui  sont  adresses.  —  Ses  fournisseurs: 
l'orfèvre  Germain,  le  gainicr  Gallucliat,  etc.  —  11  fait  refaire  le  jardin  du  Palais-Royal  en  1730.  —  Ce 
prince  va  demeurer  à  l'abbaye  de  Sainte-Geneviève  en  17/11  :  véritables  motifs  de  sa  retraite.  —  At-il  réelle- 
mont  brûlé  [lar  piété  certains  tableaux  de  la  galerie  du  Régent?  Erreur  répandue  à  ce  sujet.  —  Son  ins- 
tallation à  l'abbaye.  —  Tableaux  (pi'il  se  plaisait  à  copier.  —  Sa  chambre  à  coucher.  —  Son  laboratoire.  — 
Sa  bibliulhèipic.  —  .Sou  testament.  —  Son  Inventaire. 


3Î  E  Rt'f^ent  n'eut  qu'un  fils,  Louis  d'Ork'ans,  connu  surtout 
ijjj  pour  sa  dévotion,  ses  goiMs  d'érudition  scientifique  et, 
niiii.  jKii-  sa  retraite  au  couvent  de  Sainte-Geneviève,  oii 
i[i  11  uRiia  |)eii(iaiil  les  div  dernières  années  de  sa  vie  une 
véritable  existence  niûnastique.  C'est  une  figure  coniple.ve, 
maladive,  bizarre,  insullisainment  étutliée  jusqu'ici  par  les 
iii?iluii('iir^  .iiivipiels  les  documents  ont  fait  défaut,  (pii  mériterait  cependant 
d'être  remise  à  son  point  cl  sous  ses  vraies  couleurs  par  un  analyste  rigoureux. 
Je  n'ai,  dans  ce  livre,  qu'à  m'occuper  des  actes  de  ce  prince  qui  concernent 
le  I*alais-l\oyal.  Cela  se  réduit  à  peu  de  chose.  Toutefois,  les  pièces  d'archives 
inédites  que  je  vais  avoir  ;i  (  iler  redres.seront  (pielques  erreurs  commises  à 
son  sujet  et  fourniront  des  indications  nouvelles,  assez  curieuses,  sur  cette 
singulière  [)li)siononiie. 


S'iH  LK     PAI.MS-ROYAI. 

Oiiainl  la  morl  de  suii  pî-re  \c  mil  l'ii  possossidii  du  litre  el  des  i)ioiis  du 
duc  d'Orlôans.  le  ji-uui-  princv  avail  cNaïk'UKMil  vinjrl  ans.  Céliiil  un  fivle 
fran.oM.  de  liguio  pâle,  à  la  tournure  élôgaiilc,  de  traits  réguliers,  mais  taci- 
turne, un  peu  ondirageux,  n'ayant  ni  énergie  ni  forces  physiques.  Son  enfance 
s'était  écoulée  au  l'alais-Royai  sans  que  sa  mère  essayât  de  coriigi'r  i)ar  une 
éducation  \iiile  la  dél>ililé  de  ce  tempérament,  ce  (pii  irritait  inlt'rieiueuient  sa 
grand'nière,  Klisahelli-Cliarlotle,  laquelle  écrixait  : 

Selon  moi  Madame  d'Orléans  élève  son  lils  d'une  laçon  trop  délicate,  mais  je 
ne  veux  donner  là -dessus  aucun  conseil,  car  s'il  lurniinit  malade,  on  en  rejelteroil 
la  faute  sur  moi'. 

Ce  pauvre  petit  duc  de  Chartres  ne  culli\ail  ([u'un  seul  exei-cice  :  la  danse. 
Il  lui  arri\a  une  fois  de  vouloir  jouer  à  la  paume;  il  en  ('■prouva  une  telle 
fatigue  (juc  tousses  membres  en  fineiit  agités  et  cpiil  fallut  le  mettre  au  lit. 
Cela  n'empêcha  pas  qu'à  seize  ans  il  courait  d(';j;i  aux  liais  d(>  l'Opéra  et  s'y 
laissait  enjôler,  ainsi  que  nous  lappiend  Madame,  doid  l'anxielé  était  grande 
il  lendrnil   d.-   snn   pelit-lils  : 

Il  est,  dit  elle,  dans  ce  maudit  bal  de  l'Opéra,  londH-  dans  les  mains  des  fdlcs 
de  l'Opéra:  vous  pouvez  facilement  vous  imaginer  ce  (lu'elles  lui  ont  appris;  il  est 
maintenant  eiimme  un  animal  échappé.  I,ors(|ue  sa  mère  s'en  plaint  à  son  père, 
il  rit  il  s'en  rcnilii-  malade.  La  chose  cependuiit  n'est  pas  du  tout  risil)lc,  car,  avec 
ce  genre  de  vie,  ce  garçon,  qui  est  délicat,  se  tuera  le  corps  et  l'âme;  ce  n'est 
(jue  trop  certain. 

El  la  vieille  grand'mèro.  pleine  de  lendrosso  et  d'espérance,  ajduhiil  nn 
dé-lail    inlime  sur  ce  ipie  rap|)urla   s<in    pelit-lils  de  si's  l)elle>;  é'(pnpees  : 

Il  y  a  d  anlies  choses  cpii  ne  valent  pas  mieux,  mais  qui  ne  peuvent  s'i'i  rire... 
Le  HOUs-goiivcriHur  de  mon  pelit-lils,  ipii  est  un  homme  fort  vertueux,  est  telle 
ment  affeeli'   que  je  eiiiin>  (|u"il    n'en    |ieiile   la  vie'. 

Villems,  elle  écrit  encore  :  «  (ietle  grande  p île  l'dliguac  a  voulu  .séduire 

le  due  de  (  iharlres'...  »  Tout  ceci  et  d'autres  laits  eiienre  prunvenl  assez  (jue 
*>i  iionis  (!'(  Iiléans  leiiniria  sa  vie  dans  la  devulion  exliènie.  il  ne  diiinla  pas 
précisément  dans  lahstinence,  connue  on  s'est  plu  ;i  le  ii'pétei'.  Il  avail  dans 
les  veines  du  »aiig  de  la  \h>nl«'span  el  ces  mêmes  gernu-s  de  folie  qui  détra- 
quirenl    |;i   eei  velle  de   ses   sieurs. 

Son  pèi'e,  quoi  ipi'cm  en   ail  dit.  ne  iii'gligea  pas  son  ('■dm  alion .   Il  lui  .ivail 

1.  ';<irrr«/Mi(i//(iii.-c  île  In  ilitdicmr  ilnrliiiim,  \\  M'|iU'iiiliir  171S.  iilil.  Iliiiiu'l.  I  I'  .  p  ii'ii.  i.r 
prince  atnit  iiliiis  i|iiiii/)>  nii'>. 

1.   tUirrrâ/iDWliini-f,  \)  ilrii'iiiliir    17111. 
3.    Ihiil  ,  t.   Il,   |i.   i.\,<. 


LOLIii,    Ole    ll'OnLEA!<!i,    PIL»    DU    IIK(;K:<T 

(Gravure  Je  P.  Drcvct  d'apris  le  portrait  qui  «t  aujourd'hui  au  Muiic  île  Vcriaillei) 


T.    I.    LE     P*L.\IS     IlÛltt. 


33o  l-E     PALAI?-nOYAL 

(luiiiii-  pour  f,'oii\onifiir  lo  iiianjuis  de  ('.lu\ernv,  dont  la  riMiinic  occiipail  dt'jà 
des  foriclioiis  aiialo;Lriios  auprès  drs  priiici'sscs  ses  sœurs;  puis,  connni>  pré- 
cepteur, le  \erluou\  al)bé  Mouf;j:ault.  Pour  secouer  l'apatliie  naliircllc  du 
jeuue  lioiunie.  dont  le  caractère  sournois  rinciniétail,  cl  alin  de  lui  ouvrii 
l'esprit  au\  allaires,  il  le  lit  aduiettie  an  (lonseil  de  Ké^ence,  en  lyicS.  alors 
(pi'il  n'avait  pas  (juin/e  ans.  et  ensuite  au  (lonseil  île  la  (luerrc.  On  rétablit 
pour  lui,  eu  ly-u,  la  charge  de  colonel  fréuéral  de  rinl'anterie.  Ces  diveises 
l"a\eurs  chatouillaient  afrréablement  i'aiiiDur-propre  de  I  adolescent,  car  il  elail 
aiuhitieuv,  et  sa  mère  lui  soufilait  de  sou  orgueil.  Mais  ses  talents  n'étaient 
pas  à  la  hauteur  de  ces  di\erses  situations.  Aainenieut,  pour  mieux  travailler 
et  s'isolei'.  il  acheta,  en  iy>i,  sur  sa  cassette  |)ailiculièi('.  nue  [lelile  maison  à 
Ménihnoutaid,  joignant  le  parc  de  Hagnolet.  Il  acipiérait  des  connaissances 
sans  (pie  son  intelligence  s'élargît,  l  n  jour,  en  pleine  assend)lée  an  l'alais- 
Uo\;il.  le  U(''gent,  inipatienli-,  lui  dit  :  "Sache/.,  mon  lils,  (|ne  \ons  ne  sei'ez 
jamais  iprun  honnête  homme!»  C'est  à  (juoi,  en  elVel,  il  se  résigna,  à  la  lin. 
mais  ufjii  sans  dépit,  et  après  avoir  tout  fait  pour  jouer  un  r(Me. 

Il  s'y  essaya  sans  tarder.  Poussé  par  sa  nièri'.  l'iinpiMiense  duchesse 
douairière  d'Orléans,  qui  se  consola  de  son  vcuxage  eu  prenant  vile  les 
rênes  du  commandement  au  i'alais-l\oyaI,  il  s'elVorça  de  se  glisser  dans 
la  lonliance  dn  jeune  roi  Louis  \\.  Mais  la  place  était  prise  et  bien  gardée 
par  un  adversaire  habile,  un  (ioiide.  Monsieur  le  Duc.  La  lutte  s'engagea 
aussitétt  entre  en\,  et  dura  des  années.  Le  non\eau  duc  d'Oiléans  vit 
d'abord  ri-Ntfi'indir  ré'l.il  di-  sa  maison  par  le  roi.  ipii  reiidil  ,'i  ce  sujet,  le 
(i  janvier  i->.\.  une  oidonnauce  oi'i  il  (-tait  dit  ipu'.  pai'  égard  poui'  la  mémoire 
dn  Ki'genl.  on  .uirait  désiré  continuer  à  son  lil-  K'  piivilège  du  même  train, 
mais  (|ne  l'orilr.'  d.'  tout  tenip-  él.iMi  p,>in  les  princes  dn  sang  obligeait  île 
ramener  le  nmubre  des  ollicieis  de  celui-ci  ;i  un  chill're  conrorme  à  sa  situation. 
Km  consé'ipience.  il  n'était  autorisé  à  gardei-  ipinn  personnel  de  ;?l)(i  oriiciers. 
dont  l'é-lal  fut  siipiij.o  |)",iutres  \r\.ilions  '<ni\iiviil  celie-ei.  Sa  mère  \oidul  le 
maiier'  et  lui  imposa  son  choix.  Il  avait  jeté  les  yeux  sur  M"'  di'  La  Hoche- 
sur-^ou.  Mais  illc  u'.m  voulut  pas.  Klle  se  lit  apporter  jiar  d' Argenson  tous 
les  almaua.-hs.  et  cher.lia  (pi.llr  prince--.'  pomiait  convenir  .'i  son  liU.  l-.ile 
trouva  la  princesse  .bann,'  dr  ii.idrn  H.hl.n.  .1.  sur-le-champ,  expédia  eu  Alle- 
magne Cangis.  I niir  dr  e,.nlian.v  et   \;ilrl  dr  ehainlir.'  de  l'en  son  époux,  avec 

mission  .I.'  lui    iair.'  mi  lappoil.    Le  rappoi  |  lui   I Madame  d'Orl. •an-  .lixova 

niors    trArgrn^.n     pour    faire    olIicicUnnenl    la    demande    pn-liminaire '.    Mais 
Mr.Msi.MM  le  Dn.   pr.l.iidil  ipi,>  I,.  roi  —  c'esl-li-dire  lui-mênu devait  être  an 

•  .    t/r/M..ir.i  ,1,1  niiiré.hnl  ./,    I(i,l,rli,ii.    I.    I\,  i„i»sii,i. 


LE     MOINE     DE     S  MNTK-nENr.M  KVE   :     I.Ol'l 


1>  oni.K.VNS 


.l-^l 


|)iv;iliihlo  consiillô  sur  ce  niaii.ijiri',  (h'-cliiiaiil  que.  <,iiis  ir\:\.  il  n'y  aurait  pdiiil 

(le  (•('•n'iiioiiial.  I.a  (hicipIIc  s'ciiMMiiiiia.  cl   il   l'alliil   <|iii'  l.'  tni   -iMiiployàl  de  sa 

|icisiiiiiic   |)i.iif   \    iiirlliv   iiii    Iciiiic.    !,<•   maria::!'  nil    lini    li'    i 'j    iuiii    \->.\,   pai- 

|)itKiiralioii.    Co    lut    le    propre    IVi-ic    de    la    princesse    (|ui    rcpicseiita    le   duc 

(i't )iléaiis.  (A'Iui-ci  partit  du  l*alais-U(i\al   le 

r  •?  juillet  poiu'  aller  au-de\aut  de  sa  rennue; 

il    la    roucoulra   à   deux   heures  de  (;iiàlo!is, 

au   cliàtoau    de   Sarry,    maisou   de   plaisauce 

de  l'cvèipie    de    (lliàioiis,    (pii    a\ait    organisé 

inie    superbe    réception,    et    hénil    le  jeune 

roupie,  après   souper,  entre  onze   heures  et 

niirirril.    Le    Icirderiiain.    (pi(ii<|ue    ce    t'ùt    lur 

MMidredi,  lil-ou  dans  la  relation  im-dile  croù 

sont  tirés  ces  détails,  la  table  du  |)iince  l'ut 

servie  «  en  gras  et  en  maigre  »  par  dispense 

spéciale  de   lévèque,   «  qvii   scavoit   combien 

eu  pareil  cas  le  maigre  est  contraire»'.  Le 

duc    d'Orléans    sut    plaire    à    la    princesse. 

(l'était  à  celte  ('•pn(pie  lui  charmant  cavalier. 

On  peut  en  juger  |)ai-  le  buste  (pi'a  fait  de 

lui.  au  ruusi'e  de   \ersailles,  (acsceril.   lequel 

u'i-lail    pas    seulement    urr    grand     (''b(''nisfe. 

mais    un     sculpteiu-    de    \aleur,    et    send)le 

avoir  gardé  au|)rès   du  fils  du   Régent  tout 

le  ciédit  dont  il  avait  joui  au  temps  (\\\  |)ère, 

car  on  trouve  coiislamment  son   rrorri   duraiil    la   ix'iiode   de   \->S)  ;i    ly'ro  sur 

les  étals   de  dépenses  de  la  Maisoir.  dette  elTigie,   compléti'-e   par  ime  superbe 

peinture,   également   à  Versailles,    nous    morrlic    le   prince  dans    son    éli'-gance 

et  son  insignifiance,  la  figure  im  peu  plaie,  les  \eri\  à  lleirr-  de  lèle  el   bridés, 

la    liiiiicire    petile,    le    ne/   llir,    la    lailli'   bien    prise.    Sa    renirne,    (pri    lonirire    lui 

n'a\ail  (pie    singl    ans,  ('■tail    la   douceur  même  et    la  grâce'.   Aucune  union   ne 

paraissait  mieux  entourée  de  garanties  de  boidieur,  quand,  deux  ans  plus  tard, 

elle  lui   brisée   par  la  mori. 

La  jeune  duchesse  d'Orléans  succomba  le  T)  août   i7'>(i.  en  durmanl  le  joui- 

I.  IILidûre  de  Louis,  tliir  ilOrlcans,  iiianuscr-il  iiirtlil  par-  W  sieur  .Nkki..  Vichixcs  rialioiialcs,  M\I, 
8/17.  CcUi-  bio^'rapliie  fut  iirésciiléc  à  I.ouis-Jospph  (l'Oi-léaiis.  on  I7.')a,  pour-  «•Ire  inipriinix-.  Mais  on 
secnnd-nla  de  donner  une  ^'ratilication  à  son  auteur,  dont  le  travail  fui  oublié  sans  doute  dans  le.s 
arclii\es  de  la   famille  d'Orléans. 

a.  I.e  porlrail  île  la  princisst-  Au^nslc-Marie-Jeanne  de  liaden-lladcii.  durliesse  d'Urléans,  a  élc 
peini  par  Bell  en  17.15;  il  est  à  itastadt.  l^iie  copie  eu  a  été  faite  pour  le  iiiuséo  de  Vei-sjiillcs  par 
Alhivs. 


I 


cnOOUIS   OllIGIXAL   D  UN    COIN    DE    SALON 
par  Morcau  le  Jeune  (xviii*  siècle) 


332  lE      P  AI.  Al  s- un  Y  AI. 

h  une  nilf  (|iii  ne  M-cut  qu.-  \iiij:t  cl  un  mois.  On  a  laconli'.  ;i  propos  de  celU' 
fin  iriii'ili".  ilapri's  tlos  Mémoires  apocrvplios,  uiic  di  .iinalicpu'  liisloirc  de 
voYa"e  à  Xersailles.  où  racronclu'nioni,  pour  olu-ir  aii\  règles  de  i't''li<pi('ll(', 
aui'itit  di\  avoir  lieu.  Mais  ce  récil  n'a  point  nn  caiaclcie  d"aiillienlicilé.  Il  est 
conliedit  par  les  détails  (pie  romiiil  le  laanusiiil  de  Néel,  conservé  aux 
.\rcliives  nationales,  sur  les  derniers  inonients  de  la  niallieureuse  princesse. 
les  homnia^'-es  liinèhres  (|ui  lui  furent  rendus,  et  le  céréinonial  de  rcuterreuienl 
au  Palais-Hoval. 

(lotte  mort  plmij^ea  le  dm-  ir(  Irléaiis  dan>  le  plus  sombre  désespoir.  Un 
tel  coup  éhranla  sa  raison.  \  pailir  de  ce  nniment.  pnur  l'aire  diversion  à  sa 
di)uU'iir,  il  se  lama  dans  les  ('tudes  arides  des  te\t(^s  df  1  lli-ilnirc  Sainte,  et 
Commença  ;i  se  livrer  ii  des  pratiipies  oiitn'es  de  dc'Miliiiii.  Tuiilclnis.  il  ne 
songeait  pas  encore  à  se  retirer  du  moiuK^  et  c(in-M'i\ail  I  cs|)(iii-  d  axnic  une 
part  d<'  direi-lioii  il.iiis  les  all'aiii-  de  llilai.  .Iii>(pi"à  la  lin  de  Tanni'e  ly.'^y,  il 
fut  entretenu  dans  rilliisimi  ipu-  le  roi  lappellerail  an  pouvoir  et  cpie  le  car- 
dinal de  Fleurv  avait  des  \  lies  sur  lui.  Il  faut  lire  ilans  les  Mémoires  de  son 
cliauirlirr,  le  niarcpiis  d"  Vri^ciison,  par  (juclles  alleinalivcs  de  i(in\(iiliscs  et 
de  di'pil  ce  prince  falot  passa  durant  crllr  iurlude.  Illail-il  fou.''  Son  valet  de 
cliamlire,  (îaullner,  allirmail  <pie  nui  el  (|ii'<>ii  allait  Noir  liientiM  son  maître 
H  courir  les  cliamps  '>.  V\ail-il  seiilenieiil  la  cervelle  (lehaipii'<'  pai'  des  é'hules 
au-dessus  de  si's  forces!' (  Test  ce  ipie  sendili-  croire  d' \r^M'ii-i  m.  (pii  le  voyait 
presipie  cliacpie  Jour  et  ('t.iil  eu  situation  de  le  bien  connaître.  \  oiii  (DUinienl 
celui-ci  sevpriine  ;i  ce  sujet  : 

(loiuiiii'je  l'ai  servi  eiiKj  aii>,  je  peux  dire  ce  ([ur  j'en  sais  el  le  t('iui)i;;iiai.'e  (pie 
j'en  ai  rendu  au  roi  (piaiid  il  m'en  a  pailé.  (ietle  folie  (''loil  de  ne  pas  croire  niorls 
r(Mix  (pii  r<''l(>icnl...  Son  sysl('me  élahlissoit  une  sorte  de  iiiéleuipsx chose  (pii  n'étoit 
pas  celle  de  l'Nlliaj;ore  et  (pii  sacconloit  avec  le  clnislianisnie  du  niieiix  (pi'oii 
piiuvoil.  I.es  JKiiinnes  (pi'il  eslimoit  s'aiisentoienl.  suivant  lui.  pendant  (piehpio 
tL'iiips  (le  (jesHU-  noire  Ici  re  pour  y  icpaniilre  cMsiiile.  11  ne  erovoil  |la^  (prileiiiv  l\ 
ni  cpic  Louis  .\l\  lM-.>eiil  ini>il>'. 

Parfois,  avant  de  tenir  conseil  avec  le  eonde  (r\rp'nsiiii  sm-  l'adniinis- 
Iralion  de  ses  biens,  il  le  mellail  au  codiaid  de  ses  travaux  d'iTudilion.  Il  se 
croyait  de  puiss;iii|,.s  faculli'-s  de  (■iili(pie  el  s"('-lail  (b'coiivetl  des  aptitudes 
s|M''ci;des  pdur  les  lan;.'ues  anciennes.  ,.  .le  veux,»  d(''clarail-il.  d  bien  fixer 
la  -«iluation  du  P.iradis  lerreslre.  »  Sdinenl  aussi  ||  faisait  des  p^inles  inal 
tendues,  el  l.'ieliail  .,  des  pnipos  d'une  p<>lili(pie  Iniji  independaiile  de  l,i 
ri'li^'ion  ".    !..•    piinee   ih'vcl    sOidiliait    pail'ois. 

I.    M'mi.irci  (/il  iiKininii  ll,-iif   Imiis  i/' 1;iK"«<"i.  ri''Mi('r   I7."ej. 


Lr     MOlNK     |)i;     SMNTlXiKM'.VIKVK    :     I.Ol  |S     d'dui.KWS  33.3 

Tt'iiioiii  ceUe  aiifcdùlc  cilc'c  par  d' Vr^'^cnsoii  : 

Je  parlois  ce  iiinliri  (kj  mars  ly'iH  à  M,  le  duc  (l'Url('aii<  (l'iii  iiianiiii-;  «le    ('.n'cy 
f|iii  a  été   dans   sa   maison  :  il  ma    dit   (ce   prince    pieux»  : 

—  J'ai  à  cet  homme    là  mie  oi)ligalion  [lailiciilière. 

—  El  de  qnoi.  Monseifrneiir;* 

—  Cesl,  (lilil.  (le  m'a\(iir  l'ail   perdre  mmi   ]iii(claf,'e. 


Pcinl  p.ir  N.   Poussin 


l'ELCinnisTiE '(série  des  se^t  sacrements) 
(Tableau  de  h  Galerie  du  Pahis- Roy.il) 


fir  Berteaui 


Je  lui  ai  répomlii  : 

—  Monseigneur,   dans   la  cour   des  princes,   d'iionncles   gens   se    mèletit   de   ce 
mélici-  là  1  ;■ 

— -Je  vous  dis  cela,  m'a   l-i!  dil.  jinur  vous  marquer  que  ce   n"est  qu"un  vieux 
pécheur,   un   \  ieiix  déhauclii'. 

—  Au  moins,   lui  ai    je  dit,  Monseigneur,   cloil-eile  jolie!' 

—  Monsieur,  m'a   I   il  dil  en   se   renIVognant,  (pi'ave/.-vous  encoi-e  dans  votre 
poi-lelViiille!'  Passons  à  aulrc  cliose'. 


A  cctlc  ('•|)(iqu('.  le  duc  d'C  )rl('.nis  allait  rn'(jni'Mnn<'nl  rendre  visite  à  ses 
amis,  ji^s  moines  de  JaLhavc  de  Sainte-deneviève;  mais  il  n'Ii.ihitait  pas  a\ec 
(Mi\;  il  demeuiait  encore  an  l*alais-l^)\al.  où  il  s'occupait  a\cc  pouctn.dili' du 
gouM'irifincril  de  sa  ni.nsiiu  —  ;i  (li'i'aul   diui   aulrc  plus   iiup<  n'I.iiil   (piil    ir\;ii| 

l.  Minioiifs  ilu  iiKirijins  il'  inji'iinnn,  l.    III.  p.  281. 


33'l  lE     PAI.AIS-ROYAL 

et  tlo  ri-diualinii  de  son   lils    le  chic   Louis-Joseph  de  Chaiiies.   Sa   mère. 

Il  l'Altesse  Royale,»  comme  ou  lap|iilail  (iiiclcinclois  |)ai'  laillciio.  toujours 
ambitieuse  et  hautaine,  avait  ourdi  une  sa\aiile  intri'iue  pour  tâcher  de  le 
remarier  avec  Madame  seconde'.  Le  projet  éciioua.  Le  duc  avait  liiii  par 
secouer  la  tutelle  de  cette  piiucesse  chez  qui  l'âge  ne  faisait  qu'accentuer  les 
défauts  (|ui  laNaieut  d(>  tout  tenqis  rendue  insupportable.  Elle  vivait  dans  le 
Palais  connue  une  reine  détrônée,  n'ayant  plus  d'autorité  que  celle  qu'elle 
saNail  par  iiistaids  ressaisir  à  force  d'adresse  et  de  ruse  féminine,  suscitant 
des  coteries,  excitant  ceux-ci  contre  ceux-là,  ayant  des  perfidies  de  lanjiage 
qui  semaient  les  divisions,  allumaient  les  querelles,  se  montrant  irréconci- 
liaMe  dans  ses  aversions,  témoin  sa  rancune  horrible  contre  sa  propre  lille 
la  duchesse  de  Modène.  On  conçoit  le  charme  ipi'il  jiouvait  y  avoir  à  vivre 
dans  cette  petite  cour  d'après  le  tableau  suivant  qu'en  trace  un  témoin  bien 
informé  : 

Je  n'ai  jamais  vu  do  petite  ville  de  province  aussi  tracassière  que  l'est  le  Palais 
Iloyal.  C'est  aujourd'hui,  et  selon  la  politesse  du  siècle,  un  repaire  de  médisance, 
de  calomnies,  de  redites,  de  mauvaises  peintures  et  de  détestables  papiers... 

On  voit  j)lus  que  jamais  deux  partis  dans  la  noblesse  qui  habile  le  Palais- Royal  : 
ceux  et  celles  du  lils,  ceux  et  celles  de  la  mère.  On  les  distingue,  on  les  montre 
au  il()if.'t.  Ils  se  déchirent,  ils  se  desservent  cruellement,  et  c'est  cette  auf^usle  prin 
cesse  qui  entretient  la  division  avec  soin,  tandis  (pie  le  fds  n'y  empK>ie  cpie  ilu 
silence,  mais  se  fait  assez  bien  instruire  de  tout,  et  ne  suit  cette  atTaire  que  par  des 
ilémarches  assez  fermes,  en  ne  ninnmaiil  aux  places  (|ue  des  gens  (jui  ne  soient 
pas  à  sa  nierez 

l'arnii   les   personnages  (pii  t'iaietil    du   parti   de   la    mère   liguraieiit    iiahirel- 

lement  en   première    ligne    le»    dann"-    dalour    de  celle-ci  :    \1 de   Cleiiuonl. 

M-  de  l'nus.  M""  de  (Iraville:  puis  M.  el  \|  de  La  Ki\ière.  de  MonlbruM, 
dr  Maeliault  el  le  comie  l'ienc- \lari-  d"\rg<'nson.  intendant  de  Paris  et  IVère 
rudet  <hi   ehamellei-.    le   inaicpiis   Heiié- Louis  d'Aigensoii.    Ie(piel  ('lail   du  clan 

opposé.    Du    côt('-  du   dur  (!'(  )i  li'.iiis  se    lrou\aieid    les   Conllans,    M de  Hom-- 

deille.  les  Duguesrlin.  Ilallri.iv.  gouNeiiieui'  du  duc  de  Chartres,  etc.  Quant 
il  la  bonne  M  '  de  l.orge.  elle  ne  iDnqilail  pa><  :  on  la  pienail  de  |i,iil  el  d  aiilre 
pom*  <'onlidenle. 

L'ivi^tence,  au  l'alais-H(i\al.  dutanl  e.lle  pciiode.  iTi^lail  poitil  loi  I 
jf»yeuse.  à  la  \(-rilé-  :  il  ny  a\ail  ni  lèles  ni  gi;mdes  r('eeplion><.  Ce  n't'lail 
pas  la  veuve  du  U«-geid  qui  en  aurait  doiun'.  a\ee  ses  habiliidi-.  |iii-.es  <le 
longue  date,  de   rester   perpé'luellenient   couchi'e  sur-  sa  chaise   l.in-iie.  Le   diic 

I.  Annr-lli>nrii'(|p,  «rcnii.lr  lllli-  ijc  Imnif,  m-i-  Ir  i',  miùl  17J7,  morlr  \v  n»  fi-Nricr  i-:yi. 
■».  Mari|uli  i>'\iii;»:>!uix,  M^muim. 


i.K    MoiNT    ur.    s\i\Tr-(;rNrvii'.vi-:  :    i.oiis    i>  oui. i:\ns 


335 


ENCIUI;U    EN    ARGENT    (tPOiJL'E    I.OfIS    XV) 


(l'(  lili'.iii-  n'en  ;i\ail  |i;c<  (l;i\;niln^c  le  >^nCi\ .  lar-  il  l'iiN.iil  les  disl  imcI  i(  m^  cl 
s'iMifoiirail  (le  plii-  <'ii  jiliis  dans  la  ili'voliuii  on  daii^  1rs  li\ri's  saints,  'l'otitc- 
l'ois,  il  iii'ii  ('tait  i)as  imicoiv  à  rahsiiiii  (IctaclicMKMil  des  clioscs  de  ce  iiioiulc. 
Il  tenait  son  ranj;,  diri^^oait  sa  maison.  s'a|)|ili(|iiaut  à  réparer  les  bièclies  (pu- 
son  |)tMV  avait  laissées  dans  ses  linanees,  sans  pousser  récononiic  Imp  loin 
et  sans  saerilier  ee 
qui  était  nécessaire  à 
la  dignité  de  sa  situa- 
tion. Les  dépenses  dt's 
Menus,  de  la  Mouche, 
des  Hà  liment  s,  des 
Pensions,  etc.,  étaient 
réglées,  sur  son  or- 
dre par  son  trésorier 
l'ahine.  suivant  les 
nu'lliodcs  daduiinis- 
tialion  doid  j  ai  déjà 
dit  le  mécanisme. 
îNous     avons,     pour 

nous  éclairer  sur  ce  puinl,  un  dncmnenl  des  pins  iidi'ressatils.  san\('',  on  ne 
sait  par  quel  hasard,  de  la  destruclit)n,  et  (|ni  est  \enn  ('chouer  en  ces  deiiiiers 
tenq)s  à  la  Hil)liolliè(|ue  ( larnavalet ' .  Ce  sont  d'abord  les  étals  de  trésorerie  de 
Louis  d'Orléans,  tlonnant  la  réca|)itulaliou  de  toutes  les  di-penses  des  dillercnls 
services  de  la  Maison  depuis  l'année  17^0  juscju'cn  lyf)!).  et,  en  outre,  un  cei- 
tain  nombre  de  mémoires  de  fomnisseurs  payés  pai-  l'oinsinel,  le  contnMeni' 
des  Memis  plaisirs  du  duc;  enliii,  le  joiniial  de  dé|)enses  du  trésorier  général 
Palerne.  Ces  dernières  pièces  sont  |)arlicnlièrement  curieuses,  et  il  est  très 
rare  d'en  rencoidicr  de  pareilles,  car  on  ne  i^ardait  oi'dinairement.  jadis,  dans 
les  archives  de  la  l'amille  d'Orléans  (connni'  dans  les  anties  où  la  gestion  des 
biens  était  également  iumoitanle),  que  les  registies  récapitulatifs  de  dépenses  : 
mie  l'ois  les  (■crilui'cs  |)assées  et  approuvc'es,  on  bi-ùlail  les  pièces  de  caisse, 
les  notes,  reçus,  méinoiri's,  etc.,  alin  d'évitei'  l'encombiement  de  |)a|)iers  inu- 
lik's.  \oilà  pom'(pioi  il  m'a  ('lé  si  dilllcile  de  trouver,  pai'  evemple,  le  détail 
di's  liaxaiiv  rvcculcs  ;iii  |'alais-l<(i\al  durant  le  ronrs  des  wii'  et  wim  siècles, 
mènif  après  avoir  eu  la  bonne  i'orluue  de  reconstituer  les  éléments  [uin- 
cipauv   des  .nchivcs  des  ducs  d'OrK'aus  pendant  celte  longue  |)ériode. 

l!n   iiiii^nllanl    lc>   regislics  couscim's  ;i   la    lîiiiliol  liècpic  (  !arna\  alcl .  on  \oil 
(pie   le   lils  du    Kcgent   .ivait   un   train   de  mais(jii  (jui  —  s  il   ii"eg;dait    pas  celui 

1.   Itililiiilli<'(|iic  C:iriiii\ulel  :  Muiiuscril  lorniniil  fii  rryisliTS  cl  (i  liasM-s,  ir  a(<7<j<j. 


.S.IG  LE    PAI.  vis- lin  Va  t. 

«le  son  |Kiv  —  l'I.iil  l'iicoie  assez  iiiii)(>il;iiit.  Le  cliapitii'  dos  fj:agos  à  ses 
oiVu-ieis  el  sciNilciiis  Sf  iiKnilail  à  •m)7.'i(jo  li\ros  en  i-lh  et  en  1737  à 
.{')(). .■{(Î7  livres,  léparlii's  enlre  ai5  personnes.  Les  pins  gros  ap|)oinlenients 
allaient  à  ses  eliaini)ellans  et  h  ses  premiers  gentilsIioiniTies  :  M.  de  Conilans 
(10.000  livres),  M.  de  Clermont  ('1.000  livres\  M.  de  Casiollane  ('1,000  livres), 
le  (Jrand  Prieur  (r>,ooo  livres);  an\  dames  d'atonr  :  la  dnchesse  de  Hraiieas 
(8.000  livres).  M"  dWrincntières  (G, 000  livres).  M""  de  Noce  ('1.000  livres),  etc. 
I,e  cliancelier  d"Arj,'enson,  de  même  (jiie  le  trésorier  PaK'iiie.  loiicliaieiil 
l'i.ooo  livres;  l'abbé  Montganlt,  devenu  secrétaire  des  rommandemenls, 
7.f)oo  livres,  sans  eompfer  le  levemi  de  1.000  livres  ([ue  lui  valait  un  antre 
emploi  au  Palais-l\ovai.  Le  cbapilre  des  pensions  élail  cbargt''  non  senleiueiil 
des  liU-ralité-s  personnelles  du  duc  d'Orléans,  mais  encore,  ainsi  ipie  levigeait 
la  eontnine.  des  pensions  servies  sur  les  com|)tes  de  snceossion  iK's  divers 
membres  de  la  l'amille  (pii  liaient  di'eédés.  Ainsi,  en  I7.'i7.  les  rentes  allribnées 
anv  anciens  serviteurs  du  Uégent  montaient  encore  au  clnlFre  de  !».8.(i.'ir»  livres. 
Celles  (pie  le  duc  faisait  anv  personnes  (pii  avaii'iit  été  attacliées  à  sa  reinme 

dmani    M's    deiiv    années    de     mariage —  .M'""    de     Pons.     M de     U<iindeille. 

M'"  de  (iastellaiie,  M"°  de  Clangis.  l'abbé  \erlot.  scjii  cliirurgien  Duinonl,  le 
coinm.indant  de  son  écurie  Dervant.  llallé.  son  porte-chaise  d'ail'aire.  etc.  — • 
allaient  il  la  soimne  de  u7,r)oo  livres.  Le  prince  allouait  de  même  des  gralili- 
calions  annuelles  «  anv  dames  cpii  avaient  été  attachées  .lupiès  de  M-  le  duc 
de   Oliarlres   dans   son    enlance  ".    Pai'   evemple.    il    donnait    régiilièrenieiil    ii 

M"  de   (ii'aville   G. 000   livres;    à    M C!llal•[)ont-^  crleuil    et    ii    M Poinsinet, 

(pli  avaient  été  t'emmes  de  chambre,  800  livres;  ii  la  dame  llaberl,  iriiiin'usi-, 
■"ioo  livres:  à  la  dame  \.yh\,\\u\  fiiistitxe  de  liduillic,  uoo  livres.  Ces  renies 
étaient  viîi;:ères,  el  la  |i!Mp;nl  des  bént'Iieiaires  viv.iieni,  en  oiili'e.  soit  au 
Palais- Hoval.  oîi  ils  avaient  un  app.irtemenl  (piaml  ('('■taienl  des  piMsoimages 
de  distinetion.  soit  d.ins  ipielipie  dom.nne  de  la  Maison.  (  »ii  comprend,  en 
r,ip|ii(.rli.inl  ces  diMails  de  ce  ipii  a  été  dil  plii>  liaul  siii'  les  (i<'|iiuiille^  ipie 
s'iiriaeliaient  les  servili-iirs  après  la  mort  de  leurs  mailles  (voir  page  '.«[(i).  de 
ipielIcH  obli;.'.ilions  .ii  cumulées  l'usage  grevait  autrefois  les  grosses  l'oilunes 
piincières  ! 

Les  pensions  et  gralilications  ipie  Lniiis  d'Orléans  arcordail.  ni  son  nom 
p«'rsoimel,  l'taieni  assez  nombreuses.  D.m^  |,i  li.;|,..  ou  Iroiive  l'onlenelle. 
l'Hcndêmicien.  cpii  recevail  aimuejhiih  ni  i.'h,.,  livres  el  avail  uu  logemenl 
an  Palais  Itoval.  (pi'il  ;.'aid;i  jnsipraii  jour  011  le  piincc.  itiil.'-  de  l'impiele 
du  pliiloM.phe.  le  congt-dia.  Il  )  avait  encore  de  l.agny.  de  T  Vcademie  des 
S-lenccs,  pour  i,f»o<i  livres;  Cliarh's  Covpel.  son  picniiei  peiulic  pmu 
I.'hio    livre-.;    rar(  liilecle    .lean-Sv  Ivaiii    Cailaiid.    p mou    livres;    «le    sieur 


i.i:    MdiNi;    i)i;    N\i\-n:-(;i:M;vii:vi;  :    unis    d  riiu.i:AN> 


n- 


J\l..l   par  A.. 


l.\    VISIO:*    l)Ë   SAI»T    PnA»ÇOIS 
(T.ibiclu    Je    lj    Gjli.ric    du    Pjlais- Royal) 


Grave  par  A.  Kom.iiic 


l-'amc.  iiiMÎIic  (Ir  (1,111-1'.  Il  |iuili-  l.ooii  li\r('s:  r.iicliilcctr  .lu.  |iuii|-  Cuxi  li\i-cs 
(  l|i|)iii(ii(ll .  |iniir  i,7(i()  !i\i('s':  raiclilli'clr  l.c;^i,iii(l.  (|iii  piirlail  ciicimi'  le  lili 
(IK  iiilciiiLiiii    ilis    liàlimciits  )),    pour    (ioi)    lixro,    r[{\    (  ]»•    ijui   ddiiiiiic.    ic   mu 

I      l.c   le  iil    ;uli>li'  lu-  st-  llou\e  (|lic  diilis  If   rùli-  de  l'aiiiur   17:11'.. 

43 


T.    1.    l.K    PALAIS- IlOVAL. 


338  LE     PAI.AIS-UOYAI. 

les  ivnU-s  (de  /|00  à  5ito  livres)  laites  aux  divers  ordres  religieux  :  aux  capurins 
de  la  place  Vcndùine.  à  riiùpital  de  Dourdan,  aux  Ecoles  chrétiennes  de 
Chartres,  aux  capucins  de  la  rue  Saint-llonoré,  aux  religieuses  du  quartier 
Saint- Paul,  aux  récollets  de  Versailles,  etc.  La  liste  en  est  longue,  car  le  duc 
était  très  charitahle.  he  jiiuriial  Iciiu  par  son  archiviste  Danjan  donne  le 
témoignage  à  la  fois  de  toutes  les  aumônes  (juil  faisait  et  des  écritures  régu- 
lières (ju'il  eu  dressait'.  L'hiver  de  Tannée  1789  ayant  été  particulièrement 
rude,  il  fil  à  Paris  de  grandes  largesses  et  ordonna  que  des  feux  fussent 
constamment  allumés  sur  la  place  du  Palais-Royal.  De  tontes  parts,  on  lui 
adressait  des  placels,  faisant  appel  à  sa  générosité,  lui  exposant  (piautité  de 
misères.  {Jii  résumé  de  ces  tablettes  de  l'infortune  était  reporté  sur  un  registre 
que  son  Altesse  pouvait  consulter  à  tout  instant  et  qu'on  annotait.  Un  de  ces 
registres  nous  a  été  conservé  et  se  trouve  aux  Archives  nati(jnales\  La  lecture 
en  est  pi(inaiite  et  souvent  altcndrissantc:  (pi'on  en  juge  par  ces  (piel([ues 
extraits  : 

— •  Clauiio  iJennil  expose  cpi'avaiit  eu  l'iiuiniein'  il'aniuscr  Mixiscigiieur  de 
son  talent  de  musieien,  dciiunulc  la  eonlintialioii  de  la  pension  servie  par 
Munsei',Mieur  le  Uéf.'ent. 

—  Jacques  Capron  supplie  Munscigneur  île  lui  coiiliiuier  [)cn(laiil  un  au  la 
pension  de  n'i  livres  par  mois  que  feu  Monseigneur  lui  aecordoit  pijur  se  perfec- 
liiinner  dans  l'art  ilarclnteeture  où  il  a  déjà  fait  des  progrès  eonsiiléiablcs  (ju'il 
c.Hpèrc    pousser  plus   loin  avec  le  secours  qu'il  inqjlore  de   Son  Altesse  Uoyale. 

—  Le  .Sjeur  (laresnie,  peinlie,  a  travaillé  depuis  i-'\-j  au  cabinet  de  .Monseigneur 
|)nur  les  dessins  de  lUisInirr  nulurellc  sous  la  présentation  de  M.  Coypel,  son 
neveu.  Il  supplie  Monsei^'iieur  de  le  continuer  en  qualité  de  dessinali-ur  de  son 
cal)inel,  ayant  appris  (pie  Monscif^nenr  conlinuoil  lesdils  ouvrages. 

—  I.a  veuve  Ciiesnoy,  i)auvrc  femme  àf,'ée  de  soixanle-quin/e  ans,  inlirmc,  expose 
qu'étant  à  la  place  qui  lui  avoil  été  accordée  au  l'alais  Royal  sous  la  voiîte,  à  la 
porte  des  VreliiNes,  pour  y  >cniln'  dis  niiireliaiuliscs,  cllr  fui  hicsséc  par  le  carrosse 
de  feu  Mi>nseif,'neur,  (juc  le  cou|)  (piclle  reçut  du  linmu  lui  a  causé  une  descente 
dont  elle  a  toujours  été  allligée;  pourquoi  elle  porte  un  bandage  ({ni  lui  a  (•oùt(' 
lrt)is  louis  d'or;  (pie  feu  Monseif,'neur  eut  la  boulé  de  lui  faire  espéier  une  place  aux 
lii('ural)l(-s,  niais  (piCllc  ne  l'a  point  eue;  ce  (jui  roblijje  d'avoir  recours  aux  bontés 
de  Monseif^neur. 

—  .\u^<u^te  l-raïK.iiis  Jaull,  piofosciir  en  i;uij,'iic  s\îi;i(|iic  iiu  ruil.'i^c  Ituvai. 
cxpote  (pi'il  a  (•n*('i;,'ni'  à   \Ioiiscij,'neur,  |)c'ii(l;uit  ipiinze  iimi-.  de  siiilc,    les  hui^'ocs 

I.  Vi))i'/  Jiiurniil  itri  iin-liii'fi  ilii  l'ulais-  Ilnynl  du  •.'?  avril  ITXt  à  H.'iJ.—  Vixliivi'.s  iialioiiiilos, 
II**,  iiM)7.   Voir  Moliiiiiiiiciil  iiiix  (liili-M  Mii\iiii(c>  :  juillet  17.1,"),  rniidiilioii  (!(•  dcin  lils  au\   linspilali- 

•allnii»  di-  In   MiM-iircidc;  jiiilht  i7:t.S,  (li^llilHlti le  ^'i.iiii-  aii\   paio  ics  dans  Ir  jfoiixTiiciiicril  de 

llrclaKiir;  7  Juin  1731).  nKninilis-rf'iiii'iil  d>-  riii'>|iilal  dr  Saiiil -Cloiid.  rmiili'  |iar  M<>ii>i('iii .  suii  ^'iiiiid 
|icrc;  i\  noi'it  I7;i9,  di^lrihiilimi  dc<  i'haril('->  failcN  aux  |iainic>  de  rupanajfc;  liAriiT  I7'i2,  maison 
tli>iini'-a  .1  riloIrl-DIni  de  (;<iiir>  ;  juillet  17^3,  roiidalioii  di-  deux  lils  à  ni(')|>ilal  des  hiciirablcji,  etc. 

ï.    \rrhl»i-<   nalliiiialRi,   H4*,    lor»;.   Voyez   iiiilaiiiiiicid  |t.  V'-'*.  57.').  ."hj'»,  .■><i7,  (i.'i.'t.  711H,   7ii,   ■;')3, 


i.i:    Ml  11  m: 


11.     SMMIXJKNrviKM;    :     I.CILIS     I)()Ul,i:\\> 


syriaque  cl  {,'i('((iuc.  ([ii'il  a  l'ait  pniir  sdii  service,  depuis  plus  de  dix  ans,  dixors 
ouvrages  de  lillérature  oiieiilale.  cl  (lu'il  a  re\ii  plusieurs  de  ceux  du  prince,  (pic 
loul  cela  lui  a  emporlé  hcaiiconp  de  lenips.  (pie  le  prince  lui  accorda  pour  lioiioraire 
une  pension  de  4oo  livres  et  lui  proiiiil  iiiie  place  de  secrétaire  dans  sa  Maison, 
place  qu'il  n'a  pas 
eue,  et  (|u'il  n'a  Ion 
chi^  qu'une  année  de 
pension.  Dans  ces  cir- 
constances, etc. 


^  (lilà  11  ne  pi''l  i- 
tioM  (|iii  lioiiiic  à 
ivilt'cliir!  Est-("(^  (]Ui^, 
|)ar  hasard,  r(''rii(li- 
lion  sarr(''(^  du  duc 
(rOrU-aiis  n'aura  il 
('■II''  l'aitc  (pic  (le  la 
science  dos  autres)' 
Los  nombreux  ma- 
iiuscrils  (|u"il  U''jj:ua 
à  l'ordro  do  Sainl- 
Doininiqiio.  on  vc- 

coiiiuiandniit  a\cc  liiiiiiilili'  de  ne  les  ('dilcr  ipio  si  cclii  poinait  cire  iiliic  aux 
roli^MOUX,  aiiraioiit-ils  pour  autours  d'obscur.s  pauvres  diaI)los  coiumo  oo  .lault, 
«professeur  do  lang-iio  syria(pic  au  ("olIt-^'-o  Hoyal,  »  h^piel,  assiiivnicnt,  no 
soiiililo  |)()iiil  l'^^trc  un  iiiiposlcnu?  \"appror()ii(liss()iis  pas  cl  cmiliiHidiis  la  lecture 
de  ces  curieux  placcts  : 

—  Antoine  des  Ram('es,  ci  devant  chef  d'(îchansonnerie  de  Monseigneur. 
exi)ose  (pie  ses  services  ont  comnieuc('  dans  la  Maison  de  Monseigneur  le  l\i'-gent 
jus(pren  ly.'jo.  (pic  son  âge  et  ses  inliiiuili's  l'ont  obligé  de  céder  à  {iuillaume  Uey, 
son  cousin,  un  café  qu'il  tenoit  place  du  Palais- Hoyal  nommé  le  Cafr  tir  lu  Hrijciice. 
Se  liiunaid  sans  charge,  il  supplie etc. 

—  La  demoiselle  Françoise  -  (ialiiielle  (!ler\al  de  Passy.  fille  de  condition, 
orpheline,  expose  qu'elle  désire  entrer  en  religion,  mais  (pi'on  ne  veut  l'accepter 
que  si  elle  a  sa  pension  de  JjOoo  livres  promise  par  Monseigneur.  Dans  ces  circons 
lances,  la  sui)|)lianle  implore  Monseigneur,  espérant  (pi'il  voudra  bien  avoir  égard 
à  sa  naissance  et  à  sa  jeunesse,  el  lui  faire  éviter  les  écueils  dans  lescpuds  sa 
figure  pourroil  la  faire  rester  si  elle  restoit  dans  le  monde... 


SOLPlKnE    EN    AfiGENT    (IVlIl"     SifXLE) 


(1u    ne    peut    (pi'adinii'cr    avec   ipicllo   babili>l(''   M  '    ('.lerval.    «  lillo  do  oondi 
lion.  Il    lait    saMiir    (prellc    a     une   jolie    ligui'o.    Le    duc    (r()rloans   n'était    pas 


3'|0  I.E      PALAIS- ROYAL 

Iminiiu'  à  vouloir  s'assiuvr  du  lait,  ff  avec  lui  laililico,  si  c'ou  t'iail  uu,  no 
pouvait  pas  ivussir.  D'ailli'urs,  les  pôlilions  du  même  genre  n'étaient  point 
rares,  l  ne  certaine  »  Françoise  Montniirelle.  uro  sans  mœurs  »,  ou  bien  des 
Jillcs  de  mauvaise  vie  «  supplient  cpi'on  Km  ilmine  les  ressources  nécessaires 
pour  it'\enir  au  bien  ».  Le  prince  se  laissait  volontiers  tenter,  cpiilte  à  être  dupe. 
par  le  désir  d'arracher  à  la  corruption  les  t'einnies  (pu  s'adressaient  à  lui. 
Il  servait  des  pensions  de  .'^oo  livres  à  »  M"'  Molard.  à  Orléans,  comédienne 
retirée  »,  et  à  «M"'  Marvilic,  snur  de  l'actrice  de  l'Opéra  ».  Une  autre  pension 
de  -ji)!}  livres  était  domiée  uii  la  di-nioiselle  de  Higny,  âgée  de  di\-neid'  ans.  (pie 
sa  famille  vouloit  traTupier  ».  Les  secours  distribués  pour  ce  dciiiici  iiiolif 
étaient  fréquents.  La  sollicitude  du  duc  s'(>xerçait  égaleiuciit  ^lu  lis  uialiicureuv 
oblijrés  de  subir  des  opérations,  ciilic  autres  ceux  (|ui  ('•laicnt  allciiils  de  la  pierre. 
Il  proté^'cait  les  juifs  couxerli-  et  puinvoyail  aii\  liais  de  leui-  baplènie'.  l'.ii 
un  mot,  il  se  plaisait  à  faire  le  bien,  et  ci'la  [jouvail  faire  passer  sni-  ses  liaxers. 
Les  lÏMes  lie  dépenses  du  Irésoriei-  l'alerue  sont  suiioul  iuléiessaids  à 
consulter  durant  les  années  ly'io  ''I  ly'ii.  car.  d'une  paît,  IN  sont  accompagnés 
des  mémoires  de  fournisseurs  diuii  (|iiel(pie>-ims  poileiil  des  noms  célèbres, 
et,  d'autre  part.  iU  inditpienl  cpie,  nièiiie  ii  cette  date,  le  duc  d'Orléans  restait 
entouré  d'un  Iiim-  (pii  irexeille  iiullenieiil  l'idi'-e  d'ascétisme  monacal.  Le 
chapitre  des  écuries,  avec  l'entretien  de  Irente-ipialre  (  he\au\,  les  gages  de 
cinq  cochers,  vingt  palefreniers,  douze  pages,  eli..  eoiiipi niait  une  dépense 
annuelle  de  'i(i, ()(!((  li\i-es.  Le  service  de  la  Houche.  ,ni  Palais  luiyal,  eoritail 
au  duc  ao,noo  li\ies  eiiviiiiii  par  mnis,  duiil  nous  a\ous  le  di'lail  comme  le 
ilfumerail  un  li\re  de  mt'nage.    l'ienons,  au  hasard,   le  mois  d'axiil    i  yi^y  : 

Iti'ilr  </<•  lu  lliiiirlir  fiitiir  Ir  mois  d'iirril  17.'!/.  —  Pourvoyeurs  :  S.,"i'|.;  IInics  ,>  suis 
t)  deniers; —  lii>ulan*^'er  :  M'ti  livres  i(i  sols  (i  deniers; —  Miuiii.iiKJ  de  vin  : 
ij'ijy  livres  lo  sols  .')  deniers;  —  Kpiceric  :  ■j,3.'<'^  livres; — Mar<liancl  île  hnis  : 
.'|G  li\res;  —  Menues  dépenses  :  .'i.n'i;)  livres  7  sols  (i  deniers. 

Le    <"  l'iMe  des    luellu^   el    .ugeiiteii 'tail    i\l  rèiueineiit    \aiial)le:   ianlcM    il 

ii"allei;_'ii.iil   p.is  .'mi.oiici   li\res  |)iiiir  r.iiUH'e.    l.iiiliM    il  iliiiinail.  em 11    \~'i^. 

un  Inlid  de  iSS. ()().{  livies  pour  le  seul  mois  de  (h'eembre.  \  loiil  iii'^lanl  mi  n 
relève  le  uom  di-  l't'b«'nisle  (  Iresceid  pour'  des  sonnues  allant  de  -.">  à  'i.hiki  li\  tes, 
sans  désignalioM.  iiLdIiiiireuseiiieiil .  des  (ilijejs  livri's  pai-  lailisle.  L"orfè\  re 
(iei  iii.iiii  l'-l.iil  pour\o>eui- allilri'  dans   |,i  Mais, m:   ("est    lui   «pii   ;i\ait  suiii   t\r  la 

I.  Il.iii^  11-,  riiiii|ili>«  lie  l'jiiilin'  1713  je  lliiiiM-,  |>.ir  ■■\c'iii|>lc,  le  ilc'l:iil  ili-  ci'  ipir  iDi'ila  iiii  |iiiiiaT 
le  Im|iIi'-iiii' ilii  Juif  l'Ii  Aiiy.  Viyliii  :  A  lui  muis,  ami  Hmi's;  -  l'aiil  .'i  l'('';.'liM-  i|u'aii\  |iiiu\ri-s.  pour 
limnrro^u-^  ■•(  luilrc^  iiii'iiurt  (li'-iM'utiHi,  -ujl)  livrci;  -  -  Pcuii  riiIVraiiclc,  j'i  livics;  —  (ij  li\ii'>i-t  ilcnÙL' 
iIk  ilr.iu<''<-«  ili!  Vrriluii,  il  'nmtt\»,  I i.'i  livres  ;—  l'i  livrr»  dr  pisluL-iic-t  i-l  ctiniiclli-,  ."ili  livres; — /|.'i  livres 
ili>  i-iiiiflliiri>«  «.•olii'«,  i|u  livres;  —  Pour  lej  lioIte.s,  1  livn!  «  sols; —  Pour  les  rubans,  i.'i  livres. — 
ToLil  ;  H,.,  |i%r      «      I 


i.i;    moim:    ni: 


■  \iv  riXii'M-.N  ii;\i: 


i>  <)iii.i:\\>- 


■•{'m 


vaisselle.  (|ui  la  iiKir(|u,iil,  (|iii  rciiiplacail  les  |)ièct's  hors  d'iisaj.'-»'.  Paiiiii  les 
iiUMMoires  préseiih'S  |iai-  lui,  jr  inciilioiniciai  ccliii  du  >i  juiu  1 7 'i  i .  i|Mi 
i'()ui|ircii(l  :  «Un  coinoiclc  de  |)lal,  nue  hoctlr  |iiMn'  les  lioslics,  un  pol  à 
liduilloti,  pour  le  service  de  Moiiseij,Mieur  le  dui  d'Orléans.»  et  mnnle  h 
lu  sonuue  (K-  So,")  livres.  Dans  eello  sonnne,  la  \alem-  de  rar/^'enl  osl  de 
G35  livres,  et  le  priv  de  la  fac^on  de  170  livres. 

Un  autre  mémoire  est  relatif  à  la  gravure  des  armes  du  due.  laite  par 
Germain,  sur  toute  la  vaisselle  du  Palais-Royal,  de  Saint-Gloud  et  de  Versailles. 
Dans  le  dénombrement  des  objets,  il  y  a  deux  surtouts  de  vermeil  composés 
l'un  de  trente-deux,  l'autre  de  trente  pièces,  plus  une  toilette  de  vermeil 
ser\aid  au  pi-inee  et  ainsi  eoin|)()sée  : 

Miroirs  cl  deux  quarrés,  une  plate  et  boeste  à  bijou,  un  crachoir  et  cofre  avaline, 
2  gantiers  et  i  soucoupes,  une  écuellc  couverte  et  son  plat,  une  jatte  et  un  pot. 
■->  boettes  à  poudre  et  i  boettes  à  mouche,  une  tasse  couverte  et  2  gobelets  couverts 
de  plomb,  une  brosse  et  une  brosse  à  peigne,  2  ferières  '  et  une  brosse  à  patte, 
I '1  chandeliers,  mouchelte  et  porte -mouchelte. 

Le  prlv  de  la  gravure  de  eliacpie  pièce  était  hahitueilenient  de  <(  cin([  sols»; 
mais  les  artistes  employés  par  (iermain  "  demandèrent  cette  Ibis  «six  sols», 
et  celui-ci  Ht  suivre  son  mémoire  de  la  note  ci-jointe  que  je  reproduis  ici  en 
fac-similé  : 


//. 


^aycruj^â^n     '^Y^y^r-    ^^y^^y^^^ 


ufr 


I.   FiTiiiTt"  rtiiit  le  nom  doniir  \\  un  gcnrr  ilo  llncoii. 

■t.  lls'aKil  ici  «le  Thomas  (icrniaiii.  un  rlrs  <)rfè\ri's  les  plus  consiclc'-rables  de  Irpoiiui'.  iir  en  iti-.'?, 
mort  CM  i7/iK,  et  |K.Te  do  l-'i-aiii;ois-Tli<>ma!<  (iL-rmuin,  plus  célèbre  encore. 


'^!^^>,  i.E    pvr.  \is-uoY  Al. 

D'aiilivs  iiifî-Mi's  ('-laioiit  ('■j^aU-ini'iil  cmplovi's  pai-  le  iluc  dOilôans.  tels 
quo  Lebrun.  Uasiiii,  dont  on  acc|nilla.  en  ly.'JcS,  une  iniporlanle  comniaiule; 
Caoron,  (i  ciseleur-argentier.  »  qui  ligure  la  même  année  sur  les  étals  de 
paiement  jiour  une  souune  de  (joi  livres,  etc.  Le  sculpteur  Slodtz,  un  peintre 
nommé  CeoffroN  :  Lemonnier,  nli^in-doicur  :  Lange,  sculpteur:  Doury, 
inq)riineur-lil)raire:  la  dame  Polliail,  liiigèrc:  Leioy,  horloger:  Audry,  tapis- 
sier, sont  également  parmi  les  foin  iiisseius  lia])iluels.  En  I7'|9,  Coypel  dut 
exécuter  quatre  copies  d'un  portrait  du  duc  d'Orléans  où  celui-ci  était  vu 
jusqu'aux  genoux.  Quel  est  ce  portrait?  Est-ce  celui  (pii  est  aujourdlnii  à 
Versailles?  L'une  de  ces  copies  était  destinée  au  cliaMcclicr  d'Argenson  et  \alnl 
au  peintre  r)Oo  livres:  les  trois  autres  ne  fuient  payées  (pie  l'io  livres  chacune; 
elles  fment  données  à  (ireiiohie,  à  laiihé  Sallier  et  à  un  certain  Prenier.  Le 
raini'MV  gainier  (iallmliat.  tpii  se  \aiilail  il'rlic  le  |)iiini(M-  à  avoii'  d  lrou\(''  lart 
d'adoucir  et  mettre  en  couleur  les  peanv  di'  n'ipiin  dont  on  garnit  les  surlouts 
(Je  montres,  boîtes  à  lancettes,  étuis  îi  (  iscaiix  ci  à  rasoirs,  et  autres  objets  (|ni 
depuis  Cl-  leui|)S  ont  conservé  le  nom  de  (lailiK  liai  »,  lra\aillait  également  |»(inr 

/tteu  oe  /^'  rM^-iU^n^^/^  c^TJ^^^^ui^u^  ^e^m^iea^ 


^ 


l'iiK  m  <;»iMKn  <;»i.licimt 


II'  l'.dais- H()\al.  I.n  i  7 'i  i  .  il  e\i''ciila  iiiir  lii'iic  ('•iiilc  liic  dr»-!  iiK'c  au  t.\\\v  de 
(iliartres.  couveilf  dr  cliagiiii,  ddidili'c  de  moire  bleue  galoimi'e  d'oi-  lin.  avec 
un  faux  fond  il  «.ccrcl.dii  piix  de  1  •>(!  lisres.  Le  nu'me  (ialliichal  lil  une  «  cassette 
il  iiiellrr  lis  in-lmiin  iijs  |iniii   lis  dents  de  Monseigneur  ».  En  voici  le  mémoire  : 

Toiilcs  Ji'H  ^'ariiihires  p<-scnl    1    iiiaïc  .'5  <,'r()s.   A   lai-nn 

(le  .">'j'  lo"  le  marc ^u'  .3"  9'' 

l'onr  lu  Hk;!»!!  de  !"iirr!''\re ,")0    »     >i 

iNiin-  la  ffraviiri- a.'l     m     » 

J'iiiM'  la  «Inriuf  en  iiiiMilin'c 110    »     ") 

l'iinr  1.1  lasscllc  ciimcrte  en  l'inissi-llr  vcrio,  ra(;oM  de 
jaspe  haii^nin,  ildiiiilt'c  (h-  veloiii!*  a\(i-  ini  miroir 
dans  le  eoiivcrele,  f^nriiie  d  une  scrniir  ii  iliiix 
pennes:   la  rlcF  est  ciselée  et  polye  cl  iliiu  limii   à 

MTrel   iliiiilili'r    de    soye yoii     0      n 

l'iiili    le   »ar   île  rliaiiiiiis   liiiiili-   île    «.oxe    ...  n     n     n 

liiTAI '|fi5'   S'   9' 


i.F.    MoiNK   UK   sainte-genevikm;  :    LOUIS    dVhu.iUns  S'i.*? 

(ihiKjiu-  aiiiHV,  lo  (lue  (!"(  )iir';iiis,  ;i  l'occasion  de  la  l'Vic- 1  )icii,  faisait 
dresser  (lc\aii(  le  l'alais-Hoval  un  rcpusoir  iiia;:iiirKnu'  dont  son  ciilii'iircrKMii- 
ordinaire,  La  Cour,  faisait  la  niacoiuicric,  Kanj^e  la  sciilj)lnn'.  et  (liraid  la 
nicnuiseric.  Mais  la  plus  grosse  somme,  en  délinilive,  dont  fut  cliarp'  le 
service  des  Menus  et  Argenterie  dînant  cctlc  période  assez  méiaiicoli(|iic  dans 
riiistoirc  de  notre  monument,  fut  (clli'  i\\\  scrxicc  funèbre  de  sa  sœur,  Lonise- 
Klisabeth,  reine  d'Espagne,  niurtc  à  Paiis  vu  17/12,  dont  il  fit  les  frais';  la 
cérémonie  eut  lieu  au  Palais- Royal. 

Louis  d'Orléans  ne  paraît  pas  avoir,  à  aucun  moincnf.  fait  evécnler  des 
travaux  dignes  d'èlre  signalés  aux  bâtiments  ilu  l'alais-lloyal.  Il  se  boina, 
en  i-l\o,  à  faire  restaurer  le  jardin  qui,  depuis  les  modifications  entreprises 
par  son  grand-père  en  167/I  (voir  page  173),  n'avait  pas  été  embelli  ni  même 
sullisammenl  entretenu.  Les  arbres  étaient  devetms  trop  loulTus,  et  leur  fron- 
daison, non  réglée  par  le  sécateur  des  jardiniers,  s'étendait  en  tous  sens, 
couvrant  les  allées  d'une  ombre  excessive.  Les  locataires  des  maisons  entourant 
le  jardin  se  plaignaient  de  ce  que  le  feuillage  leur  masquait  la  vue.  De  leur 
part,  c'était  beaucoup  d'exigence,  car  la  situation  de  ces  maisons,  vraiment 
privilégiée  par  une  tolérance  (pii  durait  depuis  le  cardinal  de  Kichelieu,  les 
faisait  fort  recbercher.  En  outre,  on  aurait  jtu  leur  demander  de  commencer 
eux-mêmes  à  contribuer  à  la  pruprelé  et  à  la  salubrité  du  jardin  en  s'abstenant 
de  jeter  par  leurs  fenêtres  des  immondices  qui  n'y  répandaient  pas  précisément 
des  parfums.  Mais  leurs  réclamations  trouvèrent  de  l'écho,  semble-t-il,  à  la 
Chancellerie  du  prince,  car  voici  une  note  mamiscrite,  recueillie  ;i  la  Biblio- 
tlièijue  de  l'Arsenal  et  qui  a  tout  l'air  d'émaner  des  bureaux  du  comte 
d'Argenson  '. 

A'o/f  sur  Ir.s  cluuiijeini'nls  à  Jaire  a  11  jardin  du  Pidais-Royid. 

M»''  le  (lue  (i'tJriéaiis  est  adoi^'  de  Ions  ceux  qui  uni  le  lionliciir  <!(•  iapijioclier. 
Il  poiil  bien  aysénicnl  aiigiuenlei'  le  ncinihre  de  ces  créatures,  end)eliir  ((insidérablo 

I.  Ces  frais  montèrent  à  ()o,j)83  livres.  Les  détails  en  sont  donnés  tonl  au  long,  et  sans  en  excepter 
aucun,  dans  li-s  papiers  du  contrôleur  Poinsiiiet.  Ils  niontreiil  avec  la  dernière  précision  conunenl  se 
réjilait  un  enterrenienl  princier  ù  cette  épociue.  Hornons-nous  aux  suivants,  à  litre  d'indication  : 
Pour  les  tentures  noires  dans  les  chambres  du  l'alais-Hoyal,  .'(, 800  livres; —  Pour  rendjaumemenl  du 
corps  fait  par  Pia  et  BouUluc.  premiers  apothicaires  du  roi  (poudres  aroniali(iue-i  et  f,'ommeuses. 
haumes  précieux,  esprit  de  vin  rectifié,  cire,  toile  cirée,  etc.  1.  '100  livres;  —  Pour  le  cercueil,  fourni 
par  (;o(|Uprot.  niaiire  plombier  à  Paris  (premier  cercueil  d'une  grandeur  extraordinaire,  deuxième 
coffre  en  bois  de  cliène,  ferrures,  plaques  de  enivre  et  d'argenti.  .'>7S  livres;  —  Pour  couvrir  et  garnir 
le  cercueil  en  velours  noir.  a>ec  croix  de  moire  d'argent,  j'i  aunes  de  g.ilon  d'argent.  (|  livres  la  sols; 
—  Poiu-  les  crespes  fournis  dans  la  chambre  de  Monseigneur.  1.1811  livres:  —  Pour  les  armoiries  et 
arnii's  sur  papier  et  sur  toile  fournie  par  Dniour.  peinlic  ordinaire  du  roi,  ijia  livres;  —  Pour  les 
llandieaux  et  cierges,  foiniiis  pai'  ISIesimaie.  marchand  cirier  à  Paris,  Î^SiiO  livres; —  Pour  quatre 
voilures  de  deuil  fournies  par  liordié.  maiire  sellier,  joo  livres;  —  etc.,  etc.  In  di-s  plus  curieux 
articles  de  ce  mémoire  est  <-elui  (|ui  concerne  les  pleureurs  officiels  :  r.  A  Adam,  crieur  de  la  cour,  pour 
la  cérémorne  fimèbre  à  Saiiit-Snlpice.  y  compris  ses  peiiK's  et  soins  et  graliiications.  4.ay.'5  livres.  ■• 
■i.   Kibliothitiuc  de  rVrx-nal.  Manuscrit  io'ii  —  <.|o<>.  folio  'i.'m. 


344  ^^     PALAIS-ROYAL 

iiiriil  XIII  jaiiliii  à  très  i)eu  ilc  frais,  faire  un  très  gniiul  plaisir  à  Ions  ceux  rpii  ont 
lies  maisons  sur  rc  jardin  ft  à  tous  ceux  qui  s'y  proniènenl.  Ce  seroil  eu  ordonnant 
([uon  laillà  eu  areades  loutes  les  allées  de  ee  jardin  et  même  la  grande  allée 
«des  marronniers»  eomme  on  la  fait  aux  deux  quineonees  qui  sont  au  bout,  et 
vis-à-vis  la  maison  oeeupéc  i)ar  M.  dArgcnson.  Cela  donncroit  de  la  grâce  à  toutes 
ecs  allées  et  du  jour  au  premier  étage  ou  rez-de-chaussée  des  maisons,  de  l'air  et 
du  jour  à  tous  ceux  qui  s'y  promènent,  surtout  dans  la  grande  allée  des  marron 
niers.  On  >  éloulTe  de  ciiaud  et  de  poussière,  et  le  soir  on  n'y  voit  point  clair.  Cet 
end)ellissenient  prolongeroit  le  jour  et  la  i)iomenade.  Qu'on  ne  craigne  jujinl  (jue 
celle  opéiation  tiiniiimàt  l'ondjre.  Il  y  en  auroit  encore  sulTisamiucnt  par  le  beau 
berceau  de  la  grande  allée  des  marronniers  et  par  les  deux  ([uinconces. 

Il  est  à  remanpier  (|ue  le  jardin  du  Palais  Royal  est  à  l'abry  du  S(deil  l(\aiit 
par  les  maisons  île  la  rue  des  Bons-Enfants,  qu'on  y  est  à  l'abry  du  soleil  de  inidy 
par  l'ombre  des  (piinctuices  et  soubs  le  berceau  fie  la  grande  allée  des  mai  roiiniers, 
et  qu'on  y  est  garaiily  du  soleil  couchant  par  les  maisons  de  la  rue  de  lUchelieu. 
AiiisN,    il    h')    a    piiiiil    iriiicuiixi'iiieiil    à    iiicllir    loiiles    les  allées    de   ee  jardin    en 


l.e  (lue  d'Orléans  se  rendit  ù  ces  bonnes  raisons,  et,  pour  faire  ;ni  jardin  les 
leinaniinienls  deinanilés,  il  s'adressa  à  Desgots',  «architecte  du  mi,  aiu  ieii 
conlnMeur  ;,'énéral  des  Bàlimeiils  et  neveu  de  l'illustre  AI.  le  Nuire,»  dont 
les  talents  pour  ce  genre  de  travaux  étaient  alors  grandement  appréciés.  Le 
prince  lui  demanda  de  faiic  un  jaidiii  ((fort  ouv.crl»',  sans  l)osquols  de  iliar- 
niilles.  ni  boulingrins,  ni  palissades,  car  linil  cela  ainait  t'l('  trop  pinpicc  aux 
lète-ii-tcte  galants.  Desgots  composa  donc  un  grand  parterre  de  gazon,  sans 
plates-bandes,  entouré  seulement  d'ormes  eu  houles,  avec  un  bassin  beaucoup 
moins  grand  que  i  (lui  (|iii  exislail  aupaia\aiil  cl  ne  incsiuant  plus  (|ue 
seize  loisrs  de  diaiiièlre.  l'uiir  ^eivir  de  fond  à  ce  bassin,  il  disposa  une  denii- 
bine  de  treillage  ;i  jiaiilein  d  appui.  |iiisentaîil  plusieurs  angles  où  il  loga  les 
statues  cl  les  Ihciiiies  de  Henri  Leiîunbeit  el  C!<j>se\ox  ([ue  Louis  \l\  a\.iil  jadis 
fait  transporter  de  Nersailli-s.  Derrière  cette  demi-lune,  venait  un  ipiincunce  do 
tilleuls,   a\ec  des  espaces   s\métriipieineiil   ménagés  pour  recevoir  des  «bancs 

«le  commodité»''.  ailMpiels  le  publie  lit  le  iiieilleiil'  accueil.  'l'iMll  au  loild,  il 
é'le\a  un  grand  pmtiipiede  lieillage.  d'iiiii'  l.ir;:eiir  de  six  luises  el  assez  liaul, 
decDié'  de  liiiis  ligures  pl.ici'cs  d.ins  des  niclirs  et  (|iii,  ail  dire  des  iniileiii 
porains,  ('•taient  «1  une  »  Ir.'s  liriji-  eMciilidii  .  '.  Ijijiii.  pour  duimer  au  jardin 
un  aspect   rt-guliei   t  t    pnn  imi    ii    l.i    vue   un   lableaii  agK'alile,    Desgots   masqua 

I.  O  fut  l'KnIriiK'iil  lin  junliiiin  du  mi,  du  i i  dr  iM-^jols    |)ciil-rlir  un  iiiciil  de  rriiii-ii.  i|Ui' 

\r  ranliiiul  llirlirlli'ii  utnil  iliiirKi''  di'  rrlolilkviiiviil  du  jardin.  Niiir  plus  liaiil,  p.  ;<(>. 

I.  Kl  non  pu!i  ..  forl  ruiiirrl  ■■,  rniniin-  li- dil  Kd.  hnurnifr  daiM  mi  inoiin^Tiipliii' du  l'nlni^Koyal, 
p.  3i. 

3.  Mrrrnrr  ilr  l'rnncr,  jaioiiT   >-^■J.   l.rllii-  «iir  In  rmlieUimi-mi-nlt  tUi  Jnrilin  tlii  /'(j/<ii«   /^.v'l/. 

4.  IbiJ. 


kl    115     B  O  T  »  I 


MBUAILLKS     ET     JETO>S     DE     LA      FAMILLK     UORLKAM* 


Ëllubcib   CbMloitc,  Ju^bcuc  d'Orli.in,  nétc  du  Rigcnt.  -  3.  Le  Ri|ciil.  -  j    Lom»,  Juc  J'OiliiDi.  u>ii  lil».  ■ 
pciutrc  tlu  Kigcut.  —  {  et  <  .   Jctout  Je  L«  Jucbcsfec  li'OrUau»,  fcminc  du  Rct;cut. 


I.E     MOINE     DE    SAINTE-r.ENEVIKVE   :     LOUIS     I)'onLÉA>S 


3 ',5 


les  maisons  pai-  un  livilla-r  .■onli,,,,.  .I„nc  .li/aiuc  dv  pic.ls  ,\v  haul.Mi. .  ,,nil  lil 
ré-ner  sur  lout  le  pourlour.  Kntie  les  allées,  on  sema  .les  parterres  de  -azoïi, 
et  c'est  pour  les  arroser  (lu'on  inau-ura  l'emploi  ,|,.  la  lan.v  ,|.,nt  usent  eoin- 
munémenl   depuis   tous   les  jardiniers,   mais  .pii    pan.l    al,..>   dunr    nouveauté 


LL    JAHIIIX    Dl,    PALAIS     HOVAL    Al'UliS    LE»   CllANGEMIiMS    FAITS    E> 


l'Ail  m:  iilc  Lui  i>  ii 


si   ingénieuse   cpic    Hlondel,  dans   son    livre  sur   /'Arr/ii(cc(ii/r  frdnraise,    lui 
consacre  une  copieuse  description '. 

(_;<•  lui  l'aimée  \~'\\  que  le  |)rince  Louis  d'Orléans,  renonçant  au  monde, 
quitta  délinitivement  le  Palais-Rojal,  et  alla  s'installer  au  eouvent  de  Saiiile- 
tiene\iève.  .luscpi'à  ce  moinent,  il  a\ait  espéré  jouer  un  nMe  flans  la  politique, 
s'était  li\r('  aux  iiitrijiues.  tanlAt  sous  les  conseils  de  sa  mère,  tanli'it  sous  sa 
propre  impulsion,  commettant  elia(pie  fois  cpichpie  imj)air  (pii  l'éloij^nail 
davanta<;e  de  Louis  \^  .  lui  dernier  lieu,  il  s"ét;iit  mis  tlu  |)arti  des  '\oailles, 
et  ce  l'ut  le  coup  de  giàcc  au  jieu  d<'  cri'dil  ipii  lui  icsiail.  Il  \(inliil,  pendant 
l'hiver  de  raiinée  i7'|i,  essayer  encore  une  t'ois  de  sempaici-  de  la  coniiance 
du  roi  par  une  oirensi\e  audacieuse,  (^e  prince  dévot,  ipTon  n'aurai!  \  raimeiit 
pas  cru  si   aU'amé'   de   poinoir   et    dliumieurs.  al)oi<la    Louis   \\   el   lui  dit   : 

—  Sire,  je  voudrais  aNoir  (pielquefoi--  des  ii iiiM-rsal iou-<  .iNer  \ohe  Majesté; 
j  aurais  des   choses  sures  el  secrètes  ;i  lui  diii'. 

A   cela,  le   ini    sr  eniileiil;i  de  repuudre.  d'uu  loii   sec  : 

—  iNoii,   Monsieur  ! 


I.   Blonukl.  I.Wrchiieclure  française,  t.  III,  p.  3tl-4o. 

T.    I.    LE    PALAIS-nOlAL. 


Vt:. 


356 


LE      P.\I,AlS-nOli  AL 


L£    HOl    KOLIS    1\ 


\a-  (lue  (rOilcans  eu  ôpruiixii  mu-  iiioiliUcatioii  pi-ul'oiulf,  qiiil  s'applicuia 
à  dissimuler  a\cc  le  plus  grand  soin.  Dès  lors,  son  parti  lui  |)iis.  et  il  alla 
s'enfermer  au  couvent". 

Pour  la  date  exacte  de  son  installation,  comme  poui'  les  détails  de  celle-ci, 
nous  avons  les  papiers  du  trésorier  Palcrne,  aussi  bien  que  l'inventaire  après 
décès  de  1703.  Par  exemple,  on  voit  dans  les  registres  de  dépenses  que, 
pendant  le  mois  d'octobre  17/11.  le  tapissier  Dugy  fournit  127  aulnes  de  toile 
j)einte  pour  faire  im  lit,  rideaux  et  portières  dans 
l'appartement  du  duc  d'Orléans  à  Sainte-Geneviève, 
pour  la  somme  de  (i^a  livres.  Le  même  mois,  l'horloger 
Frizoïi  porte  à  Sainte-Geneviève  «  la  pendule  à  réveil 
de  nionseignein-,  après  l'avoir  nettoyée».  Inutile  de 
parler  d'autres  meubles  ou  accessoires  que  le  prince  lit 
transporter  du  Palais- Royal  dans  sa  nouvelle  demeure, 
Lupielle  était  sans  luxe,  à  la  vérité,  mais  fort  spacieuse, 
occupant  deux  maisons  sur  les  terrains  des  Pères  de 
Sainte-Geneviève  ^  Après  avoir  franchi,  au  rez-de-chaussée,  une  antichambre 
où  l'on  voyait  un  paravent,  quatre  ou  cinq  tableaux  de  piété,  un  christ  en 
i\()ire  scnlpti',  on  laissait,  à  gauche,  la  cuisine,  pour  pénétrer,  à  droite, 
dan>i  la  ilianihrc  du  prince.  Elle  était  dépourvue  de  toute  splendeur,  mais 
ce  n'était  pas  non  pins  la  cellule  dénudée  et  triste  dont  on  a  jiarlé.  L'ameu- 
blement se  conqtosait  d'une  concliette  à  la  polonaise,  recouxeite  dinie  toile 
blanche  pi(piée,  avec  des  pentes  t\r  loilc  de  colon  ii  ileiiis  lilcues  sur  fond 
blanc.  Den\  tabourets  garnis  de  crin  et  recouverts  de  pareille  étoll'e,  huit 
chaises  de  paille,  deux  chaises  canées,  une  petite  table  de  bois  de  chêne 
de  <leux  pieds  de  long,  trois  tablettes  et  encoignures  de  bois  de  noyer 
constituaient  ce  mobilier  rudimentaire.  \m\  nnn-ailles  étaient  accrochés  deux 
•  •slanqies  et  (piarante-hnit  petits  tableaux  »  jieints  en  miniature  dans  lein- 
cadi-e  (le  iiiivre  dori-».  Il  est  cuiieiix  de  constater  i<i  (jiie  ce  prince  bonis 
d'()rlean-<.    ^nr   (pii    prsc    l.i    ripnlalion    daNoir   été   un    iconoclaste,    et    à    ([ni 

I  lii<«l()ire  nproi  Ile  d  a\oii-  lirnlt-,  coinnie  iruK'centes,  les  plus  belles  peintures 
réunies    par  son    p.iv   U-   K.'gmt    ,111    l'alais-Hoval.    .'piduvait   li'   |)liis   vif  piaisli' 

II  copier  des  tableaux.  I,c  Cabinet  des  Kslanq)es  de  la  lUbliotliècpie  nationale  ' 
possède  (picKpies  s|)i'ciniens  de  son  savoir-faire  en  ce  genre,  (le  n'est  pas 
brillant.  Il  y  a,  nolainrnent,  nue  lèle  de  ..  l'Ianiande  ;i  sa  leiK'lie».  daijrès 
(Jt-rard    Dovv.    qui    ne    doinie    p.is    une    id.'c    asatitagense    de    son    de-sin.    Les 

I     Mrmiiirrâ  (lu   rii<ir(|iii<i  ■>' \iu.k>v>\.   I.  III.  .'i  juin    i  -  j  i . 

t.   Voir  11-  TrtUtmrnl  du  duc  lioHéan*.  Maïuiscril  »oiis<tv(-  ii  la   ltil>li.illii'i|iii'  ma/iiriin'.  Ilishurr 
de  f'rniiee.  II.  1777,  fullu  171. 

.T    (;..llr.l|..ii  ilco   \iiml4iir'..  I    II.   \.  l\<^. 


Il'    MKiM     i>F    >^m\ti:-<;knkvii-.m-  :    i.oiis 


.Vit 


le    llilMc   (Jaiitlii.T  et 
iic  ciicdtiihrc'  (lal.ini- 


(|il<'U'.'lMlc-lMiil  lal)l('aMliii>  ilmil  le  |ii'ijiri-  >'('iili>iira  ilaus  sa  t'Iiaiiiliir  .à  roiiclici' 
ii'a\ai('iil  pas  (raiilrc  (Icsliiialidii.  ainsi  (|iic  le  (lue  |c  >ti|iii|,'i  lu'lli'iiiciil  <laiis 
son  teslament,  «  li's  aNanl  l'ail  xciiir,  »  dit-il,  «pour  les  copier  et  non  pour 
les  l'aire  sorvir  à  rorueuient  de  rua  maison '.»  Tout  à  rôle  de  eelle  pièce, 
étaient  les  clianihres  de  ses  deux  \alels  de  (  liandin 
(îcrinain.  Puis  venaient  le  cahinel  du  piinci',  le  lalior. 
hics.  de  flacons,  de  tubes,  de  vases  de  veiic 
(le  loiiles  rmiues,  de  bocaiiv  i-aii^('s  dans  des 
armoires,  de  minerais  en  «irand  nond)re,  dai- 
gcnt,  de  cuivre,  dt-tain,  etc.  La  hibliotliècpie  se 
trouvait  an  premier  tMa::»'  el  ()cen|)ail  un  très 
vaste  espace,  avec  le  médaillier  placé  entre  les 
fenêtres,  f,'arni  d'ornemenls  de  enivre,  compre- 
naid  les  pierres  gravées  idn  numéro  ■->.\n)  à 
2^70),  etc.  Les  livres  étaient  au  nondjre  de  plu- 
sieurs milliers  et  comprenaient  aussi  des  collec- 
tions d'estampes.  Tout  cela,  lé;;u(''  aux  Pères  de 
Sainte-Geneviève,  devint  la  propii(''l(''  de  ceux-ci. 

Il  )  eut  pourtant  un  ((imprnniis  an  sujet  des  estampes.  An  momeni  de 
riuNentaire,  les  héritiers  du  dm-  (l'(  )rl(''ans  re\en(li(pièrenl  ces  estampes,  el 
la  note  rédigée  à  cet  eirel  par  le  chancelier,  qui  était  îi  celle  époque  M.  de 
Silhouette,  fut  consignée  au  procès-verbal  et  approuvée  par  les  religieux.  On 
en  ramena  la  collection  au  Palais-Royal;  elle  formait  une  centaine  de  volumes, 
dessins,  gravures,  etc.  Quant  aux  pierres  gravées  cjue  le  duc  avait  achetées  à 
Crozal  72,000  livres,  son  fils  les  reprit  en  les  payant  une  somme  beaucoup 
plus  élevée,  sur  restimatiou  de  Mariette. 

FI  est  impossible  de  ne  pas  toucher  ici  à  la  i'amense  (pit>slion  des  tableaux 
de  la  ^aleiie  de  son  |)ère,  (pie  le  due  Louis  d'Orli'ans  es!  accusé  d'avoir 
dt'lrnits  par  excès  de  sentiment  religieux  et  pour  piolesler  euntre  rind(' 
cenee  des  sujets  ivpn'seutc's.  Là  encore,  il  semble  bien  (pie  la  h'i^ende  se  soi! 
ddinii'  nii  [ii'ii  Irnp  racilemeril  cairière.  Lu  ellèl.  ce  lui  une  <ipinion  pres(pie 
g(''n(''rale.  an  win  siî-cle,  ([ue  le  lils  du  lU'genI  avait  ex(''cnlt'',  an  Palais- 
HoNal,  un  Mrilaliii'  aniodaie  des  jilns  belles  peintures  des  maîtres  italiens. 
Sa  l'nrenr,  di'-ait-on,  s'i'tail  priniipalemenl  .assouvie  sur  celles  (pii.  niVranl 
aux  Ncux  le  spectacle  de  nudilc-s,  exaspc'iaienl  sa  jolie  de  chasteté.  Ou  ne 
parlait  pas  moins  d'une  (piarautaine  de  chers-(r(eu\i'e  mis  ainsi  eu  pièces  el 
bri'des.  Les  recils  de  cet  étrange  acte  de  (h'-menee  resièreni  \agnes:  piiiulanl 
ils  eircnlaieiit  sous  le  manleau,  prenaient  ci'(''ance.  La  Prijacr  de  l'iinvrage 
I,   Manuscrit  Av  la  Mil)liollii-c|iit'  iiisi/iiridi*.  Il,   2777.  folio   171. 


348  LE     PALAIS-ROYAL 

de  Couché  sur  la  (înlirir  du  Palnis-Roi/al  v  i'ail  allusion.  Le  l)on  ^alout.  (|ui, 
dans  sou  volume  sur  le  Palais-Royal,  s'applique  avec  un  /Me  df  couilisau 
à  ne  ilire  ipie  des  choses  afi^réables  pour  la  uiémoire  des  piiiiees  doiil  II  sCst 
fait  riiisloiiof,'raphe,  se  uioutre  pouilaul  caléj-orique  sur  ee  |)i.inl.  Il  eiiit 
roriuclleuieut   ceci  : 

La  rit,'ucur  de  ses  principes  porta  ce  prince  à  fiiire  brûler  sous  ses  yeux  quarante 
tableaux  des   plus  jjramis  niaîtres   de    IKeolc   italienne  (pii    faisaient   partie  de  la 
collcclidri  (lu   Palais- Hovul '. 


\;iliinl    .ijiiiilc.    a\ee    une    pn'eisiiiri    tuui    inuins 
exliaordinaire  : 

I  t  11    ^MicDii    d'apparlonienl    s;nnn    Ai-   <•('    i)in]ique 

/  aul(.    da-f.'    hi    Lnl<i.    de    l'aid     \  ,'r.Hii->c.    l'I     la     1  ,7,//.v. 

de    r\il)une.    Les    quarante    tableaux    biùlés    par    h  s 

()i'ilrf>  de  Louis,  duc  d'Orléans,   venaient    du    (  aliiiid 

de  la    l'ciiic  ( '.Inisline. 


l  II  dociiiiienl,  piiblii-  eu  iSS'j.  dans  le  lliillctiii 
de  la  Sorii'/t-  i/c  l'Iltstoirc  dr  l'aiis\  s'ajoute  nieoic  à  eciix  (pic  j'iiii  c.mi- 
iiaît  sur  celte  histoire  de  la  dcslniclidn  dr-^  lalticaux.  (  ICnI  mu'  |c||ii>  d'un 
tféoffi'aplii'  du  roi,  iioiiiuk'  Uidxrl.  (pii.  peiidaiil  la  i'u'vdliil  i(  mi.  piciciidil 
a\oir  eu  sa  possession  un  des  laliliaiix  de  la  i^aicric  du  K<''0(.|i|.  les  Ti-ms 
(înhrs,  (lu  Titien,  et  en  pi()|)(isa  l'aiapii^il  ion,  eu  lyqi,  ii  l'aiuliassadeur 
d"\u^deteire  en    Lraiiee.  dall^   !(■-   leniies   vuixaiils: 

...  (l'est  un  des  tableauv  eaiiitaiix  (pii  a|i[iarliiii  rnt  ii  la  reine  (dirivliiie  de  Suède 
et  qui  furent  achelt's  à  Home,  en  \-\^.  |)oiir  M.  le  iliie  d(  irl(' m-.  leLicnl.  I.a  ;:aleiie 
du  l'alais-Hoyal  eu  l'ut  pri\ée,  en  ly-.'.').  par  la  l'éidee  li\  poeiisie  de  son  fils,  iiniiiie 
(le  Sainle-Cieiio  iève,  (pii,  insensible  aux  eliarnies  de  la  belle  naliire.  sans  respeci 
pour  ces  prodiii-tions  iniiiKirlelles  des  ail-;,  lae<'ia  et  (b'-^rada  plii^  ou  luoiiis  ces 
superbes  tableaux  qui   lireiil  la  ^doire  de  l'Italie. 

Deux  des  (piatre  qu'il  attaqua  n'ont  pu  se  rétablir  e|  sont  delriiils;  l'éloienl  la 
/./</'/  et  la  Ihinm'.  du  (:oiiéj:e.  i.e  Iroisièine,  (pii  éloil  17^/.  ilii  m'ine  uiailif.  iloiil 
il   déeliii|iietii    la    lèle   à   eoiips  de   eanif.    resiaiil'é'e   saii'^  doiili'   iiieii    iiiiparlaileiiieiil. 

fut  depuis  vendue  ■.>7, livres  dans  nue  \enle  puliliqiie.  el  elli'  si'   \oil    aujoui'd'bni 

ebe/.  le  roi  de  {'russe  pour  rpii  elle  bit  acdieti'e. 

Le  (piatriènii?  éloit  les  Ti'itis  (Inlcrs.  du  Tilieii.  ipi'il  ereva  d'un  eoiip  de  pied 
el  (|u'il  ndéf^uu  avec  les  autres  dans  un  >;renier. 

(l'est  re  dernier  ipii  est  xenii  en  nui  possession.  Les  (Iràees.  eoninie  \ons  le 
savez,    sont   nues;    celles    ci    le    sont    donc    cnlièie ul.   el    eepeiid.iiil   le   tableau  est 

I.  J.  WloVT,  Si>m>enir$  liitloriiiiin  ilrt  rrtiiieiieet  ruynlfi  :  If  l'uliiis-Huyiil,  iiS;W,  i  vol.  iii-M".  p.  i4i- 
■t.  T.    XIV,   |i.    fj(>.  —  lllblii>lli<'-(|iii'   ■latiiiiinli.'.   Miiiiiisci'iU  ^rllllV'li^<,   iimivcllc  ari|iilsili()ii.    i3(i7, 
folio*  lit -141. 


)K    sviMi:-c;rM  \  ii  \  i 


r,o 


ï>ar  A.  Koiïuuvt 


l.\    Ml.lK.i:    Il    1 
(Tablciu    Je    la    Galci 


du    PaUis- Royal) 


(léceril.   L'iiinoconcc,  la  caiiclnir,   h\  liniidili'   >niil    le  M<i\r  .loiil   li' ;,M'iiio  «lu  |i.-iiilio 
les  a  coincrlcs  cl  avec 'lf(|iicl  il  liiii    ImII   |)anl()iiii(i-  leur  iiinlili'. 

Le  tableau  a  six  pieds  lic  liaiil  il  i|ii.iliv  et  demi  de  lar^re.  Il  es!  deux  des  fif^nircs 
dont  les  pieds  sont  refails.  diijinoins  en  partie.  Mais,  tel  (piil  est,  ce  tahleau  est  fait 
pour  orner  le  palais  des  rois.   Sans  doute,   il  nesl  rien  d'aussi  beau  dans  celui  de 


35o  '^    l'Ai.  VIS- no  Y  M. 

Soinl-James,  el  c'est  un  des  plus  précieux  de  I  lùirojif,  en  même  lemps  iin'il  en  est 
un  des  plus  céli-bres. 

S'il  rsl  vrai,  comme  je  lenlenils  dire.  Monsienr,  (jue  c'est  le  roi  d'Ant^lelcrre 
qui  a  acquis  la  collcclion  du  Palais-Royal,  c'est  un  e\cellenl  cl  très  agréable 
service  que  vous  lui  amez  rendu  d'y  faire  rentrer  ce  lahleau  fini  en  lit  la  f,'loire 
cl  rornement. 

Je    suis,   avec    considération.    Monsieur,    votre    trè.s    liumhic   et    très    obéissant 

serviteur. 

IlouF.itr. 

Géographe  onliiiairo  du  Hi)i,  de  ^Ill^litlll  ilc  l'nloiriic. 
incMilnc  ili'  rVcadéinic  royale  de  Hcrliii. 

.\  Paris,  II-  !.■>  février  1701,  nip  pt  riil-do-sac  Saint -Doruiiiiquc.  prés  le 
l.u\iMiil)oiir!;.  n"  0.  On  me  Iroinc  le  malin  jusqu'à  onze  heures,  el 
l'après-midi  jusiiu'à  trois  lieures. 

Il  faut  reni;u(|inM-  a\ec  (|uclli'  liahiicli'  loulc  profossioniicllo  le  f^co<^raphe 
l\()licil  a  rédigé  celte  Icllre  poiii  arri\cr  ;i  MMuifc  aii\  ineilleurcs  conditions 
le  tableau  (jn'il  possédait.  Mais  ce  cpii  paraîtra  plus  cvlraordinairc,  cCsl  (pie 
jamais  celle  peinture  ne  lit  paitic  de  la  collection  du  Palais- l\ii\al.  (pie  ni 
dans  V/fntfttin/f  du  llcgenl,  en  17)0,  ni  dans  le  liés  coniplel  catalogue  de 
Dubois  de  Saint-tîolais,  ni  dans  les  ln\eidair(>s  après  décès  de  i-.")a  el  do 
17S5  (pie  j'ai  consultés,  il  n'en  est  l'ail  nienlion.  (l'était  donc,  de  la  jiart 
de  cet  liabile  géograplie  Knlieil.  inie  iii\eiilion  on  penl-èlre  siinplenienl  une 
illusion  loiile  gratuite.  A-l-il  \eiiilu  smi  lalili'aii!'  (l'est  (railleurs  possible,  et 
peiit-èire  celui-ci  r.iit-il,  à  riienre  acinelle,  ronieinent  de  (piebpie  C(''l('bi'e 
galerie,  a\ee  celle  nienlion  :  »l'i'o\ieiit  de  ranciennc  (dlleclicin  du  l'alais- 
Itoyal.  >i    II    s    en    ,1    tant    dans   ce   cas! 

Mis  en  deliance  |>ar  celle  preini(''re  conslalal ion,  \(''ririei'oiis-iious  les  allir- 
iii.iti(uis  de  \  .iloiil  (b'elaranl  ipie  le  (bic  d"(  bb'aiis  di'linisil  (piaianie  laldeiuix, 
ni  pbi->  ni  nmins,  (pii  provenaient  de  la  colleclidii  de  (iliristine  de  Suèij..' 
(ielle  fable  n(>  n'-sisle  pas  une  niiniile  à  rev.iinen.  l'.lle  ne  sappnic  sur  rien. 
Pour  la  l'i'-diiii-e  à  iK-.inl,  il  snllil  de  ia|)peler  (pie  la  li-li"  compb'le  (!e>  l:il)leau\ 
(lu  Hi'gonl.  dressi'c  par  Saiiil -(ielais,  priil  élre  eunipan'e  ;i\(c  ecllc  de^  peiii 
liires  (pi'il  \  a\ail  an  Palais  -  Uo\  .il .  en  ly")".  ."1  la  iiioil  du  prince  l.onis 
d'(  bb-aiis,  el  diMil  1.1  niinienclalnre  lui  dressée  dans  riineiil.iire  .iprès  di'cî's 
de  celui-ci.  (  >ii  y  relroine  esacleinent  les  niéme-»  oeuvres,  (lonnin'  UDiiilire.  il 
y  a  iiièine  nue  pelilc  dil1'('ii'nce  en  l'axeiir  du  seciuid.  Le  cat.di  i^^iic  (il'  DnJKiis 
de  Saint -(ielais,  drosi-  en  i;».!,  cniisl.ilr  h  pié-,rrice  de  '|li,l  l,dile,ni\;  celiii 
de   riineribiire  de    ijôa  en    unie    'iSi. 

De  huiles  les  nccn.siilinns  de  s.ind.ilisnie  porli'es  ciMiIre  I..  lui-  d't  )i  le.ins.  je 
ne   \((is,  piuir  ma    p.'irl,  (pi'im  lé'iiiKign.igf  .ly.nil    1111   scioMmiI    de  x.deiir  :   c'est 


I.K   Moine   di:   s\iMi;-(ii:>Evii:\  r,  :    r.oi  is    ndiuKVNs  .S5i 

ralliiinalidii  cniilfinie  dans  \c  ralal();:iii'  de  \fiilc  des  tahli-aiix  de  Clliarlcs 
Coypt'I,  en  175.*?:  il  y  est  dit  (|iir  le  |iriiicc  aiiiail  iMidoiiima^'-i'  deux  Corrège, 
VIu  et  la  Lrila.  Il  ne  s"agil  plus  iiiainleiiant  d'aulodalV'  ni  de  la  desliuclioii 
de  quaranlc  tableaux  eu  blor,  mais  de  la  niuiilalioii  de  deux  toiles,  \oici 
couHueut  s'expriuie  le  catalogue  pour  le   tableau  dVn  .• 

Dans  un  premier  mouvement,  le  duc  d'Orléans  supprima  la  tète  d'Io.  Il  en 
demeura  là  et  fit  cadeau  du  tableau  ainsi  dégradé  à  feu  M.  Coypel,  son  premier 
peintre.  Mais  Coypel  répara  la  tète,  lui  chercha  une  autre  tournure  et  un  autre 
caractère.  Il  a  achevé  de  faire  disparoîtrc  cette  tète. 

L'o'uvro,  ainsi  mutilée,  fut  vendue,  en  175,'^,  le  prix  de  .5, 203  livres  ',  |)uis 
cédée  au  roi  de  Prusse  pour  le  i)a!ais  de  Sans-Souci.  Elle  avait  été  estimée 
(i.ooo  li\n's  dans  le  catalogue  de  rin\eidaiie  du  i\('gent.  Quant  an  talilcan 
de   Lt'dd.    il   fut    divisé   en   trois   parties,   d'après   le  catalogue  de  Coypel  : 

La  première,  de  trois  pieds  en  quarré,  renferme  la  Léda.  La  lète  de  femme, 
reformée  en  partie  par  M.  Coypel,  et  le  Cygne,  qui  ne  présente  plus  rien  que  de 
fort  innocent.  Les  deux  autres  tableaux,  de  '1  pieds  10  pouces  de  haut  sur  2  pieds 
de  large,  n'ont  pas  été  touchés.  Dans  le  premier,  sont  des  amours  assis  dans  un 
boccage.  Dans  le  deuxième,  sont  les  compagnes  de  Léda. 

La  Léda,  divisée  ainsi  en  trois  parties,  fut  vendue  par  les  héritiers  de 
Coypel  i6,o5o  livres,  cl  acquise  ensuite  également  pour  Sans-Souci.  Cette 
toile  avait  été  estimée  a8,ooo  livres  à  la  mort  du  Hégent  ;  c'est  un  des  plus 
hauts  prix  auxquels  ait  été  prisé  un  des  tableaux  de  la  collection  du  Palais- 
Royal  à  celte  époque. 

Tel  est  le  bilan  du  l'o/nln/isnic  imputable  à  Louis  d'Orléans.  On  voit  (|n'il 
y  a  loin  de  la  réalité  aux  récits  fantaisistes  mis  en  circulation.  La  tète  du  tableau 
(VIo  lacérée  et  la  composition  de  Léda  donnée  à  Coypel,  qui  la  divisa  en  trois 
parties,  voilà,  en  somme,  à  quoi  se  bornerait  l'iconoclaslie  du  dévot  prince 
d'Orléans!  Il  faut  ajouter  que,  même  réduite  à  ces  proportions,  l'affaire  des 
tableaux  n'est  pas  encore  tout  à  fait  certaine,  car  la  collection  des  peintures 
du  Palais-Royal  ne  fut  j)as  sans  subir  des  péripéties,  encore  ignorées,  dans  les 
somptueuses  galeries  où  elles  furent  disposées  de  1720  à  i7!)o.  L'étude  des 
Itnentaires  prouve  que,  dans  les  déplacements  qu'ils  durent  subir,  en  dilTé- 
rentes  circonstances  ou  par  suite  d'accidents  non  révélés,  plusieurs  des  chefs- 
d  fpuvre  réunis  par  le  Régent  tombèreid  à  de  singulières  dépréciations.  .Fe  ne 
parle  pas  de  la  Danaé,  du  Corrège,  (pii,  bien  loin  d'avoir  ('li-  dt-lruilc  comme 
il  c^l  (lit  dan-^  le  duciinicnl  iil(''  jiliis  hanl ,  lui  |iiis(''(' la  sonnnc  de  ,'>().i  k  m  li\  res 
en   17^,"),  alors  (pi'(>n   17^/1  son  prix  d'estimation  n'axait  ('tt' (pie  de  2'i, 000  lixres. 

1.   Kl   iinii   \n\*  a7.i«m  li\ri's,  (  (iiiiiiii'  Ir  dil   le  gùo^iraplic    Uobeil  dans  lu  li'Itic  l'itéf  plus  liaiil. 


35a  I-E     PALAIS-  ROYAL 

Mais  11'  Mulit.  dn  mrmo  iiiaîtro.  coli-  i.aoo  Hmcs  ou  i7a^.  no  lôlail  plus  que 
aoo  livros  ou  i-r>;<:  VEscltn-one.  du  1  itiou.  priséo  i '1,000  livres  on  ly.'n?,  n'est 
plus  roléo  que  V-ï  livres  en  1780  rouune  «très  abîmée o:  \' Enfance  de  Jupiter, 
de  Jules  llouiaiu,  estimée  :?.'ioo  livros  en  J75'»,,  tond)e  à  800  livres  en  1785; 
W'^Ouatre  Ai^e^.  du  Nalontin.  marqué  pour  8,000  livres  en  173'!,  ne  l'est  plus 
(lue  pour  '|iJO  li\ros  ou  17S.").  Ou  pouriail  nudtiplior  les  o\onq)ios.  Mais  roux-ci 
sutlisent  pour  la  démonsiration  (ju'il  s'a^nssaif  de  faire  ici. 

La  \éril('' osl  ipii'  ir  duc  l.nuis  d")  )rl(''ans.  maiirré  sa  l'olio,  si'  lil  sciiqiidc  <lc 
luuclioi"  à  rien  île  ce  qui  do\ail  ri'\onii'  à  sou  Mis  dans  l'IuM'ita^e  dos  l)iori<  Ai.'  la 
ramillo.  Il  laissa  au  l'alais-llovai  ridu  soidomoiil  les  colloclions  d'ohjols  d  ail. 
Ii'-i  uii'ul(l(«..  les  lal)loau\,  ii  la  place  (pi'iis  a\;iioui  eue  poiidaul  la  iU'^cnco, 
sans  y  rien  clian;,'oi'.  niai-;  il  110  loucha  pas  uiciuo  ;>  ses  oiijcis  p^'|■sorMlols,  à 
ses  bijoux,  à  s«'S  vètoiuriiU.  (pi  ou  rcli(iu\a.  après  sa  luori,  ou  i7">"^.  lois  (pi'il 
les  avait  laisst'-s  (piaud  il  sélail  relire  à  .'^ainte-(ji'neviève.  Sa  robe  do  cli.indirc 
«le  soie  loup- à  ilours  d'ar-p-nt  ol  une  veste  de  drap  d'orélaioiil  les  M'ids  vosli^^'s 
un  jiou  luvui'uv  do  sa  ;;;ude-robe  princière  rpie,  (h'daiirntMisoinciil.  riuvcnlairo 
e^lima  on  bloc  'jon  li\ros!  Les  coussins  d<iniil('^  de  duxcl.  qui  lui  <or\aicnl 
il  se  metti'o  il  <,'onou\,  et  (pii  élaioul  restés  opars  dan^  les  (li\ors  coins  de  sa 
eliambre,  «'■laiont  les  suprêmes  ri  nimU  témoins  de  la  vie  i\r  doxoiiou  ipiavail 
meiK'o  daii-  le    l'alai>- HumiI    le  lil-  du    Hii^cul. 


1 1  >  r  o  I  H  E   i>  t    p  k  1.  »  I  s  -  Il  (1  ^  *  L 


ANTOINE    COVI'EI-    :     I.  V     MoIlT     l)i;     DIDiiN 
Décoration  de  la   «  Galerie  d'Éiiée  <•   au  Palais-fiuyal 

(Gravure  Je  Duclunge,   1719) 


LE   PETIT -FILS   DL    RÉGENT 


Portrait  du  duc  do  (Chartres,  ipu  devait  devenir  I,(Hiis-Philip|)e  d'Orléans.  —  Son  mariage  avec  la  |>riiins>e  do 
Brmrliiin-(;onti  ;  ses  niallieiirs  ronjugaux.  —  Drillante  période  de  fêtes  au  Palais-Iloyal. —  Le  duc,  ami  des 
arts;  la  duchesse,  sou  portrait,  son  esprit,  sa  mort  prématurée  en  1709,  son  enterrement.  —  Après  la  mort 
fie  Louis  d'Orléans,  en  17.Ï3,  son  tils  enlrepretul  d'agrandir  et  d'r'mix'ilir  le  moiuiinent;  les  architoctos  Cartaud 
et  Contant  d'Ivry.  —  Incendie  de  l'Opéra  en  17(13.  —  Sa  reconslriiclion  par  Morean,  aux  frais  de  la  Ville.  — 
La  nouvelle  façade  du  Palais-Royal  ;  quel  est  son  véritable  auteur? —  Travaux  de  décoration  intérieure  diri(;és 
par  ConUint.  —  Description  des  nouveaux  appartements.  Fête  donnée  au  roi  de  Danemark.  —  Louis -Philippe 
d'Orléans  marié  secrètement  avec  M"'  de  Monlesson.  Nouveau  genre  de  vie;  la  comédie  à  Villers-Collcrcls; 
installation  bourgeoise  rue  de  Provence.  Il  ipiitte  le  Palais-Iloyal  qu'il  laisse,  cinq  ans  avant  sa  mort,  à  son 
fils  le  duc  de  Chartres. 


i.\r)\>T  les  oti/.c  aiiiiées — fie  ly'ii  ;i  i-T)-i  —  que  le  dur 
Louis  d'Orléans  resta  on  peut  dire  à  peu  près  rloitré  à 
Saintc-(ïcneviève,  le  Palais-Kosai,  loin  d'être  une  habita- 
lion  déserte,  une  cour  morose,  reprit,  au  contraire,  une 
piiNsionomie  niomementée.  La  mère  du  duc,  en  dépit  de 
l'âge  et  des  infirmités,  gardait  le  goût  de  la  domination  et 
(Gravure  de  chuuveau)  gouvemait  cctlc  pctite  cour  on  se  servant  plus  cjue  jamais 
des  procédés  rjui  depuis  longtemps  lui  étaient  Camiliers.  Comme  elle  avait  marié 
son  fils,  elle  voulut  marier  son  petit-fils,  c'est-à-dire  en  n'écoutant  {jue  ses 
propres  calculs.  Le  jeune  Louis-Philippe,  duc  de  Chartres,  n'avait  pas,  comme 
son  père,  r.'iine  ulcérée  de  rêves  mystiques;  c'élail  un  hoii  j^ios  gai'f'on,  (pii 
Nciiail  du  ci'il('  de  sa  mère,  la  princesse  de  i^adeii-Kaden,  el  «  éloit  allcinaii(i 
justpi'aii  lioiil  des  oncles  )>,  nous  dil  (r.Vrgeiisoii  ' .  S.tns  iniagiiialioii  ni  ^^oi'it 
I.   Mai'(|uis  u'AïKJENsoN.  Mitimiris.   I.   II.   |i.   '.iSii. 

T.    1.    hE     PALAIS- nOVAL.  45 


354  LE     PALAIS-ROYAL 

d'esprit,  les  bons  mots,  les  pointes,  les  vers,  tout  ce  qui  n'agissait  pas  direc- 
tement sur  les  sens,  ne  le  touchaient  guère.  Mais  il  montrait  déjà  de  la  fermeté, 
du  bon  sens,  la  volonté  d'être  juste  et  droit,  l'amour  des  qualités  extérieures 
qui  sont  nécessaires  aux  princes;  il  était  brave  avec  simplicité.  Sa  grand'mère 
songea  à  lui  donner  pour  femme,  en  i^i'i,  Louise-Henriette  de  Bourbon- 
Conli,  la  fille  du  monde  qui  pouvait  certainement  le  moins  lui  convenir, 
vive,  pétulante,  d'im  esprit  endiablé  et  dont  les  mœurs  furent  hiciitiM  aussi 
légères  que  son  tempéranicnl  ('lait  passionné.  Les  chroniques  scandaleuses  du 
XVMI'  siècle  sont  renqilies  de  tiails  (|ni  la  déj)eignent  sous  les  couleurs  les 
pins  hardies.  Klle  avait  di\-sf|)l  mi^  à  pciiie  (piand  elle  fut  mariée  au  duc  de 
Chartres  qui,  kii,  cii  aval!  (Ii\-liitil.  cl  vciiail  de  l'aiii'  brillamment  ses  |)rc- 
mières  armes  en  i-'IaiKhc.  ;i  la  lialaillc  de  Dflliii^cn,  oîi  il  eut  un  ciicval  lue 
sous  lui.  Consuili'  sur  (■clic  iiiiiuii.  le  inoiiic  de  Saintc-(i(Mic\i('\('  ne  ciai^iiit 
pas  de  «lire  ;i  sa  mère  ton!  le  mal  ([ii  il  en  aii^uiail.  (lest  d"  \i'fj:ciison  cpii 
nous   f;iit   coiiiiaîlic   la    rciioiisc  du    iiriiiic  : 

11  y  a  (luiis  celle  race  des  Coiili,  dit  il.  Ixjue  cl  folie;  hi  jeune  princesse  pounuil 
bien  s'en  ressentir.  Son  père  est  le  dernier  des  lioinnies;  quant  à  madame  sa  mère, 
elle  va  partout,  ainsi  (pie  ses  sœurs,  le  c...  levé  avec  son  M.  d" Ai^niilloii.  Il  faudra 
vivre  .sons  la  tutelle  d'une  telle  belle-mère,  ou  s'y  brouiller'. 

Le  prince  d('"\ot  n'en  (jiiilla  j)as  luoiiis  son  couxciif  pour  assister,  selon  les 
règles  de  l'cUipicItc.  au  iiiaiia^'-c  (|ui  d(uiiia  lieu,  à  Paris  et  à  Versailles,  aux 
plus  brillantes  cérémonies  =. 

Les  pn-visioiis  pessimistes  du  duc  d'Orh'aiis  ii'i'laicnl,  d'ailleurs.  (|uc  tio|) 
foiid('cs.  I);uis  1rs  prciuicis  iiKiiiiciils  du  uiaria<:e.  loiil  ;illa  bien,  cl  l'auiour 
le  plus  ardent  sembla  unir  le  jeune  cou|)lc,  (pii  ne  se  ;;('iiail  point,  paraît- il, 
pour  en  fournir  un  peu  trop  ouvertement  les  preuves  dans  les  diverses  |)ar(ies 
du  l'alais- Koval.  Cliaiuforl  racoiiti  iik'uic,  .'i  ce  pro|)os,  une  aiiccdolc  assez 
pimciit('c  : 

Mudaine  lu  duchesse  d'Orléans,  dit  il.  éloit  fort  éprise  de  son  mari  dans  les 
coinineiHcment»  de  .son  inariaKe,  «I  il  >  avoil  peu  de  réduils  dans  le  Palais- Hoyal 
qui  n'en  eussent  été  témoins.  In  jour,  les  deux  époux  allèrent  faire  une  visite 
ù  la  dnelics.Hc  douairière  <pii  éloit  malade,  l'eiidaiil  la  coiiversalicui.  elle  s'eiulormil. 
el  le  duc  cl  jn  jcuiii;  dueliessc  Irouvèrenl  plaisant  de  se  diverlir  >ui  le  [lied  dn  lil 
de  lit  malade.  Klle  s'en  uperi.til  el  dit  à  sa  belle  tille:  .  M  mui-  <-l,iil  r('MMVc.  M^idiunc. 
de  faire  rougir  du   mariage,  n 

I.   I»'\iii;»:*!i(>fi,   Mrmoirrt,   I.  III,   p.    17N. 

'    t^-»  r«'Ti-miiii|c..  «Mil  iDiiKUPincnl  (liVriles  ildii'^  lin   iiiiiniiMiil   iiiéilil   coiisci  \c  à  lu   |til>li<>llii'(|iii' 

•    '■'*'■'•    "■   Si-rvicf  lift   inriiiit.   I.c   iiiiiriiiur  eiil    lieu   11    Vcr.Miilli'S.   I.c  soir,   les  jruiirN  e|>i>ii\ 

iirriil  nu  l'.iliil«.llii>ii|,  où  IN  liotivèrnit  ■■  iinr  illiiiiiiii;ilioii  iiingiiill(|iu-  dnns  les  cours  eljardiim 
'•■'  ''■"•'•Ifi'»  ili  ^  mil» H>iiiil  Mif  -■•ur  If  |Hiliii>i  >'. 


I.F     l'KTIT-lII.s     !)»■     ni;(;i-\r  .i;);) 

('elle    siMisiu'Ilo  passion    |)(tiii-    son    iiiati    tir    iliiia    pa-.    Idii^.'-lcirips.    (!cliii-ti 

a\aiil    (lu.   a   (li\cisc<    reprises,   de    ly'i.')   à    17 '17.    icluiirnei'  à    raniK'c  cl    siiiviv 

la  \ii'  (les  camps,  la  (liiciiosso  ik'  (iliarlics  S(>  consola,  |)aiaît-il,  assez,  aisi'inciil 

(le  ce  veuva-ic  passap:cr  avec  cerlains   liai)itiiés  du   l'alais- Uo\al.  et  la    HIumIi' 

(le    SCS    allures    finit    |iai'    dexenif    rolijel    di^^i    coriNcrsations    pul)ii(pies.     Des 

querelles    violentes   éclataient   entre   les   deux  époux,    qui    se   boudaient,    relu- 

saienl   parfois  de   dîner  ensemble,  constituaient  UK^'Uie  chambre  à  part,  ce  (pii 

l'aisail   gloser,   connue  on    pense,  lont    le   monde    an    l'.dais.    Puis    on   appienail 

mw  le  duc.  (pii  était  emporl('  et  faible  autant   cpie   la   diieliesse  él.iit    spirituelle 

et  ferme.  a\ait  fini  par  céder  et   faire  sa  soumission.  On  en  riait,  et,  dans  ces 

ciiconslances.  le  pau\re  prince  jierdait   clhupie  fois  en   auloril('  ce  (pi'il  li-agnait 

eu  ridicule.  La  gi'aiurmère  du  jeime  duc  ne  [louvait  iidervonir  dans  ces  contlits, 

car  elle  n'était  jilus  là  pour  voir  les  beaux  résidtats  de  ce  mariagfC  qu'elle  avait 

si  obstinément   \o\dii  :  elle  était   moiti^  peu  après  sa  conclusion.  On  fit  sur  elle 

cette  épilaplie  : 

(^i-git  la  iik'tc  d'un  onfiint 
Qui  croit  duninc  Monsieur  son  père 
Pour  avoir  fait  ce  qu'on  prétend 
(Jiii'  MiinsiiMii-  sdii  fils  ne  iicut  l'uire'. 

V  partir  de  Ijunu'e  17'iS,  les  sc('nes  de  ménage  deviinciit  si  i'r('(iueutes  et 
si  fâcheuses  que  la  brouille  entre  les  deux  époux  finit  par  être  complète.  Le 
mar(pns  d'Argenson,  cpii  était  au  courant  de  bien  des  petits  .secrets  de  cette 
singulièr'C  \  ie  conjugak',  laisse  maintes  fois  percer,  dans  ses  Mrinoires.  Taga- 
cemenl  (pi'il  vu  éprouvait.  Signalant,  en  novembre  i7.'|8,  une  de  ces  <juerelles, 
il  e\pli(|U(>  comment  les  deux  (''poux  se  laissent  liberté  réciproque  : 

Cliaiiin  ])r(irè(le,  dit-il,  à  ses  |)laisirs  |)arlicidi('i-s  de  son  e('ité.  Le  duc  a  une 
pelilc  niaisdii  dans  les  faubourgs,  et  \oit  des  filles  eu  prenant  certaines  précautions. 
Il  laiil  idineiiir  ipie  ces  (lixoi'ces  si  conuiunis  aujoiu'd'hui  peu  d'années  a|)rès  le 
niaiia)ze  xiciineiit  totijoins  par  la  faille  des  fciMUies '... 

(juehpies  mois  plus  lard,  la  sc'paiation  entre  les  deux  époux  est  encore 
plus  accentu('-e,  et   le   niar(pns  dVrgetison  ('ciit  : 

La  ilMchesse  de  Chuilies  est  déclarée  giosse  de  deux  mois.  M.  le  duc  de  Chaitros 
continue  il  dissiper  ses  biens  et  ne  paye  persoiuie  :  à  la  tète  de  cette  maison  ne  sont 
ipie  des  ^'cns  lin>el  ili  milles  .  |,e  due  de  (lliarires  est  ent(>nr('  de  misérables  godc- 
lincauv  i|ui  le  porteiil  à  Imiles  les  dépenses  (K'  libertinage:  on  le  l'ail  courir  toutes 
les    iiinN   de   iMiiieaiis  (Il   lioiieaiis.   de   petites  luaisdlis  de   eoiiilisaiies,   de    \  iiis  et  de 

I.   (iiiiMM.  Currcspomlance,  l.  I".  p.  aS'i. 
■j.  I)'\h<;knsox,  J/émoires,  l.  V,  p.  ^79. 


;{-,(;  I.E     P  AI,  Al  s- un  Y  M, 

dél)aueho,    |>iiis  la  cliassi'.  les  cmii-scs  à  \  ilIcrsCnlIcicIs  cl   à   daiilii's  caiiipairiiçs; 
il  ne  se  coul-Iic  jamais  (|iu'  le  malin;   il  lioil  peu  el  sccliaiilTo  le  sauf,'. 

La  (liiehesse  a  loujoius  le  même  amant  avec  beaiieoii|)  (laiilres;  elle  s'est  Iichim'c 
grosse;  on  a  engage  son  épou\  à  coin  lir  «cite  d-iivre  de  (|iii'l(iiic  >  iiiiils  axer  elle 
pour  se  eroire  railleur  (riiii  oiivra'.'e  déjà  e<>iii|)lel... 

Le  priiiee  seiiil)lail  preiulio  son  parli  de  la  sitiialioii.  Ses  amis  lui  eonscil- 
laieal  tl'eii  riie.  Il  alleetail  riiulilTéieiice  ou  se  jelanl  dans  l'or^'ie  et  le  désordre. 
Avee  une  adresse  légère,  la  duchesse,  jolie  à  ra\ir,  iiilcllii:cnlc.  aimahle. 
biiniie  pour  tous,  savait  tourner  les  torts  du  coté  do  son  mari  (lu'ellc  trompait, 
dt'Iuurnait  de  lui  la  laveur  du  roi,  do  la  favorite,  et  les  SMiipalliios  des  princes 
(lu  saii^',  à  (pioi  l'aitlait  de  tontes  ses  Ibrces  sa  mère,  la  princessi"  de  (lonli, 
dont  l'idée  li\e  était  l'ahaissomont  do  la  hranclio  d"()iléans.  Axcc  cela,  les  lotos 
se  siicei'daiont  sans  inlerriiption  au  Palais-Hoval.  où  la  pins  frin^jfanto  société 
se  donnait  rcndez-\ons.  On  \  jonail  un  Jeu  d'enfer.  I.a  duchesse  de  (ihartri's 
faisait  les  liomiours  avec  sa  \orvo  aiguisée  el  sou  ri.;int  visage,  (pii  prenait  tous 
les  cu'urs.  (^asanova,  (pTollo  avait  lait  venir,  intéressée  par  rr  (pi'ou  disait  de 
ses  prali(pies  caii.ilis|i(|Mi'<,  raconlc  dans  -ics  Mr/iniiics  la  \i\e  iiiipressioii  cpio 
(ît  sur  lui  cette  st''diiisanto  tomme:  mais  il  avoue  en  même  temps  (jn'il  ^  écouta 
une  sotte  crainte  ».  el  n'osa  pas  di-clarer  sa  |)assion.  Sans  doiilc,  la  duchesse 
aurai!  repcuidn  an  galaiil  a\ciilurier  a\cc  celle  crii(iil(''  de  langage  don!  on 
citait  maints  exemples,  comme  la  saillie  (pTelle  adressa  hrnscpicmciil  ini  jour 
à  l'i-Ncipie  de  Meauv,  tandis  ipie  la  conxersalion  languissait  et  tpie  la  compagnie 
paraissait   s'enmiver  : 

—  Monsieur  ri']\è(pie.  on  disait  ce  matin  ipio  vous  aviez  encore  \olre  pue... 

Le  peintre  Naltier  nous  ;i  laissé-  de  celle  pi(pianlo  ci('aturc  di\ers  poilraits 
(pii  rien  tr,'dii--sent  poiul  l'àuic  \iciense,  mais  nous  mouti'cnl  sa  linc  vilji,  nicl  li- 
il  des  epo(pies  dill't'rentes.  Le  premier  e^l  de  \~'\->.  el  la  re|)r('-M'nlc  coniln-e 
le  long  d'un  ruisseau,  occujx'e  à  tresser  une  ciuniinne  de  lleiirs  :  c'est  la 
cindciir  iiiriiii-  cl  1,1  ;.r,;"|,-,.  I  II  .iiilic  c>|  (je  17'iS;  la  dnclic^sc.  eu  r(il)c  lilanchc. 
est  iionch.'dammciit  ap|in\ee  sur  une  coupole,  et  rèvo...  à  ipiels  amant'<?  Dans 
lin  troisième,  ou  la  \oit  sous  les  traits  d'Iléhé',  assise  sur  des  nuages,  leiiani 
une  ciiiipc  d  mil'  main  cl  une  aii.Miicrc  de  r.iiilrc;  c"e>.|  |c  pln^  ca|ili\aiil  cl  le 
plus  \riii  sans  doute.  1  n  ipialrième,  toujours  t\v  Nallici  .  cl  (pii  c-l  c;^alcmcMl 
au  miiHi'-e  de  Nersaillcs,  comme  les  pn'cé'deiil-.  c-l  du  lcm|i-  (u'i  la  dnchc-s,. 
porliiil  encore  ii  sou  J..1I  hras  l.lam  d.'-  hraccids  ,,iii,'^  du  porliall  du  dm-. 
Hon  époux.  Sous  ces  ipialii'  aspects,  die  mhiI.Ic  exprimer  le-  plia-cs  de  son 
cii'iir  cl  (le  sa  savoinense   heaiilé-. 

De  t<>iii|is  à  jiutic.  le  du.-  el  la  dnclic-se  de  Chartres  eimncnaicnl  du 
Palais    Ho\;i|.    en    grand    é'<pii|)a;.r,.,    |,.,,,s    jnxiles.    et    se   i-eiidaicnl    an   iliàl<au 


U  1  s  - 


iai<lt(>i(W«>)Wi)iii!ii.    Il .    Il  Un  iiimi 


£PHlUPPi. 


>/.' 


1  ne  I- j'iiM  iP'i'i;  i>i>ia.i  >>-.,  j'i  m    m:  I'iiiliI'pl'-kcai.itI': 
(Gravure   de   Le   Beau,    177Î,   d'apris   le  portrait  peint  par    l)c  TOmtç) 


358  "-E      PAI.AIS-ROYAL 

de  Saiiit-Clouil.  oîi   ih  ;itliraioiit  loiif   Paris  dans  des   fêtes   nicr\eilleuscs.   Le 
iiiari|iiis   ilArjLri'iisoii  écrit  à  ce  propos  : 

M.  le  iluc  de  Chartres  passe  des  trois  et  quatre  nuits  sans  se  coucher,  étant 
toujours  en  niouvenienl...  Il  traite  aussi  mal  sa  santé  que  ses  alVaires". 

Le  prévoyant  niarcpiis  calculait  surtout  ce  que  coùlaicnl  de  pareilles  lolii-s, 
et  il  se  nioidniit  eirra>é  pour  l'avenir.  Il  écrivait,  ;i  la  date  du  mois  de 
mars    i7">i  : 

M.  et  M"  la  duchesse  de  Chartres  font  un  voyage  à  Saint-Cloud  avec  plus  de 
soixante  personnes  nommées  de  ce  voyage.  Chaque  jour  est  marqué  par  des  fêtes 
avec  des  dépenses  ell'royahles  et  magnifiques  qui  vont  les  ahîmer  dans  les  dettes. 
Si  Monseigneur  le  ilnc  de  Chartres  vit  aussi  longtemps  que  son  âge  le  promet, 
leur  maison  ne  sera  plus  payée». 

I.i-  |irince  ne  se  cniilciilail  pas  de  prodiguer  rar'^riil  dans  les  fêtes. 
Dès  cette  année  i7r)o.  c'esl-.'i-dire  (leiiv  ans  a\ant  que  son  père  ne  mourût 
à  Sainte-tJene\iève,  il  asait  pr(ijel(''  <lc  rajeunir  laspecl  du  Palais-Hoyal,  de 
refaii'e  les  apparleincnls  et  de  reconshnire  prcs(pie  complètcnictil  laile  droite. 
d'est  encore  il'Argenson  (pii  nous  iintie  ii  ce  |)lan,  en  nous  l'aisanl  sa\(iii'  cpic 
c'est   par  l'Opt'ra  que  les  travaux  allaient  connnencer  : 

I, "Opéra,  (lit  il.  \a  riir  icii.'ili,  mais  dans  le  méuH'  lieu,  M.  le  duc  de  Cliarlres 
>'\  iJiiMMaiit  (le  grands  umus  eincMls  pour  le  garder  dans  sdii  palais  et  pour  jiiuir 
d'un  si  grand  agii'mi'nl  cl  ((iinniodili'.  Pour  ici  cll'cl,  on  a  acheté  les  maisons 
d'autiiui'  ilu  l'iil  lie  >ac:  l'on  prend  une  pclile  cour  du  l'alais  lt(>\al.  on  l'ail  ini 
cintre  et  de>  arcades,  et  autre  choix  dont  on  verra  le  devis  et  plan  incessannnenl. 
Pendant  l'exécution,  on  prêtera  pour  l'Opéra  la  salle  des  machines  des  Tuileries-*. 

I.e  nianpiis  d' \  i  gcnsuii,  ipii,  ;i  celte  (■p(i(|ne.  n"(''t;iil  plus  cliaucclier  de  l;i 
ni.ii-oM  d't  Irli'an^  et  a\,iit  passi''  l:i  ih.iiii  ;i  Silli<iiiclle,  ne  se  trouvait  pas  exac- 
leun-nt  renseigné  sur  ce  (piHn  pi-ojelail  de  l'aire,  l  n  arivt  du  (ionseil  du  Uoi 
du  y."i  .nril  ly'iç)  aNail  cli.ugé  la  \  ille  de  Paris  de  r.idiuiiiistration  de  TOpéra. 
Il  N  av.iil  donc  iiili''ivl  pour  les  d'I  >rli''an>.,  ipil  tenaient  il  g.niler  cet  .ittiail 
dans  leur  Pal.iis-ho>al,  ii  premlie  l'inili;di\e  di'  cerl.iiiies  .lUK'lioi'atioiis.  Il  ne 
s'agiss.nl  pas  de  re<dnslruire  de  ImikI  en  londije  le  llieàlie.  ni.iis  de  lui  doiuicr 
une  façade  cpii  lui  in;uM|u.iil,  l'I  surtout  de  créei'  |ionr  le  |inli!ic  des  di'gage- 
merits  dans  l'élioil  (•ul-de-sa<-  par  oii  s'ell'ectuaieni  l'entrée  et  la  sortie  des 
speclaleins.  Poin-  cela,  le  duc  de  C.li.irlres  lit  aciieter  dès  le  -t  seplendin'  17 'in 
une   maison   .ipp.ii'lenanl   ii    l'ahlii'  de   f'r.nicière  et    i|iii.  (  .  .nipo^-c'c  liedeiix   ailes 

I.  Mari|iii<  ii'\iii.KN<ioN,  Mêmuires,  i.  VI,  p.  lûS. 

>.   Ibiil  .  I.  VI.  p.  ^^f,. 

.T    Mnripilt  ■•' \iii,i.>mi>,  Mrmuirrt,  I.  VI,  p.  19-. 


LE     PETIT-IMLS    DU     RKGENT  359 

(le  liàliiiRMits  veMiiioulus,  iL'iiiiail  le  ciil-di'-saf  cl  luiicliail  de  l'auli'e  cùlé  au\ 
cuisines  du  Palais-Koyal.  La  vieille  bâtisse  lui  payée  10,000  livres  romptanl, 
plus  5,000  livres  de  rentes.  Une  partie  fut  jetée  bas,  et  on  put  prendre  de 
l'espace  pour  agrandir  les  roulisses,  donner  plus  daisancc  au  service  de  la 
machinerie,  (iiii  imiiail  de  riniporlance.  D'autre  part,  la  \  ille  de  Paris  acheta 
également,  le  iTi  juillil  lyTio.  les  maisons  faisant  l'encoignure  du  cul-dc-sac 
et  de  la  rue  Saint -llonori'-  :  lune  apparlenait  à  un  ccrlain  ( 'adeau  de  Mon- 
gazon  cl  fui  pauv  'i'i.uch)  lixics:  dciix  anhc^.  (('(h'cs  jiar  .Iran  Durand, 
inspecteur  di's  \iiis  de  la  xiiic.  ne  coùlèrciil  pas  moins  de  ,")■>, ooo  li\rcs. 
L'acte  de  \eide  stipulait  (|ue  celait  pour  u  piocurer  par  la  l'oiniatiuii  d'ime 
place  au-devant  des  portes  du  s[)ectacle  de  !"(  (piTa  un  al)(ii(l  (|ui  man(|ue 
entièrement  à  la  commodité  du  public»'. 

Quant  ;i  la  salle  même  de  l'Opéra,  on  se  borna  îi  ce  momcni  ii  un  nettoyage 
complet  et  à  cpielques  end)ellissements  df)nt  elle  avait  grand  besoin.  On  décora 
les  balcons  des  premières  loges  de  bas-reliefs  en  stuc  doré  représentant  des 
trophées  de  musique,  et  les  balcons  des  secondes  loges  de  guirlandes  de  fleurs 
maintenues  par  des  consoles.  Le  plafond  de  la  salle  fut  repeint;  il  figurait 
une  terrasse  îi  balustrcs  et  des  altiques  avec  des  vases  à  lleurs,  le  tout  coupé 
(Ir  douze  panneaux  de  l'elief  en  stuc  s'enlevant  siu'  un  fond  de  ciel.  A  lavant- 
scèue,  le  plafond,  exécuté  par  Trend)lin,  représentait  une  suite  de  galeries  de 
marbres  à  arceaux,  et  dans  chaque  arceau  était  une  peinture  en  camaïeu  sur 
fond  d'or,  dont  les  sujets  étaient  Apollon  sur  son  char,  Diane,  l  Aurore,  etc. 
La  salle  apparaissait  en  ton  vert  d'eau,  sur  lequel  s'enlevaient  harmonieuse- 
ment les  ornements  d'or  en  stuc  et  les  imitations  de  marbre  des  pilastres  et 
colonnes'.  En  résumé,  l'aspect  était  aimable  cl  gai.  Mais  cette  transformation 
de  l'Opéra,  mis  ainsi  au  goùl  du  jour,  devait  être  bien  éphémère,  et  le  ter- 
rible incendie  de  lyd.'?,  en  dévorant  le  théâtre,  allait  se  charger  d'imposer  des 
changements  tout  aulremcnl  (dnii)lcts. 

Le  duc  de  Chartres,  entraîné  tlans  le  tourbillon  de  revistence  brillante 
(|u  il  nicnail  ;i  cette  époque,  dépensait  sans  conq)ler,  et  engageait  même  des 
sommes  considérables  en  amcnageiuenls  liixuciiv  au  l'alais- i\o\ai.  Sa  fcnuue 
désirait  modifier  la  distribution  des  a[)|)ailcmenls,  transporter  le  sien  ilans 
l'aile  droite,  où  elle  voulait  ipTon  édifiât  de  nouveaux  bâtiments,  pour  laisser 
à  son  mari  la  disposition  absolue  du  ciMc  gauche.  Le  |)riMce,  tant  cpie  sou 
père  vécut,  n'osa  se  lancer  que  tinu<lcnienl  dans  di'  [)areilles  constructions. 
Cependant,  une  note  manuscrite,  signi'c  de  lui,  (pie  je  trouve  au  milieu  du 
fatias    de    papiers    conse[\(''s    ;i    la     Hibliothècpie   Carnaxalet,    pinuxc    (jue,   dès 

I.    VrcliivL'S  nationales,  T.  itiô.').  —  Voir  aussi  H  '1.  aHt*.  i-l  l'iaiis,  3'  classo,  Seine,  j'iti. 
a.  Arcliives  de  l'Opéra,  carloii  (i. 


36n  I.i:      I- AI.  AI  s- ROY  AL 

l'jiniiéf   i-Tiu,  il   a\;»il    l'ail  ((iiniiicintT  la  coustriuiiim   do  iiàlinieiils   nrurs  du 
cùté  lie  la  rue  dt-s  lions- l'idanis.   Elk'  osl   dalrc  du    i  juillcl    ly.')).    La  voici: 

Il  fsl  orilniiiié  à  M'  Jean  Joseph  Palerne  de  la  Magdcleine,  trésorier  général 
de  nos  inaisuii.-i  tl  finances,  de  paver  comptant  des  deniers  de  son  exercice  de  la 
présente  année  an  sieur  de  Vigny,  intendant  de  nus  hàtimcnts,  la  somme  de 
3,(iu(i  livres  que  nous  lui  avons  accordée  pour  giallillications  jjour  raisons  des 
mémoires  exlraordinaiics  qu'il  a  réglés  ou  qu'il  aura  à  régler  concernant  la  partie 
lin  liàliment  iitul"  cpii  dmiiu'  sur  la  me  îles  lîons-Knfants  cunslruile  en   i-^o'. 

Mai<.  dr>  que  la  iiioil  de  son  |iî'rc,  à  Saitdc-t  iiMicx  it-Nc,  en  li^  lici'  17.")!?, 
eut  l'ait  passer  sur  la  tète  du  duc  de  Charties  le  titre  de  iluc  (i\)rléans,  et 
dans  ses  mains  riiéritagc  de  la  Maison,  il  coinmciira  avec  une  hàle  Icbrile 
à  n'-aliscr  ses  projets  de  constiiiclion.  Son  noiiM.ni  (  liarKclicr.  Sillioucllc, 
tpii  y  trouvait  son  intérêt,  ne  lit  (pio  rcncoinagor  dans  celte  voie,  et  se 
garda    bien    diiisister   sur    les    dinicultés    linancières    auxquelles   on    risquait 

de  se    lieurler.    Le    niarciuis 

dVigenson,  (jui  n'avait   pas 

^  /     .  jy  \        eu  |iareille  chance  au  temps 

^^)  y  ou   il  exerçait  ses  lonclions. 


signale  non   sans  aigreur 

-^  yjf^^      y.  •    celle    IV)lie    de    dépense   qui 

'^'*<-^      s'esl    ciiqiaicv   .lu   priii.H-,  et 

t'crit  dans  ses  Mtiiu>ircs.  en 


a\ril   \-.v\  : 

^        ^        /p  .    ^/  yt  ^  \i.    le    i\w   (l'Oiléiuis   (MU 

>^     /  /  ^-^  y     //  hiasse  des  projets  de  haliiiieiils 

^      ^^S  v-.^  -^7"^  pour  plus  lie  N  luillimis,  huit 

y^  y  Colterels;    il    incnd    aussi    iiu 

'  >/  grand  goùl    imur  liiigimlcl   cl 

sa  maison  de  eliasse  de  l'.lieln 
l.i   \;iniiiif.    Sillioiiitlf.   Miii    I  haïuelitr,  \o\,iiil  la  passion    de   ce    prince    pour   les 
h.'iliinciils.    l'y   précipite    en    lialiilc    llallcur... 

fhicjipirs   joiii>  apr."-.   je    I ',    juin.!,   d' \rgiiis,,ii  ,.,ii|   cncoïc  : 

M.  Il- iliic  d'Orléans  emprunte  :>  inillioiis  de  icnlc-  \i;i-crcs  pour  les  iiàliiiicnls. 
Il  ri'hàlil  jinxi/ii,-  ,11  inlirr  le  Palais  Hoyal,  et  piu^  il  ixaiicc,  plus  il  augmcnle  les 
denniriN  i-t  en  piéripilc  I  cxéiiiliuii.  Avec  cela,  sou  .  Iiancclici  Sillioiiellc  d<\iciil  Toi  I 
riche  et  uclièle  de  belli-n  k-rres  dans  l'apanage... 

I.  Mniiiitiril  ilr  In  llilili<illiri|ii<-  i:nriiii\iil<l.  aN7i(i|.  linvHc  j.  -  CVM  lanliiliTlr  liiirl.iiul.  «raprè^i 
llloiulcl,  i|ii|  III  i,.|U.-  o>ii!>lriii  lion. 


'F'nT-Kii.s    11  r    II  1:1;  F  NT 


IlilTt,    l'AU    MOlUCAl;    I.K    Jl.l  >R 


Ilciii'ciiscmciil  (|ii','i  celle  iiièiiic  d.ile  le  f\[\r  (l"()rle;iiis  eiil  à  loiicliiT 
l",i;ji'('',il)le  Sdiimie  (le  >-(|il  à  liiill  inillioii'^,  |)r(i\eii;iiil  di'  l:i  succession  <le  la  l'eue 
rciiic  (n'ispa^nic,  sur  laciiiellc  II  in'  cuinplail  pa^.  el  (|iii  lui  |ieiiiul  de  l'aire 
faro  aiiv  di'penses  de  ses  c(iii-«|  lucl  ions. 

l!ii  (piui  Cl  iii-.islèfeiil  e\acleineMl  les  lia\aii\  eiilrepris  au  l'alais- Kdval 
il  celte  date,  c'est -ii-dire  eiilre  i-^r>.  et  I7(i(),  <•!  ipii  en  l'iil  l'arcliilecle?  Si  l'on 
s'en    lenail    à    ropiiiioii   accrédiléo  jus(|u"ici,  ce    iie   sciait   (pi'ii  [lartir  de    17(1.'!, 

T.     I.    I.E     l'ALAI!>-llO\AI..  40 


363  LE     PALAIS-ROYAL 

jiprt-s  rin<<'ii(liL'  (lu  tlu'àlic  <lo  rOpt'ia,  que  le  duc  d'Oilt'aiis  aur.iil  rli;n;.'é 
liurhilfiU-  Ciiuliuil  iIImn  <le  la  réfection  presque  totale  du  Palais-Royal. 
Mais  cest  là,  évideuuneut,  une  erreur  dont  il  est  facile  de  fournir  la  preu\e. 
On  a  vu  ce  que  le  nianiuis  d'Argenson  dit  sur  ce  sujet  dans  ses  Mcmoires. 
Il  fi\e  nettenieiil  la  date  de  lyôi  au  développement  des  liaxaux  de  recons- 
truction. Mien  plus,  il  indique  doutant  d'Ivry  comme  étant  rarclnlecte  choisi 
à  la  i)lace  de  Carlaud,  alors  bien  vieux,  puisque  celui-ci  avait  soixante-dix-sept 
ans,  et  il  ne  semble  pas  trop  se  rijouir,  dans  le  passage  sui\au[,  de  la  mise 
à  l'écart  du  vieil  artiste: 

M.  le  duc  dOrk'ans,  dit  il.  fait  de  grandes  entreprises  pour  les  bâtiments  du 
Palais-Hoyal.  Il  achève  en  une  campagne  la  basse-cour  ([uon  avoit  commencé 
de  rétablir,  voulant  faire  un  nouvel  appartement  à  M""  la  duchesse  d'Orléans. 
On  lui  a  remontré  que  les  vieux  murs  et  les  vieux  combles  n'étoient  plus  solides 
et  voici  (|ue  toute  celle  aile  sera  rchàlie  presque  à  neuf...  Pour  ces  bâtiments,  il  s'est 
défait  de  (larlaud,  l'ancien  architecte  du  Palais  et  l'un  des  premiers  architectes 
de  France,  mi  liniun'le  homme  surtout,  et  il  lui  substitue  le  sieur  Conlaiil.  arciii- 
tecte  de  janiiu,  liomme  d'un  goùl  à  la  mode,  intéressé  et  charlatan.  C'esl  lui  qui, 
ayant  entrepris  un  bâtiment  pour  M.  le  duc  d'Orléans  au  bout  du  parc  de  Sainl- 
(!l<jud,  à  l'endroil  qu'on  a  nommé  le  Moulin  de  la  Brosse,  avoit  dit  (jue  celle 
dépense  n'iroil  j)as  à  ".«o.ooo  écus,  mais  elle  a  passé  /joo,ooo  livres,  de  sorte  qu'il 
a   r.dlu   l'aliatidiinMcr '. 

Un  autre  témoignage  que  les  travaux  de  reconstruction  du  Palais  étaient 
en  pleine  activité  entre  les  années  i~iïy.i.  et  1755  nous  isl  b)urni  ])ar  Rlondel, 
(lord  l'ouvrage  sur  l  An/iitcc/iirc  Jinrirnisc  parut  en  i~'>{).  cl  «jui  donne  des 
détails  sur  les  cliangements  ((considérables»  que  ((M.  Coulant  est  eu  train 
d'apporter  >)  à  l'inb-iieur  de  l'édilice.  Nous  avons  nnenx  eiuoie.  (i'est  un 
docnmcid  iin'dit,  aiisolunifiil  piciis,  ciupiunh'  au\  pa|)iers  du  trésorier 
Palerne'.  Nous  y  >oyoris  le  rcIcNc  des  sounncs  cuqijoyt'i's  ,iuv  consliiiclioiis 
du  Palais-Uoyal  pendant  les  .uuhms  ly.'i'i,  i-'t?)  cl  lyTili.  l'om  i7'>'i.  on  \ 
li'oii\e  la  mention  sui\.inte  : 

H'Uimnilx  iiriifs. 

\    \l     (leiiiiiiin.  iir|)liè\ rc •«'i.ooo  livres. 

•  iirard,    menuisier .■?,o()() 

Tardieu,  charpentier i,!»») 

De  Karoue,   miroitier i,."ioo 

(Idurliin,   ••erriuier a, 000 

l.neu-.    plnmliier a,nou 

'Polal .'l'|,5oo   livres. 

I.   \liiri|iiU  ii'\nr,KX4ii^,   Mniwirr»,   I.    \ll,   p.    it'n).  —  Murs   i-î-n. 

ï.  lllbllo(lii'-<|iir  Cnriiatnli-I.  (;<)in|ilr»  i|i>«  (Ii-imiihi-o  du  i|ii(   (rorlôam  on  1754  cl  17.')."!. 


I,i:     Pl.TIT-rU.S     I)f     IVKf.FM 


.1(13 


l'ouï'  raiiiicc  lyT)."),  le  lolal  général  des  iccrtlos  di'  la  Maison  t'iil  di' 
6,609,874  livres,  et  l:i  dépoiisi"  de  3,975,709  livres.  Sur  ic  ciiinVi',  I  arlicle 
Bâtiments  est  chargé  connue  suil  : 

Palais-Royal 1  (>."),. {'i.')  livres. 

Saint-Cloud 7i)-oi'i 

Ha-riolct C.yiS 

Pavilkm   et   linlel  de   \  ersadics :> .Wim) 

liùlcl  à  Foulaincl)leau i,3oo 

Viliers-Collerets 1 18 

Château  de  Clichy •><>•> 

Total 2J.j,,'|G(j  livres. 

Ces  chin'rcs  établissent  smahondaïunient  (|u"il  ne  s'ai^issait  i)as  de  simples 
modifications  apportées  au  Palais-Uoyal  à  cilte  date,  mais  de  constructions 
importantes,  de  changemeuts  eonsidérahles.  En  définitive,  on  peut  se  rcndn; 
compte  de  ces  changements  sin-  le  plan  (pn  est  ici  reproduit  et  cpie  nous  avons, 
un  peu  arbitrairement,  il  est  vrai,  daté  de  i7(i'i  pour  maicpier  nù  en  était,  cette 
année-là,  la  réédification  du  Palais.  Tous  les  bàtimeids  (pi'on  y  Noit  marqués 
de  la  lettre  L  avaient  déjà  éti'  commencés  avant  1750  par  Cartand.  et  ceux 
désignés  par  la  lettre  .1/  étaieul  en  coiishuction  sous  la  conduile  de  doutant 
d'Ivry,  en  1702;  c'étaient  les  nouveaux  appartements  de  la  duchesse  dUrléans. 
pour  laquelle  on  aménageait  en  même  temps,  sur  des  plans  nouveaux,  l'aile 
droite  de  la  seconde  cour,  jadis  occupée  par  Anne  d'Autriche. 

L'architecte  Pierre  Contant,  surnommé  Contant  d'Ivry  parce  cpi'il  naquit 
à  Ivry-sur- Seine  en  1698,  n'était  |)as  de  la  première  jeunesse  quand  le  duc 
d'Orléans  l'adopta  poui-  anhilecle.  Mais  il  représentait  cependant  des  tendances 
jeunes  ou,  du  moins,  trouvées  telles  par  la  clientèle  aristocratique  qui  lui 
demandait  des  travaux  décoratifs  soit  pour  les  nouveaux  hôtels  cpu  se 
consiniisaieni  an\  l'anliourY^s  Sainl-Cù'i'inain  nu  Saird-il()noi('\  soit  dans  les 
galantes  petites  maisons  que  faisaient  élever  grands  seigneurs  et  linanciers 
dans  les  environs  de  Paris.  Après  avoir  été  admis  à  l'Acadéune  eu  i7>S. 
Contant  a\ail  (piehpie  |ieu  végi'-li'-.  lH  de  ses  |)renners  ouvrages  inqxuiants 
fut  l'église  de  l'abijayc  royale  de  Panihemont.  faubourg  Saint-Germain -des- 
Prés,  en  I7'i7.  Puis  il  travailla  au  chàt(>an  de  Pi/y,  au  comte  d'Ku,  en  i7r)o: 
à  l'hôtel  de  Longuevilli'  (pie  venaient  d'a(i|Ui'rir  les  fermiers  généraux,  et 
au(iuel  il  ajouta  une  aile:  à  l'église  de  Sainl-N  aunon.  à  Coudé,  en  Flandre;  à 
l'hôtel  de  Holian.  iiie  deNarcnne;  à  l'hôtel  Crozat.  etc.  C'est  alors  —  en  17.");?  — 
que  le  duc  d'Oiléans,  après  lui  a\oir  l'ail  faire  ii  Saiid-Cloud  divers  améiia- 
genuMits  (|iii   l'a\ai(iil    ia\i.    lui   coidia    la   reléiliori   <hi    Palais-lloyal. 


36a 


LE      PAI.AlS-nOYAL 


Contant  cl"l\r\  ii«^  passe  pas  pour  avoir  l'ail,  au  Palais- Uoyal.  la  fa(;aflo 
(In  r<*>tL'  do  la  rue  Saint -Honoré  telle  (pi'ciii  la  \oil  cnroïc  atiidiirdliui.  On 
s'accorde  bien,  généralement,  à  reconnaître  (piil  est  l'auteur  de  la  laçade  de 
la  denviènie  cour —  ce  qui  n'est  nullement  contestable  d'ailleurs,  —  de  l'avant- 
corps  de  gancbe    du   grand  escalier  d'iioniieur   et    des   grands   aménagements 


Ijrs  .\i>i>arlrments  au  premier  éloge  du  Palais- Uoyal 


r'>--J 


T3'i 


h 


nî 


M  wà, 


—  crj^i  T T. 


t'U.; 


TJ. 


Pt- 


)    - 


.L^JiJ. 


pi.a:<  du  palais -noTÀL  en  i7^iû 

«VAST    I.I;»    TIIVÏAIX    UE    nECOMSTKt'CTIOM    COUMAXOÉS    l'AU    l.l'll.    I)'olU.l';ANS 
AtX    AIlCUITECTi!»    CAIITAl'D    ET    COSTAST    D'iVIIT 

(Coapurui  ce  pUo  kcc  celui  de  1760,  ci-conire,  on  ïoil  que  iljiu  l'aile  gauche  il  y  eut  peu  de  modifictiions,  Muf  les  allribulions  dilTireotei 
d'appaitemcnu.  Djni  l'.ile  droite,  au  coniraicc,  le»  chingemcnH  furent  coniidcrjblcj.  U  Cour  dit  Fcnlaiiiu,  nommée  alors  Basu-Cour, 
date  de  cette  époijac.) 

(Plan  llri  du  recuuil  manaicrll  de  la  Uibliothique  nationale  :  Loftmtnl  du  Ojjùùn  au  Pnhii-Rmil) 

inli'rieins  enlivpii-.   p.ir   |,'    prlnci'  d'C  dh'ans  ii   celle  e|i<iipie.   Mil-.  (|iiaiil    ;i    la 

façaile   de    l;i    rue    Sainl-llo i-,    un    en     r:iil     litnineiir    à     Mdreaii     i|iii.    :ipivs 

I  nieendie  de  rOpt'-r.i,  en   lyli.'f,  dut.  eoni ii   !.•   \eiiM   pliis|,iin.  i(|),ii  ei  .  aii\ 

Trais  il.'  1,1  \i||,.,  ,|,„||  il  l'Liil  r.urliileele.  les  d('>;is|res  cause'-;  par  celle 
calasliuplie.  .le  |||.  s.inr.iis  dii-e  sur  quiii  repose  celle  npiiiidii.  <|iil  .-I  exprimée 
>anH  r.Midire  d'une  indécisi.iii.  nolimmienl   p;ir  l'onliiine   i!    \l.   (lubml    dans 

leur!»    noiice.s    .sur    le    ih.m ni.    Mais    (  .•    <pii    es|    eeilain.  c'esl    ipie,  dans    le 

volinne  des  (Jùuns  ,1  iinliilr,  tiiir  dr  l'icrrr  Cuiitant  d'h'i;i  (îi  Paris,  clic;', 
Diiinonl.  prt.fessenr  d'.n.liilecliire.  ly.'.S.  in-r..li())  ipie  pcssèile  le  Cabinet 
di-H  j'MnMjpcH  de  la  ltil.|i,.||i;',pie  naliuii.ile.  ..n  li..ine  ipl.iii<lie  WWIIh 
un  l'rn/rt  de  l  cUs-mi,,,,  d  unr  /midr  dr  lu  Jnir  iiinjrttrr  pour  un  /kiIuis,  «pii 


IF.    ri.TiT-FiLS    nu    iii;(;f.\t 


36c 


n'est  autre  chose  (pie  In  coiiipiisiliiMi  orij^rinale,  la  |iiemièiv  pensée  de  la  l'ac-aflc 
(lu  Palais-Uoval  altrihiiée  jnsqn'iii  à  Moieaii.  (l'est  la  iiièiiie  areliitecture, 
composée  des  ordres  toscan  t't  ioniipie,  à  pilastres,  régnant  dans  la  hauteur 
du  rez-de-chaussée  et  du  premier  étajre:  c'est  la  même  halustrade  de  pit'rre 
surmontant  ces  denv  ordres  et  manpianl  la  naissance  d'un  eundile  à  deux 
pent(>s,  avec  lucarnes  circulaires:  c'esl   le  même  aspect   cnlin,   avec  des  statues 


'"■  .|i  I  l.....„. 


.i^^'^f^i^r.y^ _— iri^  -i 


r 


T^s — ^ccn 


^w^ 


3  x 

n 


IM.AS     m'     l'iUlS-ROTAL     ES     \-ji>'l 
ISDIQU.VST    LES    TBAWUX     ESTHEPIIIS     A    CETTE     DATE     PAR     L- PH.     D'oRLÉASS 

(Les  bàliments  cntoarani  b  DaiitCour,  ni;iri)ucs  de  U  lettre  L,  sont  construits  par  l'arcliitecle  Cartaud) 
(Les  bJtiraenis  marqués  Met  N  sont  construits  par  Contant  d'Ivry  pour  les  nouveau»  logements  de  la  ducbesse  d'Orléans) 

(Planche  extraite  de  l'ouvrage  de  Blondel  :  L' JuhilKlmc) 

en  plus  tout  autour  de  la  halustrade,  un  air  |)lus  riche,  une  el('\ali(iii  plus 
•rrande.  Que  penser,  sinon  que  Moreau  n'est  pas,  connue  on  Ta  cru  jusqu'à 
pit'sent,  raiitenr  de  !a  façade?  Kst-il  même  certain  que  ce  fut  au\  frais  de  la 
\ille  que  celle-ci  fut  exécutée?  Ou  \eria  plus  loin  (pie  plusieurs  honnes 
raisons  donnent  créance  à   une  autre  thèse. 

Il  ressort  de  tout  ce  ipii  \ieut  d'être  dit  que,  s'il  ii('lait  |ias  heureuv 
en  ménage,  le  jeune  due  d'(  )il('aus  ne  iu''gligeait  pas  de  s'('lourdir  par  des 
prodigalités  variées,  et  savait  assez,  hien,  connue  sou  grand-père  le  Kt'-gent. 
jeter  l'aigeut  par  les  fenêtres.  Il  est  vrai  (pTii  avait  d'autres  genres  de  jjlaisirs. 
cl  (pie  le  C(M('' e\t(''rieur.  les  hais,  les  réceptions.  l;i  chasse  le  séduisaient  autant 
(pie  son  aïeul  eu  avait  en  le  ({('•dain.  [/aniK-e  même  de  la  mort  de  son  pt-rc. 
le   i!\  seplcmhre   \~jh-i,   il    dom«a,    en    son    château   de   Sainl-Cloud,    une   fêle 


366 


I.  E      P  A  I,  A  I  S  -  H  O  Y  A  L 


l'xtraoriliiiairr  pour  la  roiivak'scoiici' (lu  (l;m|iliiii '.  \n  siii|iliis,  il  serait  injuste 
<1l'  lui  (k'uicr.  couuuc  l'ont  l'ail  liop  souvent  ses  biographes,  un  certain 
scnliniont  des  arts.  l*ar-(lessus  tout,  il  aimait  les  chevaux,  c'est  entendu,  et 
dc[)ensait,  bon  an  mal  an.  ."{oo.ooo  livres  pour  ses  écuries.  Mais  il  protégeait 
les  artistes,  se  plaisait  au  milieu  di-s  œuvres  de  goût,  savait  s'adresser  aux 
liouuues  de  talent  pour  eud)ellir  le  Palais-lloyal, 
et  les  pensionnait  :  il  courait  même  les  boulicpies 
(le  l'aiis  pour  dénicher  des  bibelots  de  prix  dont 
il  meuhiait  sa  demeuie.  (Jiiand  on  parcourt  le 
JiiuiiKil  de  Lazare  I)u\,ni\,  le  l'ameux  marchand 
de  iiniosités.  on  est  tui  peu  snipris  d'y  trouvei' 
à  tout  instant,  depuis  laïuiée  lyT),)  jns(pren  \~^^~ 
et  même  I7.")8,  le  nom  de  Louis-l'hilippe  d'Oiléans, 
(pii  \enail  soil  acbeler  (piehpie  objel  ancien,  soit 
laire  réparer  certaines  pièces  de  ses  collections. 
Par  exemple,  en  ly.'),?,  il  achète  à  Duvaux  des 
encoigmucs  d'ancien  la(|ne,  l'ond  noir  et  or,  gar- 
nies en  bron/e  doré,  l  ne  autre  t'ois,  ce  sont  des 
vases  en  forme  de  feuilles,  de  porcelaine  céladon, 
-arni^  de  bronze  doré;  on  iiicii  un  luiicaii  en  Imis  di'  rose,  à  Heurs,  de  (pialre 
pieds  el  demi  (.{S'i  livres);  ou  encore  mie  garniture  de  ciiui  morceaux  de 
porcelaine  des  Indes  (\.{\:\:\  livres).  Le  Jour/ui/  i\c  Lazare  Duvaux  porte,  à 
la   date   île   m.ns    i;."»);,    (■.•|tc-    meiilioji  : 

néj,'lé  le  ciiiiiple  jnec  S.  A.  W.  M-r  ji'  due  dOrléaii-..  Il  m'ii  arièlé  lui  mémoire 
a  la  siiiuiue  de  .S,ii,")  livres,  payables  à  raison  de  i,oou  livres  par  mois,  à  conniiencer 
au    I"  in;ii    pn»cli;iiii. 


sicnicii  EX  roM.tLMne 


Mais  le  compte,  .'i  p.'ine  r('-gl('.  e^l  iii(  Il  vile  repris,  el,  diiiaiil  le  seul  mois 
de  décembre  lyr.d.  |i-  duc  aehèle  .'i  |)ii\,ni\  :  le  ;,  nu  vase  de  porcelaine  louge 
jn»pé-,  de  i.'i'io  livres;  deuN  boiileilles  caiineli'es  en  porcelaine  (•(■■ladoii.  de 
••^'lo  livres;  le  ii   dé'ceud.re,  un  pul    poiiiii  île  porcelaine   grise,   aiiri.'rnie.  garni 

avec  des  colimaçons;  le  ■.. 'j   du    mé mois,   une  cninmode  en  laque  nnii:.'.  de 

-■M>    livres;    une    table    de    nuit    pl.iipne.    à    mosaïi|iie   de    b,,i-,    de-,    Indes,    de 

!»'•   livres;   1 Iln-ière  el  son   plateau,   violet,  ;.raiiiis   de   br,  ,ri/,«,    dr   .li  .    livres. 

•«ans  compter  <les  tasses,  un  plate.iu  de  veinis  du  ,lapou,  elc.  L'amii'c  i;."); 
est  inar(|uée  par  de  plus  grandes  dépenses  encoiv  ehe/.  le  nian  liaiid  de 
riiri»»«tilc'S.  Avec  une  \eiilable  passi,,ii.  !,•  dur  d(»il.'aiis  conl  iimr  à  a(  .pié-rir 
des     pnrrrltliiies    d<-     la    (bine    el     d.'s    ,.|.jels    de    iai|iie.     .1    piinii    res    hilielols 

I     Ji'uriMii  ilr    lt«iiiiiiii     t     V  .    |i      ii|i. 


i.i:    l'i  riT-iir.s    m     iti.(;KNr 


:^C>: 


il  en  l'sl  qui  moulent  ;i  des  piix  assez  iMevi-s.  CMUiiiie  (leii\  grands  vases  eu 
porcelaine  Iruilée,  axcc  tli'a;4<)us  eu  relicl'.  du  |iii\  île  '.(idi)  lixres.  ||  lui 
arrive   aussi    do  taire   ri''|»arei'   cerlaiu^    uieuhle^    du    l'alai'^- Ui>\al,    nulauinierd 


FLAMl)E.»l',    DIT    <i  MOICIIETTE  M,    A    LA    MODE    AU    ÏVIll'    SIKCI.E 


«nue  «rraude  pendule  h,  ou  i)ien  A'rn  aihelcr.  ce  (|u"il  l'ait  pour  deuv  lahles  ipii 
devaient  être  cliai manies,  à  en  jui^cr  par  la  dcscriplinu  cpii  en  est  ddunéo  : 
Tune  à  ileurs,  a\ec  tabielto  pour  ('crire  el  eornets  ai-;,n^nt(''s,  iaiitre  pla(|uéo 
eu  bois  de  violette  el  bois  d(>  rose,  ('^alenient  à  eoi-nets  el  à  labli>ltes.  Kn  un 
mol,  et  sans  |)ousser  plus  loin  (-("s  cilalioii^  (pii  de\  iemliaii'iil  ra-itidiens(>s, 
le  pliure  apparaît  connue  nu  véiitable  collectiomiein-,  a\ec  ses  prélëreiices, 
Nc^  ardeurs,  ses  eulraîuements,  sai-!ianl  être  majiuitiipie  en  tout,  dans  ses 
équipages,  dans  son  luxe,  dans  ses  actes  généreux  :  il  n'esl  cpie  juste,  eu 
vérité,  de  lui  rocouuaîlre  cette  (pialité,  nu  peu  ini])ré\ue  peut-être,  si  Ion  songe 
à  ce  qui  a  été  dit  de  lui,  dans  les  Mi'moiri's,  de  sa  bouliomie  et  de  ses  goùls 
bourgeois.  Mais  les  documenis  abondi-ul  cpii  ic^tilueiil  à  celle  |ili\siououne 
son  véritable  caraclère.    Il   ne   resleia    pa-    loiijoni>   aiii-i. 

Quant  à  la  ducbesse  (rOil.'ans,  ce  u"e>t   pas  .•lie  (pii  aiuail    poussi'  sou    mari 


368  LE      PALAIS-ROYAL 

dans  la  ^oie  dt-s  économies,  car  nulle  ne  se  montiail  plus  friande  de  plaisirs, 
de  changements  et  de  l'aste.  Le  moine  de  Sainte-Geneviève  avait  deviné  (jue  le 
san-;  des  Huurbon-Coiiti  (pii  bouillomiait  dans  les  veines  de  la  jeune  femme 
déterminerait  sa  destinée.  Tempérament  nerveux  et  déjà  maladif,  portant  en 
elle  les  germes  de   la  tuberculose,   elle   avait  des   caprices  sin^ndiers,   passait 

dun    extrême    à    l'autre    sans    motif, 
^     ^^-~-^^  tantôt     femme    d"inléi-ieur,    posée    et 

C^'^i^r  ^'^^•S»-       :à^         série    avec    ses    dames    d'atour    pour 

^5^'--••  ^r^ 

jus(|uc  dans  le  jardin  public  du  l'alais- 
llo>al    dans    des    aventures    galantes 
indignes  de   son   rang!   Deux   eidants 
bii  ('laicnl  nc's,  un  garçon  et  une  lillc. 
i|u'ellc   adorait,    les    élevant  d'ailleurs 
avec   tro|)   de   faiblesse   et    sans   disci- 
pline. Kn   ly.Mi.  à   la  suite  de  la   |)ubli- 
cation  du  mémoiie  de  La  Conilanune 
sur   l'inoculation    de    la    petite    \éroIe, 
le  (lui-  (!'(  )il(''aris.  pdur  donner  l'excm- 
pli'  et   \aincre   les  appréhensions   du    public    tmilre  celte   innovation,  chargea 
'Ironchiii  d»'  \acciner  ses  deux  enfants.  Connue  la  duchesse  Aersait  à  ce  sujet 
d  ;d>i>ndanti-i  larmes,    le  prince  lui  dit  : 

—  .Madame,  (•<■  sont  m)s  eid'ants  connue  les  miens.  Si  vous  ne  donne/  point 
volrt*  consentement  à  cette  inoculation,   elle  n  aura  pas   lieu. 

La   |)rincesse   i')''plic|ua   bi.iNement  : 

—  Kh  !   Monsieur,  (pi'on  les  inocule,  et  laissez-moi  |)lem'er! 

On  sait  (piel  succès  eut  rop('ration,  et  de  condiien  d  applaudissemenis,  (piel- 
ipies  joins  jiprès,  le  public,  à  r<)pé'ra,  rt'<ompeii^a  la  iniiicesse  de  sa  vaillance. 

l  ne  anecdote  ipii  dt'peint  bien  le  genre  d'humeur  de  la  duchesse  d  Itrli-ans 
et  la  gamineiie  de  son  espiit,  est  raconlé'e   par  la   martpiise  de  (aéipn  '  : 

Mailunii-  la  iIucIichm'  ti'Oiléans  (It'lr-tnil  M"  .le  l'nli;,'nac,  sa  daine  (l'iicMiiiein-, 
«•l  chercliiiil  louit  les  nioveiis  de  lui  •''tie  désu^^^réultle  el  de  lui  faire  des  malices.  In 

jour,  on  (IrroiiNril  un  \ieu\  liisire,  le(|uel  éloil  si  vol irieiix  dans  loiiles  le-  diineii 

n'utun  (ju'il  en  ainoit  paru  déiiiesuri'  poui  le  ^Taiiil  salon  île  Marlv  l.;i  diK  lie>ve 
d'Orléiui»  rmlirlc;  on  le  ili'nioiile;  ensiiili-  elle  en  fait  placer  tous  les  morceaux  dans 
nn  |M'lil  Hiilon  <pii-  .-.n  ilaine  d'Iionneiir  oecupoil  un  Palais  Hoval  (à   l'enlresol  !).   La 

bonle    en    lonelioK    |r|Kinpiet;    ms    ln.ini'lies    elii|i<'i  iKiieiil     diiiiMii     les    |)oile>    e|     les 
I.   Somtnlrt  ilr  .M—  /<i  fri<iri/iiijc  ilt  i.rriiiiY.  I.   III.  p.  .T|. 


As^iimi:  »■ 


imOISERIES 


i.F.    PKTiT-rii.s    i>r    ui:(;knt 


3C 


J9 


ftMitMres;  t'iiliii,  les  ;igrriil)li's  lif,'uirs  de  Colnmhiiie  d  (l.\rlc(|iiiM.  d'IsiÉljt'Ik'  l't  du 
i)C'iui  Li'iiiulie.  qui  iiavoiont  pas  uioiiis  ik-  <iii;dn-  piods  de  taille,  avoieiil  été  raiif.'ées 
autour  du  salon  dont  il  avoit  fallu  ivliicr  les  meubles,  et  tout  ce  (pi'on  pouvoil  faire 
cloit  de  circuler  autour  de  ces  eliai  nianls  olijcls  dOriieMieiil,  C'est  une  uiystification 
que  raimahle  j)rineesse  a  faii  (liiicr  juscpi'à  sa  iiiori,  cl  loiiidiiis  sans  (pie  M'""  de 
Polignac  ait  osé  hii  iiianqncr  de  lespeel  en  cnMiMinl 
le  iliablc  de  lustre  dans  ini  de  ses  eliàlcan\  ou  dans 
un  grenier  de  son  hôtel  de  Paris. 

En  i7')<).  It"  I)  tV'vricr,  la  ducliesse  (l'(  )iléaiis 
succomba  à  la  maladie  de  poitrine  (jui  depuis 
longtemps  la  minait.  Elle  avait  Irenlo-trois  ans. 
Son  dernier  mot  fut  un  de  ces  traits  d'esprit 
comme  en  ont  eu  plusieurs  des  grandes  dames  du 
xviii'  siècle,  chez  qui  le  souille  froid  de  la  mort 
ne  parvenait  pas  même  à  retenir  sur  leurs  lèvres  !  M. 
l'ironie  souriante  et  mo(picuse.  Comme  la  prin- 
cesse, alitée  depuis  trois  jours  et  se  sentant  à 
l'extrémité,  entendait  un  l)ruit  singulier,  dune 
l'égulai'ité  agaçante,  ])rès  de  son  lit,  dans  une 
chambre  contigui',  on  alla  s'enquérir,  et  l'on  apprit 
que  c'était  le  tournebroche  du  \ieil  abl)é  Duhiiisson, 
un  ancien  précepteur  du  duc,  son  mari,  dont  on 
préparait    le   dîner,    qui   était   la  cause  du   tapage  : 

—  Je  puis  mourir  trancjuiije,  dit  la  duchesse  en  souriant  :  l'abbé  Dubuisson" 
n'en  perdra  })as  un  coup  de  dent. 

Et  elle  rendit  l'âme.  Les  funérailles  eurent  lieu  le  i.")  février  175;),  avec 
une  ponq)e  exiraoïdinaire.  Le  convoi,  qui,  parti  du  Palais- lloyal,  alla  an 
\  al-de-(;ràce,  lieu  de  sépulture  habituel  des  princes  et  princesses  d'Orléans, 
comprenait  ini  nond)re  ccjiisidc'rable  de  personnes.  \  oici  rindication  de  ce 
cortège  (|u"ii  csl  inh'icssanl  de  dornier  ici  \\  deux  j)oitits  de  \  ne.  didniid  parce 
(pi'on  y  trouve  rénuniéralion  d "une  partie  du  haut  persoimel  cpii  iiabitait  le 
l'alais- Royal,  ensuite  |)arce  (|ue  c'est  la  seule  cérémonie  funèbre  tl'un  des 
niiiiiliro   (le   la   r.iniiiic  (!'(  tih'aiis  (pii   soit    (k'ciite  dans  ce   \(ilinne: 

('.ti/ivoi  (te   1(1   itiicltcssc  il' Orléans. 

—  Le  guet  à  pied  et  le  guet  à  cheval. 

—  Un  piquciu"  à  cheval. 

—  Les  pain  ics  \ètus  d'étoffe  grise,  cliacun  nn  Ihunheau  à  la  main,  sur  deux  lignes. 

I.  On  a  sniivf'iil  cili''  celle  aiieedolc  en  iii(Ii(|iiaiil  par  eiiciir  l'abbé  Moiilgaull.  l'aïuieii  préeepleiir 
(le  Louis  d'Oilc'aiis,  coiimie  le  piopriélaire  du  loiiriicbioelie  liicriiiiiné.  Mais  en  i7."ii|  l'ahbé  Monlvraiilt 
élail  iiiiirt  depuis  Irei/e  ans! 


CBOOLIS    IIE    MORE.41;    LE    JEUSE 


T.    I.    LE    l'ALAlS-nOlTAL. 


47 


3-0  LE     PALAIS-ROYAL 

—  Toiilt-  la  liM-éc  avec  des  flambeaux. 

Douze  oflieiers  de  la  chauibre  et  garde  robe  à  cheval,  avec  les  baudoulières 

(|ui  leur  avoient  servi  à  descendre  le  corps  des   ai)parlenuMits  du  Palais- Uo\al. 

—  Huit  huissiers  de  la  chand)re,  à  cheval. 

—  Ln  contrùleur  de  la  bouche,  à  cheval. 

—  Div  ofliciers  de  la  bouche,  à  cheval. 

—  Trente  deux  olïîciers  de  la  chambre,  à  cheval. 

—  Le  premier  carrosse,  avec  les  harnois  noirs,  dans  leipu-l  ('loicnl  (pialre 
femmes  de  chambre  de  M""  la  duchesse  d'Orléans. 

—  Un  carrosse  aux  harnois  noirs,  dans  Iccpiel  ('luiciil  (piafre  gentilshommes 
ordinaires  du  duc  d'Orléans;  M.  Deploui.  I  un  d  i  ii\.  ijnildjl  la  couronne  de  la 
princesse. 

■  — Ln  carrosse  avec  clicvauv  caijaraçomu's  de  noir,  dans  Iccpicl  étoient  les 
(juatre  gentilshommes  de  la  chambre  du  duc  d'Orléans  (jni  d(ii\ciil  tenir  les  coins 
du  poêle,  et  qui  les  ont  déjà  tenus  précédcnimcnt. 

—  Un  carrosse,  dans  le([ucl  éloicnt  fpiatrc  auniùiiicrs   du   dur  ir(  )il('atis. 

—  Ln  carrosse  à  six  chevaux  ca|)araçonnés  de  noii-,  dans  leiiuri  étoient  le 
comte  de  Montauban,  premier  écuyer  du  duc  d'Orléans;  le  chevalier  de  Pons, 
premier  gentilbonuiie  de  la  chainlife  du  duc  d'(>rléans;  M.  de  Dui'ernil  et  le  ciunte 
de  Lugeac. 

—  Lin  carrosse  à  huit  chevaux  caparaçonnés  en  moire  d  aii^eut.  dan<  li(|uil  t'Ioit 
la  duchesse  de  Modène,  accom|)agnée  de  la  duchesse  de  liraneas,  de  la  luaiciuise 
de  Pidignac,  dame  d'Iutnneur  de  la  duchesse  défunte;  de  la  comtesse  de  Hlut,  de  la 
comtesse  de  l'aulé,  daine  d'IiDuiiein'  de  la  duchesse  de  Mndène.  el  de  l,i  lonilesse 
d'Kpinay. 

—  Lu  grand  cai'i'osse  à  huit  chevaux  aussi  caparavonnés  en  moii'c  d'argent,  dans 
lequel  étoii'nt  l'évèrpie  de  ^'alellce,  portant  le  cieui'  de  la  duchesse  d'Orléans;  le  curé 
•  le  Saint- Kuslaelie.  M.  Aului.  (•iinre>seiu-  île  la  lilincessi'.  cl  l'aum'inier  de  l'évriiue 
de  Nalencc. 

-  Le  gouNcrneur  des   pages,    à   clieval   el   en   inanleaii. 

--  Dix  pages  à  cheval  et  en  manteau,  portant  des  flambeaux. 

-  Le  roi  d'armes  et  ipiatie  hérauts  d'armes   à  cheval. 

—  Six  suisses  du  duc  d'Orléans. 

—  Vingt  >alets  de  |)ieil    poilani   des   11  iniheaux. 

—  Le  char  funèbre,  eou\erl  d'ini  drap  de  \elonis  noir  el  moire  d'argenl.  doni 
IcH  cordons  étoient  tenus  piir  ipialie  aumôniers  ."i  clicNal.  Plusieurs  ollirieis  de 
l'écurie  auloiu'  du   char. 

—  Deux  carrosses  de   la  duchesse  de  Modène. 

—  Un  «-arrosse  de   la   duchesse  <le  Handau. 

—  Ln   iiirro<(He  di-  l'é\è«pie   de   \aleiice. 

—  Lu  t'iand  iinndiie  de  gens  de  livrée  avec  des  ll.ind>eaii\  |i(iur  éclairer  les 
carroMC" 

Il  ne  finit  pas  (iiililier  ipie  la  lé-n'-inonie  av.iil  lieu  eiilie  cinq  ,1  -,  pi  Ikuivs 
ihl   soir.    On    il-viiie   quels  spocliicjes   (l<-\,'iieiil   éhe  pour  la   l'oiil.'   des    cult'.res 


I.F.     l'K.Tn  -  I-II.S     1)1       UKIJF.M'  3-1 

ronibiiu's  cmniiio  ci'lui-ci,  avec  celte  |i(nn|>e,  ce  (li'pldieincnt  de  persoiuuij:e.s 
à  pied  ou  à  rlie\al.  eu  costumes  d'appaiat,  cet  appareil  tlieàlial,  euliu,  (pij 
SYuiboiisait  la  douleur  el  niaiipiait  par  uui"  (piaulité  de  détails  le  rauj::  cpi'avait 
leuu  daus  le  monde  le  défunt  traité  juscpie  dans  la  mort  avec  une  si  somptueuse 
ordonnance! 


L'INCENDIE  DE  L'OPE U  \  (lyti^) 
NOUVEAIA    TUA  VAUX    AU    PALAIS-KOVAL 

Le  C)  aviil  lyli.S,  à  onze  heures  du  matin,  le  feu  prit  à  l'Opéra.  Comment 
cela  se  lit-il?  On  n'est  jamais  parvenu  à  le  savoir  exactement,  et  les  rapports 
de  police  qui  dorment  aux  Archives  nationales,  dans  les  papiers  des  ducs 
d'Orléans,  n'élucident  point  la  question.  Selon  les  uns,  il  aurait  coumicncé 
par  la  grande  toile  du  rideau  de  inano'uvre  et  aurait  fiaf^ni'  le  cinlre.  on 
toutes  les  machineries  en  bois  devaient  lui  offrir  un  alinieril  l'ai  Ile.  Selon 
d'autres,  un  poêle  trop  chargé  aurait  conununicpK'  le  feu  par  un  lu\au  à  la 
loge  des  danseuses  subalternes;  car  il  faut  penser  (pian  xvni'  siècle  il  n'y 
avait  encore,  dans  les  théâtres,  ni  calorifère  ni  système  pratique  de  chauil'age  : 
on  se  contentait,  durant  les  représentations,  d'allumer  de  superbes  brasiers 
dans  les  foyers  du  public  ou  des  acteurs,  et  la  chaleur  pénétrait  comme 
elle  pouvait  dans  la  salle.  Une  troisième  hypothèse,  qui  est  la  plus  vrai- 
send^lable,  explique  d'une  autre  façon  l'incendie  :  d'après  le  chef  machiniste 
BouUet,  qui  fut  blessé  dans  le  sauvetage,  il  aurait  été  allumé  par  l'impru- 
dence d'un  balayeur  qui,  travaillant  dans  les  dessous  du  théâtre,  déposa  sa 
chandelle  sur  le  contrepoids  en  plomb  du  rideau,  et  s'en  alla  sans  y  faire 
attention;  la  corde  avait  alors  pris  feu;  en  se  consumant,  elle  s'était  rompue, 
el,  n'étant  plus  maintenue  par  un  contrepoids,  elle  était  remontée  dans  les 
combles  et  avait  cnniniunicpii'  l'incendie  à  la  toile,  à  la  machinerie  et  au 
reste  du  bâtiment  '. 

A  ce  moment  de  la  jonnu'e,  il  n'y  avait  personne  dans  le  théâtre  :  un 
seid  chanteur  s'essayait  sur  la  scène;  voyant  les  llanunes,  il  put  se  sauver  à 
temps  et  crier  au  secours.  Mais  les  pompiers  arrivèrent  trop  lard  :  tout  était 
déjà  brAlé.  «On  ne  sauva,»  dit  Favarl^  «qu'un  clavecin  resté  dans  rorchestre, 
objet  assez  laid  au  point  de  vue  décoratif,  mais  qui,  au  dire  de  tout  le  monde, 
était  le  plus  parfait  de  l'iMuope.  très  ancien,  sans  prix.  »  ()uand  les  secours 
ari'ivèreiil.  dU   diil    sapplicpier  seulenient   ii   le  circonscrire  dans  l'Opéia  mémo 

1.  Germain  Hapst,  Essai  sur  Cliisloirc  du  Thêàlre,  iSg."!,  in -8",  p.  /|45. 

2.  I''avmit.  Mémoires  el  correspondaiwc  lillérain-,  i8o8,  t.  Il,  p.  88  fl  suiv. 


3-2  l.K     l'Ai.  VlS-llOYAK 

et  à  IVMupnli.T  de  sVloiitlrc  cl  gaf^ncr  lo  Palais-U(i>;il.  Tdiis  les  pioinoiioms 
qui  se  trouvaient  alors  dans  le  jardin  lurcnl  employés  h  faire  la  chaîne  sous 
la  direction  des  troupes  nunuci|)ales  et  des  gardes  françaises.  Les  issues 
furent  fermées  pour  cpi'on  ne  pût  sortir.  Les  dames  étaient  dun  côté,  se 
passaid  de  main  en  main  les  seaux  vides,  (pic  les  hommes  portaient  pleins 
de  l'autre  ctMé.  On  puisait  au  grand  bassin,  et  l'on  emplissait  ainsi  continuel- 
lement les  pompes.  Le  jeune  duc  de  Chartres,  fds  du  duc  d'Orléans,  qui 
avait  alors  sei/c  ans,  dnmia.  U-  premier,  rexemplc.  cl  pendant  deux  heures 
ne  cessa  de  lra\ailler.  \  ers  midi,  le  coup  d'ceil  était  elVra\ant,  car  la  llammc 
se  ronnnuni(piait  au  Palais- lloyal,  où  elle  aurait  trouvé  dans  les  appartements 
de  quoi  se  déNelopper.  Déjii  la  calullc  du  grand  escalier  élail  détrnile.  ({uand, 
tout  à  coup,  la  salle  du  théâtre,  qui  était  enlièremeid  consumée,  s'écroula 
avec  fracas,  et,  la  ilanune  ne  portant  |)his  en  haut,  l'incendie  put  assez 
rapidement  élre  arrêté  '. 

Après  la  première  émotion  provoquée  par  ce  sinistre,  les  Parisiens  connnen- 
cèrent  îi  se  consoler  de  la  jierte  de  l'Opéra  par  des  plaisanteries.  «  Comment 
If  feu  a-l-il  pu  prendre  ilaus  une  glacière.''»  écrivait  à  M""  d'Epinay  l'abbé 
(ialiani.  L'(;xcellent  l"a\ail  \il  là  une  occasion  nni<pie  de  rajeunir  les  décors, 
les  costumes,  etc.:  n  Vh!  si  cola  pouvait  s'étendre  jnsipi'auv  actrices!  » 
ajonlait-il.  Puis  on  discuta  de  ce  qu  il  cunxcnail  de  taire,  après  (piil  cul  élé 
dccidi-  (pie,  pr(jvis(iireinenl,  la  troupe  de  l'Acadi-mie  ii'ail  cIiitcIkm'  ;isil(>  dans 
la  salle  des  machines,  aii\  Tuileries.  Laisserait -on  l'Opéra  au  P.ilais-Uoyal, 
un  bien  le  traiisp(jrterait-on  auprès  du  Carrousel,  dans  |,i  ru,'  Nicaisc, 
oîi  se  lron\aient  déj.à  ses  magasins.'  'l'cllc  l'iail  l.i  (|iirs|i(iii.  riii'  fui  ass(V.  vite 
tranchée  :  l'iidlticnce  du  duc  d'Oiléaii^.  (jui  Icn.iil  (•>■>, iiliclIcmiMl  à  ^^arder 
l'Opéra  au  l*alais-Uu\al  ;i  cause  de  laMinialioti  cl  des  agremciils  (jiii  en  rt'snl- 
laienl  pour  te  jardin,  (K'-cida  de  toiil.  (!e  ne  l'ut  pourtant  (pie  le  i  i  lévrier  lyti'i 
(pie  le  roi  si;,'iia  les  lettres  |)alenles  relatives  à  la  reconsirnclion  de  l'Opéra 
sur  l'ciiiplaccnii'nt  ipi'il  occupail  auparaxaiil.  Ce  docuiueul  esl  inléressant; 
mais,  romnie  ce  livre  n'ol  p.is  citiisacn'  ;i  riiislniic  de  r()pi'ia'.  nous  n'en 
reliciidriiiiH  (pie  ce  qui  rciilre  dans  iinln-  sujel.  Iji  d(''liuilive,  l;i  \  ille  de 
Paris,  iiyaiil  depuis  \~'\n  le  piivilè^'c  cl  l.i  ie^|i(iti-aliililc  de  rcuhcprisc.  devait 
|iri-iidrc  il  suii  cnmpd-  les  frais  de  i-ec()iislruclii)ti.  Le  nnuvcau  llnàlre  devait 
èliT  bAli  sur  un  emplacement  juis  sur  les  li.'iliincnls  s,|i,iiaul  la  luc  Sainl- 
llutiuré  (il*  la  (lourdes  Ktinlaincs,  e|  l'iiclial  des  luaisuiis  pailiculicrcs  siluécs  eil 
cet  eiiiJniil,  doiil   In  démolition  allait    pciini-lire  de  dehl.uer  ( c  Icrraiu,   devait 

I     (•■Tiiialii  lUiHT,  ICttai  iur  i'hiêluirr  itu  Thfiiire,  p.   'l'i''- 

1  (^'llr  hitloirr  rwlr  il  iVrln-,  car  i-llr  ii'ii  \v\*  onrurc  rli-  vriiiiiiciil  failr  avec  les  iioiiilirtMix  «iocu- 
iiiriiU  1im'-<IiI«  i|iil  r\liilriil.  Il  y  rii  a  «li>»  lioMC;!  i'iioriiii~»  niiv  \ri'liivi-s  iialioiinlo.s,  i|iii  sont  ciKMrc  à 
({«■|><itilll<'t 


a    J- 

a   a 


3t4  le    palais-royal 

t'trc  faiti- en  partie  jiar  If  duc  d'Orléans,  en  pailic  par  la  Mlle  On  a  Nn  pins 
haut  <pie  le  prince  avait  (kjà  acquis,  en  ly'ij),  la  maison  de  labbé  de  Fran- 
cière.  lantlis  ipie  la  \  ille,  de  son  côté,  avait  acheté,  en  17Ô0,  les  immeubles 
Mon','azun  et  J.  Durand.  En  i-G'i,  le  duc  acheta  encore  :  i"  de  Pierre  Thurreau, 
apothicaire  du  roi,  pour  t^.J.ono  ii>res,  une  grande  maison  donnant  sur  la  rue 
.Siinl- Honoré,  et  sur  reni|)lacement  de  hupielle  devait  être  établie  la  façade 
du  nou\eau  lliéàtre  (contrat  du  28  juin):  3"  de  Pierre  Venet,  pour  i.aoo  francs 
de  rente,  une  maison  située  au  fond  du  cul-de-sac,  auticnieni  dit  la  Court  au 
l\is,  à  droite  (contrat  du  i  aoùtj;  ,'<  du  comte  dEaubomie,  pour  .Uj.ooo  livres, 
ime  maison  rue  Saint-Honoré,  «  attenant  les  arcades  de  la  salle  de  r.\cadémie 
i-oNale  (II-  Mu-.i(|ur  I.  (ronliat  du  'A  diVeiubrc).  Or.  \oiri  les  articles  essentiels 
de  l'arrêt  du  (ionseil  du  Uoi,  relatifs  au\  droits  des  ducs  d'Orli-ans  dans  la 
reconstruction  de  l'Opéra  : 

\iir.  (i.  —  ...l.a  Nillf  cuiiliniiera  daNoir  sous  le  Imii  plaisir  île  Sa  Majesté  et  de 
M.  le  «hie  (l'Orléans  lajonissanee  de  la  dite  salie  pour  y  faire  représenter  l'Opéra 
et  y  donner  des  buis  publics,  sans  pouvoir  l'employer  à  d'autres  usages. 

\iix.  -. —  Monseigneur  le  i\\ir  d'Orléans  el  si-s  successeurs  apanages  aui'ont 
l'entrée  lil»re  et  franche  (l'opposition  d'un  l)aleon  de  douze  j)laees  auv  secondes  loges 
(lu  ci'ité  (le  la  Reine,  de  la  prenùère  loge  des  secondes  près  ledit  bah  un.  de  la 
lanteiiie  à  la  suite  (hid.  balcon  et  de  deux  |)eliles  loges  au  troisième  an  dessus  de 
la  lanterne  el  du  balcon,  dont  l'entrée  se  fera  par  l'intérieur  au  Palais  Royal, 
(le  manière  que  le  publie  ne  puisse  pas  y  coinnnmiquei'.  .  l.a  \  illi  ou  (  (  ii\  qui 
seront  leims  à  ces  droits  au  privilège  de  rO[)éra  seront  leinis  de  lain-  tendre  des 
tapisseries  dans  les  cérémonies  qui  l'exigent. 

.\i«T.  ((.  —  Si  rf)péra  ees.se  d'être  installé  en  cet  endroit,  le  bâtiment  appartenant 
à  M.  le  duc  dOrb'ans,  la  Ville  n'a  que  le  droit  de  revendiquer  les  meubles.  Tout  le 
rc>ile,  terrain,  construction,  apparliendioil  à  M.  le  duc  d'Orléans  pour  le  dommage 
il  lui  causé  par  l'incendie.  Le  duc  d'Orléans  n'aura  «pi'à  rembourser  la  sonmie  de 
()li, (MM)  libres,  —  savoir,  .'i'i,o(jo  livres  pour  le  pri\  d'acipusitioM  lailc  par  la  \  ille 
de  la  mai<(oii  (hi  s'  Cadeau  de  Munlgasun,  el  jj.oou  livres  ])our  cebii  de  la  uiaiMXi 
du  s'  |)iuaii(l. 

I.a  \ille  chargea  son  arcliilr.  Ir  Morcau  de  la  reconslrurlion  du  llicàirc. 
()eliii-ci  .se  mit  sans  relanl  !i  l'o^inrc,  mai^  ce  ne  lui  pa-^  sans  se  licuilcr 
Il  depiiieuses  dillicult(''s.  D'abord,  le  duc  d'Orléans  exigea  <pi.'  le  nouvel 
0|H'ra  fi^l,  comme  rancien,  enclaM-  tout  entier  dans   les  bàlinienK  du    l'alais- 

Hoyal   pour  ne  pas  avoir  l'aii   de  l'ninier   i>>Minnenl    à    part,    poiixaiil    faire 

rrmtniî^le  et  nuire  ii  l'aspect  du  Palais.  i,a  phice  (pi'il  fallait  lui  taire  devait, 
par  con<MMpient.  «'tic  lellemeni  disen'-te  (pie  e'(''tail  presipie  mi  complet  ell'ace- 
iiient.  Kn  outre,  l'architec  le  du  dur  d'Orhîans,  Clonlanl  d  lvr\,  se  i.mk  diili  aiil. 
pour  une  partie  de  s.i   |ie^..;.'ne.  ;iN,c   Mon.'.iu,  et   n  avant    ni    les   mêmes  goûts, 


m:    l'KTiT-rii.s    nu    hi;(;k>t  ^~.\ 

ni  les  iiirmcs   iiitt'irts,   ni   les   nirnics  desseins,  il  devait  ialak-nicnl    rc'snilcr  du 
nianijni'   dCnlcnlc  de   IdUfdcs    t'auti'-;   d  liarnu  mir. 

Les  liistorions  dn  l*alais-Ko>al,  \  atout,  Kd.  l-'ournior,  surlout  FontaiuL',  ont 
bcaucnu|)  insisté  snr  les  ('(insécinenres  ràclionsos  d(>  cctli'  sorte  d'antaf^'onisnie 
entic  (lontanl  d"l\iN  cl  Mdrcaii.  l']n  sa  (lualilc'  (rarciiilccle  a\aid  lnn;:l('iii|)s, 
lui  aussi,   lra\aill('-    au   même    palais,    Fonlaiiie  a    donné   ii  ses   observations    nn 


iBffoaagi» 


^^ 


:.  il. 


PIIOJET    POUR    KLt\KK     L\E    SAI.LK    n'ol-tHV    FNTRE    LE   l*At- IIS- Hu  \  \1.    Lr    Lv    IlLE     I»ES    HO>^-bMAM> 
COMPOSÉ    PAR    LE    BOURSIER,    EN     1 70'l 

(Fac-similé  d'un  dessin  original  du  Musée  Carnavalet) 

raraelère  technique  qu'il  est  intéressant  de  noter.  Mjiis  peut-être  ;i-t-il,  de  eette 
façon,  paru  préciser  plus  exactement  qu'en  réalité  il  n"é(;iil  en  mesmc  de  le 
laiiv  le  nMe  réciproque  de  ses  deux  devanciers.  C'est  ainsi  (pi'il  attribue  à 
.M(jreiiu,  outre  la  construction  de  la  nouvelle  salle  de  l'Opéra,  toutes  les  I'jk  ades 
et  le  fronton  du  Palais-Royal.  Contant  d'Ivry  n'aurait  exécuté,  selon  lui.  (pie  la 
diMc  liai  joli  des  intérieurs,  les  vestibvdes  et  le  f"r;md  escalier,  sans  a\oir  même 
pu  prévoir  les  fenêtres  que  sou  confrère  avait  percées  dans  les  façades.  Parmi 
les  fautes  de  construction  provenant  de  cette  absence  d'union.  Fontaine  nien- 
liomie  un  gros  mur  de  refend  qui  se  trouverait  au  milieu  d'une  croisée,  et 
nombre  d'erreurs  de  niveau  ou  d'alignement  ((ui  se  répètent  dans  cette  partie 
de  l'édifice. 

V  eut -il  vraiment  si  peu  d'harmonie  entre  les  deiiv  architectes?  Contant 
d  Iviy,  (pii  avilit  composé  le  projet  de  laçiide  reproduit,  comme  il  u  rii'  dit 
<-i-dessus,  d,ui^  le  i-e(iieil  de  ses  œuvres,  n'ii-t  il  ji.is  (piehpie  dinit  d';uili'ui- 
à  revendicpier  à  cet  égjnd  !'  Kidin,  est-il  exjicl  de  dire  ipie  lii  \  ille  de  Piuis  se 
chargea  non  seulement  des  liiiis  de  reconstruction  <le  la   salle  de  rUpt'ra,  mais 


3-6  r.E    p  VI.  MS-noTAi. 

aussi  (le  iviix  (11-  la  iaradr  tlii  l'alais  sur  la  rue  Saiiit-lloiiori'  el  (|ii('  cV-st  rc  qui 
oxplitiui-rail  la  pari  ilf  .Moivaii  do  co  rùli':'  l'our  ivpoudiv  à  ces  diverses  ques- 
tions, nous  nous  contenlerous  de  renvoyer  à  un  document  resté  juscju'à  présent 
inconnu,  qui  nous  nionlre  noianuneni  :  i"  tpie  c'est  le  duc  d'Orléans  et  non 
pas  la  \  ille  ipii  pa>a  la  reronstrncli'Ui  de  la  laçadt':  -r  (|ue  les  dvu\  architectes 
Morcau  et  Contant  divry  paraissent  avoir  collaboré  à  ce  travail  sans  opposition 
de  vues  on  d'inlériMs:  .".qu'ils  airissaiont  pour  cette  I)osof.nie  spéciale  au  nom 
du  prince.  aNant  sous  lein-s  ordres,  conniic  conliiMcur  des  lra\au\.  Liéhaul.  et, 
counne  iiispecleur,  l'ièlre.  arcliilecle.  dont  nous  aurons  à  nous  occuper  plus 
loin.  Ce  docinnenl  est  tmil  siuiplenienl  le  mémoire  des  travaux  de  maçonnerio 
cvécutés  au  Palais- llovd  de    lyti'i  à    1770.  \  oici  son   tilre  exact  : 

Mémnircx  itrs  oiivrtnjcx  dr  iivtroiiiicrie  roiirrrnn/il  1rs  tjriiii<ls  Inirnn.f  fnils  pour 
le  si-rrire  dr  S.  A.  Si'rôiiissimr  M'''  le  duc  il'Orh'd/i^.  premier  prince  du  sang,  en  snn 
Pnliiis  lloytd  à  Puris,  suii'unl  les  ordres  tie  M.  t'iibbé  de  Breleuil.  chancelier,  garde  des 
aeeiiux  et  eftej  du  Conseil  de  S.  A.  /?.,  sous  le  contrôle  de  M.  Liéliuiit.  conforniéinent 
aux  plans,  coupes,  projits.  étévations,  donnas  par  Messieurs  Contant  et  Morcau.  archi- 
tectes du  Itoy,  de  Monseigneur,  de  l'Académie  royale  d'Architecture  cl  île  la  ]ilte.  cl 
.sous  l'inspection  de  M.  l'ieltre,  pendant  le  cours  des  années  l/il'i.  <!.'>.  Gd.  67.  (ÎS. 
Il[).  70.  pur  Siuidrié  des  Fossés,  m"  maçon  et  entrepreneur  orilinaire  des  travau.r  de 
Monseigneur  ' . 

(  !c  mi'moiie  e>;t  inti'rc^saiil  ;  il  ne  rciiiplil  pas  moins  d'un  ^ros  rejifislre, 
qui  n'est  relatil"  ipi'au  cpiarl  de  renseiid)le  des  travaux  exécutés  au  Palais  à 
celle  épiKpie.  Mallieureii-icmcnt.  nous  n'avons  pu  reliouver  les  trois  autres 
aux    Vicliivc-  liai  iori.ilr-.  Nnici  les  litres  piiiicipaiiv  (!<•  cette  (}n(Uiiiinf  juirtic  : 

V  Aile  gauche,  rliap.  l"''  :  Inlt'riciir  tic  l'iiilc  j,Miiclie:  ic/.  de  cliausséc  :  enticsol; 
prcniier  éliip- ;  dépùl  de  rar;,'fntciic  ;  cour  de  la  Hoiiclio;  liivoir;  cnisiiie:  <:raii(l 
atpiediic  siMilerraiii  eniistniil    pnur  la  ctindiiilc  et  réciiulcnicnt  des  eaux... 

<;iiap.  Il  :  Aile  finsanl  Jacc  à  celte  de  la  rue  Saint   Honoré. 

Cliap.  III  :  l''i'iiiilispicr  diul.  l'alais  runiiaiil  avant  coi'ps  au  iiiilicii.  ri  |)(irli(|ii('> 
t\r  l'i-nlréi'  principale,  avee  arcades  de  clucinr  «  iMc'.  ,mi\  iiriièrc  corp'^  iiiIh'  les  ilriiv 
uiicH  lie  la   preiiiière  cour  ci   devant  dite,  et  sur  la  nu'. 

Tolfd  lie  la  présente  ipialrième  ptn'tie  du  .Mémoire  de  niaronncrie  :  \- 'i .^'■■'i'i  livres 
.s  !>iiU  .'l  ili'iiier-.  iiioiji'ri'  à  la  soniiiie  de  .'lS(),Ci()i)  livres. 

.Signé  :  1,11'iivi  I  '.   la(;nvM>f,   Ahlté  m:  l$Hi:Ti:cn., 
!..  IMi.  n'Oiu.i'vNs. 

I.   \rclilvn  nnlinnnl(><>,  llV  >*<>V  ncitUIrc. 

1  Jnr(|iii>*-l.oiii«  I.Ii<|miiiI  nviill  le  llln-  de  ciHlIrAlnir  lii-s  iiiriiiis  cl  ;.Mnlc  ^'l'-urTiil  des  iiiciililcs  ilii 
iliir  irOrlrniM. 

;i,  l'iirtr  liriiiialii  l.ritriinil  rloil,  l'ii  i;^.*!,  <irrliilc<'li>  ni  rlicf  du  duc  d'()rl('-iiii<i.  ri  Iniirliiiit 
i.ooii  lt«m  de  sngn. 


Morca.1,   architcac   Ju   Roi   cl  de   U    V.llc 


l'I.W     Dl      Tllhvnili     Dt     l/0l'i;ilA     KS     1770    (l'.T\GK     DES    PnEMlKllES    LOT.I.S) 
Kcconiuuit  par  l'irchitccte  Morciu,  apré»  rinccndie  de  l'ancienne  Mlle  en  176} 


T.    I.    I.K    l'A,L\l^•ltUYAL. 


3y8  LE     PALAIS-ROYAL 

Ne  nous  attardons  pas  davantage  à  ces  détails  sur  la  constriirfion.  si  inté- 
ressants qu'ils  soient  au  point  de  vue  du  problème  relatit"  ;i  la  paternité  de 
Moreau  dans  l'œuvre  de  la  façade  du  Palais.  Il  nous  faudrait  plus  d'espace  que 
nous  en  ofTre  ce  volume  pour  élucider  toutes  les  questions  archéologiques  que 
soulève  l'histoire  du  Palais- [\i\val.  Ce  (pii  est  certain,  c'est  (pie  la  physionomie 
extérieure  de  l'ancienne  demeure  du  cardinal  de  Kichelieu.  élevée  par  Lemer- 
cier.  fut,  grâce  aux  travaux  de  176'!  à  1770,  conq)lètement  transformée  et  mise 
à  jteu  jM-ès  dans  l'état  où  nous  la  voyons  encore  maintenant.  Le  corps  de  logis 
principal,  au  fond  de  la  cour  d'honneur,  dite  cour  de  l'Horloge,  apparut  plus 
gracieuse,  avec  son  architecture  composée  de  deux  ordres,  toscan  et  ionique, 
h  pilastres  régnant  dans  la  liauteur  du  nv.-dc-cliaussée  et  du  premier  étage 
où  s'aligniùent  neid"  hautes  croisées.  Le  comble  à  deux  pentes  surmontant  une 
balustrade  en  pieire  l'ut  percé  de  lucarnes  en  pierre  de  forme  ciri-iilaire:  dans 
l'av an! -corps  faisant  face  à  la  place,  les  pilastres  furent  remplacés  par  des 
colonnes  accouplées,  que  counjunait  un  attique  orné  de  petits  pilastres  corin- 
thii'iis,  de  bas-reliefs  et  de  trophées  d'armes  acconq)agnés  de  ligures  d'enfants. 
Cet  altiipie  fut,  dans  sa  partie  ceniralc,  surmonlé  d'un  fronton  circulaire  dans 
le  tynq)an  duquel  deux  ligures  ailées,  deux  génies  sculptés  par  Pajou,  soute- 
naient un  écusson  avec  les  armes  de  la  famille  d'Orléans,  remplacées  aujour- 
d'hui |i;ir  un  cadran.  Les  deux  ailes  du  corps  de  logis  central  ('laiciil  Iciiuint'es 
par  mi  pavillon  de  même  ordonnance,  avec  frontons  triangulaires,  lesquels  ont 
été  supprimés  depuis,  ce  (pii  est  donmiage.  Dans  les  tyuqians  de  ces  frontons, 
des  li;,Mn-cs  de  fi-innn-s  cl  d'eiiraiiN  auloui-  d'un  écusson  orin'  de  la  couroinie 
ducale  .ipportaient  im  accent  de  grâce  et  de  richesse.  Du  côté  droit,  cpii  touchait 
à  l'Opéra,  le  sujet  du  décor  ('tail  la  Pitidencf  et  la  Libéralité^  ;  du  coté' 
gauche,  c'i'lait  la  /•'orcr  r\  la  Jii.s/irr.  'l'ouïes  les  siulplures  de  la  fai.'ade,  d'une 
exécution  souple  et  libre,  furent  sculpt('es  p;u-  Augustin  Pajou.  Sur  la  rue 
Sninl-llonoré,  la  coin'  d'eidri'-i»  l'ut  Iciint'-e  par  un  nnu'  peict'  de  grandes  arcades 
comprises  nitrc  dfs  colonnes  accoiq)l(''es,  d'ordic  loscaii,  el  anciennement 
closes  par  trois  portes  en  menuiserie,  enrichies  de  bronzes  et  d'ornements 
modelés  par  le  sculpteur  C.nivel  :  aujourd'hui,  ces  baies,  au  nombie  de  neuf, 
soni  à  jour- l'I  ^/riili'es.  \n  fond  de  l.i  enur  d'enliée,  le  \eslil)ule  r-eproduisail 
la  disposition  dcî  ces  trois  portes  de  la  façadi-,  et  conduisait  à  la  seconde  cour 
par  une  rangée  de  colonnes.  C'est  de  <-e  vestibule  (pi'on  avait  accès  dans  le 
grand  escalier.  Tout  eel.i  n'a  p.is  ('Ic'  rnodiji.'.  d  l'aspeel  ^^é-rK-ral  icsli-  exacle- 
menl  le  même  (pi'au    monieiil  de  la  recoiislrueliou. 

Contant   d'l%r\   se  distingua  dans  la  conception  de   l'escalier.   Mien  (pu;  le 

I.  Kdiiiiiiiil  fin  riniicoiirl  |>o<«<?(lail  ilaiu  w  Ix'lli-  riilliTlinii  <li-  (li'»-iiiis  du  wuC  siccli-  iiii  pidjcl  do 
re  bacrrllt-r.  dair  iln  i-lir». 


I.E     PKTIT-III 


Itl)     UICKNT 


voisinage  de  rUpéiii  ne  lui  eùl  ^'iièie  lais-^i'  despaee,  il  sul  lui  donner  à  lu  fois 
grand  air  par  la  liaulem-  du  di'.nic  doul  il  le  surnionla,  et  beaucoup  de  grAce 
par  Tadoplion  d'une  cage  ovah-.  Après  avoir  gravi  douze  marches,  on  arrivait 
à  un  premier  palier  où  l'escalier  se  l)irui(|uail  eu  deux  pallies  montant  jusqu'à 
l'entrée  des  appartements.  La  niagiiilicpic  rampe  deuil  un  ]<•  (h'cora  fut  exé- 
cutée parCorbin,  célèbre 
serrurier  de  l'époque, 
d'après  les  dessins  de 
Jacques  Callieri.  C'est  un 
des  plus  parfaits  spéci- 
mens de  la  feiromierie 
du  xviii'  siècle.  Trente 
ouvriers  y  travaillèreni 
deux  années.  On  en  parla 
beaucoup  dans  Paris  et 
il  y  eut  unanimité  de 
louanges  : 

Le  dessin  de  cette 
rampe,  dit  une  gazette  du 
temps  (r Avant-Coureur  du 
8  janvier  1768),  est  d'un 
excellent   genre    et    dune 

exécution  admirable,  tant  ])our  le  fer  que  pour  le  bronze,  l'un  tenu  dans  sa  cou- 
leur naturelle,  l'autre  d'une  couleur  à  demi  rembrunie  bien  préférable  à  léclat 
de  l'or. 

Les  bronzes,  maintenant,  sont  dorés.  C'est  une  erreur  commise  lors  de  la 
restauration  dont  fut  l'objet  la  rampe  en  1871,  après  l'incendie  allumé  par 
la  Commune,  restauration  grandcincnl  iiéccssaiK'.  cai-,  depuis  longtemps,  pour 
éviter  de  coûteux  entretiens  exigés  par  le  fer  poli,  on  a\ail  enduit  celle-ci  d'une 
épaisse  couche  de  peinture.  L'elTcl  de  l'escalier  était  conqjlélé  par  des  motifs 
de  sculpture  et  une  sorte  de  |)i  r^pccliNe  d'architecture  peinte  sui-  la  muraille 
par  de  Machy;  on  y  voyait,  au  milieu  de  galeries  en  colonnades,  le  portrait 
d'Henri  l\ .  A  chacun  des  i('ilés  oîi  l'escalier  se  divisait  en  deux  parties,  on 
avait  placé  des  génies  de  bronze,  dus  au  sculpteur  de  Kerncvx'.  lesipiels  portaient 
sur  leur  tète  un  vase  de  cristal  servant  de  lanterne.  Enlin,  sur  le  vestibule  du 
palier  supérieur,  décoré  de  quatre  colonnes  ionicpies  caimelées,  s'ouvraieid 
trois  portes  donnant  accès  dans  les  appartemenls,  et  (pii  ('-taient  couronnées 
de  groupes  de  bronze,  exécutés  par  Callieii.  Vu- dessus  de  celle  du  milieu 
I.  Mnianach  des  Artistes,  année  177J,  p.  l'p. 


L.K    >OL>EI,LE    FAÇADE    IH'    PALAIS  -  nOÏAL 
»1>I1ÉS    I.A    nECOXSTRUCTIOX    DE    17C3-177O    FAI\    COUTANT    D'IVUY 


3go  ï-^     PALAIS-BOTAI. 

étaient  les  armes  d'Orléans,  soutenues  par  deux  ^^énios  do  six  pieds  de  liauleur: 
sur  celle  de  droite  on  voyait  les  figures  de  la  Victoire  et  de  la  (u'-itcrositc, 
et  sur  celle  de  gauche  la  Paix  et  la  Renommée,  séparées  par  un  vase. 

Contaitt  d'ivrv  lit  preuve  du  même  talent  pour  la  façade  de  la  seconde  cour 
du  l'alais-Uoyal.  donnant  du  coté  du  jardin.  1!  imagina  un  axant-corps  de 
trois  entre-coloimements  de  colonnes  accouplées,  formant  aul.ml  de  |)orliques 
nu  rez-de-chaussée,  et  couronna  le  dessus  tles  deux  ordres  tie  cet  avant-corps 
d'un  atliipie  avec  fronton  circulaire.  Huit  colonnes  cannelées,  posées  sur  un 
soubassement,  décorèrent  le  premier  étage  extérieur.  Au-devant  de  l'altique 
surmontant  ces  colonnes  lincnl  placées  les  qnalic  statues  exécutées  par  l'ajou 
qu'on  \  voit  encore  aujonrd  Imi  et  (pii  porleiil  la  date  de  i-M\  :  elles  repré- 
sentent .]f/irs.  la  Prudence,  la  Libèrulité  et  Apollon.  Leur  dimension  est  de 
Q"9o  de  liauteni-.  L'aspect  du  liàlinient  était  fort  agréable.  [.,es  côtés  restèrent 
ce  qu'ils  étaient,  (le  nesl  (pie  plii<  lard  (|iie  laile  droite  fut  modilîée,  raccordée 
avec  la  j)artie  se  prolongeant  \ers  la  rue  des  Hons-Lufants,  conservant  de 
l'ancierme  construction  de  Lemercier  tout  le  rez-de  (haussée  avec  la  décoration 
des  proues  :  de  là  le  nom  de  (ialerie  des  l'i()ne>;  (|iii  lui  est  rcsié.  L'aile  gauche, 
depuis  l'aNant-eorps  jiixpiau  I  lii'àli'e- l'"iaii(  ais.  est  ToMiM'e  de  Louis  el  dat(> 
de   178(1. 

Un  précieux  eollaiioialenr  de  (lonlani  dans  ces  divers  lia\aux  lui  lleini 
Piètre,  (pii  l'tail.  aiii-i  iiu'oii  l'a  \n  dans  le  doiumeni  cité  plus  haut,  inspecteur 
di'S  ti.naux.  Cet  aili>le  est  resté  obscur,  el  I du  ne  sait  (pie  fort  peu  de  chose 
>ni  lui.  (Ml  Iroiive  son  nom  sur  les  étals  du  peisoniiel  du  due  d'Urléans  avec 
la  (pialité-  de  »  contrôleur  des  bàlimeids»  sous  les  ordres  de  Pierre-tJermain 
Le  (iiand.  indi(pié  comme  rarchilecle  en  tilre'.  Ses  talents  devaient  être  très 
certaiminenl  .ipprécit-s  du  piiiiee,  car  celui-ci  ne  lui  in(''nag(\iil  point  ses  faveurs 
el  ajoutait  souvent  des  gratilicali(jns  à  ses  appoinlemenls  régulier^,  qui  elaieiit 
de  5,'»no  li\res  par  an'.  .Sur  la  liste  des  personnes  ipiil  pensionnait,  je  lis 
cette  mention  : 

A  Demoisclli?  Viclorine- Angélique  i'ièlre,  lillc  iju  eonlrùlciir  des  bàliineiilb 
de  S.  A.  H.,  'iou  livres. 

Mais  précisément,  sans  doute,  en  raison  de  ses  fonctions  sp(''ciales,  (pii  lui 
cn-nienl  un  nMe  im  peu  subalterne,  Henri  Piètre  sest  Irouvi'  ('clipsé  |)ai-  ses 
chefs  de  lile,  el  il  n'es!  p.is  très  smpieiianl  que,  (oiilim''  d.ins  ranonvnuil,  il  ne 

I.  (^iioiit  il  rnrrliilriif  l.r  (irniiil,  hou  trait«>mi'iil  <'-tail  de  v.inh)  libres.  O  l.o  (irniiil  ôlai(-il  un  îlls 
ou  un  iipvou  iIp  riircliili'i'li-  du  iiiOiiiu  iioiii  i|iii  iiMiil  rit'  iilUiclir  ati  U('Kcnl.'  Os  «'liui'i;*'^  se  Iraiis- 
nii'lliilnit  viii«i-iil  (II-  |h'ti'  imi  IMit.  —  Arclii%«!i  iialiiinnlfi,  Invfiilnire  iiprès  ilécrs  </<•  Louix-Pliilippe 
d'DrIniiit,  \'\  ijiNi. 

>  liiHiUiil  il'lvr)  iitnit,  lui,  M-s  honoriiin-t  il'nrcliilcrtp,  mais  |iiiiiit  ilc  (raili-niont  llxe.  Nôaiiniuiii!!, 
Il  liuicliit,  tir  i;.')!  juviu'ii  M  inori,  ni  1777.  une  Krutillcaliori  aiimii'lio  di-  iTin  livres. 


'M 


■f>il. 


-     b 

r    5 


i.K   pnri-i  lis   DT-    nK(^F\T 


.38 1 


jouisse  pasdo  la  ivinilalion  à  l,i,|i..-ll('  il  paraît  aM.ir  .|,i..|,|m,.  ,|rui(.  Il  est  avéré 
cependant  qu'après  la  luoil  de  Conlaiil,  ("est  lui  .pii  .oiilinua  au  Palais-K..\al 
les  travaux  de  déeoralion  des  appail.Mi Is.  L.-s  dessins  oii-inaux  de  .-.•t  artiste 


DtCOHATIOS    DES    APP\in  EMESTS.   —    PHILOSOPHE    CMISOIS,    PAU    IIOl'<:HEn 

conservés  au  Musée  Carnavalet  eu  l'ont  foi.  Nous  eu  reproduisons  un,  entre 
autres,  qui  porte  la  date  tic  Taïuiée  1778,  et  uionlre  un  projet  de  transfor- 
mation de  raucienne  galerie  des  Illustres  de  Hiclielieu  eu  inie  sidli-  «le  hal. 
Au  revers,  on  lit  ces  mots,  écrits  de  sa  main  : 

De  l'ordre  de  M.  le  due  «le  Chartres,  salle  de  bal  et  pièce  des  Hommes  illustres, 
faits  sur  mes  dessins  et  conduits  en   177^!.- —  PuVriu:. 


Trois  ans  auparavaid,  Piètre  a\ail  reçu  du  «lue  de  (lliarires  —  lequel 
se  piquait  volontiers  d'avoir  le  goût  des  sciences  —  l'ordre  de  construire  un 
Observatoire   pour   lui   faciliter  l'élude   des  planètes.  Une  lettre  écrite  à  cette 


38a  LE      PALAIS-ROYAL 

occasion    par   rarcliiti-cte   iiioiitre   bien    le  rôle  qu'il   jouait    alors    au    Palais- 
ll<)\al.  EIK'  sciiiblf  adressée  au  rhaiicelicr  du  prince  : 

Monsieur,  ji'jriiorois  ce  que  pouvoit  coûter  une  Observatoire  lorsque  j'eus 
Ihonneur  de  vous  dire  que  M^''  le  duc  de  Chartres  m'avoit  ordonné  de  lui  en 
faire  une  sous  votre  bon  plaisir.  J'ignorois  aussi  la  place  où  elle  seroit  posée,  et 
comme  il  faut  beaucoup  de  solidité,  on  a  trouvé  qu'il  n'y  avoit  pas  d'endroit  plus 
commode  ni  plus  élevé  que  le  dessus  du  comble  de  la  salle  à  inant^er  dont  les  vues 
donnent  sur  la  Cour  des  Fontaines,  que  les  instruments  seroient  posés  sur  le  mur 
qui  sépare  la  dite  salle  et  les  appartements  de  M""'  le  duc  d'Orléans.  Kn  conséquence, 
Je  fis  les  plans  de  celle  Observatoire  ainsi  que  la  coupe  et  l'élévation  que  j'ai  l'hon- 
neur de  vous  envoyer.  En  suite,  j'ai  fait  le  devis  dont  le  montant  est  de  iS.qo'i  livres 
I-  sols,  non  conqiris  la  machine  mobile  de  l'intérieur  et  ses  dépendances  (pu-  l'on 
ne  peut  apprécier  parce  que  c'est  plutôt  une  afi'aire  de  temps  que  de  malériauv. 

Je  croyois  que  cette  Observatoire  pourroit  bien  couler  5  à  G,ooo  livres,  lorsque 
j'eus  l'honneur  de  vous  en  parler;  mais  la  chose  devenant  sérieuse,  j'abuserois  de 
la  permission  que  vous  m'avez  donnée  de  faire  celte  Observatoire,  si  je  ne  vous 
soumeltois  et  les  plans  et  le  devis  avant  de  rien   commencer. 

J'ai  fait  part  du  devis  à  Monseifjfncur  qui  trouve  cela  bien  cher,  et  cependant 
S.  A.  S.  désireroit  bien  qu'elle  fut  exécutée,  relativement  à  l'étude  qu'il  veut  faire 
des  mouvements  des  planètes. 

Je  ne  ferai  rien  que  je  n'aie  reçu  vos  derniers  ordres  à  ce  sujet. 

Je  suis  avec  un   très   profond   respect.    Monsieur,    \otre    Irc's    lunnble    el    très 

obéissant  serviteur. 

l'n'nnE  >. 
30  juin  i~i~-'. 

D'autres  documents  qui  se  trouvent  au\  Archives  nationales  témoignent 
encore  de  la  part  active  de  Piètre  dans  l'ornemeidalion  du  Palais-Koyal  à  cette 
époque.  Ce  sont  des  dessins  de  meubles,  de  lambris,  des  remaniomenls  dans 
plusieurs  parties  de  l'i'dilice.  On  se  rend  compte  que  cet  artiste,  depuis  la  morl 
de  (Idiitant  d'hiv.  remplissait  ri'ellemeiit  les  fonctions  darcliitecle  du  Palais. 
Oolte  silualimi  s'allirina  di'  pliH  en  phis  jiis(|u';i  raioK'c  17S1,  oîi  se  produisit 
ravèuement  de  Louis.  Dès  lors.  Piètre  dut  s'ellacei'  tout  ;i  l'ait,  et  si,  en  i~^'>. 
iiu  trouve  encore  son  nom  sur  les  rejrisires  des  traitements  du  persomu'l,  c'est 
toujours  eu  (pialili'  d(>  »  cniiInMeur  des  H.'ilinuMils  de  Monsei^jfiieur  ».  Poinlanl 
—  ce  (pii  est  ime  nouvelle  preu\e  de  la  conliance  tpi'.ivail  en  lui  le  liiie 
•  l'Orli-ans —  il  fut  chargé,  en  I7H(),  d'étudier  un  projet  de  bàlimenl  ([iii  (ie\ail 
relier,  il  lem-  exlié-rnih'  sur  le  jardin,  les  driix  .liies  du  i'aJais- U(i\al,  el  icm 
plneer  la  lerrasse  ii  arcades  grilli-es,  dalaiit  de  lUeiielieu.  (pi'on  avait  di-molie 
iMi  i"'>.  Piètre  .se  mil  à  lieuvre  et  dress.i  un  projet   dont  donnera  une  idc'-e  le 

I.  SnlilvM  iinlIoiinli-K.  l'Iaiin  Sr-iiii-,  :»•  <Iiinv.  fi'iS.  ir  3.  Li-ît  dcssiii!!  il  (li\i?t  ili-  ri)l)»ri valuirc  l'ii 
i|iir«l|iiii  Miiil  jdliiU  il  rcMi'  Ifltnv 


I.K     PF.TIT-FII.S     m       UKr.KNT 


.•{s:i 


dessin  n'duil  (juc  lums  ii'pi'oduisuns  ici(\(>\«'/.  p.  .iST)),  d'apn'S  roi'ij,nii;d  ti'omi' 
au\  Arcliives  nationales.  Chose  cni'itMise!  on  y  conslalc  des  analo/^dcs  l'ia|)|iaiil('s 
avec  la  conception  (|uo  devait  bient(')t  léaliser  Lonis  dans  les  j^aleries  onlonrani 
le  jardin  :  même  ordonnance  fj^énéiale,  même  halnstiade  an-dessns  de  lenta- 
hlenuMil.  même  emploi  des  pilastres  canneh's  à  cliapitean  corinllnen.  Ksl-cc 
simple  coïncidi-nce,  on  liien 
Louis  connut-il  ce  pidjel, 
établi  quelques  mois  axant  son 
entrée  en  fondions,  connue 
Piètre  a  pris  soin  de  Findi- 
(pier  en  le  datant  de  sa  propre 
main  :  Janvier  tlSl  ?  En  tout 
cas,  il  ne  l'ut  pas  exécuté.  A  la 
place,  on  laissa  s'installer  les 
boutiques  de  bois,  échoppes 
sordides  dont  prirent  posses- 
sion des  marcliands  (pii  tirent 
de  cet  endroit  le  plus  étrange 
des  bazars,  d'où  le  sobricpict  JH-+ 
(pii  lui  fut  donné  de  «  Canqi 
des  Tartares»,  parce  que, 
disent    les    Mémoires    secrets 

du  8  juin  178G,  ce  fut  ((  le  rendez-vous  do  tous  les  crocs,  escrocs,  filoux, 
mauvais  sujets  dont  abonde  la  capitale».  Mais,  dans  cet  intervalle  de  1780 
h  1786,  bien  des  événements  s'étaient  produits  au  Palais-Hoyal  et  en  avaient 
transformé  la  physionomie!  Nous  nous  en  occuperons  au  chapitre  suivant. 
Pour  l'instant,  il  ne  s'agit  que  des  travaux  exécutés  de  1752  à  1770  par  les 
ordres  de  Louis-Philippe  d'Orléans,  petit-fds  du  Régent. 


CASAPE    POUR    LE    PALAIS- IIOT.IL 
risinal  de  Piitrc,  conservé  aux  Archives 


LA   RESTAURATION   DES   APPARTEMENTS 


Tandis  (pi  à  lextérieur  du  Palais-Royal  étaient  conduits  presque  sans  inter- 
ruption depuis  l'atmée  1754  les  travaux  considérables  dont  nous  venons  de 
parler,  à  l'intérieur,  des  transformations  nombreuses  étaient  entreprises.  On 
remaniait  les  appartements  de  fond  en  cond)le  pour  la  dixième  fois,  et  la 
décoration  se  trouvait  rajeunie  selon  la  mode  du  .join  [)ar  des  artistes  en 
possession  de  la  vogue.  On  a  vu  plus  haut  tpie  li'  duc  d'Orléans  n'était  pas 
sans  avoir,  en  fait  d'art,  des  idées  pensomielles  et  des  prédilections  raisonnées. 


3g4  I.F.      PAI.  MS-ROYAL 

C'est  lui  (jui  inspira  les  cliangenients  réalisés  par  Carlaud  cl  par  Contant,  et 
c'est  i)areillomt'nt  d'après  ses  inslruclions,  on  n'en  saurait  doulor,  que  rorne- 
inenlation  intérieure  fut  conçue  et  léalisée.  A  la  mort  de  son  «  premier 
peinti-e».  Charles  Coypel,  en  1702,  il  avait  donné  la  succession  de  celui-ci, 
avec  un  traitement  annuel  de  Ooo  livres',  à  .l.-lî.-M.  Pierre,  lartiste  dont  le 
talent  facile  faisait  alors  fureiu-,  et  cpii  se  mit  aussitôt  à  exécuter  tant  h  Saint- 
Cloud  qu'au  l*alais-l\o\al  une  foule  de  compositions  :  plafonds,  trumeaux,  etc., 
iloul  on  ne  parlait  {pi'avec  une  respectueuse  admiration.  Très  haliile  cnuitisan, 
J.-U.-M.  Pierre,  avec  ses  airs  de  nfentillionune,  s'entendait  à  merveille  à  se 
faire  valoir.  11  en  arriva  à  ce  point  (pie  son  talent  sembla  h  ses  contenqiorains 
hors  de  toute  discussion.  On  ne  cilait  jamais  ses  peintures  du  Palais-lloyal 
sans  les  acconqia^Mier  du  mot  de  n  cliei-dieiivre  ».  Il  ueu  subsiste  rien 
aujourd'hui. 

La  décoratif»!!  arcliileeturalc  (laii>  les  dcmeiui's  seifineui'iales  de  Paris,  vers 
l'année  lyOo,  conunençait  à  manpier  de-ci  de-l;i.  par  des  svmptômes  encore 
rares,  mais  signilicatifs,  une  certaine  lassitude  du  style  rocaille,  des  chantour- 
neuu-nts  excessifs,  des  combinaisons  baroipies  des  lignes  courbes  ou  brisées, 
dont  on  abusait  de  plus  en  plus  depuis  la  Héfj(>nce.  C'était  le  temps,  cependant, 
où  régnait  avec  le  plus  de  frénésie  le  goût  des  fii/r/uerics  et  des  c/iindiserics, 
tpii,  sous  toutes  les  formes,  siiilioduisaienl  dans  les  habitudes.  Il  tant  reuiar- 
ipicr.  en  riVrl.  i|iii'  1.1(1  oriental  e\ei(;a,  pendant  tout  le  wiii'  siècle,  en  l'rance, 
une  inlbniH"-  i|ui  i  ut  incontestablement  le  UK'rite  di-  répandre  dans  les  habita- 
tions le  cliaiMii-  des  couleurs  claires.  C'est  aux  |)orcelaines  ciiinoises  que  les 
artistes  emprnntèi-enl  ces  beaux  Ions  chatoyants  ipji  égayèrent  alors  depuis  les 
lambris  et  les  nieid)les  laquc's  JMS(pi;inx  robe>i  des  femmes.  Les  verts  pistache, 
les  \erls  olive,  les  roses  nu  nu , ml--,  les  bj.uic^  lailcux  ou  les  gris  pâles,  les  somp- 
tueux jaunes  soufrés,  les  Ncrruillous  luiuiucux.  les  bh'us  (•(•lesles.  dont  s'étaient 
eni\rés  des  peintres  lels  (|uc  Wallcau.  Natlici.  rocipic  ou  I5elle.  ces  fraîches  et 
dëlicates  nuances  iiparurcul  il.uis  les  oruciuiuK  que  des  (K'coi'alenrs  connue 
Pilleiuenl,  ilufl.  PeNrolle,  etc.,  dessinèreid  pour  les  bondoii-  dis  lu.uipiises  ou 
|e>  salons  princi<-rs.  Il  n'\  eut  guère  île  chàleaiix.  alors,  ci  uièuie  d  liabilalions 
l.'Uit  soit  pi'U  cossues,  qui  ne  recmcnl  une  dccdialiou  Av  vy'  geme.  A  ChoisN,  la 
menuiserie  de  la  salle  ii  manger  du  roi  cl.iil  ornée  darabesipies  el  de  petites 
li^'ures  chinoises,  n-nvri-  de  PcNrolle.  qui  :i\ail  ég.demeni  peint  ;i  la  liie  les 
Mioiduris  el  les  nin<ineuls  di'  celle  pièce  bleu  sur  fond  blanc.  V  Clianlill\.  le 
prince  de  Coiidi'  a\ail  l'ail  installer  le  fameux  siilmi  drs  Sin}^fs.  qui  est  reste 
un  l>|M'  de  (cs  fanlaisies  spirituelles  et  baroques.  \  P.iris,  les  hôtels  de  Soubise. 
de   Kohini-Cbabol.  de  |)i(.uis,  du   due  de    |,a  \  allier.-  i  ;i  Monirouge).    le   l'alais- 

I.   \rclil»n  iiallotiair»,  Trrxirerlt-  cli-  t.oiil«- l'Iiilliipi;  iIOiU-iiiin.  \ '*,  ijiKi. 


T.F.     P  F.  ri  T- III.  S     m       Ul'liKNT  .585 

Bourbon,  la  gali'iif  ilc  FIiôIl-I  (!<•  \  illais,  clc,  sacrilianl  à  la  iiiodt",  s'rtaii'iil 
aussi  parés  de  ces  sujets  badins,  (|iii  scniblaiciil  iiulisptMisitblcs  pour  donner  à 
une  demeure  le  fou  aimable  et  frivole  (|ti'on  recliercbait  par-dessus  tout.  Oetle 
folie  d'orientalisme  dura  jusqu'à  la  veille  de  la  Uévolulion.  On  sait  qu'elle  mit 
son  empreinte  sur  toutes  choses,  sur  les  costumes  coninic  dans  les  jardins. 
Les  curieuses  reliures  de  la  bililiolliriiin'  des  ducs  d'Orh-aiis  qui  sont  à  \'ersailles 


irccc 


:jir::^ii^>'ii!>..i.'CT^y 


hl.l.\\llnN    1>L    PALAIS  -  lUJYAL    IH:    ctMl      M      JMll>IN.    -"IINA^T    LE    PRUJET    l»K    IMLIKL 

FAIT     E\     JASMLH      I7S1 

(Reproduction  d'un  dessin  original  des  Archives  nationales) 

en  sont  un  témoignage,  aussi  bien  (jue  le  fameux  parc  à  la  chinoise  dont  le 
duc  de  Chartres  entoura  sa  maison  tie  Mmilccan  cl  qui  [)lut  à  ce  point  à  la  reine 
Marie-Antoinette  que  celle-ci  envoya  un  artiste  spécial  copier  ce  modèle  pour 
en  reproduire  les  bizarreries  ;i  Trianon  ' .  On  y  voyait  des  lacs,  des  îles,  un 
miiiaicl  iiianics(|uc.  des  tentes  turques  et  tartares,  un  jeu  de  hjigue  chinois,  etc. 
\y  duc  Louis-Philippe  d'Orléans,  qui  partageait  la  manie  de  son  temps 
pour  le  «  lacbinage»,  ne  se  décida  certes  pas  à  proscrire  brustjuemenl  les 
turqucries  de  sa  demeure;  mais  il  voulut  que  le  Palais-Royal,  tout  au  moins 
dans  les  appartements  de  réception,  fût  empreint  de  ce  caractère  d'élégance 
sobre  et  de  noblesse,  inspiré  de  l'antique,  (pii  déjà,  simposant  aux  décorateurs, 
annonçait  l'élaboration  jikk  haine  du  style  Louis  XVL  En  1760,  Gabriel  cons- 
truisait l'Ecole  militaire  et  le  Garde-Meuble.  François  IMondel,  professeur 
à  l'Académie  royale  d'architecture,  dirigeait  le  mouvement  de  réaction  contre 
les  méthodes  d'Oppenordt  et  de  D'.Vviler.  Son  élève.  Le  Hoy,  venait  de  publier 
son  ouvrage,  les  Ruines  des  plus  hritu.r  monuments  de  lu  Grèce  (1758), 
renqdi    des    meilleurs    exemples.    On    cimsli  iiisait    ou    bien    on    restaurait   des 


I.  Kllf    fit    prendre,   noliiiiiini'iit.   le   iiiodcle,  en   une    n'iliiclion    en   plâtre,    du    'jeu    de   l)i«f;ue 
chinois".  Ce  niudèle  coûta  /i,2'ili  livrer.  —  Archives  niilii)ii;des.  ()',  .'io'ia. 


386  I-  E     P  A  L  A  I  s  -  R  O  Y  A  L 

hùlels  duul  on  Nuulail  luriu-iuenlalion  délicate  cl  ori^jinalo.  coininc  la  maison 
du  financier  Houretlc,  les  liùtcls  de  Tonlousc  et  do  liiron.  la  maison  de 
canipa^rnc  «le  d' \i-j:oiison  à  Neuilly.  la  galerie  de  TIkMcI  de  Choiseul,  etc. 
L'architecte  du  l'alais-KoNal,  Contant  dlvrv.  adepte  Ini-mème  des  nouvelles 
doclrines,  n'eut  j^arde  de  nian(|U(i-  locçasion  de  les  applicjuer.  Si,  d;ms  les 
appartements  décorés  par  lui  à  i-ette  date,  cl  dans  les  meubles  qu'il  dessina,  il 
n'alla  pas  toujours  jusiju'à  s'ail'ranchir  des  motifs  cliers  à  l'ancienne  école. 
de  certains  allrihuts  il  trophées,  des  coquilles  au  sonuml  des  paiituaux.  du 
moins  il  renonça  radicalement  au\  ornements  ridicules  ([ue  la  mode  nudli- 
pliait  partout,  tels  que  tiges  de  palmiers,  guirlandes  biscormies,  rocailles 
et  jialmettes.  tl'esl  toujours  le  slxii-  Louis  \\ .  mais  singulièremciil  assagi. 
\.' Knii/cluf)i-(liti\i'  Diderot  |)ublia,  vers  1770,  quelipies  planches  des  «grands 
apparl<'menls  »  du  l*alais-l\oyal.  d'après  les  dessins  de  dontanl'.  Nous  les 
reproduisons.  Ils  mmiI  nous  aider,  ainsi  (pu'  li'  plan  |)(ul,iiil  la  dalc  de  17(1'!. 
dans  la  rapide  di-scriplion  (|ue  nous  devons  donner  ici  |iour  l'aire  comprendre 
les  principauv  changemeids  apportés  à  la  distribution  des  pièces  cl  nous 
indi(pi<'r  li'in-  décoration  générale. 

Pour  ju'-nétrei- dans  les  appartements  du  Palais-Royal,  le  visiteur,  ;i  partir 
de  1770,  n'a\ail  |)lus  besoin,  connue  au  lenqjs  de  lliclu-lieu,  d'alli'r  chercher 
l'élroitt'  ouM'ilui'f  di'  lescalicr  dans  I  ariglr  ihoil  de  la  seconde  cour. 
L'i'scalier,  consliiiil  |)ar  (  iordani,  s'oIVrant  îi  lui  sous  la  \oùle  même  du  corps 
de  logis  principal,  il  n'a\ail  ipi'ii  le  gravii',  cl.  sur  le  palier  du  pi'cmier  t'Iage, 
trouNait  df\;ml  lui  trois  portes:  eellr  dr  droilL-,  oiiviaiil  -iii'  le>  ,i|i|iailinicnts 
du  duc  il'Orléan»,  celle  de  gauche  sur  ceux  du  duc  de  Clliarires.  celle  du 
miliiMi  sur  ceux  (pii  dt-vaient  sciNir,  (piehpies  années  plus  lard,  à  la  l'eninie  du 
jtMiMc  |)rinct''.  l'iiilraiit  par  la  porir  du  ci'ilf  droil.  on  Ifouvail  sncces>>i\rriuiil 
Ifs  antiihandiri-s  des  |iages,  di-s  valels,  |)uis  lelle  des  genlilshommes.  qui 
conununiquait  d'mi  ciMé  à  ime  grande  salle  à  manger,  sui\ie  d'un  s|)!i'ndide 
salon,  di-  l'anln-  <-ôté  à  l;i  ihaudirc  ,'i  courlicT  de  p.ir.ide.  C'e^l  l.'i  '-imIouI  <|Ui' 
(lontani  d  l\r>  a  di-ploM-  ses  lalcids  de  décoialrur.  \o\ons  de  cpieile  manière. 
Passant  par  l'anlichand)!!-  di-  la  lisri'c,  ornée  de  |)eiidures  (pii  simuleni  des 
pila.slres  (nscaiis,  aM-c  «les  ligures  cl  des  \ases,  le  tout  cvcculé  par  (iiiilhl. 
Mcjrlin  rt  de  I^Mise.  d'jqirès  des  composilions  de  .I.-IL-M.  Pierre.  lra\ersorrs  la 
H.rllf  il  manger,  île  forme  o\ale,  oiirée  d'irne  ai'cliil«-clrn'e  de  slm    dorri   «le  poli 

1  iiilcr*.  ({rn«i'-«  |wir  l.c  Cuiiii,  m-  <iiiii|irf iir  (|uc  corlaincs  piéco  iIl-".  kimikI»  iippiirlc' 

lllinr . 

:>  l'iiiir  lii  ili>lrilMiUiiii  ilin  ap|Mrli'liiiMil<  <lil  l'.iliii«-ltii>.il  .1  ri'lli-  i'|Mi(pii',  il  r.iiil  ioiimiIIii  mii  (oui 
un  ikM-iiiiiriil  liK^lii  ili-  17W  i\ri|ilvi>^  iMlioimlf».  lO.  jf*.!!,  rt  le  pmii'iix  .-r  i,iiiv.jiii.' |Mlil  \<iliiiiii< 
liilHiili-  l(/n«ifiiir/i  1(11  l'alnit  •  Itoyal  (i;^.'»!.  ilmil  J«<  n'ul  rrii<-iiiilri'- <|iriMi  mmiI  i-xciiipliiirr.  ipii  fiiisiil 
parlli'  iIp  U  riijlixlliiii  du  iHirnii  l'kiioii',  lu  plii|Mrl  dus  iiuliv»  diM liplioici  du  l'uliii:!  miiiI  |hmi  clairi-s 
<>u  ('rruiiii-< 


J.K    PETir-Kii.s    1)1     m';(ii-.Ni-  887 

et  la  iVaù-hour,  »  dit  (rAi-;.--('ii\illc '.  ..  imilciit  le  maihrr  au  |i<>iiil  (l\  rtiv 
trompé.»  Nous  voici  dans  le  salon,  vaste  piree  de  plus  de  di\  luèlies  <\r  Unifr 
sur  neuf  de  large,  que  Coulant  a  re\ètue  dune  menuiserie  peinte  en  hianc.  et 
qui,  avec  ses  ornements  sculptés  et  dorés  d'or  alternativement  mat  et  bruni,  a 
le  plus  grand  éclat.  La  porte  est  à  glace,  et  s'ousre  entre  deuv  nielles  occupées 
par  des  sofas  couverts  d'étofTes  or 
et  argent  qui  donnent  à  la  pièce 
un  aspect  de  rare  magnificence. 
Au-dessus  de  ces  sophas  sont  des 
glaces  qui  répondent  aux  croisées 
vis-à-vis  et  répètent  le  spectacle 
du  jardin.  Le  chambraide  de  la 
cheminée  est  enrichi  de  bionze 
doré  d'or  moulu,  et  orné  dans  ses 
angles  de  girandoles  correspondant 
à  d'autres  girandoles  au-dessus 
d'une  table  de  marbre.  Des  pilas- 
tres corinthiens,  d'une  large  allure, 
masquent  Firrégularité  de  la  pièce 
et  soutiennent  cette  décoration, 
dont  les  tendances  nouvelles  sont 
immédiatement  signalées.  UJùtci/- 
clopêdie  de  Diderot  en  vante  «  la 
grandeur  et  la  noblesse»,  qu'elle 
oppose  aux  frivolités  ordinaires  du 
genre  à  la  mode,  et  loue  surtout 
la    nouveauté    des    motifs    sculptés 

en  perfection.  Il  est  certain  que  doutant  a  eu  rainbilion  de  l'aire  de  ce  salon, 
auquel  il  apporta  tous  ses  soins,  une  sorte  de  répliipie  à  celui  d'Oppenordf, 
situé  à  l'autre  aile  du  Palais,  sur  la  rue  Richelieu.  Le  plafond,  peint  par 
Pierre,  «dont  le  nom  seul  dit  tout,»  assure  V Iùi(i/cl(>/)édie,  représente  Mer- 
cure qui  conduit  Psyché  à  Jupiter,  au  milieu  des  dieux  de  l'Olympe,  avec 
l'escorte  des  génies  et  des  amours  tenant  des  guirlandes  de  lleurs.  Au-dessus 
de  la  corniche,  l'artiste  a  peint,  sur  un  faux  socle,  des  enfants  occupés  aux 
préparatifs  de  cette  Apothéose  de  Psyché  et  jouant  parmi  les  faisceaux  de 
lis    entrelacés   de   roses,   de  myrtes   et  de   lauriers.    Enfin,   pour  achever,   les 

I.  Voyage  pittoresque  de  Paris,  1-65,  p.  78.  —  Des  vestiges  de  la  décoration  de  cette  salle  ù  manger 
existent  encore.  Les  murs,  revêtus  d'ornements  en  stuc,  ont  été,  dans  ces  dernières  années,  peints  et 
dorés.  On  retrouve  au-dessus  des  portes  et  des  fenêtres  les  médaillons  en  i^risaille  dans  lesquels  de 
Machy  avait  représenté  des  groupes  d'enTants  et  des  ligures  allégoriques  de  fenuues  couchées. 


i)Kcon\TiON  Di:s  .4I'I'\ii-ik\ifnts  par  petrotte 

SUJKTS    CHINOIS 


^gi^  LE     PALAIS-ROWI. 

quatre  purk-s  du  salon  soiil  surmonlées  de  bas-reliefs  exécutés  par  Cousiou, 
et  fiffuraiil  iliNers  épisodes  de  Ihistoire  de  Psythé.  La  •:ravure  de  Le  Canu, 
cpii  est  ici  reprudiiile  (nou'z  page  Sgâ),  d'après  le  dessin  de  Conlaiil  dlMy, 
ii»di«pie  sunisammeiit  reiiiplarement  de  ces  bas- reliefs '. 

La  chambre  à  cnucher  n'était  pas  moins  somptueusement  ornée,  avec  ses 
pilastres  corinthiens,  son  alcôve  fermée  par  des  balustres  sculptés  et  dorés, 
ses  boiseries  d'un  admirable  travail.  Toute  la  partie  du  Palais  occupée 
anjounrhiii  par  les  administrations  du  Conseil  d'Ktal  et  de  la  direction  des 
beaux- Arts  fut  entièrement  remise  à  neuf.  C'était  la  plus  d'-laissée  depuis 
longtemps,  car  on  a  vu  ipie  le  Kégent  avait  disposé  ses  a|)partemenls  dans  une 
tout  auliv  direction,  du  côté  de  la  rue  Iliclielieu.  Son  petil-tils  re\(Miait,  lui,  à 
l'aile  droite,  où  s'était,  jadis,  si  magnilicpiement  installée  Anne  d' Autriche,  et, 
dans  l'avant-corps  du  bâtiment  ceiiliai  donnant  sur  le  jardin,  il  nliésilait  pas 
à  scinder  l'ancienne  et  lr(i|)  longue  salle  des  gardes  pour  y  ('lablir  les  pièces 
communes  de  la  famille,  une  salle  à  manger,  im  salon  de  jeu  el  un  salon  de 
compagtjie,  ce  dernier  à  la  place  de  la  chambre  si  joliment  ornée  autrefois 
pnnr  llcniii'tle  d' Vngleterre,  el  oii  Noi'l  Covpel  avait  |)eint  un  plafond  doid  on 
relron\e  l'indication  dans  la  légende  du  plan  de  17(10,  reproduit  ici'  (p.  3(ir)). 

Contant  d'hrv  laissa  à  peu  près  intacts  les  apparlements  d'honneur,  dans 
l'aile  limite,  oii  l'on  trouvait  la  galerie  des  lMi)leau\,  la  liil)]iiilliè(pic,  le  cabinet 
de  travail,  le  salon  d'(  )ppenoidt,  etc.  Toutefois,  de  ce  côté,  la  galerie  des 
lioinmes  illustres,  si  souvent  transfoiinée  depuis  Uichelieu  el  déjà  réirécie, 
fui  encore  ré<luile,  et,  plus  loin,  iiiu'  ;iulre  galerie  refaite,  donnant  siu'  la  rue 
Saint -Honoré.  Eidin,  la  chapelle  du  piemier  étage,  de  même  (|ue  celle  du 
rez-«le-«-|iaussé»',  furent  décorées  à  nouveau.  Dans  celle  du  haut,  le  plafond  en 
sophite  fui  exécuté  sur  les  dessins  de  J.-lî.  Pierre,  (pii  représenta  au-dessus 
de  l'autel  V Assum/iliofi  <lr  la  Vicr'^f  :  celle  du  bas  fut  également  repeinte, 
et  l'un  >  pinça  im  tableau  d'Augustin  Carrache,  IWppiiritlon  de  .\ofrr- 
Seifjnriir. 

Il  itérait  s.ins  iiiti'-rrt  de  récditcr  ici  l;i  liste  des  tableaux  de  la  collection  du 
Palnis-Hoyal,  publii'-c  tant  de  fuis  p.ir  les  (liiiilrs  tir  Ptiris  du  xvin'  siècle,  en 
indirpianl.  comme  l'a  f.iit  il' \r;:i'n\illr.  Iiin-  nmidire  et  leur  place  exacte  dans 
\rH  diverses  pièci-s  où  ils  •'•laienl  exposée.  |„i  M^te,  je  l.i  donne  à  In  lin  de 
ce   volume.    Pour    le   reste,    les   indications  de    d'Argenville   sont    absolument 

I  ()f|«  w>nl  itcTfriim  r«-i  Min  ilivornllnim*  Il  n'rii  n-^ilr  (iliis  Irnro.  I)aii>  ><)ii  rxo-lli'iil  \oliiiiir  »iir 
'  '  l'itrit  iiMijH,   I».   jfi.'i).   M.  (Il-  i:iiiiiii|iiMii\  iliVliiri'  i|irii|iri-i  riiicnidii'  ilii 

•  ' '  r  I  lilliili-»  I  lini'Ki'-^   ili-  rr«liiiirfi    Ir  iiioiiiiiiiriil   iirrnrlii'iriil  niii«  pilic  li's 

II'  ^  .     ■■'  »"r  '«•'  ili'«lii»  ilr  i;<iiiliiiil  !•!  ili'  t.iiiiit.  On  en  111  ili-»  luti  ipii   fiiriMil 

«nifjiu  ■  Imican.  In  aiiiali'iir,  M  Momnlliil,  ni  nri|iiU  i|iifli|iii's-uii«.  Cn  |uirril  Miiidalliiiir  iw  ><■  priil 
roncwoir.  Il  n'a  Hé,  iiialliriirriitriiinil,  i|iii<  Irnp  friMiuriit  rlirt  iiniii  rn  ri-  .Hii-clr! 

I.  (>  %»lnn  ni  liiari|iir  «iir  l<<  |il.iii  {lar  la  IrUrr  /. 


h^h- 


I — « 


r.- 


:  t 


-3i^t'VVi^qMJ 


I 


•  <»-•--»-*  •-♦ 


5~- 


-1-: 


f   ttb  jCi.  .A  lA-in 


I 


•»  »  ♦  »-»  »  *  T  »  -  *  ^^WonA  *rf|i.  *  rnr  «p  i«F  «r  -«r  ¥  Ik*  'x 


?H 


»- 


Ht.    a* 


LE     PETIT-KII.S     nr     UKC.EVT 


■ASq 


\ 


illiiSdiros.  car  les  Lililcaux  riirfiit  si  sctiixciil  ciilrM-;  rt  Iraiisporlt'-s  (le  salons  en 
salons,  (ju'il  est  dillicilc  d'assigner  dos  dates  posilives  à  leurs  pérégrinalions. 
Les  Inventaires  montrent  que,  si  l'ensemble  de  la  collection  restait  disposé 
invariablement  dans  les  sept  grandes  pièces  rpie  comprenait  la   galerie  cons- 


;r.Ay/.-;',-'       J       J       J       j       >      i'  T;/-*-.'^ 

LA    CHIMERE   DE    PARADE    Af    PALAIS-HOTAL,    ES    Ivfio,    PAR    COSTAST    d'iVBI 
(D'après  la  gravure  de  VEncycîûpîdii^  de  Diderol) 

truite  par  Mansarl  (voyez  sur  le  plan  de  lyCi'i  les  salons  manpiés  de  la 
lettre  Q),  chacpie  prince  el  princesse  di'  la  dynastie  puisa  dans  ce  fonds  si 
riche  les  toiles  qui  lui  agréaient  le  mieux  pour  en  orner  telle  chambre  ou 
tel  salon  de  son  appartement  particulier,  suivant  les  circonstances.  Par 
exemple,  le  Régent,  qui  a\ail  une  salle  de  billard,  y  avait  l'ail  mettre  les 
peintures  de  son  choix,  connue  dans  sa  chambre  et  ailleurs.  Son  lils  ayant 
supprimé  le  billard,  les  tableaux  furent  réintégrés  dans  les  grandes  galeries. 
Lorscpie  la  duchesse  d'Orléans,  après  la  mort  du  Uégent,  abandonna  .son 
appartement  du  rez-de-chaussée  pour  s'installer  au  premier  étage  à  l'extré- 
mité de  l'aile  droite  donnant  sur  la  rue  Saint -Honoré,  elle  changea  en  même 

temps  les  tableaux  dont   elle  s'était   jusque-là  entourée.  A    I instant,  dans 

le  Palais  où  se  produisaient  des  déménagements  continu.  Is.  il  en  était  de 
môme.  Le  duc   Louis-Philippe  d'Orléans   lit   faire,  vers   .7',:..    un   classement 


3qo  le    pai,\is-royal 

de  la  •'alerio  do  tableaux  qui  subsista  jusqu'au  moment  des  grandes  construc- 
tions de  Contant  d'ivrv.  C'est  celui  ijui  a  été  publié  par  d'Argenvilhî  dans  son 
Voyage  pitU>res(iue  à  Paris  de  lyO.").  Mais  l'ordre  dans  lequel  on  les  mit  fut 
bouleversé  quelques  années  après,  (piaiid  les  nouveaux  apparlemcMils  lurciit 
achevés,  lors  de  la  restauration  de  l'édillce.  Vers  1770,  le  duc  changea  encore 
les  tableaux  de  place.  Déjà  il  avait  réuni  ceux  de  l'école  flamande  —  une 
"^rande  partie  fout  au  moins  —  d'abord  ilans  une  sorte  de  pavillon  où  jadis 
le  Hégent,  jeune,  avait  eu  son  logement  (voyez  sur  le  plan  de  i~^()\  les  pièces 
marquées  de  la  lettre  F),  ensuite  il  les  fit  transporter  à  peu  près  tous  — 
au  nombre  de  ii5  —  au  château  du  Kaiucv,  dont  il  aimait  fort  le  séjour, 
i-t  qu'il  lit  meubler  sonq)tueusement.  11  y  avait  là  tous  les  Teniers,  les  ^^ou- 
\ermans,  les  Miéris,  les  Gérard  Dow,  etc.  Seuls,  Hubens,  I\end)randt,  Van 
Dvck.  et  Jonhu'us  Iroiivèrcnt  \i\\\t.o  et  furent  maintenus  au  l*alais-i\o\ai.  (Quel- 
ques u'uvres  de  l'école  française,  le  Bal  champctre,  de  Watteau;  le  Portrait 
de  Louis  XIII.  de  IMi.  de  Champaigne;  le  Henri  IV,  de  Porbus,  et  deux 
portraits  de  S.  Mourdon.  partagèrent  cet  exil.  A  Paris,  on  ne  laissa  ipie 
.■{(ti  tableaux.  Au  Uaincy  finenl  transportées  également  les  sculptures  cpii 
dataient  du  lenq)s  de  Uiclielicu  :  le  fameux  Taureau  Farnèsc\  vingt-neuf 
bustes  d'il  empeieurs  romains  et  autres,  le  tout  en  marbre  blanc,  excepté 
un  en  marbre  noir  et  un  en  bron/e>)'.  Il  y  avait  encore  deux  sculptures  de 
Jean  (ioujon,  en  bronze,  l'une  représentant  une  Baigneuse,  l'autre  l'Arc/ii- 
leiture  :  un  grou|)e  de  Ouatrr  eri/arifs  Jouant  avec  une  chèvre,  un  Mercure 
enlevant  Psycité,  le  Pi  mouleur,  une  \'énus  accroupie,  Diane  et  Méléagre,  etc. 
Kii  fait  de  sculptures,  on  ne  gaida  au  Palais- Royal  cpie  les  |)elits  bronzes 
de  Jran  de  Hologiic,  ipii  s'y  Irouxaient  depuis  le  cardinal  i\v  lUclielieu  :  les 
ijualre  saisons.  Hercule  assommant  AcfuHoiis,  Lion  dévorant  un  cheval. 
le  (iludiateur.  un  [)etil  Mercure,  une  figure  d'après  l'aidicpie,  Antinous,  etc. 
Aiuune  oinri-  de  nos  grands  statuaiies  français  des  xvn  <t  x\ni'  siècles! 
Nous  n\ons  dit  plus  haut  (pu*  les  ducs  (!"(  ji-ITmiis  ir,i\,iiiiil  jamais  |';iil  de 
folit'H   pour  ce   genre  d'u'uvres  d'art. 

•lusATini  tiT'iuRti'iir  Ht  nie    i.ii  m-piiii  iri'i:  ir<miK»"i«.  r»   176» 

I.  VojM,  |ilii»  hnul,  |>ni;n  M  pl  ïo3.  I)iin?i  \'\nvei\{n\rr  Av  lUrlidit'tl,  ce  croii|M'  fiil  |irlM' 
1,5'...  thf."i,  .titit  criiil  «If  Moimiciir,  l'ii  17111.  il  n'«-il  plu»  colr  i|iif  V»'  livre»;  «Inii»  eoliii  ilo  l.oiii»- 
Pli.i  '.s  nn  fjSS,  il  n\.  rallriK?  %,(r,»  llvn-îi,  «ver  un  Inulr  do  Loiiin  Mil  .iifiiiil  «•!  un  l<)l  île 

l».!  iili»e. 

'  |l^iu^.  ilnni  Vttwtnlairt  île  x-'^'.t.  la  Miinine  «le  .'i.iy"  li*r<"^.  ••»»<<  ••"•"^  «nliie» 
ni  1  I  tpiiilii«  ati\  enrliérir*  «m»  In  Itétululloii.  Viiye/  re  i|iil  11  elé  «lU  il  ee  «iijel  <lnn» 


LE     PETIT-riLS     DU     RKGENT 


3oi 


m:    1)1  C    DOIU.KANS  QUITTE   LK   PALAIS-HOYAL 
SON   FAUX   MÉNAGE 

PtMidanl  (inaii  l*ahiis-l\()\al  so  poursiiivaiciil  les  /jrrands  travaux  dont  nous 
venons  de   iiarlci-,    la    vio    y    élail   assez    nionolonc.    sans    l'rlcs    ni    reccptu)ns. 


DÉCOBATION     DL     GBASD    SALOS    DU    PREMIER    ÉTAGE    AU    PALAIS  -  ROYAL,    ES    1700   (aILE    DE    VALOIS) 
(Dessin  de  Coiiui.t  d'Ivry;   grasure  Je  Le  Cinu) 

u'offranl  d'autre  animation  que  eelle  de  la  présence  des  personnages,  toujours 
aussi  nombreux,  qui  Thabitaient,  gentilshommes  et  dames  d'atour,  serviteurs 
de  toutes  sortes.  Le  duc  d'Orléans  n'avait  plus,  comme  au  temps  de  sa  jeunesse, 
la  folie  des  plaisirs.  Son  humeur  avait  bien  changé.  11  était  devenu  plus  calme, 
luxait  les  ennuis  de  la  représentation,  partageait  son  existence  entre  son  fils 
et  SCS  maîtresses,  qu'il  choisissait  obscures  et  pas  trop  exigeantes,  allant  tantôt 
à  Saint -(;loud,  tantôt  au  i\aincv.  ii  Bagatelle  et  surtout  à  \  illers-Cotterets, 
oii  il  ciMiuciiail  as'^ez  souNctil,  puni-  v  jouer  la  comédie,  une  société  élégante, 
mais  point  farouche  sur  Ir  rli;ipiltc  de  réli(pielle.  En  ini  mot,  il  s'embour- 
geoisait. Les  seules  fêtes  qu'il  dduna  au  l'alais- Royal  furent  à  l'occasion  de 
la  visite  du  jeune  roi  de  Danemark,  (ihrislian  \  11,  à  l'aria,  en  iiuvenibre  17G8, 


3n3  LE     PALAIS- HOY AL 

et  lors  du  mariage  de  sou  lils  le  duc  de  (Iharfres  avec  M"'  de  Penthièvrc 
le  5  asiil  lyCi).  Pour  la  première,  on  dut  se  conteuler  de  la  partie  gauche  du 
Palais,  car,  dans  l'aile  droite,  les  ouvriers  travaillaient  encore,  «  et  c'est  h 
peine  si  le  public  put  avoir  un  léger  aperçu  des  changements  qu'on  y  avait 
faits.  »  Encore  la  première  impression  ne  fut-elle  [)as  très  bonne.  Les  Mémoires 
secrets  la  traduisent  par  cette  phrase  peu  favorable  :  «  On  ne  peut  s'empêcher 
de  plaindre  ce  prince  d'avoir  dépensé  un  argent  énorme  pour  ne  produire 
(piun  monument  mescpiin.  »  Hétlexion  un  peu  hâtive  duii  clironiqueur  sévère. 
La  vérité-  est  que  la  foule  parisienne  se  précipita  au  Palais- Royal  pour  en 
admirer  la  façade  rajeunie  et  (jui  se  continuait  par  celle  de  l'Opéra,  presque 
terminée.  Pour  la  circonstance,  le  duc  d'Orléans  avait  fait  dorer  les  grilles  de 
l'escalier,  i[u'on  trouva  magnifi(|ue.  Toute  la  noblesse  avait  été  conviée  à  la 
fêle,  (jui  fut  des  plus  brillantes;  elle  débuta  par  le  jeu  et  se  continua  par  un 
souj)ei'  de  -i\  cent  soi\ante-douz(>  couxerls.  sui\i  d'un  bal.  Malheureusement. 
le  bal  fut  troid)lé  par  un  incident  :  il  venait  à  [X'ine  de  commencer  que  le 
duc  d'Orli'-aus  lit  un  faux  pas  dans  le  salon  d'Oppenorilt  et,  en  tombant,  se 
ri)iu|)il  le  leniliiii  d' Vcliillc.  ()ri  dnl  le  i iionduitc  dans  ses  ajipartcmcnts,  Los 
tuilelles  étaient  éblouissantes,  et  l'cjn  ne  voyait  ijue  costumes  scintillants  de 
diamants.  Les  robes  des  fenunes  en  étaient  littéralement  chargées.  Il  arriva 
même,  à  ce  propos,  à  lune  d'elles.  M""  de  Herchini,  une  aventure  ([uc  M""  de 
(ieidis  raconte  en  ces  termes  : 

Mlle  avoil  beauc()U|>  de  diauiarits,  tous  empruntés,  et  entre  autres  une  énorme 
qii.uititi-  (le  clialons,  grands  et  pelils.  C/éluieMl  des  dianianl.s  montés  un  à  un,  et 
détactiés  de  nianièrc  qu'on  les  enfdàl  en  dessous,  par  la  nionlme,  et  on  en  bordoil 
des  rubuns,  •>u  l'on  en  forniolt  des  colliers  ù  plusieurs  rangs,  ([ue  l'on  scrroit  contre 
le  eou.  En  passant  pour  aller  souper,  placée  au  milieu  d'une  longue  file  de  femmes, 
M"*  de  Berciiini  éloufTa  de  .son  mieux  un  malheureux  élernucment  (|ui  (il  casser  son 
ciiliicr  do  clialoiis;  elle  en  rattrapa  ipiebpies -uns,  mais  la  plus  grande  partie  tomba 
à  trrre  et  fut  balayée  par  les  (pieues  majestueusement  Irahianlcs  des  robes  cl  des 
doniinoH.  Il  n'y  avoit  pus  moyen  de  .s'arrêter  pour  ramasser  les  chatons  dispensés  : 
il  falloil  suivre  la  lile  à  la  lèlc  de  la(pielle  éloienl  le  roi  de  Dancmarck  et  M.  le  duc 
dOrléan.v  La  pauvre  M-  de  Uercliiiii,  <pii  avoil  très  peu  de  fortune,  se  désoloil 
en  {tcnnant  qu'elle  .sen.il  (d)ligée  d'urlid.  i  <l.s  diatoiis  \to\\v  remplacer  ceux  ([u'elle 
avoit  p.rdus;  mi  irisle  aventure  lit  le  siij.l  de  la  conver.salion  i)endant  le  souper. 
M  Irduc  d'Orléuns  onlonnu  de  <-liereher  îles  diamants  sur  ses  Iraccs;  on  en  rapporta 
cinq  ou  ni»,  il  en  nuinquoil  toujours  beaucoup.  M.  !.•  duc  d't^rléans  lui  promit  de 
foire  cherclicr  le  lendeiiuiin  d<-  grand  matin,  avec  Ir  plu»  grand  sc.in  M'"  de  Her- 
chini  n'espéra  rien  de  e.tle  reehenhe,  el  s'en  alla  en  maudissant  le  bal  .1  l.s  tètes. 
U-  liniiiMnain,  ii  son  n'-v.il,  un  garçon  d'upparleuu  iil  du  Palais  Hoyal  lui  apporta 
loul  «1-  qu'on  avoil  Irouvé  «le  clmlons  dans  la  galerie,  les  Irois  aiili(  liaud>res  el  la 
o.die  il    iiioriKiT.   el   M"   .le    IIik  liini   im.h    m  ii|< m.  iiI    lruii\a    v oiiiplf,    mais    de 


i.i:    PKTiT-iii.s    1)1     ui':(;i:\T  SgS 

plus  SC|)I   |ii'lil>  rhalons  ([iic  (l';mlics  pcisoiilics  axoitiil   perdus,  cl   (piDii  ii':i  jainuis 
ri'clamôs...  '.  " 

Los  fôtcs  cIouik'os  lors  du  iii;uiaj:(^  du  duc  do  Cliartros  iio  l'iiroiif  jias,  rlil-oii, 
aussi  niaj;iiili(|iios.  V  i'i\  cidiic  l'.nUi-  (pii.  dans  son  .hmiiKil ,  allirino  (]iie  !c 
duc   d"(.)rli'aus   s'en   (Iis|)oiisa  ru  \oisaul   oiuf[   coûts  louis    pour  les   pauMOS   de 


DÉCOn\TIO>    DU    GHANI)    SALO?i    Df    mEMIEK    ÉTAGE    AU    PALAIS-nOTAL,    EN    1760,    PAU    CONTANT    Il'lVIlï 

(D'..pris  la  gr.ivure  de  VBicyehpidie,  Je  Diderot) 


Saiul-Eustache,  ce  Irait  do  oliaiilô  n'aurait  ôlô  qu'un  moyen  do  s'ôparj^nor 
utio  dôponso  de  trois  ou  (pialic  oonl  uiillo  livi'os.  \ous  savons  [xiuiiaid.  par 
los  Co/fi/)t<'s  (lu  sf/vicf  des  mciuis,  ot  [)ar  io  n'cit  oonlonu  dans  un  uiauuscrit 
dos  ArcluNos  nationales  I ('('rciiKtnifd  du  niariai^c  du  duc  de  Chartres  avec 
.]/"'■  de   l'cnfliicvrcr •   (|ue   la  n'ic-inonio  saccomplil  a\oc  nu  solonnc!  éclat. 

V  cotte  époque,  le  due  Louis- l'iiilippc  d'Orléans  ne  séjournait  guère  au 
l'alais-!\oyal.  Il  était  tout  al)sorhé  par  sa  passion  pour  la  marquise  do  Mon- 
tesson,  l'enuni'  ainiahle.  Jolie,  dont  le  inai'i,  ancien  lieutenant  général,  avait 
(|uati-e-\iugl-lunt  ans.  ot  (|ni  mcllail  une  singulière  adresse  ;i  s'euq)arer  de 
Tesprit  du  prince.  (À-lui-ii  iinxilait  conslannneul  aux  |)ailios  cpiil  organisait 
à  \  illors-Cottcrets,  oii  il  se  jilaisait  à  passer  la  plus  grande  partie  di'  son 
lenqis,  s  y   senlani    |)lu^  ii   laisc  poiu'  les   lialiiludes  un  peu  relàeliees  ipi  il  axait 

I.  M"'  UK  (iEM.i>.  Mi'-iiioirr.i,  I.  II.  |i.  .)-. 
a.  Archives  iialioïKilcs.  K.   i.'t;,  ii'   i'.i. 

T.    I.    LE    PALAIS-nOTAL.  5o 


3()'|  I.K      P\t.  VIS-UOTAL 

conlractoi's.  Sa  liaison,  avouée  depuis  loiiglemps.  avoe  une  lenime  de  mœurs 

légères  (luoii  ;i|)pelail  Munjuisc  (c'était  M de  \  illeuionble)  et  qui,  à  Villers- 

Cotterels,  It-uait  le  liaut  hout,  avait  peu  à  peu  éloigné  les  daines  de  la  bonne 

.  société  de    ce   château.   On    n'v   vovait    iilus 

.  i  "^^^^'^       ^''  '  ''*^  Segui,  mère  et  fille,  pas   plus   cpie 

V   'r^    .^-v  ,.>■  1  '  *.      «vv-^Tl       M'"  de  Heauvau,  de  (irammont,  de  Luxcmu- 

hourg.  cpii  en  avaierd  un  instant  fait  Tor- 
urnieiil.  (Tes!  sur  ce  Iciiain  déblayé  (jue 
\l  de  Moulesson  livra  bataille  et  sut  tourner 
la  trie  au  duc  d'Orléans  avec  une  coquetterie 
\raiinent  su[)érieure  et  remarquablement 
appr()pti(''c  à  la  \aiiil('  bonasse  du  ]irince. 
Ilu  \ui(  i  un  cveuiijle.  (iouiuie  iclait  la 
coutume,  à  \  illers-Cotterets,  en  manière  de 
distraction,  de  jouer  la  comédie  sur  le  petit 
théâtre  qui  \  ('tait  iiislallc.  I,i  niaripiise  s'avisa  de  tirer  un  drame  du  roman 
de  Miiriiiniif,  de  Nhirivauv;  puis,  avant  dCri  duniu  r  icrture  eu  présence  d'une 
nombreuse  et  é'Iéganle  assemblée,  elle  prit  à  pail  le  duc  (i'Orh'aus.  leigiiit 
I  elFroi  de  ce  dt'but  et  lui  persuada  d'insininr  (jur  c'élail  lui  l'anlcur  de  la 
piirr.  I.c  duc.  sans  rien  ciMupr rudri'  .lu  uiatiègc.  y  cousent.  Tous  les  invités, 
n.ilurvIliMUi'ul,  de  s'c\<laui.  r  durant  l'andiliou  :  ..  Mil  (pu'  cCsl  beau!  Quel 
chcf-d'iiMivn'!  »     \    1.1    lin,    !,•   ,|ii,    d'Orli'aii-.    dans   sa   candrui-,    iiv    lieid    plus. 


^m^ 


^ 


DciÙB  de  Coounf  d'Im-,  ^ri%c  pjr  Le  CinD  {176U1 


iiMJi'slic.    Il    ne    cousent    pas    ;i    |)rcii(lii'    plus 


S.i    franchise    a    raison    (le 

longtenqis  \\  son    compic 

le     succès     Ai-     crllr     (|iril 

aime,   el    il    s'é-crie  :    «  i,;i 

pièi'c   n'csl    pus   de    moi: 

elle    r^l    il-    \|       ,|,.    M,„i- 

tesson  !  >•     (  lu     d<\in<'     I.- 

tableau.     (:bau;:i'iu)'nt      ii 

vue.     I,cs     (''jogi-s     subile- 

uii-nt  s'apaisent.  Les  visa- 

^cH    expriment    la    confu- 

niiin.  On  nviiil  bien  vonlu 

fiirr-erjH  iiolo  en  écrasaiil 

•le  l'Miiuif^eH  le  prince.  Mais  \I     d.-  Montessoii  !.. .  I.a  pièce  fut  jouée,  cepend.uil 

elle   ii'oliliiil    point    de    sucrés.    M—   de    Monlesson    n  .n    ;.Mid 

yv\l\  du  duc  linillablr  jMvsli;-.'  d'iivoii-  voulu  lui  -acrili 

érrile  |iar  ■•!!.■' 


fit  le  Cjnu  (Ijlio) 


pas   11 

llli'lllr    d 


111-^    ,lll\ 
I  1  i'ii\  rr 


LE     PI.TI  r-lll,S     1)1      ItltJI'.NT 


395 


La  ccjinrdlr  liiiil  |i:ii-  le  iii.iii.iiic  scncl  du  i\nr  d  (h'k'iins  avec  la  iiiai'<|iiiso 
tU'NCimc  \tMi\i-.  Il  ciil  lien  le  >]  a\ril  lyy»  ilaii-  la  pclilc  rliapcllc  de  linMol  du 
l'Iossis-C.liàlilliMi.  (lîi  le  |iiiii(i'  a\ail  iiislallc  x^w  faux  iiiriia^c.  Depuis  I7(i(i,  il 
a\ail  ac(|iiis  (('(le  maison  (jni  Idiicliail,  cdiiiiiic  011  sait,  au  l'alais-UoNal  cl  était 
conli^ui'  il  son  apparli-nicnl.  de  telle  sorte  cpie,  ^ràce  ;i  viiic  porte  |)arti(iilièie, 
il  on  éfnit.  pour  ainsi  dire,  le  prolonfi-eniont.  (lelle  union,  si  vivement  désirée 


LE    GR\:iO    SILON    DU    PnEMIER    ÉTAGE    AU    PALAIS- ROTAI,    EI«    I760 

(D'jpriW  1.1  gravure  de  YF.mvhp/dU,  de  Diderol) 

de  jiail  ri  daulrc.  et  (pie  Louis  W  se  d(''cida,  non  sans  peine,  à  aniorisor, 
donna  satislaclion  auv  eonvenanccs,  niais  ne  mil  pas  lin  à  la  situation  embar- 
rassante (jue  l(^  duc  s'était  créée  vis-à-vis  de  son  llls.  Elle  amena  entre  eii\ 
une  iiiiMiilli'  (jui  dura  (piaire  ans.  Le  duc  de  (lliarlies  n'aimait  pas  M'""  de 
Monlessoii.  ci  celle-ci  le  détestait.  Tant  qu'elle  n'avait  été  cpie  la  maîtresse 
de  son  père,  il  n'avait  pas  él(''  tenu  à  des  ménagi'incnts:  l'idcH'  (pie  d('sormais 
lui,  sa  jeune  l'emine.  la  Nciiiicuse  cl  douce  lillc  du  duc  de  l'ciilln('\  rc.  allaient 
devoir  à  cette  inlrij,'anle  des  marques  de  resp(xi,  lui  était  insupportable.  V  tout 
instant,  des  scènes  avaient  ('daté  dans  cette  (piasi-cobal)italion  du  Palais- 
Uo\al  au  sujet  de  la  m.ucpiisc.  (pii  axail  par  acci's  des  exigences,  suppnit.iit 
inalais(''ment  le  i(Me  d'épouse  non  avouée  cl  piétendait  tout  à  coup  aller  dans 
le  monde  jouer  les  princesses  du  sauf?.  'l'ant{M  le  duc  d'Oiléans  faisait  eidevor 
(lu  l'alai>  -  I  >o\al  toute  rar^ciilciie  niai(pi('e  à  son  cliilTre.  et,  an  moment  de 
•-(•  iiictiii'  il  taille,  avec  les  yens  de  sa  maison,  le  duc  de  (lliartres  s'apercevait 

(picin  \  avait  siihsIiliK'  les  services  personnels  de  chacun  :  c'est  (pie,  ce  jour- là. 

\l  "     lie    M(  inlr--v,i|i    ,i\,iit   du    iiKiiidi'  ;i   dùicr.    Taiili'il.  des    l'eiiuues   de   chambre 


3^6  IF.     PALAIS-ROYAL 

arrivaient  U-  u.alin  ,.uur  .....nnclro  à  la  duchesse  .le  Chartres  les  .lia.na.Us 
qu'on  ap,>elait  ..les  pierreries  .1.-  la  Maison»  :  c'est  que  la  nmrquise  en  avait 
U-soin  pour  aller  au  hal.  On  .-ouq.ren.l  ce  que  ces  vexations  pouvaient  apporter 
de  douceur  dans  les  rap,,..rts!  Le  duc  dOrléans  avait  heau  se  réfugier  aulanl 

qu'il  pouvait  à  \  illers- 

>'^T^,.^-^..Colterets,   où   son   lec- 

V  V  *^-  "YT^  ^    ^     ''^"''     Cannontel     por- 

I  /Jif  "si^Vv.    V  .\  ^     Iraiclurait  les  invités', 

1^  it  ;i  jouer  des  comé- 
dies dans  lesquelles  la 
marquise  paraissait  en 
actrice  consonuiiée  (ce 
qui  evcitait,  paraît-il, 
la  jidousie  de  la  reine 
Marie-Antoinette'),  tan- 
dis que  le  duc  r.  inpiis- 
sait  avec  rondeur  les 
r(jles  de  paysans,  il  n'en 
ressentait  |ias  moins 
aiilnur  lie  lui  la  gène 
et  la  CDiilraiMle.  Le 
;sis-Chàtillon 


l>cv..-.  Je  CoQUBI  JlTry  (DéconlUm  an  gnsi  uloo) 

roupli-    liiiil    par    ahandonnrr    li'    l'alal^- H<>\  ;il    ri    l'InMil    du 


pnur  alliT  hahiler  deux  h.Mels  c.intigus,  rue  de   l*ii>\ence,  dans  le  (juartier  de 

la  (ihautst'i'-d' \iilin  qu'on  coniniençail  alors  ;i  hàtir  :  c'est  maint. 'iianl   la  citiî 

d' \n(in  ipii  m  iiqi'-    I  i'-p;irr    il.'   .  fs   InMels.   (Jii   délaissa   aussi,    iiiiidaut    ri''té, 

\illcr9-(!ollerels   i-t    Saint-dl.Mid  '   p.tin-    li-    iliàlt-au    de    Sainte-. Vssisi-    (|ii('    le 

prince    nctpiit  et  doima  à  M*"  di*  Monte.^son. 

L'InMel    de    lu    nie   .le    l'rt»\eiice   était   \aste,   a\cc   nu    hcni    jardin.    I.c  (im- 

d'()rh'"«ii»    y    ineiiail    un    train    mcxlesle,    cai'   la    liste   est   assez    sommaire   des 

IM'nMHinc!»    il    non   •.«•rxi.e    qui    se    liouM'iit    menliunn.'es   dans    son    l/HW/iliiire 

cuiiiiiii'  y   étant   <t|M'-cialem.-iit   attacht'-.-s.    (  )ii   \    \iii|    (  liandiinni',    son   secn'-lair.' 

particulier  :    IkTtholli-l,   hoii    iiiédeciii,  et   M~'    lierlhollet   (avec  a,5oo   livres   de 

il  ,iji..  .il,  iT.iiiil   ||\re  loiilit  II-"!  piTiniiiiii  i|iii   iirrixiiiciit :  \f\>  |M>r(riiil.s  ('•tnioiil  on 
Sliilili,  ri  ri>riiiali*iil  iiiip  collrrlinii  c-iiriouM'.  On  lu-  lui  (Imiiinil  <|(riiiii' 
M—   (!r  tiftill^.   "Jimaiil   lin   In    li(ir|«\   iiini!i   fort  en   laid."   Cnriiioiitcl 
■1  |MTrit-||iiii  Ir»  riMiM  ili'  iiiiiri.1  tMiiirrii>. 

!  I.  t\\\e  \c  frère  dr  l.miLi  \IV,  Moiislcur,  nMiil  rnV-  île  loiitii» 

••*.  (ut  vriiilii  à  la  rrliir  Marie    Vutoiiirlli-  |Hiur  li-  prix  ilr  six 

|iil  iir  |Miinal(  y  folri"  li*»  liniiiirurt  à  In  ciiiir.  an't-pla  avcr  joli* 

M  ■Ihrurriiviiirnl  |Miiir  lu  fnuillli*  il'Orlniii»,  »  illl  Valiiul  ip.  ili3), 

>liillir  Ir  PiiInU  lliiynl   '.  (:'f«l  li>  lianin   lie   llrcliMiil  i|ui   lli-Ki>ria 


1   II  K 

proDI  et  rii 
i^nrr    -M 

molli . 

nitll. 

I.E     PETIT-FII.S     ni:     nivGENT 


:k,7 


traitL'iiUMit  lIkicuii);  tlciiv  portiers,  un  jardinier,  deu\.  l'eiunies  de  eliaigc, 
un  fVoUeur,  six  musiciens,  etc.  Le  gros  des  serviteurs,  les  gentilshommes  de 
la  chambre,  les  diamljellans,  les  ollicicrs  de  tous  ordres,  les  écuyers,  le  pre- 
mier médecin  Harthet,  le  premier  chi- 
rurgien Marsolan,  les  barbiers,  le^ 
valets  de  cluunhre,  les  huissiers,  les 
maîtres  d'hôtel,  les  olliciers  de  la 
Bouche,  etc.  :  en  un  mot,  l'armée 
de  l'onctioimaircs  (jui  constituaient  ce 
qu'on  a])pelail  «la  maison»,  compre- 
nant plus  de  trois  cents  persomies, 
tout  ce  monde  était  resté  au  Palais- 
Royal.  Le  chapitre  des  gages  annuels 
ilu  })ersonnel  montait,  en  lySS,  à  la 
somme  de  4>i.ooo  livres.  Dans  ce 
chiffre  étaient  compris  les  traitements 
aux  architectes  Piètre  et  Le  Grand, 
au  peintre  Pierre;  au  garde  de  cabinet 
d'histoire  naturelle,  Etienne  Guettard 
(5oo  livres);  h  J.  Giraud  de  La  Chau, 
«  secrétaire-interprète,  bibliothécaire 
et  garde  du  cabinet  des  pierres  gra- 
vées »  (600  livres);  h  Dardenne,  secré- 
taire du  Conseil  et  garde  des  archives 
(a, 900  livres);  à  Bernard  Chérin,  gé- 
néalogiste (600  livres);  aux  lecteurs 
Carrogis  de  Carmontel  et  Fr.-Alex.  Le 
Fèvre  (1,800  livres  chacun),  etc.  En 
outre,  il  y  avait  le  service  des  pensions 
qui  étaient   servies    à   4G6   personnes, 

parmi  lesquelles  on  trouve  les  noms  du  peiiilre  J.-B.  Pierre,  pour  750  livres; 
de  La  Fontaine,  «  petit-lils  du  grand  La  Fontaine,  »  pour  ^00  livres,  et  ceux 
d'anciens  serviteurs  de  la  famille  d'Orléans,  de  leurs  veuves,  etc. 

Mais  le  duc  d'Orléans  n'avait  pas  laissé  au  Palais- Royal  ses  voitures  et  ses 
chevaux  ;  il  les  avait  logés  rue  de  Provence.  Son  l  me  n  lu  ire  nous  en  fournil  le 
détail.  Ce  n'était  plus  le  grandiose  équipage  de  jadis  :  il  y  avait  pourtaid  dans 
son  hôtel  i55  chevaux,  ce  qui  prouve  que  le  local  était  de  belle  dimension.  Les 
noms  donnés  à  ces  animaux  évoquent  à  eux  seuls  l'esprit  de  l'époque.  Il  y 
avait  Y  Hypocrite,  la  Friponne,  VOJficieu.r,  la  Cigogne,  la  Prude,  la  Gentille, 


DtCOllAÏION    Mtn.VLE   :     CHinOI^ERlE 


l'Inconstante,  la  Cliimerr,  lo  l'aou.  le  Fatjuin,  V Espii-ole,  elc.  Les  voitures 
t'iai.nl  au  iioiiiluv  de  .<•_'  :  ililifreuiis.  liciliii.'s.  calèclio,  ^^ondoles  montées  sur 
mues.  Irois-tiuarts,  \is-à-vis,  tles  udiaMes».  des  «  cabriolets»,  etc.  Elles  ne 
Auenl  pas  |)ri^ées  un  prix  livs  élevé.  Irie  berline  de  ville,  à  paillette.  «  «.'«iniie 

(le  \e|ciMis  ciselé  blanc  ;jfali)nné  ddi'.  avec 
lionsse  en  drap  aussi  «.adonné  dor.  et  montée 
sur  ressort  ;i  lau'rlaise.  »  fui  estinicc  i.:>oo 
li\n-;    iMic  (lilij.'^ence.  «  peinle  rmid  de  l'aïence. 

1-^^.    -^^   ^'^/'-N^"]  If»  ^'aniie   de   >eloius   île    soie   ;i    la    Heine   bleu    et 

•    y!"''  i  blanc,  t)  .'{.ooo  lixres:  une  autre  dili-rence.  <(  l'ond 

JsC  1      j     I       or,   j.'.irnie   eu   velours   eiseli-   bleu   et   blanc    ^i\- 

T  il  loinii'  ilDr,  »  a.Mto  li\i-es.   Le  resit»  à  laM'nant. 

(!'esl  dans  r;ilnio>pbèi'e  de  celle  \  ie  paisible 
de  la  rue  de  l'roM  ikc  el  de  Sainte- Assise,  ipie 
la  mort  vint  IV.'ipper  le  Axu-  d°(  trU'ans  le  iS  iio- 
\end)re  lyS.'i.  Son  pitc  a\ail  eu  la  iiu  dim 
moine,  lui  se  retira  de  la  coui  en  piillosupiit- 
bourfj^eois.  soucieux  senlemeni  de  ses  aises  el 
de  son  repos.  Dès  17S0.  il  abdiipia  entre  les 
mains  de  vnn  jiU.  lui  |ais>^aul  le  Palais- l\o\al 
l'I  ses  droils,  i'|  le  |ii\c.  cl  le  liaca-*  de  l'existence 
piincièi'c.  (Juaid  .-1  lui,  «pii  a\ait  In  \oltaire.  il 
ilivMViidit  du  fa  Ile  où  le  >oi  I  l'avail  placé-  pinu  ^e  borner  à  cnlli\er  son  jardin, 
ciiinmc  Oandide. 

<^)u'eAl  (lit  son  aïeule,  la  lière  Klisabetli-I  !li;u'lolte,  si  elle  a\.iil  \u  te  pililliU 
du  Hép-nl  en  urri\er  ii  ne  pas  saxoir  linir  même  i<  connue  im  simple  ducu? 
Nurnit-eile   pu   croire  ipie  c'élail    peiil-èhe  de   la    sa;;esse.'' 


M»  ■ouimn 

M    LA    CM4MWI    M     rtlIUiC 
(  t><«ii«  4c  Casual  ifltfy  i 


(ftMi.  mif>mi  *$  U  >i w  •:«•  -    »M«<Ui,M  C«fwi«I<i) 


(Bibliothèque  nationale) 


CHAPITRE  X 


PHILIPPE   KC.VLITÉ   (1780-1793) 


l.a  jeunesse  ilu  duc  do  Chartres  et  fjoi'it  pnVoec  de  ce  prince  pour  les  alTaires.  —  Son  niniiage.  Portrait  de  la 
ducliesse  sa  femme.  La  société  du  Palais-lloyal  do  17-0  à  17^1  :  silliouettes  de  grandes  dames.  —  Occupations 
du  duc  de  Chartres  :  ses  écuries  nouvelles;  sa  création  d"un  musée  des  .\rts  et  Métiers  au  Palais-Hojal. — 
Pourquoi  il  sollicitait  si  ardemment  de  son  père  le  duc  d'Orléans  la  donation  du  Palais  par  avancement 
d'hoirie.  Son  rcve  d'une  colossale  opération  flnancière.  —  Second  incendie  de  POpéra  en  1781.  Démêlés  avec 
la  Ville.  —  Les  projets  du  [irlnce  sont  dévoilés.  Clameurs  qu'ils  soulèvent.  Procès  avec  les  propriétaires  des 
maisons  donnant  sur  le  jardin.  —  L'architecte  Victor  Louis.  Los  erreurs  do  ses  biographes.  Ses  travaux  au 
Palais-Iloyal;  les  paieries,  le  ThcàlreFrançais,  etc. —  Embarras  linancicrs  du  duc  de  Chartres,  devenu  duc 
d'Orléans,  puis  Philippolïgalilé.  —  La  débâcle.  —  Emprunts  divers.  Ventes  des  collections  de  méilailles  et 
de  la  galerie  de  tableaux  :  document  nouveau  sur  ce  sujet.  —  Vente  des  meubles  du  prince  en  1793,  avant 
sa  mort  sur  l'échafaud.  —  Le  Palais- Éiçalité  sous  la  Terreur. 


Oiicl  lioinmo  l'Iail  ce  prince  à  qui  son  père  venait,  par 

iiiic  c'Nceplioii  singulière  et  las  de  ses  assauts  0|)iiiiàtres', 

(le  (•('•(1er    le    l'alais-Hoval    en   toiile    pi()pri(''l('.    p.ir    avan- 

eeincnl    d'Iioiriei'   Sa    place    dans    i  histoire   est   celle  des 

y*^       rem'^ats,  et  son  nom  reste  frappe*  d'une  ('fornelle  flétris- 

«/,         H        \k      I      sure.   (Imiiine   ces    doj^cs    indignes  don!    la    Ki''|)iil)li(|iie  de 

r.        i .   '     ^ »       I      ^enise   cacliait  jadis   les  portraits  sous  un   voile  de  deuil, 

I  1       .      IMiilippc- K^alilé   est,   dans   la   dynastie    des  d'Orléans,   la 

uoquij j« .Morciu le Jtunc        taclic   iioiic   cf    lidiileuse  qu'on    all'ecte   de   ne    point   voir. 

I.  Dppdis  dix  .ins,  le  duc  do  Charlro.s  harcelail  sou  pen?  pour  oliU'uir  la  ccssioii  du  l'alai.s- Royal. 
En  1770,  il  alla  iik'-iiic  jus(iu'à  essayer  de  se  servir  de  riiilUieuce  de  .M'""  de  Moiiles.sou  pour  arriver 
à  SOS  lins,  et  il  envoya.  ;i  cet  clVel.  ;iii  château  de  S.iiule-Vssise  le  inar(piis  Diicresl.  livre  de  M""  de 
(ieulis. 


',0o  '-E     P  M-AIS-ROY  AI. 

Par  sa  pitipri-  faiiiillt*.  son  cnigio  a  l'-ti-  anaclRr  de  son  cadre;  en  deliois  des 
siens,  il  n'e\eile  (lue  ivpiilsiun.  A  aucun  niituient  de  sa  vie,  il  n'apparaît 
sous  des  couleurs  sjnipalliiques.  Du  (li'lml  à  la  lin.  tdujouis  il  se  montra 
au-dessous  «les  nMes  tpi'il  prélendil  jouer.  Jeune,  ce  l'ut  un  \icien.\  sans  cd'ur, 
un  sniib  aj^^ilé;  [tins  lard,  il  eut  des  allures  de  brasseur  d'aHaires  et  de 
liani|uiste;  lionnn<-  piilili(|ui'  de  [letile  cerM-ile.  il  ne  lit  pn  ii\c  (pie  de  lâcheté. 
L;i  l\é\olutiiin,  i-n  hroxant  ce  p\;.'inée  (pii  aurait  \oulu  peut-être  se  servir 
tl'elle,   n'a   pas   même   réussi  à   lui   \aloir   un   peu   de  pitié. 

La  nalun-  n'a\ait  pourtant  pas  privé  ce  prince  de  s»'s  dons,  et  la  vivacité 
d'i'sprit  qu'il  montra  pendant  sa  première  é-ducalion  —  qui  ne  lut  pas  ce 
ipiil  aurait  l'allu  —  faisiit  piésa^'er.  de  sa  part,  des  inclinations  qui  n'étaient 
point  .disoliimiMit  mau\ai-(>.  M  '  de  (ii-nli^.  qui  le  \il  dans  sa  jeunesse,  l'a 
dip'inl,  ad<ili'secnl  de  (piin/f  an<,    sous  des  tiaits   iissi'/   l'avuraiiles  '  : 

M.  le  duc  de  Chartres,  dit  elle,  éloil  alors  ilaiis  tout  léclal  de  la  première 
jeunessi-,  avi'c  nu  >isaj<e  déjà  f^ûlé,  et  par  le  sany  (juil  avoil  re^u  de  su  mère  et  par 
une  vie  lieeneii-ust- :  l'ensemliie  de  sa  (if^ine  étoil  ntilile.  leste  et  dune  «frande 
éiéfjanee.  Sun  gouverneur,  le  eoinle  de  l'oiis  Saint  Maurice,  ne  s'éloit  atlai'lié  (pi'à 
Iroi!)  choses  :  ù  lui  dunner  de  la  politesse,  des  manières  a;;réal)les  et  imi  Ihui  Ihii; 
il  uviiil  laissé  le  soin  du  r*-s(i-  au\  autres  insliluleurs.  (^es  dorniers  eussent  ('-li'  l'orl 
rapuhlrs  i\v  donner  au  ji-inn-  prinrc  une  solide  inslruelion.  mais  le  gouvcrinut' 
fai^Mtit  si  peu  de  ras  de  la  eullure  de  l'esprit  que  le  priiu-e,  (pu  s'en  aperçut  de 
honne  heure,  trouva  fort  eomniode  d'adopter  cette  indilTérenee...  Il  ne  maii(|Uoit 
m'-anmoiiis  ni  d'esprit,  ni  de  mémoire,  ni  d'intelli;;enee.  et  il  annonvoil  des  incii 
nutiomi  liieiiraisunles;  en  voiei  un  trait,  que  m'a  eonti-  M.  de  l-'oneema^ne 
(de  r  Veadénue  franroise,  houune  de  lettres  fort  distingué,  sous  gouverneur  de 
M  le  due  de  (  Jiarires).  Le  prinec  éloit  dans  sa  cpiin/.ième  anm'-e.  et  déjii  il  reeevoit 
ni  audienee  le  matin  le»  honunes  (pii  sorloienl  d<-  ecllc  de  M.  le  <lue  d'Orléans. 
Dan»  rr  nondin*  se  (ruu> oient  des  oflieiers  de  tous  grades  des  régiments  des  deux 
priiM-rs.  M.  le  due  île  (ihartres  en  remaripia  un  (pii  l'intéressa  par  sa  lielle  plivsio 
iiomie  et  son  air  nn'Ianeolique  On  lui  itit  qu'il  étoit  d'une  extrême  pauvreté,  parée 
ipi'd  Mr  refusoil  tout  pour  faire  stdisisler  sa  mère  et  ses  deux  su-urs  ipii  n'avoieni 
que  lui  iMiur  appui.  Vprès  ce  réeil,  M.  le  due  de  (iharires  anuissa  deux  nmis  de  si-s 
nirnu*  plaisirs  «ans  en  rien  di'qN'user,  ce  qui  lui  lit  quarante  louis;  mais  il  éloit  fort 
endiarra*sé  lie  la  manière  dont  il  les  doimeroil,  lorsqu'il  reçut  des  dnigées  de 
iMptèiiie,  alor*  il  lit  des  cornets  de  dnigées  ilans  lesipiels  il  mil  les  (piaranle  louis, 
cl  lorsque  li-  pauvre  odicier  vint  à  son  audience,  le  ji>une  prince  dit  en  plaisantant 
qii'u)aiit  ri-rii  des  dragée*  i\  en  voidoil  dislriliuer  dei  eornets  .'i  tout  le  monde,  ce 
qu  il  lit  i.p  paiivrr  olllcier  trouva  le  sien  si  lourd  qu'il  lit  un  nioiivemenl  <le 
•  iirpriM'.   le  jriiiii'  prinrc,  pnr  un  signe,  lui   imposa  silence;  mois,  sorti   du  l'alnis- 

Uo)al,  sa  ri-i-oiinoi»<atice  fui  plu-  nuli..  i.i.-  (pn<  %u  surprix'     il •  o..  in-loM-e. 

qui  fut  gi'n^raleiiirnl  «up. 

I    \1—  bK  («MUa,  Mtmoim,  I    II,  p    lOi  -  iM. 


:!• 

.    i 

;- 

\ 

-^^ 
l^^^/^ 

^IItl.l  l'iM-  i:u  M.  m: 


'iO< 


Il  est  cerlaiii  quo  le  prince  nrlait  |ias,  siiilout  à  cri  Af,M\  (Iciiiit-  i\r  sensi- 
bilité. Mais  il  se  fit  de  bonne  lieure  un  nias(iiie,  <<!  se  donna  une  atlilndc  de 
libertin  précoce,  qui  lui  parut  un  signe  de  su[)ériorité  dans  le  milieu  (in  il 
vivait.  Son  père,  indifférent  ou  même  indulgent  pour  ses  dérèglenienls,  le 
laissa  se  lier  avec  les  jeunes  gens 
les  plus  étourdis  ou  les  plus  dis- 
sipés de  la  cour,  de  Guéniénée,  de 
Fitz-James,  de  Conilans,  le  cheva- 
lier de  Coigny,  etc.  A  seize  ans,  le 
duc  avait  une  maîtresse  en  titre, 
la  fameuse  Duthé,  qu'on  lui  a^ail 
vendue  comme  toute  neuve  (elle 
avait  quinze  ans)  et  qui,  depuis, 
ruina  tant  de  gens!  Encore  celle-ci 
fut-elle  comme  un  objet  de  luxe, 
et  pour  l'apparence.  C'est  à  meil- 
leur compte  et  avec  des  femmes 
de  la  plus  basse  catégorie  que  le 
jeune  homme  courait  en  bc'lle 
compagnie  les  maisons  mal  famées 
de  Paris  pour  prendre  ses  plai- 
sirs. Ses  instincts  de  calculateur 
se  révélèrent  promptement,  !i  vn 
croire  les  libelles  qui  coururent 
contre  lui.  Ne  l'accusait-t-on  pas 
de  déposer  les  diamants  de  ses 
habits  chez  Boohmer,  le  bijoutier 

du  Palais-Royal,  lorsqu'il  se  pioduisail  (inehiue  fèlc.  afin  de  les  doimer 
en  location  aux  dames  de  la  cour,  et  do  se  coiitenlcr  pour  lui- même  de 
brillants  faux?  C'étaient  autant  de  petits  bénélices'.  iNe  citait-on  pas  l'avan- 
ture  du  malheureux  joaillier  qui,  lui  ayant  procuré,  à  sa  demande,  des  boucles 
de  souliers  du  prix  de  iS,ooo  livres,  se  les  \il  ensuilc  inarcliander  avec  tant 
de  dureté  qu'il  fut  obligé  de  les  lui  abandonner  avec  perte!'  Puis  le  marchand 
apprit,  peu  de  temps  après,  que  ces  mC-mes  boucles  avaient  élé  rexendues  par 
le  duc  de  Chartres  avec  un  bénélice  de  f),ooo  livres.  Malheureusement  pour 
la  réputation  du  prince,  bien  des  faits  justiliaienl  ces  racontars.  Sa  conduite 
avec  sa  sa:-ur  la  princesse  de  Bourbon,  lorsiiu.-  celle-ri  fui  insultée  à  l'Opéra 
par   !(!   comte    d'Artois,   vengeant   ainsi    l'amour- propi 

I.  Souvenirs  de  la  marquite  ilc  Criiiiiy.  I.  \  .  p.  'i-;  et  n". 

T.    I.    LE    PALAIS-KOÏAL. 


LE    DLC    L.-IMl. 


m.KANS    ET    SON    1-TLS    LE    DUC    DE    CilAUTnES 
lU    P.VLIIS-IIOYAL    (17G0) 


!>!. 


(lune    de    ses 


4oa  I-f^     PAL  VI  s- Il  OY  AL 

iiiaîln's^cs,  fui  oincrli-imMil  lr;iil(''f  di-  hulictt'.  l/iiisi>iisil)iliU'-  ii'Nollaiilc  doiil 
il  lit  piviiM"  (|u:iiul  iiiounil  \c  liU  «lu  duc  de  l'ciilInrMV.  son  ;iiiii  le  |iiiinc  de 
Laiidiidlc.  qu'il  axait  oïdiaiiié  axer  lui  dans  la  débauche, —  par  calcul  iriniinel, 
a-l-uu  dil.  —  causa  un  scandale  public.  CVsl  à  celle  amitié  pourlaiil  (pi'il 
a\ail  «lu,  cerlaineineni,  de  contracter  son  brillant  niariajre  a\ec  la  lilii'  du  duc 
de  Penlliièxre,  el  tfavoir  raison  «les  résislances  trop  coni|)iéliensibles  du  père. 
Le  sons  nionil  semblait  éleinl  en  lui.  Sa  capacité  dinconscience  était  un 
pliéïKimt'ue. 

Le  maria<,'e  ne  clianj^ea  pas  son  ^einv  de  vie.  Il  ne  renon«;a  ni  à  sa 
<iFi«lic»  «le  Monce.iii'  ni  II  ses  paities  libei'tini'S  avec  ses  compagnons  de  \ice, 
iiu-nant  de  IVunt  ses  dcxoii-s  «répoiix  et  ses  iialiiiuclie-^  di'bauclifs.  (Jii'ini  Ici 
mai-i  ait  pu  si>  faire  aimer  de  sa  fennne.  cela  paraît  urr  problème:  cela  l'irl, 
«'epen«lanl. 

Celait  ime  cliarrii.riite  et  burme  ciu'aturc  ipie  la  jeune  duclicsse  de  (  Ibartres. 
I^'  p«M'le  (Jilbert  a  écrit  «.iii-  elle  ces  vers  : 

."NUIS  un  rnii(lf.-lo  liuljil,  «léj,'uisant  sa  rfiaissancc, 
l'fiilliit'\rc'  <|iu-t(|rroruis  xisilc  l'iniligcncc. 
Kl,  «le  Ircsors  pieux  ilépuuillant  son  palais, 
l'iirli-  à  In  xeiive  en  |ileurs  de  pudiijucs  bienfaits... 

l'.lli-    n.iN.iil  «pie  sei/.e  ans  le  j«)ur  «le  son  union  avec  le  duc  de    Chartres 

!••  ."»  a\ril    lytii).  .luscpTalors   elle   avait  vécu   dans    la    tiède    atmosphère   de   la 

vertueuse    fairrille  de   l',>ritbiè\  iv.   nfr  elle   avait    puisé   des    principes    de    devoir- 

(pii  neljii.-nl  plus  f,'uère  ii  la  mode  parmi  les  fennues  élé-:anles  d,,  w,,,    Mèeic. 

Ia-  peintre  \anlu.i  l'a  repiéseiil.'c  j.'iiiie  lill.-  dairs  le  tableau  coririrr  sorrs  le   litre 

«le /«   7'rt.v.sr  ,ir  ,■/„„;, />i/.  (pii  a  lait    partie  de  la  colleclinii  du  château  ilKir.  On 

r>  v«.it  au  milieu  de  sa  famill.'.  appirvee  sur  le  dossier  d'une  chai.se  sur  hupnlle 

«•si   as>is.-  la    priiuvsse  de    l.and.alle.  sa   belle-so-ur:  à   droite,  .-st    la   (orriles>c 

•  le  ToubMise.  sa  yran.rmèiv:   à  -au.  lie.  !,■  d,,.    ,|e    l'enjbièvrv  .-t  le   princi'  d.' 

Iwimballe.    lils   «le    .vhii-ci.    I  ,,   .nitiv   portrait    «le   la   du.hesse.   peu  après    son 

niariaK.-.   p-'r  M-    \  i-.v-l.,|,ii„i.    |.,   montre  .-.ssise.   vi'liie  «l'une  rolu-  blanche. 

It«   hra»  gnuclic   p«jsé   sur    un   .onssin,  .-.ppiivant    sa    tél.-   dans    ses    mains;   sa 

ceinlurc  v^l  „rn«'e  «l'un  ,am.-e  r.-pr«'-senlarrt   I,,   /-n/r/if,-.   Knlin.   nr,    .arli^te  <pri 

JM-mble  av.>ir  lH>au<-(.up  travaillé  pom'  I.-  duc  .l'Orléans.  Le  Peiritiv.  .1  ,epr..s,.nte 

lu  «lm-|it.«M...  «lev.-n.i.-  m-'f.  ten.,„|   .|;„.s  ses  b.as  le  j.d |„e  ,1..    M,,nlperisier. 

Inil.liH    ,p,e   jon.-   ;.    ses    pi.Mls    le    due    de     \  ,dnis,    |„Im.     ro.     de-     IVa. irais:    le    .lu.' 

.    ..,.  .|,„tl  »l,.r,,, ni ir .,1  M,.u„r.,„.   C^i  |..  ,,,...  |..  .|„,   .|..   ci,,,,,..,  ,|,.,„,:,,  „.,|«,„. 

.«•.«.  ■■  .  I  |..m„.Mr  .1..  ,Mi,lr.-«  H„l.i..v,i,,  .  ..lil.r..  ,..  |,i.,.  ,.nKl..is..  ,,..i   l„l   !..  „...il„.s,..  .lu  prince  .le 
'  '  ''"'  '' '  "'"''  '"  "••'""••  ""'•  M^  v,.,iM„.Ml  r..v..k..  (Mi.,lre,v,  H.,i.i»oN,  M,m,.,r,s.  p.  25.,.) 


■iiii.i  iM'E-i:(:  \i.rn: 


'io3 


d'Orléans',  empressé,  s";tv;niic  iti  saluant,  sa  l'onnuc!  et  liciiiiiix  du  conp  crd'il. 
C'est  une  scène  de  faniillf  U  la  (ircuze.  Dans  ces  divers  (ahlcuix,  la  (liieliessc 
de  Chartres  apparaît  sinon  l)elle.  du  moins  aimable  et  simple,  telle  que  tous 
les  contemporains  la  dépeignent,  tenant  son  rang  au  Palais- Uoyal.  où  elle  ne 
restait  jamais  oisive,  au  milieu  des  divertissements,  l.uihM  lisant,  ou  bien 
—  pour  plaire  à  son  mari,  qui  cher- 
chait à  imiter  par  des  procédés  chimi- 
ques toutes  sortes  de  pierres  Unes  — 
s'occupant  à  l'aire,  de  son  côté,  des 
essais  qu'elle  lui  montrait  en  rianl. 
D'une  obéissance  passive,  elle  consen- 
tit, bien  que  ce  ne  fût  guère  dans 
ses  goîits,  à  se  faire  recevoir  franc- 
maçonne  (le  a8  février  1776)  dans  la 
loge  de  la  Folie-Titon.  Une  nuit,  le 
feu  prit  à  l'hùtel  de  Penthièvre,  situe- 
près  du  Palais-Royal,  à  l'endroit  oîi 
est  aujourd'hui  la  Banque  de  France. 
La  duchesse  allait  se  couclier  quand 
on  lui  annonça  cette  nouvelle,  et 
elle  était  déjà  à  moitié  déshahillc'c. 
Elle  ne  songe  qu'au  danger  que  peut 
courir  son  père  et  s'élance  à  demi 
vêtue  —  on  était  en  décembre  !  —  à 
travers  les  jardins  du  Palais -Royal, 
pour  aller  tomber  dans  les  bras  du 
duc  de  Penthièvre. 

11  était  impossible  qu'avec  une  telle  femme  le  ton  et  les  mœurs  du  Palais- 
lioyal,  c'est-à-dire  de  la  société  cpii  y  l'réciuenlait,  gardassent  l'allure  de 
laisser-aller  que  le  duc  d'Orléans  y  avait  introduites  et  que  le  duc  de  Chartres 
aurait,  à   couj)   sur,    rendues   pires   s'il   avait  été  seul.   Le    fait  est  qu'à   cette 

(''p()(|iie    la    ((  socic'lé   du    Palais-Royal»,    connue    le    dil   _\1 de    (icnlis^    «étoit 

la  plus  brillante  et  la  plus  spirituelle  de  Paris.  »  Parmi  tous  les  salo/is  (pii 
étaient  alors  en  vue  dans  la  capitale,  où  les  fennnes  étaient  reines,  celui-là 
a\ail   1.1  plus  grande  ri'pulaiiori.  (  )n  \  d('|)ciis,iil   pciil-rire  iiiniiis  (i'espi'ii   (pi  au 

1.  Les  ])orliiiils  du  duc  d'(Jrli''iins  dcvaiciil  (■lio  assez  imiidircuv  au  Palais  lldval.  l'arriii  les  lalilcaux 
([uc  la  Hé\(iluli()n  y  lit  saisir,  el  ([u'Alex.  l.eiiDJr  lecuciUit.  se  liouNaienl  ;  un  l'nririiil  ifarlidiis 
vondiimnè ,  par  Ile) iiolds,  «rcrf,-  le  l'tirtrnit  il'lùidlité,  à  uii-coi|is.  par  \uj;elien  Kaullinaini  i  Vicliives 
nationales,  K  '7  —  u3,  p.  73).  Le  peintre  Antoine  fiirousl  a  lail  au-si  un  pnrirail  ilc  ce  prinee.  ilnnl 
la  copie,  par  Do  Creuse,  est  à  Versailles. 

a.  M""  DE  (JEM.is.  Méiniiires,  l.  Il,  p.   ilJi), 


MANJCKVV  RKNl»!'   S    Cl.On). 
(-i.u.'poi-   M'ie  Ihi,    .1.-    C'h.n1r,-s 


CKWCRE    A    LEAU-FOUTt 

EXÉCUTÉE    PAn    LE    DUC    DE   CHAIITRES    E>     17*11 

A     l'aUE    de    TIIEIZE    ANS 

D'après  un  dessin  de  Cirraomelle 
(Bibliothèque   nationale,   Kstarapes,   Alhum   des  Amateurs) 


«Q/J  LE     PAI.AIS-KOYAL 

TeiupU-.  oîi   M"'  ilf  Hoiiinors  r;É\oiiiiail  :  on  y  laisail    moins  de  lillriahnv  (|m' 

c-liez  M"  (Ji'ollViii   on   .[ur   rhf/.   M Du   Denand.  mais   on    y  voyait    i-volticr 

les  ri'pii'seiilaiils  iliiiu-  sorte  de  secte  mondaine  assez  étranjro,  composée 
d'hommes  et  de  femmes  <pu  se  prétendaieid  dépositaires  et  jjardicns  des 
ancieime.s  traditions  sur  le  troùt,  rétiquetle  et  même  la  morale,  cpi'ils  se 
vantaient  d'axoir  periectioimée.  Volontiers,  dans  ce  milieu,  on  s'éri<j:eait  en 
juf:e  suprême  de  toutes  les  convenances  sociales,  en  s'arro'.M'ant  exclusivement 
le  litre  impip^aiil  de  .(homie  compagnie».  Un  mauvais  ton  et  toute  aventure 
scandaleus»'  excluaient  ou  baimissaient  de  cette  socii'h':  mais  on  n"exi^>-eait  ni 
une  \ie  sans  tache  ni  un  mérite  supérieur  pour  rire  admis.  On  n  recexait 
iiidislinclenient  des  espiils-l'orts,  des  dévots,  des  piiides,  des  i'ciiuiics  (l'une 
conduite  léfjère.  On  n'imposait  cpie  deux  conditions  :  un  bon  ton,  îles  manières 
nobles  et  im  ^'enre  de  considération  acipiis  ilans  le  monde,  soit  par  le  rang, 
la  naissance  ou  le  (it'ilil  à  la  conr,  soi!  par  le  l'asle,  les  richesses  on  l'esprit 
et  les  agréments  personnels'.  Le  l'alais- Uoyal  était  ouvert  à  toutes  les  per- 
sonnes pivsentées.  ipii  |)ouvaieid  y  venir  souper  sans  invitation  les  jours  de 
repn'sentalion  il'Opéra.  Ce  jour- là,  tonli-  la  i)oime  compagnii'  \  passait  et  s'y 
succédait.  Lrs  /irtits  jours   une  socii'U'  intime  enloniail   la  iahlc. 

Celte  SDciété  se  composait  à  pou  \)i!-<  de  \iii;,'l  pcrsiiiuu's,  (jui,  lin  liées  mie  fois 
|K>ur  toutes,  pouvaient  venir  (piaml  il  Iriu-  pl;ii<;iil  '.  cl  (pii,  Ir  soir,  allant  et  venaMl 
dans  le  .salon,  promenaient  d'un  bout  du  salon  à  l'autre  la  j^aielé,  la  vivacité  d'une 
con\er!4alion  pi((uante.  ,\  ces  réimions  lil)res  et  cbarniantes,  l'on  voyait  le  plus 
Houveiit  M"'  de  beauvau,  M""  de  Uoullleis,  M"*  de  Luxembourg,  M'"""  tic  Ségur, 
mère  et  belle  lille,  la  liaronne  de  l'alleyrand,  avec  son  Joli  Nisaf,'e  vieillot,  et  la 
inuripiiHe  de  l'Ieury.  Le  liant  du  salon  était  tenu  |)ai  une  (lune  (riiinniciir  di'  la 
ducbe.s.Hc  de  (Miartres,  \1""  »li-  iJloI,  tpii  ilevail  sa  grande  place  au  l\dais-bo\al  à  une 
ponnion  du  duc  d'Orléans  (pie  sa  \ictoricusc  résistance  avait  changée  en  aiuilié 
tendre  et  reftpcctueu.Hc...  .'^uj.'C  dans  une  cour  qui  ne  s'était  point  piquée  de  retenue, 
elle  «e  faiftail  pardonner  su  saf^essc  par  la  fjaielé,  la  verlu  par  l'ainabilité.  Kllc 
ruclieluii  sa  bonne  réputation  par  un  naturel  cl  un  cnjoin  uk  ni  i|iii  s'clf.ici' reiit 
(bi  jour,  dil-i»n,  où  elle  lut  Clnrissr.  pnur  faire  place  ii  un  ioiul  de  scnlinicnlalilé 
jusque  \ii  eacliée,  à  de  Krandcs  iiniclies,  à  de  longues  thèses  de  sensibilité,  au  plus 
fln  ^oliinnlia!)  de  la  pruderie.  Klle  iina;.,dna  de  porter  ;i  son  cou.  en  minialurc,  la 
façade  de  l'éKlise  ui'i  son  frère  avait  élé  enterré'... 

\  C.M.-  de  M   ■  d.-   IIImI,    l.iillairni    1,1    Nir.inilc'^s,.  Cl.'iin.inl-liallciande.  \i\e, 
|M'-lulanle.  qui  s'ahandonnail   ii   loiil   ce  ipijillc  pensai!,   s'i'-cliappail    en    s.njlics, 

'     "  •    ■•II»,  Mfiixiirrt,  I.   II.  p,   ïiMi-ii.i  cl   II.;. 

'  II-  (iriill».  (•!•  ii.imhrc  rtnil  roiiiiiiuiii'iiii-iil  <li-  ili\  ou  (l(ui/.c.  ..  Les  soujxM'!)  ôtoloill 

''"'  '   ''I'      ■  "Il  n>  JKUoii   |H>iiit:   In  prinn-v--  ri  loiilcs  les  fi-iiimo.i.  élahlics  inildiir 

'  '"'      ''"'  "•'»'  ■>'<  lr«»iiilliiii'iil  à  ili-  in'liU  oiivniKC!*.  !<•'  Iii>mmi'>,  «ssis  à  n'iU-  ou  un  jx-u 

'  ' la  «. III »iTvi lion  i|iii,  (<ii  K'''<nT.il,  l'ioil  npiriliiclli-  cl   pii|unnle.  " 

j   K<1    '1  j    i.i.  ii'ix.Mi  Ht.  /.Il  l'i-nime  un  tiiii'  »iVi-/c  (  i.s--i,  p.  ."m. 


lMtlI.1  l'Pl-in  M.ITK 


/,o5 


LE  duc:  m 


OU    i)l;iisaiifoii('s,    aniiisail,    (h'-ridail,   oinporlail    le    riiv:    M"""  la    marquise  de 
FIcni'N.    (|iii    ijai-la-icail   a\cc   la    haioiiiK"   di-   TalIcMand    rainilic   intime  de  la 

(lliclicssc  (le  Cliarliv-..   |);iiaissail   c me   uni'   jciiiic    l'"(ilic  avec   son  lii'an   visagC, 

SCS  veux   ailiiiiialilcs.  -i>ii  (-.piri^lciic  rriiai^Vc.  ({iii  lui  l'ai-ail  linii\<'r  parfois  dos 


'io6 


LE     PALAIS-ROYAI. 

mr  OÙ.  soiitcnaiil  coiiliv  M de  I.iival  les  ilroils  do 


mots  profoii«ls.  loiiiiiii'  It- j 
la  iiobU-sso  attaqués  par  Tui-ol,  v\U-  lui  dit  :  «Vous  i.iVl.mn.v,.  Madame,  .ar. 
quelque  ivs|>o.t  qu.-  jaie  pour  K-  loi.  je  nai  jamais  cru  lui  devoir  ce  que  je 
suis.  Je  sais  que  les  nobles  oui  lait  (|ueliiuelV>is  des  souverains:  je  vous  délie  de 
mcdiri'  le  roi  qui  nous  a  faits  iiol>les'.).  Il  \   a\ail  encore  le  côté  des  feuMnes 

mûres,  ou  moins  jeunes,  qui  avaient  été  atta- 
chées à  feu  la  duchesse  d'Orléans.  Parmi 
celles-là  liijiiraii'iil  M"'  de  Barbantanc,  M"""  de 
Uocliambeau.  la  marquise  de  Poliofiiac,  M""  de 
(ilioisv.  la  comtesse  de  Monlauban,  etc. 

M""  de  liari)aiitaiie,  (]iii,  au  dire  de  son  inliine 
cniieniio,  ne  possédait  plus  de  ses  charmes  pas 
ses  (pi'iui  ne/  roufje.  tnie  louinure  commune  et 
mie  r('|)ulalion  assez  bien  établie  de  sagesse  et 
(l'esprit:  .M""  la  comtesse  de  Uochambeau,  ajj:réa- 
hlf  \ieille  rcmiiie,  ([ui  se  rajeunissail  riiii  (|iien 
siiLuiaiil,  et  dont  la  mémoire  était  toute  pleine 
dainusantes  anecdotes;  la  vieille  comtesse  de 
Mciiitaid»an.  (pii  doimait  à  la  société  le  spectacle 
T-y»  _       l^'-~\\  iiimicpie  de  sa  ^'onrmandise,  de  ses  élourderies 

-    T  "•^i-"^'  •  ;  et  de  son  ainoui'  ctlVc'né  tlii  jeu.  Mais  ii;ic   l'ciiinic 

faisait   surtout   l'anuisemenl  cl  la  distraction   du 
,1  ii»vvi>«  »  »o»  <x»vici»  Palais  Uoyal  :  c'était  la  maniuise  de  Poli-nac.  (pii 

"**""'  '    °""  '  '"  devait  à  sa  laideur,  à  sa  ligme  de  \icux  singe, 

.1  l.i  ItiuHipierie  de  ses  manières  et  de  ses  |)laisanteries,  à  laudace  de  sa  langue,  une 
n'-pulatioii  d'ori^'iiialili-  cpi'elle  sendtlail  prendre  à  tâche  de  justifier.  Recherchée 
pour  le  plaisir  «pi  illi-  ilomiait.  cajolée  pour  son  es])iil  que  Inn  craignait  un  peu, 
quoiqu'il  et^t  pins  de  malice  ipic  de  méchanceté,  clic  iiMiil  li:iliilM<''  les  salons  à  ses 
j,'ro({niTie>»,  ditnt  elle  était  la  prenùèrc  à  plaisanter,  à  m)M  \icil  aniciin-  pnni-  le  cnude 
ili!  M.iillehitiH  qu'elle  a\ouail  si  \  aillainnicnt  et  doid  clli'  pi  <)cl;iiii;iil  si  liant  le 
ritlieule.  Klle  avait  imposé  à  ses  amis  ses  brutalités  di;  inauvaisi'  liiiiiicur.  sc^  Imu 
lailet,  celle  erudili-  des  mots  avec  hupiclle  elle  relevait  ses  pensi'c-.  et  ipii  Itii  taisait 
ré|M»ndre  à  une  peisomie  s'extasiant  sut  la  \i\acili'  i\\-  M  de  Sid/ctbomg.  la 
fenuui!  de  .soixante  huit  ans  la  plus  uctive  ilc  l'rancc  :  >'t)ni,  clic  a  tmilc  la  vivacitt- 
que  donnent  Ica  puces'. m 


M    '  de(;enliH.   I.  celte   femme  à    talents,   l.i    l'.'v  de    I 
•"Ml  i<*>le  dans  le  >alon  du  Palais- llii>,il.  Illlc  cLill  de 


I   pi'daniciie.  »  axait  aussi 
la   Miai-(in.    \    l'Iail    |cii;i''i"^ 


«;rt««     »'»trrr»;ir.fiifii/i.T,    l     l\ 
I  1  m.   /ri  l'rinmr  nu    \nii-  .iir,-lr,  \i.   ."ii. 

I  li-^  mil  Icru  ii|i|mrloiiii-iili  <lti  llr^fiil,  l'i  t'i-xlri'-iiilli'-.dc  l;i  yalnic  iI'Kiiéc,  sur 
•ii».i.  illt  l'ilf.  '■le»  mi'iiii'H  (IccciiMtiiiii-.;  Iiiiit  les  piiniiiMiix  ri  I'iiIi-i'immIc  In 
il  ru  uJnrt**.  (»*••<•  ili^i  tiiiuurlli-^  ilori'i'-..  ■•  On  n  vu  plu>  liiiul  (pic  le  duc 
I  ilniiti  uni-  iNirili-  ilc  ri'l  iip|Niilciiii-iit.  \its  i7ri."i,  [,■>  Inlilmux  de  l'école 
i.li-     lr«i.>j«..il ullr  au   Itiihn) 


IMI  ll.l  IM'F.-KGAMl  T. 


Ixo-] 


Loris-l'llli, 

ET    M.vniE- LOUISE    ADÉLAÏUL    DE    UOLUUOS,    ET   LEUKS    LM'AMTS 


avec  son  iii.iii,  «jni  .■i\ail  rciii|iloi  dr  r.'ipilaiiic  des  f;ar(U's  tlii  duc  de  (lliarlivs. 
Ses  Méinoiii's  ne  laissent  ignorer  aucun  des  succès  qu'elle  reniporla  dans  eello 
société,  comme  musicienne  et  bel-esprit,  ni  avec  (juc'lle  sui)éiioiil(''  olle  ('\ei\a  les 
fonctions  de  gouvernante  des  entants  du  |)rince.  Mlle  tenait  trie  an\  lionnues, 
aux  liahiliK's  de  ces  ri'iniions  ;  le  cniutc  de  Saint- Maurice,  ancien  gouverneur 
du  due  de  Chartres:  le  \icomle  de  iNucé,  le  comte  de  Scliombeig,  le  comte  de 


^O^  Il       IM.  MS-nOY  At. 

Valençav.  I«*  cuinlc  tl'UMiiniid,  lo  (.•ùmlc  de  Naiiliaii,  |irciiii<'r  -vnlilluiniiiic  de  la 
chambre',  (pii.  loiis,  demouraioiU  au  Palais-Uoval,  dans  k-  liàliim  ni  de  la  ronr 
di'S  Fcmlaiufs,  on  dans  la  «Cour  rovaliM). 

Au  niili«'U  de  colle  sociélcdisliuguée,  on  laiil  de  l'cnniits  ins!iiiitcs  iioilaienl 
à  son  coinhie  l'arl  si  éniineuniienl  français  de  la  loinersalion,  où  loiilcs  choses 

frivoles    ou    graves    élaicnt    disentées   avec    une 

,  ^  --,'\  verve  singulière,  on  les  idées  |)liilosO|)ln(|nes  de 

>ollaireel  de   d"  Menilx'i  I    imllaiinl    en    l'air   les 

cervelles,    oii    déjà    Ion    sentait    les    IVis-niis    du 

sonille    avant-coiiicnr    di'    la    Héxolntion.    il    ne 

sciiilile  pas  (|iic  Ir  iXwi-  de  (.liarlus  ait   exercé  le 

moindre    prestige    |)ar   l'esprit    cl    riiilelligence. 

l'eu    parleur,    mais    très    aclil".    l'orl    ciiliclit''    île 

yK^£r^^ •  J^gr^  ,^^     loules    les    non\eaut('s    (|u  il    incnail     Mijoiitiers 

,,   ..  ^>N.         *         pour  des   manirestations  du  progrès,  soccupant 

V  V'  de    coinmerce    el    d'industrie,    de    modes    el    de 

\  c(iiirse>i  de  clie\an\.  de  \  iilgai  i'^al  ion  scient  iliipie 

et  de  (piestions  ('•coiiomiipies  ou  financières, 
n  avant  de  tout  tprinie  teinte  h'gère  el  se  lan- 
<;aiit  il  1  axeiiglellc  daii^  une  l'onle  di  ni  reprises, 
on  le  \o\ait  aiVecter  ii  cli.Kpie  instant  un  ton 
décidé,  une  allnre  iiidi'pendanle,  des  aiis  de 
rél'orinatenr  ipii  ne  doute  de  rien,  el  de  casso 
rnii  rnpalile  de  rt'soiidre  m    nn   clin  doil    n'iniporte  (piel   |iidlilème.   (iomme 

réroruialeiir,  il  se   liorna  ii  éto r    |,i    y ■    p.n-   son  dédiiin   de   l'étiquette   el 

l'inlrodiir  li..n  à   l'aris  des  inndes  .ingliii^es.   ||   lil   \,nii  ,|e  l.undres  son  linge  el 

ws   M'iements.   M-H    \oilnres   el    des    gr ns  ipii  evcitaienl  les  riri's  du   public 

ipiand  on  les  \o>iiil  dans  les  rues.  Ii.nits  connue  des  nains,  avec  leur  li\rée 
bi/iirre.  Kn  1771.  le  \\\\y  ;i\;ii|  mis  iiii  pii'd  dans  l;i  politique.  <>n  s'opposant. 
n\cc  «ton  père,  au  coup  d'Klat  du  chancelier  Manpeon.  ce  (pii  lui  \;ilnl  délie 
un  uionient  exilé  djms  ses  teires.  Depuis  cet    ('\é-nement.    tenu    ;i    ri'cail    de   la 

I    f»f»r.it.  .I».  huit  K*-iilil'<li<iiiimi-5  ilr  lil  .liiimlirr,  nu  •■  clinmhcllaiis ..,  joiiissjiit  cliiii  trall.iiienl 

'  iiilr  l'oin  ilr  S.iiiil-Miiuri.r  a\Jiit  ij.imm»  livrw.  Dans  la  l.htc  tlaltrihutioii  îles  loue- 

/M/.iù  ll..y<,t ,  \r<  hlvi".  riall.iiiali«t.  \'',  9181  »,  je  trouve,  pour  laiiiuV  17s.-.,  findi- 

■  iiii|  liifc'iui.iiU         DniK  In  .ijuir  royale ..  deiiieuraleiil   le  eoiiile  el  la  comtesse 

clr   htni.  labbo  t.lMiilnir,   le  rlietniler  de   Iturforl,  M.   île  Home,   \l.   de   Ménage.   M.   de   MousiRiiy, 

M     ,U    M..r,...,.Hr„     I,.   ,M,i le    M.m>,    le    roiiile    (MlanaKanI,    le   (-..11. le    l'oiin    de    Sailli- Maurice. 

M    de  San.  le  innile  de  ScIiciiiImt-,  la  n.inle>.>e  de  Saint  -Sliii.iii,  le  comte 

liider.  le  (•■mie  de  \«leii..a>.  le  niiiile  do  Vaiiliaii.  M.  de  Villeiua«ue,  toim 

■  iiiii".  à  la  Mni'Hiii.  DniK  la  i-niir  den  lonlaiiii"!  lo-eaieiil  les  |)erM>ima;.'es  de 

le  liiblliilliiTiiIre  \m  Chau.  le  iiiédrriii  (Itiélanl,  le  eliinii^ieii  Marsolan.  I  apidlii. 

>  dr»      ueii»  de  i|iiaHli'"..  roiniiie  M—  de  b.ilKUell,  le  coiiile  dOsim.iil.  le  iiiariliti!! 

or   sa,„i  M.r       1.    iMrnii  de  Soliil-Klh.   le  rlie»nller  de  Moriiay.  cir. 


ly  «Mirr 
(C>i>|>i>  Àt  Mmuii  le  IcuM) 


L 1  p  l' i;  - 1:  (;  a  i, i  ï  k 


409 


A'"   71' 


.Vs. 

Tl,  .„„.   .lu  !. 


w,.  i,,>.  a-iiu 


LES    ÉCtniES    Df    DUC    D'OBLÉANS    CONSTRUITES    EX    I780  PAR    L'aRCHITECTE    POÏER 
SUR    LES    RUISES    DE    L'aNCIEN    UOTEL    DE    RAMBOUILLET 

Dessin    de    Sergent    (Bibliothèque    nationale.    Estampe,    Topographie) 

cour,  détesté  de  Marie-Antoinette  et  de  l'entourage  de  la  reine,  il  alVicha  une 
attitude  tantôt  frondeuse,  tantôt  humiliée,  selon  qu'il  avait  ou  non  besoin  du 
roi   pour  quelque  faveur,  et  celiv   encore  inanjue  son  caractère. 

Le  dur  de  Cliailics  ,iin;ii(  \(iiilii  n'jilisci-  ,111  Palais-Royal  les  grands  projets 
f|u"il  m('(lifait.  M.iis.  de  i—n  ;i  i7<S<),  il  diil  i.nigcr  son  frein,  cl  se  fjorner  à 
(les  lr;i\;iii\  (riiniiti.i^riiiciiK  iiiIcTieurs.  Un  :i  mi  (|n"ii  cliaiiiva  smi  iiicliitccte 
Piètre  de  la  cniisli  iirliMii  d'ini  (i|iscr\alniiv.  Il  lui  lil.  \\  la  même  époc[ne. 
décorer  des  apparh  nu  iiU  daii>  iaile  gauche  iln  l';ilais-Uo\al,  et  aménager  en 

T.    I.    LE    l'ALAIS-IlOÏAL.  ^^ 


4,0  LE     PALAIS-ROYAL 

salk'  lie  l);il  re  (jui  n-slail  ilc  laiicienne  galerie  des  llliislics  dv  Iliclielieu.  Les 
dessins  de  l'iMre,  eoiiservés  à  la  Hibliothèque  Carnavalet,  nous  renseignent  sur 
ces  rhangeinenls.  C'est  alors,  sans  doute,  que  furent  transportés  au  Haincy  les 
bustes  antiques  dont  V/mentaire  de  1-83  atteste  la  présence.  Vers  cette  même 
date,  le  prince  occupa  ses  loisirs  h  la  construction  dune  splcndide  et  nionu- 
nientale  écurie  dont  il  chargea  l'architecte  Pover,  et  (jni  fut  élevée  rue  Sainl- 
Thonias-<lu-L<)uvre.  iv  i3,  sur  les  ruines  de  l'ancien  hùtel  de  Rambouillet,  qu'il 
acheta  en  177^-  L'état  des  sonnnes  payées  pour  ce  bâtiment — reproduit  ici 
d'aprî's  les  dessins  de  Sergent,  gravé  par  Le  Canqiion'  — donne  un  total  de 
/|."ji.i«io  livres'  :  la  dépense  alla,  pour  la  niaçonneiie.  à  liaS.iigo  livres:  pour  la 
serrurerie,  à  '17. .{.{o  li\res:  pour  la  menuiserie,  à  .l'i,38i  livres:  pour  la  cou- 
verture, ;i  ir),ui)tt  li\res,  etc.  Kn  17SG,  le  duc  lit  assurer  ses  écuries  à  une 
Conipagnii*  anglaise  tie  Londres,  et  le  bâtiment  fut  alors  estimé  .")(io,ooo  livres, 
ce  (jui  devait  ronq)reiidre  laclLit  du  leniiin.  \  ((Ile  date,  allii  de  procurer  de 
l'argent  ;i  ses  créancii-rs,  le  duc  loua  ses  écuries  et  les  transforma  en  \  aux- 
hall,  pour  remplacer  celui  de  la  l'oire  Saint-(!crmain.  En  i7()a,  on  y  établit  le 
théâtre  du  Nandcxillc.  incendié  le  18  juillet  iS.'JO.  L'InMel,  une  fois  encore 
transformé,  servit  anv  ccnries  du  roi  Louis- l'iiilippe.  On  la  démoli  en  i85o. 
Le  prince,  «lurant  cetti-  |)ériode,  s'adonna  aussi  avec  une  certaine  passion 
ù  l'organisation,  dans  les  galeries  du  deu\i(nie  él.ige  du  Palais,  dune  sorte  de 
nms«''e  des  \rls  et  Métiers.  Déjii.  par  les  soins  tie  (iueltard,  a\ait  été  conqiosé 
un  intéressant  cabinet  d'histoire  naturelle,  comprenaid  principalement  le  règne 
minéral  particidier  ii  la  I-'rance.  où  l'on  \o\ail  des  types  de  terres  argileuses 
et  vitrescibles.  des  marbres  des  l-'landres.  du  naiipliiru'.  de  la  Provence  et 
des  Pyrénées,  une  suite  de  marbres  tirés  des  fouilles  dr  l'iinip('i  et  d'ilercu- 
Innum.  des  granits  el  des  jaspes,  des  ci  i^Ldlisalions  de  spalli.  des  ciishiiiv  de 
nH:hi'.  etc.  Ia-  duc  de  Chartres  conçu!  l'idée  d'agrandir  ces  collections  en 
)  ajoutant  des  nicMlèles  réduits,  en  relief,  de  tous  les  instruments  et  outils 
pnipres  ;m\  diverses  industries.  C'était,  en  somme,  reinliivoii  du  Conser\a- 
toinMle»  Arts  et  Mé-tiei-s.  dont  la  Uévolution  devait,  cpiehpies  années  plus  lard. 
ron<»HcnT  l'existence.  I,es  frères  l'érier.  céh'-bres  mécaniciens,  furent  chargés 
par  le  duc  de  <-onstilner  ce  musée.  Ils  lireiil  e\('(  nier  des  Mio(l(les.  MiiiroiiiK-- 
nient  n'-duits  ;i  l'i'i  belle  d'un  pouce  et  demi  par  pied,  a\ec  une  evactitude 
wTUpuleuse.  pour  permctin'  de  mesurer  d'un  seul  coup  d'(eil  !(<s  proportions 
dw  ohjet.H,  ft  dnns  la  matière  mènii'  où  ceu\-ci  exisjeiil  d.ins  |,i  riMJile.  On  ne 
n-gnrdn  ni  nu\  soins  ni  à  la  dépense.  La  cojleelion  du  l'.ilais-Koval  compre- 
nait Uni»  les  outils  nécessaires  ii  l'art  du  menuisier,  de  r<'bénisle.  du  carrossier, 

I    lUbinrt  (i(e*  tUUmpn.   Illlill<i(hi-(|UC  iialloiiuli',   Toinyrapliir,  V',  aa.3. 

1    f:ial  .//■!  iUfffrrnlt  mfmnirri,  fie.   \rrliivo  iiaiiotmlis..  lO,   a8«.  ir  j,  /xi.tmm. 


PIIILIPPE-RGALITK 


lu 


du  serrurier,  dos  niacliiiics  à  laminer,  des  fourneaux  de  l;d)oraloire  pour  la 
chimie,  des  foiu-neaux  pour  les  céramistes  et  pour  l.i  le  m  le  des  métaux,  des 
forges,  etc.  La  plupart  de  ces  instruments  en  miniature  se  trouvent  aujourd'hui 
au  Conservatoire  des  Arts  et  Métiers,  où  ils  furent  transportés  pendant  la 
période  révolutionnaire,  cl  Ion  en  peut  admirer  la  perfection  souvent  luxueuse. 


M  viiiii- \ntoini:tte   et   i.ouis   \vi  (BiscfiTS  de  sèvres) 

surloiil  |)onr  les  iiislniiin'iils  de  pli\si{[U(\  C'était,  en  définitive,  un  vérilalile 
musée  d'enseignement,  d'une  utilité  incontestable,  et  dont  il  est  juste  de 
reporter  l'honneur  au  duc  de  Chartres,  qui  obéit,  en  le  (  réaul,  n  une  pensée 
de  vulgarisation  éducatrice  réellement  généreuse.  Il  y  avait,  en  ce  prince,  des 
c(Més  d'homme  pratitpie,  un  besoin  d'imiover,  (pielque  chose  d'aniéricain  et 
(le  tout  moderne,  et  à  certains  égards  il  fut  en  a\aiice  sur  son  temps.  (Test 
un  sliu<j;gle  fur  li/'cr  (jui   n'a  pas  réussi. 


SECOND   I\CEM3IE   DE  L'OPÉllA  (1781) 
CONSTRUCTION   DES  GALERIES  AUTOUR   DU  PALAIS 


Le  (hic  (!'(  )il('aiis  connaissait  bien  son  fils,  et  s'il  avait  n'sislé  pendant  dix 
ans  à  >a  (IcMiaiidc  de  lui  (('ilcr  le  l'alais-Royal,  c'est  (|u"il  ne  doutait  guère 
des  grandes  entreprises  (juc  celui-ci  songi  mII  ]\  i('aliscf.  Il  se  i(''soImI  poniiant 
à   ce  sacrifice,  api'i's  a\iiii    oiileiiii   ragii'iiniii  du  roi.   Mais  il  sullit  de   parconiir 


iia 


r.E    PAi-Ais-no\Ai. 


r 


...  J  à 


l'aitf  .il-  doiialit.ii'  signt'  lo  ;io  dérembro  1780  pour  voir  do  qiu-llos  pnuloiitos 
stipulalioiis  die  l'iail  accompagnée.  La  cession  était  absolue  pour  l..us  les 
bàtiuients  du  Palais  >  «onipris  rii«')te!  de  Cliàtillon,  <(  déuouiuié  le  petit  hôtel 
d'Orléans,  »  vl  tout  ce  i|uils  lontenaienl,  sauf  les  collections  de  tableaux. 
pierres  pravtVs,  statues,  sculptures,  bronzes,  livres  et  certains  nieuliies  dont 
le  dui-  dOriéans  se  réservait  l'entière  propriété.  Les  conditions  de  la  donation 
étaient  forundées  dans  les  articles  suivants  : 

I  (  )llli^^■llil^n  pcmi- le  duc  de  Cliartres  d(>  payer 
il»  rede\ances,  rentes  l'oncières  et  autres,  s'il  on 
(lait  dû.  à  partir  du  jour  de  son  entrée  en  jouis- 
sance;—  ■>:  l'rrniissidii  an  |Mince  de  l'aire  les 
d(''niolitions  et  an^Muentalions  qu'il  lui  plairait 
sans  pouvoir  délo;rer  aucune  des  personnes  habi- 
tant alors  an  l'alais-H>i\al  (|n'en  leur  rendant  un 
lii^^iuent  iipii\alent  :  de  uK'ine,  de  ne  pouvoir 
diimilir  les  salles  ser\aiit  an\  archives,  à  la  col- 
irilion  t\r  lalili'anx.  sans  en  (•laiilir  d'anlr'es  pour 
le  même  usa^';  —  .5"  Obli^^atiou  pour  le  duc  de 
(Iharlres  de  réserver  au  duc  d'Orléans  son  père, 
sa  \u-  ilnranl.  l'apparlcnicnt  que  celui-ci  a\ait 
au  l'.dais;  lacnlté'  laissi'c  au  donateur  d'accorder 
les  lo;,'emints  ."i  qui  il  lui  con\ iendrait.  sauf  cin(|,  destini's  au\  dames  de 
la  durli.s»-  de  (  Ji.uln's  :  '1  (  )lili;i-alioii  pour  ii'  (hi(  de  Cliailics  de  con- 
serxrr  «pour  ra;.'ri'menl  du  pnblii'  la  jouissance  des  cours  cl  du  jaidiu 
du  l'ahiis-Hoy.d  ».  rt  di-  ponr\oir  ii  leur  tiiticlien;  —  5"  Kn  cas  ilc  niorl  du 
clui-  il<'  (iliartrrs  a\aiil  Ir  dm  d'(  trié-ans.  celui-ci  rcMhcr.iil  dans  j.i  {'.icnilc 
de  donner  s<miI  des  ordres  .ui  l'alais- llo\al.  s'en^Mf^eant  ;i  Icnii  les  arran"-e- 
menls  faits  par  le  duc  de  (iliarires. 

L'ncle  de  donation  fut  si^'iH-  au  cliàlc.ni  du  Haines  le  malin  du  'Aa  décembre 
17H11.  Dès  If  snrl<>ndeinain.  e'esl-à-dire  le  1"  jatnier  17S1,  connue  s'avisanl 
liniHipieiiicnt  qu'il  n'a\ail  point  pris  assez,  de  ^m^'OS  contre  rpielcpie  jou;,derie 
|HtnMbli<  cli«  sou  llls.  le  duc  d'Orlé.uis  faisait  de  nouveau  \enir  les  notaires 
l'I  njoutnit  une  clause  à  .sa  cessiuu.  insistant  encore  siu-  la  n'"ser\e  (piil  faisait 
des  (ableniix  el  Cfdleclions  d'objets  d'art,  ili-clarant  enccue  une  fois  (pi'il  «'lait 
bien  eiileudu  que  le  duc  de  Cliartres  ne   pourrait    nidi.rncnl    (Ji>|ioser  |ias  pins 

de  reu\  c|ui  s«>  trouvaient  dans  les  salles  spi'ciales  où  ils  T-taient  ordinaire nt 

etpofM'o.  que  des  autres  placés  dans  les  appartements:   enfin,   (pie  ces  lable.iuv 
nr  (levtiieiil  point  «'trc  confondus  ave(    les   meubles   ,|i,    |';ihiix    H,,val  «pi'il   .iv.iit 

I.  \r(hl<P«  iui(lnti*tr<     '■  • 


caoviu  i>t  Moiiràti  ut  ititt 


PII  II,  IPPE-EG  ALITE 


ii3 


(loniu's  à  son  lils  en  177(1,  a\oc  uiio  soniiiic  ;iiimi(^IIi^  (1(^  G, 000  livres  pour  leur 
entretioii.  On  ne  |)()ii\;ul,  ciMtcs,  inar(|ii('i-  plus  ncllcmi'iil  la  (li'fiance  que 
f'aisaiout  naître  les  liahiludcs  du  duc  de  t'iliarlres  pour  le  brocantage,  et  cette 
apprélionsion    ui'Iail    (|ui'    tiup    jiislifi*'-!',   piiis(|ii('  doux   ans  après    la   mort  de 


DÉCORATION    ISTÉRIEURE    DU    PALAIS-ROYAL    PAR    PIÈTRE,    ES     I778 
(Fac-slmili  d'un  dessin  arigin.il  du  Musée  Carnavalet) 


son  père,  en    1787.  ainsi  qu'on  va  le  voir,  le  prince  n'avait  d'autre  souci  (pic 
de  vendre  au  plus  vite  les  merveilles  dont  il  venait   d'hériter! 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  résultat  de  l'acte  de  donation  du  Palais- Koyal  ne  se 
fit  pas  attendre.  Depuis  longtemps,  le  duc  de  Chartres  avait  tout  prêt  par 
devers  lui  le  plan  de  la  colossale  opération  financière  dont  il  comptait  réali- 
ser l'exécution  en  rétrécissant  le  jardin  sur  trois  de  ses  côtés  et  en  mettant  en 
vente  le  terrain  rendu  de  cette  façon  disponible.  Sans  doute,  poiu"  machinei- 
ce  plan,  il  a\;iil  dû  s'aider  des  conseils  de  l^'cononiisle  Heaudeau '.  son 
confident  ordinaire  et  son  guide  en  ce  genre  d'alVaires,  qui  le  seconda  jusqu'au 

I.  Mcolas  licaudeau,  qu'on  appelait  l'abbé  Beaudoau.  parce  nu'il  avait  dû  cniror  dans  les  ordres, 
(il  paraître  en  1771  un  ouvrage,  qu'on  trouva  reinarqual)le,  inlilulé  :  Première  Introduction  à  la 
philosophie  économiiiae.  Les  Mémoires  secrets  parlent  souvent  de  ses  relations  avec  le  duc  de  Chartres 
au  sujet  des  constructions  du  l'alais-Royal.  Il  inourui  vers  1792. 


/,  ,/J  LE      PALAIS-ROTfAL 

IkjuI  dans  l\iiliv|)iisf.  l.;i  rlinso  roininoiiçait  à  s't'liiuilcr.  l/;ii(hilorlo  \  iolor 
Louis  allait  soiini.-llr»'  au  priiico  les  plans  ri  .lc\is  .|ircn  liàh-  il  .nait  pn'paivs, 
lorsque,  le  î<  juin  i-i<i,  un  nouM-l  inct'iulie  lii-xora  le   tiu-àlre  do  iOpéia. 

Celle  fois,  te  ne  fid  pas  le  matin,  mais  au  moment  où  la  représentation 
\enail  ilf  Unir,  U  huit  lu  nrfs  dn  -n\]\  cpie  le  l'en  se  dt-clara.  On  venait  déjouer 
Orphti-.  »t  If  l»all.'t  de  Curo/iis  n'était  pas  achevé  (piand  le  maître  de  ballet. 
DaulKM-nat,  en  levant  les  >eux,  aper(;ut  les  llanunes  dans  les  frises.  Il  arhexa 
son  pas  a\ee  le  plus  ^Mand  san;:-fV(.id  et  lit  liaissri-  le  rideau.  Le  puhlie  se  relira 
sans  se  douter  de  ee  (pii  arrivait.  S'il  avait  réclamé  la  lin  du  ballet,  le  feu  aiuait 
eu  le  temps  de  •.'aj.'uer  la  salle  :  des  centaines  de  personnes  eussent  péri. 

Les  pro^'rès  »le  l'incendie  ne  purent  être  arrêtés.  Les  réservoirs  élaieid 
pleins,  mais  il  n'v  avait  ni  pompes  ni  pompiers.  \ers  neuf  heures  et  demie,  la 
chaipcnte  s'é-cronla.  Il  ne  restait  plus  lien  de  la  s;dle  de  Moreau.  (hichpies 
d,ni«.-ins  cl  phi>.icni>  mailiinistes  ne  piucnl  se  sauver  à  tt-mps  cl  péiirent 
au   milieu  des   llanunes'. 

Ainsi,  la  salle  consirnite  par  Mcn-e.in  avail  eu  nn/c  ans  (revislcnce  depnis 
son  inaii>;urali<)n.  le  mi  janvier  i~~<>.  An  point  de  vui'  de  raicliiieclni-e.  le 
monmuenl  était  assez  insi^'iiilianl,  et.  bien  (pie  ce  lut  le  premier  i|ui  eût  été 
(iinstruil  spé'cialemciil  pour  r(>pé'ra.  on  ne  le  re^'rella  pas.  .'^ous  le  rapport 
lie  la  dispii'.ilion  ties  Inj^es.  de  la  cunnuodili''  des  spectateurs.  ipu'Upies  inno- 
vations in;,'énieuses  avaient  ("té  réalisi'es.  Moreau  s'était  elTorcé  de  domiiM-  ;i 
In  salle  une  courlM"  éli'';:anle  pour  (pie,  de  tous  les  points  des  cpialre  lan^^s  do 
loj;es.  un  pi'il  voii-  aisi'iiient  l;i  sct-ne.  V.n  onli'e.  il  avail  i^la^.'■in('•  de  réserver 
|)our  le  public  un  jnver  avec  balcon  sur  la  rue  Saint -lloucué,  ce  ipii  avail  ('h- 
forl  f,'oùti''.  I!nlin.  la  machinerie  ('-tait  assez  bien  orf,'aiusée.  car  tons  les  clian- 
P'nienls  de  d«''cor"s  se  faisaienl  dev.inl  le>>  speclaleurs  et  s.ins  (pion  baissât 
le    rideau.   (  "e   svsième   dura,   au    surplus,  jiisipi'en    iS'H). 

I.4>  duc  de  (iharires,  (pii  pendant  le  sinistre  s'était  vaillaniinenl  (  oniporli'-. 
tpioi  (pi'en  aient  dit  ses  ennemis,  ne  ponv.'iil  pri'voir  tous  les  <'iiiiiiis  (uii 
nllnienl  résulter  pour  lui  de  cet  événement'.  Korl  des  droits  cpie  lui  conslilii.iit 
l'ordonnance   rovale   de    i7l'i'i    (vove/   pii^iv  H-\),  il  ne  doutait  jias  cpie  la  \  ille 

I.  r.h  Irrrrii  If  Vnaivt  Itittra,  1875.  p.  jj.  —  Voyr»  aiiui  Ii<  l'rwrs  vrrhtil  ilr  fini-rmlif  tir  fil/tèrn 
drtff  I  i.rfi,  ai^-tnl  nu  l'nrlrmtut  tiliMiiniriit  forl  priVi»  i|iiii-niilical  «les  (li'lniis  maciibros). 

\r.lil.  O',  Hi 

ili'ji  illl  ni  |uirlaiil  ilii  |iri'iiili<r  iiitriiillc  «Iv  rn|Mrii.  ni  17(1,^,  je  irinsisli'  i>ns  ici 

-•  ratUrhr  chip  |wr  <|u<l<|iiin  |Miiiil<  ii  ci-liil  .|ii|  fuit  |r  foiul  dr  id  ..iiNrii^;.-.   Kiiroro 

IXr.-   trsll.-  :i    p.irl    (  '.-.1    «iirlmil   rr    iliiixliiiir   iiurtiilii'   ilc    i^Ki    i|iii    11  (loniir 

liiiili.ilnv    i.i|>|Hirl<.  iirnjrU.  roiilt'iiniit   iiiit-  finili-  (Ir 

i»i^  iiallniiiili-*,  ni  |i|ii«lnir!<  v-\\f>.   M.  iHTiiiiiiii   lliipsl. 

•I  ,     .  )   11   lMMur<iii|)  |iiiiM>.   iiirliiiil  iluiii  lu  >4'tIc<»'.  .H',3  h 

i«i.   \iai«   ir*  PTiiiliU  III"  •nnlilnil  |i.i«  nMilr  r\prcr  li-iirs  nTlirrrlics  <lnii» 

I  .iMrIpnii.    \rv%  rkliiM  ni    rni«rlKiiniinilii   vir    IO|Mrn.   (Cf.    iiolniiininil 


PII  II.IPPE-ÉGALITl';  /|l5 

110  seiiipicssàt  (le  roconslruiic  une  autre  salle  à  la  place  de  celle  (jui  venait 
d'être  incendiée;  mais  la  \  ille  lit  coiuiaîlre  <[u"elle  u'eu  avait  iiullenient 
riutcntion.  Le  prince  plaida,  n'ayant  point  dincjuiétudc  sur  l'issue  du  débat 
et  se  croyant  bien  certain  de  levcellence  de  sa  cause.  Il  avait  tort.  Ses 
conseillers  nétaient  pas  sulïisaninient  au  courant  de  lallaire,  car  la  N  ille 
allait  invocpicr  devant  le  Parlement  un  arf^umenl  décisif,  à  savoir  que,  depuis 
le  mois  de  mars  1780,  des  lettres  patentes  lui  avaient  retiré  Tadministration 
de  rOpéra,  «  toujoin-s  de  plus  en  [)lus  (lispen(Ii(Hiv.  »  De  telle  sorte  que  la 
Ville,  n'avant  plus  la  cbarge  du  lliéàtre,  prétendait  du  même  coup  n'avoir 
plus  à  être  j^arante  de  rien  et  n'avoir  point  à  remettre  «  la  salle  de  l'Opéra  au 
même  état  qu'en  1771  ».  connue  le  demandait  le  duc  de  Chartres.  C'est  ainsi 
qu'en  décida  le  Parlement,  et  il  fallut  s'incliner.  L'Opéra  fut  transféré  boulevard 
Saint -Martin,  dans  une  salle  que  l'architecte  Lenoir  construisit  hâtivement 
en  quatre-vingt-six  jours,  et  qui  dura  près  d'un  siècle.  Elle  devint  le  théâtre  de 
la  Porte-Saint-Martin,  incendié  en  1871  et  qu'on  reconstruisit  alors  sans  délai'. 

Ce  fut  une  amère  déconvenue  pour  le  duc  de  Chartres  ([ui,  possédé  par 
son  idée  fixe  que  le  Palais- Koval,  surtout  avec  tous  les  changements  projetés 
par  lui,  ne  pouvait  se  passer  d'un  théâtre,  n'en  persista  pas  moins  à  agir 
comme  s'il  n'avait  point  perdu  son  procès,  et  s'entêta  jusqu'au  bout  dans  son 
secret  espoir  de  ramener  l'Opéra  dans  sa  demeure.  C'est  à  cette  obstination 
que  l'on  doit  la  Comédie- Française,  construite  par  Louis. 

Trois  ou  quatre  mois  avant  le  deuxième  incendie  de  l'Opéra,  le  bruit  avait 
commencé  à  se  répandre  dans  le  public  que  le  duc  de  Chartres  tramait  de 
grands  desseins  qui  allaient  bouleverser  les  alentours  du  Palais- Royal  et  cons- 
terner les  propriétaires  des  maisons  qui,  depuis  si  longtemps,  avaient  la 
jouissance  de  l'entrée  directe,  ainsi  ({ue  de  la  vue  du  jardin.  On  ne  savait 
encore  rien  de  précis:  mais  la  rumeur  semait  de  vagues  inquiétudes.  Dès  le 
18  avril  1781,  le  correspondant  d'un  grand  seigneur  russe,  dit  Ed.  Fournier^ 
lui  écrivait  de  Paris  : 

11  est  aise  de  se  former  une  idée  du  prix  qu'on  attache  aux  terrains  dans  cette 
bonne  ville  par  la  demande  de  quatre  cents  louis  qui  a  été  faite,  au  nom  du  duc  de 

I.  I.c  duc  de  Chartres  n'eut,  coininc  compeiisalioii,  que  le  terrain  sur  lequel  avait  été  l'Opéra 
incendié,  terrain  qui,  ainsi  qu'on  l'a  vu  dans  le  cliapitrc  précédent,  avait  été  acheté  en  partie  par 
le  duc  d'Orléans,  en  partie  par  la  Ville  (voyez  pafie  '.^-'4).  Le  prince  en  céda,  en  1783,  une  portion 
au  roi  (lo'i  toises  â  pieds  5  pouces),  en  échange  d'une  (luantilé  éf^ale ,  qui  fut  prise  dans  les 
dépendances  du  l'alais-Uoyal,  vis-à-vis  la  cour  des  Kontaines,  et  qui  fut,  à  cet  elTet,  séparé  de  l'apa- 
nage.— ■  Parmi  les  dépenses  occasionnées  par  l'incendie  de  1781,  je  relève  les  suivantes  dans  les 
comptes  du  duc  de  Chartres  :  «  \.  Berthelier,  pour  les  terrines  fournies  pour  l'incenilie  de  l'Opéra, 
449  livres  i5  sols;  gratilicalions  accordées  aux  garçons  d'appartenieiils,  aux  5  suisses,  aux  3  portiers, 
aux  r>  frollcurs,  aux  4  gardes  du  Palais,  à  raison  d'un  louis  chacun,  48o  livres;  —  /</.  aux  pompiers, 
48o  livres.  »  —  Il  fallut  aussi  faire  d'assez  grosses  réparations  aux  bâtiments  du  Palais.  lUen  que  pour 
la  serrurerie,  la  dépense  alla,  de  ce  chef,  à  0,280  livres.  —  .\.rchives  nationales,  U '1,  288. 
2.  Ed.  FouiiMiEH,  l.e  l'aUtis-Hiiydl.  p.   'io. 


A, g  LK     PALAIS-ROYAL 

Charlro.  auv  (.ropriiUiios  di-s  maisons  qui  bordc-nl  le  jardin  du  Palais  IloNal,  pour 
la  pelile  place  de  trois  à  quatre  toises  de  long  sur  quatre  pieils  de  tliamèlre,  qui 
les  sépare  du  triillafie  dont  la  promenade  est  entourée. 

1-1  proposition  fiit-fllo  réi-ilonient  faite,  et  à  (ini.''  Notre  auteur  ne  le  dit  pas. 
Ia-  duc  de  Cliarlres.  a\anl  de  foiiuulcr  puhliqueinenl  ses  projets,  aurait-il 
\oulu  d'abord  essajer  de  paralyser  la  résistance  (pi'il  prévoyait  de  la  |)art  des 
propriétaires  ses  voisins,  en  leur  achetant  le  terrain  dont  il  avait  besoin  cl 
qu'il  comptait  leur  enlexcr?  Vu  taux  ipi'indicpie  le  correspondant  du  ■,Mand 
seijjiieur  russe,  le  procédé  l'aurait  mené  loin,  car  c'était  se|il  îi  liiiil  (cnts  lianes 
par  mètre  carré  t|u'il  aurai!  lallu  pa>er.  et  il  y  a\ait  des  milliers  de  mètres! 
(If  n*e>l  l;i.  as>urémi-nt.  (ju'un  écho  de  salon  transmis  à  la  légère,  el  c'est  à  un 
tout  autre  parti  ipic  s'arivia  le  prince. 

Le  17  juin  17S1   furent   rendues  les  lettres  patentes  du  roi  qui  vimenl.  enfin, 
tinr  li's  inléres>iés  de  toute  incertitude,   (les  lettres  patentes  disaiiMil  '  : 

Il  ;i  lié  tait  au  l'alai--  Ho\;d.  par  les  princes  île  la  maison  d'Oiléans.  el  notan» 
ment  pur  notre  très  clier  et  très  amé  cousin  \r  duc  d  (trli'-ans,  diUérentes  aufjmen 
talions,  améliuralions  el  décorations,  mais  qui  ne  sullisenl  pas  enioi'e  pour  dormer 
aux  enfants  de  notre  très  cher  et  très  amé  cousin  le  duc  de  Cliarlres  îles  logements 
convenables  h  l'époipie  prociiaine  de  leur  établissement... 

Notre  dit  ciiu>iii  le  duc  de  Cliarlres  a.  en  coiiséipienee.  l'ail  arirler  1111  plan  des 
dile>  l'Kiislrucliniis,  aii;.'iiienlaliniis  el  décoralioiis  qui  ont  été  jugées  nécessaii'cs  pour 
remplir  l'objet  de  la  dniuilioii  :  mais  sa  forluiie  acliielle  ne  lui  permeltanl  pas  de 
fournir  ù  celte  dépense,  il  iiuiis  a  r.ijt  snpplin-  ,U-  lui  pcrmellre  d'aliéner  à  litre 
iruccensenienl  per|H'-luel  el  moyeiiiiaiit  un  cens  modiipie  eui|)orlaiit  lods  el  veilles 
ù  noire  prolil,  ilriur  iititlf  trois  ct'itls  InUf.s  siiiirrjiriellr.i  du  jardin  du  Palais-Uoyal  à 
prendre  dan-»  sun  poiirlour.  pour  le  prix  prn\enanl  de  ce-<  ventes  être  employé  au 
payemeiil  i\v%  dilei  cnietlriiclions. . . 

Par  le  com|)le  que  nous  imus  sommes  fait  rendre  du  plan  des  iiouxelles  eons- 
trurtionn  el  emlM-llisiemenlH,  iirrélé  par  noire  dil  c((u>iii  le  duc  de  Cliarlres.  nous 
a»iini»  reconnu  qu'il  doit  èlre  fm-iiié  entre  les  maisons  ipii  entourent  acluellemcnl  le 
jardin  ilu  Palais  Kuxal,  el  les  nouxelles  «pii  seront  eoiisliuiles  sur  les  terrains  à 
aliéner,  uni'  rue  île  -l'i  pieds  de  largeur  sur  laquelle  les  propriétaires  des  maisons 
acliielle^  auront  des  jours  el  des  >iiirlies  lilucs,  nu  lieu  des  jours  et  des  sorties  de 
«iiulTranec  qu'il»  ont  sur  lejiirdin.  el  que  d'un  aiilre  côté  lu  iliiiiiiiiilinn  df  rrlriutuc 
tir  er  jfirtiin  fitiitrrtt  sr  tnmt'fr  cnmitriui'r  juir  l'iiijn'iiifiil  ilrs  iirnniriinili's  rtiitrrrlfs  i/u'il 
"■  l'foinue  d'y  inéniujrr... 

A  ce*  cauMtM...  niunt  avons  permio  el  par  ces  présentes  signées  di-  notre  main. 
|»rrnipUonii  h  noire  Irè»  cher  el  Irè»  amé  cousin  le  due  i|*>  Chnrlies  d'aliéner  à  litre 
d'arrrnM'iiM'nl  |HTpéliii-l  i.ltM)  liiii.es  siiperlicielles  du  jardin  du  Palais- lloyal,  à 
prendre  dan»  mon  |Hiiirlour.  . 

■     '■"' '■■'  ■  ■••11  iiuliiréêrnl  Ir  dur  île  ChaHrf,  •  d     Ai.Im>i->  nul ili«,  II'.  iS-t. 


PItlI.IPPK-KGAI.ITK  /5l^ 

Plus  de  doute  possible  :  le  duc  de  Chartres  avait  obteiui  du  roi  ce  qu'il 
voulait;  on  était  renseigne  exactement  sur  ses  projets.  Aussi  ce  fut  une  véri- 
table levée  de  boucliers  con- 
tre le  prince.  La  fureur  des 
propriétaires  des  maisons 
entourant  le  Palais  ne  con- 
nut point  de  bornes,  et  se 
déchaîna  on  une  pluie  de 
libelles,  de  brochures,  de 
sarcasmes,  de  calomnies, 
dont  la  violence  dépasse 
toute  imagination. 

Ce  sont  tous  les  jours  au 
Palais-Royal  de  nouveaux 
placards  infâmes,  disent  les 
Mémoires  secrets',  qu'on  atïï- 
che  clandestinement  dans  la 
nuit  et  qu'on  lit  le  lendemain. 
Celle  voie  abominable  de  lour- 
mentcr  le  (hic  de  Chartres  par 
les  menaces  les  plus  insul- 
tantes et  les  plus  vaines  lui 
ramène  beaucoup  de  gens 
impartiaux... 

On  parle  d'une  lettre  abo- 
minable conlre  le  prince... 
On  ne  pourroil  croire,  si  l'on 
n'en  étoit  témoin,  à  quel  de- 
gré de  fermentation  se  sont 
élevés  les  esprits  depuis  cette 
malheureuse  affaire  du  Palais- 
Royal,  qui  intéresse  non 
seulement  tout  Paris,  non  seulement  les  diverses  provinces  du  royaume,  mais 
même  les  étrangers  dont  le  jardin  de  Son  Allesse  éloil  le  rendez-vous. 

Un  de  ces  placards,  collé  audacicusemcnt  dans  le  grand  escalier  même 
du  Palais,  assurait  au  duc  de  Chartres  qu'il  pouvait  bien  ouvrir  une  sous- 
cription pour  avoir  l'argent  nécessaire  à  la  construction  de  ses  nouveaux 
bâtiments,  et  que,  si  chaque  personne  dont  il  était  méprisé  fournissait  seule- 
ment un  écu,  il  aurait  de  quoi  bâtir  une  ville  entière.  Les  satires,  les  chansons, 
les  brocards  tombaient  dru  chaque  jour.  On  y  aflcctait  de  croire  que  le  prince 

I.  Bachaumont,  Mémoires  secrelK,  t.  XVII.  3  juillot  cl  :<  oclobio  1781. 

T.    I.    LE     PALAIS- IIOÏAL.  63 


é 

à 

h' 

ï 

[UN   ÉLÉGANT   DANS   LE   JARDIN   DU   PALAIS-ROTAL  »   (1786) 
ravure    anonyme    (Bibliothèque    nationale.  —  Collection    Hennin) 


A|g  LB     PALAIS-ROTAL 

n'avait  pour  but  qm-  de  lai.v  .lu   l'alais-Kojal   un  mauvais  lieu.  Une  de   ces 
épi^'iauiuies  disait  : 

En  cakulant  d'avance 

Son  nouNoau  bàliment, 

Cliarires  en  diligence 

Arriva  dans  l'instant  : 
M  l)c  ma  st^iéti'-.  dit-il,  je  me  contente, 
Je  fais  bàlir  un  bel  liùtel. 
D'un  jardin  j'ai  fait  un  bord... 
Ji'  Miis  l'i  dans  mon  centre.  » 

I  ne  autiv  faisait  inleiM'uir  l.-s  Xi/mp/ws  du  Pnlnis-Iioi/al,  qui  exposaient 
au  due  leurs  dol.aii.es  pour  qu'.Jii  ne  les  ehassàt  pas  de  ce  jardin  où  elles 
a\aieul  si  Www  itiii.s   lial>llu(l<'S  ! 

Où  pourrons-nous,  hélas  1  mettre  à  l'encan  nos  charmes? 
K«-oulc  n.)s  soupirs,  écoute  nos  regrets  : 
Ton  pr.>jel  accablant  llétrit  tous  nos  attraits. 
Que  ta  pitié  t'anim.-  et  tarisse   nos  larmes! 

Suis  CCS  arbres  t.>uiïus,  à  l'oudire  du  mysli-re, 
Kl   l'Iiitus  et  l'Amour  couronuoient  tous  nos  \.vux: 
!.«••<  jeunes  et  les  \ieu\  recherchoient  à  nous  plaire, 
l'ajiiienl  «lier  nos  baisers  et  se  crojoient  heureux... 

Le»  cal...  sur  ton  cn-iu-  n'onl-elles  plus  d'empire? 
Kcoule  le  plaisir  par  le.piel  tout  respire; 
l»ge-nous  dans  Ion  sein,  protège  nos  ardeurs  : 
En  échange  rei;.)is  le  tribut  de  nos  cn'iirs. 

Mais  relie  f;ii.'irc  d.-  paniphl.'ts  ne  pouvait  a\oii'  .1."  i.siillat.  Les  |ii(>prii- 
lains,  alTulés  par  l'idi'e  de  la  il.''prctialion  tpi'allai.iil  siiliir  leurs  iiiuiu'uhi.'s  si 
les  pnjjelH  ilu  due  de  (iliarlres  s.'  n'-alisaieiil,  niirciil  l.iiil  eu  .eiivrc  p.uir  l.'s 
faire  «'-ehouer.  D'aliord  ils  iis.'-reul  d.-  supplic.ilion-i.  sadressèienl  au  duc  d.' 
I*entliit:\re,  îi  la  duelie.sse  de  Cliarlr.s,  poiu'  hui'  deiuaiider  d'interxeuir  aliii 
cjuc  les  clioHt'H  n-Htassenl  eu  l'clat.  l,'arelieN.*(pie  de  Paris,  îi  qui  l'ancien  droit 
de  Itttls  et  ventes,  <|u'il  I. •liait  iK'  ses  prédéeesstuirs  sur  les  terrains  de  cello 
|mrtie  tir  l'nri.s,  perniellail  de  s'opposer  îi  ralii'nalion,  fut  éj^ai.  lu.iit  cliarffé 
de  fairr  une  di-iiinrelie  en  ^'rnnde  eéix'inonie.  l/alilK'  de  I„mui;in.  (r:Milic  jiail, 
prt'-H4Mita  un  placet  deiuaiidaiil  2i  ce  ipiau  projet  du  piiiic;  .m  en  sul»lilii;'il  un 
aiiln'.  «  non  iiioin.s  ili;;ne  de  sn  ;;rnndeur,  »  .pii  s.-rail  plus  a^ivahlo  au  |iui)li< 
et  ipii  roiiti.Hinit  !i  l'Ievrr  nu  niiliiMi  du  jardin  un  nioiuniieiil  au  .  ai.liiial 
ilo    Hicliflirii.    PeiiK'    perdue!    .\l.»rs    les    propriétaires   se   .htidiiiiil    ;i    ;i\oir 

nrouf»  nu    l'nrii-nicnl.    Iamip    pn'-leniion    n'était    rien    nioiii-'    .| riuMupier 

la    pn-o<  ripli n     \ri1u    de    la. pu-Ile    ils    avaient,  depuis   plu-   d  uu    -i.  ■  le.  i.i 


PHILIPPE-ÉGALITl':  '(If) 

jouissance  de  jours,  vues  et  entrées  sur  le  jardin,  cl  lU^  s'en  prévaloir  pour 
faire  défense  au  prince  d'entrepreiidiv  amiinos  coiislriiclioiis  (pii  {)ussent 
y  nuire.  L'avocat  (lerbier 
fut,  en  attendant,  char<>:é 
par  eux  de  deniaiidcr  au 
Parlement  de  ne  point  enr(>- 
gistrer  les  lettres  patentes 
du  17  juin  1781  autorisant 
les  constructions.  Il  échoua. 
Mais  les  plaideurs  ne  se  dé- 
couragèrent pas.  Coulianls 
dans  la  consultation  favora- 
ble de  trois  jurisconsultes. 
Babille,  Collet  et  Treilhard, 
ils  persistèrent  dans  leurs 
revendications.  Ils  étaient  au 
nombre  de  soixante-douze. 
La  plupart  d'entre  eux 
avaient  de  hautes  influences. 
Voici  leurs  noms,  avec  l'indi- 
cation des  maisons  qui  leur 
appartenaient,  en  commen- 
çant par  celle  de  la  rue  de 
Richelieu,  mitoyenne  au 
Palais,  jusqu'à  l'hôtel  de 
M.  Voyer  d'Argenson. 

M.  de  Mansion,  financier 
(n°  i3); —  Baronne  de  Neuker- 
que  (n"  i4);  —  M.  le  président 
Dequeville  (n"  i5);  —  M.  Da 
lainville,  maréchal  des  logis  du  roi  (n"  iG);  —  AI.  Duquesnoy,  grand  maître  des 
eaux  et  forêts  (n°  17);  —  M.  de  liourboulon,  trésorier  de  la  maison  du  comte 
d'Artois  (n"  18);  —  M.  Doche  (n°  19); — M.  Rousseau  (n°  20); — M.  le  président 
Sarot  (n°  ai); —  le  marquis  de  Pérusse  d'Escars  (n"  aa);  — M.  Desparre,  ancien 
syndic  de  la  communauté  des  perruquiers  (n°  23); —  M.  Le  Comte,  secrétaire 
du  roi  (n"  3o);  —  M.  Neveu,  architecte  (n""  Sa,  33  et  34);  —  M.  Jousscrand,  limo- 
nadier, tenant  le  café  de  Foy  (n°"  35  cl  37); —  Les  maisons  n°"  /|3  à  'i(j,  formant 
l'encoigmirc  de  la  rue  Richelieu  et  de  la  rue  des  Petits  Champs,  n'avaieut  pas  vue 
sur  le  jardin;  —  M.  Laroche,  notaire  (n-  i/iô,  i/|G  et  1/17);  —  M.  Jardin,  architecte 
(n-  1A8  et  l'ig);  —  M.  Lesprit,  libraire  du  duc  de  Chartres  (n"  i5o);  —  M'""  Dubois 


UNE    ÉLÉGANTE    DANS    LE    JARDIN    DU    PALAIS-nOYAL  ))    (178C) 
:  (B{bliothique  nationnlc.  —  Collection  Hennin) 


^aO  LE     PALAIS-ROTAL 

(n-  iji);  — M.  Tellagoiii,  ..maître  on  fail  ilarmcs  d  (n°  i5());  —  M.  do  Brainville, 
ancien  secrélairo  du  roi  (n"  167  1O9).  ces  deux  maisons  faisant  lencoifînuio  de  la 
rue  des  Petits  Champs  et  de  la  rue  des  Bons-Enfants;  —  Plus  18  maisons  appar 
tenant  à  MM.  Moreau.  archilccle  du  roi  et  de  la  Ville;  au  maniuis  de  Cany;  à 
M~  de  Crign)  ;  au  comte  de  Carvoisier;  à  M.  Lebrègue,  architecte;  à  M.  Caillard, 
écuyer  du  roi.  —  Enfin,  venait  l'hùtol   de  M.  le  marquis  Voyer  d'Argenson'. 

Pour  tArlior  do  cahnor  l'anlour  rninl)ali\o  do  sos  advorsairos,  lo  dur  <lo 
Cliarlri'S  lit  iinpiinior.  ilans  los  i)romiors  jours  do  juillol  17S1.  ol  rôpandrc 
à  prufusion  ilans  lo  puhlio  un  Kr/xtsé  des  changt-ments  à  Jhirr  au  Palais- 
Hoi/iii.  Il  >  (lisait  qu'on  sonuno  tout  son  plan  consistait  ii  iioiilo\or  (pie 
5  toises  au  fund  du  jaiiliii.  (pii  a\ait  luio  lonj^niour  de  167  toises,  et  A  toises  sur 
chacun  dos  (•(')t<'-s  do  la  larj^our,  (pii  «'•lait  do  -i  toises.  C't'iaicnt  dnnr  trois 
handos  de  terrains  (pi'il  prouait  pour  \  fairo  dos  rues  parailMos  à  la  rue  do 
Kiilioiirii.  il  la  ruo  des  ji.  ms- linrMiils  <•!  ]i  la  1110  dos  l'clils-Cliaiiips.  (los  rues 
nouNclics  seraient  hordoos,  du  ciMi-  du  jardin,  de  inaisuns  dont  hss  fa(,Mdes 
seraient  unifornios  ot  los  disirihulions  inlc-riouros  à  la  \olonl(''  des  ac(pi('reurs, 
sur  une  prufondour  d'onviron  7  loisos  sur  los  c(M(Js  el  do  10  au  fond,  n'  (pii 
diminuerait  encore  lo  jardin  d'autaid.  ol  lo  rendrait  au\  propoilions  do 
i.'{7  toises  de  lonj;  sur  ."10  do  lar^j^o.  (los  niaisntis  pr(''sonlorai(Mil.  sous  mif  parlio 
de  leur  premier  ('ta;.'!',  du  rùlt-  ol  au  iii\oaii  du  janliii.  une  loii^^uo  ^^alorie 
couverte,  libre  do  bout  it  bout  ol  oumtIo  au  public  dans  tous  los  louips  do 
rann('*f.  Klle  aurait  ensiroii  1  •  pieds  dr  lai-^'o,  porterait  toute  la  baulour  dos 
rez-de-chausst't>  et  entresols,  ol  soiail  poici'o  th'  iiSS  arcades.  Poiii  arlicxor  lo 
cpiadrilatère  de  pdorios  autour  du  jardin,  on  ('lôvorail,  on  avaiil  do  la  ^lillo 
formant  la  deuvièmo  coin-  du  Palais,  ou  cour  lovaio,  un  iriainl  corps  «le  lo^^is 
de  i.'i  tois4's  (II?  larf^o,  allatil  do  la  rue  do  Kiclielieu  à  la  ruo  des  Bons-I'.niatils, 
le(|uel  s«>rnit  soutenu  par  dos  colonnes  devant  former  trois  •,Mleries  couvorlos,  do 
Cl  tuisoH  de  lonj,',  à  l'usa^^'o  du  public,  cl  (pii  suppriinoraiont  les  apparlonients 
existant  nu  rez -do-chaussée  et  îi  l'entresol,  dans  celle  parlio  du  Palais.  (JuanI 
au  jnniin,  il  serait  composé  de  doux  allé(<s,  <pii  auraieni  cliaiuno  ovaclonioiil  los 
nirmos  dimensions  que  l'ancienne,  laiil  ic^ricllcc.  appolôo  la  •jrando  allée. 
Il  serait  Ixjrdé  par  la  colonnade  du  Palais  cl  par  des  maisons  réguliôi-os,  loiilos 
assujetties  a  une  façade  nniformo;  il  conmiuni(pierait  dans  tout  sou  pourtour  à 
la  pmnieiiade  couverle.  la  plus  vaste  et  la  |tlus  ma^'uiliquo,  éclairée,  d'ailleurs,  le 
soir  cl  mPme  In  nuit,  jusqu'à  doux  lieuros.  par  18M  réverbères  suspendus  sous  le 
riulrc  des  arcades,  el  par  los  lumioroH  des  appartements  des  nouvelles  maisons, 
—  apcrUclc  k  la  fois  et  promenade  do  toutes  les  saisons  el  de  tous  les  momouls, 
rc  (|ui  ronslilucrail  uit  giMin*  de  InNUilé  dont  il  \i\  .ivail  pas  d'oMiupIc  .'1  Paris. 

"•'    f^i   héffu  </<••  Itr'iftrtflnirrt,   rlr     Vrcliitn  ii.ilinnnli-^.    lO,   38.S. 


niii.ipPE-Kf;  AMTi: 


.'l  9. 1 


Col  K.rpnsr,  i\u[  préscnlail  avec  liabilclc'-  cl  sous  les  aspects  les  plus 
hrillanis  les  plans  v('rilablomcnt  fjrandioses  (pii  allaient  donner  un  nouveau 
lustre  au    Palais- Uoyal,    ne  dc-sarnia    |ias   les    propriétaires,   (^inquante-ciualre 


li  ■  ■  ■  1 1: 


rj — -mm\ — TmBKf — Tomx — Bwr^ 


PREMIER    PROJET    NOS    .VDÙl'TL    l'OLll    LA    CONSl  ULCTIUN    lii:s    c.H.lUIES    m     !■  \  r  \I- -  lu  H  II  ,    r\     17^1 
(Defsin  original  de  V.  Louis,  architecte.  —  Collection  des  Archives  nationales) 

de  ceux-ci  se  déclarèrent  prêts  à  |)laider.  (le  nombre  toinl>a  à  (|uaranle-sept, 
puis  à  trente,  après  certaines  transactions,  comme  celle  qui  intervint  avec  le 
plus  fourrueux  d'entre  eux,  \o  marfpiis  d'Argenson",  ou  à  la  suite  de  rcxamen 
jnriditiue  des  droits  de  cb;i(|ue  partie.  \  ces  trente  pl.iideurs.  le  duc  de 
Chartres  lit  répondre  : 

I"  Los  propriétaires  font  remonter  la  date  cl  l'orifrine  de  leurs  fenêtres  donnant 
vue  sur  le  jardin  au  temps  où  Louis  \IV  habiluil  lui-même  le  Palais-Hoyal  !  Or, 

I.  (À'Uc  Iransarlioii  ahoiilil  à  la  rrliorpssioii.  en  i-jf^'i.  par  Ions  les  d'ArKensoii,  de  leurs  droits 
de  jouissance  sur  leur   linicl.  nioyennaiil  une  renie  de  id.ooo  li\res  pour  en\  et  leur  poslt-rifé. 


Aaa 


LE     PALAIS-ROTAL 


en  i658,  c'est-à-dire  quinze  ans  après  cette  époque,  il  ncxisloit  encore  autour  du 
jurdin  que  i;  pa>iUons  bàlis  par  Le  Barbier  sur  le  modèle  prescrit  par  le  cardinal 
de  Richelieu,  sansjiuirs  ni  ouvertures  sur  le  parc  et  lu  clôture  île  Son  Émine/irc, 
suivant  rohlipation  imposée  à  Le  Barbier  en  i636. 

tj"  Les  premières  permissions  d'avoir  des  ouvertures  aux  murailles  élevées  par 
le  cardinal  furent  données  par  Monsieur,  duc  d'Orléans,  possesseur  par  apanage 
du  Paluis-HoNal.  en  iti;)-',  mais  qui  en  avoit  la  jouissance  depuis  iGO.'i.  Ce  fut  en 
premier  lieu  le  marquis  de  Nouant,  son  chancelier,  qui  bénéficia  de  celte  autori- 
sation, puis  le  cardinal  Dubois,  mais  à  titre  gratuit  et  précaire,  sans  servitude. 

'S'  Ce  n'est  (|ue  par  tolérance  qu'on  a  laissé  depuis  s'établir  les  portes  et  les 
feni'lres  sur  le  jardin.  Maintenant  les  escaliers  et  saillies  des  maisons  sont  sur  le  sol 
même  du  Palais  Hnval,  entre  ces  maisons  et  le  grillage  qui  fut  mis  en  1702.  1:;m  ly'n 
et  i7'ri.  feu  le  duc  d'Orléans,  pour  inlerrompre  cette  propriété  qui  peut  s'acquérir 
par  la  prescriptiitn,  exigea  des  propriétaires  la  reconnoissance  formelle  que  ces 
jouissances  éloient  précaires  et  amovibles  :  il  n'exigea  point  la  même  chose  pour 
leurs  fenêtres  ou  vues  directes,  parce  «pie  la  prescripliim  m'\  peut  rien,  et  (lu'il 
faut,  ù  cet  égard,  un  litre  formel  et  très  précis. 

i"  Kniin,  l'objil  du  piince  esl  de  faire  du  Palais- Ho\  al  un  momiinciil  sni)erbc. 
un  lieu  de  promenade  cnunuode.  même  dans  tous  les  temps  de  l'année:  un  rendez- 
\ous  général  îles  nalionauv  et  des  étrangers,  avec  tous  les  agréments  possibles. 
Ainsi,  loin  île  chercher  à  tmire  auv  propriétaires,  il  travaille  à  l'amélioration  ilc 
leurs  terrains,  et  ils  ralomnienl  mal  à   |)ropos  ses  inlentiiuis. 

(I«'tlc  r('plii)ue  (lu  (hn  de  (ili.irlrcs.  si  tncsurée  cl  pleine  de  force,  n'aurait 
pas  nm"té  les  plaiilcuis.  Mais  cenv-ci  se  Iioum"  icnt  hi  uscpicnicnl  «léroulés  par 
un  coup  lie  lactique  du  prince  (pii,  le  .'{<»  juillet  17S1.  lit  déclaicr  (pi'il  se 
désistait  des  lettres  patenles  niN.des  nldenues  six  -icin.iiiir-i  a\,iiil.  (tue  signifiait 

celle    altitude?   Kd.    Kouiiiier.   dans   son    li\ie.  ilil    i| <■    fui    |i;ii    (  iipilcc    cl 

\ersnlililé'.  Nulleini-nl.  Koublardise  sérail  plulùl  le  mot.  V.u  cIVcl.  le  iliic  a\ail 
sollicité  les  lettres  patentes  (lu  17  juillet  uiiiipienieni  |ioiir  se  piociin'i-  l'argent 
rn'TOJi'tnin'  nu\  conslnn'tions  projetées,  c'est -;i -dire  |kmii-  ,i\oir  le  droit  de 
vendre  le  terrain  enlouraid  son  jardin,  et  non  poiii  a\oii  laiilorisation 
de  conttriiire.  <-elle  dernière  lui  i-taid  acquise  sjms  lonlole.  Mais  les  lettres 
|uileiite<t  lui  nvaient  imposé  l.i  con<lilioii  sui\aide  :  Dans  le  cas  oîi  l(  prix  des 
aliiiiations  de  terrains  »  e\ci'-deroit  les  frais  de  conslrm-liuiis,  d'aniéliorniions 
e|  d'endM-llissements  de  son  palais»,  le  prince  s'engageait  à  aemplover  le 
HurpluH  en  nrcpiisition  de  fonils  ipii  sortiront  nature  d'apanagi>  >i'.  D.ms  je  cas 
1)11  les  dé|M'nHeH,  nu  contraire,  dépasseraient  le  produit  dr  la  mmIc.  il  ne  serait 
ndmin    îi    aucune   rép.'lili onhr    li-    r..i     1) ,    Il    un    .n.iil    nid    lniic-lice    à 


»  'I'"   17  J"lll'l   i7''i.  trn|irr«  lii  ropic  dilivii-<-  |..ii    lo  1» .lim 

I»   I"  J'  iiiw-«  imli.iii.il..     Il  ,     .s. 


PHILIPPE-EGALITE 


5a3 


mnmimfm^mi 


^*/^f^vyt^f:r%^r^^^ 


V"'-»^ 


PROJET    ADOPTli    POUH    Ll    CONSTIll  CTION    DES   G  VLEKIE.S 
DU    l'ALAIS-UOÏAL,    EN     I78I 

ssin  original  de  V.  Louis,  .ivec  signature  autographe  de  rarcliitectc 
(Collection  des  Archives  nationales) 


espérer  il(.'  l'opéralioii  de  la  venlo  tlaiis  r(>s  roiulilions.  Le  duc  s'axisa  qu'il 
axail  lail  une  l'ausse  manu-uvrc,  el  (|u'il  lallait  iuleixerlir  les  laclours  du 
prohiîinc  :  liAlir  iraliord.  cl  \eiidre  (.Misiiile.  (juitlc  ii  icdcniaudm-  ;i  ce  moment 
de  nouvelles  lellres  |)alenles.  (Tesl  ce  (|U  il  fil,  connue  on  va  le  voir.  Mais 
avant  toirt,  la  |»reniière  dinicullé  subsistait  :  trouver  l'argenl.  (lar  une  des 
clauses  de  la  diniiitioti  iuiti(i|)cc  du  l'alais  |);u'  son  père  portait  (piil  ne  pourrait 
((  conniicncer    aucunes    iKiincMcs    conslriiilions    sans    avoir   l'ail    |ii('';daIdcnieHf 


'jq/,  le    PALAIS-BOTAL 

les  foiuls  iim-ssiiiies  pour  li'iir  entière  confection».  Le  duc  lil-il  mIois  un 
emprunt?  Est -ce  simplement  pour  son  agrément  qu'il  partit  eu  It.ilic  ,ni  Inau 
milieu  de  Tt-té.  au  moment  même  oii  ses  procès  avec  la  \  illr  cl  les  proprié- 
taires auraient  rendu  sa  présence  si  nécessaire  à  Paris? 

(ùàcc  à  Ditu,  dans  l'Italie, 

il  est  allé  voyager. . . 

Oue  le  diable  remporte!... 

disait  ntje  chanson  faite  à  cette  occasion.  Ou  bien  est-ce  à  Londres,  où  il  se 
rendait  assez  fréquenunent  et  oîi  il  avait  de  nombreuses  relations,  qu'il  eidaina 
des  né'fociations.''  (l'est  lii  un  point  (pii  reste  obscur.  ()w>\  i\\\"\[  en  soit,  dès 
les  premiers  joins  de  seplend)re  17S1,  sans  s'occuper  plus  lonylemps  des 
protestations  du  public  et  des  criailli-ries  des  piopriétaires.  il  lit  acliNemenl 
I  oMuuencer  les  tr;i\au\   par  sou  arclillecle  Louis. 

Depuis  deux  mois,  lit-on  dans  les  Mémoires  secrets,  à  la  date  du  i.')  dccom- 
bre  1781,  les  travaux  commencés  dans  le  jardin  du  Palais-Royal  continuent  ;  les 
remuemenl.s  de  terre,  les  excavations  se  font;  les  matériaux  s'accumulent,  enfin 
M.  le  duc  de  Chartres,  devenant  agresseur  contre  les  propriétaires,  les  a  provoqués 
par  un  acte  hostile,  en  faisant  arracher  de  force,  et  sans  aucune  réclamation 
pn'-alable,  les  grilles  rpii  cnlouroient  leurs  maisons,  et  en  faisant  vendre  les  maté 
ri.iuv  à  .son  profit.  Juscpi'à  présent  ces  |)i<jpriétairessonl  restés  dans  l'inaction. 

Lanhitecle  auquel  le  due  de  (iliartres  s'él.iil  adressé  pour  ses  iiuinenses 
constructions  était,  en  vé'rite,  tout  U  l'ait  l'bonune  de  la  silualiou  non  seule- 
ment il  cause  de  ses  laleids,  mais  aussi  par  les  (|ualilés  d'énergie  (piil  aliail 
a\uir  il  déployer  au  milieu  des  ditlicultés  elVroyables  (jui  rallendaient  dans 
sou  entrepris»- '.  \  ii  lor  Louis  avait  alors  evactemcnl  (  in(|uaute  ans.  ^é  à 
Paris  le  lo  mai  I7."{|,  il  s'était  adroileuient  —  à  son  retour  d  Italie,  oîi  il  a\ail 
M'journé  connue  pensionnaire  de  l'.Vcadénne  royale  d'arcliilectun>  de  \~'>('> 
h  fJÔQ — cnV' j  des  protections  avantageuses  eu  se  faisant  admettre  aux 
n'-eeptions  de  \|.  de  M.uiguy.  du  uiareclial  de  Kiclieiirii  el  aux  lundis  de 
M"*  (ieoITrin.  Dans  ee  deruiii  ^aioii  il  si'  reiiconlrail  axer  les  peintres  Houcher, 
Iji^rem-e,  La  Tour.  .1.  \eiuet,  Nauloo,  Nieu.  (ireu/.e,  Chardin.  a\ec  les  sculp- 
teurs Hourhardon  et  Le  \|o\ne,  les  gra\eurs  Mariette.  Corliiu,  laickilecle 
S)umot.  le  comte  de  (laylns,  etc.  Mais,  en  dépit  de  son  sa\oir  l'aire,  bien 
fpi'il  «e  frtl  un  peu  vite,  en  171).*).  enq)ressé'  de  se  parer  du  litre  de  ..  pre- 
mier nrrhitecto  fin    roi  de  Pologne»   pour  (pielques   projets  s.uis  eousi'ipience 

'      l.oiiU  rniiriiiilli'iil  (l'niriiri,   (lc|)iii>  itIIi-  (la   |iiriiiiiTc  1  (|u'a 
1  1^11111  i.ll.-,    <|..^  .Ilrlii.niiiilri-^  «le    l.aroilNSC,   de   lUMillIct,    clr. 

'        •  n'-iTliaiil  tfl  urlbtc  u  l'uxi'cllriil)'  cl  tri-a  (-oiiM-U'iiiiciisc   iiioiio- 

Hr>|>l<f  <W  VI    i.h    M<Miii-itr*v.  »ir*or  iMiiê  (iWli,  1   \o\.  In«',  ll<mlp»ii\.  iiiipi.  («miiouilhou). 


t'illI.IlM'K-KGAMTK 


4a5 


qui  lui  avaifiil  vlr  (Iciiiandis  de  \ais(i\ic,  il  iii'Iail  pas  enrore  parvenu 
à  obk'iiir  d'iiupoilants  tra\aii\  a\aiil  Tanm'c  1771,  dalc  où  il  fut  cliaPii^rô  de 
construire  le  lliéùlre  de  Bordeaux,  <svm-c  à  l"inllucnce  du  maréciial  de  Hichelicu. 


L'ARCUITECTE     VlGTOll     LOtlS 
D'après  un  portrail  du  temps  appancnaiit  à  son  petit-fils,  M.  Ethys  de  Corny,  reproduit  dans  Touvragc  de  M.  M, 

Ce  coup  d'essai  l'ut  un  coup  de  luailic,  cl  lui  coiupiil  aussitôt  la  riMiommée. 
Pendant  sept  années,  il  y  travailla  sans  relâche,  au  milieu  des  embûches, 
des  colères,  des  animosilés  provinciales,  sans  parler  des  entraves  adminis- 
tratives de  tous  genres,  étonnant  ses  amis  par  sa  confiance  en  hi  réussite,  par 
la  netteté  de  ses  vues  et  la  promptitude  de  ses  ilécisions.  Le  théâtre  fut 
inauguré  le  7  avril  1780.  Aussitôt  il  revint  à  Paris,  où  il  avait  hàlc  île  se 
rappeler  à  l'attention  de  ses  |)uissaiits  auiis.  On  ne  \'\  avait   poiiil   oulilic    Vu 

T.    I.    LE     PALAIS-nOÏAL.  "" 


■  36 


LE     PALAlS-nOTAL 


surplus,  il  iiV-lait  pas  embarrassé  pour  se  mettre  en  avant.  Marié  à  une 
charmante  jeune  femme,  instruite,  musicienne,  «  de  première  force  sm-  le 
l)iano.  »  dit  M"-  deCieniis'.  auteur  tlun  opéra-comique,  Fleur  d'épine,  qui 
a\ail  été  joué  axer  succès  en  1777.  sachant  lui-même  tourner  a-j^réablement 
un  vaudeville,  il  eut  vite  fait  de  réunir  dans  son  salon  de  la  rue  de  la  Miclio- 
dièn-  artistes  et  littérateurs.  La  |)reu\e  quil  seiilentlait  dans  l'art  du  courtisan, 
c'est  que,  dès  178J,  il  publiait  un  ^'rand  ouvrage  sur  la  Salir  de  .spectacle  de 
Uordeaux  (aux  dépens  de  l'auteur,  à  Paris,  chez  Esprit,  libraire  au  Palais- 
Uoyal),  a\ec  une  ('pître  dédicatoire  au  maréchal  de  Uichelieu.  et  ([u'cii 
ré\rier  \-^\  il  faisait  jouer  une  pièce  de  lui.  le  Prince  dupé,  par  la  troupe 
de  M—  de  Montesson.  sin-  le  théâtre  du  duc  d'Orléans,  rue  de  Provence.  Son 
esprit  était  ouvert  et  plrin  de  ressources,  son  crayon  iiixeiilir,  son  coup  (i'ieil 
pronqtt,  son  activité  dé-bordanle  :  c'était  jjour  le  duc  de  (lii.iilic-^  larcliilccle 
n\i''.  et  (jui  venait   ;i   point. 

I.'iuiport.itit  pour  K-  piiiKC  l'-lail  de  ( hmmuimicim-  par  la  construction  des 
•,'alei-ies  «lunt  la  location  ou  la  \ente  dc\aieiil  conslilui-r  le  bénéfice  de  son 
o|M'Tatiiin.  il  fallait,  en  outre,  .iller  \ilt'.  \pt'ès  a\<iii'  un  inslani  hésité  sur  la 
question  de  sa\oir  si  l'un  Irailcr.iil  nu  iidu  ii  lori'aii  axec  \\\\  iiiIk  pieneur. 
nu  se  résolut  à  ce  dernier  parti,  l'I  le  choix  de  Louis  lnnd)a  mit  un  hnuime 
dniil  les  |)ropositions  parurent  avantageuses  et  tpii  |)résculail  li  »  incillcuns 
gaianties,  Louis  Hertli.Mdl  liU.  Le  <)  iinveiuiiic  17S1,  fui  sin^rii'  le  cnnliMl  par 
Irqui-l  cclui-ei  s'riigagi'.iil  à  a\nir  tcriiiiiii'  les  liàtiiiiciils  des  galiM'ies  pom* 
l<'  1  a\iil  de  r.uuiic  I7'^'i,  iiiMMiuiaiil  mm  l'cirtail  i.\>.-  .'{.ilo-«,'jôo  livres,  sans 
ipiil  piM  apportir  lui  seid  jnur-  di-  rilar<l  dans  la  (-onq)lète  exéculinii  di'S 
lra\au\  ni  la  moindre  augnu-iitaliou  dans  la  dépense.  Le  tiaité',  en  dix  arlicles, 
Hlipulail  minutieusement  les  conditions  ii  la  charge  de  l'enlrepiriK  ui ,  le(piel 
nrtiniinisHait  avoir  reeu  \\v  ranhilcil"  :  1  un  plan  gi'-néral  des  lia\aux.  sin- 
Iri'H  (fraiid  papier;  t  un  scmud  plan  pnin-  lis  (iéx.ilions  exiii  ieiMcs  des  ii.'iti- 
menl'»,  en  mnindn-  papier:  .5  un  plan  poui-  les  coupes,  sur  pclil  papier; 
V'  nu  plan  des  liilTérents  étages,  cnves  et  greniers,  au(piel  étaicnl  allacln'-s  six 
|H'lil<t  papiers  (en  retouches)  indicatifs  des  étages  :  ce  ipialriènii'  plan,  lail  pom- 
un»'  tiuii<ui(i  de  trois  rrois«'es,  devant  servir  de  l\pr  poni  le  rcsl,-.  IterlIiauK 
drilarnit,  en  outre,  qu'il  a\ait  fait  l'étude  la  plus  approfonilie  des  constructions 
Il  rle\er  nxuiil  d'nrcvpler  h*  devis  de  .■t..{oj.j."i«)  livres,  ipi'il  ne  s'était  pas 
conlenlit  de  m?»  propres  vérilicnlions,  mais  qu'il  avait  h  consull)-  ililTerentes 
|M'nM)iiii«Hi   «!«•    l'iirl    pnin    \w    point    s,-   i  |iar;.'iT    ii    l.i    It'gèr.'    iIumc    besogne    de 


I.  V'~  \t%  lÎMLM.   \trmokT*»,  I.    I",  |i.  Vif. 
»    tmitt  f;lr.-  I-   Hur    ,lr  fl'iartrr*   fl  If 
f^hhthnnl         \rrhl»r«  iialbiiwlo.  Il  i.   '■ 


i"rlhaull  /uur  It*  eatiMlnicIlttit  nu  /><>ur'<>iir  ilu 


PHILIPPE-ÉGALITK  /iay 

cette  importance  »,  et.  enfin,  (|uo  c'était  «  apivs  les  rélloxions  les  plus  solides 
et  aussi  avec  la  connaissance  la  plus  profoiidi'  et  la  plus  certaine»  qu'il  avait 
«  sollicité  la  préférence  que  Monseigneur  a  daigné  lui  accorder  et  présenté 
les  devis  et  conditions  des  ouvrages  de  maçonnerie,  charpente,  menuiserie, 
couverture,  plomberie,  l'onle,  peinture,  sculpture,  marbrerie,  carrelage,  pavé, 
vitrerie  et  autres  accessoires  nécessaires  pour  complétei-  la  perfection  »  de 
l'ensemble  des  bâtiments  dont  on  allait  lui  confier  l'exécution. 

Quant  au  paiement  des  .'?,,'}o 3,200  livres,  il  devait  être  fail  de  la  façon 
suivante  :  i°  en  une  somme  de  ^^o.ooo  livres,  payable  en  cinq  fractions,  trois 
de  '|0,ooo  livres,  deu\  de  Go,ooo  livres,  les  i5  de  chaque  mois,  à  partir  do 
no\end)re  1781  :  3"  en  une  somme  de  ^.fi'io.ooo  livres,  payable  en  vingt -(jualre 
termes,  à  raison  de  1  10,000  livres  de  mois  en  mois,  h  partir  du  i5  avril  178a, 
et  après  vérification,  avant  chaque  versement,  de  l'état  des  travaux  par  l'archi- 
tecte Louis:  .■{"  enfin,  en  la  sonune  de  /|22,25o  livres,  qui  serait  versée  immé- 
dialement  après  le  procès- veiljal  de  visite  et  de  réception  des  bâtiments 
entièrement  achevés,  prêts  à  être  habités  «  et  les  clefs  à  la  main  »,  mais 
seulement  si  les  constructions  étaient  terminées  à  l'époque  fixée.  Si,  au  contraire, 
les  travaux  n'étaient  pas  finis  à  cette  date,  la  somme  de  422,200  livres  ne 
serait  exigible  qu'ajirès  l'expiration  d'autant  d'aimées  qu'il  s'écoulerait  de 
mois  entre  le    i"  avril   178'!  et   la  «perfection   totale  des  ouvrages». 

Leduc  de  Chartres  tenait  tellement  à  cette  date  du  i"  avril  178.'!  pour 
l'achèvement  de  ses  galeries  que,  dans  l'acte'  fixant  les  honoraires  de  Louis,  il 
cnit  devoir  prendre  les  mêmes  mesures  de  précautions  que  contre  BcrlIiaiiM. 
Il  alloua  à  son  architecte  cinq  pour  cent  sur  le  devis  de  3,3o2,25o  livres,  prévu 
par  l'entrepreneur,  ce  qui  faisait  une  somme  de  iG5,ii2  livres,  qu'il  s'engagea 
à  |)ayer  par  (juartier,  savoir  :  5, 000  livres  de  trois  mois  en  trois  mois,  à  compter 
du  I"  octobre  1781,  ce  qui  devait  faire  un  total  de  5o,ooo  livres  à  la  date 
du  i"  avril  1781.  Pour  les  125,112  livres  complétant  les  honoraires,  ils  ne 
devaient  être  versés  (ju'après  l'entier  achèvement  des  galeries.  Hieii  mieux!  dans 
le  cas  oîi  la  dépense  prévue  serait  dépassée  par  Berthault,  il  serait  retenu  à 
l'architecte  quinze  pour  cent  de  l'excédent  qu'aurait  à  supporter  le  prince. 
Vniiv  achever  (h;  monlier  avec  quel  soin  furent  faits  ces  divers  contrats  (on 
y  recoimait  la  main  de  Beaudeau,  le  chef  de  contentieux  du  prince  et  son 
ami),  j'ajouterai  que  les  cinq  pour  cent  attribués  à  l'architecte  dans  la  limite 
du  devis  Berthault  devaient  constituer  ses  honoraires  non  seulement  jiour  les 
travaux  des  galeries,  mais  encore  pour  toutes  les  autres  besognes  ipiil  plaiiail 
au  prince  de  lui  donner,  telles  que  la  réfection  du  jardin,  etc. 

I .  l'ixfition  des  hotiorairrs  aUijiii':<!  au  sieur  t.iiuis,  nrcliitecie,  pour  les  consiructions  au  pourtour 
du   jiirdin  ilu  Pnliiis-H"yal. —  Archives  nationales.  H 'i.  aSy. 


r,a8  LE     PVLAlS-llDVVL 

L'entreproiifur  se  mil  à  la  tâche,  on  di-vino  avec  quollo  acliviti'-!  Li-  malheu- 
reux avait  fait  »K>  mauvais  calculs  et  courait  ii  la  ruine.  Div-neui"  mois  après 
les  travaux  étaient  prescpie  achevés,  mais  la  dépense  moulait  déjà  à  près  de 
quatre  millions  et  demi,  ainsi  qu'il  résulte  de  VJùat  de  récapitulation  suivant. 
dressé  par  Louis'  le  m)  juin    lyS.J  et  contresi-rné  par  le  duc    de   Chartres  : 

Maçonnerie  2,053,070'  i3"  lo'' 

Char|)enle.  ^ôti.Syg     »     » 

Couverture.                      25,385     »     » 

l'I.miberie. i55,45i    j3    ii 

Meniiiscrie,   ferrure    et  iieiiiturcs  (pour  les  portes. 

croisées,  lambris  dappui  et  parquet  seulement).  .JO'i.SSa     7    10 

Gros  fers  el  foute i5j,984    10     4 

Marbrerie 73,603     ;>     » 

l»avé  de  grès -'iT-O^^   »»     » 

Vitrerie ,i'i,i02    i^     .. 

3,97J,3()o'  1  V  1 1'' 
l'Iti^    un    liiviènie    pour    les    parties    non    pré\ues 
ou   oubliées 397,039     »      » 

Torvi 'i,372,9-.M)'  i.'i*  1 1"* 

I^'S  -.'aleries  él;ii.'iit  cmistniilcs  daii^  Ir  d.'l.il  \\\>-  :  < chiil  r.'s^cnlicl  pour 
le  dui-,  qui  in-  >  (•ndiair,i>>^a  pas  des  n'ciiiiiiii.il  1mii-~  ilr  Uni  hanll  '  fl  se  li;ila 
de  sulliritei-  du  roi  de  nouvelles  lettres  palenles  hii  perinill.iiil  d  acicnser  les 
terrains  sm-  lesquels  les  ;,',deries  éiaii-nl  construites,  <uii<lition  absolument 
nt'cc'ssaire  désormais  pour  les  mmIc-  projelécs.  Crllf  fois,  ce  n  riait  plus, 
connue  en  17H1,  a,.*loo  toises  de  terrain  dont  il  nVlamail  raccensemenl,  mais 
bien  ltjil>'>.  \a'  cadeau,  connue  on  voit,  él.iit  île  coust'(pii>nce.  l-es  lellies 
patentes  lui  furent  ncconlées  le  i.'{  août  i7S'|  et  enregistrées  au  I' 11  liimiil.  le 
at»  ilu  mémi'  mois,  sans  <lil1icullé-.  Il  n'«'st  p.is  nécessaire  d Cii  reproduire 
ici  les  teinies,  (pielipie  inqtoriaiice  ipii  leur  ail  été-  doimée,  par  la  suite,  dans 
le»  procè»  en  restitution  que  la  Ué-\olulion  lil  smjrir'.  Il  -nilira  de  si;,'naler 
celte  pnrticulariti'  ipi'on  n'v  trou\e  aucune  idiusion  aux  lettres  patentes  de 
17H1,  dont  elles   ne  font  que  n'-pé'li-r  lilteralemeid   plusieurs  p.issap's.   D'auln* 

I.  Arrhlvr»  naUoiialr»,  Il  V  iW.f, 

1  Vu  riHiM  tir*  lra«aiM.  ■■>■  iioiiilirriiH'v  iiiiMlllli'.itloiM  ruiciil  ii|i|Hirti'ft  |i.ir  l.i)iii>  .111  pliiii  ilr 
■  •fil,  ri.  d'aiilrit  part,  llrrUiniill  lU  iln  lui  -  iiii'^iiic*  ilii  aiiii-lii>riiUiiii«  |i<iiir  la  |M'rrtH-(ii)ii  ilc!t  oiitmitii 
qui  IVdtffiln'-rfiil  i  r|r|M*«<r  Im  ilr«l»  rmm'iui».  !>!•  là  mir  iiirr«-n|H>ii<lniir«'  t'iioniir  iVliniiKi'-»'  «•iitw 
l'i  1.  '■    ^1  i|i-<  ■iirini>lri'<>  <|iil  mii|ill%M-iil  |ilu<lriir«  airlmiiilf^  \rflii\f»  iinlloiinh-s 

\ti  r   iiiiii«  ni  iiii|H>vtlhli'  irciilriT  ilniii  ci>!i  ilrUill»  Irop  ti'<-|iiii<|ii<'-t  r(  miiim'IiI 

■-%  WUt%-%    iMlriitM   ir    Iroinr  aiu   \ri-lilvps    noUonnli**,   Il '1,  iKi.  —  KIIi-hoiiI. 
(il  |Mr    M    U  llltriMl  i;iialirol,  iliiiit  miii  npiiM-iilp,  ilrjli  rlli^  ri-ili-MU>.  mir  le  l'aloi»- 

||n}4i  '<  iti  ait  'I    I  <     >llra  li<iii  ilr  VlnitnMrt  tttê rifhtttrt  il'iirt  dr  la  h'ranrrt. 


y-,    r- 


■t — ?•- 


I'I.\?I    POUR    LES    THW.VLX    \    EXl'XLTEU    AU    PILAIS     HOWl.    EN     178'! 

Dressé  par  Louis,  architecte  (dit  âtuxlimt  fl.iu  de  Louis) 


',3o  LE     PAI.AIS-KOTAL 

pari,  l'adifsse  aNtT  lacim-lle  If  tlm-  <li>  Chartres  avait  su  prôsonter  au  roi  sa 
ruquètf  apparaît  lu-tliiiuiil  dans  les  premières  lij,'ues  de  ee  document,  qui 
semblent  étalilir  une  eonfusion  \oulue  relati\ement  à  l'objet  de  la  demande 
et  laissent  dans  le  \ague  ee  lait  (|ue  les  maisons  à  aeeenser  étaient  alors  entiè- 
rement construites.   Voici  ce  tléliut  : 

..  Louis- Philippe  Jo.seph  d'Orléans,  duc  de  (.hartres.  prince  de  noire  sang, 
nous  uaniit  représcnlé  ..  qu'il  a  pensé  que  ce  jardin  [du  Palais  Royal]  serait  plus 
agréable  el  plus  commode  s'il  était  environné,  le  long  des  trois  ci'îtés  parallèles  aux 
rue>  des  Bons  Knfanls,  Neuve  des  Petits  Champs  el  de  Hichelieu,  de  galeries 
eouvcrk's.  pniliipiées  dans  des  maisons  uniformes,  ornées  de  pilastres  et  autres 
décorations  d'archilceture  analogues  à  la  façade  qu'il  a  commencé  d'élever  sur 
le  même  jardin,  parallèlement  à  la  rue  Saint  Honoré,  pour  perfectionner,  agrandir 
et  améliorer  ledit  Palais  Uoyal'  suivant  les  plans  géométriques  el  d'élévation  de 
Louis,  arcliilecle,  qu'il  nous  duniil  présentés,  (piil  ntiniil  déjà  exécutés  en  grande 
partie  au  moven  des  avances  qu'il  s'est  procurées;  que  le  seul  moyen  d'achever  ce 
projet  seniit  de  pouvoir  le  rendjourser  de  ces  avances  en  accensant  le  sol  desdites 
maisons  >ur  les  trois  côtés  ci  ilessus,  el  celui  tics  passages  nécessaires  à  leur  service, 
ù  raison  <le  vingt  s  >l-  |>ar  rlia(|ue  toise  d<'  redevance  annuelle... 

Des  linasseries  de  jtiiMinenr,  une  viilunsité  d'homme  d'alTaires  ictors  et 
hardi,  voilà  ii  <|Uoi  se  eonqdai-^ait  ii'  dm  de  ('.hartves.  |]n  soniiue,  les  Icttics 
patentes  dr  t~^\  renqilai.aieni  axanlagcu-M'innil  (  ilirs  dr  17S1  aii\i|iiilli-.  il 
avait  si  habilcuu-nl  renunei'-.  puis([u°elles  lui  laissai<-nt,  sans  aucune  cliaige. 
tout  II"  iMiicliee  piiu\ant  lésulter  de  son  opération.  ()e  bénélice.  a-t-on  dit. 
fut  éiiornii'.  Il  ainail  pu  l'élic,  111  tIVit,  rai-  la  ctJinbinaison  avait  clé'  ina;:i>tia- 
lement  louduite.  Kn   rcaliti-.  pai'  suite  de>  ciiiuustances,  elle  fut  desasiieuse. 

(!e|M-ndant,  l'elTi'l  .irihileetural  des  galeries  construites  par  Louis  eom- 
niençnit  ii  o|M'Ter  un  ri'vii'i-ini'nt  ilaiis  l'opinion  pnliliqiir  au  --Mii'l  dc^  trans- 
fiinnations  du  l'alai»- lb>>al '.  Maigre  reiu-ondin  ineni  des  materiaiiv  il  les 
fondrières,  en  il<''|»il  <les  ('■char.nnlages  (pii  ne  permettaient  pas  encore  une  vue 
d'entt-mbl)-,  on  pouvait   se  rendre  conq>te  de  l'aspci  t   ii   la  fois   sinq)ii'  et   noble 

I.  \lnti,  Ir  (lue  lir  (^liarlmt  110  Tiiviil  |Nt.<  (lire  aii\  li-ltr(>^<  iMilriili*»  (|Uf  In  unlcrii>s  olnirnl  liiiMi 
plil*  «lu'uii  |>ni]i<l.  niait  •li'jii  aclirti'i'*;  Il  |iri<ri-r<ill  iIiiiiikt  il  ■•iilfiidrc  <|ili'  rrlli-«  ri  tmiii-nl  ■•  niinlo^iift  » 
k  U  fafdilr  «iir  le  Jarillii,  lai|ili'llr,  lilrii  lnlii  ilVIrc  continilli-,  allait  ^Irc  n-iii plartV  |inr  \r*  ijnlfrift  ttt 
bt,it'  i:'ml>|ii«i  rrllr  fa^n'lr  Irnalt  MU  l'uUI«  iiii^iiip  rt  )|ii'll  priiivall,  iiaii^  iiimiivt-iiinil,  ni  parler. 
Tan  '  iiiiiil  ipif  In  ualrriiii  rialciil  Irriiiiiit'p^,  rVltill  Irop  laiw4T  imvmt  le  bout  di*  ri>ri-illi' 

rnirr  aiilrn  nuvragrt  ;  Lr  tîuitU  ilrt  amnUurt  ri  df$  rlriin(irrt  <i  l'arit,  par  Tiiii.to. 
l    1".  p.   lï.'i.   ti8.   't',^  pI  4841,  ou   Ton  Inxnp  uiip  linrripliiin  drt  noiivmuj-  Mtimrntt  ilti 
1/  i|iit  •viiiblx  ^rilp.  pu  Iniil  r««  illrprlpitiptit  iiiipInV  |Mr  Imil»'  —  Tnlilniti  ilr  l'arif.  pnr 
*'•  ...  ,  .^1^    ^^    ÏI.1  (niiilic'iil 

Mil  l'iirît,  |iar  W  »ti> 

l'a  irr  lr  $iriir  (iniiilrun 

W  ''  I  i,MU«ii  (l'atn,  tu-*',  ij  pmgr*!.  —  \uuvfllrê  tUtcriiiltoiu  lif  ruriotUtt  tit  l'an», 

|Mr  II,  I.  I»,  p.  i3-,  t\  I.  Il,  p     117,   167   cl  41*- 


PIllLlPPK-KG.VMTl!: 


43 1 


de  ces  hAtiinciits.  (|iii.  sur  dois  cMrs.  limdaiciit  li'  j.irdin,  ('-voillaMt  iirio 
impression  de  ^:l  mikK'ui-  par  la  iv^iilarili'  des  ligiu's  cl  une  idée  de  >sr:'\rr  par 
la  sobre  (li>lrilHili(jii  des  onuMuciils.  I,e  talent  de  rarcliitcclc  s'allirniail  par 
la  franchise  du  parti  pris  et  la  nelteti'-.  la  clarté  de  la  conception,  l'uinl  de 
séciieresse  dans  les  silhouettes;  aucune  lourdeur  dans  les  détails.  La  hauteur 
de  ces  constructions  était  admirablement  calculée  et  leurs  proportions  dune 


l'LA.N    DL    PALAlâ-UOlAL,    AVEC    LE    PUOJET    DU    DOME    btU    LA    FA^;aDE    DU    JAUDIM 
Dessin  du  Chevalier  de  Lcspinasse,   d'après  le  dessin  de   rarcllitecle   Louis,  gravure  de   Varin    (17S6) 

justesse  parfaite  :  plus  basses,  les  toits  des  maisons  d";denlour  auraient  pu 
ap|)ar  ailrc  :  plus  élevées,  le  jardin  du  Palais- i^oxal  aui'ail  i-u  liiir  (l'un  cloître 
ou  d'une  prison.  La  division  des  fa(;iides,  où  apitaraît  liiarmonie  éléf^^ante  du 
pur  style  Louis  XVI,  les  i8o  arcades  d'une  courbe  heureuse,  les  pilastres 
iiiiiniciit  cannelés,  les  deux  étages  et  la  balustrade  dissinudant  les  mansardes, 
tout  cela  garde  encore  aujounThui  un  caractère  de  beauté  majestueuse  et 
aimable.  Dans  un  premier  projet,  Louis,  obligé  de  viser  à  réconomie,  avait 
supprimé  des  la(;ades  de  ces  galeries  timlc  i-spèce  île  sculptures.  Les  dessins 
conser\(''s  auv  \i(lii\cs  nationales,  cl  cpu'  nims  icproilMisnns,  montrent,  [);u' 
la  cDUipaiaison,  ce  (pic  Taspccl  gc'ni'ral  a  giigm''  en  rliarnic  |);u'  Tadjoni-tion 
de  ipiel([ues  motifs  ddr  ncnnMils.  Lc'cucil  l'I.iil  i\f  f.iiic  trop  riche,  car  il  l'alliiit 
que  les  bùlimenls  du  jaidin  gard.isseiit  une  simplicilc  icl;ili\e  pour  faire  \  aloir, 
par  le  contraste,  léclal  réservé  à  l'habitation  lucmc  du  [)rince.  (j'esl  ;i  i|U(ii 
s'est   ap|ili(pii'   Louis. 


43a  LE      l'AI.Al'-nO-ÏAI. 

Pour  Ifs  rmislriiclions  du  l'alais  proj^romciit  dit.  Inrcliiti-cto  i-ut  ;i  lullcr 
foiitn-  (les  ohsiacifs  incessant,  iiui  si'iublôront  r.ii:nlit'  ;i  lUfsun'  (iiTil  les 
sunuonlail.  <ar.  taiilùl  par  suite  du  manque  dai'riMit.  taiit(M  à  cause  de  la 
mobilité  didées  du  due  de  Chartres,  qui  leulraînait  cIkuiuc  jour  à  (juclque 
projet  nouveau,  il  dut  ni.idilier  nininlcs  fois  ses  dispositions.  Dans  son  premier 
pian,  établi  durant  li-s  premiers  mois  de  1781.  avant  lineendie  de  l'Opéra, 
l'ancienne  façatle  du  momnnent.  sur  la  [)lace  du  Palais-Moyal,  avec  la  première 
cour,  eoiiser\ait  toute  son  iiiiportaiice  et  restait  la  |i;ulic  doMiiiiaiite  par  la 
décorntion.  Il  divisait  l'espace  opposé,  du  coté  ilii  jardin,  <n  iU-us  autres 
cours,  avec  des  c(jlomies  ouvertes  et  des  appartements  au-dr^sus. 

Mais  bienl'M.  dit  l'onlainc '.  de  noiivilles  idées,  des  jinjets  dilTércnts.  tirent 
révoquer  lapproljalion  doiuiée  ;  on  voulut  trouver  mieux;  on  se  jeta  dans  respa<e 
infini  des  pi-rrei-liornienients  et  des  hésitations;  on  balançait  encore  lorsque  laile 
des  princes  était  démolie,  lorsque  les  fondations  de  celle  du  milieu  étaient  jetées 
et  les  bâtiments  du  jardin  élevés... 

Il  fallut  faire  un  second  plan  :  c'est  celui  doiil  niiii<  dniniuns  ici  la  icpro- 
durtion  (p.  V»!)'-  lenant  conqtle  d.nis  celui- lit  de  la  dislruclion  de  la  salle  de 
l'Opéra,  il  prenait  l'espace  resté  vide  de  ce  côté  poiu'  a;:raiulir  l'aile  droite,  et, 
il  l'aile  ;.'auclie,  au  lieu  de  la  troisième  coni'  (pi'il  avait  ima;:iné(*  sur  reiiq)la- 
cenient  de  Tant  ien  jaidiii  i\>-<  piinces,  il  «'li^reait  le  théâtre  (pli  a  pris  le 
nom  de  'l'Iiéà  Ire -Français,   ilonnant   sur  la  rue  de   Hic  helieu. 

Louis,  dit  encore  l-'ontaine.  avait  très  peu  fait  altenlion  à  ce  (pii  était  bâti  par 
Miireau  avant  lui.  Il  n'avait  é^'alement  eu  aucun  égard  pour  les  ouvrages  dedontant 
et  de  LemiTciiT,  qu'en  acbevuni  son  projet,  evcejilé  le  grand  escalier  et  le  vestibule, 
il  i-^péruil  détruire;  car.  selon  son  premier  plan,  lorxpi'il  di\i-<ail  le  palai»  en  trtiis 
cour»,  ou.  selon  le  sccniid,  lor^fpi'il  n'en  faisait  plus  que  deux.  a\ec  le  llu-àtre  du 
côté  de  la  me  île  itiebelieu,  on  rcionnalt  Imijours  (pic  son  but.  sa  principale  idée. 
était,  en  faiitanl  un  palais  nouveau,  d'eiitourer  le  jardin  de  eonslruelions.  sans 
beaucoup  s'inipiit-ler  de  ce  (pie  devieiulrail  le  reste.  Il  espérait,  san-»  doute,  (pie 
louten  les  fai,-ade<<  du  bâtiment,  et  surtout  celle  du  corps  de  logis  principal,  seraient 
cbuiigécs   selon   la  i|<'c<iraliiiii  du  gr.iiiil  iinlre  d'arcliiteitiii'c  (|u'il  avait  adopté. 

Kn  elTet,  In  pensée  de  Liuis  avait  ét(''  de  reporter  la  f.n  ade  principale  do 
IV^lilico  du  (  ôb-  du  jardin.  I.e  l'alais- Uoval  aurait  pris,  dès  lors,  une  ;ilhiri> 
ntiiMilumi'nt  nouvelle.  Il  aurait,  pour  ainsi  dire,  fait  ><>||e-rac(>  en  se  lunniaiit 
du  r(Mé  du  jardin  et  des  galeries  de\eiiues,  p;ir  des  attractions  de  tous  genres. 
par  leiH  lMiuti(|Ue<i  vï  les  s|H'clncles  les  plus  divers,  cninme  un  inicrocosnie 
r^iiinaiit  touliit  \v%  formes  de  l'acliviti-  uiii\ei  selle.  De  lii  cette  fa(..'ide  siiinp 
luriiM*.  de    lii  ce  d('»ine   coIo.hmiI    ipi'on    renianpie   dans    b-  <le»»in  du  chevalier 

I    l'woUtU  tntrt  pluâuurt  >.-.■./.•..  --.  .(«•  touvtruuu  .  Ir  l'iiUti»-U<>yitl,   l^.U.  lui'.  |>.  J"; 


3        ~ 


va      _5j 


PIIILIPIT.-KCALITIC  /,33 

(Ir  l.(-i)iM;issc,  n-rav,'  ou  ijHO,  d'apivs  le  plan  ,!,■  r.,,uis.  Mais  code  roiu-cplic,,, 
<lc  l'arlLsIc  ne  ,I,.\ail  jamais  ôlre  réalisrc.  l'ciil -rhv  (i|-<,„  l-ol)jcTlion  (prune 
conslruclion  do  -laiulc  (liiiiciisioii  du  rùlv  du  Jaidiii.  sVlovaid  au-dessus  des 
••oloiuiades  du  rez-do-eluiussée,  diuiiiuieiail  i)eau(oup,  à  lu-il,  IVleudue  déjh 
l)ien   icssenVv  du  jardin.  Peut-être  aussi  peusa-t-ou  cprellc  donnerait    à   loul 


H    I.UIU    l.M'iNSLLll    DL     !•  U.\15  -  llOi  AL,    AI'IU;>    I.  V    COXSTIILCI  ION    DU    ÏIIL  4T1VE  -  l-KANi.iAlS 
ET    DES    BATIMESTS    ÉLEVÉS    PAK    l'aBCHITECTE    LOUIS    (l7<10) 

le  Palais,  avec  une  diVoralion  lourde,  «  une  ap|)areuce  claustrale  peu  conve- 
iialile  ;i  riialùlaliou  d'uii  prince',  x  Quoi  i|ii"il  eu  soil,  la  colonnade  connnencail 
déjii  il  sortir  de  terre  cpiand,  subileuienl,  les  lra\au\  Inrcnl  arrêtés  ûc  ce  C("tté 
et  les  boufir/iirs  de  bois  installées.  Ou  l'Iail  alors  en  1786.  Au  lieu  de  la  grande 
façade  rpiil  rê\ail.  Louis  se  l)(uuail  ;i  donner  une  sorte  de  piMidau!  à  la  pailie 
du  bàlinienl  cdusliiiile  par  (lonlani  (ri\r\,  en  snr(''levaut  la  pai'lie  cenirale, 
pour  iriili(|ii(r  le  coips  principal  d\\  Palais.  \ii  rez-de-cliauss('e,  il  coud)inail 
il  dmile  el  ;i  jranclie  de  la  seconde  cour  nue  S(''rie  de  poi'liipies  qui  i'orinaienl 
un  \a~.|e  pi'oinenoir  de  six  lan^^s  de  coloiuies  dori(pies  de  (io  toises  de  lonj^ueur 
>nr  I  I  de  largeur,  (dinnuuii(pianl  ;i  une  \asle  fjalerie  vili'(''e  el  aux  houlicpies 
des   niarchanils   anx(|nels   loni    ce   re/- de-cliaussi'e   dexail    èhe   all'ecli'. 

I.  auiiie    I -S(p    lut    niar(piee     pai'   une    r  ci  1  ndesrence   dailivile  dans  les  cons- 
I  rucliniis  nnu\elle>.  ci  .le  \ais  Inujiiiu^  loinatil .  »  c'ci  ixail  Louis  ii  un  de  ses  amis; 

J  .    IllM  MM   .    //'/''.,    |).    ■'<■■■-•. 
T.    I.    LE    l'ALAls-llolAL  55 


/JSi  LB     PALAIS-nOTAL 

«»  j'ai  tant  d'alTaiivs  quo  je  n'ai  pas  le  temps  de  respirer...  »  \a'  19  anùt.  il  disait 
encore  :  «Je  vais  commencer  la  partie  où  je  dois  faire  un  tinàtiv  |aii  Palais- 
l\oyal|...  Je  Nais  ((jmmencer  la  démolition  la  semaine  prochaine...  Le  prince 
m'attend:  il  est  présent  dans  mon  cabinet,  et  je  ne  puis  ni  ne  dois  le  faire 
attendre'.  »  \.  cette  époque,  le  duc  de  Chartres,  qui  \enait  de  perdre  son  père, 
était  «lexenu  duc  d'Orléans,  et  sa  situation  financière  n'était  pas  encore  dans 
la  phase  aiguë  oîi  nous  allons  la  voir  bientôt,  .\ussi,  malf,'ré  la  prospérité  de 
rO|M'ni,  depuis  qu'on  l'avait  installé  sur  les  boulevards,  le  prince  revint-il  a\ec 
plus  d'obstination  tpie  jamais  à  son  idée  d'une  jurande  salle  de  spectacle  dans 
son  palais,  cl  il  chargea  !.,ouis  de  la  construire.  Klle  ne  fut  achevée  ipi'en  i7;)o 
et  coiMa  la  sonnuc-  de  a.ôGu.oAy  livres'.  L'inauguration  en  i-ul  lien  le  i'>  mai, 
la  même  anm-e.  (Test  un  des  monuments  qui  font  le  plus  d'Iionneur  à  Louis. 
L'histoire  de  sa  construction  et  de  sa  décoration  demanderait  un  chapitre  tout 
entier,  dont  pourraient  faire  les  frais  nond)re  de  docnmnits  imdits  truu\és 
aux  \ichi\fs  nationales^.  Mais  ce  serait  sortir  de  noire  sujet.  On  lrou\era, 
d'ailleui>,  sur  les  destinées  de  ce  lln'àln'  ili-  sullisants  renseignements  dans 
la  suite  de  cet  ouvrage. 


I.L   .1  \HI»I\ 

L<- jardin  du  l'al.iis- lloval  avait  Inlaliniciil  chaii;.')-  de  phxsioiiomic  (lipiiis 
la  construction  des  gal(*ries,  *■!  les  .uiciens  habitués  des  allées  ond)reuscs,  (|ui 
\enaient  l.'i  goAtn-,  sous  la  fraichem-  ties  arbres,  le  charme  des  conversations 
paisibles,  ne  se  reconnaissaieid  plus  maintenant  dans  le  lumulle  de  <  •-  miuxeau 
fnnun,  ensalii  par  une  foule  bigarrée,  lurbulente,  evcilt'-e  par  les  nudiiples 
distractions  ofVi-rtes  îi  sa  curiosité.  Kn  ■7''^!.  au  lendemain  de  l'inciMidie  ili' 
rO|M*ra,  le  duc  de  Oharlres  s'était  conli-nli-  de  fain-  an  jardin  nnr  loilrllc 
Honuiinin'.  On  a\ail,  p.u'  ivemplr,  (\\\  mlloxer  les  arbres,  connm-  I  indi(|ni- 
In   note  sui>anle  : 

Mcnnoiru  du  -liiMii  I..1  l'ipc.  pour  riirrosa^'c  du  jardin,  rn  lavenu-nt  des  fiiiiiirs 
du  jardin,  liitt  livn-it  m  huN. 

iV.-r  IniiiM.   p.    MM,     l.oiiU.   III    17SI1,  .ijoiil.iil    .'i    liiii(  ili-  lra%nii\   une 
'H«i  >    <|iil  |p  forvrtil  il«'  li-iiii»  .1  niilrr  .1  <li-*  tii>ii|,-i-4  iliiin  ifUr  \illp. 

,    !  /i   ilf   la  inllf  lie  ipectactr  i/ii    l'ttUut- Uojui,  /mr  Itimllnint,  arfhilfrif, 
Juri-rxperl.        Arrliitrt  iialloiMln,  H^,   tijS. 

S    \..,M    iHiUitiMif»!!!     \ri  tiUr«  iinlloiialr*.  l{\,  ffW  :  Mfmuirr  rtM{f  à  lii  lallr  ni  nintlrurUnn  an 
V.xn    aiiui      l.rtirr  >if    H     /,..ii/.,  nrehilflf    lU    (il    noiiifUr  $nUf 

-•(■•1.    Ir  •ii|i|ili-i 1   nu  J.,iirn.il  ,U  l'nrii.   w  ilii   .Vi  ii\ril    i^i^', 

lU.illl.l    —  llllihiillii.nir  Cariiainlrl,  II-   (W^.^.  Voir   i-«rtloiliriil  : 
IMUr.U  H  ii/<-</il  Thniire  lUi  faliui    ll-.ynl.   rr|Mi|iM<  jl  In    IfUrf  il.-    lioilllrl. 

qut  rUil   ,  1  Oindra     Kiillli.  roiuullif      \rrhêleflitniMjnif>hte  Jet    ThMtm  lie 

l'iirU,  |Mr   II...,,  r    /..un».. 


,V-:<^siSS^^ 


piiir.ipPE-i;n  M.iTK  '1.35 

Puis,    lorsque,    riiroril    ciilropiiscs    les    cuiislruclious,    il    ;i\ait    l'iillu,    avant 
dairacher    les    treillages    à    moitié  ^-C'^^ 

pouiiis.  moltre  îi  l'abri  les  aiili(|ii('s 
statues  eiiU'V('es  jadis  des  jardins  de 
\ersailles,  [lar  oidre  de  Louis  \I\,  et 
transportées  au  Palais-lloyal.  (Tétaient 
des  (l'uvres  de  \aleur.  Il  y  en  avait 
i[uatri'  de  Lerandjeit  :  une  Bdcr/iantc 
et  un  enfant  jouant  d"S  vasta<^ncttes, 
une  Danseuse,  un  Snti/re  dansant,  un 
Sati/re  tenant  son  menton.  Le  portique 
servant  de  fond  ;ui  jardin  était  orné 
do  figures  de  Lcmoyne,  représentant 
Ifc/vule  et  Am/)/iitrite.  A  droite  et 
à  gauche  du  portique,  étaient  une 
Femme  tenant  une  couronne,  de 
Lerand)ert,  et  un  Sa/i/rr.  de  Ruystcr. 
De  ce  dernier  encore,  il  y  avait  un 
groupe  de  Satyres,  placé  près  du 
bassin.  En  cpiel  lieu  le  duc  di>  (lliar- 
tres  t'it-il  déposer  ces  vénérables 
œuvres  d'art?  Je  trouve  bien  dans  les 
comptes  de  trésorerie  revêtus  du  visa 
de  l'architecte  Louis,  ce  que  coûta  le 
transport  '  : 

'l'ransféi'atioii  des  fiirurcs  (|ui  étaient 
dans  le  Jardin  du  Palais- Royal.  Mémoire 
réfirié  en  178"!  par  M.  Louis,  (S.")")  livres. 

Mais  rien  n'indique  l'endroit  où  ces 
figures  fureni  placées.  Fut-ce  à  Mon- 
ceau, au  Raincy,  ou  dans  quelque  autre 
cliàleau  du  prince?  Je  ne  saurais  le 
dire,  (loniiiie,  depuis  lors,  la  trace  en 
a  ('•t(''  perdue,  peut-être  les  jeta-t-on 
tout  siuiplenient  aux  gravois,  car  elles 
tombaient  en  ruine,  et  la  pierre  s'eilVitail.  Déj;!*.  xinj.;!  ans  auparavant,  au 
moment   où    le    duc    Louis- Piiilippe    avait    l'ail    iislann'i-    li'  jardin,    un    poète, 

I.  .Vrc'hives  iiiiUuiuilcs,  Il  1,  a.ss. 


V5 


CIIAND    DE    COCO  > 

uil  de  Scv.cs) 


',:^6  LE      PALAIS-ROYAL 

atl.ntlri   par  la    M-tusU-  ilo  co>   slatiu-s  laïueiitablos    do    LcranilaMl   .1    Ruyslor. 
Ifiii-   a\ait    tonsaciv    un   poî-iiif  où  on   li>ait  : 

«Jiicl  s|)e«'latic  île  voir  tant  lit-  Irails  ctTacez 
Kt  lie  morceaux  de  ilieiix  et  île  héros  cassez! 
Ici,  il'uii  Jupiter  preMiuc  réduit  en  poudre, 
La  main  qui  tient  encore  une  moitié  de  foudre... 
Là,  d'tm  lier  conipiéraiit  le  visage  emporté; 
lc\     I.-  »  in   meurtri  dune  frêle  beauté'... 

Louis,  fil  loul  ta«..  III'  k-s  iviiipla.;.i  poiiil  par  d  aiilivs  (i-uvics  do  sndpltiro. 
Kii  i-X'A,  il  lit  rcfaiio  le  Ita.-^.siii  : 

Nouveau  l)a>.siii  du  Palais  Royal  :  aux  sicuis  Lucas  el  (nimioiiiii.  ploiid)iirs, 
10,1)07  libres.  —  Hi'glé  par  M.  Louis. 

'Irois  ans  apivs,  il  ciii^liui-ail  li-  Ciripio  dnnl  la  coiirio  oxisloiico  do\ail 
ôlro  si  iiiouvoniL'iiUV.  si  ôlraiij.'o.  ot  ipii,  dans  la  Iraîoliour  do  la  iiouxoautô, 
(oiitrihna,  a\oi-  los  ipialro  kiosipirs  pimp.inls"  ôlovos  :ni  niilion  do  la 
jrnintlo  alli-o,  ;i  inottio  do  rini|ui'\  n.  du  |iill(Mo-«(pio  ol  i\r  l,i  ((lulour  dans 
lo  jaidin. 

Kn  prô\i«ioii  du  iiinnliroiix  pniilir  (pi'aii.iionl  .illiroi'  d.ins  le  janlin  I<<s 
atlraotioiis  di-  Imilos  sorlos  et  los  honliipios  dos  j^.doiii's.  il  a\ait  l'alln  soii^-^or 
il  (ii'.'aiiisor  nno  police  spéciale  ol  à  élahlir  dos  ièi,donionls  très  niiiuilionx  pour 
\  iniiiiitoiiir  le  lion  ton.  la  proprcli-,  ol  pour  oinpèclior  la  dé^n°adalion  dos 
liAliiiients  livi't's  pour  ainsi  diio  ii  la  di'>('ri''lioii  i|i'  la  juiilc.  Il  l'iail  à  riaiiidro  (pie 
les  propriolaires  des  maisons  noinollos,  pifiianl  ii  la  !on;:uo  dos  liliortos  a\eo 
le  rè^'leiiieiil  ipi'ils  aecoptaiont  on  |ironant  possession  do  cliaipio  iinnionhlo, 
n'arrivnsrM'nl  ii  faire,  pour  leur  counnodili'  pcrsoniK'llc,  des  cli.iii^M-nionis  i|iil 
auraient  pu  nuire  ii  riiarnionio  ;:t'-noralo  ot  an  caractère  d'nnito  ipi'on  \oulail 
aliNolniiieiil  cijiisiTver.  (l'est  ponrtpioi  lo  duc  d'tJrloans  lit  étudier  avec  soin 
p.ir  l.oiiio,  rahlM-  jtoaudcan  cl  ses  antres  consoillci>.  un  iirojci  do  rèi^linicni . 
dont  la  iiiiiiiite  exislo  oni'oro  avi-c  toutes  les  o|isoi°\atioiis.  rjituros,  ropiàses 
el  crilitpios  inscrites  sur  ses  mnrp's.  (le  docninont  est,  par  endroits,  assez 
pii|Uiinl  et  inslruclif.  lin  dilinilivo,  il  s'a;,'issait  do  minpio  en  vlsièio  avec  les 
liiiliiliide<i  roiilinièroH  CMiiccrnant  la  voirie  parisienne.  Sur  lioanoonp  d(<  points, 
il  l'iail  iiiHi'^saire  d'innover.  Par  oviinplo.  <  oiiinient  foiail-on  lo  lialava;.'e  des 
Knierii"».*   }\    ipM  II.  ^    lieiires?   (Jui    aurait    Miiii    des     1  l'-verlièros    pl;iC(''s    sous    los 

•    I  !••   '!•    Il    IIIUlli>l|in|ii(>  de  IVr'^-iiiil,   ilnl<'<-   ■!.•    iioMiiilirc    1771,  —  Un  iicil    de 

Tr^I.. 

i'in-iit  loiii'i  il  ImII  à  Jiiiivwt.iikI   ixiiir  lii  miiiiiii)'  di>  iii.inhi  Iwrrs  ni  i-.s.S, 
!•  l'Miiriil  m    179». 


Pllll,  1PPK-I:0M.  ITI 


'..•Î7 


i8o  arcades!'  Le  projcl  on  niicslioii  doniu'  lien,  ;i  cet  éi^aril,  à  robsei\atioii 
suivaiilc  : 

\  Paris,  renicvement  des  iminoiulicos  se  fait  Irop  tard,  et  il  en  est  de  iiièinc 
du  l)alayaf,'e  des  rues,  outre  (jue  plusicuis  particuliers  sont  plusieurs  jours  sans 
faire  balayer  le  devant  de  leurs  maisons. 
On  est  forcé  de  les  punir,  de  les  mettre  à  ^"'  ~2^~'^ 
l'amende,  et  l'on  excite  leurs  plaintes  et 
leurs  murmures,  ce  que  l'on  doit  le  plus 
chercher  à  éviter  dans  toute  administra 
tion.  Or,  le  meilleur  moyen  d'y  parvenir 
est  de  mettre  le  citoyi-ri  dans  la  position  de 
ne  pouvoir  être  en  faute.  Cela  sera  facile 
dans  un  endroit  comme  le  Palais- Royal, 
où  les  abus  et  les  mauvaises  habitudes 
n'auront  pas  encore  pris  naissance.  11  ne 
s'agira  que  de  ne  pas  charger  les  particu- 
liers du  balayage,  mais  de  leur  faire  payer, 
comme  pour  rentretien  des  réverbères,  un 
abonnement  ou  contribution  pécuniaire... 
Ce  n'est  qu'en  s'y  prenant  ainsi  qu'on  par- 
viendra à  ne  pas  avoir  les  ordures  du  Péris- 
tile  balayées  dans  le  jardin  ou  en  bas,  contre 
les  murs  de  l'intérieur  de  la  galerie,  que 
le  tout  sera  balayé  régulièrement  à  la  même 
iietne,  c'est-à-dire  à  la  pointe  du  jour  en 
hiver,  et  à  cinq  ou  six  heures  du  matin 
en  été  '. 

Ce  système  (rai)onnonicnt  ()l)li;^aloiro 
pn''\ahit.  On  l'applicjua  non  soulomont 
pour  le  balayage  et  pour  renlreticii  des 
réverbères,     cjui,     sans     cela,    n'auraient  ,,,,,,,  1.1 .,  „ii 

jamais    l'ii'    tous    allumés    à     la    même  {Biscuit  ac  sivrcs) 

heure,  etc.,  mais  aussi  pour  les  portiers  qu'on  avait  songé  d'abord  à  exiger 
dans  cha([ue  maison.  A  ce  sujet,  le  «  projet  d(?  règlement  »  est  accompagné 
d'une    observation   (pii    mérite   d'être   re[)roduile  : 

Du  Iciiqis  de  l'ancien  jardin,  il  existait  un  abus  qu'il  sera  à  propos  de  ne  pus 
laisser  introduire.  Les  p(jrtiers  des  particuliers  vendaient  des  clefs  des  maisons  dnnl 
la  garde  leur  était  confiée,  et  ces  clefs  servaient  princi[)alcmi'iil  la  nuil.  On  dounait 
à  rpii  voulait  pour  un  éru  la  clef  de  la  maison  (pii  fesait  l'encoignure  du  jardin  près 
rin'ili'l  de  Toulouze.    V  la  |)(irli'  du  petit  hôtel   Had/.iwill  se  tenait,  pendant   toute  la 

I .  Projet  d'élnhlissemenl  d'une  administrât ii m  </<■  police  pour  le  Paldis-Hoyal  et  son  Jardin,  ,i  maj- 
1782.  —  .Vrchivcs  nationales,  Il '1,  a88. 


',38  I.E      PALAIS-BOWI. 

iiiiil,  (III  prlil  (•oiiiiiii«>i<>iiii:iiiv  <|iii.  jjlart-  là   par  le   jinrlier.  ouvrait  iiulistinrlemonl 
I.i  |)<irli-  à  liiii>  rtu\  (|iii  SI-  pii-MMilaiiMil  avcf  (|iul<|iics  mimmiycs  à  la  main. 

I  in-  aiitif  (>l>s('i\alioii,  (|ni  \aiit   la   pi'iiip  irrlif  iili'i>,  est  rt'IU'-ci  : 

Les  ffiuines  (lemciiiaiit  dans  li'<  nouvclk-s  maisons  ne  pourront  se  promener 
tians  II- jardin  en  manteau  de  lit  ou  en  dr^hahilié,  ni  mt^ine  le  traverser  en  cet  état 
passé  riieuri-  ({iii  sera  iiidi(|uée;  de  même,  les  hommes  avec  les  robes  de  chamljie 
et  bonnet- 

A  propos  (les  eiisei;,'iK's  des  iiiarcliaiids.  le  projet  dc  n-firlemoiit  s'élève 
contre  la  coiiliiiue,  répandue  à  Paris,  de  lairc  dans  les  boutiques  abus  de 
tableaiiv  souvent  ridicules,  de  motifs  en  saillie,  parfois  grotesques,  et  l'un  des 
annotateurs  éuiet  l'idée  que  cbacpie  arcade  pourrait  recevoir  le  nom  de  (pieiipio 
lionutie  célèbre,  cpii  serait  la  meilleure  euseifrue  (pi'oii  pût   adopter  : 

II  •«erail  bien  à  désirer  (|ne  dans  le  l'alai»- HoNal  tout  ré|)i)ii(lil  à  la  majesté  du 
lieu,  et  que  les  arcades  ne  fiisseiil  (las  défif,'urées  |iar  une  polissonnerie  ou  une 
bélise,  ce  (|ui  arrivera  immanquablement  si  on  n'y  lient  pas  la  main.  S.  \.  S.  se 
jiropose  de  consacrer  son  jardin  à  Henry  1\  et  aux  ^'rands  bommes  (|ui  ont  lionoré 
la  l-rance  depuis  ce  père  des  iiourboiis.  Pouninoy.  en  suivant  celle  siililiiiie  idée, 
ne  donnerait  on  pas  à  cba({uc  arcade  le  nom  ildn  liumme  elni  aiiv  l'iamais  par 
»es  vertus  ou  ses  talents?  Cela  ferait  tout  naturellement  les  ensei^Mies  des  marcbands; 
une  botttiipie  de  plusieurs  arcades  aurait  pour  ensei;.'.ne,  du  ci'tlé  du  passa<;e  en 
forme  de  rue,  des  noms  inscrits  sur  ses  arcades  du  e(*ité  du  jardin,  et  les  «galeries  eu 
ile\ieiidraieiit  encore  plus  intéressantes  par  les  souvenirs  (|u"elles  rappelleraient 
aux  promeneui's,  et  |)ar  les  Mijets  de  c(jiivei'-<alioii  (pu-  ces  noms  fcraienl  iiaitre... 

d'est  aiii»i  (pie  fui  ('laiilie  la  poliic  do  i.ii'dlii.  I  n  serslcc  de  liitlt  ^.Mi'des, 
placé  sous  la  direction  d'un  inspecteur,  (iardeiir  Le  Hrun,  \eilla  à  rexeeiilion 
tlu  rè(;lenient,  de  loncert  a\e(-  un  lionime  de  conliance  du  due  dl  )rl('ans.  un 
certain  llual,  (pii,  dit  le  doeiiiiicnl  où  nous  puisons  ces  rensei;.'iieiii('iils.  «est 
toujours  cliar^M-  jus(priei  <!i-s  tli'-lails  de  la  police  inttM'ieure  du  Palais,  et  cela 
sniiH  autre  inli-rèt  «pie  riionneiir  d'être  ii  Son  Altesse  Hoyale.  »  Le  budf:el  de 
celle  adinini'ttrnlioii  de  |ioli(  <•  iiionla  !i  iS,Soo  li\res.  sans  eoiiiptcr  lis  appoin- 
tenienl<«  det  iiispc»  leurs.  Ia«h  finis  d'éclairap-  des  iSo  réxerbèivs  <les  arcades 
nllèrent,  à  raison  de  y.i  livres  par  n'-xerlH-re,  à  y.y'n»  IÎmvs.  l  n  entrepixMieiir 
fil   prit   la  cliar;.'!'  ' 

i     \rrhl%M  iialliiiialr*,  l|\.  iKN. 


nOUTOSS    IIIIADITS    Dli    L  liPOiJl  E    IIKVOLL  ^I0^  \  VUlli 


LA    DEBACLE 
VENTE   DE   LA   (iVLElUE   DE  TAHLEAIX 

Ce  serait  un  iiilLM-cssanl  proljlc'iiie  à  ('■lucidcr  ([iic  cçliii  de  la  (k'hàck'  liiiaii- 
citTC  (lu  duc  dUilrans  îi  la  \ cille  de  la  llt'vuiiition,  cl  de  rcbiaulciucnl  di'  sa 
colossale  lorluiic.  Comment  ce  prince  en  arri\a-t-il  à  èlrc  à  ce  point  accablé 
de  délies  que,  dès  l'année  1785,  il  se  trouvait  aux  abois,  et  qu'en  1792,  à  bout 
d'expédients,  après  avoir  vendu  les  maisons  qu'il  possédait  à  Paris  et  ses  collec- 
tions d'objets  d'art,  ne  sachant  plus  conunent  faire  tète  à  la  meule  formidable 
de  ses  deux  mille  cinq  cents  créanciers',  il  se  voyait  forcé  de  les  réunir,  de 
leur  constituer  des  gages  et  de  leur  demander  un  concordat  qui  le  réduisit 
iinalemcnt  à  la  ruine  la  plus  complète?  Un  tel  désarroi  sendjle  incompréiien- 
sible  mis  en  regard  des  ressources  immenses  de  la  maison  d'Orléans,  à  la  lin  du 
xviii"  siècle,  avec  ses  cincj  millions  de  rentes  ^  L'opération  des  constructions 
du  Palais-lloyal,  si  elle  ne  donna  pas  les  profits  (ju'on  en  espérait,  n'explique 
cependant  pas  un  si  absolu  désastre.  D'ailleurs,  la  vente  de  Saint-Cloud 
à  ta  reine,  en  178."),  qui  rapporta  six  millions,  aurait  dû  sullire  à  cond)ler 
le  déficit.  Dans  quel  gouffre  inconnu  le  duc  d'Orléans  engloutit- il  donc  son 
argent.^  Dans  quelles  séries  de  spéculations  malheureuses  ce  prince  entrepre- 
nant, agioteur  sans   expérience,   glissa-t-il    successivement,   s'embourbant  un 


I.  Ce  chiffre  nous  est  fourni  pur  nu  ilurmiicMil  (ihnl  nominatif  des  créanciers  de  Louis- Philippe- 
Joseph  d'Urléans)  déposé  chez  Uricliaril  cl  llobin,  nolaires,  dans  lequel  on  trouve  la  liste  des  créan- 
ciers divisée  en  dix  catégories  :  1°  rentiers  perpétuels  de  la  succession  de  feu  le  duc  d'Orléans  père 
fi5o  noms);  2°  rentiers  viafçcrs  de  la  luénie  succession  (5oo);  3°  légataires  de  pensions  viagères  établies 
par  les  testaments  des  ducs  d'Orléans  père  et  aïeul  (.ïoo);  V  rentiers  pi'rpéincis  de  Louis- IMiilippe- 
Joseph  d'Orli'-aiis  (i.m)!;  .V  rentiers  \iagers  du  même  ('iO'>);  l'"  porteurs  il'oliligalidiis  di'  Louis- 
Philippe -Joseph  (i.'u  k  7"  porteurs  de  hillcls  souscrits  par  le  prince  ('|.'>):  ''~'"  porteurs  de  liij  nidations  du 
prince  (53;;  y"  ou\rierset  eMlic|iriMii'urs  de  Mtimcnts  (.m)  (Berthault  n'en  l'ail  pas  parliej;  10"  four- 
nisseurs (af)). 

a.  Exactement  'i ,«22,(307.  d'aiirès  l'étal  du  Comité  îles  domaines  de  rVssend)lée  Constituante 
public  dans  le  Moniteur  de  lyçio. 


^.'io 


I.E      PALAIS-nOYAL 


jx'ii    plus    il    rliai|iii'    |);i>.'   (i\->t    im    point    qui    sera    L'claini.    I!ii     allciidant. 
es(|uissi)ns  ou  pi-u  «li'  nuits  li's  phasi-s  de  cet  elTonclrenient. 

Les   conslnntinu'»    du    l'alai-- IU)>al   luùtèreiil,  eu    bloc,    une   ilouznine    de 

millions.    Pour   pouNoir  en   cou\rir 

a-  /î./v.<  '  . 

vendre     les    maisons    formant    les 

j.'al»'ries.  Mais  les  ac(piéreurs  ne  se 

présentaient    pas   vite.    Néanmoins, 

à  la  date  du   ao  octobre  17S7.   il   > 

en   avait    pour    '|,."<u  ,(too    livres    «le 

vendues,   cl.    tii    171)0,    ifig   arcades 

a\aiiiil  trouvé  preneurs  (au  nond)re 

de  >'5((),  niovennanl  la  somme  totale 

de    10,981,000    livres.    Mais,   mm    ce 

(liinVe,    le   ipiart    à    peine   avait    t'Ie 

viTsi'!  I,e  rc^lc  nt-lait  evi^'ible  (juCu 

div   ou   (piin/c   .iunuit<'-s.    H   ol    vrai 

([ue  les   inléivts  de  ce  ipii    restait   ii 

i-ecouvi-er    constituaient    un    rcvciui 

iui|)orlaul,     <'t     c'c^t     fu     cela     ipie 

ropi'raliou      aurait      pu     élrc     IVuc- 

tui'Use.    si  les  é-viMiciueuts  |iolili(pies 

iiit.iieiil    vi-iius    iuterrouipri'   les 

paiement^,    l'oui     .ivoir    de    rai;:cMt 

li(piide,    le   duc   d'Orléans   demanda 

au  roi  de  lautoriser  ii  l'onlracier  un 

empnuil.     I.i-     "7    novcmbii"    178."), 

<les  lettres  patentes  (  cnre^.'istii'es   le 

5   décciiil)re)   lui    pcrniireul   d'euiel- 

Ire    pour    six    millions    d'actions   de 

1,000    livres,    il    cliacuni*   desipielles 

el.iit    .ill.nlii-    un    hillrl    ilr    r/ninif 

ilonnant  droit   ii   \t>  livres  de  rente»»   viagères.  (i'i''l4iit    une  soite  de   loterie.  (!e 

HVsIème   d'eniission    l'-l.'iil    nouveau    en    i''raiice:    il    ni-    n'-ussit    ipi'en    p:uiie.    Il 

fnllMl   iMicnn'  olilenir  du   loi    l.i   pcriuission    d'cnipi  unlci    ii   (irui-s    une    sunuue 

«le  Iroit  millions  '. 

'l'oul  ici   (*rp-nl   aut.iil   dû   »iil1iie,    sciiiliji-   I    il.   p^iiii    cihinmi    !(■•.    Ii.iis    dl•^ 

I  )>n«trui  lion*    du    l'nlaiH-Hu>{il.    Mais    li-    passif   du    piim  •-   allii;:Mail    il<     lilles 

I    l'ixir  l<ni<  lr«  <lt-l>ll>  dr  tf^  <'iii|>tiiiiU,  «u)P4   .\liliiv<-«  iinlliiiialc*.  I ,  Kuj,  Umms  liM, 


nK*,»*! 


i»i.u«>ti<>«  DU  »ctr<»i> 


«•«Ml  ftnj,  «  iMo) 


iMi  1 1  I  i'i>i:-  i:(;  \  I,  iTi 


'l 'l  I 


(ï..hlc..u   Je   l-.i,.cicnn<:  G.ilcric  .1..    I'.il.iis  -  Royal) 


[jroporlioiis  (|iio  celui-ci  (lui  so  résoudre  à   vendre  au   plus  vile  la  plupart  des 

luaisotis  (Idiil  il  ('tail  propiii'laire  à  Paris.  Une  (loiupa^^uie  (rassinaiices  contre 
les  incendies  \enail.  ;i  celle  l'piiipie,  de  se  IniKler  à  Londres  :  c'elail  une  inno- 
Nalinn.  cl  il  n'y  en  a\ail  poini  encore  en   h'rarice.  |]n  sa  (piaille  de  pi'o^ressiste, 


I.    LE    PALAIS-HOY&L. 


f^'^^  LE     PALAIS-ROTAL 

le  prilKV  n.>  pouvait  manquer  do  s'intéresser  à  rentroprisc.  et,  on  offot,  il 
sVnipressa  das>uixM-  ouzo  bàliments  lui  appartenant.  Ce  contrat  d'assurance 
nous  a  conser\é  la  liste  de  ces  immeubles  et  nous  indique  leur  valeur  d'esti- 
mation ' .   La  voici  : 

1     Hùtil   lie  Cliàliilon.  composé   d'un  corps  de  bâtiment 

ayant  issue  sur  la  rue  des  Bons-Enfants  et  le  passage 

de  Valois,  estimé ' 820,000' 

•j'  l  ne  maison,  rue  de  Chartres,  de  It  étages 90,000 

3*  Autre  maison,  rue  lie  Chartres,  de  .'1  étages i3o,ooo 

4*  Le  bâtiment  formant  remplacement  de  l'ancien  Opéra, 

de  1  étages 020,000 

.V  L'hnlel  de  llussie.  rue  de  lliehelieu,  3  étages 80,000 

l'r  Lhùtel  de  la  Cliine,  rue  de  Hiehelicu.  plusieurs  corps 

de  logis 260,000 

7'  Lue  maison  à //«  Ci(v//e.  place  du  Palais    Uoyal.    .    .    .  80,000 

.S*  Lue  maison   de  la  rue  Neuve  des-Pelils- Champs,    en 

face  lu  rue  Vivienne,  du  cùlé  de  la  rue  Veudùme.    .    .         180,000 
9"  Une  maison  rue   Neuvc-des  l'ilits  Chani|)s,  du  cùlé  de 

la  plaie  dis   Victoires 180,000 

lo'  Les  hâliuienls  emironnant  la   cour  des   l-'on(aines,  rue 

des  Bons    Kiifants.    ...  810,000 

M"  Les  écurii's   d'Orléans,  rue  Saint   'riiomas -du    l.ouvre.         56o,ooo 

Toi'M H.ioo.nno' 

\  partir  de  rauiu'-o  178)1,  ses  all'aiies  allant  iW  mal  ^•\l  pis,  lo  dm  ilUrléans 
aliéna  tous  cos  innueubles.  sauf  les  bàlimonls  faisant  partie  du  Palais-lloyaL 
Noici,  parmi  los  cession»  forci-cs  do  collo  l'-piKpK'.  ccllos  ipii  oIVroiit  un  inti'ivt'  : 

li  févrirr  17HR  --  \i>nle  ii  l'h.  (iendron  d'une  maison  sise  rue  des  Petils- 
(Jliampx,  faisant  rriu-oignure,  ii  gauche,  en  xonant  do  la  rue  Vivienne.  pour  le  prix 
de  I  i5,rMKi  rruiirs. 

MJ'me  dote.  —  Vente  à  Ch.  Ileucleux  d'une  maison  rue  Neuve  des  Pclils  Cliamps, 
vli-à   vin  celle  Vivienne,  moyennant  -Jitj.ljoo  franc» 

.">  mai  1788.  —  Vente  de  doux  maisons  se  Joignant,  sisos  rue  Neuve  des  Petils- 
Chompt,  appelée*  cy  devant  les  grands  et  petits  hôlols  Ma/arin.  moyennant 
D7o,o«»<i  franr*.  tant  jMiur  le  prix  des  maisons  ipio  pour  lelui  do  tous  les  effets 
miibilier*,  d'embellionenirnlo,  décoralioiiH  et  autres  objets  do  nature  mobilière. 
|I^«  onioicr*  de  lo  maiMUi  du  duc  d'Orléans  y  élaionl  logés.  Ces  deux  maisons 
■valent  «lé  HrliPU'e»  lu  t\  mai  1780  à  lu   \euve  MiciudI  pour  ."100,000  francs.] 


..  .i.  ...,!.-,      m_    jim     OUr    lUiiii|muiiir    ir.imiirnih  i-^   rl.iil    i-l.iblir    a    l.oiiilro     ilailK 

<lii  iliic  «rOrIraii*  coi'ila  h  rrhiÉd  i;»i  livres  slorlIiiK;  It-  prix  iiiiiiui-l  «•lail 

I    limiiUii!  1I..1  |>j|>irM  tl)  >rli'aii>   rontlaiiiiuv  —  Arrliltr»  ualloiialcs,  T.  lOJJ,  liiis.s.-»  liai  ii  uSX. 


PIIII.  IPPF.- 


'.'lS 


i8  février  1788.  —  Vente   à  P.  .1.  Clicvicau  d'iiii  -iraml   liùlcl  appelé   VUàlel  de 
la  (Jiine.   rue  Richelieu,  moyennant  3oo,ooo  francs. 

9  mai  1781).  —  Vente   à   ]Jertrand    Duolicsne   d'une    maison    sise  à    Paris,    rue 
Uiclielieu,  appelée  VHôlel  de  Russie,  moyennant  i3o,ooo  francs. 

18  novembre  178;). —  Vente  d'une  maison  sise  au  coin  de  la  rue  Neuve  des- 
Petits-Champs  et  de  la  rue  ^  ivienne,  appelée  originairement  llôlel  Colberl,  depuis 
Hôtel  des  Domaines,  à  présent  Hôlel  du  Minisire  du  Trésor 
public:  —  plus  une  petite  maison  sise  rue  Viviennc,  appelée 
cy  devant  les  Bains  du  liérjenl,  le  tout  pour  860,000  francs. 

6  juillet  1791.  —  \cnte  à  Jean  Lanchcre  d'une  maison 
appelée  l'Ilàtel  de  la  Trésorerie  d'()rlé(uis,  rue  Saint  Tlionias^ 
du -Louvre,  attenant  VHôlel  des  hk-uries,  moyennant  la 
somme  de  60,000  francs. 

3i  août  1 791. — -Vente  au  citoyen  Larmoyer  d'une  maison 
sise  à  Paris,  au  coin  du  boulevard  Montmartre,  deri'ière  la 
salle  des  Variétés,  moyennant  la  somme  de  3o(j,ooo  francs. 

4  avril  1792.  —  Vente  au  comte  de  La  Blache  d'une 
maison  située  à  Paris,  rues  de  Chanterenne  et  de  Provence.  ^"'°"  "^  f""" s""'" 

i3  septembre  1793.  —  Vente  au   citoyen   Arnoult  de   V Hôlel  de  la   Chancellerie, 
situé  entre  la  rue  des  Bons -Enfants  et  la  rue  de  Valois. 


Ces  ventes  et  qiichiuos  autres,  faites  soit  par  le  duc  lui -mémo,  soit  à  la 
requête  de  ses  créanciers,  produisirent  un  peu  plus  de  trois  millions.  Ce  n'est 
pas  tout;  le  prince  mit  en  location  :  1°  les  magnifiques  écuries  toutes  neuves 
qu'il  avait  fait  construire  rue  Saint-Thomas-du-Louvre  (à  Jean  Lanchère, 
pour  20,000  francs  par  an);  2"  deux  maisons  qu  il  avait  rue  de  Chartres 
(i3,5oo  francs  par  an);  3"  l'hôtel  jadis  occupé  par  son  père  et  appelé  les 
Écuries  d'Orléans,  rue  do  Provence  (pour  i5,ooo  francs  par  an),  etc.  Il  loua 
pareillement,  en  1791,  pour  douze  ans,  à  un  bijoutier  du  nom  de  Denis 
Ducliesne,  moyennant  iG,ooo  francs  par  an,  tout  le  bâtiment  du  Palais- Royal 
qu'avait  autrefois  construit  Mansart  et  où  se  trouvait  la  galerie  d'Ende  peinte 
par  A.  Coypcl.  Duchesne  avait  le  droit,  d'après  les  termes  do  son  bail,  d'abattre 
ce  bâtiment  et  d'y  entreprendre  les  changements  et  augmentation  «  qu'il  se 
proposait  d'y  faire»'.  Un  marchand  épicier,  Delavoyepierre,  prit  également  à 
loyer  (20,000  francs  annuellement)  l'hôtel  de  Chàtillon.  C'est  le  même  person- 
nage qui,  succédant  à  Romain,  avait  loué  100,000  francs,  en  1789,  le  terrain 
où  furent  établies  les  boutiques  de  bois  que  le  duc  d'Orléans  fil  disposer,  à  ses 
frais,  en   i-H\'.  En    1789,  il  y  ajouta  \c  n'z-dc-chaus,sée  du  Palais-Royal,  le 

I.  Archives  nationales,  R'i,  387. 

a.  Voici  la  drponsc  à  laciiiello  donna  lieu  l'élablissenicnl  de  ces  boutiques  df  dois  .•  à  Tabnry, 
menuisier,  'lo.tioj  livres;  à  l.e  hihan,  pi'intre,  i|.Kui  livres;  il  Cliarûel,  pour  la  couverture  des  bouti- 
ques, 3,909  livres;  à  Lambin,  vitrier.  lCi."!!  livies;  à  Honiiiii.  serrurier,  3Go  livres.  Tolal  :  49i'j'i7  livres. 
—  Arcliives  nationales.  H'i,  tS-i,  u"  1. 


,'|  'l  'l  L  E      P  A  L  A  1  s  -  I\  O  Y  A  L 

vestibulo  à  colonnes,  t»lr.,  pour  doniR-r  plus  tl\'kMuluo  à  celte  espèce  de  bazar 
universel,  et  oHVit  du  tout    i.")u,0(m)  francs  par  an'. 

Si  l'on  additionne  le  produit  des  ventes  et  les  revenus  des  locations  de 
toutes  sortes  que  le  duc  d'Orléans  s'ingénia  à  réaliser  de  17S7  à  lyiin  dans 
l'alToleinent  d'une  situation  (pii  ne  faisait  tprein|)irer.  on  arrive  à  un  Joli  total. 
Ce  n'était  pas  assez,  pourtant!  Les  cliarj^es  restaient  supérieures  au\  recettes, 
et  les  dépenses  occultes  —  dont  les  re^'istres  de  trésorerie  du  prince  nont 
gardé  aucune  trace — augmentaient  toujours.  Oii  passait  l'argent;'  Dans  son 
entourage,  on  disait  (ju'il  sul)\entiunuait  des  émeutes  contre  le  roi  et  la  cour, 
que  l'and^ition  de  jouer  un  nMe  jiolilicpir  rciilraiuait  à  un  gaspillage  elVréné, 
que  la  Hévolution  lui  coûtait  îles  sommes  incalculables...  Ne  sont -ce  là  que 
commérages?  ou  bien  la  vérité"  toute  sinq)le  n'est -elle  pas  tpio  le  prince  était 
pris  à  ses  propres  pièges  et  \icliiuc  de  la  spéculation  oii  il  s  ilail  inipru- 
dennnent  engagé?  11  arait  calcule  sans  les  déNorantes  surprises  île  ragiolage, 
et  surtout  sans  la  li-rrible  crise  ipii  emportait  tout.  Kn  dimimiant  les  revenus 
de  ses  apanages,  ipi'il  a\ail  trop  farilcmcul  escomptés,  eu  mi|)|ii  iuiaiil  les 
pensions  de  la  cassette  ro>ale,  la  Hévolution  lui  enlevait  l'espoir  de  se  relever 
jamais'  Il  le  sentit  si  bien  que,  le  •> '1  janvier  lyija,  sans  mot  dire,  et  pour 
parer  :'i  tout  événemeul,  il  se  coiislilua  •)oo.ooo  francs  de  lenles  viagères  sur 
l'Ktat '.  Prudence  inutile!  L;i  enciue  ses  calcids  devaient  le  tronq)er.  Le  prince, 
qui  aNait  pris  le  nom  de  IMiilip|)e-l''.galiti'-,  ne  devait  pas  touclier  un  cetilime 
de  cette  rente,  j)as  jilu^  cpi  aucune  de  ses  làcliett'-s  n  allai!  le  garaulii  de 
réclinfand. 

Fort  |H'U  si-nsibli'  au\  clio>.i's  ijr  r;ul.  cl  point  du  tout  géin-  |)ar  les  scru- 
pules, ost-il  snrpreuani  ipiim  Irl  liomme.  acculi'  auv  e\|>icii<'ii|-..  i  licrclianl  !i 
faire  argent  de  tout,  ait,  dès  h-  premier  moment  crilicpie,  songe  ii  battre  mon- 
naie a\ec  les  merxeilleuses  collections  de  tableauv  et  de  nii-dailles  qu'il  tenait 
Uo  SCS  aïuuv.' J  .li  dit    plu>  li.iul    1  iu(|.iii'ludi-  cloul  jv.iil    r-t('>  saisi  son   père  à  cet 

I.  Mil  i'^},  l>i'la«o)i-|iiiTri*  iVritiiit  iiii  dur  <l'*)rir-anii  :  '<  Moii«'i|;iipiir.  «il  piilroil  riirnrr  dniis  vostro 
|ilari  lie  llrnr  <li**  UiiilUiiu-*  ilu  PnlaU-lloval  un  |irn<lui(  ili>  i.'hi.imhi  livre».  J'ni  riioiiiii>ur  ik'  Mtiis  l'il 
|irn|iinrr  In  itiii;cii«  .  \iiu«  iir.iti-/  fiill  un  ImII  |xiur  li's  /ioufji/ii<-<  dr  la  foire  ilo  nni.iNio  li\ri>-i.  Jal 
l'li»iMirur  (II'  «OUI  pnWnliT  ma  «luiiilMioii  jniur  li-  «urplii*.  r'i~il-îi-illn'  |M)ur  Ii-h  lMiiili(|ui>s  ilu  l'iilois 

I   '■   '         "  :' '     ''       "■    ci'lli-»  »ur    Ir    Irrr.iiii   |iriijrli',    >    rniiiprU    i|iii-li|iii><i  n|>pjirl(>iiiriil!i 

xMi  ll«rr«.  "  Kii  \i'iilr.  il  ni'  ilonl.iit  ilr  licn,  ci-  l)fln\ii>i-pii-i'rc!  Olu 
I  iil  uux   nurrlianiU  i|ui  Im.iirnl   Ic^   lMiiilii|iif!<.    V    rlli's  m-iiIi>5,    les 

I  'iiu,;i    tt   sa  iiirri><|Miiiiliiiir<'  a«f<:  li*  ilnr  il'l )rli''<uis  |M>urraiiMil  ilniiniT  lii'U   l'i  une 

'  <Uii«  ri«  rli.iplln-  »iir  In  riiliip  ili-  l'lillip|M'-l%){nlili>.  Kn  1703.  IVInvoyi-plorri' l'ul 

' '"   —    t       '  ••  "•!  Il-»  riilri'«<>S  lin  l'iiliii<-lli>ynl.  <iu-ili-NMin«  du 

'  ll.iimri-.  la   riir  ilr  \iiloi»  i-l  li>  jfianil  i-xiilior. 

'    l'ii  171111,  li-«  liii'ii*  irii|HiiiiihT  ilii  dm- d'Oiir-ans 
i  :   lit  .1111  >iii  liTiiir  iir  fnl  |ki>o.   Kii  iiniri',  uni'  luiunur  nnnucllt* 

it  «liiul  >■)•  à  l>tlliirlliiu  dn  dclti-<  du  prlnit*.  (Ivllo-rl  iinn 

l •■     • 

1  '•  il«  Ihtjrdkpr,  au  IVinmliiP  iiallounl,  m>u*  In  IIium*  \'u>.  —  Vnyï'/    \iiliiM-!i 

IMltnii  '  iu>\. 


P  II  1 1. 1  P  P  K.  - 


éjîiml  le  jour  âc  la  ildiiatinii  aiiliciprc  du  l'alais-Koxal,  cl  coiniiiciil  le   vii'nx 

duc  crut  devoir  prciuire  dos  prccaulious  conlie  la  ra^'c  incrcanlilc  de  sou  fils 

au  moyen  d'un  article  additionnel  réservant 

les  objets  d'art.  Assurément,  celle  méfiance 

ne  s'était  pas  manifestée  sans  cause.  Elle 

devait   avoir  sa   source  dans  quelque  confi- 

(l(Mice  loinlaine,  dans  un  avevi  échappé  peul- 

t'ire  en  une  miiuite  d'expansion,  cnlin  dans 

la  connaissance  intime  des  idées  du  jevuie 

prince. 

Dès  l'année  1787,  celui  qui  allait  devenir 
Philippe-Egalité  s'empressait  de  vendre, 
dans  les  conditions  qui  ont  été  dites,  la 
collection  des  médailles  et  pierres  gravées 
à  l'impératrice  Catherine  de  Russie'.  Puis 
il  se  mit  en  campagne  pour  se  défaire  de 
la  galerie  de  tableaux  célèbre  dans  toute 
l'Europe.  L'idée  ne  lui  vint  même  pas 
qu'une  pareille  collection  —  honneur  du 
pays  qui  la  possédait  —  ne  devait,  à  aucun 
prix,  passer  la  frontière,  et  qu'il  avait  le 
devoir  de  trouver  une  combinaison  pour 
(pi'elle  restât  du  moins  dans  des  mains 
françaises.  Il  n'eut  qu'un  objectif  :  la  faire 
passer  subrepticement  à   1  étiaiiger. 

Parmi  les  diverses  relations  cjue  le  duc 
avait  à  Londres  se  trouvait  un  certain 
Parker  Forlh;  celui-ci  ne  demanda  pas 
mieux  que  de  se  charger  de  trouver  des 
accpiéreurs  pour  les  tableaux.  «L'Angle- 
leire,  qui  ne  sétail  pas  relevée  des  rentes 
successives  de  la  galerie  de  Charles  1"  l't 
de  celle  de  Robert  Walpole,  passée  en 
Russie,  semblait  iraitriKJrc  (|u"iMie  occasion  jxiui-  prendre  sa  revanche\» 
Forlh   s'aboucha    avec   im    jeiuie    lieutenant   de   marine,   James    Chrislie,    qui 

1.  Voyez  plus  haut,  pafjo  So;.  —  l'.iiriii  ces  picncs  gravéï-s  sp  tiouvail  la  ma^miliquo  afialt'Oiiyx 
ropréspiilaiit  Ajfiippini",  ivjfaiiliM'  lomiiu-  une  pure  nuMM'illc  <le  l'art.  I-c  1U''kciiI  l'avoil  payée 
3o,ooo  livips,  pt  pIIp  pu  \alail,  dil-ou.  plus  dp  rciil  ;  mais  cp  (|ui  (Iplpiiniiia  suilnut  l'aupnt  dp  Callip- 
riue  II  à  faire  cette  acquisition,  ce  lut  uiip  Minerve  armi'e  dont  la  re^SPiublancp  a\pc  l'impératrice 
était  frappaide. 

2.  PioT,  Cabinet  de  l'Amateur,  t.  IV,  p.  i().S. 


F.\  nois  sciLni;  et  nom':  (xvn*  siècle) 


','|fi  I.E     PAI.AIS-nOYAL 

venait  do  d..iiii.T  sa  démission  afin  de  se  consacrer  au  commerce  des  tableaux, 
et  celui-ci.  après  avoir  sondé  diNcrs  commanditaires,  entra  en  pourparlers 
avec  le  r<jnd.''  de  pouvoii-s  du  duc  d'Orléans.  11  vint  à  Paris,  examina  la  col- 
lection, et  diui  .onnumi  accord  le  prix  en  fut  lixé  à  loo.ooo  guinées.  c'est-à- 
dire  à  j.drjD.tMM)  Innics.  J;)nies  Clnislie.  après  avoir  garanti  le  dépôt  de  cette 
sonuue  à  la  Uaïupie  d'Angleterre,  devait  faire  transporter  les  peintures  par 
un  bal.aii  du  port  di-  Rdiit-ii.  C'est  sin-  ces  bases  que  fut  signé,  le  i8  sep- 
tembre i;.)!..  nii  contrat  en  bonne  et  due  forme,  dont  j'ai  retrouvé  une  copie 
à  la  l{iblii>lliè(pie  nationale'  de  Paris,  et  (jiie  je  reproduis  littéralemenl  dans 
les  Documents  jii.itijicatij's  publiés  plus  loin. 

dette  pièce,  jusipi'à  pivsent  ignorée  des  érudifs,  sond)ie  coiifrediic  dune 
façon  absolue  le  récit  de  nnciianan  \  réédité  souvent  en  liarui'.  et  <|iii  (loiiiie 
sur  les  cil-constances  de  la  \enle  en  Angleterre  une  version  loute  dilVérente. 
Cunnne  Huclianan  n'appuie  la  sienni-,  d'ailleurs  coniplitpiée,  d  aucune  preuve 
formelle.  a>anl  la  xaleur.  comme  j)récision.  du  Iraili'  cpie  je  \iens  de  men- 
tionner, j'ai  cru.  je  l'aNoue,  ipie  laulheulicilé  de  celle-ci  démontrait  la  fausseté 
de  celle-là.  \oilà  ponnpioi.  au  cours  de  ce  travail,  en  divers  passages,  et  même 
dans  la  préface  placée  en  lèle  du  |)résenl  Noiume.  j.ii  fait  allusion  au  document 
nouveau  (pie  je  produis  ici  sur  la  \iiite  des  tableaux  du  Palais- Royal  en 
.Angleterre,  i-ii  doiinanl  jiMiir  eeilaiu  ipiil  ne  pouvait  pas  se  concilier  avec 
ce  tpi'on  connaissait  île  (elti'  \eiile.  ,1e  dois  reconnaître,  après  une  élude  plus 
approfondie  di-  la  (pie>itioii,  que  l'une  di"<  deux  mm'sIoii^  ii'imIuI  iiullcinciil 
r.-iiilre.  ;iinsi  (pi'on   \a   le  \oii-. 

(Jiie  M"  pa-Ns.i- 1  -  il.  eu  eil'el.  entre  le  ri'pn'seiilant  du  dur  ii'(  Jrlt'aus  et 
(ihrislie?  (!e  dernier,  une  fois  de  retour  à  Londn-s.  ne  Irouxa-t-il  pas  les  fonds 
sur  les«piels  il  axait  cru  pouvoir  compter.'  (Mielcpns  dit1i(  ullcs  s'éievèrent-elles 
rclatixemeiit  ii  l'exé-eiition  du  contrat?  Sur  I  une  dc^  pa;,'^es  de  l'acte  dont  le 
maniiHcril  est  ii  la  Mibliolliècpie  natioirde,  on  lit  (rois  noni'^.  sui\i>^  ebacuii  d'un 
cliilTre  :  nie  prince  île  (ialles,  ~,ooo  guinées;  le  due  d'^oïk.  ."i.ooo  guinées; 
le  du<-  de  (ilnreiice,  â.ofW)  guinées.»  (les  désignations  iii(ii(|uiiit  elles  la  somme 
qui'  leH  trois  personnages  visés  se  proposaient  de  fournir  poui-  eniitiibuer  à 
ra<'ipii<«iliiin.  et  (iliri»lie,  ipii  ne  dut  pas  cepend.inl  s'enf.Mgei  ;i  la  le:/ère.  ne 
par\int-il  pas  ii  grou|iei  le-  autre-  coiumandilaires  dont  il  .iv.iil  JM-Miiii.'  .le 
«tuin  forcé  de  laisser  ces  questions  sans  réponse,  et  mes  loiii/m-s  reclierclii'S 
on  Angleterre  sur  ce  sujet  sont   resléi's  infruetueiises. 

<.,>iioi  cpi'il  en  soit,  le  duc  d'Orléans  ne  resin  pas  sur  cet  écliec.  et  deux  ans 

I     nibtloUi^iur   iialt.iii«|i>,  MM    IT    i^H^S. 

•  II.  .ii.»«>..  Urmoiri  uf  ptunUnij  uUh  a  ehronnli^jicat  hlilory  of  Ihe  importation  of  fiirliiret  liy 
grtal  UatUrt  ml,.  Kmjliinil  tint*  Ihr  h'rrnrh  Hrfolulion    LdiiiIhii,  i  vol.  In  ■  »".    i«ïi. 


PHIMPPF-EGALITK 


'-\'\1 


après,  en  1793,  il  vendit  à  un  bancjuier  de  Rnixclles.  Kdouard  Walkiers,  pour 
750,000  francs,  la  parlie  fran(,aise  et  ilalienne  de  la  collection.  Est-ce  une  perte 
au  jeu  qui,  comme  le  dit  Buchanan,  le  força  subilenienl  à  cette  opération;' 
On  pourrait  le  croire  en  présence  de  la  modicité  inouïe  du  prix  qu'il  accepta, 
lui  qui,  en  1790,  avait  demandé  110,000  louis  (a, 800, 000  francs)  pour  l'en- 
semble des  tableaux!  A  peine  Walkiers  fut-il  en  possession  des  précieuses 
peintures  qu'il  les  fit  emballer  et  diriger  vers 
rAncIeterre. 


Quelques  caisses  étaient  déjà  arrivées  au  Havre, 
lorsque  M.  de  Labordc-Nerville",  fils  du  célèbre  ban 
quier  de  la  cour  et,  je  crois,  cousin  de  ^^  alkicrs, 
désespéré  de  voir  celle  belle  collection  passer  eiilrc 
les  mains  de  nos  éternels  rivaux,  obtint  pour 
900,000  francs  la  cession  du  marché,  moins  trente 
deux  tableaux  que  AN  alkicrs  voulut  absolument  con-  -^  ^-- 

server.  Il  fit  construire,  pour  hi  placer,  mie  galerie 

dans    les  jardins    de   son    bôtcl  de  la  rue  Cerutli  (Coii«uo:  _-  ,     .  „  ivécs; 

(aujourd'hui  rue  LafRlte).  Mais,  à  peine  ce  trésor  y 

élail  il  déposé,  que  les  troubles  de  1792,  qui  en  présageaient  de  plus  lerribles  encore, 
vinrent  lui  inspirer  les  craintes  les  plus  sérieuses  sur  sa  conscrvalion.  Il  les  emballa 
donc  de  nouveau,  cl  les  expédia  pour  Londres,  où  il  arrivèrent  en  juillet  1792.  Il 
avait,  pendant  l'hiver,  racheté  de  son  cousin  les  trente  deux  tableaux  que  celui  ci 
avait  réservés  lors  de  la  conclusion  du  marché;  de  sorte  que  M.  de  Laborde  possédait 
alors  la  collection  tout  entière.  Il  la  garda  précieusement  jusqu'à  l'an  VI.  espérant 
toujours  rentrer  en  France  et  y  rapporter  les  chefs-d'oMiMc  (pi'il  pensait  avoir 
sauvés  du  pillage  et  de  l'incendie.  II  y  rentra,  en  efl'et,  peu  de  jours  avant  le 
18  fructidor;  mais  celte  fatale  journée,  qui  l'en  chassa  de  nouveau  et  lui  enleva 
les  restes  de  sa  fortune,  le  mil  dans  la  nécessité  de  revendre  ses  tableaux,  seul  bien 
qui  lui   restait. 

Ils  étaient  encore  consignés  entre  les  mains  diiiic  maison  de  coiiinicrec  de 
Londres,  lorsque  M.  Dryan,  agissant  au  nom  du  duc  île  Bridgcwater,  du  comte 
Carlisle  et  du  comte  Govver  (devenu  plus  tard  nuuquis  de  SlafTord),  les  acheta 
pour  /i3,ooo  livres  sterling  (1,075,000  fi'ancs);  les  frais  de  trans])orl  et  les  droits 
d'entrée  seuls  montèrent  à  plus  de  5o,o()o  francs.  Celte  affaire  lermiuée,  les  nouveaux 
propriétaires  firent  estimer  et  fixer  \u\  prix  à  chaque  tableau,  convinrent  de  ceux 
<[u'ils  voulaient  réserver  pour  leurs  galeries  iiarticulières,  et  organisèrent  une 
exposition  publi<(uc  de  la  totalité.  Elle  dut  être  divisée  :  une  parlie  fut  exposée 
dans  la  salle  de  M.  Bryan,  à  Pall  Mali,  l'aulre  dans  celle  du  Lyceum.  Il  ne  se  trouvait 
pas  à  Londres  un  local  assez  vaste  pour  contenir  l'ensemble  de  la  collection.  Celle 
cxposiliun  dura   six   mois,  du    iCi  dc'rcmbrc   \-\)'^  au    mois  de  juillrt    i~\)\). 


I.  Ut!  Laborde -.Xi'ivillp,  lils  aiiié  du  lllar([ui^<  Joseph  de  Laborde,  fut  j,'in-di'  du  Trésor  royal, 
nounné  député  aux  Klals-(jéiiéraux  par  le  baillage  d'Ktauipes,  eti  i7Hr),  et  rliar^'é  plus  lard,  en  1790, 
de  recevoir  rarîfeiilerii-  diiiuiéu  par  les  é;,'llses  de  l'rauee    II   iMdUiiil   en    Vijvleleiie  eu    \t>ui. 


Li:      PAI,  AlS-UnYAI. 

I.i-s  lésullals  irinaiilicrs  de  l(i|).'i:ili(.n  furent  considérables... 
I.a  partie  <iiie  se  réservaient  les  nouveaux  acquéreurs  (le  duc  de 
Uridgevvaler,  le  comle  de  Carlisle  et  le  comte  Gowcr)  s'éleva  à 
la  soiuiue  de  39,000  guinées.  Les  tableaux  vendus  pendant  lexpo- 
silion  produisirent  3i,ooo  guinées;  enfin,  les  recettes  faites  à  la 
porte  (les  salles,  el  le  nionlaul  de  la  vente  aux  enchères,  qui  eut  lieu 
le  l'i  lévrier  1800.  <le  .soixante  six  tableaux,  qui  n'avaient  pas  trouvé 
d'acquéreurs  à  l'exposition,  qui  produisirent  plus  de  10,000  guinées, 
uiumnteiil  un  bénélice  de  près  d'un  uiillion  '. 

On  trouvera  plus  loin,  dans  nos  Durunicnts  Jiistijhalifs,  la 
UMUifuclature  tics  tableaux  et  leui-  prix  crailjudiLiilioii  en  An^iclcin-. 
.lai  ajout/'  à  ces  reusei<,'ru"inetits  riiulicalion  de  la  valeur  à  laquelle 
chacun  d'eux  fut  >ui'cessi\euieiil  olinH-  <lan-;  les  iiiveufaires  après 
décès  (les  ducs  d'Orléans,  de|)uis  le  Ht-;reut  jusiiuà  la  mort  du 
pèr.-  de  IMiilippe-K;:alité.  en  lyX,').  Ce  travail,  très  dillicilo,  loiij.'  et 
luiiuitiiiix,  tr.nivcia  naturellem.iit  sa  plate,  .sous  une  fornu'  pb.is 
c.iiuplèle.  dans  une  Histnirr  tic  la  voUection  des  tableaux  du 
l'alfiis'ltoifal.  (pii  est  eu  préparation,  où  Ton  essayera  de  consa- 
I  ler  il  chaque  cruvre  une  niuno;.'rapliie  détaillée,  avec  rindicalioii 
des   péripéties  s(diies  depuis  l'ori^^iiie  jusqu'au  pos.sesseur  actuel. 

La  veide  faite  par  le  duc  d'Orlé'aiis  à  Walkiers  C()uq)reuait  les 
tableaux  des  i-c(ile>  française  el  ilalieinie.  c'esl-ii-dire  le  dessus  du 
panier  de  la  collection,  uuiis  non  les  ti'uvres  de  {'('(oje  ilaniaiide. 
<  ielti-  partie  fut  ct'dé-e  (piebpies  mois  ;i|uès  pai  le  |uiri(e,  en  171C*, 
il  un  \ii;:lais  du  unui  di'  >la(ie  (l;iii>  lr>  ruiKlilidii--  (]ue  celui-ci  a 
i.iconlées  hii-uiènie  de  la  la(.<iii   siiivanle  '  : 

.\u  mois  (le  mai  \~\yi,  feu  lord  Kiiuhiiid  el  MM  Mniland  et  llaiu 
mcrsley  me  (Jemaudèrenl  si  je  voidais  rue  juindic  à  eux  jhhm  la  spé'cu 
latiiin  lie  rachat  de  la  collection  entière  du  duc  d'Orléans,  pnur  laipielle 
iN  fourniraient  rai';;enl  el  dont  j'iiinais  à  faire  l'experlise.  Cette  propo 
-itinn  me  ennvenail  el  je  l'ai-ceplai  imnii'dialemenl.  Le  «S  juin  x^^yx, 
y  ipiiltai  ma  maiMin  de  hnchester  pour  partir  à  Paris.  enq)ortant 
avirc  moi  une  lettre  de  cré'dil  mit  la  niaisitu  de  Pei'i;,'aux  and  < ',  de 
'>i),iMHi  livres  sterling. 

J'iurivai  à  l'urin  Ir  jour  menu'  mi  le  mi  avail  |)ris  la  l'iiile.  I.a  ville 
étiiit  (laiin  la  plus  grande  conhisiou  et  sous  le  régime  de  la  loi 
mailiule,  Cependant  len  gardieud  de  lu  galerie  du   Palais   lloyal 

I.  l'iiif.  I.r  l'aliinet  dt  V \matfar,  i**  «t'ric.  t.  IV,  p.  rMU-507.  —  O  récil  mt 
IraUutI  |)ri-M|iir  iiiUrrriiii-iil  ilr  l'iiinrai,-)-  dr  Itiirlitiimii. 

».  l.rKrr  ,U  T  -M.  Siadf  «1  Uurhawiii.  |iiililiii'  ilnii»  roiivriiK<^  di"  ri'  ilcriiicr 
'<  '  i     J  I  II  iliililtr  lil  U   ItadiKtluii   |ilr«<|ilr  i  •iiii|i|r(v. 


PIlII.IPPE-KGALlTl':  4^9 

a\ai('iil  iiidic  de  iiu-  l:ii>si'i-  lilirc  arci's  îi  loulc  liciuc.  cl  i\r  (lt'(  rncliof  les  pcinliircs 
que  je  ilésirais  fxamiiui . .. 

Je  me  trouvais  (lc[)uis  (inix  nu  dois  joins  à  Paris,  je  fus  prié  de  la jiail  du  dm- 
d'Orléans  de  faite  une  ('v  aliialinn  de  luiis  les  lahleaux  de  la  collccliun  el  de  lui 
iu(lii|uei-  une    nllVe.  Je  lui  représenlai  (jue   celle    façon    de    procéder   élait   coiilraire 


Pcim  par  1'.  1'.  Kubc 


Ml  II       11       '       --lv,ll\     <:u>TlU;     MASEMJE 
(T-ibleau  Je  b  Galerie  du  Palais-Koyal) 


à  (ous  les  usaj^cs,  et  (|u'il  ajiparleuait  d'abord  à  Sou  Vitesse  Royale  de  fixer  lui  prix 
et  de  foruuiler  une  (Iciuaiidc.  Mais  tous  mes  efl'orls  sur  ce  point  furent  vains,  car  les 
négoeialinus  ne  pouvaient  être  entamées  si  je  n'accédais  pas  à  ces  conditions.  C'est 
pour([uni  je  jiie  luis  en  dcMiir  de  faire  cette  évaluation  el  de  la  présenter  au  duc. 
Quand  il  la  vit,  il  eiilra  en  fureur,  disaid  ([u'il  était  trahi  el  tpie  je  devais  me  liguer 
sans  doute  avec  M.  Lelirun,  le  diiceleur  de  la  galerie  de  Son  Allesse  Royale,  car  il 
n'y  avait  (juc  20,000  francs  d'écart  entre  l'évalualion  de  celui-ci  et  la  mienne, 
.l'assin-ai  au  duc  cpie  ce  n'était  pas  le  cas,  cpie  je  n'avais  eu  aucune  accoiulancc 
avec  M.  Lebrun,  ipieje  ne  lui  a\ai^  jamais  parii'  de  ma  \ie.  el  (pie  je  le  ctuinaissais 
senlemenl  de  répulalidu. 


(  ici    iiicidiiil .  iK'aiiMniiii--.  lil  ((liiiucr   ces  |iriini<''rcs  iici;(  xi.il  ions.   M.    Sladc 
du!    s'en    TcIdinriircM    \n,;^li'lcrrc.  Iles   iMurlilie  de   n'avoir  pu   venir  il  I)oul   de 

T.    I.    LE    PAI.AIh    IKJ1.M..  57 


^  5o  L  E     P  A  L  A  1  s  -  H  il  \  A  L 

son  eiilivpiiso.  C'.o  lut  scuI.miioiU  .iiu-lqiu'  temps  apiv^  (juil  lui  iiilcnm'  [(ar 
loiil  kii.i.air.1  (lue  le  ilu.-  il'Oriéaus.  «après  aNoir  |)eraii  uuc  sounne  eousidé- 
rable  aux  l)iilanls  avec  M.  Laboide,  »  s'était  défait  de  la  partie  ilalieuue  de  sa 
collection.  Il  ajouta  ipi'il  u'v  avait  pas  une  niiuule  à  perdre  si  Ion  ^oulait 
conquérir  le  reste  pour  TAu-leterre,  et  qu'il  fallait  cpie  M.  Slade  riscjuàt  une 
seconde  lentalixe.  Celui-ci  re\int  à  l'aris  et  lit  au  due  d'Orléans  de  nouvelles 
offres  qui,  cette  fois,  furent  agrétvs.  Tout  s.MidjIail  Icruiiné;  le  niénioranduiu 
d'acceptation    était   sij,'né,   ([uaiid  une  dillii  iille  inqirévue  se  présenla  : 

Lo>  nombreux  créaniiers  auxquels  le  due  d'Orléans  avait  donné  pour  gage 
dinérenles  parties  du  Palais  lUnal  se  levèrent  en  masse  et  réclamèrent  les  tableaux 
comme  faisunl  partie  de  l'ameublement.  Ils  refu.sèrent  de  les  laisser  déplacer.  Je 
consultai  un  .savant  avocat  qui  me  doinia  le  conseil,  connue  je  parlais  très  facile- 
ment le  franvais,  de  piailler  moi-même  ma  propre  cause.  J'assistai  à  la  première 
réunion  des  créanciers  dans  le  grand  hall  du  Palais- lloyal.  Trente  à  quarante 
étaient  présents.  J'exposai  le  bien-fondé  de  ma  réclamation,  mais  ils  ne  semblaient 
pas  disposés  à  y  faire  droit.  Mors,  je  déclarai  bardiment  que  s'ils  ne  me  laissaient 
pus  enleMT  ces  tableaux,  j'userais  du  |)ouvoir  (pie  j'avais  de  protester  contre  la 
vente  à  aucune  autre  |)er8onne,  et  (pie,  par  cons('(pienl,  le  duc  se  trouverait  bors 
d'état  de  satisfaire  à  leurs  réclamations.  Cette  menace  cul  tous  les  ellels  désirés,  et, 
le  jour  suivant,  je  fus  informé  que  je  pouvais  enlever  les  tableaux  îi  mes  pro|)res 
rit(|uc»...  Je  ne  perdis  pas  de  temps,  et,  profilant  de  celle  permission,  je  les  fis 
transporter  dan»  un  grand  magasin,  tnut  près  du  l'iilais-Hoval. 

M.  >ladr  n'itail  pas  enciu-e  au  bmit  de  ses  |)('iiirs,  (  ;ii-.  |r  biuK  s'élaid  \ili' 
répandu  dans  l'aris  du  marché  que  venait  de  conclure  je  priiicc.  quebpies  per- 
soemes,  indigné-es,  songèrent  à  empêcher  (jue  les  tableaux  ne  sortissent  de 
Krance.   I.e   négociateur  anglais  termine  ainsi  sa  narrai i< m  : 

Pendant  ([ue  j'étais  en  train  de  classer  mes  toiles,  sin-xinl  une  .illliieiice  de  gens 
parmi  lesipiels  se  trouvaient  beaucoup  d'artistes  (pii  déel.u'aient  ipie  c'ét.iil  une 
honte  lie  iui.HM'r  Mortir  du  rovunne  une  aussi  inqiorlanle  colleelion.  et  ils  semblaient 
par  leur  langage  déterminés  à  l'eiiq)èeher.  (hielipies  uns  d'entre  eux  s'informèrent 
pur  ipielle  voit;  les  tableaux  devaient  partir.  Maisj'a\ais  dit  aux  honunes  employés 
à  fuirc  rend>uilagu  ipiu  les  toiles  seraient  expédiées  par  Calais.  .\ussil(*il  ipie  les 
caÏAM?»  furent  lerniinéet,  je  les  lis,  dans  la  iniit,  porter  à  bord  d'un  bateau,  sur  la 
S-ini\  qui  était  en  purtanei;  pour  le  IIAvre  de  (îrilee;  de  là  elles  nn-ent  aussiltM 
dirigée»  sur  l'AnKlelerre  où  elles  atterrirent  eu  bon  étal  à  la  N'ielualling  OUice,  à 
I  ihulhani. 

I^  cdiii'clion  des  t.'dile.iux  (1(*h  écoles  du  Niinl,  <  lupoitec  p.u  M.  >l.ide,  bil 
xvndiie  II  l^tmlrcM,  au  mois  de  m.ii  de  l'aimee  t~\i-^.  quès  une  i-xpusition.  datis 
li*A  !uilli>«  di<  In  vieillu  Académie,  ii  l'ail  Mail,  (pii  eul  un  tel  siircès  que.  dinaiil 
lu  dernière  M'inaine,    les   unln'n;!!   s'élevèrent   ii    plus  de    nm  guinees   par  jour. 


PII1I,IPPE-ÉG  ALITK  /|5l 

Celle  Yonto  procéda  dmic  de  ciiK]  ans  colle  des  œuvres  italiennes  et  françaises, 
faile  l'ii  i7i)9.  Toutes  dciix  (ilVniil  matière  h  de  nombreuses  observations  qui 
ne  sauraient  trouver  place  dans  cet  ouvrage.  Je  nie  bornerai  à  une  simple 
constatation.  Il  a  été  pidilié  à  Londres,  à  cette  épo(|uc.  Iiois  catalogues  de  la 
collection  du  (hic  dOiléaiis.  \.c  premier',  relatif  aii\  «luvies  des  écoles  du 
Nord  (179.3,  petit  in-8"  carré  de  2G  pages,  im])rinu''  par  .1.  Smeeton),  comprend 
■.>.7}()  tableaux.  Le  second',  contenant  la  première  partie  des  (l'uvres  italiennes  et 
françaises,  exposées  en  iioNcinlirc  171)''^^  à  la  galiMi(>  Hryaii  (in-S"  de  i/i  pages), 
énunière  i.'58  tableaux.  Le  troisième',  paru  en  même  temps  avec  un  nombre 
de  pages  identique,  donne  la  nomenclature  de  la  suite  de  la  collection  ita- 
lienne, exposée  au  Lycéum  dans  ce  même  mois  de  novembre  1798,  et  va  du 
numéro  1.39  h  290.  Or,  si  l'on  fait  le  compte  de  ces  tableaux  indiqués  dans  ces 
trois  catalogues,  on  arrive  au  cliilTre  de  55 '1,  qui  dépasse  de  i.?8  le  nombre 
des  œuvres  que  comprenait  réellcmeid  la  collection  du  duc  d'Orléans''.  La  con- 
clusion'' Elle  s'impose  avec  trop  de  rigueur  pour  qu'il  soit  nécessaire  d'insis- 
ter. Mais,  d'après  cela,  ce  qu'il  serait  iidéressant  d'établir,  c'est  la  liste  des 
(Kuvres  qui  usurpènMit  alors  le  prestige  de  leur  provenance,  et  passent  encore 
aujourd'liui  faussement  pour  avoir  fait  partie  de  la  galerie  du  Palais-Royal  ! 
La  publication  des  Irn'cntaircs  des  ducs  d'Orléans  v  aiderait  singulièrement. 
Il  est  à  remanpier.  au  surplus,  cjue  le  duc  d'Orléans  ne  vendit  pas  absolu- 
ment sans  exception  tous  les  tableaux  et  objets  d'art  qu'il  possédait  tant  au 
Palais-Hoyal  que  dans  ses  autres  résidences.  Il  en  garda  une  petite  quantité. 
Lorsque  la  (Convention,  après  avoir  envoyé  le  prince  à  l'écliafaud,  mit  ses  biens 
sous  séquestre,  Lenoir,  diiectenr  du  Musée  des  mommients  français,  fit  réserver 
([uelques  tableaux  et  statues  iiouvés  chez  «Orléans  condanmé))  pour  son  cher 
Muxéuni.  Dans  le  Rci^istrc  de  réception  des  où/e/s  d'arl  et  aniùjitités  trouvés 
chez  les  émigrés  et  condamnés,  (jni  est  aux  Archives  nationales'',  on  relève 
les  œuvres  suivantes,  qui  furent  prises  au  Palais- Royal  : 

—  Frileuse,  en  hroiizc,  par  lloi  don.  |La  dile  "Frileuse»  a  él('  appdih'c  au  (lr|)i')t 
par  le  citoyen   Iloudoii.] 

—  La  Vienje,  Jésus  el  sainl  .leiiii.  de  grandeur  naturelle  et  iiii  curps.  sur  toile 
1res  raj,Maii(lie,  du  Guide''. 

1.  lirilisli  Muséum,  cote  -jSoT),  E  .">  (\!{). 

2.  Ihid.,  cote  7857,  C  -n  (i). 

3.  Ibid. 

'1.  L'Inventaire  de  178.")  du  père  do  Philippo-ÉKalilé  donne  le  déuombremenl  suivant  des 
pcinlurcs  de  la  collection  :  au  Palais-Royal,  3<ii  numéros;  au  ilaincy  (011  avait  été  envoyée  la  plus 
fjiande  partie  des  l.ibleaiix  flaniands),  ii.');  soil  un  total  de  'i  i  Ci.  Kneoie.  paiini  ces  œuvres,  combien 
(le  toiles  étaient  détériorées  el  sans  ancinie  espèce  de  valeiu'.  qui  ne  furenl  pas  envoyées  en  .\ugle- 
terre  1   iJ'autre  part,  (|uel(|uesuncs,  d'une  ccriaine  iinporlauce,  iest(Teut  à  Paris. 

.').  (Àite  K'",  l'A,  p.  7."i  el  60. —  Voyez  aussi  Archives  du  Mnst'-e  du  Louvre,  P'i,  iSoa. 

f).  lndi(pié.  cependani,  dans  le  catalogue  anglais  de  179^*,  comme  vendu  à  Londres  3G  li\res. — 
Voyez  plus  luiii. 


45a  LE     PALAIS-nOY.VL 

—  Aijiir  dans  If  déserl.  sur  cuivre,  de  Pierre- François  Mola. 

—  Fleurs.   i>ltt/iles  et   animmu,  sur  l)ois,   tic   Mir.vov.   [Hauteur.    iS    pouces,   sur 
i5  pouces  de  larye.) 

—  Porlrail  Je  femme,  vu  à  mi  corps,  collé  sur  bois,  de  Carlet. 

—  Porlrail  d'homme,   grandeur  naturelle,  à  nii    corps.  École  du  Titien. 

—  Lu  Présenlalinii  au  Temple,  composition  de  lo  lif.'ures,  sur  bois,  de  Séhasiien 

BOCRDOX. 

—  Lue  vieille  Jemme.  \ue  de  prolil,  >ur  iiois,  île  Mu  m  i     \nge. 

—  Le    Dépurl    de    Lotli    et     l'Einbrnsemenl    dr    Soilnme.    (Itii\    t:iblcaii\    de     l'uni 

VÉHO>t:SE. 

—  Hercule jeaiie  au  In-rreau  éluujjanl  un  seriwiil.  dWii.  (IvitnAtiu:. 

—  Animauj-  vieunls.   deux  ;;rands   tableaux,  de  Snvdehs. 

—  (Judire  imysufjes  d'architecture  et  ligures,  de  l'ranc.    Ilm  i m  u. 

—  l'nririiil  en  pied  d'un  ijuerrier  cuirassé,  de  Simon  ^olET. 

—  l'nrirail  de  (iaslnn  de  Fois,  figure  en  pied,  servant  de  pendant  au  j)réct'ileul, 
de  Simon  Noi  ►rr. 

—  l'urlrail  d'un  ijaerrier  cuirassé,  par  Kkiai  n.  |  Hauteur.  Jo  pouces,  sur  oN  puuocs 
de  large'.) 

—  Salmiicis  el  Uennaplirndilc.  sur  cuivre,  de  H.  Sciudone. 

—  Deux  [uiysaijes  à   gnuacbcs,   enrichis   de   ligures   el    animaux,  i)ar  ,I.-G.  A>  a 

—  l'orlrail  de   Ihnri  l\  ,  en  |>ic(l.  sur  bois,  par  l'umus,  gravé  dans  la  cnllcclinri 
du  cy  devant   l'alai»    ibival. 

—  !>-•  l'urlrail  du  ItéijenI  cl  la  Pai-ahcrI    sic',  de  Swïeuhe. 

—  Louis  MU  couronné  par  la  \  iclnirc.  de  Ph.   de  (Champagne. 

—  Louis  Xlll,  en  buste,  de  grandeur  naturelle,  forme  ovale,  par  le  niéiiii'. 

-  Ilcnri   l\ .  représenté  en    pied,  à  làge  de  cpiatrc  ans,  sur  bois,   de  .Iianm  in; 
|p<)ur  J\>kt). 

--  Le  Couronnement  de  Henri  l\  .   gmiaclie. 

I  n  jeune  Itéijcnt.  vêtu  dans  le  cusliuue  rnmaiii. 

Henri  l\   après  ht  halaille  d'Irry  emhru.ssani  .Sully,  sur  bois,  de   ('oumuiu. 

I.e  Porlrail  d'Orléans  condamné,  |crevé,)  par  Hk^mii.ds 

—  I,e  llusle  lie  Henri  l\  .  nvale,  sur  toile,  de   Pomus. 

—  Porlrail  d'homme,  de  Maria  'riMoiiirii. 

—  Porlrail  de  femme,  de  Mii.>m(|i. 

-  Leiirand  Dauphin  el  .ta  famille,  par  Mi.;naui>. 

—  Stiinir  h'élirilé  em/nirlanl  son  enjunl  au  murlyr,  sur   tuil.  .  pu    Ciikh  i.t. 

—  l'nr  leçon  de  A/ir/ir,  par  le  luénie. 

1^'  Poriniil  d'f:<jalilé.  à  mi   lorps,  par  .\ngelica  Koiimwn. 
F.tjaUlé  viaihml  ton  Jils  endormi,  el  un  néijrc  auprès,  .sur  bois,  de  I.ÉfiM  . 
\j-  Héijrnl  el  Henri  IV.  deux  foin  eliacim  en  tapisserie  des  Cobelins.  moulés 
MiiM  glurp. 

—  \jn  \fu%.t.  (I.'iix  tableiiiix  peints  pur  Mii.>\iu>,  de  grandeur  ii.ilurelle. 

•      ''•■"'    •  |«>ctr«U  •lu   H^lfltl.    •»«     lll.r   r.llr.l,,.-.  <|„i    ,.,1    „„    ,„„„.,.   ,1,.    \,.,-,;,ilI,.s, 


riiiT.ippK-i:(;  \  r. iti 


La  Couveiilioii  lil  ('■galenieiil  uiitivr  au  Miisrimi  les  <(iil|itiircs,  dalanl  du  car- 
(liiial  (le  Richelieu,  qui  étaient  restées  au  Palais-lloyal,  i-t  diviiscs  autres  d-uvres  : 

—  Quatre  bustes  marbre  lilauc  et  revêtus  eu  marbre  de  couleur,  dont  deux  sont 
colossaux,  représentant  Déniosllirnc  ol  un  Empereur,  les  deux  autres,  la  copie  de  la 
Vénus  de  Médicis,  et  une 

Femme;  quatre  gaines 
plaquées  de  dillércnls 
marbres. 

—  Le  Tireur  d'éiiiiir, 
figme  bronze. 

—  Une  grande  coupe 
de  serpentine  sur  un  so- 
cle de  porphyre  rouge, 
lïd  de  porphyre,  vase  de 
granit  Oriental  sur  socle 
de  marbre  gris'. 

—  Deux  cuvettes  de 
griotte  d'Italie,  portées 
par  deux  cariatides  ados- 
sées, en  bronze,  sur  un 
piédestal  de  même  mar 
bre,  orné  de  bronze. 

—  La  Merge,  VEnfaitl 
Jésus  et  sinnl  Jean,  du 
Bassan. 

A  Monceaux  furent 
recueillies  les  sculptu- 
res dont  nous  avons 
déjà  parlé.  A  Choisy- 
le-Hoi,  on  prit  deux  ou 
trois  peintures  :  Allé- 
i(0 rie  I  ep réaen tant  la 
Jainillr  du  Régent,  une  Toilette  de  Vénus  et  les  Ouatre  Jilles  du  Régent. 
-Mais  il  est  probable  qu'Alexandre  Lcnoir  aurait  pu  glaner  d'autres  peintures, 
qui  sans  doute  étaient  restées  au  l'alais-iloyal  et  (pii  tlment  être  vendues  aux 
enchères,  avec  les  meubles,  à  moins  (luOii  ne  les  y  ait  dérobées'.  N'aurait-on  pas 

I.  .archives  du  Musée  du  Louvre,  .V-i,  aim.  i8oa,  et  M'i,  Origines;  i7y5,  7  septembre. 

a.  Au  retour  de  l'éinifiralion,  en  1819,  la  famille  d"Orléaiis  réclama  au  (iouvernemeut  fraiH-ais 
certains  objets  d'art  et  tableaux  qui  avaient  appartenu  à  Philippe- K^;alilé  (Vrcliives  nationales.  U3, 
l'iuQ,  i43oet  i'i3i).  Outre  plusieurs  statues  placées  au  l.uxernbourji,  et  un  Henri  IV  \vav  Prieur,  il  y 
avait  vin^'t  et  lui  tableauv  (dont  reu\  (|ui  ont  été  ci-dessus  cités)  et  le  groupe  de  lloudon  :  Diane  chas- 
seresse. Mais,  pour  celte  dernière  œuvre,  on  Iransi^ea.  et  la  l'amille  accepta,  en  éclian<;e.  une  statue 
d'Ajax  par  Dupaty.  11  est  vrai  qu'en  i848  Louis-Pliilip|)e  prit  sa  revanche,  en  se  faisant  donner 
toute  la  collection  espagnole  du  Louvre.  —  (Cnmmunicnlinn  due  à  Vobliijeance  de  M.  Ch.  Saunier.) 


T.lBLEAl     DE    L  VN.'.IENNE    (iAI.EHI 


\-y\  I.i:     PAI.  MS-HI)Y  M. 

.In  %  Iro.iN.T.  par  o\.>ini.l.-.  1.'^  .Iin'-is  poilniils  .1.-  la.nillc  (pu'  nous  avons  ou 
l'occasion  tlo  signaler.  ctMix  .1.-  la  U'uuiw  du  Ht-fri'iil,  .oux  de  la  princesse 
Bourhon-Conli.  par  Nallii-r.  etc.  ?  l  n  amateur  1res  érniiil.  artiste  bien  connu 
cl  de  rare  niéril.-.  M.  Cl».  Mossi«:neu\.  possède  un  tal)lean  qui  faisait  partie  de 
la  coll.vlion  du  Palais-I\..xal  .1  .pii  lut  acheté,  en  1793,  lors  de  la  mise  à 
l'encan  des  ni.'uhles  du  Palais.  C'est  la  t.iile  de  Paul  \éronèse  intitulée  J/<7/.s- 
et  Vénus  liis  par  l'Amour.  Nous  l'avons  lait  reproduire  (voyez  page  23,3). 
L'orifîinr  n'en  peni  Tire  suspectée,  l  n  brocanteur  ijui  l'avait  acquise  sous  la 
I\é\.)lnti(>n.  et  ipii  n'en  connaissait  pas  la  valeur,  en  avait  fait  une  lente  à 
lanM-nl  île  sa  boulicpie.  <i  Depuis  un  siècle  elle  apparli(  iil  à  ma  lunilK',  "  imus 
a  dit  M.  Ilossi^riu'uv.  Cependant,  cette  même  loi!.-  csl  indiipiée.  dans  la  liste 
«les  u-u>res  \endues  ;i  1' \nglelerre.  comme  a\aiil  ('h'  adjuL^'e  3()0  jiuinées 
(y.ijijo  francs)  il  M.  II.  V.\\\\\\.  Kn  vérité,  I.'  mira.lc  .le  la  multiplication  des 
pains,  dont  pari.-  rKNan;:!^'.  n'est  pas  pin-;  .'Idmiaiit  (pir  le  iinstèr.'  dniil 
reslrnl    «•ntunrécx  ccrlaims  iiiiMe-;  de   la   j.'ali'i  ii'   d(  )rliaMS  ! 


1.1;  r\i.\i^  r.i.M.ni;  I'Iadwt  i.\  ri:ni'.i:i  w 
\  i:\ii:  1)1    \i(»i;ii.ii;i', 


l.r  (1  noM-mbre  i7i)3,  le  duc  d'Orléans 
pnil  -m-  rciliai'and.  l,f  (!/(inr  ri'/ti^tnr  bii 
lit  <'fll<-  oiaisoii  funèbit'  :  <>  1  >'(  )rli''ans.  .a  qui 
la  pi'i'\t'nlii>n  pidiliqni'  supposait  rànie  dnn 
v.aicl.  la  làrliclt-  dnn  «Mitant,  est  ponitanl 
iniirl  ;i\ec  le  niasipie  du  coina;,'e.  »  .iiistpr.-i 
la  «Il  iniérc  miinilc  il  se  nii>nti;i  impassible. 
Il  liiiil  du  iniiins  «'n  beau  junenr.  (Uw  lui 
r<"<l.iit  il.  «Il  «-llrl  :<  |)<-s  ami-^  Miilable-^.  il 
iii'ii  axait  |iiiint  «•!  ne  s'en  souciait  j^Mière. 
hans  s.'i  faii)ill«-.  mille  li-ndresse.  (  )n  ne  le 
pleiirn  |Mi«i.  Toiilc  iinibilioii  lui  «'lait  inl«T«lil«'  «livormai».  (jnaiil  ii  >a  foiliiin-. 
il   n'«-ii   n-tlail   plut   liaii-. 

!.<'  l'nlni"*- h<i)nl.  qui,  di-ptiit  Iroin  ant,  avait  i«'i  n  le  nom  di-  l'.dais  l.;jaliti'-, 
•  Inil  de>enu  lu  proii'  .HUprènie,  le  dernii'r  os  mu  l«'ipiel  >'ai'li.'ii  liaient  liiiicii 
tenienl  l<'H  I  n'-iincier'»,  «•!  dont  iU  ««■«•n'«>r<;;uenl  d'extifiii-e  la  m«iell«',  ii";i>aiil 
plii«  rii-ii  nuire    h   désiirer.   (ioiniue   bien  d'.ipaiiai/i-,    ils   ii«'  poiniiient   le  faire 


i:(;  M.iTi: 


M'tulrr  :  on  en  tir.i  Iniil  ce  (|u"i)M  piil  |);ir  des  locilintis.  Ia-  i  'i  S('|)lcml)rc  I7()>, 
l".\sscMnl)li'i'  nationale  .nail  iciidii  un  ilivicl  aiih  nisaiil  l'lnll|)|)c-l'!;^alilt''  à  inn- 
timuT  les  aliéiuilioiis  ilos  l)àti- 
nionls  tk-pciKlanls  du  l'alais'. 
OiiclijiiL's  mois  |)lus  lard,  a|)rrs 
avoir  sigillé,  dans  la  piison  on  il 
ôlail  eidcrnit',  uni'  prociu'alioii 
au\  jnandalaiirs  île  ses  cn'an- 
ciers,  k'  priuco  sciait  Irouxc^  (lé- 
jiouilk'  des  derniers  veslif^os  do 
sa  lorlune.  (  )n  lil  vendre  loul 
indislincli'uieid,  aussi  bien  k^s 
iiuineuhk's  dési^rnés  dans  le  con- 
cordat que  les  |iro|)ri(''l(''s  (jni  n"v 
étaient  pas  comprises  et  (ju(;  le 
duc  lui-mèaie  naurait  pas  pu 
alit'uer  : 

Le  3o  juillet  171).',  dit  \ atout', 
les  niandalaircs  se  rendirent  eux 
mêmes  acquéreurs  dune  partie  des 
hàlimenls  de  la  cour  des  Fontaines, 
et  vendiienl  le  reste  i)our  la  sonnnt; 
de  (Si 6, 000  francs  en  assignats. 

Les  autres  maisons  (k'peii- 
dautcs  du  Palais  lurent  vendues 
de  la  même  manière.  (ïail- 
iard  cl  Dorl'euilie  eurent  pour 
i,Goo,ooo  IVaiics  non  seuicmciii 
le  théâtre  dont  ils  {'•taient  loca 
laircs,  mais  encore  la  jiarlic  du 
Palais  (pii  s'y  trouvait  ados.sée. 
LéluMusIe  Moudin  eut  en  loca- 
tion   pour   neul'   ans,    moyenuani 

ô(j,(joo  francs  par  an,  tout  le  [)avillon  neuf  coiislruil  sur  la  cour  dlioimeur, 
«le[)uis  les  caves  juscpTauv  combles,  ainsi  (pic  1<'  liàlimenl  donuani  -ur  la  rue 
«Honoré»  tlans  la  première  cour.  l)"aiilres  locataires.  Sainan  cl   l'iicliel,  prirent 


iL     DE    IlOlSLllir. 


I.    AlThivfs  n;ili()ii.ilc,.    It  '..    ■.<•!. 
a.   Vatoui-,  /.(•  l'aliiU-lluyal,  j).  197. 


^56  LE      PALAIS-ROYAL 

la    partie   conli;;uë   à   ce    pii\illoii'.   Il  n'\    eut    plus    que   ce   qui    avait    été   les 
-.'laiids  apparteiueiils  du  l'alais-ilnyal  (pii  resta  encore  inoccupé. 

Los  nieul)les   nièines,  ces  beaux  meubles  qui  emplissaient  les  galeries    du 

Palais  depuis  tant  d'aimées,  cliefs-d'œuvre  de  rébénistcrie  française,  les  bibelots 

de  pri\,  les  tapisseries,  Turfî-N  rerie,  ces  mille  objets  précieux  qui  constituaient 

_  le  luxe  de  la  demeure  princière,  discrets  témoins 

dos    intimités    de    rexistonce,    tout    cela    axait   été 

-ai-i,     hiiilali^c.     mis     à     l'encan     quelque     temps 

:É\aiit    riMiiilidii    ilu  (lue  d'Orléans.    La  vente  eut 

liiii    (lu    ■>.")  juillet    au    'i    st'ptenihic    I7!).>.    <laMS   les 

salons  tlu    premier   étage   du  Palais- Unxal.    par    le 

ininisti're    de    l'Iuiissier-priseur    Jaluzot.    Klle    pro- 

(iMi^il    la    siiuune  de   005,7 1 5  francs,    décomposée 

(II'  la  l'ai  «in  sui\anle,  d"aj)rès  le  procès-verbal  inédit 

ipii  est  au\  Arcliixes^  : 

\ColUctioo  «In  f*€nn  gravai 

I"  Nonle  lies  effets  garnissaiii  la  maison  de  I.i  iik- 
Saint  honiiniqiie  iiti  i-i-(le\aiit  comciit  iji-  Itillc  (Mia>si'.  siiixarit  le  procès  nciImI  iIii 
i.'j  juillet   171)3.   'ii.7'i7  francs. 

•j"  (Iflie  des  effets  i\r  la  niai^uii  ilc  Monceaux.  sui\aMl  le  pi'ocès- veiltiil  dn 
S  aiiti>l   i7i(.'{,  it»,'i."iti  fi-anes. 

'.i'  Nente  des  elTets  de  l'ari-*.  suivaiil  h'  piiMi-  vnjial  ilu  i  •_>  aoiist   i7!).'>.   'l 'i  i . 'in;)  fr. 

V" ''••Ile  di's  effets  rapportés  ilii  llainr_\,  Mii\ant  le  |irueès-serl)al  du  i  seplembrc 
I7'j*i)    ■''■■'.l<|i   fraiies. 

5*  (Icllu  des  ell'els    vendus  au  eilo\eii    Ilixel,   'i.,{|.i   fraiKS. 


La  ilépense  occasiunui'-e  pai-  la  \riile  iiiiuiia  au  (  iiilVri'  de  'i  i  .S()S  l'iancs. 
Il  fallut  faire  \eiiir  du  HaiiicN  et  de  Nbniceanx  les  meubles  (pii  s'y  trouxaient 
et  les  iibjrts  qui  n'axaiiiit  puinl  été  xendiis  sur  |»lace  (  i,.")oo  francs  de  cbarrcn 
nu  citnxen 'l'oiiss.iliii,  pins  .)(;i  francs  et  encure  7(iS  francs  au  ciluMii  (iillieil. 
pour  la  même  U-sugne).  La  maisim  île  Mellecliasse,  rue  .Siinl -l).)mini(pie.  donl 
la  diicbesse  d'(  )r|i'aiiH  axait  l'ail  une  sorte  di-  retraite,  où  elle  aim.iit  ;i  séjourner 
«11-  temps  II  aiilii-,  il  ipii  était  spé-cialiimiil  alVri  lie  ;i  l'éducalion  de  ses  enfants. 
Ile  contenait  pan  un  mobilier  très  |ii\ncii\.  s-uif  celui  de  la  princesse,  mais  des 
lixri'<»  en  ipianlili*.  son  cidiiiu-t  d'Iiisloin-  nalurelle.  l'app-ueil  pi'dagogique  en 
iitnge  alur«.  (In  lit  x.nii    !.•  I<>iil    m    l'.ilals    K.i\;d.    Le  libiaire   Lej,i>  lut   iliargi- 

(lu  I  ln<t<ti-mi-fit  di-  la  bibliollii  qui-;  le  garde  iibli-   Louis  el  le  lapi^^irr  (olbert 

lln-Kl  11-  Iraiispoit  il  pioeedèieiil  il  1.1111.  ii.ir'  mm  iil  ii.'iessaire.    \u  Palais- Uoxal 

I.    \rrlil«r*  iialiiwialmi.  Ht.  iK^.  17  atril   1 

"■  '     '            ■      ■          "'           ■'                           ■'!   /M(.in;i<.y.i(.  Il  ..•.,..   M.illiiiiiriivmnil  <i- 

''  "  ilniiriil  lin  rl<il  riVii|iUiilntir  ilr  In  xciilr,  iiiii»! 

'I"  I.'  Iliiiinii  ilii   lixiii.iiiii'  ii.itinii.il. 


p.      ï 


p  1 1 1 1, 1  r  !•  i:  - 1';  g  a  i,  nii  457 

ce  l'ut  un  amoiucllomciit  (l'ol)jcts  ile  tous  genres,  enlassés  <'n  désordre,  ([u'on 
adjugea  à  vils  prix,  par  lots  et  précipilaniment,  bien  (jue  la  dépense  des 
chandelles  allumées  au  cours  des  enchères  ait  monté  à  107  francs.  La  foule 
bigarrée  des  acheteurs,  composée  surtout  d'anciens  fournisseurs  de  la  famille 


?C. 


fini 


i)L  riuLii-1'i,    n.iuin.  MU  I.  V  ilaui;  ijl    i. 
(Dessin  de  l'époque.   Biblioth4(|ne  nationale) 


d'Orléans,  de  petits  boutiquiers  du  quartier,  de  marchands  de  curiosités  et 
de  quelques  Anglais  attirés  par  les  alliches  et  les  placards  répandus  h  pro- 
fusion, s'arracha  ces  dépouilles  princières.  Les  bouteilles  de  vins  fins,  dont 
élaieul  abondamment  pourvues  les  caves,  renconlrèit'iil  raiilenicul  amateurs; 
mais  il  se  trouva,  au  moment  de  la  livraison,  que  certains  vins  étaient  avariés. 
Il  i'allul  rembourser  au  citoyen  Boudin,  (pii  en  prit  une  grande  (juantité,  la 
somme  de  1.187  francs  pour  ceux  (jui  élaieul  dans  ce  cas.  De  môme  pour 
((  5o  bouteilles  de  vins  de  Lagot  et  de  la  Côle- Rôtie  »,  achetés  i5i  francs  par 
«les  citoyens  Calmet  et  Pachet».  La  vente  comprenait  des  boiseries,  des  pan- 
neaux et  lambris,  sculptés  et  dorés,  qui  avaient  sans  doute  été  arrachés  des 
appartements  du  Palais-Royal;  ils  furent  adjugés  ^,3i'^  francs  h  un  certain 
Rivet.  Un  incident  se  produisit  :  c'est  le  seul  (pii  soit  meidioimé  dans  le  procès- 
verbal  de  la  vente.  Connue  on  mellail  aux  enchères  un  magiiirupie  costume  de 
hussard  en  argent  doré  et  chamarré  de  broderie,  pour  lecpicl  Ihuissier-priseur 
demandait  7.")o  francs,  un  homme  du  peuple  fit  un  signe,  el  on   le  lui  adjugea. 

58 


T.     I.    LE     l'ALAIb-HOÏAL. 


^58  l'E      PALAIS-ROYAL 

Mais,  quaiul  il  fallut  payer,  plus  personne:  renchérisseur  a\ait  disparu.  On  dut 
porter  ce  bel  uniforme  à  la  Monnaie,  qui  n'en  donna  que  «cinq  cent  soixante- 
quatorze  livres  trois  sols  neuf  deniers».  Les  écuries  du  duc  d'Orléans  avaient 
été  vendues  quelques  mois  avant  le  mobilier.  Dès  le  lo  mai  1793,  l'évaluation 
en  avait  été  faite.  Les  chevaux,  estimés  seulement  k  la  somme  de  20,^00  francs, 
avaient  été  livrés  à  l'Agence  nationale  des  remontes'.  Sur  le  produit  total  de 
la  vente  du  mobilier,  il  y  eut  /|6i,53o  francs  versés  à  la  Trésorerie  du  duc 
d'Orléans  pour  ses  créanciers;  i5o,ooo  francs  à  la  Trésorerie  nationale,  et 
13,386  francs  aux  Domaines  nationaux. 

Et  l'architecte  Louis,  que  dcvenail-il  au  milieu  de  cette  tourmente.''  A 
chatjue  instant  on  avait  besoin  de  lui  [)our  régler  soit  les  aflaires  de  location, 
soit  les  questions  de  réparations  ou  autres,  relevant  de  sa  profession,  et  que 
lui  seul  pouvait  trancher,  ayant  reçu  du  duc  d'Orléans,  par  un  acte  du  i3  jan- 
vier 1788,  des  pouvoirs  spéciaux  à  cet  effet.  Les  mandataires  des  créanciers  le 
réclamaient  h  cor  et  à  cri.  Mais  Louis  restait  introuvable.  Vainement,  on  se 
rendait  à  son  domicile,  rue  de  Choiseul  :  on  n'obtenait  que  cette  réponse  :  «Le 
citoyen  Louis  est  absent.  »  Et,  de  fait,  l'architecte,  en  homme  avisé,  dès  qu'il 
avait  \u  la  tournure  prise  par  les  événements  politiques,  s'était  prudemment 
éloigné.  Pendant  trois  ou  quatre  ans,  on  n'entendit  plus  parler  de  lui,  et  l'on 
ignore  en  (luelle  retraite  il  se  tint  alors  caché.  Cependant,  l'assemblée  des 
créanciers,  sur  la  proposition  de  Lakanal,  demanda  la  révocation  de  I^ouis 
le  23  août  1793,  et  lui  donna  pour  successeur  Palaiseau.  Ce  n"<'st  (jue  lorscjue 
l'orage  se  fut  apaisé  ([ue  Louis,  sortant  de  sa  niysléri(Mise  carlietle.  rexiiil  à 
Paris,  cl  lit  ses  oll'res  de  services  au  Dirertoire,  ainsi  (pieu  (éiuoigiie  la  |)ièee 
suivante'  : 

Le  citoyen  Louis,  arc-hilcclo.  qui  a  (lirif,H'  les  travaux  du  cy-ile\ant  i\il;\is-li<)\al. 
est  venu,  citoyens  administrateurs,  luofTrir  de  faire  tourner  au  bien  de  la  lU'pu 
bliqu<:  les  connaissances  Idéales  qu'il  a  sur  ce  domaine  et  tous  les  avanlaj.H's  (ju'oti 
peut  retirer  de  ses  talents  el  de  sun  expérience.  [  ne  i)areille  olIVe  e>t  dans  le  ca> 
dï'lre  acceptée.  Je  viens  vous  iri\iter  do  l'aire  enopi-rer  le  eitii\eii  Louis  aux  opé 
rations  qui  restent  à  faire  pour  lirei'  le  meilleur  jiirli  juissilile  des  mesures  7MJ 
viffittftd  tl'r'ln-  iirfscrilrx  par  le  Diieetuirt^  exéeulil". 

(Quelles  étaient  les  mesures  ilmit    paile  TautiMM-  de  cette  lettre    i.!ati\em<Mit 
nu   Palais;'   Le  Directoire,   en   etl'el.    a<lopta   suecessi^enlent   et    rejela    piii-ieurs 
projets    pour    la    dirslinalion  «le   ri-ditice.     TaidiM   on   parla   d'ime  vente  .11    plu 
«leurs  |(jts.  Tanti')t    il   lut  (|ui'slioii  de  liaeei-  iiik'  ru.'  «lans  le  jardin,  ou  bien    d'\ 

I.  hlal  dft  eheufiux  dr$  ^ciiriei  d'i )rléan»,  avec  les  ^Dnlii'ittons.  ilrcsxi- pur  tes  mcmbn-s  du  i:oimlf 
de$  remnnif».  —  Vrrjiivf^  iialioniih-ît,  T.  iri.'i.'i.  JiiiNW    n..!.".. 

».    Vrcliiïi-s  iiiinniiiiliHi,  IO,  ^«3.  —  (.,Hv  ktlii-,  >jiii!i  siKHiliiiv,  n  .•>!  qii  une  (..pif. 


PHIMPPE-ÉGAMTK  /|5f) 

construire  la  Bourse.  Les  mesures  auxquelles  il  est  fait  allusion  ici,  ci  qui 
venaient  d'être  «prescrites»,  sont  celles  qui,  vraisemblablement,  résultent  de 
l'arrêté  pris  par  l'Exécutif  le  ij)  ventôse  an  \  II,  divisé  en  dix  articles  très 
sagement  conçus".  Il  s'ag-issait,  avant  tout,  afin  d'essayer  de  vendre  le  Palais, 
pour  lequel  on  ne  parvenait  pas  à  trouver  des  acquéreurs  (toutes  les  tentatives 
échouèrent),  de  le  remettre  en  rial.  l'nur  celle  besogne,  Louis,  en  elTet,  était 
tout   indiqué. 

Mais  je  n'ai  pas  à  pousser  plus  loin  cette  histoire  du  Palais-Royal.  Ma  tâche 
s'arrête  ici.  .le  n'ai  rien  dit  des  événements  poIili()ues  dont  le  monument,  à 
partir  de  178g,  était  di'\('nu  le  lliéàtre  (|UotidiiMi;  j(>  n'ai  pas  montre'  la 
physionomie  du  jardin,  le  caractère  pittoresque  des  galeries,  avec  le  tumulte 
qui  les  emplit,  avec  leurs  spectacles  variés,  leurs  hôtels,  leurs  clubs,  la  folie 
des  jeux,  le  déijordemeiit  de  Aie  ardente  qui,  (luraiil  la  période  révolutionnaire, 
créa  autour  de  la  demeure  des  d'Orléans  une  atmosphère  d'ardeur  populaire 
et  de  tempête.  Une  ère  nouvelle  a  commencé  pour  le  Palais.  M.  G. -Roger 
Sandoz  s'est  chargé  d'en  retracer  les  principaux  faits  dans  le  second  volume 
de  cet  ouvrage. 

I.  Archives  nationakss,  Ri,  292. 


ACQUIS^no^s  faites  par  le  cardinal  de  Richelieu 

DE    TERRAINS    OU    DE    MAISONS 

POUR  LA  CONSTRUCTION   DU   PALAIS-CARDINAL 

(Archives  nationales,  ll'i,  281  et  282) 


DATES 

dos 

ACQUISITIO:<S 


DESIGNATION   DE   LA  VENTE 


PRIX  PAYÉ 

par 
l'acquéreur 


soplembre  ifia^j 


1'"''  juillet  iGsj 


i5  septembre  16^7 


5  janvier  i6a8 


septonihre  i()j8 


Vente  par  Anne  de  Beauvilliers,  veuve  de  Ffies^ie,  d'une 
grande  maison  dite  I'Hôtel  de  Fresne  (anciennement 
rilÔTEL  de  Rambouillet),  rue  Saint-Honoré,  tenant  à  la 
maison  de  l'Hermine,  au  sieur  Lambert,  aux  Remparts  et 
au  sieur  Benjamin. —  Censive  du  chapitre  Saiiit-Honoré. 
4  sols  parisis  de  cens  et  l\a  sols  parisis  de  rente  foncière.    . 

\  ente  par  Louis  Lambert,  maître  des  comptes,  et  sa  femme 
d'une  portion  de  leur  maison,  rue  Saint-IIonoré,  tenant  de 
toutes  parts  au  Cardinal,  dans  la  longueur  de  i3  pieds 
3  pouces,  sur  8  pieds  ô  pouces  de  longueur.  —  Même 
censive .    . 


\  ente  par  l'Hôpital  des  Quinze-Vingts  de  la  Maison  de  l'Her- 
mine, rue  Sainl-llonoré,  tenant  au  Cardinal,  au  manège  du 
sieur  Benjamin,  à  la  veuve  Cantô  et  au.v  Remparts.  — 
Censive  de  r.Vrchevêclu' 


Vente  par  Marguerite  de  Saint-Ktienne,  veuve  Canto,  d'un 
jardin  derrière  le  Jeu  de  Paume,  et  maison  de  la  \'cnderesse, 
rue  Saint-Honoré,  tenant  à  la  maison  de  l'Hermine  à  la 
dame  de  Bréau  et  aux  Remparts.  —  Censive  de  l'Arche- 
vêché  


Vente  par  Louis  Lambert  d'une  maison,  rue  Saint- Honore, 
consistant  en  deux  corps  d'hôtel,  tenant  au  Cardinal  et  à  la 
maison  des  Trois  Pucelles.  —  Censive  Saiiil-ilunoié    .    .    . 


(jo ,  000 


A,  800 


45,000 


5,700 


20,000 


Li;     P  VI.AIS-ROYAL 


DATES 

de» 
ACQl  ISITI05iS 


i6  juin  itVS'S 


iSjuilIcl  iC;« 


1 1  a>ril  lO^'i 


17  juin  lO^i'i 


•j'i  iiclobrc  itt3.'» 


•<  iiovriiibro  tûVt 


6  iiotetnbro  iC3/i 


•  7  iiur»  iG36 


DÉSIGNATION    Di;    l.\    VENTE 


\enle  par  Pierre  uh:  Hanmql'e,  sieur  de  Benjamin,  d'une 
maison  dilc  de  I'Académik  de  Benjamin,  consistant  en  trois 
corps  de  logis,  rue  des  Bons-Enfants,  et  de  plusieurs  places 
et  terrains.  —  Censive  de  Saint -Honoré.  —  .Moyennant 
.'jo  livres  de  redevance  envers  lllùtel-de-\  ille.  cv 


Nenle  par  Charles  de  Machaii.t.  maître  des  requêtes,  et  sa 
femme  d'une  maison  en  plusieurs  corps  d'hôtel,  rue  des 
Bons-Knfants.  avec  deux  cours  tenant  à  l'hùtel  de  Mélusine 
el  à  r.Vcadéniie  de  Benjamin.  —  Censive  Sainl-llonoré.    . 

\enti'  par  Cli'-inrnl  .Mkti/eai  et  consorts  d'une  maison,  cour 
et  jardin,  lieu  dit  le  Ci.us  (lEitGEAi ,  entre  les  portes  Saint- 
llonorc  cl  Montmartre,  contenant  344  loises  i/4  et  de  i  ,756 
toises  4  p.  1/4  en  places,  la  plupart  encloses  dans  le  parc 
du  Cardinal,  —  y  compris  3,000  pour  nu-jouissance.    .    . 

\enlc  par  Simon  Xoiti  d'une  place  de  '18,")  toises,  au  Clos 
(JEiir.EAi',  entre  les  faubourgs  Saint-Hoporé  et  Montmartre, 
enclose  dans  le  parc  du  (Cardinal,  a>anl  10  toises  i/a  de 
face  sur  la  rue  du  l'ail-Mail,  et  10  toises  par  derrière,  sur 
la  rue  Traversante,  tenant  aux  sieurs  Métizeau  et  des 
Coulures,  el  en  la  censive  du  lief  l'apard 

Nfiile  par  l'i.rrr  ltMSM;\i  el  sa  femme  de  1  ,K7."i  loises  de 
terre  en  suiK.'rlicie,  en  plusieurs  places,  sises  entre  les  suites 
de»  ventes  faites  au  cardinal  de  Bichelieu,  jjortes  Saint- 
llonoré  et  Montmartre,  encloses  dans  le  parc  du  C.inlinal. 
—  y  compris  1,800  livres  de  dédommagement 

\ente  par  I»uis  Baiuuiii  di-  i,j3i)  toises  de  terrain,  dont 
IMirtie  a  été  comprise  dans  le  parc  du  Cardinal,  et  jiartie 
dentiné»..  il  bAlir  ilcs  maisons  .lulour  du  p.irc.  Censive  de 
l'Archcvéclié 

\  en  II-  par  Antoim-  l.r.ut.>>.<tTiiEi.  de  ;4ii  loi.ses  i/j  .S  pieds 
i/'i  de  lerniiii  hors  In  (xirle  Sainl-llonoré,  au  Clos  C.  iirciu. 
cl  ver»  la  rue  de  l.i  Bulle,  el  nulres  tenants 

Vrnln  pur  Jeun  i>°Ai/mu>t,  M-crétaire  du  cnhinel  du  roy,  .sji 
femme  pI  M?fti<nlâiiU,dr  dcu»  mnîfton*  me  .Soinl-llnnoré,  en 
U  pUtr  ap|H'l<^  la  Cm  ht  ai   Ki!..       Cennive  .Sninl-llonoré. 


PRIX  l'AYE 
par 

l'acquéreur 


58, i3a 


'1 1 , 8(  )o 


43,i)3o 


fi4.f 


DOCUMENTS     J  U  STI  l'IC  AT  1 IS 


165 


n.VTES 

des 
ACQCISITIONS 


6  el  27  mars  iG36 


9  décembre  iG38 


If)  mars  iGSg 


34  janvier 
et  ai  mars  1689 

a3  avril  1639 

aj  avril  liiSy 
20  avril  iG^ij 
27  avril  1G39 
27  avril  iGSg 

27  avril  1G39 

T.    I.    LE    lALAlS 


DESICN.VTIO.N    1)K    I.A    NKNTK 


Ncnlc  |)ar  Matleicine  lioucher,  veuve  Uiiialt,  il'une  petite 
cour  derrière  la  Maison  de  l'Uuhs,  et  d'un  grand  corjis  de 
logis,  rue  Saiiil-IIonoré,  près  de  l'hôtel  de  Hiciielieu  .    .    . 

^  ente  par  Jean  'riiiuiOT  du  tiers  par  indivis,  d'une  maison, 
rue  Saint- Honoré,  à  l'enseigne  du  Pourcelet,  compris  dans 
l'enclos  de  l'hôtel  du  Cardinal.—  Censive  de  l'Archevêché. 

\  ente  par  l'hôpital  des  QlI^■zE-^■l^•GTs  d'une  place  de  u5  toises, 
12  pieds,  en  superficie  non  bâtie,  faisant  le  derrière  d'une 
maison  appartenant  à  l'hôpital,  rue  Saint- Honoré,  de  la 
Maison  du  Cyone,  el  tenant  à  l'iiôlel  du  Cardinal.  —  Censive 
de  l'.Vrchcvèché 


Vente  par  François  de  Aluthamont,  maître  des  requêtes, 
d'une  place  de  6  toises  de  longueur  sur  G  toises  de  largeur, 
faisant  le  derrière  de  la  Maison  de  l'Ouus,  rue  Saint- 
Honoré,  joignant  l'iiôtel  de  Richelieu.  — Censive  de  l'Arche- 
vêché     


N  ente  ])ar  Jacques  Nouaye,  secrétaire  du  roi,  et  les  enfants  et 
héritiers  Avenat  de  trois  maisons  dites  des  Trois- Pucelles, 
rue  Saint-Ilonoré,  en  la  place  appelée  Court  au  Ris  .    .    .    . 

^cnte  par  Pierre  Mic.not.  broflenr,  friiiic  iiiaisdii,  rue  Saint- 
Honoré 


\ente  par    Malhuriri  m;  Uisancoiut.   iiiaîlie  serrurier,  d'une 
iiialMiii  située  Court  un  Ris 


l'IlIX  PAYl': 

par 
l'acquéreuii 


Vente  par  la  veuve  I'avie  el  consorts  d'une  maison  faisant 
l'un  des  coins  des  rues  Saint-llonoré  et  Court  au  Ris  .    .    . 

\  ente  par  Claude  La  DEiioits,  lieutenant  au  grenier  à  sel  de 
Montfort  1^  Maury,  et  sa  femim-,  dune  maison  rue  Court 
au  Rix 


V  ente  par  Louis  Ualdiciion,  écuver,  el  consorts  d'une  maison, 
itie  Court  au  /i'/.< » 


4 ,  000 


A,GG6 


35 , 4oo 

8,000 
9,4oo 
7,800 

8,710 

i8,'|oo 
59 


466 


LE     PALAIS-ROYAL 


DATES 

des 
ACQUISITIONS 


38  avril  1C39 


3  août  ili.°<(j 


4  auùl  iti^ij 


ih  janvier 
et  II)  août  iG3ij 


18  août  iC.'ti) 


31  inarit  iPiVi 


9  novmiliri'  iiï'ii 


DÉSIGNATION    nr    I.\  VENTE 


N'ente  i>ar  la  >cu\e  île  laxoiat  Dipiis  dune  maison  sise  rue 
Court  au  His 


|irt  teiil  acijuiiitiunt  ijui  /irécfdfiit  furent  faites  en  vertu  W'un  arrèl  du 
Conseil  du  Hoi  en  date  da  l3  avril  ih^C),  permettant  au  cardinal  de 
Hiehfliru  de  disfioser  de  "sept  maisons  cuisines  de  son  hôtel  pour  achever 
l'cgrandissemenl  et  la  coiutruction  de  son  palais  ».| 

Nenlo  par  Guillaume  Devai  x  d'une  place  de  2;)  pieds  1/4  de 
largeur  sur  18  1/3  de  lonp.  revenant  en  superficie  à 
i3  loiscs,  située  derrière  un  Jeu  de  l'auine,  rue  Saint- 
Honuré,  proche  rhôtel  du  Cardinal 


PRIX  PAYE 

par 
L'ACQUÉUEUn 


\cnte  par  lilaise  llK\>iFssn>  et  coiisorls  d'une  place  de 
I  toise  1,3  de  su()erlicie,  dans  la  cour  de  derrière  l'écurie 
de  Madeini)iselle,  tenant  à  la  dite  é(;urie,  à  un  Jeu  de  Paume 
cl  nu  jardin  du  Cardinal.       Censi\e  de  rAiclievèciié  . 

Vente  par  Jean  TiKPttF.T  et  sa  femme  il'unc  place  en  jardin, 
faisant  le  derrière  tl'une  maison  rue  Saint- Honoré,  de  la 
maison  du  Chupeau- Itouijc ,  tenant  d'une  part  à  la  Maison 
lie  l'Ours,  ilaulrc  à  celle  du  Cyijnf.  Ceiisive  de  l'Arche 
vôché  (4a  toises  i/a) 


Nonic  par  Jean  TiFFiMET  et  sa  femme  d'une  place  de  iG  pou- 
ces de  lonj;  sur  a4  pieds  de  large,  faisant  partie  île  ce  qui 
reste  aux  'l'itTanet  sur  le  derrière  de  la  mai.son  du  Chapeau- 
Hotujf 


Veille  p.ir  Jc'an  Cii  \iiei'.>rir.ii,  inn-eiller  au  présidial  d« 
Meliin,  au  nom  du  commandant  de  .Sillerv  et  de  ^I|(^TKL 
S11.1.KHT,  située  riii-  S.iint-lliiiuré,  en  face  le  l'al.iis-Car- 
clinal.    . 

\\'iyr:     *'l    i~,,.irr,    .1,     >,l(,r,.    „.,,     ,,/.f,i...    ,1,-    I    («jiW.iii.r    /./.(.(..(iir, 

luyttt»  •.'.M,  (i.uM-  //;;.  i:rttr  rente  eil  inJi<iii^e  rumme  ayant  M  faite  fHir 
U  eummanjani  de  .Sitlerr  nu  nMin/iiu  de  Snurdu  jMur  i:tll,in)ll  livres,  \oiij 
prernuu  t'injimliun  de  la  rente  faite  i^r  J.  Cluirpenlier  dans  un  ditstirr 
êfJeUtl  de»  Àrehtrrt  naUonaltt,  /M,  '1S7 .\ 

\fiil«  |wr  M  nr.  \iiiiiuM<»r  du  reniant  «le  In  Maisnii  de 
l'durt  jiMh'iiiiiil  I  h.'.lel  de  Uirlielieu.  |Ciimplénienl  de  la 
vrnie  de»  i'|  j.invMT  l'I  il  iiinrit  ili."?;).  Celte  iii.iiMin  était 
«iii»i  iioiiiiiiée  parce  qu'aiicieiinemeiil  el|i«  ji\ail  pour 
rnwigiir  un  oun».  U'  «lerrii-n'  de  la  ciiiminiction  alMiiiliiii.nil 
«ur  II'  |i.)**iigi'.  cuadni»aiil  à  la  lui-  Itiiliilieii 


l),f)i() 


i<,ooo 


45o 


8,000 


I  |0,(HIO 


nor.T   MKNTS      JLSTIKIC  VTITS 


'if)- 


DATES 

des 
ACQUISITIONS 


i8  novombro  i64i 


8   llOVfMllljIP    l(i4l 


3  (l('coml)ro  i04i 


3o  novriiibrc  iO'|.^ 


i()  ilccpml)ro  if)'|.^ 


1 1  avril  i()V'i 


•!•!  mais  iCiCi:! 


DKSUiNMION    DE   LA   VENTE 


Vente  par  I)ev\ix  et  consorts  crime  place  de  55  toises 
faisant  partie  d'un  Jeu  de  Paume,  rue  Sainl-IIonnré.    .    .    . 

^'ente  par  le  sieur  df.  HonviiiF.  d'iiiic  place  de  /|3  toises 
faisant  partie  et  étant  sur  le  derrière  la  maison  du  (Chapeau- 
Rouge  qu'il  tenait  de  Jean  Tiff.vnet  et  sa  femme.  [Com- 
plément des  ventes  faites  par  le  même  TifTiinet  les 
ai  janvier  et  i8  août  lOSg.]  Cette  place  de  /i3  toises 
tenant  d'une  part  au  Cardinal,  comme  ayant  acquis  la 
maison  de  M.  de  \'erthami)nt,  el  encore  la  maison  du 
Cygne  aboutissant  par  derrière  aux  murs  du  parc  du 
Cardinal.  La  dite  vente  dont  (),ooo  livres  pour  les  bâtiments, 
le  tout 


\enlo  par  Biaise   IIe^xesson   d'une  place   de   77   toises  en 
superficie,  dans  la  cour  de  derrière  sa  maison 


AC(.li;iSIllONS  POSTÉRIEURES  A  LA  MORT  DU  CARDINAL 
ju.squ'f,n   1662 

Maison  du  lilirairc  Toussaint  Di  huay  à  l'enseifjne  de  la  Gerbe 
d'Or.  [Maison  qui  joignait  l'bùtel  Sillery.] 


Vente  par  le  maréchal  Ilannibal  d'Estisées  d'une  maison 
rue  des  Bons-Enfants,  consistant  en  plusieurs  corps  de 
logis,  cour  et  jardin,  tenant  d'une  [lart  et  d'un  bout  au 
Palais-Royal,  d'autre  part  à  la  ruelle  de  la  Court  Orris, 
et  par  devant  sur  la  rue  des  Bons-Enfants.  —  Censixe  du 
chapitre  Saint- Honoré.  [Acquisition  du  roi.] 


Nente  par  la  dame  NOli.vnt  nr.  Kuwcn'oitK  de  ."i.S  toises  i  :i 
el  ((  ]iiiils  de  jardin,  rue  Saint-llonoré.  [Ce  jardin  faisait 
[i.iilie  ilr  l'ancienne  Court  Orris.  [Acquisition  du  roi.]  .    . 

Maison  sise  devant  le  Palais-Royal  ])(>ur  rendre  la  place  plus 
régulière,  [(^elle  maison  ap[)arliiiait  aux  sd'ursdi-  la  Société 
de  la  Croix.) 


PRIX  P.\YÉ 
par 

l'acquéreur 


9,<);)o 


1 3 , 3oo 
16,600 


:!/i,ooo 


90 , 000 


14,593 


1  a , 5oo 


"S  [Ë]  p]  p]  [^  [Sf^R 


^Qg  LE     PALAIS-ROYAL 


MKDAILI.ES    I:T   .IKTONS 

nEIMlÉSE>TA>T    LE    CARIHNAL    UL    UICUELIEU 


KTAT    DKS   ISISTKS    1)1    CAUDINVI-,    l'A  H    ANNRP:S' 
(Hibliotlutiue  nationale.  Mss.  Clairaiiibaiill.   ii35.  f»  8'i) 

iti3'|.  IJuste  du  cariliiial.—  L.  :  Armand,  lo.  Card.  Dux  de  Hichclieu.  —  II.  :  Un 
vaisseau  en  mer. —  D.  :  Hoc  duce  luht  (Il  c-l  en  seurcté  soubs  ce  chef  vi;rilant)^ 

i63â.  Buste  du  cardinal  de  lUciudieu.—  L.  :  Armand.  lo.  Car.duxdc  Hichilicii.— 
R.  :  Ln  an>;e  qui  lournc  le  lirmanient  autour  du  globe  de  la  terre. —  D.  :  Meus 
sidéra  votiiil  (Son   intelligence  fait   iiiduvoir  ce  firmament)'. 

i036.  Huste  du  cardinal.—  L.  :  Armand,  lo.  Car.  dux  de  Hiclielieu  (Armand 
Jean  cardinal  duc  de  Hichclieu).  —  H.  :  lu  vaisseau  à  la  voille.  —  D.  :  Mens 
Immola  regil.  ÎO:iG  (L'ne  intelligence  inébranlable  le  gouverne). 

1637.  Buste  du  cardinal.  —  Armand.  lo.  Gard.  Dux  de  Richelieu  (Armand  Jean 
cardinal  duc  de  lUchclicu).  —  R.  :  Un  vaisseau  à  la  voille  battu  des  vents  qui 
Houfllent  de  toutes  parts.  —  D.  :  Furenlih  Emini'l  .{ustris  (Il  l'emporte  au-dessus 
des  vents  impétueux).  —  F.x.  iGS;  :  Corbic  reprise  le  l'j  de  novembre  de  Tannée 
précédente,  le  cardinal  estant  en  persoime  au  siège  de  cette  place. 

i638.  Buste  du  cardinal  de  Richelieu.  —  Armand,  lo.  Car.  Dux  de  Richelieu. — 
R.  :  Une  lour  et  quel(|ues  bastimens  sur  le  bord  de  la  mer  et  un  vaisseau  à  la  voille. 
—  D.  :  Parel  l  trum/j.  (Lune  cl  lautre  luy  obéit).  —  Ex.  i638  :  Le  cardinal  premier 
ministre  et  admirai  de  France,  puissant  sur  la  mer  et  sur  la  terre. 

ifi.lQ.  Buste  du  cardinal  de  Hichclien.  —  Légende  ordinaire.  —  Rcuers  :  Une 
mnin  cpii  lient  une  pierre  d'aymanl  vers  lacpielle  attire  à  soy  une  bousolle.  —  D.  : 
tjiiiH-iiniiue  iv»/r.ï  ( Partout  où  vous  voudrez).  —  \'.x.  iCi.'ig  :  Parties  casuelles,  grande 
■uthurilé  du   cardinal. 

i6V>-  Buste  du  cardinal.  —  L.  :  Armand,  lo.  (lar.  dux  de  Richelieu.  —  R.  :  Un 
vaiskcau  sur  mer  qui  lilche  une  bordée  de  son  canon.  —  1).  :  le/  Igné  Vel  Undis 
((Ju  par  l'eau  ou  par  le  fuu). 

I.  01  ^lal  parait  a»olr  rtr  <lrp«'  jwr  I.Kutii.i:  i.e*  lliirjiKt,  1p  sorrélaire  et  inlondnnl  cir  Uicliolirii. 
}r  ÏMimt  l'InUlralinii  ilni  ilaln,  trilr  <|u'i'llo  iw  trouvf  .tiir  li'  iliHiiiniMil,  bien  i|ii'i'llc  ne  soit  pas 
Uxijour*  rtartp  I.VIal,  au  «iirplin.  ni  tout  il  Toit  iiiidinpli-t.  (Iti  y  rcirvc  li's  iniportanti's  lacunes 
•iilTatilr«  !•  IViii  iiir>Ulllr<  c|r  (;iiilUmnf<  Kupré  k  l'efllKie  (le  iliclielieii  (iCij-);  —  3'  L'ne  médaille 
k  l'nrilKix  àr  Unit*  Mil  pI  ilr  lllrlirllru  (ifi^ii,  par  \brulioni  Dupré;  —  3' Grand  médaillon  en  élain, 

»  Ipfnair  tir  lllihrlirii.   non  »lj<né,  mai»  Nraivniblnblemenl  de  Jean  Warin;  /r  l,a  belle 

)<-an  WarIn,  bintr  (lO.Vii,  que  noiM  reprixliiiion»  sur  la  rouvi-rlnre  de  ce  ^olunle•,  — 
•ii'.i:  ft-  Itir  v-rt'-  r|r  lo  h  V'  Jeloin  a^ec  liiMte  on  arnioiries  de  Itichelieu,  e\écntée 
•J-  1  ""i?  do  M.  Kernand  Ma/erollf,  r.iiniable  i-rndit  du 

Mu*  lie  pro|NM. 

i         .    ,.. '. une,  jMiKo  itj. 

S.  M«dâllle  rvproduilr  dan<  en  vnluinr,  {taire  :>. 


DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS  '169 

i6/n.  Busle  du  cardinal  de  Richelieu. —  L.  :  Armand.  lo.  Car.  Dux  de  Richelieu. 
—  R.  :  Un  vaisseau  à  la  vnillc  cl  des  rayons  qui  donnent  dessus.  —  D.  :  Jnpjtiler 
aulhor  (Juppiter  ma  fait  ce  que  je  suis). 

16I2.  Buste  du  cardinal  de  Richelieu.  —  L.  :  Armand,  lo.  Car.  Dux  de 
Richelieu.  —  R.  :  Le  vaisseau  admirai  de  France.  —  D.  :  .H'/iioni  liiln  Icucl  (11  tient 
la  mer  lihre). 

1643.  —  Buste  du  cardinal  do  Richelieu.  —  L.  :  Cura  rcddulil  Impcr'nim  (Mes 
soins  ont  rcfably  le  royaume). —  \\.  :  Une  carte  des  royaumes  d'Espagne,  et  dcssouhs 
une  ville  souhs  laquelle  est  escrit  Perpignan. —  D.  :  Ilec  regnn  recindil  (Elle  donne 
entrée  dans  ces  royaumes.  Cette  ville  se  rendit  au  Roy  le  9  septembre  i6'io.  Sa 
prise  et  la  mort  de  Messieurs  de  Saint-Mars  et  de  Thou  sont  les  deux  dernières 
actions  du  ministère  du  cardinal  de  Richelieu,  et  les  jetions  qui  ont  esté  faicts  pour 
ce  sujet  n'ont  esté  publiés  quapres  sa  mort  qui  arriva  le  .'1  décembre  i6'|2. 

1643.  Buste  du  cardinal  de  Richelieu.  —  L.  :  Armand.  lo.  Gard,  dux  de 
Richelieu  (Armand  Jean  cardinal  duc  de  Richelieu).  —  R.  :  Un  Ivon  couché  et  deux 
petits  chiens  (jui  laboyent.  —  D.  :  Polciilior  hnstibus  /Eger.  16i3  (Quoique  malade 
il  est  encore  plus  puissant  que  ses  ennemis).  Ce  jetton  a  esté  frappé  après  la  mort 
de  ce  cardinal.  Par  ses  deux  chiens  on  a  voulu  figurer  Messieurs  de  Thou  et  de 
Saint-Mars,  qui  auoient  fait  des  brigues  contre  se  ministre  et  ([iii  furent  décapitez 
à  Lyon  le  12   de  septembre  de  l'année  précédente  i642. 


FILIGRATtE    III!    l'VPirn    Al  X    AHMES   DE    niCIIEI.lEU 


i70 


I.E     l'Ai.  \IS-nOYAL 


I.K    IU)I    I.ol  1^    \n    r.\    MSITK    \l     l'ALAIS-lun  \L 


lEUrail  .lu  Mercure  galant,  mars  i«9'.  P-  8-20. -Celle  cilalion  n'esl  donnée  ici.  parmi  res  docn- 
iiirnls  iiu-diU.  «lue  itaroe  qi.-ellc  n'a  pu  lrou%er  place  dans  le  lexle  de  ce  volume,  et  quelle  indinuc 
la  dis|M>«iliiMi  de^  grands  apparlenienls  du  Palais- Hoxal  en   |li(.)J.| 


Les  riies  par  où  Ton  sçavoil  que  Sa 
M;ijcslé  devoit  passer,  esloient  remplies 
(1rs  neuf  heures  tlu  malin,  et  la  eampapiic 
se  liouva  loule  couverlc  de  carosscs  plus 
d'une  lieuë  au  delà  des  portes. 

Monsieur  et  Monsieur  le  Duc  de  C.liar- 
Irc^  olaul  arrive/,  de  for!  bonne  heure 
|i(ini-  a\oir  l'honneur  de  la  rcecvuir,  le 
llnv  |):irti(  de  \  er>aiil(s  dans  son  carrosse, 
.ivani  Madame  à  eoslé  de  luy,  et  vis  à  vis 
Madame  la  Duchesse  de  (Ihartres,  Made- 
niiiiselle  et  Madame  la  Princesse  de  Conly 
doiiairiîre.  M<msei;,'neur  le  Daupiiin  esloil 
à  la  porlièrc  du  eosti'  (hi  Uoy.  Sa  Majesté 
r^liint  arri\ée  an  Palais- ho\al,  sur  les 
trois  heures  el  demie,  el  ayant  esté  receiie 

loti.  ...  ..i.t. .1.  .,-.,,1,1  -.\Mi.>  |)ar  Monsieur  et  M(Hisieur  le  Due  de  C.iiar 

ItPîi.  alla  ù  l'apparlcment  de  ce  jeune  prince,  et  se  rendit  ensuite  à  celuy  de  Madame 
la  I)iirliri>ir  (le  CliarlreH,  (pii  est  à  la  droite  en  moulant  le  ^raïul  escaliei-,  el  (|iii  a 
pour  premirre  pièce  une  fort  jurande  salle  des  gardes,  (pii  estoit  destinée  puiu'  le 
Kouper.  On  Inuivi'  ennuile  une  fort  In-lle  anti  chainhie  el  l;i  (•iiiind>re  de  Monsieur 
le  Duc  de  <;iiurlre».  Kllc  esloil  nui^'niliquement  meuhlée,  et  la  tapisserie  à  |)erson 
tiaKi'n  «•«toit  d'iiprc»  JuIcn  Honiain.  I!lle  représenloil  Ihistoire  de  Sci|)ion,  et  esloil 
ri-liuUKxce  d'or,  l/iimenhlemenl  esloil  de  velours  couleur  de  feu,  el  la  hroderie  (pii 
la  fuiMiil  briller,  or  el  ar;;ehl,  cl  par  handc>.  i.o  miroirs  et  les  lustres  de  celte  cham 
lirr  rloienl  iluiic  Irè*  firiunU'  hcimlé.  I.e  Ho%  pussa  ensuile  dans  un  ;.iMiid  e.iliinel 
cpii  e»l  tout  de  iiienuiM'rie  Comnie  on  uvoit  destiné  ce  lieu  pom  le  Ind.  il  esloil 
rrtnpn  ilr  lu*trc«.  I^  Hoy  el  loulc  la  Onur  pa!«!ièrcnl  après  celi  d.uis  mu  pelile  ^nli 
rliniiiltr)',  el  »r«  midirent  dr  lîi  dann  In  chainlire  de  Madinne  la  lluchesse  de  Chartres. 
iloiit  la  t(ipt*MTir  pnr  luiiideii  de  velours  rnunoisy  plein  esloil  enrichie  dun<-  hro 
ilrrlr  i»r  l'I  art;eiit    Ir  lil.  Icn  rimlcIiiU,  el  Icn  pllinm  extoienl  .|i'  Imiderie  d'or  idiin 


DOCIJMKNIS     .lUSTII'IC  Ml  IS  \~  l 

sans  fond.  Il  y  avoit  un  très -beau  luslrc  dans  celle  cliainbic,  el  les  miroirs  de 
dislance  en  dislance.  Le  Roy  cslant  cnsuilc  enlré  dans  un  petit  cabinet,  passa  dans 
une  friande  galerie  nia{j:niliqucnienl  meublée.  La  lenlure  de  tapisserie  esloit  d'après 
le  Poussin,  el  représenloil  plu.sieiirs  de  ses  lal)lcaux,  comme  le  Veau  tlor,  le 
frappement  du  Rocher,  etc.  Les  fauleiiils,  les  plians  et  le  grand  tapis  dune  table 
de  (juinze  pieds  de  long  estoienl  de  l)aii(les  or,  argent  et  vert.  11  y  avoil  quatre  beaux 
lustres,  et  au  bout  de  la  galerie,  vis  à  \is  de  la  clieniinée,  un  miroir  de  soixante  et 
douze  pouces  de  glace  sans  y  comi)rendre  la  l)oiiiin-c.  a\cc  laqu(!lle  ce  miroir  a  dix 
pieds  de  large.  Celte  galerie  estoit  destinée  pour  le  Jeu.  Le  Roy  y  laissa  Madame 
la  Duchesse  de  Chartres,  et  elle  tint  cercle  pendant  que  Sa  Majesté  alla  visiter 
les  nouveaux  ai)partemens  ausquels  S.  \.  R.  fait  travailler  dans  l'endroit  où 
esloient  les  Académies  de  Peinture,  Sculpture  el  Architecture.  Sa  Majesté  ayant 
demeuré  environ  demy-hcure  dans  ces  apparlemens,  et  près  d'une  heure  et  demie 
à  Paris,  monta  seule  en  chaise,  et  repassa  au  travers  du  mesme  Peuple  qui  rem- 
plissoit  les  rues  à  son  arrivée,  et  qui  avoit  résolu  de  l'attendre,  quand  Elle  ne  s'en 
seroit  retournée  que  le  soir.  Les  acclamations  et  les  cris  de  :  Vive  le  Roy  !  redou 
blèrent,  et  furent  accompagnez  de  mille  souhaits  d'une  prospérité  éternelle,  que  l'on 
expliquoit  tout  haut.  Monseigneur  le  Dauphin,  Monsieur,  Madame  et  toutes  les 
dames  allèrent  à  l'Opéra,  el  toute  cette  brillante  Cour,  ai)rès  avoir  pris  ce  divertisse- 
ment, vint  joiier  dans  la  galerie  de  Madame  la  Duchesse  de  Ciiartres.  Le  jeu  fut 
grand,  et  la  perte  et  le  gain  à  proportion.  On  dressa  pendant  ce  temps  là  deux 
tables  dans  la  grande  Salle  des  Gardes.  Il  y  en  avoit  une  de  vingt-deux  couverts,  qui 
fut  leniie  par  Monseigneur  et  servie  par  les  officiers  de  Monsieur,  qui  tint  l'autre 
table.  Celle  là  estoit  de  vingt  et  un  couverts,  et  fut  servie  par  les  officiers  de  Madame 
la  Duchesse  de  Chartres.  Monseigneur  qui  esloit  à  la  première,  avoit  à  sa  gauche 
Madame,  Madame  la  Princesse  de  Conti  Douairière,  Madame  la  Princesse  d'Kpinoy, 
et  ensuite  plusieurs  Duchesses  et  Maréchales  de  b'rance,  et  Monsieur  le  Duc.  11  y 
avoit  un  vuide  de  deux  places  à  la  droite  de  Monseigneur,  et  après  cet  intervalle 
estoienl  Madame  la  Princesse  de  Turenne,  Madame  de  Chasteau-Thiers,  Madame 
la  Comtesse  de  Rury  et  Monsieur  le  Duc  du  Maine.  La  table  esloit  de  forme  ovalle. 
11  y  avoil  au  milieu  une  grande  machine  de  vermeil  doré  de  nouvelle  invention, 
appelée  surloul  de  table.  Outre  les  lumières  que  ces  machines  portent,  elles  sont 
remplies  de  plusieurs  vases  et  d'ustensiles,  le  tout  fort  utile  à  ceux  (|ui  sont  à  ces 
repas.  .le  ne  vous  parle  point  de  la  magnificence  et  de  la  délicatesse  do  ces  tables; 
il  n'y  a  personne  qui  ne  se  l'imagine.  La  table  de  Monsieur  fut  aussi  très-magni 
fiqucment  servie.  Son  V.  R.  avoit  à  .sa  gauche  Monsieur  le  Duc  de  Chartres  el  plu 
sieurs  Dames  à  une  dislance  de  ce  Prince,  et  Mousicur  le  Prince  de  Conty,  et  à  sa 
droite  Mademoiselle,  Madame  la  Princesse  de  Conty,  plusieurs  Dames,  Monsieur 
le  Comte  de  Toulouse  et  le  reste  des  Dames  nommées.  Un  surloul  de  table  remplissoit 
aussi  le  milieu  de  celle  là.  Il  esloit  d'un  très-beau  travail  el  d'un  1res  bon  gousl, 
mais  d'un  plan  différent  de  celuy  douljc  viens  de  vous  parler.  Les  violons  de  Monsieur 
joi'ierent  pendant  tout  le  souper,  après  lequel  il  y  eut  bal  dans  le  grand  cabinet,  oii 
s'esloienl  rendues  plusieurs  Dames,  dont  les  habits,  quoy  que  superbes,  ne  laissèrent 
pas  désire  ornez  de  pierreries.  Le  bal  dura  jusijues  à  deux  heures  après  minuit,  et 
Monseigneur  s'en    rclnunia  à    \  crsiiilles. 


iV.jûcitc  Je  Scbiitien  U 


LkTTIIK>    F.IT«NTES     |«r    IfS- 

({UflU-«  If  Koi  iloiiiio  à  s.  \.  il. 
Moiisifur  la  iiiaiMJii  vl  riitiU'l  du 
Caluit-Cardiiial  pour  les  |mmsôUit 
d  litic  (l'upanage. 


DUNATION    DLi    P  A  LA1S-1\0  Y  AL 
A  MONSIKUH 

l'Ml   l.OllS  XIV,   SOS  FRÈHE,    EN    I  G92 


Lettres   Patentes  (.VrchÏM's   iialioiialcs.    K'i,  381; 


LoLis,  l'AR  LA  <;hm;f.  dk  DiKi  Ht)\  de  France  et  de  Navarre,  à  tous, 
prt^seiits  el  ù  venir,  salut.  Lufleclion  singulière  que  nous  avons  pour 
noire  1res  cher  el  1res  aimé  frère  unique,  Philhte,  fils  de  France, 
due  d'Orléans,  de  Charlies,  de  Valois  et  de  >'emours,  nous  portant  à 
lui  en  donner  des  marques  eonlimielle§,  nous  avons  résolu  il<'  lui 
accorder  el  délaisser  sous  le  titre  et  nature  d"appanage  la  maison  et 
lioslel  du  Palais  Cardinal  et  ses  dépendances,  situé  en  notre  bonne 
ville  de  Paris,  rue  Saint- Honoré,  donne/,  sic)  au  feu  Roi  nolie  liis 
honoré  Seigneur  el  père,  par  feu  notre  Cousin  le  Cardinal  duc  de 
Riilielicu,  afin  que  notreilil  frère  et  sa  postérité  masculine  puissent  y 
uvfiir  un  logement  rpii  réponde  îi  la  grandeur  de  leur  naissance.  A  ces 
cvi'HKs  el  antres  i-oiisidérations,  à  ce  nous  moiivans.  nous  avons  donné, 
accordé,  octroyé  el  tlélai.ssé.  donnons,  accoidons,  oetroNons  el  délaissons 
pur  (Cl!  pulentes,  .signées  de  ii(»tre  main,  à  noiredit  frère  el  à  ses  enfants 
maslc!*,  descendants  de  lui  en  lo\al  mariage,  par  augmentation  d  app;i 
noge,  ladite  !nais<iii  et  liostel  du  Palais  Cardinal  en  loiile  son  eslendue 
el  cuM»iHtance,  tant  en  hasliinents,  cours,  logement-,  jardins,  eaux 
p<iur  le.s  roiilaine!«  (|u°anlres  dé|irndaiiees,  la  place  devant  ledit  jjalais 
Carilinal,  el  généralcmenl  tout  iv  (pii  nous  appartient  en  ladile  maison 
el  hoilel  du  palais  Curdiiial  et  dépendances,  sans  en  rien  réserver  ny 
relenir,  à  l'exeeplion  des  iiaslinii-nls  (pii  nous  serxoieni  cn  de\anl  de 
corpi  de  garde  el  de  la  parlie  de  la  place  cpii  se  IrouMiil  cumpiise 
dan»  le  giund  deitein  fait  pom  les  liastiments  de  noire  (liiàleau  du 
l.nu\rc  l'our  du  loni  jouir  el  dispuser  au\  inesmes  droits,  aulliorité 
el  pri^ilègi»  ipir  ihi  surplus  de  .sondit  ap|iaiiage,  ronrormi'nient  à 
holrr  édil  du  nioi.n  de  Mars  mil  six  cent  soixante  uii,  à  coinmeiicer 
•I  iiilrer  en  JnuiitHanri'  dn   i'  du  présent  mois  de  Février,  sans  cpi  il  -nil 


DOCIMI-NTS     J  l  STllICATIIS  ',-3 

besoin  (le  l'.nn-  auciiiR'  cMilinilioii  ou  visilalion  iludil  |)iilai.s  Cardinal 
cl  de  ses  d('|)en(lances.  donl  pdui-  i)onnes  raisons  el  considérations, 
nous  avons  dispeiisé  et  dispensons  nolredit  frère;  im|)osant  sur  ce 
silence  perpétuel  à  nos  procureurs  «rénéraux  et  autres  nos  ofTiciers  qu'il 
app"'.  Permettons  à  nolredit  frère  et  autant  que  besoin  est  ou  seroit, 
l'autliorisons  par  ces  patentes  de  faire  en  ladite  maison  et  palais 
Cardinal,  telles  augmentations,  améliorations  ou  décorations  que  bon 
lui  semblera,  du  prix  desquelles,  en  cas  de  reversion,  les  héritiers  de 
notredit  frère  seront  remboursés  par  nous  et  par  nos  Successeurs, 
Roys  :  Voulons  et  nous  plaist  que  nos  oiïiciers  et  autres  personnes  qui 
ont  en  leur  possession  les  titres,  papiers  et  enseignements  de  ladite 
maison  et  palais  Cardinal  et  ses  dépendances,  les  remettent  incessam- 
ment es  mains  du  Procureur  général  de  nolredit  frère,  à  quoi  faire  ils 
seront  contraints  par  toutes  voyes.  Si  donnons  en  mandement  à  nos  amés 
et  féaux  conseillers  les  gens  tenant  nos  cours  de  Parlement,  Chambre 
des  Comptes,  Cour  des  aides  à  Paris,  présidents  et  trésoriers  de  France 
au  bureau  de  nos  finances  audil  lieu  et  à  tous  autres  nos  justiciers  et 
olTiciers  qu'il  app"'  chacun  en  droit  soy,  que  ces  patentes  ils  fassent 
lire,  publier  el  régistrer,  et  du  contenu  en  icelles  jouir  el  user  notre 
dit  frère,  ses  enfants  et  descendants  masles,  pleinement  cl  paisiblement, 
sans  leur  donner  aucun  trouble  ni  empeschement.  Car  tkl  est  notre 
plaisir;  et  afin  que  ce  soit  chose  ferme  et  stable  à  toujours,  nous  avons 
fait  mettre  notre  scel  auxdites  patientes.  Donné  à  Versailles  au  mois 
de  Février,  l'an  de  grâce  mil  six  cent  quatre  vingt  douze,  et  de  notre 
règne  le  quarante  neuf*. 

Louis. 
I.  .Vpparlieiiilra. 


LE     PALAI^>-IIOVAL 


i.i;s  lîi.ioi  \  i:t  i;aiu.e\ti:iue  dk  mu.nsieiu 

1  HKiu:  LMQiE  nu  noi 
(,)L1    LTAILNT    AL    l'ALAlS-UOVAL 


J'ai  ilidiué  ilaiu  le  roiiranl  du  voluiiie  (chapilre  V)  un  résumé  suffisant  de  Vlnvenlnire  après  décès 
de  Montieur.  l'liilip[>L-  d'OrU'atH,  frorc  uniiiui-  du  roi  Louis  XIV,  niort  le  <)  juin  1701,  pour  qu'il 
ne  soil  |ns  «upt-rflu  do  pn-soiiUT  encore  ici  des  extraits  de  ce  document  extrèmenjent  long,  et  dont 
Il  y  aurait  lieu  de  faire  une  piihlication  spéciale.  Je  me  borne  donc  à  la  nomcnrlaturo  des  Bijoux  cl 
drt  pièces  d'Oui tuiEiiii;,  en  n'>  comprenant,  bien  entendu,  que  ce  (jui  fut  iincntorié  au  l'alais- 
Hojal. 


i.Ks  DiwiAMs  i:t  i'ii;i;iii;iUKS 

l'rriiiicrfiiK'iil  un  >;raiitl  iliaiiiaiit  ;i  Iïkh'IU's  proveiiaiil  di'  la  tsucccssioii  de 
feiie  Mmlfiiujisflle,  foriiK'  en  pL-ridcloiiiic  avoc  un  hicr/.c  {sic)  en  bas  du  costé  gauche, 
auprès  lie  larpifllc  il  y  »  un  uininrs  cnliinK'  de  ht-lle  eau;  prisé  la  somme  de  cent 
(renie  mille  li\res.  n'   1  :  C.wx  "  I. 

Ilrm,  deux  faraud  dianlunl^  a  lacels  d'('';,'a!le  forme  (!l  grandeur  très  hion  formé 
l't  plus  pointu  (pie  l'aulre,  ayanl  des  cristaux  eidorés  a  Jour  pnur  en  diminuer 
la  ineelianl  eau,  n"  1;  prise/  enseml)ie  «piarenle  mil  li\ros,  ey  :  xl'"  I. 

//>■//!,  un  ({riind  diamant  gravé-  long  en  lal)le  plas  par  dessous,  ne!  el  d'eau  un 
|k;u  lelyl,  n'  '.\;  prisé  Irenle  mil  livres  :  \x\  •  I. 

Itrin,  lieux  gros  ilianianis  formes  en  poire  a  laeelles  foi-|  d(<spolis  dniil  un 
|M'zant  soi/e  karats  iln  helle  eau  el  l'autre  pe/aiit  seize  karals  liiiii  liiiilièiiic  d'eini 
un  IM"!!  hriine,  ten  deux  compris  lems  parnilures  d'aeié-,  n"  '1;  pii-i'  jiciili  mil 
livri?»  :  \x\"  I. 

Ilrm,  un  grand  dimnant  a  faeelles  de  forme  ovalle  pas  ronde  bien  rniiiK'.  aMinl 
une  |M'lilo  glnee  blanebe  el  un  Kgrebrun  et  l'aulre  coslé  d'eau  Clysl,  un  (eii\rc  dans 
un  rlialun  d'argi<nl;  prisé  nept  mil  livres  :  Imi~  I. 

//«rt,  un  uulri!  (iinniunt  à  faeels  en  n-iivrc  dans  un  cliatnn  d'argent  formé  en 
ovalo  a  »i«  iiomU  irn'gulicrs,  de  mauvaise  eau,  avant  un  crjslul  collé  dessous,  n"  G; 
oalinié  i|iiiilri'  mil  litre»  ,  ini~  I 


DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS  '170 

Ilem,  un  autre  diamant  en  cliaton  formé  en  cœur  taillé  en  demy  i)allon  par 
dessus,  d'eau  couleur  de  foin,  collé  sur  cryslal,  n°  7;  prisé  quatre  mille  livres. 

Ilern,  seize  boutons  et  diamants  de  diverses  formes,  le  tout  d'assez  belle  eau 
dont  trois  sont  taillez  a  demi  brillants  et  les  autres  a  facettes,  le  tout  enchâssés 
en  des  chatons  d'argent  avec  leur  ^Miiiiture  d'or;  prisés  ensemble  vinj^d-qualrc 
mil  livres  :  xxnn"  1. 

Kern,  un  grand  diamani  hTillaiil  en  chalon  de  forme  lozangc  et  une  grande 
table  a  six  pends  de  très  belle  eau,  n"  ();  prisés  la  sonnne  de  dix  huit  mil  livres  :  xbni'"  1. 

Item,  un  diamant  brillant  de  forme  ronde  taillé  a  six  pends  avec  un  petit 
bierze,  enchâssé  dans  un  chaton  d'argent,  de  bonne  eau,  n"  10;  prisé  dix  mil 
livres  :  x  "  1. 

Iler?i,  deux  autres  diamants  brillants  égaux  de  forme  presque  quarrée  dont 
les  angles  sont  arrondis,  de  très  belle  eau  et  nelz,  n"  11  ;  prisé  vingt-sept  mil 
livres  :  xxbu'"  1. 

Item,  un  autre  grand  diamant  brillant  à  chaton  de  forme  ovalle  très  mal  net 
d'un  coslé,  de  la  seconde  eau,  n"  12;  prisé  dix  mille  livres  :  x'"  1. 

Ilem,  un  autre  grand  diamant  brillant  en  ciiaton  presque  de  huit  pends,  de  belle 
eau  et  net,  n"  i3  ;  prisé  huit  mil  livres  :  bin'"  I. 

Ilem,  un  autre  grand  diamant  brillaiil  en  cliaton  d'eau  jauiiastre,  11°  i4:  |)risé 
cinq  mil  livres  :  1/  I. 

Item,  deux  diamants  brillants  en  chaton  forme  qnairée  dont  l'un  a  une  très 
petite  table,  n"  l 'i  ;  prisé  cinq  mil  livres  :  h'  I. 

Item,  deux  autres  diamants  brillants  en  chaton,  émaillé  et  noir  autour,  n"  16; 
prisé  deux  mil  livres  :  n'"  1. 

Item,  une  attache  composée  de  douze  diamants  brillants  dont  quatre  plus  forts 
que  les  autres  ayant  une  grande  place  vuidc  au  milieu  et  deux  aux  deux  bouts, 
n"  17;  prisé  douze  mil  livi'es  :  xii"  1. 

Ilem,  une  autre  attache  tout  semblable  composée  aussy  de  douze  diamants 
brillants  ayant  pareillement  trois  places  vuides,  n"  18;  prisés  dix  mil  livres  :  x™  1. 

Ilem.  une  attache  de  chapeau  où  il  reste  six  diamants  brillants  dont  deux  sont 
plus  forts  que  les  autres,  n"  19;  prisé  dix  mil  livres  :  x"  I. 

Item,  une  boucle  de  ceinture  composée  de  dix  diamants  brillants  dont  deux  sont 
très  petits,  n°  20;  prisée  dix  huit  cent  livres:  xbnr  I. 

Item,  deux  boucles  d'oreille  de  diamants  brillants  de  forme  quarrée  irregulière, 
et  mal  nette,  n°  21  ;  prisé  cinq  mil  livres. 

Item,  une  croix  de  chevalier  composée  de  cinquante  trois  diamants  et  trente 
autres  gros  dans  le  milieu,  trois  autres  grands,  seize  autres  encore  moins  grands, 
dix  sept  plus  petits  et  seize  petits  diamants  a  facettes,  n"  22;  prisé  quatre  vingt  mil 
livres  :  ini"g  1. 

Item,  un  nœud  pour  mettre  au-dessus  de  ladite  croix  de  chevalier,  composé  de 
dix  sept  diamants  brillants  dont  trois  gros,  six  moindres  et  huit  plus  petits,  n"  ni; 
prisé  cinquante  mil  livres. 

Item,  une  boucle  de  chapeau  composée  de  huit  diamants  dont  (pialrc  brillants  et 
quatre  foibles,  tons  (|uarrez,  n"  24  ;  prisé  neuf  mil  livres  :  ix"  1. 

Item,  deux  boucles  de  souliers  chacune  composée  de  quatre  diamants  quarrez, 


^-5  LK      PALAIS-nOYAL 

quatre  autres  a  facettes  et    seize  petit<    aiissy  a   facettes,    n»   aS:    prisées  deux    mil 

livres  :  ii"  i. 

Hem,  tleiiv  attaches  a  chacune  desquelles  il  manque  les  trois  iliamants  du  milieu, 
chacune  composée  en  ce  qui  est  de  trente  si\  diamants  dont  seize  (juarrés  et  vingt 
a  facettes,  le  ttiut  de  diverse  grosseur,  n'  jG  ;  prisé  cinq  mil  livres  :  b'"  1. 

Ilfin,  une  autre  attache  où  il  manque  pareillement  trois  gros  diamants  du  ilicuiu 
et  dont  les  diamants  qui  restent  consystent  en  trente  six  diamants  dont  seize 
quarrez.  douze  brillants  et  huit  a  facéties,  n"  uy;  prisée  six  mil  livres  :  bi  '  !. 

Nem,  une  paire  dallaches,  chacune  conq)Osée  de  vingt  huit  diamants  dont 
quinze  brillants  it  (|ual(>rzc  à  facettes,  n"  a8;  prisez  six  mil  livres  :  bi"  1. 

llt-m.  une  autre  paire  d'attache  chacune  aussy  composée  de  vingt  neuf  diamants, 
douze  grands  brillants  et  quatorze  a  facelles.  à  lune  desquelles  attaches  il  y  est  un 
des  plats  diamants  qui  marupie,  n'  uij;  prisé  la  somme  de  quatre  mil  livres  :  un"'  1. 

Hem,  une  autre  paire  ilatlaches  très  petites,  composée  chacune  île  Ironie  trois 
petits  diamants  tlont  il  niaii(|iii'  deux  à  1  inie,  cl  un  à  raiilrc,  n**  3o;  prisé  la  sonune 
de  cinq   mil   livre  :   <■!'"  1. 

Item,  un  nieutl  composé  de  Ircnic  neuf  <li;mi;mls  doril  il  Mi;iii<|ne  un  moyen, 
II*  ',\i  ;  pri>é  huit  cents  liNrcs  :  bm   l. 

Item,  (piaranle  quatre  boutonnières  chacune  composée  de  imil  (liaiiianls  a 
facettes,  n"  3-.i  ;  prisés  a  raison  de  cent  cinquaiile  livres  chacune,  l'iiiic  pdriaiil  raiitrc. 
retenant  enscnd)lc  à  la  somme  de  si\  niil   >i\  ccnl   li\rcs  :  in'"!)!'  I. 

Hem,  cinquante  boulons  et  ciiupiante  boutonnières,  chacun  bouton  composé 
d'un  moyeu  diamaid  dans  le  milieu  cl  six  autres  moindres  autour,  a  l'un  de  ces 
six  boutons  il  nuonpie  le  diamani  du  iniliiii.  et  chacune  des  boutonnières 
composée  de  dix  iiruf  1res  petits  diamanls,  a  tniiles  les(|uelles  boutonnières  il 
uiancpie  on/i-  diamants,  n'  .i.i  ;  prisez  cl  estimé  ensemlilc  (|iialorze  mil 
li\res  ;  xun"  1. 

//r/n,  trente  bonloiinière  dans  lesquelles  soni  (|uaire  \ingl  iliainants.  m  iiiaii 
«pinnt  dix  au  nombre  cpiil  y  a\oit  aidrefois,  chaque  boulonnière  devani  esirc 
componée  île  Irois  diamanls  desipielles  (piaire  \  ingl  il  y  en  a  cinquante  cinq  a  facettes 
et  vingt  cin(|  quarre/.  de  diverses  formes  cl  graiidein-.  n"  :\'\:  \n\sv7.  et  cslimé 
en!u.'inble  einq  mil  livres  :  b"  I. 

Item,  treiib-  nix  petits  btuilons  composés  chacun  de  six  pelils  iliamanis  a  facelles 
dont  il  i-n  manque  ileux.  n*  .'J.'»  ;   prisez  ensend)le  cinq  cent  quarenle  li\res:  Ir  xl  l. 

Item,  cinquante  trois  pièces  de  bracelel  doid  (piarente  cin(|  de  se|)l  diamants 
chacun  et  iin(|  de  trois  diamanls  seuliMuenl  chacime.  à  toutes  lesrpieljes  il  inaïupie 
neuf  dianuiiilo,  n-  :t«>;  prisé  le  loul  ensiMuble  mil  livres  :  g  l. 

Item,  quatre  vingt  dix  ni-uf  petits  boulons  coujposés  chacun  de  Imil  pelils 
dinnuinlo.   n"  .'t;  ;  prise/  le  tout  ensemble  sept  cent  livies  :  bu    I. 

Ilrm.  doii/e  IioiiIuiih  coiiipoNi'N  chacun  de  onze  diamanls  ,à  facelles,  n"  .'VS  ;  prisez 
le  loul  la  «Mimiiie  de  nix  cenl  cinquante  livres  :  bi'  i.  1. 

Ilrm.  une  |»nirc  d'allnclie»  chacune  eonqiosée  de  Inuli'  liuis  diaiuaiils  a  facelles 
chacune  don*  leMpiellen  atlaches  il  mampie  un  diiniant.  n'  .'(«);  prisé  d.ii\  cent 
livim  :  n'  I. 

Ilrm.    cinqnonle    deux    bonlonnièrei    dont    einquanle    eonqjosées    cba. une    de 


u  o  r.  r  M  K  N  T  s    J  u  s  T  I  !"  I  r  A  T  I  F  s  '1  /  y 

dix  huit  diamaiils,   cl  deux  a  dix  neuf,  a  toutes  l('s(|n('lios  l)oulOMiii(TCs  il   manque 
quatre  diamants,  n"  '|o;  prisez  le  tout  ciiseudjle  seize  reu!  livres  :  xbr  1. 

Item,  une  epée  de  diamants  l'aile  eu  couteau,  composée  de  deux  eerd  Irciile  neuf 
diamants  dont  deux  sont  perdus,  n"  'n  ;  prisée  (pialie  mil  livres  :  lur  1. 

l'MU  UES   Di:   l'ERLnS 

llciii.  un  (dlliei-  cnmposc'  de  vingt  neuf  perles  pcsan!  ensendjle  une  once 
six  gros,    [)res(jui>  loules  imparlailes,   n"    '12;   prisé  (li\   mil  livres  :  x'"  1. 

Item,  une  cliaisne  composée  de  cent  trente  neuf  perles  rondes  très  belles  pezant 
ensemble  quatre  vingt  onces,  et  chacun  l'une  portant  l'autre  dix  grains,  desquelles 
cent  trente  neuf  perles  il  y  en  a  trente  une  enfilées  en  eolier  dont  S.  A.  R.  Madame 
la  Duchesse  d'Orléans  se  servoit,  lesdites  cent  trente  neuf  perles,  n"  43;  prisées 
ensemble  soixante  dix  mil  livres  :  i.xx  '  1. 

Item,  une  petite  chaisne  de  cinquante  quatre  perles  rondes;  n"  h'\,  prisée  sept 
mil  cinq  cents  livres  :  bu'"  h'  I. 

Item,  un  coller  composé  de  trente  deux  perles  de  rebut  pesant  ensemble 
sept  gros,  très  laides,  n"  .\ô;  prisées  cinq  cent  livres  :  h    1. 

Item,  une  croix  de  chevalier  composée  de  treize  perles,  dont  deux  grosses  en 
bouton,  deux  en  poires  et  neuf  rondes,  enrichie  de  trente  diamants  à  facettes  dont 
huit  plus  gros  que  les  autres,  n'  /iG;  prisé  ensemble  six  mil  cinq  cent  livres: 
brb.  1. 

Ilrin.  un  na-ud  pour  nietlre  au  dessus  de  lad.  croix  composé  d'une  grosse  perle 
en  boulon,  quatre  antres  moindres  et  quatre  diamants  en  table,  n"  '17;  prisez  quatre 
mil  livres  :  mi'"  1. 

Item,  une  agraphe  de  chapeau  composée  de  quatre  perles  dont  trois  en  poires 
et  une  en  bouton,  et  vingt  quatre  diamants  dont  quatre  en  table  et  vingt  à  facettes, 
n"  18;  prisé  sept  mil  livres  :  bu"'  1. 

Item,  une  boucle  de  chapeau  composée  de  six  perles  en  boutons  et  six  diamants 
dont  quatre  brillants  et  deux  en  facettes,  n"  Ig;  prisez  six  cent  livres  :  bi'  1. 

Item,  deux  boucles  composées  de  six  perles  en  boutons  et  six  diamants  a  facettes 
chacune,  n"  5o;  prisé  huit  cent  livres  :  bui'  1. 

Item,  quarente  deux  boutons  dont  vingt  deux  sont  composés  d'une  perle  et  six 
diamants  a  facettes  et  vingt  autres  aussy  composés  d'une  perle  et  dix  diamants  a 
facettes  chacun,  n"  ôi:  prisé  le  tout  la  somme  de  trois  mil  huit  cent  livres: 
ni'"  bni'   1. 

Item,  deux  autres  perles  en  poires  très  bien  tournées  et  de  belle  eau.  pezant 
ensemble  cincpianlc  trois  karals  et  un  gros,  n"  î):>.  ;  prisés  ensemble  vingt  cinq 
mil  livres  :  xxb'"  I. 

Item,  deux  autres  perles  plus  petites,  l'une  en  poire,  pezant  dix  neuf  karats, 
et  l'autre  seize  karats,  toutes  deux  bien  parfaites,  n"  ')'.\\  prisé  ensendile  douze  mil 
liNres  :  \n"'  1. 

Item,  trois  autres  perles  aussy  en  poires  de  forme  irrégulière  et  un  peu  plastcs 
par  dessous,  n"  55;  prisées  ensemble  trois  mil  livres  :  m"  1. 

//('//(,  une  autre  perle  en  poire  hellissime,  n'  5'i;  prisée  trois  iiiii  rin(i  cent  livres. 


^y8  LE     PALAIS-ROYAL 

//«•//».  deux  autre  perles  en  forme  de  calbace,  l'une  pezanl  vingt  deux  karats  et 
rauliL-  treize  ou  environ,  w  JO;  prisez  ensemble  mil  livres  :  g  1. 

llem,  une  paire  de  pendants  eomposez  de  huit  perles,  seavoir  deux  en  i)Outon 
et  six  en  poires,  avee  six  diamants  à  facettes,  n"  5;;  prisez  ensemble  neuf  mil 
livre»  :  ix~  1. 

Ili-m,  une  paire  de  boueles  d'oreilles  et  deux  boutons  de  perles  d'eau  un  peu 
jaunastre,  n"  ÔS;  prisé  quatre  cent  livres  :  un'  1. 

Item,  unp  grande  attache  comi)osée  de  sept  grosses  perles  en  boulon  et  vingt 
deux  diamants  dont  deux  en  table  et  vingt  a  facets,  n"  09;  prisée  sept  mil  livres  : 
bu'  1. 

llem,  deux  attaches  de  manches,  chacune  composée  de  sept  perles  en  boutons 
cl  «piatre  vingt  six  diamants  dont  deux  en  table  et  (jualrc  vingt  quatre  en  facettes. 
dont  il  manque  six  diamants,  n"  Co,  prisée  deux  mil  huit  cent  livres:  n^bni'  1. 

llem.  une  autre  paire  d'attaches  composée  chacune  de  sept  |)erles  en  boutons 
et  soixanti-  dix  diamants,  dont  deux  en  table  et  sciixanlc  (piatre  en  facettes,  n°  Gi; 
prisés  deux  mil  huit  cent  livres  :  n'bnr   I. 

//cm,,  une  autre  paire  d'attaches  composée  aussy  de  sept  perles  en  boulons  et 
cinquante   huit  diamants,  n*  (îj  ;  prisé  douze  cent  livres  :  xn*^  I. 

Item,  un  nœud  de  ceinture  composé  de  dix  perles  en  boutons  et  trente  six  petits 
diamants,  n°  dS;  prisé  la  somme  de  deux  cent  cin(juante  livres  :  ni,  1. 

Item,  une  grosse  bague  de  perles  enchâssée  en  argent,  n°  C/|.  prisée  la  somme 
de  quarente  livres  :  xi.  I. 

llem.  ciiMj  boutonnières  de  jusleau-corps.  chascune  composée  de  cin((  perles  en 
boutons  et  seize  diamants,   n'  (k);  prisées  six  mil  cinq  cent  livres:  bi'-b'   1. 

Item,  vingt  huit  petites  perles  rondes  attachées  sur  un  morceau  de  satin,  n  GG; 
prisées  trois  cent  soixante  livres  :  m'i.x  I. 

Item,  une  jarretière  de  velours  bleu  servant  à  l'ordre  d'Angleterre  brodée  de 
perles,  n"  ù- ;  prisée  vingt  cinq  livres  :  xxb  I. 

Item,  neuf  duccs  trois  gros  de  semences  de  perles  lilaiichcs.  prisées  à  raison 
de  vingt  livres  l'once,  n"  (')<S,  ci  :  cnn"n  1. 

llem.  cinq  onces  «tept  gros  de  semences  de  perles,  n'  G();  prisé  deux  1  ciil  (pialre 
vingt  deux  livres,  ci  :  n'mi"n  I. 

Item,  quatre  onces  deux  gros  de  petites  perles,  n"  70;  prisé  deux  cent  (|iiiir;uile 
cin«|  livre"»,  ci  :  n'  tin  b  I. 

Item,  ipialrc  oncen  demy  gros  de  p.til.s  p.Mle>:  prisées  à  raison  de  cinquante 
livrin  l'once  :  n  ni  I     !>' 

l'Mii  m:s  Di;  lu  nis 

llem,  une  croix  de  rhevidier  conq»o>tée  dr  Njngl  neuf  rubis  d'Orient,  (  in(|uante 
•il  dianionln,  dix   huit  l)rillunl«,   n'  71;  prisée  quatre  mil  livres:  bi"  1. 

llem.  une  atlacliu  pour  nieltre  uu-<lessus  de  ladite  croix  compo.sée  île  sept  rnl)is 
d'Orient  dont  troii  grand»  et  quatre  moveuf*  et  vingt  huit  diamants  dont  dix  sont 
en  lahic*  ri  douxe  en  facette,  n*  •jt;  prisée  six  mil  livres  :  lu'"  1. 

Item,  une  lahlo  de  brareliît  ou  Hoise  composée  d'un  grand  rubis  mal  nel.  ipiaire 
diamantii  hrillanU  cl  quatre  de  faux,  n"  7.!;  prisée  quatorze  cent  livres:  xnn'  I. 


DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS  479 

Ilcia,  une  boucle  de  chapeau  composée  de  quatre  rul)is  d'ÛrienI,  de  quatre 
diamants  brillants,  n'  7A;  prisé  quinze  cent  livres  :  xl)'  1. 

Uein,  une  paire  de  boucles  de  souliers,  chacune  composée  de  six  rubis  et  six 
diainaus  a  l'acetles.  desquels  rubis  il  en  manque  un,  n"  70;  prisée  trois  cent 
cinquante  livres  :  m'L  1. 

Ucm,  une  attache  composée  de  sept  rubis  et  trente  huit  dianians  dont  douze 
en  tables  et  vingt  six  en  facettes,  n°  76;  prisée  cinq  mil  cinq  cent  livres  :  b"'b'  1. 

Ilrin,  deux  nœuds  composés  chacun  de  deux  rubis  d'Orient,  un  desquels  brillants, 
et  ([ualre  diamants  à  facettes,  n"  77;  prisés  deux  mil  six  cents  livres  :  n^bi'  1. 

llein,  quarante  trois  boulons  composés  chacun  d'un  ruh>  et  huit  diamants, 
n°  78;  prisés  ensemble  la  somme  de  treize  mil  livres  :  \ni"'  1. 

Ucm,  douze  pièces  de  chaisne,  chacune  composée  d'un  ruhy  et  sci/c  diainuiils, 
n"  7;);  prisées  six  cent  livres  :  h\'  1. 

Ucm,  quarenle  agréments  (?),  chacun  composé  de  quatre  petits  rid)is  et  vingt 
huit  petits  diamants,  n"  80;  le  tout  prisé  onze  cents  livres  :  xi'  1. 

PARURES  DE  TOUTES   PIERRERIES 

Uem,  une  croix  de  chevalier  composée  de  vingt  trois  pierres  de  couleurs,  scavoir 
deux  diamants  jaunes,  trois  topazes  d'Orient,  et  trois  topazes  d'Inde,  deux  rubis 
d'Orient,  quatre  saphirs,  six  emeraudes  et  une  amatiste,  et  quarante  iicui"  diamants 
à  facettes  dont  quatre  qui  manquent,  n"  81  ;  prisée  dix  huit  cent  livres  :  xbui'  1. 

Ucm,  une  attache  de  la  croix  de  chevalier  ci-dessus  composée  de  sept  pierres 
de  couleurs,  scavoir  une  emeraude,  un  ruby  balais,  deux  aiguës  marines,  une 
hyacinthe,  une  topaze  d'Allemagne  et  une  amatiste  avec  quarante  quatre  diamants, 
n°  82  ;  prisée  quatorze  cent  livres  :  xm'  I. 

Ucm,  une  boucle  de  chapeau  composée  de  quatre  pierres  de  couleurs,  scavoir 
un  ruby  balet,  une  topaze,  un  saphire  d'Orient  et  une  emeraude  avec  douze 
diamants,  n°  83;  prisée  dix  huit  cent  livres:  xbm"  1. 

Ucm,  deux  boucles  de  souliers  dans  lesquelles  sont  quatorze  petites  pierres 
de  couleurs,  trois  mauvaises  et  seize  petits  diamants,  n"  S'i;  prisé  ciiuiuantc 
livres  :  l  I. 

Item,  un  fleuron  composé  de  trois  pierres  de  couleurs,  une  emeraude,  une 
grande  amatiste  et  une  topaze  d'Allemagne,  n"  85;  ])nsé  deux  cent  livres  :  n'  1. 

Ucm,  une  table  de  bracelet,  deux  grands  aiguë  marine  el  dix  diamants  a  facettes, 
n"  8(j;  prisé  cent  vingt  livres  :  cxx  I. 

Ucm,  deux  autres  tables  composées  chacune  d'un  grand  suphirc  vioiii  et  dix 
petits  diamants  a  facettes,  n"  87;  prisés  quinze  cent  livres:  xb   I. 

Ucm,  sept  fleurons,  chacun  composé  de  trois  pierres  de  couleurs  cl  seize 
diamants,  n"  88;  prisé  le  tout  ensemble  mil  livres,  cy  ;  g  1. 

Ucm,  quatre  pièces  ovalles,  chacune  composée  d'une  pierre  de  couleur  et  douze 
diamants,  n"  89;  prisé  la  somme  île  huit  cents  livres:  bni'  I. 

Ucm,  dix  huit  boulonnières,  chacune  composée  de  trois  pierres  de  couleurs  et 
quirTzc  petits  diamants,  a  deux  desquelles  boutonnières  il  manque  une  pierre  de 
ciiulitur.  n"  ()<);  le  tnul  prisé  la  summi'  de  neuf  cent  livres:  i\    1. 


48o  LE      PAl.\IP-nO\AI. 

Hem,  viiigl  quatre  boutons,  tliacun  composé  dune  pierre  de  couleur  entourée 
de  petits  diamants,  n"  yi  ;  prisés  ensemble  deux  cent  livres  :  iv  1. 

Hem.  deux  tables  de  bracelets  coujposés  chacun  d'une  pierre  de  couleur  et 
douze  petits  diamants,  n*  1)3;  prisés  soixante  livres  :  i,x'  1. 

Hem,  une  espée  a  branche  et  garde  evidéo  composée  de  quatre  vingt  treize 
pierres  de  couleurs  cl  de  cinq  cens  soixante  douze  diamans  a  facettes,  n°  98  ;  prisée 
la  somme  de  cinq  mil  livres  :  1^  1. 

i'\iu  iu:s  d'i':meraldk 

Hem,  une  grande  croix  des  Vies  composée  de  treize  grosses  enu-raudes  et 
quarente  deux  diamants  de  diverses  sortes  dont  quatre  plus  gros  que  les  autres, 
n*  g'i.  prisée  la  somme  de  quinze  cent  livres  :  xb'  1. 

Hem,  une  grande  attache  composée  de  trois  grandes  emeraudes  et  quarcnio  trois 
diamant»  tant  en  table  (|u'a  facette,  n"o5:  prisée  la  somme  de  trois  mil  trois  cent 
livres  :  ni'  m'  I. 

Hem,  une  boucle  de  chapeau  conq)osée  de  six  diamants  eu  table  et  six 
emeraudes,   n"  ;((>;  prisée  la  somme  de  deux  mil  cinq  cent  livres  :  ii>'b'  I. 

Hem,  un  bouton  de  chapeau  composé  d'une  grosse  emeraudc  et  douze  diamants 
dont  six  en  table  et  six  à  facettes,  n°  97;  prisé  la  somme  de  quatre  cent  livres  :  uir  I. 

Hem,  une  paire  de  boucles  de  souliers,  chacune  composée  de  six  emeraudes 
et  douze  diamants  a  facettes,  n"  98;  prisées  ensemble  la  somme  de  trois  cents 
livre»  :  m'  1. 

Ilem,  un  autre  bouton  composé  d'une  grosse  emcraude  très  crasseuse  et  douze 
diamant»  dont  six  a  facette  <'t  six  en  table,  n°  99;  prisé  la  somme  de  deux  cent 
livres,  cy  :  n    1. 

Hem,  une  paire  d'attaches,  chacune  composée  de  sept  emeraudes.  ((uatre  vingt 
diamant»  de  différentes  sortes,  n°  100;  prisé  la  somme  de  deux  mil  huit  cent 
livres,  cy  :  n'bui    I. 

Hem,  dix  emeraudes  très  grandes  dont  Imil  à  six  iienls  et  deux  à  Iniil  |)ents, 
n*   101  ;  prinée»  ensemble  la  somme  de  dix  sept  mil  livres,  cy  :  xbii  '    ! 

Iletn,  trois  lablen  de  bracelets,  ehaeumr  dune  emcraude  o-uvrée  longue  autour, 
en  tal>le  et  en  facette,  di-scpicU  diainaiils  il  cii  inan(|ue  un.  n"  102;  prisé  la  somme 
de  mil  li\r(*»,  rv  :  g  I. 

Hem,  deux  grands  bouton»,  chaeiin  coinposé  d'une  grosse  (inrinicie  en  talio 
clion  et  <li>u/c  diumunt»  autour  en  table  et  a  facette,  desipicls  iliamanls  il  en 
mHii(|ue  un,  n'  m."?,  priiez  ensemble  la  somme  de  huit  cent  livres,  cy  :  bnr  I. 

Item,  quatre  autres  bouton»  ilont  deux  gros,  chacun  coiiq)osé  d'une  emeraudc 
et  huit  diamant»,  d'un  autre  au»»y  d'une  emcraude  et  douze  petits  diamants,  cl 
un  aulre  <runc  cmeraude  et  huit  diamants,  n*  K./i;  prisé  le  tout  ensemble  la  somme 
do  «Jeux  cent  sfiisonlc  livre»  :  ii'i.x  I. 

Hem,  six  pi^reN  de  ehainne,  chacune  composée  de  Ningt  trois  diamants  à 
farrllr  cl  iiulnur,  dan»  le«(ptnN  diamantt  il  en  inanipu-  deux,  n  ki.i;  |uiscz 
CMM'inbli'  l.i  nonnne  ele  dix-huit  (•«•ni  livret,  ex  :  xbni    I. 

Hem.   dou/r   autres   pièce»   île  chai-.ne  d.-    même   lavon,    elia. un.    .  ..m|ii.sée   de 


DOCLMENTS     JUSTIFICATIFS 


iSl 


vingt  dcu\  diamants,  le  diamant  du  millicu  de  chacune  desdilcs  pièces  n'y  estant 
pas,  n°  io6;  prisé  le  tout  ensemble  la  somme  de  douze  cens  livres  :  xir  1. 

Ilein,  vingt  boutons  dont  dix  huit  sont  entourez  de  huit  petits  diamants  et 
deux  de  dix  petits  diamants  cliacun,  à  tous  desquels  boutons  il  manque  le  dia- 
mant du  milieu,  n"  loy:  ])rise/.  le  tout  enseml)ie  la  somm(!  de  quatre  cens  livres, 
CY  :  iiir'  1. 

llrin,  une  hague  d'un  l)eau  rub>  d'Orlenl  a  huit  pens  et  deux  diamants  a  facette 
a  coslé.  H°  i()8;  prisée  la  soniiue  de  dunzc  cens  livres,  cy  :  xu'  1. 

//('//(,  une  autre  bague  anssy  d'iiii  luliy  d'Orient  et  deux  diamants  brillants  a 
costé,  n°  109;  prisée  la  sonnne  de  huit  cens  livres,  cy  :  bur  1. 

Ilem,  une  bague  d'un  ruby  d'Orient  cabochon  en  cœur  et  douze  petits  diamants 
en  table  autour,  n"   iio;  prisé  la  somme  de  cent  dix  livres:  ex  1. 

Item,  une  autre  bague  d'un  ruby  balet  à  huit  pents  avec  six  diamants  a  facettes 
a  costé,  n"  m:  prisé  la  somme  de  trois  cent  livres:  111°  1. 

Item,  une  autre  bague  d'une  topaze  d'Orient  et  six  diamants  a  costé,  n'  112; 
prisé  la  somme  de  six  cens  livres,  cy  :  bi'  1. 

Item,  une  autre  bague  d'un  saphire  d'Orient  violet  très  beau  avec  deux  diamants 
brillants  a  costé,  n"  ii3;  prisée  la  somme  de  quatre  cents  livres  :  nu'  1. 

Ilem.  une  autre  bague  d'un  jx'tit  saphire  et  seize  tous  petits  diamants  autour, 
n"  1 1 '1  ;  prisée  la  somme  de  cinquante  livres,  cy  :  i,  1. 

l/rrii.  une  bague  d'cmeraudc  de  cabochon  et  six  diamants  a  coslé,  n°  1  if);  prisée 
la  somme  de  cent  soixante  livres  :  c:lx  1. 

Item,  une  autre  bague  d'une  turquoise  de  vieille  roche  et  dix  huit  diamants 
autour,  n"  116;  prisée  la  somme  de  deux  cent  soixante  livres,  cy  :  u  l\  I. 

Item,  deux  bagues  de  diamant  bon,  unquel  diamant  forme  avec  de  la  vraye 
croix  dessous  le  centre  de  la  bague  entourée  de  petits  diamants,  et  l'autre  d'un 
diamant  plas  avec  un  chiffre  dessous,  n"  117;  prisées  ensemble  la  somme  de  cinq 
cents  livres  :  b'  1. 

Item,  dix  huit  bagues  de  toutes  sortes  de  pierres  de  couleurs  de  peu  de  consé- 
quence n"  118:  prisé  le  tout  ensemble  la  somme  de  cent  vingt  livres  :  cxx  1. 

Ilem.  une  paire  de  pendants  d'oreilles  contenant  dix  dianianls  en  lances  (?), 
n"   ii<);  jjrisé  la  somme  de  (piarcnlc   ciricj  mil  livres,  cy  ;  \i.li'"  I. 

//(■;/(.  (jeux  liDUcIrs  d'oreilles  d'un  gi'os  diamanl  chacnnc  taille/,  à  facettes,  n"  lao; 
prisées  ensemble  la  sonune  de  vingt  mil  livres  :  w"   I. 

Ensuyvenl  dix  huit  gros  diamants  qui  se  sont  trouvez  faisaid  partye  de  \ingt 
deux  diamants  de  grand  prix  mentionnés  dans  l'Inventaire  fait  après  le  décès  de 
feue  S.  A.  11.  Madame  (Henriette),  épouse  de  feu  moud'  Seigneur,  pour  la  succession 
de  la  feue  Reyne  sa  mère,  et  dont  l'estimation  n'a  pas  esté  faite  par  le  d'  Invent'"  à 
cause  qu'ils  lenoient  à  S.  A.  R.  Madame,  de  bien  propre. 

Item,  un  gros  diamant  a  facette  très  élevé  en  pointe,  un  jjcu  |)Ius  élevé  d'un 
costé  f|ue  de  l'autre,  d'une  ciislaline  très  pur,  u"  i-.>.i;  prisé  la  sonnne  île  ({uatre 
vingt  mil  livres,  cy  :  un""  I. 

Item,  un  autre  grand  diaiiiaiil  a  l'acellc  de  forme  ovallc  pres(iuc  rond,  de  belle 
eau.  M"  i!i;  piisé  la  s(jmnie  de  (cnt  dix  mil  livres:  ex*  1. 

T.    I.    LE    FALAIS-HOTAL.  C' 


iJ8a  LE     PALAIS-nO-ÏAL 

llrm.  un  aulrc  .lia.nant  ix  laceltc  de  incsme  forme  el  -ran.leur  (luc  le  precclent 
ayai.l  une  t,'rande  glaee  a  costé  dun  des  bouls  el  de  moins  l)ellc  eau  .lue  laulie. 
n*  i.j3;  prisé  la  somme  de  einquanle  mil  livres:  l^  1. 

Hem,  un  très  yros  diamant  de  forme  très  ronde  avant  une  très  -raii.le  laMe 
dessus  et  une  petite  glace  a  eoslé  du  point  milieu,  de  bonne  eau,  ledit  .liamanl 
appelé  la  Jiuze  dWwjk-lerrt-,  n"  12^;  prisé  la  somme  de  cent  mil  livres  :  C"  1. 

Item,  un  autre  diamant  brillant  de  forme  ovalle  long,  taillé  par  dessus  en  petit 
losange  .le  très  belle  eau  et  nette,  appelé  Ui  Cilé.  n°  12.-):  prisé  la  somme  de  eenl 
vingt  mil  livres  :  cxx'  1. 

llrm.  un  antre  grand  diamant  l>rillant  ovalle  long  formé  de  très  l)elle  eau  el 
nette,  n'  ijG;  prisé  la  sonmie  de  qualre  vingt  mil  livres  :  un"»  1. 

Ilrm.  un  autre  grand  diamant  laillé  en  table  de  forme  carrée,  long,  ayant  un 
fond,  amjuel  il  manque  un  coin  (.'),  de  très  belle  eau  et  ikIIc.  appelé  lu  Heyne  mère, 
n-  127;  pri>é  la  snnnne  de  soixante  di\  mil  livres:  i.w'  1. 

Ilem,  un  grand  diamant  a  facette  de  forme  ovalle  pointu  dun  bout  avant  un 
cristal  collé  dessous  el  de  mau\aise  eau.  mais  nette,  n'  12S:  prisé  la  somme  de 
quinze  mil  livres  :  xb-  1. 

Ilrm.  un  autre  grand  diamant  a  facelle  de  forme  carrée  doiil  1111  de  ses  coins  est 
extrêmement  arondv  de  belle  eau  et  nette,  n"  129;  prisé  la  sonmie  de  (|uiii/.c  mil 
livre-H  :  xg  1. 

Ilem,  un  grand  diamant  à  facettes  forme  ni  ovalle.  |)oinlu  des  deux  bouts,  n'  i3o; 
prisé  la  somme  de  dix  mil  lixres:  \'  1. 

Ilem,  un  autre  grand  diamant  à  facette  formé  a  six  pcnts  de  Ins  belle  eau  el 
nette,  n'  i.*?!;  prisé  la  somme  de  bnil  mil  li\rcs.  i\  :  1iim=  I. 

Ilem,  un  autre  grand  diamant  à  lacellcs  de  iorme  ronde  ayant  une  brècbe  a  costé 
mal  nette  cl  deau  un  peu  céleste,  n"  i.Vj;  prisé  la  somme  de  trois  mil  livres, 
cy  :  Mil'  1. 

Ilem.  un  autre  grand  diamant  a  facelle  formé  en  ovalh'.  de  lionne  eau.  mais 
mal  nette,  n'  i.'t'S;  prisé  la  somme  de  (pialre  mil   li\res  :  on'  I. 

Ilem,  un  autre  grand  diamaid  a  facelle  loiint'  a  six  peids  irreguliers  ayant  im 
(ifros  point  noir  a  un  «les  angles,  d'eau  un  peu  eélesie  el  mal  nelle,  n'  i.'5'i;  prisé 
la  somme  de  deux  nul  cinq  <ens  livres  :  ii'b    I. 

Ilem,   un  autre  diamant   a  facette  formé  a  six   pi'ids  réguliers  ayani    iinr   Ix e 

eau  et  nette  ayant  un   petit  gtain  noir,  n     i.'t.'j;  prisé  la  sonune  de  deux    mil    liiK] 
cenu  livret  ;  n'  b    I. 

Ilem,   un  autre  grand  diamant  de  lurnie   londe  el   taille''  d'une  foiine  exlraordi 
nairc,  d'eau  cele.tle  limoneuse  el  remplie  de  ;:iace,  n     i.iii:   prisé  la   somme  de  dix 
huit  cent  li\rc.H  :  xbm'  1. 

Ilem,  un  autre  diamant  a  facette  de  forme  rmiile  ay.oil  mi  cristal  collé  dessous, 
n*  i.')^;  prité  la  nonunc  de  mil  livres  :  g  I. 

Ilem,  un  nulro  grand  tliamant  a  racelte  de  furnu'  triangle  iiii';:nlier  d'eau 
eiilièmiient  i-clcsle,  n"  l'IK;  pri<té  lu  Honnne  de  mil  li>res,  cv  ;  g  I. 

Ilem,  une  l>a((ue  d'un  grand  dianuud  biillant  a  deux  pans,  ij'eaii  lieili>>ime 
ihl  II-  I  •inlmiil  de  Hiiuiliui,  n"  i.'^y;  priné  la  sonnne  de  \ingl   uni  livres;  xx*^  1. 


DOCUMKNTS     JUSTIFICATIFS  .'|83 

I)i:mi:i;s  c.omptwts  ktam-  dans  i.ksd.  cassettes 

Ilein,  une  bourse  de  cuir  diiiis  la(|uelle  s'esl  lr(Mn(''  mil  loui-;  (Tor  et  douze 
livres  italiennes,  faisant  la  soinnic  de  douze  mil  livres  :  \u    i. 

Trois  autres  bourses  contenant   ia,ooo  +  C,ooo  -\-  ô.ooo  livres. 

Hem,  s'est  trouve  dans  l'une  desdites  easseltcs  un  goblct  couverl,  une  cuillère. 
une  fourchette,  un  manche  de  couteau  et  une  poivrière  ronde,  le  tout  d'or  avec  un 
bouquet  [mot  illi.sihle]  de  diamants  aussy  d'or  csmailié,  pesant  le  lnut  cnsemjjle 
un  marc  sept  onces;  prisé  à  raison  de  quatre  cens  livres  le  nniic  lad!  f|uanlité 
audit  prix,  à  la  somme  de  sept  cent  cincpiante  livres  :  bu'  i,  1. 

Ilein,  le  S.  Bouticourl  a  représenté  deux  nefs  de  vermeil  dun''  l'une  seivanl  à 
feu  Alonseigncur  et  l'autre  à  S.  A.  H.  Madame,  pesant  chacune  trente  cinq  marcs, 
les  deux  soixante  dix  marcs:  prisés  à  raison  de  trente  livres  cinq  sols  le  marc  a 
juste  valeur,  à  la  sonnne  de  deux  mil  cent  dix  sept  livres  dix  sols  :  u''  cxbn  1.  x'. 

VAISSELLE   D'OR 

Ensuite  la  vaisselle  d'or  et  d'arj,'enl  ([ui  esloil  à  Saint  Denis,  en  l'rance, 
servant  tant  à  la  bouche,  pannelerie,  fruileiie,  que  connnun  de  S.  A.  H.,  ap[)ortée 
en  cette  ville  de  Paris  pour  estre  comprise  au  présent  Inventaire,  est  représentée  par 
Antoine  Langot,  commis  de  la  chambre  aux  deniers  de  S.  A.  \\.  en  place  de 
messire  Gaspard  de  Mathavel,  premier  maître  d'hôtel  de  mondt  Seigneur,  tous 
deux  pour  ce  comparant,  après  serment  par  chascun  d'eux  f'  et  représenter  tout 
ce  qu'ils  savent  appartenir  à  S.  A.  U.  et  ont  signé. 

Item,  une  sous-coupe,  douze  assiettes  grand'  ouvrées,  un  cadenas  garny  de 
sa  sallière,  poivrier,  un  sucrier,  un  porte  huilier,  deux  couvercles  de  caralVes 
avec  une  petite  chaîne,  six  cuillières,  six  fourchettes  et  six  manches  de  couteaux, 
le  tout  d'or  pesant  soixante  onze  marcs;  prisé  a  juste  valeur  et  sans  crue  à  quatre 
cent  livres  le  marc,  l'evenanl  a  ce  prix  à  la  somme  de  vingt  huit  mil  quatre 
cent  livres  :  xxbm'^im'  1. 

VAISSELLE  D'ARGENT  PLATTE 

Ilcm,  cent  vingt  trois  plats  de  différentes  grandeur  et  façons,  douze  assiettes 
creuses,  quarante  trois  assiettes  de  fond,  six  assiettes  volantes,  deux  tasses  avec 
une  chaisne,  sept  essays,  six  bassins  ovalles,  cent  vingt  une  assiettes  a  couverts, 
<leu\  grandes  cuilliers,  deux  moyennes  cuilliers,  cinquante  neuf  petites  cuillières, 
soixante  une  fourchettes  et  une  escuinoire,  le  tout  d'argent  blanc  poinçon  de 
Paris,  pesant  cnsendile  onze  cent  neuf  marcs  une  once  sept  gros;  prisé  a  sa  juste 
valeur  et  sans  crue  a  trente  livres  le  marc,  revenant  au  d'  prix  a  la  somme  de  trente 
tr(jis  mil  deux  cent  soixante  dix  sejjt  livres  six  deniers  :  xxxinrii  i.wbii  I.  bi'. 

VAISSELLK    DAlUilAT    MONTÉ 

Ilcm.  \nie  glande  nianuille  avec  |)ie(ls  avec  son  eoiix  eicle,  une  petite  marmilte 
a   pieds  et  son  eonxercle:  deux   easserolles  rondes,    lidis  casseiolles  a  (piene:  deux 


^gjj  I.E     P\I.AlS-ROYAL 

autres  petiles  marmites  a  bec  et  couvertes,  ileux  pots  à  bouillon,  ilcux  grils,  trois 
cuilliers  a  pot,  un  arrozoir.  douze  petites  brocbelles,  deux  Essays  et  un  reschaud, 
une  eseumoire.  quatre  flacons,  deux  fermores  (?),  dix  Kguières.  vingt  flambeaux  de 
différentes  grandeurs  et  façon,  deux  souscoupcs,  une  escuelle  couverte,  deux 
sucriers,  deux  vinaigriers,  un  huiUier,  six  corhciiies  a  mettre  des  fruits  de  difl^e 
rentes  grandeurs,  deux  petites  sallières,  trois  poisles  a  confiture,  treize  manches 
de  couteaux,  quatre  compotiers  et  deux  saladiers  gaudronncz.  pesant  le  tout 
ensetid)le  cpiatre  cent  cinquante  marcs  quatre  onces  quatre  gros,  vaisselle  d'argent 
monté  poinvon  «le  Paris;  prisée  a  sa  juste  valeur  et  sans  crue  a  vingt  neuf  livres 
dix  sols  le  marc,  revenant  a  ce  prix  à  la  somme  de  treize  mil  deux  cent  quatre 
vingt  onze  livres  d(mze  >.>!>  ^ix  .l.iiiers,  ci  :  xnu'=ii'nu"xi  I.  xii'.  bi'. 

VAISSKLLK  l'LAlTi:   NKKMEIL  DOHK  POINÇON   1)K   PARIS 

Item,  soixante  trois  assiettes,  quatre  grandes  cuillicrs.  iiuarcnlu  six  petites 
cuilliers,  cinq  autres  cuillicrs  à  callée  et  quarente  six  fourchettes  vermeil  doré 
poinçon  de  Paris,  le  tout  pesant  ensend)le  cent  soixante  dix  huit  marcs;  prisé  à 
juste  valeur  sans  crue  à  trente  une  livres  le  marc,  revenant  audit  prix  à  la  somme 
de  cinq  mil  «inii  iciil  ili\  Imil    livirs.  cy  :  b'^b  xhiii  I. 

\.\i>si:i.i.i':  MdNTi';!':  vKiniKii.  douk 

Iteiii.  un  cadenas  garny  de  sa  sallière  et  poivrier,  dix  sallières  rondes,  une 
autre  sallière  carrée  avec  son  tiroir,  un  sucrier  él  vinaigrier:  tiii  poivrier,  une 
liuislc  couverte  à  viandes,  (|uarente  ciiKj  manches  de  couteaux,  \r  hml  (h-  \eni>eil 
doré  monté,  poinçon  de  Paris,  pesant  quarante  six  marcs  une  once;  prisé  à  sa 
juste  valeur  sans  crue  a  trente  livres  cinq  sols  le  marc;  revenant  à  ce  prix  à 
la  sonnno  île  treize  cent  quatre  vingt  (piin/.e  livres  cin(|  sois  six  ilcniers,  cv  : 
xnrnn"xb  I.  bv  br'. 

Ensuit  la  vmssf.i.i.e  n'oii  i-rr  d'mkjknt  (pii  estnit  à  N'ersailles  servaiil  l;inl  ,m  la 
lK)Uchi!,  panneterie,  fruiterie,  que  conunun  de  S.  \.  U.  Madaiiic  apporlie  en  celte 
ville  de  Pari»  poin*  estre  conqu'ise  au  présent  Inventaire... 

VAlSSKI.I.i:    IXtlt 

tli-m,  -liv  nHHJcttes.  uni-  cuilliere,  une  fourc  lullc  cl  un  manche  de  cnulcaii  d'or 
posant  dix  huit  mures  cpiutre  onces;  prisé  à  (piatre  cent  livres  les  marcs,  revenant 
a  eu  prix  ù  la  sonime  de  se|it  mil  quatre  cent  livres,  cy  :  bu'ini'  1. 

VAI.SSELLE   MONTfiE   VERMEIL 

llmi,  un  iK>rti!  couvert  avec  non  dessus,  un  cadenas  garny  de  deux  cuillicrs, 
deui  foiiri  lielle»  cl  deux  nianche'<  de  couteaux,  un  tire  moelle,  une  boisie  à  \ian(k', 
un  iM-lil  railrnoi  à  njellrc  nel  et  poivre  el  curedents,  un  sucrier,  mi  vinaigrier,  un 
huillier,  nn  poivrier,  une  luncmqtc,  une  coiqipc  couverte,  un  Essay  el  six  nami)eau\ 
Kuvrci,  le  tout  vermeil  doré  pesant  ensemble  cimpianle  ipiahc  marcs  ciiK]  onces; 


OnCUMENTS     JUSTIFICATIFS  '|00 

prisé  à  ticnlo  livres  citui  sols  le  marc;  revenant  à  re  |)ri\   à   la  somme   de   seize 
cent  cinquanle  deux  livres  huit  sols  un  denier,  cy  :  xbr  i.ii  1.   Inn'.  i''. 

VAISSELLE    DAHCKNT    l'IATTH 

llein.  deux  iiassins  ronds,  drux  i)assiiis  o\ ailes,  (jiialic  vinf,4  quatre  plats  de 
dill'ercnfes  grandeurs,  cpiatre  vinfi;!  dix  huit  assiettes  de  couvert,  vinj^t  trois  assiettes 
volantes  de  ditlerenles  f,nandeurs,  deux  grandes  cuillicrs  de  potage,  une  grande 
fourchette,  quarente  huit  petites  cuiliiers,  cpiarente  cinq  petites  fourcliettes,  une 
casserolle  ronde,  une  cuillère  à  pot,  une  écumoire,  un  Essav,  douze  ])etites  burettes, 
une  fiole,  un  couvert  plat,  ])esant  ensemble  huit  cent  vingt  deux  mares  quatre 
onces  sept  gros;  prisé  à  trente  livres  le  marc,  revenant  à  ce  prix  à  la  somme 
de  vingt  quatre  mil  six  cent  soixante  dix  huit  livres  cinq  sols  sept  deniers,  cy  : 
xsnii^^br  Lxxljui  1.  b  s.  bn'. 

VAISSELLE    D'ARGENT    MONTÉE 

Item,  une  marmitte  et  son  couvercle,  huit  flambeaux  Euvrez,  (juatrc  chandclliers, 
un  poivrier,  cinq  petits  sallières,  treize  manches  de  couteaux,  trois  sallières,  six 
equelles,  un  réchaud,  deux  pots  a  bouillon,  un  bassin,  un  gril,  mie  poisle,  trois 
mouilloirs  (?),  deux  vinaigriers,  quatre  flacons  avec  leurs  plateaux,  un  Essay 
et  un  porte-huillier,  pesant  le  tout  ensemble  cent  quatre  vingt  onze  marcs,  sept 
onces,  cinq  gros;  prisé  vingt  neuf  livres  dix  sols  le  marc,  revenant  à  ce  prix  à  la 
somme  de  cinq  mil  six  cent  soixante  deux  livres  douze  sols  trois  deniers,  cy  : 
bi'bi  Lxii  1.  xir.  m'. 

PENDULES 

Ensuyvent  trois  pendules  représentées  par  le  sieur  Bouticourt  avec  une  montre. 

Item,  une  pendule  de  seize  poulccs  ou  environ  de  haut,  faite  par  Oury,  dans  sa 
boiste  de  marqueterie  en  dôme;  prisée  la  somme  de  cent  livres  :  c  1. 

Ilem,  une  autre  pendule  sonnante  dans  sa  boiste  d'ébène  carrée,  faite  par 
Martiims,  bordée  de  cuivre  doré;  prisée  la  somme  de  soixante  quinze  livres  :  i.xxb  1. 

Item,  une  autre  petite  pendule  aussy  faite  par  Oury,  dans  sa  boiste  (fébène; 
prisée  la  somme  de  quarente  livres,  cy  :  xl  1. 

Item,  une  grosse  montre  à  réveil  dans  sa  boiste  d'argent  et  une  boiste  de 
chagrin;  prisée  la  somme  de  quarante  ciiui  livres,  cy  :  xiJ)  1. 


\  i:\Ti;  i)i:s  imkiuikkiks  de  .mu.nsii:lii 

EN     1703 
lAnliivt-s  iialioïKilt-s.   kk.  388) 


...  Et  par  CCS  présentes,  S.  A.  il.  Monsiij^iK-iir  le  duc  d'Orléans,  petit -fils  de 
Franco,  consent  que  tous  les  deniers  ((ui  provieiuiidnt  de  la  dite  vente  [des  diamants 
et  pierreries  contenus  en  l'Inventaire  lait  après  le  décès  de  S.  A.  H.  Monsieur] 
soient  remis  et  délivrés  entre  les  mains  de  Charles  Le  Bèfjue,  seigneur  de  Ma/ain- 
ville,  lré>orier  général  des  maisons  et  linances  de  S.  A.  R. 

I.*s  dits  conseillers  procureurs  ont  remis  les  diamants,  bijoux  et  pierreries  es 
mains  du  sieur  Charles  Nocret,  premier  valet  de  garde  roi)e  de  S.  A.  R.  poui-  ioeux 
t^lre  exposés,  criés,  vendus  et  adjugés  aux  personnes  \)\\i-i  olVranlcs.  \  la  niiuiMc 
seule  «le  S.  A.  R.  au  moyen  de  la  renoncfation  l'aile  pai  f  ii'  ,  l~  piiissaiile  et 
f  excellente  princesse  M*  Kli/alxlh  Charlotte  de  Palatine  du  Rhin,  duchesse  de 
Ra>ière,  veuve  île  Monsieur,  frèie  uniipie  du  Roy,  a  la  communaiité  de  biens  qui 
a  été  entre  elle  et  feu  Monsieur;  le  dit  acte  de  renonciation  passé  par  devant 
M~  Claude  Boucheron  cl  llellanger  le  jeune,  notaires  au  Chatelct,  le  6  févriei'  170J. 

Siii>ant  lecpicl  réquisitoire,  j'ai  huissier  susdit  procédé  à  la  criée,  vente,  adju- 
diculion. 

Suit  la  vente  : 

N*  7^. —  l'ne  Imucle  de  chapi'au,  compo-iée  tle  Irni-;  nilii-;  (roilciilcl  '1  dia 
maiits  hrillant»,  criée  ti  Hi»\  livres,  adjugée  au  sieur  l.adnireau  (l'orfèvre)  coiuiiie 
uu  pluH  ulTrant  et  dernier  «•ncliéri>»seur  :    i,'jii.">  livres. 

N*  77.  —  l>eu\  noMid».  rubis  rt  brillanis.  adjuj^'és  au  s'  Ituiirliii,  orfèvre,  rue  du 
llarlay  :   i.gtio  livre<<. 

N"*  1 10  cl  I  lâ.  —  Peux  bagues  ;  rubis  et  diamards.  au  s'  l.adnireau  :  '|()o  livres. 

N~  ii.l  cl  11^.  —  Deux  bagues  :  saphir  cl  diamaiils.  ii  La;,'neau,  m'  m  fèvre.  (|iiay 
de»  Morfondus  :  710  livres 

N-  iiH.  —  :\  Iwgues  :  saphirs,  l.ipa/e.  au  s'Cadrl.  m'  orfî-vrc,  rue  Rcrliii  :  .")..  Ii\r 

N*  loX. —  lingue:  ridui,  diamants,  à  Mi>n>ieur  de  Tersus,  trésorier  de  .'^.  A.  \\.. 
drmi-unint  rue  des  H.  enfanls  :  1, .'{....  li\rcH;  d  na  donné  (pie  jS  livres,  accorde-  le 
crédit  du  utirpluit  du  conHcntenienl  de»  »"  Vaillant  cl  La  Marre. 

N*  î"».   -  I  n  diomanl  en  rose,  au  »'  (wmdin,  (piai  des  OrfT-vres,  à  la  rri 1'  \n"le 

Icrrr  :  ç(,l>.'iii  llvrr»;  payé  avec  de-i  billets  au  porteur. 

>-i...  —  In  diamant  brillant,  au  s'  Joseph  Mussaphia.  Juif  dllambumj^r  ; 
1 3,000  llvrf«. 


DOCUMENTS      J  T  ST  I  I' 1  C  V  T  I  hS  '187 

N°  37.  —  90  petits  boulons  de  diamants,  adjugés  à  M'  Aubcrt,  introducteur  des 
ambassadeurs  de  S.  A.  R.,  demeurant  au  Palais-Roval  :  1,710  livres. 

N"  35.  —  .'îl  petits  l)()ul(ms  cU-  iliaiiianls.  au  s'  L('\  y,  .luif  dcMicuranl  en  Angle- 
terre :   1 ,020  livres. 

N°  16.  —  2  p''  (lianiunls  brlllaiils  on  pendants  d'oreille,  adjugés  à  M'  le  Comte 
de  Bréauté,  chand)cllan  de  S.  A.  H.  :  2,680  livres. 

A"  38.  —  12  boulons  de  dianianls,  au  s'  La\;uid,  m' Joaillier,  r.  Bcrtin-l'oirée  : 
8io  livres. 

N"  62.  —  Une  paire  d'attaeiies  en  dianianls.  au  s'  et  dauioisrlle  liastoiivillc, 
demeurant  rue  Tbibaul  aux  dés:   1,07,')  livres. 

N°  i3.  —  Un  diamant  brillant,  adjugé  à  M""  la  duchesse  de  Meueode,  demeurant 
rue  neuve  des  p"  champs  :   10,080  livres. 

N°  128.  —  Un  grand  diamant  à  facette,  au  s'  de  \areiincs  :   i'i,'iio  livres. 

N°'  182  et  i33.  —  Un  diamant,  adjugé  au  s'  .lustc,  architecte  des  bâtiments  du 
roi,  demeurant  cloître  s'  honoré  :  38, 000  livres. 

N°  i35.  —  Un  diamant  en  un  seul  chaton,  adjugé  à  M.  le  Marqtus  de  Naucré  : 
3,200  livres. 

Et  le  lundi  i()''""'Jour  du  mois  de  Juin  au  dit  an  1702,  sui\anl  les  ordres  à  moi 
donnés,  je  me  suis  huissier  priseur  transporté  en  la  maison  de  M'  de  Mazainville, 
trésorier  gênerai  de  S.   \.  R.,  où  j'ai  reçu  diverses  sommes  du  comte  de  Bréaulé. 

Et  le  samedi  i"  juillcl,  remis  es  mains  de  M'  de  Mazainville,  une  quittance  du 
s'  Jud,  architecte,  de  la  somme  de  38, 000  livres  à  compte  des  ouvrages  par  lui  faits 
pour  feu  S.  A.  R.  tant  à  S'  Cloud,  \  ersailles  qu'au  Palais-Hoyal. 

]N°  17.  —  Un  diamant  bi'illant  vendu  à  M'  Doublet,  secrétaire  des  commandements 
de  S.  A.  R.,  demeurant  rue  N"'-S'-Auguslin  :  ôoo  livres. 

Le  samedi  22  juillet,  ai  reçu  une  quittance  de  M.  le  duc  de  Nevers  de  la  .somme 
de  10,000  livres  pour  les  arrérages  de  l'année  dernière,  à  cause  de  pareille  somme 
à  lui  due  par  la  succession  de  feu  S.  A.  R. 

Somme  totale  à  laquelle  se  monte  le  prix  de  la  vente  des  pierreries,  diamants: 
507,913  livres. 

Plus,  quelques  autres  objets  retirés  font  monter  la  somme  tolale  à  ôoo, 801  livres  : 
cinq  cent  mille  huit  cents  une  livres,  quinze  sols. 

38'  jour  (l'avril   171)."). 

Jean  AiiNoii.r, 

llaissifr  priseur. 

!,c(lil  proci"'S-viM-l)al  mis  an\  .iiciiiM-.  du   l'alais-Ho\al. 
aT   iiiav    i-ii.'i.  I)i;    riii:>ur. 


I  II-'  «Il  vXU^^H^iiUjL,-^ 


i.i:  ^r.i{\  ICI-:  di:  i.\  tmu.k 


M      l'M.MS-lKiY  M. 


i.i:  i'Ki\  i)i>  \i\  iu:s  i:n  ig-o 

MAIlCIIK    pni  K     I.KS    \IAM>I>,     l'tllS>.ON!S,     i:t>Mi:STlHI,KS,    ETC. 


Ar/r  fin  l'î  jiirn-icr   IG~0 

Fiil  préM'iilH  Cnllirriiie  Dnrioii,  \fiivi-  ilii  siciir  Sircl  Cliovalier,  vivant  pour- 
>o>c'ur  lie  \:\  U<  yiii-,  ilciiii-uniiilc-  .'i  l'uris.  rue  tlii  Uuul  ilii  Muiide,  paroisse  Saiiiel- 
Kuitlarhi-, 

l.ji<pii-llr  II   Faicl  iiiari'iié  pruiiii.s  et  pniiiM'l  : 

\  Muilutiir  DiiclirsHr  (l'OrlruiiH,  slipiilaiil  pour  mmi  Mlesse  lt(i\:illr  par  M('>>irc 
(ihiiidi;  Koiiiieati.  •In-^alicr,  Meijfiiciir.  piciiiirr  Inai^ilr(■  d'hostei.  Mcssirc  ilc  la 
(trundièrf  ('.nriiiiaii,  «<ieiir  de  Mciircé,  mai>lri'  dlinslcl  ordinaire,  Monsieni'  M  ilem- 
ir\%(in»i,  lri'«orii:r  de  l-'ranee  à  Alen(,'oii  l'I  lré>orier  j,'énéral  des  Maison  et  finances 
de  Suitîti'  MleiiMr  Koyalle,  Mes-^ire  l-miis  llaniuri,  eon\o\enr  f^énérai,  et  Messirc 
l'uriiMit,  eonvoyeur  d'oHlee  de  son   Altesse  HoNalle, 

ToiiK  II  eo  pr«'M*n<>  et  aeeepluns  de  Tournir  la  maison  de  Sadit  te  Altesse  lUivalle. 
tant  |Miiir  Ml  fl^|H'n»e  ordinaire,  reslinn  et  traieleniens  d'ambassadeurs  extrangers 
ri  M-i((n<-iir  frniivaiR  <pie  pour  uutreK  despenses  extraordinaires.  t<>lles  (pi'ellis  M)ient 
|Miur  ipieltpir  riiiiM*  el  oi  rai  ion  ipie  rc  ptii<tsc  cslre.  penriant  (|nalre  an-»  (pii  ont 
roinineiHi-  un   pn-inii-r  jour  du  pré-^-nl  mois  de  janvier  ri   liniront  ,iii  dcniiiT  Jour 


DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS  SEHVICE    WE    LA    TABLE 


489 


de  décembre  de  l'année  qne  l'on  comptera  mil  six  cens  soixante  treize,  de  lonles 
sortes  de  viandes  et  poissons  tant  d'ean  douce  f[ue  de  mer  frais  et  salies,  et  de 
toutes  autres  marchandises  concernanlos  l'eslat  de  pourvoyeur,  le  tout  bon,  raison 
nable,  loyal  et  marchand,  suivant  les  menus  qui  luy  seront  commandés  et  non 
à  sa  volonté  et  commodité,  pour  les  piix  cy  après  déclarez  cl  spécillicz,  et  cncon; 
qu'elle  ne  seroist,  suivant  les  menus,  la  fourniture  ne  lui  sera  compléc  qu'à  raison 
du  ])rix  des  espèces  contenues  en  iccux. 

i]nsui\('nl  les  prix  des  rdurnilurcs  de  chair: 


I  ;(»!■■.(  !•' 

l'rcmièremcid,  la  livre  de  hd'iif  (|ii:ilrc  sois,  à   la  char>,fc  de  t'diiiiiii-  de  la  |)ui(liiiic 
poni-  la  liduchc  de  niadii'lc  (hinic  cl  à  la  lahle  de  Messieurs  les  Maislres,   cy  .  .    iiii' 


Langue  cl  bouillon  de  bu'ul  . 

Ventre  de  bœuf 

Le  pallais  de  iweuf 

La  livre  de  moelle  de  Ixcuf.   . 


xii"  La  lélinc  de  vache   .    .    . 

xbj'  Alld\au  de  bœuf.    .    .    . 

iiii"  Langue  de  bœuf  fraîche 

x\l)j'  Langue  de  bœuf  fumée  . 


biii' 
xii' 


xb' 


VEAU 


Chair  de  veau  pezant  pour  la 
bouche  cinquarde  livres, 
(juinze  livres,  cy xb' 

Pour  le  commun  paisanl 
trente  six  à  Ireide  huict 
livres,  quinze  livres,  cy  .   .       xb' 


Fressnre,  ventre  et  teste  de 
veau,  pièce,  huicl  sols  .   .   . 

Tayc 

His  de  veau,  la  douzaine,  cinq 
livres,   cy 

Fraize  de  veau,  huict  sols.   . 


biii' 
iiii' 


biii" 


MOUTON 


Chair  de  mouton  pai/.ant, 
l)dur  la  bouche  Ircrde  sept 
Il    Irenle   huicl   li\r(s.    .    .    . 

I.a  (Iduzaiiie  de  pieds  de 
iiidulun   et  eailletles  .... 


Et  pour  le  commun,  vingt 
neuf  à  ti-cnlc  livres  pc/.aid 
(■dinpris  le  sinf 

Langue  de   moulon 


l'OliC 


La  li\  re  de  i>orc  irais 

La  livre  de  porc  salle 

La  liv.de  jambon  de  Mayence. 
Eschine  entière  d'un  pied  de 

long 

Issues    de    porcs,    giouins    el 
pieds 

T.    I.    LE    l'Al.AlS-llOYAL. 


".1 
bii 


xLl.iii 


\  cidre  il(!  pdrc 

ColleleLles  entières 

La  douzaine  d'audouilles.  .  . 
La   liou/.aine   de   saucisses  île 

veau 

Lu    li\re   de   einilduv.    h(  iirre, 

"raisse,  huille  et   lard  .    .    . 


\L' 
xxx* 


Ago 


LE      P  VI.AIS-UOYAL 


Alloucttes,  la  doiuaine. 

Aigrelles 

Agneau  gras  depuis   Pasques 

jus«|ues  à  la  Toussaincl .    . 
Et  depuis  la  Tuussainct  jus 

ques  à  Pasques 


\i 


H 

\l.j-        Heslu(leau\.    doiil    deux    par 
1)  pièce 


l.;i|)l)iii    <ni    lappcrcaii.    i)iî'cc. 
lAi\  11',  lc\rcaii 


xL^ 


Bécasse . 
Hirge  . 
Bécassine 


XXllll" 

Lv 

xb' 


Merle,  la  douzaine. 
.Marcassin   franc   .    . 


Lx' 


C 


Cailles  grasses \" 

Cliappon  gras  e(  veil \l.' 

Cliappun  paillé wiiii' 

(ligne  et  C(><|  d'Inde lA»' 

Potdet  dinde xxhii"  i)i 

(iuurlis \\\ 

Clie\  aller \ 

Cicugne \l, 

CtK-hon  de  luicl .\l,' 

Chevreau  depuis  la  Toussainct 

jusques  h  Pasques iiii' 

Kt  depuis  Pas(|ues  jusipies  à 

i.i  'riiU'<saiiict I.' 


Faisan  et  faisandiMii 


<fri>r<,  la  douzaine  \|. 

(«élinoltcM  dont  tmit  un  plat  vw 


() 


()\suii  depuis  la  Toussaincl 
jus(pies  à  Pascjucs 

I!t  depuis  Pasqu(>s  jusques  à 
la    l'oussaincl 

C)\e  grasse 

Onc  sauvage 

Oyscau  de  rivière 

Oiislardc 

Orlulan 

•  i.iil'-.  le  cent 


l'aoM,    paiiniieau 

l'iiiillr  ;,'rasse 

l'oullc  I  UN  pigeons,  dont  trois 

pour  piècii 

i'cnlriv,  |)erdrean\ 

Pluvier 

Poularde  du   Mans 


nniT.    t.iiMiiiaii 


XXX" 
XXX* 

xL' 

xxiiii' 

i'        ') 
xL' 


xl)iii' 

x\x" 

xxiiii' 
xb- 

XXX' 


xb* 


IlilKiii,    liilHiuveiiu 
llalliriin 


Sarcrilf,    li.uilciclle 


xb- 


DOCUMENTS    JUSTI  IK^ATIFS   SmVITF     Dr    T.  \     T  \m.F 


10' 


A 

Alloze  fraîcho  depuis  la  Tous 
saincl  jusqucs   au    dernier 

mars iii 

Et    depuis    ce    dernier    mois 
jusques  à   la  ToussaincI .    . 

\n<,niille  de  rost 

\iij^iiillc  paste 

Anguille   potage 

Alloze    sallée 

Abies,  le  cent 

Anchois,  la  livre 

B 

Le    grand    brochet    de    deux 

I)ieds  et  au-dessus \b 

Brochet    de    pied    et    deiny 

quatre  doigts x 

Brochet  de  pied  et  demv.    .   .         h 
Brochet  de  pied  quatre  doigts. 
Brochet  de  ])ied  deux  doigts. 

Brochet  de  pied 

Brocliet   au-dessous  de   pied 

ou  environ 

Le  grand  bar iii 

Le  moyen  bar 

Le  petit  bar 

Le  grand  barbeau b 

Le  barbeau  de  pied  et  deuiy 

quatre  doigts iiii 

Le  barbeau  de  [)ied  et  deniy. 
Le    barbeau    de    pied    quatre 

doigts 

Le     barbeau     de     pied     deuv 

doigts 

Le  barl)cau  de  pied 

Barbillon,  le  cent iii 

Bresme    raisonnable   de    |)ied 

deux  doigts 

Bresme  de  pied 

Grande  barbue bj 


l'OlSSON 

B 

Aloyenne  barlinr   lii'   pii^'cc  .    .  xL' 

Grand  bccanl   de  deux  pieds 

'        "  et  au-dessus i)j'        » 

Becard     de     pied     et     deiiiy 

\\\'  (pialre  doigts iiii'       x' 

\\1>~      ik'card  de  pied  et  demy  .    .   .        iii'        n 

\i»'      IJalayne,  la  livre x' 

xii" 

xii-  ç^ 

X' 

;^j3«      La  grande  carpe  de  deux  pied/. 

et  au-dessus. xxiiii'        » 

La    carpe    de    pied    et   demy 

quatre  doigts xb'        » 

La  carpe  de  pied  et  deiuN.    .    .  x'        » 

"      La  carpe  de  pied  quatre  doigts.  iii'        « 

La  carpe  de  pied  deux  doigts.  xL' 

"      La  carpe  de  pied xxiiii" 

^~      Carjjc  au  dessoubs  de  i)icd  ou 

^           gavoureau x' 

xxxb"      Congre,  la  livre x- 

x'»''i'     Cellerin,  le  cent 1/ 

Cancres,  le  cent hj'        » 

^       Corgue  et  dorade xL' 

"      Gocques,  le  plat xx" 

^L'      Caillebault xxxb' 

XX' 

D 

'        »      Darc,  le  cent 1)'        » 

L" 

E 

hscrevisses,  le  cent xxx" 

Espeilan,  le  cent iii'        » 

xx'      „  ,     ,  , 

Escargots,  le  cent xu' 

Esturgeon,  la  li\  re xxb' 

G 
\xx' 

\x'      Grcvault    rais<)iiiiai)!c,  faisant 

'        »  pièce XXX 


4ga  LE     PALAIS-ROYAL 

G 

Grappes 

(Janlon.  le  cent >•'•' 

Grenouilles,  le  ceiil 

H 

Hurun  blani-  el  saiiret b 

llaran  Iran,  le  cenl bi 

Huislres  jurandes,  le  cent.   .   .        bi 
lluistres  petites,  le  cent.  .   .  iiii 

lliii>tres  escaillécs,  le  cent  .   . 

Ilniiiartl 

Ilastroiis 


L 

l^niproje  depuis  la  Tous- 
sainct  jusques  au  dt-rnicr 
mars 

Kt  depuis  le  dernier  mars 
jus(|ues  à  la  Toussaincl.  .    . 

Luclies,  le  plat 

M 

Mulet 

Marsouin,  la  livre 

Miilue  fraîche 

Muiue  de  quatre  pièces.  .   .   . 

Molue  de  Iriti.H  pièces 

Mnluc  de  dru\  |>ièces 

M<duc  purée 

M.rlan 

Mulet  de  pictl  quatre  doigts  . 
Murqueri-au    friii»  .    . 

Moullr,  le  cent  .    . 

Moi^rc,  la  li\r<' 
Macrciim' 


Orobr*' 


P 

\b'      Perciies  grandes  de  dix  à  douze 

\-          poulces iii'        » 

w      Perches  moyennes   de  iiuif  à 

dix  poulces xxx" 

Pelitcsperches  dont  trois  pour 

pièce ^'' 

X"      Plie  de  mer xx' 

„      Pimprencaux.  le  cent b'    \ii' 

„      Pucelle xii~ 

„      Paiiillon xii" 

xbi' 

\\x-  R 

b- 

Raye  grande L* 

Raye  moyenne xxb* 

Rougets  barbus x" 

S 

Sardines,  le  cent L' 

Seiche  simple bii' 

Seiche  fraîche xxb' 

XX' 

Solle  grande  de  pièce iii'        » 

Moyenne  solle  de  deux  pour 

pièce  de  huict  à  dix  poulces.  xx" 

(îrand   saumon   frais  do   Irois 

^^  |)ieds  et  au  dessus xwi)'         n 

^''       M()\cii   --iiuniiiM  de  <i('ii\  |)ii'ds 
^^^  i-l  deiny  cl  au  dessus.    .    .    .      xx!)'        » 

\l/      Pftii  saumon  de  deux  pieds  et 

^^^'  au  dessus xb* 

^'''       l.c  >auiniin    de    pied   cl    dciny 

^^  ([iLillc   dnigls x'  1) 

''*      (iraiid    saumon    sullé hj'         » 

^'''      Moyen  saumon  salle iiii'        » 

•>•'«"      Petit  saumon  salle L* 

X* 

xb- 

1" 
xx\ 

Truite  grande  i\i-   deu\  pieds 

et  au  dessus \\i'         „ 

Truitledcpicd  cl  denix  (pialif 

xhj"  doigts.  i\  .. 


DOCUMENTS    JUSTIFICATIFS 


SERVICE    UE    r,A    TAni.E 


A93 


Tniitte  de  pied  et  demy  ...        bj' 

TniiUe  de  pied  quatre  doigts .        iii' 

Tniitte  de  pied  deux  doigts  . 

Truilte  de  pied 

Truilte  ou  barbnlte  de  dix  à 
douze  poulces 

Ton,  la  livre 

Turbot  grand,  pezaut  vingt  li- 
vres  xbiii 

Turbot  moyen,  pezaut  quinze 
livres \ii 

Turbot  petit  de  dix  livres.   .   .        i\ 

Turbot  au  dessoubs  et  barbue, 
pièce b 


Tange  pied  deux  doigts.   .   .   . 

X'     Tange  de  pied 

xL'     Tortue  grande 

xxb'     Tortue  moyenne 

Paste/.  de  Iruilles  et  saumons 

x^         au  prix  des  truiltes  et  sau- 

\biii'         mons  selon  leurs  mesures. 


Villa 


raisonnables . 


XX' 

\b^ 
xL' 


Zaconne? 


xb' 
biii' 


xb* 


Tous  les([uels  prix  cy-dessus  ladiclc  veuve  Clie\alier  a  pour  bien  agréable  et 
moyennant  iceux  promet  fournir  et  tout  ce  que  dessus  exécuter  et  accomplir 
bien  et  loyamment  fournir  Icsd.  chair  et  poisson  aux  Maisons  de  Sad.  A.  R., 
pendant  ledit  temps  de  quatre  années  commencées  audit  jour  premier  janvier 
p°"  mois  pour  finir  audit  jour  dernier  décembre  mil  six  cent  soixante  treize. 

Lesquelles  fournitures  ladite  veuve  fera  soit  à  Paris  ou  en  tels  autres  lieux  que 
Son  A.  R.  puisse  cstre,  tant  pour  la  despense  ordinaire,  festins  et  traictemens 
d'ambassadeurs,  seigneurs  extrangers  et  français,  que  toutes  autres  despenses  telles 
qu'elles  soient  pour  quelque  cause  et  occasion  que  ce  puisse  estre  et  icelles  fournir 
de  telle  bonté  et  sorte  que  lesd.  viandes  et  poissons  requis  seront  selon  les 
saisons  de  l'année,  de  fournir  dans  tous  les  repas  extraordinaires  qui  se  feront 
pendant  lesd.  quatre  années  toutes  les  pièces  picquées  qui  luy  seront  commandées, 
en  lui  payant  pour  chacune  pièce  de  viande,  lard  et  picqueure,  sans  qu'elle  puisse 
s'excuser  ny  alléguer  qu'elle  auroit  pris  de  toutes  sortes  de  viandes  et  poissons  et 
qu'on  seroit  tenu  de  prendre  de  celles  qui  sont  hors  de  saison,  et  sy  pour  la  cherté 
ou  pour  vouUoir  bailler  des  viandes  qui  ne  soient  de  saison  ny  portées  par  Icsdils 
menus,  lad.  veuve  Chevalier  en  vouUoit  bailler  d'autres  ou  si  elle  maii(|U()il  à 
faire  icelles  fournitures  en  temj)s  et  lieu,  en  ce  cas  on  en  pourra  faire  achepter  à 
ses  despens  quoy  quelles  coustenl,  et  lesquelles  viandes  et  poissons  ainsi  aeh('[)lécs 
ne  luy  seront  néantmoins  comptés  qu'à  raison  du  prix  ordinaire,  et  ne  pourra 
ladicte  Chevalier  fournir  aucun  poisson  d'eau  douce  mort  soit  en  la  ville  de  Paris, 
Sainct  Germain  en  Lave,  Fontainebleau  et  autres  lieux  et  villes  étant  sur  les  rivières 
où  Sad.  A.  R.  sera,  et  encore  cpielle  fournisse  dud.  poisson  mort  ne  luy  sera 
compté  que  la  cinquiesme  partie  du  prix  cy-devant  accordé,  et  alfin  que  les  services 
et  fournissemens  ne  soient  en  rien  retardez,  mais  qu'ils  soient  mieux  faict,  sera 
tenue  ladicte  veuve  d'apporter  ou  faire  ajjporter  pour  chacun  joiu-  le  poisson  et 
marée  pour  les  fournitures  depuis  le  premier  jour  d'octobre  jusques  au  dernier 
jour  de  mars,  à  sept  heures  du  malin,   et  depuis   ce  premier  jom-  d'avril  juscpies 


>^n'l  IF.     I>ALAl.S-RO\\L 

au  dernier  sepli-inbrc  l-ii  suivanl.  à  cinq  lienrcs  du  malin,  allii  que  s'il  y  on  avoil 
qui  ne  fùl  pas  bon  el  raisonnable  on  ave  temps  d'en  aehcpler  d'autres,  et  qui  no 
luv  seront  com|)tés  qu'aux  prix  cy  dessus.  Sera  tenue  ladicte  veuve  d'assister  en 
personne  au  service  de  Sd.  \.  W.  et  luy  seront  cesd.  fournitures  payées  à  la  liti 
de  ebacun  mois  et  non  autrement  par  le  sieur  Trésorier  général  de  la  maison 
de  Son  A.  H.  Sur  lesquelles  fournitures  sera  néantmoins  desduict  à  lad.  veuve 
(;be> aller,  qui  la  ainsi  consenti  et  accordé  par  ces  présentes,  la  somme  de  trois 
mil  livres  par  chacun  an,  faisant  par  mois  deux  cent  cinquante  livres,  qui  lui 
seront  rabatues  de  mois  en  mois  lors  du  payoïiuiil  qui  lui  sera  faiot  de  sesd. 
fournitures  à  la  fin  de  chacun  mois,  comme  dict  est,  Ueconnaissant  ladicte 
\cu\e  Chevalier  que  ladicte  déduction  ih-  trois  mille  livres  par  an  est  une  condition 
iludict  présent  marclié.  dans  lecpiel  autrement  les  prix  dcsd.  pièces  auroien  esté 
diminuez  juscjucs  à  la  concurance  de  lad.  desduction,  comme  aussi  sera  lad. 
veuve  payée  des  fournitures  qu'elle  fera  pour  festins  extraordinaires,  traictemens 
d'ambassaileurs,  .seigneurs  cxlrangers  et  françois,  on  quelques  lieux  que  ce  soit,  et 
.HV  aucuns  se  font  durant  vrt\.  tonq)s  |)ar  le  commandement  de  Sadite  A.  R.  par 
leilit  sieur  Trésorier,  des  deniers  qui  lui  seront  pour  cet  effet  mis  csmains  suivant 
les  extraicls  du  con""'  général  (pii  luy  seront  délivrés,  sans  aussy  que  lad.  veuve 
puisse  s'adresser  à  autre  quaudit  sieur  Trésorier  pour  le  payement  dcsd.  fourni 
tmes  des  deniers  qui  luy  seront  fomnis  et  mis  es  mains  à  cet  elTcct. 

Kt  .>era  logée  par  les  mareschanx  de  logis  et  fouriers  de  la  maison  de  Sad.  A.  U. 
partout  où  elle  ira  et  fera  séjour  fors  el  excoplé  on  cette  ville  de  Paris,  \e  poura 
lad.  \euve  transporter  son  droit  du  présent  niarcln'  i\\  associer  aucunes  personnes 
avec  elle,  sans  le  gré  et  consentement  dcsd.  sieurs  stipulants  et  d'aulanl  (jue 
cy- devant  il  y  a  eu  diiiculté  aux  cliaisnes  faiclos  pour  les  j)oissons,  sur  rex|)lioaliûn 
lie»  doigts  et  poulcos  a  esté  accordé  cpie  la<l.  \euvc  servira  sur  la  chaisne  faide  à 
la  mesure  cpii  est  du  (llia-^telrt  de  Paris,  à  douze  poulcos  pour  j)ied  de  lloy,  sans 
que  cy-après  il  y  ail  des  ilitlVrciuls. 

A  esté  conM-im  ipie  si  jos  vraux  el  moutons  qui  seront  fournis  par  ladicte 
\eu>e  n'axoicnt  li-  poiils  con\(  nu  pai  li-  prosetil  marché,  il  \  -fv.\  ral)atu  sis  sols 
pour  li\re. 

K^t  rncore  coiimuu  que  -i,  piiid  inl  le  cours  du  pri'scul  marché  Sou  V.  li.  faicl 
voyage*,  le  porisis  dcsd.  fiturnilurrs  <lo  \iandes  cl  poissons  luy  sera  baillé  cl  p;i\<' 
par  cliai|ue  moi»,  outre  le  prix  dud.  marché  lorsipn-  Son  A.  \\.  sera  éloigmc  de 
vingt  huict  licueit  de  cette  \ille  de  Paris  et  non  aulreuuiil.  li'i|uol  parisis  hiv  sera 
payé  par  le  «ii-ur  Trésorier  général  des  deniers  de  sa  chai-^'e  siuis  luy  l'aire  aucun 
rrnh-,  non  plut  que  du  prix  desdicles  fournitures. 

Kl  pour  l'exéculion  des  présentes  et  despendances  lad.  veuve  Ciiovalier  eslisl 
•oh  doniii'ile  irré\ocnble  en  la  maison  on  elle  est  demeurante  su.sdéclarée, 

Fairt  et  pa««é  au   bureau  de  madicte  dame. 

L'an  mil  «it  cent  •«oixanle  dix  le  \ingt  un  jai>\i'r 

Kt  ont  ligné  le  préM-iil  marché  : 

C     liDiiioN,   nWIMir.   UONNFM. 

i>\M»i  sr.  \ii:i  itci:.  i'\ni.Mir. 


• 


DOCUMENTS    JUSTIFICVIII-S   —  SKIWICF.     I)K    I, A    ÏAHLK  ^QS 

MARCHÉS  POUR  LE  PAIN 
27  Janvier  HJ70 

FraïK-ois  lloyau,  inaislre  l)0ullanger  à  i'aris,  dciiicuraiit  rue  Froimantcuu, 
promet  à  S.  A.  R.  Madame,  duchesse  d'Orléans,  stipulant  pour  elle  par  messirc 
Claude  Houniau,  chevalier  seigneur,  premier  maître  diiùtel... 

Do  livrer  journellement  pendant  un  an  tout  le  pain  qui  sera  commando  |)onr 
la  provision  de  la  bouche  de  S.  A.  R.,  son  train  cl  suitte,  suivant  les  menus  ([ui  luy 
seront  hailli's  pour  la  distribution  d'icclluy...,  lequel  llovau  rendra  ledit  pain  à  ses 
frais  et  dcspcns  aux  olTicicrs  de  panneterie,  bouche  et  commun  de  Sa  dicte  A.  R. 
en  tous  les  lieux  et  endroits  qu'elle  ira,  scavoir  les  2  tiers  de  pain  de  bouche  du 
poids  de  9  onces  et  l'aulre  tiers  du  commun,  chi  poids  de  ()  à  10  onces,  bien  cuit 
et  rassis,  lequel  pain  sera  i)rizc,  à  raison  de  treize  suis  pour  chacune  douzaine 
de  pain... 

Marché  est  également  fait  pour  le  pain  (le  a'i  décembre  1G70)  avec  Antoine 
Musinier,  maistre  boullangcr,  qui  doit  fournir  charpie  jour  huit  douzaine  de  pains 
au  lait  pesant  chacun  9  onces  pour  la  bouche  de  S.  A.  W.,  plus  le  pain  mollet,  aussi 
pour  la  bouche,  et  le  pain  tns  blanc  de  9  à  10  onces...  le  présent  marché  fait  à  raison 
de  seize  sols  pour  chascunc  tlouzainc  de  iiains. 

MARCHÉ  POUR  LE  VIN  BLANC 

•:i  Janvier  1670 

Fut  présent  honorable  hoiiime  .Icaii  l5oussingauIt,  marchand  de  vin  à  Paris, 
y  demeurant  lue  de  la  Monnoye.  Icrpicl  a  promis  à  Madame  duchesse  d'Orléans  de 
lui  fournir  pendant  une  année  tout  le  vin  blan  cl  clairet  ([ui  sera  iiecessaire  tant 
pour  la  bouche  de  S.  .\.  R.  que  potn-  sa  maison  et  son  Irain,  à  telle  quantité  qu'elle 
puisse  monter... 

Ce  marché  fait  moyennant  le  prix  de  108  livres  par  muid^  de  vin  de  bouche 
et  de  table  et  70  livres  pour  le  commun  (chaque  muid  tenant  six  septiers)... 

MARCHÉ  POUR  LE  VIN  BLANC 
Acte  du  S'/  Décembre  IG70 

l'ut  présent  le  sieur  Julles  Crousy.  marchand  bourgeois  de  Paris,  y  demeurant 
rue  de  la  Juifverie,  en  la  maison  où  se  trouve  ()our  enseigne  la  Pomme  de  Pin,  lequel 
promet... 

De  fournir  pendant  ime  année  <pii  commencera  au  premier  jour  de  janvier 
mil  six  cent  soixante  onze  el  cpii  Unira  au  deini(>r  décembre  de  la  même  année,  tout 

1  Vnii-  |)liis  haiil.  [mur  iii'i.  les  iiidii  niions  ipii  ont  ('■(c  (lonnécs  sur  In  contenance  par  rapport 
à  nos  mesures  ai  lucllc-,  des  anciens  iniiids  el  selieis. 


jl(G  LE     PAI.AIS-ROYAL 

le  \iii  blan  et  clairet  (\a\  sera  nécessaire  laiil  jjour  la  bouche  de  S.  A.  R.  que  pour 
sa  maisun  et  à  son  train,  à  telle  quanlilé  quelle  puisse  mouler  bien  quelle  ne  soit 
plus  parliculièrenieut  speciffiée  ny  déclarée,  lequel  vin  il  sera  tciui  de  rendre  à  ses 
frais  el  despens  au\  oinciers  d'eschansonnerie  bouche  et  commun  de  S.  \.  R.,  en 
tous  les  lieux  et  endroits  qu'elle  fera  son  séjour,  suivant  les  menus  (ini  lui  xrDiit 
bailles  pour  la  distribution  d'icelluy. 

Ce  présent  marche  faict  mONonnant  le  [)\i\  somme  de  (•(•/(/  (jtialor:e  livres  pour 
muid  de  >in  de  bouche  et  de  table  et  ciinjuditlc  ijualre  livres  pour  le  commun,  le  tout 
jaulj;é  à  mesure  de  Paris  tenant  trente  six  septicrs  pour  chacun  muid,  sans  que 
led.  Crousy  puisse  bailler  d'autres  vaisseaux  que  nmid,  et  s'il  en  fournit  d'autres  ils 
seront  jaugés  pour  cstre  comptés  à  ladite  raison  de  trente  six  septicrs  pour  muid. 
Lequel  vin  de  bouche  el  de  table  sera  du  meilleur  (pii  se  pourra  trouver,  et  le  vin 
pour  le  commun  sera  bon,  loyal  et  marchand  et  sans  aucun  vice  d'ossaux  (sic  ny 
d'tisboire.  >e  pourra  ledit  Crousy  fournir  pour  la  personne  de  Montlict  Seigneur 
d'autre  vin  que  du  \in  françois  sans  qu'il  |)uisso  fournir  aucun  vin  d'Orléans  ny  de 
(jascogne  en  qucbpie  part  (pie  S.  A.  R.  |)uisse  aller... 


Jo\(:iiiii  DK  SLKil.lhKi:. 
Oirteleur  f'  litt  maiton  tl  finanets  de  S.  .4.  H. 


MicHEi.  l'KTlT. 

il'  d-hùlci  de  S.  A.  H. 


LE   PRIX   DES   M  VUES   EN    1705 

MMiCllK     l'OUU     I.KS    VIVM)i:S,     POISSONS,     COMKSTIBLKS 

'37  Jdiii'ifr   l/O'i. 


Entre  les  maîtres  |d'hôtel,  et  controllcur,  etc.,  du  duc  d'Orléans,  et  le  sieur 
Martin  Pommeret,  officier  du  Roy,  demeurant  rue  Saint-Honoré,  paroisse  Saint-Roch, 
est  conclu  le  marche  pour  la  fourniture  des  viandes  pendant  trois  années. 

Le  sieur  Martin  Pommeret  s'engage  u  à  fournil-  la  maison  de  S.  A.  R.  tant  pour  la 
bouclie,  dépense  ordinaire,  extraordinaire  (pie  festins  et  traittements  d'ambassadeurs 
et  seigneurs  étrangers  en  telle  occasion  que  ce  puisse  estre,  et  en  tels  lieux  que  ce 
soit,  pendant  trois  années  qui  ont  commencé  au  premier  janvier  présent  mois... 
de  louttes  sortes  de  viandes,  poissons  d'eau  douce  et  de  mer  frais,  salle,  et  autres 
marciiandises  concernant  les  estats  de  boucherie,  rôtisserie  et  de  poissonnerie, 
suivants  les  menus  qui  lui  en  seront  donnez  selon  les  saisons  et  ainsi  qu'il  lui  sera 
commandé,  non  à  sa  volonté  et  commodité  pour  les  prix  cy  après,  sçavoir  : 


La  livre  de  grosse  viande  bœuf, 

veau  et  mouton »'  5~  (j' 

Le  riz  de  veau »  10  » 

Le  pallais  de  bo^uf »  f)  » 

La  livre  de  moelle »  ao  » 

La  langue  de  bœuf  fumée  ...  »  20  )> 
Les  issues  de  veau,  teste,  fraise 

et  pied,  chacun »  \o  n 

La  langue  de  mouloii >>  '1   " 

Ladoiizainedei)iedsdemoiiton.  ■>  S   n 
La  douzaine    de    caillettes    de 

mouton "  8  1) 

L;i    douzaine    de   saussisses   de 

veau 1  .'50   11 


Le  boudin  blaii »'  10"  d'' 

Les  andcjuilletles  de  Troyes  ou 

de  Cannes d  20  » 

Le  porc  frais,  la  livre »  7  » 

La  livre  de  petit  salé »  8  » 

Pieds  et  grouin  de  porc «  3o  » 

La  (pieue  de  mouton )i  3  )> 

La  langue  de  bœuf  fraîche.   .   .  »  l'i  ti 

Le  boudin  noir »  5  » 

La  livre  de  crestes »  10  » 

Six  l'oies  gras »  2O  » 

Deux  lestes  d'agneau »  2O  » 

La  livre  dcjanibon  di-  liaytnne 

ou  de  Mayence »  i/j  » 


LE     l'AI.AIS-HOÏAL. 


LE      PALAIS-ROYAL 


I10TISSEUII-:  In/il  iHjiir  bouillir  (luc  rolir  qui  sera  payée  au  pourvoyeur 
sur  le  pied  de  vingt  six  sols  par  pièce. 


Trois  pouli-ls  pour  une  pièce  . 
Quatre  pigeons,  id.  .  .  ■ 
Trois  pigeons  de  volière,  pour 

une  pièce 

La  perdrix  ou  perdreau  .... 
Le  chapon  gras,  pièce  et  ikiiiy. 
Le    lièvre  ou  levreau.  pièce   et 

demy 

Loiseau  de  rivière,  une  pièce  . 
Deux  hallebeaus,  pour  pièce  . 
Deux  cailles,  pour  pièce  .  .  . 
Deux  tourterelles,  pour  pièce  . 
Deux  bécassines,        id.        .   .    . 

Le   viiMix  cliapiin 

Le  i-liapon  paillé  ou  poulie  .  . 
Le  eo(|  de  bruyère,  ipiatre  pièces. 
Le  faisan  uu  faisandeau,  (piatre 

pièces  

Le  rouge  guarente,  trois  sols.  . 
I^    gelinotte  des   bois,  <|uatrc 

pièces   .  

L'ortolan.  

Le    rallc  des  genel^ 

1^1  poularde  grasse,  une  pièce 
Ia'  poulet  gras,  id.         .   . 

Deux      (Miulets     aux    (i-ufs,    la 

pièce 


»     2() 


•iC 

^ 

39 

2G 

26 

2G 

aC 

2O 

/io 

•jC 

..   -jti 

»     2() 

<•    2(i 


Le  cochon  di'  lait,  deux  pièces. 
Le  marcassin,  (juatrc  pièces  .   . 

L'agneau  gras  et  de  lait 

Le  guignard,  une  pièce 

Six  nnauviettes,  une  pièce.  .  . 
La  douzaine  d'alloucltes,  /(/.  . 
Le  jxiulel  d'Inde, pièccet demy. 
Le  dindonneau,  id.         ■   . 

Le  gros  cocq  dinde 

Loyson,  une  pièce 

Loye  grasse,  deux  pièces.  .  .  . 
Loyson  gras,  deux  pièces  .   .   . 

La  bécasse,  une  pièce 

Le  ramier  on  ramereou   .    .    .   . 

La  sarcelle 

Le  pluvier 

Le  lapin  ou  lapereau 

Deux  vanneaux 

Courlis 

Le  canard  ou  caneton  liomes- 

ticpie 

Ixî  clie\  aller 

Le  cbcN  reaii 

Le  paon  nu  panneau 

La  don/aine  de  grives 

La  livre  de  lard  et  saindoux.  . 
lliiilc  vierge  pour  lu  bouche.   . 


» 

t; 

0  2" 

10 
26 

1) 

« 

26 

0 

.) 

26 

» 

.. 

39 

» 

» 

39 

» 

1) 

55 

1) 

.. 

26 

» 

» 

52 

» 

» 

52 

» 

» 

2G 

.) 

,. 

:>(■) 

,. 

1, 

17 

G 

" 

17 

G 

n 

2G 

1) 

n 

2G 

» 

» 

/lO 

» 

» 

20 

» 

» 

i5 

» 

'1 

5 

» 

'1 

10 

« 

.. 

5o 

.. 

1) 

10 

» 

,) 

iG 

» 

l'(t|Svn\    Il     M\H|, 


Lu  grand  bioibct 1  V 

l.f    hrochrl    de    pinl    il     di-niv 

ipnilre  diiigt»  In 

!,<■  liMH-lict  dr  pied  i-t  di-ni\  .    .    .      li 
\.v     brorlift    de     pinl     iiu.iIm' 

■loigt»  ... 

!.,«  liriN-hrl  de  pieddtii^  '•■•,■^1^ 

Ix!  hrorhet  ilc  pircl n 

ImI  riir|M'  di-dcux  pied»  el  pJUM.    'j) 


La  Ciiipi'  cir  |iii'(l  et  dcnix  i|iialre 

d«.i;.'ls ■.-.i  „•  «'1 

La  eaipc  ilr  pi.il  cl  dcrii\.    .    .    1 '1  »    » 

Lii  earpr  d(>  pii'd  ipiatrc  dni;.,'(s.      G  lu    o 

La  carj)»!  de  pied  deux  doigts   .      »  '|o   « 

l.n  «'arpe  de  pied >  22    » 

Le  gart>ussean •>  i5    « 

La  li\ic  de  congre "  i 'i    » 

Lr   ^'l.ind    baibciiti  '|     


DOCUMENTS    JlSTIFKl.VTIFS 

Le  barbeau  de   pied    et  demy 

quatre  doigts ;5'  lo'  »'' 

Le  barbeau  de  pied  et  demy.   .  «  5o  » 
Le     barbeau    de    pied    quatre 

doigts »  ,'?o  » 

Le  l)arbeau do  pied  deux  doigts.  »  aô  » 

Le  liarbeau  de  ])ied »    i7i  >< 

Le  cent  de  barbillons 'i    lo  m 

La_brème  de  pied  deux  doigts  .  »  3o  » 

La  brème  de  pied »  35  » 

Le  grand  saumon  frais 33     »  n 

Le  moyen  saumon  de  deux  pieds 

et  demy '25     »  » 

Le  petit  saumon  de  deux  pieds.  iS   lo  » 

La  grande  truite  de  deux  pietls.  12   10  » 
La  truite  de  pied  et  demy  quatre 

doigts II    10  I) 

La  truite  de  pied  et  demy  ...  9     d  » 

La  truite  de  pieil  (juatre  doigts.  7     »  » 

La  truite  de  pied  deux  doigts  .  »  .')o  » 

La  truite  de  pied d  3o  » 

Le  truilard n    10  » 

La  barbotte »   i5  » 

La  grande  percbc 3     »  » 

La  tortue »    'i5  » 

La  lancbe »  20  » 

La  drème »  3o  » 

Le  i)lat  de  goujons «ion 

Le  cent  d'écrevisses  de  Seyne.  »  fjo  » 

La  macreuse >  3o  » 

La  lamproye »  3o  » 

L'anguille  de  roche »    20  » 

La  plye  de  Loire »   2.")  » 

Le  grand  bar 3   10  » 

Le  moyen  bar  . »  5o  .> 

Le  petit  bar d  3o  » 

Le  manneau  d'éperlans  ....  »  35  » 

La  livre  d'esturgeons »  35  n 

Le  cent  de  grenouilles u  20  » 

Le  plat  de  loches d    i5  » 

Loiuljre n    i5  » 

La  i)ucclle »    i5  n 

La  brande  s(jlle  de  pied   ....      n   5o  « 


—  SEUVICF,    DE    LA    TABLE  tiQQ 

La  moyenne  soUp »'  25'  o"* 

Le  grand  turbot,  [«'Sii ni  2(1  11 VI-.  19     »  » 

Le  moyen  turbot.  |)esanl  1 5  liv.  1 '1    10  » 

Le  petit  turbot,  pesant  10  liv.  9   10  » 

La  grande  baibut; -      »  » 

La  moyenne   barbue 4   10  » 

La  petite  barbue »   '|5  » 

La  morue  fraîche »  3o  » 

Le  merlan  et  le  carlel »     7  » 

Le  inacquereau  frais »     8  » 

La   uicrluclie »    10  » 

Le  rouget >>   i5  » 

La  dorade »  /jS  » 

Le  cent  d"harcngs  frais   ....  G     »  » 
Le   cent    d'harengs    sorets    et 

blancs 4   10  » 

Le  cent  de  cellerins 4    10  » 

Le  pannier  de  moulles >   10  u 

La  molue  de  Terre-Neuve  ...  »  3o  » 

Le  cent  d'iiuîtrcs  en  pievrets.  .  4    'o  " 
Le  cent   d'huîtres  écaillées  ma- 

rinées »   3o  u 

La  livre  de  thon  frais »   10  » 

La  raye »  5o  » 

La  plye  de  mer »    i5  » 

Lalo/e  en   tous  temps 3     »  » 

Le  mulet  de  pied  deux  doigts. .  »  35  » 

Le  mulet  de  pied n    i5  n 

Le  pâté  de  saulmon 18     »  » 

La  livre  de  thon  mariné.    ...  »   3o  » 

Le  pâté  de  truittc 8     n  » 

La  livre  de  marsouin »    10  » 

Le     saulmon    salh-     de     deux 

pieds 5     »)  11 

Le   moyen    saulmon    salle    de 

pied  et  demy  quatre  doigts. .  ii   10  » 

Le  maquereau  sallé «     5  » 

Le  baril  d'anchois  pezant  quatre 

livres '1     »  <> 

Le  cent  d'anifs 3     »  » 

La  livre  de  lieurre  de  vanure.   .  »  3o  » 
La  livre  de  beurre  onhnaire   et 

huillc  à  frire »    10  » 


5oO  LE     PALAIS-ROYAL 

Quant  aux  viandes  que  led.  pourvoyeur  pourra  esirc  ol)lif:i''  de  faire  picqucr 
par  extraordinaire  soit  pour  la  bouclie  ou  pour  le  commun,  il  luy  sera  alloue  une 
livre  de  lard  pour  iliacune  pièce,  moyennant  quoy  il  ne  pourra  rien  pn'lendre 
davantage. 

Lestjuels  prix  c> -dessus  ont  esté  accordés  audit  pourvoyeur  qui  s'oblige  de  faire 
lu  fourniture  de  ces  viandes  et  poissons  cy  ilessus  et  autres  qui  seront  nécessaires, 
tant  pour  l'ordinaire  que  l'extraordinaire,  suivant  les  menus  qui  lui  en  seront  donnez 
comme  dit  est  et  selon  les  saisons  de  l'année,  sans  qu'il  s'en  puisse  excuser  ny  que 
l'on  soit  Ifnu  de  prendre  ce  qui  sera  hors  de  saison,  et  sy  par  la  cherté  d'icellc  ou 
pour  vouloir  faire  passer  les  autres  viandes  qui  ne  seront  point  de  saison,  ledit 
pourvoyeur  ne  vouloit  pas  se  fournir,  en  ce  cas  on  en  achètera  à  ses  despcns  qu'oy 
quelles  puissent  coûter  sans  {|iirll(>  lui  soient  comptées  qu'a  raison  du  |)ii\ 
C) -dessus. 

En  cas  que  niomlit  xi^'iieiii-  duc  d'Orléans  fasse  voyage,  il  sera  accorde'  and. 
pourvoyeiM-  le  parisis  île  toulles  ses  fournitures  tant  ordinaires  qu'exliaordinaires  à 
vingt  huit  lieues  tie  Paris.  Le  pourvoyeur  .sera  tenu  dapporler  chaque  jour  et 
«îii  une  seulle  fois  tout  le  poisson  il'eau  douce  cy  dessus,  scavoir  depuis  le  dernier 
octobre  jusqu'au  ilernier  mars  à  sept  heures  du  matin,  et  depuis  le  i"  avril  jusqu'au 
dernier  .septembre  à  cincj  heures  ilu  matin,  et  pour  ce  qui  est  de  la  viande  à  deux 
heures  de  l'après-midi,  afin  (jue  s'il  arrivoit  que  lesd.  fourniluics  ne  fussent  pas 
trou>ées  bonnes,  loNalcs  et  marchandes,  l'on  ay  le  temps  d'en  avoir  d'autres  ou  d'en 
faire  part  aud.  pourvoyeur,  leipiel  ne  pouria  fournir  de  poisson  mort  en  cette  ville 
de  Paris.  Saint  (iernuiin  en  La\e,  ronlainei)lean  et  yidlres  villes  où  seroil  S.  A.  R. 
et  où  il  y  aura  des  ri\ières,  et  sy  led.  jjoissijn  d'eau  douce  et  de  mer  n'est  fourny 
et  ap|)orlé  aux  heures  cy  <lessus  marquées  el  (pie  l'on  soit  obligé  d'en  prendre 
ilaulres,  il  ne  luy  sera  com|)lé  (ju'au  quart  dii  pti\  aciordé.  et  payera  ce  (pii  sera 
réglé  pour  le  droit  de  sol  pour  livre  établi  sui  le  |)i)isson,  sera  tenu  led.  entrepre- 
neur d'assister  en  personne  au  service  de  S.  A.  l\.  en  campagne  avec  les  chevaux  de 
l)ills  et  fourgons  nécessaires  au\  conditions  cy  dessus  especifiées.  Sera  payé  audit 
entrepreneur  tant  de  sa  fourniture  ordinaire  (pi'exlraordinaire,  traitlement  d'ambas- 
sadeurs, seigneurs  estrangers  l'I  fr.mçciis  à  1,,  lin  de  cliaipic  mois  suisant  les  étals... 


M\i;<:iii    l'iii  i;   i.i:^  \  i\s 

I.e  II  janvier  170.'»,  est  corniii  in.oi  h.'  a\ec  l'iiTii-  Darlii,  iiiaichand  de  \in 
ù  Piiri».  rue  .Saint  Honoré,  lecpiel  s'est  ol>li;,'i'  pai-  <  i>  piesento  cnver  Son  Altesse 
KoNalle  MoiiM-igiieiir  le  due  !!'(  Jrléaiis. . 

De  fournir  pendant  trois  années  ii  eomptri  du  |ireinier  jaiuier,  presenl  mois 
cl  un...  Tout  le  vin  Unnr  et  clairet.  Champagne  et  hourgogiu!  ipii  sera  neicssaiie 
IMiur  la  bouche  el  table  de  S.  \.  H.  du  meilleur  qu'il  .se  pourra  trouver,  et  pour 
le  ciiiiimiin  l>un  el  loyal  marchand,  à  telle  quantité  que  ladite  foiniiitiire  puisse 
M!  mouler,  encore  qu'elle  ne  doit  icy  plus  |iarlieulièremeiil  aspli«piée  u\  di'claréc, 
lciu|uoU  vin»  ledit  ^ieur  entrepreneur  sera   lenu  di-  nndie  el   iJMer  à   ses   frais   el 


nnci-'MKNTS  .iTSTiiK  V III  s         si;ii\i(;i:   nr.   i.\    imu.!':  .'oi 

ilespcns  aii\  olliciiMs  d'oclniiivoniKTio,  hoiulic  cl  loiiiimiii  de  S.  A.  II.  en  (ous 
les  lieux  ol  (iidroits  oîi  elle  fera  son  séjour  suivant  les  minus  ([ui  luy  scioiil  hiiillc/ 
pour  la  <lisliil)utioii  (riroliiy  pnr  ledit  sieur  cDutniIleur  >,'eiieiiil  de  la  maison 
de  S.   A.    lî. 

Ce  présent  marché  fail  moyennant  le  prix  et  somme  de  ct'iil  soixa/ili-  liix  neuf 
lirrcs  pour  chacun  muid  de  vin  de  houche  et  tahie,  el  soixiinle  dix  neuf  livres  pour 
chacun  nuiid  de  vin  du  commun,  le  loul  jauge  el  mesure  de  Paris,  lenaiil  chacun 
muid  trente  trois  scpliors. 

Les  officiers  d'echançonneric,  bouche  et  commun  de  S.  A.  \\.  seront  tenus 
de  voir  prendre  et  enlever  journellement  tout  le  vin  dans  les  caves  et  scelliers  qui 
leur  seront  indiqués  par  Icd.  entrepreneiu-,  suivant  les  menus  qui  lui  seront 
fournis,  et  de  vuidcr  les  inuids  qu'il  aura  percez  avant  que  d'en  percer  d'autres, 
commancez.  Sera  tenu  led.  entrepreneur  de  compter  avec  les  olFiciers  d'cchançon- 
nerie  des  bouteilles  de  Loriaine  qui  seront  par  luy  fournies  sur  le  pied  de  treize 
pinles  la  douzaine,  à  condition  que  lad.  douzaine  tiendra  au  moins  douze  pintes. 


MARCIIK   POUR   LE   PAIN 
31  Janvier   1700. 

l"ut  présent  Nicolas  Danlan,  m"^  boulanger  à  Paris,  y  demeurant  rue  Saint- 
Ilonuré,  lecjuel  a  fait  inaiché  promis  et  s'est  obligé  par  ces  présentes  envers 
Monseigneur  le  due  d'Orléans,  petit-fils  de  France,  slipnllaiil  pour  S.  \.  \\..  |)ar 
M"  Gaspard  de  Matharel,  cou"'  ])reniier  m"  d'hcMel,  demenrard  au  Palais-Royal. 
M"  Simon  Tudeuf,  M"  d'hôtel  ordinaire,  demeurant  rue  Neuve  des  Petits  Champs, 
et  jM"  Nicolas  de  Lutel.  eonliôleur  gênerai  de  la  maison  de  S.  A.  R...  de  fournir 
et  livrer  journellemeni  pendant  trois  années  qui  ont  commencé  le  i"  du  présent 
mois  el  an.  el  (|ui  finirunl  le  dernier  decemlire  de  l'année  que  l'on  conipleia  mil 
sept  cent  se|)l,  loul  le  pain  ipii  sera  commandé  |)onr  la  pro\isi(in  de  la  bouche  de 
S.  A.  R.,  son  li'ain  et  suilte,  suivant  les  mémoires  qui  lii\  seronl  donnez  pour  la 
distribution  d'iceluy;  Scavoir  :  du  pdin  au  lait  anlanl  (juil  en  faudra  pour  la  bouche 
de  S.  A.  R.,  |)ezant  huit  à  neuf  onces  chacun  pain;  le  pain  mollet  aussi  j)om'  la 
bouche,  pezant  |)areillement  huit  à  neuf  onces,  et  du  pain  biz  blanc,  pezant  douze 
onces,  sur  le  pied  de  seize  onces  à  la  livre,  le  tout  bien  cuit  el  rassis,  diupiel  ])idn 
biz  blanc  il  ne  pourra  l'niirnir  ipii'  (rois  douzaines  par  jnui';  Sera  lenu  le  dit  Hanlaii 
de  liviei  le  pain  aux  oltit'es  de  panneterie  bouche  cl  conuniin  de  S.  .\.  R.  en  tous 
les  lieux  et  endroits  (lu'elle  fera  son  séjour  à  ses  frais  et  dcspens  après  touttcfois 
(pie  led.  |)ani  aura  ('ti'  |)e/é  au  bureau  de  S.  A.  R.;  le  presi-nt  mari'Iié  fait  moyen 
naiil  à  raison  ilc  riiKjl  sais  A;  ilniKninc  de  loiitles  les  iaeiiii^  el  ne  portant  tant  el 
le(piel  prix  à  lad.  raison  sera  payé  par  led.  Ti'csorier  général  îles  maison  et 
linanee  de  S.  A.  \\.  des  deniers  de  sa  chai'ge  aud.  Danlan  à  raison  de  sa  fournitui'c 
de  six  semaines  en  six  semaines,  suivant  le  (  i  rlilieal  eu  extrait  <lu  sieur  (^ontrolicui' 
gênerai  qui  sera  en  charge. 


LE     PALAIS-ROYAL 


MVRCIlfi   l>Ul  II   I.V   BMTEHIE   DE   CUISINE 

Lv  <-  jaii\ier  170.'»  t-st  ckiicIu  niaiclu'  avec  Pierre  Noël  Brailk".  inarcliaiul 
poeslier,  cl  sa  femme,  demeurant  rue  Vubry-lc-Boucher,  paroisse  de  Saint-Jacques 
la  Boucherie,  pour  la  rournilure  de  toute  la  batterie  de  cuivre  et  les  ustensiles  de 
feu  tant  de  la  bouche,  commun  «[ue  des  officiers  de  S.  \.  B.,  mentionnez  audit 
estai,  mcMue  tien  fournir  de  neuve  à  la  place  de  celle  qui  ne  pourra  plus  servir, 
de  pareille  -.'randeur  et  qualité  et  à  la  première  réquisition  qui  lui  en  sera  faite. 

En  lin  îles  >i\  années pom-  le  cas  où  les  ustensiles  seroient  usés,  qu'on  ait 

besoin  d'en  avoir  de  nouvelles,  Braille  devra  en  prêter,  et  les  objets  qu'il  prêtera 
lui  seront  rendus  dès  que  les  autres  seront  faits. —  En  cas  cpiil  se  trouve  (|uelquc 
pièce  perdue  dans  les  extraordinaires,  il  sera  examiné  si  c'est  |iar  la  faute  des 
olVicicrs,  et  dans  ce  cas  ceux-ci  seront  tenus  d'en  rembourser  le  |)ii\  au  sieur  Braille. 

I.e  marché  est  fait  movennant  le  prix  et  somme  de  su-  cens  lirre.s  pour  et  par 
chascune  desdiles  six  aimées,  huiuelle  somme  sera  payée  au  sieur  Braille  et  sa  femme 
de    quartier   en   quartier. 

l'ièces  de  riiirri'  tir  lu  hallrrir  i/iw  sont  Irniis  de  fniiriiir  1rs  époux  Braille  : 

liorciiK.  —  Cuivre  routje  :  i->  marmilles  ^'randes  et  petites;  11  casseroles  rondes 
ou  à  (|ucuc;  a  chaponniers;  .5  poelles  à  boudes;  1  barcjuin  couvert;  2  puisettes; 
a  poissonnières;  a  passoires;  1  cuillère  à  pot;  1  cuillère  à  nM  ;  1  poupetoimièrc 
cl  son  couvercle;  û  grands  cassins  à  queue;  1  coquemare;  -2  tourlièies  et  leur 
couvercle. —  C.uirre  jiiniie  :  1  chaudières  à  vaisselle;  2  écumoirs;  2  fricquets.  — 
Fer  :  '1  poelles  à  frire;  10  broches;  -.<  paires  de  compotiers;  /|  pelles;  i  boui'don; 
I  paire  de  pincettes;  1  rour>:on;  \  istièves;  ,i  f^rils;  \  casse;  3  chenets;  i  barre  à 
feu;  t)  (-oins  ù  fendre  du  bois. 

B\rrniui-:  ok  <;iisi>k  di    commis.  —  C.itivre  ntiuje,  eiiirn-  Jaune. 

llatlericN  de  la  pannelcrie,  de  l'échanvonncrie,  de  la  Iruiteric.  de  la  pâtisserie. 

I.a  l)atlerie  de  In  p;llisserir'  comprend:  i  tourtière  pour  une  jriaiide  <iitrée; 
I  li.iiiiière  pour  un  hors  d'u-uvre;  '1  moulloirs  de  cuivre;  -j.  marmitles  (t  leur 
tou^ercle  de  luivre;  une  poellc  îi  boucle  de  cuivre;  la  petites  tourtières  de 
rui\re;  la  tourtières;  la  lourliers  u  paslé  à  respa<,'nole;  un  seau  de  cuivre; 
I  cuillère  ù  pol  el  1  cscumoire;  1  seriuK'ue  à  massepain;  1  coupe-pàte;  2  couteaux 
!»  huscher;   1   pelle  à  feu;  a  c-assert)lle-  à  (pieue  el  mie  ronde;   i   plat. 


l'anijihi'  fuir 


M\lll\llt;i..    Illllir.    StiMMI.i.w,    DK    j.l  Tl-I,. 

itiiMi.i.i:,  \N\i:  \i\Tn:r. 


llm,,.' 


VENTE    DE    LA    &ALERIE    DES   TABLEAUX 


DU    PALAIS- ROYAL 


PAR    Philippe-Égalité 


CO\TRAT> 

(Bibliothèque  nationale,  MM.  ff.  i4845.) 

The  Prince  of  Wales 7,3oo'^ 

Duke  of  York 5,ooo 

The   Duk  of  Clarcnce 5,ooo 

Octobcr  2i«  1790. 

In  conséquence  of  an  article  hearinj;-  date  the  18  day  nf  Seplenihor  1790; 

Behven  Nathaniel  Parker  l''orlli,  esnuire  agent  for  llis  most  Seren  hij,n liasse- the 
duke  of  Orléans  of  tbe  one  part  ; 

\m(1  M''  James  Clirislie,  of  tlie  oliirr  pari,  l'or  tlic  disposai  of  tlie  Orléans  Colleelion 
cil  l'icliires  at  and  Ibr  llie  snni  of  one  Imndied  liioiisand  guineas  lo  he  paid  on  the 
said  colleelion  being  lodgcd  in  Ihc  ('u<lnin  llouse  in  I.ondon,  for  the  strict  fidl- 
fdlmcnl  of  said  treaty  Ihe  nn(l('isi;^nc(l  do  proinivr  lo  |)a\  lo  Ihc  order  of  the  said 
diikc   of  Oilcaiis.   or  his  a^cnl    Ihc  -.aid  Nalliaiiicl  l'arkcr  l'(.rlli,  Ihc  >pccilie  suni  sel 


I .  TiiADUcrio.N  : 

En  conséquence  d'un  acte  portant  la  date  du   18  septenil)rr  1790, 

Entre  Nathaniel  Parker  I'"orlti,  "  a;,'ent  »  pour  Son  Vitesse  Sérénissinie  le  duc  d'Orléans,  d'une  part; 

Et  M.  James  Chrislic,  d'autre  part,  il  a  été  convenu  ce  qui  suit  relalivenient  aux  dispositions 
concernant  la  Collection  do  Tablertuv  d'Orléans,  et  au  versement  de  la  sonnue  de  cent  mille  guinées, 
devant  être  effectué  quaiid  la  dite  colleelion  aura  été  déposée  à  la  Douane  de  Londres;  e(  alin  que 
la  sirirle  observation  du  dit  traité  soit  remplie  par  les  sous><igriés,  (|ui  ont  promis  de  payer  à  l'ordre 
du  (lit  duc  d(  Irli'ans,  ou  a  son  ayi'iit  le  dil  N^illiaiiitl  l'.ii  kn  loith,  contre  la  sij;natiMc  du  dil  soussigné. 


5o'|  LE      PAI.  VIS-RO\AI, 

a-raiiisl  Iho  namc  of  sait»  siibsiribi-r,  as  sooii  as  thc  said  collection  shall  bc  safely 
l.ulfîfd  in  Ibi-said  Cuslmn  lloiisc  of  Loiidon.  Iii  wiliiess  wlicrc  of  tlie  said  contrating 
party  biiid  hiiii>fif  for  lin-  |.;i>iiieiil  of  siuli  suiii  oiily  as  hc  sball  set  afjainst  his 
naine. 

London,  Scptember  i8'''   17110. 

Il  is  tliis  da>  agreed  on  by  us,  Ibe  snl)scribing  pailies,  and  diiplicalcs  nf  llic 
follu\vin<;  leiins  of  ajjreement  bave  been  mutualiy  inlorchanged  leiidiiifj:  lo  biiid  cadi 
of  us  Nallianiel  Parker  Forlb,  of  Mancbeslcr  Square  esqf  (who  is  fully  inipowed 
and  le^'aily  autborized  by  Ibe  duke  of  Orléans  to  act  as  his  sole  apent  and  sufTicicnt 
attorney),  on  Ibe  one  pari,  and  Junies  Cbrislie,  of  Pall  Mail  esqf  on  tbe  olbcr  part, 
to  Ibe  full   lane  iierforinanee  of  tbe  followinf.'  articles  : 

I*'  Tbat  a  correct  and  aulbcnlic  li>t  of  ail  Ibe  diikc  of  Orléans  |)i(tiires  (so  ^\ell 
knowii  b>  tbe  nanie  of  Ibe  •■  Uilcaiis  (Collection  ■  and  similar  in  tlicir  naines 
&  nuiubcrs  lo  tbat  dcliverd  by  tbe  duke  to  MMiliiislir  and  li\  wliicli  M'  Cbrislie 
exaiiiined  and  estiuiated  Ibe  said  collection)  sball  bc  dcliseril  to  M'  Cduistic,  signed 
by  tbe  duke  of  Orléans  and  M"^  Forlb: 

•j"**  Tbat  a>  soon  as  M'  Cbrislie  sball  ^.niaranly  tbe  dcposit  of  100,000  guineas 
in  Ibe  liank  of  Kngland,  a-;  tbe  snni  placcd  for  Ibe  |)inebase  of  tbe  said  Oileans 
collection.  M'  Forlb  >liall  inipowed  M"^  Cbrislie,  or  bis  ageiil,  lo  |)roceed  lo  Paris, 
and  tbere  lo  ins|)ect,  and  ba\e  Ibe  sole  nianagcnieni  of  Ibe  packini:  ii|i  and  >eniliiig 
lo  Fngland  tbe  said  collection  ; 

.'{"■  Tbat  ail  cxpenccs  of  package,  cases,  «ïs;c..  sball  lie  al  \P  Cbrislies  expence: 

V  Tbat  ail  expences  of  carriage  by  land  or  bv  «atei-,  in  France,  sball  bc  al 
M'  Fortir>  expence,  wlio  liere  by  guaranti's  tbe  said  collcclion  against  ail  nioleslalion 
wbatocr  in  France  al  is  sole  and  inlire  risk  and  péril: 

û'*'   M'    Forlb    sball   dclivcr  al  bis  sole  ri>k  and  expenee  Ihe   -aid    eolleelion   al 


aiiwitùt  que  la  Uilo  colUvtioii  sera  roiidue  en  lx)ii  clnl  dans  lu  dite  Douiiiàf  do  Londres.  Sur  ci-  fait 
dûment  con.ilatc  les  (larties  conlractanlc:)  s'engagent  ù  payer  la  somme  contre  sa  signature. 

I.iiiiiln's,  iS  soptoiiibrc  1790. 

Kn  re  jour  «ni  été  aco'|)tét-s  |)ar  ihiui,  |«irtics  1  (inlrarljintcs  (il  les  duplicata  des  conditions 
ci-doMui»  indiqui-<i  de  ci-lli-  arceplalion  aynnl  l'ié  niutuellemcnl  éclianKc-Jl,  les  clauses  tendant  à  lier 
cliariin  de  nous  :  Xatlinnirl  l'nrlirr  Kortli,  de  MniicheslerSquare  ((|ui  a  reçu  pleins  pouvoirs  du  duc 
d'Orlraiu  cl  a  été  leKalcinent  HUti>ri!w'-  par  lui  11  atjir  comme  son  seul  agent  et  lioiinni'  «filfairesl 
d'une  part, 

Kt  Jamr»  Cliriiilio  di-  Pall  Malt,  d'autre  (Kirt, 

A  l'entière  eti'i  ution  ile^  suivunU  articles  : 

1'  I  ne  JUtn  autlii-nlique  de  ton»  le»  tableaux  du  duc  d'Orléans  (bien  connus  .sous  le  nom  de 

'     "  ■■  ' I  '  irliaii,  .  ,    et  vmltlnlile   |inr  les    litres  idi^ignalionsi  et   numéros   des    leuvres    a  celle 

'1  iw  par  le  dur  n  M.  Christii-,  et  à  l'aide  de  laqu-lle  \l    diiislie  \éri(la  et  estima  la  dite 

•   reinlM'  a  M.  (llirlilie,   «ignée  |>ar  le  dm    (l'Orléans  et   M     Kortli: 

'  que  M,  Chrittie  garantira  le  dé|HM  de  i.kj.o»».  guinir»  (ï.tia.'i.iMMi  francs)  à  la  Kanquc 
•1  mitne  somme  plane  ixiur  l'arlint  de  la  ilitc  a)lleclion  d'Orléans,  M.  Korlli  aulori.sera 

^'  '   '  ■"   -   .1.  ■!     .   , i.-r  ,1   Paris  à   l'inspivllon  de  la  collcclion.  et  lui  laissera 

'•«•»"  lion  lies  tableaux  en  Angleterre; 

■'■  ■le.  s<'ri>nl  a  In  cbarge  de  M.  Cbrislie; 

i"  Il  •  '1  "<  '!■  li.iii<iHit  (ai  liiir  et  |Mir  eau,  en  Kranre,  s.-ront  à  la  clinrge  de  M.  lorlb, 
qui  tfDtaiilita     4    *e%   rtM|ue.  e(    |M-rtU.   la  dite  •  ollif  l|..n  contre   toute   nvorie   |>ouvaut    survenir  en 

'     M    »i<(th  titrera,  •  <n  m<uI*  rbqiie*  et  dé|irnM-s,  la  dite  colbvllon  ilmi-  !.■  poil  fnini.als  qui  lui 


DOCUMENTS     JUSTU' ICATU-S  5oo 

Avhatcver  [)ort  iii  France  sliali  bc  agrecd  on  (Rouen  is  al  présent  lli(>nj,dil  of  as  Ihc 
niosl  eoniinodious)  al  Uic  lime  a^recd   on    liy   W  Chrislie   ami   Iwenty  days  shall 

bc;  alliiwcd  (afier  (lie  e\i)iiatii f  >;iid  lime)  Inr  NK  ClirisUe  |<i    liii\e   sbips  ready 

and  eiiiliiiik  said  ((illeelidri  <in  liiiard,  Iml  ;d'ler  liie  e\|)irali(iri  id'  llii'  •>  i  days, 
M''  Forib's  a^cnl  sliall  bave  a  rlgbt  lo  deliver  llie  pieluivs,  iulo  a  m:i-;iziii  ni  Itoin'M, 
at  M''  Cluislie's  sole  ris(|ue,  eosls  &  ])eril: 

6"'  M''  Fortb  jiuaranlie's  llie  s^iid  ((dleclion  :i!j;iiiisl  ;ill  diini;crs,  miile>talions, 
expenccs  and  risks  «balever,  wbilbed  by  ciNil  or  mililai\  ((immnlion-.  d;ni^cr 
of  walcr  carnaj^c,  t^c.,  untiil  tbe  said  ecdleelion  is  inlirely  endiaiked  on  Imard 
Ibc  sbips  appoiided  by  M'' Cbristie,  [)rovided  the  total  end)aik:ilioii  is  accnniplisbed 
in  Ibe  above  21  days  afler  tbe  evpiralion  of  tbe  tinie  agreed  on  for  Ibe  delivery 
at  Ihc  seapoit,  as  ineidloned  in  tlie  preecding  article. 

7"*  M'"  Cbristie  is  to  pay  ail  Ibe  Meijrbts,  dulies  and  e\|)enees  afler  Ibe  said 
collection  sali  be  einbarked  in  tbe  h'rencli  port; 

8">  M''  Cbristie  or  bis  agent,  sball  give  a  reeei|)t  to  M'"  Fortii  or  bis  agent,  for  tbe 
said  collection,  as  soon  as  it  is  embarkcd[[according  to  tbe  preecding  articles,  wbicb 
receii)t  on  prodncing-  it  as  tbe  Bank  of  England,  sball  be  a  snrfieienl  antiioiily 
for  tben  paying  tbe  deposit  of  100,000  gnincas  to  M''  Fortb; 

I)"'  M''  Fortb  agrées  to  use  bis  nlniost  endeavonrs  to  lind  ont  ami  fiuiiisb 
lo  NK  Cbristie  tbe  original  j)iiees  of  and  receipts  for  Ibe  abo\e  (dlleelion  of 
pieturcs  aniouting  to  i1o,ooo  louis  d'ors  tupwards,  \\lii(li  llie  diike  of  (trleans's 
chanecUor  assm'cd  M'  Fortb  were  in  tbe  archives  of  llis  niost  Serene  Uigbness. 
As  ■\vitness  our  bands. 

Natii--   PARKEU    FORTII. 
James   CliRISTli:. 
Witncss:   Joseph    PIIKLU'S. 


sera  (lési^nô  (Rouen  ôlant  jusqu'à  présent  clioisi  coinnii'  le  i)Ims  rdininixii'i  et  à  répoiiuc  iiuliijuée 
par  M.  Cliristie.  Vingt  jouis  seront  accordés  à  ce  dernier,  après  l'expiration  de  celle  date,  pour  faire 
préparer  les  vaisseaux  et  embarquer  la  dite  collection.  Ces  vingt  jours  passés,  l'agent  de  M.  Forth 
aura  le  droit  do  déposer  les  tableaux  dans  un  magasin  à  Rouen,  aux  .seuls  risques,  coùls  et  périls  de 
M.  Cbrislie; 

(')"  \1.  Korlli  garantit  la  dite  colleclion  contre  Ions  dangers,  accidents,  Irais  et  ris(pies  pou\aiil 
provenir  de  troubles  civils  ou  d'événements  militaires,  accidents  sur  eau  et  sur  terre,  etc.,  jusqu'à  ce 
([lie  la  dite  colleclion  soit  entièrement  embarquée  sur  les  navires  préparés  par  .M.  Cliristie,  à  la  condi- 
lion  ipie  l'entier  eiubanpienient  soit  termine  dans  le  délai  de  vingt  et  un  jours  lixé  ci-dessus; 

7'  M.  Chrislie  aura  à  pa>er  toutes  les  charges  et  dépenses,  à  partir  du  moment  où  la  dite  collection 
sera  embarquée  dans  le  port  fran(,'ais. 

8"  M.  Cliristie,  ou  son  ;igenl,  donnera  un  récépissé  à  M.  I''orth,ou  à  son  agent,  de  ta  dite  collection, 
aussitôt  qu'elle  sera  enibaripiée  dans  les  conditions  des  précédents  articles.  La  pré.sentalion  de  ce  reçu 
à  la  lianque  d' Viiglelerre  siillira  à  M.  Fortb  pour  obtenir  le  \ersemeiil  du  dépôt  de  10.1,000  guinécs: 

1)"  M.  l'di  tli  s'engage  à  Taire  les  plus  grands  elVoits  pour  trouxer  et  procurer  à  M.  Chrislie  les  prix 
et  h-s  récépissés  juslilianl  la  valeur  de  i'|c'.i»io  louis  d'oj-  de  la  dite  colleclion.  lies  documents  doivent 
se  trouver  dans  les  archives  de  Son  .\lte.-se  Sérénissinie.  ainsi  ipie  l'assura  à  \l.  Kortli  le  chancelier  du 
duc  d'Orléans. 

SUjnc:  \vTii'  l'.MtKKIl  l'OUi'll, 
James  ClIlllSTIE. 
.losEi'ii  PllEI.Il'S,  Uiimin. 


T.    1.    LE    l'ALAlS-  IlOIAL. 


I.I<Ti:  DES  ÏVlJLKAl  \  DESTlMiS  A  LA  \ENTE  EN  ANGLETERRE 
Dressée  au  mois  de  ninrs  17S8  el  jointe  à  l'or  le  île  vente  ci-dessus 


1.0  contrai  qui  prt'tvdf  es!  aiTompa^'iir.  «laiis  le  inaiinscril  de  la  Bibliollii'que  nationale,  de  la 
IL-le  dt-s  la»ilfaii\  «lue  le  duc  d'Orléans  dolinait  à  la  venle  en  Vn^'lelene.  Celte  liste,  je  la  reproduis 
ci-de*-ioii'>.  en  res|)eilant  l'ordre  et  l'orllio^-raplie  souvent  bizarre  d  'S  noms  d'artistes  qu'elle  contient. 
Klle  cinnprend  î'ii.i  numéros.  C'était  lu  totalité  de  la  jîiderie  du  Palais-lJoyal,  moins  une  vingtaine, 
menlionni'-*  au  chapitre  \  ipii},'e   '|.">i(. 

Mai»  on  a  vu  que.  le  projet  de  la  vente  avec  Chrislie,  en  i7;in,  ayant  échoué,  le  duc  d'Orléans 
divisi  sa  collection  en  ileuv  jiiirls.  qui  lirenl  l'objet  de  deux  ventes  en  \nj;leterre  :  i"  l'une  en  1793, 
ciinqirrnaiit  les  hÀ-ulet  i/ii  .\iini:  -i'  l'antre  en  i7yH,  coiiq)renaiit  les  lù-olcs  ilatienne  et  J'rani:aise. 

En  crïm|iaranl  li-s  cataloffues  aii;.dais,  dressés  lors  de  ces  veilles  à  Londres,  avec  le  catalogue 
français  ci  de**iius  établi  au  l'alais-ltuval,  —  sans  doute  par  Lebrun,  directeur  de  la  galerie  du 
duc  il't  )rléans,  —  on  conslide  que.  >i.  |iour  les  Écoles  italienne  el  française,  les  concordances  sont  exactes 

isauf  pour  I douzaine  d'u-uvrisi.  en  revanche,  pour  les  Kcoles  du  Nord,  elles  ne  le  s<int  guère.   Les 

calalo;;ues  angl.tis  indiquent  -oS  t.dili'auv  des  Kcoles  du  Nord,  tandis  que  la  collection  du  l'aiais-lloyal 
n'en  comprenait  réellement  que  i-S,  d'après  la  liste  ci-dessous.  On  ven<lit  en  I7y3,  à  Londres,  des 
ii'Utres  (11-  Cuvp.  de  Ituvsdael,  d'l|obl>ema.  de  Van  (ioyen.  de  ISerghem.  de  Wcenix,  etc..  qui  ne 
li;,'uréreiit  jam.ii>  dans  la  ci>lli'ctii>n  du  Uégent  ni  dans  les  Invenlnires  inédits  que  j'ai  sous  les  yeux. 

Dans  la  nomenclature  ci-dessous  reproduite  des  tableaux  du  Palais- Uoval,  j'ajoute  :  1"  les  prix 
d'estimation  (|ue  j'ai  pu  rclrouvei-  daii>  les  liivi-iilnires  d/i/vs  dirc.v  du  Uégent  (i7Ji).  de  sou  fils  (  1703) 
ou  de  son  |M'tit-liU  (i7.'<5i:  j'  b-s  prix  de  vente  en  .Angleterre.  Ces  renseignemcnls  contribueront  à 
élucider  |Kîut-èlre  ipielque>-uns  des  |iroblèmes  qui  ne  cessent  de  se  poser  à  propos  des  œuvres  de  cette 
célèbre  collection. 

/.«"«  (irix  en  .Xmjteterre  sont  ninninés  en  ijuinées;  la  rulenr  île  la  ijuince  est  de  26  fr.  ÔO. 


ÉCOLES    ITALIENNE    ET    ESPAONOLE 


.\le\iinclre  Alluri 
.\lf\.  Vt-nmèM.'. 


Antiré  .Sict'lii 


Vlldfé  (Ici   Sirlt! 


\n>lii'  S  liiiiviinv 


.\nnilMil  Cuirrnclia. 


nrilKS   DKS   TMII.IM  \ 


l'HIX     D'ESTIMATION 

KOS  LES  ISVEXT.IIKE 


I7>4-I7.">J 


I  17IIW   désiUlIHUlt    t'  illlillir  .      . 

Chasteté  de  Joseph 

.\lipnritinn  des    [nijes  à    \ltra 

hum (i(X)' 

l'itriement  de  l'.roix (i.">o 

Adam  el  Aljel 

IMa 

iMCrtce  te  iHdijnardunt  .    . 

In  l'hilotiiphe 

In  l'.hrist  mort 

l'ilale  te  lavimt  tct  manu  . 

l  n  l'.hritl  un  tunihenii     .    .    . 

1^  (Uihuui 

I.' Enfant  iii"iti'jne .n,ikm) 

lue  lte»renle  de  Cndx.  1  ,o«h) 

/>!  Samanlainr  "i,im>c> 
ImUmIh  (htane, 

ht  ToUelttde  » V/ju# \  '''** 


1785 


I  ,30O 
t.OOO 


3cx) 


/|00 
8<K) 


3 

I  .'>o 

lOM 
.'{,00<) 

I  a , noo 

^i,<>o<> 

(i,<KX» 

7,000 


l'HIX    m;    VENTE 

ES    A\GLETEI1IIE    ES     171)8 


SOVIS    DES    ACQUEREURS 


GUIS'iLbs 

Th.  Ilupc i5o 

llriilKi'wnlor    .   .    .  aoo 

E.  Cox loi. 

Tli.  Il(.|>r i.i« 

Lilm-y 3.. 

M.  Aurr.n'  ....  loo 

Mil.lu-ll ,(K1 


IIDII  iiiili(|iir  il  lu 
iiiiii  iiiilii|uij  à  In 
llriilueuuliT  .  . 
c"  (it»«fr.   ,    ,    . 


inli'. 
Lille. 

i5o 


llrlilKo»iilcT   .    .    . 

non  iniliipié  h  In  vi' 

dcCirllRlo.    .    . 

lIllilM-rl   

llriilKi'ndlrr   .    .    . 
lien»  Icli 


DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS 


5o7 


l'IllX     I>1> 

IIMMKIN 

l'lll\    l)K   VIvNTE 

NdMS 

TITIIKS   i)i:s  T\Ul.i;\l\ 

I>\>S    LE,-.    I 

m:>...„,es 

i:\    A.X.LETEHIIE    ES    I7y8 

DES    PEINTRES 

~      1 

— — — 

et 

I73'i-I7âj 

1785 

SO»S    DES    ACQLKHEinS 

Annibal  Canaclic. 

.SV((n/  Etienne  à  genoux.   .    .    . 

600' 

I , 000 ' 

c"  Gowor     ....         5o 

_ 

Saint  Jean  monlranl  le  Messie. 

800 

UridgCH-ater  .    .    .      3oo 

— 

Le  Martyre  de  saint  Etienne.   . 

I  ,800 

r  ,800 

c"  lie  Darnicy    .    .       35o 

— 

La  Vision  de  saint  François.   . 

5 ,  000 

■2  ,  /(OO 

Uridgewaler  .   .    .       5oo 

— 

Saint  Etienne  avec  une  (jloire  . 

fioo 

c"  Gower 5o 

— 

Saint  Jean  avec  une  gloire  .    . 

800 

Trnn  ard ^oo 

— 

Le  lîalioteur  (Sainte  Famille). 

a,  000 

(■'•  ,lr  Sllir.plk         .     .         3oo 



Une  Procession  du  Sninl-.'>ncrr- 

îiieni 

I  ,800 

100 
1,800 

Maitland 3oo 

c"  Gowcr     ....      700 

Le  Repos  en  Egypte 

_ 

Paysage  aux  bateliers  .... 

fioo 

c"  Carlislo  ....      lioo 

— 

Chasse  au  vol 

A ,  fioo 

(•'•  Carlislc  ....      «00 

— 

Saint  Jean  qui  dort 

1 ,200 

Hridgenatcr  ...       100 



Le  même  au  désert  prenant  de 

l'eau  dans  une  lasse  .... 

800 

.Vii^'crstciii  ....       300 



Saint   Roch   nu.r    pieds    de   la 

Vierge  et  Jésus  ' 

a,  000 

Wilh'tl 5oo 

— 

Danaé  et  Jupiter 

[\ ,  000 

liriilKOwat,!-.   .  .    .       ôoo 

— 

Descente  de  croi.r 

Maitland lOo 

— 

Hercule  éloujfant  des  serpents. 
Un  Portnùt 

non  indiqiK'. 

Miiilii  en  iSoo  .    .        30 

— 

Saint  Jérôme  et  la  Mugdeleine. 
copie  du  Corrège 

non  indi,,,..-.. 

— 

Le  Portrait  tC.Annihnl  Carraclie 

II 

c"  de  Carlisle  .    .    .     aoo 

— 

Un  Crucifix  (alliibiié).    .    .    . 

fioo 

18 

duc  de  Bridgewater       80 

Andréa  Solario.    . 

Hérodias 

fioo 

fioo 

venilu  en  1800  .    .        .'ji 

Ant.  CoiTC'gp.    .    . 

Une  Magdeleine  avec  le  Christ. 

!\ ,  800 

non  indi<iué  à  la  vente. 

— 

Noli  me  tangere 

fi ,  000 

(),000 

Ldney '100 

— 

Danaé  recevant  Jupiter.   .    .    . 

a, '1,000 

30 , 000 

llope G5o 



L'Éducation  de  l'Amour  .    .    . 

fi ,  ôoo 

10,000 

Willcll 35o 

( 

L'Anionr  Iravailldiil  son  arc  . 

fi ,  500 

I 0 , 000 

\iiidu   en   Anjjlelcrrc 
eomme  étaiil  ihi  Parme- 
san.   Voyez  plus  loin.) 

— 

Le  Mulet 

1 ,300 

aoo 

e"  Gower     ....         80 

Une  Sainte  F<iiiiillr  iirapr(''s  lo 

Collège) 

Le  Duc  Valentin  (César  Borgia) 

■j  000 

I ,  aoo 

200 

llope 5oo 

— 

Deux  études  de  plafond  pour  la 
coupole  de  Parnie  (lo  tèles 

chacune) 

l,/|00 

Anserstein  ....       300 

La    Vierge  au  panier  (la  Ma- 

done cl  le  (Ihrisl  enfant)  .    . 

3,000 

ItridKewaler.   .  .    .    1,100 

-- 

Portrait,  dil  le  Hougeau  .    .    . 

Jones 30 

I.   \^  \\ivcnUnve  de  i* 

85  l'allriljiic  à   ;\li\.  \ l'ronùse. 

5o8 


LE     PALAIS-ROTAL 


Aug.  Carrache 


lirlWlMM  Uïiitt 


Bru  nul*  Garulil». 


Carlo  Mura  lie  .  . 
Carlo  Ca(;liari  .  . 
Carlo  Cignani  .  . 
Daniel  de  Vollerre. 
Diego  \'c'liis<|uez  . 

D<)ii)inic|uc  F«Hi  . 
Le  Doniiniiiuin.   . 


Le   Martyre  de  saint  Barthé- 
lémy  

Jésus  apparaît  à  la  Magdeleine. 


L'ne  Sainte  Famille    .... 
La  Vienje  faisant  lire  PEn/ant 


Jésus 


L'ne  Sainte  Famille 

Une  autre  Sainte  Famille.    .    . 

L'ne  topie  de  la  Transfigura- 

tion,  de  Hapliai'l 


Galathée  sur  les  eaux 


Kmnçoi»  .\lbanc 


L'ne  Atloratiim  des  Mages. 

Ao/i  me  tangere 

Une  Descente  de  Croix  .    . 


Moyse  sauvé  .    . 
Ijith  et  ses  filles . 


La  Fileuse 


Ij!  Sacrifice  d'Isaac 

Une  Siliylle. 

Saint  Jean  F Fvangéliste  .    .    . 

Saint  François 

Saint  Jén'ime  et  les  deux  .  I  nges. 
\je  iiii'iiir  dans  un  paysage  .  . 
in   l'ortenirnt   de  ('.ntix,   1res 

beau  (  lo  li^'ureiii   .... 
L'n  l'aysage  (marine)   .    .    , 


Saimac it  {ahlmo) 

Une  Sainte  Famille 

Im  t'.ommuninn  de  la  Magde- 
leine  

Im  Lai'etue  ou  le  Itepos  en 
Egypte 

/,<•  Haptéme  de  Sntre-Seigneur. 

Im  Samaritaine 

Saint  iMurrnt  Juttinien    .    .    . 

A'o/i  me  tangere 

l'rédicaliun  de  saint  Jean  dans 
le  désert 


NOMS    DES    ACQrEKElBS 


5oo' 


/|00 


/,oo' 

Willell 

100 

I  ,  30D 

\"  KitzHilliain.  . 

5uo 

1,000 

Bodtlingtnn  .    .    . 

30 

800 

Bridgcwaler.   .    . 

.     3oo 

5oo 

vendu  on  1800.   . 

.       3j 

3oo 

.        5i 

a  00 

.      i55 

5oo 

Willell 

.      100 

oslinié  300  guint'i 
vendu. 

s;  non 

Coo 

Bridgewaler.  .   . 

80 

720 

c"  de  SulTolk    .    . 

100 

c"  Carlislc.  .    .    . 

.     5oo 

llope 

.     5oo 

1 ,5oo 

Mailland  .... 

100 

100 

\Var.l.  ..... 

i5o 

c"  Teniplo    .    .    . 

.      ^100 

G, 000 

c"  Cariisle.  .    .    . 

(ioo 

1 ,000 

Hrid«e\valer.    .    . 

.     .V.O 

•JjOOO 

llope 

35o 

1 .")() 

Hriil(,'r«aler.    .    . 

5  00 

10,000 

ItriilKPwaliT.  .    . 

.     Xoo 

1 ,000 

Mailland   .    .    .    . 

■     '^" 

7* 

llridgeHaUT.    .    . 
Ijidy  Lucas  .   .    . 

.      1..0 

t\cto 

Will.lt 

.Vk) 

M<4illand  .    .    .    . 

.        /lOO 

8,OIM> 

c"  Temple.  .    .    . 

.     7.... 

t ,  Tkx) 

ICsIhnéinoK.;  vcn 

lu      /„ 

I  •i,ixx> 

llo|M. 

.      i5,. 

1 ,000 

Maillaiil 

,:,., 

ftoo 

Maillun.l    .    .    .    . 

IIKl 

DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS 


5o9 


PIIIX    D'ESTIMATION 

l'UlX   I)i:   VENTE 

NOMS 

DES    PEINTRES 

TITRES    DES   TABLEAUX 

IIANS    LES    I 

«VEMTAinBS 

E»    ANCLETEItilE    £M    1798 

cl 

i7u'i-i75î 

17X5 

KOMS    DES    ACQl'éREt'RS 

François  Bassan  . 

Le  Paralytique 

C01»tK 

Willet 30 

— 

L'Enfant  prodigue 

Walson 30 

— 

Une  Ferme     .           

3'4' 

J.  LaHTonce.    ...       3o 
Walson 30 

Un  Berger  gui  dort  (6  figures). 

François  Fiancia. 

F.   Le  Parnipsan  ■ 
(Franc.  Mazzuoii).    . 

L'Enfant   Jésus   donnant    une 
clef  à  saint  Pierre 

La  Vierge  tenant  une  lettre.   . 

ÛOO  ' 

3oo 
3oo 

Ldncy loo 

Udney loo 

— 

Notre-Seigneur,  la  Vierge,  saint 
Joseph  et  saint  François  .    . 

a,  000 

c"  Carlisle    ....      lOO 

— 

Le  Mariage  de  sainte  Catherine . 

fioo 

1 ,200 

Troward 35o 

— 

Une  Sainte  Famille,  forme  romlc 

— 

L'Amour  qui  travaille  son  arc. 

C ,  5oo 

10,000 

liriilf,'e«aler    ...     700 

Frédéric  Baroclic. 

Une  Sainte  Famille  ((>  figures), 
dit  la  Vierge  au.i:  chats    .    . 

Coo 

4,000 

estiméioofî.;  vendu     2no 

— 

Une  Fuite  en  Egypte 

4,000 

Lady  Lucas  ....     ion 

— 

L'Embrasement  de  Troyes  .    . 

2lx 

estime  io  g.;  vendu        i  \ 

— 

Une  autre  Sainte  Famille  .    . 

Ilibbert 100 

Georges  GiorgionJ. 

Un  (Mvalier  lik'ssé 

G 

non  indiciué  à  la  vente. 

— 

L'Amour  piqué 

3,200 

3 ,  200 

esli mé /|oo g. ;  vendu       1  ij5 

— 

Gaston  de  Foix 

I  ,aoo 

3oo 

auc"  Carliste  ...      i5o 

— 

Saint  Pierre  martyr 

1 ,000 

estimé  3oog.;  vendu       38 

— 

Pic  de  la  Mirandole 

5oo 

J.  Lawrence.    ...       30 

— 

Une  Adoration  des  Bergers.   . 

48 

estimé3oog.;veiidu     i5j 

— 

Sainte  Famille  avec  saint  Jean. 

Bridgevvater.  .    .    .      3oo 

— 

Milon  le  Crotoniale 

I,200 

au  c"  Darnloy.    .    .       '10 

— 

Portrait  du  Pordenone .... 

NesbiU 5o 

— 

L'Invention  de  la  Croix   .    .    . 

3oo 

non  in(lii|ué  à  la  ^L■Mto. 

Georges  Vasari .    . 

Les  Six  Poètes  d'Italie.    .    .    . 

Goo 

llopo 100 

Guido   Canlassi 
(Guido  Cagriacci).    . 

Un  Martyre 

vendu  en  1800.   .    .        18 

Guido  lU'iii   .    .    . 

Magdeleine 

a4o 

llope '100 

non  indiqué  à  la  vente. 

- 

Syhille 

6,000 

Ilibbert 3.io 

3(i 

Vierge,  Jésun  et  .laint  Jean.    . 

- 

1 ,000 

i,aoo 
7  »  ^"0 

non  indii|ué  îi  la  vente. 
Willett .'lou 

Suzanne  avec  les  vieillards.    . 

■ — 

Jésus  endormi  sur  la  croi.i:  .    . 

1 ,800 

Uridgnater  ....     3oo 

— 

Un  Ecce  Homo 

800 

Ilibbert ij.i 

- 

Une  Mater  Uolorosa 

estimé  ôo  g.;  vendu       .1(1 

I.  Inili<{ué  sous  le  r 
1.  Dans  i'I  m'en  lai  rc  i 

lom  de  Franc.  Mazzuoli  dans  le   caliil 
o  i7."i3,  on  Irouvrdu  (iiorKion  :  Jmlith  t 

OKUC  du  né 
( su  iuivante 

gcnt. 
.I00  livres; 

Plusieurs  saints,  -1  livns. 

I.F.     PM.MS-ROVAL 


NOMS 


TITI«F.>    l>E>    I  \lll.E\l  \ 


\'M\     DKSriMVTION 

l>\M   LES   I^VE^T\IIIES 


1714- 1701 


Guiilii  U<'iii 


I^  Padouan  . 
lalikuir^  Prrtiii. 
lipftlilr  S<irvllji 
ttnti  G«iiilrt(lii. 
Jn(-qui>!<  Paliiir 


Jar(|iii<>    Dupont 
lilil  lta>'<an). 


Jni-i|iic*  l(i>l>ii<>ti 
iilit  1.1'  Tinliiri-I) 


l  ne  ileuxièinc  li'le  île  la 
Magdeleine 

.Sainte  Appoline 

Dai'id  el  Abiijttïl 

Saint  Bonmenlure 

Saint  Sélntstien 

La  Décultatiun  de  saint  Jfun 
naplistf 

L'F.nfant  Jésus  ... 

Iai  l'iinje  <r. l niours  .    .    . 

Renaud  et  Armide .    .    ■    . 

L'Adoration  des  Mages.   . 

Ia:s  Pèlerins  d'Emmaiis  . 

In  llnmme  ai<er  un  rliat. 

IVniM  touchée  . 
Sainte  t'.atherim    .    . 

ine  Sainte  l'amdle 

lUrodiade 

in  Doge  de  Venise 

Vénus  et  F  Amour 

/'/i<*  Femme  debout  vue  de  dos. 


La  Cirroneision 

Sm    iHirIrait    (•{    relui    do    sn 

fcnniK- 

Saint  Jérùme  . 


Jraii  I 
lu.  ' 


Henri  III  (?) 

In  Portrait  (n\ec  un  rrurilK 

Kur  le«|ue|  col  la  ilale  \W.\i^) . 

Présentalion  au  Temple  .    .    . 

t'.onvietion  de  saint  Thomas.   . 

In  (Consistoire 

l  ne  Descente  de  t'.rnis   .    .    . 
U  Titien  et  FArétin  (  Bnt  uWe»ii  ) 
1^1  Durs  de  Ferrure  .... 

L'AllaUenient  <rilereule   .    . 
Uda    ....... 

I  Ix  Jugement  dernier   . 

ht  Préientation  de  Sutre-Sei- 
I      gneur  au  Temiile 


1785 


l'UIX    DE    VENTE 

ES    ASGLETEBHB    ES    17yS 


yOUS   DES    ACQUEnEL'RS 


600 


3cx) 


1,200' 

4,000 

I 5,000 

3,000 


12,000 

1 ,000 

1 ,000 

48 


3,000 
3oo 


GUINEC& 

c"  Gower i5o 

Troward 35o 

eslimi'^oog.;  vendu  jdd 

Bryan âo 

estiinû  fio  g.;  vendu  î^ 


380 


3,  'IIMI 


3oo 


Bryan '■ 

Bridk'evvalor.  .    .    .  i 

Hope : 

IloiM' 35o 

Bridttevvalcr.  ...  fo 

BridKevvalcr.   ...  100 

vendu  en  1800.  .    .  la 

esliniéiSoff.",  vendu  Ji 

Bryan 3o 

BridBewalcr.       .    .  Joo 

Nerbil 5o 

Bridgowaler.   .    .    .  V"> 
non  indii|ui}  à  la  venle. 

SWipp ">" 


aSo 

80 

Brid«o««l.r.  .    .    . 

200 

0"  KnIniiMilli.  .    .    . 

24 

r"  (;..«er 

3,3<»0 

HridKevvatcr.  .    .    . 

a/| 

!•■•  Cimer 

r-  CarlUle 

8<K) 

Bryan 

WllletI 

T' 

Brl.ltipwat.r.  .   .    . 

t,Vki 

!•'•  Ciuncr 

DOCUMENTS     J  UST  I  F  I  C.  AT  I  l'S 


NOMS 

DES    PEINTRES 


Jcan-Fianrois  Har- 
bioii  (liilLtCucrdiin). 


Jean  Ik'Uin   .    .    . 

Jta  i-Laumit  Beriiiii .    . 

Jean  Castiglione 
(dit  le  Itfiicdeit')  .    . 

Jean  Lanfranc  .    . 

Jean-André  Doiiducci  (dil 
Masifllella).    .    .    . 

Le  Pordenon  (  AnI. 
Regillo) .... 


Jérôme  Mutian.    . 

Iniiocenl  Fraiicucii    (dil 
Mola) 

Joseph  Cœsari  .    . 

Josepli    Porta  (dil 
l^e  Salviati  I   .    . 

Joscpli    Uibeira 
(dil  l'ËspagooIel).    . 


Jules  Romain 


TirHES    DES    rAHI.lM  \ 


Mort  de  la  Vierge 

Un  Christ  (Pri^oiilalion  an  li'm;li')  . 

David  et  Abigaïl 

Le  liéveil  de  suint  .Irrnine, 
(d'après  l,e  (iuercliiii  i  .    .    . 

L'ne  Circoncision 

L  ne  Adoration  des  liois  .    .    . 

Le  Porlrnil  de  MnncI,- .    .    .    .\ 
L  n  Ètuitiiuit \ 


PRIX     D'ESTIMATION 

DANS    LES    I»VE:<TAinES 


Le  l'urlrnit  d'une  Femme,  por- 
lanl  ciia|)eau  de  plume   .    . 

[ne  AiuionciiUion 

La  I  isiiin  de  saint  François   . 

Hercule  arrachant  une  corne 
d'Aclieloiis 

La  Femme  adultî're,  allribuée 
au  Schiavoue 

Judith 


La  Résurrection  de  Lazare 
(riche  composilion)  .    .    . 


Une  .\ativilé  .    . 
Suzanne  au  Ijain 


L'Fnlècement  des  Saijines.   .    . 

\otre-Sei<jneur  au  milieu  des 
Docteurs 


Démocritc 

Heraclite 

Les  deux  mêmes  en  pied 

L'A  llailemenl  d'Hercule  ' . 
L'Enfance  de  Jupiter  .  . 
La  i^aissance  de  liacchus 


()00 


3Go  j 
aj'ioo  \ 
i ,  '400  I 


800 


3G 


3oo 


a,  000 
i5o 


800 


PIIIX    DK    VENTE 

Z\   AMGLETEnnE    E^    1798 


SOMS  DES  ACQUEREURS 


<■••  llibberl   ....  30 

r"  Goïver Goo 

Hri.ljîewal.T.  ...  800 

pslimé  80  g.;  vendu  Sg 

c"  Carlîslc    ....  100 

eiidu  en  1800.    .    .  iC 


lîalnie.   .    . 
non  vendu. 


l'est  pas  au  calai,  anglais, 
■endu  en  1800.    .    .         8 

cndu  en  iHoo.    .    .  y 


ï'est  pas  au  catal.  anglais. 
:'■  Wycombe  ...       4o 


endu  en  1800.  .    .  ao 

•sUiik:- 80g.;  vendu  18 

estimé  i5og.;  vendu  3'i 

Bridgcwalcr 30 

•  Darniey  ....  ao 

c"  Gowcr ao 

c"  Darnlcy  cl  Nesbil  .'10 

Uridgewalcr.   .    .    .  3oo 

estiinéaoog.;vendu  38 

osliniéîoog.;  vendu  80 


I.  Ces  deux  premiers  tableaui  ne  sont  plus  estimés  que  800  livres  en  178a. 


LE      PALAIS-nOYAL 


>OMS 


Jules  Romain 


Léaiuln-  Hii»;iii 
Léonard  ilr  Viiu'i  ' 

Lorcn/o  l^itto  . 
Loiii>  (larrailic 


T1THF.S   DKS   TMtl.KMX 


PIU\     DESÏIM  VTION 

Di^S    LES    ISÏESTAinKS 


I7a.'i-I75a  178J 


L'Enlèn-nwnt  des  Sahines  , 
La  Paix  entre  les  lioinain.s  el 

les  Sabins j 

( '.ortolan 

Le  Sièije  de  Carihaijène  •  ■  j 
La  Continence  de  Scipion  .  . 
Uécompense    militaire    donnée 

atLC  soldats 

Un  Empereur  à  cheval.   .    .    . 


L'Arche  de  Soé.  .  . 
Le  Juijemenl  dernier. 

l  ne  Télé  <le  Femme. 
La  Colominne.  .  .  . 
llerodias 


l  ne  Sainte  Famille 


Luc  (^aniliiaM-  . 
l.iK   liinrilano  . 

I»ui»  VarKo*'   • 

Mariii  'ritiliiirlll    . 

Miiili  'I 

I.. 


1  n  Fcre  Homo 

/><.'  Couronnement  ifépines  , 
Une    Descente    de    Croix 

(G  ligures) 

Sainte  Catherine  endormi-.'  . 
/^  Mariage  de  sainte  Catherine 

(c()|)ii'  du  (lorri'gi-)  .  .  .  . 
Su:unne  entre  les  vieillards  . 
Jéstu  mis  au  tomheau.    .    .    . 


Vénus  et  Adonis 
Judith 


Les     \'rndiiir 

Tempir 
La  Pisciii. 


■  tinsses    du 


Saint  Jeun  dans  le  dé.<iert   .    . 
1  n   l'orlniit   . 

Ix  Martyre  de  saint  l'ierre.   . 

La  Prtire  au  Jardin  des  Oliviers 
Lne  Sainle  Famitte 


.'1,000' 


(ioo 
3oo 


llriilgcwaler. 


i,OOo' 


60 
IDO 

3oo 

1 ,000 

^oo 

36o 

lÔO 

7a 

DOO 

7,aoo 

3,000 
3oo 

|-J,(MJO 

800 


l"l(l\  DE  VENTE 

r.y    .VNJLETElillB   ES    1 798 


AOSIS    DES    ACQUEREURS 


300 


30U 

a  00 
300 


c"  Gowcr 

Bridgc«alcr    .   .   . 

duc  dL'  Bridguwatcr 
Robcrl  Ldiii')-  .  .  . 
non  vonilti;  vsliinù. 

duo  do  UridgcHalor 

c"  Ciower 


3oo 
a, 400 


(ioo 


Goo 

3oo 
i,aoo 


llridgettalcr . 
HridKCwalcr. 

Hrid(.'i'waliT, 


^»M  iétimv  li  (fffMMLT,  i>o  lltrra,  ln<lli|iia'  «ut  Inrrnlnim,  iii«ni|iu-  h 
■•■  il»  17U,  ou  Uuuto  de  L  Vliirl  .  In  tlomne  ImanI  lute  ttttrr.  ]i 
'■rra,  >|ul,  daat  Ip  prr*onl  c*U|«ciif,  ni  Inlllulr  llerodiat 


c"  ("lowcr 100 

flldll   <'|l    |8UM.      .      .  33 

oliiiii' long. ;  vendu       .'lo 
i>«linii' luog.;  «l'Mdu      3] 

mm  «iKiinli'  à  In  mmiIiv 

non  «itfrinlr  'u  In  tonlr, 

vendu  en  iK<« > 

r*tlinu>oog.;v<'ndu      '>j 
rtlimcSoag.;  vendu      60 

rr  i-alnlngur  de  179" 

>  llvr«;    p|  In  Vtr^Mnlinn 


bOCUMENtS     JUSTtFICATIFS 


5l3 


l'UIX    D'Es 

TIMAIIUN 

l'ItlX    DE    VENTE 

NOMS 

TirUES   DES   TAHLE.VLX 

n\NS    LES    IXVKVTAIKE'i 

ES    ANULETEHHB    E»    1798 

cl 

.T.'.-,;:.. 

1 78.Î 

MOUS   DES  ACQUÉHEUnS 

llicliel-Aiige  de  (',a^a^al|e. 

Le  Sdcrijice  d'isnav 

vendu  i^n  1800.   .   .       /17 

— 

l  ne  Transjitjuration 

I ,000' 

/loo' 

vendu  en  1800.    .    .        13 

— 

/,(•  Sdiitje  (le  Caravar/e.   .    .    . 

a  00 

CIo\e '10 

Mccolo  dell  Abiilo 

L'Enlbvcment  de  Proserpine  . 

1  ,000 

1 ,000 

c"  Gower iBo 

PaulMatllipi.    .    . 

Salmacis  (i.'i  ligures)  .... 

2/10 

vendu  en  1800.   .   .       3o 

Paul  Véronèse  .    . 

Les  Disciples  d'Enuiiniis  .    .    . 

2^(0 

e"  GoHer 300 

— 

L'Enlèvement  d'Europe.   .    .    . 

i5o 

Willett 300 

— 

Léda  et  Jupiter 

7,200 

c"  Gower 3oo 

— 

Mars  désarme'  par  Vénus  .    . 

cslimésoog.;  vendu      5o 

— 

La  Mort  d'Adonis 

I  ,000 

1 ,000 

BridgcHater.  ...     lâo 

— 

Mercure  et  Hersé 

18,000 
18,000 

vendu  en  1800.   .    .      io5 

— 

Mars  et  Vdnus  liés  par  l'Amour. 

11.  Elnyn 3oo 

— 

Paul  Véron'esc  entre  le  Vice  et 

I 8 , 000 
18,000 

Go , 000 

_ 

esliin(';i5og.;vendu       fio 
Tli.  Ilope 5oo 

La  Sagesse  compagne  d'Hercule 

— 

Un  Portrait  de  Eemme  .    .    . 

_ 

Le  Respect 

estimé  aoo  g.;  vendu       '^'i 

- 

32,000 

■!/|,000 

eslimé3oog.;vcndu      3i) 
estime  i5o g.;  pas  vendu. 

Le  Dégoût 



L'Infidélité 

estimé  i5oK.;vendu       40 

— 

Mars  et  Vénus 

1 ,000 

Willetl 3DO 

— 

L'Embrasement  de  Sodonie.    . 

non  indiqué  à  la  vente. 

— 

Les  Israélites  sortant  d' Egypte . 

3,5oo 

non  indiqué  à  la  vente. 

— 

Le  Jugement  de  Salomon.   .    . 

lirid(,'C\valer.   ...       fio 

- 

Moïse  sauvé 

A ,  000 

Maitland 4o 

Pcrino  (Ici  N  aga.  . 

\'énus,    accompagnée    des 
Grâces,  se  prépare  au  juge- 
ment de  Paris 

Ce  lalilcau,   non  iniliqiic''  ilaiis    les 
Inventaires,  a  dû  y  i-lrc  allrilnic  à  un 
anlre  ppinlre. 

Wesliilt 80 

l'icrre-Fraiiijois  Udla.    . 

in  Repos  en  Egypte 

'100 

l.ons f<o 

— 

aoo 

c"  Gower 'i.> 

Saint   Jean  prêchant   dans 



c'"  Gower aâo 

non  indii)ué  ù  la  vente. 

Agar  et  Isniaël 

l'ioirn  Pcrugin.    . 

L'Adoration  de  Noire-Seigneur. 

100 

no  trouva  pas  acheteur. 

— 

La  Vierge  el  l'Enfant  Jésus.   . 

^00 

/|00 

vendu  en  18011.    .    .         .i 

— 

Une  Descente  de  Croix.   .    ■    . 

■J.'lO 

Sykes Oo 

Picirc  de  Cortona 

(dit  lieiTcttini). 

La  fuite  de  Jacob  ou  Luban  i/ni 

cherche  ses  Dieux 

20,000 

llilihert Ii30 

LE     l'ALAlS-KOÏAL. 


5i 


LE      PALAIS-nOYAL 


NOMS 
DEa  rtl>tiii:« 


Nli^Mt  it  Canii||(. 
Paris  hnnloni  . 
Rapliai-I  ■  .    .    . 


L(!  Ho«!U>    .     .     , 


Siiiilialil  S'or/a. 
Tilicn 


ririlK.>    hlS    TMILKVLV 


PniX    D'ESTIMATION 

OA!IS    LES    ■!IVE!«TAinES 


171'!-  1733 


Les  Trois  G  rares  . 
L  ne  Suinte  Famille 


Le  Portrail  d'une  I  ieille  .    .    . 

Lne  i  iertje  tenant  Jésus  (ma- 
nière «le  l'ériifririi 

Jules  n 

Saint  Jean  an  désert 

Une  Sainte  Famille,  saint  Ji>- 
sopli  à  geiniu\  (Ibniic  roiiclt-i 

La  \ierge  et  l'F.nfunt- Jésus 
couché,  stitl  Josrph  t>t  à^triimai. 

Lne  autri-  .SVji/i/f  Famille,  a\pc 
rKiiraiit  (-1  sailli  Jean  Ba|)- 
tis|(>  (iriKilil  (c«l.  ttm  if  SurJr). 

La  l  ision  d'É:écliiel 

i'n  (Ihrisl  au  tombeau.    .    .    . 

,1  «  Jardin  des  (  diriers  .... 

Un  l'ortement  de  C.roix    .    .    . 

La  Vienje  et  l'F.nfunt  Jésus, 
tenu  parle  picii,  liiU'  la  Belle 
\'ierije{\m>\.  col.  St'ifflU'Iais). 

Lu  nuire  idem,  a\cc  l'Hiifant 
(Vienje  d Orléans)  .    .    . 

Jésus  assis  sur  les  genoux  de 
la  Vierijet  Vierge  au  Palmier j 

Ln  Jeune  Homme 


La  Femme  adultlre 


I  ne  Itescenle  de  Croix  .... 
La  llésurrection  «/(•  l.'i:iirr  .    . 

I)ix  l'ay sages 

Le  l'nrirail  de  Titien  .... 
/7i>' .l/iMiV/ii/- (<'s<pii>si-).  .  .  . 
llharles-ljuinl,  «ir  ■■  ckcul  loir  . 

l'hilip/H-  Il  (|M>ilniil) 

/  ne  Femme  tenant  une  lettre  . 

l'Aémrnt  VII 

\cléon  (III  le  Ihiin  de  Diane .   ./ 
CaUsIo \ 


I  ,aoo 
I  '1 ,  000 


(i.lKX) 


•i8,ooo 


3,(ioo 
i4,ooo 
1 o , 000 

/|8,(X)0 


•j8,ooo 


.'V>o 
i.'x) 

.(M  Ml 


a8,(X)o 

1 ,800 

ao,ooo 


3(>,o(>o 


800 

3c>t> 

i5o 

.'<,0<X) 

luo 
al 

'1  ,IMHI 


PllIX    DE    VENTE 

>    ANGLETERRE   EN    1 798 


NOSIS    DES    ACyL'EnEUnS 


estimé  ia  g.;  vcudu.        18 
non  indiqué  ù  la  vente, 
non  in<li(iué  ii  la  \ente. 

llibbcrt 5ou 

estimé  iBo^.;  vend»       30 
lord  Uerwiik.   .    .    i.ôoo 

pas  iiidi<iiu''  à  la  vente. 

W  .  Uillell.   ...       700 


llrid},'i'W  at<T  .  . 
lord  Berwick .  . 
c"  lloclibcrg  .  . 
.Samuel  Rogers . 
(i.  llihberl,  e»q. 

Ilridftewalcr.  .  . 
Ilope 


3,000 
800 


3,000 


Hriilgewatcr  .    .    .    i.j 
iinii  iiiiliqiié  à  la  vente 


lirid|.'e»alcr  .    .    .       loo 
Viii;erstein  ....   3,5oo 


non  indiqnt-  ii  la 


ente. 


e-  Carlisic  ....         70 

llililwrt lou 

ViiKcnteiii.    ...       i5o 
non  Iniliqiié  h  In  vetilo. 


Ilridgenalcr  . 
HridKvwalrr  . 


I    IXd»  I  /ncvaiavf  «Ir  i;»!,  on  lrou»r  Jn  R«|>ImM    l.'t:mbliiM  lia  qualir  iSHimjélitla,  |.rl»é  O.eoo  livre».  Xoii 
iMlt^iri  daut  le  uUl«fiMi  il«  1790  dn  Ublmux  il<rt«ol  Un  vtdUui  eu  AiiKiclertX'. 


DOCUMENTS     JUSTIFICATIFS 


5i5 


l'HIX     l)-E.STIM.\TION 

l'IllX    DE    \  KM  E 

NOMS 

TITKES   DES   TUU.KMA 

DANS    I.ES    l.lVEST.iniES 

EM    .\XGLETEUIIE    ES    1798 

DES    PEINTRES 

.— 

et 

i;q,',-i753 

,:85 

NOMS    DES    ACQUÉREUnS 

Tilii'ii- 

Une  Sainte  Famille,  avpc  saint 

CUIKLES 

Jean  dans  un  âge  avance.    . 

3,Coo' 

Wallon aSo 

— 

La  ]'ie  humaine 

(),000 

Bridgewatcr.  .  .    .       (ioo 

— 

léniis  à  la  coqtiille    ..... 

() ,  000 

—              .    .      «00 

— 

La  Maitresxe  du  Titien  (prisé 

connue  très  gâté) 

3G 

Hryan 5o 

— 

Le  Tentateur 

Tli.  Hope /ioo 

— 

Vilellius  et  Caracalla    .... 

600 

CosHay 30 

— 

Actéon  dévoré  par  les  chiens    . 

1 .") ,  000 

Bridgenater  .    .    .   j,5oo 

— 

\'énus  et  Adonis j 

Fizburg  .....       .^oo 

— 

L'Enlèvement  dl-Airnpe.    ...       /i,ooo' 

lord  liernick  ...      700 

— 

l'ersée  (abîme   en   178,'))  iléli-\ 

— 

vranl  Andromède 

Hrvan 3io 

— 

Vespasien  (abîmé) 

3 

Cosivay jo 

Une  ]'etive 

non  indiqué  à  la  vente. 

Une  Tête  de  Femme  en  cornette 

à  bavolets 

vendu  en  1800   .    .         .'.o 



Le  Portrait  d'une  Femme  tenant 

une  cassette  (fille  du  Ti(icn). 

3 ,  200 

3 ,  a  00 

Lad  y  Lucas.  .    .    .       .'lOO 

— 

L'Esclavone  (abîmé  en  178,"))  . 

I  '1 ,  000 

Il -2 

vendu  en  1800  .    .        80 

— 

Vénus  qui  se  mire 

c"  Darniey  ....      3oo 

— 

L'Éducation  de  l'Amour  .    .    . 

800 

a,4oo 

c"  Govver 800 

— 

Une  Magdelcine,  à  mi-corps.  . 

3  ,  /ioo 

i(io 

Maitland .35o 

— 

.V';/(  me  lancjere 

'A  ,  000 

3 ,  ()oo 

I.'j.OOO 

'0,1 

l'Iiilippe  II  et  sa  maîtresse    .    . 

s"  Klitzwilliain.    .     i,.n... 



Le  Portrait  d'un  Jeune  Homme. 

n'eut  pas  d'acquéreur. 

— 

Deux    tableaux,    même    sujet, 
représentant    le   Départ 

d'.Xdonis  pour  la  chasse  .    . 

(i,ooo 

non  indique!  dnni  If  fatal,  .•iriplaii. 

Le  \;ili'iirui  .    .    . 

1  ne  .Musitjue 

/lOO 

Bridgcwater.  .  .    .        l'io 

— 

Les  Qtialre  .Ages 

8,000 

.'lOO 

.\ngerslein ....        !<o 

HichelAiigi'  des  Batailles 

(  Ccrgiio7./,i) .... 

Une  .Mascarade 

cslimé3og.;  vendu        i3 

I.  Je  r<>procUiis  iri,  sans  on  corriKfr  les  erreurs,  le  caUloguc  îles  lalileaiix  ilii   litien  iiii.'  ilniitie  le  niamisiril 

de  la  Bil)liothè(iiie  nationale.  On  n'y  trouve  pas  rerlaiiies  (i-uvres  nul  faisaient  pourlaiit  partie  do  la  loUeelinn 

du  Palais-Royal,  telles  que  (c  Cumte  de  Casliglioiif,  vendu  ii  Londres  iWi  «uinées,  en  iSno,  et  flùiiiiereiir  Ollum,  ee 

dernier  sans  doute  très  abîmé  et  non  envoyé  en  .\n(,'lelerre.  l'ai  eontre,  on  y  voit  des  tableaux  qui  ne  sont  pus 

signalés  dans  les  catalogues  anglais  au  moment  de  la   vente  de   i79»<;  tels  sont:  k  Portruil  de  Philiiti>e  II, 

la  Vtuve  et   les  deux  toiles  représentant  te  Départ  d'Adonis  pour  («  cluisse.  Ces  deux  dernières  doivi-nt  certai- 

nement faire  ici  double  emploi,  par  suite  d'une  erreur  de  titre,  car  elles  uc  flgurenl  pas  dans  le  calalugui'  des 

tableaux  du  Régent  pa 

r  Dubois  do  SainlGelais,  cl  no  sont  i 

)as  mention 

lécs  dans  le 

s  Inventiiires. 

5iG 


LE      PALAIS-UOYAL 


ÉCOLE     DES    PAYS-BAS 


NOMS 


Gérarti  !)<>« 


hrlkoUatr  Brirabcrj 


Ad.'iiii  Kl/lii-iliirr 


(inspanl  Nelilicr 


Philippe  Wouwennans. 


JiMIl     Mirl 


Ii.ivkI    I 


rnUKS   DKS   TMII.KAIA 


(iiMlrfiit}   Walkrn. 


/  /!(•   Jeune   Fille   a[)pu\êe  sur 

un  balcon 

Le  Joueur  de  violon 

La  Vieille  à  la  lampe  .... 

Les  (Ihbvres 

La  Tour 

La  Montagne 

in  Homme  à  cheval 

l  ne  i\uit 

In  Clair  de  lune 

Des  Knfanls  jouant  avec  un 
oiseau 

Le  l'ortrait  de  .\etclier.    .    .    . 

La  Maîtresse  d'école 

Ahraham,  Sara  et  At/ar.    .    . 

Ivts  Bohémiens 

l'n  Sacrifice  à  \énus  (copie). 

Une  Femme  nue  couchée  sur 
un  lit 

Im  Chasse  au  vol 

Départ  pour  la  chasse  .... 

La  Curée 

Im  C.hasseresuc  . 

La  Vendange 

La  Dante 

Les  l'.hasscurs    . 

La  Fumeuse 

Le  Uerijer 

Ix  Chimute  (copie) 

Im  Gazette 

Ix$  Joueurs  de  trictrac  .    .    . 

/^  CalHiret 

Ixi  Joueur*  de  dés 

/  ne  Fille  Jouant  du  lulh .    .    . 

l'n  Homme  présentant  une 

lutitiir   II    itnr    frmtiti' 


l'RlX    D'ESTIM.\TION 

Da:IS    les    I^IVEXTAIIIES 


I73'i-i753 


(j,ooo 


10,000 
I  ,aoo 


(),000 

Goo 


•j,ooo 
1 ,800 

3, 000 

600 

ÎOO 
.'lOO 


/18 

4,000 
frno 
r>()o 

(i ,  IKK) 


P1U\    DE    VENTE 

EX    .1SGI.ETERRE 


J.  Daveiiport 


Le  ratalo°;uc  anglais  com- 
prenait sii  toiles  (le  ce 
peintre. 


cslinii' aoo 


n.ivi-n|>ort jo 


Sir  Steplirni 
C.  lIlblM'rl  . 
\V.  lUx  kf.>ra 


3ou 


Xjt  »i'nli'  il«  ijijj  coni- 
|irfii>il  i|iiln«c  •piivrc» 
<l<'  ••'  nialln'. 


DOCUMENTS     J  l"  ST  l  F  1  C  AT  I  FS 


5i7 


NOMS 

DES    PEINTRES 


GodefroY  Scalkcn, 
François  Miéris    , 

Van  dcr  Yorf    . 


Pierre  de  Laer  .    . 
(Le  Bamboche). 


Toi 

Jean  Ureu^diel . 


Herman  Svancfeld 
Rembrandt    .    . 


Porbus  .... 
Slingelant  .  .  . 
Corneille  Polemburg 


Lamb.  Zustrus. 
Abraham  Blomaert. 


TITUFS    ors   TAIII.EVIA 


La  Ih'ronnaissance  <lc  la  liohè- 
micnne 

l  ne    Frninic   mnnijcanl   des 

huîtres 

i'ne  Bacchanale 

Le  Chimisle 

Le  Jugement  de  Paris.  .  , 
Le  i'endcur  d'œu/s  .  .  .  , 
La  ]'endeuse  de  marée.    . 

Des  Enfants  qui  se  jettent  des 
pierres 

Des  Sbires  qui  poursuivent  des 
enfants 

Intérieur  d'une  cuisine .... 

La  Tonte  des  moutons.    .    .    . 

Le  Chariot 

La  Transmigration  de  Bal/y- 
lone 

l'ue  de  Campa  \'accino    .    .    . 
Les  Bergers 

La  Vieille  à  la  lampe  .... 

Saint  François 

Le  .Moulin 

Le  Portrait  de  Brmlirandt  (?)  . 

Cchii  de  sa  femme 

Le  Portrait  d'un  Bo  urgmaistre . 

Le  Portrait  d'Henri  IV  .    .    . 

L'Enfant  arec  Toiscau.    .    .    . 

Le  Paysage  aux  vaches  .    .    . 
Les  \ymphcs  et  les  Femmes  . 

Céphale  et  L'rocris 

Des  Femmes  qui  se  baignent  . 

Une  Montagne  et  une   rivière 

au  bas    

L'Fnlèremcnt  <le  Proserpine.    . 

Saint  Jean  prêchant  dans  le 
désert  (allrijjuéaiissià  i'ierre- 
Fraiirois  Mule) 


PRIX     D'ESTIMATION 

DtXS    LES    IMVEKTAIIIES 


4,000' 

5oo 


4,000 
'  /(OO 


Oo' 


i,.Soo 


1 ,000 

2,4oO 
I  ,  .'jOO 

a/|0 
3oo 

3oo 


1 ,5oo 


PRIX    DE    VENTE 

ES    AXGLETERHE 


I,c  catalogiio  anglais  coin 
prenait  cinq  loih's  ilr 
ce  peintre. 


W.  .Schmith    .    .    .     5oo 
est  i  mû 300 


Le  ealalo$;ne  anglais  de 
i7i|3  comprenait  huit 
iruvros  de  ce  peintre. 


>i8 


LE     PALAIS-ROYAL 


>OMS 

OC*    rEMTIlE» 


Ji'an  N  an  V.\i\  . 


Kottrnhaiiier. 
Paul  Hhll  .    . 


Urauner    .    .    .    . 
Péter  Necf»   .    .    . 

Pierre   ^an   Mol   . 
Anl'iiiKNun  Dvck 


Antoine  More'. 


TITKES    DES   TMtl.EAlX 


PniX    D'ESTIMATION 

DA>S   LES   I^VE!ITAinES 


I7j'l-I75l 


Les  portraits  d'Iluljcrt  et  Jean 
I  an  h\ck 

L'Adoration  des  Hois  (trois 
sujets  dans  un  seul  tableau). 

hanaé 

ine  Fuite  en  Egypte 

Le  Paysage  aux  chbvres  .  .  . 
Le  Paysage  aux  canards.  .  . 
Les  Symphes  et  les  Satyres.   . 

Le  liUL'eur 

Intérieur  d'une  église  d'Anvers . 

l  no  auln-  égli.-c 

La  hanse  de  la  mariée.   .    .    . 

Charles  /",  roi  d'Angleterre,  et 
sa  famille  > 

Le  Comte  d'.Arundel 

Le  Portrait  de  Sneiders  ,    .    . 

Celui  ili-  sa  femme 

In  Pair  (F Angleterre^.   .    .    . 

/,<  Portrait  d'une  Princesse 
veuve  

Le  Portrait  de  la  Princesse  de 
llaisbourg 

/.«•  Portrait  (tun  .Seigneur  por- 
tant un  ninnti-nu  i  fo  kull's,  uiir 
raiDc  ri  ■•  papirr  i  la  ■un)  hoàtt 

Le  Portrait  iCune  dame  tenant 
des  rotes  

Charles  /"■,  roi  <r Angleterre 
en  cuirasse  (cdiiiei   .    .    . 

Ln  hue  d' Angleterre,  idem  . 

In  Homme  avec  une  fraise.    . 

l'ne  Tête  d'homme  à  chevelure 
blanche 


/«*  Portrait  </<•  Hugues  limtius 
Ln  fiénéral  e^tagnol  .  .  .(}) 
Portrait  ifun  Espagnol  ,  .(?) 
l'n  Homme  arec  son  chien. 


I  '  n.l  <Un<  I- 
.  Ulilit  ilalM 
In  l'„rtraU  .^ 
•I    llrMVIll  r(  .1. 


3,000 

3,000  S 


3,000 


3,000 
3,000 


1785 


36' 
3() 

36 

iliO 

600 


10,000 
a, 000 

8,000 


IMUX    Di:    \  ENTE 

EN    AM'.LETEKllE 


Ilammorslry 
BridpowoltT 
Carlislc   .    . 


600 

a/io 


Lp  caUlo|fiii<  iin)(l*i«  «l» 
i7;il  roniprcnnil  onio 
l.illo  (If  \aii  D><k. 

I  "  latnlni,"!!'  aiitfloiii  ilr 
l•\^^  IK'  roiiipri'iiait 
i|truni'  M^ulv  tiMi>ri'  de 
rc  niullro. 


l<irlir.K<,  1.0  lIvrM. 

liclianilirr  iln  1*  •iKinliri''  il<<  U  ■liii'lii-»o. 
•  .  rlutiiTlIrr   ir\imlrlrrn\    t\o  llviv»,  altri- 


DOCUMENTS     J  L  ST  I  K  I  C.  AT  I  l"  S 


5i9 


NOMS 

DES   l'EINTIlES 


PRIX  D'ESTIMATION 

DANS  LES  I\VESTAII\E> 


IMIIV    DK    VENTE 
E>    \m:leteriie 


llenrik  Vaii  Baleii  .  . 
Adrien  kcycn  . 
Pierre  Breugliel 

Pierre-Paul  l!ubeiis  . 


Paul  Pons.    . 
Moiiclieroii    . 

Van  der  Nccr 
F.  Mans.   .    . 

Tliéoriore  [toiiiliuul/ 


Stalbeti 


Albert  Diirer. 


Les  (Jualre  Elénicnls. 

in  Sénateur  vénitien. 

In  Concert  de  chats. 
Le  Grand  Chemin.    . 


Douze  estjuisses  de   l'Histoire 
de  Cunslnntin 


Thomiris 

La  Continence  de  Scipion .  . 
L'Aventure  de  Philopœmen' 
Ganymède  ((l'a[)rès  Htibcns) 

Mars  et  \'énus 

Diane  revenant   de  la    chasse 

(copie) 

Le  Juijcment  de  Paris .  .  . 
L'Histoire  de  saint  Georges 


I  (J  ,  ooo 
3ao 


^,ooo 
6,000 


l  ne  (Chasse  au  itniiii. 


i  n  T'iiysage,  avec  des  ligures 
de  \  aridervclt 


Un  Coucher  du  soleil 
l  ne  l)éhauche.    .    .    . 


Le  Serment  il'Annilial.    . 
Vulcain   accuse    \énus   devant 
l'Olympe 


/  n    Petit    Paysage   avec    des 
lian/aes 


in  Portrait  d'homme  tenant 
une  lettre 

L'nc  Nativité,  une  Adoration 
des  Mages  et  une  Fuite  en 
Egypte  (en  un  seul  tableau). 


36 


7,300 

24,000 

3/4,000 

3oo 

lôo 


10,000 
8,000 


cnducs  sûparômenl'. 

c"  Darnicy    .    .    .      i,aoo 

lord  lirnvicli    .    .         800 

Goo 

4oo 


ioo 

lord  Kinnaird  .    .     3,000 
W.  Worland    .    .      1,000 


80 


I.  Les  douze  esquisses  de  Vllisloirc  de  Consttinlin,  par  ltiil)riis,  furent  vendues  séparémenl  do  la  faroii  sui- 
vante :  1'  Le  départ  de  Constantin,  100  guinécs;  3"  Le  miracle  de  la  iroi»,  100  ifuinées;  3"  Le  Luliaruni, 
100  KUinécs;  'r  La  défaile  de  Maxenn;.  300  Ruinées,  h  Sir  l'Ii.  Sleplien>;  5'  Iji  morl  de  Maxiniilien,  aoo  Rui- 
nées; 6'  Le  trioinplie  do  Constantin,  300  guinées;  7*  Enlrée  de  Coiislanlin  ilaus  Uonu-,  lio  Ruinces;  »■  Cons- 
tantin restaure  la  lilwrtc  du  Sénat,  ibo  guinévs;  9'  Le  mariage  de  Constantin,  100  guinées;  lo"  Fondation 
de  Coiislanlinuple,  70  guinées,  ii  Sir  Pli.  Stcphcns;  iT  Constantin  adore  lu  vraie  croix,  80  guinées:  i-j"  Lt! 
baptènu*  d'*  Ojnstafitin,    100  guinées. 

a.   Dans  i'iiu'ciilaiif  Ai-   i-K<,  ce  tableau  est  indii|iii''  comme  étant  une  copie 


Le     fALAIS-ROIAt 


NOMS 

DE*   PtMTKt» 


Jacques  Juriiai'ns. 


Naii  ilfii  \  clilt 


Jpaii  llolbfin  I 


Martin  ilc  \os 


SayUcNfii  .  .  . 
Nirariiis.  .  .  . 
\aii  ticr  Mciilcn 
François  Porbus 


Hoosc  (l'Italie- 


TITRES   llF.S  TAHLEM  \ 


Rabelais  à  table  ai'ec  ses  parois- 
siens, un  homme  armé  à 
côté  de  lui  ft  un  lionimc  qui 
lient  son  casque 


Diux  iiuiiincs  représfiilanl  la 
Bataille  île  Lépanle  .    . 

Le  Portrait  d une  femme. 

Thomas  Morus 

Le  Portrait  de  (ieorges  (lysein. 

Les  l-'leuves  avec  des  tigres  et 
des  crocûilile'i    .... 

Pan  et  Syrinx  et  des  enfants 
jouant  arec  des  tigres . 

Deux  Petits  l'aysages  .    . 

Deux  tableaiur  d'animaux 

Vue  de  Saint -Cloud .    .    . 


PRIX    D'ESTIMATION 

mis  LES  l>VE>T\IRES 


Portniit  d'une  Princesse  de 
liaden 

(lalirielle  d'Ustn'e  et  sa  sœur 
au  bain 

Le  Portrait  d'Henri  l\  à  l'âge 
de  i/uatre  ans 


in  Paysage  orné  d'nniinnux  . 


1  ,J0O' 


I>1U\    DE    VENTE 

ES  ANGLETERHE 


I.  On  lroii»r  •Uii%  r/nivnlairr  Ji-   178J  ;    llullM'in.  /.<•  W(i/i//'mr  ilr  Jésua-Chrifl,  Ji.cxio  livn"» 


ÉCOLE    FRANÇOISE 


M)Ms 
•  r«i*TMa 


Mcolat  Priu««in   . 


IITIlEs    hK>    I  Mll.I M  \ 


■UIX     D'ESTIMATION 


i7.Vi;ij 


.Voyte  marchant   sur  la  (««  | 

runne  de  Pharaon 3,800' 

/-*  liai'UMemrnl  de  saint  Paul . 


17H5 


K,ooo' 


l'IliX    DE    VENTE 
r>  4:<i.i.KTiini<K 


Duc  de  IhHir.ml . 
\V.  Siiillli     .    .    . 


I)  oc  l'  >l  K  N  TS     .1  U  STI  I   I  (AT  I  KS 


521 


NOMS 

DES    PEISTIIES 


Nicolas  l'(ius>iii 


Claude  Lorrain. 
Charles  Le  Brun 


Kuslaclic  LcSiicui' 
St'liaslieii  llnunliiii .    .    . 


San  terre. 


VVallean  .   .    .    . 
Philippi-  Clianipaijiic . 


Sara/.in  .... 
Chevalier  .  .  . 
Simon  Voucl.    . 


La  Ilire 

Bourgofinon  .    .    . 


Tnni:s  i)i:s  tahi.km  \ 


Plll\     DT.STIMATIUN 

IMSS  LES  nVEXTAinES 


Plll\    DK    VKVTK 

ES    A>(;LErEllltE 


/,('  Hdiilàm- 

La  (kin/irmalion   .... 

La  l'cnilence 

L'Kucharislie \  5(),o<)o'>  70,000 

L'Exlrciiie-Unclion  .    .    . 

L'Ordinalion 

Le  Mariagi' 

Moyse  exposé 10,000 

La  \aissance  de  liarchtis   .    .       3,5oo        8,000 
Le  Fra])/)enienl  du  Hocher  .    .       (),ooo       i5,ooo 


In  Courlier  dit  Soleil  .    . 

Hercule  assommant  les  chevaux 

de  Diombde 

Le  Massacre  des  Innocents 

[le.cdîtdre  et  son  médecin  . 

Le  Portrait  de  i  arin.  ijraveiir 
des  médailles 

La  Reine  de  Suède 

Quatre  L'ortraits  d'hommes  de 
lettres 

La  Présentation  au  Temple.    . 

Le  Portrait  en  hiistc  de  l/-"'  le 

Régent 

Le  iiièiiK'  en   ijietl 


//(   /)')/  champêtre 

Le  Portrait  en  pieil  de 
Louis  Mil 

Le  Portrait  en  pied  du  Car- 
d.nal  de  Richelieu 

Le  Portrait  île  Louis  Mil  .    . 

Le  Mariage  de  la  I  ieri/e  .    .    . 

L'Annonciation 


La  I  /(■/■;/(■  ((/(  ///  '/(■  /'(  ttiorl 
L'Enlèi'emenl  d  Ijirope.    .    . 


La  Prudence  amène  lu  Paix  et 
/'  Kliondance 


La  \isitati(in  de  lu  \  ienje 
Une  Hataitle 


,«00 
,  aoo 


3 ,  000 
6,000 


Bridgewatcr 
Bridgcwater 
BrûlgewaltT 
liridfîewaler 
Hridgcwaler 
lirUlKoivalcr 
Bridpcwalcr 
c"  Temple  . 
Willelt  .  . 
HridfîMvaler 

UogiTs.    .    . 


endii  en  iSoo  . 


700 

800 


non   indi<in.''  ,'i  la 


non  inili(]ué. 
iMdi<itié. 


non  indi(|iié 


non  iiidûiué. 
non  indiqué. 


Le  rardinal  de  Rirlinlirii.  par  Jean  Warin.  (Buste  en  bronze  conserve  à  la  Bibliollièiiiie 


Ma 


Plan  de  la  partie  du  quartier  Saint-Honoré  où  a  été  construit  le  Palais-Cardinal  avant 
les  acquisitions  de  terrains  faites  par  le  cardinal  de  Richelieu,  en  i6a'i 

Plan  du  Palais-Royal  au  moment  de  la  mort  de  Richelieu  (i6'ia),  établi  i)ar  le 
{géographe  Beaurain  en  1737,  à  l'occasion  du  procès  intenté  par  le  maréchal  de 
Richelieu  aux  propriétaires  des  maisons  entourant  le  jardin 

Feu  d'artifice  tiré  en  lO.'i'i  sur  la  place  du  Palais-Cardinal.  (l"ac-similé  dim  dessin 
original  du  Cabinet  des  Estampes  à  la  Bibliotliècpic  nationale.) 

Vue  du  Palais-Royal  vers  ifiôo.  (Reproduction  du  plan  de  Lu  Boissière,  gravé  en  it>7().). 

Plan  manuscrit  du  Palais-Royal,  dresse  en  i(>i)J.  année  où  Louis  \1V  le  constitua  en 
apanage  au  duc  d"Orléans,  son  frère 

Études  et  croquis  pour  la  décoration  de  la  Gulerk  d'Ènce,  au  Palais-Royal,  par  Antoine 
Coypel.  (D'après  les  dessins  inédits  de  l'artiste,  conservés  dans  les  cartons  du  Musée 
du  Louvre.  I 

Grand  salon  de  la  chancellerie  d'Orléans.   (Eau -forte  de  Lancelol.) 

«Déclaration  de  la  Régence»  et  «Majorité  du  Roi  0.  (Dessins  à  la  sanguine  pour  les 
médailles  exécutées  en  1715  et  1718,  et  conservés  au  Musée  de  la  Monnaie.)    .  .  . 


18A 


188 

3lO 


2(1^ 


024  "-^     PALAIS  -  ROYAL 

PVCES 

«  Application  du  Régent  aux  affaires.  »  (Dessin  à  la  sanguine  pour  la  médaille  cxocutée 

en   1716,  conservé  au  Musée  de  la  Monnaie.^ 280 

Collection  des  pierres  gravées  du  Ucgent 3o4 

ujunon.»  (Étude  à  la  sanguine  d'Antoine  Coypel,  pour  sa  composition  peinte  à  la 
Galerie  tTÈnèe:  reproduction  du  dessin  original  conservé  dans  les  cartons  du  Musée 
du  Louvre.) -^'^ 

u  Junon  commande  à  Éole  de  déchaîner  les  vents.  »  (Décoration  de  la  Galerie  d'Èiièe 
au  Palais- Roval,  par  Antoine  Coypel.)  Iteproduclion  de  la  gravure  de  la  Chalcogra- 
phie du  Louvre 3ao 

Médailles  et  jetons  de  la  famille  d'Orléans  (conservés  au  Musée  de  la  Monnaie).  — 
La  princesse  Elisabeth-Charlotte,  mère  du  Régent;  le  Régent:  Louis,  duc  d'Orléans, 
son  fils;  le  peintre  .Vntoine  Coypel;  jetons  divers  en  argent 3.'i4 

«  La  mort  de  Didon.  »  (Décoration  de  la  Galerie  d'Enèe  au  Palais- Royal,  par   Antoine 

Coypel.)  Reproiluction  de  la  gravure  de  la  Chalcograpiiie  du  Louvre Z'11 

Déioriiiiim  intérieure  du  Palais- Royal,  en  1778,  exécutée  par  l'architecte  Piètre.  (Fac- 
similé  des  des>ins  originaux  de  cet  artiste  conservés  au  Musée  Carnavalet.)       ...      38o 

Plan  du  Palais- Royal  en   171; '1  (premier  étage) 388 

M  Descente  d'Énce  aux  enfers.  »  (Décoration  de  la  Galerie  d'Enèe  au  Palais- Royal,  par 

Antoine  Coypel.) '|00 

La  salle  du  'i'héiltrc- Français  à  la  lin  du  xvni'  siècle.  1  Ri'])roiluctii)n  en  couleurs  d  une 

a(|uarelle  conservée  au  Cabinet  des  Estampes  à  la  Hibliothè(|ue  nationale.) \'ii 

l'romenade  du  jardin  du    Palais-Royal.   (Reproduction   en  couleurs  de  l'aquarelle  de 

Desrais.) .'lâO 


Les  armes  du  cardinal  de   Uirheliou.  (Coinposilidii  all(''pori(|iip  de  CÀi.  Lobruii  pointe 

au  Palais-Cardinal.) 3 

Médaille  du  carilinal  de  llichelien.  (Kxécutée  par  J.  Warin  en   i(i;ii.) 5 

Le  cardinal  de  Riclielieu.  (D'après  un  des  portraits  de  l'ii.  de  C.lianipaignc,  s;ravé   par 

Nanteuil  en  i(ir)7.) q 

Le  cardinal  de  Richelieu.  (Face  et  revers  de  la  médaille  gravée  par  J.  Marin  en  i()3o.|.        i3 

Le  Palais-Cardinal,  du  côté  du  jardin.  (D'après  l'estampe  d'Israël  Silvestre.) i- 

Jacques  Le  Mercier,  architecte  du  Palais-Cardinal.  (D'après  le  pcirtrait  de  Pliilippe  de 

Champaigne.) ai 

Michel  Le  Masle,  prieur  des  Hoches.  (Secrétaire  et  intendant  du  (•ar<linal  de  Kiclulieu.)  .  u5 
Médaille  du  cardinal  de  Richelieu,  grand  maître  de  la  navigation,  exécutée  en  i()3A, 

non  signée.  (Cabinet  des  Médailles,  Bibliothèque  nationale.) ïj) 

Les  jardins    du    château   de   Rueil.   (D'après   une    estampe  allemande  de    réiwcjue   de 

Richelieu.) 33 

Vue  et  perspective  du  Palais-Royal,  du  côli'  du  jar<lin.  (Dessin  de  ChaulVournier,  gravure 

d'Aveline.) 37 

Les  jardins  du  château  de  Hueil  à  lépoipie  du  cardinal  de  Riclielieu.  (D'après  l'estampe 

de  Perelle.) 4i 

Le  Palais-Cardinal,  du  cùté  du  jardin,  vers  idV»-  (D'a|)rès  l'estampe  de  l'erelle.).  .  .  43 
^'ue  perspective   du    Palais-Cardinal  et    du    (piailler  Saint-llnnoié   en    iC'-;\).    (D'après 

l'estam[)e  de  La  Boissière.) iô 

Les  armes  du  cardinal  de  Riclielieu.  ((ira\iire  extiaile  (\r  la   I Vc  ilr  lticlicli(-ii.  |)ar  Auliery, 

1G60.) 'il> 

Le  Palais-Cardinal  en  iti^o.  (Kac-similé  d'un  dessin  miginal  :'i  ra([iialinle.  -  liihlintlièque 

nationale,  collection  Destailleurs.  ) /(ij 

Décoration  de  la  (Jalerie  des  objets  d'art  au  Palais-Cardinal.  ((Joiuposition  de  Philippe 

de  Champaigne,  gravée  par  Michel  Lasne.  —  Bibliothèque   nationale.    Cabinet    des 

Estampes.) 33 

Décoration  de  la  Calerie  des  objets  d'art   au   Palais-Cardinal.  ((iomiHisition  de  .Simon 

Vouet. —  Bibliolliè(pie  nationale.) 57 

Portrait  de  Louis  XIII,  par  Philippe  de  Champaigne;  Gaucher  de  Chàtillon,  par  Simon 

Vouet.   Décoration   de  la  (ialerie  des   Hommes  illustres.  (D'après   les  gravures  du 

volume  de  La  Colombière,  iClii).) (ii 

Le  portrait  de  Richelieu,  peint  dans  la  Galerie  des  Hommes  ilbisires  p.ii  Ph.  de  Cham- 
paigne. (l'ac-'iimilé  de  la  gravure  du  volume  de  La  Colomliière,  iii(i().i (if) 


."jqG  1-E      PALAIS-ROYAL 

PAGES 

Le  portrait  de  Gaston  de  Foix,  peint  dans  la  Galerie  des  Hommes  illustres  par  Pli.  de 

Chaiiipaifine.  I  l'ai- -simili-  de  la  firavure  du  volume  de  La  Colombière,  1069.)  ...  Gç) 
Louis  de  la  Trémoille.  par  l'ii.  de  Champaigne;  le  cardinal  G.  dAmboise,  par  Simon 

Vouel.   Décoration  de   la  Galerie  des  Hommes  illustres.   (D'après  les  gravures  du 

volume  de  La  Colombière,  itJCg.) 7-^ 

Hercule  assommant   les  chevaux  de  Diomède,  un  des  premiers  tableaux   de   Charles 

Lebrun.  (Kxécuté  pour  le  cardinal  de  Uichclieu.) 7J 

Le  cartlinal  de  Kichelieu  vers  l'âge  de  quarante  ans.  (D'après  l'émail  de  Pctitot.)  ...  77 
Le  cardinal  de  Hichelieu  dans  son  iialais.  ((Iravure  extraite  de  la  17e  </<■  liichelicu.  par 

Aubery,  it)f>o.) ""^i 

Fers  des  reliures  du  cardinal  de  Hichelieu 85 

l'orlrail  de  Jean  Wariii.  (D'après  la  gravure  d'F-delinck.) 89 

l.r    Iht'-àlre   du    l'alai^-Cardinal  :    \ue   de    la    scène.    (Gravure   de    Stcfano   délia    lîclla, 

datée   ili'ii) !)'^ 

bniis  Mil  dans  la   salh-  du   théâtre  m'i    fui  jouée    Minime.   (Estampe  anonyme  de   la 

iérie  ih'S  lleiu-f s  tla  jour. —  Hibliothè(pie  nationale,  collection   Hennin.) »(7 

Li  duchesse  d'Aiguillon,  nièce  du  cardinal  de  Hichelieu.  (D'après  l'éuiail  de  l'elilot.)  .  101 

Le  si-eau  du  cardinal  de  Hichelieu io5 

Les  armes  de  France 107 

Lc>  armes  d'Anne  d'.Vulriche.  (D'après  Heaulieu.  —  (!iialcogra|>iiie  du  Louvre. 1.  .  .  .  107 
Vnno  d'.\utriche  à  quarante-trois  ans.  avec  son  voile  de  veuve.  (D'après  le  |)oiirail  peint 

par  l'h.  de  Champaigne.) loi) 

Anne  d'Autriche  et  Louis  \IV.  (Médaille  de  J.  Warin.) ii3 

Peinture  décorative  exécutée  par  Simon  \'ouet  dans  la  salle  des  bains  d'  Vnue  d'Autriche, 

au  Palais- Hoyal 117 

Vue  du  Palais-Cardinal  Ners  iti.'io.  (D'a|)rès  une  ancienne  gravure.) iiçi 

Décoration  de  la  Salle  des  Bains,  par  Simon  Vouet 1  j  1 

.\rnl>cs(pics  de  la  Salle  des  Bains,  par  Simon  N'ouel ia3 

I^H  armes  du  tluc  de  Hii'helieu,  petit-neveu  du  cardinal  et  son  héritier i'i7 

Signature  de  La  Porte,  valet  de  chambre  de  Louis  XIV i'j8 

.\nnc  d' Vutriche.  (D'après  l'émail  de  Petitut.i i-jt) 

L>-  |H:lit  fort  construit  en  iti.Ki  dans  le  jardin  du  Palais-Hoyal,  pour  le  jeune  Louis  \1V.  i3i 
Anne  d'\iitriche  à  cinquante  ans.  (Gravure  de  Nanteuil,  d'après  le  portrait   peint  par 

Mignard.) i.'?3 

Marguerite  de  lorraine,  femme  de  Gaslim  d'Orléans.  (Gravure  de  S.  A.  Holswert,  d'après 

le  i>orlrait  |M-inl  par  Van  Dyck.) i,'?.') 

\  ignrlte  com|HiM'-<'  par  CM.  Lebrun,  gravure  de  S.  |^  Clrrc i.''t7 

Piiflniit  di-  la  reine  lienrirltn  d'Angh-terre.  (D'après  un  portrait  «le  \im  l)\ck.  —  Hihlio- 

Ihèqur  nationale,  Cabinet  det  Kstamp<-s,  collectinn  Hennin. 1 i.'t<) 

Saint  Jean   dans   lo  deM-rt,   par  L.  Carrnche.   (Tableau  qui    faisait    partie  de   la  (ialeric 

du  Palais- HoynI.) 1 '1 1 

Datiil  ri  Abigall.  (Tableau  du  (iuercliin  do  la  Galerie  du  Palais- Hoyal.) l'i.'l 

Partie  de  l'holol  do  Hirlieliru  désigné  hou«  le  iinni  di-  "  l'alni>.-Hriiin  »,  comme  il  <le\ait 

rire  après  *un  achèvetiicnl  sur  la  rue  do  Uiclielifu  (D'aprèx  une  gravure  de  Marnl.i.  i\h 
Arinrt  île  la  Ville  de  Pari*.  (D'après  la  cotii|Kisition  d'Kdin.   Koucliardon,  graviv   par 

Soubftyran.) 1',- 

Ur«  anni's  du  dur  d'Anjou,  frère  lio  Ixiuis  \IV,  vignette.  (Chalcographie  du  !.iiu\re  1  .  1  Vi 

l'hliippc  de  France,  frère  unique  du  roi.  (Purlrail  de  Polilol.) r'<< 


TABLE     DES     tiHAVUHKS     DANS     LE     TEXTE  Ssy 


PAGBR 


Madame,  Henriette  dAiigletene.  duchesse  d'Orléans.  (D'après  l'émail  de  l'etitot.)  ...  ijj 

l'ortrait  de  Monsieur,  Philippe  de  France,  frère  de  Louis  \IV.  (tjra\ure  de  Nanteuil.)  .    .  i.")7 
Monsieur,  duc  d'Orléans,  en  roi  de.s  Persans  aux  fêtes  du  Carrousel  de  i(i()j.  (D'après 

la  gravure  de  F.  Chauveau. -- (Chalcographie  du  Louvre.) i.'xj 

Sainte  Madeleine,  par  Le  Ouide.  (Tahleau  qu\  faisait  partie  de  la  Galerie  du  Palais-Royal.)  i6i 

Signature  d'llenrieltc-.\nne,  Malunie,  fcuiuK'  de  l'liili[)pc  d'Orléans,  frère  de  l^uis  \l\'.  iCia 

Signature  auldgraphe  de  il/o/i.v(V»/\  Philippe  de  France,  duc  d'Orléans iGa 

La  Piscine.  (Tahleau  de  L.  (iiordano  de   la  (ialorie  du   Palais-Koyal.  —  Faisait   paitio 

de  la  collection  île  Monsieur.) i()3 

Tapisserie  des  (iuhelins  composée  par  VÀ\.  l.ihrun  pour  la  décoration  du  Palais-Hoyal. 

(Série  de  VHLtIoire  de  Mc'lragre,  d'après  la  gravure  de  B.  Picarl.) i(i5 

La  duchesse  douairière  d'Orléans,  tante  de  Monsieur.  (D'après  l'émail  de  Pelilol.).    .    .  i(')i) 
Conii)osition  d'.Vndré  Le  Nôtre  pour  la  décoraliun  du  janliii  du  l\ilai--U(i\al.  (D'après 

la  planche  publiée  par  Hloiidel  dans  L'Airldlcclair  J'ninçaisc.i 171 

Mercure  enseignant  à  lire  à  l'Amour.  (Tableau  du  Titien  de  la  Galerie  du  Palais-Royal.).  i-3 
Portrait    d'Flisabelh-Charlolle    Palatine,    duchesse    Palatine.    (D'a|)rès    la    gravure    de 

De  Laiiiicssin.) 177 

Portrait  île  Philippe  de  France,  duc  d'Orléans.  (D'après  une  gravure  de  De  Larmessin.j.  17;) 
Jules  llardouin  Mansart.  surintendant  des  hàlimenls  du  roi.  (D'après  le  j)ortrait  peint 

|)ar  Rigaud.) iSi 

Etude  originale  d'VnInine  Cnypel  |K)ur  la  décoration  de  la  (ialerie  d'Knée   au    Palais- 
Royal  i85 

Signature  autogia|ilii'  de  ,lul<s  llardiiuin  Mansarl 186 

Etude  d'Antoine  Coypel  pour  la  décoration  de  la  Galerie  d'Énée  au  Palai<- Royal  .    .    .  icSi) 

La  croix  de  Saint-Esprit  et  les  armes  de  Monsieur kji 

Tapisserie  des  Gobelins  composée  par  Ch.  Lebrun  |)our  la  décoration  du  Palais-Royal.  i().'5 
Tapisserie  des  (iobclins  composée  par  Ch.  Lebrun  pour  la  décoralioii  du  Palais-Royal. 

(Série  de  V Histoire  de  Mcloayrc) t\)'> 

Portrait  d'une  Flamande.  (Tableau  de  Micris  de  la  (ialerie  du  Palais-Royal.  1 i;)7 

Élude  d".\nt.  Coypel  pour  la  décoration  de  la  Galerie  d'Enée  au  Palais-Royal 199 

Tapisserie  des  Gobelins  composée  par  Ch.  Lehriin  [)ourla  décoraliun  du  Palais-Royal.    .  ao[ 

Armes  du  duc  d'Orléans,  frère  unicpie  du  rdi ao5 

Les  armes  du  duc  d'Orléans,  Régent  de  France,  i  l''roiili>pi(  r  de  l'oiiMagc  de  .1.  (Jourlii"  : 

Galerie  des  tableaux  du  Palais-Huyal.  1 307 

Pierre  gravée  :  Léda.  (Agate-onyx.) 1108 

Le  duc  de  Chartres,  futur  Régenl  de  France.  ((ïravure  l'aile  à  l'occasion  île  son  mariage 

avec  Mademoiselle  de  Rlois,  le  18  février  i(i()2.) aog 

Pi(>rre  gravée  :  Hermaphrodite.  (Agate-onyx.) aie 

Pierre  gravée  :  L'Viirore  coniluisant  les  chevaux  du  Soleil au 

Mademoiselle  de  Blois,  lille  de  Louis  \l\  ,  le  jour  de  son  mariage wi 

Colleclion  des  pierres  gravées ai 5 

Jupiter  et  Léda.  (Tableau  de  Paul  \('T(inèse,  qui  faisait   parlie  de  rancicrine  (ialerie  du 

l'alais-Royal.  ) ■J17 

Salmacis  et  llerinajihrodile.  (  T.iIjIcmu  i\i'  1  Albanr.  ipii  fai>,iil  parlie  de  l'aMiicimc  (ialerie 

du  Palais-Royal.  1 an) 

La  Colombine.  ('Tableau  de  Léonard  de  Vinci,  qui  fai>ail  |)artie  de  l'ancienne  (ialeiie  du 

Palais-Royal.) aai 

Pierre  gravée  :  Ajax  enlevant  le  corps  d'Vchille aaa 


.jj,s  LE     P.Vl.AIS-RO\AL 

PAGES 

Élisabeth-Cliiirlutte  de  IJaxière,  tliichesse  d'Orléans,  par  Rigaud.  (Must'o  de  Nersaillcs.)  .  aaâ 

La  Cassette.  (Tableau  du  Tilii-n,  de  l'ancienne  Galerie  du  Palais-Hoyal.) ast) 

Mars  el  Vénus  liés  par  l' Vniour.  (Tableau  du  Corrège,  provenant  de  l'ancienne  Galerie  du 

Palais-Uuyal.  (Ap|»arlient  à  M.  Ch.  Rossigneux.) a33 

Collection  des  pierres  gravées 13(5 

Marie  de  Bourbon,  duchesse  d'Orléans,  épouse  du  Hégenl a37 

Jupiter  et  Léda.  (Tableau  d'Andréa  del  Sarle,  de  l'ancienne  (ialerii-  du  l'alais-lloval.  i  .    .  a.'u 

(;i(U\orcle  de  tabatière  en  or  ciselé a^ij 

Ui-corjlion  d'une  des  pièces  des  grands  appartements aiâ 

Couvercle  d'une  tabatière  d'or a4(J 

Nénusù  la  coquille.  (Tableau  du  l'itien,  de  l'ancienne  Galerie  du  Palais-Royal.)    ....  ■j!t- 

Cisea\u  de  dame  dans  leur  étui  (.iviiT  siècle) a^g 

Carrosse  de  gala  (XMir  siècle) 2Ô1 

l'ierre  gra\éc  (jue  le  Régent  jKjrtait  constanmu-nl  à  >on  duigt a3a 

Le  duc  d'Orléans,  Régent  de  France,  et  Maiiaiue  de  l'arabère.  (Tableau  de  Sanlerre.  — 

.Musée  de  Versailles.) a53 

Fourneau  de  laboratoire  ayant  appartenu  à  Philippe  d'Orléans  el  orné  de  ses  armes.  (Col- 
lection du  Musée  céraini(pie  de  la  Manufacture  nationale  de  Sèvres.) aj,") 

NojK-e*  de  Daphnis  et  de  Chloé.  (Gravure  d'Audran,  d'après  une  des  vingt-neuf  innipo- 

sitions  |)cinles  par  le  duc  d'Orléans  en  171.'!.) :>')' 

Daphnis  el   (^hlué   cherchent    remède    d'amour.   (Gravure    d'Vudran.   daprè>    une    des 

vingt-neuf  compositions  peintes  par  le  duc  d'Orléans  en  lyi'i.* a.'xj 

l)id<>M  expiranli-.  (Dessin  inédit  d'.Vntoine  (loypel,  pour  la  décoration  de  la  (ïalerie  d'Knée 

au  Palais-Royal.) a()i 

Klude  |»ur  r.\ssend)lé<>  ties  Dieux.  iDi-ssin  inédit  d' Vntoine  (ios[)el.  pi xn- la  décoration 

de  la  Galerie  d'Knée  au  Palais- Royal.  1 a(J3 

Vénus  (|ui  se  in-igne.  (Tableau  de  J.  Paliii.i.  dr  r.iiiriiiiin-  Galerie  du  Palais-Royal.  1.    .    .  :»()5 

Meuble  d'appui.  (Kp<K|ue  de  la  Régencr                                   3(17 

Pierre  gradée  :  Diane,  (.\gale-onyx.  )   .    .                             -idS 

Suzanne  entie  les  deux  vieillards.  (Tableau  de  l/juis  Carrache.  dr  raiiiieriiie  (ialerie  du 

Pulai«- Royal.) atJ;) 

l'icrrc  gravée 370 

L'application  du    Régent   aux   affaires.   ((îravtire   populaire.       Ril)liolliè(|ue  nationale, 

collivtioii  Hennin.) a7i 

Iji-  bal  chnm|M''lre.  (Tableau  d'\nt<iine  Watteaii,  de  l'ancieiuie  (ialerie  du  P.ilai-- Roval.  1 .  a73 

Ktudr  lie  fctuine.  (CriNpiin  «|r  Miiri-au  h-  Jeune  ) 37.-1 

Irf-t  |H'titii  oiiuiM-rs.  iCiini|Mi«itiiin  de  Moreau  le  Jeune.  I 377 

Médaillnn*  di' la  d> nantie  de  la  famille  d'Orléans,  d'Henri  l\  à  Philippe- Kgalité.  (Gravure 

de  Saint -.Vubin,  lin'-»' ilu  volume  di- la '.'<»//*c/io/i  (/l'i /ji<77V.<  (//•(«(•('.•.T.) 371) 

\énu<  ipii  >v  mir<'.  (Tableau  <lu  Titien,  do  l'am-ienne  (inlerie  du  Palais-Royal) 3K3 

l/"  C.hiiti-au-d'l'lau  cmutniilon  1711)  devant  le  Palais-  Rcival  par  l'architecte  RobiTtdeColte.  aN.') 
l'rojpt  d'imi'  place  devant  la  fai;ade  du   Pnlai^-Royal  avant  la  cunstruilinn  du  (!hi\teau- 

il'Kau,  dri'»««  par  rarchitccte  l/.<noir.  en  171;).  (Dessin  iné<lil  pr<i\enaiil  des   \rchi\es 

nalinnidi'».) iH-] 

Jupiter  r|  Danaé   (Tableau  par  ,\nl.  (^ni+gc,  He  l'ancienne  Galerii-  du  Palais- Royal.)  ,    .  jArf 

llurrau  dr  •  rr«rrnl.  (Moripielrrir  ri  bronW".) 'ji|l 

Vigncllp  ih    CiM'Iiin,  gravif  |wr  Saint-Auhin  |»our  le  volunu'   l.rt  l'ii-rrrs    ijrnvéft  de 

Viinê.iijtii-iir  If  Itur  ifOrl/iim,  \tni  \,-}  C.ha».  177.1  ji|  1 


TviiM:    DF.s   (.uwrurs    nws   li:   tf.xte  o-îq 

|"ai;es 

riiili|i|ir  II  cl  >a  iiiaitit'SsL".  (Tableau  du  Tilicii,  ilo  l'ancienne  (ialerie  du  l'alais-Royal.  i   .  jg.'S 

Mculilr  (!,■  l((.Mlle.  (Dessin  de  l'époque.) 3t)5 

I'iihIuIc  lie  la  lin  du  xvii'  siècle -mj-j 

L'eidèvemenI   d'Europe.   (Tableau   de   l'aul    \  éroiièse,  île   1  .iiieiiiuie   ^'alerie  du    l'alais- 

llojal.) agi) 

Pierres  gravées  :  l-'auue  et  cnipereiir  nmiain 3oo 

Meuble  de  BouUe,  orné  de  bron/e  el  imi  iisté .'<oi 

Pierres  gravées  :  Empereurs  roniaiii> 3o2 

La  Sainte  \icrge.  (Tableau  de  Uapliaël,  de  l'ancienne  Galerie  du  Palais-Koyal.  1 3o.'î 

Pierres  gravées:   Méduse  (émeraude),  Socrate  (onyx) - 3o'i 

Vignelle  d'Aug.  de  Saint -Aubin,   pour  l'ouvrage  Lcx  Pierres  grcuHk's  du  duc  d'Ûrléani.  3o5 

Pierres  gravées  :  \'énus  et  Mars  surpris  i)ar  Vulcain  (sardoinc  blanche),  Sorratc  (cornaline)  Zo- 

Muutardier  en  argent .'5oi) 

Tapisserie  de  Dcsportcs 3ii 

Le  frappement  du  roclici'.  (Tableau  de  Nicolas  Poussin,  de  l'ancienne  (ialerie  du  l'alais- 

Koyal.) 3i,'< 

Pierre  gravée  :    sardoine.  (Cabinet  du  roi.) 3i'i 

Décoralion  des  grands  appartements.  (Lambris  d'une  clianibrc  de  parade.  ) 31.") 

Meuble  de  BouUe,  incrusté  d'écaillés  et  de  cuivre Siy 

Chaise  couverte  en  tapisserie  des  Gobelins 3i8 

Fauteuil  recouvert  de  tapi.sserie  des  Cobelins  (xvii"  siècle.) 3i<) 

L'infidélité.  (Peinture  de  Néroaèse,  qui  décorait  le  salon  octogone,  ou  salon  d'Oppennrdt, 

du  Palais-lloyal.l .'vu 

Thomyris.  (Tableau  de  P. -P.  Hubens,  de  l'ancienne  Galerie  du  Palais-Royal.) 3a3 

Plaijue  d'un  ceinturon  de  chasse  au    xvin'  siècle  en  acier  repoussé,  ciselé,  fonds  damas- 

(|uinés  d'or.  (Collection  de  S.  A.  1.  le  grand-duc  Wladiniir.  ) Sa.') 

Cheval  de  selle,  à  longue  queue,  au  xviu"  siècle 3s() 

Portrait  de  Louis,  duc  d'Orléans,  fils  du  Régent.  (Gravure  de  P.  Drevet,  d'après  la   pein- 
ture de  Cil.  Coypel.) 3:i(j 

Au  ciiin  (lu  l'ciyer.  (Croquis  de  Moreau  le  jeune.  ) 33i 

L'Eucharistie.  Série  des  Sept  Sacrements.  (Tableau  de  N.  Poussin,  de  l'ancienne  (ialerie 

du  Palais-Royal.) 333 

Encrier  en  argent,  style  Louis  XA' 335 

La    vision  de  saint  François.    (Tableau  d'Aunibal   Carraclie.    de    l'ancienne  (ialerie  du 

Palais- Royal.) 337 

Soupière  en  argent  (xviir  siècle) 33f) 

Autographe  de  l'orfèvre  Thomas  Germain  en  t-j^s 3.'ii 

Autographe  du  gainicr  Galluchat 3.Vi 

Le  jardin  du  Palais-Royal  après  les  changements  faits  en  i  7.'to  par  le  due  Louis  d'Orléans  3.'i5 

Médaille  du  roi  Louis  \V 34(1 

Pierre  gravée  :  Jeux  séculaires   sous  Doniilicn  (agate-onyx) 3'|G 

Pierre  gravée 3'|8 

La  Vierge  et  l'Enfant  Jésus.  (Tableau  de  Raphaël,  de  la  Galerie  du  Palais-Royal.)  .    .    .    .  3.'i9 

Cul-de-lampe.   (Gravure  de  Saint-.\ubin.) 3.)3 

Boiserie  sculptée  du   xvif  siècle,    lleuron ^'3 

Louis-Philippe  d'Orléans,  père  de  Philippe-Égalité. ((iravure  de  Le  Beau,  177.'),  d'après  le 

portrait  peint  par  De  l'Orme.) 3j7 

Autographe  de  M.  de  Silhouette,  chancelier  du  dur  d'Orléans  en  i7Ôa 36o 

T.     I  .      1.1.    l'Al.il^-UOYAI.  **" 


53o  LE     PALAIS-ROYAL 

PAGES 

La  toilette,  par  Morcaii  le  jeune 36i 

Plan  du    l'alais-Koyal  en    i7'i.'»,   avant   les   travaux  de  recunslruiliun   commandés    par 

L.-Ph.  dOrlt'ans  aux  anhitecles  Carlaud  et  Contant  dhry 36i 

F'Ian    du    Palais- Royal    en    17G0,    indiquant    les   travauv    entrepris   à    celte    date    par 

L.-Ph.  dOrlians ^Gj 

Sucrier  en  jwrcelainc -566 

Flambeau,  dit  "  mouchetle  ".  à  la  mode  au  xvui'  siècle 367 

Assiette  en  jKircelainc  décorée  de  cliinoiseries 368 

Croquis  de  Moreau  le  jeune SGg 

L'incendie  de  VOitirà  en  176*.  (I)a|>rès  une  gravure  de  l'époque.) 373 

Projet  pour  élever  une  salle  d'()p<''ra  entre  le  Palais- Uoyal  et  la  rue  des  lions- Enfants, 

conifwsé  par   Le   Boursier,   en    17C4.    (Fac-similé  dun   dessin   original   du    Musée 

Carnavalet) 373 

Plan  du  tliéAlre  de  l'Opéra  en  1770  (étage  des  premières  loges),  reconstruit   pnr  liii- 

iliitecte  Moreau,  a|)rès  l'incendie  de  l'ancienne  salle  en  1763 377 

La    ni>u\elli-    façade    du    Palais-Hoyal,    après    la    reconstruction    de    17(1.)- 1770    par 

Contant  d'hry 37<( 

Décoration   des  appartements  :   Pliilosoplio  chinois,  par  Hciuclar 38i 

Cana|ic    jiour    le    Palais-Koyal.    (Dosin    original    de    Piètre,    conservé    au\    Archives 

nationales.) 383 

Projet  d'une  façade  du  Palais-Hoyal  à  élever  du  coté  du  jardin.  (Dosin  inédit  de  l'archi- 
tecte Piètre  de  1781.  (Collection  des  Archives  nationales.) 385 

Ih'-coration  îles  a|)partements  par  Peyrotte  :  sujets  chinois 38- 

La  chambre   de   parade  au    Palais-Koyal,    en    1760,    par  Contant   d'Ury.    (D'après   la 

gravure  de  VKncychpMif,  de  Diderot.) 38;) 

Décoration  du  grand  salon  du  premier  étage  au  l'alais-Hoyal,  en   17(10  (aile  de  Nalois). 

(Dessin  de  Contant  d'ivry  :  gravmc  de  Le  Caiiu.i 3i)i 

Décoration  du  grand   salon  du   premier  étage  au   l'alais-Hoyal,  en    17(10,    par   Contant 

illvry.  (D'après  la  gravure  tlir/-.'Hcyr/o;«'(/ic  de  Diderot.) 3i)3 

DcitHUs  de  [Mirte  de  la  cliaiulire  di'  parade.  I  Dessin  de  Contant  d'Iviv.) 3t)/| 

Cana|H;  ou  *opha.  (De>»in  de  Contant  il'lvry.) 3c(.'i 

Ije  grand   salon   du   premier  étage   au   Palais- Ui>\al,    en    i7((o.   'D'après   |;i  gravure  de 

y Encycluitéilie  île  Didrrot.) 3i(.'> 

Tnbli- (11- marbre  et  girandole.  (Dcs!<in  do  (^Mitant  d'ivry.i .                        3(|0 

Déa-oration  murnli-  :  ihinoiserie 3i|7 

IV-i'oration  dr'«  iMiixerir-.  di- 1.1  chamhn- de  parade.  (Dessin  ili- l.onlint  d'iviy.i 3i|S 

Lc«  ariiK-^  du  duc  l.ouis-Philii>|M'  d'Orléans.  (Dessin  original  ilc  Le  I»  llll^ll■l.        Collcillun 

du  Mu«^  (Jirnavalet. ) 3(j8 

l>>  jardin  du  Palaiv-Huynl  en  1790.  (D'oprùs  rai|uiui'lli- di- Desrais 3()i| 

(^rij<|ui»  de  Moreau  le  jeunt- .'tgy 

U- duc  L.-Pli.  d'Orléanit  i-l  Min  liU  le  duc  do  Clinrlren  au  Palais-Kuyal  (I7(h>) V>i 

(•r<i«Mri-à  l'enu-forln-véï-uli'-e  jMir  le  iluc  de  Chartres  en  i7<>i ,  à  l'Age  île  Iri-i/.e  ans.  (  D'après 

•1)1  d> -iMii  de  Caruionlellc.     -  itililiothinpio  nationale,  Estam|H-«,  Mhumdes  \mat<-ui'M.  .'iu3 

1^  iIm<:  d>'  Clinrlrc*  l'anni'-*' <lr  Kon  mariage  (  171'Mj) /joâ 

I  nir  II.                       'Il  rlaveein.  iCiiM|uiH  de  Morrau  Ir  jeune,) 'io(i 

Lnui"  '  ph,  duc  de  Chartres,  en  I7'.|i.  ''t  Murie-LoiMM'-  Vdélnidi-  dr  lloinhon, 

et  I                         407 

En  «Pi                     lie  Murcau  le  Jeune. )    .                                                            4u8 


T\nr.F.    DES    GRAvrnrs    dws  i.i:   texte  53i 

IMti  ES 

Vue  des  écuries  do  S.  A.  S.  M'Mo  duc  d'Oriï-aiis,  me  Siiiiil-Tliuiiias-du-Loiivrc  .    .    .    .  ^09 

Marie-Anloinclle  et  Louis  XM.  (Médaillons  en  biscuit  de  Sèvres.) /,ii 

Croquis  de  Moreau  le  jeune /,  ,3 

Décoration  intérieure  du  Palais- Hnyal  |),ir  l'i('lic,  en  1778.  (Fac-similé  (l'un  dissjn  orif,Mn;il 

du  Musée  Carnavalet.) 'ii.'i 

In  «  Kléfjanl  dans  le  jardin  du  l'aLiis-Hoval  ".  (Cravinc  de  la  collerlion  llrntiiii,  Hlhlin- 

llièque  nationale.) ',  ,- 

Une  (I  Kléganto  dans  le  jardin  du  J'alais-llDyal  ».  (Cravurc  de  la  collection  lloiinin,  Hiblid- 

thèque  nationale.) /,,„ 

Premier  projet  non  adopté  pour  la  construction  des  j,Mlerics  du  Palais-Royal,  on   1781. 

(Dessin  orignal  de  Victor  Louis,  archileclo.  —  Collection  des  Archives  nationales.).    .  f,ii 
Projet  adopté  pour  la  construction  des  galeries  du  Palais-Koyal  on  1781.  (Dessin  original 

de  \'ictor  Louis,  architecte.  —  Collection  des  .\rchives  nationales.) ^a'i 

L'architecte  Victor  Louis.  (Portrait  gravé  d'après  une  |)einture  ap|)artonant  au  |i(lil-llls 

de  l'artiste.) ^aj 

Plan  pour  les  travaux  à  exécuter  au  Palais-Koyal  en  178/1.  (Dressé  ])ar  Louis,  arcliilocto, 

dit  cleuj-ii'mc  plan  de  Louis.  ) r^^q 

Plan  du   Palais- Royal,  avec  le  projet   du   Dôme  sur  la  l'acade   du  jardin.   (Dessin  du 

Chevalier  de   Lespinasse,   d'après    le   dessin   de    l'architecte    Louis.  —  Gravure    de 

\'arin,  1786.) /j3, 

La  cour  d'honneur  du  Palais-Royal,  après  la  consiruclion  du    rii/àln- Français  et  des 

bâtiments  élevés  par  l'architecte  Louis  (1790) 433 

(1  Le  marchand  de  coco.  ))  (Biscuit  de  Sèvres.) 435 

«Coquetterie.»  (Biscuit  de  Sèvres.) 43^ 

Boutons  d'habits  de  l'époque  révolutionnaire 436 

Fragment  de  la  décoration  du  plafond  de  la  chandire  do  parado  au  Palais-Royal.  (Dessin 

de  l'architecte  Contant  d'Ivry,  gravé  par  Le  Canu.) 44o 

Jésus  et  la  Madeleine.    (Tableau   d'Anloino  Corrègo.  de   l'ancimno   (;aloric  du    Palais- 
Royal.)    4',, 

Collection  des  pierres  gravées 443 

Panneau  de  porte  en  bois  scul])té  et  doré  (wir  siocio).  (Fragment.  ) 445 

Pierre  gravée:  Un  aigle  (onyx) 4^7 

Fragment  de  cadre  en  bois  sculpté 448 

Rataillo  de  Constantin  conlie  Mavcnco.  (  rajjloaii  t\r  l'.-l'.  KmIjimi^.  do  rancienne  tialorio 

du  Palais-Royal.) 449 

Tableau  de  Rondjiandl.  do  lancimne  (lalorio  du  Palais-Royal 453 

La  République.  (Médailio.) 454 

Lambris  en  bois  sculpté.  (Fragment.  ) 455 

Pierre  gravée  :  Hyacinthe  changée  en  llcur  (sardoino) '4'iG 

Exécution  de  Pliili|)pe-Fgalité  sur  la  place  de  la  Révolution.  (  Dessin  de  l'époque,  collection 

Destailleurs,  Bijjliothètpio  nationale.) 457 


TABLE    PAU    ORDRE    ALPHABÉTIQUE 

DES  NOMS  ET  DES  MATIÈRES  CONTENUS  DANS  CE  VOLUME 


AAAAii 


Académie  lienjamin.  Ancien  inani'fr'*  sur  rempla- 
cement où  fut  construit  le  Palais-Cardinal. 
iS-ifl.  28. 

Académie  des  Beatix-Arts.  Elle  est  installée  en  i()(ir 
au  Palais-Hrion,  dépendaiiee  du  Palais-Royal, 
i4*'>.  On  y  organise  les  premières  expositions  de 
tableaux,  147. 

Académie  française.  Ses  premières  séances  à  TliiMel 
Mélusine,  80. 

Agrafes  de  chapcau\.  en  hrillanis.  ii|i.  ]iy.  f^-j'i, 
/,8.. 

AifiUiLLO.N  (ducliesse  d'  1.  nir(c  lii'  Iii(lieli<Mi.  Le 
cardinal  lui  dorme  le  l'clil-l.uxeinhouri,',  Xt. 
Sommes  qu'elle  verse  à  Mazarin.  77.  Son  portrait 
par  Ph.  de  Champaigne,  82.  Hèfjle  les  prix  des 
bustes  du  cardinal,  8/|.  Son  rôle  auprès  de 
Uichelieu,  loU.  Kllc  dirige  sa  maison.  Son 
portrait:  appelée  la"  (lombalel  le».  io/|.  Embarras 
que  lui  donne  la  succession  de  son  oncle,  118. 

.\i.BANE  (L').  peintre.  71, 1O8, 2()(i.  207,  3o4,H/(8..")o8. 

\i.LORi  (  Vlex.i,  peintre,  ."lofl. 

Andiiea  DEL  Sahto,  peintre,  71.  ii.">.  l{o/|,  ."lof). 

Vnxe  d'Authiche.  Portrait  d'elle  dans  la  Galerie 
des  Illustres,  ,')f(,  .')i).  Eète  que  lui  donne 
Itirlielieu  à  Uucil,  .'54.  Son  hostilité  contre  le 
cardinal,  87.  Aux  représentations  du  (,'('</  <•!  de 
Miraine,  88,  (fA,  <(4.  Son  goût  pour  les  frian- 
dises, io3.  Elle  s'installe  au  Palais-Cardinal. 
107;  f.iit  loger  Mazarin  auprès  d'elle,  ii>8,  ini; 
dépenses  de  sa  Maison,  n:?.  1. es  jetons  que  lui 
fait  .).  Warin,  112.  Eirdiellissements  qu'elle 
apporte  au  Palais.  ii3,  1 1<).  Chanson  sur  elle. 
La  Fronde.  i3/|.  Elle  quitte  le  Palais-Uoyal.  iS.'i. 
l'M'i;  toge  au  Louvre.  137.  Sa  passion  pour  les 
t)ijou\.  i((i. 

A/ipartements  (décoration  et  ameublement  <lcs  1 
au  Palais-Uoyal.  La  chambre  de  Uichelieu.  i/j; 
distribution  adoptée  par  le  cardinal,  .'12;  la 
(ialeric  des  objets  d'art.  .">l<;  la  (ialerie  des 
Hommes  illustres,  ."iCi;  les  grands  appartements, 
(ili;  l'appartement  i'er<.  (18;  la  chapelle.  72;  la 
bibliothèque.  ■j!\.  Installation  d'  \nned'Aulricbc. 
112:  tiou\<'aux  aménagements.  iiH.  1 1.").  Uépara- 
tions  cnlreprisesà  l'é|)o(pie  de  Monsieur.  i."i2,  i."i/|. 
Description  de  sa  cbamlire  et  de  celle  de  la 
duchesse,  sa  feinnie.  i.'i.'i:  la  galerie  de  Maiisart. 


iSO;  les  grands  apparlemenis.  187;  les  pièces 
tendues  de  tapissei'i<'S.  i()li;  les  i)etils  apparte- 
ments. 198;  la  Galerie  neuve,  2o3.  A  l'époque  de 
la  Uégenee,  22O  ;  les  apparlemenis  de  la 
duchesse  d'Orléans,  239;  leur  magnilicence. 
240,  240.  (Cabinet  décoré  de  peintures  par  le 
duc,  ■.uA't;  autre  pièce  décorée  par  Desporles. 
Les  petits  appartements  du  Hégent,  270,  et  287. 
Le  salon  d'Oppenordt,  28,'),  28(1  et  3i8.  (îaleries 
réseixées  auv  tableaux,  3i3  ;  la  chambre  des 
l'oussins,  '.Uf\:  la  chambre  du  Régent,  3iCi:  la 
galerie  à  la  /.(interne,  3 1 7  ;  la  .<:nlle  du  Conseil.  3 1 8  ; 
la  Galerie  d'Enée,  '.\-n>,  322.  Nouvelle  réfection 
dos  appartements  entreprise  en  17(13  par  Contant 
d'Ivry.  384  '•  leur  description.  38."),  889.  Ceux 
(pie  décore  Piètre,  4 10. 

Archiiccles.  O-nx  (pii  ont  construit  le  PalaisUoyal 
ou  travaillé  à  ce  monument.  Voyez  Le  Mercier. 
Le  Pautre,  J.-II.  Mansart,  Cartaud.  Contant 
d'Ivry,  de  Lespine.  D'Orbay,  Oppenordt.  Ju. 
Piètre,  Moreau.  Le  Grand.  \  .  Louis.  Palaiseau, 
Kontaine.  Chabrol. 

AncKXSoN  (comte  d').  chancelier  de  la  famille 
d'Orléans.  220,  249,  281,  283. 

ViiGENSON  (marquis  d'),  chancelier  dn  duc  Louis 
d'Orléans.  Ses  Mémoires.  332.  Ce  ((u'il  dit  du 
caractère  de  ce  prince.  333;  de  lasociétédu  Palais- 
Royal  et  de  la  vie  d'intrigues  qu'on  y  menait. 
334-33.'>.  appointements  ipie  touchait  le  mar- 
ipiis  connue  chancelier  de  la  maison,  33(1. 
(;ède  sa  charge  à  Silhouette.  3.">8. 

.\uGKNTKniE.  voyez  Orfèvrerie. 

\n(:Exvii.i,E  (d'\  21(1,  3i3,  388. 

\ssunincc  contre  l'incendie  prise  en  1 78O  à 
Londres  par  le  duc  d'Orléans.  'i4i-44-.  Assu- 
rance sur  la  \ie  prise  en  1792  par  le  même,  444- 

Ai  DitAN  (Henoil),  graveur,  258, 

\vK\Ei.  (  vicomte  G.  \  0,  ,"10,   78. 

\\Kii\i:s  I  M""  d'  I,  maîtresse  du  Régenf,  272,  274. 

lUcNoi.KT  (Château  de),  acheli'  par  le  Kégenl. 
238;  dépenses  ipi'y  l'ait  sa  femme.  239;  pri\ 
au(|uel  il  est  estimé.  2S4. 

Ilaijucs.  flelle  (pie  portail  Riclielien.  un  ;  (elles  de 
Monsieur.  192;  celle  (pie  le  U('geiil  portait  cons- 
tamment. 2.'>2;  (elles  de  Monsieur.  481  ;  >eiidues 
aux  enclières.  48(1. 


Ô.S'l  l-I"      PAI.  A 

Bklen  (llcnriL  \anl.  peiiilre.  r.ir(. 

HkLLEROY  M.  <l."  .  Kouverneur  du  duc  l'hilippc- 
Ji^ieph  d'OrU'-iiiii,  334. 

IUmbociic  I  l'ii-ltT  \an  I.tER,  dit  Lo).  peintre,  ."n;. 

H«HDiKH  (Louis),  entrepreneur  de  la  démolition 
des  remparts  \ers  la  |)orte  Saint-llouoré,  en 
ii"i33.  Sm  relations  avec  lUclu-lieu,  20,  /|/|.  Meurt 
insolvable.  V'  Itésultats  de  s  >n  contrat  relati 
\ement  au\  maisons  entourant  le  l'uluis.  im). 

ltviiiiu.Hi  ((;io\anni),  iHMUtre,  .">io-."iii. 

lUiiDciiK  t  Federigo  IUmocci,  dit  1,  iR-intro.  .">oii. 

RkSLn,  orfèvre.  Se*  fournitures  au  Palais-Hoyal, 
34-i. 

B»»»vx  (Franccsco  da  l'oNTK.dit  Le),  peintre,  297, 

."kmj. 

ilviTHL-  (hùloli.  rue  ViNienne.  44.  79.  8».  82. 

liEALUKAL  (Nicolas,  dit  l'abliéi,  économiste,  con- 
seiller llnancier  et  ami  du  dur  de  Chartres, 
4i3. 

IlEtivAis  (M"'  de),  femme  de  chand)rc  d'Anne 
d'Autriche.  110.  Chaiistin  sur  elle,   1211. 

htxLiM  idiovaiinii,  p<-iiilre.  71.  .'ni. 

ItkiiNvHK,  iM-intre.  Décore  le  l'ulais-Cardinal,  .'i3. 

HtiH.M.x  (Le;.  Sculptures  de  lui  au  l'alais-Cardinal. 
72.  Une  statue  de  Richelieu  lui  est  commandée. 
«.^•87. 

I<»:b>i%  iJ.-L.),  |«'inlre,  .'>ii. 

lU.iiiM  (ducln-iS4.  dei,  lille  du  Ȏ;,'ent.  Sa  mauvaise 
)'.<lucation,  23ti.  Portrait  sans  dra|H'ries  que  lit 
d'elle  son  [mtc,  s'id.  Sa  prt-sence  au\  fameux 
sou|iers,  270.  Chanson  sin-  elle.  272;  libertine. 
273;  aventure  au  bal  de  l'Opéra.  27K. 

ll>:itTii»:i.<>T  l(iuillaumei.  sculpteur.  Travaille  pour 
Iliclielieu.  <),  K3. 

huHU  (Pierre  lli,  sculpteur,  <j,  Kichelieu  lui  com- 
mande la  statue  é^pii-stre  de  Louis  MIL  K3. 

RiMiiithrque .  Celle  du  Palais-Ciirdinal,  7*1,  7'!.  Il  y 
en  a  dans  tous  les  grands  hôtels  au  wu*  siècle. 
Ho. 

Iliiiel,  en  arnenl.  île  In  duchi-ss»-  tl'Orléans.  3oi(. 

Uijoux.  Ccuï  ilu  cardinal  de  Iticlielieu,  3K.  72,  7li, 
loi.  Itijiiuv  doiini'~i  dans  une  loterie  au  Palais- 
lliivnl,  iKi|  \ime  d'Vulriclii'  en  ralTole,  i;|i. 
Inventaire  di-s  liijoux  de  Wo/uiViir,  ii|i  11,12.  Klal 
de»  pierrerie»  ili-  la  duchevs»-  d'Urléans,  238.  Le 
Récent  met  m-»  diamants  en  Ka(je.  2K3.  Sa  rollec- 
lloii  de  bijou\,  ,'<ot'>  3<iM.  Le  Irallc  du  duc  de 
Cliiirtri.n,  4<>i .  Inventaire  Af*  bijoiu  de  Mmitieur, 
473  4M7. 

lUIlanl.  I,<iuii  MV  en  fait  pincer  un  nu  Palais- 
ilrion,  144.  <',<>lui  du  Keueiil,  3H<j.  perle  ijne  fait 
il  ce  jeu   PliilIpiM'-l'iunlité,  4'><>. 

Hi»!»c  (Cit.»,  n»4,  7i».'i. 

lli.ouMKt    Mir.iliiimi,  (M'Intre,  .'■17. 

Ui..'  le.  |).Vrlt  le   PaloU  nnynl,  1H4. 

Ilun     <■       il.      .Uiinr  d'Iionnpiir  de  la  ilurhewr 

lir  Cltarlrn,  4i'4. 
Ilormv^i»,  an  hilwlr  de  In  flImncfUerlr  it'ttrUnni, 

i.ft 
IhxnMra,  hi)n<ili(>r  itr  la  cniir,  4<>i. 
IVii-'-  ■      '      •  I    A3,  71,  7^.  77. 
hoi^'  •\e%  aiilpur*  i|i|p   fait    Irnvnlllpr 


Hoi.oc.NF.  iJeaiii.  Bronzes  do  lui  (pii  se  Irouvaiciil 

au  Palais-Cardinal.  (i4,  '"'S.  tii).  2ci3.  3i(o. 
BoNN.vKFK  (Edmond),  3.1,  72,  74. 
Bo>.NEvi..\vENA.NT  (couite  de).  33.  3(i. 
BoiuioNi;  (Pàrisi.  peintre.  3o4,  ."ii4- 
BoTH  (Jnn.  dit  Boni  d'Ilalie).  peiiilre.  .'lao. 
Bouche    (S<'rvice    de    lai,    au    Palais  Royal.    Voyez 

Table  (service  de  la). 
BuL'CUKit  (  Fian(;ois),  peintre,  4.''2. 
Bouc/es  de  soulier,  en  brillaiils.  Celles  dont  Iraliqua 

le  duc  de  Charlies,  4oi.  Celles  de  Monsieur,  47"'. 

Boucles  d'oreilles,  47**  l'I  ^^1-  Boucles  de  cein- 
ture. 47(1. 
Boui.1.1-:. ébéniste.  Ses  meubles  au  Palais-Royal.  202; 

détrôné  |wr  (;resceiil.  2(12,  3i4. 
Roini)Kii.LK    (M'°'    de),    dame    d'hoiiiiciir    de    la 

duchessi:  d'Orléans,  3:{4.  33(i. 
BouiunN  I Thonias  et  Michel),  sculpleui-s,  83. 
BoiiuioN  (  Sébastien  I.  Ses  ix-inluri-s  dans  l'oratoire 

d'Vmic  d' Vulriclie,  ii4.  3i)0,  .'121. 
Bol  iicKs  (\l""  de^,  vieille  amie  de  Richelieu,  (). 
Ilraceleis,  bijoux.  Ceux  de  la  duchesse  d'th'lénns, 

3."iti;  ceux  de  Monsieur,  47"'-4'*'-'- 
BofTicoLKT   (.N.l.    jardinier   au    l'ulaisRoyal.  Ses 

gages,  i32,  1Ô2,  i50.  Gralificutions  qu'il  revoil. 

174- 

ItnKUuiiEL  CJohann.  <lil  de  \  ki.oirs),  |)einlre.  .«i;. 

Bni:/.K  (M"'  dei.  nièce  de  Richelieu,  3o4. 

BiilcK  iliermaiii).  2i<'>. 

Brii.l  (Pniili,  peintre,  167,  ili8,  ,'>i8. 

Brion  (r'alaisi,  dé|HMidance  du  Pulais-Royal.  27. 
12(1,  i4i.  Kmplacemeiil  exact  ipTil  occiipall. 
i'|i-:  le  duc  de  Daiiivjlle  y  donne  des  fêles  n  la 
cour,  ibiil.  (iiiiviii'e  ipreii  a  faile  Marol.  i4'>.  Ile 
l'année  ililii  à  i('mj2,  r.Vcadémie  des  Beaux  .Vris 
y  est  installée.  i4tï.  Des  e\|H>sitions  de  tableaux 
y  s))nt  organisées,  147. 

Itr>i(lerie,  sur  les  soiilanes  de  Richelieu;  prix  de  la 
brodi-rie.  101.  (^>sluiiies  brodés  d'or  et  d'argent, 
ihid.  (ioùt  de  la  duches.s<'  d'Orléans  |H)ur  la 
broderie,  23K.23i|.  Magniliques  lenliires  brodi'-is 
dont  étaient  décorés  ses  ap|KU't<Mneiits  au  Palais- 
Royal,  -V"  2/12  Lits  brodé-,  du  Régent,  3iti. 
Broderies  des  gariilturi»^  de  carros.s<«i,  32."i. 

Ilrnnze  di-t  s<-ulpluri-N  ein  au  Palais  Royal.  Collec- 
tion ilii  cardinal  de  Richelieu.  3i,  117,  tîK,  (°ki,  70. 
Busies  du  cjirdinal.  K'i;  sliiliies  dans  le  jardin, 
1 1 1  ;  grouiH-s  de  Jean  de  Bologne,  dall^  la  grande 
galerie,  2(>3,  3ii|,  3(|(i.  Bron/es  i|ui  s<-  Iroiivait.iil 
au  Palnis  Rovnl,  coiills<piés  S4tus  la  Révolu 
tioii,  4.'.3. 

Itronzft  il'nrnemrnl  exiViité"*  nu  Palais  Royal,  202. 
■»3i);  li-s  cheiiol.s  il|.  foyer,  24":  les  ineubles  de 
Crèvent,  3i4;  commode  dessinée  par  Ant. 
Coy|M'l  et  oriu'«  de  bron/es  de  couleurs,  3it>; 
li.s  liiilii-s,  etc.,  3i7  3iK.  la  cheminéi'  du  snloii 
irOpiienordl,  320.  Li-s  bron/es  île  (willleri,  dans 
le  grand  i.valler,  37<(. 

Ri  l.llv^vN  (\\  .  '  Son  ri'*ril  sur  In  vente  di-s  Inbleniix 
di's  duc»  irorli'-tins,  n>4.  »!>.''.  44''.  4-^7- 

Ktix.i^UlN  «(ieiirgi-»).  (M'iiiln*.  Dé-cori*  le  IliéMre 
du  Pidal<  Cardinal.  2i|. 

lit  »l'.|.  (Jnn|iii-<  .   |H'(iilii..  .'18 

lliirrou.  \ovi'/    \p|>iiitemenl>  el   Meulili-s. 


TABl.K     ms     NOMS     KT     DKS     MVÏlEI\f:>i 


535 


Cadenas  on  nefs,  en  or  et  en  aij^eiil.  (a'MX  de 
Monsieur,  .'|83. 

(Iafkm:!!!  (Jacques),  sculpteur,  if;;!. 

Cangis  (M""  de),  dame  d'iioniieur  de  la  dneliose 
d'Orléans,  33(1. 

Canlassi  (fïuido,  (lit   11  Ovcwcin.   peintic.   .'i(m|. 

Cabavage  (.Michelangiolo  Amkiuuiii,  dit  l.ei.  pein- 
tre, ZT),  5i3. 

Caunot  <X.),  peintre.  Décore  de  peinlines  les 
apparlenicnts  de  Monsieur,  au  l'alais-Royal,  17."). 

CABUAcnK  (  Vujj:ustini,  peintre,  388. 

Cauiiaciik  (-\nnibal),  peintre.  ii.'>.  it)8,  aijO,  ■Jtj-j, 
3o4,  4"'^t  ■"loti-.'io;. 

Cahrache  (Lonisi,  peintre,  71,  77,  Mjij,  .">i-2. 

Carrosses.  Ceux  du  cardinal  de  Uichelieu,  <|8,  i|(). 
Description  des  carrosses  de  la  duchesse  d'Or- 
léans, 2.")o;  ceux  du  Réjjent,  d'une  grande 
riches.se.  324-321);  ceux  de  son  petit  lils.  3()8. 

Cartaud  (Sylvain),  architecte  du  Palais- Uoyal, 
286-287,  330. 

Casanova,  350. 

Castiglio.m-;  ("Bcnedettoi,  peintre,  •'Jii. 

Catiiehim:.  impératrice  de  Hussie;  achèle§la  collec- 
llon  des  médailles  du  duc  d'Orléans,  307,  .Vi"'- 

Caus  (Salomon  dei.  architecte.  Bichelicu  le  charge 
des  travaux  du  château  de  I.imours,  8. 

Cauvkt,  sculpteur.  Décoration  faite  par  lui  an 
Palais-Royal,  378. 

Chvbrol,  architecte.  i8/|. 

Chaise ■  percée,  24()- 

CiiAMPAiGNE  (Philii)pe  lie),  peintre  favori  de  Iticlii'- 
lieu,  htf.  Ses  travaux  au  Palais  Cardinal,  .'(.'i,  .'iH. 
Ses  portraits  de  Uichelieu.  ûij-Oa,  82.  Décore  le 
théâtre  du  Palaùs-Cardinal,  87.  L'oratoire  d'\rnie 
d'Autriche,  114.  Cité  3t)o,  452,  .")2i. 

Chancellerie  d'Orléans  (hôtel  de  la),  rue  des  Bons- 
Enfants.  Son  histoire.  2i."J-222. 

Chapelle  de  diamants  du  cardinal  de  Richelieu, 
donnée  à  la  <;ouronne.  3((.  Inventaire  (]ui  en  est 
fait,  72.  Description  de  la  chapelle  du  Palais; 
ce  qu'en  dit  Evelyn,  i3i. 

Chaiimetox.  Ses  travaux  de  sculptiue  au  Palais- 
Royal,  17.1. 

CiiMiPENTu;!!,  l'un  des  secrétaires  (h;  Hiclielien.  (|8. 

(;initTni:s  (duc  de).  Voyez  (Jrléans. 

Château -d'Lau,  du  Palais-Royal;  sa  construction. 
288-21)0. 

CiiATiLLON  (hôtel  dc),  i83.  Voyez  aussi  Duplessis- 
Chàtillon. 

CiiKLLKS  (abbesse  de),  fille  du  Régent.  208. 

Chevaur.  Du  cardinal  de  Riclwlieu.  ()8;  ceux  de 
Madame,  la  princc.s.sc  Palatine,  au  Palais- Royal, 
232.  Ce  que  contait  la  nourriture  d'un  cheval 
au  xviii*  siècle,  ibid.  Les  chevaux  de  la  prin- 
cesse Palatine,  232  ;  ceux  de  la  duchesse  d'Or- 
léans, 2."m);  du  Régent.  32(1;  de  son  lils.  34o;  de 
son  petit -lils,  300.  .Noms  (pi'ils  portent,  3()8. 
Ceux  de  Philippe -Égalité  conlis(|ués  sous  la 
Révolnlion,  4"'^- 

C11EV11EUSE  (duc  dei.  Richelieu  lui  aclièlc  une 
tapisserie,  27. 

Chinoiseries  (la  mode  des),  30.  79,  191.  Le  goût  de 
Monsieur  pour  le  lacliinagc  et  les  porcelain<'s 
chinoises,  2u3.  Sun   Uls,    le  logent,  en    réunit 


un  grand  nombre  au  Palais- Royal.  307.  Celles 
(pi'achèle  h'  duc  L.-Ph.  d'Orléans  chez  Lazare 
Duvanx.  3O7.  Les  décors  ù  la  chinoise  au  x\mi' 
siècle.  384-380. 

CnivEiiNV  (  niarquis  de),  précepteur  du  duc  Louis 
d'Orléans,  33o. 

CiiiiisTiE  (James),  marchand  de  tableaux  en 
Vnglelerre,  44"' -44''- 

(hntisTiNE  ni-;  St'KnE,  visite  le  Palais-Royal.  i32.  Sa 
collection  de  tableaux  achetée  par  le  Régent, 
2<(8-3o4,  320. 

Ci.no-Mahs,  favori  de  Louis  \IIL  chargé  des 
dépenses  de  toilette  de  Uicheli mo. 

Clkhmom"  (M""  di').  dame  d'atour  de  la  duclies.se 
d'<h-léans,  334-330. 

CocMET  ((Christophe;,  scul|)leiu.  travaille  pour 
Richelieu.  83. 

CoEsviu  ((iiiiseppe.  dit  Lk  Joskimux»,  peintre,  .li  1. 

(joicMi.  l'eintures  qu'il  exécute  pour  Monsieur, 
au  Palais- Royal.   i7.'>. 

Coi.riiin.  ministre  de  Louis  \l\  .  Son  rôle  dans 
l'intrigue  amoureuse  du  roi  avec  M"'  de  La  Val- 
lière.  i44-  l-c  récit  que  lui-même  en  a  laissé,  i4">. 

Colberl  (hôtel  ).  323. 

CoUcrtions  d'<dijets  d'art.  Les  collections  de  sculp- 
tures anti(iues  au  Palais-Cardinal.  03- 74. 
Exemples  donnés  aux  collectionneurs  par 
Hiclielien,  70-77;  application  de  celui-ci,  à 
réunir  des  objets  d'art.  78.  La  mode  des  collec- 
tions de  médailles,  d'objets  de  la  Chine,  7;). 
Les  colleclions  de  .l/o;isie((r,  it|i-2o3.  Les  taba- 
tières de  la  duchesse  d'Orléans,  244-  Collections 
de  tableauv.  de  médailles  et  de  curiosités,  formées 
par  le  Régent  au  Palais-Royal,  2r)4-'^o4-  Les 
médailles  .sont  vendues  en  1787,  à  la  Russie, 
307.  44'-  Collection  d'histoire  naturelle  et 
d'instruments  poiu'  les  Arts  et  Métiers,  formée 
au  Palais-Royal  par  le  duc  île  Chartres,  4'0-4'  '  ■ 

CoMiivi.KT  (\1""  de),  nièce  de  Richelieu.  Voyez 
Aiguillon  (duchesse  d'  ». 

CoNTvvT  ij'Ivuv.arcliilcilc  ilii  l'alai-  Royal,  3i3;sji 
l)iiigra|)hie.  303;  comnicLit  le  (raite  d'Argenson, 
ibid.  Reslavnalion  générale  du  Palais-Royal.  304: 
Mémoires  inédits  de  ses  Iravaux  de  maçonnerie. 
37(1;  l'açade  de  l'édilice.  378;  faijade  de  la  seconde 
cour.  3So.  Caractèi-e  décoratif  de  son  aicliilec- 
ture.  384  380;  les  nouveaux  appartements  amé- 
nagés par  lui  au  Palais,  387-38<|. 

CoRiiiN.  serrurier.  Sa  ramjie  de  l'e.scalier  du  Palais- 
Royal.  37;). 

CoiiNKU.i.i:.  Pierre.  Travaille  pour  Richelieu,  32; 
loue  le  Palais  (lardinal.  3;).  Pièci's  de  lui  jouées 
sur  !<•  Ibéàlre  de  Richelieu,  80,  87-81J. 

Coutom;  I  p.  d<').  peintre,  1O8,  2ijO,  ,">i3. 

ConiiKCE  (  Vnt.),  p<'inlre,  71.  1O8,  3o4,  3,"n,  .'107. 

Cos>AC  (Daniel  de),  premier  aumônier  de  Monsieur, 
i4<),  lâo. 

Costumes.  Voyez  Habits. 

CoTEi.LE,  peintre,  82,  200. 

CoiTK  (Robert  dei,  architecte,  28ij-2<)0. 

Coi  i;nÉ.  graveur,  2(|4. 

CoïKvJon  (Louisi,  O."),  00.  80. 

Courtois  i  Vlexandrei,  orfèvre  d' Viiik   d' Viilriche. 

7^- 


536 


I.  K     l>  M.  M  S-U(>^  M. 


CoL'HT  Orris  ou  Colk  «»kr\.  an  l'aliii>  Koyal,  lou- 
chaiil  If  cul  fli'-sac  cli-  laucioii  Opéra,  hj. 

CuYPEL  Oot'li.  Si-s  iH-iulures  au  Palais  KoyaL  i."):i. 
i5:..  i.j«,  ;»8«. 

CuvPKL  rViiliiiiic).  likilii  piémIiMil.  Eiupli>\i-  par 
Monsieur  |)«»iir  diTorcr  la  (ialcrio  trKiu'r.  au 
l'alab  Koyal.  187.  l'Iafoiid  tir  lui  à  la  Cliautrl 
l.-rif  (IDrléaus.  ji-j n».  Donm-  (les  li'ioiis  de 
|H-iiiluri-  au  duc  d'Orléans.  a.Vi.  CoiiuiiiMil  il 
s'(mI  cvpriuié  Mir  U-  coiuplr  de  sou  élcM-.  a.'iH; 
il  lui  déilir  son  volniui-  di-  Cunférfnfes,  ■.î.'h». 
IVnsion  fl  faxfurs  dont  li-  «ralilia  If  princf. 
ibiil.  Il  fui  au  Palais  Uoyal  un  véiilahlf  siniii- 
Ifudanl  ilfs  lH'au\  ails,  ^Im).  S-s  cûns«-ils  |wur 
l'.utpii^ilion  df  lalilcaux,  aij.'».  Sfs  iK-inluifs 
IHHU  la  (ialfiii-  dKnif.  Sao-Sa-j;  médaillf  avfc 
Min  |M>rlrail.  'A\!t- 

roTPKL  (Charlfsi.  lils  du  préiédful.  .^nn  iliscours 
sur  son  jM-rf  lu  à  l'Acadéniif  des  BfauxArU. 
aiti-ai;.  SfS  appoinlfuicnls  df  prfuiifr  pciidrf 
du  duf  Louis  d'Orléans.  XU>.  Copifs  «piil  fait 
du  iiorirail  df  ce  prince,  Mii.  Cf  »iu'il  dil 
de*  lal>lfau\  mutilés  par  le  duc  d't)rléans.  ;i."ii. 
.Sa  inorl,  'M\. 

CoïsKvox.sculpIfur.  atij.Traxaillf  |«>ui'li'  llégful. 
3(>3  3ti.V  |*'''é  |>ar  frrfiir  pap-  'Myff.  remplacer 
son  nom  |iar  celui  de  Ituyster.) 

Chkscot,  éliénistf  du  Hé«frd,  -jtiL».  Ses  meulile> 
nu  Palais  Hoyal.  .'Ii.'i  llili.  Kail  le  Imsie  du  due 
Louis  il'Orléans.  Xi  t. 

Cruix  de  diamants.  Celle  du  cardinal  de  Iliclielieu. 
■ji,  74-  Croix  du  Salut  Kspril.  en  lirillanls.  ii)-.'. 

Ciio/kT.    Iionune   de   conliano-   du    He;.'eMl.    ■H'.S. 

>é«ocif  l'acipiisilion  des  talileauv  de  la  reiiii'  de 

Suéilf,  jcjKHiMi. 
f.'uiii'/ijcr<.  Voyfi  Table  isfr>ice  <li'  Ini. 
lltNitl.   i>E   VoLTKHHi:  I  Iticci  viiKi.i.i.  dit',   peintre. 

.'hiM, 
l)r.L«L':«vY,  orfé»rc.  S»»  beaux  travaux  | r  Mon- 

êieur,  au  Palais  Hoyal.   icj/i. 
I)»:   l.rsriM:,  arcliilocte  employé  par  Monsifur  au 

P.dait- Hoyal.    iN.I. 
I)i.  Loin»:,  secrétaire  de  Iliclielieu.  aij,  .II,  loa. 
1)1.    Mt<:itT.    peintrf  di'?coratcur.  Ses   Iravuuv  au 

Palali-lloyal,  371». 
HtnttHet.    tU-lb-s  de  la   duclii-ssc  d'Orléans.    a.^H- 

A'i- 
Itr.stMUii.s,  U4-i)inftre.  Ce  qu'il  ilil  de  l'eM-alier  du 

l>alals-(:driliiial,  ^i. 
Dm  II<>i  Hstis,  «iilft  di-  rliamlire  de  Iticlielieu.  Ses 

Roun.   •)*•     I.OKs  t\\\\    lui  est    fait,  117.    tlé|M'ns«-s 

dont    i\  él.iit  l'Iiur^'c'-.    m-.   Ne  fui   pas  niiinmé 

coiM  M-rKi-  ilii  P.il.iis  lliiyal,  eomine  l'axait  xoulil 

llkheliru.  i3i. 
■  •r.«<,<ii>    jarillilirr  ilu  IhiliiU-fUirdlnaL  3u.  l  ildf 
'    ,'  ^   Ire,  refait  en 

•.V 
l>t  <  .       '         '  '  "'*  '''■*  c«im- 

liimtHiiii  |iFiiilo*  |Mr  le  Uiicriit  sur  Ita/tlutit  fl 

Chiar,    .ilU 
l»l-i    ■'  •  •  ':■■.,      S.HI 

r  ,     Il 

Itt'iii  I  >  iiHirl 


de  Louis  XIII.  ni.  121'.   r.iilelle   de  deuil  de  la 

ducliessc  d'Orléans.  2'i!\--ïA'> . 
Diamants,  \o\ei  Bijoux. 
UoMi.Myti.N  (Le>  iM'intre.  71.  2ij('>.  !!"J7.  .'108. 
Do.Miucci  (G.  A.,  dil  Le  Mvstklktai.  peintre,  ."m  i. 
Domestiques,  \osct.  Olliciers. 

D'Oiiuvv.  arcliilecle  employé  au  Palais-Uoyal,  i.'ia. 
Dow  ((jérardt.  [leintre.  aoii.  ."ut"). 
Ul'uois  (  le  cardinalj.  précepteur  du  dur  d'Orléans, 

211.  ai."!,  puis  son  conseiller;  233.  Cérémonie  île 

son  sacre,  2O8.   Donne  su  vaisselle  d'ai<;eiil  au 

Ué;;enl,  282. 
DcuoiSKK  Svi.NT-tîr.Lvis.  Soncalaloi.'ueileslal)leau\ 

du  Palais -Koyal,  2((/(. 
DtciiKSNK  (.Nicolas),  peintre.  Travaux  qu'il    fait 

pour  Kiclielicuà  l.iniours  et  à  Paris.  8.  1.^.^2.82. 
Du  Jaiuh.n,  orfèvre  d'Anne  d'Autriche,  72. 

Dll.Vl  IIK.   72. 

DtPLtssis-CiUTiLLO.N  (liolcl»,  ruc  deslIoiis-Knlants. 

28-2<(,  220,  3<j."i,  3<j0. 
Di  PoNTK(J.  BvssKM),  peintre,  3o4,  .'«lo. 
DiHEii  (  Albert  \,  peintre.  3.1.  ."nii. 
DuvAcx  (Lazare.,  marchand  de  curiosilés.  Leduc 

L.-Ph.   d'Orléans  est  son  client.  300  ;  meubles 

et  porcelaines  qu'il  lui  achète.  3O7. 
liliènisterie    (travaux   d' 1    au    Palais-Uoyal.     par 

Macé.  ii./|.  Les  meubles  de  Boulle,  dans  l'/Hecii- 

laire  de  Monsieur,  202.  Ceux  de  (Ircicenl   i)our 

le  Ué^renl,  2O2. 
Écarie.t.   Les  ofQciers  de  l'écurie  chez  le  cardinal 

de  Iliclielieu.  <)8;  les  selliers,  carrossiers,  etc..  i)i|. 

Les    écuries  de   Mazarin  au    Palais-Royal,    111. 

Celles  de  la   duchesse  d'Orléans.   •'3-.  Celles  du 

Kécent.  28.'),   322  320;   de  s.>n  lils.  3.'|o;  de  son 

pctit-lils,  308,  3ij8.  Écuries  monuinentales  (pie 

fait  construire,  vers  1780.    le  duc  de  (Chartres. 

^10;  leur  prix  d'eiitimation.  /|/|2. 
KiiFi.iM.K.  tMMxeiir.   Le  Iléfient  chiv  lui.  -ji'f   2(13. 
Ki-rivr    (  maripiis    d').   allaclié   à   la    maison    de 

M'insieiir.  i.'u  ;  s«in  legs  uu  llé;;eiit,  283. 
Ki.ziiKi\u:ii  (  Adam),  peintre,  ,'iHi. 
A'/jér*  de  diamants,  .'177,  /|8o. 
Kiiiiuui.  peintre.  Ses  premiers  travaux,  82.  Décore 

la    chambre   île    Won.siViir  au  Palais- Koyal,  i.'^l, 

i."i."i. 
Kstiicts  I  hôtel  d'i.  à   l'aiiKle  de  la  rue  des  Bons- 

Knfants,  iij.  i83,  4O7. 
Ki'ia:xoT,  argentier  de  Iliclielieu,  1.17,  102, 
Km.i.vx.  -Son  I  »/(/</(•,  122,  i3i,  i30. 
Kxik  (Jaii  Vuii  I,  peintre.  .''>i8. 
r>:l.iiilt:M.  87.  (îarile  magasin  de  la  collection  des 

antii|Ufs,  1  V°>.  Son  lils  lui  succi'-df,  i7iii/. 
Kkhm  X  idf',  sciilplenr,  37«|. 
l-'iri  I  Domeiiicoi,  |M'inlrf,  ,'>ii8. 
Ko%rtl>>:,  arcblleclf  du  Palais- ItoynI.  37.'i,  43-i. 
Ko>ri:M;l.i.»:,  littérateur.  Logé  au  Palaivlloyal,  330. 
h'orliine.  Celle  du  cardinal  de  KIclielieii.  .'17-.^,).  Ses 

revenu*   aiiiiuels.    Se»    ap|Kiiiili'iiienls    roninie 

ministre,    ."10.    Celle     de    la     famille   d'Orlé.ms. 

.\|uiia|(fs  que  Louis    \IV  ronslilue  ii  s<iii  frère. 
I7.'i    Kexniiiis  annuels  du   llégent,   223;  ceux  de 

s.»  méie  et  de  sa  feiiime,  iiS.  Dellfs  InivM'fs  |>iir 

lell..'eiil,  181  iHV  \m  riilne  de  Plillip|M'.f:Kalilé, 
\h  'lV>. 


lA  111,1.     1IL>     .N(Hl!>     1.1      1)1. >     M.\rii;ilES 


537 


KouHMER  (Edouard),  lô,  ic|.  27,  H^."),  fyi-i. 

Fk.\>ce  (Anatolo),  i.'ii. 

Fr.^xcu  (Kranci'sco  lUinm.iM.  dit  II,  iiciiilrc,  '>w\. 

Khancueville,  sculptriir,  X.i. 

Fii.\NcuiPAM.  Ses  acquisitions  d'ohjols  d'art  pour 
Richelieu,  (VA,  7(1. 

Fh.\ncini,  sculpteur.  Ses  relations  a\cc  liicliolitMi, 
84. 

Fn.v.NCixi  (J.-B.i,  tailleur  de  la  ducliesse  d'Orléans, 
235. 

FtxcK-BitK.NTANO  ll'ianlzi,  i.">i. 

Gabuikl,  aichitecle.  -A'n.  'M'k 

GiMjes.  Ceux  (pie  l'on  donnait  aux  scrNilcurs  an 
xvir  siècle,  ;).'>:  montant  des  jiages  donnés  par  le 
cardinal  de  lîiclielicn,  t|t>.  Ceux  des  serviteurs 
d'Anne  d'Vntrielie,  112.  (lagcs  du  personnel 
spécial  au  l'alais-Uoyal  pendant  la  Fronde,  il<'.!. 
Dillicultés  pour  les  payer.  1II8.  (lafjes  des  olli- 
ciers  de  Monsieur,  i.'iS;  de  Madame,  -.'.'A i -m'Au  :  des 
daines  d'honneur,  des  chainbellans,  etc..  du  duc 
Louis  d'Orléans,  3;{();  du  duc  L.-Ph.  d'Orléans. 

Galeries  (les)  au  Palais-lloyal.  Pour  la  Galerie  des 
Hommes  illustres,  la  Galerie  des  Poussins,  la 
fialcrie  de  la  Lanterne,  la  (îalerie  d'Éuée,  etc., 
voyez  Appartements  (description  des).  Galeries 
construites  autour  du  jardin,  /|i  i-.'(.'i.'|. 

Galluchat,  gainier  du  duc  Louis  d'Orléans. 
Mémoire  autographe  di's  travaux  qu'il  li\re  à 
ce  prince,  34^. 

Gants.  Ce  qu'en  dit  lUcliclieu,  lui.  Ceux  de  la 
femme  du  Régenl.  :!/|i). 

Gaiioi-ai.o  (Benvenuto  Tisi,  dit),  peintre,  ."ioS. 

Genlis  (M"'),  gouvernante  des  curants  du  duc  de 
Chartres,  4oo,  /to'i,  4oO,  407,  ^M. 

Gentileschi  (Orazio  Lomi,  dit  II),  peintre.  3o4, 
3io. 

Gehmxi.n  (Thomas),  orfèvre  du  duc  d'Orléans. 
Vaisselle  qu'il  fournil  au  Palais- Uoyal,  34o  ; 
Mémoires  de  ses  fournitures,  34 1. 

GiouDAXo  (Luca),  peintre,  202,  7>i-2. 

GiuiiGio.NE  (Giorgio  Baubauelli,  dit  lli,  peintre, 
i(»8,  2f)7,  3o4,  .'no. 

(iniAHDo.N,  sculpteur,  77.  2(i3. 

Glaces.  Celles  qu'il  y  avait  au  Palais- Iloyal,  i.'i4, 
17.'),  2o3,  23(j,  2(')i  ;  leurs  prix,  284  ;  leurs  dimen- 
sions sous  la  lU'gence,  3i<'i,  3 18. 

(iouGEOX  (sieur  de  Lv  IUkonvikhi;  1.  peintre.    i.'i."i. 

(■UKiiciiiN  (J.  I,  peintre.  NOyez  Barhieri. 

(■UETTMID,  con.seryatenr  dn  cahinel  dliistoire 
naturelle  au   Palais- Koyal,   'iiu. 

GuiuE  (Guido  Béni,  dit  Le),  peitdre,  3."i.  71.  ii.'i. 
11*7,  2()(j,  297,  4"'l.  ""II. 

Guii-FiiKv  <  J.  ).  i.''>2,  174.  17."!. 

(îL'iLLAi.N  (  Simon),  sculpteur,  G7,  83. 

Gl.li.i.ET  DE  SaINT-GeoiiGES,  t>7,  82,  2(>2-2tJ3. 

Habits.  La  livrée  chez  Uichelieu,  i)f).  Costumes  du 
larilinal.  ion;  sa  soulane.  un.  Les  <'droils<> 
d'hahits  aux  serviteurs.  1  12.  Les  liahils  de  ih'uil 
des  .serviteurs  de  Mmisieiir,  au  Palais- Hoyal,  234. 
(;eux  i|uc  porte  la  duchesse  d'Orléans  pour  le 
deuil  de  Monsieur,  z'i'i.  Les  habits  de  mode 
anglaise  (jue  porte  le  duc  de  Chartres,  4o8. 

IIaxotaux  (  Gabriel  1,  ."),  I>. 


IIavard  (  Henry  1,  101. 

IIemuettk  d'Vx(:i.i:teiuie  I  la  reine).  Buckingham 
la  conduit  en  Angleterre,  83.  Son  installation 
.lu  Palais- Itoyal,  137.  Ce  qu'en  dit  le  cardinal 
lie  Itetz.  i38.  Sa  maison  (li>  Colondjc,  1(12. 

Ili.\iui:rn:-A\VE,  dite  Madainr.  lille  de  la  précé- 
dente, fetume  de  Monsieur,  duc  d'Orléans.  Ses 
(ixinelleries  avec  Louis  XIV,  i4o,  i44-  Épouse 
Miinsienr,  frère  du  roi,  i4i|.  .*^on  portrait,  i.")o. 
N'est  pas  morle  empoisoimée.  i.")i.  Le  train  de 
sa  "  maison  i.  au  Palais- Uoyal.  ir(2-iti4.  Son 
inlluence  à  la  cour,  itid.  Son  Inventaire  après 
décès,  i('>7.  .Si  collection  de  tableaux.  iii8. 

lliii.BKi.N  illansi,  peintre,  ."120. 

Iliilels.  Physionomie  des  hôtels  de  Paris  au 
xvn"  siècle.  11-12.  Ancien  hùtel  Uanibouillet, 
17.  22:  hôtel  d'Kstrées.  n\;  hôtel  Mélnsine,  22; 
hôtel  Sillery,  -3;  hôtel  Uichelieu,  27;  hôtels 
Land)crt,  Baulru,  Colbert,  Bnllion,  Mazarin.  H7. 
Leur  caractère  architectural  au  milieu  du  xvu' 
siècle.  7(1.  Ilôlcls  des  Bons-Enfants,  des  Mous- 
(|uetaires,  ii((,  120;  hôtel  de  ChAtillon.  i83; 
hôtel  de  la  Chancellerie.  d'Orléans,  2i."i-222; 
hôtels  La  Uoche-Guyon,  Montauban,  Mélusinc, 
L)uplessis-(;hàtillon,  220;  hôtel  de  Longueville, 
232  ;  hôtel  \  anel,  323. 

lIoLDON,  sculpteur.  Œuvres  de  lui  au  Palais-Royal, 
.',.-.>.  4.-.3. 

Incendie  de  l'Opéra  en  i7i(>,  22O;  celui  de  17(13, 
371-372;  celui  de  1781,  4'i-4'4-  ''<•  première 
compagnie  d'assurances  contre  l'incendie,  créée 
à  Londres,  44'- 

Invenlaires  après  décès.  Celui  du  cardinal  de  Riche- 
lieu fait  après  son  décès,  .")i,  03;  extraits  qui  en 
sont  donnés,  ()4,  '>7-7i.  Inventaire  d'Henriette 
d'Auglelerre.  1O7-1G8.  Celui  de  Monsieur,  191  • 
2o3;  474  487.  Extraits  de  l'Inventaire  des  meu- 
bles et  collée!  ions  du  Palais  Royal,  appartenant 
au  duc  d'Orléans,  Régent,  238-24<>;  celui  de 
Louis  d'Orléans,  340-347;  352;  celui  de  L.- Jo- 
seph d'Orléans,  38(j,  39O-398;  f]'u  ;  inventaire 
des  papiers  d'Orléans  condamné,  sous  la  Révolu- 
tion. I'|2. 

Jitrilin.  Celui  dn  Palais  Cardinal,  premières  dépen- 
ses, 3o-3i.  Les  jardins  de  Rueil,  32.  Celui  du 
PelitLuxembourg,  34.  Parties  de  chasse  dans  le 
jardin  du  Palais  Royal,  i25.  Le  fort  élevé  pour 
le  jcun<'  Louis  \1\,  12(1.  Carrousels  (pi'y  dorme 
le  roi,  i4i'.  Le  jardin  du  Palais-Royal,  en  1074. 
est  refait  par  Le  Nôtre,  173174.  Modilicalions 
réalisées  en  1730,  343-345.  Sa  Iransformation, 
en  1781.  après  la  construction  des  galeries,  435; 
les  slalues  de  Lerambert  et  de  lluysler  soiil 
enlevées,  435;  règlement  pour  la  police  du 
jardin.  430  43S. 

JoKii\ENS  (.lakob),  peintre.  52o. 

Jouets.  Poupées  données  par  Richelieu  à  M""  de 
Brézé'.  ii>3.  Ceux  du  jeune  Louis  \IV,  12O. 

Joi;m:net,  peinire.  Le  Régenl  lui  rend  visite,  2O2. 

iv  (Louis),  archilecte  du  Régent,  28O,  324,  487. 

Juste,  ijoiiitre.  Ses  travaux  au   Palais -Cardinal, 

•  12. 

L\  Hauonmèiie  (Paul  Gougeon,  sieur  de).  Ses  pein- 
Inres  au  Palais-Royal,  i54,  i55,  173. 


LE    l'ALAlS-llUYAL 


i38 


L  K      !■  \  L  V  I  S  -  H  O  V  A  L 


La  HoissitRE.  j,'ra\our.  l'inii  qu'il  a  dit-ssé  eu 
1O71J  (lu  l'alais  Carilinal,  a;,  4/|- 

LibohdeNehvillk  (iiiar(|uis  ilei.  Achèlc  li-s  ta- 
bleaux du  l'alaisKoyal,  447- 

Labohde  iciiuile  lie),  'ja.  7ij,  8/|. 

L\  Cinf  fablH-  dei.  coiistr^uleur  de  la  collecliou 
de  médailles  du  l'alaisRojal,  3u3;  m»  appoin- 
tements. 3ij7. 

Lachinatje,  mot  jwr  le(|uel  011  désigne  au  xvii'  sii-- 
cle  la  pai^iou  des  bibelots  de  la  Cliiue,  iiji.  Le 
"  laeliiuai,'e  "  au  l'alais  H(>>al.  Vove/  Chiiioisoiie. 

L»  KiiiB,  musicieu.  un  (ks  nmés  du  Héj;ent.  270. 

Lv  Ko>taim;.  Le  |M-tit'lils  du  fabuliste  iK-usionnc 
par  le  duc  d'Orléans.  'M^-j. 

L.\»iisse  i<;ii.  dei.  iwintre.  Le  Ilc^'eul  \a  le  Noir. 
2G2.     . 

LiGN»  (de),  de  r.Vcadéinie  des  Sciences,  l'ensionné 
|>ar  le  duc  d'Orléuus.  '.V.Vi. 

Lv  llniE.  |M-intre.  Ses  travaux  au  l'alais  Cardinal. 
K-..   ..i.V.-.. 

Liwi  (Stani>lasi.  K^. 

L4X>'H%m:u  ((iiovannii,  |ieiiilrr.  .'ni. 

1.»  l'oHT»;  (.\uiador  de),  oiiele  de  Uiclielieu.  Pour- 
suit à  l'entretien  du  futur  cardinal  lorsqu'il 
était  étudiant.  .'1.  Son  mausolée.  K3. 

1.»  l'oitTE,  \alet  de  chambre  de  Louis  \1\.  i'.e 
qu'il  dit  de  l'éducation  du  jeune  roi.  \'i'.\\i!{, 
i-iX\  ^il  si);nature  auto;;raplie.  i/>iVL  .Mais<in  qu'il 
acliéte  rue  des  Saints- ('ères,  iIJo. 

L*  KociiKKOLCAL'Lii,  9U|MTieur  de  riii'ipilal  des 
iJulnie-VinKl.^.  17. 

La  HociiE-tJtioji  (lu\tel)  rue  des  Kons-Enfants, 
7H,  310,  .lïS. 

La  VALl.lt'.HE  (M"' de).  Le  roman  de  .ses  amour.i 
a»ec  Louis  XIV.  i^o,  i.'iV  Installée  par  le  roi  au 
l'alais  Krion.  \f\f\.  Ses  deux  accouelieinents. 
rV'--'V'- 

1.*».  Ilnancier.  l'rotéijé  pur  le  néj;enl.  ïIiK. 
l'émeute  à  son  sujet  au   l'alais- lloynl,  -J70. 

I.EiiHO  Mllinriesi.  |H-inlre.  St-s  premiers  tnlileaux 
faits  |Hiur  le  l'alais  l^irdiiial,  t'>7.  71.  Kï.  Kx|><isi- 
lion  de  la  lliitiiilli- itWrhrIle.  i.V».  Cité.  Siï.  .".ji. 

l.r.iiHi  s.  consiTtalenr  de  la  lialcric  des  tjibleaux 
du  l'alois  ll<)>al,  /|/|i|. 

LruRAMi,  architecte  du  l'aluls-Uo>al.  iHli,  :<7)i. 

Le  M«iHe  (Jeoni,  |)eliilre.  employé  par  Ilichelien. 
à  llueil.  .11.  34;  |»ur  Anne  d'Autriche,  ii.'i  (en 
noh-i. 

Le  \|asu:.  prieur  di-s  lliMlies.  Secrétaire  et  inteii- 
Uant  de  Uiclielieu,  .'>.  S«in  |*ortrait.  j.'i.  Papiers 
■|u'll  II  lolmt'-s  aur  In  dé|H'nse^  de  Ilichelien. 
art,  ïij.  .Tu,  .11,  4H^.'k.,  ',t.  .'m,  Kn»o>é  en  Italie. 
7rt  Lettre  que  lui  adrene  le  lardlnal.  7K.  Liai 
lin  uuKn  fin  domestiques  du  l'alais-Cjirdinal, 
ijli.  l.n  mi'-diramcnts  fourni»  à  lllchelleii.  ug. 

Le  Mrmiri»  iJnnpKxt,  nrrhlterte  du  l'alnist^r- 
dii     ■       ■     ■  '  '    .1;.  Jiih'i-Mieiit  |iorté  niir 

••  I  1  >n«ri>riiiiilinMs  du    l'nlnis 

«►•  I   \ime  il'\utriche,    ii.'i. 

Ltiii.ts..  ..■■I|i|.iir.  .«Min  liii.te  du  lièrent,  :>Ù\. 
Kiitiim  .Ir  lui  lUiit  le  janltn  du  l'ulnla-lloyal. 

••ES  "rieur  du  Muw  iU-%  monuments 

'•  djil  du   l'ALlisllotuI  qu'il  l«il 


entrer  au    Muséum    sous    la  Hé'voliition,    4""- 

4Û2. 

Le    Nùtiie   I  Vndré).    Ucfait    le  jardin    du    Palais- 

Royal.   173-174. 
Le  PvLTiiK  i.Vidoinei.  arcliilecle  de  Monsieur  au 

l'alais-Uoyal.    Restaure  les  api)arlcmcnls.   174- 

170. 
Le  Peintre,  peintre,  402.  407. 
Lekvmdeut  (Louis),  sculpteur.  Statues  de  lui  tlans 

le  jardin  du  Palais-Royal.  174.  344.  4-^"'- 
Leiiov,  horloger  du  Palais- Royal.  342. 
Lk  Slelr  iKustache»,  peintre.  21(7.  ."lai. 
Le  Sl'ELR  (Hubert I.  sculpteur,  H-V 
l.i:  \  VI   iLoulsi.  arcliilecle,  24  (note),  78.  80. 
LiMoiKs  'le  iji.'ileau  dei.  ac(|uis  jjar  Richelieu.  7. 

Lmbeliisseinenls  i|iii  y  sont  faits.  8.  10. 
LU.  Celui  de  Louis  \1\    enfant,  au  Palais  Royal, 

i2<);  celui  de  Monsieur,  105;  anecdote  citée  par 

Mitiliime,     170,    202.    Lit    à    l'impériale    de    la 

duchesse  d'Orléans.  240;  lit  de  lepos.  2'|i  ;  le  111 

(lu  R('j;enl.  3i0;  le  lit  de  parade,  38.|. 
Litière.  Celle  du  cardinal    Iticliclicu  ;    ce  qu'elle 

coûtait,  lui. 
Loi'E/.  (le  juifi.  Ses  relations  avec  Richelieu.  3i|, 

7'-- 

LoRitAix  lOlaudei,  peintre,  71. 

LoiuivixK  (chevalier  dei.  Favori  de  .Wi</i.siVur,  i.'hi. 
Accusé  d'avoir  empoisonné  Sîadame,  i.'ii  ;  em- 
prunt (pi'il  conlrade.  ifm.  Ses  d(''sordres,  il'ej. 
Son  superbe  apparleinenl  au  Palais-Royal,  174: 
la  ciillcclioii  (le  tableaux  qu'il  y  avait,  2i|li. 

Liitfrif.  Disiribulion  de  cadeau.x  (jue  l'on  faisait 
tirer  au  .sort.  Olle  (pie  donne  Monsieur  en  iti8(|. 
au  Palais-  Royal.  181). 

LoTTo  (Lorenzoï.  peintre.  ."112. 

Loi'is  Mil.  Donation  (pie  lui  fait  Richelieu  de  son 
Palais-(>ardiiial.  38.  Son  caractère  ombrageux. 
4o.  Son  portrait  dans  la  (ïaleriedes  Illustres,  ."17. 
Prix  (pi'en  rei.-nit  Pli.  de  Cliani|Nii);ne,  ."«i.  Sou 
altitude  à  la  mort  de  Richelieu,  lo.'i.  Mot  de  lui 
au  sujet  de  Ma/arin.  108. 

Loi  is  \1V.  Son  buste  en  bron/e  par  Sarra/iii.  au 
Palais-Royal.  83.  Sa  première  chaise  d'enf.ml. 
lia.  A^si^le  à  une  fêle,  i23;  toinlie  dans  je 
bas.sin  du  l'alais- Royal,  iliid.  I-Idiicalloii  (pil  lui 
esl  donnée  |Mr  Ma/arin,  124.  Le  l'orl  coiistriill 
pour  lui  dans  le  jardin  du  Palais,  i2.'i.  Ses  jouets; 
cliavs4-s  en  iiiiniature,  i2i>.  Il  a  le  goût  des 
chevaux.  127.  Scènes  de  la  l'iunde,  i3."i  i3l'>. 
,>ses  visites  à  llenrielle  d'AiiKlelerre,  i4o.  Aime 
Marie  Maneini,  i43,  tiislalle  M"*  de  La  Nalliére 
au  l'alais   llrion,  i44-  •^'  rend  au  Palais    Royal. 


47.. 


17' 


Louis  W.  alW,  3.1».  34.'.,  .'{.V'.. 

Lotis  \\i,  4ii,  4i*''4i7-  4-^o. 

Loi  is  (Ylrlori,  arehilecte  du  Palais  Royal,  .s^oii 
(Hirlrall.  4''4;  erreiiis  rommises  par  ses  biogra- 
plii-s,  4'-';  lomiiienl  il  devint  l'.ochilecli'  du 
dur  de  (^harlres,  4^'"';  hoiioraire.s  ipii  lui  sont 
altrihui'si,  4>7'>  sa  eouslriictioii  des  tinleries 
niitoiir  du  jnrdlii,  ^iH  \^^■.  vs  plans  siiccessifi. 
dr  17^1  et  de  178^  |Miur  les  travaux  du  Palais, 
'1  I  •  .  .  oiiiiiii'iil  le  ju>;e  hoiilaine,    433.  Sa  ili"!»! 

ni iH ii.i.Mii  In  i.'ii.iii.  ;:,H 


TAni.K    nrs   noms   rr   dks   matierks 


539 


LfLLY.  Rpçoil  niir  •iiiliviMilicin  pniir jcmut  l'opi'ra 
au  Palais  Royal,  17/1. 

Lustres.  Siy. 

LuxEMBoinr.  1  luMcl  du  Piin  1.  Doiuir  à  Iticliclicu 
par  Marie  de  Mrdicis.  i:>.  Li'  cardinal  !«•  Irj;uc'  à 
sa  nièce  M""  de  Coiubalel,  X'..  (:..|||.,li,.iis 
d'objets  d'aii  qu'il  y  réunit,  'M'). 

MvcÉ  (Jeani,  sculpteur-ébéniste.  Ses  panincU  en 
uiarqueteiie  au  Palais- Uoyal,  ri'|,  i.'.;i.  i.'i'i. 
1. "),">, 

M ADEMOisEU.K  lia  (iraudci.  tille  de  (iasiiin  d'Or- 
léans, Fêle  que  Uiclielieu  lui  donne.  29,  Ses 
querelles  avec  sa  belle-mère,  172.  Lctrs  ([u'elle 
fait  à  Monsieur,  hji,  /)7/|. 

Mancim  (Mariei,  nièce  de  \Iazarin.  Ses  amours 
avec  Loiùs  \IV,  son  portrait,  i4-i  i44- 

Mansviit  (Jules  IIamdouim.  architecte,  son  por- 
trait, 181.  Ses  constructions  au  Palais-Royal, 
18."..  Sa  mort,  28»;. 

MvHATTA  ((larlo),  peintre,  ."1118. 

Maiue-Antoinette,  reine  de  l'rance.  l'ail  copiei' 
pour  Trianoii  les  jardins  «  la  chinoise  de  Mon- 
ceaux, SS,"»;  sa  haine  coidre  le  duc  de  Gharliis, 
4og,  4i'-  -achète  Saint -Clloud,   'l'Ii). 

Marie  de  Méuicis.  Nonnne  lîlchelicii  son  aumô- 
nier, 0;  lui  donne  l'holel  du  Pi'til-l.uNemboMr^;, 
i3.  L'acte  de  donation,  l'i-i.").  Les  arlisir-i  i|n'cll<' 
employa,  82. 

Marolles  (abbé  de),  '.\'}. 

Mahsy.  Ses  travaux  de  s(iil|iliiii'  au   l',ilai^-lio\al, 

ir),T. 

Mazarix  (cardinal».  Fut  plus  économe  {pie  Iticlii' 
lieu,  48.  ^e  restitue  pas  aux  héiitiers  de  celni-ri 
l'argent  qui  leur  était  dû,  .")o.  .Vttribue  indû- 
ment à  la  Couronne  des  statues  (jui  ornaient 
le  Palais-Cardinal,  '>•"'•  Chargé  ])ar  HicheliiMi  de 
ses  achats  d'objets  d'art,  7t">-77-  Se  fait  construire 
un  palais,  7().  Lettre  qui  lui  est  arlressée,  84. 
Ses  négociations  avec  le  Bernin  pour  la  statue 
de  Richelieu,  8."i.  Va  loger  près  de  la  reine  au 
Palais- Royal,  iio.  La  triste  éducation  cpi'il 
donne  au  jeune  roi  Louis  \IV,  124,  I2().  Les 
goùls  tpi'il  développe  chez  celui-ci,  127.  Dém'i- 
meid  dans  lequel  il  laisse  la  cour,  i''i).  Placel 
eu  vers  ([ui  lui  est  adressé  à  ce  sujil.  i'.'>n.  Il 
s'éloigne  iiendanl  la  Fronde,   i!<0. 

NlAZEitoi.r.R  (Fernand),  112  inotei,  4'>*^- 

Médailles,  (^olleclions  formées  au  \\u'  sièrle. 
79.  Celles  cpi'exécula  J.  Warin  représenlaiil 
Louis  XIII  et  Richelieu.  .">,  ili,  80,  84.  Son  por- 
trait, 8,").  La  collection  de  Madame,  son  pri\ 
<reslimation,  284.  Comment  le  Hégenl  l'aug- 
menta. Hi).">;  sa  descriplion  par  l'abbé  de  La 
Chau.  Siiti.  File  est  vendue,  en  1787.  à  la  Russie, 
307,  44.'..  Médailles  et  jelons  de  Warin.  4(18- 
4tK,. 

Mki.Usim;  ilioteli.  22.  L'Académie  française  y  tient 
.ses  premièics  séances,  8(i  Devient  l'iiôlel 
Dnplessis-Cbàlilloii,  et  abrite  linalement  le 
restaurant  du  II(ruJ'  «  la  inoile,  220. 

Meiicoeuii  (duchesse  dei,  propriétaire,  vers  i.">8(i, 
de  l'hôtel  de  Rand^ouillel,  1  1. 

Mesnahs  (Nicolas),  gardi-  des  marbres  du  roi.  Ses 
travaux  au  Palais-ltoval,  i.'>4. 


Metizem,  iClémenI),  architecte  sous  Louis  Mil, 
20;  de  (îasiou  d'Orléans,  (jO, 

Metsi',  peintre,  200. 

Meubles.  Ceux  du  eardin.il  de  Richelieu.  '.M\.  102. 
Monsieur  range  les  siens  en  bataille,  1(17.  Inven- 
laii'e  des  meubles  de  Madame,  ibid.;  de  Monsieur, 
•02,  prix  ((u'en  pioduisit  la  \ente,  2o3;  ceux  de 
la  duchesse  d'Orléans,  ivière  du  Régent,  224: 
lie  la  fenuue  du  Hégenl.  ■.>.'.U)-■2f^■^■,  valeur  des 
meubles  liu  Hégenl  au  Palais  Royal.  284:  leur 
descriplion,  Hiti  3i8.  (mmix  de  Philippe-Égalité 
vendus  aux  enchères  pendant  la  Terreur.  f^M. 

Mkui.en  (Van  der),  peintre,  ,"120. 

MiciiEi.-.\.\GE  (BLUNAnoTTi.  dit),  sculpteur  et  pein- 
lii'.  77.  2()('i,  H04.  4"''*-  ■112. 

Mn:i.  (Jean  Meei.  oui,  peintre,  .'uti. 

MiÉuis  (F.),  peirdre.  200,  ;>i-j. 

Mir,y\nv.  peintre.  Travaille  pour  Fr.  de  Richelieu. 
8->.  Polirait  deMazarin.  i<i8.  Tableaux  de  lui  au 
Palais    Royal.  4.'i2. 

\Iii;no:<.  peintre,  4-i2. 

Mirniliers.  Voyez  Glaces. 

Moi.  iPieler  Van),  peintre.  .")i8. 

MoLA  iL.),  peintre,  2(il). 

Moi.A  (Pierre  François),  peintre,  ^'>2,  5i3. 

MoLiÈiu:.  Son  père,  drapier,  fournisseur  de 
Hiclielieu,  101.  Louis  XIV  lui  concède  le  IhéAtre 
(lu  Palais- Royal,  i4o.  En  i(')73,  il  y  meurt,  174. 

Miiiiceiui.T  icluMeau  (Um.  au  duc  d'Orléans.  Srulplu- 
l'cs   du   Palais-Cardinal  (|ui    s'\    Irouvaieiil    à   la 

liévoiuiioii.  (•><;.  4."):i.  4.'iC.. 

MoNsiKU»,  Irère  de  Louis  \1\  .  \o\e/,  Orléans 
iduc  d'i. 

Mo.NruGi.oN  (Anatole  dei.  147,  2()3. 

Monlargis  (château  de)  aux  ducs  d'Orléans,  1,54. 

Monlauban  (liAIel),  218-220,  323. 

M0NTGAUI.T  (abbé),  précepicur  du  du<'  Louis  d'Or- 
léans, 33o,  330. 

MoNTMOHENCY  (duc  dei,  (  )|)jets  (l'ait  qu'il  lègue  à 
Richelieu.  77. 

Monti'ENSieikM"'  i.Voyez  Mademoiselle  (la  Grande). 

Mooit  lAntonis  de),  peintre,  .■'n8. 

MoHEAU,  archilecle  de  l'Opéra.  2()i. 

MouCHElioN  (Frédérici.  peintre,  ."pk). 

Muette  (cliàleaii  de  lai.  xCili. 

Muids.  Ancieiine  mesure  pour  le  \iii.  S.i  valeur 
par  rapport  à  nos  mesures  aclucllcs.   i(i'|. 

\li  i.or.  Prèle  de  l'argent  à  Hiclielieu.  (1. 

\tiisiciens.  Faisaient  partie  de  la  <  Maison  "  d'un 
grand  seigneur  au  xvir  siècle.  Ceux  de  Riche- 
lieu, 3o.  Le  maître  de  guitare  de  la  duchesse 
d'Orléans.  23.".. 

MiziANo  ifiirolainoi,  peintre,  .'xi. 

.\ain.  Le  nain  d'Anne  d'.Autriclie.  Le  |)ri\  de  ses 
souliers.  1 12. 

NvNcnÉ,    capitaine  des   Suisses   au    Palais- Royal, 

NvTTiEii,  peintre,  3.'i(i.  4">4- 

Nkki..  Auteur  d'une  Vie  du  duc  Louis  d'Orléans, 

inédile,  332, 
Neeii  (Van  der),  peintre,  .")ii(. 
\ets(;iu-;h  ((iaspar).  peintre,  ."iit'i. 
Nic.oi.1,1)  iiKi.i."  ViiiiATK.  peintre,  71,  ,">i3. 
OJJicier.  Mot  employé  aux   xvn'  et  xvui'  siècles 


J  |0 


I'  A  I.  \  I  s  -  H  O  Y  A  I, 


jwur  désigner  aussi  bien  les  principaux  dômes- 
liqufs.  xali'ls  de  chambre,  maitri*  d'holel,  elc, 
que  les  <;eiililsliomnies  atlacht'-s  ii  la  maison  di-s 
princes.  Li~.  olliciers  de  Iliclielieu,  i)">-<|K;  ceux 
de  la  maison  de  Monsieur,  irill.  Prix  que  se  ven- 
dent les  cliar;,'es  d'olFiciers,  ir)7-i(io.  Les  olliciers 
de  la  maison  de  Miulnme,  -j'Ai.  Leurs  lo-jcnicnts 
au  l'alais  Koyal  en  171a,  3i4,  4o8.  Voyez  Gages 
et  Habits. 
Opéra.  Installé  au  Palais-Royal,  27."..  Inauguration 
lies  bals  mas(|ués,  27O.  Le  Uégent  contribue  à 
leur  succi-s,  277-271).  Eu  i7.'>o,  le  duc  L.-l'Ii.  d'Or- 
léans répare  le  bâtiment,  XtH.  Décoration  de  la 
salle,  3.'m,.   L'incendie  de  l'Opéra  l'U  17113,  371- 
372;  le  théâtre  reconstruit  par  Moreau,  'SY.i:\-;ft; 
droits  sur  la  salle  accordés  par  le  roi  au  duc 
il'Orléans,  37^.   Nouvel  incendie  en  1781,  4''. 
.'ii.^.  L'Opéra  est  transféré  boulevard  Saint-Mar- 
tin, 4i.'.. 
OpHKNoiiuT,  architecte  du  Régent.  Ses  travaux  au 
l'alais  Royal,  Mt,  28.'),  2Kti,  3i4;  description  du 
salon  auquel  son  nom  fut  doinié,  3i8-320. 
Orfèvrerie.  Celle  que  posst-dait  itichelieu,  ;io.  Son 
bulTet  d'argent  donné  à  la  (^>uronnc.  Mj.   Les 
ornenienis  de  sa  chapelle.  72  74.  L'orfèvrerie  de 
Momieitr,  1  ij2- 1  y."».  Habitudes  priiicières  de  léguer 
aux   serviteurs   l'orfèvrerie  d'usjige    personnel, 
247;  celle  (pii  fut  revendiciuée,  en  vertu  de  celle 
coutume,  à   la  mort  de   la  duches.s4'  d'I  Irléans, 
248.   Le  cardinal    l)ul)<>is   lègue   son  argenterie 
au  Régent,  282.  État  de  l'orfèvrerie  île  ce  prince, 
3o8-3ii.  Travaux  commandés  par  le  duc  d'(Jr- 
li'-aiis  &  Th.  Germain,  34i.  Inventaire  de  l'orfè- 
vrerie de  Mniisieur,  483  48.'i. 
Oni.itNs    (Gaston,    duc   d'i.    Kète  ipie  lui   donne 
llichi'lien    à    Rueil,    32.    Son    |>i>rtrait    dans   la 
(ialerie  di-s   lllustri-s,  ri7-.'nj.   Se»  collections  de 
médailli's,  71J.  Son  train  de  maison  à  Nancy  et  à 
lilois,  lyi.   Accompagne  la  reine-régente  à  Saint- 
(iennaiii.  |3.'>. 
OHl.C.v^^  i|'liilip|M-ile  France,  dit  Monsieur,  duc  d'i 
frère   de    Louis   \IV.    L'ap|>artement    que    lui 
ile?itinalt  Viiiie  d'Aiilriche  au  Palai^  Royal  quand 
il    n'était  que   duc    d'Anjou,    iiri;    ses    piigiliil<< 
«vif    •on    frère.     ii3;     veri    Miir   lui,    I2.'>.    Son 
morUiue  nvei-   Henriette  d'Angleterre,    i4i|.    Ses 
giii'lls   elTéininé'i,    i5u.    Il    s'installe    au    l'alais 
Royal,   i.'ii.  Travaux  qu'il  y  fait  exécuter,  i.'>3 
iTtll.  Son  train  île  molMin,  m-s  oniclem,   i.*i7  iI'ni. 
!,!■  MTviie  lie  tii  Inlile,  itia  ili.'t,  488.  .Son  second 
mnriiige,    il'>8.  .Si-s  relations  avec  le  chevalier  de 
l.orriiliie,  1711.   l'Iaisiinles  praliqin-s  de  dévotion 
quand  il  i-st  iiii  lit,  170  171.  !.«■  roi  lui  donne  en 
a|Mn»ge   le   l'ulnlv- Royal,    17^.    Ilifllculli'-s  à   ce 
<u|rl,  171I  iMii;   II-*  nouvelles  l'on^triirtioiis  qu'il 
(ijiiiilr   ni   l'.ilal*,  iMa  |H^.   Son   Ini'enlnirr  aiirrs 
•  I  Ciiiiinieiit  on  iMirIn    son   deuil 

.1.  ï.'tV 
Uk  "■  <  •■■•«■•II-  •11-  IWivière,  dnrhi-^w 

■I  K-iir,    it'>8,    portrait 

'I  i<'m|.  Son  rnraiterr, 

'•  ilr     aiiiiilolr,    171. 

•  «   la   mort   de   «on 
'■••    ••111  |MTHinnrl, 


23i-232;  ses  dépenses.  234-23."!.  Sn  Correspon- 
dance, 2O5,  2CO,  273.  Ce  qu'elle  dit  de  son  pelit- 
lils,  328. 

Okléans  «Philippe,  ducd').  Régent  de  France.  Son 
éducation  au  Palais-Royal.  210-21 1  ;  sou  mariage. 
212;  ses  désordres.  21 3.  Son  train  de  maison, 
si's  revenus,  223.  Porirail  qu'a  tracé  de  lui  Saint- 
Simon,  2.'i3.  Ses  connaissances  en  chimie,  2.'>."i; 
son  talent  de  peintre,  2.')f).  Ses  compositions  de 
Dnphnis  et  Clitué,  2.")7-2.">8.  Élève  de  Coypel, 
2.')i).  InlUience  qu'il  exerce  sur  les  arts  de  l'ameu- 
blement,  2G0-2O1.  Cultive  l'art  culinaire,  2()3. 
Sa  passion  poiw  sa  tille  la  duchesse  de  lierry, 
2()4.  Existence  ipril  mène  au  Palais-Royal. 
2l(.'>-27o.  Les  miles,  les  pelils  sou[)ers,  271-273. 
liijoux  el  cadeaux  faits  par  le  prince.  274. 
Sa  présence  aux  bals  de  l'tJpéra,  278.  Le  cha- 
pitre de  ses  dettes,  281.  H  pense  un  moment 
à  vendre  ses  colleclions,  28,'|.  Constructions  et 
einbellissemenls  qu'il  entreprend  au  Palais 
Royal.  28.'i  2(ji.  Comment  il  forme  sii  collection 
de  tableaux  2i)2-3o4.  Ses  objels  d'art,  médail 
li»s,  etc.,  3o5-322.  Ses  écuries,  323. 

Oiw.K\Ns  (Louise- l''ran(,'oise  de  RornnoN,  (ille 
adiillérinede  Louis  \ IV.  duchesse d'i.  remiiicdn 
pii'cédenl.  Son  mariage,  212.  Les  meubles  qui 
lui  appartenaient  en  propreau  Palais-Royal.  224. 
Portrait  de  celle  princesse,  230;  description  de 
SCS  appartements,  238-240;  son  goût  pour  les 
belli-s  étoiles,  241:  s;i  collection  de  labatièrcs. 
243-244-  (^)minent  ses  daines  d'alour  se  dispii 
tèrent  ses  robes,  son  argenterie,  etc.,  248.  Elle 
marie  son  Ris,  33o,  et  son  petit-lils,  34'>. 

Oiu.Kv>s  (Louis,  duc  d'i.  lils  du  Régent.  Son 
éiliicalion  au  Palais  Royal,  3273211.  Comment 
sii  mèie  le  marie,  33o.  Portrait  du  prince.  33 1. 
La  morl  précoce  de  sa  femme  le  jette  dans  la 
religion,  332.  Ce  que  dit  d'Argenson  de  .sa  folie, 
333.  Tableau  de  sa  cour  au  Palais  Royal, 
334-3311;  son  train  de  maison,  .ses  dépenses,  .son 
livre  de  placels  et  île  charités.  337  338;  ses 
registri'S  île  tri-sorerie  consi-rvi-s  à  la  Riblio- 
tlièque  Carnavalet,  34o.  Mémoiri's  de  ses 
foiirnissi'ui-s,  de  l'orfèvre  Germain,  ilii  gainier 
Gallil.li.il.de  lel>éiii>te(:i-eMeiil.elc,.3'|i-3'|->.ll 
resl.iiire  le  jardin  du  Palais,  3'|3  34.'>.  Pour  quels 
motifs  il  M-  retire  au  couvent  de  Sainte-!  ieneviève, 
34.''>.  l)es«-riplioii  des  ap|>iirtemenls  qu'il  y 
oci'U|M',  34*1.  La  vérité  sur  les  actes  de  vaniln 
lisme  qui  lui  sont  impiiti'-s,  347.  Tableaux 
mutilée  par  lui.  3.'ii . 

<  hii.i.  vNsi  Louis- l'hilip|M>.  duc  d'  1.  UN  du  pn'-rédent. 
\  dlx-hnit  mis,  m-  marie,  3.'i4.  Sa  vie  au  Palais- 
Royal,  3.'i.'>-3."i<l.  l-'i^tes  qu'il  diiiine.  3."iK,  Travaux 
ron^idérables  qu'il  eiil  reprend  en  i7.*i'Jau  Palais. 
.■|rHi-3rH'i.  .><on  amour  ili-  clie\au\,  ,3(111;  son  t'ont 
|Minr  les  objets  d'art  et  li>s  cliiuois«<rie'<,  3117. 
I'èti>s  qu'il  diinneau  Palnis-Royal,  3i|i  '3ip.  Son 
fiint  ménage  avec  M*"  de  Moiile^son,  3i|3  3ijtl. 
Il  quitte  le  Palais- Royal  el  s'installe  rue  de 
Provence,  3(yi.  Son  liKlallalion.  ,'1117.  Se»  l'-curies. 
.3.y<.  iKinne  II-  Palai«  Royal  11  son  llls,  4i  1  -4i3. 
Onii.vs»  iLoiiIm-  Henriette  de  Roi  iiiii» -CosTi, 
duclicuc  d'i,  femme  du  pn- ■■•l.ii(    >>n  sciiiua- 


TMlI.i:     I>ES     NOMS     I.T     1)I>     MVTIKUES 


•)  Il 


lilé,  3.j/|.  Portraits  rr«'lle  peints  par  Nattior,  H."i((. 
La  vivacité  lie  son  esprit,  3(18.  Sa  mori  au  l'alai-- 
Royal,  Stit);  ses  olisèqucs,  ^liii-Syi. 

Om.KANS  (Louis- l'iiillppo-joscpli,  iluc  li'i.  sur- 
uoiuiui'  l'Iiilippe-ICijnlili-.  I/eufaucc  de  ce  pilnce 
au  l'alais-Ituyal,  /|i)o.  Son  précoce  libertliia<;e. 
/|i>i.  Son  ntarin>;c  a\cc  M"' de  l'enlliièvre,  4";!. 
l'ortrait  de  ce  prince,  /|o8;  ses  {Jtoùts,  /n»).  l'"ait 
construire  des  écuries  monuinenlalcs,  /|io; 
organise  au  l'alais-Uoyal  un  nuisée  des  Arts  et 
Métiers,  4"'-  Ses  grands  projets  de  construction 
autour  du  l'alais,  4iâ-  l'rolestatlons  (jn'ils  sou- 
lèvent, 4'7-4'*^-  Erposi'  qu'il  publie  à  ce  sujet, 
4:!o.  Oliarge,  en  1781,  l'architecte  V.  Louis  de 
coniiuenccr  les  nouvelles  galeries.  424-  Marchés 
contractés  à  cet  elM.  4'-'7-  Il  fait  transformer  le 
jardin.  !\'A7) - !\.'ii .  Ses  embarras  financiers,  4-^".l'i 
ses  emprunts.  44"  •  ses  ventes  d'ininieuhles.  44'^  • 
il  vend  les  collections  d'objets  d'art.  44">;  les 
tableaux,  44''-4'"'o-  i'»  mort  sur  l'échafaud.  4-'4- 

Oiii.KANs  (  L.- Marie  Adélaïde  de  Boi)nuoN-l>[:\- 
Tun:vnE,  duchesse  d'i.  femme  du  précédent. 
Son  mariage  en  i7t'".|.  p.  4"2.  Portrait  de  celle 
princesse,  l\o'i.  V.e  que  fut  son  salon  au  Palais- 
Royal,  4o4  ;  plie  y  réunit  une  société  distinguée, 
4o.'>-4o7, 

Pu)OL'.\N(Ales.sandroVAiioTAiti,  dit  Le),  peintre,,")  10. 

Pages  (le  service  des)  auprès  de  Richelieu,  100. 

Pain  (le  prix  du)  aux  xvn"  et  xvm"  siècles.  11)4. 
Le  pain  pour  la  Bouche  des  princes  ou  pour 
le  commun,  4!)"'- 

Pajou  (Augustin  I,  sculpteur.  Ses  travaux  au 
Palais-Royal.  878. 

Pai.ichm;,  trésorier  du  duc  Louis  d'Orléans.  Ses 
appointements.  S3(i.  Ses  livres  de  comptes  con- 
servés à  la  Bibliothèque  (Jarnavalet,  34o.  II  règle 
les  dépenses  au   Palais-Hoyal.  34i  et  suiv.,  'Mm. 

Pvi.Mx  ileNieux),  peintre,  ."504,  '>io. 

PMnni:uK  (M""  de),  maîtresse  du  Régent.  Son 
portrait  en  Minerve,  2.53,  2O4,  270,  272,  274,4-">2. 

Paiimi:sa\   (Krancesco   Mazzoi.a,    dit  II),    peintre. 

2()7,     ,'')0(|, 

Pâtisseries.  Celles  dont  la  reine  Anne  d'Aiili  iciic 

était  friande,   io3. 
Pendules.  Celles  de  Monsieur,  199,  485. 
Pk\tiiù:viii:   (duc   de).    Marie  sa   fdle  au  duc  ilc 

(lliartres,  402. 
l'i:iii\o  DKi.  Vaga,  peinij-e.  ."nH. 
Pi;iu.\.\  (Henry),  scul]iteur.  8.'i. 
Pérugi.n    (Pietro   Wnucci,    dit    Le),    peinire,    3."i. 

1O8,  .513. 
Pkhu/./.i  (Ballhazard),  peintre,  ."no. 
Pktitot   (Jean).    Ses   i)orlrails    en    miniatme   de 

Richelieu,   77,  85;  de  la  duchesse  d'Aiguillon, 

101,  io4;  d'Amie  d'.Vutriche,  izi.c.  de  Munxieur, 

i53;  de  Madame,  i55. 
Piiii.ii'I'i:K(;m.itk.    Voyez    Orléans     ((hic     l.oni-^ 

Philippe- Joseph). 
Picot,  argentier  de  llicliclien.  3(i.  5().  Legs  qui  hii 

est  fait.  «17.  Dépenses  cpii  lui  incornbaienl.  lo'. 
PiKliUK  (J.-H.-M.i,  peinire.  Sun  èdc   à   di.  Coypel 

comme  premier  peinire  du  duc  d'Orléans.  384; 

ses  travaux  au  Palais  Royal,  38(1-388,  3<,7. 
PuciiRi-:  LE  (;iiA>u.  Visite  le  Palais- Royal.  2li8,  ziiH. 


Pierreries.  Voyez  Bijoux. 

I'ù:the,  architecte  du  Palais-Royal,  05,  37O,  38o 
383,  4 10. 

Pir.tMoi..  historien  de  Paris,  i5,  57,  3i3,  3:>2. 

PoKi.iMii  itc  iKornelis).  peinti'i\  517. 

Pi)i:iis(i\  (dliarlesi.  peintre.  Travaille  au  Palais- 
Cardinal.  I12;  son  (ils.  3o3-3o4. 

Poisson  lie  prix  du)  aux  xvn'  et  x\iii'  siècles.  i(>4. 

4'.)i. 

PoiiBUs.  peintre,  72,  1O8,  3go,  452,  517. 

Porcelaines,  de  Chine,  189,  190,  Celles  que  col- 
leclioniiail  Monsieur.  199,  2o3;  celles  qu'achelail 
le  duc  L.-Ph.  d'Orléans,  30tj,  307. 

PoiiDKNON  (AnI.  Recii.i.u,  dit),  peinire.  5ii. 

PoiiTA  (Joseph),  peinire,  200. 

Portraits.  Le  prix  qu'on  les  payait  aux  peinires  au 
x\  ir  siècle.  Ceux  de  Richelieu,  par  Pli.  de  (;iiam- 
paigne.  .")9-('mi.  Morle  des  galerii's  de  portraits; 
celle  des'ilinsires.  au  Palais- Cardinal,  tii-Ctl. 
Impulsion  donnée  par  Riclielieu  à  l'art  du  por- 
Irail.  84.  Les  bustes  du  cardinal  par  \\  arin  et  le 
Bniiiii.  8.'i.  Portraits  des  princes  de  la  famille 
irorleans  par  Coypel.  Rigaud.  Sanlerre.  Nallier. 
Reynolds,  etc.,  253.  2O4.  2(19,  4"2.  4o3. 

Pot  de  chambre,  en  argeiil.  de  la  dniliesse  d'Or- 
léans. 249. 

Pouce.  .Vuciemie  mesure  de  longueur.  Sa  \aliiir 
par  rapport  an  mètre.  3i8. 

Poussin  (.Nicolas),  peintre,  33,  71  ;  accueil  ipie  lui 
fail  HicheliiMi.  80.  Cité.  ii5.  21/).  3i2,  317,  52o- 

PiiKTi  (Mallia),  peintre,  5i2. 

(juKNTiN  Mktsis.  peintre,  iCiK. 

Raincy  (chàleau  du),  appailciiaiil  an  duc  d'Dr- 
h'-ans,  ()5,  412,  45i,  450. 

PambtmiUel  (hôtel  de),  acheté  par  Itichelieii  en 
1(124,  '■•  ^^''  qu'il  était.  12.  i5,  17. 

RaI'IIaki.  Sa.nzio  (RalVaello  Santi,  dit),  peintre,  (li. 
71,  ii5,  1(18,  295,  2911.  297,  3n3,  3o4.  3i2.  5i4. 

Rkgii.i.o  iJ.-.\.).  peintre,  3o4. 

Rkmi>I(\M)T,  peintre,  517. 

Remparts  de  Paris  (les  anciens).  Ce  qu'ils  élaienl 
du  colé  de  la  porte  Saint- Honoré  en  i(i33.  22. 

|{i:tz  I  cardinal  [de I.  187. 

Rkvnoi.us,  peinire.  Son  portrait  de  Pliilippe  Kga- 
lité,  40'i-452. 

Riiii:ii\  (dit  L'EsPAGNoi.KT),  peintre.  1(17.  5ii. 

RiciiKi.iKu  (l''ran(.-ois  de),  père  du  cardinal,  4- 

RicuKi.iKU  (Henri  de),  frère  aîné  du  cardinal,  4- 

UiciiKLiix-  (l'iançois  de),  évéque  d'Aiv,  frère  du 
cardinal.  Refuse  d'être  évèiiue  de  l.ui;on.  5. 

RiCMKi.n:u  (cardinal  de).  Dès  sa  jeunesse  il  aime 
le  faste.  2-4-  -■^  l'évèché  de  Lu(,'on,  sa  vaisselle 
plate,  (1.  Ses  premiers  domiciles  il  Paris,  7. 
Vclièle  le  cliAteau  de  Limoiirs  et  rembellil,  8. 
Ses  diverses  résidi'iices  à  la  campagne,  m.  Dès 
«pi'il  l'St  ministre,  en  ili24.  aclièle  l'holel  di' 
Raml>ouilli-l.  11.  .Marie  de  Médicis  lui  donne 
le  Petit -Luxembourg,  12.  Ses  acijuisitions  de 
terrains  pour  la  coiolruclion  du  Palais  (lar- 
dinal.  i(>-2o.  Phases  des  lra\aiix.  25-3o.  Vchèle 
le  cliAleaii  de  Rueil.  3i.  Commeiil  il  s'y  installe. 
32.  Donne  le  Palais-Cardinal  il  Louis  MIL  38. 
Vend  des  terrains  autour  de  ses  jardins  pour  y 


o^a 


i.E     p  VI.  M  S- un  V  VI. 


élever  des  iiiaL<ons.  ^.'.  .V>.  État  de  «•>  revenus 
annuels,  47--">o-  Coininenl  il  fait  décorer  son 
Palais,  52  -  -j'i.  Son  rôle  coinino  rollrctioniipur, 
7(1  8.'».  Pièces  qu'il  fait  jouer  sur  un  Ihéùlre.  Sti- 
i(.V  S«>u  train  di'  maison,  i|.'>-i.|K.  Drpenstsde  sa 
iable.  de  Sii  InilelU-.  ilc,  <.hi-I";'.  Médailles  et 
jetons  du  cardinal.  .V">>*-.V«.I- 

dlcuKLiKt'  (Armand  de  Vicm:iiod,  dur  dei,  |)ctil- 
neveu  du  rardifial  el  son  héritier  par  substi- 
lulion.  27.  Son  in<.'ralitude  envers  Sii  laide  la 
ducliess4-  d' Viu'uilliin,  nS.  Les  procès  qui  lui 
sont  inlenl(-i  au  sujel  de  la  succession  de  son 
oncle,  I  II).  Venlesaiivquellesil  esl  conlraint.  i-ji>. 

Iticii»'i.ir.i  iinaréelial  de^,  lil>  du  précédent.  Son 
prix-es  iiitermiiiiible  contre  les  piopriélaires  des 
maisons  aiilour  du  l'aliiis-Royal.  iimi-i-ji. 

Riii.\iii.  |ieinlre.  Si-s  portraits  du  Hé^reiil,  ;?(i.^. 
llilé,  .V'-'. 

IloKTTiKH,  {fraveiir  i'ii  mé^lailles,  SoCi. 

Iloviviv  JulcM,  |H'iiilre.  71,  2gfi,  ï.'>2,  ,"»i2. 

Itiiuiiot  T  iTli.l,  iM-inlre,  .'nçi. 

Ilossiu.tKi'x  iCh.l,  arcliilecle  et  colleclioimeur. 
2.1.3,  4.-.4. 

Ito^v)  iliiovani-llnllista),  |H-inlre,  .'>i.'|. 

Ili  ii»:ns  I  Pauli.  S<>s  rap|H)rls  avec  Iticlielien,  82-83; 
tnbleauv  de  lui,  .1o/|,  .'<i|0.  .'iitj. 

Huril  icliiileau  dei.  Vcqiiis  par  lliclielien.  .'ti.  [.n 
vie  qn'v  mène  le  cardinal,  32-.'t/|. 

Hi»<T»;it  (l'Ii.i.  s<'ulpleur,  82,  8.'|.  Stalucs  de  lui 
dans  le  jardin  du  Palais  Itoval.  17^.  fi'A'i. 

Svcciii  1  \fidr.p,  |M-iiitre.  ."loCi. 

SvisT  AlHis,  deviiiiateiir  et  graveur.  '.U<i'>. 

Sainll'.liiiiil  tcliMvau  dei.  an  duc  d'Orléans.  i.'>.'|. 
267;  prit  auquel,  en  172H,  il  esl  e^liiné.  28.'i  ; 
fêles  qu'y  donne,  en  I7.'ii,  le  iluc  I..  Pli.  d'I  )i' 
léaiis.  3.'i8.  fravaiiv  qu'y  exécute  l'arcliilecle 
Conlanl.  .Itl.'t,  .'tl'Hi.  Peinliires  qii'Vnl.  (Iovim-I 
iletail  y  f.iire.  ■•ini.  Il  rsl  vendu  à  Marie  Vnloi- 
ni-lle,  fi'Mj. 

Saiiilllimuré  (quartier  1.  De  qu'il  élail  au  inomcnl 
où  lliclielien  ncliein  l'Ii.Mel  de  Kainliouillel.  il'i 

S«isT  Simon.  Se»  mémoire*,  rite»  2(Ml,  270,  272. 
Samir  lirnrvirvr  (ablMve  dei.  I.e  dur  Louis  d'Or 
léaiit  s'y   relire,  ^X\,  ,1,1i),  Jl^.'i.   Détails  sur  sou 
liKinlInllon.  "Stfi;  lur  S4*s  le^s  aii\  religieux.  .1^7. 
Snlim    Voyr/   Vp|uirti-ineiils  idi-^cription  di~>i. 
Stivivri  l<iiii«ep|M'  Poiirv'.  |H-iMlre.  .'ni 
SvsriHNt.  Itcinlre    .Si-s  |Hirlrail<  ilii  lléxenl  et  de 

*••%  Min,  iM.  2lVt,  2IM,  4.'i2,  ,'i>i. 
Stmittiv  |jar<|iir*i,  •rulpleiir,  I17,  Ho.  83. 
1   (CM  »,  \'>:\  (note 

liitliirlen  de   Paris,  l.'i,  iV  ■»'"'•  '-".l'  ^''•  •'••'• 
'.,  I'i«i,  ijii,  1)1,   1 1^ 
.>v«H4i.Lisii,  pelnire,  .1i>^,  .'un. 
.*«<  iltLkrs  liiollfrledi.  (leliilre,  .'■ilVrii7. 
'  .         .1 

'■.^ 
M  <itii>-«,iU  P,ilni«  lloval. 
\a^  •>  >i1|.1.ii<  .  ,tiitt<|ui'«  du  rnrdlnnl  di-  lllrlii>- 
Itru.  3i,  •'•;;••,  H^  m.  Celli-s  i|iir  |M>twi|ii|l 
Mnntitnr,  ••■.l ,  relie*  qui  fiiri'iil  etilrvi^>s  du 
jardin  ilu  P-tUlsHoyal,  .l^^,  SX,,  de  ll.iiidon, 
AVI. 


Skbvstuno  i>ei.  PioviHo  I  Luciaiii.  dil  1.  peintre,  ."n^- 
Skneschai.  iFranvoisi.  valet  de  chambre  de  Uiclie. 

lieu.  90.  Concierfie  du  Palais-Uoyal,  \'.\i. 
Serrurerie  1  travaux  dei.  au  Palais  Royal,  1  \'>.  x't'A. 

i.'i.'i.  Rampe  de  l'escalier,  379. 
Skvignk  I  marquise  de).  ir>8.  170. 
Sii.Hr>iKTTK  (dci.  Succède  au  marquis  d'\r}reiison 

comme  chancelier  des  ducs  d'Orléans.  I<.''>8.  HCio. 
Sn.vfSTitK  I  Israël),  ses  irravuresdu  Palais-Cardinal, 

17.  le  Fort  du  Palais- floynl,  12.'). 
Si. VUE,    marchand   de   tableaux,    en    .Anjileterie. 

Néjiocie  la  vente  des  tableaux  du  Palais- Roval. 

.i/,8.4.-„,. 

Si.iNUEi.vNDT  1  Picter  vaut,  peintre,  'n-/. 

Si.oi)TZ.  sculpteur.  Travaille  au  Palais- Royal.  3V-'- 

SsviiEiis,  peintre,  ft'fi. 

Sor.AHio.  peintre.  71 . 

Siirhonne.  —  Tiansport  de  la  Bibliothèque  de 
Richelieu  ii  la  Sorboime.  i8."i.  Le  tombeau  du 
cardinal  y  est  exécuté  par  (îirardon,  118.  Legs 
de  Richelieu  pour  la  construction  des  l)i\timents, 
117. 

Stai.hkm,  peintre,  .'mj. 

Siirloul  de  table.  Celui  que  Ballin  exécute  pour  le 
Régeiil,  ;lo((.  Ceux  de  .Monsieur,  47>- 

Si  SIM.  sculpteur,  IJ8. 

Tutuilières  (collections  dei.  Le  roi  d'Espajine 
en  donne  une  à  M"'  d'OrléaU'^.  iif-'.  Vu 
xviii'  siècle,  la  mode  se  répand,  même  parmi 
les  l'enniies.  d'en  réunir  de  tous  ttenres,  -'^'A. 
Celles  de  la  iluches.se  d'Orléans,  au  Palais  Royal. 
2/|.V2.'|li.  Le  Ré-fent  en  distribue  en  cadeaux, 
■-•7.^  Ij'lles  qui  sont  menlionnées  en  son  liiven- 
luire,  '.Ui-;. 

Table  (le  service  de  la),  au  Palais-Cardinal  el  au 
Palais-Royal.  Lejis  de  Richelieu  à  s<'s  cuisiniers. 
i|8.  Le  sysléme  des  pourvoyeurs  enqiloyé  |)Our 
les  pro\i>iiiiis  di'  bniuhe.  le  pain,  la  viande,  etc  . 
il;».  l'm;;alili''  de  Richelieu:  le>  menus  de  m-s 
repas,  nio.  Disette  à  la  cour  |H*iidanl  la  réj^ence 
d'\iiiie  d'.Vntriche.  iHn.  La  table  de  la  reine 
mal  v'rvie,  liti,  Lr>  ■•  |Hinrvoyenrs  »  de  la  Rou- 
ille du-/  M'iitsieiir,  iliil.  Le  piix  de  la  viande,  du 
gibier,  du  |ioiNson,  du  vin,  du  luiin,  en  i(i7o. 
la  charcnlerie.  etc.,  il'>.VilJ-'>.  (.e  t|ue  coulait  le 
service  de  la  table  chez  la  iluchessi'  d'Orléans, 
an  Palai'.  Royal.  2^1.  La  vais.selle  d'ar);eiil  du 
Ré^nil.  :ii>8-:<ii.  Le  si-rvice  de  la  llonche  du 
iliic  Loiii.,  d'Orléans,  .'ti^o.  Marché  |Miiir  le 
si-rvire  îles  vivre*  au  Palai-.  Royal  aux  xviC  el 
xviir  'iéch-i,  .^88  et  sniv. 

Tableaux.  Ceux  de  Richelieu  an  Lnxrmboiny.  X,, 

■Wt,  an  Paliiis-Cardiiial.   71.  Ai rVnliiclie  en 

réiiiiil  uni'  collection  au  Piilai-  Royal,  ii^. 
Iiivi-nlaire  de«  lalilenux  de  Madame,  1(17:  de 
Moiitieur,  2111.  Le  IléKenI  soukc  à  vi>nilre  le* 
«len»,  283.78^;  li'iir  prix  d'eHlimnlion  daie.  un 
litnealaire,  ibid.  Ili^lolre  de  l,i  fornialion  de  la 
riilleillondil  ISilais  Royal,  2i|7  2i|N;  acqni'tilion 
lie*  Iflhleaiix  de  la  reine  de  Suéde,  2i|f|.ilii.'(  ;  leur 
arrivé-)-  à  i'arl*.  ^^t^^.  Ceux  que  le  dur  l.oni* 
d'Orlénni  e<tl  arciiM-  d'aMiir  niullli'-i,  ;i^7.,'l.'iï. 
linlerle*  alTivIi'-e*  nu  placemenl  ilev  lalilenux 
dniK  le  |>nlal<  lloval    ;IK.|    I  1- duc  L.  Ph.  d'Ur- 


TAIU.K     DES     NOMS     ET     DES     MATIKRES 


54.3 


léaiis  fait,  vers  1770.  Iiaiisporlcr  ceux  dr  I  T'cnli' 
llaiiuiiidi'  :mi  Uaiiicy,  i<yo. 

T  VI.I.IM  VNT  DKS  HkAUX.  ."l,    iS. 

Tapisseries.  (a-IIos  île  UiciK'licn,  27.  'M'),  inj.  lincii- 
lairc  des  lapissi-rii-s  di-  Madniiie  an  Palais- Itnyal. 
1(18.  Celles  de  Monsieur,  u/i.  Celles  du  Héf:eiil. 
;iii.  Comparaison  de  leni  piiv  (l'i"-liiii.iliiMi. 
■.\iu. 

Tkmkhs  (David),  pcinlic,  200.  .'iiG. 

r/iéd'/rei  les  salles  (le),  an  l'alaisUoyul,  2(),3o,/)i!,. '>•.!. 
Œnvresqni  y  sont  jouées.  8(i()'|.  Concerts  (pi'on 
y  donne,  i4o.  En  illtii.  Molière  s'y  inslidl<'.  iliiil. 
(Changements  dans  la  salle,  :'.-;'>.  Installation  de 
l'I  )péra,  :!70.  (\  oyez  Opéra.  1  Le  Tliéàtre-l''rani;ais 
eonsirnit  en  1780  par  V.  Louis  an  l'alais-Hoyal. 
/)i,"),  432, /|23, /|3/|. 

Ti.NTOKET  (J.  Houusri,  dit  Le),  peintre,  202.  2((('i. 
3o4,  .">io. 

Ti.NTOUF.TTi    (Marictta     Uoutsri.      dite),     peintre. 

4.")2,    5l2. 

Titien,  peintre,  71.   it>8.  2112,  i>()ll.  liiii.  .V|S.  :',7r'. 

ôi5. 
Toilette.  Le  cardinal  de  Uiclielieu  aime  la  toiletle. 

100- 101. Toilette  de  deuil  d'Anne  d'Autriclie.  nii|. 

1 14.  Celle  (pie  la  (hu  liesse  d'Orléans  porte  pour 

le  deuil  de  Monsieur,  234-23,").  La  garde- robe  de 

la  femme  du  KégenI,  249. 
Toise,    mesure.  Ce   (|u'elle  valait   [lar   raiipoit  an 

mètre,   lO. 
Toluneux  (Maurice),  3117. 
TiiEMBLiN,  peintre.  Exécute  le  plaloiid  de  la  salle 

de  l'Opéra,  3.")9. 
Vai-entin,  peintre,  3.')2,  .li."!. 
Valets.  Voyez  Officiels. 
\an   Dïck.    peinire.    .'>es    [icirliail-    de    Uiilielieu. 

8.-)-8G;  d'Henriette  d' \n-lelerre.    i3i|.  iti;,  iCiS. 

Cité,  202,  317,  ."(18. 
Vanei.  (hôtel),  construit  par  Le  \aii,  71). 
Van  OnsTAL  (Gérard).  Ses  travaux  de  sculpture  au 

l'alais-Cardinal,  80. 
Vasaui  (Giorgioj,  peintre,  .")o(). 
\  ATOUT,  i,"),  37J,  45."). 
Velde  (  A.  Van  den),  peintre,  '1-20. 
Vehg-NE  l'Pierre).  orfèvre.  3o.  ii)3. 


ViMoxisi:  (l'auli.  peintre,  71,  ii."!.  1117,  2(j.'),  2(17; 
lahleaiix  de  lui  ipii  décoraient  le  grand  silon 
d'Uppenordt  au  l'alais- Uoyal,  32o.  Cité,  348, 
4.".2,  ,-m3. 

VÉHONtsE  (Alex.),  |>cinlrc,  .">o('). 

VicioE-LiMmuN  (M""),  p(jinlre.  Son  portrait  de  lu 
ducliess(!  de  (Chartres,  4o2. 

l  UlersC.iitterets,  château  des  ducs  d'tJrléans,  i.V|. 
Comment  Monsieur  joue  avec  les  meubles 
([ui  s'y  trouvent,  i('>7.  .Son  arrière- petit- lils, 
l.-Pb.  d'Orléans,  en  fait  son  si'-jonr  préféré  et 
y  donne  des  fêles,  3()3-3(|4. 

\iii  (le  prix  (lu)  an  xvn'  siècle.  (Conihieii  Uiclielieu 
vendait  son  xiii  de  Itneil,  34.  (Celui  (|Ue  bviNail 
le  cardinal,  ()i(.  (Celui  de  Monsieur,  ce  (lu'il  cou 
tait.  1O4.  Le  vin  (jui  était  an  l'alais  Itoyal  xendu 
aux  enchères  pendant  la  Terreur,  4'J7-  Marchés 
avec  les  pourvoyeurs  de  xin  aux  xxii'  et 
wnr  siècles,  4<)-'- 

\  iNc.i  (Léonard  de),  peintre,  3.''>.  71,  2(17,  .■')i2. 

\  iTET,  24. 

Vivres  de  prix  des)  aux  xvn'  et  xviii'  siècles.  Voyez 
Table  (service  de  lai. 

\(ii,TAUti:.  (Cadeau  (pie  lui  fait  le  llégent,  274. 

\(is  I  Martin  de),  iieintre.  .")2(i. 

\oLi;r  I Simon I,  peintre,  20.  Décore  le  château  de 
Kiieil,  32;  le  l'alaisCardinal,  ,">.'>.  j8-3;).  O7.  Ses 
travaux  à  l'iu'itel  ISnllion.  78,  et  ailleurs.  82. 
Ses  peintures  dans  les  appartements  d'Anne 
il'Vutriclie  au  l'alaisltoyal.   ii4.   4"'2. 

\\  Ai.MCHs  I  Ed.i,  baïuiuier.  Achète  les  tableaux  du 
l'alais -Uoyal,  447- 

Wai.i'oi.i:  (Hoberl).  Sa  collection  de  tableaux. 
■W<. 

W  utix  iJean).  graveur  en  médailles.  Ses  portraits 
de  Uiclielieu,  i3,  21).  Protégé  par  Uiclielieu,  80. 
(Catalogue  de  ses  médailles  du  cardinal,  84.  Son 
buste  du  cardinal,  8.'"i.  Son  portrait  gravé  par 
Edeliiiek.  89.  Médaille  d'.Vnne  d'.Vutrichc  et  de 
Louis  \IV,  ii3.  Mi'dailles  diverses  de  Riclielicu, 

4()8  ■  40(). 

Wkehi-f  (chevalier  A.  ^an  den.  peintre.  .■'>i7. 
WouwEiiMAN  (Philips),  peintre,  .'uli. 
Zlstuis.  peintre.  .'117. 


/^I!; 


'.;  .i 


-^T^^ 


TABLE   DES   CHAPITRES 


CHAPITUH   PllEMJEU 


LA     CONSTRUCTION     DU     PALAIS-CAHDINAI. 


(lôa'i-iCoQ) 


Le  goût  du  cardinal  de  nichelicu  pour  les  bâtiments.  —  Dès  sa  jeunesse,  il  aime  le  faste.  Aménagement 
de  son  cvèché  à  Luçon.  —  Ses  divers  logis  à  Paris  jusqu'en  162/1.  —  .\cquisilion  du  cliàteau  de  Limours. 
Ses  maisons  de  campagne.  —  Aussitôt  ministre,  il  achète  le  vieil  liolel  de  Kamhoiiillet.  Ce  qu'était  alors 
le  quartier  SaiiitHonoré.  Liste  des  immeubles  et  terrains  acquis  par  Richelieu  pour  la  eonslruclion 
du  Palais-Cardinal.  Commencement  des  travaux.  L'architecte  Le  Mercier.  —  Phases  de  la  construction. 
Richelieu  au  Petit-Luxembourg  et  au  château  de  Hueil.  —  Le  Palais-Cardinal  donné  au  roi  Louis XIII, 
en  i636.  —  Achèvement  des  travavix,  i63ij 


CHAPITKh:    II 


IIICIIEI.IEU     DANS    SON    PALAIS 


La  fortune  du  cardinal  :  ses  revenus  annuels. —  Dépenses  pour  la  décoration  de  son  Palais.  —  Description 
•  des  appartements  :  la  galerie  des  objets  d'art.  —  I^  Calerie  des  Hommes  illustres.  —  appartements  du 
roi  et  de  la  reine.  —  La  bibliothèque.  —  Les  collections  de  sculptures  et  de  peintures.  —  Ilichelieu, 
protecteur  des  aris  :  ses  commandes  aux  artistes,  ses  portraits,  son  buste,  ses  médailles  par  Jean  Warin, 
sa  statue  commandée  au  liernln.  —  La  petite  et  la  grande  salle  de  spectacle.  Itcprésentations  du  CiJ,  de 
Mirame,  etc.  —  I^  Irain  de  maison  de  Ilichelieu  :  gages  de  ses  <i  ofliciers  11.  —  Ses  dépenses  pour  la  table, 
les  costumes,  les  cadeaux,  le  prix  de  ses  soutanes,  de  sa  lilièrc,  etc.  —  La  duchesse  d'.Viguillon,  direc- 
trice de  la  maison  de  Hichclicu, —  La  mort  du  Cardiual 


I.     LE    l'AI.AIS- IIOIAI. 


«9 


l»l 


5^6  Li;      l'.\l.AIS-lU)\  AL 


aiAl'lTUi:    111 

V\NE     liKl  TIIK  IIK    H     MA/.MUN     —    LMv    KDH:VTI()\     UO^ALE 
(lt)'|3-l65i) 

Ix  F.I«ii-Oirdiii.l  divUiil  le  P.lii.-Uo,al.  -  Ui  Iraiisfornialioi.s  qu'y  fait  Anne  d'Autriche  :  ses  appar- 
lemeiiU.  u:*  B.iii«.  «ji.  Oraloir.-.  la  Salle  du  Conseil,  la  Chambre  de  Louis  XIV.  -  La  .<  maison  »  de  la 
reine.  -  Majarii.  »>  iii.lalle.  -  Démolition  de  Ihùlel  Sillery.  Acquisition  de  lliotel  dEstn'cs.  etc.  — 
Pourquoi  e.t  .endu  ll.ùtel  Kichelieu  où  de.ait  .Hre  la  llihliolhèquc.  Les  embarras  de  la  succession 
du  cardinal  de  Hiclielieu.  -  lli.toire  du  procès  du  maréchal  de  llichelieu  avec  les  propriétaires  des 
inai«oii>  du  l'alai»-Hojal  :  larriH  de  I755.  -  Education  que  donne  Maiarin  k  Louis  XIV,  au  Palais- 
Hojal.  U-.  eiercices  miliUire»,  U-»  jeui.  le  forl.  léquitation,  le»  speclacU>s.  —  Premières  amours  du 
roi.  -   Ud.nùmeut  à  la  C.ur.  —  Lii  Fronde.  —  U  famille  royale  abandonne  le  palais 


Cil  \i>iTiii:  l\ 

LK  SKJOLU   l'i;  IV   HiiM    iiiMui m;   i)"AN(ii.i:Ti;iuu; 

m;   i'm. vis- iiHiuN 

(lUrj'-î-iCiOo) 

Ik'iinotlr  d'AnKlctrrre  au  Palais -lloyal.  Iji  misère  de  la  ri'ino.  —  Délabrement  du  monument.  —  Le 
l'alai»-Hrion.  Ituinan  di'>  premières  amours  do  Ij>uis  \IV.  —  Les  accouchements  clandestins  de 
M-  de  l.a  \allière.  —  Holo  de  Colliert  en  celle  circonstance.—  L'.\cadéniie  des  lleun\-.\rls  inslallée 
au  Palais- Itrion.   La    première  pi|M»llion  de  tableaux l'i- 


(;ii\i'in;i;  \ 

1 1;   iuF.HK  df:  loiis  \i\ 
(iGOo  fjtii  I 

Pbihi'i'   .1»   »r«ii  ■.     1.1.    .lOrlfii.       '  ■     I    mU  XIV,  après  ~.ii   marnik-e  a\*c   llennelle  ilAiinleterre. 

m    i««o.  r.i  j.i(,.ii>.    ,.   I...I  li.iyal.  Porlrjll  de  re   prince;    ses    k,.ÙI.   ilullens.   Su 

fr.     I     it    1-  .ir    M    trninio     I  l.irlqur  .!••   la   mort  de    MaJamt.  —    llép.irulions   faïU-s  au 

la    ifAMt  h    iOqi.    l^  n>ul>il4i  c   de  Madame  il  >4in  /neciihiirf  aprit  d<'-cès.  —  |.a   seconde 

iitmr    -   l.a  »l»  au  palau;  U.  •4-r>ilrnrs.   I.s  dépens<<>  do  la  table,  le  prix  des  vivres 

'    'Ils   \IV  donii-  k  «..Il  •-   -    '     I'        lti>)al  en  lOyj.  —  AuKmcntatiiin  et  eniUd 

•  r   Maflouin  Mansai'  .  .le  riulilLiti l.c  lu\e  de  .Wunjicur.  S>n 

'  -'•   Upt.»rf»e.  ri  K-s   I  .,  ,o||p_  .,'•   I,ibleau( I  V.» 


TABLE      DES      CIIVITIUKS  54? 


CIIMMTHI-:    M 


LE    PALVIS-UOYAL    SOUS    LA    1«KGE\CE 

L'miranrc  du  Régonl.  Son  l'diication.  Ses  proiiiirrcs  amours. —  Il  Io<;c  une  de  ses  maîtresses  à  la  <•  (;iian- 
collerie  d'Orli'ans  »  :  histoire  de  celte  lial)itation.  —  La  vie  de  raniillc  au  PalaisUoyal  :  le  train  do 
maison,  les  dépenses  annuelles.  Portrait  de  «Madame»,  mère  du  Réftent,  dans  ses  appartements;  le 
nombre  de  ses  domestiques.  Les  jeux  qu'elle  organise  pour  ses  petils-onfants.  Ses  éruries,  ses  frais 
de  toilette.  —  Luxe  de  la  duchesse  d'Orléans,  femme  du  Régent.  Description  de  ses  appartements  au 
Palais-Roval  :  ses  beaux  meubles,  ses  riches  tentures,  son  goût  pour  la  broderie.  Sa  collection  de 
tabatières.  De  quelle  manière,  à  la  mort  de  la  duchesse,  ses  serviteurs,  suivant  une  coutume  princière, 
se  parl.igèrent  ses  toilettes,  ses  chevaux,  son  argenterie.  —  Le  genre  île  vie  du  Régent  au  Palais- 
Royal.  Portrait  de  ce  prince.  Il  s'occupe  de  chimie,  de  musique,  de  peinture,  etc.  Ses  relations  avec 
les  artistes.  Ses  tableaux  sur  le  sujet  de  l>ni>hiiis  et  Cltloé.  A  quel  moment  il  se  lance  dans  la  débauche. 
Sa  passion  pour  sa  tille,  la  duchesse  de  lierry.  Les  petits  soupers.  Les  bals  île  r(>|)éra 


CHAPITRE   VII 

LES    COLLECTIONS    DE    TABLEAUX,    OBJETS    DART,    MEUBLES,    CURIOSITES, 
DÉCORATIONS    DES    APPARTEMENTS 

dettes  du  Régent.  —  Exemples  de  sa  générosité.  —  Dépenses  qu'il  lit  au  Palais-Royal  en  cons- 
Inulions  nouvelles  et  en  embellissements.  Les  architectes  qu'il  employa  :  OppenordI,  Cartaud,  I.ogrand 
et  Louis  Ju. —  Le  Château-d'Eau  de  RolxTt  de  Cott<-. —  Histoire  de  la  rollcction  de  labli'aux  réunie 
par  le  duc  d'Orléans.  Ses  premières  acquisitions;  interminables  négociations  pour  l'achat  des  tableaux 
provenant  de  Christine  de  Suède.  Comment  ces  chefs-d'œuvre  furent  amenés  en  France  en  17JI. — 
La  rolleclinn  des  médailles  formée  par  la  princesse  Elisabeth -Charlotte,  puis  augmentée  par  le 
duc  d'Orléans.  Œuvres  principales.  Prix  auquel  elle  fut  estimée  à  la  mort  de  ce  dernier.  —  Argenterie 
du  Régent;  comment  l'emploi  en  était  réglé  au  Palais-Royal.  —  Les  tapisseries;  comparaison  de 
leur  estimation  de  1701  à  1733. —  Description  des  appartements;  meubles  (pii  décoraient  la  cliambre 
ilu  prince;  goût  de  celui-ci  pour  les  tentures  cramoisi. —  Le  salon  il'OppenonlI. —  La  Galerie  d'Iinée 
et  les  peintures  d'.\nt.  Coypel.  —  Les  écuries  du  Régent;  nombre  et  prix  des  fhe\aM\,  l\ixe  des 
carrosses,  etc. 


j8i 


CIIVPITIU']    MIT 

LE    MOINE    DE    SAINTE-GENEVIÈ\  E   :     LOUIS    d'orLÉANS 
(1723-  l~^'i) 

Portrait  de  Louis  d'Orléans,  fils  du  Régent.  .Son  éducation,  sa  jeunesse,  son  mariage.  —  Les  familiers  du 
Palais-Royal  en  1780.  Dis.sensions  intérieures.  —  .Sur  quel  pied  le  nouveau  duc  d'Orléans  règle  sa 
maison.  Ses  livres  de  comptes  cl  le  registre  de  ses  charités  :  curieux  placcts  qui  lui  sonl  atire-ssés.  — 
.Ses  fournisseurs  :  l'orfèvre  Germain,  le  gainier  Galluchal,  etc. —  Il  fait  refaire  le  janlin  du 
Palais- Royal  en  i7.'?o.  —  Ce  prince  va  demeurer  à  l'abbaye  de  Sainte-Geneviève  en  17/11  :  véritables 
motifs  de  sa  retraite.—  .\-l-il  réellement  brûlé  par  piété  certains  tableaux  ilc  la  galerie  du  Régent.' 
Erreur  répandue  à  ce  sujet.  —  Son  installation  à  l'abbaye.  —  Tableaux  qu'il  se  plaisait  à  copier.  —  Sa 
chambre  à  coucher.  —  Son  lalmratoirc.  —  .Sa  bibliothèque.  —  ."«on  testament.  —  Son  Inventaire ....       ^{27 


LK     l'AI.AlS-RO  YAI, 


ciiAi'iiiu-:  1\ 


LK    PETIT- Il  LS    Kl'     HKI'.ENT    (17^3-1785^ 

l'UlES 

Pxrlrdil  du  duc  df  Chartn-»,  i|ui  d.'vail  détenir  Louis-Pliilipjio  d'Orléans.  —  Son  mariage  avec  la  princesse 
de  Bourbon -Conti;  ♦<•»  malheur»  conjuKaux.  —  Urillaule  période  de  fêles  au  Palais-Uoyal.  —  Le  due, 
ami  de»  arb;  la  duchcsM-,  «on  portrait,  «ou  espril,  «a  mort  prémalurée  en  17  jy,  son  enlerremenl.  — 
\l>rî>»  la  mort  de  Louis  d'Orléan»,  en  1731,  son  tils  entreprend  d'agrandir  et  d'embellir  le  monument; 
1.-.  irvlitlivlet  CarUud  et  Contant  d'hrv.—  Incendie  de  l'Opéra  en  1763.-83  reconslruclion  par 
Murviu,  aux  frai<  île  la  \  ille.  —  |j  noutelle  faradf  du  l'alais-Royal. —  Tra\au\  de  décoration  inté- 
rieure dirigé»  par  Contant.  —  lk-«criplion  de>  nouieaux  appartements.  Fèto  donné*  au  roi  de 
ItauemariL.  —  Louis- l'liilip|M-  d'Orléans  marié  .swrètemeiit  aviv  Nf  do  Monlesson.  Nouveau  genre 
de  vie;  la  comédie  il  \ iller*-Collervl«;  installation  Iwurgeoise  rue  de  Provence.  Il  quitte  le  Palais- 
Itiital  <|u'il  laitM-,  ciiii|  ans  a«ant  sa  morl.  à  son  liU  le  iluc  de  Chartres ooi 


(Il  M'iTiii:  \ 


ciiii  ii'i'r.-i'iti  vLiTi':    (  1780-  179.^) 

I.d  jeunnM*  du  duc  de  Chartres  ol  goiM  précoco  de  ce  prince  pour  les  ailïircs.  —  .Son  mariage.  Portrait 
Je  la  duclmw  ta  femme.  I.a  scM-iélé  du  Palais -floyal  do  1770  h  178;)  :  silhouettes  de  grandes  dames.  — 
(k'cupaliun»  du  due  île  Chartres  ;  m-»  écurie»  noutelles;  M  création  d'un  mus<'e  des  .\rls  et  Métiers 
au  Palals-Hojal.  —  Pourquoi  il  Millirilait  si  ardi'mnient  do  sou  |ière  le  duc  d'Orléans  la  donation 
du  Palais  par  avancement  d'hoirie.  S>n  n^ve  d'une  colossale  opération  llnancière.  —  .Second  incendie 
de  l'Opéra  on  1781.  D^inél^  avec  la  \  ille,  —  l..o«  projets  du  prince  sont  dévoilés.  Clameurs  qu'ils 
•oulivrnl  Procès  a»ec  le»  propriélain-s  de  maisons  donnant  sur  le  jardin.  —  L'arrhilivle  Viclor  Louis. 
I^'s  rfTTtirs  de  N-s  hiographot.  Ses  tratauv  au  Paluls-ltoval;  les  galeries,  le  Tliéilre'Knui(;ais.  etc. — 
fWnliarras  tlnancii'rs  ilu  duc  <li-  (Iharln-s,  doenu  duc  «l'itrlé.ins,  puis  Pliilip|>c  f.galilé.  —  La  délwWle.  — 
('.■u|>runts  divers.  Voutn  des  colh-clinn»  de  mé'dailles  et  de  la  galcrio  de  tableaux  :  document  nouveau 
•ur  re  sujet  —  Vente  des  meubles  du  prince  en  179.1,  avant  sa  mort  sur  l'échafaud.  —  l,e  Palais- 
F«alllâ  «ou»  la  Terreur.   .  '.^\)i) 


Tvni.i.  ni'..^  (jnAViHCK  lions   itiii  5a3 


T*i>U!  DU  GRATt'ItM  U\^^  l.l  TCIT»: 


^: 


.ij:i 


TinLr  ■•«h  ôhiihK  M.fiixnf  th.ii  ».  i>»:*  Num- M  1 1  n  m  s  c  .>\  ■  1  m  >  i,v\>  ri    mii.ime.  :M 


IMI'UlMi:    A    lilJllDKAI   \ 
»Lll    I.KS 

PRESSES  DE  G.  GOUNOUILHOU 

G.  CmpoN,  lUrccleur 


flL^)Jj 


J 


>  ^ 


>1Î3 


^>^ 


î^^: 


;;>^'/ 


s>^a  ^-i^ 


m 


ù. 


o 


3^1 


yy  i  'm  vm: 


CAT  DEPT 
COLUnoN  SECTION 


WiF"